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Livre d’occasion : un éditeur avait trouvé comment rafler le marché

Après une année 2022 en recul de 5,4 %, à 2,911 milliards €, le chiffre d’affaires des éditeurs français pour 2023 est particulièrement attendu. Avec l’espoir farouche qu’il demeure supérieur à 2019, année de référence pré-Covid. Mais la tendance est connue : moins de ventes et une croissance en valeur due à la hausse du prix des livres… Alors, où trouver de nouvelles ressources ? 

Le 24/06/2024 à 16:12 par Nicolas Gary

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24/06/2024 à 16:12

Nicolas Gary

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L'étude de la Sofia sur le marché de l'occasion aura marqué l'année 2023 pour l'industrie du livre : 9 millions d’acheteurs, quelque 80 millions d’exemplaires vendus et 350 millions € de chiffre d’affaires. Sur les cinq dernières années, la croissance aboutit à 20 % du marché en volume pour 9 % en valeur, forgeant des habitudes chez les consommateurs.

Nom de code : O-K-zion

Plus de la moitié des lecteurs combinent neuf et occasion, les deux tiers comparent les prix et la moitié privilégie la seconde main. « La bascule s’explique le plus souvent soit par l’envie de saisir une bonne affaire, soit par l’indisponibilité du neuf. Les éventuelles raisons écologiques n’entrent pratiquement pas en considération dans les motivations de l’achat d’occasion », relevait La Sofia. De quoi évacuer les discours truffés d'éléments de langage de sociétés bien installées.

À LIRE - Le livre d'occasion en France : la grande étude

Auteurs et éditeurs estiment que cette manne leur échappe – alors que le Code de la Propriété intellectuelle est limpide : une fois la vente effectuée, les ayants droit perdent tout droit sur l'objet.

À force d'insister auprès d'Emmanuel Macron, les éditeurs ont obtenu la création d’une « contribution », dont la faisabilité tant juridique que pratique reste à imaginer. Le président entend dès lors « réfléchir à une solution pour garantir les revenus des auteurs et éditeurs », intention infernalement louable. Car des bouquinistes des quais de Seine au vendeur en ligne allemand Momox, le spectre est large : ponctionner quelques centimes par titre n'ira pas sans conséquence ni difficultés.

La Sofia assure que ce prélèvement – surcoût minime pour le client – n’aurait pas d’incidence sur le marché, sans avancer de montant : même 10 centimes sur 80 millions d’exemplaires ne fera pas avancer le Schmilblick. Comment se fait-il qu'aucune des structures de diffusion-distribution majeures en France n'ait pris ce sujet à bras le corps pour capter le marché ?

Bienvenue dans un monde qui change

Historien du livre, de l'édition et de la lecture, en France, Jean-Yves Mollier rapproche la croissance du marché de l’occasion avec… « le commerce du livre au XIXe siècle, où la plupart des libraires proposaient des ouvrages neufs et d’autres non ». En outre, « cette tendance contemporaine à remettre en circulation les objets – dont les livres – me semble inexorable ». 

À LIRE - Taxe sur les livres d'occasion : "Parlons-en avant d'improviser !"

Elle participerait même d’un « changement dont on rêverait qu’il laisse la tristement célèbre société de consommation derrière nous ». La perspective d’une industrialisation de la seconde main « s’inscrit dans la logique du recyclage auquel nos contemporains se montrent de plus en plus sensibles ». Lequel implique surtout « un changement anthropologique dans la perception même des objets et de leur commercialisation. Les consommateurs acceptent de payer cher le neuf, mais considèrent l’occasion avec bien plus d’exigence quant au prix avancé. »

Olivier Bessard-Banquy, docteur en Sorbonne, spécialiste de l'édition contemporaine, estime que « les éditeurs préfèrent le pilon : l’offre d’occasion ou plus encore le solde envoient de très mauvais signaux, les lecteurs peuvent être tentés d'attendre que les livres soient bradés ou soldés pour décider d'acheter ceux qui peuvent les intéresser ».

Pour autant, la perspective d’une industrialisation de l’occasion, par les groupes éditoriaux, lui semble irréaliste : « Nul ne prendrait le risque de la cannibalisation du neuf : les lecteurs cesseraient d’acheter les nouveautés pour attendre les offres en occasion. »

Un comportement qu’a accentué internet, « quand auparavant il fallait chiner parfois des années pour espérer trouver chez un bouquiniste ou un libraire d'ancien un ouvrage rare ardemment recherché ». À ce titre, le modèle de contribution le laisse dubitatif : « Une taxe sur l'occasion semble inapplicable dès lors qu'il s'agit de brocantes ou de vide-greniers. Comment taxer des bouquinistes sur des poches à un ou deux euros ? Cela ne pourrait concerner sans doute que les acteurs de la vente par internet... »

Eddie Junior/ Unsplash
Eddie Junior/ Unsplash

Les libraires en embuscade

« Sur l’occasion, le monde de la librairie se divise en deux catégories : celles qui la refusent, car empêchant les ventes de neuf, et celles qui ont compris qu’elles faisaient plus de marge. Bien entendu, les deux postures se défendent », sourit avec malice un ancien de la distribution. 

Nosoli : l'économie circulaire globale

De fait, le groupe Nosoli (Furet du Nord/Decitre) a structuré un modèle de rachat auprès de ses clients, pour une recommercialisation tant sur ses sites que dans les boutiques des deux enseignes. « Ce modèle de circularité a été déployé voilà 18 mois, avec la perspective d’une action complète de l’achat à la revente », précise Christophe Desbonnet, PDG de Nosoli. Via une application, le lecteur scanne les titres qu’il déposera dans un carton, chez le libraire : ce dernier n’a plus qu’à valider le “panier”, éditer un code-barre et, zou, direction l’entrepôt. « Il émet alors un bon d’achat pour le client, utilisable immédiatement. »

Récupérés, les exemplaires sont contrôlés, inventoriés et stockés en vue de leur remise en circulation, à un prix découlant d’une catégorie tarifaire établie. « Les libraires partenaires peuvent commander des stocks, qui sont acheminés par colis d’une vingtaine d’ouvrages ou à l’unité : notre stock mutualisé est contrôlé depuis le site internet », relève le PDG. 

« Pour un indépendant, se positionner est complexe », ajoute-t-il. D'où l'objectif : convaincre des partenaires, en dehors de son propre périmètre groupe, par une solution clef en main. En outre, Nosoli réfléchit actuellement à un reversement volontaire, basé sur le chiffre d’affaires général, et fléché vers la Sofia, « dans une démarche sociétale où tous les acteurs bénéficieront de ce nouveau circuit ». Auteurs et éditeurs. 

Gibert, un rendez-vous manqué

D’autres initiatives similaires ont presque vu le jour, comme pour le réseau Librest. « Nous avions envisagé en 2018 un partenariat avec Gibert », nous explique Renny Aupetit. « Nous récupérions auprès des clients les ouvrages, dès lors que la vente était validée par leur application. » Les lecteurs se trouvaient crédités en bons d’achat valables dans les librairies du réseau, quand les ouvrages, eux, gagnaient l’entrepôt de Gibert.

Pour lui, « l’occasion repose sur la profondeur de catalogue, la capacité à servir rapidement et la diversité de l’offre : impossible de créer un espace dédié dans nos établissements. » Une seule option : créer un module intégré aux sites web des libraires, avec contrôle du stock et revente des ouvrages ainsi récupérés. Le projet n’aboutit jamais et à cette heure, Librest cherche toujours un partenaire.

Marketplace VS. Occasion chez BDfugue.com

BDfugue.com a opté pour une autre stratégie : depuis 2011, le site a ouvert une place de marché, privilégiant la mise en relation entre vendeurs et lecteurs à celle de l’occasion. « La marketplace est un défi technologique, quand la gestion de l'occasion pose un défi logistique », estime Thomas Jacquart, PDG du site. D’un côté, le traitement des références et l’évaluation de l’état des produits, de l’autre, la problématique du stock.

« Ces adaptations impliqueraient d’importants changements dans notre fonctionnement, sachant que le nerf de la guerre, c'est l’origine des ouvrages. Avec la marketplace, nous bénéficions d’articles que nous ne pourrions pas commercialiser en neuf. Pour les collectionneurs, cela répond à une demande spécifique et complète notre catalogue. »

D'ailleurs, le PDG s’interroge  sur la pertinence du modèle, pour les libraires, alors même qu'Amazon a cessé de reprendre leurs titres aux particuliers : « D’autant qu’un client qui se présente avec des titres que l’on refuserait — parce que vétustes, abîmés, trop anciens, etc. — repartirait mécontent. Et cette insatisfaction est rarement profitable dans nos relations avec eux. » L'application faciliterait ce point – on pestera jusqu'à épuisement contre une machine –, sans convaincre le patron du site spécialisé BD.

Fnac : du neuf avec du vieux, comme neuf...

À Rouen, Matthieu de Montchalin, patron de L’Armitière, avait une approche méthodique, qu'il expliquait en juillet 2022 : « Au moment du passage en caisse, en présentant la carte de fidélité, nous proposerons un délai de deux mois au client pour rapporter le livre, s’il le souhaite. Je m’engagerai à le racheter à un taux de 35 % du livre neuf, pour ensuite revendre le livre, étiqueté “occasion”, à 80 % du prix du neuf. »

Le libraire y voyait un principe pour fidéliser sa clientèle, s'étant inspiré malgré lui d’un plan plus ancien, et nettement plus politique, que Fnac avait déroulé en avril… 1982. À l’époque, il s’agissait de contourner la loi Lang et le prix unique : l’agitateur culturel présenta ainsi, un an après l'adoption du texte, « Seconde lecture », reposant sur les mêmes bases que le projet de L'Armitière. 

Un ancien cadre arrivé à cette époque se souvient : « Ce fut un bide total : Fnac rachetait les ouvrages grand format pour 50 % du prix de vente et les recommercialisait à 60 %, mais rien ne se vendait. » De fait, le marché de l'occasion n’avait aucune existence : « Les lecteurs se tournaient vers les bouquinistes et les livres rares, mais la seconde main, non : les clients Fnac n'ont pas suivi du tout. » D'après les estimations de Fnac de l'époque, le marché de l'occasion compterait pour 5 à 10 % de leurs ventes deux ans après la création de Seconde lecture.

Il n'en fut rien. « Ce fiasco découle de ce que les libraires ne savaient pas où placer les titres remisés : pas avec les nouveautés, pas d’espace dédié… », reprend notre interlocuteur. En 1984, Fnac tenta une autre stratégie en important artificiellement des titres d’éditeurs implantés en Belgique — donc non soumis à la Loi Lang. De nouveau, échec, et condamnation judiciaire. Finalement, l'enseigne se servit de la loi Lang, avec ses opérations Prix verts : des ouvrages soldés, conformément à la législation (6 mois de stock et 2 ans d’édition). En 1994, plus aucun établissement ne pratiquait cette remise légale.

Enseignes, chaînes... et grande distribution ?

Chaînes et enseignes affûtent leurs katanas : chez Cultura, on a mis en place une application, Le Kiosque de l’occasion, pour racheter Livres, jeux, puzzles, partitions et vinyles. « Les enseignes organiseront certainement leurs propres collectes : elles ont les espaces, la clientèle et les tables pour remettre en vente. Pour elles, le recours à la distribution introduirait un intermédiaire inutile, car coûteux », analyse un ancien libraire d’occasion.

« Pour les indépendants, en revanche, un pareil modèle aurait tout son sens aujourd’hui. D’autant que, plus encore que pour les enseignes, la reprise d’ouvrages implique un flux de clientèle dans leur boutique. Autant de ventes supplémentaires à imaginer. »

Rayon livre de Monoprix - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Rayon livres de Monoprix - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

L’inconnue, poursuit-il, tient aux mouvements qu’effectuera la grande distribution. « Que Carrefour ou Auchan se décident, et l’on assistera à un bouleversement radical. Leurs parts de marché s’effritent sur le neuf et leurs clients apprécieront certainement une offre discount sur des livres. »

Selon les estimations d'Edistat, les grandes surfaces alimentaires ont atteint 12 % de PdM en valeur sur ce premier semestre 2024, contre 18 % en 2014. A contrario, les grandes surfaces spécialisées (enseignes) sont passées en dix ans de 8 % de PdM en valeur, à 52 %. « L'occasion a tout pour apporter un nouveau souffle à chacun : une meilleure marge ou un meilleur produit d'appel, selon le positionnement », conclut-il.

Interforum, la puissance de la logistique

Des points de vente qui, de par le maillage territorial, participeraient au ramassage de livres auprès des clients, voilà qui impliquerait une infrastructure nationale afin de ratisser très large. Que les patrons de groupes éditoriaux déplorent de voir des centaines de millions d'euros leur échapper montre combien l'un d'entre eux avait vu juste. Car de Hachette à Editis, en passant par Madrigall ou Média Participations, toutes ces entités disposaient déjà d'une couverture de l'Hexagone, via leurs outils de distribution : il suffisait d'un pas de côté pour que...

Mieux que la méthode Coué : la croissance Kouck

Retour vers le futur : ActuaLitté a découvert que l’un des grands patrons de l’édition française avait anticipé, dès 2017, l’essor de la seconde main pour le livre. « Alain Kouck [président d'Editis Holding, NdR] avait amorcé cette réflexion en mettant Interforum au coeur de cette révolution : en excellent logisticien — et visionnaire, pour le coup — il avait élargi le périmètre de la distribution, au-delà des flux aller et retour, pour y intégrer l'occasion », nous rapporte un ancien salarié d’Editis.

« La solution impliquait en amont les libraires en leur proposant de devenir des points de collecte : libre à eux de choisir le modèle économique. De là, il tenait la chaîne d'approvisionnement en amont : il suffisait ensuite de construire un système parallèle à celui des retours. » Tout libraire renvoie en effet au distributeur les ouvrages dits “invendus”. « De la sorte, la logistique de récupération préexistait, ouvrant la voie à un nouvel écosystème : avec des ajustements logiciels, on différenciait sans peine les retours “standards” des retours “occasion”.Transporter un carton avec des livres, c'est le propre du distributeur, qu'ils soient neufs ou non. »

Le paradigme virait radicalement : « Le distributeur était en mesure de constituer des stocks en vue d'une offre exclusivement composée d'occasions. En développant une marketplace dédiée, destinée aux libraires, Editis faisait main-basse sur cette économie, avec un système assez vertueux. »

Pilon, pilon, petit patapon

Les calculs, pour les amateurs, s’effectuent de tête, mais nécessitent quelques informations préalables. Pour qu'un livre renvoyé d'une librairie soit réintégré avec ses copains dans l'entrepôt de stockage, l'éditeur est facturé entre 2 et 3 €. Dans le cas contraire, sa destruction par le pilon coûte près de 1,5 €. La matière étant recyclée, elle rapporte autour 200 € par tonne, versé par l'opérateur qui transforme les ouvrages en pâte. 

Le calcul est vite fait. « Dans un fichier comptable, la question est vite résolue : produire un livre noir (sans image : roman, essai, etc.), revient à 1 € en moyenne : c'est vrai qu'on pilonne pour expédier, sans réfléchir aux options », nous précise un éditeur.

En 2022, 448,5 millions d’ouvrages ont été imprimés pour une commercialisation en France, indique le Syndicat national de l’édition. Sur 2018-2020, le SNE évaluait le tonnage de livres envoyés en points de vente à 199.100 tonnes – on estime que 3 livres pèsent 1 kg — soit 597,3 millions d’ouvrages.

Les titres renvoyés par les points de vente équivalent à un peu plus de 21 % du volume aller, soit presque 42.000 tonnes et le pilon représente 26.300 tonnes de ces retours — 78,9 millions d’ouvrages. Les réintégrations au stock se montent à 10.800 tonnes et ce qui demeure est trié par les éditeurs.

Une nouvelle attractivité des librairies

« Ce qui est intéressant, c’est que les ouvrages aujourd’hui proposés en solde auraient parfaitement pu bénéficier de la réflexion d'Interforum. D'ailleurs, tous les groupes disposant de leur propre diffusion-distribution auraient pu développer ce principe, bénéficiant également aux éditeurs partenaires », observe un libraire du sud de la France.

« Aujourd’hui, disposer de commande de neuf ou d'occasion, doublerait les chances de garder un client, qui sans cela se tournera vers internet. Occasion, et pourquoi pas du neuf à prix réduit, d’ailleurs : les arrêts de commercialisation fonctionneraient aussi. » Et la remarque s'entend dans une plus large appréhension du marché : entre 2014 et 2023 la librairie est passée en valeur de 74 % à 37 % de parts de marché – au profit des grandes enseignes, indique Edistat.

Pour mémoire, les données de la Sofia pointaient qu’un roman policier sur deux est acheté en occasion, 1 sur trois pour l’Imaginaire et la Romance. Et la croissance pour les romans jeunesse et ados est évaluée à 151 %. Doit-on encore s'interroger sur la nécessité d'une offre de seconde main structurée, aux marges sont plus intéressantes pour le commerçant ? 

Dropshipping chez Hachette

Une directrice des ventes se montre amère : « Considérer la distribution comme un avantage compétitif est totalement dépassé. Pourtant, tout le monde a injecté des dizaines de millions d’euros pour perfectionner les chaînes logistiques. » En réalité, la diversification des services aurait été plus porteuse.

Or, même le groupe Hachette Livre n'avait pas anticipé un pareil développement : « Il y avait une fonctionnalité de “dropshipping” qui aurait pu s'adapter pour ce segment », nous confirme un ancien du groupe.

Le dropshipping permet au vendeur de n'opérer que la commercialisation et la vente : le fournisseur expédie la marchandise au client, sans apparaître. De quoi démarrer dans le e-commerce sans stock ni logistique : l'investissement ne porte que sur le site et la promotion. « Mais, non, rien de spécifiquement centré sur la revente d'occasion », poursuit notre interlocuteur.

ActuaLitté, CC BY SA 2.0
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

2024, ou l'ère de la taxe-contribution

Quelle forme aurait prise la manœuvre d'Alain Kouck ? Interforum n’aurait-il récupéré que les exemplaires des éditeurs groupe et partenaires — afin de mettre en place une redistribution capitalistique allant jusqu’aux auteurs ? Ou moissonné l’ensemble des titres, sans considération autre que le volume, afin de structurer l’offre la plus complète possible ? Et dans ce cas, un accord avec la Sofia aurait permis des paiements aux éditeurs et auteurs ?

Nul ne le sait : l'hypothèse ne vit pas le jour : « Alain Kouck est décédé en juillet 2018 : Pierre Comte qui occupa la présidence d’Editis avait d’autres impératifs, dictés par l’actionnaire Planeta, dont la vente », nous rappelle un ancien de la holding. Quand on a raison trop tôt, on a tort... « Pourtant, le système aurait au moins trois bonnes raisons d’être repensé : le lien entre clients et libraires autour de la récupération des ouvrages, le relais de croissance pour la distribution et la rémunération des éditeurs sur les occasions mises en vente, et par conséquent, celle des auteurs. »

La nature a horreur du vide(-grenier)

Une réflexion impérative, en regard de la croissance de la seconde main, où des opérateurs comme LeBonCoin.fr font la pluie et le beau temps ? Le site compte près de 6 millions d’annonces pour des livres – 10 % des produits recommercialisés au global, pour un CA de 332 millions € en 2022 (contre 233 millions € en 2019) et 52,7 millions de résultat net. Ou un Momox avec ses 337 millions € de CA — dont 15 % en France.

Une ancienne salariée de la distribution, découvre la solution Kouck avec un certain enthousiasme : « Potentiellement, cela aurait même créé de l’emploi : quand les livres d’occasion arrivent aux entrepôts, une équipe dédiée aurait effectué les tris, en complément de celle qui se charge de la réintégration aux stocks. Une plateforme logistique assez simple, en somme. » Réalisable ? « En réalité, il est étonnant que personne ne l’ait mis en chantier… surtout en regard de l’ampleur de ce marché désormais. Mais peut-être est-ce trop tard ? »

Une représentante nuance : « En regard des coûts de production, voilà 10 ans, les éditeurs préféraient pilonner que remettre sur le marché – et chacun est maître en la matière. Mais il est certain qu’un pareil système serait plus rémunérateur : mieux vaut la possibilité de revendre à prix réduit que de détruire les exemplaires. D'autant que, dans le contexte écologique, cela frise l’hérésie. » 

Propre comme un livre neuf... sale comme de l'occaz' ?

Une éditrice, partenaire d’un diffuseur notoire, se montre plus qu’intéressée : « Ce que je retiens, c’est que tout le monde y gagnerait dans la chaîne du livre, alors qu’aujourd’hui, seules les plateformes de vente ou de mise en relation bénéficient de ce marché. » Elle s’interrompt et ajoute : « Quand j’ai commencé, voilà une dizaine d’années, des baroudeurs m’ont répété qu’il valait mieux pilonner : j’avoue que j’ai suivi leurs conseils, sans trop y penser. Aujourd’hui, la moitié de mes retours sont réintégrés en stock l’autre moitié est… dépréciée. Donc je pilonne. »

Reste à convaincre… les auteurs, nous assure une relation libraire, qui a longtemps travaillé comme couteau-suisse, y compris en relations presse : « Pour nombre d’autrices ou d’auteurs, la présence de leur livre sur les tables prime sur les ventes — même si toutes et tous espèrent devenir des best-sellers. » Elle précise : « À plusieurs reprises, j’ai eu des auteurs qui se plaignaient de ce que leurs livres étaient vendus au rabais. Si le neuf incarne la reconnaissance, l’occasion serait plutôt vécue comme une humiliation. Quand bien même elle serait alors plus rémunératrice. »

Les auteurs, aujourd'hui cinquième roue du carrosse

« Ce que les auteurs et autrices désirent réellement, c'est que leurs œuvres soient mieux valorisées, mieux diffusées et accessibles au plus grand nombre de lecteurs possible, et ce, sur le long terme » souligne Stéphanie Le Cam, directrice générale de la Ligue des auteurs professionnels.

Et de pointer bien d'autres dysfonctionnements : « Les avances ne sont pas amorties parce que les livres sont quasi abandonnés trois mois après leur sortie, entraînant des redditions de comptes dérisoires l’année suivante. Et pourtant, les groupes éditoriaux conserveront ce patrimoine pour toute la durée de la propriété intellectuelle. »

Pour les auteurs, il devient en revanche « humiliant d'apprendre que des pistes furent imaginées pour travailler sur le livre d'occasion... mais que le pilon demeure l'option privilégiée ». Ces mêmes groupes « prétextent désormais une concurrence déloyale et sous couvert d'une pseudo-régulation, réclament une taxe qui ne rapportera que des miettes aux auteurs ».

Elle ajoute : « Leur inertie a privé pendant des années les auteurs de revenus supplémentaires, illustrant encore une fois la nécessité de repenser le système actuel de rémunérations des auteurs, car faute d’exploitation suffisante, les auteurs vendent leur travail à perte dans la majorité des cas, ce qui constitue un autre problème au regard de l’ordre public économique. »

Sortir de la voie de garage

Alors que faire ? Dans un marché en croissance de 20 % chaque année, estimé à 350 millions €, « il faut s’y pencher pour que ce segment ne soit pas laissé en dehors du périmètre des éditeurs », insiste un spécialiste de la distribution. Ne rien faire ou remettre la main sur ces ventes — avec dans l’idée d’assécher l’offre des plateformes en récupérant le maximum de titres ? Trouver une solution pour redistribuer cette valeur, dans une démarche tout à la fois éthique et écologique ?

« Nous sommes entrés dans une période où l’on peut gagner plus avec de la seconde main qu’en vendant du neuf », poursuit-il. Avec ce paradoxe que l’un n’existe pas sans le second.

« La crainte d’une cannibalisation est légitime, car déjà à l'oeuvre, et même au-delà de la question financière. Le temps d’attention — ou de cerveau – disponible, est consacré aux livres d’occasion, et pas au neuf. Sauf que l’attentisme et la taxation ne résoudront rien au fait que cette offre continuera de se développer : le premier renforcera les plateformes quand la seconde ne rapportera qu’une infime partie du chiffre d’affaires envisageable. »

Des chiffres aux lettres...

En son temps, l’accès gratuit aux livres, via les bibliothèques publiques, avait soulevé les mêmes récriminations : plus personne n’achèterait d’ouvrages neufs, pour se contenter de lire gratuitement. « Or, toute la France ne s’est pas dotée d’une carte de bibliothèque pour lire gratuitement. Au contraire, les bibliothèques forment les futurs lecteurs. Et de même, l'occasion donne accès à la lecture. »

Le changement sociétal de la seconde main est déjà à l’œuvre : reste à choisir qui en profitera et dans quelle mesure ? D'un côté, une contribution dont la mise en oeuvre impliquera des contorsions juridiques ineffables et des usines à gaz et la reprise en main, pour un faible résultat économique, de l'autre la reprise en main du marché pour un relais de croissance significatif.

Celles et ceux qui vivent en publiant des histoires empoigneront certainement leur calculatrice sous peu.

Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com

6 Commentaires

 

Monique

25/06/2024 à 07:00

De mon côté, en tant que lectrice acharnée, envoyer des livres au pilon me fait terriblement mal au cœur et ressemble en tous point à un autodafe.
De mon côté, je donne : aux bibliothèques municipales, aux amis, aux petites librairies, aux hôpitaux...
Mais c'est vrai que le chiffre d'affaires n'est pas là !

Rémi Vincent

25/06/2024 à 11:06

Le 30 Juin et le 7 juillet, on vote pour les députations.

Quid de l'édition à partir du 7 Juillet 2024 ?

On le sait, c'est les députés qui votent les lois, hormis le 49-3.

Bref, nul ne sait encore qui va être 1er ministre ?

Rémi Vincent

adnstep

25/06/2024 à 14:00

Très bel article, mais on ne sait qu'en conclure. Comme l'auteur.

J'ai accumulé, au fil du temps, une trentaine de cartons de livres. Beaucoup de poches, dont beaucoup de SF. Personne n'en veut. Ni les bibliothèques, ni les "soldeurs" type troc (ex troc de l'île) ou cash machin, ni Emmaüs...

Qu'en faire ? Je songe a les passer à la déchiqueteuse pour en faire du paillage pour le jardin. Mais les plantes n'aimeront peut-être pas l'encre.

François Bon

25/06/2024 à 16:19

merci N. vraiment bien d'avoir de ces états des lieux avec chiffres et toute la complexité requise – un petit développement sur RecycLivre et autres entreprises sociales, notamment pour la richesse désormais incontournable des déseherbages bibs (la grosse part des achats, pour tout le contemporain évacué du circuit), sais pas comment ça s'insèrerait dans ton article ?

Nicolas Gary - ActuaLitté

25/06/2024 à 17:31

Bonjour François
Le cas Reyclivre, je lui avais fait un sort voilà quelques mois – dans le silence le plus absolu de la BPI, justement pour la récupération d'ouvrages en masse.
https://actualitte.com/article/114663/politique-publique/saccage-ou-desherbage-pourquoi-evacuer-20-des-livres-de-la-bpi-au-galop
Mais l'occasion ne fait que commencer, et on s'en va vers une belle série de sujets ! J'y reviendrai avec plaisir (et merci de ton mot!)

François Bon

27/06/2024 à 06:08

oui, me souviens de ton article ! vraiment important ce que vous nous racontez de tout ça (y compris ce matin sur loi Darcos)

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03/03/2026, 19:24

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Éditeurs, agences, organisations... Quels lobbys pour le secteur du livre ?

Lobbies, groupes de pression ou d'influence... Peu importe leur dénomination, ces entités tentent d'influencer le débat public, le vote des lois et la politique de l'État. Le secteur du livre, dont les logiques sont parfois industrielles, n'échappe pas à ce phénomène. Des données publiées par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) permettent de dresser une carte du lobbying en 2024, avec une présence forte des éditeurs et des organismes de gestion collective.

02/03/2026, 16:19

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Amazon, Microsoft, Fnac-Darty... Les lobbys des multinationales à l'assaut du livre

En tant qu'industrie culturelle aux importants revenus, doublée d'une capacité d'influence non négligeable, le secteur du livre et son encadrement suscitent bien des convoitises. Quelques multinationales aux moyens conséquents n'hésitent pas à solliciter les représentants publics, afin d'influer sur les votes ou la politique générale. En 2024, Amazon et Fnac-Darty se sont montrés particulièrement offensifs...

02/03/2026, 16:18

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Lobbys et groupes de pression : une transparence insuffisante ?

Comme d'autres industries et secteurs culturels, le livre n'échappe pas aux pouvoirs de lobbies et groupes d'influence, qui informent les décisions publiques, mais tentent aussi de les orienter à leur profit. Afin d'encadrer ces pratiques et d'éviter des dérives dommageables pour la démocratie, quelques obligations existent, malgré tout très limitées.

02/03/2026, 16:18

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Witold Gombrowicz, l’ennemi radical des identités figées

Dans cet article, Charles Garatynski relit l’œuvre de Witold Gombrowicz comme une entreprise radicale de déstabilisation des identités, des rôles et des formes sociales. De Ferdydurke à Cosmos, l’écrivain polonais apparaît comme un penseur de l’inauthenticité, pour qui la littérature devient un espace de résistance contre les assignations culturelles, nationales et symboliques.  

09/02/2026, 16:33

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Hitler contre Artaud : comprendre une confrontation imaginaire

Entre 1930 et 1932, Antonin Artaud séjourne à plusieurs reprises à Berlin, au moment même où la République de Weimar s’effondre. À partir d’archives, de lettres, de manuscrits et d’une relecture attentive des textes asilaires, Ilios Chailly retrace ces séjours berlinois et interroge l’une des affirmations les plus troublantes d’Artaud : sa rencontre supposée avec Adolf Hitler.

27/01/2026, 13:06

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Heated Rivalry : comment une romance entre hockeyeurs a déclenché une folie mondiale

Il y eut After, Calendar Girl et bien d'autres : un autre phénomène se profile, sur fond de patinoire. Heated Rivalry, romance sportive homosexuelle d'après l'oeuvre de Rachel Reid, connaît un engouement fulgurant depuis son adaptation télévisée – avec un raz de marée sur les livres en bibliothèques et librairies américaines. Parue sans faire de bruit en France dès 2021 (avant de disparaître des rayons), la saga reviendra dans une nouvelle traduction. 

24/01/2026, 10:38

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Laâyoune, en attendant : entre football et Maroc, le Sahara face au réel

“Les sources“. En arabe, cela se dit Laâyoune, aujourd’hui la plus importante ville du Sahara occidental. Riche en nappes phréatiques dans une zone de désert, la ville a toujours représenté un lieu de repos. Et d’approvisionnement. En eau. Donc en vie. Et c’est là que Nicolas Rouillé installe son nouveau livre, Laâyoune, en attendant. Et malgré le silence du désert, de nombreux échos se font entendre. 

14/01/2026, 11:15

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Artaud face au marxisme : la révolution ne se limite pas à l’estomac

Le « momo » Ilios Chailly revient avec un texte ample et nerveux, consacré à Antonin Artaud et à l’idée d’une révolution vivante de l’esprit. Au fil d’une traversée du surréalisme, des ruptures avec Breton et des secousses mexicaines, notre spécialiste déroule une lecture combative, pleine d’éclats. Artaud y apparaît moins comme une figure à célébrer que comme une déchirure qui oblige à sortir des automatismes. Un long format pour qui veut prendre le temps d’une secousse intérieure.

29/12/2025, 13:11

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Ask this book : Amazon met une IA dans vos livres, un étrange assistant qui arrive sur Kindle

On l’a d’abord pris pour une commodité, un de ces petits raffinements qui rendent la lecture numérique plus fluide. Puis la question s’impose : qu’implique, au juste, un chatbot d’IA embarqué dans un livre ? Avec Ask this Book, Amazon dote l’application Kindle iOS d'un compagnon de lecture à qui poser des questions directement – personnages, intrigue, thèmes – et d’obtenir des réponses instantanées. 

15/12/2025, 10:07

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Éditions de Minuit : anatomie d’un mythe discret à l’ère des algorithmes

Que dit le web d’un éditeur lorsqu’on cesse de parler sur lui pour observer ce qui se dit autour de lui ? À l’heure où la critique littéraire se fragmente entre médias prescripteurs, plateformes numériques, blogs spécialisés et réseaux sociaux, l’image d’une maison d’édition ne se construit plus seulement dans ses catalogues ou ses manifestes, mais dans un écosystème discursif diffus, cumulatif, parfois contradictoire. Les Éditions de Minuit, réputées pour leur discrétion autant que pour leur exigence, offrent à cet égard un terrain d’observation singulier.

12/12/2025, 11:40

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Transgression au féminin : de Rim Battal à Mririda N’Aït Attik

Paris. Vendredi, 4 décembre 2025. Rim Battal présente à Montmartre, son roman, Je me regarderai dans les yeux, éditions Bayard. La narratrice, dix-sept ans, dénonce, dès la première phrase, avec des mots crus, le chantage à la virginité. « Cela n’a pas duré plus de cinq minutes, mais, j’eus l’impression de passer une journée entière, les jambes écartées, nues, sur cette table d’examen médical ». Par Mustapha Saha.

10/12/2025, 19:11

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Imaginer des mondes que la science finit par construire : l’incroyable pouvoir des néologismes

D’où viennent les mots qui façonnent notre imaginaire technologique ? Des laboratoires, des auteurs de science-fiction… ou d’un espace trouble entre les deux ? Le mémoire Néologismes, entre fiction et réalité explore précisément cette zone de frottement où se rencontrent écrivains visionnaires et ingénieurs bien réels. Une question traverse ces pages comme un fil rouge : comment les néologismes circulent-ils entre inventions fictives et réelles, jusqu’à parfois se répondre, se nourrir, se transformer ?

08/12/2025, 10:50

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3 € pour lire : mythes et réalités d’une “taxe sur la lecture”, sur fond de crise du livre

Enquête et contre-enquête... La tribune d'Amazon incriminant les frais de port obligatoires détaille un constat alarmiste : depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos, les lecteurs paieraient 3 € à chaque commande inférieure à 35 €, une « taxe sur la lecture », affirme Amazon France qui aurait déjà coûté plus de 100 millions d’euros aux lecteurs. Mais le discours du directeur général mérite d’être nuancé — voire contesté — à plusieurs égards.

08/12/2025, 06:30

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Derrière Les Humanoïdes associés, la mystérieuse galaxie Giger

La dégringolade des Humanoïdes associés et du groupe américain Humanoids a choqué les milieux de la bande dessinée et de la science-fiction. Cependant, ces liquidations successives ne semblent pas remettre en question l’activité éditoriale de la structure, entre un calendrier de nouvelles parutions et le maintien de Métal hurlant en kiosques. La conséquence d’un montage économique et financier basé sur une foisonnante galaxie d’entreprises…

05/12/2025, 15:18

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Henri Fellner : “On a passé toute notre vie dans un écosystème dysfonctionnel, illégal”

Lorsqu’Henri Fellner raconte son premier jour à l’AGESSA, pour préparer sa retraite, il est presque soulagé de « faire les choses dans les règles ». Il vient d’entrer dans le monde professionnel par la grande porte : des collaborations avec Bayard, des dessins publiés dans des journaux sérieux, un environnement éditorial structuré. Bref, le scénario idéal pour un artiste de bonne volonté. Pourtant, la scène qui se déroule ce jour-là est d’une absurdité glaçante.

05/12/2025, 10:38

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Les Humanoïdes associés : récit d'un crash intergalactique et transatlantique

En matière de BD et de science-fiction, difficile de faire plus mythique que Les Humanoïdes associés, maison d'édition fondée en 1974 par Moebius, Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Portée par le vaisseau Métal hurlant, revue qui a influencé des générations de créateurs, elle a connu une existence mouvementée, faite de succès historiques et d'échecs tout aussi retentissants. Le dernier en date, en 2025, a tout emporté sur son passage.

01/12/2025, 12:25

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Artaud dans le désert algérien : ce que Zemmour ne comprendra jamais

Cette année-là, tout s’est mis à trembler. L’Europe se crispe comme une bête acculée. L’Allemagne d’Adolphe Hitler transforme la haine en ministère, et en France, le 6 février manque de renverser la République. Les ligues d’extrême droite déferlent sur la Concorde, veulent déborder la Chambre, les tirs claquent : quinze morts, des centaines de blessés. Le pays comprend soudain que le coup d’État n’est plus un fantasme, mais un film déjà storyboardé, presque tourné. Par Ilios Chailly.

28/11/2025, 19:05

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Witkacy ou la Forme Pure : l’art en état de crise permanente

Stanisław Ignacy Witkiewicz, dit Witkacy (1885-1939) est un « génie multiple » selon les mots d’Alain van Crugten. Peintre, dramaturge, romancier, photographe, mais aussi théoricien, il n’a cessé de penser l’art en des termes radicaux : ni instrument moral, ni relais politique, ni traduction psychologique. Par Charles Garatynski.

28/11/2025, 18:44

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Librairies indépendantes : face à l’assaut du numérique, quelles stratégies ?

ANALYSE – À l’ère de l’omnicanal et des médias sociaux, le commerce se métamorphose : derrière le magasin physique se dessinent de nouveaux modèles économiques, des logistiques repensées et une concurrence élargie à l’échelle mondiale. Pour les librairies, en particulier, cette révolution numérique ne constitue ni une simple rupture ni une menace, mais bien un levier potentiel d’innovation, à condition de conjuguer identité locale, expertise culturelle et nouveaux usages. Par Joel Diatezo.

24/11/2025, 10:48

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Collecter l’argent des œuvres ne donne pas droit à diriger la sécurité sociale des artistes

ANALYSE – L’interview du sénateur Jean-Raymond Hugonet, publiée dans nos colonnes, avait tout du plaidoyer tranquille : les organismes de gestion collective (OGC) seraient des acteurs « naturels » de la gouvernance sociale des artistes-auteurs, presque des piliers historiques qu’il conviendrait enfin de remettre à leur place. Mais la réalité, documents à l’appui, s’avère beaucoup plus nuancée. Et parfois franchement contraire à ce qui est avancé.

19/11/2025, 16:38

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Antonin Artaud à Rodez : vision gnostique contre raison psychiatrique (les électrochocs)

Kabhar Enis – Kathar Esti est le premier grand texte écrit par Antonin Artaud à Rodez après les électrochocs. Entre histoire mouvementée du manuscrit, analyse détaillée de ce « chant gnostique » et mise en cause du regard psychiatrique du fameux Dr Ferdière, le comédien et auteur passionné du Mômo, Ilios Chailly, montre combien ce texte, trop vite rangé du côté du délire, révèle au contraire un Artaud cohérent, informé et métaphysiquement rigoureux.

14/11/2025, 16:01

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“On a sauvé la maison” : enquête sur une réforme conçue pour protéger à tout prix la SSAA

Présentée comme une modernisation, la réforme du régime social des artistes-auteurs a surtout permis de préserver la Sécurité sociale des artistes-auteurs (SSAA), héritière de l’Agessa. Derrière les mots de « transformation » et « efficience », les documents internes et le rapport Bensimon-Weiler révèlent une manœuvre institutionnelle : sauver la structure, pas les artistes.

28/10/2025, 14:32

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Antonin Artaud face au théâtre balinais : naissance du Théâtre de la Cruauté

En 1931, au bois de Vincennes, l’Exposition coloniale internationale fut pour Antonin Artaud une expérience décisive. C’est là, devant les danses balinaises, qu’il découvrit un art total — fait de rythme, de souffle et de présence — qui allait bouleverser sa conception du théâtre et inspirer Le Théâtre et son Double. Par Ilios Chailly.

27/10/2025, 12:51

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Agone, Abyme et Les Crépusculaires : Mathieu Gaborit, 30 années de magie

Je me revois encore, il y a près de trente ans, tournant fébrilement les pages de Souffre-Jour, premier tome des Chroniques des Crépusculaires. À l’époque, adolescent sortant du brevet des collèges, j’ignorais que ce roman marquerait un tournant pour la fantasy française. Ou alors, une brillante carrière de journaliste littéraire s'ouvrait – ou, plus sérieusement, un bel avenir en cabinet de voyance. J'ai peut-être fait erreur...

26/10/2025, 13:54

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Littérature contre slogans : comment les romans racontent l’Amérique de Trump

La Novlangue trumpienne s’impose au-delà des réseaux sociaux.  Elle procède par une simplification extrême. Elle utilise des slogans binaires et des expressions émotionnelles percutantes qui réduisent notre capacité à penser la complexité du réel. Heureusement, la littérature offre un contrepoint salutaire. Les romans américains dessinent un tableau beaucoup plus divers. 

29/09/2025, 10:32

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Traumas et secrets : la famille brisée de la rentrée littéraire 2025

De la mère aimante et cruelle au père absent, des secrets d’exil aux violences conjugales, la rentrée littéraire 2025 déborde de familles blessées. Psy, sociologue ou sympathisant d’extrême droite : chacun lirait ces romans différemment. Mais tous s’accorderaient sur une chose — la famille n’a jamais été aussi fragile, ni aussi centrale en littérature.

06/09/2025, 11:10

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Enquêteurs atypiques et sujets de société : le polar cosy du XXIe siècle

Sous ses airs traditionnels, le cosy mystery contemporain n’est pas figé dans le passé. Au contraire, il évolue pour refléter la société d’aujourd’hui, introduisant de la diversité dans ses personnages et abordant des thèmes actuels – tout en conservant sa légèreté caractéristique. 

03/09/2025, 10:07

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Polar breton, enquête provençale : le cosy mystery à la française

Le phénomène du cosy mystery n’a pas tardé à franchir la Manche pour gagner le cœur des lecteurs francophones. Longtemps, le genre est resté confidentiel en France – cantonné aux traductions d’Agatha Christie ou aux intrigues so british. Mais ces dernières années, on assiste à une véritable déferlante de polars “douillets” adaptés à l’Hexagone.

01/09/2025, 11:07

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Comment les héritiers d’Agatha Christie ont modernisé “cosy mystery” ?

La silhouette en tweed de Miss Marple continue de hanter le cosy mystery, mais le genre ne vit pas que dans le souvenir d’Agatha Christie. Après l’âge d’or britannique des années 1920-1930, il a traversé le siècle en se renouvelant par petites touches, sans rien perdre de son ADN bienveillant. 

26/08/2025, 11:52

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Le cosy mystery, ce polar qui réchauffe le cœur des lecteurs

Le rideau s’ouvre sur un manoir anglais baigné de lumière, un chat qui ronronne près de la cheminée, et une vieille dame souriante servant le thé. Bienvenue dans le cosy mystery, un sous-genre du polar où même le crime semble se dérouler sur la pointe des pieds. Ici, le meurtre se fait feutré, l’énigme se tricote au coin du feu et l’atmosphère est aussi apaisante qu’une balade dans la campagne anglaise.

23/08/2025, 10:15

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Sophie de Closets, Olivier Nora : qui sera la prochaine “victime” de Nicolas Sarkozy chez Hachette ?

Le départ d’Olivier Nora éclaire une séquence de tensions anciennes entre pouvoir politique et direction éditoriale au sein du groupe Hachette. À travers les relations conflictuelles entretenues avec Nicolas Sarkozy, puis les recompositions imputées à Vincent Bolloré, se dessine un affrontement durable autour de l’indépendance des maisons d’édition, entre influence, gouvernance et liberté de publication.

15/04/2026, 11:22

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Zapping : j'ai sauté les pages... d'un livre audio (et ça mérite d'être raconté)

Sauter des pages dans un livre papier relevait déjà d’une petite entorse à la lecture classique – bien que cautionnée par Daniel Pennac. Avec le livre audio, ce geste devient invisible, presque banal. Pourtant, avancer dans un récit, ignorer des passages ou accélérer l’écoute transforme profondément notre rapport au texte, entre liberté nouvelle et fragmentation de l’expérience narrative.

14/04/2026, 16:18

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Jessica Mazencieux : “Dieu a un plan. Pas de chance, moi aussi.”

Dieu a un plan, moi j’ai une réunion à 14 heures de Jessica Mazencieux ne s’impose pas par une ambition formelle démonstrative, mais par une énergie immédiate, presque brute, qui traverse chaque page. Une voix s’y fait entendre — au sens propre comme au sens figuré — et c’est sans doute là que réside sa première force : une sincérité rarement prise en défaut. Probablement l'histoire d'un parcours éditorial qui n'y est pas non plus étrangère.

14/04/2026, 14:50

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La Complainte des Boîtes à Livres : “Nous ne voulons plus nous taire”

Durant une trentaine d’années passées dans le monde du livre, Laurence H. aura exercé différents métiers en diffusion, distribution et peut-être d’autres encore. Depuis quelque temps, elle a rejoint le monde professionnel du spectacle vivant. Mais elle renoue parfois, et volontiers, avec l’édition. « Et vous êtes un de ces liens », écrit-elle à ActuaLitté. Elle nous adresse un texte, « une saute d’humeur en quelque sorte ».

14/04/2026, 14:31

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Ebook : Thotario instaure un droit de suite pour les oeuvres numériques

Le numérique a transformé l’accès aux œuvres, mais a figé leur circulation économique. Livres numériques et jeux vidéo restent enfermés dans des droits d’usage, sans véritable marché secondaire. En s’appuyant sur un système de revente encadrée et de rémunération continue des créateurs, Thotario propose un modèle inédit, à la croisée du droit, de la technologie et des usages culturels. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

14/04/2026, 12:23

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Francophonie : le braille devient un enjeu mondial d’accès à la lecture

La francophonie affiche une croissance soutenue à l’échelle mondiale, mais se confronte à un défi majeur : garantir un accès réel à la lecture et à l’écriture pour tous. Portée par des initiatives internationales autour du braille et de l’inclusion, une nouvelle dynamique s’organise. Institutions, enseignants et réseaux émergents redéfinissent les conditions d’une langue véritablement accessible.

14/04/2026, 09:43

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Prix Les Visionnaires : “On sort grandis et nourris de ce débat”

Ce samedi 11 avril, à Saint-Quentin-en-Yvelines, le Prix du livre Les Visionnaires a été décerné à Gabrielle Filteau-Chiba pour son roman Hexa (Stock). Le texte a été choisi parmi une sélection de trois ouvrages par le public et par un jury, lequel a échangé et confronté ses avis pendant près de deux heures avant de se prononcer. Nous avons pu assister, en toute discrétion, à ces délibérations.

13/04/2026, 16:57

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“Habiter le monde poétiquement, c’est la seule issue”

Au Livre à Metz, l’édition 2026 a choisi pour fil conducteur une question simple en apparence : « Habiter le monde ». Derrière ces mots, un thème vaste, ouvert, qui traverse les livres, les imaginaires et les façons de vivre. En ce samedi de salon, entre rencontres d’auteurs et déambulations, nous avons pris le parti de poser la question telle quelle, sans détour, aux visiteurs. Avant de leur révéler qu’elle était au cœur de cette édition - et de voir comment, à travers la lecture, chacun tente d’y répondre à sa manière.

12/04/2026, 09:41

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“Les auteurs sont en économie de guerre toute l’année”

Face à la précarité structurelle des auteurs, revient l'idée de créer un statut d’« intermittents de l’écrit », inspiré de celui du spectacle, afin de garantir un revenu stable et une reconnaissance professionnelle. Cette tribune met en lumière une économie fragilisée où les écrivains, pourtant au cœur de la chaîne du livre, peinent à vivre de leur activité. Par Mathias de Breyne. 

11/04/2026, 09:47

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Marché du livre au 1er trimestre 2026 : ce que disent les chiffres

Les ventes de livres reculent en ce début d’année 2026, mais le phénomène dépasse la simple baisse conjoncturelle. Derrière les chiffres du premier trimestre, un basculement s’opère : les lecteurs achètent moins, arbitrent davantage et redéfinissent la hiérarchie des titres. Le marché entre dans une phase plus sélective, où visibilité, recommandation et justesse éditoriale deviennent décisives. Par Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco.

10/04/2026, 09:31

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Et si la lecture était une saine addiction ?

Face à l’érosion du temps de lecture et à la domination des écrans, la Fnac déploie une campagne nationale au slogan provocateur : « Une autre addiction est possible. » L’enseigne entend réhabiliter le plaisir de lire sans culpabiliser, en mobilisant ses librairies, ses événements et ses réseaux. Une offensive culturelle qui interroge : la lecture peut-elle encore reconquérir l’attention collective ?

09/04/2026, 15:59

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Gabrielle de Tournemire, une entrée remarquée “dans la cour des grands”

Lauréate du Prix Le Livre à Metz | Marguerite Puhl-Demange 2026 pour Des enfants uniques (Flammarion), Gabrielle de Tournemire signe un premier roman déjà largement salué. Elle revient, pour ActuaLitté, sur cette distinction, son travail d’écriture et la manière dont son roman s’inscrit dans le thème de cette édition du Livre à Metz, « Habiter le monde ».

09/04/2026, 14:34

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Camille Giordani et Thomas Baas : habiter le monde à hauteur de Paulette

À l’occasion de l’édition 2026 du Livre à Metz, dont le thème « Habiter le monde » irrigue l’ensemble de la programmation, le Prix Graoully-Batigère a été attribué à Mais où va Paulette ? (Actes Sud jeunesse), écrit par Camille Giordani et illustré par Thomas Baas. Ce prix distingue chaque année une œuvre qui, par son écriture et son regard, se situe à la croisée de la littérature et d’une certaine manière de raconter le réel. Rencontre croisée avec ses deux lauréats.

08/04/2026, 15:59

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Felix Macherez : une épitaphe comme ultime oeuvre

Né en 1989, écrivain et rédacteur en chef des pages Livres d'Art Press, Felix Macherez revient aujourd’hui avec un quatrième livre, trois ans après la surprenante fresque Les Trois Pylônes. Le propos relève cette fois de l’humour noir, cher à Breton : jeune nihiliste de trente-trois ans, Cid Sabacqs résout de se suicider. Par Étienne Ruhaud.

07/04/2026, 10:42

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“On cherche des livres qui interrogent le monde”

À l’occasion de l’édition 2026 du prix du livre Les Visionnaires, porté par le réseau des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines, son directeur, Pascal Visset, revient sur l’origine et les enjeux de cette distinction née en 2022. Entre réflexion sur le rôle des auteurs, importance du style et interrogations sur l’intelligence artificielle, il défend une littérature qui propose une véritable vision du monde et de son avenir.

01/04/2026, 17:29

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“Moins de publications !” : Jeanne & Juliette, le pari d’un modèle éditorial différent

Après plusieurs années passées au sein de Media Participations, Jeanne & Juliette choisit de retrouver une pleine autonomie éditoriale. Une décision mûrie, moins comme une rupture que comme un recentrage, afin de poursuivre son développement avec justesse, exigence et une relation toujours plus directe avec ses lecteurs. Par Virginie Bégaudeau, fondatrice.

31/03/2026, 12:35

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Ludothécaires et bibliothécaires : “Il y a une réelle complémentarité des profils”

Deux organisations nationales, l'Association des Bibliothécaires de France et l'Association des Ludothèques Françaises, ont lancé un appel pour politique commune du jeu en tant que pratique culturelle. Organisation des services, cadre juridique ou formation des professionnel·les, le sujet soulève de nombreuses questions. Suffisamment pour se prendre au jeu...

31/03/2026, 09:32

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Thotario mise sur l’Europe pour changer le destin du livre numérique

À force de confier nos bibliothèques dématérialisées à des silos fermés, nous avons fini par prendre l’impuissance pour une loi naturelle. Clic après clic, achat après achat, la culture numérique s’est laissée border par des interfaces venues d’ailleurs. Puis surgit une jeune pousse française qui ne demande pas la permission : elle attaque la circulation des œuvres, la revente, la valeur, et, derrière tout cela, une vieille question européenne restée sans réponse. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

30/03/2026, 13:03

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“Lire dans le bain n’est pas dangereux (sauf si tu t’endors)”

À Bruxelles, la 55e Foire du livre érige le papier en acte de résistance. Sous le mot d’ordre « défier le futur », le livre s’affirme sans cookies, sans surveillance, sans algorithmes. Objet autonome, il protège l’anonymat, échappe aux mises à jour et refuse l’économie de l’attention. Lire devient alors un choix, presque un manifeste, face aux logiques numériques dominantes. Voici une déclaration d'amour à la lecture, que nous adresse la Foire...

28/03/2026, 10:08

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“L’édition indépendante ne peut pas être la même chose en plus petit”

Chez Pollen, le retour à la diffusion a pris corps, incarné par Matthieu Raynaud, venu d’Harmonia Mundi, et par une équipe de six représentants. Un calendrier est déjà enclenché et des tournées sont en préparation. Le lancement est fixé au 1er mai, avec un cap clairement tourné vers la librairie indépendante.

27/03/2026, 18:13

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Écrire la version française : l’art du dialogue selon Manchette-Niemiec

Un débat anime depuis longtemps les amoureux du cinéma, qui semble opposer les « vrais cinéphiles » aux « simples amateurs » : VOST contre VF. 

27/03/2026, 17:18

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Bécherel 2026 : “Ni vrai ni faux”, une fête du livre à l’épreuve du réel

Organisée par la Maison du livre, équipement culturel de Rennes Métropole situé en milieu rural, la fête du livre se déroule durant 3 jours à Bécherel, 700 habitants, première Cité du livre créée en France en 1989. Valérie Auvergne, directrice de la Maison du livre nous raconte cet événement.

26/03/2026, 17:08

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IA : “Aujourd’hui, les auteurs ne peuvent rien prouver”, alerte Pierre Ouzoulias

Après l’avis du Conseil d’État sur la proposition de loi portée par plusieurs sénateurs pour encadrer l’usage des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, le débat se précise. Aux côtés des sénatrices Laure Darcos et Agnès Evren, Pierre Ouzoulias, du Groupe Communiste (Hauts-de-Seine), défend un texte qui entend agir concrètement sur le terrain juridique, mais aussi provoquer une recomposition des rapports entre plateformes technologiques et ayants droit.

26/03/2026, 13:15

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Laure Darcos, l'IA et les ayants droit : “On veut siffler la fin de la récré“

Après un avis du Conseil d’État salué comme une avancée, mais loin d’être une victoire totale pour les ayants droit, la sénatrice Laure Darcos détaille la stratégie derrière sa proposition de loi. Entre rééquilibrage juridique, pression politique et volonté de forcer les acteurs de l’IA à négocier, elle défend un texte « pesé à la virgule près », et conçu comme le premier étage d’une réforme plus large.

25/03/2026, 12:16

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“Les 10 livres qui m’ont appris le métier” : Jean Esch, l’atelier d’une vie de traducteur

PORTRAIT – « Traduire, je le vois comme une profession d’artisan, à qui l’on demande de reproduire un meuble, sans qu’il ne possède ni les mêmes outils ni le même bois que ceux ayant servi pour la pièce d’origine. » Fort de quarante années de métier, Jean Esch compte en France parmi les noms majeurs de la traduction de l’anglais. ActuaLitté l’a sollicité pour un entretien insolite : les 10 livres par lesquels il a forgé son métier.

24/03/2026, 16:33

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IA coupables : le Conseil d’État réarme les ayants droit, sans lever tous les verrous

Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’IAvresse, dirait-on : à ce titre, le livre aura discrètement servi de socle pour la formation des modèles de langage. Le rapport du Conseil d’État remet un peu de gravité dans ce carnaval d’optimisme automatique : dans les machines se nichent des catalogues entiers des droits, des contrats, des revenus. Et surtout cette vieille question que la tech déteste : qui paie quoi, et à qui ?

24/03/2026, 15:42

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Financer, imprimer, publier : le défi des éditions étudiantes L’Apprentie

À Bordeaux, les éditions étudiantes L’Apprentie ont ouvert une campagne de financement participatif pour finaliser l’impression de sept ouvrages. Porté par des étudiants en master et en BUT, le projet repose sur une organisation collective qui permet aux étudiants de pratiquer en conditions réelles les métiers de l’édition. Face à une collecte en ralentissement, l’équipe a décidé de prolonger la cagnotte et de renforcer sa communication pour atteindre ses objectifs financiers.

23/03/2026, 15:32

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Rapprocher le numérique des librairies locales : la nouvelle bataille du livre

On nous a vendu le numérique comme une autoroute sans péage, un horizon lisse où l’œuvre filerait sans frottement du serveur au lecteur. Puis les centres-villes ont vu passer les flux sans toujours en voir la couleur. Dans cette friction entre écran et trottoir, Thotario avance une idée plus subversive qu’il n’y paraît : et si la modernité du livre consistait moins à effacer les librairies qu’à les reconnecter au cœur de la circulation culturelle ? Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

23/03/2026, 11:25

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“Auteurs, renversons les tables de dédicaces !”

Dans les allées bien rangées des Salons du Livre, quelque chose grince. Sous les nappes tirées au cordeau, entre piles calibrées et sourires de circonstance, l’auteur se fige, assigné à résidence derrière sa propre œuvre. Puis surgit François Belley, pirate en embuscade, qui dynamite le décor : assez de cette comédie marchande. Place au désordre créatif, au corps-à-corps avec les lecteurs, à la table qu’on renverse enfin. Par François Belley, écrivain-pirate.

22/03/2026, 09:51

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Politicard : on a joué au jeu de cartes le plus corrosif sur la politique… et c’est redoutable

On pensait avoir tout vu en matière de satire politique. Puis Politicard le jeu de François Belley débarque, et la table de jeu se transforme en salle d’instruction improvisée. Accusations en rafale, indignations circonstanciées, trahisons expresses : ici, la morale ne pèse rien, seule compte la survie. On joue, on triche presque, on rit beaucoup — et soudain, le jeu ressemble étrangement au réel. En attendant le second tour des municipales, que diriez-vous de jouer aux édiles ?

20/03/2026, 11:35

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Auteurs autoédités : le marché caché qui peut rebattre les cartes

Dans les vitrines du numérique, tout semble simple : publier, vendre, encaisser. Puis le décor se fissure. Derrière la promesse d’émancipation, l’auteur indépendant découvre des rails déjà posés, des dépendances discrètes, une liberté sous conditions. C’est dans cette zone grise, entre euphorie créative et capture de valeur, que Thotario tente de planter son drapeau — avec l’odeur très concrète d’un rapport de force qui change de camp. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

19/03/2026, 15:44

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Salon du Livre Genève : Lire et vivre le monde

Pour sa 40e édition organisée du 18 au 22 mars à Palexpo, le salon du livre de Genève affirme plus que jamais sa vocation : faire de la littérature un espace de dialogue avec les grands enjeux contemporains, entre débats d’idées, circulation internationale des voix et réflexion sur les mutations du livre. ActuaLitté ouvre ses colonnes au Salon du Livre de Genève pour une carte blanche autour de sa programmation.

 

18/03/2026, 17:55

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Orwell, Michelin et la tyrannie de l'excellence

Orwell avait raison Après presque un siècle, sa description des cuisines parisiennes des années 1930 trouve un écho glaçant dans l'actualité culinaire de mars 2026.

18/03/2026, 12:08

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“Un livre visionnaire parle avant tout de notre époque“

Médiathécaire engagée dans le prix littéraire des Visionnaires, Nathalie Pascal participe à la sélection des romans proposés aux lecteurs. Pour elle, un texte visionnaire ne se contente pas d’imaginer l’avenir : il éclaire le présent et invite à réfléchir. À condition, insiste-t-elle, que la force du sujet s’accompagne d’une véritable écriture.

17/03/2026, 18:06

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Pourquoi Lire entre les lignes séduit autant les amateurs de casse-tête littéraire

Dans la grande foire des applications mobiles, où la couleur crie plus fort que l’idée, Lire entre les lignes avance avec l’air modeste des jeux qui n’ont qu’une arme : l’intelligence. Pas de saga, pas d’effets pyrotechniques, pas d’univers gonflé au vide. Juste des mots, des images, des pièges et ce moment délicieux où le cerveau comprend une seconde trop tard qu’il s’est fait avoir. C’est peu. C’est beaucoup.

14/03/2026, 18:09

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Entretien caviardé : Livres Hebdo juge “irrecevable” le droit de réponse de Jean-Yves Mollier

Après la modification d'un entretien sans l'accord du principal intéressé, l’historien Jean-Yves Mollier, la revue Livres Hebdo refuse à présent la publication d'un droit de réponse, selon l'avocat du professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay/Versailles-Saint-Quentin. 

13/03/2026, 16:35