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Jacques Rivette cinéaste du mystère, par Pacôme Thiellement  

Pacôme Thiellement a gagné il y a peu une belle popularité grâce à son histoire personnelle et fascinante de l’Histoire de France, diffusée sur la chaîne Youtube de Blast. En parallèle, il continue son travail d'exégèse, comme il aime à le dire, des artistes qui l’inspire : après David Lynch ou Frank Zappa, le plus méconnu des cinéastes de la Nouvelle Vague, et finalement le plus mystérieux, Jacques Rivette. Ceux qui n’ont vu que La Religieuse n’ont rien vu de lui…

Le 08/06/2024 à 11:00 par Hocine Bouhadjera

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Publié le :

08/06/2024 à 11:00

Hocine Bouhadjera

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ActuaLitté : Avant d’évoquer Jacques Rivette, vous proposez un large préambule sur un des grands sujets de l’époque : le complotisme…

Pacôme Thiellement : Les deux premiers chapitres de mon livre Le Secret de la société servent principalement d'introduction, presque comme de grands résumés des épisodes précédents. Le premier se concentre sur ce que l'on nous dit des théories du complot. Le deuxième aborde les questions d’orientation politique autour de Nietzsche, Balzac et Marx. Ils m’ont semblé essentiels pour aborder l'œuvre de Jacques Rivette de la façon dont j’ai décidé de le faire pour dans ce livre. 

Le livre ne serait pas le même sans ces longues réflexions préalables sur les théories du complot et les orientations politiques. Prendre un angle spécifique permet de donner une couleur particulière à la lecture. Mon objectif est de donner une teinte spéciale aux films de Rivette, qui permette de distinguer immédiatement Le Secret de la société d’un livre de cinéphilie ou de critique de cinéma. Je ne suis pas critique de cinéma. Je parle du cinéma de Rivette mais avec un autre angle. Pour pouvoir l’atteindre, j’ai décidé de m’attarder sur une des choses qu’on associe systématiquement aux films de Rivette : la question du complot !

Et c’est en effet très troublant, parce que son cinéma précède de presque 50 ans le moment où les théories du complot deviennent un sujet de société. Mais c’est parce qu'il y a 200 ans d'histoire derrière la question du complotisme, bien qu’elle n’ait pas été traitée par le journalisme à l'époque. Cela m'a captivé parce que c'est un sujet qui revient encore et encore aujourd’hui, et auquel on se trouve forcément confronté à un moment donné. Qui n’a pas été traité de complotiste un jour ou un autre ? Qui n’a pas traité son interlocuteur de complotiste ? Mon idée était donc, plutôt que de considérer cette notion comme évidente, d'en faire une généalogie.

J'ai commencé par lire des textes sur la première grande théorie du complot : celle de l'abbé Barruel après la Révolution française. Barruel pense que la Révolution est le fruit d'un complot fomenté par les Illuminés de Bavière, mais aussi par toute une série de sociétés antichrétiennes, dont les Manichéens menés par Mani ! Et même les cathares.  Selon lui, « le premier Jacobin fut un esclave », une phrase que je reprends volontiers, car je la trouve passionnante à plein de niveaux.

Barruel ne cache pas la dimension profondément anti-révolutionnaire de son propos, et c'est quelque chose qui manquait à l'analyse du complotisme. C'est pourquoi j'ai ensuite fait une généalogie des théoriciens du complotisme. Pour des raisons qui tiennent sans doute au fait que politiquement, les complotistes et les anti-complotistes ne sont pas si différents…

Vous montrez que chez les « anti complotistes », ça cite de la même manière Mani…

Pacôme Thiellement : Les deux camps, complotistes et anti-complotistes,  citent étonnamment souvent les mêmes sources pour les attaquer (Mani, les hérétiques, les révolutionnaires…), créant une sorte de rivalité pour s'approprier la question de l'histoire. Ceux qui ont élaboré des théories du complot se sont retrouvés exclus de l'histoire et des phénomènes historiques révolutionnaires. Pour les expliquer, l'abbé Barruel invente ce grand complot, recyclant également le vieux complot juif issu de l'antijudaïsme chrétien. Il fait remonter l'origine de ces complots aux hérétiques. Et sa vision du monde a fait long feu. On parle encore aujourd'hui des Illuminati, et il y a toujours des gens pour croire à ces fadaises.

Quand on examine ceux qui s'opposent aux théories du complot, à commencer par Karl Popper après la Seconde Guerre mondiale, avec son ouvrage La Société ouverte et ses ennemis, on découvre des parallèles troublants. Le philosophe propose la première classification des théories du complot et invente même le terme. Cependant, son livre lui-même est rempli de paranoïa, principalement déterminé par sa peur des communistes, évidemment. Mais en le lisant, j'ai trouvé que c'était, avec l’abbé Barruel,  un sommet de paranoïa absurde, incroyable, et presque complotiste dans sa manière de voir un combat concerté de tous les philosophes, depuis Platon jusqu’à Marx, contre la démocratie libérale, son idéal. Aristote, Hegel, etc. Il les met tous dans le même panier !

En fin de compte, les adversaires du complotisme ne me semblent pas plus pertinents que les complotistes. Que ce soient les démocrates libéraux qui veulent conserver le pouvoir ou les complotistes qui veulent le prendre, leur idéal de vie proposé n'est pas très intéressant. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de gens qui veulent le pouvoir, ni plus ni moins.

On passe alors du complot aux deux grandes influences de l’époque selon vous : Marx et Nietzsche.

Pacôme Thiellement : Je propose une division des orientations philosophico-politiques d'après-guerre entre, d’un côté, les marxistes de droite et, de l’autre,  les nietzschéens de gauche. Les premiers sont des égalitaristes conservateurs, et les seconds des aristocrates exotiques. C’est évidemment à prendre avec ironie, cette « nouvelle division » des forces intellectuelles françaises..Vouloir expliquer le monde, diviser les humains, etc. est toujours un gag, une blague. Ce moment du livre fait partie de ce gag, même si, dans le fond, c’est une idée sérieuse.

L'interprétation du monde de Karl Marx s'est concentrée sur la question du partage de la richesse, sans remettre en cause la valeur de cette richesse. C'est là sa limite. Marx n'a pas remis en cause la productivité, et donc la poursuite d'une exploitation qui épuise la terre en produisant de la camelote. Il prône simplement un meilleur partage. 

C'est là que Nietzsche devient intéressant. Son apport réside dans l'interrogation sur ce que fait la richesse. Le concept du surhomme est particulièrement intéressant. Ce n'est pas un homme qui va diriger les autres, mais quelqu'un qui va assumer une vie tragique. Mais dans l’Individualisme de sa proposition réside sa limite, car elle ne prend pas en compte la question sociale.

Ainsi, on se retrouve avec des marxistes de droite, extrêmement conservateurs, sans aucune fantaisie et avec une vision étriquée de ce que devrait être la société. Les nietzschéens, en revanche, sont beaucoup plus flamboyants, mais ils ignorent totalement les questions de la pauvreté et de la misère croissante de la plupart des gens.

Je ne prétends pas trouver une solution qu'ils n'ont pas trouvée, évidemment, mais je m'intéresse aux angles morts de leurs propositions à l'aune d'aujourd'hui, où aucune de ces idées n'a vraiment triomphé et où nous nous trouvons dans une situation terrible. Ces premiers chapitres proposent des généalogies que l'on peut interpréter à la lumière de notre époque.

Avant d’atteindre Jacques Rivette, il faut encore passer par Honoré de Balzac. 

Pacôme Thiellement : J’ai découvert L'Histoire des Treize grâce à Rivette, série de trois romans de jeunesse de Balzac qui font partie de sa Comédie humaine. Balzac y décrit un groupe secret de treize hommes, prétendument maîtres de Paris, mais les récits révèlent leurs échecs tragi-comiques. Par exemple, leurs tentatives de sauver une jeune fille ou de séduire une femme se soldent par des désastres. Cependant, le troisième livre, La Fille aux yeux d'or, m'a captivé par les premières pages qui anticipent des concepts de Freud et Marx sur les pulsions et l'économie. Cette lecture m'a convaincu que l'important n'est pas les convictions déclarées d'un penseur, mais les interprétations créatives que l'on peut en faire.

Et on peut dire la même chose pour les penseurs eux-mêmes. L’important n’est pas où ils situent leur propre pensée, mais où celle-ci peut-elle nous emmener. C’est pourquoi les penseurs français de gauche de l’après-guerre, comme Foucault ou Deleuze, ont pu avoir besoin d’un homme très marqué à droite comme Nietzsche (opposé à la révolution ou à la Commune) pour répondre aux marxistes de leur temps, dont la plupart étaient staliniens. Etc. Etc. 

Tout cela semble nous emmener loin de Rivette, et pourtant, j’ai dû passer par ce long labyrinthe pour aborder son cinéma. Un cinéma qui, selon moi, peut réellement changer le monde. 

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Crédits photo : Arnaud Baumann.

On arrive à l’oeuvre de Jacques Rivette en tant que telle : pourquoi ce cinéaste plutôt qu’un autre ? 

Pacôme Thiellement : J'avais 17 ans quand j'ai demandé à ma mère quels étaient les films les plus étranges qu'elle avait vus : elle m'a cité L'Heure du loup d’Ingmar Bergman, Rosemary's Baby de Roman Polanski si je me souviens bien, et Céline et Julie vont en bateau. Ce dernier passait sur Ciné Cinéma sur le câble ; je l'ai enregistré et visionné, et cela m'a profondément marqué. Poussé par cette première expérience, j'ai ensuite cherché à voir d'autres films de Rivette, L'Amour par terre et La Bande des Quatre, qui m'ont tout autant fasciné, suivis par Out 1. Pourquoi je lui dédie un livre seulement maintenant ? Je ne saurais dire, certaines choses s'imposent à vous naturellement. J'avais l'envie de le faire, mais pendant longtemps, je ne me sentais pas prêt.

J'avais aussi envie d'écrire un livre sur la politique, mais ce n'est pas simple, car je ne suis pas naturellement un être politique. Toute forme de proposition collective ne me convient jamais complètement. Je ne suis pas la bonne personne pour ça. Je n'ai pas de solutions à offrir. J'essaye simplement de proposer des déplacements de regard, de voir les choses autrement, parce que ces questions me touchent personnellement.

Nous vivons une époque où l'Europe est en train de basculer dans le fascisme à une vitesse alarmante, où la France elle-même, se trouvant dans une situation de précarité sociale croissante, est de plus en plus prête à écouter des propositions politiques injustes et bêtes, où la soumission au capitalisme se voit compensée par la recherche de boucs-émissaires venus des pans les plus défavorisés de la population. Pour toutes ces raisons, l'urgence s'est imposée à moi. Cela m'a pris plusieurs années, mais j'ai finalement décidé de plonger dans ce sujet.

Je me suis dit que j'allais le faire avec Rivette. Depuis ma jeunesse, c'est lui qui m'a donné le plus d'intuitions politiques à travers ses films. Ses œuvres m'ont toujours inspiré et m'ont offert une perspective unique sur le monde. C'est une approche subjective d'un aspect de son cinéma. Ce qui est intéressant chez le cinéaste, c'est sa singularité : il a inscrit dans son cinéma la disparition du metteur en scène démiurge. Inspiré par Jean Renoir et un peu par Jean Rouch, il pousse ce modèle encore plus loin en adoptant une posture de réalisateur endormi, laissant une grande liberté à ses acteurs pour élaborer leurs personnages. Cette méthode inclut une dimension d'improvisation, une écriture collective et complexe. Le film s'écrit pendant qu'il se tourne, ce qui crée un objet très bizarre pour le spectateur. 

Peut-on dire que Jacques Rivette est un anti-naturaliste ?

Pacôme Thiellement : Rivette a une manière unique de diriger ses acteurs, les laissant inventer leurs personnages, même lorsqu'ils jouent des acteurs en répétition, ce qui fusionne documentaire et fiction et empêche de penser que le réalisateur détient un savoir absolu. Ce processus donne au spectateur une liberté d'interprétation exceptionnelle. Personnellement, je trouve que cela rend mon expérience de visionnage très active, surtout dans des films comme Céline et Julie vont en bateau, où les personnages principaux deviennent des observatrices d'une tragédie récurrente : le sacrifice de l'innocence nécessaire à la survie de la société, un thème aussi traité par Renoir dans La Règle du jeu.

Ce qui se passe dans Céline et Julie vont en bateau est par ailleurs révolutionnaire. Les deux protagonistes, une bibliothécaire et une illusionniste, construisent une histoire qui n’avait encore jamais été explorée au cinéma : une véritable amitié entre deux femmes. Une figure quasiment interdite par les normes cinématographiques de l'époque et même longtemps après. Le film anticipe de 20 ans le test dit d’Alison Bechdel, qui évalue si un film contient des conversations entre femmes qui ne tournent pas autour d'un homme. Très peu de films passent ce test… Les deux protagonistes du film de Rivette  prononcent cette phrase : « Cette fois, ça ne se passera pas comme ça, pas comme les autres fois. »

Et c’est ce qui s’est passé, au moins pour une des deux actrices et co-scénaristes du film, la géniale Juliet Berto. Comme elle le dit elle-même : ayant « appris auprès de ses deux maîtres, le "savant fou" Godard et le "dernier samouraï" Rivette », elle a « embrassé sa créativité », publié des textes d’une poésie folle, un livre, La fille aux talons d’argile et enfin réalisé trois films totalement visionnaires : Neige, Cap Canaille, et Havre. Le premier, en 1981, évoque la gentrification, le deuxième, dès 1982, des incendies de forêt orchestrés pour des projets immobiliers dans le Var, et le dernier, en 1986, s'attaque déjà aux thèmes des nouveaux masculinistes, des incels, des racialistes, le tout dans une narration novatrice.

Comment le travail de Jacques Rivette reflète-t-il les tensions politiques et sociales de son temps ?

Pacôme Thiellement : Après des années 70 marquées par une crise des espoirs, Jacques Rivette revient en 1980 avec Le Pont du Nord, sorte de spin-off de La Troisième Génération de Fassbinder. Il y reprend un personnage incarné par Bulle Ogier dans le film de l’Allemand, et lui donne une suite. D’ailleurs, Fassbinder a plusieurs fois mentionné Rivette, le comparant à Fellini. Selon moi, le cinéaste allemand raconte des mondes mentaux, rendus réels par la psychologie profonde de ses personnages, dont les interactions brutales dépeignent une réalité plus crue que le naturalisme pourrait le faire.

Pour revenir à Rivette, il redéfinit donc son cinéma dans les années 80 avec Le Pont du Nord donc, qui analyse la société, les forces de l'ordre, et les tumultueuses années 70. Après Le Pont du Nord, La Bande des Quatre marque une véritable réinvention de son style. Il y développe son principe des actrices qui créent leurs personnages en collaboration avec les scénaristes, Pascal Bonitzer et Christine Laurent. Les dialogues sont écrits durant le tournage. Ce processus tendu d'écriture implique la répétition d'une pièce qui ne sera jamais jouée, grande intuition poétique et politique de Rivette. Cette méthode révolutionne notre regard sur le cinéma en valorisant le processus de création plutôt que le résultat final, un changement qui résonne également dans notre perception de l’impuissance politique : nous avons souvent l'impression d'essayer sans obtenir de résultats, mais le cinéma de Rivette nous montre qu'il y a de la valeur dans l'acte même de l'essai, indépendamment de son issue.

Dans mes récentes lectures, j’ai redécouvert une facette de Gérard de Nerval que je n’avais jamais vraiment perçue auparavant, malgré qu'il soit mon écrivain préféré. Un de ses récits les plus narratifs, Angélique, dans Les Filles du Feu, se déroule après la Révolution de 1830 auquel il a participé et dont il est ressorti amère.

Dans la région qu’il chérit tant, entre Senlis et Ermenonville. Il rencontre un paysan avec qui il se rend au tombeau de Jean-Jacques Rousseau. En chemin, ils passent devant une maison où, selon le paysan qui mélange plusieurs époques historiques distinctes, le philosophe venait jouer de la guitare chaque soir pour Gabrielle d’Estrées, la maîtresse d’Henri IV, avant que le roi ne le fasse exécuter pour cela. Gérard de Nerval ne se formalise pas de l’anachronisme et rattache cette vision du paysan au fait que Rousseau avait refusé la pension du roi Louis XV, Et ll commente : « Il y a plus de vérité qu’on le croit dans ce récit : en refusant la pension du roi, Rousseau a ruiné tout l'édifice. Aujourd'hui, il se maintient seul debout au-dessus des ruines. »

Pour Nerval, le geste de Rousseau représente une forme de magie politique. Il voit en cela la démystification du pouvoir monarchique. Si un simple citoyen peut refuser cette pension, alors elle perd toute valeur, signalant que l'époque du roi est révolue. Nerval, présent lors de la révolution de 1830 mais absent en 1848, semble constamment attendre des gestes similaires qui pourraient déclencher des changements radicaux.

En observant le cinéma de Rivette à travers une perspective nervalienne, je me penche sur Out 1, son film de 1971, post-Mai 68, où il dépeint deux marginaux interprétés par Jean-Pierre Léaud et Juliet Berto, l'un mendiant et l'autre petite voleuse. Ils se lancent dans une enquête sur un groupe secret, ressemblant aux XIII de Balzac, avec l'intention de prendre le contrôle de Paris. Les membres de ce groupe sont issus de la grande bourgeoisie de gauche de l'époque : un intellectuel, une avocate, des metteurs en scène de théâtre... Des gens qui avaient un projet révolutionnaire mais qui ne l'ont jamais concrétisé. Ce film me révèle un parallèle frappant avec La Règle du jeu de Renoir, où il est exposé que la grande bourgeoisie progressiste est incapable de stopper les processus fascistes. Comme dans l'œuvre de ce dernier, le film de Jacques Rivette montre que pour maintenir ses privilèges de classe, cette bourgeoisie doit accepter le sacrifice d'innocents et la continuation d'un ordre corrompu.

Ce que je vois dans Out 1, c'est la représentation des anciens soixante-huitards qui finissent par s'accommoder à la perpétuation de l'ordre bourgeois, tandis que les marginaux continuent à en payer le prix, en tant que véritables victimes de l'histoire. 

Le cinéma de Rivette possède par ailleurs une forte dimension féministe, voire sororale.

Pacôme Thiellement : Il y a quelque chose de particulièrement captivant dans l'ouverture que permet le cinéma de Rivette, une ouverture telle qu'elle empêche même d'interroger les motivations du réalisateur. Dans La Bande des Quatre, Cécile, l'un des personnages les plus fascinants du film, jouée par la génialissime Nathalie Richard, exprime cette idée parfaitement : « On se pose des questions parce qu'il y a un mystère, mais le mystère ne s'explique pas, on l'a ou on ne l'a pas. » Rivette, c'est exactement ça : son cinéma possède ce mystère. En m'y plongeant, je découvre un foisonnement de thèmes qui continuent de résonner avec le présent, à l'instar de la carte « ancienne mais toujours actuelle » que présente Hawk au Shérif Truman dans la saison 3 de Twin Peaks. Son œuvre agit comme une cartographie vivante de la société française, explorant des thèmes comme les conspirations, l'impuissance politique, le terrorisme, la réinvention des forces de police, et aussi les dynamiques du féminisme et de la sororité.

Et là où il a, selon moi, encore le plus à nous apprendre, c'est sur la question de l'acte indépendamment de son fruit — une réflexion sur l'importance des actions en elles-mêmes, plutôt que sur leurs résultats. Ce concept me semble essentiel pour comprendre non seulement son œuvre mais aussi notre rapport au monde actuel.

Autre exemple : en reprenant la figure de Jeanne d'Arc, Rivette explore le thème d'une jeune femme qui atteint ses objectifs sans être présente pour voir les fruits de ses actions, agissant sans aucune assurance stratégique de succès. Cela illustre parfaitement l'idée du droit imprescriptible d'agir indépendamment des circonstances. Il raconte des histoires de personnes qui accomplissent des actes dont les conséquences se déploieront dans l'avenir, sans qu'ils puissent en être témoins, une idée qui vient de très loin, et dont on peut trouver une expression dans la Bhagavad-Gita par exemple. Dans La Belle Noiseuse, ce principe est symbolisé par le fait que le tableau final n'est jamais montré à l'écran. Tout le long du film on assiste à son exécution, mais à la fin, il nous reste caché. Toujours  l'importance du secret.

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Jacques Rivette en 2006 au cours du tournage de Ne touchez pas la hache. Janke (CC BY-SA 3.0)

Jacques Rivette serait donc un poète visionnaire, comme l’a défini Roger Gilbert-Lecomte ?

Pacôme Thiellement : Roger Gilbert-Lecomte a essayé de définir le rôle des poètes visionnaires : sauver ce qui a été considéré comme des scories des temps pré-scientifiques. Sauver dans l’alchimie ce qui a été évacué pour ne garder que la chimie, la même chose pour l'astrologie par rapport à l’astronomie etc. Les poètes visionnaires, en gros, ce sont des auteurs comme Nerval, Blake, Novalis, Edgar Poe, Baudelaire, Rimbaud, Artaud, Gilbert-Lecomte lui-même… Et Colette Thomas évidemment, la poétesse du Testament de la Fille Morte. Toutes leurs paroles sont toujours pertinentes, à toutes les époques, autrement, à chaque fois, mais ils ne cessent de faire “sens”. C’est à nous d’apprendre à les écouter, toujours un peu plus, un peu mieux.  Ce sont des poètes qui m’obsèdent mais dont je me dis toujours : je n’ai pas encore commencé à les entendre, il faut que je m’applique à les entendre autrement. Dans le cinéma de Rivette, je vois quelque chose de ce type de poésie.

Dans mes différents livres, je cherche toujours à interroger des pensées de poètes ou de figures de visionnaires, et en proposer une nouvelle exégèse. Présenter mes hypothèses, à chaque fois, qui valent ce qu’elles valent... Je regarde des films, je lis des livres, et parfois je me dis, ça me parle, mais pourquoi ça me parle ? Alors je creuse pour essayer de voir en quoi et contre quoi ils officient comme des contre-sorts.

Les films de Rivette peuvent sembler intimidants au premier abord, avec leurs durées de 4, 8, ou même 13 heures, et leurs scénarios et dialogues élaborés pendant le tournage. J’encourage à faire le test et à voir comment un de ces films peut transformer votre rapport au monde. Ma vie ne serait pas la même sans son cinéma. Depuis mes premiers livres, où j'abordais son cinéma en filigrane sans en faire mon sujet principal, et maintenant que j'ai franchi le pas, je réalise à quel point il a influencé ma manière de percevoir les choses. 

Le cinéma de Rivette m'a appris à apprécier les actes indépendamment des conséquences que j'imagine sur le moment. Il m'a enseigné à ne pas chercher à comprendre immédiatement, mais à me laisser aller et à cesser de juger les actes sur leurs conséquences apparentes. Enfin à rentrer à l’intérieur des choses. A l’intérieur de leur temporalité la plus lente. Il faut être patient. Être à l’écoute. La vision et la révision de ses films, encore et encore, a officié sur moi comme un Yoga de spectateur. Il m’a appris à voir et à écouter autrement.

À LIRE - Pacôme Thiellement et les 7 poètes de Paris

Enfin, c’est une idée très mystérieuse que son cinéma m’a apportée. Celle que si un acte est réalisé en conscience, ses conséquences seront nécessairement invisibles. Si elles sont visibles, c'est que ce n'était peut-être pas un acte si profond. C'est une règle étrange du monde : ce que tu vois, ce n’est pas ce que tu fais. Ce que tu fais vraiment, tu ne le vois jamais. Débrouille-toi avec ça !

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Crédits photo : Arnaud Baumann.

Crédits photo : Arnaud Baumann / Raphael Van Sitteren (CC BY-SA 4.0)

Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com

1 Commentaire

 

Marie

10/06/2024 à 08:56

Pas encore passé "à la casserole" des féministes pour harcèlement de quelconque ordre?" Etonnant non?" eût dit P. Desproges. C'est vrai que ses films sont "intimidants", le mot juste. Pas tous, mais je n'aime pas trop "me prendre la tête" dans les salles obscures.

Le secret de la société

Pacôme Thiellement

Paru le 06/03/2024

409 pages

Presses Universitaires de France

24,00 €

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En octobre 2025, la députée Sophie Taillé-Polian (Écologiste et Social, Val-de-Marne), vice-présidente de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale, déposait une proposition de loi cherchant à empêcher « la constitution de monopoles économiques dans les secteurs des médias et de l'édition ». Elle revient pour nous, à l'occasion d'un entretien, sur les motivations derrière ce texte, pensé en réponse à un phénomène qui « représente un danger pour notre démocratie ».

25/02/2026, 10:10

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Science et âme : sommes-nous seulement notre cerveau ?

À un mois du rendez-vous parisien, La Conscience & l’Invisible, qui se tiendra au Grand Rex, voit son programme et ses intervenants susciter curiosité et intérêt. Dans la continuité des précédentes éditions conçues de concert, les éditions Guy Trédaniel s’associent à l’essayiste et conférencier Jean Staune. Cette rencontre rassemblera un large auditoire autour d’une interrogation qui résiste aux certitudes — ce que “nous” sommes, et ce qui, peut-être, subsiste lorsque le cerveau s’éteint.

23/02/2026, 15:31

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Prix Les Visionnaires 2026 : des romans pour éclairer le présent et interroger l’avenir

Bibliothécaire à la médiathèque Jean Rousselot, à Guyancourt (Yvelines), Grégory Launay est membre du jury du Prix Les Visionnaires 2026. À travers ce prix littéraire et territorial, il défend une vision de la lecture comme outil de médiation, de réflexion sur le monde contemporain et de dialogue avec les différents publics.

17/02/2026, 15:54

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Luciana Peker : “Aimer mieux, c’est aimer sans hiérarchie ni soumission”

La Saint-Valentin déborde de cœurs rouges, mais sous le vernis sucré, Luciana Peker tranche dans la chair du mythe romantique. Son enquête dissèque l’amour comme un champ de bataille intime, saturé d’héritages politiques, de domination feutrée et de déséquilibres affectifs. Entre désir sincère et architecture sociale, elle dévoile une cartographie du sentiment où le pouvoir circule, s’infiltre et modèle les corps, les choix et les silences, loin du conte amoureux vendu comme universel.

17/02/2026, 09:35

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Agents littéraires : la mutation silencieuse qui transforme la carrière des écrivains

C’est un petit séisme auquel a assisté l’édition voilà une semaine : après la publication d’une quinzaine d’ouvrages et près d’un million de livres vendus, Patricia Darré décidait de collaborer avec Mickaël Palvin fondateur de l’agence littéraire Héraklès. Pourquoi ce choix, quand la notoriété et la réussite sont avérées ? Et que dit cette relation nouvelle de l’époque ?

13/02/2026, 17:01

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Les Passantes : des vies effacées qui éclairent l’Histoire

Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

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Bernard Werber : “L'imagination est un artisanat qui réclame une certaine rigueur”

Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

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Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

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“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

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Radiographie du Brésil : “On vit encore aujourd’hui les résultats de chaque mauvais choix”

Plonger dans Eldorado, c’est embarquer à l’arrière d’un camion brinquebalant, quelque part entre une saga familiale, une radiographie politique et un western tropical sans héros. Marcello Quintanilha raconte le Brésil comme on raconte une cicatrice : sans pathos, avec précision, en laissant affleurer la colère, la tendresse et les regrets. Un roman graphique comme une confession à ciel ouvert, où l’histoire intime devient un procès-verbal du siècle.

23/01/2026, 16:00

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Lire les images : le pari du livre de photographie en bibliothèque

Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.

22/01/2026, 10:14

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Toujours vient la nuit : l'art poétique de Robert E. Howard, créateur de Conan le Barbare

Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.

22/01/2026, 09:57

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Format, papier, rythme : le travail invisible derrière les livres photo

Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.

22/01/2026, 07:16

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Congo-Brazzaville : “Nos histoires méritent d’être imprimées, lues et transmises”

Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

19/01/2026, 12:34

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Feryane, 34 ans de grands caractères : “Une belle aventure“ qui s’achève

Créée en 1991 et basée à Viroflay dans les Yvelines, la maison d’édition Feryane, spécialiste des rééditions en grands caractères, a annoncé sur son site sa cessation d’activité au 31 décembre 2025. L’entreprise familiale laisse derrière elle plusieurs centaines de titres, et une histoire de lecture partagée, portée dès l’origine par une femme convaincue qu’un lecteur malvoyant devait pouvoir lire « la même chose que sa cousine ».

15/01/2026, 17:10

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Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf : le cri d’une mère courage

« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

15/01/2026, 16:46

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Et si le webtoon sauvait la BD sur smartphone ? L’expérience inattendue de Bang !!

À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.

15/01/2026, 16:09

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“La mémoire des Européens semble figée et anesthésiée“ : entretien avec François-Michel Durazzo

Première moitié du XIXème siècle… Fils d’une tenancière de bordel, l’aventurier viennois Redo Hauptsammer débarque dans l’austère commune de Szonden, bourgade imaginaire située dans le détroit de l’Oder, en Prusse orientale. Par Étienne Ruhaud.

14/01/2026, 11:48

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Simon de Jocas : “Être éditeur, c’est aller à la rencontre de l’autre”

Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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À Marseille, des livres de montagne et de nature pensés pour les enfants

À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.

 

13/01/2026, 10:00

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre”

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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“Habiter le monde poétiquement, c’est la seule issue”

Au Livre à Metz, l’édition 2026 a choisi pour fil conducteur une question simple en apparence : « Habiter le monde ». Derrière ces mots, un thème vaste, ouvert, qui traverse les livres, les imaginaires et les façons de vivre. En ce samedi de salon, entre rencontres d’auteurs et déambulations, nous avons pris le parti de poser la question telle quelle, sans détour, aux visiteurs. Avant de leur révéler qu’elle était au cœur de cette édition - et de voir comment, à travers la lecture, chacun tente d’y répondre à sa manière.

12/04/2026, 09:41

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“Les auteurs sont en économie de guerre toute l’année”

Face à la précarité structurelle des auteurs, revient l'idée de créer un statut d’« intermittents de l’écrit », inspiré de celui du spectacle, afin de garantir un revenu stable et une reconnaissance professionnelle. Cette tribune met en lumière une économie fragilisée où les écrivains, pourtant au cœur de la chaîne du livre, peinent à vivre de leur activité. Par Mathias de Breyne. 

11/04/2026, 09:47

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Marché du livre au 1er trimestre 2026 : ce que disent les chiffres

Les ventes de livres reculent en ce début d’année 2026, mais le phénomène dépasse la simple baisse conjoncturelle. Derrière les chiffres du premier trimestre, un basculement s’opère : les lecteurs achètent moins, arbitrent davantage et redéfinissent la hiérarchie des titres. Le marché entre dans une phase plus sélective, où visibilité, recommandation et justesse éditoriale deviennent décisives. Par Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco.

10/04/2026, 09:31

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Et si la lecture était une saine addiction ?

Face à l’érosion du temps de lecture et à la domination des écrans, la Fnac déploie une campagne nationale au slogan provocateur : « Une autre addiction est possible. » L’enseigne entend réhabiliter le plaisir de lire sans culpabiliser, en mobilisant ses librairies, ses événements et ses réseaux. Une offensive culturelle qui interroge : la lecture peut-elle encore reconquérir l’attention collective ?

09/04/2026, 15:59

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Et si lire rendait les Français plus heureux ? Ce que révèlent les études

L’enquête Ipsos sur le bonheur en 2026 ne parle presque jamais de livres. Pourtant, en croisant ses résultats avec les travaux sur la lecture-plaisir, un faisceau cohérent apparaît : famille, santé mentale, sentiment de sens, qualité de l’attention, sociabilité. Autant de dimensions que le livre ne mesure pas directement, mais qu’il façonne en profondeur, de l’enfance aux bibliothèques.

03/04/2026, 06:00

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Quais du Polar 2026 : qui domine vraiment le polar aujourd’hui ?

À Lyon se déploie chaque année une programmation d’envergure internationale, reflet apparent de la vitalité du roman noir. Mais que révèle cette sélection lorsqu’elle se confronte aux dynamiques réelles du web littéraire ? En croisant la liste des auteurs invités avec les indicateurs de visibilité, une autre géographie du festival se dessine : moins institutionnelle, plus révélatrice des circulations effectives des œuvres, des hiérarchies d’audience et des mutations profondes du genre.

02/04/2026, 17:30

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“Moins de publications !” : Jeanne & Juliette, le pari d’un modèle éditorial différent

Après plusieurs années passées au sein de Media Participations, Jeanne & Juliette choisit de retrouver une pleine autonomie éditoriale. Une décision mûrie, moins comme une rupture que comme un recentrage, afin de poursuivre son développement avec justesse, exigence et une relation toujours plus directe avec ses lecteurs. Par Virginie Bégaudeau, fondatrice.

31/03/2026, 12:35

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Thotario mise sur l’Europe pour changer le destin du livre numérique

À force de confier nos bibliothèques dématérialisées à des silos fermés, nous avons fini par prendre l’impuissance pour une loi naturelle. Clic après clic, achat après achat, la culture numérique s’est laissée border par des interfaces venues d’ailleurs. Puis surgit une jeune pousse française qui ne demande pas la permission : elle attaque la circulation des œuvres, la revente, la valeur, et, derrière tout cela, une vieille question européenne restée sans réponse. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

30/03/2026, 13:03

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“Lire dans le bain n’est pas dangereux (sauf si tu t’endors)”

À Bruxelles, la 55e Foire du livre érige le papier en acte de résistance. Sous le mot d’ordre « défier le futur », le livre s’affirme sans cookies, sans surveillance, sans algorithmes. Objet autonome, il protège l’anonymat, échappe aux mises à jour et refuse l’économie de l’attention. Lire devient alors un choix, presque un manifeste, face aux logiques numériques dominantes. Voici une déclaration d'amour à la lecture, que nous adresse la Foire...

28/03/2026, 10:08

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“L’édition indépendante ne peut pas être la même chose en plus petit”

Chez Pollen, le retour à la diffusion a pris corps, incarné par Matthieu Raynaud, venu d’Harmonia Mundi, et par une équipe de six représentants. Un calendrier est déjà enclenché et des tournées sont en préparation. Le lancement est fixé au 1er mai, avec un cap clairement tourné vers la librairie indépendante.

27/03/2026, 18:13

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Bécherel 2026 : “Ni vrai ni faux”, une fête du livre à l’épreuve du réel

Organisée par la Maison du livre, équipement culturel de Rennes Métropole situé en milieu rural, la fête du livre se déroule durant 3 jours à Bécherel, 700 habitants, première Cité du livre créée en France en 1989. Valérie Auvergne, directrice de la Maison du livre nous raconte cet événement.

26/03/2026, 17:08

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“Les 10 livres qui m’ont appris le métier” : Jean Esch, l’atelier d’une vie de traducteur

PORTRAIT – « Traduire, je le vois comme une profession d’artisan, à qui l’on demande de reproduire un meuble, sans qu’il ne possède ni les mêmes outils ni le même bois que ceux ayant servi pour la pièce d’origine. » Fort de quarante années de métier, Jean Esch compte en France parmi les noms majeurs de la traduction de l’anglais. ActuaLitté l’a sollicité pour un entretien insolite : les 10 livres par lesquels il a forgé son métier.

24/03/2026, 16:33

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IA coupables : le Conseil d’État réarme les ayants droit, sans lever tous les verrous

Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’IAvresse, dirait-on : à ce titre, le livre aura discrètement servi de socle pour la formation des modèles de langage. Le rapport du Conseil d’État remet un peu de gravité dans ce carnaval d’optimisme automatique : dans les machines se nichent des catalogues entiers des droits, des contrats, des revenus. Et surtout cette vieille question que la tech déteste : qui paie quoi, et à qui ?

24/03/2026, 15:42

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Rapprocher le numérique des librairies locales : la nouvelle bataille du livre

On nous a vendu le numérique comme une autoroute sans péage, un horizon lisse où l’œuvre filerait sans frottement du serveur au lecteur. Puis les centres-villes ont vu passer les flux sans toujours en voir la couleur. Dans cette friction entre écran et trottoir, Thotario avance une idée plus subversive qu’il n’y paraît : et si la modernité du livre consistait moins à effacer les librairies qu’à les reconnecter au cœur de la circulation culturelle ? Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

23/03/2026, 11:25

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“Auteurs, renversons les tables de dédicaces !”

Dans les allées bien rangées des Salons du Livre, quelque chose grince. Sous les nappes tirées au cordeau, entre piles calibrées et sourires de circonstance, l’auteur se fige, assigné à résidence derrière sa propre œuvre. Puis surgit François Belley, pirate en embuscade, qui dynamite le décor : assez de cette comédie marchande. Place au désordre créatif, au corps-à-corps avec les lecteurs, à la table qu’on renverse enfin. Par François Belley, écrivain-pirate.

22/03/2026, 09:51

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Politicard : on a joué au jeu de cartes le plus corrosif sur la politique… et c’est redoutable

On pensait avoir tout vu en matière de satire politique. Puis Politicard le jeu de François Belley débarque, et la table de jeu se transforme en salle d’instruction improvisée. Accusations en rafale, indignations circonstanciées, trahisons expresses : ici, la morale ne pèse rien, seule compte la survie. On joue, on triche presque, on rit beaucoup — et soudain, le jeu ressemble étrangement au réel. En attendant le second tour des municipales, que diriez-vous de jouer aux édiles ?

20/03/2026, 11:35

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Auteurs autoédités : le marché caché qui peut rebattre les cartes

Dans les vitrines du numérique, tout semble simple : publier, vendre, encaisser. Puis le décor se fissure. Derrière la promesse d’émancipation, l’auteur indépendant découvre des rails déjà posés, des dépendances discrètes, une liberté sous conditions. C’est dans cette zone grise, entre euphorie créative et capture de valeur, que Thotario tente de planter son drapeau — avec l’odeur très concrète d’un rapport de force qui change de camp. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

19/03/2026, 15:44

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Salon du Livre Genève : Lire et vivre le monde

Pour sa 40e édition organisée du 18 au 22 mars à Palexpo, le salon du livre de Genève affirme plus que jamais sa vocation : faire de la littérature un espace de dialogue avec les grands enjeux contemporains, entre débats d’idées, circulation internationale des voix et réflexion sur les mutations du livre. ActuaLitté ouvre ses colonnes au Salon du Livre de Genève pour une carte blanche autour de sa programmation.

 

18/03/2026, 17:55

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Orwell, Michelin et la tyrannie de l'excellence

Orwell avait raison Après presque un siècle, sa description des cuisines parisiennes des années 1930 trouve un écho glaçant dans l'actualité culinaire de mars 2026.

18/03/2026, 12:08

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Pourquoi Lire entre les lignes séduit autant les amateurs de casse-tête littéraire

Dans la grande foire des applications mobiles, où la couleur crie plus fort que l’idée, Lire entre les lignes avance avec l’air modeste des jeux qui n’ont qu’une arme : l’intelligence. Pas de saga, pas d’effets pyrotechniques, pas d’univers gonflé au vide. Juste des mots, des images, des pièges et ce moment délicieux où le cerveau comprend une seconde trop tard qu’il s’est fait avoir. C’est peu. C’est beaucoup.

14/03/2026, 18:09

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Entretien caviardé : Livres Hebdo juge “irrecevable” le droit de réponse de Jean-Yves Mollier

Après la modification d'un entretien sans l'accord du principal intéressé, l’historien Jean-Yves Mollier, la revue Livres Hebdo refuse à présent la publication d'un droit de réponse, selon l'avocat du professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay/Versailles-Saint-Quentin. 

13/03/2026, 16:35

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Pour une politique commune du jeu en tant que pratique culturelle

Le domaine du jeu, qu'il soit de société ou vidéo, accueille aujourd'hui de nouveaux publics, et se trouve de plus en plus légitimé au sein des pratiques culturelles. Ludothèques et médiathèques le rendent plus accessible, tandis que les professionnels assurent une indispensable médiation. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) et l'Association des Ludothèques Françaises (ALF) appellent, dans un texte reproduit ci-dessous, à une politique publique ambitieuse pour affirmer la place du jeu dans les lieux culturels.

11/03/2026, 11:29

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Un Cultura à Forbach : “Pourquoi faire ?”

L'enseigne de produits culturels et créatifs Cultura pourrait s'inviter prochainement à Forbach, en Moselle, après la cession d'une parcelle à Valimmo, la société foncière du groupe. La Librairie-Pâtisserie Autonome, installée dans la ville depuis juillet 2025, interpelle les candidats à la mairie sur les conséquences d'une telle installation pour le tissu commercial du centre-ville. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, la tribune adressée par les libraires aux six candidats et candidates.

10/03/2026, 16:20

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15 minutes de lecture vaudront toujours mieux qu'une injonction à lire

Pourquoi la lecture résiste aux mots d’ordre ? Les politiques publiques ont toujours traqué la formule capable de faire lire. Campagnes nationales, prescriptions scolaires, slogans institutionnels : tous poursuivent le même objectif. Mais l’acte de lire résiste aux mots d’ordre.

10/03/2026, 10:16

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Jean-Yves Mollier : “Cette censure a entraîné une déformation complète de mon entretien”

Nous publions ci-dessous le texte d’un droit de réponse adressé le 2 mars 2026 au directeur de la publication du magazine Livres Hebdo par l’historien Jean-Yves Mollier, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay / Versailles-Saint-Quentin. Ce document a été transmis par l’intermédiaire de son conseil, Me Stephan Alamowitch, avocat à la Cour.  

09/03/2026, 14:06

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Auteurs autoédités : pourquoi Amazon ne suffit plus pour vivre de ses livres

Le numérique avait promis l’émancipation ; il a surtout dressé des péages partout. Derrière l’écran lisse, des auteurs comptent des pages lues, mendient une mise en avant, regardent filer la marge et le lecteur avec. Dans cette foire aux algorithmes, Thotario entre comme un démonteur de machine : pas pour repeindre la cage, mais pour rouvrir les issues et rendre aux créateurs un territoire qu’ils avaient cessé d’habiter. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

09/03/2026, 13:58

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Macron et Neruda : les conseils que le Nobel chilien aurait donnés au président

Alors comme ça, Emmanuel Macron aime poser avec des livres de la maison Gallimard – et plus particulièrement l'édition Quarto, Résider sur la terre. Œuvres choisies de Pablo Neruda ? invité dans les bureaux de l’Élysée : manuel de survie poétique pour un président en fin de cycle
 

07/03/2026, 08:00

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Le marché d'occasion numérique, un continent juridique encore inexploré

Le numérique culturel s’impose partout, mais un détail change tout : le marché secondaire demeure un désert juridique. Dans le livre comme dans le jeu vidéo, l’achat en ligne ressemble à une propriété. En réalité, il s’agit le plus souvent d’un droit d’usage personnel, encadré par des conditions générales. Je m’intéresse à cette faille depuis le jeu vidéo, mon premier terrain de culture. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

06/03/2026, 14:53

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Face au “modèle économique planétaire mortifère” d'Amazon, “unissons-nous”

L'épisode polémique autour du partenariat noué entre Amazon et le Festival du Livre de Paris, avec l'assentiment du Syndicat national de l'édition, laissera des traces dans la chaine du livre. Il témoigne d'une présence de plus en plus banalisée de la multinationale américaine au sein de cette dernière, un constat contre lequel le collectif lyonnais TENIR ! appelle à se mobiliser, dans une tribune.

06/03/2026, 10:50

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De la Mouffe à la Cartoucherie : l’histoire d’un théâtre radical

Dans un rêve survenu dans la nuit du 15 au 16 février 2026, un ancien interprète d’Artaud retourne au Théâtre de l’Épée de Bois, comme rappelé à une filiation souterraine. De la rue Mouffetard aux laboratoires des années 1960-1970, se dessine un théâtre-champ de bataille où l’ombre d’Artaud continue de travailler les corps et les lieux. Par Ilios Chailly.

05/03/2026, 17:22

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Jean-Claude Ceccarelli : quand la réalité se mêle à la fiction pour raconter l'Histoire

ActuaLitté ouvre ses colonnes à Jean-Claude Ceccarelli, qui revient sur son goût pour les récits mêlant faits historiques et imagination romanesque. À travers ses ouvrages consacrés à Paris et à la Renaissance italienne, il évoque sa manière de faire dialoguer réalité et fiction pour raconter l’Histoire.

05/03/2026, 15:34

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“Les pratiques d’Amazon fragilisent les librairies en France comme à l’étranger”

Suite à la polémique qu'a déclenchée la présence d'Amazon au Festival du livre de Paris, édition 2026, l’association internationale des libraires francophone (AILF) a fait parvenir à ActuaLitté un communiqué. Par ce texte, l'organisation se tient solidaire du Syndicat de la Librairie française dans la dénonciation du partenariat entre le Festival du Livre de Paris et Amazon. Leur texte est proposé dans son intégralité.

04/03/2026, 10:38

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Campagne et roman : la nouvelle vague du rural noir qui chamboule la littérature contemporaine

Ils sont irlandais, gallois, néerlandais, espagnols, belges, américains, français. Ils écrivent des polars, des sagas familiales, des romans d'apprentissage, des récits autofictionnels, des fables politiques. Leurs romans se passent dans des hameaux isolés du Cantal, des marécages de Virginie, des collines de Cumbrie, des plateaux du Jura, des forêts du Jura suisse, des montagnes de Corrèze. Ce qu'ils ont en commun, c'est de faire du monde rural le territoire central de leur fiction.

03/03/2026, 19:24

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Un maire peut-il interdire un livre ? Les bibliothécaires rappellent la loi

L’Association des bibliothécaires de France réaffirme que la censure n’a pas sa place en bibliothèque, à la suite de l’intervention d’un maire auprès d’une professionnelle pour empêcher l’acquisition d’un roman. S’appuyant sur le cadre légal, l’ABF rappelle que les collections doivent être pluralistes et exemptes de toute pression idéologique, politique ou religieuse. 

03/03/2026, 13:20

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Éditeurs, agences, organisations... Quels lobbys pour le secteur du livre ?

Lobbies, groupes de pression ou d'influence... Peu importe leur dénomination, ces entités tentent d'influencer le débat public, le vote des lois et la politique de l'État. Le secteur du livre, dont les logiques sont parfois industrielles, n'échappe pas à ce phénomène. Des données publiées par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) permettent de dresser une carte du lobbying en 2024, avec une présence forte des éditeurs et des organismes de gestion collective.

02/03/2026, 16:19

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Amazon, Microsoft, Fnac-Darty... Les lobbys des multinationales à l'assaut du livre

En tant qu'industrie culturelle aux importants revenus, doublée d'une capacité d'influence non négligeable, le secteur du livre et son encadrement suscitent bien des convoitises. Quelques multinationales aux moyens conséquents n'hésitent pas à solliciter les représentants publics, afin d'influer sur les votes ou la politique générale. En 2024, Amazon et Fnac-Darty se sont montrés particulièrement offensifs...

02/03/2026, 16:18