#Edition

Chez Eyrolles, “stress chronique au travail” et “fuite des talents

Une réputation d'excellence dans le secteur éditorial des livres pratiques, plusieurs grands succès dans le rayon des romans « feel good », et une étiquette d'entreprise familiale préservée. Le groupe Eyrolles, paquebot installé au cœur de Saint-Germain, semble fendre les flots de l'édition sans écueils à l'horizon. Mais à bord, l'ambiance aurait quelque chose de plus houleux, comme le révèlent de nombreux témoignages recueillis par ActuaLitté.

Le 12/07/2024 à 14:51 par Antoine Oury

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Publié le :

12/07/2024 à 14:51

Antoine Oury

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ActuaLitté

Un courrier de la médecine du travail daté du 14 septembre 2023, adressé à Marie Pic-Paris Allavena, directrice générale d'Eyrolles, Brigitte Maillard, responsable des ressources humaines du groupe, et Paul-Antoine Eyrolles, directeur général, pose noir sur blanc la formule exprimant le ressenti d'une partie des salariés. « Nous avons constaté [...] une augmentation des symptômes, pathologies et troubles du comportement en lien reconnu ou suspecté avec le stress chronique au travail ainsi qu'une dégradation nette de la perception du bien-être et des contraintes de travail par les salariés. »

Cette observation réalisée fin 2023 et consultée par ActuaLitté appuie des mouvements très nets au sein du groupe Eyrolles. Entre juillet 2022 et novembre 2023, sa filiale édition a ainsi perdu près du tiers de ses salariés, entre les démissions, les arrêts maladie, les ruptures de période d'essai et les ruptures conventionnelles, d'après un relevé établi par des salariés et consulté par ActuaLitté.

Une véritable « fuite des talents », évoque une source, qui touche en particulier les collaborateurs de longue date de la maison familiale : plusieurs d'entre eux remarquent une ambiance qui se serait « dégradée depuis la pandémie de Covid-19 ».

En amont de la publication de cet article, par respect du contradictoire, nous avons contacté la DG, Marie Pic-Paris Allavena, afin qu’elle réponde aux questions et aux éléments recueillis par ActuaLitté. 

Nous décrivant un secteur de l'édition « en pleine mutation », et nous indiquant que le groupe Eyrolles a traversé « une phase d’adaptation et d’élan [qui] peut être perçue par certains comme une source de remise en question de situations considérées comme acquises, voire immuables », la directrice générale a finalement déprogrammé l'entretien pourtant fixé. 

On reste en famille

Régulièrement classé dans le top 20 des groupes d'édition français, Eyrolles porte le nom de son fondateur, Léon Eyrolles (1861-1945), ingénieur des travaux publics doté d'un tropisme très affirmé pour l'apprentissage et l'enseignement. Un goût qui le pousse à créer L'École chez soi, une des premières formations par correspondance, puis l'École spéciale des travaux publics, en 1891.

Les éditions Eyrolles, dont la création remonte à 1925 — sous la dénomination Librairie de l'enseignement technique — occupent un bâtiment imposant au cœur du Quartier latin, dont l'enseigne renvoie plus d'un siècle en arrière.

L'autre lien avec ce passé se retrouve dans la gestion du groupe Eyrolles, lequel compte la filiale d'édition (comprenant l'éditorial, le marketing et la fabrication), celle dédiée à la diffusion (Géodif) et enfin la librairie Eyrolles : la direction s'est en effet transmise de père en fils, d'abord à Marc Eyrolles en 1945, puis à Serge, en 1981, avant Paul-Antoine Eyrolles, directeur général depuis le début de l'année 2023.

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Une transmission strictement familiale et ininterrompue avec l'arrivée de Marie Pîc-Paris Allavena, en tant que secrétaire générale du groupe en 2007, propulsée directrice générale en 2009 : elle est en effet la nièce de Serge Eyrolles. Nombre d'employés, encore au sein du groupe ou non, se souviennent de cette nomination inattendue : la principale intéressée n'avait alors pas d'expérience à la tête d'un groupe d'édition.

Logiquement, quelques mois de rodage auront été nécessaires, reconnaissent des employés. « À sa décharge, l’ancien directeur général [Jean-Pierre Tissier, NdR] devait l’accompagner pour la transmission de la partie éditoriale (process, thématiques et leurs spécificités de marchés, de production), mais il est décédé brutalement », concède-t-on. D’autre commentaires sont moins tendres, comme cet employé  qui évoque une situation « où l'on a appris à faire avec ».

La rupture Covid-19

Comme pour toutes les entreprises françaises, l'année 2020 a été particulière pour le groupe Eyrolles. Avec la pandémie, le télétravail s'est généralisé soudainement, obligeant tous les personnels à s'adapter à de nouveaux rythmes et des processus inédits jusqu'alors. Chacun tente de reprendre ses marques, dans un contexte économique estimé peu favorable.

« En 2020, le chiffre d'affaires des Editions Eyrolles s'est finalement établi autour de - 4 % [à 13,5 millions € contre 13,9 millions €, il est même considéré comme « équivalent à celui de 2019 » par les comptes sociaux 2020, NdR], ce qui était bien meilleur que les projections réalisées en début d'année [qui annonçaient une baisse prévisible de CA à 35 % pour le groupe dans son ensemble, NdR] », se rappelle un salarié. Comme toute l'industrie de l'édition, qui lève le pied sur les cadences de parution en raison de la fermeture des librairies, les éditions Eyrolles font de même.

« Un décalage des titres de l’année 2020 sur 2021 a été mis en œuvre et exposé comme tel, mais la direction s’en est malgré tout inquiétée en novembre 2020 », résume-t-on, ce que confirment des échanges consultés par ActuaLitté. « Une remarque totalement incompréhensible, dans un contexte où l'on s'attendait plutôt à être félicité, encouragé », se souvient un des concernés. 

Ce message aurait « découragé » des équipes : « Pendant le Covid, la direction a été très peu présente. Nous avons eu quelques appels de la DG, mais surtout des indications contradictoires : un jour, il fallait produire moins d'ouvrages pour ne pas saturer le marché et privilégier la qualité ; le lendemain, publier en masse pour être partout. Un jour, il faut développer les compétences en interne, le lendemain il s'agit d'externaliser au maximum... »

Loin des yeux...

Le télétravail, imposé aux entreprises par la pandémie, n'était pas forcément maîtrisé dans son organisation, mais il s'est « mis en place de manière satisfaisante », selon un membre des effectifs. La possibilité de le pérenniser, évoquée avant le Covid avec la direction, devenait plus concrète pour les employés.

Pourtant, « la direction nous a traités d’une manière radicalement différente », estime un employé de longue date du groupe, « avec un excès de prudence ». « Je n'ai aucune idée du pourquoi, car les chiffres ont été maintenus, mais nous avons été soupçonnés de glander, dès lors que nous étions en télétravail », se rappelle une ancienne employée. Un mode de gestion qui fut celui d’un autre groupe éditorial, Christian Bourgois, après le Covid, comme l’expliquait notamment une enquête publiée fin 2023.

Ainsi, à partir du moment où l'obligation du travail à distance fut levée par les autorités, la règle, chez Eyrolles, devient le retour au bureau à 100 %. Au mois d'octobre 2021, une pétition signée par une soixantaine de salariés est adressée à Marie Pîc-Paris Allavena et Serge Eyrolles pour demander l'instauration d'une journée hebdomadaire de travail à distance, sans succès. Cette pratique, pourtant répandue dans l'industrie de l'édition, « est devenue totalement tabou pendant deux ans », rapporte un salarié.

Le sujet du télétravail ne reviendra finalement au programme que bien plus tard, en septembre 2023, avec des restrictions quant aux jours sur lesquels il est possible de le pratiquer. 

Un difficile dialogue

La crispation autour du télétravail ne serait pas restée un phénomène isolé. La maison d'édition est dotée d'un comité social et économique (CSE) ou de son équivalent depuis le début des années 1990, lequel « travaillait en bonne intelligence avec le directeur général à l'époque », se souvient une ancienne employée qui y siégea dans les années 2000. Ce dialogue constructif entre l'instance et la direction se poursuit pendant de nombreuses années, jusqu'à la crise du Covid, puis « les échanges se sont tendus dès le mois de juin 2020 », estime un observateur. 

Aux yeux de plusieurs salariés, la directrice des ressources humaines, Brigitte Maillard, arrivée en 2012 au sein du groupe Eyrolles, aurait changé l'organisation du travail et la teneur des échanges entre la direction et les représentants des salariés.

Plusieurs procès-verbaux de réunions du CSE de l’entreprise, tenues entre 2015 et 2023, laissent entrevoir les antagonismes qui se dessinent derrière le langage policé des comptes-rendus, le développement de tensions au sein du dialogue social. À plusieurs reprises, le CSE se heurte à des refus nets de la direction sur des hausses de salaires, notamment en 2020 et 2022. 

Des réticences déjà constatées

Le sujet des salaires et des promotions est pourtant connu de longue date, chez Eyrolles. Dès 2013, le CSE avait ainsi obtenu un audit social et économique du cabinet Syndex, malgré « une forte résistance de la direction ». Lors d'une assemblée générale, ce document avait permis d'aborder « les absences de promotion ainsi que le turn-over au sein de l’entreprise », selon le procès-verbal réalisé à cette occasion. 

Le partage de la valeur avec les employés reste une question centrale dans l’édition, comme dans d’autres secteurs : au sein du groupe Editis, par exemple, l’absence de prime d’intéressement aux salariés, pour la première fois dans l’histoire du groupe, a été largement remarquée l’année dernière.

Au-delà de ces accrochages, la présence au sein du CSE elle-même serait devenue un motif de répréhension. Plusieurs témoignages évoquent par ailleurs une « pression » exercée contre les salariés membres du CSE : fin 2023, les salariés apprennent le délitement du comité, rincé par le Covid, mais aussi par « des dossiers assez douloureux », selon l’expression utilisée dans un document consulté par ActuaLitté.

Recrutements et remplacements 

Parmi ces dossiers, celui d’Éric Sulpice, directeur éditorial licencié en juin 2023 pour faute grave après 3 décennies au sein du groupe, en aurait notamment fait les frais, la direction lui reprochant la présence de plusieurs membres de son équipe au sein du CSE. Selon nos informations, celui-ci s'est engagé dans une procédure aux prud'hommes, estimant que son licenciement serait abusif, mais, contacté, il n'a pas souhaité commenter ce litige avec son employeur. Le conseil de prud’hommes de Paris, toutefois, nous a confirmé une affaire en cours.

Les employés évoquent aussi des situations « où le moindre recrutement, remplacement ou évolution d’équipe devient extrêmement difficile et prend beaucoup d'énergie », décrit l’un d’entre eux.

Le courrier de la médecine du travail de septembre 2023 fait écho aux récits obtenus. Par une note au personnel fournie à ActuaLitté, le 1er février 2024, la direction des ressources humaines a par ailleurs signalé la carence de candidatures pour les élections professionnelles concernant le renouvellement des membres du CSE : une seule membre en faisait encore partie à la fin du mandat du CSE en février 2024, mais se trouve en arrêt maladie depuis plusieurs mois. Autrement dit, il n'existe plus.

Un malaise dans l'entreprise ?

Aux descriptions fournies par nos sources de l'ambiance interne des éditions Eyrolles correspond une situation concrète de départs fréquents de l'entreprise, dont ceux d'employés qui y travaillent depuis plus d'une décennie.

Alertés par ces mouvements incessants, des salariés ont pris l’initiative de réaliser un relevé des départs, des arrêts maladie et des prolongations de périodes d’essai. Selon ce document, qu'ActuaLitté a parcouru, sur un effectif de 56 personnes en juillet 2022 au sein de la filiale consacrée à l'édition, 18 ont quitté l'entreprise entre cette date et novembre 2023. 

Une véritable hémorragie qui ne se limite pas à l'édition, au marketing et à la fabrication, mais aussi à l'informatique et au commercial, d’après les données compilées par les salariés, avec les ressources à leur disposition. Malgré nos efforts pour joindre la direction, nous n’avons pas pu obtenir d’éléments permettant de vérifier ces données. Une source commente « deux grands mouvements de départs : les anciens, d’une part, et les nouveaux arrivants, d’autre part, qui ne s’attardent pas ».

Trop, c'est trop ?

Du côté des services de la filiale édition, ces départs, auxquels s'ajoutent arrêts maladie et éventuels congés, déboucheraient sur « une surcharge de travail » au sein de plusieurs départements. « Nous sommes tous seuls dans notre coin, et il arrive qu'un salarié assume seul plusieurs postes à la fois, après des départs non remplacés ou des arrêts maladie », nous explique-t-on. Comme indiqué en début d'article, la direction des éditions Eyrolles n'a pas souhaité répondre à nos questions et demandes de précisions.

Alors que la marque Eyrolles fêtera ses 100 ans en 2025, des employés craignent une dévaluation générale de la réputation d'excellence que la maison avait réussi à se forger en quelques années, face à des groupes éditoriaux internationaux, comme Pearson ou Hachette. « Avec ces cadences, nous n'avions plus vraiment le temps de nous occuper du fonds, d'autant plus que l'on nous jugeait sur le nombre de nouveautés », se rappelle une source, qui a quitté l'entreprise.

Cette situation s'accorderait « mal avec la réputation des éditions Eyrolles, particulièrement pour les livres pratiques, où les éditeurs sont des experts dans leur domaine, avec des compétences techniques assez fines », remarque un observateur.

Au tournant des années 2010, les éditions Eyrolles ont aussi connu un des grands succès publics de leur histoire avec la parution de Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, de Raphaëlle Giordano, en 2015. Vendu à 600.000 exemplaires en grand format, puis 1,8 million en poche, il a ouvert la voie à un véritable genre littéraire, mêlant développement personnel et ce que l’on désignera comme « la littérature feel good ». Autre créneau largement occupé par le groupe, celui de l'ésotérisme, avec des parutions de plus en plus nombreuses. 

Amorcer une nouvelle ère

Un certain discours circulerait désormais au sein des instances dirigeantes, où les créneaux traditionnels des éditions Eyrolles auraient été qualifiés de « poussiéreux », selon un salarié. Une autre évoque « un virage, un changement d'identité qui ne prend pas en compte l'historique », ce qui aurait pesé dans les départs d'éditeurs, d’après plusieurs témoignages.

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Les problématiques ne concerneraient pas que la maison d'édition, mais aussi la diffusion (Géodif), la fabrication, la librairie, et même la direction des services informatiques. « Partout, les services connaissent des records de démissions à la chaine, à cause de la pression, du manque de perspectives d'évolution et des refus constants d'augmentations », indique un employé. Si bien que les pots de départ seraient mutualisés, dans certains cas, par commodité.

En décembre et en janvier dernier, mandaté par la direction après le courrier de la médecine du travail, le cabinet Deloitte a procédé à des entretiens avec les salariés du groupe, à l'aide d'une enquête en ligne et d'entrevues individuelles. Les résultats ont été communiqués à la direction il y a plusieurs semaines, et la DRH préparerait un compte-rendu pour les salariés, qui n'aurait toujours pas, selon nos informations, été communiqué au moment de la publication de cet article.

Une gestion « à l'ancienne »

À quelques mois du centenaire, la réputation du groupe pourrait pâtir de l'ambiance en interne. Sur le site Indeed, 7 avis postés sur l'entreprise la situe en-dessous de la moyenne (2,4 sur 5), et les commentaires les plus récents soulignent la politique RH « d'un autre âge », les « arrêts de travail qui se multiplient » ou encore les « salaires bas ».

« Cela commence à se savoir », nous explique un employé. « Dans l'édition, les nouvelles vont vite, y compris les rumeurs de harcèlement ou de mauvais traitements. On assiste même à des prolongations des périodes d'essai, à la demande des candidats, dans certains services... »

Selon Marc Jammet, parti en retraite en 2022 après 12 années en charge du fonds Construction et Bricolage et délégué syndical CFDT, « la politique salariale reste étriquée, les salaires d'embauche ont toujours été faibles, et les augmentations ne se font pas au même taux que le reste de la profession ». L'évolution professionnelle au sein du groupe serait aussi limitée, « avec des recrutements externes plutôt que des évolutions internes », ce qui participerait au mal-être de certains salariés. La direction d'Eyrolles n'a pas souhaité évoquer sa politique managériale.

Et si c'était mieux avant ?

Chez ceux et celles qui cumulent parfois une décennie au sein d'Eyrolles, la situation est d'autant plus frustrante que leur relation avec la maison n'a pas toujours été si problématique. « Quand je suis arrivée, les salaires étaient plus bas qu'ailleurs mais la différence restait raisonnable. On s'y retrouvait. Notamment parce qu'il n'y avait pas trop de pression et que l'ambiance était bien meilleure que dans d'autres maisons. Aujourd'hui, l'écart a continué de se creuser et les conditions de travail ne compensent plus cette différence salariale », souligne ainsi une ancienne employée, entrée en 2017.

Une autre assure qu'« Eyrolles a toujours mal payé, mais cela s'acceptait en raison d'un système de transmission efficace, qui faisait gagner en autonomie et en responsabilités assez vite ».

« Nous avons bénéficié de beaucoup de liberté éditoriale dans cette entreprise, parce qu'elle n'est pas sous la coupe de gestionnaires », reconnait aussi un ancien salarié, qui regrette évidemment ce champ des possibles largement ouvert. Un contexte de travail alors « sans flics, ce qui rendait les gens heureux », résume Marc Jammet, qui voit dans le groupe Eyrolles un archétype de l'entreprise capitaliste familiale, à la gestion parfois paternaliste.

Les comptes des Éditions Eyrolles restent positifs : selon les comptes sociaux déposés, le résultat de l'exercice 2019 s'élevait à 776.009 €, à 1 million € en 2020 puis à 1,9 million € en 2021, avant de revenir à 705.324 € en 2022. Sollicitée, la direction n'a pas apporté de précisions sur la situation financière de la structure.

L'avenir du groupe ne manque pas d'interroger, alors que la concentration et les mouvements financiers se font de plus en plus marqués au sein de l'édition française. Une rumeur de vente d'Eyrolles circule, « ce qui pourrait impliquer que l'on mette à la porte les plus anciens salariés », mais elle reste du domaine des bruits de couloirs. Notons toutefois la création, en mars dernier, d'une holding familiale présidée par Paul-Antoine Eyrolles, destinée à la prise de participations au sein de sociétés.

Aujourd’hui, les salariés du groupe Eyrolles vivent au rythme de ces rotations rapides, alternant les recrutements et les départs. Nous avons tenté d’obtenir des regards plus positifs sur la vie au sein de l’entreprise, mais les multiples personnes interrogées n’ont pas répondu ou n’ont pas souhaité être citées. Au cours de nos recherches, nous avons toutefois réuni des témoignages supplémentaires, tout aussi préoccupés quant à l’avenir du groupe.

Photographie : façade du bâtiment du groupe Eyrolles, au croisement du boulevard Saint-Germain et de la rue Thénard (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 
 
 
 
 
 
 

Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com

37 Commentaires

 

adnstep

12/07/2024 à 19:35

Passer de l'ingénierie à l'ésotérisme et la "littérature feel-good", quelle décadence !

Zorro

01/02/2025 à 04:47

C'est une décadence culturelle qui date déjà de quelques décennies, quand des restaurants ou des magasins à fripes ont commencé à remplacer les librairies PUF, PAYOT, Dunod, et d'autres !

Edition

13/07/2024 à 08:34

Bon à savoir, malheureusement. Dans le même genre vous pourriez creuser chez Albin Michel...

Cheniers

17/07/2024 à 06:57

Mais pourquoi voulez-vous que les journalistes de Actualitté aillent creuser du côté des éditions Albin Michel ? Comme çà, tranquilles " bonjour je viens creuser "
Faut - y pas une demande , un appel d'un ou de salariés ?
Y a pas, parce qu'il y a rien trouver où alors parfois , il manque du papiers dans des WC.......

AIDE ition

13/07/2024 à 18:58

Alors tristement tous à la même enseigne dans l'édition où ces pratiques sévissent depuis trop longtemps...
Tant qu'à creuser efficacement, allons voir partout chez les grands groupes. Là où les abus prospèrent au bénéfice des dirigeants qui étouffent leur personnel. Et pourquoi pas Magrigall ?

LaVieDesLivres

14/07/2024 à 07:14

Article fort intéressant mais un peu en deçà de la réalité.
Climat de suspicion généralisé, tensions et pressions quotidiennes. Pour avoir travaillé de nombreuses années à la fabrication, j'ai été témoin de ce climat délétère qui n'a fait que se dégrader de mois en mois et qui affectait bon nombre de mes collègues. J'en suis partie fort heureusement, en trouvant un job dans une boîte où on me respecte.
N'empêche, quel immense gachis !!!

SOS

15/07/2024 à 04:59

Ça me rappelle également un certain Groupe : Editis, où il pleut des droits d'alerte, des départs par dégoût, des arrêts maladie, des burns out, des ruptures. Il y a une pandémie du mal être dans le monde de l'édition tout entier. Mais que fait le SNE? N'est-il pas de sa responsabilité de veiller au bien être du monde de l'édition ?

CarolineP

15/07/2024 à 09:43

Bonjour,

Cet article parle de salariés qui ont peur de se présenter au CSE, d'enquête pour risques psycho/sociaux, de direction qui pose un lapin à Actualitté pour éviter d'avoir à se justifier...

Que fait la médecine du travail ? Que fait l'inspecteur du travail ?

Que faut-il de plus pour que ça bouge ?

Salariée indignée

16/07/2024 à 17:02

Oui, un article qui parle d'enquête pour risques psychosociaux à laquelle nous sommes nombreux à avoir participé, en prenant un risque (entretiens à l'arrière des locaux, nous pouvions être vus lorsque nous nous y rendions). Et toujours aucune restitution ! C'est légal ?? Tout ça n'aura servi à rien ? Les démissions vont continuer ? Les arrêts maladies se prolonger ? La direction et les rh balayer ça à coup de "article passéiste creux et misogyne"? Quelle violence. Quel mépris. Comment faire sans Cse, sans syndicats ? Si quelqu'un a un conseil merci beaucoup.

Travailleur abusivement éliminé

16/07/2024 à 22:07

Parmi les conseils : réunir au jour le jour des preuves et autres traces écrites de son travail ou des tensions et abus internes.
Pas inutile de se faire remettre son dossier personnel par la médecine du travail. Cela peut éviter dans l'avenir des déconvenues vertigineuses, de celles qui veulent parfois faire passer des abus internes pour des problématiques personnelles. Ces sinistres directions n'ont aucun scrupule à echaffauder des faiblesses personnelles pour évacuer leur tort et certains salariés dans le viseur.
Prendre conscience que l'article ne met en évidence que la partie émergée des anomalies de l'iceberg "Édition".

Libraire

16/07/2024 à 08:18

Article intéressant mais, la réalité est bien plus noire que cela. De plus, l'article se concentre sur les éditions Enrôlés or, les libraires du groupe Eyrolles subissent aussi cette pression. De nombreux libraires fuit le groupe à cause du directeur de la librairie qui se comporte en véritable tyran, du manque de recrutement et de la surcharge de travail qui va avec. L'inspection du travail devrait effectivement regarder d'un peu plus près l'ensemble du groupe Eyrolles.

Brigitte

16/07/2024 à 12:15

Les Editions Eyrolles m'ont accompagnée en 2013 dans la rédaction, puis la publication d'un livre de la collection "Comprendre et agir"; une psychanalyste écrit pour éclairer un sujet précis de la vie affective et relationnelle en cherchant à le rendre accessible au lecteur lambda. J'ai énormément apprécié la qualité relationnelle qui s'était établie avec les éditrices qui m'accompagnaient alors. Depuis, je dois signaler un travail remarquable des attachées de presse qui continuent à faire vivre cet ouvrage, désormais publié en poche, en le recommandant, et du fait même me recommandant à des journalistes qui m'interviewent pour écrire sur le sujet. Plus de 10 ans après sa publication ce livre continue d'être soutenu sans relâche par son éditeur! Ça a le mérite d'être souligné! Je suis désolée de découvrir les difficultés relationnelles internes de cette grande maison, qui j'espère s'en relèvera!

NicolasP

16/07/2024 à 17:23

Bonjour Brigitte,

J'ai du mal à cerner l'intérêt de ce commentaire ?
Surtout que vous semblez parler de vous à la 3e personne ?
"une psychanalyste écrit pour éclairer un sujet précis de la vie affective et relationnelle en cherchant à le rendre accessible au lecteur lambda".

L'article ne parle pas du "gâteau" mais de la façon dont il a été conçu.

Est-ce que la manière de fabriquer ce gâteau doit avoir de l'importance pour juger de sa qualité gustative ?
Difficile d'en apprécier la saveur si l'on en sait que certains salariés se sont sentis mal (ou se sentent encore mal) pendant sa fabrication.
On peut adorer l'iPhone, si l'on sait qu'il a été fabriqué par des enfants, ça lui retire tous ses avantages/atouts (pour caricaturer évidemment).

Par ailleurs, votre livre semble tellement bien édité par cette "grande maison"... qu'il est en rupture de stock (https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/guerir-de-sa-mere-9782212564365/).

Libraire

30/07/2024 à 17:54

Le livre est tout à fait disponible.

Libraire qui sait aussi utiliser Electre

04/08/2024 à 15:04

Bonjour,

Après 3 semaines de trou de stock, oui. CQFD par rapport au commentaire précédent ?

Une.drh

16/07/2024 à 17:24

Article édifiant sur une maison qui a si longtemps eu une belle image. J'ai fait mes études avec beaucoup de leurs livres, et je trouvais formidable qu'une maison indépendante résiste aux grands groupes. Des salariés qui n'osent pas se présenter pour le cse, voilà qui devrait alerter l'inspection du travail, c'est typique des entreprises où il y a du harcèlement.
Il est temps que les lois sur le harcèlement au travail soient renforcées et appliquées strictement pour protéger les salariés et punir les responsables.

Marie-Antoinette

16/07/2024 à 18:42

Les salariés de cette entreprise font effectivement un travail formidable mais sachez-le, tous ceux qui le peuvent, fuient tant les conditions de travail et l’ambiance y sont déplorables. Quel gâchis… Eyrolles n’est plus une entreprise dans laquelle on souhaite s’investir ou évoluer. On y reste, en attendant de trouver mieux !

Cet article aura le mérite de faire savoir ce qu’il se trame vraiment dans ce grand bâtiment en briques du bd Saint-Germain mais les salariés savent déjà que cela ne changera pas leur situation. Pire, une chasse aux sorcières va commencer : qui a osé parler ? qui a osé porter atteinte à la Reine mère ?
Car oui, il y a comme un air de Cour de Versailles dans cette entreprise… Et si vous saviez comme cet article est en-deçà de la réalité… la violence du quotidien, il faut la vivre.
La DG balaie cet article d’un revers de la main, avec le mépris qu’on lui connait et selon elle, ce sont forcément des salariés aigris/ jaloux qui ont témoigné. Au secours !
Il faudrait qu’elle ouvre grands ses yeux : dans son entreprise, il y a juste des salariés qui en ont assez de se faire écraser, qui sont en colère d’apprendre que des collègues sont en burn-out, fatigués de travailler sans aucune reconnaissance salariale, dégoutés de voir leurs collègues partir un à un… Une grande remise en question est plus que nécessaire. Mais pour cela, il faudrait juste qu’elle ose sortir de sa tour d’ivoire.

Quiet cutting

17/07/2024 à 12:07

Ex salarié Eyrolles, j'y ai connu le quiet cutting dont parle un article de francetvinfo (avril 2024) "Quand des employeurs poussent des salariés à démissionner." Deux de mes collègues directs en ont pati dans mon service (moi non mais je n'avais que quatre ans d'ancienneté, ce sont les anciens qui sont visés). C'est indécent, il y a des outils pour ce séparer des salariés dont on ne veut plus: les ruptures conventionnelles, des licenciement si vraiment il y a des manquements. J'espère que la médecine du travail va pouvoir agir, l'inspection du travail aussi.

Quiet cutting

17/07/2024 à 14:21

En complément, voir l'article : https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/chomage/quand-des-employeurs-poussent-des-salaries-a-demissionner-quatre-questions-sur-le-quiet-cutting-le-licenciement-silencieux_6478640.html#xtor=CS2-765-[autres]-

Complément suite

17/07/2024 à 19:21

Article à mettre en parallèle de la loi travail de 2017, dont les ordonnances Macron peuvent encourager à se séparer des salariés avec ancienneté, puisqu'elles légalisent une indemnité minimum de 3 mois de salaire pour 15 ans ou plus d'ancienneté, dans le cas de licenciement abusif, sans causes réelles et sérieuses.
A savoir avant de quitter ou d'être écarté de son poste.
En complément, un article sur une autre loi concernant la médecine du travail, à rechercher dans les archives du Monde diplomatique, qui conclut également par la dégradation grave des états de santé constatés dans les cabinets médicaux en ville.

Complément suite suite

18/07/2024 à 14:52

Triste monde du travail où la violence s'exerce en toute impunité. On lit ici que les enquêtes, la médecine du travail furent sans effets. Il faut réagir, chacun, et solidaires, c'est la seule issue, ne pas lâcher. Surtout quand deux ou trois personnes seulement détruisent tout, une entreprise et les gens, les humains, la réputation, l'esprit. Comme chez Eyrolles (je suis dans un autre groupe, je comprends maintenant pourquoi on reçoit tellement de Cv de chez eux pour tous les services: les indépendants ne font pas mieux que les autres, mais sans l'excuse de la pression: choix de management interne, gratuit, c'est lamentable )
https://www.lemonde.fr/emploi/article/2024/07/18/surtout-ne-fermez-pas-la-porte-en-sortant-un-ouvrage-pour-denoncer-les-violences-manageriales_6251944_1698637.html

Tic Tac 💣

18/07/2024 à 00:08

Un article fort intéressant qui reflète bien l'histoire et la chute de cette maison paternaliste et dite à l'écoute du personnel.
Les problèmes étaient déjà là, la COVID les a renforcés et depuis le départ en retraite, il y a seulement un an et demi, de son PDG, Serge Eyrolles, tout s'est accéléré...
La défiance, le mépris, le manque de reconnaissance et la souffrance se sont installés, la voici la triste réalité aujourd'hui.... et tout ça à l'initiative d'une DRH qui pense que l'entreprise lui appartient et susurre "ses conseils" néfastes à l'oreille d'une direction qui est peu sûre d'elle.
L'article reste bien gentil et factuel mais l'important est que le monde de l'édition est petit et que lorsque les langues se délient cela peut faire des dégâts..
Pour les futurs nouveaux qui seraient tentés par l'aventure, réfléchissez-y à deux fois !
Certains sont venus, ont quitté un cdi et aujourd'hui n'ont plus rien...
Allez haut les cœurs, la mission du moment : on redore l'image en inondant les réseaux avec le port de la flamme olympique et on offre un bon petit déjeuner aux petits soldats restants pour oublier tout ça !

Cathcath

18/07/2024 à 16:53

Quelle ironie, le groupe se lancerait dans le feel good ? un peu contradictoire...
Ce n'est pas ce qu'on attend de cette grande maison qui fait du sérieux bien documenté depuis sin longtemps.

JP

19/07/2024 à 22:30

Un immense gâchis, voilà ce que décrit cet article, qui reste en-deçà de la réalité.
Pour connaître la situation de l’intérieur : des salariés compétents et passionnés qui partent, écœurés, ou restent la boule au ventre ; la sensation de devoir en permanence faire son travail et s’investir malgré les bâtons dans les roues mis par la direction ; le refus quasi pathologique du télétravail à une époque où la plupart des entreprises ont franchi le cap depuis 3 ou 4 ans… mais aussi et surtout le déni des problèmes internes malgré un turnover de 30%.
Malgré les enquêtes, les alertes de la médecine du travail, les chiffres éloquents, la direction trouve toujours une bonne explication qui ne la met surtout pas en cause.
Cette situation est incompréhensible.
Pour une entreprise qui se vante de publier d’excellents livres de management, quelle ironie d’être autant à côté de la plaque, toujours à contre-courant du progrès ou même du bons sens le plus évident.
Et surtout, quelle absurdité de la part de la direction de ne pas vouloir simplement faire son job, affronter les problèmes et la crise pour pouvoir continuer dans une ambiance saine. Les salariés de cette entreprise méritent confiance et reconnaissance, continuer à les mépriser et les maltraiter c’est se tirer une balle dans le pied…

Dina est en colère...

20/07/2024 à 16:50

Merci Actualitté pour cet article qui met en lumière ce mal-être qui ronge les employés d’Eyrolles depuis plusieurs années, et qui est difficile à comprendre pour l’extérieur.

Oh bien sûr, cela ne changera sans doute rien à la situation (plutôt que de se remettre en cause, la direction cherche plutôt à savoir qui sont les moutons noirs qui ont osé parler à la presse et « achète » les nouveaux arrivants à coup de « petits déjeuners Ricoré »), mais il est important de voir cette souffrance reconnue.

Les dysfonctionnements et le management toxique étaient latents depuis une dizaine d’années, mais la crise du Covid a effectivement été un vrai point de bascule, qui semble avoir donné un pouvoir immense à la DRH, même sur des questions n’étant pas de son ressort. En attendant, la terreur règne et pas un seul employé (sur plus de 150) n’a osé se porter candidat au CSE… Pas étonnant quand on voit comment a été traité le précédent bureau, qui aurait, aux yeux de la direction, dû se contenter d’être un comité des fêtes !

Depuis deux ans, les burn-outs et arrêts maladies longs se succèdent, les démissions s’enchaînent. Comme beaucoup l’ont déjà dit, c’est un véritable gâchis : Eyrolles, longtemps connu des libraires et lecteurs pour son sérieux, ses sujets précurseurs et sa créativité perd peu à peu son identité et sa belle image au fil des départs des uns et des autres.

Merci donc à Actualitté d’avoir un peu permis aux langues de se délier… et en attendant, transmettons toute notre compassion aux employés en souffrance et à ceux qui se battent encore pour publier de la qualité au milieu du énième oracle fumeux ou de la dernière méthode à la mode d’une influenceuse-bien-être-DP...




BookShop

20/07/2024 à 18:08

"La sécurité psychologique et la qualité relationnelle sont des enjeux clés de l'efficacité des individus et de la performance collective."
C'est écrit sur le dos du livre "créer un climat relationnel sécurisant au travail", publié... par Eyrolles !
Relationnel. Securisant....
Ils les lisent leurs livres tous ces grands managers ?
https://amzn.eu/d/003a0C1z Créer un climat relationnel sécurisant au travail: 10 situations et 41 outils pour mieux travailler ensemble

Para bellum

23/07/2024 à 12:41

Merci à la rédaction d’avoir entrepris ce panorama très attendu.
Si cet article est plutôt en deçà de la réalité, il a le mérite d’exister et de pointer les principaux dysfonctionnements.
C’est un premier pas.
La possibilité de commenter cet article, dont se sont d’ailleurs saisis de nombreux salariés et anciens salariés, permet de l’étayer par des exemples.

Chez Eyrolles, il règne une atmosphère de suspicion : ni la directrice générale ni la directrice du personnel ne font confiance aux salariés. La crise du Covid a exacerbé cette tendance de fond. Le recours au chômage partiel durant cette période a choqué beaucoup de collaborateurs (était-il justifié par la situation économique de l’entreprise ? Pas sûr) ; chômage partiel qui a pris en réalité les atours d’un surinvestissement exceptionnel de tous les salariés en télétravail. Tous ont travaillé d’arrache-pied pour surmonter la crise en innovant dans leurs pratiques, en redoublant d’imagination pour ajuster les parutions et en maintenant le lien si précieux avec les auteurs. Mais ces efforts n’ont jamais été reconnus. Au retour « en présentiel », il régnait un climat lourd de sous-entendus ; et l’idée selon laquelle certains « en avaient bien profité [du télétravail] » s’est durablement instillée... Comble de la suspicion : tous les éditeurs ont été convoqués par la direction et sommés de présenter leur programme de parution, une manière détournée de vérifier qu’ils n’avaient pas enfilé de perles pendant le confinement…
Cela a été douloureusement vécu par celles et ceux qui en ont fait l’expérience.
Quant aux salaires, la situation n’est pas brillante. C’est un euphémisme. Les compétences, pourtant remarquables au sein des effectifs ne sont pas reconnues à leur juste valeur. Les demandes d’augmentation se soldent, au mieux, par un refus, au pire par une forme de mépris, car « [les salariés] ne ne devraient-ils pas déjà s’estimer heureux de travailler dans le cinquième arrondissement » ?
Enfin, le management y est erratique : secteurs éditoriaux aux contours flous, ce qui encourage la concurrence entre les éditeurs, directives labiles, conflits étouffés… Lorsqu’un problème avec un manager ou un collègue survient, inutile d’aller en parler à la directrice du personnel, car aller la voir serait s’exposer à sa mauvaise humeur chronique, ce qui, quand on va mal, pourrait amplifier la douleur voire s’apparenter à une forme de masochisme.
Le fait qu’en dépit d’un climat délétère, la plupart des salariés gardent leur professionnalisme et continuent inlassablement à bien faire leur travail est fascinant.

Deslivresetvous

23/07/2024 à 13:43

Pour l'avoir vécu, c'est très bien résumé ! La "mauvaise humeur" de la DRH est un doux euphémisme.

Doc Valentin

23/07/2024 à 13:55

Delbor je tombe sur le fil avec les commentaires et tout, là je recommande une méga dose de vacances à tout ce joli monde ça sent le stress et la nervosité à tous étages... plus la fatigue électorale cette année c'est le pompon côté braquage caractériel... dans mes consultations, j'invite mes patients à se casser vers Nice, chaleur, eau tempérée, huile d'olive, jolies filles, reboostage garanti les amis !!

Xhi Raf

09/08/2024 à 23:25

Ce n'est pas avec les salaires d'Eyrolles qu'on va pouvoir se barrer sur la Côte d'Azur 😁

Xhi Raf

09/08/2024 à 23:56

Je vois que depuis mon départ il y a 10 ans où toute cette ambiance délétère était en train de se mettre en place, la direction d'Eyrolles ne s'est toujours pas décidée à lire ses propres bouquins. En pleine dissonance cognitive, puisqu'elle publie des auteurs à la pointe du management tout en méprisant profondément leurs écrits...
J'ai connu la transition dans la direction puisque l'une des dernières recrues d'un directeur d'édition digne de ce nom, malheureusement décédé très rapidement après. J'ai vécu toute la mise en place de ce système sans âme et pu constater la dégradation de l'ambiance en quelques années seulement. Les livres sont traités comme des sacs à main (le travail d'une de mes auteures avait même été comparé devant elle à un sac Vuitton par notre directrice, qui semblait en effet plus préoccupée par l'apparence de ses éditeur•ices que par le contenu des livres). Les employés comme des fainéants toujours en train de se plaindre : "m'enfin avec tout ce chômage dehors, ils devraient être bien contents déjà d'avoir un travail !" (sic)
J'ai fait partie d'une longue première vague de départs déjà symptomatique du malaise de ce changement de système, étant arrivée dans une maison où tout le monde acceptait un revenu médiocre en échange d'une certaine liberté et d'une bonne ambiance, qui ont fini par se perdre en route : suspicion, blocage pathologique sur les retards et le télétravail (en 2024, on aura tout vu), pressions sur le CSE, j'imagine très bien le tableau...
Dommage, moi qui étais contente de travailler pour un groupe français indépendant en sortant de la machine infernale Editis, quelle déception...
J'y ai malgré tout passé de très bonnes années où j'ai énormément appris grâce à l'entourage de collègues passionnés, bienveillants et désireux de transmettre... Je les en remercie encore et je regrette d'apprendre le départ de certains d'entre eux (j'espère juste qu'ils trouveront bien mieux ailleurs). Je souhaite bon courage à celles et ceux qui sont restés et qui y croient encore un peu. Espérons surtout que la pression change de camp ✊🏼 et que la direction finisse par ouvrir les yeux pour affronter le problème en face. Ça vaut bien un ou deux sacs Vuitton 😁

Au pays de Candy

20/08/2024 à 19:33

Avec un bédo ou 5 g d'hero ? 😉 Ah, mais c'est bien connu, Dr, "Vacances, j'oublie tout". 🤣🤣🤣 Mais alors comment expliquer le stress de la DRH à l'approche des ponts de mai ? 🤔
Sinon faudrait peut-être songer à relire le serment d'Hippocrate, car nier ainsi les souffrances des collaborateurs des différents services de cette entreprise frôle la non-assistance à personne en danger : "Mon premier souci sera [...] de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité." Le respect des personnes ne semble malheureusement pas faire partie des valeurs de cette entreprise... A bon entendeur...

Représentant commercial

24/07/2024 à 19:18

La filiale des éditions se vide chez Eyrolles mais on en parle de la diffusion ? Au siège c'est le service commercial qui a le plus de turn over depuis longtemps avant la Covid. C'est les mêmes dirigeants depuis plus que dix ans. Il y a des pressions, des représailles quand on parle en séminaire. Il n'y a pas que l'édition ! La diffusion c'est moins important pour qu'on n'en parle presque pas dans l'article ? Les gens comptent moins ?

Répresentant

28/07/2024 à 10:14

Il ne faut surtout pas toucher aux membres de la direction commerciale qui sont au top depuis une décennie. Ils assurent le succès de la filiale diffusion.

Mayday

25/07/2024 à 16:10

Cet article est loin en effet de rendre compte de la violence que subissent les salariés d’Eyrolles, quels que soient les services (fabrication, commercial, éditorial, librairie, ressources humaines…), et de la souffrance au travail des équipes en place. La plupart des salariés qui restent sont si affaiblis par le management toxique et par la culture de la désorganisation, qu’ils pensent ne pas pouvoir partir. D’autres sont sous antidépresseurs, d’autres encore s’enferment aux toilettes pour craquer. La directrice du personnel vous rétorquera que ces personnes sont fragiles, ou ont des « problèmes personnels ».
Pourtant, comme le souligne cet article, une alerte sur les risques psychosociaux a bien été émise par la médecine du travail, une alerte de niveau 3, donc grave. Il nous en a coûté à tous de nous exprimer librement auprès des auditeurs mandatés par la direction. Pourtant, nous n’avons à ce jour toujours aucun retour de l’audit RPS dont les résultats auraient été rendus en mars. Il semble donc que la médecine du travail soit impuissante.
Nous avons assisté ces dernières années à une véritable fuite des talents comme le mentionne l’article, qui s’apparente à un énorme gâchis, ou à un auto-sabotage. Comment expliquer sinon que la maison se sépare de femmes et d’hommes brillants, passionnés, investis, efficaces, experts dans leurs domaines respectifs (à la fabrication, au service informatique, à l’éditorial, au commercial…), dévoués et prêts à mettre leur intelligence au service de l’entreprise ?
L’article a le mérite de signaler le binôme problématique que forment la DG et la DRH. Mais je m’interroge personnellement sur la responsabilité de Serge Eyrolles, le patron de cette illustre maison, à qui des salariés démissionnaires ont à plusieurs reprises remonté la souffrance des salariés et les agissements de la DRH en particulier. Je m’interroge aussi sur la complicité passive des auteurs, en particulier de ceux qui ont fait de la bienveillance ou du développement personnel leur business. Comment continuer à publier dans une maison qui maltraite ses salariés ? Pour le vivre de l’intérieur, la direction n’a pas plus d’estime pour ses collaborateurs que pour ses auteurs. Et beaucoup d'entre eux pourraient en témoigner.
Revenons à notre binôme problématique. Même si elle ne connaissait pas l’édition à son arrivée, comment expliquer que la DG ne sache toujours pas bien ce que fait une assistante d’édition par exemple, et en quoi elle n’est pas équivalente à une fabricante ou à une hôtesse d’accueil ? Il semble pourtant qu’à ses yeux les compétences soient interchangeables. Nous sommes en droit de nous demander : est-ce de l’incompétence ? du désintérêt ? du mépris ? De la légèreté sans doute chez une DG plus préoccupée de repeindre dans un joli rouge les extincteurs des locaux que de rémunérer les salariés à leur juste valeur. Quand à la DRH, de l’avis général, elle exerce avec zèle les fonctions de directrice de la paye, prompte à interpréter les règles du droit ou la convention collective en la défaveur des salariés, à vérifier les heures d’arrivée des uns et des autres. Une pointeuse à reconnaissance faciale est d’ailleurs un passage obligé chaque jour pour tous les salariés. Pas de politique de formation. Pas d’accompagnement des talents. Pas de politique salariale. Pas de possibilité d’évolution. Pas de connaissance des métiers ni de reconnaissance des compétences.
Ah mais si ! Nous sommes invités chaque année pour un déjeuner dans la belle maison de Serge Eyrolles à Cachan, où on nous redit que nous sommes une grande famille, et qu’il faut se serrer les coudes. De quoi vous remplir les yeux d’étoiles et vous faire revenir au travail reboosté de gratitude.
Personnellement, cela me fait du bien de lire les commentaires au bas de cet article. Je constate que malgré la peur, beaucoup osent parler. Les salariés d’Eyrolles ont une grande force, en plus d’être compétents et passionnés, ils sont solidaires ! Courage à tous !

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Éditions de Minuit : anatomie d’un mythe discret à l’ère des algorithmes

Que dit le web d’un éditeur lorsqu’on cesse de parler sur lui pour observer ce qui se dit autour de lui ? À l’heure où la critique littéraire se fragmente entre médias prescripteurs, plateformes numériques, blogs spécialisés et réseaux sociaux, l’image d’une maison d’édition ne se construit plus seulement dans ses catalogues ou ses manifestes, mais dans un écosystème discursif diffus, cumulatif, parfois contradictoire. Les Éditions de Minuit, réputées pour leur discrétion autant que pour leur exigence, offrent à cet égard un terrain d’observation singulier.

12/12/2025, 11:40

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Transgression au féminin : de Rim Battal à Mririda N’Aït Attik

Paris. Vendredi, 4 décembre 2025. Rim Battal présente à Montmartre, son roman, Je me regarderai dans les yeux, éditions Bayard. La narratrice, dix-sept ans, dénonce, dès la première phrase, avec des mots crus, le chantage à la virginité. « Cela n’a pas duré plus de cinq minutes, mais, j’eus l’impression de passer une journée entière, les jambes écartées, nues, sur cette table d’examen médical ». Par Mustapha Saha.

10/12/2025, 19:11

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Imaginer des mondes que la science finit par construire : l’incroyable pouvoir des néologismes

D’où viennent les mots qui façonnent notre imaginaire technologique ? Des laboratoires, des auteurs de science-fiction… ou d’un espace trouble entre les deux ? Le mémoire Néologismes, entre fiction et réalité explore précisément cette zone de frottement où se rencontrent écrivains visionnaires et ingénieurs bien réels. Une question traverse ces pages comme un fil rouge : comment les néologismes circulent-ils entre inventions fictives et réelles, jusqu’à parfois se répondre, se nourrir, se transformer ?

08/12/2025, 10:50

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3 € pour lire : mythes et réalités d’une “taxe sur la lecture”, sur fond de crise du livre

Enquête et contre-enquête... La tribune d'Amazon incriminant les frais de port obligatoires détaille un constat alarmiste : depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos, les lecteurs paieraient 3 € à chaque commande inférieure à 35 €, une « taxe sur la lecture », affirme Amazon France qui aurait déjà coûté plus de 100 millions d’euros aux lecteurs. Mais le discours du directeur général mérite d’être nuancé — voire contesté — à plusieurs égards.

08/12/2025, 06:30

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Derrière Les Humanoïdes associés, la mystérieuse galaxie Giger

La dégringolade des Humanoïdes associés et du groupe américain Humanoids a choqué les milieux de la bande dessinée et de la science-fiction. Cependant, ces liquidations successives ne semblent pas remettre en question l’activité éditoriale de la structure, entre un calendrier de nouvelles parutions et le maintien de Métal hurlant en kiosques. La conséquence d’un montage économique et financier basé sur une foisonnante galaxie d’entreprises…

05/12/2025, 15:18

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Henri Fellner : “On a passé toute notre vie dans un écosystème dysfonctionnel, illégal”

Lorsqu’Henri Fellner raconte son premier jour à l’AGESSA, pour préparer sa retraite, il est presque soulagé de « faire les choses dans les règles ». Il vient d’entrer dans le monde professionnel par la grande porte : des collaborations avec Bayard, des dessins publiés dans des journaux sérieux, un environnement éditorial structuré. Bref, le scénario idéal pour un artiste de bonne volonté. Pourtant, la scène qui se déroule ce jour-là est d’une absurdité glaçante.

05/12/2025, 10:38

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Les Humanoïdes associés : récit d'un crash intergalactique et transatlantique

En matière de BD et de science-fiction, difficile de faire plus mythique que Les Humanoïdes associés, maison d'édition fondée en 1974 par Moebius, Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Portée par le vaisseau Métal hurlant, revue qui a influencé des générations de créateurs, elle a connu une existence mouvementée, faite de succès historiques et d'échecs tout aussi retentissants. Le dernier en date, en 2025, a tout emporté sur son passage.

01/12/2025, 12:25

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Artaud dans le désert algérien : ce que Zemmour ne comprendra jamais

Cette année-là, tout s’est mis à trembler. L’Europe se crispe comme une bête acculée. L’Allemagne d’Adolphe Hitler transforme la haine en ministère, et en France, le 6 février manque de renverser la République. Les ligues d’extrême droite déferlent sur la Concorde, veulent déborder la Chambre, les tirs claquent : quinze morts, des centaines de blessés. Le pays comprend soudain que le coup d’État n’est plus un fantasme, mais un film déjà storyboardé, presque tourné. Par Ilios Chailly.

28/11/2025, 19:05

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“Sans surmonter ces griefs historiques, aucun dialogue significatif ne peut s’épanouir”

Dans son essai, Zuhair Tawfiq explore la manière dont les stéréotypes se construisent entre Orient et Occident. À travers cette réflexion, il questionne le rôle de l’écrivain dans la déconstruction des idées reçues et des représentations de l’Autre. Lauréat du Sheikh Zayed Book Award 2026 dans la catégorie « Critique littéraire et artistique » pour Perceiving the World: Mutual Stereotypes Between the Self and the Other, il répond aux questions d’ActuaLitté.

16/06/2026, 10:53

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Climat : pourquoi “la lassitude peut vite devenir indifférence”

L’information climatique circule davantage, alerte plus souvent et documente mieux l’ampleur du dérèglement en cours. Pourtant, l’accumulation des faits déclenche parfois l’angoisse, la lassitude ou le repli, au lieu de nourrir l’action. Pour dépasser cette impasse, le monde du livre dispose d’un rôle singulier : faire entendre d’autres récits, d’autres voix, et transformer la prise de conscience en mouvement collectif. Fanny Audibert publie chez Oxus Sortir du déni climatique, entrer en action.

15/06/2026, 13:03

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La librairie indépendante peut-elle rester indépendante si son modèle s’épuise ?

ANALYSE – La question de l’indépendance des commerces du livre se déplace. Au-delà du statut juridique ou du choix éditorial, elle engage désormais la viabilité économique, la fatigue des équipes, l’écologie du livre et les conditions concrètes d’un métier sous tension. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, aborde le sujet frontalement.

15/06/2026, 12:30

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De DSK à Patrick Bruel : violences sexuelles et impunité des puissants

Dans cette tribune, l’essayiste Nasser interroge, à partir de l’affaire Patrick Bruel et d’autres figures publiques mises en cause, la tension entre parole des victimes, présomption d’innocence, prescription judiciaire et responsabilités médiatiques. Un texte d’opinion, polémique et engagé, sur l’impunité supposée des puissants face aux violences sexuelles.

13/06/2026, 08:33

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“Traduire un texte vieux de plusieurs siècles est un véritable défi”

L’œuvre de Nawal Nasrallah navigue sur de multiples aspects : le patrimoine culinaire d’Al-Andalus et du Maghreb, l’histoire matérielle, la traduction savante et les circulations méditerranéennes constituent autant d’atouts. Elle travaille sur l’histoire et la culture de la cuisine arabe à travers les siècles, avec un intérêt particulier pour les textes culinaires médiévaux. Lauréate du Sheikh Zayed Book Award 2026 catégorie Traduction, elle répond à ActuaLitté.

13/06/2026, 07:00

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“Lancer un livre, c’est créer un moment ; l'installer, c’est construire une durée”

ANALYSE – Surproduction, encore et toujours, l'éternelle problématique de l'industrie du livre. Trop de livres, peut-être, probablement – assurément ? Ou bien, pas assez de temps pour que chaque ouvrage vive sa vie dans les points de vente ? Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, propose une autre lecture.

13/06/2026, 06:00

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Hachette au Sénat : Jean-Yves Mollier dénonce une ombre vieille de 80 ans

Entre les combats parlementaires autour de la loi Bichet, en 1947, et le récent rejet au Sénat, d’un amendement visant à renforcer le lien de confiance entre auteurs et éditeurs, l'historien Jean-Yves Mollier établit un fameux parallèle. Dans une tribune communiquée à ActuaLitté, il y voit la persistance d’une influence d’Hachette sur la fabrique de la loi, et interroge les effets démocratiques de la concentration éditoriale et médiatique.

12/06/2026, 11:51

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Avec AI Overviews, Google régurgitera du conseil pour choisir vos lectures (à votre place)

Avec l'arrivée prochaine des AI Overviews, Google ne se contente plus de classer le web : il répond à sa place. Pour le livre, l’enjeu dépasse le référencement : critiques, libraires, bibliothèques et blogs nourriront une synthèse qui garde le lecteur captif, sans clic ni détour. Une promesse de confort, donc, mais aussi une confiscation très méthodique de la médiation littéraire. On se poserait presque des questions.

12/06/2026, 06:00

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“Se montrer ou disparaître !” : quand l’hyper-visibilité tue l’imaginaire

Jadis, l’écrivain hantait les cafés, les chambres closes et les marges de ses manuscrits. Le voici sommé d’occuper aussi les stories, les plateaux, les selfies et les vignettes promotionnelles. Dans un monde où l’absence frôle la faute professionnelle, l'écrivain-pirate François Belley interroge la dernière provocation possible pour un auteur : garder le silence, cultiver l’ombre et laisser l’œuvre parler avant le visage. Ou comment arrêter de bronzer avec son iPhone.

11/06/2026, 12:07

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“La librairie a besoin d'une aide urgente et massive” (Syndicat de la Librairie française)

Un certain sentiment d'urgence dominait les Rencontres nationales de la librairie, à Rennes, ces 7 et 8 juin. La situation économique des commerces indépendants est en effet préoccupante, d'autant plus que les perspectives ne sont pas engageantes et que l'action publique manque de moyens... Alexandra Charroin-Spangenberg, cogérante de la Librairie de Paris (Saint-Étienne) et présidente du Syndicat de la Librairie française, et Guillaume Husson, délégué général de l'organisation, reviennent pour ActuaLitté sur les sujets du moment.

10/06/2026, 14:53

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“La poésie arabe exprime des expériences humaines universelles”

Traducteur d’Adonis, Mahmoud Darwich et Ibn Arabi, Stefan Weidner fait dialoguer depuis Cologne les cultures arabe et européenne. Lauréat 2026 du Sheikh Zayed Book Award pour Der arabische Diwan, anthologie de poésie préislamique ouverte à des voix féminines rarement traduites, il revient sur son œuvre, sa lecture de la poésie arabe et les enjeux du dialogue entre les cultures. Dans cette interview, il répond à ActuaLitté.

10/06/2026, 10:48

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Affaire Grasset : Laure Darcos et Sylvie Robert avancent une “clause de confiance”

Elles forment un tandem sénatorial très actif sur les questions culturelles, et plus particulièrement les sujets relatifs au livre. Laure Darcos, sénatrice de l'Essonne (Les Indépendants - République et Territoires) et Sylvie Robert, sénatrice d'Ille-et-Vilaine (Socialiste, Écologiste et Républicain) et vice-présidente du Sénat, évoquent leur proposition de loi sur le contrat d'édition, la lutte contre la concentration du secteur, et dressent aussi un premier bilan du sort réservé à la culture sous les mandats d'Emmanuel Macron.

09/06/2026, 16:20

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“La loi Lang ne suffit plus : il est temps de se structurer”

Restructurer et innover dans la filière. Face à la financiarisation de l’édition, à l’affaiblissement des soutiens publics et aux bouleversements technologiques, l’édition indépendante cherche désormais moins à survivre seule qu’à se structurer collectivement. Entre la FEDEI et OPlibris, une même ambition se dessine : défendre la matérialité du livre, sans renoncer à penser les outils de demain.

09/06/2026, 16:16

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“Rimbaud nous demande justement de repenser ce qu’est la modernité”

Avec son Découvrir Rimbaud aux Éditions sociales, Alix Stéphan relit le poète à travers l’histoire, la révolution et les lignes politiques de son œuvre. De l’opacité des textes aux héritages décoloniaux, du refus du travail aux rapports de domination, elle défend une lecture située de Rimbaud, attentive au contexte sans épuiser le mystère des poèmes. Propos recueillis par Vivian Petit.

09/06/2026, 12:28

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La Goutte créative : une maison indépendante mise sur le livre vivant

Fondée par Charlotte Cruz et Chilly Charly, La Goutte Créative rejoint le réseau de diffusion et de distribution de DG Diffusion. La jeune maison indépendante défend un catalogue à la croisée des sagesses du monde, de l’imaginaire, de la transmission et du développement personnel. Charlotte Cruz y voit surtout un moyen d’élargir la portée d’un projet éditorial fondé sur l’éthique, l’écologie et le lien direct avec les lecteurs.

08/06/2026, 17:01

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Mineurs, nudité, algorithmes : Apple et Google sommés de protéger l'enfance

Lors de la London Tech Week, le Premier ministre du Royaume-Uni a sommé les entreprises technologiques de bloquer, sur les appareils utilisés par des mineurs, l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites. Derrière l’urgence de protection, les livres déplacent le débat : consentement, honte, cyberviolence, économie de l’image, surveillance et responsabilité des adultes.

08/06/2026, 14:36

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Une taxe pour aider l'édition : le blanc-sain très sélectif du SNE

Le Syndicat national de l’édition n’a rien contre les prélèvements. Il a simplement ses pudeurs. Quand l’argent remonte vers les auteurs et les éditeurs, le vocabulaire se fait noble : rémunération, compensation, gestion collective, partage de la valeur. Quand il risque de redescendre vers les librairies indépendantes, les éditeurs fragiles ou les auteurs, le ton change. Le même geste devient un « réflexe » qui ne serait « pas forcément sain ». Mais alors, à quel sain se vouer ?

08/06/2026, 12:28

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“Paris, place forte du commerce des droits internationaux”

Quatre ans après son lancement, le Paris Book Market s’impose comme un rendez-vous majeur du commerce international des droits. Pierre Astier et Laure Pécher saluent ce succès dans un texte adressé à ActuaLitté... Tout en appelant à ouvrir plus largement l’événement aux agents, scouts et professionnels étrangers qui gravitent déjà autour de la place parisienne.

08/06/2026, 11:47

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Hiro Mashima à l’honneur : Amiens célèbre les 20 ans de Fairy Tail

Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.

 

07/06/2026, 19:26

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“Je suis plus français que toi, parce que moi, j’ai choisi” : dans les allées de Passeurs de Livres

Au festival Passeurs de Livres, il y a les grands rendez-vous annoncés, les conférences, les auteurs attendus, les maisons mises à l’honneur. Et puis il y a les allées. Les tables serrées sous le chapiteau, les livres empilés, les affiches accrochées aux grilles, les auteurs qui se lèvent pour présenter un roman, un témoignage, une vie. C’est là aussi que se raconte une partie de cette édition 2026, consacrée aux « Difficiles libertés ».

07/06/2026, 09:30

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Emil Ferris : les monstres ont pris leurs quartiers à Amiens

Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.

06/06/2026, 19:46

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Richard Sebag et Patrick Aurignac, anciens du grand banditisme, se racontent

Deux anciens détenus témoignent qu’une autre vie reste possible, même après les foyers, les braquages, les centrales, les années de prison et les retours presque impossibles. Au festival Passeurs de Livres, à Alès, Richard Sebag et Patrick Aurignac présentent chacun un récit autobiographique : Quelques lumières sur le chemin pour le premier, Mes chemins de travers pour le second, tous deux publiés par la maison nîmoise Nombre7. Ils parlent sans fard de leurs parcours, de leurs erreurs, de la violence, mais aussi des mains tendues qui ont permis la sortie.

06/06/2026, 13:00

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Tom Gauld à Amiens : les bibliothécaires n’ont pas dit leur dernier mot

À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.

05/06/2026, 18:41

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Le livre survivra-t-il à l’économie de l’instant ?

Guilhem Méric, auteur de romans de l’imaginaire, analyse les difficultés croissantes du monde du livre. Entre baisse des ventes, concurrence des écrans et transformation des usages culturels, il alerte sur une crise de l’attention qui touche aujourd’hui toute la chaîne de l’édition.

05/06/2026, 16:57

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Mickey à Amiens : la souris de Walt Disney sort de sa boîte

À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.

05/06/2026, 15:32

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Pompier volontaire, autrice, éditrice : l’incroyable trajectoire de Fanny Destenay

Il y a des parcours qui avancent par bifurcations successives, mais toujours dans la même direction. Chez Fanny Destenay, l’énergie frappe d’abord : ancienne professionnelle de l’hôtellerie, passée, entre autres, par les pompiers volontaires, puis par la politique, l’écriture, les réseaux sociaux, les livres jeunesse et désormais l’édition, elle donne l’impression de transformer chaque expérience en terrain d’action.

05/06/2026, 15:10

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“Les Grecs et les Romains nous apprennent l’esprit critique”

Marraine de la 5e édition de Passeurs de Livres, à Alès, Laure de Chantal y revient avec un attachement particulier. Normalienne, agrégée de lettres classiques, directrice de plusieurs collections aux Belles Lettres, autrice de nombreux ouvrages sur l’Antiquité, la mythologie et la langue française, elle voit dans ce festival un lieu où se rejoignent deux fidélités : les livres et les Cévennes.

04/06/2026, 18:11

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Librairie indépendante : derrière le récit héroïque, une brutale réalité économique

En 2024, David Piovesan proposait une analyse des Rencontres nationales de la librairie, qui s'étaient déroulées à Strasbourg : désormais, le marché de la librairie se relit sous un jour plus politique. Les libraires ont bâti un récit collectif puissant face aux plateformes. Reste une épreuve plus rude : convertir cette identité professionnelle en modèle économique durable.

04/06/2026, 16:55

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Passeurs de Livres : le pari des sciences humaines au cœur des Cévennes

Jeudi 4 juin au matin, avenue Carnot, le festival n’a pas encore ouvert officiellement au public. Les stands achèvent de se monter, certains exposants prennent leurs marques, l’équipe règle les derniers détails techniques - jusqu’à ce compteur de visiteurs qu’il faut encore retrouver pour suivre au plus juste la fréquentation du salon. Malgré l’effervescence des derniers préparatifs, Franck Belloir, directeur du festival Passeurs de Livres, a pris le temps de nous répondre.

04/06/2026, 16:30

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L'union fera-t-elle la force des librairies indépendantes ?

La vente en ligne a changé d’échelle. Pour rester visibles, les librairies indépendantes doivent-

elles construire une puissance collective ? Renny Aupetit, propriétaire de la librairie Le Comptoir des Lettres (Paris, 5e), pose la question.

04/06/2026, 11:47

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Face aux grands groupes, l’édition indépendante n’a plus le luxe de jouer seule

La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.

02/06/2026, 17:37

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Darwin et les bas-bleus : entretien avec Françoise Lavocat

Paru en mai 2026 aux éditions Station Zapata, Darwin et les bas-bleus, de Françoise Lavocat, nous plonge dans le monde politique et littéraire de la première moitié du XIXe siècle.

02/06/2026, 15:44

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Le livre se meurt, lancez-le plus fort

Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.

02/06/2026, 12:24

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Rochefort et les tristesses de l’enfance de Pierre Loti

Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.

02/06/2026, 11:10

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“Je ne regrette aucun message” : Tommaso Debenedetti, 15 ans à inventer la mort d'écrivains

Il affirme être Tommaso Debenedetti, faussaire médiatique passé des fausses interviews littéraires aux fausses annonces de décès d’écrivains. Dans cet entretien (réalisé par email), où l’identité même de l’interlocuteur impose une prudente réserve, il revendique ses canulars comme une enquête permanente sur la crédulité des médias, l’autorité des institutions et la puissance émotionnelle de la mort à l’ère des réseaux sociaux.

02/06/2026, 10:39

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Le “don” en voyance : de quoi parle-t-on vraiment ?

Malgré une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux ou dans les médias, le sujet de la voyance reste encore tabou. Toutefois, je peux accorder aux sceptiques que leur méfiance n’est pas toujours sans objet, car tout dépend de quel type de voyance on parle. Il règne effectivement une grande confusion dans ce monde mystérieux et inquiétant, mais, cependant, très attirant de la voyance. Alors vous êtes en droit de vous demander : illusion, arnaque ou don réel ? Par Sabrina Depraz, autrice de La voyance : mode d'emploi.

02/06/2026, 06:25