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Masque sous le nez, Plume dans le postérieur : Saint-Germain des Près a encore frappé

Depuis 1955 que l’émission littéraire hebdomadaire critique les univers culturels — cinéma, théâtre ou livres — on pourrait s’attendre à un minimum de connaissances économiques sur ces secteurs. Pourtant, Le Masque et la plume, que Jérôme Garcin présente depuis plus de 30 ans, démontre que le germanopratisme a de beaux jours devant lui. Comprendre : quand les chroniqueurs s’en prennent sévèrement à Virginie Grimaldi, on touche le fond du fond radiophonique. 

Le 01/09/2021 à 12:50 par Nicolas Gary

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Publié le :

01/09/2021 à 12:50

Nicolas Gary

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Publié en juin dernier, Les possibles a donc attiré l’attention des zélés chroniqueurs du Masque, ce 17 août. Et la prévisible diatribe, après tout c’est un peu le principe de l’émission, un jeu de massacre censé être drôle, n’aura pas déçu : le Masque n’a aimé ni le livre ni l’autrice. Un comble ? Plus que ça : la démonstration qu’autour de la table, aucun des commentateurs n’a conscience que sans les ouvrages de Virginie Grimaldi et des autres auteurs à succès, nombreux sont les livres qui ne verraient pas le jour.

Depuis ses premières armes dans l’édition, avec Le premier jour du reste de ma vie (City, janvier 2015), la romancière a vendu 3,176 millions d’exemplaires, toutes éditions confondues (les versions numériques ne sont pas comptabilisées). Soit un montant avoisinant les 30,4 millions €. En 2020, elle figurait en deuxième place du classement des dix best-sellers français, où on la retrouve depuis 2018. Et gageons qu’elle récidivera en 2021.

“Un écrivain a le devoir de méchanceté”

La citation de Philippe Caubère dit tout. Sur cette même période passée en revue, Jérôme Garcin a vendu 265 .602 exemplaires, soit 3,959 millions € indique notre partenaire Edistat, sur une quinzaine d’éditions (poches et grands formats). Honorable, certes, mais pas de quoi jouer dans la cour des poids lourds. À l’antenne, chroniquant le livre de Grimaldi, il assure que « [l]es bras m’en tombent. Le livre aussi, un peu », en découvrant que l’autrice de Les possibles est la romancière française la plus lue.

Michel Crépu, rédacteur en chef de La Nouvelle Revue française (Gallimard, l’éditeur de Jérôme Garcin, par ailleurs) écrit aussi des livres : à l’exception d’un essai sur l’affaire Fillon en 2018, qui frisa les 2700 ventes, il accumule 9823 exemplaires au cours des six dernières années.

Éditeur, il aurait pu fournir à Monsieur Garcin les données de ventes des livres, rappeler que sa précieuse NRF n’existerait pas sans les ventes de Foenkinos, de Pennac, de tant d’autres… Mais non, loin de lancer un débat économique intéressant sur ce qui fonde l’édition, les succès permettent de financer des livres plus littéraires, mais moins vendeurs, donc de sauver la diversité de la littérature, il se contente de noter « Si vous prenez les pages de remerciements à la fin il y en a dix… Ce final de remerciement n’est pas possible. » On sent là la critique fouillée, la réflexion profonde, l’œil de l’aigle.

Arnaud Viviant, lui, n’a rien fait paraître depuis des années. Il sortira prochainement, à La Fabrique, Cantique de la critique, un essai dont voici un extrait, comme un condensé de bribes de dialogues volées sur le trottoir entre le Café de Flore et les Deux Magots : « Tant que la critique a eu pour fonction traditionnelle de juger, elle ne pouvait être que conformiste, c’est-à-dire conforme aux intérêts des juges. Cependant la véritable critique ne consiste pas à juger, mais à distinguer. Pour être subversivement démocratique, la critique n’a nul besoin d’être unanime ou divisée. Il lui suffit de parler du langage au lieu de s’en servir. »

Arnaud Vivant proclame fièrement, à l’antenne, n’avoir jamais entendu parler de Virginie Grimaldi — il suffit de prendre le métro pour la découvrir en quatre par trois sur les murs, mais passons. Pour un critique censé s’immerger au cœur de l’édition française, passer à côté de Virginie Grimaldi depuis 2015, c’est un bel effort. Et c’est la limite d’une critique tellement infatuée d’elle-même, de ses mots, de ses coteries, qu’elle affiche fièrement son mépris abyssal du goût du public, non qu’elle eut à le partager, mais, à tout le moins, à en connaître.

Quant à Jean-Claude Raspiengeas, il voit dans le roman un écho avec « les grands succès de la télévision, notamment les séries, françaises, qui sont affligeantes ». Ce qui nous prouve d’un coup que Monsieur Raspiengeas est aussi brillant chroniqueur de séries qu’il l’est pour la littérature. Baron Noir, Le bureau des Légendes, OVNIs, Les Revenants… Monsieur Raspiengeas a trouvé tout cela affligeant. Dont acte. Que Madame Grimaldi se rassure cependant, si elle est comparée à ces œuvres, elle est en bonne compagnie.

Économie de la chaîne

L’honnêteté intellectuelle aurait consisté à rappeler que les ouvrages, et le succès commercial, de Virginie Grimaldi, et de tous les gros vendeurs, participent à l’industrie du livre. Ce sont ces livres qui permettent aux autres livres d’exister, et on peut estimer sans se tromper qu’en France le succès obtenu par deux livres, parfois même un seul, permet d’en publier dix qui perdent de l’argent.

Bien entendu, ce raisonnement économique a dû paraître bien vulgaire à Monsieur Garcin et à ses chroniqueurs. Non, au Masque on est entre soi, entre gens de bon goût qui étrillent le mauvais, et savent reconnaître le talent littéraire d’un Gabriel Matzneff, véritable citoyen de Saint-Germain-des-Prés, en lui attribuant le Prix Renaudot en 2015.

À moins que, à moins que… ce ne soit une expression de la phallocratie de cette émission, descendre en flammes une femme qui vend des livres, quel bonheur !, comme Mediapart l’avait pointé  ?

Dans une enquête découlant de dizaines d’heures d’écoute, le journal avait, en février 2020, « recensé un flot de propos sexistes et, dans une moindre mesure, des stéréotypes racistes ou homophobes ».

On ignore, en fin de compte, ce qui est le plus troublant : que la deuxième romancière en ventes, après Guillaume Musso — encensé lui par Jérôme Garcin pour son dernier roman, mais homme — soit méconnue de la clique du Masque, ou que, sur les 10 meilleures ventes de 2020, aucune autre que Musso n’ait trouvé grâce à leurs yeux. Rien, pas un mot, sur Michel Bussi, Franck Thilliez, Joël Dicker, Marc Levy, Bernard Minier, Aurélie Valognes, Marie-Bernadette Dupuy et Agnès Martin-Lugand. Mais quelle joie d’étriller Virginie Grimaldi ! 

Et alors, on en vient à regretter le temps où Jean-Louis Bory s’écharpait au Masque avec Charensol. Certes, la mauvaise foi et la méchanceté étaient là, mais le talent aussi, qui n’y est plus ?

Sauf que...

Bien entendu, les chroniqueurs se défendront en rappelant Beaumarchais (ou Le Figaro, mais comme le second vend plus que le premier...) : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. » Et nul ne songerait à retirer à Patricia Martin et ses compères, le droit de mobiliser l’antenne de France Inter pour indiquer à des auditeurs nombreux — près de 700.000 — combien Les possibles leur est sorti par les yeux. D’autant que, mi-août, plusieurs mois après la publication du roman, ces avis éclairés étaient primordiaux. 

Mais que les grands vendeurs ne se mettent pas martel en tête : seuls 10 % des professionnels estiment que Le Masque et la Plume prescrit l’achat de livres. (sondage Livres Hebdo - Xerfi/I+C, mai 2021). Sic transit gloria mundi. Et toutes ces choses…

 
 
 
 
 
 
 
 
 

crédit photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com

64 Commentaires

 

Davidoux

01/09/2021 à 15:19

Bel article, joliment écrit, doucement taquin. Bravo Monsieur Gary.

Sandra

01/09/2021 à 19:36

Voilà qui est dit et tellement bien dit. Effarant qu'il faille rappeler encore et toujours de telles évidences.

Ed

02/09/2021 à 07:34

Joli tir, monsieur Gary, et belle remise en place de ce ghota installé et autosuffisant.
On pourrait assez facilement retrouver des chroniques de complaisance de M. Garcin sur la toile, L'Obs lui a régulièrement servi à satisfaire ses amis et proches camarades éditeurs – voire le sien tout court – pour abonder en votre sens.
A titre personnel, je ne lis plus Grimaldi.
Mais contrairement à ces braves gens de l'intelligentsia, je sais, ô combien, qui elle est et ce que l'industrie du livre (Fayard et livre de poche en tête) lui doivent !

(Na)Palme, Masque et Tuba

02/09/2021 à 07:37

Avez-vous obtenu une réponse des chroniqueurs ?
J'écoute leur émission chaque semaine, un peu pour me faire du mal, un peu dans l'espoir d'être déçu en bien : elle s'est délitée, dégradée, et en effet, n'est plus que l'ombre d'un spectre (ce qui ne pèse pas bien lourd. Mais j'imagine que la profusion des noms de personnalités littéraires suffit à garantir la caution morale.
Intellectuelle aussi — sauf à ce que l'on parle d'honnêteté, intellectuelle.

Nicolas Gary - ActuaLitté

02/09/2021 à 08:16

Bonjour !
(très, très, très joli pseudonyme d'autant plus qu'il a failli, dans une autre version, servir de titre à l'article !)
Aucune réponse pour l'heure : l'article a été publié voilà moins de 24h, je n'imagine pas une réactivité folle, pas plus que des maisons qui la publient – il serait incorrect de se mettre le LM&LP à dos, on ne fait pas ça à Saint-Germain ! Et sait-on jamais si l'on ne risque pas le blacklistage.
Bref. Si cela devait arriver, j'ose espérer en être informé ! ;-)

Mmmmm

02/09/2021 à 07:55

« les succès permettent de financer des livres plus littéraires, »

Ça, c'est la formule consacrée pour faire passer la pilule. La réalité est bien différente. Un éditeur fait des choix qui sont rarement littéraires. Sa politique est avant tout commercial : il cherche à vendre. L'éditeur qui cherche « une voix » est une grosse blague qui ne marche qu'avec l'auteur débutant.

Donc, un succès, ça sert juste à financer... de possibles autres succès. C'est l'argent de l'investissement.

Maintenant, critiquer le succès comme quoi il ne serait pas littéraire et que les autres essais le seraient est tout simplement dégueulasse. Le premier succès a été choisi EXACTEMENT comme les suivants : sur le pif de l'éditeur. Ce dernier a une POLITIQUE, au sens social. Il n'édite que ce qu'il veut (la plupart du temps, ce qui risque de se vendre). C'est ainsi que vous pouvez fournir la meilleure histoire du monde avec le style le plus flamboyant, il est quasi certain qu'aucun éditeur ne le prendra si le manuscrit n'est pas « dans l'air du temps » (jolie formulation pour « politiquement correct »). Et ça, ça va très largement contre la littérature. La littérature est le contraire de la politique.

Bref, ça fait TRÈS longtemps que les éditeurs ne courent plus après la littérature. Mais la légende est tenace. Et puis, ça fait bien dans le cercle germano-pratin de dire qu'on travaille pour la littérature... Ça pose son bobo quand même ! Imaginez qu'on a des ancêtres en droite ligne d'un Victor Hugo ou d'un Maupassant, c'est classe... On n'est pas le péquenot de province ! Remarquez que ça fonctionne aussi pour les éditeurs de province : c'est dire le pouvoir de ce truc !

Enfin, pour rebondir sur le sujet de l'article. Je n'ai pas spécialement d’appétence pour France Inter (qui est sans doute l'Internationale des bobos germanos-pratins). Mais je leur concède tout à fait le droit de ne PAS aimer cet ouvrage. J'aurai aimé lire LA RAISON pour laquelle il ne l'aimait pas (le style, le scénario (ou son absence comme cela est désormais la règle), les incohérences, les fautes, etc.). La critique est un droit, du moment qu'elle est constructive, d'autant plus que jamais le nombre de ventes n'a été un élément de qualité (même s'il faut en tenir compte : mais combien d'auteurs vendraient beaucoup en étant placardé dans le métro en 4x3 pendant des semaines ? Curieusement, ce point qui est le plus choquant finalement de l'article n'est même pas abordé...).

Nicolas Gary - ActuaLitté

02/09/2021 à 08:12

Bonjour, Comme me le disait récemment un éditeur, “si je savais comment ça marche“ ! Et ce après avoir mené une campagne d'affichages sur les bus parisiens.
Si le 4 par 3 dans le métro menait à un succès commercial, bien plus de maisons se battraient. Vous avez celle comme Les Arènes qui ne communiquent qu'une fois le succès installé, pour consolider la présence dans l'esprit, et encore, pas sur les 4x3. Ou Actes Sud, qui pour sa collection de polars du nord mobilisaient des affiches sur ce format, et a finalement arrêté (ou alors je ne prends plus les bonnes lignes).
L'hypothèse de vendre plus du fait d'une seule publicité dans le métro est séduisante, pas un critère quantifiable ni authentifié. A ce titre, le lien d'affiliation ou les publicités web permettent a minima de “suivre” les déplacements des internautes et de donner des chiffres qui reflètent l'intérêt exprimé à un moment M.
Le marketeux qui jurera que la publicité fait acheter mentirait. Je vous rejoins en revanche pleinement sur l'idée que sans publicité/promotion/réclame/ect. l'existence de l'ouvrage est nettement plus complexe.

Mmmmm

02/09/2021 à 11:25

Bonjour Nicolas,

La publicité fait TOUJOURS vendre, sinon croyez qu'aucun commerçant ne perdrait de l'argent à en faire.

Ce n'est pas parce que les éditeurs ne respectent jamais leur part de contrat d'édition, notamment celle les obligeant à faire de la publicité, qu'ils n'en font pas une fois le succès arrivant (et dans le fol espoir de s'en mettre un peu plus plein les poches). Ça s'appelle la stratégie du minable : je ne mise que sur le cheval qui gagne...

C'est juste pointer la totale incohérence de leurs démarches, à moins justement que ce ne soit le contraire : ils font tous pareils, et de travers.

NAUWELAERS

03/09/2021 à 19:50

Je préfère «le moment M» à ce bizarre «instant I» récurrent et que je n'ai jamais compris (pourquoi pas «instant I» !
Je ne comprends pas qu'on puisse acheter un livre suite à un matraquage publicitaire...
Je peux être intéressé ou séduit, et me décider à acheter un livre, si une critique me paraît convaincante et/ou si l'auteur ou autrice me paraît sortir du lot, dans une interview publiée ou audiovisuelle.
Pour moi la qualité et l'originalité sont essentielles et il est évident que quantité et qualité forment un couple souvent bien désuni.
Je n'apprécie pas les cacographes (terme épicène: hommes ou femmes), à succès ou non, et la question de genre ne joue pas du tout.
La grande littérature classique, c'est Hugo et Proust, et c'est Colette et George Sand...
Et chez des auteurs et autrices plus modernes, et moins purement littéraires, comment ne pas apprécier une Sagan, certes objet d'un matraquage publicitaire d'anthologie à l'époque mais on ne se sentait pas grugé après l'avoir lue -et elle reste encore populaire dans le siècle qui succède au sien.
Et j'apprécie fort les belles plumes (féminines et masculines, cela va sans dire) dont les oeuvres en valent la peine sur le fond et la forme.
CHRISTIAN NAUWELAERS

NAUWELAERS

04/09/2021 à 12:02

Je préfère «le moment M» à ce bizarre «instant I» récurrent et que je n'ai jamais compris (pourquoi pas «instant I» !
Je ne comprends pas qu'on puisse acheter un livre suite à un matraquage publicitaire...
Je peux être intéressé ou séduit, et me décider à acheter un livre, si une critique me paraît convaincante et/ou si l'auteur ou autrice me paraît sortir du lot, dans une interview publiée ou audiovisuelle.
Pour moi la qualité est essentielle et il est évident que quantité et qualité forment un couple souvent bien désuni.
Je n'apprécie pas les cacographes (terme épicène: hommes ou femmes), à succès ou non, et la question de genre ne joue pas du tout.
La grande littérature classique, c'est Hugo et Proust, et c'est Colette et George Sand...
Et chez des auteurs et autrices plus modernes, et moins purement littéraires, comment ne pas apprécier une Sagan, certes objet d'un matraquage publicitaire d'anthologie à l'époque mais on ne se sentait pas grugé après l'avoir lue -et elle reste encore populaire dans le siècle qui succède au sien.
Et j'apprécie fort les belles plumes (féminines et masculines, cela va sans dire) dont les oeuvres en valent la peine sur le fond et la forme.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Pub

06/09/2021 à 06:50

Vous n'avez pas conscience justement de comment fonctionne la pub.

La pub travaille sur l'inconscient. Quand vous achèterez un livre sur un coup d'impulsion, votre choix « spontané » sera guidé par ce matraquage inconscient. Personne n'échappe à ce truc pervers et ceux qui prétendent y échapper sont sans doute ceux qui y succombent le plus, parce que justement, ils n'ont pas conscience du processus...

NAUWELAERS

06/09/2021 à 22:36

Pub,
Bon vous avez ce pseudo...
Pourquoi pas «lavage de cerveau» ?
«Personne n'échappe...» etc.: tout le monde n'est pas manipulable comme vous l'avez décidé.
Tout le monde n'est pas comme une masse de plasticine humaine que la main géante du marché peut modeler à sa guise.
Certes la propagande est souvent efficace, mais la lucidité et donc la résistance humaine existent.
Vous niez cela ?
C'est affligeant, monsieur ou madame Pub...
Si j'avais comme vous un pseudo, ce serait peut-être: «libre-arbitre»...!
CHRISTIAN NAUWELAERS

Pub

07/09/2021 à 08:02

Même les gens conscients du processus sont influencés. Pour ne pas être influencés, il faut être un expert d'un domaine (mais qui l'est vraiment ?), totalement insensible à la pression sociale et celle de la mode, sans pression familiale et professionnelle.

Qui possède ce profil ?

NAUWELAERS

07/09/2021 à 21:56

Pub (réponse à celui du 7 septembre, 8h02),
Tout le monde subit des pressions.
Jusque là (mais pas au-delà) vous avez raison.
Certains résistent et il ne faut pas être «expert» pour cela.
Je conteste..
Votre discours revêt un caractère dogmatique, quasi religieux auquel bien entendu je n'adhère absolument pas.
Mais je suis atterré de voir à quel point tant de gens sont effectivement influençables, parfois pour le meilleur -dans ce cas je suis le mouvement mais en toute liberté et lucidité, pas dans le style «chenille processionnaire» mais parce que cela en vaut la peine -ou bien pour le pire.
Et dans ce dernier cas, je m'éclipse, monsieur ou madame Pub...
Je ne joue pas un jeu qu'on veut m'imposer s'il ne me plaît pas.
Oui c'est comme ça et ne jugez pas tout le monde selon le prisme déformant de vos convictions, si possible.
Merci !
Assez de dogmes intouchables...
Et plus les gens seront autonomes dans leur tête et opposés aux influences innombrables, du conformisme gluant au mercantilisme sans frein et totalitaire, mieux cela sera.
Rien n'est plus précieux que la liberté.
Voler un peu haut autant que possible alors que la vie est si courte...
CHRISTIAN NAUWELAERS

Corinne de Saint Brisson

02/09/2021 à 10:26

je suis fan du "Masque" mais dois avouer que votre article est absolument nécessaire, éclairant et brillant ! en peu de mots vous résumer ce qu'est l'industrie de l'édition.

Bravo et encore bravo !

Aradigme

02/09/2021 à 10:32

J'ai réfléchi quelques instant sur l'argument économique présenté dans l'article: les ventes des best sellers, même de ceux qui ne constituent pas des cîmes de l'expression littéraire, permettent à l'éditeur de publier des ouvrages plus confidentiels car plus sophisitqués et aboutis (encore que...), et donc de maintenir la diversité de l'édition. A mon avis, un éditeur désire avant tout ne vendre que des best sellers pour améliorer sa rentabilité et ne se préoccupe donc pas de la diversité des expressions, intellectuelles et autres, qu'il propose à son public. L'éditeur ne sait simplement pas détecter à coup sûr les best sellers, ce qui explique à la fois la diversité de ses publications et les échecs relatifs de nombre d'entre elles.
La situation économique décrite par l'auteur de l'article existe donc, mais s'avère à mon sens purement accidentelle, une simple application du principe de Pareto qui veut que 80% des résultats proviennent de 20% des causes.

Abordons une autre question: la qualité de ces best sellers. A une époque, les auteurs de best sellers se nommaient Victor Hugo ou Emile Zola et ils produisaient des oeuvres à mon humble avis autrement intéressantes que celles de Musso et Grimaldi. Nous pouvons à juste titre nous interroger sur la raison de ce déclin qualitatif. Provient-il des écrivains, des éditeurs ou du public? Un éditeur, vous affirmera souvent qu'il propose des oeuvres qui correspondent au goût du public et qu'il évite donc les sujets qui peuvent porter à polémique (surtout, ne froisser personne, et surtout pas ceux organisés en groupes de pression plus ou moins agressifs ou même violents), le vocabulaire trop étendu, les opinions trop tranchées, ce qui n'est pas dans l'air du temps... en bref, tout ce qui peut demander à tout ou partie du lectorat un effort d'adaptation.

Quant au livre "Les possibles", j'en ai lu les premières pages qui m'étaient gentiment proposées, et je crois comprendre certaines causes de son succès. Il offre aux lecteurs pour personnage principal une femme. C'est bien vu pour trois raisons: (1) 70% des lecteurs sont en fait des lectrices, et ce texte cible donc le lectorat le plus important (2) Il décrit une femme responsable, le concept est à la mode (certains éditeurs stipulent maintenant dans leurs appels à texte que le personnage principal doit être une "femme forte"), (3) La lectrice moyenne pourra s'identifier aisément au personnage principal.
Le texte est composé de phrases courtes, au vocabulaire limité à l'expression vocale habituelle, compréhensible immédiatement par le public sorti à 18 ans de l'Education Nationale lors des deux dernière décades. Il décrit un environnement et des personnages que la lectrice connaitra bien, qu'elle a probablement rencontré dans sa vie de tous les jours. Il distille les sentiments en vigueur en ce moment: compassion, bienveillance, absence de discrimination... tous les codes sont respectés. En fait, il assemble ce qui pourrait constituer des parlottes de palier politiquement correctes, avec en plus un ou deux éléments qui sortent un peu de l'ordinaire afin de bâtir quand même une histoire qui sorte un tant soit peu du commun. Il tend donc à la lectrice un miroir positif où elle peut se reconnaître sans difficultés.
Mes compliments à l'autrice qui dispose visiblement d'un sens inné du marketing (*) assez remarquable.

(*) Je précise que le marketing consiste à définir et réaliser un produit bien adapté à un marché. Cela n'a rien à voir avec la communication et la publicité - le public français confond parfois les deux concepts.

CaptainBN

02/09/2021 à 14:08

Je crois que vous avez manqué un point important :
Les best sellers ont toujours été les livres les plus adaptés au lectorat de leur époque. C'est même ce qui les définis.
Hugo écrivait pour les romantiques qui voulaient du sang et des larmes. Ruteboeuf écrivait pour les nobles qui voulaient rire un bon coup pendant une période pas simple. Même Socrates et Aristotes n'écriaient de la philosophie que par ce que c'était ce qui se lisait (s'écoutait) en leur temps.

Ce n'est pas par ce que vous n'aimez pas ce qui a du succès à votre époque que ce n'est pas bon. Il est vrais que les styles populaires aujourd'hui ont souvent avoir avec l'expérience des classes populaires et des femmes et avec un style rapide et percutant.
La raison est seulement que tous le monde aime se voir représenté positivement et que les femmes et les ouvriers sont de plus en plus nombreux a lire (Concernant la question de si c'est une bonne chose, je pense qu'on peut en discuter, mais affirmer que ce n'en est pas une me parait difficile a défendre ...)

Vous avez le droit de ne pas aimer les styles populaires, Hugo avait ses détracteurs, mais ça ne vous invite pas a les descendre en flèche.
Mon conseil : Allez plutôt parler de ce que vous avez aimé et laissez les autres aimer ce qu'ils veulent.

CHRISTIAN NAUWELAERS

02/09/2021 à 22:00

Socrate (sans «s» final) n'a jamais rien écrit !
CHRISTIAN NAUWELAERS

CapainBN

03/09/2021 à 15:11

Merci pour la correction, je suis dyslexique.
Pour être précis, on ne sais même pas s'il a existé, et c'est vrais, il faisait des discours, pas des textes écrits. J'ai fait un erreur d'inattention dans mon énumération.

La question est : Qu'es-ce que ces précisions apportent ?

Archie

06/09/2021 à 02:48

De l'exactitude. Ce que l'on exige de tous, dyslexique ou pas.

CaptainBN

06/09/2021 à 14:58

Super.
Et ça apporte quoi ?

NAUWELAERS

06/09/2021 à 22:48

Captain BN,
Cela apporte quoi: je confirme, de l'exactitude, de l'information, une précision en l'occurrence.
Si cela ne vous importe en rien, pas du tout le cas de tout le monde.
Voilà, j'imagine que c'est tout à fait compréhensible maintenant...!
Sinon la question absurde «Cela apporte quoi ?», on peut l'appliquer à absolument tout et n'importe quoi...
C'est n'importe quoi.
Rien ne sert à rien ou tout sert selon la mentalité et la sensibilité de la personne.
Pour moi cela n'apporte rien du tout de se faire prendre en selfies...mais pour d'autres, ce sont des souvenirs.
Voire de petits marqueurs sociaux dans certains cas.
Et tout le monde a raison.
Au fait: cela apporte quoi, ce forum ?
On peut divaguer comme cela à l'infini: cela apporte quoi ?
Pour moi (une réponse !): RIEN.
CHRISTIAN NAUWELAERS Socrate des temps modernes...je plaisante très lourdement (ce qui n'apporte rien sauf que j'avais envie de le faire !).
CHRISTIAN NAUWELAERS

Cécédille

02/09/2021 à 14:42

Je partage l'analyse d'Aradigme. Au surplus, je veux bien que l'on s'interroge sur le pouvoir prescriptif du "Masque et la Plume", à condition de s'interroger aussi sur celui d'Actualitté...

Nicolas Gary - ActuaLitté

02/09/2021 à 14:58

Bonjour
Pour le coup, se remettre en question est une épreuve quotidienne : nous n'aurions jamais tenu 13 années de web sans cette faculté.
Quant à savoir si nous sommes prescripteurs, ce n'est de toute évidence pas à nous de le dire. Cependant, nous n'avons jamais eu la prétention de guider les opinions ni même de proposer autre chose que des livres qui nous plaisent, et que l'on a envie de partager.
Pour le reste...

Maloon

02/09/2021 à 10:35

L'intention était louable et saine, mais tombe complètement à plat au moment où l'auteur revèle les louanges de Garcin sur Musso...(l'argument "homme" est plus que lèger!).
Quant à rappeler le talent (certain) d'un Bory , je ne me souviens pas pour autant l'avoir entendu soutenir des Guy des Cars ou autres..
Bien tenté mais à refaire ! ;-)

Alfred

02/09/2021 à 12:46

Il va falloir renommer le site "actuasouslitté"

Nicolas Gary - ActuaLitté

02/09/2021 à 13:07

Bonjour (la courtoisie tout de même…. Même pour nous injurier…)
J’ai du mal à comprendre votre remarque : il n’y a ici aucune expression de nos goûts en matière de livre mais des notions d’économie et d’industrie.
Est-ce que le sujet vous défrise ? Peut-être le maîtrisez-vous ? Reste que l’incongruité de cette apostrophe prête à sourire : la prochaine fois, ayez le courage de la formuler avec une identité réelle !
Merci de nous lire en tout cas.

Archie

06/09/2021 à 02:54

Yo,

Je vous conseille fortement de lire la critique de Serge Daney sur "Les Dents de la Mer" où l'on parle marketing et publicité. Votre papier n'est pas trop mal mais incomplet et ferme volontairement des portes de réflexions un peu trop violemment pour être tout à fait honnête.
On y sent également un côté cancel culture souterrain que j'ai trouvé assez malaisant. Mais je me fais sûrement des idées.

Bizn à vous.

kujawski

02/09/2021 à 14:47

La problématique Virginie Grimaldi est comme la dialectique de l'idéal et du réel. Le réel, c'est Grimaldi (je n'ai pas lu, ndr), ses grosses ventes, son impact sur les chiffres d'affaire éditoriaux et la dépendance de l'édition de fonds vis-à-vis d'une littérature qui s'en fiche éperdument, et (là, je me rapporte au genre littéraire auquel V.Grimaldi se rattache), en même temps que le maintien de son lectorat dans un périmètre d'ouverture et de connaissance qui le prive (ce lectorat) de l'envie d'aller, tout simplement, voir ailleurs, si l'herbe est plus verte et la vie un peu plus complexe.
Un autre nom pour la liberté.

L'idéal, c'est une ¹chaîne du livre dans laquelle aucun maillon n'a à dépendre d'un autre pour exister. Il est déplorable que les livres de recherche aient besoin pour vivre d'une V. Grimaldi, et inacceptable que des franges en général modestes et peu éduquées de la population financent, par leurs achats de livres de V. Grimaldi, des travaux de recherche sans qu'on les incite à y avoir accès.
Car on perpétue ainsi une inégalité culturelle elle aussi inacceptable.

L'édition, en France, c'est (en masse) 55 000 nouveautés par an. L'honneur et le défi du "Masque et la plume" est d'en proposer une sélection se voulant rigoureuse. En cela l'émission est fidèle à sa mission de service public.
L'idéal, pour autant, est une émission du service public tirant obstinément son auditoire vers le haut, tout en s'abstenant de tout mépris pour des genres culturels grands publics.

Annus horribilis

03/09/2021 à 07:51

« inacceptable que des franges en général modestes et peu éduquées de la population financent, par leurs achats de livres de V. Grimaldi, »

Quelle snobisme et prétention... Ça va les chevilles ? Qui êtes-vous pour juger de la qualité des lecteurs ?

kujawski

03/09/2021 à 12:55

Tout à fait d'accord, cette formulation est stupide et hors-sol.
Cela dit, regardez les objectifs de mises en place des éditeurs pour le genre auquel appartient V. Grimaldi (qu'on appellera "grand public", pour faire court). Ils ciblent clairement les grandes surfaces et les maisons de la presse (celles qui subsistent), et le ciblage publicitaire vise surtout "Paris Match" (quand c'est possible économiquement), "Voici" ou "Gala".
Retour à l'idéal : que le "grand public" achète ce qui lui plaît, que le service public le tire vers le haut en l'incitant â la découverte de genres réputés difficiles.
C'est ce qu'on appelle de l'éducation populaire, ce vers quoi devrait aller, plus et mieux, "Le masque et la plume", sans rien changer à ses choix de rigueur.
Antoine Vitez appelait cela "l'élitisme pour tous".

Portninouak

02/09/2021 à 15:04

Ridicule. Les best-sellers ne financent plus les livres moins commerciaux depuis pas mal de temps déjà. La pandémie a accéléré ce processus, il faut vendre, sortir moins de titres, miser sur des valeurs sûres et baisser le niveau de ce qui se publie (sans le dire) pour toucher le grand public. En ça, l'édition s'est remarquablement adaptée aux temps qui changent. D'autres industries (la musique, en particulier) ont pris le mur de front et ne s'en remettront jamais...

Tomwel

02/09/2021 à 16:01

Le seul défaut du Masque en l'occurrence c'est de nous parler de ce livre insipide, incolore et inodore, plutôt que de mettre le projecteur sur des ouvrages de littérature qui bénéficient d'un marketing moins lourdingue.

Solal

02/09/2021 à 20:34

Certes les livres de virginie Grimaldi, Marie Bernadette Dupuy se vendent et font vivre les éditeurs mais pour avoir tenté par curiosité de les lire, ils me sont tombés des mains. Les méchants y sont très méchants, les gentils, très gentils, on le sait très vite et c'est dit et redit inlassablement. Les répétitions, s'accumulent, les histoires sont affligeantes...Je préfère mille fois un livre de JG....même s'il se vend moins.

Dionysiac

03/09/2021 à 13:50

N'importe quoi cet article ! Juger de la valeur d'une critique littéraire d'après le nombre de livres vendus par son auteur, c'est de la bêtise pure et simple ! Parle-t-on de talent littéraire ou de succès commercial sur ce site ? Et on se fiche de savoir combien de livres Arnaud Vivant a écrit pour juger de la valeur de sa critique ! Ce n'est pas parce que le rédacteur (ou la rédactrice ? On ne sait pas vu son manque d'honnêteté et de courage !) de cet article tient absolument à défendre son auteur (et pas son "autrice", qui n'est pas français) de prédilection que ça l'autorise à traiter avec autant de mépris les chroniqueurs de l'émission de France Inter qui n'ont visiblement pas aimé ce livre ! La critique est-elle encore autorisée en France, ou bien faut-il forcément passer son temps à faire l'éloge et la promotion de n'importe quel bouquin, sous prétexte que c'est une femme qui l'a écrit, et de surcroit auteur à succès ? Vous avez dit "hors-sol", "entre-soi", "petit monde" ? Mais ces qualificatifs s'appliqueraient plus encore au petit monde germano-pratin de l'édition française, qui ne jure que par ses chouchous, et ne supporte pas qu'on ne partage pas ses coups-de-coeur ! Je ne suis pas prêt de lire un autre article sur ce site internet !

Nicolas Gary - ActuaLitté

03/09/2021 à 13:55

Bonjour Dionysiac (la virulence n'exclut pas la politesse, le saviez-vous ?)
D'ordinaire, ce type de commentaire ne passe pas, mais je suis heureux d'avoir le temps de vous répondre : votre lecture, totalement biaisée de cet article, en est arrivée à la conclusion que vous ne pouviez pas déterminer si j'étais un homme ou une femme. Premier point : qu'est-ce que cela changerait ? Second (pour que le suspens ne dure pas trop) : je suis un homme. Corollaire : cela change quelque chose ?
Ensuite, vous imaginez avoir démasqué mes goûts de lecture, par un épatant contre-sens, qui me laisse entendre que de même que vous n'avez pas dû vous forcer pour trouver mes prénom et nom, de même vous avez au mieux fait une lecture en diagonale.
Ce qui m'amène à conclure : pour peu que ce ne soit pas votre première visite sur le site, prenez le temps de lire le sujet avant de le comprendre.
Et la prochaine salve d'invectives que vous nous réserverez, ayez le courage de la signer sous votre identité, que l'on mesure à l'aune de votre courage la force de votre audace.

Dionysiac

03/09/2021 à 14:20

Apparemment, pour vous le sexe de la personne qui écrit est important puisque vous éprouvez le besoin d'écrire "autrice" (sic) plutôt que le neutre auteur ! Entre le féminisme différentialiste d'Agacinski, Antoinette Fouque et consorts, et le féminisme indifférentialiste de Judith Butler et ses copines (ou copains), il va falloir choisir, mon petit bonhomme ! Mais il est vrai que les féministes ne sont pas à une incohérence près. Et affirmer que la "conclusion" de mon article serait de déterminer la nature de votre sexe me conduit tout naturellement à vous poser une seule question : est-ce que vous savez lire le français ? Si vous étiez l'un de mes élèves (ce que heureusement pour moi vous n'êtes pas), je vous mettrais une très mauvaise note pour cause de hors-sujet ! Vous n'avez rien compris à mon propos, vous ne retenez que ce qui vous arrange, vous écrivez à tort et à travers et en plus vous me faites la leçon ! C'est vraiment le bouquet ! So long poor boy, car ce site internet ne vaut décidément pas tripette ! Et n'hésitez pas me censurer si ça peut flatter votre ego ! D'autres que vous le font constamment sur les réseaux sociaux, vous auriez tort de vous abstenir !

Nicolas Gary - ActuaLitté

03/09/2021 à 14:31

Je vous souhaite donc une excellente fin de journée, constate que la politesse n'est définitivement pas votre fort, et de trouver d'autres moulins à vent pour vous épuiser.

jujube

22/09/2021 à 22:09

Il y a des gens qui croient que la méchanceté est la panacée pour vivre.
Vous ne la méritez pas. D'ailleurs, vous vous défendez brillamment, toujours.
Tant mieux!

Mélusine

03/09/2021 à 17:38

Bonjour Dionysiac,
Puisque vous indiquez dans votre message être membre du corps enseignant, et que votre pseudonyme me semble puiser ses racines dans le panthéon grec, allez donc relire quelques classiques, par exemple Hippolyte de Robert Garnier. Vous constaterez que le terme "autrice" y est employé sans aucun problème, et ne choquait absolument personne au XVIème et XVIIème siècle. Ensuite, évidemment, l'Académie s'en est mêlée, dans un contexte de société patriarcale, et en a déconseillé, puis interdit l'usage. Il n'en reste pas moins que le terme existe, était couramment utilisé, et est tout à fait correct d'un point de vue linguistique et étymologique !
En revanche, l'expression "so long poor boy" que vous employez ne me semble pas très française... Vous manquez quelque peu de cohérence dans votre lutte pour la préservation de la langue française !
J'espère que vous prendrez plaisir à la lecture de Garnier autant que moi lors de mes études de lettres modernes, et je vous souhaite d'apprendre à écouter autrui et débattre sereinement avec vos contradicteurs.

Dionysiac

03/09/2021 à 18:14

Ah les bons vieux clichés féministes sur la soi-disant "société patriarcale" ! A tous les coups l'on gagne, et les ideologues féministes croient avoir trouvé l'explication universelle de tous les rapports entre au cours de l'histoire ! Les marxistes ont la lutte des classes et les féministes la "domination patriarcale" ! Quelle plaisanterie ! La réalité est plus prosaïque et ce n'est pas une soi-disant domination qui expliquerait la disparition du terme autrice, mais tout simplement la perte de son usage, tout simplement. Ce qui n'a pas empêché le terme d'auteur de s'imposer pour désigner toute personne qui fait le métier ou exerce l'activité d'écrivain, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme. Preuve qu'on s'accommode parfaitement du neutre pour désigner un individu indépendamment de son sexe, et sans qu'il soit nécessaire d'invoquer une prétendue "invisibilisation" (sic) qui arrange bien les militantes ! Puisque les termes féminins sentinelle, personne, vedette (pour ne citer que ceux-là) peuvent parfaitement désigner un homme. L'unique retour en grâce du terme d'autrice est en réalité idéologique et ne se justifie pas par l'usage. Il reste donc une faute au regard de l'auguste Académie que vous évoquez quand ça vous arrange, et une raison supplémentaire de refuser son emploi. CQFD.

Mélusine

04/09/2021 à 09:40

Vous me semblez rater totalement le coeur du problème, mais ça n'est pas tellement surprenant, de la part d'une personne qui sélectionne soigneusement les éléments auxquels répondre... Je plains sincèrement vos élèves, si vous agissez ainsi envers eux pendant vos cours !
Je constate qu'il est inutile de tenter d'ouvrir le moindre débat constructif, je vais donc vous laisser à vos monologues obtus et votre mauvaise foi.
Je vous conseille cependant une lecture supplémentaire, bien que ma précédente suggestion n'ait pas dû s'ajouter à votre liste de livres à lire : l'excellent "Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin ! Petite histoire des résistances de la langue française" d'Eliane Viennot / éditions iXe / 2014.
Et puisque vous aimez les emprunts à la langue anglaise, en guise de conclusion à ce non-débat : let's agree to disagree !

Lucie

04/09/2021 à 16:07

Bonjour Dionysiac,
Puisque vous êtes prof de français, la prochaine fois, pensez à écrire "près de" et non pas "prêt de". À la rigueur "prêt à"...
Quant au mot "auteur" qui serait neutre... comment dire ? Les hommes le trouvent neutre et se l'accaparent. Pendant des années, je n'ai pas voulu le féminiser. Et puis il m'a bien fallu me rendre compte que le refus de parler d'autrice faisait qu'on ne parlait pas des autrices !
Cordialement quand même,
Lucie qui n'a jamais lu du Grimaldi mais qui a envie d'essayer, tout d'un coup, merci Nicolas ! ;-)

NAUWELAERS

04/09/2021 à 23:31

Lucie,
Je n'ai rien contre les substantifs «autrice» ou «auteure» ni contre les femmes qui souhaitent encore être qualifiées d'«écrivains»: c'est le libre choix de chacune.
Mais je m'inscris en faux contre ce que vous prétendez: dans toutes les rubriques littéraires que je lis, et émissions que j'écoute, on traite autant des autrices que des auteurs.
SVP ne déformons pas la réalité.
Et cette présence des autrices -gardons cette dénomination -n'est pas nouvelle du tout !
Je me hâte de préciser que rien n'est plus normal.
Lorsque dans ma librairie favorite, je serai face à un livre de Grimaldi, je le feuilletterai...
C'est le meilleur moyen de se faire une opinion après tout le ramdam publicitaire et les polémiques éventuelles.
Mais je suis plus attiré par des essais, y compris par des essayistes femmes (puisque ce terme est épicène) dont l'intelligence, la culture et la lucidité me séduisent fort.
Ces livres-là sont plus riches et apportent bien plus qu'une distraction souvent superficielle -sans généraliser puisque certaines romancières sont épatantes, sans être les plus médiatisées nécessairement.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Lucie

05/09/2021 à 09:11

Bonjour Christian,

"dans toutes les rubriques littéraires que je lis, et émissions que j'écoute, on traite autant des autrices que des auteurs"
Dans celles que je lis ou écoute aussi, parce que je les choisis, mais quid des autres ? Il existe un biais entre ce que nous connaissons et ce qui existe, et "la réalité" que nous percevons et vivons n'est pas globale.
"je suis plus attiré par des essais, y compris par des essayistes femmes (puisque ce terme est épicène) dont l'intelligence, la culture et la lucidité me séduisent fort.
Ces livres-là sont plus riches et apportent bien plus qu'une distraction souvent superficielle -sans généraliser puisque certaines romancières sont épatantes, sans être les plus médiatisées nécessairement."
Et c'est là que normalement je devrais dégainer la publicité pour, au hasard, les numéros 69 et 72 de Galaxies consacrés au sexe et au genre dans la science-fiction, respectivement parus en janvier et juillet :-)
https://galaxiessf.com/

NAUWELAERS

05/09/2021 à 15:19

Merci Lucie.
Je ne connais pas cette publication «Galaxies»...
Et vraiment, je ne constate aucune invisibilisation des femmes dans le monde littéraire.
Pas le moins du monde.
Au contraire même, que ce soit sur le plan des autrices, des éditrices etc.
Donc si vous avez des exemples précis du contraire, eh bien on peut les citer mais précisément et factuellement...
Sans a priori.
Pour moi, le monde littéraire est vraiment bien féminisé.
Et c'est le talent et l'originalité, et le style qui comptent pour moi, pour les auteurs et autrices ou auteurs ou romancières, et surtout, surtout sans distinction de sexes...
Loin des polémiques.
L'écriture appartient à tout le monde...pas le talent, qui est une réalité élitiste, ce que certaines personnes ne peuvent supporter.
J'aime admirer...impossible d'admirer tout le monde.
L'égalité n'existe pas et n'a jamais existé, moi je crois à l'équité, ce qui est plus réaliste et progressiste...ou plutôt, cela devrait l'être et on est loin du compte.
Une égalité à défendre tout de même: celle qui doit prévaloir devant la loi.
On parle ici d'un bel idéal...
Amicalement.
CHRISTIAN NAUWELAERS

Archie

06/09/2021 à 03:06

Yoooooo,

Bon, votre réponse à un commentaire qui ne devrait pas passer parce que virulent (sic) me donne raison sur ce que je soupçonnait sur la ligne éditoriale du site. Et c'est bien dommage.
Néanmoins, au vue des différentes réactions que provoquent votre article, nous ne pouvons pas nier que le sujet est toujours aussi brûlant (c'est le cas depuis des siècles maintenant, pas ?).
De la vulgarité des romans en langue profane au volume des ventes, il n'y a qu'un pas finalement.
Je lirai volontiers de vous un dossier complet sur "Qu'est ce qu'un bon objet litteraire ?". Vous aurez tout le talent - je n'en doute pas - pour en faire un papier qui fera réagir.
Pour le coup, je m'abonne à votre site.

Bien à vous.

Danielle Renard

05/09/2021 à 09:16

Enfin vous osez vous en prendre à une émission totalement « has been »
Les lecteurs ne sont pas stupides! Le succès de V Grimaldi, À Valogne, L Manël est plus qu’honorable, il n’y a pas de grande et petite littérature contrairement aux idées des pseudo intello
Merci de nous distraire et de nous émouvoir
Je n’oublie pas que lire est avant tout un loisir et un plaisir

Frederic

05/09/2021 à 09:55

Le ton de cet article résonne comme une réponse vexée... Compenser la valeur artistique d'une oeuvre par sa valeur commerciale, quel drôle de raisonnement. Accepteriez-vpus d'entendre "Chéri.e, je suis un mauvais conjoint, mais je te rappelle que c'est moi qui ait le plus gros salaire"?

Nicolas Gary - ActuaLitté

05/09/2021 à 10:20

Bonjour (décidément, les formules de politesse...)
Il pourrait s'agir d'une réponse vexée si j'étais la romancière en question, et non un journaliste.
Maintenant, je me permets de recentrer le sujet qui ne portait pas sur "les livres de Virginie Grimaldi et Les Possibles en particuliers sont-ils une grande littérature", mais "comment de prétendus critiques littéraires en place pour certains depuis des dizaines d'années peuvent ignorer le monde du livre à ce point."
Et désormais, j'ajouterais ce corollaire : auraient-ils dit les mêmes absurdités si l'ouvrage de la semaine avait été celui d'un homme ? Mépris et condescendance ne font pas une critique littéraire : juste de la pédanterie parisienne.

Tomwel

05/09/2021 à 10:28

Il me semble pourtant qu'ils descendent Marc Levy et consorts avec le même plaisir snob. Encore une fois c'est la seule chose qui me met mal à l'aise avec cette émission : qu'ils gaspillent du temps d'antenne pour parler de cette littérature indigente.

NAUWELAERS

05/09/2021 à 15:48

Bonjour Nicolas Gary,
Votre nouveau post pose la problématique éternelle de la critique...
Elle a voix au chapitre mais pouvez-vous dessiner précisément la frontière entre pédanterie parisianiste et critique légitime ?
On ne peut exiger de la critique qu'elle soit une échoppe de brosses à reluire non plus mais dès que des critiques sont un peu négatives ou a fortiori féroces, on pourra les accuser de parti-pris, de malveillance, ou comme vous l'écrivez, de pédanterie...
Ce contre quoi les critiques critiqués (!) revendiqueront leur liberté, leur indépendance.
Le pire: tout le monde aura raison !
Les deux points de vue en face à face, comme des chiens de faïence sans aménité, l'un face à l'autre...
Maintenant il faut admettre que les romancières soient tout autant exposées aux foudres éventuels (au...masculin dans cette acception, voire au féminin -des chroniqueuses acerbes, certes il en existe aussi !) que leurs homologues masculins tout de même.
Des auteurs mâles ont déjà été massacrés par la critique...
Si la consigne, même tacite, est: «C'est une femme, on ne peut critiquer», cela ne rime à rien et prive les romancières de talent de la crédibilité que des critiques enthousiastes peuvent leur conférer.
«Sans liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur», quoi de plus vrai...
Puisque cette bienveillance devient alors obligatoire et donc hypocrite et sans valeur car sans liberté: je ne crois pas que des autrices de talent veulent que les dés soient pipés en leur faveur.
Les critiques malveillantes existent depuis des lustres dans le domaine du cinéma également.
Toute comédie est méprisée par de petits marquis d'un supposé bon goût dont ils détiennent les composant(e)s et les clés -en vertu de quoi, merci de m'expliquer - et qu'on est prié(s) d'adouber pour avoir ce qu'on appelle «la carte».
Eh bien, l'expo De Funès à la Cinémathèque française bénéficia d'un succès inégalé...
Et les miracles n'arrivent pas qu'à Lourdes: dans ce temple de la bien-pensance culturelle (cela existe) qu'est Bruxelles, des doxas qu'on suit au doigt et à l'oeil sans même savoir pourquoi, le cinéma Le Palace au centre de Bruxelles...importera cette exposition De Funès dans notre capitale belge, début octobre !
Des critiques vont s'étrangler, peut-être pas tous (certains ayant un nez plus fin sentiront d'où vient le vent et tourneront bientôt casaque, on parie ?) et le public, lui, qui certes importe infiniment moins que six ou huit caciques en chaire de vérité culturelle, se ruera en masses à cette exposition bienvenue...
J'ai un peu digressé ici mais le commentaire de Nicolas Gary m'a donné envie de m'épancher quelque peu sur la question de la critique.
Vaste débat jamais épuisé !
CHRISTIAN NAUWELAERS

cardomme

05/09/2021 à 20:03

eh bien...; en france, pays du savoir vivre, on vend plus de mauvais fromage que de bon... plus de vin moyen que de bon.... depuis quand le nombre de trucs vendus est il un gage de qualité ???

L'auteur masqué

06/09/2021 à 20:14

Ridicule, le Masque est dans son rôle, et la quantité (de papier vendu) n'a jamais fait la qualité (de ce qui y est imprimé).

Coralie

10/09/2021 à 12:30

Je pense comme vous le suggérez qu'ils ne supportent pas un succès populaire pour un livre écrit par une femme . Normal people a été complètement descendu, ainsi que le dernier De Vigan. J'ai arrêté de les écouter car ils mettent ces livres à l'affiche POUR les descendre. C'est méprisant .

rez

10/09/2021 à 13:34

donc si je comprends bien: comme le niveau intellectuel est au plus bas, comme les appétits culturels ont presque disparu, bref, comme le monde va très mal, il faut pas critiquer la mauvaise littérature parce qu'elle, dans un système pourri et parfaitement injuste, permettrait par une sorte de théorie du débordement d'exister aux ouvrages plus décents, nécessaires et justes mais qui ne sont pas du tout appréciés par le grand public.

vous aurez pu critiquer le cynisme et une certaine hypocrisie des charlatans habituels sans tomber dans la facilité de la démagogie qui demande d'accepter comme justes et bonnes les conditions dégueu d'un système qui ne va plus du tout.

je vous rappelle que dans d'autres aspects de la société bien plus importants (rôle de l'état, santé, éducation, répartition de richesses) les oligarques et les ultra libéraux utilisent les mêmes arguments pour défendre les monopôles et la concentration de richesses injustement ramassés.

Les possibles

Virginie Grimaldi

Paru le 12/05/2021

378 pages

Fayard

19,50 €

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Fille de pute censuré : quand la fiction révèle les fractures du réel

Un maire refuse l’acquisition d’un roman dans une médiathèque municipale. Le livre : Fille de pute, de Swann Dupont. Les motifs avancés sont connus. Pas de règlement voté, donc pas d’achats, considère le maire. Et puis, n'oublions pas la protection des mineurs, donc l'impérieuse prudence. D'ailleurs, le titre du livre lui-même, voyez-vous... même sans lire le bouquin, pas besoin d'aller trop loin. Pourtant, la lecture de ce récit fait assez mal à la réalité. 

25/02/2026, 16:43

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L’industrie du livre, ou l’art délicat de se concentrer en feignant de s’en foutre

Il y a dans l’industrie du livre quelque chose d’un ballet étrange : une danse de bilans déficitaires, de discours vertueux, de concentrations “raisonnables” et de communiqués qui jurent, la main sur le cœur, que tout cela se fait au nom de la diversité. On fusionne pour mieux défendre la pluralité, on rationalise pour préserver la création, on licencie pour sauver la chaîne du livre — cette créature mythologique que tout le monde invoque mais que plus personne ne nourrit vraiment.

16/01/2026, 12:22

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ActuaLitté a réuni 1,7 million de lecteurs en décembre 2025 : et vous ?

Allez savoir pour quelle raison les débuts d’année sont propices aux bilans des mois passés : un côté bicéphale janusien, probablement. Pas encore détachés de ce qui s’achève, on peine à se projeter dans l’avenir. Ou bien, puiser des forces dans les réussites qui insuffleront l’énergie indispensable. En ce mois de janvier, c’est bien le cas : notre média a explosé les compteurs.

07/01/2026, 16:53

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Bonne année 2026 : surtout, surtout, restez bien concentrés

Il est de ces mots qui n'ont l'air de ne rien demander, tout en exigeant beaucoup. “Concentration”, par exemple. Au hasard. Terme apparemment sage, presque scolaire, il convoque des réalités autrement plus explosives qu'en apparence. En ce début de 2026, c’est avec lui que l’on vous souhaite une bonne année. Bien concentrée. Très concentrée... 

01/01/2026, 21:25

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Faire de l’argent avec son séjour en prison : et si Sarkozy reversait ses droits d’auteur ?

Un titre qui surgit hors de la longue nuit carcérale, et un emballement médiatico-économique qui s’ensuit... En ce dernier jour de l’année, invitons chacun à prendre de bonnes résolutions et ses responsabilités. ActuaLitté propose ici une Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, l’enjoignant à la générosité.

31/12/2025, 10:56

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Livres : ce que change vraiment la décision de l'Europe pour Amazon

Depuis plus de dix ans, la France tente de contenir l’influence des géants du commerce en ligne sur le marché du livre. Après la loi de 2014, puis la loi « Darcos » de 2021, un seuil minimal de facturation des frais de livraison a été instauré pour éviter que certains acteurs — Amazon en tête — ne pratiquent des tarifs quasi nuls. 

22/12/2025, 17:59

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Quatre livres, quatre voyages : l’évasion en papier à offrir (ou à s’offrir)

Un monde qui s’effondre, un couple qui s’échappe, une carte qui déplie l’imaginaire, une France qui se raconte en images : quatre livres, quatre manières de voyager - sans forcément quitter sa chaise. Petit tour d’horizon, léger mais sérieux, pour remplir sa liste de beaux cadeaux… ou s’offrir une escapade de papier.

17/12/2025, 15:45

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Noël hors des sentiers battus : cinq livres où vivent de drôles de bêtes

À l’approche de Noël, les bêtes sortent du bois. Pas forcément sages, rarement domestiquées, souvent étranges, elles traversent albums illustrés, bandes dessinées et récits graphiques sous des formes multiples. Pour un cadeau original ou une lecture à contre-courant des contes de fin d’année les plus attendus, voici cinq livres où la bête, réelle ou fantasmée, sert de motif, de décor ou de point de bascule narratif. 

16/12/2025, 12:00

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À offrir (ou s’offrir) : 6 livres pour un Noël gourmand et dépaysant

À l’approche des fêtes de fin d’année, certains livres s’invitent naturellement à la table de Noël. À offrir ou à s’offrir, ils accompagnent les moments passés en cuisine, ouvrent des fenêtres sur le monde et invitent à voyager sans quitter son salon. De la pâtisserie pour enfants aux grandes traditions culinaires, des vins insolites aux hôtels d’exception.

15/12/2025, 14:05

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Le jour où les artistes-auteurs sont devenus les nouveaux “Bamboula” du système

Quand le vieux monde revient : l’amendement des tutelles éternelles, ou du retour au protectariat. « On sait mieux que vous », semble dire le Sénat aux artistes-auteurs, affirmant par là même le grand retour du paternalisme culturel. Mais que certains sénateurs cherchent à remettre les créateurs sous le joug de structures qui ne les représentent pas, a des relents de colonialisme – pas forcément au figuré.

20/11/2025, 15:52

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Le lien essentiel que les parents perdent en ne lisant pas à leurs enfants

La lecture à voix haute, loin d'être une simple activité scolaire, est une véritable passerelle vers le développement cognitif, émotionnel et social des enfants. En France, des études ont démontré que cette pratique stimule l'acquisition du vocabulaire, améliore la compréhension orale et renforce les liens affectifs entre parents et enfants .

26/08/2025, 15:55

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Obsolescence programmée de la critique littéraire

Il fut un temps – un gros demi-siècle – où dans le journal, se signaient des avis argumentés, par des journalistes dont la seule arme était une plume trempée dans l’encre et la conviction. Un texte parfois sévère, toujours nourri par une lecture attentive. Aujourd’hui ? Eh bien, il paraît que tout cela est un peu… daté, voire dépassé. Presque risible, si l’on en croit les grands décideurs de l’information culturelle.

15/08/2025, 10:30

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Fête des Pères : 5 livres qui racontent des papas inoubliables

Offrir un livre pour la Fête des Pères, c’est offrir une histoire où d’autres papas font écho au sien. C’est tendre un miroir, doux ou brut, drôle ou douloureux, mais toujours sincère. La littérature, en cela, sait dire ce que parfois on formuler difficilement : « Merci, papa. »

14/06/2025, 10:45

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Taxer le livre d'occasion : l'hypocrite stratégie de l'édition

Rachida Dati marchant dans les pas d'Emmanuel Macron, voilà une image qu'on s'effacerait volontiers de l'esprit. Mais dans un secteur du livre qui se présente volontiers comme artisanal, alors que résolument industriel, dès qu'il se trouve quelques deniers à ramasser, on fait suivre la volonté politique. 

12/04/2025, 22:54

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Chez votre libraire préférée, moustache crédible exigée  

Dans le cadre de la lutte contre la vente de tabac et d'alcool aux mineurs, plusieurs centaines de librairies en Belgique vont s'équiper d'une petite caméra, dite PASSage. Installée sur le comptoir, elle serait capable de déterminer rapidement l'âge des clients, grâce à l'IA. Une initiative portée par les fédérations de libraires du plat pays, dont les établissements, aux yeux français, s'apparentent étrangement à des bureaux de tabac…

19/03/2025, 15:33

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L’IA selon Emmanuel Macron : écologique, au service de l'humain

Intenable plus qu’un enfant face aux cadeaux de Noël, le président de la République intervenait sur France 2 la veille du Sommet pour l'action sur l'Intelligence Artificielle. La bouche pleine des milliards d’euros que les partenaires mettront sur la table – sans traçabilité aucune –, Emmanuel Macron avait l’optimisme frénétique qu’on lui connait. Tristement.

09/02/2025, 23:46

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Petits dictateurs, futurs lecteurs : bonne année aux bébés de 2025

Le livre jeunesse aura pesé en 2023 pour 385,4 millions €, troisième secteur éditorial en France, en croissance de 1,9 % en nombre d’exemplaires écoulés. Alors, chers bébés qui après nous vivez, comme l'écrivit presque Villon, bienvenue en ces premiers jours 2025. Bonne année, qui sera la vôtre.

01/01/2025, 19:37

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Noël, l'unique période où l'on se réjouit que ça sente le sapin

Joyeux Noël ! Gloire au Grand Barbu coca-collé et de rouge-vêtu ! Hosanntah Claus In Excelsis... et j'en passe et j'en oublie, et les autres mieux vaut vous les épargner : l'année touche à sa fin, et je préfère éviter le calembour de trop qui me ferait toucher à la mienne, de fin.  

24/12/2024, 16:46

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Elle arrête un roman avant la fin et le dit à l'autrice qui en meurt (presque)

Ses pages forment un rictus machiavélique, et pendant qu’il vous regarde avec insistance, vous grimacez quasi de douleur : il vous en veut... il SAIT ce que vous avez fait ! Tout plutôt que de revoir sa sale tranche et de supporter ses caractères de cochon. Il serait délectable, jouissif même, de l’abandonner sans autre forme de procès — car résolument il ne vous mérite pas. Vraiment ? 

22/09/2024, 19:11

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“Diviser pour régner” : les artistes-auteurs accusent les pouvoirs publics

19 organisations représentant les artistes-auteurs, parmi lesquelles la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Ligue des auteurs professionnels et le Syndicat des écrivains de langue française, signent une tribune contre les divisions de leur profession. Elles dénoncent les inégalités de traitement entre les différentes catégories de créateurs et appellent à défendre collectivement leurs droits sociaux, économiques et professionnels.

08/10/2026, 14:50

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“J’ai juste l’impression de lire pour lire : je ne sais pas si j’achèterai encore des livres”

Dix mois après avoir quitté la librairie, Elsa continue pourtant d’enchaîner les livres. Mais à force de lire sans interruption, une question s’impose : est-ce encore l’envie de lire, ou simplement une habitude devenue refuge ? Entre pile à lire, achats compulsifs, peur du vide et plaisir intact de certaines découvertes, ce billet interroge avec franchise ce que nos lectures disent parfois de nous — et de nos automatismes.

08/10/2026, 09:00

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Classique = Moderne ? Un étudiant défie l’Académie française sur ses propres règles

Exclusif - C'est à en perdre son latin : cette fois, les Modernes siègent sous la Coupole. Deux prix de poésie de l’Académie française sont contestés pour avoir couronné des écritures qui prennent leurs aises avec la versification régulière. Anton Goubier, jeune étudiant en lettres classiques, réclame la règle, le grand médiéviste et Immortel Michel Zink, 81 ans, lui répond que le classique n’a jamais cessé de bouger.

07/10/2026, 17:00

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“La lutte contre le piratage, c'est une conjonction de moyens” (SNE)

Bookys, plateforme pirate diffusant des livres, des revues et des magazines protégés par le droit d'auteur, est visée par une demande de blocage portée par le Syndicat national de l'édition (SNE) et l'Alliance de la presse d'information générale. Adressée aux fournisseurs d'accès à internet, l'assignation ouvre la voie à d'autres actions, comme des mesures contre les sites miroirs ou les prestataires de paiement.

07/10/2026, 16:57

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“Quand je n’écris pas mes histoires, j’écris sur celles des autres”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. Lorsqu’il n’écrit pas ses propres histoires, il étudie celles des autres. Chercheur à l’Université Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de Neil Gaiman, du fantastique, de la bande dessinée et des cultures populaires, il a fait de l’analyse des récits un autre versant de son travail. Ces recherches ont directement nourri Grand-Guignol, de la construction des ambiances au goût pour une documentation fouillée.

07/10/2026, 14:35

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“Le RN ose tout”, même confisquer Olympe de Gouges, icône féministe

Exclusif — Le Rassemblement national tente, par une initiative parlementaire visant à faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, de se grimer en formation féministe. Les votes du parti d'extrême droite, tout comme les prises de position de Marine Le Pen, sont pourtant bien éloignés des combats de l’autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Une pétition, signée par des historiennes, des universitaires et des spécialistes d'Olympe de Gouges, dénonce « la dernière des impostures » du RN.

07/10/2026, 10:24

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Sommes-nous vraiment les auteurs de notre propre histoire ?

Ilios Chailly, écrivain et comédien qui travaille depuis plusieurs années sur Antonin Artaud, s’intéresse ici à une question plus large : comment notre identité se construit, se transforme et se raconte. En croisant Ricœur, Deleuze, Derrida, Lacan ou Artaud, on en se refait pas, avec des expériences plus personnelles, il explore ce qui, dans une vie, relève de l’héritage, du récit que l’on fait de soi et de la possibilité de changer.

06/10/2026, 18:11

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“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

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PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

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“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

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Après la rentrée littéraire, cinq romans passent au contrôle technique

Une intrigue qui freine mal, des personnages secondaires à peine visibles, des clichés qui enfument l’habitacle : chaque année, des centaines de romans sont mis en circulation sans que personne ne vérifie leur état général. Avec 461 nouveautés annoncées pour la rentrée littéraire 2026, il devenait urgent d’ouvrir un centre agréé. Cinq livres ont accepté de passer sur le pont. Certains auraient mieux fait de ne pas regarder le procès-verbal.

03/10/2026, 07:30

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Comment les traductions françaises ont transformé Les Mille et Une Nuits

En trois siècles, la traduction française des Mille et Une Nuits est passée du geste fondateur d’Antoine Galland, adaptation libre devenue mythe européen, à l’entreprise savante et sensible de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, qui restitue dans la Pléiade un texte arabe dans son ampleur, ses rugosités et sa poésie. Entre ces deux bornes, Mardrus, Khawam et bien d’autres ont chacun inventé leur Orient, entre excès d’exotisme et quête d’authenticité. Par Amel Aït-Hamouda.

02/10/2026, 18:11

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Drieu la Rochelle et Colette Jéramec : l’histoire d’un couple impossible

Avec La Rédemption, Jean-Noël Orengo revient sur un couple pris dans les bouleversements du XXe siècle : Pierre Drieu la Rochelle et sa première épouse, Colette Jéramec. Derrière l’écrivain collaborationniste et antisémite, le romancier fait réapparaître une femme longtemps restée dans l’ombre, médecin et chercheuse à l’Institut Pasteur, arrêtée avec ses deux enfants en 1943.

02/10/2026, 18:04

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2026 en Ukraine, les livres brûlent. Littéralement.

Cécile Deniard, traductrice littéraire, s’est rendue deux semaines en Ukraine pour apporter son soutien à ses collègues au nom du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL). Elle y a participé au festival BookForum de Lviv mi-septembre, puis est allée à Kyiv afin d'y rencontrer d'autres acteurs de la chaîne du livre. Leur énergie, leur créativité, mais aussi le besoin de solidarité qui s’est souvent exprimé au cours de ces entretiens, lui ont inspiré cette tribune.

02/10/2026, 13:02

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Makassar : après la liquidation, la bataille pour récupérer des milliers de livres

Exclusif - Makassar a été placé en liquidation judiciaire le 1er septembre, contraignant les éditeurs partenaires à changer de diffuseur et/ou de distributeur. Pour nombre d’entre eux, c’est chose faite. Reste un détail à régler : les livres. Car des centaines de milliers d’exemplaires attendent de quitter l’entrepôt d’Indre-et-Loire où ils sont toujours détenus. Fâcheux ?

02/10/2026, 11:45

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“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

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Clémentine Mélois : “Toute la vie n’est faite que de ruptures successives”

James Joyce avait fait entrer l’épopée dans la vie ordinaire, jusqu’à faire tenir une Odyssée entière dans une journée. Clémentine Mélois choisit, elle aussi, de partir de presque rien : un déménagement, une séparation, quelques cartons, un verre à moutarde, un rouleau de Sopalin. Dans Choses que je croyais perdues, finaliste du 93e prix des Deux Magots, l’autrice-artiste fait de « l’infraordinaire » sa matière romanesque.

01/10/2026, 15:33

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Véronique Ovaldé : “J’ai toujours inventé d’autres vies à ma mère”

On connaît Véronique Ovaldé pour ses fictions et leurs vies toujours prêtes à bifurquer. Avec Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, paru chez Flammarion en cette rentrée littéraire, elle se tourne cette fois vers sa propre mère. Le récit est plus intime, sans abandonner l’imaginaire, et la place parmi les finalistes du prix des Deux Magots 2026.

30/09/2026, 17:03

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Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

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“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35

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Édition classique, crowdfunding ? “Choisir le modèle le plus juste pour chaque œuvre”

Auteur et président de l’Association de sauvegarde de l’Abbaye Saint-Félix de Montceau, Guilhem Méric revendique un parcours d’« auteur hybride », entre maisons d’édition et publication indépendante. À l’occasion du lancement de MORLHED – L’Ombre des Primordiaux, il explique pourquoi il a choisi le financement participatif, entre maîtrise des droits, cohérence de son univers, contexte économique du livre et relation directe avec ses lecteurs.

30/09/2026, 12:48

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À 80 ans, Lucky Luke court toujours : dans les coulisses de l’exposition avec Joub

À 80 ans, Lucky Luke n’a pas fini de galoper. Commissaire de l’exposition Lucky Luke court toujours !, présentée à Quai des Bulles, Joub a replongé dans l’ensemble de la série pour raconter autrement le cow-boy de Morris : par le dessin, la couleur, les gags et les motifs qui traversent huit décennies d’albums.

30/09/2026, 12:04

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Lucie Rico : “Dire quelque chose, c’est déjà le transformer”

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Une question qui a conduit Lucie Rico jusqu’à la finale du prix des Deux Magots 2026. Dans ce troisième roman publié chez P.O.L, une phrase inachevée ouvre une enquête sur un souvenir d’enfance, entre le baroque du giallo, reconstitution comme les vrais enquêteurs judiciaires, et mémoire familiale.

29/09/2026, 15:07

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Quai des Bulles : 45 ans de BD, de rencontres et de passion

Traditionnellement, le festival Quai des Bulles décale ses dates pour cause de Route du Rhum et ouvre ses portes ces 9-10-11 octobre, à Saint-Malo. L’occasion, s’il en fallait une, de venir flâner sur les remparts se gaver d’air iodé et de bande dessinée…

29/09/2026, 14:22

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Elsa Holfert : "Le burn-out n’est pas que professionnel"

Paru le 22 avril 2026 aux Éditions Dangles, Fatigue chronique, et si c’était un épuisement surrénalien ? d’Elsa Holfert explore les mécanismes de l’épuisement liés au stress chronique. Kinésithérapeute de formation, l’autrice exerce aujourd’hui comme praticienne en santé fonctionnelle et en hormonologie.

28/09/2026, 16:40

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Affaire Thélyson Orélien : “Un score de génération par IA n’est pas une preuve”

Créée en juillet 2024 pour distinguer les œuvres d’origine humaine des contenus générés par intelligence artificielle, l’association Fabrication Humaine défend un label gratuit fondé sur l’engagement de l’artiste. Dans cette tribune, elle prend appui sur l’affaire Thélyson Orélien pour interroger la place prise par les outils de détection : sans trancher sur l’origine de C’était ça ou mourir, elle appelle à distinguer l’indice de la preuve et plaide pour davantage de transparence dans les processus de création. 

28/09/2026, 16:30

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IA et littérature : et si on arrêtait de s’écharper pour s’entendre, bordel !

Nathalie Hug a publié en juin dernier 92 BPM, Mais bordel qui a écrit ce roman ? aux Éditions Télémaque, un texte qu’elle présente comme entièrement hybride, né de 18 mois de travail avec l’intelligence artificielle et accompagné d’un making-of détaillant cette expérience. Dans cette tribune, elle revient sur la polémique autour de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, accusé d’avoir été écrit avec l’IA, et élargit le débat à la place de ces outils dans la création littéraire, à la transparence envers les lecteurs et à l’avenir de l’écriture humaine.

28/09/2026, 14:22

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Journée de la traduction : 7 livres où tout aurait mieux fini avec un bon traducteur

Le 30 septembre, l’ONU célèbre la Journée internationale de la traduction. L’occasion de rappeler qu’en littérature, un mot de travers peut envoyer une expédition sur le mauvais continent, transformer Jésus en plante urticante ou rendre une civilisation extraterrestre dépendante à une voix. De Jules Verne à R. F. Kuang, sept livres où comprendre l’autre relève moins du confort que de la survie — avec, parfois, des résultats franchement discutables.

28/09/2026, 12:22

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Thélyson Orélien : “Pourquoi tant d’acharnement sur un écrivain ?”

L’affaire Thélyson Orélien s’est imposée en quelques jours au cœur de la rentrée littéraire. Soupçonné d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, puis rattrapé par plusieurs cas de plagiat concernant des textes anciens, l’auteur québécois conteste les accusations visant son roman. Le retrait du livre de la sélection du Goncourt a encore amplifié une controverse qui interroge désormais tout le monde éditorial. Par Auguste Feydeau.

26/09/2026, 14:00

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Journée de l'accès à l'information : 5 livres qu’on n'aurait jamais dû ouvrir

Le 28 septembre célèbre la Journée internationale de l’accès universel à l’information. Excellente initiative. À un détail près : depuis des siècles, la littérature s’échine à démontrer que certains renseignements se porteraient beaucoup mieux sous clé. Lettres compromettantes, manuscrits impossibles, confessions judiciaires, dossiers de surveillance : cinq lectures où ouvrir le mauvais document revient rarement à améliorer sa journée.

26/09/2026, 09:30

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Démarchage téléphonique : sept livres où un appel a tout fait basculer

Le téléphone avait été inventé pour permettre à deux personnes éloignées de se parler. Puis quelqu’un a compris qu’il pouvait également servir à vendre des fenêtres, proposer une mutuelle, annoncer un décès ou rappeler à quelqu’un que son passé savait toujours composer son numéro.

26/09/2026, 08:00

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Affaire Thélyson Orélien : “Réinventons le pacte entre l’auteur, l’éditeur et le lecteur”

Thomas Perroud, normalien, est animateur de l’émission Anachroniques consacrée notamment aux premiers romans sur Fréquence protestante. Il revient sur les soupçons d’usage de l’intelligence artificielle au sujet du premier roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset).

24/09/2026, 16:32

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Pour encadrer l'IA, La France insoumise convoque Isaac Asimov

Exclusif — Une figure de la science-fiction s'invite à l'Assemblée nationale, à la faveur d'une proposition de loi déposée par René Pilato, député La France insoumise — Nouveau Front Populaire de Charente. Les fameuses « lois de la robotique », conçues par l'écrivain américain, y sont citées, afin de motiver et nourrir un encadrement des intelligences artificielles mises à la disposition du grand public.

24/09/2026, 15:58

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Thélyson Orélien a-t-il oublié un prompt ChatGPT sur son site internet ?

ActuaLitté a retrouvé, dans un article publié en 2023 sur un site alors animé par Thélyson Orélien, une phrase qui ressemble à une consigne de rédaction laissée par erreur. Un indice concret, distinct des détecteurs d’IA, qui vient désormais s’ajouter à une série d’éléments exhumés ces derniers jours par plusieurs médias et internautes autour des textes de l’auteur. Au-delà de son cas, l’affaire touche désormais à quelque chose de plus vertigineux : la possible fin d’un monde où l’on croyait encore savoir, sans trop de doute, ce qu’était un auteur.

24/09/2026, 13:34

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“L’IA est arrivée, et le mot “aide” s’est complètement décousu”

Entre correction, réécriture et création, où commence véritablement « l’aide » à un auteur ? Écrivain, poète et correcteur, Adnan Algın plonge dans ses propres archives éditoriales pour interroger les interdictions visant l’intelligence artificielle. De ses interventions sur des romans aux cas célèbres de Raymond Carver ou T. S. Eliot, il questionne une frontière que l’IA n’a peut-être pas inventée, mais sérieusement brouillée.

24/09/2026, 11:53

ActuaLitté

“L’horreur est le meilleur genre de l’histoire de la fiction”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. L'écrivain revendique une passion pour l’horreur née dans les livres, nourrie par le cinéma. De Guillermo del Toro à Stephen King, l’écrivain revient sur les monstres qui ont façonné son imaginaire et défend une conviction paradoxale : l’épouvante peut nous rassurer. Les démons de fiction ont sur les terreurs du réel un avantage décisif : ils n’existent pas. Une invitation à frissonner pour mieux souffler, qu'il partage dans nos colonnes...

23/09/2026, 17:36