#Prix littéraires

Une sociologie des jurés des prix de la rentrée littéraire

#PrixAutomne23 - Événement sans doute plus commercial et médiatique que littéraire, la rentrée de septembre réjouit les éditeurs. Mais pas que : au cœur de Saint-Germain-des-Prés, des jurés usent de leur influence pour désigner quelques heureux et heureuses élues... Un examen sociologique de ces personnalités renseigne sur la manière dont la culture littéraire légitime se définit, à cette période de l'année. Et, surtout, par qui : en majorité des hommes blancs, souvent fils de notables, âgés de 63 ans en moyenne et... de droite ?

Le 20/09/2023 à 09:38 par Antoine Oury

7 Réactions | 1657 Partages

Publié le :

20/09/2023 à 09:38

Antoine Oury

7

Commentaires

1657

Partages

Partager cet article sur Bluesky Partager cet article sur Mastodon Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article
ActuaLitté

Rentréelittéraire23 - Les prix de la rentrée littéraire constituent le marronnier idéal des journalistes culturels : des sujets que l'on couvre sans trop d'efforts, en recueillant les commentaires enthousiastes du jury et les remerciements modestes des lauréats – sans omettre quelques petits fours engloutis au passage.

La critique des prix littéraires n'est pas un marronnier moins feuillu : en crise de légitimité, concurrencés par les prescriptions des bibliothécaires, des libraires, des blogueurs et des influenceurs, parasités par des polémiques fréquentes sur les conflits d'intérêts... Les récompenses de la rentrée n'ont indéniablement plus le même prestige qu'auparavant.

Du prix à la valeur

Néanmoins, certaines d'entre elles exerce une influence considérable sur les ventes de la fin d'année, période essentielle pour l'industrie de l'édition. Le Prix Goncourt, notamment, propulsera dans la stratosphère un ouvrage qui, sans ce sacre, aurait connu des ventes plus modestes. Ainsi, en 2021, Mohamed Mbougar Sarr a vendu 377.172 exemplaires de La plus secrète mémoire des hommes (Jimsaan & Philippe Rey).

Un prix littéraire pèse aussi sur la manière dont tel ou tel auteur est considéré : l'obtention d'une récompense, bonne pour l'ego, facilitera aussi les négociations contractuelles d'un prochain ouvrage, avec une avance ou un pourcentage des ventes plus confortables. Sans oublier la médiatisation et d'éventuelles invitations — à la rémunération encadrée — dans des salons et festivals.

PODCAST – Prix littéraires 2022 : quel impact sur les ventes ?

Enfin, le prix littéraire est un enjeu d'influence, d'acceptation au sein d'un cénacle où la reconnaissance s'échange comme une poignée de main ou une bise entre initiés.

Pour mieux comprendre ces réseaux d'influence et de légitimité culturelle, nous avons étudié les profils des jurés de prix littéraires de la rentrée, en nous concentrant plus particulièrement sur 10 d’entre eux (Prix Décembre, Prix Goncourt, Prix Renaudot, Prix de Flore, Prix Jean Giono, Prix Interallié, Prix Médicis, Prix Fémina, Prix Wepler et Prix des Deux Magots).

Pourquoi ces récompenses ? D'abord, parce qu'elles jouissent d'une couverture médiatique considérable et qu'elles élisent des ouvrages de la rentrée littéraire (le Prix Jean Giono ne le revendique pas, mais le fait cependant). À ce titre, le Grand Prix du Roman de l'Académie française n'a pas été inclus, car il est censé revenir au titre « que l’Académie a jugé le meilleur de l’année » (souvent publié en août-septembre, mais pas toujours, à l'instar du Mage du Kremlin, sorti en avril 2022).

Nous n'avons pas pris en compte les prix littéraires décernés par des médias (Le Monde, Les Inrocks...) ni par une enseigne de libraires ou des grandes surfaces culturelles (le Prix du Roman Fnac, par exemple). 

Ceux et celles qu'il faut connaitre

En 2023, Frédéric Beigbeder a publié Confessions d'un hétérosexuel légèrement dépassé chez Albin Michel, et écumé les médias pour expliquer qu'il était en voie de disparition (!), menacé par la cancel culture et les redoutables wokistes. Aucun risque en matière de prix littéraires : l’écrivain de 57 ans siège ainsi parmi les jurés du Prix Renaudot, du Prix de Flore et du Prix Maison Rouge (il a cofondé les deux derniers).

INTERVIEW – “Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre”

Il décroche la palme de l'auteur le plus « investi », devant Arnaud Viviant, qu'il connait bien, au Prix de Flore également et au Prix Décembre, Franz-Olivier Giesbert (Prix Renaudot et Prix Jean Giono), Étienne de Montety (Prix des Deux Magots et Prix Jean Giono), Marianne Payot (Prix des Deux Magots et Prix Jean Giono aussi) ou bien Jean-René van der Plaetsen (Prix de Flore et Prix Interallié).

Auteurs et autrices en quête de reconnaissance, soyez prévenus : il ne faudra pas se fâcher avec ces personnalités...

Qui se ressemble s'assemble ?

Si les prix littéraires de la rentrée s'efforcent de faire valoir leur « singularité » par le choix de lauréats différents, on constate une certaine homogénéité au sein des jurés.

Au-delà des cumulards évoqués, les 10 récompenses littéraires prises en compte ne font ainsi apparaitre qu'un nombre infime de personnes non blanches au sein de leurs jurys, qui se comptent sur les doigts d'une main. Pour dénicher des jurys de prix littéraires où la diversité est plus présente, il faut se tourner vers le Prix littéraire de la grande mosquée de Paris ou le Prix de la Porte Dorée, lié au Musée national de l’histoire de l’immigration... Ce qui symbolise assez bien la place qui lui est encore réservée par certaines institutions culturelles.

Sur les 106 jurés recensés, on compte 58 hommes pour 48 femmes. Un écart qui s'étend lorsque l'on retire du total deux prix très « genrés », le Prix Fémina d'une part (12 femmes) et le Prix Interallié d'autre part (9 hommes). 49 hommes face à 36 femmes, soit une répartition 58/42 %. Sans le Prix Fémina, créé en 1904 pour contrebalancer un Prix Goncourt jugé misogyne, la représentation féminine serait sans conteste plus faible.

/uploads/images/repartition-hommes-femmes-jury-prix-rentree-litteraire-6503084522376193052788.jpg

Faut-il être à la retraite pour décerner des prix littéraires ? Si l'âge légal de départ est désormais de 64 ans, l'âge moyen des membres des jurés des 10 récompenses prises en compte s'établit à 63 ans. Le Prix Médicis, avec une moyenne de 73 ans, est le plus « âgé », quand le Prix Wepler est de loin le plus « jeune », avec une tranche d'âge moyenne située entre 30 et 40 ans, selon ses organisateurs. Le Prix Décembre suit, à 59 ans, puis le Prix de Flore (60), l'Interallié (61) et les Deux Magots (63,5). Le Prix Goncourt, qui a fixé en 2008 une limite d'âge de 80 ans pour ses jurés, affiche 71 ans, avec un peu de marge. 

Loin de verser dans l'âgisme, remarquons que l'on prêterait une lucidité littéraire corrélée au nombre des années, d'après le paradigme des récompenses de la rentrée.

Que faut-il pour être juré ?

Le prestige d'une récompense tient surtout à son nom et à son histoire, plus qu'à ses jurés. Néanmoins, le recrutement nécessite un CV où figurent certaines expériences.

Notons d'emblée la place à part du Prix Wepler au sein des récompenses de la rentrée : créé en 1998 par la libraire Marie-Rose Guarniéri, il réunit 5 membres de la profession au total dans son jury, accompagnés par 3 journalistes, un lecteur, une agente de La Poste et une personne détenue. C'est de loin, comme nous allons le voir, le prix littéraire le plus socialement diversifié de cette période particulière. Il ne compte par ailleurs aucune personnalité médiatique, ce qui n'a pas permis de l'étudier d'une manière aussi détaillée que les autres.

Journalistes, auteurs, etc.

Ainsi, tous les membres des jurys des 9 autres récompenses littéraires sont eux-mêmes auteurs et autrices d'ouvrages publiés, à de rares exceptions, dont Maxime Catroux, éditrice chez Flammarion (Prix Décembre), Véra Michalski, éditrice présidente du groupe Libella (Prix Jean Giono) et Marianne Payot, journaliste rédactrice en chef Livres de L'Express.

ANALYSE – La concentration a raflé les prix de la rentrée littéraire 2022

Les métiers de l'écriture dominent d'une manière écrasante, avec des journalistes également auteurs d'ouvrages publiés, comme Christophe Ono-dit-Biot, Étienne de Montety, Laurence Caracalla ou bien Franz-Olivier Giesbert. On relève assez peu d'éditeurs « déclarés » (nous reviendrons sur ce point), si ce n'est Maxime Catroux, donc, Vera Michalski, et Manuel Carcassonne (Prix de Flore), qui assume — ou assuma — les trois métiers évoqués : auteur, journaliste (critique littéraire, notamment pour Le Point) et éditeur (Grasset et désormais Stock).

Dis-moi où tu vis...

Il demeure assez complexe d'établir la situation socio-économique des 106 jurés réunis, bien que certaines particularités sautent aux yeux. Concernant l'origine géographique, d'une part : si aucun prix n'est totalement tourné vers Paris (celui des Deux Magots comprend 5 jurés originaires la capitale au bas mot, sur 12), tous comptent dans leur jury au moins un Parisien, une Parisienne ou des banlieusards. 

Devant le restaurant Drouant, pendant que les jurés du Goncourt délibèrent - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Devant le restaurant Drouant, pendant que les jurés du Goncourt délibèrent - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Et lorsque l'on écrit « banlieusards », on pense en réalité à Boulogne-Billancourt et Neuilly-sur-Seine, les deux villes disposant du plus grand nombre de foyers fiscaux ayant un revenu fiscal de référence supérieur à 100.000 € en France...

Si Paris figure en tête du palmarès des villes d'origine des jurés (18 occurrences), elle est suivie par Neuilly-sur-Seine (6 occurrences) et Boulogne-Billancourt (3 occurrences). Les autres villes de France (ou d'autres pays) ne sont jamais autant représentées, sauf Bâle (Suisse), qui atteint les deux occurrences (y sont nés Vera Michalski et l'auteur Robert Kopp, tous deux au jury du Prix Jean Giono).

Le Prix Wepler, plus diversifié dans la composition de son jury, s'appuie tout de même sur des membres « majoritairement de Paris » et de la région parisienne (librairie Millepages à Vincennes), avec l'agente de La Poste pour représenter les régions.

“Selon que vous serez puissants ou misérables”

Il serait toutefois faux d'affirmer que les prix littéraires sont un passe-temps parisien (on trouve dans les jurés une relative diversité en matière de villes de naissance), force est de constater que la région parisienne a malgré tout bien plus de poids dans la composition de l'ensemble des jurys.

Au-delà du lieu de naissance, on perçoit aussi certaines caractéristiques récurrentes concernant l'origine sociale des jurés. Pour le dire simplement, mieux vaut être bien né, jouir d'une illustre ascendance et d'un héritage favorable.

DOSSIER – Les prix littéraires de la rentrée 2023

On retrouve ainsi parmi les jurés quelques fils et filles de responsables politiques ou de haut-fonctionnaires (Françoise Chandernagor, fille de ministre ; Dominique Bona, fille de secrétaire d'État ; Stéphane Denis ; Pauline Dreyfus) et même un ancien ministre (Frédéric Mitterrand), mais aussi des descendants d'industriels ou d'affairistes (Manuel Carcassonne ; Christine Jordis, fille d'Henri de Foucaucourt, industriel, journaliste et directeur de banque ; Vera Michalski, arrière-petite-fille de l'industriel suisse Fritz Hoffmann-La Roche).

Une généalogie bourgeoise peut aussi être utile, à l'instar de celle de Frédéric Beigbeder, Clara Dupont-Monod et Étienne de Montety.

Enfin, d'illustres aïeux permettront de s'annoncer plus facilement (Jean-Marie Rouart, fils du peintre Augustin Rouart ; Julie Wolkenstein, fille de l'académicien Bertrand Poirot-Delpech ; Didier Decoin, fils du cinéaste Henri Decoin...) Une fois ces observations réalisées, la question demeure : les prix littéraires sont-ils élitistes parce que la littérature l'est, ou l'inverse ?

Héritage et légitimité

Les héritages — culturels, aussi bien que financiers — d'un certain nombre de membres des jurés des prix de la rentrée interrogent sur la manière dont ce moment médiatique et littéraire façonne la culture dite « légitime ». Autrement dit, les livres qu'il faut avoir lus, les auteurs qu'il faut célébrer : l'orientation particulière de la composition des jurys ne risque-t-elle pas de privilégier des centres d'intérêt, des goûts esthétiques, une certaine morale par rapport aux autres ?

Il se révèle assez complexe de dégager les orientations politiques et idéologiques des jurés des récompenses de la rentrée. Difficile en tout cas de passer à côté d'un certain glissement du quartier parisien de Saint-Germain-des-Prés, auquel se rattache encore la rentrée littéraire. 

Le quartier est passé de fief d'une gauche intellectuelle et engagée (non sans ressources) après la Seconde Guerre mondiale, à territoire de la « gauche caviar », passablement embourgeoisée au tournant du XXIe siècle.

Remarquons simplement qu'aujourd'hui, les journalistes et proches du Figaro sont plus représentés au sein des jurés que les collaborateurs de L'Humanité, ou même de Libération. Étienne de Montety, Frédéric Beigbeder, Jean-René van der Plaetsen, Jean-Pierre Saccani, Bertrand de Saint-Vincent, Jean-Marie Rouart, Stéphane Denis, Éric Neuhoff, Philibert Humm, Jean Chalon, Éric Deschodt ou encore Jean-Luc Coatalem, tous ont signé ou signent toujours des articles au Fig’ comme au Fig' Mag'.

En y ajoutant les journalistes et critiques des publications de droite que sont L'Express et Le Point, il subsiste finalement assez peu d'espace pour des titres que l'on classe plus volontiers à gauche. Ainsi, après le temps de la gauche caviar, celui de la droite Ruinart à Saint-Germain ?

Juges et partis ?

Les accusations de copinage et de renvois d'ascenseur sont fréquentes à l'égard des prix littéraires, non sans raison. Des polémiques surviennent régulièrement, la dernière en date, en 2021, ayant conduit le Prix Goncourt à refuser les livres des proches des Académiciens...

Mettre au jour les amitiés et liens entre les uns et les autres n'était pas vraiment possible et, à part dans le cas des éditeurs de métier (Maxime Catroux de Flammarion au Prix Décembre, Manuel Carcassonne de Stock au Prix de Flore), il est parfois difficile de connaitre le rôle d'un auteur au sein d'une maison : par exemple, Arnaud Viviant fut directeur de collection pour les éditions Léo Scheer.

Il ne reste plus qu'à se rabattre sur les maisons qui accueillent les livres des uns et des autres. L'auteur porté par une maison serait-il plus à même d'élire un ou une « collègue » ? La réponse est donnée par la probité littéraire des jurés, mais il n'est pas défendu de réaliser quelques observations... (Nous avons pris en compte les dernières publications de chaque auteur, pour simplifier).

Ainsi, les prix littéraires de la rentrée sont généralement considérés comme le pré carré de quelques éditeurs, réunis sous la dénomination GalliGrasSeuil, pour Gallimard, Grasset et Seuil. À ce titre, 21 auteurs publiés chez Gallimard sont présents dans les jurés de la rentrée, 25 auteurs Grasset et seulement 6 auteurs du Seuil. 

Le groupe Madrigall se défend bien, si l'on ajoute les auteurs Flammarion, P.O.L. et Mercure de France (11 en plus) ainsi que l'éditrice Maxime Catroux. Mais le groupe Hachette reste le mieux placé, avec les auteurs Grasset, mais aussi ceux des éditions Stock (13), sans oublier l'éditeur Manuel Carcassonne, et 3 auteurs Fayard qui viennent compléter le tableau. 

L'entité éditoriale la plus puissante de France, qui domine déjà une partie des meilleurs démarrages des ventes de l'année 2023, a placé le plus de « billes » dans la cour de récré de la rentrée littéraire. Soulignons que certains auteurs sont multiéditeurs, et publient par exemple chez Stock et Gallimard, comme Camille Laurens (Prix Goncourt), ou chez Grasset et Stock, tel Patrick Besson (Prix Renaudot). 

D'autres maisons sont « représentées » par des jurés, mais elles ne le sont jamais massivement comme celles précitées, à l'exception d'Albin Michel, qui publie 10 auteurs qui siègent ici et là. 

Faut-il pour autant sombrer dans la théorie du complot et des bruits de couloir ? Sûrement pas : le Prix Jean Giono, par exemple, dont 7 jurés sur 11 sont publiés par Gallimard, a aussi récompensé, dernièrement, des titres publiés par Albin Michel, Stock ou Lattès. De la même manière, le Prix de Flore, où officient 5 auteurs Grasset et un éditeur de la maison, n'a pas récompensé de titre publié par cette dernière depuis 2015.

Photographie : ActuaLitté, CC BY SA 2.0 (Chabe01, CC BY-SA 4.0 ; librairie mollat, CC BY-SA 4.0 ; librairie mollat, CC BY 3.0 ; Serge Melki, CC BY 2.0 ; Esther Vargas, CC BY-SA 2.0 ; Pierre Metivier, CC BY-NC 2.0 ; ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

DOSSIER - Les prix littéraires de la rentrée 2023

Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com

7 Commentaires

 

Lecteur régulier

20/09/2023 à 14:56

Bonjour

Alors là je dis bravo, c'est vraiment un super article, le meilleur que j'ai lu sur les prix littéraires.
Suis-je le seul à remarquer qu'ActuaLitté a clairement changé de niveau depuis quelques temps?

Cordialement

Team Bourdieu

20/09/2023 à 16:21

Pas plus conservateur que le millieu littéraire (oui la lune existe vraiment) amusant de découvrir les évidences en 2023... à commencer par les auteurs, les plus frileux, le reste suit, la critique, les petits larbins, les éditeurs aux souliers bien cirés tellement les langues ont briquées les moulures. Décernons des prix il en restera toujours des amuse-gueules à la peau fanée.

Philipp

20/09/2023 à 21:42

Un tableau serait intéressant et donnerait de lui-même les tendances.

D. L.

21/09/2023 à 08:15

Article très clair sur le profil des Prix qui ont encore tendance à se multiplier, ce qui les rend encore moins visibles et crédibles.
Lorsque mon éditeur me parle d’un Prix pour y présenter un de mes romans, je vais vite voir un point : quels sont les jurés et quels sont les éditeurs sélectionnés et primés les années précédentes. Ma réponse est à 99 % négative, car je suis édité non seulement chez un éditeur indépendant, mais qui plus est basé dans ce lieu inconnu qu’ils appellent la province. Il n’y a d’ailleurs qu’à Paris qu’on nomme les autres territoires province. En « province », on va en Bretagne, en Provence, à Lyon, voire à Paris, etc.
À 99 % (sondage réalisé auprès de moi-même, pour moi-même), les éditeurs sélectionnés font partie du quarteron germanopratin, et les membres du jury issus du même sérail. Chaque Prix tente de se faire remarquer en incluant un ou plusieurs membres « visibles » et ne donnent leur Prix qu’à des éditeurs visibles, c’est ce que m’ont confié plusieurs membres de Prix sous le manteau, charge à moi de ne pas le répéter, ou de ne pas les citer.
Combien de fois ai-je évoqué la nécessité de pratiquer la lecture des titres en lice comme on goûte un vin lors d’un Prix : à l’aveugle. Pas de nom, pas de couverture, juste un titre et un texte !
Ah, non, surtout pas ! Que deviendrait le snobisme des Prix, que voudrait dire l’engagement à manger des petits fours dans un restaurant huppé ?
Le mot composé Prix littéraire est devenu un non-sens, un oxymore, une médaille en chocolat, un peu comme une Légion d’honneur remise à des dictateurs ou des patrons du CAC 40 venant de licencier 5 000 employés. Je ne parle pas de la valeur des livres primés. D’ailleurs, les jurés non plus puisqu’il est impossible, dans cette longue ligne droite automnale, qu’ils aient le temps de lire les 500 ou 800 titres pouvant prétendre à cette course.
Ces Prix littéraires sont à l’image de l’édition industrielle, ils ne rapportent plus, alors, on multiplie. Où est le temps d’un Goncourt qui flirtait avec le million ?
Aujourd’hui, on est fier d’annoncer les + de 300 000, et encore, avec un excellent livre.
Allez, je retourne à l’écriture, juste pour le plaisir.

Sarah - Caprice de lecture

21/09/2023 à 08:35

Excellent article qui met en lumière les dessous des prix littéraires et des jurés de ces prix.
Pour résumer, il faut être :

=> Riche
=> Fils/fille de
=> Mais pas forcément impartial !!

A quand un VRAI prix littéraire avec de VRAIS JURES INDEPENDANTS ?

Libraires, bibliothèques, continuons à défendre ce qui nous tient à cœur : la belle littérature !

Edou B.

21/09/2023 à 11:37

Article très intéressant.
Pourquoi ne pas évoquer également les jurés des prix jeunesse ou des littératures de genre (polar, imaginaire, etc...) ?
Le contrepoint serait instructif.
D'autant que de plus en plus de lecteurs boudent la "littérature" où ils ne se retrouvent plus, pour lire ce qui n'est pas considéré comme tel (sauf le polar parfois).
À moins que vous aussi ne considériez ces genres comme autre chose que de la littérature ?

Jasper the disaster

24/09/2023 à 14:27

Article qui est le Marronnier habituel de la rentrée littéraire depuis trente ans, sauf que ceux qui fustigeaient la corruption des jurés littéraires comme beigbeder dans les années 90 sont devenus en vieillissant les plus corrompus et servent la soupe. La France, quoi !!!!

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Jean-Paul Enthoven, toujours en lice pour le Renaudot, accusé de “piratages” littéraires

Exclusif - Toujours en lice pour le prix Renaudot Essai 2026, Jean-Paul Enthoven poursuit sa course avec son Dictionnaire amoureux du bonheur, paru en cette rentrée chez Plon. Mais certains passages du livre ressemblent singulièrement à des séquences publiées plus de dix ans auparavant par Frédéric Schiffter. ActuaLitté a confronté les textes. Un automne littéraire décidément très à thème...

11/10/2026, 08:00

ActuaLitté

Combien de temps peut-on tenir sans aller aux toilettes dans un roman ?

La littérature demande beaucoup au corps humain. Courir derrière un train, traverser un désert, accoucher, saigner abondamment, tomber amoureux sous une pluie battante ou mourir après quatre cents pages ne semble poser aucune difficulté particulière. Aller aux toilettes, en revanche, embarrasse manifestement la narration.

10/10/2026, 07:00

ActuaLitté

La turquerie, cette mode oubliée qui a marqué la littérature française

Née dans le mirage du Bosphore plutôt que sur le Parnasse, la turquerie fut pour la littérature française une tentation plus qu’un sujet : regarder l’Orient pour mieux se voir. De Molière à Loti, cette muse ambiguë n’a cessé d’éclairer nos imaginaires et nos contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

09/10/2026, 15:49

ActuaLitté

Moins de bébés, moins d’élèves : comment la dénatalité transforme déjà la France

La France fait moins d’enfants, et les effets du basculement débordent déjà les maternités. Nouveau congé de naissance, recul annoncé de 1,7 million d’élèves d’ici 2035, solde naturel négatif en Provence :  trois actualités que La grève des naissances, d’Hervé Le Bras, permet de relire autrement, en interrogeant l’efficacité des politiques familiales, le poids des inégalités et les conséquences territoriales de la dénatalité en France aujourd’hui.

09/10/2026, 10:56

ActuaLitté

Classique = Moderne ? Un étudiant défie l’Académie française sur ses propres règles

Exclusif - C'est à en perdre son latin : cette fois, les Modernes siègent sous la Coupole. Deux prix de poésie de l’Académie française sont contestés pour avoir couronné des écritures qui prennent leurs aises avec la versification régulière. Anton Goubier, jeune étudiant en lettres classiques, réclame la règle, le grand médiéviste et Immortel Michel Zink, 81 ans, lui répond que le classique n’a jamais cessé de bouger.

07/10/2026, 17:00

ActuaLitté

Sommes-nous vraiment les auteurs de notre propre histoire ?

Ilios Chailly, écrivain et comédien qui travaille depuis plusieurs années sur Antonin Artaud, s’intéresse ici à une question plus large : comment notre identité se construit, se transforme et se raconte. En croisant Ricœur, Deleuze, Derrida, Lacan ou Artaud, on en se refait pas, avec des expériences plus personnelles, il explore ce qui, dans une vie, relève de l’héritage, du récit que l’on fait de soi et de la possibilité de changer.

06/10/2026, 18:11

ActuaLitté

Après la rentrée littéraire, cinq romans passent au contrôle technique

Une intrigue qui freine mal, des personnages secondaires à peine visibles, des clichés qui enfument l’habitacle : chaque année, des centaines de romans sont mis en circulation sans que personne ne vérifie leur état général. Avec 461 nouveautés annoncées pour la rentrée littéraire 2026, il devenait urgent d’ouvrir un centre agréé. Cinq livres ont accepté de passer sur le pont. Certains auraient mieux fait de ne pas regarder le procès-verbal.

03/10/2026, 07:30

ActuaLitté

Comment les traductions françaises ont transformé Les Mille et Une Nuits

En trois siècles, la traduction française des Mille et Une Nuits est passée du geste fondateur d’Antoine Galland, adaptation libre devenue mythe européen, à l’entreprise savante et sensible de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, qui restitue dans la Pléiade un texte arabe dans son ampleur, ses rugosités et sa poésie. Entre ces deux bornes, Mardrus, Khawam et bien d’autres ont chacun inventé leur Orient, entre excès d’exotisme et quête d’authenticité. Par Amel Aït-Hamouda.

02/10/2026, 18:11

ActuaLitté

Makassar : après la liquidation, la bataille pour récupérer des milliers de livres

Exclusif - Makassar a été placé en liquidation judiciaire le 1er septembre, contraignant les éditeurs partenaires à changer de diffuseur et/ou de distributeur. Pour nombre d’entre eux, c’est chose faite. Reste un détail à régler : les livres. Car des centaines de milliers d’exemplaires attendent de quitter l’entrepôt d’Indre-et-Loire où ils sont toujours détenus. Fâcheux ?

02/10/2026, 11:45

ActuaLitté

Journée de la traduction : 7 livres où tout aurait mieux fini avec un bon traducteur

Le 30 septembre, l’ONU célèbre la Journée internationale de la traduction. L’occasion de rappeler qu’en littérature, un mot de travers peut envoyer une expédition sur le mauvais continent, transformer Jésus en plante urticante ou rendre une civilisation extraterrestre dépendante à une voix. De Jules Verne à R. F. Kuang, sept livres où comprendre l’autre relève moins du confort que de la survie — avec, parfois, des résultats franchement discutables.

28/09/2026, 12:22

ActuaLitté

Journée de l'accès à l'information : 5 livres qu’on n'aurait jamais dû ouvrir

Le 28 septembre célèbre la Journée internationale de l’accès universel à l’information. Excellente initiative. À un détail près : depuis des siècles, la littérature s’échine à démontrer que certains renseignements se porteraient beaucoup mieux sous clé. Lettres compromettantes, manuscrits impossibles, confessions judiciaires, dossiers de surveillance : cinq lectures où ouvrir le mauvais document revient rarement à améliorer sa journée.

26/09/2026, 09:30

ActuaLitté

Démarchage téléphonique : sept livres où un appel a tout fait basculer

Le téléphone avait été inventé pour permettre à deux personnes éloignées de se parler. Puis quelqu’un a compris qu’il pouvait également servir à vendre des fenêtres, proposer une mutuelle, annoncer un décès ou rappeler à quelqu’un que son passé savait toujours composer son numéro.

26/09/2026, 08:00

ActuaLitté

Thélyson Orélien a-t-il oublié un prompt ChatGPT sur son site internet ?

ActuaLitté a retrouvé, dans un article publié en 2023 sur un site alors animé par Thélyson Orélien, une phrase qui ressemble à une consigne de rédaction laissée par erreur. Un indice concret, distinct des détecteurs d’IA, qui vient désormais s’ajouter à une série d’éléments exhumés ces derniers jours par plusieurs médias et internautes autour des textes de l’auteur. Au-delà de son cas, l’affaire touche désormais à quelque chose de plus vertigineux : la possible fin d’un monde où l’on croyait encore savoir, sans trop de doute, ce qu’était un auteur.

24/09/2026, 13:34

ActuaLitté

Journée de la paix : 5 romans où 5 minutes d'échange épargnaient 300 pages

Le 21 septembre, l’ONU célèbre la Journée internationale de la paix. Mauvaise nouvelle pour la littérature : si ses personnages pratiquaient le dialogue, la médiation et le simple fait d’attendre la fin d’une phrase, des rayonnages entiers perdraient quelques centaines de pages. Cinq romans en apportent la preuve : ici, le non-dit, l’accusation mal étayée ou le bébé mal identifié suffisent à mettre le feu aux poudres.

19/09/2026, 10:00

ActuaLitté

France Travail ouvre un service pour personnages secondaires

On connaissait la pièce de Luigi Pirandello : Six personnages en quête d'auteur. Alors, il fallait bien que cela arrive. Après les cadres en reconversion, les salariés victimes d’un plan social et les quinquagénaires priés de devenir « entrepreneurs d’eux-mêmes », France Travail accueille une nouvelle catégorie de demandeurs : les personnages secondaires. Mobilité inter-romanesque exigée.

19/09/2026, 07:30

ActuaLitté

De la librairie à l’édition : pourquoi toute l'industrie du livre se fragilise

Il est grand temps de changer la terminologie depuis bien trop longtemps en vigueur dans l’industrie de l’édition : non plus chaîne du livre, car d’un maillon à l’autre, on finit par ignorer ce qui se passe plus loin, mais écosystème. Et quitte à renverser la table (et pas que celle des nouveautés), troquons “indépendant” pour “interdépendant”. Une notion bien plus proche de la réalité économique…

16/09/2026, 17:03

ActuaLitté

Ben Templesmith, l'homme qui a appris à l'ombre comment mordre

Ben Templesmith se reconnait en humant les planches, les yeux fermés : des histoires où le papier sent l'humidité, la lumière malade et les personnages contaminés par quelque chose qui les dépasse. En 20 ans, de Hellspawn, 30 Days of Night à Wormwood, l'Australien a construit un dessin qui s'est métamorphosé sans s'assagir : juste plus précis dans l'angoisse. Il suffit de regarder ses noirs.

13/09/2026, 07:00

ActuaLitté

La Médecine du Travail interdit le retour au boulot à ces six héros de roman

Dans les romans, le Code du travail semble avoir été imprimé en caractères minuscules, puis abandonné quelque part entre la page de copyright et la table des matières. Enquête à l’autre bout du monde, magie non déclarée, poisons au Vatican, cadavres à restaurer : six personnages passent aujourd’hui leur visite médicale. Certains auraient dû venir plus tôt.

12/09/2026, 06:00

ActuaLitté

25 ans après le 11-Septembre, les vies derrière l’Histoire

Le 11 septembre 2026, New York commémore les 2977 morts des attentats d’al-Qaïda tandis que la ville ouvre plus de 170.000 pages d’archives sur leurs conséquences sanitaires. Un quart de siècle après, l’événement déborde encore Ground Zero : guerres, soupçon et Guantánamo ont prolongé son histoire. Huit livres rendent à ce récit ce que les doctrines effacent : des enfants, des corps, des familles et des voix.

 

11/09/2026, 13:08

ActuaLitté

Silver Surfer : Parabole, le jour où Moebius redessina un dieu avec Stan Lee

En 1988, une rencontre improbable se produit chez Marvel. Stan Lee reprend le personnage dont il avait façonné la voix vingt ans plus tôt ; face à lui, Moebius, maître de la science-fiction européenne, accepte de se plier aux contraintes du comic book américain. À peine cinquante pages plus tard, Silver Surfer: Parable a transformé le combat entre Galactus et son ancien héraut en réflexion sur la foi, le pouvoir et la liberté.

05/09/2026, 11:50

ActuaLitté

Rentrée scolaire : six professeurs convoqués par l'Inspection

Les élèves ont repris le chemin de l’école ce 1er septembre 2026. Pour certains enseignants, la rentrée pourrait tourner court. Expérience autoritaire, lancer d’élèves, fascination fasciste, bacchanale et cours particulier achevé au couteau : les dossiers ont ébranlé les services de l'Inspection. Pour l'Éducation nationale, une question : peut-on vraiment les laisser poursuivre ?

05/09/2026, 06:00

ActuaLitté

Lamartine, Nerval, Gautier : les écrivains français amoureux d’Istanbul

Carrefour des civilisations, théâtre où se sont jouées les destinées de l'Orient et de l'Occident, Istanbul a fasciné des générations d'écrivains français qui, du XVIIe au XXe siècle, ont tenté de refléter dans leurs œuvres l'indicible beauté de cette cité millénaire. Par Amel Aït-Hamouda.

04/09/2026, 14:58

ActuaLitté

Une IA explore la mémoire moléculaire des livres anciens

Exclusif - Après avoir identifié protéines, médicaments ou autres résidus sur les documents de Vlad III, Jack London, Casanova et Alessandro Volta, l’équipe de Gleb et Svetlana Zilberstein veut franchir une nouvelle étape. Son « Cabilly Project » associe données biochimiques, archives et intelligence artificielle pour générer des hypothèses historiques. ActuaLitté révèle aussi l’existence de travaux, encore non publiés, sur André Malraux, Stendhal et Marcel Proust.

03/09/2026, 17:07

ActuaLitté

Yannick Haenel : comme un air de déjà-lu dans la rentrée littéraire

Exclusif - Un manuscrit de professeur refusé chez Gallimard, le roman d'un ex-professeur publié trois ans plus tard par la maison et de l'un à l'autre ouvrage des scènes, motifs et références parfois voisins. La comparaison de Grand Poisson, de Fabrice Sanchez (Plon, août 2025), avec La solitude des professeurs est infinie, de Yannick Haenel (Gallimard, août 2026), ne révèle pas de contrefaçon, mais soulève quelques sourcils.

02/09/2026, 17:01

ActuaLitté

Antonin Artaud : la guerre des archives n’est pas terminée (réponse à Florence de Mèredieu)

Le 7 août 2026, ActuaLitté publiait l’article Comment la souffrance a forgé le jeune Artaud, version abrégée, sans photographies ni appareil de sources, de l'étude d'Ilios Chailly, Une géographie de la souffrance : les cures d’Antonin Artaud, de La Rouguière au Chanet, 1915-1919. Florence de Mèredieu, biographe d’Antonin Artaud, a réagi à cet article dans les commentaires. Quelques échanges ont suivi. Ilios Chailly propose ici une réponse plus développée, pour revenir point par point sur les questions soulevées.

01/09/2026, 17:05

ActuaLitté

De Proust à Perec : comment Shéhérazade a changé la littérature française

Au XXe siècle, les écrivains français n’ont pas seulement lu Les Mille et Une Nuits : ils s’en sont emparés comme d’un modèle d’écriture. De la mémoire proustienne à l’ambition romanesque de Perec, en passant par le merveilleux surréaliste et la figure de Shéhérazade devenue symbole de résistance, ce recueil sans auteur ni fin a profondément travaillé l’imaginaire littéraire. Par Amel Aït-Hamouda.

31/08/2026, 17:44

ActuaLitté

Freida McFadden : anatomie d'une machine, aux accents bien connus

Voilà des semaines et des mois, des années bientôt qu'elle trône au sommet des meilleures ventes, au point qu'on ne sache plus trop comment s'en dépatouiller... Un peu comme dans ses livres : Freida McFadden connaît la fin avant de commencer. Le retournement vient d’abord et le roman s’organise en fonction. Indices, fausses pistes, silences, informations données trop tôt pour être comprises : tout permet au lecteur de voir après coup ce qu’il n’avait pas vu venir. Mais comment ?

29/08/2026, 10:00

ActuaLitté

Six livres créent une application de rencontre pour éviter de finir seuls en rayon

On a longtemps cru qu’un livre abandonné sur une table de librairie souffrait en silence. Erreur. Il regarde les autres partir. Le prix littéraire avec son lecteur pressé, la romance dans un tote bag, le polar sous le bras de quelqu’un qui assure « ne lire que du vrai ». Lui reste là, tranche vers le public, à feindre l’indifférence.

29/08/2026, 08:00

ActuaLitté

Après Perec, Queneau et Calvino : l’Oulipo peut-il encore surprendre ?

Le 5 mai 2026, jour de naissance de Karl Marx, Clémentine Mélois a dû mourir pour obtenir le droit de démissionner. À 18h16 exactement, au café L’Arrêt, anciennement L’Espérance, dans le VIIe arrondissement de Paris, l’écrivaine et plasticienne a retrouvé, selon sa propre formule, sa « liberté de manœuvre pour l’éternité ».

28/08/2026, 17:22

ActuaLitté

Six romans recalés à l’aéroport pour excédent de bagage... émotionnel

Les compagnies aériennes sont formelles : au-delà de 23 kilos, il faut payer un supplément. La littérature, beaucoup moins regardante, autorise ses personnages à embarquer avec une enfance traumatique, trois générations de non-dits, un père mort, plusieurs amours compliquées et parfois une résurrection complète. Au retour des vacances, il était temps que quelqu’un contrôle tout cela.

22/08/2026, 11:05

ActuaLitté

Voyageuses en Orient : entre émancipation et clichés

Si Flaubert, Chateaubriand ou Nerval ont construit l’Orient rêvé du XIXe siècle, des écrivaines-voyageuses en ont, elles, franchi les portes closes. De Lady Montagu à Isabelle Eberhardt, elles ont observé l’intimité des harems et la vie des tribus. Mais ce regard « de l’intérieur » les a-t-il vraiment affranchies des clichés orientalistes ? Récit d’une émancipation littéraire aux mille contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

19/08/2026, 18:18

ActuaLitté

Journée mondiale du moustique : les insectes réclament des dommages et intérêts à la littérature

Ce 20 août, Journée mondiale du moustique, les insectes ont déposé une plainte collective contre plusieurs siècles de littérature. Motifs : diffamation, séquestration, exploitation et atteinte répétée à la dignité des arthropodes. Cinq livres comparaissent. Les fourmis se constituent partie civile, les papillons demandent réparation et Gregor Samsa exige qu’on cesse enfin de l’appeler cafard. L’audience promet d’être piquante. (ceci est une fiction, hein...)

19/08/2026, 14:46

ActuaLitté

Gestion contestée et conflit familial : un été au tribunal pour l'Harmattan

Exclusif - La gestion des Éditions L'Harmattan, dirigées depuis 2010 par Xavier Pryen, est vivement contestée depuis quelques années, tandis qu'un conflit familial se joue en arrière-plan : Denis Pryen, cofondateur du groupe, estime que son neveu a engagé le « démantèlement » de ce dernier. Deux décisions de justice, rendues cet été, se sont révélées favorables au cofondateur de L'Harmattan.

19/08/2026, 09:09

ActuaLitté

Quand Carl Jung descendait dans ses propres ténèbres

Manuscrit médiéval au siècle de l’acier et du béton, Le Livre rouge est une anomalie. Un Carl Jung en crise y confia visions, dialogues intérieurs, peintures et mythes, prélude à ses concepts les plus importants. Allons à la découverte de cet objet fascinant, où un homme tente de donner une forme à ce qui, sans elle, risquait de le posséder.

12/08/2026, 18:08

ActuaLitté

Un devoir rendu suffit-il encore à prouver qu’on l’a écrit ?

Au Danemark, le gouvernement répond à la triche par IA en déplaçant la preuve : les examens rédigés à domicile devront être défendus oralement, tandis que surveillance et travaux sous contrôle seront renforcés. Une mesure scolaire qui réveille une vieille question littéraire : signer suffit-il à être l’auteur, ou faut-il encore pouvoir répondre personnellement de ce qui est écrit ?

 

10/08/2026, 07:30

ActuaLitté

Et si la nouvelle censure culturelle était celle qu’on ne voit plus ?

Une œuvre interdite, une exposition vandalisée, un concert annulé : la censure possède encore des images faciles à reconnaître. Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création du ministère de la Culture décrit pourtant un déplacement plus discret. Projets modifiés avant la polémique, programmation ajustée par anticipation, financement devenu levier, décisions administratives difficiles à qualifier : l’atteinte la plus efficace pourrait être celle qui évite d’avoir à se montrer.

08/08/2026, 13:36

Autres articles de la rubrique À la loupe

ActuaLitté

Des livres aux bibliothèques : le combat de Djaïli Amadou Amal

Un livre à couverture rose lui a révélé, enfant, que lire permettait d'imaginer d'autres existences. Rencontrée samedi 10 octobre au salon Lire en Poche, à Gradignan, Djaïli Amadou Amal raconte cette découverte, le refuge trouvé dans l'écriture et le passage de la littérature à l'action. À travers Le Harem du roi, récemment paru en poche, et Espoir, son récit autobiographique, l'écrivaine camerounaise remonte aux origines de son engagement.

10/10/2026, 17:45

ActuaLitté

Maylis de Kerangal: “Ce qui n’est pas juste ne peut pas être beau”

Au salon Lire en Poche de Gradignan, Maylis de Kerangal revient sur Jour de ressac, désormais disponible chez Folio. Le Havre, ville de son enfance, lui permet d’écrire une part d’elle-même sans transformer la narratrice en double. Entre mémoire des lieux, gestes du quotidien et réflexion sur l’intelligence artificielle, la romancière défend une littérature attentive à la justesse du regard, à la beauté et à la liberté de la fiction.

10/10/2026, 17:33

ActuaLitté

La soif d'idéal de Michèle Pedinielli : du prosecco et des enfants heureux

Un prosecco avec des glaçons, des enfants heureux, un roman qu'on pourrait écrire sans paniquer : Michèle Pedinielli ne manque pas d'idéaux. Rencontrée au festival Lire en Poche, à Gradignan, la romancière décline le thème « Soif d'idéal » en trois portraits : la femme, l'autrice et la révoltée. Trois aspirations qui oscillent entre humour et inquiétude, jusqu'à cette envie, aussi simple à formuler que difficile à satisfaire : ne plus avoir peur.

10/10/2026, 12:07

ActuaLitté

Muriel Gilbert : “L’orthographe, pour moi, c’est un jeu.”

Correctrice au Monde depuis une vingtaine d’années, Muriel Gilbert veille sur des règles dont elle connaît pourtant les transformations. Rencontrée au salon Lire en Poche de Gradignan, où elle présente Le Petit Gilbert, la chroniqueuse de RTL revient sur la féminisation des noms de métiers, les expressions qui changent de sens et les accommodements parfois nécessaires avec la norme. Un métier où corriger ne signifie pas toujours avoir le dernier mot.

 

10/10/2026, 09:49

ActuaLitté

Et si les monuments de Paris cachaient des messages que nous avons oubliés ?

Et si Paris cachait, dans ses monuments, des symboles que nous ne savons plus regarder ? Dans Le Paris alchimique, publié chez Trajectoire, Émilie et Nicolas Meillerais Gallois proposent de redécouvrir la capitale à travers l'alchimie et la spiritualité chrétienne. Des sculptures de Notre-Dame aux tapisseries de La Dame à la licorne, leur guide mêle promenade, découverte du patrimoine et réflexion sur la transformation de soi.

09/10/2026, 15:01

ActuaLitté

Le CNL, indispensable “à l’équilibre de la chaîne du livre et de la lecture”

Une proposition de loi venue de la droite du Sénat entend supprimer, purement et simplement, le Centre national du livre (CNL), au nom d'une lutte contre « l'agencification » de l'État. Plusieurs acteurs du secteur du livre rappellent cependant son rôle crucial dans le soutien à la création et à la diversité, dont le Club 99, Fédération des festivals Bd et arts associés, dans une tribune reproduite ci-dessous.

09/10/2026, 08:28

ActuaLitté

“Diviser pour régner” : les artistes-auteurs accusent les pouvoirs publics

19 organisations représentant les artistes-auteurs, parmi lesquelles la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Ligue des auteurs professionnels et le Syndicat des écrivains de langue française, signent une tribune contre les divisions de leur profession. Elles dénoncent les inégalités de traitement entre les différentes catégories de créateurs et appellent à défendre collectivement leurs droits sociaux, économiques et professionnels.

08/10/2026, 14:50

ActuaLitté

“J’ai juste l’impression de lire pour lire : je ne sais pas si j’achèterai encore des livres”

Dix mois après avoir quitté la librairie, Elsa continue pourtant d’enchaîner les livres. Mais à force de lire sans interruption, une question s’impose : est-ce encore l’envie de lire, ou simplement une habitude devenue refuge ? Entre pile à lire, achats compulsifs, peur du vide et plaisir intact de certaines découvertes, ce billet interroge avec franchise ce que nos lectures disent parfois de nous — et de nos automatismes.

08/10/2026, 09:00

ActuaLitté

“La lutte contre le piratage, c'est une conjonction de moyens” (SNE)

Bookys, plateforme pirate diffusant des livres, des revues et des magazines protégés par le droit d'auteur, est visée par une demande de blocage portée par le Syndicat national de l'édition (SNE) et l'Alliance de la presse d'information générale. Adressée aux fournisseurs d'accès à internet, l'assignation ouvre la voie à d'autres actions, comme des mesures contre les sites miroirs ou les prestataires de paiement.

07/10/2026, 16:57

ActuaLitté

“Quand je n’écris pas mes histoires, j’écris sur celles des autres”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. Lorsqu’il n’écrit pas ses propres histoires, il étudie celles des autres. Chercheur à l’Université Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de Neil Gaiman, du fantastique, de la bande dessinée et des cultures populaires, il a fait de l’analyse des récits un autre versant de son travail. Ces recherches ont directement nourri Grand-Guignol, de la construction des ambiances au goût pour une documentation fouillée.

07/10/2026, 14:35

ActuaLitté

“Le RN ose tout”, même confisquer Olympe de Gouges, icône féministe

Exclusif — Le Rassemblement national tente, par une initiative parlementaire visant à faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, de se grimer en formation féministe. Les votes du parti d'extrême droite, tout comme les prises de position de Marine Le Pen, sont pourtant bien éloignés des combats de l’autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Une pétition, signée par des historiennes, des universitaires et des spécialistes d'Olympe de Gouges, dénonce « la dernière des impostures » du RN.

07/10/2026, 10:24

ActuaLitté

“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

ActuaLitté

PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

ActuaLitté

“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

ActuaLitté

Drieu la Rochelle et Colette Jéramec : l’histoire d’un couple impossible

Avec La Rédemption, Jean-Noël Orengo revient sur un couple pris dans les bouleversements du XXe siècle : Pierre Drieu la Rochelle et sa première épouse, Colette Jéramec. Derrière l’écrivain collaborationniste et antisémite, le romancier fait réapparaître une femme longtemps restée dans l’ombre, médecin et chercheuse à l’Institut Pasteur, arrêtée avec ses deux enfants en 1943.

02/10/2026, 18:04

ActuaLitté

2026 en Ukraine, les livres brûlent. Littéralement.

Cécile Deniard, traductrice littéraire, s’est rendue deux semaines en Ukraine pour apporter son soutien à ses collègues au nom du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL). Elle y a participé au festival BookForum de Lviv mi-septembre, puis est allée à Kyiv afin d'y rencontrer d'autres acteurs de la chaîne du livre. Leur énergie, leur créativité, mais aussi le besoin de solidarité qui s’est souvent exprimé au cours de ces entretiens, lui ont inspiré cette tribune.

02/10/2026, 13:02

ActuaLitté

“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

ActuaLitté

Clémentine Mélois : “Toute la vie n’est faite que de ruptures successives”

James Joyce avait fait entrer l’épopée dans la vie ordinaire, jusqu’à faire tenir une Odyssée entière dans une journée. Clémentine Mélois choisit, elle aussi, de partir de presque rien : un déménagement, une séparation, quelques cartons, un verre à moutarde, un rouleau de Sopalin. Dans Choses que je croyais perdues, finaliste du 93e prix des Deux Magots, l’autrice-artiste fait de « l’infraordinaire » sa matière romanesque.

01/10/2026, 15:33

ActuaLitté

Véronique Ovaldé : “J’ai toujours inventé d’autres vies à ma mère”

On connaît Véronique Ovaldé pour ses fictions et leurs vies toujours prêtes à bifurquer. Avec Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, paru chez Flammarion en cette rentrée littéraire, elle se tourne cette fois vers sa propre mère. Le récit est plus intime, sans abandonner l’imaginaire, et la place parmi les finalistes du prix des Deux Magots 2026.

30/09/2026, 17:03

ActuaLitté

Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

ActuaLitté

“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35

ActuaLitté

Édition classique, crowdfunding ? “Choisir le modèle le plus juste pour chaque œuvre”

Auteur et président de l’Association de sauvegarde de l’Abbaye Saint-Félix de Montceau, Guilhem Méric revendique un parcours d’« auteur hybride », entre maisons d’édition et publication indépendante. À l’occasion du lancement de MORLHED – L’Ombre des Primordiaux, il explique pourquoi il a choisi le financement participatif, entre maîtrise des droits, cohérence de son univers, contexte économique du livre et relation directe avec ses lecteurs.

30/09/2026, 12:48

ActuaLitté

À 80 ans, Lucky Luke court toujours : dans les coulisses de l’exposition avec Joub

À 80 ans, Lucky Luke n’a pas fini de galoper. Commissaire de l’exposition Lucky Luke court toujours !, présentée à Quai des Bulles, Joub a replongé dans l’ensemble de la série pour raconter autrement le cow-boy de Morris : par le dessin, la couleur, les gags et les motifs qui traversent huit décennies d’albums.

30/09/2026, 12:04

ActuaLitté

Lucie Rico : “Dire quelque chose, c’est déjà le transformer”

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Une question qui a conduit Lucie Rico jusqu’à la finale du prix des Deux Magots 2026. Dans ce troisième roman publié chez P.O.L, une phrase inachevée ouvre une enquête sur un souvenir d’enfance, entre le baroque du giallo, reconstitution comme les vrais enquêteurs judiciaires, et mémoire familiale.

29/09/2026, 15:07

ActuaLitté

Le Goncourt craint pour son intégrité ? Alors Pangram pour les 15 autres romans, fissa !

L’Académie Goncourt a donc retiré de Thélyson Orélien, de sa première sélection, au nom de plagiats antérieurs et d’analyses concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance » produit avec IA. Une décision loin d'être unanime, on compte au moins Pascal Bruckner dans la résistance. Puisque l’Académie introduit le détecteur dans son prétoire, qu’elle aille au bout de sa logique : même outil, même protocole, même soupçon. Sinon, ce n’est plus une règle. C’est un traitement d’exception. 

29/09/2026, 14:48

ActuaLitté

Quai des Bulles : 45 ans de BD, de rencontres et de passion

Traditionnellement, le festival Quai des Bulles décale ses dates pour cause de Route du Rhum et ouvre ses portes ces 9-10-11 octobre, à Saint-Malo. L’occasion, s’il en fallait une, de venir flâner sur les remparts se gaver d’air iodé et de bande dessinée…

29/09/2026, 14:22

ActuaLitté

Elsa Holfert : "Le burn-out n’est pas que professionnel"

Paru le 22 avril 2026 aux Éditions Dangles, Fatigue chronique, et si c’était un épuisement surrénalien ? d’Elsa Holfert explore les mécanismes de l’épuisement liés au stress chronique. Kinésithérapeute de formation, l’autrice exerce aujourd’hui comme praticienne en santé fonctionnelle et en hormonologie.

28/09/2026, 16:40

ActuaLitté

Affaire Thélyson Orélien : “Un score de génération par IA n’est pas une preuve”

Créée en juillet 2024 pour distinguer les œuvres d’origine humaine des contenus générés par intelligence artificielle, l’association Fabrication Humaine défend un label gratuit fondé sur l’engagement de l’artiste. Dans cette tribune, elle prend appui sur l’affaire Thélyson Orélien pour interroger la place prise par les outils de détection : sans trancher sur l’origine de C’était ça ou mourir, elle appelle à distinguer l’indice de la preuve et plaide pour davantage de transparence dans les processus de création. 

28/09/2026, 16:30

ActuaLitté

IA et littérature : et si on arrêtait de s’écharper pour s’entendre, bordel !

Nathalie Hug a publié en juin dernier 92 BPM, Mais bordel qui a écrit ce roman ? aux Éditions Télémaque, un texte qu’elle présente comme entièrement hybride, né de 18 mois de travail avec l’intelligence artificielle et accompagné d’un making-of détaillant cette expérience. Dans cette tribune, elle revient sur la polémique autour de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, accusé d’avoir été écrit avec l’IA, et élargit le débat à la place de ces outils dans la création littéraire, à la transparence envers les lecteurs et à l’avenir de l’écriture humaine.

28/09/2026, 14:22

ActuaLitté

Thélyson Orélien : “Pourquoi tant d’acharnement sur un écrivain ?”

L’affaire Thélyson Orélien s’est imposée en quelques jours au cœur de la rentrée littéraire. Soupçonné d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, puis rattrapé par plusieurs cas de plagiat concernant des textes anciens, l’auteur québécois conteste les accusations visant son roman. Le retrait du livre de la sélection du Goncourt a encore amplifié une controverse qui interroge désormais tout le monde éditorial. Par Auguste Feydeau.

26/09/2026, 14:00

ActuaLitté

Affaire Thélyson Orélien : “Réinventons le pacte entre l’auteur, l’éditeur et le lecteur”

Thomas Perroud, normalien, est animateur de l’émission Anachroniques consacrée notamment aux premiers romans sur Fréquence protestante. Il revient sur les soupçons d’usage de l’intelligence artificielle au sujet du premier roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset).

24/09/2026, 16:32

ActuaLitté

Violences sexistes et sexuelles : 50 ans pour passer de l'intime à la loi

Après des décennies de mobilisations, de recherches et de récits, les violences sexistes et sexuelles ne sont plus seulement appréhendées comme une succession de drames privés. Elles constituent un objet politique, juridique et culturel. La proposition de « loi intégrale » actuellement examinée à l’Assemblée nationale en offre une nouvelle traduction — et invite à regarder l’histoire des mots qui ont rendu ces faits visibles.

24/09/2026, 16:10

ActuaLitté

Pour encadrer l'IA, La France insoumise convoque Isaac Asimov

Exclusif — Une figure de la science-fiction s'invite à l'Assemblée nationale, à la faveur d'une proposition de loi déposée par René Pilato, député La France insoumise — Nouveau Front Populaire de Charente. Les fameuses « lois de la robotique », conçues par l'écrivain américain, y sont citées, afin de motiver et nourrir un encadrement des intelligences artificielles mises à la disposition du grand public.

24/09/2026, 15:58

ActuaLitté

“L’IA est arrivée, et le mot “aide” s’est complètement décousu”

Entre correction, réécriture et création, où commence véritablement « l’aide » à un auteur ? Écrivain, poète et correcteur, Adnan Algın plonge dans ses propres archives éditoriales pour interroger les interdictions visant l’intelligence artificielle. De ses interventions sur des romans aux cas célèbres de Raymond Carver ou T. S. Eliot, il questionne une frontière que l’IA n’a peut-être pas inventée, mais sérieusement brouillée.

24/09/2026, 11:53

ActuaLitté

“L’horreur est le meilleur genre de l’histoire de la fiction”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. L'écrivain revendique une passion pour l’horreur née dans les livres, nourrie par le cinéma. De Guillermo del Toro à Stephen King, l’écrivain revient sur les monstres qui ont façonné son imaginaire et défend une conviction paradoxale : l’épouvante peut nous rassurer. Les démons de fiction ont sur les terreurs du réel un avantage décisif : ils n’existent pas. Une invitation à frissonner pour mieux souffler, qu'il partage dans nos colonnes...

23/09/2026, 17:36

ActuaLitté

“La véritable violence, c’est le déni, l’indifférence”

Mère isolée, actrice pornographique quadragénaire, Sabine élève seule son fils Romain dans le vingtième arrondissement. Adolescent « normal », moyen, ce dernier subit un harcèlement en règle dès lors qu’une vidéo de Sabine fuite au collège, et fait le tour des réseaux sociaux… La suite ? Accompagnée par le hardeur Joseph, et par Enguerrand, bourgeois blasé, Sabine résout de se venger, guidée par son seul amour maternel. Une deuxième intrigue se met en place, mêlant cette fois milieux d’affaire et hauts-fonctionnaires, sur fond de revenge porn et de libertinage. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

21/09/2026, 16:54