Une réputation d'excellence dans le secteur éditorial des livres pratiques, plusieurs grands succès dans le rayon des romans « feel good », et une étiquette d'entreprise familiale préservée. Le groupe Eyrolles, paquebot installé au cœur de Saint-Germain, semble fendre les flots de l'édition sans écueils à l'horizon. Mais à bord, l'ambiance aurait quelque chose de plus houleux, comme le révèlent de nombreux témoignages recueillis par ActuaLitté.
Le 12/07/2024 à 14:51 par Antoine Oury
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12/07/2024 à 14:51
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Un courrier de la médecine du travail daté du 14 septembre 2023, adressé à Marie Pic-Paris Allavena, directrice générale d'Eyrolles, Brigitte Maillard, responsable des ressources humaines du groupe, et Paul-Antoine Eyrolles, directeur général, pose noir sur blanc la formule exprimant le ressenti d'une partie des salariés. « Nous avons constaté [...] une augmentation des symptômes, pathologies et troubles du comportement en lien reconnu ou suspecté avec le stress chronique au travail ainsi qu'une dégradation nette de la perception du bien-être et des contraintes de travail par les salariés. »
Cette observation réalisée fin 2023 et consultée par ActuaLitté appuie des mouvements très nets au sein du groupe Eyrolles. Entre juillet 2022 et novembre 2023, sa filiale édition a ainsi perdu près du tiers de ses salariés, entre les démissions, les arrêts maladie, les ruptures de période d'essai et les ruptures conventionnelles, d'après un relevé établi par des salariés et consulté par ActuaLitté.
Une véritable « fuite des talents », évoque une source, qui touche en particulier les collaborateurs de longue date de la maison familiale : plusieurs d'entre eux remarquent une ambiance qui se serait « dégradée depuis la pandémie de Covid-19 ».
En amont de la publication de cet article, par respect du contradictoire, nous avons contacté la DG, Marie Pic-Paris Allavena, afin qu’elle réponde aux questions et aux éléments recueillis par ActuaLitté.
Nous décrivant un secteur de l'édition « en pleine mutation », et nous indiquant que le groupe Eyrolles a traversé « une phase d’adaptation et d’élan [qui] peut être perçue par certains comme une source de remise en question de situations considérées comme acquises, voire immuables », la directrice générale a finalement déprogrammé l'entretien pourtant fixé.
Régulièrement classé dans le top 20 des groupes d'édition français, Eyrolles porte le nom de son fondateur, Léon Eyrolles (1861-1945), ingénieur des travaux publics doté d'un tropisme très affirmé pour l'apprentissage et l'enseignement. Un goût qui le pousse à créer L'École chez soi, une des premières formations par correspondance, puis l'École spéciale des travaux publics, en 1891.
Les éditions Eyrolles, dont la création remonte à 1925 — sous la dénomination Librairie de l'enseignement technique — occupent un bâtiment imposant au cœur du Quartier latin, dont l'enseigne renvoie plus d'un siècle en arrière.
L'autre lien avec ce passé se retrouve dans la gestion du groupe Eyrolles, lequel compte la filiale d'édition (comprenant l'éditorial, le marketing et la fabrication), celle dédiée à la diffusion (Géodif) et enfin la librairie Eyrolles : la direction s'est en effet transmise de père en fils, d'abord à Marc Eyrolles en 1945, puis à Serge, en 1981, avant Paul-Antoine Eyrolles, directeur général depuis le début de l'année 2023.

Une transmission strictement familiale et ininterrompue avec l'arrivée de Marie Pîc-Paris Allavena, en tant que secrétaire générale du groupe en 2007, propulsée directrice générale en 2009 : elle est en effet la nièce de Serge Eyrolles. Nombre d'employés, encore au sein du groupe ou non, se souviennent de cette nomination inattendue : la principale intéressée n'avait alors pas d'expérience à la tête d'un groupe d'édition.
Logiquement, quelques mois de rodage auront été nécessaires, reconnaissent des employés. « À sa décharge, l’ancien directeur général [Jean-Pierre Tissier, NdR] devait l’accompagner pour la transmission de la partie éditoriale (process, thématiques et leurs spécificités de marchés, de production), mais il est décédé brutalement », concède-t-on. D’autre commentaires sont moins tendres, comme cet employé qui évoque une situation « où l'on a appris à faire avec ».
Comme pour toutes les entreprises françaises, l'année 2020 a été particulière pour le groupe Eyrolles. Avec la pandémie, le télétravail s'est généralisé soudainement, obligeant tous les personnels à s'adapter à de nouveaux rythmes et des processus inédits jusqu'alors. Chacun tente de reprendre ses marques, dans un contexte économique estimé peu favorable.
« En 2020, le chiffre d'affaires des Editions Eyrolles s'est finalement établi autour de - 4 % [à 13,5 millions € contre 13,9 millions €, il est même considéré comme « équivalent à celui de 2019 » par les comptes sociaux 2020, NdR], ce qui était bien meilleur que les projections réalisées en début d'année [qui annonçaient une baisse prévisible de CA à 35 % pour le groupe dans son ensemble, NdR] », se rappelle un salarié. Comme toute l'industrie de l'édition, qui lève le pied sur les cadences de parution en raison de la fermeture des librairies, les éditions Eyrolles font de même.
« Un décalage des titres de l’année 2020 sur 2021 a été mis en œuvre et exposé comme tel, mais la direction s’en est malgré tout inquiétée en novembre 2020 », résume-t-on, ce que confirment des échanges consultés par ActuaLitté. « Une remarque totalement incompréhensible, dans un contexte où l'on s'attendait plutôt à être félicité, encouragé », se souvient un des concernés.
Ce message aurait « découragé » des équipes : « Pendant le Covid, la direction a été très peu présente. Nous avons eu quelques appels de la DG, mais surtout des indications contradictoires : un jour, il fallait produire moins d'ouvrages pour ne pas saturer le marché et privilégier la qualité ; le lendemain, publier en masse pour être partout. Un jour, il faut développer les compétences en interne, le lendemain il s'agit d'externaliser au maximum... »
Le télétravail, imposé aux entreprises par la pandémie, n'était pas forcément maîtrisé dans son organisation, mais il s'est « mis en place de manière satisfaisante », selon un membre des effectifs. La possibilité de le pérenniser, évoquée avant le Covid avec la direction, devenait plus concrète pour les employés.
Pourtant, « la direction nous a traités d’une manière radicalement différente », estime un employé de longue date du groupe, « avec un excès de prudence ». « Je n'ai aucune idée du pourquoi, car les chiffres ont été maintenus, mais nous avons été soupçonnés de glander, dès lors que nous étions en télétravail », se rappelle une ancienne employée. Un mode de gestion qui fut celui d’un autre groupe éditorial, Christian Bourgois, après le Covid, comme l’expliquait notamment une enquête publiée fin 2023.
Ainsi, à partir du moment où l'obligation du travail à distance fut levée par les autorités, la règle, chez Eyrolles, devient le retour au bureau à 100 %. Au mois d'octobre 2021, une pétition signée par une soixantaine de salariés est adressée à Marie Pîc-Paris Allavena et Serge Eyrolles pour demander l'instauration d'une journée hebdomadaire de travail à distance, sans succès. Cette pratique, pourtant répandue dans l'industrie de l'édition, « est devenue totalement tabou pendant deux ans », rapporte un salarié.
Le sujet du télétravail ne reviendra finalement au programme que bien plus tard, en septembre 2023, avec des restrictions quant aux jours sur lesquels il est possible de le pratiquer.
La crispation autour du télétravail ne serait pas restée un phénomène isolé. La maison d'édition est dotée d'un comité social et économique (CSE) ou de son équivalent depuis le début des années 1990, lequel « travaillait en bonne intelligence avec le directeur général à l'époque », se souvient une ancienne employée qui y siégea dans les années 2000. Ce dialogue constructif entre l'instance et la direction se poursuit pendant de nombreuses années, jusqu'à la crise du Covid, puis « les échanges se sont tendus dès le mois de juin 2020 », estime un observateur.
Aux yeux de plusieurs salariés, la directrice des ressources humaines, Brigitte Maillard, arrivée en 2012 au sein du groupe Eyrolles, aurait changé l'organisation du travail et la teneur des échanges entre la direction et les représentants des salariés.
Plusieurs procès-verbaux de réunions du CSE de l’entreprise, tenues entre 2015 et 2023, laissent entrevoir les antagonismes qui se dessinent derrière le langage policé des comptes-rendus, le développement de tensions au sein du dialogue social. À plusieurs reprises, le CSE se heurte à des refus nets de la direction sur des hausses de salaires, notamment en 2020 et 2022.
Le sujet des salaires et des promotions est pourtant connu de longue date, chez Eyrolles. Dès 2013, le CSE avait ainsi obtenu un audit social et économique du cabinet Syndex, malgré « une forte résistance de la direction ». Lors d'une assemblée générale, ce document avait permis d'aborder « les absences de promotion ainsi que le turn-over au sein de l’entreprise », selon le procès-verbal réalisé à cette occasion.
Le partage de la valeur avec les employés reste une question centrale dans l’édition, comme dans d’autres secteurs : au sein du groupe Editis, par exemple, l’absence de prime d’intéressement aux salariés, pour la première fois dans l’histoire du groupe, a été largement remarquée l’année dernière.
Au-delà de ces accrochages, la présence au sein du CSE elle-même serait devenue un motif de répréhension. Plusieurs témoignages évoquent par ailleurs une « pression » exercée contre les salariés membres du CSE : fin 2023, les salariés apprennent le délitement du comité, rincé par le Covid, mais aussi par « des dossiers assez douloureux », selon l’expression utilisée dans un document consulté par ActuaLitté.
Parmi ces dossiers, celui d’Éric Sulpice, directeur éditorial licencié en juin 2023 pour faute grave après 3 décennies au sein du groupe, en aurait notamment fait les frais, la direction lui reprochant la présence de plusieurs membres de son équipe au sein du CSE. Selon nos informations, celui-ci s'est engagé dans une procédure aux prud'hommes, estimant que son licenciement serait abusif, mais, contacté, il n'a pas souhaité commenter ce litige avec son employeur. Le conseil de prud’hommes de Paris, toutefois, nous a confirmé une affaire en cours.
Les employés évoquent aussi des situations « où le moindre recrutement, remplacement ou évolution d’équipe devient extrêmement difficile et prend beaucoup d'énergie », décrit l’un d’entre eux.
Le courrier de la médecine du travail de septembre 2023 fait écho aux récits obtenus. Par une note au personnel fournie à ActuaLitté, le 1er février 2024, la direction des ressources humaines a par ailleurs signalé la carence de candidatures pour les élections professionnelles concernant le renouvellement des membres du CSE : une seule membre en faisait encore partie à la fin du mandat du CSE en février 2024, mais se trouve en arrêt maladie depuis plusieurs mois. Autrement dit, il n'existe plus.
Aux descriptions fournies par nos sources de l'ambiance interne des éditions Eyrolles correspond une situation concrète de départs fréquents de l'entreprise, dont ceux d'employés qui y travaillent depuis plus d'une décennie.
Alertés par ces mouvements incessants, des salariés ont pris l’initiative de réaliser un relevé des départs, des arrêts maladie et des prolongations de périodes d’essai. Selon ce document, qu'ActuaLitté a parcouru, sur un effectif de 56 personnes en juillet 2022 au sein de la filiale consacrée à l'édition, 18 ont quitté l'entreprise entre cette date et novembre 2023.
Une véritable hémorragie qui ne se limite pas à l'édition, au marketing et à la fabrication, mais aussi à l'informatique et au commercial, d’après les données compilées par les salariés, avec les ressources à leur disposition. Malgré nos efforts pour joindre la direction, nous n’avons pas pu obtenir d’éléments permettant de vérifier ces données. Une source commente « deux grands mouvements de départs : les anciens, d’une part, et les nouveaux arrivants, d’autre part, qui ne s’attardent pas ».
Du côté des services de la filiale édition, ces départs, auxquels s'ajoutent arrêts maladie et éventuels congés, déboucheraient sur « une surcharge de travail » au sein de plusieurs départements. « Nous sommes tous seuls dans notre coin, et il arrive qu'un salarié assume seul plusieurs postes à la fois, après des départs non remplacés ou des arrêts maladie », nous explique-t-on. Comme indiqué en début d'article, la direction des éditions Eyrolles n'a pas souhaité répondre à nos questions et demandes de précisions.
Alors que la marque Eyrolles fêtera ses 100 ans en 2025, des employés craignent une dévaluation générale de la réputation d'excellence que la maison avait réussi à se forger en quelques années, face à des groupes éditoriaux internationaux, comme Pearson ou Hachette. « Avec ces cadences, nous n'avions plus vraiment le temps de nous occuper du fonds, d'autant plus que l'on nous jugeait sur le nombre de nouveautés », se rappelle une source, qui a quitté l'entreprise.
Cette situation s'accorderait « mal avec la réputation des éditions Eyrolles, particulièrement pour les livres pratiques, où les éditeurs sont des experts dans leur domaine, avec des compétences techniques assez fines », remarque un observateur.
Au tournant des années 2010, les éditions Eyrolles ont aussi connu un des grands succès publics de leur histoire avec la parution de Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, de Raphaëlle Giordano, en 2015. Vendu à 600.000 exemplaires en grand format, puis 1,8 million en poche, il a ouvert la voie à un véritable genre littéraire, mêlant développement personnel et ce que l’on désignera comme « la littérature feel good ». Autre créneau largement occupé par le groupe, celui de l'ésotérisme, avec des parutions de plus en plus nombreuses.
Un certain discours circulerait désormais au sein des instances dirigeantes, où les créneaux traditionnels des éditions Eyrolles auraient été qualifiés de « poussiéreux », selon un salarié. Une autre évoque « un virage, un changement d'identité qui ne prend pas en compte l'historique », ce qui aurait pesé dans les départs d'éditeurs, d’après plusieurs témoignages.

Les problématiques ne concerneraient pas que la maison d'édition, mais aussi la diffusion (Géodif), la fabrication, la librairie, et même la direction des services informatiques. « Partout, les services connaissent des records de démissions à la chaine, à cause de la pression, du manque de perspectives d'évolution et des refus constants d'augmentations », indique un employé. Si bien que les pots de départ seraient mutualisés, dans certains cas, par commodité.
En décembre et en janvier dernier, mandaté par la direction après le courrier de la médecine du travail, le cabinet Deloitte a procédé à des entretiens avec les salariés du groupe, à l'aide d'une enquête en ligne et d'entrevues individuelles. Les résultats ont été communiqués à la direction il y a plusieurs semaines, et la DRH préparerait un compte-rendu pour les salariés, qui n'aurait toujours pas, selon nos informations, été communiqué au moment de la publication de cet article.
À quelques mois du centenaire, la réputation du groupe pourrait pâtir de l'ambiance en interne. Sur le site Indeed, 7 avis postés sur l'entreprise la situe en-dessous de la moyenne (2,4 sur 5), et les commentaires les plus récents soulignent la politique RH « d'un autre âge », les « arrêts de travail qui se multiplient » ou encore les « salaires bas ».
« Cela commence à se savoir », nous explique un employé. « Dans l'édition, les nouvelles vont vite, y compris les rumeurs de harcèlement ou de mauvais traitements. On assiste même à des prolongations des périodes d'essai, à la demande des candidats, dans certains services... »
Selon Marc Jammet, parti en retraite en 2022 après 12 années en charge du fonds Construction et Bricolage et délégué syndical CFDT, « la politique salariale reste étriquée, les salaires d'embauche ont toujours été faibles, et les augmentations ne se font pas au même taux que le reste de la profession ». L'évolution professionnelle au sein du groupe serait aussi limitée, « avec des recrutements externes plutôt que des évolutions internes », ce qui participerait au mal-être de certains salariés. La direction d'Eyrolles n'a pas souhaité évoquer sa politique managériale.
Chez ceux et celles qui cumulent parfois une décennie au sein d'Eyrolles, la situation est d'autant plus frustrante que leur relation avec la maison n'a pas toujours été si problématique. « Quand je suis arrivée, les salaires étaient plus bas qu'ailleurs mais la différence restait raisonnable. On s'y retrouvait. Notamment parce qu'il n'y avait pas trop de pression et que l'ambiance était bien meilleure que dans d'autres maisons. Aujourd'hui, l'écart a continué de se creuser et les conditions de travail ne compensent plus cette différence salariale », souligne ainsi une ancienne employée, entrée en 2017.
Une autre assure qu'« Eyrolles a toujours mal payé, mais cela s'acceptait en raison d'un système de transmission efficace, qui faisait gagner en autonomie et en responsabilités assez vite ».
« Nous avons bénéficié de beaucoup de liberté éditoriale dans cette entreprise, parce qu'elle n'est pas sous la coupe de gestionnaires », reconnait aussi un ancien salarié, qui regrette évidemment ce champ des possibles largement ouvert. Un contexte de travail alors « sans flics, ce qui rendait les gens heureux », résume Marc Jammet, qui voit dans le groupe Eyrolles un archétype de l'entreprise capitaliste familiale, à la gestion parfois paternaliste.
Les comptes des Éditions Eyrolles restent positifs : selon les comptes sociaux déposés, le résultat de l'exercice 2019 s'élevait à 776.009 €, à 1 million € en 2020 puis à 1,9 million € en 2021, avant de revenir à 705.324 € en 2022. Sollicitée, la direction n'a pas apporté de précisions sur la situation financière de la structure.
L'avenir du groupe ne manque pas d'interroger, alors que la concentration et les mouvements financiers se font de plus en plus marqués au sein de l'édition française. Une rumeur de vente d'Eyrolles circule, « ce qui pourrait impliquer que l'on mette à la porte les plus anciens salariés », mais elle reste du domaine des bruits de couloirs. Notons toutefois la création, en mars dernier, d'une holding familiale présidée par Paul-Antoine Eyrolles, destinée à la prise de participations au sein de sociétés.
Aujourd’hui, les salariés du groupe Eyrolles vivent au rythme de ces rotations rapides, alternant les recrutements et les départs. Nous avons tenté d’obtenir des regards plus positifs sur la vie au sein de l’entreprise, mais les multiples personnes interrogées n’ont pas répondu ou n’ont pas souhaité être citées. Au cours de nos recherches, nous avons toutefois réuni des témoignages supplémentaires, tout aussi préoccupés quant à l’avenir du groupe.
Photographie : façade du bâtiment du groupe Eyrolles, au croisement du boulevard Saint-Germain et de la rue Thénard (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com
37 Commentaires
adnstep
12/07/2024 à 19:35
Passer de l'ingénierie à l'ésotérisme et la "littérature feel-good", quelle décadence !
Zorro
01/02/2025 à 04:47
C'est une décadence culturelle qui date déjà de quelques décennies, quand des restaurants ou des magasins à fripes ont commencé à remplacer les librairies PUF, PAYOT, Dunod, et d'autres !
Edition
13/07/2024 à 08:34
Bon à savoir, malheureusement. Dans le même genre vous pourriez creuser chez Albin Michel...
Cheniers
17/07/2024 à 06:57
Mais pourquoi voulez-vous que les journalistes de Actualitté aillent creuser du côté des éditions Albin Michel ? Comme çà, tranquilles " bonjour je viens creuser "
Faut - y pas une demande , un appel d'un ou de salariés ?
Y a pas, parce qu'il y a rien trouver où alors parfois , il manque du papiers dans des WC.......
AIDE ition
13/07/2024 à 18:58
Alors tristement tous à la même enseigne dans l'édition où ces pratiques sévissent depuis trop longtemps...
Tant qu'à creuser efficacement, allons voir partout chez les grands groupes. Là où les abus prospèrent au bénéfice des dirigeants qui étouffent leur personnel. Et pourquoi pas Magrigall ?
LaVieDesLivres
14/07/2024 à 07:14
Article fort intéressant mais un peu en deçà de la réalité.
Climat de suspicion généralisé, tensions et pressions quotidiennes. Pour avoir travaillé de nombreuses années à la fabrication, j'ai été témoin de ce climat délétère qui n'a fait que se dégrader de mois en mois et qui affectait bon nombre de mes collègues. J'en suis partie fort heureusement, en trouvant un job dans une boîte où on me respecte.
N'empêche, quel immense gachis !!!
SOS
15/07/2024 à 04:59
Ça me rappelle également un certain Groupe : Editis, où il pleut des droits d'alerte, des départs par dégoût, des arrêts maladie, des burns out, des ruptures. Il y a une pandémie du mal être dans le monde de l'édition tout entier. Mais que fait le SNE? N'est-il pas de sa responsabilité de veiller au bien être du monde de l'édition ?
CarolineP
15/07/2024 à 09:43
Bonjour,
Cet article parle de salariés qui ont peur de se présenter au CSE, d'enquête pour risques psycho/sociaux, de direction qui pose un lapin à Actualitté pour éviter d'avoir à se justifier...
Que fait la médecine du travail ? Que fait l'inspecteur du travail ?
Que faut-il de plus pour que ça bouge ?
Salariée indignée
16/07/2024 à 17:02
Oui, un article qui parle d'enquête pour risques psychosociaux à laquelle nous sommes nombreux à avoir participé, en prenant un risque (entretiens à l'arrière des locaux, nous pouvions être vus lorsque nous nous y rendions). Et toujours aucune restitution ! C'est légal ?? Tout ça n'aura servi à rien ? Les démissions vont continuer ? Les arrêts maladies se prolonger ? La direction et les rh balayer ça à coup de "article passéiste creux et misogyne"? Quelle violence. Quel mépris. Comment faire sans Cse, sans syndicats ? Si quelqu'un a un conseil merci beaucoup.
Travailleur abusivement éliminé
16/07/2024 à 22:07
Parmi les conseils : réunir au jour le jour des preuves et autres traces écrites de son travail ou des tensions et abus internes.
Pas inutile de se faire remettre son dossier personnel par la médecine du travail. Cela peut éviter dans l'avenir des déconvenues vertigineuses, de celles qui veulent parfois faire passer des abus internes pour des problématiques personnelles. Ces sinistres directions n'ont aucun scrupule à echaffauder des faiblesses personnelles pour évacuer leur tort et certains salariés dans le viseur.
Prendre conscience que l'article ne met en évidence que la partie émergée des anomalies de l'iceberg "Édition".
Libraire
16/07/2024 à 08:18
Article intéressant mais, la réalité est bien plus noire que cela. De plus, l'article se concentre sur les éditions Enrôlés or, les libraires du groupe Eyrolles subissent aussi cette pression. De nombreux libraires fuit le groupe à cause du directeur de la librairie qui se comporte en véritable tyran, du manque de recrutement et de la surcharge de travail qui va avec. L'inspection du travail devrait effectivement regarder d'un peu plus près l'ensemble du groupe Eyrolles.
Brigitte
16/07/2024 à 12:15
Les Editions Eyrolles m'ont accompagnée en 2013 dans la rédaction, puis la publication d'un livre de la collection "Comprendre et agir"; une psychanalyste écrit pour éclairer un sujet précis de la vie affective et relationnelle en cherchant à le rendre accessible au lecteur lambda. J'ai énormément apprécié la qualité relationnelle qui s'était établie avec les éditrices qui m'accompagnaient alors. Depuis, je dois signaler un travail remarquable des attachées de presse qui continuent à faire vivre cet ouvrage, désormais publié en poche, en le recommandant, et du fait même me recommandant à des journalistes qui m'interviewent pour écrire sur le sujet. Plus de 10 ans après sa publication ce livre continue d'être soutenu sans relâche par son éditeur! Ça a le mérite d'être souligné! Je suis désolée de découvrir les difficultés relationnelles internes de cette grande maison, qui j'espère s'en relèvera!
NicolasP
16/07/2024 à 17:23
Bonjour Brigitte,
J'ai du mal à cerner l'intérêt de ce commentaire ?
Surtout que vous semblez parler de vous à la 3e personne ?
"une psychanalyste écrit pour éclairer un sujet précis de la vie affective et relationnelle en cherchant à le rendre accessible au lecteur lambda".
L'article ne parle pas du "gâteau" mais de la façon dont il a été conçu.
Est-ce que la manière de fabriquer ce gâteau doit avoir de l'importance pour juger de sa qualité gustative ?
Difficile d'en apprécier la saveur si l'on en sait que certains salariés se sont sentis mal (ou se sentent encore mal) pendant sa fabrication.
On peut adorer l'iPhone, si l'on sait qu'il a été fabriqué par des enfants, ça lui retire tous ses avantages/atouts (pour caricaturer évidemment).
Par ailleurs, votre livre semble tellement bien édité par cette "grande maison"... qu'il est en rupture de stock (https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/guerir-de-sa-mere-9782212564365/).
Libraire
30/07/2024 à 17:54
Le livre est tout à fait disponible.
Libraire qui sait aussi utiliser Electre
04/08/2024 à 15:04
Bonjour,
Après 3 semaines de trou de stock, oui. CQFD par rapport au commentaire précédent ?
Une.drh
16/07/2024 à 17:24
Article édifiant sur une maison qui a si longtemps eu une belle image. J'ai fait mes études avec beaucoup de leurs livres, et je trouvais formidable qu'une maison indépendante résiste aux grands groupes. Des salariés qui n'osent pas se présenter pour le cse, voilà qui devrait alerter l'inspection du travail, c'est typique des entreprises où il y a du harcèlement.
Il est temps que les lois sur le harcèlement au travail soient renforcées et appliquées strictement pour protéger les salariés et punir les responsables.
Marie-Antoinette
16/07/2024 à 18:42
Les salariés de cette entreprise font effectivement un travail formidable mais sachez-le, tous ceux qui le peuvent, fuient tant les conditions de travail et l’ambiance y sont déplorables. Quel gâchis… Eyrolles n’est plus une entreprise dans laquelle on souhaite s’investir ou évoluer. On y reste, en attendant de trouver mieux !
Cet article aura le mérite de faire savoir ce qu’il se trame vraiment dans ce grand bâtiment en briques du bd Saint-Germain mais les salariés savent déjà que cela ne changera pas leur situation. Pire, une chasse aux sorcières va commencer : qui a osé parler ? qui a osé porter atteinte à la Reine mère ?
Car oui, il y a comme un air de Cour de Versailles dans cette entreprise… Et si vous saviez comme cet article est en-deçà de la réalité… la violence du quotidien, il faut la vivre.
La DG balaie cet article d’un revers de la main, avec le mépris qu’on lui connait et selon elle, ce sont forcément des salariés aigris/ jaloux qui ont témoigné. Au secours !
Il faudrait qu’elle ouvre grands ses yeux : dans son entreprise, il y a juste des salariés qui en ont assez de se faire écraser, qui sont en colère d’apprendre que des collègues sont en burn-out, fatigués de travailler sans aucune reconnaissance salariale, dégoutés de voir leurs collègues partir un à un… Une grande remise en question est plus que nécessaire. Mais pour cela, il faudrait juste qu’elle ose sortir de sa tour d’ivoire.
Quiet cutting
17/07/2024 à 12:07
Ex salarié Eyrolles, j'y ai connu le quiet cutting dont parle un article de francetvinfo (avril 2024) "Quand des employeurs poussent des salariés à démissionner." Deux de mes collègues directs en ont pati dans mon service (moi non mais je n'avais que quatre ans d'ancienneté, ce sont les anciens qui sont visés). C'est indécent, il y a des outils pour ce séparer des salariés dont on ne veut plus: les ruptures conventionnelles, des licenciement si vraiment il y a des manquements. J'espère que la médecine du travail va pouvoir agir, l'inspection du travail aussi.
Quiet cutting
17/07/2024 à 14:21
En complément, voir l'article : https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/chomage/quand-des-employeurs-poussent-des-salaries-a-demissionner-quatre-questions-sur-le-quiet-cutting-le-licenciement-silencieux_6478640.html#xtor=CS2-765-[autres]-
Complément suite
17/07/2024 à 19:21
Article à mettre en parallèle de la loi travail de 2017, dont les ordonnances Macron peuvent encourager à se séparer des salariés avec ancienneté, puisqu'elles légalisent une indemnité minimum de 3 mois de salaire pour 15 ans ou plus d'ancienneté, dans le cas de licenciement abusif, sans causes réelles et sérieuses.
A savoir avant de quitter ou d'être écarté de son poste.
En complément, un article sur une autre loi concernant la médecine du travail, à rechercher dans les archives du Monde diplomatique, qui conclut également par la dégradation grave des états de santé constatés dans les cabinets médicaux en ville.
Complément suite suite
18/07/2024 à 14:52
Triste monde du travail où la violence s'exerce en toute impunité. On lit ici que les enquêtes, la médecine du travail furent sans effets. Il faut réagir, chacun, et solidaires, c'est la seule issue, ne pas lâcher. Surtout quand deux ou trois personnes seulement détruisent tout, une entreprise et les gens, les humains, la réputation, l'esprit. Comme chez Eyrolles (je suis dans un autre groupe, je comprends maintenant pourquoi on reçoit tellement de Cv de chez eux pour tous les services: les indépendants ne font pas mieux que les autres, mais sans l'excuse de la pression: choix de management interne, gratuit, c'est lamentable )
https://www.lemonde.fr/emploi/article/2024/07/18/surtout-ne-fermez-pas-la-porte-en-sortant-un-ouvrage-pour-denoncer-les-violences-manageriales_6251944_1698637.html
Tic Tac 💣
18/07/2024 à 00:08
Un article fort intéressant qui reflète bien l'histoire et la chute de cette maison paternaliste et dite à l'écoute du personnel.
Les problèmes étaient déjà là, la COVID les a renforcés et depuis le départ en retraite, il y a seulement un an et demi, de son PDG, Serge Eyrolles, tout s'est accéléré...
La défiance, le mépris, le manque de reconnaissance et la souffrance se sont installés, la voici la triste réalité aujourd'hui.... et tout ça à l'initiative d'une DRH qui pense que l'entreprise lui appartient et susurre "ses conseils" néfastes à l'oreille d'une direction qui est peu sûre d'elle.
L'article reste bien gentil et factuel mais l'important est que le monde de l'édition est petit et que lorsque les langues se délient cela peut faire des dégâts..
Pour les futurs nouveaux qui seraient tentés par l'aventure, réfléchissez-y à deux fois !
Certains sont venus, ont quitté un cdi et aujourd'hui n'ont plus rien...
Allez haut les cœurs, la mission du moment : on redore l'image en inondant les réseaux avec le port de la flamme olympique et on offre un bon petit déjeuner aux petits soldats restants pour oublier tout ça !
Cathcath
18/07/2024 à 16:53
Quelle ironie, le groupe se lancerait dans le feel good ? un peu contradictoire...
Ce n'est pas ce qu'on attend de cette grande maison qui fait du sérieux bien documenté depuis sin longtemps.
JP
19/07/2024 à 22:30
Un immense gâchis, voilà ce que décrit cet article, qui reste en-deçà de la réalité.
Pour connaître la situation de l’intérieur : des salariés compétents et passionnés qui partent, écœurés, ou restent la boule au ventre ; la sensation de devoir en permanence faire son travail et s’investir malgré les bâtons dans les roues mis par la direction ; le refus quasi pathologique du télétravail à une époque où la plupart des entreprises ont franchi le cap depuis 3 ou 4 ans… mais aussi et surtout le déni des problèmes internes malgré un turnover de 30%.
Malgré les enquêtes, les alertes de la médecine du travail, les chiffres éloquents, la direction trouve toujours une bonne explication qui ne la met surtout pas en cause.
Cette situation est incompréhensible.
Pour une entreprise qui se vante de publier d’excellents livres de management, quelle ironie d’être autant à côté de la plaque, toujours à contre-courant du progrès ou même du bons sens le plus évident.
Et surtout, quelle absurdité de la part de la direction de ne pas vouloir simplement faire son job, affronter les problèmes et la crise pour pouvoir continuer dans une ambiance saine. Les salariés de cette entreprise méritent confiance et reconnaissance, continuer à les mépriser et les maltraiter c’est se tirer une balle dans le pied…
Dina est en colère...
20/07/2024 à 16:50
Merci Actualitté pour cet article qui met en lumière ce mal-être qui ronge les employés d’Eyrolles depuis plusieurs années, et qui est difficile à comprendre pour l’extérieur.
Oh bien sûr, cela ne changera sans doute rien à la situation (plutôt que de se remettre en cause, la direction cherche plutôt à savoir qui sont les moutons noirs qui ont osé parler à la presse et « achète » les nouveaux arrivants à coup de « petits déjeuners Ricoré »), mais il est important de voir cette souffrance reconnue.
Les dysfonctionnements et le management toxique étaient latents depuis une dizaine d’années, mais la crise du Covid a effectivement été un vrai point de bascule, qui semble avoir donné un pouvoir immense à la DRH, même sur des questions n’étant pas de son ressort. En attendant, la terreur règne et pas un seul employé (sur plus de 150) n’a osé se porter candidat au CSE… Pas étonnant quand on voit comment a été traité le précédent bureau, qui aurait, aux yeux de la direction, dû se contenter d’être un comité des fêtes !
Depuis deux ans, les burn-outs et arrêts maladies longs se succèdent, les démissions s’enchaînent. Comme beaucoup l’ont déjà dit, c’est un véritable gâchis : Eyrolles, longtemps connu des libraires et lecteurs pour son sérieux, ses sujets précurseurs et sa créativité perd peu à peu son identité et sa belle image au fil des départs des uns et des autres.
Merci donc à Actualitté d’avoir un peu permis aux langues de se délier… et en attendant, transmettons toute notre compassion aux employés en souffrance et à ceux qui se battent encore pour publier de la qualité au milieu du énième oracle fumeux ou de la dernière méthode à la mode d’une influenceuse-bien-être-DP...
BookShop
20/07/2024 à 18:08
"La sécurité psychologique et la qualité relationnelle sont des enjeux clés de l'efficacité des individus et de la performance collective."
C'est écrit sur le dos du livre "créer un climat relationnel sécurisant au travail", publié... par Eyrolles !
Relationnel. Securisant....
Ils les lisent leurs livres tous ces grands managers ?
https://amzn.eu/d/003a0C1z Créer un climat relationnel sécurisant au travail: 10 situations et 41 outils pour mieux travailler ensemble
Para bellum
23/07/2024 à 12:41
Merci à la rédaction d’avoir entrepris ce panorama très attendu.
Si cet article est plutôt en deçà de la réalité, il a le mérite d’exister et de pointer les principaux dysfonctionnements.
C’est un premier pas.
La possibilité de commenter cet article, dont se sont d’ailleurs saisis de nombreux salariés et anciens salariés, permet de l’étayer par des exemples.
Chez Eyrolles, il règne une atmosphère de suspicion : ni la directrice générale ni la directrice du personnel ne font confiance aux salariés. La crise du Covid a exacerbé cette tendance de fond. Le recours au chômage partiel durant cette période a choqué beaucoup de collaborateurs (était-il justifié par la situation économique de l’entreprise ? Pas sûr) ; chômage partiel qui a pris en réalité les atours d’un surinvestissement exceptionnel de tous les salariés en télétravail. Tous ont travaillé d’arrache-pied pour surmonter la crise en innovant dans leurs pratiques, en redoublant d’imagination pour ajuster les parutions et en maintenant le lien si précieux avec les auteurs. Mais ces efforts n’ont jamais été reconnus. Au retour « en présentiel », il régnait un climat lourd de sous-entendus ; et l’idée selon laquelle certains « en avaient bien profité [du télétravail] » s’est durablement instillée... Comble de la suspicion : tous les éditeurs ont été convoqués par la direction et sommés de présenter leur programme de parution, une manière détournée de vérifier qu’ils n’avaient pas enfilé de perles pendant le confinement…
Cela a été douloureusement vécu par celles et ceux qui en ont fait l’expérience.
Quant aux salaires, la situation n’est pas brillante. C’est un euphémisme. Les compétences, pourtant remarquables au sein des effectifs ne sont pas reconnues à leur juste valeur. Les demandes d’augmentation se soldent, au mieux, par un refus, au pire par une forme de mépris, car « [les salariés] ne ne devraient-ils pas déjà s’estimer heureux de travailler dans le cinquième arrondissement » ?
Enfin, le management y est erratique : secteurs éditoriaux aux contours flous, ce qui encourage la concurrence entre les éditeurs, directives labiles, conflits étouffés… Lorsqu’un problème avec un manager ou un collègue survient, inutile d’aller en parler à la directrice du personnel, car aller la voir serait s’exposer à sa mauvaise humeur chronique, ce qui, quand on va mal, pourrait amplifier la douleur voire s’apparenter à une forme de masochisme.
Le fait qu’en dépit d’un climat délétère, la plupart des salariés gardent leur professionnalisme et continuent inlassablement à bien faire leur travail est fascinant.
Deslivresetvous
23/07/2024 à 13:43
Pour l'avoir vécu, c'est très bien résumé ! La "mauvaise humeur" de la DRH est un doux euphémisme.
Doc Valentin
23/07/2024 à 13:55
Delbor je tombe sur le fil avec les commentaires et tout, là je recommande une méga dose de vacances à tout ce joli monde ça sent le stress et la nervosité à tous étages... plus la fatigue électorale cette année c'est le pompon côté braquage caractériel... dans mes consultations, j'invite mes patients à se casser vers Nice, chaleur, eau tempérée, huile d'olive, jolies filles, reboostage garanti les amis !!
Xhi Raf
09/08/2024 à 23:25
Ce n'est pas avec les salaires d'Eyrolles qu'on va pouvoir se barrer sur la Côte d'Azur 😁
Xhi Raf
09/08/2024 à 23:56
Je vois que depuis mon départ il y a 10 ans où toute cette ambiance délétère était en train de se mettre en place, la direction d'Eyrolles ne s'est toujours pas décidée à lire ses propres bouquins. En pleine dissonance cognitive, puisqu'elle publie des auteurs à la pointe du management tout en méprisant profondément leurs écrits...
J'ai connu la transition dans la direction puisque l'une des dernières recrues d'un directeur d'édition digne de ce nom, malheureusement décédé très rapidement après. J'ai vécu toute la mise en place de ce système sans âme et pu constater la dégradation de l'ambiance en quelques années seulement. Les livres sont traités comme des sacs à main (le travail d'une de mes auteures avait même été comparé devant elle à un sac Vuitton par notre directrice, qui semblait en effet plus préoccupée par l'apparence de ses éditeur•ices que par le contenu des livres). Les employés comme des fainéants toujours en train de se plaindre : "m'enfin avec tout ce chômage dehors, ils devraient être bien contents déjà d'avoir un travail !" (sic)
J'ai fait partie d'une longue première vague de départs déjà symptomatique du malaise de ce changement de système, étant arrivée dans une maison où tout le monde acceptait un revenu médiocre en échange d'une certaine liberté et d'une bonne ambiance, qui ont fini par se perdre en route : suspicion, blocage pathologique sur les retards et le télétravail (en 2024, on aura tout vu), pressions sur le CSE, j'imagine très bien le tableau...
Dommage, moi qui étais contente de travailler pour un groupe français indépendant en sortant de la machine infernale Editis, quelle déception...
J'y ai malgré tout passé de très bonnes années où j'ai énormément appris grâce à l'entourage de collègues passionnés, bienveillants et désireux de transmettre... Je les en remercie encore et je regrette d'apprendre le départ de certains d'entre eux (j'espère juste qu'ils trouveront bien mieux ailleurs). Je souhaite bon courage à celles et ceux qui sont restés et qui y croient encore un peu. Espérons surtout que la pression change de camp ✊🏼 et que la direction finisse par ouvrir les yeux pour affronter le problème en face. Ça vaut bien un ou deux sacs Vuitton 😁
Au pays de Candy
20/08/2024 à 19:33
Avec un bédo ou 5 g d'hero ? 😉 Ah, mais c'est bien connu, Dr, "Vacances, j'oublie tout". 🤣🤣🤣 Mais alors comment expliquer le stress de la DRH à l'approche des ponts de mai ? 🤔
Sinon faudrait peut-être songer à relire le serment d'Hippocrate, car nier ainsi les souffrances des collaborateurs des différents services de cette entreprise frôle la non-assistance à personne en danger : "Mon premier souci sera [...] de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité." Le respect des personnes ne semble malheureusement pas faire partie des valeurs de cette entreprise... A bon entendeur...
Représentant commercial
24/07/2024 à 19:18
La filiale des éditions se vide chez Eyrolles mais on en parle de la diffusion ? Au siège c'est le service commercial qui a le plus de turn over depuis longtemps avant la Covid. C'est les mêmes dirigeants depuis plus que dix ans. Il y a des pressions, des représailles quand on parle en séminaire. Il n'y a pas que l'édition ! La diffusion c'est moins important pour qu'on n'en parle presque pas dans l'article ? Les gens comptent moins ?
Répresentant
28/07/2024 à 10:14
Il ne faut surtout pas toucher aux membres de la direction commerciale qui sont au top depuis une décennie. Ils assurent le succès de la filiale diffusion.
Mayday
25/07/2024 à 16:10
Cet article est loin en effet de rendre compte de la violence que subissent les salariés d’Eyrolles, quels que soient les services (fabrication, commercial, éditorial, librairie, ressources humaines…), et de la souffrance au travail des équipes en place. La plupart des salariés qui restent sont si affaiblis par le management toxique et par la culture de la désorganisation, qu’ils pensent ne pas pouvoir partir. D’autres sont sous antidépresseurs, d’autres encore s’enferment aux toilettes pour craquer. La directrice du personnel vous rétorquera que ces personnes sont fragiles, ou ont des « problèmes personnels ».
Pourtant, comme le souligne cet article, une alerte sur les risques psychosociaux a bien été émise par la médecine du travail, une alerte de niveau 3, donc grave. Il nous en a coûté à tous de nous exprimer librement auprès des auditeurs mandatés par la direction. Pourtant, nous n’avons à ce jour toujours aucun retour de l’audit RPS dont les résultats auraient été rendus en mars. Il semble donc que la médecine du travail soit impuissante.
Nous avons assisté ces dernières années à une véritable fuite des talents comme le mentionne l’article, qui s’apparente à un énorme gâchis, ou à un auto-sabotage. Comment expliquer sinon que la maison se sépare de femmes et d’hommes brillants, passionnés, investis, efficaces, experts dans leurs domaines respectifs (à la fabrication, au service informatique, à l’éditorial, au commercial…), dévoués et prêts à mettre leur intelligence au service de l’entreprise ?
L’article a le mérite de signaler le binôme problématique que forment la DG et la DRH. Mais je m’interroge personnellement sur la responsabilité de Serge Eyrolles, le patron de cette illustre maison, à qui des salariés démissionnaires ont à plusieurs reprises remonté la souffrance des salariés et les agissements de la DRH en particulier. Je m’interroge aussi sur la complicité passive des auteurs, en particulier de ceux qui ont fait de la bienveillance ou du développement personnel leur business. Comment continuer à publier dans une maison qui maltraite ses salariés ? Pour le vivre de l’intérieur, la direction n’a pas plus d’estime pour ses collaborateurs que pour ses auteurs. Et beaucoup d'entre eux pourraient en témoigner.
Revenons à notre binôme problématique. Même si elle ne connaissait pas l’édition à son arrivée, comment expliquer que la DG ne sache toujours pas bien ce que fait une assistante d’édition par exemple, et en quoi elle n’est pas équivalente à une fabricante ou à une hôtesse d’accueil ? Il semble pourtant qu’à ses yeux les compétences soient interchangeables. Nous sommes en droit de nous demander : est-ce de l’incompétence ? du désintérêt ? du mépris ? De la légèreté sans doute chez une DG plus préoccupée de repeindre dans un joli rouge les extincteurs des locaux que de rémunérer les salariés à leur juste valeur. Quand à la DRH, de l’avis général, elle exerce avec zèle les fonctions de directrice de la paye, prompte à interpréter les règles du droit ou la convention collective en la défaveur des salariés, à vérifier les heures d’arrivée des uns et des autres. Une pointeuse à reconnaissance faciale est d’ailleurs un passage obligé chaque jour pour tous les salariés. Pas de politique de formation. Pas d’accompagnement des talents. Pas de politique salariale. Pas de possibilité d’évolution. Pas de connaissance des métiers ni de reconnaissance des compétences.
Ah mais si ! Nous sommes invités chaque année pour un déjeuner dans la belle maison de Serge Eyrolles à Cachan, où on nous redit que nous sommes une grande famille, et qu’il faut se serrer les coudes. De quoi vous remplir les yeux d’étoiles et vous faire revenir au travail reboosté de gratitude.
Personnellement, cela me fait du bien de lire les commentaires au bas de cet article. Je constate que malgré la peur, beaucoup osent parler. Les salariés d’Eyrolles ont une grande force, en plus d’être compétents et passionnés, ils sont solidaires ! Courage à tous !