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Livre d’occasion : un éditeur avait trouvé comment rafler le marché

Après une année 2022 en recul de 5,4 %, à 2,911 milliards €, le chiffre d’affaires des éditeurs français pour 2023 est particulièrement attendu. Avec l’espoir farouche qu’il demeure supérieur à 2019, année de référence pré-Covid. Mais la tendance est connue : moins de ventes et une croissance en valeur due à la hausse du prix des livres… Alors, où trouver de nouvelles ressources ? 

Le 24/06/2024 à 16:12 par Nicolas Gary

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24/06/2024 à 16:12

Nicolas Gary

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L'étude de la Sofia sur le marché de l'occasion aura marqué l'année 2023 pour l'industrie du livre : 9 millions d’acheteurs, quelque 80 millions d’exemplaires vendus et 350 millions € de chiffre d’affaires. Sur les cinq dernières années, la croissance aboutit à 20 % du marché en volume pour 9 % en valeur, forgeant des habitudes chez les consommateurs.

Nom de code : O-K-zion

Plus de la moitié des lecteurs combinent neuf et occasion, les deux tiers comparent les prix et la moitié privilégie la seconde main. « La bascule s’explique le plus souvent soit par l’envie de saisir une bonne affaire, soit par l’indisponibilité du neuf. Les éventuelles raisons écologiques n’entrent pratiquement pas en considération dans les motivations de l’achat d’occasion », relevait La Sofia. De quoi évacuer les discours truffés d'éléments de langage de sociétés bien installées.

À LIRE - Le livre d'occasion en France : la grande étude

Auteurs et éditeurs estiment que cette manne leur échappe – alors que le Code de la Propriété intellectuelle est limpide : une fois la vente effectuée, les ayants droit perdent tout droit sur l'objet.

À force d'insister auprès d'Emmanuel Macron, les éditeurs ont obtenu la création d’une « contribution », dont la faisabilité tant juridique que pratique reste à imaginer. Le président entend dès lors « réfléchir à une solution pour garantir les revenus des auteurs et éditeurs », intention infernalement louable. Car des bouquinistes des quais de Seine au vendeur en ligne allemand Momox, le spectre est large : ponctionner quelques centimes par titre n'ira pas sans conséquence ni difficultés.

La Sofia assure que ce prélèvement – surcoût minime pour le client – n’aurait pas d’incidence sur le marché, sans avancer de montant : même 10 centimes sur 80 millions d’exemplaires ne fera pas avancer le Schmilblick. Comment se fait-il qu'aucune des structures de diffusion-distribution majeures en France n'ait pris ce sujet à bras le corps pour capter le marché ?

Bienvenue dans un monde qui change

Historien du livre, de l'édition et de la lecture, en France, Jean-Yves Mollier rapproche la croissance du marché de l’occasion avec… « le commerce du livre au XIXe siècle, où la plupart des libraires proposaient des ouvrages neufs et d’autres non ». En outre, « cette tendance contemporaine à remettre en circulation les objets – dont les livres – me semble inexorable ». 

Elle participerait même d’un « changement dont on rêverait qu’il laisse la tristement célèbre société de consommation derrière nous ». La perspective d’une industrialisation de la seconde main « s’inscrit dans la logique du recyclage auquel nos contemporains se montrent de plus en plus sensibles ». Lequel implique surtout « un changement anthropologique dans la perception même des objets et de leur commercialisation. Les consommateurs acceptent de payer cher le neuf, mais considèrent l’occasion avec bien plus d’exigence quant au prix avancé. »

À LIRE - Taxe sur les livres d'occasion : "Parlons-en avant d'improviser !"

Olivier Bessard-Banquy, docteur en Sorbonne, spécialiste de l'édition contemporaine, estime que « les éditeurs préfèrent le pilon : l’offre d’occasion ou plus encore le solde envoient de très mauvais signaux, les lecteurs peuvent être tentés d'attendre que les livres soient bradés ou soldés pour décider d'acheter ceux qui peuvent les intéresser ».

Pour autant, la perspective d’une industrialisation de l’occasion, par les groupes éditoriaux, lui semble irréaliste : « Nul ne prendrait le risque de la cannibalisation du neuf : les lecteurs cesseraient d’acheter les nouveautés pour attendre les offres en occasion. »

Un comportement qu’a accentué internet, « quand auparavant il fallait chiner parfois des années pour espérer trouver chez un bouquiniste ou un libraire d'ancien un ouvrage rare ardemment recherché ». À ce titre, le modèle de contribution le laisse dubitatif : « Une taxe sur l'occasion semble inapplicable dès lors qu'il s'agit de brocantes ou de vide-greniers. Comment taxer des bouquinistes sur des poches à un ou deux euros ? Cela ne pourrait concerner sans doute que les acteurs de la vente par internet... »

Eddie Junior/ Unsplash
Eddie Junior/ Unsplash

Les libraires en embuscade

« Sur l’occasion, le monde de la librairie se divise en deux catégories : celles qui la refusent, car empêchant les ventes de neuf, et celles qui ont compris qu’elles faisaient plus de marge. Bien entendu, les deux postures se défendent », sourit avec malice un ancien de la distribution. 

Nosoli : l'économie circulaire globale

De fait, le groupe Nosoli (Furet du Nord/Decitre) a structuré un modèle de rachat auprès de ses clients, pour une recommercialisation tant sur ses sites que dans les boutiques des deux enseignes. « Ce modèle de circularité a été déployé voilà 18 mois, avec la perspective d’une action complète de l’achat à la revente », précise Christophe Desbonnet, PDG de Nosoli. Via une application, le lecteur scanne les titres qu’il déposera dans un carton, chez le libraire : ce dernier n’a plus qu’à valider le “panier”, éditer un code-barre et, zou, direction l’entrepôt. « Il émet alors un bon d’achat pour le client, utilisable immédiatement. »

Récupérés, les exemplaires sont contrôlés, inventoriés et stockés en vue de leur remise en circulation, à un prix découlant d’une catégorie tarifaire établie. « Les libraires partenaires peuvent commander des stocks, qui sont acheminés par colis d’une vingtaine d’ouvrages ou à l’unité : notre stock mutualisé est contrôlé depuis le site internet », relève le PDG. 

« Pour un indépendant, se positionner est complexe », ajoute-t-il. D'où l'objectif : convaincre des partenaires, en dehors de son propre périmètre groupe, par une solution clef en main. En outre, Nosoli réfléchit actuellement à un reversement volontaire, basé sur le chiffre d’affaires général, et fléché vers la Sofia, « dans une démarche sociétale où tous les acteurs bénéficieront de ce nouveau circuit ». Auteurs et éditeurs. 

Gibert, un rendez-vous manqué

D’autres initiatives similaires ont presque vu le jour, comme pour le réseau Librest. « Nous avions envisagé en 2018 un partenariat avec Gibert », nous explique Renny Aupetit. « Nous récupérions auprès des clients les ouvrages, dès lors que la vente était validée par leur application. » Les lecteurs se trouvaient crédités en bons d’achat valables dans les librairies du réseau, quand les ouvrages, eux, gagnaient l’entrepôt de Gibert.

Pour lui, « l’occasion repose sur la profondeur de catalogue, la capacité à servir rapidement et la diversité de l’offre : impossible de créer un espace dédié dans nos établissements. » Une seule option : créer un module intégré aux sites web des libraires, avec contrôle du stock et revente des ouvrages ainsi récupérés. Le projet n’aboutit jamais et à cette heure, Librest cherche toujours un partenaire.

Marketplace VS. Occasion chez BDfugue.com

BDfugue.com a opté pour une autre stratégie : depuis 2011, le site a ouvert une place de marché, privilégiant la mise en relation entre vendeurs et lecteurs à celle de l’occasion. « La marketplace est un défi technologique, quand la gestion de l'occasion pose un défi logistique », estime Thomas Jacquart, PDG du site. D’un côté, le traitement des références et l’évaluation de l’état des produits, de l’autre, la problématique du stock.

« Ces adaptations impliqueraient d’importants changements dans notre fonctionnement, sachant que le nerf de la guerre, c'est l’origine des ouvrages. Avec la marketplace, nous bénéficions d’articles que nous ne pourrions pas commercialiser en neuf. Pour les collectionneurs, cela répond à une demande spécifique et complète notre catalogue. »

D'ailleurs, le PDG s’interroge  sur la pertinence du modèle, pour les libraires, alors même qu'Amazon a cessé de reprendre leurs titres aux particuliers : « D’autant qu’un client qui se présente avec des titres que l’on refuserait — parce que vétustes, abîmés, trop anciens, etc. — repartirait mécontent. Et cette insatisfaction est rarement profitable dans nos relations avec eux. » L'application faciliterait ce point – on pestera jusqu'à épuisement contre une machine –, sans convaincre le patron du site spécialisé BD.

Fnac : du neuf avec du vieux, comme neuf...

À Rouen, Matthieu de Montchalin, patron de L’Armitière, avait une approche méthodique, qu'il expliquait en juillet 2022 : « Au moment du passage en caisse, en présentant la carte de fidélité, nous proposerons un délai de deux mois au client pour rapporter le livre, s’il le souhaite. Je m’engagerai à le racheter à un taux de 35 % du livre neuf, pour ensuite revendre le livre, étiqueté “occasion”, à 80 % du prix du neuf. »

Le libraire y voyait un principe pour fidéliser sa clientèle, s'étant inspiré malgré lui d’un plan plus ancien, et nettement plus politique, que Fnac avait déroulé en avril… 1982. À l’époque, il s’agissait de contourner la loi Lang et le prix unique : l’agitateur culturel présenta ainsi, un an après l'adoption du texte, « Seconde lecture », reposant sur les mêmes bases que le projet de L'Armitière. 

Un ancien cadre arrivé à cette époque se souvient : « Ce fut un bide total : Fnac rachetait les ouvrages grand format pour 50 % du prix de vente et les recommercialisait à 60 %, mais rien ne se vendait. » De fait, le marché de l'occasion n’avait aucune existence : « Les lecteurs se tournaient vers les bouquinistes et les livres rares, mais la seconde main, non : les clients Fnac n'ont pas suivi du tout. » D'après les estimations de Fnac de l'époque, le marché de l'occasion compterait pour 5 à 10 % de leurs ventes deux ans après la création de Seconde lecture.

Il n'en fut rien. « Ce fiasco découle de ce que les libraires ne savaient pas où placer les titres remisés : pas avec les nouveautés, pas d’espace dédié… », reprend notre interlocuteur. En 1984, Fnac tenta une autre stratégie en important artificiellement des titres d’éditeurs implantés en Belgique — donc non soumis à la Loi Lang. De nouveau, échec, et condamnation judiciaire. Finalement, l'enseigne se servit de la loi Lang, avec ses opérations Prix verts : des ouvrages soldés, conformément à la législation (6 mois de stock et 2 ans d’édition). En 1994, plus aucun établissement ne pratiquait cette remise légale.

Enseignes, chaînes... et grande distribution ?

Chaînes et enseignes affûtent leurs katanas : chez Cultura, on a mis en place une application, Le Kiosque de l’occasion, pour racheter Livres, jeux, puzzles, partitions et vinyles. « Les enseignes organiseront certainement leurs propres collectes : elles ont les espaces, la clientèle et les tables pour remettre en vente. Pour elles, le recours à la distribution introduirait un intermédiaire inutile, car coûteux », analyse un ancien libraire d’occasion.

« Pour les indépendants, en revanche, un pareil modèle aurait tout son sens aujourd’hui. D’autant que, plus encore que pour les enseignes, la reprise d’ouvrages implique un flux de clientèle dans leur boutique. Autant de ventes supplémentaires à imaginer. »

Rayon livre de Monoprix - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Rayon livres de Monoprix - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

L’inconnue, poursuit-il, tient aux mouvements qu’effectuera la grande distribution. « Que Carrefour ou Auchan se décident, et l’on assistera à un bouleversement radical. Leurs parts de marché s’effritent sur le neuf et leurs clients apprécieront certainement une offre discount sur des livres. »

Selon les estimations d'Edistat, les grandes surfaces alimentaires ont atteint 12 % de PdM en valeur sur ce premier semestre 2024, contre 18 % en 2014. A contrario, les grandes surfaces spécialisées (enseignes) sont passées en dix ans de 8 % de PdM en valeur, à 52 %. « L'occasion a tout pour apporter un nouveau souffle à chacun : une meilleure marge ou un meilleur produit d'appel, selon le positionnement », conclut-il.

Interforum, la puissance de la logistique

Des points de vente qui, de par le maillage territorial, participeraient au ramassage de livres auprès des clients, voilà qui impliquerait une infrastructure nationale afin de ratisser très large. Que les patrons de groupes éditoriaux déplorent de voir des centaines de millions d'euros leur échapper montre combien l'un d'entre eux avait vu juste. Car de Hachette à Editis, en passant par Madrigall ou Média Participations, toutes ces entités disposaient déjà d'une couverture de l'Hexagone, via leurs outils de distribution : il suffisait d'un pas de côté pour que...

Mieux que la méthode Coué : la croissance Kouck

Retour vers le futur : ActuaLitté a découvert que l’un des grands patrons de l’édition française avait anticipé, dès 2017, l’essor de la seconde main pour le livre. « Alain Kouck [président d'Editis Holding, NdR] avait amorcé cette réflexion en mettant Interforum au coeur de cette révolution : en excellent logisticien — et visionnaire, pour le coup — il avait élargi le périmètre de la distribution, au-delà des flux aller et retour, pour y intégrer l'occasion », nous rapporte un ancien salarié d’Editis.

« La solution impliquait en amont les libraires en leur proposant de devenir des points de collecte : libre à eux de choisir le modèle économique. De là, il tenait la chaîne d'approvisionnement en amont : il suffisait ensuite de construire un système parallèle à celui des retours. » Tout libraire renvoie en effet au distributeur les ouvrages dits “invendus”. « De la sorte, la logistique de récupération préexistait, ouvrant la voie à un nouvel écosystème : avec des ajustements logiciels, on différenciait sans peine les retours “standards” des retours “occasion”.Transporter un carton avec des livres, c'est le propre du distributeur, qu'ils soient neufs ou non. »

Le paradigme virait radicalement : « Le distributeur était en mesure de constituer des stocks en vue d'une offre exclusivement composée d'occasions. En développant une marketplace dédiée, destinée aux libraires, Editis faisait main-basse sur cette économie, avec un système assez vertueux. »

Pilon, pilon, petit patapon

Les calculs, pour les amateurs, s’effectuent de tête, mais nécessitent quelques informations préalables. Pour qu'un livre renvoyé d'une librairie soit réintégré avec ses copains dans l'entrepôt de stockage, l'éditeur est facturé entre 2 et 3 €. Dans le cas contraire, sa destruction par le pilon coûte près de 1,5 €. La matière étant recyclée, elle rapporte autour 200 € par tonne, versé par l'opérateur qui transforme les ouvrages en pâte. 

Le calcul est vite fait. « Dans un fichier comptable, la question est vite résolue : produire un livre noir (sans image : roman, essai, etc.), revient à 1 € en moyenne : c'est vrai qu'on pilonne pour expédier, sans réfléchir aux options », nous précise un éditeur.

En 2022, 448,5 millions d’ouvrages ont été imprimés pour une commercialisation en France, indique le Syndicat national de l’édition. Sur 2018-2020, le SNE évaluait le tonnage de livres envoyés en points de vente à 199.100 tonnes – on estime que 3 livres pèsent 1 kg — soit 597,3 millions d’ouvrages.

Les titres renvoyés par les points de vente équivalent à un peu plus de 21 % du volume aller, soit presque 42.000 tonnes et le pilon représente 26.300 tonnes de ces retours — 78,9 millions d’ouvrages. Les réintégrations au stock se montent à 10.800 tonnes et ce qui demeure est trié par les éditeurs.

Une nouvelle attractivité des librairies

« Ce qui est intéressant, c’est que les ouvrages aujourd’hui proposés en solde auraient parfaitement pu bénéficier de la réflexion d'Interforum. D'ailleurs, tous les groupes disposant de leur propre diffusion-distribution auraient pu développer ce principe, bénéficiant également aux éditeurs partenaires », observe un libraire du sud de la France.

« Aujourd’hui, disposer de commande de neuf ou d'occasion, doublerait les chances de garder un client, qui sans cela se tournera vers internet. Occasion, et pourquoi pas du neuf à prix réduit, d’ailleurs : les arrêts de commercialisation fonctionneraient aussi. » Et la remarque s'entend dans une plus large appréhension du marché : entre 2014 et 2023 la librairie est passée en valeur de 74 % à 37 % de parts de marché – au profit des grandes enseignes, indique Edistat.

Pour mémoire, les données de la Sofia pointaient qu’un roman policier sur deux est acheté en occasion, 1 sur trois pour l’Imaginaire et la Romance. Et la croissance pour les romans jeunesse et ados est évaluée à 151 %. Doit-on encore s'interroger sur la nécessité d'une offre de seconde main structurée, aux marges sont plus intéressantes pour le commerçant ? 

Dropshipping chez Hachette

Une directrice des ventes se montre amère : « Considérer la distribution comme un avantage compétitif est totalement dépassé. Pourtant, tout le monde a injecté des dizaines de millions d’euros pour perfectionner les chaînes logistiques. » En réalité, la diversification des services aurait été plus porteuse.

Or, même le groupe Hachette Livre n'avait pas anticipé un pareil développement : « Il y avait une fonctionnalité de “dropshipping” qui aurait pu s'adapter pour ce segment », nous confirme un ancien du groupe.

Le dropshipping permet au vendeur de n'opérer que la commercialisation et la vente : le fournisseur expédie la marchandise au client, sans apparaître. De quoi démarrer dans le e-commerce sans stock ni logistique : l'investissement ne porte que sur le site et la promotion. « Mais, non, rien de spécifiquement centré sur la revente d'occasion », poursuit notre interlocuteur.

ActuaLitté, CC BY SA 2.0
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

2024, ou l'ère de la taxe-contribution

Quelle forme aurait prise la manœuvre d'Alain Kouck ? Interforum n’aurait-il récupéré que les exemplaires des éditeurs groupe et partenaires — afin de mettre en place une redistribution capitalistique allant jusqu’aux auteurs ? Ou moissonné l’ensemble des titres, sans considération autre que le volume, afin de structurer l’offre la plus complète possible ? Et dans ce cas, un accord avec la Sofia aurait permis des paiements aux éditeurs et auteurs ?

Nul ne le sait : l'hypothèse ne vit pas le jour : « Alain Kouck est décédé en juillet 2018 : Pierre Comte qui occupa la présidence d’Editis avait d’autres impératifs, dictés par l’actionnaire Planeta, dont la vente », nous rappelle un ancien de la holding. Quand on a raison trop tôt, on a tort... « Pourtant, le système aurait au moins trois bonnes raisons d’être repensé : le lien entre clients et libraires autour de la récupération des ouvrages, le relais de croissance pour la distribution et la rémunération des éditeurs sur les occasions mises en vente, et par conséquent, celle des auteurs. »

La nature a horreur du vide(-grenier)

Une réflexion impérative, en regard de la croissance de la seconde main, où des opérateurs comme LeBonCoin.fr font la pluie et le beau temps ? Le site compte près de 6 millions d’annonces pour des livres – 10 % des produits recommercialisés au global, pour un CA de 332 millions € en 2022 (contre 233 millions € en 2019) et 52,7 millions de résultat net. Ou un Momox avec ses 337 millions € de CA — dont 15 % en France.

Une ancienne salariée de la distribution, découvre la solution Kouck avec un certain enthousiasme : « Potentiellement, cela aurait même créé de l’emploi : quand les livres d’occasion arrivent aux entrepôts, une équipe dédiée aurait effectué les tris, en complément de celle qui se charge de la réintégration aux stocks. Une plateforme logistique assez simple, en somme. » Réalisable ? « En réalité, il est étonnant que personne ne l’ait mis en chantier… surtout en regard de l’ampleur de ce marché désormais. Mais peut-être est-ce trop tard ? »

Une représentante nuance : « En regard des coûts de production, voilà 10 ans, les éditeurs préféraient pilonner que remettre sur le marché – et chacun est maître en la matière. Mais il est certain qu’un pareil système serait plus rémunérateur : mieux vaut la possibilité de revendre à prix réduit que de détruire les exemplaires. D'autant que, dans le contexte écologique, cela frise l’hérésie. » 

Propre comme un livre neuf... sale comme de l'occaz' ?

Une éditrice, partenaire d’un diffuseur notoire, se montre plus qu’intéressée : « Ce que je retiens, c’est que tout le monde y gagnerait dans la chaîne du livre, alors qu’aujourd’hui, seules les plateformes de vente ou de mise en relation bénéficient de ce marché. » Elle s’interrompt et ajoute : « Quand j’ai commencé, voilà une dizaine d’années, des baroudeurs m’ont répété qu’il valait mieux pilonner : j’avoue que j’ai suivi leurs conseils, sans trop y penser. Aujourd’hui, la moitié de mes retours sont réintégrés en stock l’autre moitié est… dépréciée. Donc je pilonne. »

Reste à convaincre… les auteurs, nous assure une relation libraire, qui a longtemps travaillé comme couteau-suisse, y compris en relations presse : « Pour nombre d’autrices ou d’auteurs, la présence de leur livre sur les tables prime sur les ventes — même si toutes et tous espèrent devenir des best-sellers. » Elle précise : « À plusieurs reprises, j’ai eu des auteurs qui se plaignaient de ce que leurs livres étaient vendus au rabais. Si le neuf incarne la reconnaissance, l’occasion serait plutôt vécue comme une humiliation. Quand bien même elle serait alors plus rémunératrice. »

Les auteurs, aujourd'hui cinquième roue du carrosse

« Ce que les auteurs et autrices désirent réellement, c'est que leurs œuvres soient mieux valorisées, mieux diffusées et accessibles au plus grand nombre de lecteurs possible, et ce, sur le long terme » souligne Stéphanie Le Cam, directrice générale de la Ligue des auteurs professionnels.

Et de pointer bien d'autres dysfonctionnements : « Les avances ne sont pas amorties parce que les livres sont quasi abandonnés trois mois après leur sortie, entraînant des redditions de comptes dérisoires l’année suivante. Et pourtant, les groupes éditoriaux conserveront ce patrimoine pour toute la durée de la propriété intellectuelle. »

Pour les auteurs, il devient en revanche « humiliant d'apprendre que des pistes furent imaginées pour travailler sur le livre d'occasion... mais que le pilon demeure l'option privilégiée ». Ces mêmes groupes « prétextent désormais une concurrence déloyale et sous couvert d'une pseudo-régulation, réclament une taxe qui ne rapportera que des miettes aux auteurs ».

Elle ajoute : « Leur inertie a privé pendant des années les auteurs de revenus supplémentaires, illustrant encore une fois la nécessité de repenser le système actuel de rémunérations des auteurs, car faute d’exploitation suffisante, les auteurs vendent leur travail à perte dans la majorité des cas, ce qui constitue un autre problème au regard de l’ordre public économique. »

Sortir de la voie de garage

Alors que faire ? Dans un marché en croissance de 20 % chaque année, estimé à 350 millions €, « il faut s’y pencher pour que ce segment ne soit pas laissé en dehors du périmètre des éditeurs », insiste un spécialiste de la distribution. Ne rien faire ou remettre la main sur ces ventes — avec dans l’idée d’assécher l’offre des plateformes en récupérant le maximum de titres ? Trouver une solution pour redistribuer cette valeur, dans une démarche tout à la fois éthique et écologique ?

« Nous sommes entrés dans une période où l’on peut gagner plus avec de la seconde main qu’en vendant du neuf », poursuit-il. Avec ce paradoxe que l’un n’existe pas sans le second.

« La crainte d’une cannibalisation est légitime, car déjà à l'oeuvre, et même au-delà de la question financière. Le temps d’attention — ou de cerveau – disponible, est consacré aux livres d’occasion, et pas au neuf. Sauf que l’attentisme et la taxation ne résoudront rien au fait que cette offre continuera de se développer : le premier renforcera les plateformes quand la seconde ne rapportera qu’une infime partie du chiffre d’affaires envisageable. »

Des chiffres aux lettres...

En son temps, l’accès gratuit aux livres, via les bibliothèques publiques, avait soulevé les mêmes récriminations : plus personne n’achèterait d’ouvrages neufs, pour se contenter de lire gratuitement. « Or, toute la France ne s’est pas dotée d’une carte de bibliothèque pour lire gratuitement. Au contraire, les bibliothèques forment les futurs lecteurs. Et de même, l'occasion donne accès à la lecture. »

Le changement sociétal de la seconde main est déjà à l’œuvre : reste à choisir qui en profitera et dans quelle mesure ? D'un côté, une contribution dont la mise en oeuvre impliquera des contorsions juridiques ineffables et des usines à gaz et la reprise en main, pour un faible résultat économique, de l'autre la reprise en main du marché pour un relais de croissance significatif.

Celles et ceux qui vivent en publiant des histoires empoigneront certainement leur calculatrice sous peu.

Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

6 Commentaires

 

Monique

25/06/2024 à 07:00

De mon côté, en tant que lectrice acharnée, envoyer des livres au pilon me fait terriblement mal au cœur et ressemble en tous point à un autodafe.
De mon côté, je donne : aux bibliothèques municipales, aux amis, aux petites librairies, aux hôpitaux...
Mais c'est vrai que le chiffre d'affaires n'est pas là !

Rémi Vincent

25/06/2024 à 11:06

Le 30 Juin et le 7 juillet, on vote pour les députations.

Quid de l'édition à partir du 7 Juillet 2024 ?

On le sait, c'est les députés qui votent les lois, hormis le 49-3.

Bref, nul ne sait encore qui va être 1er ministre ?

Rémi Vincent

adnstep

25/06/2024 à 14:00

Très bel article, mais on ne sait qu'en conclure. Comme l'auteur.

J'ai accumulé, au fil du temps, une trentaine de cartons de livres. Beaucoup de poches, dont beaucoup de SF. Personne n'en veut. Ni les bibliothèques, ni les "soldeurs" type troc (ex troc de l'île) ou cash machin, ni Emmaüs...

Qu'en faire ? Je songe a les passer à la déchiqueteuse pour en faire du paillage pour le jardin. Mais les plantes n'aimeront peut-être pas l'encre.

François Bon

25/06/2024 à 16:19

merci N. vraiment bien d'avoir de ces états des lieux avec chiffres et toute la complexité requise – un petit développement sur RecycLivre et autres entreprises sociales, notamment pour la richesse désormais incontournable des déseherbages bibs (la grosse part des achats, pour tout le contemporain évacué du circuit), sais pas comment ça s'insèrerait dans ton article ?

Nicolas Gary - ActuaLitté

25/06/2024 à 17:31

Bonjour François
Le cas Reyclivre, je lui avais fait un sort voilà quelques mois – dans le silence le plus absolu de la BPI, justement pour la récupération d'ouvrages en masse.
https://actualitte.com/article/114663/politique-publique/saccage-ou-desherbage-pourquoi-evacuer-20-des-livres-de-la-bpi-au-galop
Mais l'occasion ne fait que commencer, et on s'en va vers une belle série de sujets ! J'y reviendrai avec plaisir (et merci de ton mot!)

François Bon

27/06/2024 à 06:08

oui, me souviens de ton article ! vraiment important ce que vous nous racontez de tout ça (y compris ce matin sur loi Darcos)

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REPORTAGE – Pour 2023, le Festival du Livre de Paris accueillera les lettres italiennes. La proximité culturelle entre les deux pays relève de l'évidence et les relations politiques et commerciales sont étroites. Pour l'organisation, les défis ne manquent pas : quels auteurs, quels secteurs éditoriaux, quels éditeurs mettre en avant ? 

29/03/2023, 16:08

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Denis Olivennes : l'homme médiatique de Kretinsky, futur patron d'Editis ?

Depuis quelques années, le binôme Denis Olivennes / Daniel Kretinsky va à l’amble. Cette association connut un point d’orgue quand le second signa un chèque de 14 millions € à Libération, dont le premier était directeur général. Avec la perspective du rachat d’Editis, dans son intégralité, le nom du haut fonctionnaire revient, revient, revient…

24/03/2023, 17:32

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Sarkozy et les contrats de Jean d'Ormesson : une langue trop bien pendue ?

« Si la vérité blesse, c’est la faute de la vérité », assurait le frais ministre de l'Économie lors d’une conférence de presse. Mai 2004, Nicolas Sarkozy prenait fraîchement ses quartiers à Bercy et l’Élysée était encore loin. Depuis, et sans rouler des épaules — plutôt des mécaniques — le voici prodigue de conseils aux professionnels du livre. Administrateur du groupe Lagardère, donc de Hachette Livre, la fonction lui donnerait des ailes ?  

21/12/2022, 16:26

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Le futur Festival du livre de Paris : “Une bascule incongrue, irréfléchie, sans vision” 

FLP2022 – La question des éditeurs indépendants et des Régions est définitivement réglée. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) vient d'opposer une ultime fin de non-recevoir aux organisateurs de l'événement parisien, malgré une tentative de conciliation, réelle, mais « insuffisante ». Le Festival du livre de Paris se recentre donc sur les éditeurs, appelés à tenir stand. Les convaincre ne sera pas chose beaucoup plus aisée.

11/02/2022, 10:01

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Inflation sur les mangas d'occasion : les algorithmes devenus fous ?

La crise du papier entraînera une hausse de prix de vente des mangas. Plusieurs éditeurs ont déjà averti de cette situation — les matières premières, ainsi que l’encre ou encore les coûts du transport se répercutent logiquement sur le consommateur. Mais une autre inflation surgit, cette fois régie par les algorithmes, et concerne strictement les ventes d’occasion. Ou comment la machine produit des bulles spéculatives totalement hors de contrôle…

29/12/2021, 14:31

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Harcèlement, éviction et représailles : ce qui se trame vraiment chez Plon

Quand on en vient aux sujets connexes à Vincent Bolloré, tout prend des allures de trames ourdies sur un indéchiffrable métier. Au tisserand avisé de saisir jusqu’aux fils secrets, pour donner forme à la tapisserie. Justement, chez Plon, filiale d’Editis, on rejoue La Dame à la Licorne, avec pour fil conducteur comme sur l’oeuvre authentique, « Mon seul désir ». Or, en la matière, on sait combien les passions s’emmêlent

17/12/2021, 11:04

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Bûche glacée, dinde de Noël : à qui appartiennent les recettes de cuisine ?

Les fêtes de fin d’année — toute une histoire ! Il ne faut rien laisser au hasard : les décorations, la musique, les boissons, les cadeaux… et le dîner – voire les dîners ! Plus que tout, l’objectif est que les convives repartent le ventre plein, sourire aux lèvres. Mais que faire lorsque l’inspiration manque ? Un tour sur internet, dénicher « la recette de Noël pour les éblouir » et le tour est joué… Oui, mais à qui donc est cette recette ? Monté en neige ou non, voler un oeuf serait voler un émincé de boeuf ?

11/12/2021, 13:40

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Des retards de livraison en librairie et la chaîne du livre menace d'exploser

La crise du papier et de son approvisionnement continue d’angoisser, à raison. Car avec elle, une autre pénurie sévit : celle des recrutements pour les entrepôts. Emplois mal payés, éprouvants… les candidats ne se bousculent pas au portillon. Et depuis des semaines, les transporteurs ne suivent plus : une carence de chauffeurs routiers est partout observée.

24/11/2021, 15:58

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Maison du dessin satirique : “S’il te plaît, dessine-moi un serpent de mer…”

Le 15 janvier 2020, à l’occasion de ses vœux à la presse, le Président Macron annonçait la création d’une maison du dessin satirique et du dessin de presse. Depuis, rien, ou presque. L’annonce du lieu choisi pour cette maison devait être faite en janvier 2021, puis au printemps, puis à l’automne et… rien. ActuaLitté mène l’enquête, à la recherche du dessin perdu.

16/11/2021, 11:34

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Prix du livre et frais de port : “Le marché va en souffrir, pas Amazon”

Arrivée à l’Assemblée nationale pour son adoption, la loi concernant les frais de port fera florès : qui, après l’année 2020, refuserait un projet de soutien aux libraires ? Qui, devant le vorace Amazon, éconduirait l’effort pour rétablir une concurrence saine sur la vente à distance de livres ? En somme, qui aurait intérêt à ce que les frais d’envois postaux d’un livre n’augmentent pas ? De fait… quelques nuances s’imposent.

06/10/2021, 11:33

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Dicker, Zemmour et Sattouf : comment l'indépendance des auteurs effraie l'édition

Dicker, Zemmour, Sattouf : trois noms significatifs dans l’édition puisqu’ils pèsent à eux seuls plusieurs millions d'euros de chiffre d’affaires. Ils ont tous opté pour un changement de paradigme, mais réellement en rupture avec l’industrie du livre jusqu’à lors connue ? Pour point commun, un outil de diffusion et distribution qui leur ouvrira les portes des libraires, grandes surfaces culturelles et autres enseignes… Bref, les points de vente du livre. Un schéma disruptif, supposément, qui provoque des sueurs froides dans l’ensemble du milieu. Panique à Saint-Germain ?

10/09/2021, 11:52

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Issues de la collection de Stefan Zweig, deux partitions inédites de Schumann retrouvées

Il est des vieux papiers que l’on exhume, avec une odeur d’antan, mais dont on ne soupçonne pas que leur histoire nous emportera loin, bien loin. Au sein de la Fondation Martin Bodmer (Cologny, canton de Genève), quatre pièces inédites ont été retrouvées. Muriel Brandt, chargée de mission pour la mise en valeur des partitions autographes en aurait dansé au son des lieder de Robert Schumann, ainsi que deux autres pièces, de Georges Bizet et Charles Gounod. 

03/09/2021, 13:17

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Vente d'épreuves non corrigées : collectionneur illuminé ou attrape-nigaud ?

Le marché du livre d’occasion fait pousser des soupirs désabusés aux organisations d’auteurs depuis bien longtemps. C’est pourtant en toute légalité que l’acheteur de livre papier peut revendre on exemplaire. Il existerait en revanche un autre marché, navigant dans une zone grise nettement plus contestable, installé sur le net français : celui des épreuves non corrigées. Des textes et des ouvrages non-commercialisables, mais qui servent aux éditeurs à faire connaître leurs publications très en amont…

31/08/2021, 13:04

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Crise du papier en France : pourra-t-on imprimer le prix Goncourt ?

#PenuriePapier – En 2019, l’industrie papetière représentait 5,4 milliards €, incluant papiers et cartons, selon Copacel, organisation patronale. En somme, un douzième de ce que pèse la filière forêt-bois, matière première essentielle. Or, depuis fin 2019, plusieurs facteurs distincts provoquent une pénurie de papier. Et si les usages graphiques — incluant la production de livres — ne représentaient que 1,6 million de tonnes sur les 7,3 millions globales, la situation va en s’aggravant depuis la pandémie. 

 

24/08/2021, 14:47

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France : Amazon assigné en justice pour concurrence déloyale

EXCLUSIF – Le confinement a révélé, à son insu, quelques secrets de fabrication et autres télescopages douteux chez Amazon France. Un différend juridique entre une éditrice et son prestataire a mis en lumière de manière flagrante les arrangements de la firme, aboutissant à une distorsion de concurrence. Tout à la fois revendeur et fournisseur de services, elle aura rendez-vous avec la justice française pour en répondre.

02/03/2021, 15:10

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L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

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Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

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Moniteurs étudiants : entre la “procédure” et la “bienveillance", Paris 3 balance

Ce mardi 2 février, les moniteurs étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe, rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, débrayaient une nouvelle fois, accompagnés par des bibliothécaires permanents et des professeurs de l'université. Alors que la crise sanitaire frappe de plein fouet les étudiants, ils réclament le maintien de leur rémunération en cas de confinement et de fermeture de l'établissement. Une partie du personnel de la bibliothèque les soutient et réclame plus de moyens.

05/02/2021, 17:41

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Gabriel Matzneff publie Vanessavirus, son ultime livre

EXCLUSIF – Ce mois de janvier ne manque définitivement pas de rebondissements : alors que le titre de Camille Kouchner, La familia grande, vient de sortir en grand format, sa parution fait écho à la sortie en poche du Consentement, l’ouvrage de Vanessa Springora. L’éditrice avait dénoncé avec force les actes de Gabriel Matzneff, et toute la complaisance autour du personnage. Quelque peu oublié des médias, l’auteur n’a pour autant pas quitté la plume. Et s'apprête même à publier son prochain titre, Vanessavirus.

02/02/2021, 09:30

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Financement, structure, Livre Paris : les Grandes espérances 2021 du SNE

Livre Paris 2020 compte parmi les premiers salons victime de la crise sanitaire. Pas de manifestation pour la capitale française, et pas de revenus pour le Syndicat national de l’édition, coorganisateur avec Reed Expositions France. Au cours des dernières semaines, les messages promotionnels n’ont pourtant pas manqué, rassurants ou tentant de l'être. Ainsi, la programmation se dévoile pour partie : l’Inde reste le pays à l’honneur, quand le monde d’après servira de fil rouge à l'ensemble. 

27/01/2021, 16:20

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Lisimachio, le PDG de Hachette Livre qui voulut racheter Amazon

Jean-Louis Lisimachio a laissé une profonde empreinte sur le groupe Hachette Livre, qu’il quitta brutalement en mai 2003. Depuis, il vit quelque part entre les massifs alpins et Nice, « désintéressé de ce qui concerne l’édition et au courant de tout ». Ses anciens collaborateurs décrivent une personnalité fascinante, admirée ou haïe. Incontestablement, l’ex-PDG de Hachette filiale de Lagardère, avant qu’elle ne soit renommée Lagardère Publishing, a marqué plus que son époque. Une figure d’autant plus intrigante qu’elle ne frayait pas avec le gotha littéraire, bien au contraire.

14/01/2021, 14:20

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La chaîne du livre face à la crise sanitaire, dans neuf régions françaises

Dès le début de la pandémie, les agences régionales du livre ont conseillé les acteurs concernés, mais se sont aussi lancées dans des consultations, pour rester au plus près des besoins. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture propose une synthèse des actions et réactions du monde du livre, dans neuf régions françaises, au cours de la tumultueuse année 2020.

11/01/2021, 16:50

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Marseille : Actes Sud cédera la librairie du MuCEM à Arteum, “une perspective adaptée”

En janvier 2013, le groupe Actes Sud remportait l’appel d’offres concernant le MuCEM — Musée des civilisations de l’Europe et de la méditerranée de Marseille. En juin de cette même année, la boutique-librairie allait être associée à la librairie Maupetit, propriété du groupe depuis 1998. Mais la concession changerait prochainement de mains, dans le cadre d’un AOT qui bénéficierait à la société Arteum, spécialisée dans les boutiques de musées. 

17/12/2020, 15:45

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Étude : les Français et la lecture pendant le premier confinement

Trois organismes du secteur du livre, la Sofia, le SNE et la SGDL, ont commandé à l'institut Médiamétrie une étude consacrée aux pratiques des Français en matière de lecture pendant le premier confinement, celui du printemps 2020. Il en ressort un attachement certain pour l'activité, avec une volonté de tester d'autres manières de lire.

14/12/2020, 16:43

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La lecture, loisir le plus pratiqué par les enfants de 9 ans durant le confinement

Dans quelques années, on se souviendra de cette étrange période avec quelques souvenirs flous : avions-nous réellement été enfermés, durant un confinement mondial ? Pour les enfants, dont 98 % restèrent chez eux, cette période eut des répercussions sur le travail et les loisirs. Le ministère de la Culture a procédé à une enquête, portant sur les jeunes de 9 ans.

07/12/2020, 09:38

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Les règles du “je” : Rowling, reflet d'un monde patriarcal

L’affaire Rowling prend des proportions inquiétantes : après la fronde des personnels de Hachette UK, voici que des auteurs de l’agence littéraire décident de quitter le navire. Plusieurs auteurs ont claqué la porte de Blair Partnership, suite aux propos de la romancière sur les personnes transgenres. Et maintenant, les politiques se servent de ses propos comme arguments législatifs.

24/06/2020, 12:43

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Sondage : les Français ont lu 2,5 livres durant le confinement

EXCLUSIF – À partir de ce 11 mai, les librairies ont l'autorisation de réouvrir. Or, la lecture fut, durant le confinement, l’une des vertus refuges. Privés dans un premier temps de librairies, les Français ont pourtant opté pour les livres, pour se divertir, s’évader ou s’enrichir. Un sondage réalisé par Harris pour ActuaLitté/La Journée du manuscrit francophone dévoile quelle place le livre a véritablement occupé lors de ces semaines à domicile.

11/05/2020, 09:00

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Les Français achètent de plus en plus de livres d'occasion

Le livre d'occasion, une aubaine
En attendant le communiqué annuel de PriceMinister annonçant que le livre a encore été le produit le plus revendu après Noël, voici un bref pronostic de Recommerce. Spécialiste de la vente de smartphones et produits reconditionnés, l’entreprise avance que les Français passeront massivement par les cadeaux d’occasion.

20/12/2018, 12:03

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Togo : l'autrice Marthe Nounfoh Fare visée par la justice

Au Togo, la journaliste et autrice Marthe Nounfoh Fare a été convoquée et placée en détention par les autorités pour une publication sur le réseau social TikTok. Elle risque jusqu'à six mois de prison à l'issue d'un procès prévu le 15 juillet prochain. Dans une tribune reproduite ci-dessous, le PEN Club français réclame l'abandon de toutes les poursuites, pour le bien de la liberté d'expression.

11/07/2024, 10:59

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La dernière ligne d'À vélo entre les lignes

#AVeloEntreLesLignes – Il y a plus d'un an, Zoé David-Rigot et Jaroslav Kocourek se sont lancés un défi : relier Paris à Oulan-Bator avec leurs bicyclettes. Sur chemin, ils visitent le plus grand nombre de librairies possible. ActuaLitté a relayé toute leur aventure, jusqu'à la dernière ligne qu'ils écrivent aujourd'hui.

10/07/2024, 10:33

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Une gare changée en librairie : à Rezé, le livre sur de bons rails

Au bout de la ligne 2 du tram nantais, l'un des terminus n'est autre qu'une librairie : un rêve de lecteurs. Depuis un an, Carole Dolcini et Nolwenn Gandon relèvent le défi qu'elles se sont lancé en inaugurant La Petite Gare, à Rezé, dans un bâtiment de la SNCF réhabilité. À l'étage, au-dessus de l'établissement, un espace partagé accueille des travailleurs du livre et de la culture.

05/07/2024, 15:06

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Législatives : l'ADAGP appelle à voter "pour les libertés de tous les artistes"

#Legislatives2024 – La société de gestion de droits d'auteur l'ADAGP, qui rassemble des artistes de plus de 120 nationalités et 40 disciplines, réaffirme, à l’occasion de l’entre deux tours des législatives, son engagement à défendre les droits des artistes, voyant dans l'art une « lumière d'espoir » face à « l'obscurité ».

05/07/2024, 14:52

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Législatives : les archivistes en défense de la transparence et la démocratie

À l'occasion de l'entre deux tours des législatives, l’Association des Archivistes Français (AAF) souligne l'importance cruciale des archivistes dans la conservation du patrimoine documentaire, réaffirmant son engagement envers la transparence, la démocratie et les droits humains. En pleine période électorale, elle réitère son adhésion aux principes de responsabilité et d'intégrité, tout en préparant ses membres à continuer leur mission essentielle quel que soit l'issue des élections.

04/07/2024, 12:03

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“La richesse de notre modèle culturel tient à sa diversité”

#Legislatives2024 – À quelques jours du deuxième tour d'une élection législative déterminante pour la vie politique française, les acteurs du livre et de la culture continuent de se mobiliser pour faire entendre leurs voix. Aujourd'hui, c'est au tour de la Société des Gens de Lettres d'affirmer son engagement pour la « liberté de penser » et la « diversité » de l'offre culturelle française.

04/07/2024, 11:16

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Auteurs jeunesse : La Charte s'engage contre l’extrême droite

#Legislatives2024 – La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse lance un appel à ses membres pour défendre la diversité et la liberté d'expression face à la possibilité d'un gouvernement d'extrême droite. Elle souligne les conséquences déjà visibles dans les villes dirigées par le Rassemblement National, incluant la censure et la réduction des aides à la culture. Le 7 juillet, elle invite à voter contre la discrimination et pour la préservation de valeurs inclusives.

03/07/2024, 17:27

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Le monde culturel messin s'engage pour une société ouverte et tolérante

#Legislatives2024 – Le festival Le Livre à Metz s'unit aux acteurs culturels de la région messine pour défendre la diversité et la liberté d'expression artistique. Cette tribune souligne l'engagement quotidien de ces acteurs pour la création sans entrave et la rencontre des cultures. Ils appellent à une mobilisation le 7 juillet, 2e tour des législatives, pour une société plus ouverte et tolérante.

03/07/2024, 17:09

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Voix du théâtre contre le RN : un appel à défendre la liberté et la diversité culturelle

Vincent Dheygre, président des Écrivaines et Écrivains Associés du Théâtre, appelle dans une tribune à la vigilance contre la montée du Rassemblement National qui, selon lui, menace les libertés créatives et les valeurs républicaines. Il souligne notamment l’urgence de défendre la diversité culturelle et l’ouverture, en opposition à la vision restrictive du RN, pour préserver l'avenir de la France et de ses valeurs fondamentales.

03/07/2024, 13:20

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Les traducteurs littéraires s'engagent contre l'extrême droite

#Legislatives2024 – Le premier tour des élections législatives anticipées a vu le RN pointer en tête des scrutins. Alors qu'une grande partie des acteurs du monde de la culture se mobilise face à la montée de l'extrême-droite en France, une nouvelle tribune est signée, cette fois par l'Association des Traducteurs Littéraires de France.

02/07/2024, 11:55

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Législatives : le Collège de France s'engage contre tous les obscurantismes

#Legislatives2024 – Le lendemain du premier tour des élections législatives françaises, le Collège de France lance un appel aux citoyens et représentants politiques pour renforcer leur engagement envers l'humanisme, la science et l'ouverture internationale, face aux défis mondiaux croissants de « diverses formes d’obscurantisme ». L'institution séculaire continuera, affirme-t-elle notamment, de lutter contre le racisme, l’antisémitisme et toute forme de discrimination. 

01/07/2024, 17:53

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“Faire renaître une puissance d'agir citoyenne”

#PenserLeVivant – Du 26 août au 1er septembre, à Arles, se déroulera la 5e édition d’Agir pour le Vivant. Un festival hors normes, qui pense une alternative politique, un projet citoyen et collectif et tente de faire de l’écologie un véritable débat démocratique. Les organisateurs partagent dans nos colonnes leur engagement.

30/06/2024, 11:36

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Législatives : “Les auteurs et autrices sont mis en danger”

#Legislatives2024 – Le premier tour des élections législatives anticipées, ce 30 juin, porte en lui d'importants enjeux, et pas seulement pour la démocratie. Le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC) invite ainsi les auteurs et artistes à se mobiliser, pour s'assurer un avenir serein. Nous reproduisons ci-dessous l'appel diffusé.

28/06/2024, 16:26

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“J’ai systématiquement abordé la situation des autochtones au Canada”, Franck Thilliez

Auteur de polars, écrivain d'un grande générosité, Franck Thilliez a dernièrement publié Norferville, roman qui prend le grand nord canadien pour décors. Et les violences et drames qu'ont traversés les populations autochtones. À la lecture de cet ouvrage, l’éditeur Amaury Levillayer (éditions Dépaysage) tendait une main à Franck Thilliez, qui lui répond dans nos colonnes.

28/06/2024, 13:36

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Des auteurs et autrices BD appellent à voter Nouveau Front Populaire

#Legislatives2024 – Ce 30 juin, le premier tour des élections législatives anticipées, en France, sera observé avec attention par le pays, l'Europe et même le monde. L'extrême droite pourrait en effet s'imposer à l'Assemblée nationale, devant un parti présidentiel atone. Mais l'union des gauches, via le Nouveau Front Populaire, ouvre une autre voie, souhaitée par 250 auteurs et autrices de BD, dont Pénélope Bagieu, Anouk Ricard, Boulet et Lisa Mandel. Nous reproduisons ci-dessous leur tribune, en intégralité.

28/06/2024, 12:27

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Législatives : défendre "des valeurs humanistes universelles" 

#Legislatives2024 – C'est au tour de l'Agence Quand Les Livres Relient de prendre prosition quant à la situation politique actuelle du pays. L'Agence, qui rassemble individus, associations, structures institutionnelles du monde du livre, de la culture, de l'enfance, a publié un texte reproduit par ActuaLitté, dans son intégralité. 

27/06/2024, 11:47

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Franck Thilliez : une passerelle vers les voix autochtones du Québec ?

Fondateur des Éditions Dépaysage, Amaury Levillayer porte une attention toute particulière aux cultures autochtones du Canada. Suite à des échanges avec la rédaction de ActuaLitté, autour du roman de Franck Thilliez, Norferville, l’éditeur a adressé un courrier à l’auteur. Un appel, une main tendue, pour que ces textes vivent aussi.

25/06/2024, 17:11

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Égalité, diversité... Les bibliothèques affichent leurs valeurs

#Legislatives2024 – À l'instar des libraires, les métiers des bibliothèques, à quelques jours d'élections législatives pour lesquelles le Rassemblement national semble bien engagé, ont à cœur de rappeler leurs valeurs fondatrices. Une mise au point pas totalement désintéressée, quand l'extrême droite au pouvoir a déjà prouvé que l'accès aux livres faisait partie de ses cibles prioritaires... Nous reproduisons ci-dessous le texte interassociatif.

24/06/2024, 10:43

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“L’extrême droite au pouvoir serait l’écrasement de tout espoir”

#Legislatives2024 – Les membres du Prix Eugène Dabit du roman populiste ont rédigé un texte, appelant à faire barrage à l'extrême droite. « Il n’est pas si courant qu’un prix littéraire s’exprime sur un terrain aussi ouvertement politique. Nous l’avons estimé nécessaire au regard de notre histoire, des valeurs que nous portons et de l’urgence de l’heure », nous indique le jury, qui a adressé à ActuaLitté son texte, proposé ici en intégralité.

21/06/2024, 14:49

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La Scam se positionne "contre les discours inspirés par la peur"

#Legislatives2024 – 24 acteurs de la Société civile des auteurs multimédia (Scam), se sont mobilisés pour adresser un message, compte tenu de la situation politique actuelle du pays. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, les acteurs de la Scam s’engagent contre les discours « qui suscitent la haine, l’exclusion et la violence ». Tribune.

20/06/2024, 17:25

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En quête de magie : trouver les fées !

Carnetdebord – Peau-de-Sang, prochain ouvrage d’Audrée Wilhelmy, sortira le 22 août aux éditions Le Tripode. Depuis plusieurs semaines, la romancière et artiste québécoise tient dans nos colonnes son Carnet de Bord, tout à la fois prélude d'un roman attendu et récit d'une attente, qui nous entraîne dans un monde enchanteur. Voire féérique...

20/06/2024, 15:50

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“Gauche ou droite, les extrêmes me glacent”, Jean-Baptiste Andrea, Goncourt 2023

#Legislatives2024 – « Je suis écrivain. Les mots ont un sens. Quand on parle d’extrême gauche et extrême droite, j’entends avant tout “extrême”. Et c’est ce qui me glace. » Prix Goncourt 2023, pour Veiller sur elle (éditions L'Iconoclaste), ActuaLitté converse avec Jean-Baptiste Andrea sur la situation politique, à quelques jours maintenant des législatives

18/06/2024, 19:48

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Créer un SMIC net à 1600 €, “une mesure mortifère pour la librairie”

Mesure phare du Front populaire, nouvelle version, le passage d’un Smic à 1600 € net relève du voeu pieux. Mais dans l’industrie du livre, et plus spécifiquement pour les librairies, une pareille mesure équivaut à la promesse d’une hécatombe. Chronique d’une mort imminente ?

18/06/2024, 12:55

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Deux enfants en pleine écriture d'un poème épique...

Merle Leonce Bone (peintre, critique rock et poète) et Brisa Roché (auteure, chanteuse, productrice et poète américaine), viennent de publier aux éditions Le Boulon Paris Moon, un roman d’amour entre Boris Vian et Leos Carax… Traduit par Sophie Couronne, il parle d’oiseaux et de divinités. Mais les deux auteurs ont bien plus à en dire.

18/06/2024, 10:26

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Réenchanter la vie : le super-pouvoir du réalisme magique

L'écrivain Paul Joubert vient de publier Tuer le temps aux éditions L'Archipel, son premier roman. Né en 1993, il s’est fait connaître en 2023 sur Instagram à travers son compte poétique Grosso modo. Il nous propose ici un texte, comme une invitation à rêver : « Soyons des Peter-Pan qui acceptons l’âge adulte. »

17/06/2024, 11:37

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Diversité, ouverture... Quelles valeurs pour les librairies en France ?

RNL24 — Organisées entre deux échéances électorales au grand dam du Syndicat de la librairie française (SLF), les Rencontres nationales de la librairie, à Strasbourg, ne pouvaient contourner la potentielle accession au pouvoir de l'extrême droite. L'organisation professionnelle, sans citer ce camp politique, a dévoilé une Charte des valeurs, entre les lignes de laquelle il n'est pas très difficile de lire... Nous la reproduisons ci-dessous en intégralité.

16/06/2024, 10:36

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La Librairie francophone arrêtée : “Les libraires perdent un allié !”

EXCLUSIF – À l'initiative des dix libraires qui prenaient part à l'émission d'Emmanuel Kherad sur France Inter, ActuaLitté publie un texte inédit, bilan amer de cette arrêt brutal, décidé par France Inter. Entre colère et regrets, cette tribune a déjà rallié le réseaux Les Libraires ensemble, comptant une cinquantaine de membres.

15/06/2024, 18:00

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En librairie, “la surproduction nuit à la diversité” (Anne Martelle)

RNL24 — Ces 16 et 17 juin, à Strasbourg, le Syndicat de la librairie française (SLF) organise les Rencontres nationales de la librairie, rendez-vous bisannuel de la profession. Le ton a été donné, avec des demandes adressées au gouvernement, pour un soutien renforcé, et aux éditeurs, pour une solidarité plus marquée avec les points de vente. Entretien avec Anne Martelle, présidente du SLF et directrice générale de la Librairie Martelle (Amiens).

15/06/2024, 14:40

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Rêver mieux pour la France que la démagogie et la haine

Alain Serres, auteur et directeur des éditions Rue du monde, a partagé un texte, ce 14 juin 2024, appelant à l’échange, la discussion... tout plutôt que l’ignorance et le repli sur soi. Quand une vague de morosité frappe, c’est un regain d’enthousiasme et de courage qu’il faut montrer, affirme l’éditeur. Nous reproduisons son texte ici en intégralité.

15/06/2024, 10:47

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L'Intelligence artificielle, authentique danger pour la traduction ?

Dans cette tribune, la Société française des traducteurs (SFT), syndicat professionnel des métiers de la traduction et de l’interprétation, se fait la porte-parole des mises en garde des professions qu’elle représente, pour que l’humain reste au cœur de la technologie et que le développement non encadré de solutions d’intelligence artificielle générative à des fins de traduction et d’interprétation ne conduise pas à l’appauvrissement de la langue et de la pensée critique.

13/06/2024, 16:04

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Les éditions MeMo, du coeur aux ouvrages

L'édition française se débat, engluée entre la concentration, la surproduction, la hausse des coûts de production et une indéniable baisse des ventes. Le secteur de la jeunesse souffre des mêmes maux, mais en pire. Leur 30e anniversaire encore dans les mémoires, les éditions MeMo, depuis Nantes, continuent d'insuffler passion et intelligence au sein d'un catalogue exigeant sans être élitiste pour autant.

11/06/2024, 16:57

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Hommage à Ben, “conscient de l’importance de la non-importance”

La Fondation du doute, installée depuis 2013 à Blois, a appris le décès, le 5 juin dernier, de son fondateur, Benjamin Vautier, et de son épouse Annie. Les directeurs et l'équipe de l'institution, organisée autour de l'esprit Fluxus cher à Ben, lui rendent hommage dans un texte reproduit ci-dessous.

11/06/2024, 12:54

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Petit cours de langue des choses cachées avec Cécile Coulon 

Montmorillon2024 — Cécile Coulon, autrice confirmée depuis son plus jeune âge, sort à 33 ans son neuvième roman, La langue des choses cachées (Iconoclaste, 2024). Elle y explore tout ce qui est dit quand les gens ne parlent pas, surtout les souffrances. À cette occasion, le Festival du livre de Montmorillon tenait à l'avoir comme invitée d'honneur. Sa présence a rythmé le salon, entre lecture musicale et jogging littéraire. ActuaLitté a eu l'opportunité de s'entretenir avec elle.

09/06/2024, 15:34

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Jacques Rivette cinéaste du mystère, par Pacôme Thiellement  

Pacôme Thiellement a gagné il y a peu une belle popularité grâce à son histoire personnelle et fascinante de l’Histoire de France, diffusée sur la chaîne Youtube de Blast. En parallèle, il continue son travail d'exégèse, comme il aime à le dire, des artistes qui l’inspire : après David Lynch ou Frank Zappa, le plus méconnu des cinéastes de la Nouvelle Vague, et finalement le plus mystérieux, Jacques Rivette. Ceux qui n’ont vu que La Religieuse n’ont rien vu de lui…

08/06/2024, 11:00

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La Maison d'Europe et d'Orient en péril

Les éditions l'Espace d'un instant sont une initiative de la Maison d'Europe et d'Orient, pôle culturel européen - association reconnue d'intérêt général, soutenue par la Fondation Jan Michalski et la Ville de Paris, et partenaire de Sens Interdits et du Théâtre dans la Forêt. Elles alertent aujourd'hui dans une tribune du devenir de la Maison d'Europe et d'Orient. Leur texte est proposé en intégralité.

07/06/2024, 11:50

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Mort d'Éric Hazan : “La Fabrique est orpheline”

Stella Magliani-Belkacem et Jean Morisot ont communiqué un texte en hommage au fondateur des éditions La Fabrique, Éric Hazan, décédé ce 6 juin. Leur message est ici reproduit dans son intégralité.

07/06/2024, 10:29