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Dicker, Zemmour et Sattouf : comment l'indépendance des auteurs effraie l'édition

Dicker, Zemmour, Sattouf : trois noms significatifs dans l’édition puisqu’ils pèsent à eux seuls plusieurs millions d'euros de chiffre d’affaires. Ils ont tous opté pour un changement de paradigme, mais réellement en rupture avec l’industrie du livre jusqu’à lors connue ? Pour point commun, un outil de diffusion et distribution qui leur ouvrira les portes des libraires, grandes surfaces culturelles et autres enseignes… Bref, les points de vente du livre. Un schéma disruptif, supposément, qui provoque des sueurs froides dans l’ensemble du milieu. Panique à Saint-Germain ?

Le 10/09/2021 à 11:52 par Nicolas Gary

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Publié le :

10/09/2021 à 11:52

Nicolas Gary

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ActuaLitté

Tout a débuté avec une histoire d’héritage, dont aucun des acteurs ne souhaite commenter ni les tenants ni les aboutissants : le décès de l’éditeur historique de Joël Dicker, Bernard De Fallois. Et quelques semaines plus tard, une annonce qui fait chavirer l’ensemble de l’industrie. « Les moyens de Bolloré font trembler, c’est certain. Même Antoine Gallimard l'a dit, à demi-mots, dans la presse », commente une éditrice parisienne.

Plus certain encore, personne ne souhaite aborder le sujet à visage découvert : « Le milieu est petit, la puissance qu’Editis acquiert laisse deux options : pour ou contre. » L’ambiance est posée.

On va tous mourir ? 

Cette arrivée, structurelle, mais orchestrée savamment par Gilles Cohen-Solal fait sourire les plus naïfs. Ils étaient quelques-uns seulement à présumer qu’une tendance se dégagerait – à raison ? Celle d’Éric Zemmour, plus circonstancielle et rock’n roll, fait hésiter les volontés les plus fermes. « Comme la politique s’en mêle, ça devient préoccupant », poursuit l’éditrice. « Mais le coup de grâce, c’est Sattouf. »

Contacté par ActuaLitté, Guillaume Allary, fondateur de la maison qui publiait jusqu’à lors les ouvrages du dessinateur, ne fait aucun commentaire « sur la décision de Riad Sattouf de s’autoéditer ». Il précise cependant que cela « ne change rien en termes de logistique pour la maison car les deux séries L’Arabe du futur et Les cahiers d’Esther restent chez Allary Éditions pour les titres parus et à paraître ». D'ailleurs, le 6e et dernier volume de L’Arabe du futur sortira chez l'éditeur en 2022, comme annoncé par Riad Sattouf. « Tout comme le volume 7 des Cahiers d’Esther (histoire de mes 16 ans) et les suivants, jusqu’à ses 18 ans. »

Pour le mieux, dans le meilleur des mondes, donc ? « La réalité c’est qu’un tabou de l’édition s’effondre : le diffuseur/distributeur ne touche pas aux auteurs de ses éditeurs tiers », attaque un éditeur indépendant. « Tout le monde essaye de séduire un auteur, pour l’attirer dans sa propre maison, c’est le jeu, ok. Mais même Arnaud Nourry respectait la ligne rouge : Hachette Diffusion laissait les auteurs de ses clients tranquilles. »

Même Nourry, l’ex-PDG de Hachette Livre ? Qu’est-ce à dire ? « Le secret s’entretient, mais lorsqu'Arnaud de Puyfontaine [président du directoire de Vivendi, NdR] confie la direction d’Editis à Michele Benbunan, cela représente une opportunité : démontrer que Nourry l’avait sous-estimée, et que son départ de Hachette était une erreur. » Sous-estimée, ou prise bien trop au sérieux, au point de se débarrasser d’une collaboratrice menaçante ? « Nourry a commis une boulette », indique une ancienne proche de la direction de Hachette, « et les a multipliées à son égard, quand elle est entrée en responsabilité à Editis ».

Et avec les coudées franches, la patronne d'Editis allait disposer pleinement d'un outil pour mettre en place son projet. Tout en faisant peser dans le Landerneau, une certaine atmosphère. « Il faut admettre que personne ne lui a facilité la vie : entre les patrons qui lui reprochaient de ne pas être éditrice, au point de chercher à tenir sur la touche, et ceux qui l'ont prise de haut... », relève une directrice marketing. « This is a men's world, comme le dit si bien la chanson. » 

Conquérir le monde...

Un monde d'hommes, qui voit arriver sur l'échiquier une reine peu décidée à se laisser faire. Ou bien est-ce là un laboratoire générant des fantasmes ? Il est vrai que les trois hommes cumulent bien des ventes : 8,743 millions d’exemplaires (les titres chez Albin Michel uniquement pour Zemmour, L'arabe du futur et Les cahiers d'Esther chez Allary pour Sattouf et les quatre romans de Dicker, avec leur déclinaison poche). Cette seule perspective a de quoi nourrir quelques débuts d'ulcère.  

Pourtant... « Les craintes exprimées par Antoine Gallimard n'ont pas de lien avec ces arrivées d'auteurs, à mon sens », analyse un proche. « C'est la bombe Hachette / Editis qui fait trembler, parce qu'en face, Madrigall [la holding de Gallimard] ou Média Participations [dirigé par Vincent Montagne] ne pèsent pas bien lourd devant l'empire Bolloré. Et qu'arrive dans l'arène un joueur au poids significatif, capable d'envoyer Emmanuel Macron sur les roses. » Le cas d'Europe 1 en est l'une des démonstrations...

La réalité serait donc qu'il n'y a pas de modèle Editis secret, pas plus que d'intervention de la Cinquième colonne. 

L'exemple de Riad Sattouf rappelle que le monde de la bande dessinée est relativement plus coutumier de ces créations de structures autonomes et les exemples, que ActuaBD passait en revue, notoires : L’Écho des Savanes, Métal Hurlant, Fluide glacial, les éditions Albert René, etc. Sans verser dans l’inventaire à la Prévert, le 9e art aligne plus d’auteurs partis à l’aventure de l'autoédition (pas toujours avec succès, comme ce fut le cas pour Pilote) que dans la littérature. Et les exemples de Marc-Édouard Nabe ou Renaud Camus ne tiennent pas la route une fraction de seconde, économiquement.

Mais pour l'auteur de BD, les choses furent plus simples encore : « D’abord, il a attiré l’attention de tout le monde avec son projet, et tous les groupes éditoriaux l’auraient volontiers pris en diffusion », commente une observatrice. « Or, non seulement il avait déjà des contacts avec Interforum, mais surtout, cela s’est opéré en accord avec son éditeur. » Conclusion : Editis se serait montré le mieux-disant dans ce pèlerinage pour fournir à la maison de Sattouf Les Livres du futur, la maison de Sattouf, une solution pour diffuser ses ouvrages.

Et que si l’on entend grogner, sur le rôle de l’éditeur, son devenir et autres dans les grandes directions, il faut peut-être mieux tendre l’oreille : on y décèlerait aisément une pointe de jalousie. « Ce qui pousse à pointer de nouveau la directrice générale d’Editis comme destructrice de la chaîne. »

Zemmour, l'opportunité

De même, quand on examine l’arrivée d’Éric Zemmour : « N’oublions surtout pas que cela commence avec une rupture de contrat : Francis Esmenard a laissé Gilles Haéri se dépatouiller et agir en président de la société. Ils ont perdu l’auteur, mais ce sont des vases communicants : désormais, l’actionnaire à un levier d’action si jamais il envisageait de se séparer de son directeur général », s’amuse un visiteur du soir. 

À ce titre, l’avocat des éditions Albin Michel, Me Christophe Bigot, a récemment fait passer à ActuaLitté une liste pointant de « multiples contre-vérités particulièrement dommageables ». Ainsi, la rue Huygens affirme « n’avoir commis aucune faute », mais souligne encore que « la liberté d’un éditeur de publier ou pas un livre est inaliénable, comme celle de refuser de voir une maison instrumentalisée au service d’un calendrier et de visées politiques qui lui sont étrangères. C’est si vrai que l’enchaînement des faits, depuis le mois de juin, montre très clairement que le livre en cause est bel et bien un élément de stratégie électorale, ce que n’étaient pas les précédents ouvrages de l’intéressé ». Laissons l'ex-éditeur se débattre dans des contradictions déjà évoquées.

Quant à la diffusion de M. Z chez Interforum, rien de sensationnel : « Le livre était fini, il avait besoin de le vendre en librairies, fin de la conversation. L’arrivée de Lise Boëll chez Plon laisse entendre que le prochain Zemmour a déjà une maison d’édition. S’il n’est pas président d’ici là », renchérit, sarcastique, notre interlocuteur.

Certains tiltent cependant sur le prix de vente de l’ouvrage : 21,90 €, très loin des tarifs de l’autoédition, tels que pratiqués. « Il y a certainement une forme de marque blanche derrière cela : Editis fournit un support pour les métiers-relais, ce qui rend le livre plus cher. » Loin, en tout cas, très loin, du cost-killer pratiqué par les auteurs indépendants, qui pratiquent un rabais sur leurs livres pour les rendre plus attractifs. « Après, il a certainement besoin de financer sa campagne… » Aux lecteurs de trancher d’ici peu.

Quant aux liens entre le polémiste, Vincent Bolloré, propriétaire de Vivendi, donc d'Editis, s'ils existent indéniablement, n'ont pas abouti à une intervention du grand patron. « Contrairement à Bernard Arnault, Bolloré ne fait pas de politique : il fait des affaires », rappelle-t-on.

Joël Dicker, ou la vocation

La Vérité sur l’Affaire Joël Dicker devient, elle, nettement plus intéressante : « Quand autour de 2008, Bernard de Fallois envisage de vendre sa maison et se tourne vers son distributeur — Hachette Livre — le PDG d’alors en riait presque. » Le refus catégorique — « dédaigneux », ajoutent certains — d’Arnaud Nourry se heurtera à la réussite commerciale d’un jeune auteur suisse arrivé en 2010 dans une coédition avec L’Âge d’Homme. Ce sera Les derniers jours de nos pères, signé Joël Dicker, plus de 372.800 exemplaires (données Edistat), dont 362.000 réalisés avec le poche. 

« Dicker et de Fallois avait une relation forte, et son éditeur l’a fait grandir dans la maison avec une colère motivée contre Nourry. Conclusion, à la mort de son éditeur, Dicker qui avait assuré qu’il n’en aurait pas d’autres, refuse à son tour de venir chez Hachette pour sa maison. » Le reste, c’est « le coup de génie de Cohen-Solal » qui le mettra en place, assure une éditrice.

« Ce qui étonne, c’est sa volonté de mener un projet éditorial réel, avec notamment la perspective les jeunes à la lecture », commente une proche. Le tout appuyé par une véritable maison d’édition. Sollicité dernièrement, le romancier faisait savoir qu'il ménageait ses projets et les présenterait en temps utiles : patience, donc, encore un peu. Comment un diffuseur/distributeur refuserait-il l’entrée de best-sellers dans son catalogue ?

Sans oublier qu’Editis a déjà une certaine habitude des traitements spécifiques pour les meilleurs vendeurs : les coéditions réalisées avec Versilio, pour Marc Levy, en sont un autre témoignage. Et des craintes similaires s'exprimaient déjà lors de la constitution de cette structure, qui a depuis bien évolué – sans pour autant se substituer à l'éditeur...

« L’autoédition, personne ne s’y lance sans bien réfléchir : un Foenkinos, par exemple, fait plus de 210.000 exemplaires avec Deux soeurs, mais il n’est pas fou : les responsabilités que cela implique, les emmerdes aussi, pour le dire crûment, il faut les vouloir », appuie une éditrice. « Peut-être qu’un Guillaume Musso, inspiré par ces projets, demanderait à Hachette d’organiser un système similaire, mais il est déjà le roi chez Calmann-Lévy et possède des parts chez Kéro… »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Conclusion d'un vétéran de l'indutrie : « On joue à se faire peur, à Saint-Germain, souvent avec de bonnes intuitions dont découlent pourtant de mauvaises analyses. C’est l’inverse de la géométrie : on raisonne faux, sur des figures justes. » Cryptique ? À dessein : « Les éditeurs ont raison de s’interroger sur leur place, leur relation, leur valeur ajoutée, c’est sain. Car personne ne peut oublier que la plus grande valeur d’une maison, ce sont ses auteurs, et son fonds. »

Crédit illustration : Magrittte, Raminagrobis, 1946 - ActuaLitté, CC BY SA 2.0 ; Riad Sattouf - ActuaLitté, CC BY SA 2.0 ; Espace des auteurs auto-édités - Le Livre sur la Place 2018 à Nancy - ActuaLitté, CC BY SA 2.0; Le monument à Victor Hugo, Rodin -ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com

11 Commentaires

 

NAUWELAERS

11/09/2021 à 00:06

Et autre cas de figure à ajouter à ce très intéressant résumé de Nicolas Gary de ces changements importants qui pointent dans le monde de l'édition: voir sur ce site l'article (1-9-2021) de Clément Solym sur Salman Rushdie qui lui aussi se passe d'éditeur pour le moment et tente un essai de publication (payante) avec la plateforme de newsletters «Substack».
Celle-là même qui accueille des journalistes américains qui n'en peuvent plus de la culture «woke»...
Qui est particulièrement virulente au Canada (les livres de Tintin et d'Astérix carrément brûlés pour racisme -ce qui donne paradoxalement froid dans le dos - actu toute récente)...
Cette néocensure devenue folle -ce qui ne justifie en rien la censure «traditionnelle» - est flinguée, pour ceux que cela intéresse, par Oliver Stone dans le n° de septembre de «VSD».
CHRISTIAN NAUWELAERS


Ed

11/09/2021 à 10:26

Si je peux me permettre, le cas de figure de Rushdie est radicalement distinct et ne s'inscrit dans aucune des démarches évoquées ci-dessus. D'abord, parce que l'agent de Salman Rushdie est un homme connu pour avoir toujours tenté, à travers le numérique, de véritablement contourner les éditeurs. Là, il y est brillamment parvenu – tout en obtenant de la plateforme une belle avance pour son auteur. Et ce serait peut-être là le seul point commun avec Joël Dicker : être payé pour se servir de l'outil (numérique pour Rushdie, distribution pour Dicker).
Donc, comparaison n'est pas raison : Rushdie a clairement parlé d'un one shot, expérience unique, et qu'il ne réitérera pas forcément. Zemmour est flou, mais rejoindra certainement Plon (le papier le dit bien), Dicker a en effet un véritable projet éditorial, quant à Sattouf, il ouvre une porte avec deux premiers tomes...
Pour ce qui est du woke, en revanche je suis mauvais cuisinier, quant à la cancel culture, je la digère mal.

Aradigme

11/09/2021 à 11:55

Les techniques du numérique et de l'impression "à la demande" ont rebattu les cartes dans le milieu de l'édition.Ses différents acteurs vont donc devoir peu à peu s'adapter à la nouvelle donne.
Un éditeur, dans le modèle classique, offrait aux auteurs plusieurs services de logistique (typograhie, impression, stockage, distribution, publicité), le tout résumé dans une marque, le nom de l'éditeur (Gallimard, Grasset, etc...) censée garantir au lecteur un niveau de qualité tel que défini par l'éditeur.
Nous voyons pour le moment des "élus" de l'ancien système qui tentent de profiter des avantages du nouveau système. La démarche est relativement sans risque et profitable car leur notoriété est déjà établie. Mais comment fonctionnera le nouveau système avec des auteurs inconnus du grand public?
Il me semble qu'on verra dans un premier temps une fragmentation ou même un émiettement de l'offre sous la forme de milliers de publications de qualités fort variables. Les grandes maisons d'édition maintenaient un certain ordre (à leur profit, c'est entendu et c'est normal). Si cet ordre disparaît et que la qualité moyenne des oeuvres publiées s'en ressent, quel en sera l'effet sur le lectorat? Ne risque-t-il pas de se réduire après plusieurs déceptions? Qui demeurera ou deviendra prescripteur? Qui prendra en compte non seulement la qualité mais aussi la pertinence et l'originalité d'un texte?

Fabienne

12/09/2021 à 22:04

Qui jugera de la qualité d'un texte ? se demande un commentateur. Les lecteurs et lectrices.

LOL

13/09/2021 à 07:04

Ça fait quelques années que le niveau éditorial s'est singulièrement relâché dans l'édition. Se faire publier, et même se faire publier chez un « grand », n'est plus du tout un gage de qualité. On ne compte plus les bouses et le bon bouquin devient l'exception.

On se trouve du coup totalement sur le même plan avec l'auto-édition : la bouse est la règle et l'exception l'heureuse trouvaille.

Quelle différence ? Aucune. Le vainqueur est tout trouvé et le futur gros aussi : un Amazon-like.

L'avenir est totalement écrit, grâce à l'édition qui lui a forgé une voie royale. Il y a sans doute encore moyen de renverser les choses, mais personnellement, je n'y crois pas : il est trop tard...

Cromanche

12/09/2021 à 18:35

Non ! "Les derniers jours ne nos pères" de Joël Dicker n'a pas été un succès de librairie à sa sortie, mais vraiment pas. Il s'est un peu vendu en Suisse, et quasiment pas en France. C'est son deuxième livre, "La Vérité sur l'affaire Harry Quebert" qui a propulsé Dicker vers les sommets. Tout naturellement, une partie des lecteurs de ce best-seller ont alors acheté le premier roman de Dicker, d'abord dans sa version grand format, puis, beaucoup plus massivement, comme le montrent les chiffres que vous citez, dans sa version poche.

A noter que Bernard de Fallois, qui commença sa carrière d'éditeur en secondant Guy Schoeller, puis en lui succédant, à la direction du Livre de poche d'Hachette, avait créé aux éditions de Fallois une collection de poche dédiée à Joël Dicker, De Fallois-poche. Honneur jusque-là réservé dans cette maison à Marcel Pagnol, grand ami de Bernard de Fallois, pour qui celui-ci avait créé la collection de poche "Fortunio" (même format, même apparence que Folio. Les libraires rangent donc les deux collections sur les mêmes rayonnages, et les clients achètent des Fortunio en croyant que ce sont des Folio. Quand on vous dit que Bernard de Fallois était un grand éditeur !)

Je parle des poches car, si on consulte les données d'Edistat ou de GFK, on s'aperçoit que, par rapport aux grands formats, jamais ils ne se sont mieux vendus. Les poches vont donc être un enjeu majeur dans les années qui viennent. De plus en plus d'éditeurs vont créer leur propre collection de petits formats. Et que feront les auteurs auto-édités ? (Dicker, par exemple, qui n'a jamais connu d'autre collection de poche que celle que son défunt mentor avait créée pour lui, va-t-il imiter son exemple ?)

Team ActuaLitté

12/09/2021 à 23:22

Bonjour
Alors, "Les derniers jours de nos pères".
Grand format : 10.705 exemplaires - 57 % de ventes en librairie
Poche : 362.587 exemplaires - 46 % de ventes en librairie. (données Edistat pour les deux formats)
On peut raisonnablement parler de succès, semble-t-il.

Cromanche

13/09/2021 à 09:39

Nous nous sommes mal compris. J'ai écrit que "Les derniers jours de nos pères" n'avait pas été "un succès À SA SORTIE". J'en veux pour preuve ce passage d'un article de Mohammed Aissaoui dans Le Figaro du 3 août 2013, consacré aux débuts de Joël Dicker, et plus précisément à la sortie de son premier roman :

"Côté ventes, on ne peut pas dire que ce fut le raz de marée : moins de 1 000 exemplaires, mais c'est le sort de nombreux premiers romans. « Alors, quand Bernard de Fallois m'a proposé de publier "La Vérité sur l'affaire Harry Quebert", j'ai pensé que c'était vraiment trop tôt, cela ne faisait que six mois que Les Derniers Jours de nos pères était en librairie. Et je vous l'avoue, j'avais peur que mon premier roman soit complètement écrasé... » En fait, le grand succès de La Vérité ... relance les ventes du premier titre, qui finit par atteindre 10 000 exemplaires."

Et ce sera ensuite l'explosion des ventes avec la parution en poche. C'est donc dans le sillage de l'immense succès de "La Vérité sur l'affaire Harry Quebert", que le premier livre de Dicker a commencé à bien se vendre. A sa sortie, et durant les premiers mois de sa présence en librairie, il a plafonné à 1 000 exemplaires. Les récapitulatifs d'Edistat n'indiquent la progression des ventes d'un ouvrage que pour les 4 dernières semaines. Si l'on veut connaître cette progression depuis l'origine, il faut consulter les archives de l'époque, si on les a conservées.

L.F. Courteveille

16/09/2021 à 10:24

En ce qui me concerne, je publie en indépendante avec un souci de finition éditoriale du texte largement meilleur que celui de nombre de maisons d'édition, tout simplement parce que je connais le métier (et j'ai déjà été publiée, sous un autre pseudonyme, ce n'est plus un enjeu)…
Ces dernières années, certaines maisons plutôt conséquentes ont laissé sortir des textes à l'état de friche. On sent le besoin de produire vite et beaucoup, d’économiser sur la révision. Cela ne rend service à personne.
J'ai en outre fait ce choix parce que je n'ai pas d'illusion sur la réalité : aujourd'hui, ce n'est plus seulement le livre qu'on vend, mais aussi l'auteur. Il doit être "bankable", faire joli sur la photo, avoir envie de briller en société. Pour ma part, je produis des textes, pas des spectacles. Je ne corresponds pas au modèle, je ne les intéresserai pas.
Écrivant dans le domaine de l'imaginaire, je ne souhaite pas non plus me conformer au schéma commercial dominant, qui consiste souvent en une surenchère de violence et de virilisme. Vous arrivez avec une œuvre singulière, on vous accueillera avec une tête de porte close, "ça ne se vendra pas" vous dira-t-on... Non, pas au début, peut-être, effectivement (quoique). Ça fait partie du jeu, quand on explore des chemins moins fréquentés... il faut le temps de la cristallisation, impossible lorsqu'on demande à un bouquin de faire ses preuves en trois mois, sous peine de pilon, dans un contexte où il sort plusieurs dizaines de livres par jour.
Pour finir, il est clair que les contrats standard d'édition actuels sont inadmissibles. Je ne vendrai jamais mes droits dans ces conditions. J'ai travaillé trop dur depuis des années pour me laisser marcher dessus.
Alors, ça sera plus difficile, plus long, plus tortueux ? Tant pis. Côté accueil des lecteurs... je ne peux vraiment pas me plaindre. Et ce sont eux qui importent, en définitive.

Margarita Dewey

08/10/2021 à 00:08

Sur le point d'être édité par un gros éditeur, je découvre perplexe à quel point un livre peut être bâclé pour sortir dans les temps. Grosse panique, et je suis assez déçu du résultat et des relations. Je ferai le boulot pour qu'il se vendre, mais le prochain ne sera probablement pas chez eux... En auto-édition je pense.

g. trompas

07/10/2021 à 12:22

Au Moyen-Âge, le libraire était aussi éditeur, imprimeur. Maintenant, il ne fait que vendre un objet qu’il ne connaît plus. Les trusts de distribution sont énormes et imposent leurs règles, leurs offices. Le libraire peut se défendre : c’est lui qui vend, après tout, qui tient le dernier maillon de la chaîne. Mais les rapports de force sont déséquilibrés.
Les distributeurs ménagent les libraires, en jouent ; ils les divisent entre eux, laissant à certains une marge de 30 %, à d’autres de 40 %. En fait, ils les tiennent sur la comptabilité, sur les avances. Ils s’informent auprès d’eux, compatissent à leurs revendications, les adoucissent pour mieux les tenir. Objectivement, libraires et distributeurs vont la main dans la main, mais l’un est la carotte et l’autre l’âne.
Quant au lecteur, lui, il achète, et se tait. De toutes façons, il n’a pas de visage, rien qu’un portefeuille.

François COUPRY, L’Anti-éditeur, Éditions Hallier, 1976, Albin Michel 1979. premier directeur de la Maison des écrivains (1984-1986), président de la SGDL, Société des gens de lettres de France (1996-2000), président et cogérant de la SOFIA, Société française des auteurs de l’écrit (2001-2005, puis 2010-2013). Président de la SGDL.

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Que dit le web d’un éditeur lorsqu’on cesse de parler sur lui pour observer ce qui se dit autour de lui ? À l’heure où la critique littéraire se fragmente entre médias prescripteurs, plateformes numériques, blogs spécialisés et réseaux sociaux, l’image d’une maison d’édition ne se construit plus seulement dans ses catalogues ou ses manifestes, mais dans un écosystème discursif diffus, cumulatif, parfois contradictoire. Les Éditions de Minuit, réputées pour leur discrétion autant que pour leur exigence, offrent à cet égard un terrain d’observation singulier.

12/12/2025, 11:40

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Transgression au féminin : de Rim Battal à Mririda N’Aït Attik

Paris. Vendredi, 4 décembre 2025. Rim Battal présente à Montmartre, son roman, Je me regarderai dans les yeux, éditions Bayard. La narratrice, dix-sept ans, dénonce, dès la première phrase, avec des mots crus, le chantage à la virginité. « Cela n’a pas duré plus de cinq minutes, mais, j’eus l’impression de passer une journée entière, les jambes écartées, nues, sur cette table d’examen médical ». Par Mustapha Saha.

10/12/2025, 19:11

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Imaginer des mondes que la science finit par construire : l’incroyable pouvoir des néologismes

D’où viennent les mots qui façonnent notre imaginaire technologique ? Des laboratoires, des auteurs de science-fiction… ou d’un espace trouble entre les deux ? Le mémoire Néologismes, entre fiction et réalité explore précisément cette zone de frottement où se rencontrent écrivains visionnaires et ingénieurs bien réels. Une question traverse ces pages comme un fil rouge : comment les néologismes circulent-ils entre inventions fictives et réelles, jusqu’à parfois se répondre, se nourrir, se transformer ?

08/12/2025, 10:50

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3 € pour lire : mythes et réalités d’une “taxe sur la lecture”, sur fond de crise du livre

Enquête et contre-enquête... La tribune d'Amazon incriminant les frais de port obligatoires détaille un constat alarmiste : depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos, les lecteurs paieraient 3 € à chaque commande inférieure à 35 €, une « taxe sur la lecture », affirme Amazon France qui aurait déjà coûté plus de 100 millions d’euros aux lecteurs. Mais le discours du directeur général mérite d’être nuancé — voire contesté — à plusieurs égards.

08/12/2025, 06:30

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Derrière Les Humanoïdes associés, la mystérieuse galaxie Giger

La dégringolade des Humanoïdes associés et du groupe américain Humanoids a choqué les milieux de la bande dessinée et de la science-fiction. Cependant, ces liquidations successives ne semblent pas remettre en question l’activité éditoriale de la structure, entre un calendrier de nouvelles parutions et le maintien de Métal hurlant en kiosques. La conséquence d’un montage économique et financier basé sur une foisonnante galaxie d’entreprises…

05/12/2025, 15:18

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Henri Fellner : “On a passé toute notre vie dans un écosystème dysfonctionnel, illégal”

Lorsqu’Henri Fellner raconte son premier jour à l’AGESSA, pour préparer sa retraite, il est presque soulagé de « faire les choses dans les règles ». Il vient d’entrer dans le monde professionnel par la grande porte : des collaborations avec Bayard, des dessins publiés dans des journaux sérieux, un environnement éditorial structuré. Bref, le scénario idéal pour un artiste de bonne volonté. Pourtant, la scène qui se déroule ce jour-là est d’une absurdité glaçante.

05/12/2025, 10:38

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Les Humanoïdes associés : récit d'un crash intergalactique et transatlantique

En matière de BD et de science-fiction, difficile de faire plus mythique que Les Humanoïdes associés, maison d'édition fondée en 1974 par Moebius, Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Portée par le vaisseau Métal hurlant, revue qui a influencé des générations de créateurs, elle a connu une existence mouvementée, faite de succès historiques et d'échecs tout aussi retentissants. Le dernier en date, en 2025, a tout emporté sur son passage.

01/12/2025, 12:25

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Artaud dans le désert algérien : ce que Zemmour ne comprendra jamais

Cette année-là, tout s’est mis à trembler. L’Europe se crispe comme une bête acculée. L’Allemagne d’Adolphe Hitler transforme la haine en ministère, et en France, le 6 février manque de renverser la République. Les ligues d’extrême droite déferlent sur la Concorde, veulent déborder la Chambre, les tirs claquent : quinze morts, des centaines de blessés. Le pays comprend soudain que le coup d’État n’est plus un fantasme, mais un film déjà storyboardé, presque tourné. Par Ilios Chailly.

28/11/2025, 19:05

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Witkacy ou la Forme Pure : l’art en état de crise permanente

Stanisław Ignacy Witkiewicz, dit Witkacy (1885-1939) est un « génie multiple » selon les mots d’Alain van Crugten. Peintre, dramaturge, romancier, photographe, mais aussi théoricien, il n’a cessé de penser l’art en des termes radicaux : ni instrument moral, ni relais politique, ni traduction psychologique. Par Charles Garatynski.

28/11/2025, 18:44

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Librairies indépendantes : face à l’assaut du numérique, quelles stratégies ?

ANALYSE – À l’ère de l’omnicanal et des médias sociaux, le commerce se métamorphose : derrière le magasin physique se dessinent de nouveaux modèles économiques, des logistiques repensées et une concurrence élargie à l’échelle mondiale. Pour les librairies, en particulier, cette révolution numérique ne constitue ni une simple rupture ni une menace, mais bien un levier potentiel d’innovation, à condition de conjuguer identité locale, expertise culturelle et nouveaux usages. Par Joel Diatezo.

24/11/2025, 10:48

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Collecter l’argent des œuvres ne donne pas droit à diriger la sécurité sociale des artistes

ANALYSE – L’interview du sénateur Jean-Raymond Hugonet, publiée dans nos colonnes, avait tout du plaidoyer tranquille : les organismes de gestion collective (OGC) seraient des acteurs « naturels » de la gouvernance sociale des artistes-auteurs, presque des piliers historiques qu’il conviendrait enfin de remettre à leur place. Mais la réalité, documents à l’appui, s’avère beaucoup plus nuancée. Et parfois franchement contraire à ce qui est avancé.

19/11/2025, 16:38

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Antonin Artaud à Rodez : vision gnostique contre raison psychiatrique (les électrochocs)

Kabhar Enis – Kathar Esti est le premier grand texte écrit par Antonin Artaud à Rodez après les électrochocs. Entre histoire mouvementée du manuscrit, analyse détaillée de ce « chant gnostique » et mise en cause du regard psychiatrique du fameux Dr Ferdière, le comédien et auteur passionné du Mômo, Ilios Chailly, montre combien ce texte, trop vite rangé du côté du délire, révèle au contraire un Artaud cohérent, informé et métaphysiquement rigoureux.

14/11/2025, 16:01

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“On a sauvé la maison” : enquête sur une réforme conçue pour protéger à tout prix la SSAA

Présentée comme une modernisation, la réforme du régime social des artistes-auteurs a surtout permis de préserver la Sécurité sociale des artistes-auteurs (SSAA), héritière de l’Agessa. Derrière les mots de « transformation » et « efficience », les documents internes et le rapport Bensimon-Weiler révèlent une manœuvre institutionnelle : sauver la structure, pas les artistes.

28/10/2025, 14:32

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Antonin Artaud face au théâtre balinais : naissance du Théâtre de la Cruauté

En 1931, au bois de Vincennes, l’Exposition coloniale internationale fut pour Antonin Artaud une expérience décisive. C’est là, devant les danses balinaises, qu’il découvrit un art total — fait de rythme, de souffle et de présence — qui allait bouleverser sa conception du théâtre et inspirer Le Théâtre et son Double. Par Ilios Chailly.

27/10/2025, 12:51

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Agone, Abyme et Les Crépusculaires : Mathieu Gaborit, 30 années de magie

Je me revois encore, il y a près de trente ans, tournant fébrilement les pages de Souffre-Jour, premier tome des Chroniques des Crépusculaires. À l’époque, adolescent sortant du brevet des collèges, j’ignorais que ce roman marquerait un tournant pour la fantasy française. Ou alors, une brillante carrière de journaliste littéraire s'ouvrait – ou, plus sérieusement, un bel avenir en cabinet de voyance. J'ai peut-être fait erreur...

26/10/2025, 13:54

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Littérature contre slogans : comment les romans racontent l’Amérique de Trump

La Novlangue trumpienne s’impose au-delà des réseaux sociaux.  Elle procède par une simplification extrême. Elle utilise des slogans binaires et des expressions émotionnelles percutantes qui réduisent notre capacité à penser la complexité du réel. Heureusement, la littérature offre un contrepoint salutaire. Les romans américains dessinent un tableau beaucoup plus divers. 

29/09/2025, 10:32

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Traumas et secrets : la famille brisée de la rentrée littéraire 2025

De la mère aimante et cruelle au père absent, des secrets d’exil aux violences conjugales, la rentrée littéraire 2025 déborde de familles blessées. Psy, sociologue ou sympathisant d’extrême droite : chacun lirait ces romans différemment. Mais tous s’accorderaient sur une chose — la famille n’a jamais été aussi fragile, ni aussi centrale en littérature.

06/09/2025, 11:10

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Enquêteurs atypiques et sujets de société : le polar cosy du XXIe siècle

Sous ses airs traditionnels, le cosy mystery contemporain n’est pas figé dans le passé. Au contraire, il évolue pour refléter la société d’aujourd’hui, introduisant de la diversité dans ses personnages et abordant des thèmes actuels – tout en conservant sa légèreté caractéristique. 

03/09/2025, 10:07

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Polar breton, enquête provençale : le cosy mystery à la française

Le phénomène du cosy mystery n’a pas tardé à franchir la Manche pour gagner le cœur des lecteurs francophones. Longtemps, le genre est resté confidentiel en France – cantonné aux traductions d’Agatha Christie ou aux intrigues so british. Mais ces dernières années, on assiste à une véritable déferlante de polars “douillets” adaptés à l’Hexagone.

01/09/2025, 11:07

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Comment les héritiers d’Agatha Christie ont modernisé “cosy mystery” ?

La silhouette en tweed de Miss Marple continue de hanter le cosy mystery, mais le genre ne vit pas que dans le souvenir d’Agatha Christie. Après l’âge d’or britannique des années 1920-1930, il a traversé le siècle en se renouvelant par petites touches, sans rien perdre de son ADN bienveillant. 

26/08/2025, 11:52

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Le cosy mystery, ce polar qui réchauffe le cœur des lecteurs

Le rideau s’ouvre sur un manoir anglais baigné de lumière, un chat qui ronronne près de la cheminée, et une vieille dame souriante servant le thé. Bienvenue dans le cosy mystery, un sous-genre du polar où même le crime semble se dérouler sur la pointe des pieds. Ici, le meurtre se fait feutré, l’énigme se tricote au coin du feu et l’atmosphère est aussi apaisante qu’une balade dans la campagne anglaise.

23/08/2025, 10:15

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La vulnérabilité comme langage commun des années 2020

Que raconte, au fond, cette Sad Girl Literature ? D’abord une expérience vécue — solitude, précarité affective et matérielle, hyper-conscience de soi — qui n’est pas que « triste ». Elle est politique (dans la manière de décrire le corps face aux normes), économique (dans la façon de détailler l’épuisement au travail), médiale (dans l’imbrication du récit et des réseaux).

20/08/2025, 13:30

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Redéfinir l’expérience de lecture à l’heure du livre numérique accessible

Aujourd’hui encore, plus de 2/3 des livres numériques jeunesse sont produits dans des formats qui reprennent fidèlement la mise en page de leur version imprimée. Une solution rassurante pour les éditeurs, car elle garantit que le rendu visuel reste intact. Mais ce choix interroge sur leurs stratégies numériques, notamment par l’inclusion de ceux qui présentent des troubles (dys…), devenue une exigence majeure.

19/08/2025, 11:28

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Sad girl lit : mode fugace ou symptôme durable ?

Tour à tour caricaturé en littérature de l’ennui chic et célébré comme le miroir des tourments contemporains, le « sad girl lit » n’en finit pas de provoquer. Accusé d’uniformiser l’expérience féminine, il est aussi le terrain d’expérimentations queer, de fables cannibales et d’utopies « hopepunk ». Symbole d’une génération qu’on dit mélancolique, ce label concentre surtout les fractures d’une critique en quête de nouveaux horizons.

19/08/2025, 11:18

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Marketing de la vulnérabilité : BookTok et Sad Girl Lit, les usines à émotions

Difficile d’évoquer la diffusion du phénomène SadGirlLit sans parler de BookTok. En 2021, les ventes de livres imprimés aux États-Unis ont atteint un sommet historique (825 millions d’unités) — l’analyste NPD citée par le World Economic Forum pointait explicitement l’effet TikTok et la création de rayons « BookTok made me buy it » chez des chaînes comme Barnes & Noble.

18/08/2025, 08:00

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Pourquoi Lire entre les lignes séduit autant les amateurs de casse-tête littéraire

Dans la grande foire des applications mobiles, où la couleur crie plus fort que l’idée, Lire entre les lignes avance avec l’air modeste des jeux qui n’ont qu’une arme : l’intelligence. Pas de saga, pas d’effets pyrotechniques, pas d’univers gonflé au vide. Juste des mots, des images, des pièges et ce moment délicieux où le cerveau comprend une seconde trop tard qu’il s’est fait avoir. C’est peu. C’est beaucoup.

14/03/2026, 18:09

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Entretien caviardé : Livres Hebdo juge “irrecevable” le droit de réponse de Jean-Yves Mollier

Après la modification d'un entretien sans l'accord du principal intéressé, l’historien Jean-Yves Mollier, la revue Livres Hebdo refuse à présent la publication d'un droit de réponse, selon l'avocat du professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay/Versailles-Saint-Quentin. 

13/03/2026, 16:35

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Entre Montaigne, Nerval et Pascal Quignard : le voyage littéraire d’Éric Poindron

Passionné par les auteurs mineurs, les petites éditions, le tout jeune sexagénaire Éric Poindron nous parle de livres, de voyages et d’amitié à travers un récit autobiographique qu’on pourrait qualifier d’hybride. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

 

13/03/2026, 15:37

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La Peuplade a 20 ans : “Plus la maison va bien, plus on peut prendre des risques”

Fondateur de La Peuplade en 2006 aux côtés de Mylène Bouchard, Simon Philippe Turcot dirige aujourd’hui une maison québécoise solidement implantée au Canada et désormais installée dans le paysage français. À l’heure des 20 ans, il revendique moins la taille que le mouvement, moins la posture que l’élan. Portrait d’un éditeur qui traverse l’Atlantique comme il défend ses livres : sans relâche.

12/03/2026, 12:34

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Pour une politique commune du jeu en tant que pratique culturelle

Le domaine du jeu, qu'il soit de société ou vidéo, accueille aujourd'hui de nouveaux publics, et se trouve de plus en plus légitimé au sein des pratiques culturelles. Ludothèques et médiathèques le rendent plus accessible, tandis que les professionnels assurent une indispensable médiation. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) et l'Association des Ludothèques Françaises (ALF) appellent, dans un texte reproduit ci-dessous, à une politique publique ambitieuse pour affirmer la place du jeu dans les lieux culturels.

11/03/2026, 11:29

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Un Cultura à Forbach : “Pourquoi faire ?”

L'enseigne de produits culturels et créatifs Cultura pourrait s'inviter prochainement à Forbach, en Moselle, après la cession d'une parcelle à Valimmo, la société foncière du groupe. La Librairie-Pâtisserie Autonome, installée dans la ville depuis juillet 2025, interpelle les candidats à la mairie sur les conséquences d'une telle installation pour le tissu commercial du centre-ville. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, la tribune adressée par les libraires aux six candidats et candidates.

10/03/2026, 16:20

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“Internet, l’eldorado utopiste qui a fini en LIDL”

Il y a environ vingt-cinq ans Thierry Théolier faisait la couverture de Technikart. Avec son look original, branché, sa casquette Paris enflammée et son style unique, l’homme était coutumier des soirées mondaines, où il venait délibérément jouer les pique-assiettes et les provocateurs. Influencé par le concept de happening, Thierry, polyvalent, s’illustre à la fois sur le web, sur scène en tant que DJ, poète-performer, mais aussi en tant qu’auteur, et en tant que théoricien, volontairement « crevard », de la dude attitude, telle qu’exposée dans le Dude manifesto, essai publié en 2015. Propos recueillis par Etienne Ruhaud.

10/03/2026, 12:08

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15 minutes de lecture vaudront toujours mieux qu'une injonction à lire

Pourquoi la lecture résiste aux mots d’ordre ? Les politiques publiques ont toujours traqué la formule capable de faire lire. Campagnes nationales, prescriptions scolaires, slogans institutionnels : tous poursuivent le même objectif. Mais l’acte de lire résiste aux mots d’ordre.

10/03/2026, 10:16

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Jean-Yves Mollier : “Cette censure a entraîné une déformation complète de mon entretien”

Nous publions ci-dessous le texte d’un droit de réponse adressé le 2 mars 2026 au directeur de la publication du magazine Livres Hebdo par l’historien Jean-Yves Mollier, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay / Versailles-Saint-Quentin. Ce document a été transmis par l’intermédiaire de son conseil, Me Stephan Alamowitch, avocat à la Cour.  

09/03/2026, 14:06

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Auteurs autoédités : pourquoi Amazon ne suffit plus pour vivre de ses livres

Le numérique avait promis l’émancipation ; il a surtout dressé des péages partout. Derrière l’écran lisse, des auteurs comptent des pages lues, mendient une mise en avant, regardent filer la marge et le lecteur avec. Dans cette foire aux algorithmes, Thotario entre comme un démonteur de machine : pas pour repeindre la cage, mais pour rouvrir les issues et rendre aux créateurs un territoire qu’ils avaient cessé d’habiter. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

09/03/2026, 13:58

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Macron et Neruda : les conseils que le Nobel chilien aurait donnés au président

Alors comme ça, Emmanuel Macron aime poser avec des livres de la maison Gallimard – et plus particulièrement l'édition Quarto, Résider sur la terre. Œuvres choisies de Pablo Neruda ? invité dans les bureaux de l’Élysée : manuel de survie poétique pour un président en fin de cycle
 

07/03/2026, 08:00

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Le marché d'occasion numérique, un continent juridique encore inexploré

Le numérique culturel s’impose partout, mais un détail change tout : le marché secondaire demeure un désert juridique. Dans le livre comme dans le jeu vidéo, l’achat en ligne ressemble à une propriété. En réalité, il s’agit le plus souvent d’un droit d’usage personnel, encadré par des conditions générales. Je m’intéresse à cette faille depuis le jeu vidéo, mon premier terrain de culture. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

06/03/2026, 14:53

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Face au “modèle économique planétaire mortifère” d'Amazon, “unissons-nous”

L'épisode polémique autour du partenariat noué entre Amazon et le Festival du Livre de Paris, avec l'assentiment du Syndicat national de l'édition, laissera des traces dans la chaine du livre. Il témoigne d'une présence de plus en plus banalisée de la multinationale américaine au sein de cette dernière, un constat contre lequel le collectif lyonnais TENIR ! appelle à se mobiliser, dans une tribune.

06/03/2026, 10:50

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Jean-Claude Ceccarelli : quand la réalité se mêle à la fiction pour raconter l'Histoire

ActuaLitté ouvre ses colonnes à Jean-Claude Ceccarelli, qui revient sur son goût pour les récits mêlant faits historiques et imagination romanesque. À travers ses ouvrages consacrés à Paris et à la Renaissance italienne, il évoque sa manière de faire dialoguer réalité et fiction pour raconter l’Histoire.

05/03/2026, 15:34

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“Les pratiques d’Amazon fragilisent les librairies en France comme à l’étranger”

Suite à la polémique qu'a déclenchée la présence d'Amazon au Festival du livre de Paris, édition 2026, l’association internationale des libraires francophone (AILF) a fait parvenir à ActuaLitté un communiqué. Par ce texte, l'organisation se tient solidaire du Syndicat de la Librairie française dans la dénonciation du partenariat entre le Festival du Livre de Paris et Amazon. Leur texte est proposé dans son intégralité.

04/03/2026, 10:38

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Un maire peut-il interdire un livre ? Les bibliothécaires rappellent la loi

L’Association des bibliothécaires de France réaffirme que la censure n’a pas sa place en bibliothèque, à la suite de l’intervention d’un maire auprès d’une professionnelle pour empêcher l’acquisition d’un roman. S’appuyant sur le cadre légal, l’ABF rappelle que les collections doivent être pluralistes et exemptes de toute pression idéologique, politique ou religieuse. 

03/03/2026, 13:20

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Perrette is The New Queen – et si la laitière avait toujours eu raison ?

Les occasions de rêver, sans arrière-pensée ni messages d’alerte subliminaux, devenant assez rares, j’ai pris comme une bouffée d’oxygène, en une sorte de flash réconfortant, l’image de Perrette et de son fameux pot au lait, rendue populaire par Jean de La Fontaine (Fables, Livre VII).

02/03/2026, 15:53

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Un chef-d’œuvre oublié d’une survivante d’Auschwitz enfin publié en France

Le 6 mars paraîtra aux éditions des Syrtes La Promenade de Mária Földes, « une véritable découverte littéraire », traduit du hongrois (Transylvanie) par Catherine Fay. Un roman autobiographique publié en 1974, écrit par une autrice de langue hongroise en Roumanie, survivante de la Shoah, oubliée ensuite par les vagues de l’histoire. 

02/03/2026, 12:04

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Le tarot : un mystérieux et fascinant jeu de cartes…

À la fin du Moyen-Âge, dans les années 1430, un jeu somptueux fut créé pour le divertissement des riches aristocrates de l’Italie du Nord. Ses cartes magnifiques, enluminées et dorées à l’or fin, se répandent dans les cours italiennes. Et depuis lors, ce jeu, appelé « jeu des triomphes » puis « tarot », fascine les esprits…

02/03/2026, 11:43

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Trump bannit l’IA Claude : un scénario que John le Carré aurait reconnu

Le 27 février 2026, Donald Trump a ordonné à toute l'administration américaine de cesser d'utiliser l'IA d'Anthropic. Derrière la décision : une opération militaire au Venezuela, un garde-fou automatique, et un refus maintenu sous pression directe de la Maison-Blanche. John le Carré aurait reconnu cette histoire. Il l'avait déjà écrite.

01/03/2026, 10:02

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“Pourquoi je suis partie ? Une maison d’édition ne se construit pas avec des tableurs”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 9. Grand final. Oui, je respire encore. Il aura fallu des semaines de négociations pour aboutir. Je m'appelle Victoire. J'ai décidé de tout envoyer paître. Je vous annonce que je me casse, pour retrouver mon indépendance, dans un cadre respectueux et factuel.

27/02/2026, 16:57

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Fille de pute censuré : quand la fiction révèle les fractures du réel

Un maire refuse l’acquisition d’un roman dans une médiathèque municipale. Le livre : Fille de pute, de Swann Dupont. Les motifs avancés sont connus. Pas de règlement voté, donc pas d’achats, considère le maire. Et puis, n'oublions pas la protection des mineurs, donc l'impérieuse prudence. D'ailleurs, le titre du livre lui-même, voyez-vous... même sans lire le bouquin, pas besoin d'aller trop loin. Pourtant, la lecture de ce récit fait assez mal à la réalité. 

25/02/2026, 16:43

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L'édition, “enjeu stratégique pour ces milliardaires en quête d’influence”

En octobre 2025, la députée Sophie Taillé-Polian (Écologiste et Social, Val-de-Marne), vice-présidente de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale, déposait une proposition de loi cherchant à empêcher « la constitution de monopoles économiques dans les secteurs des médias et de l'édition ». Elle revient pour nous, à l'occasion d'un entretien, sur les motivations derrière ce texte, pensé en réponse à un phénomène qui « représente un danger pour notre démocratie ».

25/02/2026, 10:10

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Parenthèses à Hong Kong : une librairie dédiée aux rencontres et à la langue française

Il existe, en plein centre de Hong Kong, une librairie française - mais il serait plus juste de dire francophone - nichée dans le quartier animé de Sheung Wan, au beau milieu des gratte-ciel, des tramways grinçants - que l’on appelle ici ding-ding - et du flux continu des passants.

24/02/2026, 17:25

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Municipales 2026 : les archivistes interpellent les futurs maires

À l’approche des élections municipales de mars 2026, l’Association des archivistes français (AAF) intensifie son plaidoyer. L’organisation lance un appel national aux maires sortants candidats à leur réélection ainsi qu’à l’ensemble des futur·es candidat·es, les invitant à s’engager formellement en faveur d’une gestion rigoureuse des archives communales et intercommunales.

24/02/2026, 14:48

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Fille de pute, victime de la censure : un maire peut-il interdire un roman en médiathèque ?

Qu’une médiathèque de l’Orne reçoive des conseils du maire, quant aux ouvrages qui ont droit de cité ou non dans les étagères, voici qui étonne. Le titre du récit que Swann Dupont a publié chez Istya & Cie, peut-être – Fille de pute –, mais l’argument serait court. Dans une longue tribune, l’autrice détaille cette étonnante situation et combien l’interventionnisme de l’édile va à l’encontre du sens commun – pour ne pas dire, du bien commun.

23/02/2026, 16:43

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Science et âme : sommes-nous seulement notre cerveau ?

À un mois du rendez-vous parisien, La Conscience & l’Invisible, qui se tiendra au Grand Rex, voit son programme et ses intervenants susciter curiosité et intérêt. Dans la continuité des précédentes éditions conçues de concert, les éditions Guy Trédaniel s’associent à l’essayiste et conférencier Jean Staune. Cette rencontre rassemblera un large auditoire autour d’une interrogation qui résiste aux certitudes — ce que “nous” sommes, et ce qui, peut-être, subsiste lorsque le cerveau s’éteint.

23/02/2026, 15:31

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Retraites d’auteurs : “Un dispositif créé pour ne pas fonctionner” que l’État a laissé pourrir

Cette tribune naît d’une plongée dans le scandale Agessa, de ces mois passés à s’enliser dans un marécage administratif où chaque démarche enfonce davantage. Derrière les formulaires, les silences et les réponses dilatoires, se dessine un système qui exige des victimes qu’elles financent leur propre réparation. Ce récit d'Henri Fellner expose les rouages d’un piège institutionnel, ses acteurs, ses complicités et les forces qui s’acharnent à maintenir les auteurs hors du droit commun. 

23/02/2026, 12:02

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Pas de cartes postales : “Mon premier livre vendu, c’était une biographie du Che”

Sur le quai de l’Hôtel de Ville, Pierre est assis avec son camarade Maxime. L'ancien libraire et chineur invétéré nous présente ses « outils » : des textes « utiles », des archives de luttes, des classiques qui reviennent, des fonds devenus introuvables ou presque - et surtout, des ponts.

20/02/2026, 18:22

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Les documentalistes territoriaux, un “rôle fondamental” dans la vie publique

À l'heure de la remise en cause de la fiabilité des informations par les intelligences artificielles génératives, de la post-vérité et d'une réduction drastique des dépenses publiques, les documentalistes territoriaux et leurs services sont menacés. L'association des spécialistes de l'information-documentation, Interdoc, appelle dans une tribune à maintenir les moyens et missions des documentalistes, et qualifie leur rôle dans la vie publique de « fondamental ».

19/02/2026, 11:25

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Prix Les Visionnaires 2026 : des romans pour éclairer le présent et interroger l’avenir

Bibliothécaire à la médiathèque Jean Rousselot, à Guyancourt (Yvelines), Grégory Launay est membre du jury du Prix Les Visionnaires 2026. À travers ce prix littéraire et territorial, il défend une vision de la lecture comme outil de médiation, de réflexion sur le monde contemporain et de dialogue avec les différents publics.

17/02/2026, 15:54

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Spectacle vivant : l’intersyndicale annonce une crise “d’une gravité exceptionnelle“

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, l’intersyndicale du spectacle vivant public alerte sur une crise d’une « gravité exceptionnelle ». Les organisations dénoncent les effets de la loi de finances, l’effondrement des financements territoriaux et les menaces pesant sur l’intermittence. 

17/02/2026, 12:40

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Luciana Peker : “Aimer mieux, c’est aimer sans hiérarchie ni soumission”

La Saint-Valentin déborde de cœurs rouges, mais sous le vernis sucré, Luciana Peker tranche dans la chair du mythe romantique. Son enquête dissèque l’amour comme un champ de bataille intime, saturé d’héritages politiques, de domination feutrée et de déséquilibres affectifs. Entre désir sincère et architecture sociale, elle dévoile une cartographie du sentiment où le pouvoir circule, s’infiltre et modèle les corps, les choix et les silences, loin du conte amoureux vendu comme universel.

17/02/2026, 09:35

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Agents littéraires : la mutation silencieuse qui transforme la carrière des écrivains

C’est un petit séisme auquel a assisté l’édition voilà une semaine : après la publication d’une quinzaine d’ouvrages et près d’un million de livres vendus, Patricia Darré décidait de collaborer avec Mickaël Palvin fondateur de l’agence littéraire Héraklès. Pourquoi ce choix, quand la notoriété et la réussite sont avérées ? Et que dit cette relation nouvelle de l’époque ?

13/02/2026, 17:01

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Les Passantes : des vies effacées qui éclairent l’Histoire

Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

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Livres jeunesse : la classification proposée par le RN, “fausse bonne idée”

Le député d'extrême droite Julien Guibert (Nièvre, Rassemblement national) a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à instaurer un système de classification par âge des ouvrages destinés aux jeunes et aux adolescents. Une initiative accueillie fraîchement par pratiquement toutes les professions du secteur : l'Association des bibliothécaires de France ajoute en effet ses propres arguments pour écarter l'idée, dans une tribune reproduite ci-dessous en intégralité.

09/02/2026, 10:13