Dans les studios Disney, la poule aux œufs d’or serait plutôt un rongeur, qui après un siècle de bons et loyaux services a bien mérité une retraite non commerciale. Car ce 1er janvier 2024, Mickey Mouse entrera dans le domaine public. Autrement dit, la plus grande entreprise de divertissement de la planète perd l’exclusivité de sa manne financière. Émouvants adieux…
Le 30/12/2023 à 12:35 par Nicolas Gary
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30/12/2023 à 12:35
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Pas de panique cependant, Disney ne risque pas la faillite ces prochains mois : loin de la figure rondouillarde et joviale que l’on connaît aujourd’hui, c’est le Mickey de Steamboat Willie, créée par Walt Disney en 1923 qui rejoindra les œuvres patrimoniales désormais propriété de l’Humanité. Un brin de grandiloquence n’a jamais fait de mal en fin d’année.
Ses petites jambes grêles arquées devant la barre de son navire auront fait le tour du monde, dans le court-métrage d’animation en noir et blanc, diffusé en 1928. Et comme son amoureuse Winnie figurait également dans cette production, elle prend le même chemin que la célèbre souris…
Sauf que la perte des droits exclusifs sur le premier brouillon historique autant que significatif achève des décennies de luttes et manœuvres juridiques pour exploiter encore un peu plus le personnage. Et surtout empêcher quiconque d’en bénéficier. On ne laisse pas des dizaines de millions de consommateurs, enchantés par cette créature, sans un merchandising digne de ce nom.
Bien sûr, ces dessins centenaires n’ont plus rien à voir avec les représentations, figures et autres symboles qui caractérisent le Mickey moderne. Mais Disney n’a jamais été un tendre dans le respect du copyright : tentez de monter une pièce du Roi Lion, les avocats de la firme ne tarderont pas à se pointer, et pas pour assister à la représentation.
Dans les parcs d’attractions, les produits dérivés, le journal de Mickey, personne ne sentira le départ de Steamboat Willie, bien évidemment. Et Disney le précise dans un communiqué qui résonne comme un avertissement sans frais :
« Les versions plus modernes de Mickey ne seront pas affectées par l’expiration du droit d’auteur de Steamboat Willie, et Mickey jouera encore un rôle de premier plan en tant qu’ambassadeur mondial pour la Walt Disney Company dans notre narration, nos attractions de parcs à thème et notre merchandising. »
– Déclaration de la WDC
Dont acte. Les gants blancs, le short rouge et autres éléments postérieurs, demeureront propriété de la firme, qui « se prémunira de toute confusion induite auprès des consommateurs, par l’utilisation non autorisée de Mickey et des autres personnages emblématiques ». Dont acte, bis.
Reste que la loi est la loi (et Judge Dredd n’appartient pas à Marvel) : la législation sur le copyright indique qu’au terme de 95 années précisément, le court-métrage de 1928, icône de la pop culture, appartiendra à tout un chacun. Après une attente particulièrement longue.
Les avocats de Disney s’en étaient donné à cœur joie : avec d’autres entreprises concernées par l’exploitation de créations juteuses, ils avaient fait pression pour que le Copyright Extension Act de 1998 accorde une couverture plus grande. Au point que ce lobbying exercé jusque dans les plus hautes sphères fut baptisé : Mickey Mouse Protection Act. La loi de protection de Mickey – comprendre, protection des revenus qui découlent de la souris…
Ce collectif avait obtenu une prorogation de 20 années, portant à 95 ans la durée du copyright — alors que le texte de 98 avait déjà apporté un bonus d’exploitation.
On craint évidemment des modernisations, voire, horribile auditum, des versions irrévérencieuses, comme celle de Winnie l’Ourson, dont Disney a perdu les droits — détenus depuis 1961. Un film d’horreur produit par des garçons pleins d’avenir avait littéralement survolté la presse : le gentil ourson et ses amis changés en monstres sanguinaires, voilà qui a de la gueule.
Ne rigolons pas trop fort : leur prochaine victime sera Bambi. Disney, une fois de plus écorné…
Alors oui, Steamboat Willie marque la fin d’une époque, mais la firme a bien d’autres chats à fouetter : ce XXIe siècle s’ouvre sur des périodes de conflits politiques — comme cette guerre culturelle menée contre le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, autour des droits LGBTQ+. La société s’en mêle, Disney s’empêtre (ou s’en dépêtre —, pour tant bien que mal ne froisser personne.
Ainsi, « l’endroit le plus heureux du monde », installé dans la juridiction de DeSantis, a dénoncé le projet de loi dite “Don’t Say Gay” après que le gouverneur l’a signé. « Nous nous engageons à défendre les droits et la sécurité des membres LGBTQ+ de la famille Disney, ainsi que de la communauté LGBTQ+ en Floride et à travers le pays », déclarait Disney durant la controverse. Tout à l’honneur de l’entreprise.
En parallèle, les financiers réclament leur dû : le service de streaming lancé en grande pompe demeure déficitaire, dans une économie déjà plombée par des échecs commerciaux sérieux. Les super héros de l’écurie Marvel n’ont pas dit leur dernier mot, certes, mais le box-office a des relents de kryptonite — cette matière à même de détruire Superman. Heureusement, L’Homme de Fer n’est pas publié chez Marvel, mais DC Comics.
Plus symboliquement, une page du XXe siècle se tourne : au cours des 100 dernières années, Disney fut l’un des fils conducteurs de l’Amérique [du Nord] moderne. Mieux : un baby-sitter multifonction qui a participé à l’éducation de millions d’enfants, inculquant des critères sociaux, affadissant des œuvres chargées de sens…
À LIRE - Bambi : au-delà du faon, un créateur répudié par l'Allemagne nazie
Il suffit de lire Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim, puis de regarder Le Petit chaperon rouge de Disney pour mesurer le degré d’abrutissement des masses… Or, cette puissance démultipliée par l’exportation des œuvres partout dans le monde a participé à imposer une nouvelle dynamique — Roland Barthes parlerait-il de mythologie disneïenne ? — en réécrivant et imposant sa relecture des contes, de Pocathontas ou d’Aladin, pour n’en citer que les plus connus.
Et que dire de Pinocchio, pantin menteur, qui se suicidait dans le livre de l’écrivain italien Carlo Collodi, frappé par la conscience de son état ? Changé en véritable petit garçon par la magie de l’happy-Disney-end, voici que l’on éradiquait toute la violente pédagogie de l’œuvre originale, au profit d’une rassurante lobotomisation.
DÉCRYPTAGE – Car en réalité, pantin menteur, Pinocchio est mort pendu
Faudrait pas vieillir ni découvrir la réalité, en fait.
Pour s'en assurer, on consultera un court-métrage, Il était une fois un studio, proposé en intégralité et gratuitement : près de 9 minutes de célébration du centenaire du studio Disney, qui furent diffusées sur Disney+ en octobre dernier. Réalisé après deux années de labeur, il présente une fusion de techniques telles que les images numériques, les dessins à la main, et les prises de vues réelles, mettant en scène 543 personnages de Disney issus de 85 productions.
Cette œuvre, qui a requis la participation de plus de cent personnes, ainsi que d’anciens animateurs et 40 comédiens, est saluée comme une prouesse artistique et technologique. Elle inclut notamment des créations entièrement dessinées à la main par des artistes, sans réutilisation de matériel existant. Le film rend également hommage à des personnalités comme l’animateur Burny Mattinson et le compositeur Richard Sherman.
Ennuyeux à mourir : la magie de Disney semble bien s'en être allée...
Illustration générée par un modèle de langage open source
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
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22/01/2026, 18:24
À l’occasion de la journée de sensibilisation au livre de photographie organisée à Amiens, ce 22 janvier par France Photobook, Éric Cez a ouvert les échanges en proposant un autre regard. Cofondateur de la maison d’édition Loco et président de l’association, il invite à « nous armer contre la violence de notre monde d’images », par la photographie.
22/01/2026, 11:00
Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.
22/01/2026, 10:14
Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.
22/01/2026, 09:57
Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.
22/01/2026, 07:16
Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).
19/01/2026, 12:34
La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires a tenu, vendredi 16 janvier 2026, une conférence de presse à l’annexe de la Bourse du travail de Paris. Ses membres, aux côtés d’autres acteurs engagés du monde du livre, y ont dénoncé la multiplication des attaques d’extrême droite contre les librairies et le climat politique, policier et médiatique qui les rend possibles. Un fait jugé inédit depuis des décennies a été particulièrement souligné : la perquisition, le 7 janvier dernier, de la librairie féministe Violette and Co.
16/01/2026, 18:22
Créée en 1991 et basée à Viroflay dans les Yvelines, la maison d’édition Feryane, spécialiste des rééditions en grands caractères, a annoncé sur son site sa cessation d’activité au 31 décembre 2025. L’entreprise familiale laisse derrière elle plusieurs centaines de titres, et une histoire de lecture partagée, portée dès l’origine par une femme convaincue qu’un lecteur malvoyant devait pouvoir lire « la même chose que sa cousine ».
15/01/2026, 17:10
« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran.
15/01/2026, 16:46
À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.
15/01/2026, 16:09
Marion Mazauric rend hommage à Pierre Bordage, compagnon de route et géant de l’imaginaire, en retraçant trente ans d’amitié, de livres et d’audace littéraire. Un texte personnel et puissant, à la mesure d’un écrivain dont l’œuvre et la vie n’ont jamais cessé de se confondre. Voici l’hommage que le Diable lui a rendu par la voix de Marion Mazauric.
15/01/2026, 11:45
Première moitié du XIXème siècle… Fils d’une tenancière de bordel, l’aventurier viennois Redo Hauptsammer débarque dans l’austère commune de Szonden, bourgade imaginaire située dans le détroit de l’Oder, en Prusse orientale. Par Étienne Ruhaud.
14/01/2026, 11:48
“Les sources“. En arabe, cela se dit Laâyoune, aujourd’hui la plus importante ville du Sahara occidental. Riche en nappes phréatiques dans une zone de désert, la ville a toujours représenté un lieu de repos. Et d’approvisionnement. En eau. Donc en vie. Et c’est là que Nicolas Rouillé installe son nouveau livre, Laâyoune, en attendant. Et malgré le silence du désert, de nombreux échos se font entendre.
14/01/2026, 11:15
Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »
14/01/2026, 09:33
Dans une lettre ouverte, le photojournaliste franco-iranien Reza Deghati interpelle le président de la République, Emmanuel Macron, sur la répression en cours en Iran. À travers le destin de Rubina, jeune étudiante tuée lors d’une manifestation, le photojournaliste franco-iranien appelle la France à un sursaut politique et moral.
13/01/2026, 12:43
À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.
13/01/2026, 10:00
Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.
12/01/2026, 14:26
TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 8. Il fallait marquer une pause, pour vous autant que pour moi. J'ai partagé pas mal de choses dans ces colonnes, mais les confiseurs n'ont pas le monopole de la trêve. Je m'appelle Victoire. J'ai eu la révélation que je cherchais.
10/01/2026, 10:38
Figure majeure et pourtant trop discrète de la science-fiction française, Michel Jeury aura profondément marqué la littérature de l’imaginaire en bouleversant notre rapport au temps, au langage et à la conscience. À l’heure où sa Trilogie chronolytique s’apprête à renaître en librairie, cet article propose une traversée mémorielle et critique de l’œuvre d’un écrivain essentiel, à la croisée du romanesque terrien et des audaces conceptuelles de la SF, dont l’héritage continue d’irriguer silencieusement notre présent.
09/01/2026, 10:51
Particulièrement sensible aux commentaires survenus suite à la publication de sa Lettre à Nicolas Demorand, l’auteur Christophe Esnault a voulu revenir sur le sujet. « J’y ai vu beaucoup de personnes en souffrance psychique, aussi je me pose en hyper-délirant et ai écrit ce texte sous neuroleptique, comme tout ce que j'ai écrit depuis à peu près quinze ans. » En découle le texte qui suit.
08/01/2026, 12:33
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15 Commentaires
Necroko
31/12/2023 à 02:15
le fameux logo Mickey tombe-t-il dans le domaine public ?
Fifi
08/01/2024 à 09:21
Non. Les logos sans limitation de durée.
Necroko
10/01/2024 à 02:17
Merci pour la réponse.
Ned Ludd
31/12/2023 à 08:58
Et l'illustration dégueulasse par AI en ouverture de l'article, c'était vraiment obligé ? Les poignées ne sont même pas connectées à la barre...
Fnec
05/01/2024 à 08:45
C'est immonde. Il n'y a plus un article de presse sans IA. C'est catastrophique, et un jour on va s'en bouffer les doigts.
Sergio Salma
31/12/2023 à 17:07
Un site consacré aux livres à la création donc aux auteurs et au plaisir des lecteurs qui sont aussi des auditeurs des spectateurs un membre de ce site qui prône le non-droit d'auteur, la non-propriété ni intellectuelle ni morale, qui la fait cette morale en attaquant le picsou mais ne voyant aucun vol dans l'attitude des petits plagieurs desormais autorisés qui n'agiront et " créeront " eux aussi, pourtant, pour gagner de l'argent, c'est juste désespérant. Ah oui l'ogre, l'argent c'est caca, vous êtes perdu dans votre mélasse culturelle . Pas de souci non plus pour l'A.I. donc , on s'en fout l'art est à tout le monde. Arrêtez d'écrire ou allez le faire à votre compte, on pourra se servir de vos mots pour dire ce qu'on voudra vous n'avez rien créé ou alors y a longtemps. Vous êtes une catastrophe à vous tout seul.
bob
02/01/2024 à 02:26
Vous n'avez rien compris au droit d'auteur. Les personnes perdant le droit d'auteur dans ce cas ne sont pas les auteurs originaux, mais des gens qui ont eu l'opportunité de récupérer un produit déjà existant pour le transformer. Une oeuvre ou un personnage aussi connu que Mickey doit bien évidemment rentrer dans le patrimoine public, les auteurs en ont assez bénéficié, et ils ont eu la chance de pouvoir diffuser leur création dans le monde entier/nous bourrer le mou sans qu'on ait notre mot à dire. Mickey fait partie de l'environnement.
alexandre
02/01/2024 à 09:34
C'est toujours beau les gens omniscients qui commencent leurs textes avec le péremptoire "vous n'avez rien compris à...". Vous devriez l'écrire en majuscules, cela reflèterait mieux votre état d'esprit.
Alexandre
01/01/2024 à 11:03
Donc vous préférez racontez à vos enfants, le soir avant de se coucher, l'histoire de Pinocchio qui se suicide ? Plutôt que la gentille histoire édulcorée de Disney, qui aide à dormir ? Dites donc, cela ne doit pas être gai tous les jours les soirées au coin du feu chez vous...
Quant au "degré d'abrutissement des masses" (toujours les grands mots et les formules lapidaires), s'il est effectif, c'est peut-être que nos "grands intellectuels" font mal leur boulot d'éducation, parce que se faire mettre la pile par le petit chaperon rouge, c'est pas glorieux...
Pierre la police
07/01/2024 à 18:04
Merci, Alexandre pour votre message d'espoir. Je sens en vous un vrai chrétien de gauche. Je suis de tout coeur avec vous pour réhabiliter le club Dorothée. Et nounours, et Collargol, et l'âne Trotro sans oublier Totoro. Gros poutous pour 2024.
Aradigme
01/01/2024 à 11:06
Le copyright constitue la seule protection efficace des droits des artistes sur leurs œuvres. Sans lui, n'importe qui pourrait s'emparer du travail créateur d'un artiste et en faire n'importe quoi. Il m'apparait donc utile que des entreprises défendent bec et ongle cette notion. Leurs gains juridiques peuvent ensuite servir à établir une jurisprudence qui permettra à des auteurs moins bien dotés financièrement et juridiquement de protéger mieux leurs travaux.
Elijaah Lebaron
01/01/2024 à 12:04
Le véritable problème de Disney c'est que personne n'a plus envie de piller le trésor intellectuel du Studio. Il est devenu, malgré ses efforts pour renouveler la marque, plus un outil surexploité du passé au delà du raisonnable qu'une source d'intérêt ou d'émerveillement pour une audience moderne. Alors certes, il y aura bien quelques afficionados du cinéma bis pour tenter d'insuffler une nouveauté dans l'imaginaire de Disney en jouant avec les interdits de la marque mais ils se rendront bien vite compte que créer de nouveaux héros en dehors de ce carcans est bien plus efficace et payant pour eux.
En fait, sortir du passé pour créer un nouvel imaginaire est aujourd'hui crucial pour une industrie qui ne fait que recycler de vieilles formules éculée et lasse son public.
Fnec
01/01/2024 à 17:45
Ras le bol de ces articles illustrés par IA. Un site comme le votre devrait prôner autre chose.
jujube
01/01/2024 à 19:54
Cher personnel d'Actuallité,
Mon message n'a rien à voir avec votre texte d'aujourd'hui.
Je désire simplement vous remercier de nous accompagner tous les jours de vos écrits intéressants, talentueux très souvent, et pleins de bonnes surprises. C'est toujours un plaisir de vous lire.
Je vous prie d'accepter mes meilleurs voeux pour 2024. Qu'une bonne santé veille sur vous toute l'année, ainsi que le dynamisme, l'originalité, le professionnalisme et l'imagination. Que vos pensées soient toujours orientées par la liberté d'expression, tant le sérieux comme l'humour.
Bien à vous,
jujube
Stellar
03/02/2024 à 07:38
Ceci est mon témoignage sur la façon dont j'ai finalement rejoint le nouvel ordre mondial, les Illuminati, après avoir essayé de le rejoindre pendant plus de 2 ans maintenant, mais les escrocs m'ont pris de l'argent à plusieurs reprises. Je cherche à rejoindre les Illuminati depuis si longtemps, mais les escrocs continuent de prendre mon argent jusqu'au début de cette année, lorsque j'ai rencontré Lord Felix Morgan en ligne, je l'ai contacté et je lui ai tout expliqué et il a recommandé l'inscription utilisée et j'ai payé pour le grand membre pour me lancer et j'ai été initié dans l'Ordre Mondial et je reçois la somme de 1 000 000 $ US une fois mon initiation terminée. Je suis très heureux! Et promettez de diffuser le bon travail de Lord Felix Morgan. Si vous souhaitez rejoindre le nouvel ordre mondial Illuminati aujourd’hui, contactez Lord Felix Morgan aujourd’hui. C’est votre meilleure chance de devenir membre des Illuminati que vous désirez toujours. Contacter Lord Felix Morgan WhatsApp Plus deux trois quatre huit zéro cinq cinq quatre cinq neuf sept cinq sept