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Crise du papier en France : pourra-t-on imprimer le prix Goncourt ?

En 2019, l’industrie papetière représentait 5,4 milliards €, incluant papiers et cartons, selon Copacel, organisation patronale. En somme, un douzième de ce que pèse la filière forêt-bois, matière première essentielle. Or, depuis fin 2019, plusieurs facteurs distincts provoquent une pénurie de papier. Et si les usages graphiques — incluant la production de livres — ne représentaient que 1,6 million de tonnes sur les 7,3 millions globales, la situation va en s’aggravant depuis la pandémie. 

 

Le 24/08/2021 à 14:47 par Nicolas Gary

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Publié le :

24/08/2021 à 14:47

Nicolas Gary

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Voilà des semaines que les éditeurs en font état : une crise papetière est à l’œuvre, avec pour conséquence immédiate d’engendrer une hausse tarifaire, doublée d’une pénurie significative, et de retards. Les origines complexes et multiples déclenchent pourtant des conséquences simples : « Fin juillet, j’ai pu constater effectivement une grande tension sur l’approvisionnement de papier d’impression et de carton (reliure et PLV) avec des délais allongés », nous indique Laurent Beccaria, directeur des Arènes.

« La reprise est forte partout et le besoin de papier et de carton est fort dans tous les secteurs. L’augmentation de la vente par internet décuple le besoin d’emballage. » En clair, l'édition commence à avoir chaud. Très chaud. Et pour cause : les arrêts de collecte de matière, aux premiers temps du Covid, se répercutent actuellement.

Editeurs, imprimeurs, papetiers : “Papiere, Bitte !

Voilà quelques semaines, alors que les maisons manga bichaient et savouraient l'instauration du Pass Culture, certains ressentaient déjà le manque. Imprimés en Italie, les titres édités par Kazé ont fait face à des problématiques d'approvisionnement en papier et en encre, ralenti par la crise sanitaire, et à des plannings déjà chargés chez les partenaires. « Toutefois, ils sont habitués à réagir vite, ce qui a permis de limiter la durée des réassorts », indiquait alors Jérôme Manceau, directeur marketing de Kazé.

Depuis, la pression augmente. Le président des Éditions du net, Henri Mojon, prestataire d’impression à la demande, abonde : « Notre fournisseur, Procop, était en rupture en juillet et a été réapprovisionné le 3 août. Nous avons immédiatement commandé deux palettes d’avance. » Une situation qui résulte « de la restructuration de la filière et des prix qui explosent ».

Dans les grands groupes, qui achètent directement leur papier, les mesures d’urgence ont été prises : Gallimard, Hachette ou Editis, qui nous indique : « Malgré les délais allongés, le groupe a anticipé la situation et n’est en rien confronté à un risque de pénurie. » De fait, le responsable des achats avait vu venir, et l'entreprise dispose de papier jusqu'à la fin de l'année.

La bande dessinée, comme la littérature, est logée à même enseigne. Laura Fortunato, de l’imprimerie belge Lesaffre-Delabie, spécialisée dans les albums jeunesse et la BD, nous le confirme : « Effectivement, les prix des matières ont grimpés et l’approvisionnement, surtout en carton, est très compliqué en cette période. Nos clients ont été informés bien à temps et largement aidés en nous donnant leurs prévisions de planning. » 

Sauf que, très clairement, il s’avère « en ce moment très difficile d’intercaler des formats hors standard qui n’étaient pas annoncés. Fort heureusement, nous travaillons avec des matières gérées en stock par des réapprovisionnements réguliers… Mais même là, des retards sont annoncés. »

Une situation inédite, en quarante années de métier, assure-t-elle. « Une première hausse des prix est intervenue en avril, une nouvelle au 1er juin. Les prix du papier sont fixés jusqu’au 30 septembre, mais après, c’est l’inconnu. » Tout est question de stock, pour le papier comme le carton, afin de répondre aux demandes des éditeurs partenaires. « Si un nouveau client se présente, nous ne serons pas en mesure de l’accepter, avant le 23 décembre. »

Et d'abonder : « Il y a des problèmes d’approvisionnement sur le papier, mais aussi sur le carton de reliure et même le film d’emballage plastique. » Rien n’est donc épargné.

Matières premières, en tête de liste

Fin juillet, le président d’Imprim Luxe, Pierre Ballet, faisait circuler à l’initiative du groupe de réflexion POPAI, un document concernant « les hausses des matières premières et leurs répercutions sur le prix de vente auprès des donneurs d’ordre ».

Cette action regroupe plusieurs associations représentatives de la filière papier – producteurs, intégrateurs, agences, enseignistes, imprimeurs... – et une étude a déjà été réalisée pour identifier l’évolution des cours de ces matières premières. Un décrochage net était observé à compter de septembre 2020 pour les papiers cartons.

« [C]es entreprises que nous représentons - par un manque de visibilité sur les délais de livraison et les prix à date -, peinent à chiffrer les opérations à venir et à répercuter ces hausses sur leurs propres tarifs, et sont donc soumises à un risque fort de pénalités de retard en cas de révision des calendriers, alors même que des prix fermes et non révisables ont été prévus aux marchés annuels et aux commandes en cours », indiquait le courrier. 

« Cette situation déstabilise par conséquent l’ensemble des professionnels qui œuvrent à vos côtés malgré cette crise et met en péril leur survie. » 

Des professionnels qui n’avaient d’ailleurs pas besoin de cela, mais font face également aux dispositions de la loi Climat et résilience : déjà en proie à des difficultés économiques, la filière, et les imprimeurs en première ligne, se voit plus fragilisée encore. D’autant que pour ces derniers, si les prix d’impression baissent, ils ne remontent pas souvent. Les garde-fous introduits dans la législation laissent une respiration, mais pas assez pour que les dangers soient écartés. 

Voilà que ces dernières semaines, plusieurs maisons d’édition remontent les mêmes constats — des structures dont le papier est fourni par l'imprimeur, assez logiquement. « On parle de guerre mondiale d’approvisionnement du papier causant des retards », pointe l’une d’elles, mi-figue, mi-raisin. La petite musique est persistante, touche différemment les uns et les autres, mais tire ses origines des mêmes problématiques.

Le Covid, meilleur ami... de l'emballage

Nicolas Perrier, fondateur de 4P, société dédiée à l’accompagnement de structures pour l’impression à la demande, pose les faits : « Le papier – imprimé livre et presse, magazine, etc. – représente à peine 10 % de la production mondiale. L’emballage pèse pour l’immense majorité. » Or, le papier est aussi la partie la plus raffinée, nécessitant une plus importante transformation. Sa pâte, originaire d’Amérique du Sud ou de Scandinavie, a connu une baisse drastique de production avec… le coronavirus.

« D’abord, les tirages ont diminué depuis 10 ans, pour le livre. Ensuite, malgré un beau chiffre d’affaires en 2020, le coronavirus a provoqué une baisse de la demande. » La bureautique, et ses ramettes de papier pour l’imprimante ont connu la même pente : le télétravail a fait fondre les achats. L’offre, souffrant d’une demande absente, ou moindre, a conduit logiquement à la hausse des prix.

Il est en revanche un autre segment qui, lui, a explosé avec la pandémie : l’emballage. « La vente en ligne, en Occident, et plus encore en Chine, a été sursollicitée du fait des confinements. » Dans le même temps, la Chine, qui importait des déchets — notamment du vieux papier — d’Europe, a cessé ce commerce à partir de novembre 2019. S’il y avait du papier, le marché pouvait assurer une production. « Désormais, les Chinois importent de nouveau, ne disposant pas des ressources pour produire suffisamment de pâte. » Des achats à l’étranger induisant des hausses de tarifs sur la matière.

« Certaines papeteries s’orienteraient sur une activité de cartonnage plutôt que le papier et que les marchés américain et chinois seraient privilégiés par rapport au marché européen, car plus importants », observe Yvan Cardona, dirigeant de IN tempo, imprimeur.

« Le fait est que les délais d’approvisionnements sont extrêmement longs (parfois 10 semaines) et que nous sommes obligés de refuser des affaires pour manque des références les plus utilisées en bouffant et offset concernant le livre », poursuit-il. « Nos autres fournisseurs rotativistes orientés sur de l’impression de magazines ou VPC (papiers couchés ou dit journal amélioré) nous font le même constat. »

La concomitance de facteurs disjoints est telle que certains papetiers – situation encore jamais vue –, ont dû dénoncer leurs accords d’approvisionnement pris pour l’année. Une mesure de protection commerciale destinée à protéger les entreprises, qui finiraient par travailler à perte. Un effet ciseau inextricable, où l’augmentation de la matière première se double avec un prix de cession trop bas : la machine menace de se bloquer. 

Emballer, c'est pesé !

Ce premier phénomène s’accompagne de plusieurs autres tendances, qui convergent toutes. La flambée des prix de la matière première vient aussi de ce que l’industrie du carton s’est portée acquéreuse de gros volumes. 

De même, les deux producteurs de papier, UPM et Stora Enso, parmi les trois plus gros opérateurs au monde, ont opéré une fermeture massive de leur production. Arrivées à un seuil où le prix du papier, toutes catégories confondues était trop bas, les entreprises ont préféré plier boutique. Devant une profitabilité insuffisante, et un marché déficitaire en termes d’offre, les joueurs ont en parallèle révisé leurs stratégies : une mutation progressive de la production industrielle… vers le packaging.

Mais Guillaume Le Jeune, président de l’association Culture Papier, pointe également que le phénomène structurel de baisse de consommation du papier, constaté au début des années 2000, et accéléré en 2008, est à l’œuvre. « Nous sommes habitués à observer des cycles de hausses et de baisses, mais ces cycles se raccourcissent, avec des variations tarifaires de plus en plus importantes. »

Plus les baisses sont fortes, plus les hausses deviennent violentes. Et comme si tout cela ne suffisait pas, les industries du papier se trouvent désormais en concurrence avec… celles du bâtiment. Car la demande en constructions en bois explose et que la matière première est souvent la même, le bois résineux.

En effet, plusieurs pays, dont la France, ont choisi de promouvoir la fabrication avec du bois. Mi-juillet, une pénurie sur la matière première entraînait des arrêts de chantier, doublés d’une envolée des prix. « Même une partie de production du bois, dévolue à la pâte à papier, est reroutée vers le bâtiment, meilleur client, qui achète plus cher. »

Le coûteux bilan carbone

Reste que jamais l’on n’avait assisté à une telle flambée des prix, dont les corrélations avec la pandémie sont multiples, jusque dans le transport. Plusieurs informations le confirment : des conteneurs qui coûtaient 2000 $ sont passés à 8000 $... voilà six mois. Depuis, les tarifs ont continué de grimper. Certains éditeurs, courageux ou désespérés, auraient tenté de faire transiter leur production par train, pour contourner le problème. « Mécaniquement, tout cela a des conséquences sur le coût de fabrication. »

Durant la pandémie, les conteneurs acheminés par les trois transporteurs mondiaux se sont retrouvés vides. L’un de ces trois plus gros est d’ailleurs chinois : durant le premier semestre 2020, des dizaines de milliers de conteneurs se retrouvaient sans marchandise. Pire encore dans le fret maritime, où les marchandises furent coincées dans les ports américains ou chinois, entraînant une rupture de la chaîne d’approvisionnement.

Une raréfaction des produits, allant jusqu’aux palettes en bois, aux encres, et même aux matières plastiques. Et conséquence : des prix exorbitants. Car depuis la reprise économique, le coût des transports n’a pas cessé de grimper dans les aigus. 

N’oublions d’ailleurs pas que le corollaire du transport, c’est l’environnement. Le respect de normes environnementales plus propres se répercutera, tôt ou tard. « Le papier est énergivore à produire, en gaz, pétrole, charbon, transports… Couper des arbres, c’est très régulé. Mais le bilan carbone d’un livre est énorme », souligne Nicolas Perrier. D’ailleurs, il en va de même pour le papier toilette, même si moins raffiné. « Cela dit, les gens réagiraient plus rapidement à une pénurie de papier hygiénique qu’à une pénurie de livres. »

Car, faire des économies carbone a un prix, plus encore lorsque de nombreuses autres industries optent pour le papier en remplacement des plastiques d’emballage. Vertueux, mais coûteux, surtout quand la matière vient à manquer. 

Ainsi, quand les imprimeurs, sous la pression des papetiers, finiront par répercuter leurs frais, que se passera-t-il ? « Les éditeurs ont déjà vu les coûts environnementaux grimper, les conséquences financières liées à la matière première se feront aussi sentir », relève Nicolas Perrier.

Même les groupes, qui achètent directement leur papier, ont vu, ou verront, le prix de leurs livres augmenter : tous les imprimeurs n'en fournissent pas, mais chacun finira par en faire les frais. « À cette heure, ce sont surtout des questions de délais qui se posent principalement : le papier bouffant peut mettre jusqu’à 14 semaines à être livré, contre 3 à 5 semaines en temps normaux. Mais vu les sérieuses difficultés qui se posent, les imprimeurs n’auront pas d’autres solutions que de répercuter les hausses sur les éditeurs. »

La concurrence de l'Europe orientale

Pour l'imprimeuse Laura Fortunato, les éditeurs partenaires — principalement en bande dessinée, donc — semblent pour l’heure opposés à cette idée de hausse. Toutefois, garantir le maintien des actuels prix de vente des ouvrages implique des solutions qui font peur… aux imprimeurs. « Nous avons déjà perdu des parts de marché du fait de la concurrence avec certains prestataires d’Europe de l’est — de Pologne, Slovaquie ou Slovénie, par exemple. Si, pour l’heure, les éditeurs ont pris acte de la hausse des tarifs en amont, qu’en sera-t-il après le 30 septembre ? » Autrement dit, après la fixation des nouveaux tarifs.

Ces territoires, également concernés par ces problématiques, représentent pourtant une double menace : « D’abord, ils ont moins de demandes locales, et sont donc plus susceptibles de répondre à celle d’éditeurs français ou belges. Ensuite, leurs coûts de main-d’œuvre sont moins élevés. » Autrement dit, aller chercher, à l’est, des prix de revient à même de ne pas répercuter sur les lecteurs et en librairies, les hausses de tarifs.

Encore faut-il que les stocks existent et que l’approvisionnement fonctionne pour ces opérateurs. « Si c’est le cas, alors les éditeurs, d’abord attirés par la nécessité, changeront peut-être leurs habitudes de travail. On imagine bien qu’il est plus difficile de revenir vers les anciens partenaires dans ces conditions. » 

Ajoutons à cela les coûts de transports, également plus attractifs, et l’équation devient extrêmement délicate. Que des frais de fabrication augmentent de 5 à 8 %, pour des grands groupes, cela reste absorbable sur le volume. Mais les maisons accepteront-elles de jouer le jeu longtemps encore — surtout quand les coûts auront pris 15 % de majoration ?

Une possibilité marginale, relativisera-t-on : les gros groupes BD impriment déjà partout. Certes, mais néanmoins.

Le livre en danger... de hausse ?

Quid, dans une logique financière, des petites maisons, aux petits volumes d'impression ? Elles se retrouveront sur le carreau. « Les gros deviendront prioritaires, du fait des exemplaires imprimés. Les petits attendront plus longtemps, et paieront plus cher encore : une double peine », redoute Nicolas Perrier.

En Allemagne, les éditeurs affirment être pris dans un goulot d’étranglement : démarrant la production de Noël, ils sont confrontés aux mêmes difficultés que leurs confrères français. Raréfaction du papier, prix explosifs, chaîne d’approvisionnement ténue.

Association des éditeurs et libraires allemands

Un état d’urgence pour les maisons, contraintes d’avancer les délais pour établir le tirage des ouvrages. Notons que le prix de la cellulose, achetée 650 € en décembre 2020, était passé à 1000 € la tonne en août 2021. 

Corollaire : un retard dans l’impression implique des retards dans l’office. « Quand il s’agit d’une ou deux semaines, les commerciaux grognent. Deux mois, ce peut être dramatique pour la vie du livre et de la maison. » Les plannings de la rentrée littéraire, réorganisés en regard de l’année 2020, ont joué leur rôle dans ce marasme.

« Quand un groupe commande 100 tonnes, et qu’un petit éditeur en commande 3, il passe évidemment au second plan », reconnaît un imprimeur. « Et la hausse de prix est en effet visible, autour de 20 %. »

Guillaume Le Jeune ne voit pas d’amélioration au second semestre. « La hausse des prix de papier pourrait continuer, notamment au 1er semestre 2022, en regard de la situation actuelle — et du point de départ de ladite situation. À savoir que les prix du marché étaient tombés à un niveau trop bas pour que les producteurs puissent continuer leur activité de façon pérenne. » Les temps sont troublés, pour l’approvisionnement, mais quand on est éditeur, « il faut attacher sa ceinture, la situation est vraiment chaotique ».

« Personnellement, je ne déplore qu’une augmentation de notre tarif annuel — nous travaillons sur un système de frais fixes et frais variables histoire de gérer “facilement” les coéditions avec les clients », relativise l'éditeur Michel Demeulenaere, fondateur de Mijade (Belgique). « Il y a effectivement — mais nous sommes très peu touchés, car nous imprimons 95 % de notre production en France ou en Europe — une augmentation vertigineuse des frais de transport depuis l’Asie », ajoute Laurent Beccaria. Pour d’autres, les retards imprimeurs s’accumulent, parfois contraignants à des mesures d’urgence, comme l’impression à l’étranger.

La lecture, dans les petits papiers

Certes, l’édition est résiliente, et devrait mieux traverser ces premières perturbations — avec des implications immédiates moins lourdes. Pour autant, la situation est identique en Europe dans les autres États, et récemment, les éditeurs québécois opéraient les mêmes constats. Avec toujours cette crainte : la hausse du prix des livres.

QUEBEC: une hausse inévitable du prix des livres ?

« Heureusement, en France, une lueur d’espoir vient de ce que le président de la République a choisi de faire de la lecture une grande cause nationale. Il est important de rappeler que s’il souhaite la favoriser, une filière en France doit pouvoir éditer et imprimer les livres. De plus les tablettes, à la différence du support papier, favoriseront une moindre maitrise dans l'apprentissage de l'écriture et dans celle de l'orthographe », conclut le président de Culture Papier. ‌

Surtout, pointe un facétieux acteur, que le paradoxe grandit. « Les gros impriment beaucoup, ce qui leur permet d’avoir des remises. Mais alors qu’une pénurie sévit, il faudrait continuer d’imprimer beaucoup, voire plus encore, pour maintenir des prix bas… » Autre démonstration de cet aphorisme de Jérôme Lindon : l'édition est la seule industrie où l'on répond à la crise de la demande par une augmentation de l'offre.

Gilles Mure Ravaud, président du Groupement des métiers de l’impression, insiste : « L’européanisation a eu des conséquences visibles dans plusieurs industries lourdes : les papetiers y compris. Les dernières grandes machines à papier en France datent des années 60-70. Contrairement aux pays scandinaves ou au Portugal, on a assisté à un manque d’investissements, aboutissant à une paupérisation de la branche. »

Et en effet, des pays avec une capacité de progression économique et de consommation plus significatives que la Vieille Europe se voient privilégiés. « Il faut apprendre à se réorganiser : moins commander à des pays lointains, travailler avec les opérateurs de proximité, pour des petites quantités. » Pour autant, s’appuyant sur une étude de COFACE (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur), le président du GMI ne verse pas dans le pessimisme.

« Sur les cinq prochaines années, les projections sont plutôt dans le vert : après l’excès de consommation d’écrans du confinement, le besoin de lire sur papier se dévoile. » Et dans cette continuité, parvenir à promouvoir la filiale auprès des étudiants, « les faire venir dans nos usines, leur présenter le métier, pour attirer de nouvelles compétences ».

Pas de panique, tant qu'on a sa serviette

Pascal Lenoir se montre plus pragmatique encore : directeur de la fabrication chez Gallimard, président de la commission environnement du Syndicat national de l’édition et président de la Compagnie des Chefs de Fabrication de l’Imprimerie, voit dans cette période « un phénomène structurel et ponctuel ». De fait, « le marché du papier se restructure, en regard de la baisse de consommation — 50 % perdus en 15 ans. Et dans le même temps, un redémarrage des industries, partout dans le monde, qui provoque des tensions ».

L’édition souffre par ailleurs de mauvaises habitudes prises : le manque d’anticipation. « Chez les éditeurs qui achètent le papier à leur imprimeur, ceux qui n’ont pas anticipé seront pénalisés. » Sans pour autant s’en inquiéter trop : « Nous sortons d’une période d’arrêt quasi complet : le redémarrage est compliqué pour tout le monde, parce que le Covid a entraîné une désorganisation complète. »

L’industrie du livre, passée d’un fonctionnement basé sur les stocks à une approche de flux, a cherché ces dernières années à « réduire les stocks et n’approvisionner que si besoin », note Pascal Lenoir. Mais la surcapacité de production d’avant-Covid ne répond plus : « Les délais courts, c’est du passé : les machines sont pleines, alors si les plannings n’ont pas été bien cadrés, la pénurie sera plus violente. »

Comment ne pas mesurer que tous les professionnels sont à cran ? « Quand un cas Covid se présente dans un port de Chine, on ferme tout, avec les répercussions qu’on imagine. Cela renchérit sur les difficultés, et alimente l’urgence, quand l’activité reprend. Il en va de même quand un bateau reste coincé en travers du canal de Suez », pointe-t-il en référence à l’Ever Given, ce porte-conteneurs géant de 400 m, bloqué en mars dernier.

Ces enjeux autour de la matière « obligent à une plus grande vigilance : suivant les papiers nécessaires aux ouvrages, structurer, parler, échanger, tout ce que l’on a peut-être perdu l’habitude de faire. Quel est le programme, sur combien de mois, quel papier, quel tirage, quand doit démarrer l’impression ? Autant de questions essentielles, pour prendre de la hauteur et traverser cette crise. »

Une approche de bon gestionnaire, en somme ? « Aménager des stocks quand les marchés se tendent, oui, c’est de la bonne gestion. Mais encore faut-il la trésorerie, un imprimeur en mesure de stocker… Or, non seulement cette approche tend le marché plus encore, mais il n’est pas possible de disposer de tous les papiers. Pour ceux qui le peuvent, oui, la solution a été d’acheter un peu plus que de nécessaire, parce que le marché est devenu imprévisible. »

LOI LANG: maintenant, sécuriser toute la chaîne du livre

Quant à l’idée de voir le prix des livres augmenter, la réponse est dans l’énoncé : « Cela dépend du temps que durera cette situation. » De fait, une grande partie des ouvrages dispose déjà d’un prix, inscrit sur la quatrième de couverture. Et le prix unique, qui fête sa 40e année, ne permet pas de grande flexibilité. « Il nous faut par ailleurs annoncer les prix des ouvrages, bien avant leur parution, très en amont. Alors, oui, nous absorberons un éventuel surcoût, d’autant qu’en 2020, le prix du papier n’a jamais été aussi bas. Au moins dans un premier temps. »

Mais pour le Goncourt, que l’on se rassure. Même s’il ne connaît pas le million d’exemplaires de L’anomalie (Hervé Le Tellier), il pourra être imprimé, sans peine : que l'éditeur se rassure.

Crédits photo : paine_z, CC 0 ; offset CC 0 ; 5598375 CC 0 ; 127071 CC 0 ; Christa Dodoo / Unsplash ; Tama66 CC 0

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

9 Commentaires

 

Jacques Lucchesi

24/08/2021 à 20:08

La vie de l'esprit est dépendante aussi de la vie de la matière. C'est à ce genre de signaux qu'on peut mesurer combien notre monde est fragile.

Texier

25/08/2021 à 00:34

Enquête fouillée et témoignages pertinents. La question cruciale pour le livre se pose également pour la presse encore plus vulnérable sans marge

LOL

25/08/2021 à 08:54

« Or, le papier est aussi la partie la plus raffinée, nécessitant une plus importante transformation. Sa pâte, originaire d’Amérique du Sud ou de Scandinavie, »

Voilà. La mondialisation. Les conséquences. Tout est dit.

Même si l'article effleure le sujet, la pâte à papier vient seulement des arbres qui viennent des forêts, lesquelles sont SOUS-exploitées en France.

Donc, il y aurait bien un moyen de tout réintégrer en local, sans passer par des portes-conteneurs fort polluants, pour le bienfait de tous et de l'emploi en particulier.

Après, on peut toujours se plaindre et on peut aussi agir.

SamSam

25/08/2021 à 09:21

Pas un mot sur la spéculation qui manipule tous les prix, qui redistribue toutes les matières premières entre des mains qui ne pensent qu'à se gaver ss tenir compte des gens, des besoins, des impacts.

Par ailleurs, on apprend qu'un des managers de Gallimard est responsable au Medef de l'édition. On s'en serait douté. La littérature industrielle révèle sa vraie nature.

Ce qui fait rire (jaune) c'est ces petit patrons, égoïsme en bandoulière, qui militeraient (presque) pour des délais, des approvisionnements sûrs, des commandes définitives. Ils sont au coeur de la machine, n'espèrent rien de plus que de devenir des capos du système, et ils n'ont rien compris.
Le capitalisme s'engraisse de tout détruire, de tout déstabiliser en permanence. Le carton, le papier seront raréfiés, tenus par quelques mains ultra-riches, ils hurleront à la mort et accepteront n'importe quel prix. De toute façon, c'est le con qui paye. Nous, qui ne sommes que des con-sommateurs.
D'ailleurs, le COVID, c'est l'affaire du siècle pour les labos.
Les plus cons, les XXL de la connerie, ce sont sans aucun doute, ceux qui hurlent, au nom de la moroline la plus débile, vaccinez-vous, mais vaccinez-vous, nom de Dieu !..

Nicolas Gary - ActuaLitté

25/08/2021 à 09:23

Bonjour
Je laisse passer le commentaire, qui dérive tout de même.
En revanche, juste pour répondre sur les spéculations : manque de sources fiables et d'opérateurs en mesure de nous en parler de manière efficace. Pas du tout évité. Seul élément que l'on a pu avoir : "Les papetiers font un peu ce qu'ils veulent."
Voyez, ça ne menait pas loin.

Sidonie

25/08/2021 à 11:18

Merci pour cet article très détaillé et si bien expliqué!

Mox Fulder

25/08/2021 à 12:05

Juste une coquille à corriger, permettez-moi :

« D’abord, les tirages ont diminué depuis 10 ans, pour le livre. Ensuite, malgré un beau chiffre d’affaires en 2020, le coronavirus a provoqué une BAISE de la demande. »

("Baise de la demande" c'est presque un heureux double sens. mais je pense que vous préfèrerez le corriger quand même. et merci pour l'article).

Sic Gloria Transit

26/08/2021 à 08:07

Étant donné le peu de considération des éditeurs pour les lecteurs, je pense qu'il pourrait abandonné le papier de qualité pour du papier toilette sans trop se compromettre. Entre les fautes non corrigées et les coquilles diverses, ça donnerait à l'ensemble une couleur plus crédible et plus naturelle.

SamSam

26/08/2021 à 10:04

Effectivement, petits ou grands, d'après observations, les éditeurs partagent une même infatuation et un cynisme de plus en plus avéré. Vis-à-vis des auteurs, aussi, bien sûr.
Chez les gros, on s'en doutait, mais ça monte chez les petits aussi, et même dans le domaine poétique, où il n'est pas rare de croiser des éditeurs "participatifs". Entendre, un(e) éditeur(trice) qui, pour un service minimal, quasiment ss moyens de diff, mal distribué, demandera à l'auteur d'acheter une petit cinquantaine d'ouvrages. On notera qu'il publie beaucoup, et même de plus en plus (cf l'Harmattan, pionnier dans ce genre de cavalerie).
Bref, là aussi, la foi du charbonnier, le respect d'un travail singulier qui s'appelle création, l'envie de faire de son mieux pour faire vivre la culture au présent, et pas seulement avec petits-fours et enterrement discursif par qqes men in grey de la Culture, de la Politique ou des Médias, tout ça s'évanouit sous la loi du profit, l'angoisse de la précarité, le sentiment que tout est simulacre, alors pourquoi on ferait son petit bout de gras, en jouant des coudes et de la langue...

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Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

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Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

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Moniteurs étudiants : entre la “procédure” et la “bienveillance", Paris 3 balance

Ce mardi 2 février, les moniteurs étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe, rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, débrayaient une nouvelle fois, accompagnés par des bibliothécaires permanents et des professeurs de l'université. Alors que la crise sanitaire frappe de plein fouet les étudiants, ils réclament le maintien de leur rémunération en cas de confinement et de fermeture de l'établissement. Une partie du personnel de la bibliothèque les soutient et réclame plus de moyens.

05/02/2021, 17:41

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Gabriel Matzneff publie Vanessavirus, son ultime livre

EXCLUSIF – Ce mois de janvier ne manque définitivement pas de rebondissements : alors que le titre de Camille Kouchner, La familia grande, vient de sortir en grand format, sa parution fait écho à la sortie en poche du Consentement, l’ouvrage de Vanessa Springora. L’éditrice avait dénoncé avec force les actes de Gabriel Matzneff, et toute la complaisance autour du personnage. Quelque peu oublié des médias, l’auteur n’a pour autant pas quitté la plume. Et s'apprête même à publier son prochain titre, Vanessavirus.

02/02/2021, 09:30

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Financement, structure, Livre Paris : les Grandes espérances 2021 du SNE

Livre Paris 2020 compte parmi les premiers salons victime de la crise sanitaire. Pas de manifestation pour la capitale française, et pas de revenus pour le Syndicat national de l’édition, coorganisateur avec Reed Expositions France. Au cours des dernières semaines, les messages promotionnels n’ont pourtant pas manqué, rassurants ou tentant de l'être. Ainsi, la programmation se dévoile pour partie : l’Inde reste le pays à l’honneur, quand le monde d’après servira de fil rouge à l'ensemble. 

27/01/2021, 16:20

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Lisimachio, le PDG de Hachette Livre qui voulut racheter Amazon

Jean-Louis Lisimachio a laissé une profonde empreinte sur le groupe Hachette Livre, qu’il quitta brutalement en mai 2003. Depuis, il vit quelque part entre les massifs alpins et Nice, « désintéressé de ce qui concerne l’édition et au courant de tout ». Ses anciens collaborateurs décrivent une personnalité fascinante, admirée ou haïe. Incontestablement, l’ex-PDG de Hachette filiale de Lagardère, avant qu’elle ne soit renommée Lagardère Publishing, a marqué plus que son époque. Une figure d’autant plus intrigante qu’elle ne frayait pas avec le gotha littéraire, bien au contraire.

14/01/2021, 14:20

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La chaîne du livre face à la crise sanitaire, dans neuf régions françaises

Dès le début de la pandémie, les agences régionales du livre ont conseillé les acteurs concernés, mais se sont aussi lancées dans des consultations, pour rester au plus près des besoins. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture propose une synthèse des actions et réactions du monde du livre, dans neuf régions françaises, au cours de la tumultueuse année 2020.

11/01/2021, 16:50

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Marseille : Actes Sud cédera la librairie du MuCEM à Arteum, “une perspective adaptée”

En janvier 2013, le groupe Actes Sud remportait l’appel d’offres concernant le MuCEM — Musée des civilisations de l’Europe et de la méditerranée de Marseille. En juin de cette même année, la boutique-librairie allait être associée à la librairie Maupetit, propriété du groupe depuis 1998. Mais la concession changerait prochainement de mains, dans le cadre d’un AOT qui bénéficierait à la société Arteum, spécialisée dans les boutiques de musées. 

17/12/2020, 15:45

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Étude : les Français et la lecture pendant le premier confinement

Trois organismes du secteur du livre, la Sofia, le SNE et la SGDL, ont commandé à l'institut Médiamétrie une étude consacrée aux pratiques des Français en matière de lecture pendant le premier confinement, celui du printemps 2020. Il en ressort un attachement certain pour l'activité, avec une volonté de tester d'autres manières de lire.

14/12/2020, 16:43

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La lecture, loisir le plus pratiqué par les enfants de 9 ans durant le confinement

Dans quelques années, on se souviendra de cette étrange période avec quelques souvenirs flous : avions-nous réellement été enfermés, durant un confinement mondial ? Pour les enfants, dont 98 % restèrent chez eux, cette période eut des répercussions sur le travail et les loisirs. Le ministère de la Culture a procédé à une enquête, portant sur les jeunes de 9 ans.

07/12/2020, 09:38

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Sondage : les Français ont lu 2,5 livres durant le confinement

EXCLUSIF – À partir de ce 11 mai, les librairies ont l'autorisation de réouvrir. Or, la lecture fut, durant le confinement, l’une des vertus refuges. Privés dans un premier temps de librairies, les Français ont pourtant opté pour les livres, pour se divertir, s’évader ou s’enrichir. Un sondage réalisé par Harris pour ActuaLitté/La Journée du manuscrit francophone dévoile quelle place le livre a véritablement occupé lors de ces semaines à domicile.

11/05/2020, 09:00

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Les Français achètent de plus en plus de livres d'occasion

Le livre d'occasion, une aubaine
En attendant le communiqué annuel de PriceMinister annonçant que le livre a encore été le produit le plus revendu après Noël, voici un bref pronostic de Recommerce. Spécialiste de la vente de smartphones et produits reconditionnés, l’entreprise avance que les Français passeront massivement par les cadeaux d’occasion.

20/12/2018, 12:03

Autres articles de la rubrique À la loupe

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“Un libraire doit-il vendre le livre d’Eric Zemmour ?”

Voilà une semaine maintenant que La France n’a pas dit son dernier mot est disponible dans les différents points de vente et en ligne. Un succès revendiqué par l’auteur du Destin français, dont la mise en place dépassait les 150.000 exemplaires. Avec un cas de conscience qui se pose chez les libraires : vendre ou ne pas vendre Éric Zemmour. Marc Georges, qui dirige La Demeure du livre, à La Perrière (Orne), intervient dans nos colonnes avec quelques réflexions à partager.

20/09/2021, 09:04

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Babel, Sisyphe et Tantale dans un bateau : mettre le Horla à la rentrée littéraire

Outre le raccourcissement désormais flagrant des journées, les aléas météorologiques qui contraignent à troquer bermudas et t-shirts pour jeans et chemises, tout va bien madame la Marquise. Alors d’où me vient cette langueur que Verlaine n’aurait pas boudée ? Une anémie qui ne doit rien à mes globules rouges, merci pour eux, et pourtant sévit, jour après jour… La réponse était dans l’énoncé. Ou plutôt, sur le bureau d’en face…

18/09/2021, 13:01

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Raphaël Glucksmann : “La politique souffre d’abord d’une absence de littérature”

ÉVÉNEMENT – Au fil des éditions, les Bibliothèques idéales de Strasbourg voient de plus en plus grand. Cette année, malgré les complications épidémiques, « les Livres ont pris le pouvoir », bel et bien : 200 écrivains, intellectuels, acteurs et musiciens ont investi la capitale alsacienne pendant 10 jours pour faire de ces rencontres un rendez-vous incontournable de la vie culturelle d’abord strasbourgeoise, ensuite alsacienne, bientôt française. Retour d’expérience. 

15/09/2021, 17:33

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Pourquoi le journaliste littéraire redouterait l'internaute critique ? 

Auteur Gallimard, juré Prix Goncourt, auteur d'une étude sur les traducteurs pour le CNL, journaliste, bloggueur et despote éclairé de la République des livres : Pierre Assouline est multi-casquette, solidement implanté dans l'industrie. Dans La revue des médias, il dénigre avec ardeur les réseaux de lecteurs, des « plateformes [qui] sont des sites marchands ». Et finalement, déplore une médiocrité propre à l'époque. Pierre Fremaux, cofondateur de Babelio, apporte les nuances impératives.

15/09/2021, 07:42

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La Peste d'après Albert Camus inaugure Kazoku, label manga chez Michel Lafon

En 2016, Ki&Hi devint le premier manga des éditions Michel Lafon : 6 tomes et un agenda plus tard, le succès dépasse 1,03 million d’exemplaires (donnée Edistat) sur cinq années. 2021 amorce alors une nouvelle voie : Kazoku, le label manga de la maison. Et pour l’inaugurer, c’est le roman d’Albert Camus, La Peste, adapté par Ryota Kurumado. Une aventure éditoriale peu banale, dont les deux premiers tomes sortiront d’ici 10 jours.

14/09/2021, 11:33

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Patrick Imbert (Le Sommet des Dieux) : “Chez Taniguchi, je sens toujours une tonalité humaine”

En salles le 22 septembre prochain, Le Sommet des Dieux adapte le récit homonyme de Jirō Taniguchi, en 5 tomes (parus aux éditions Kana dans une traduction de Sylvain Chollet). L'histoire d'une passion vertigineuse pour l'alpinisme, où chaque sommet vaincu n'est qu'un seuil devant le prochain... Entretien avec Patrick Imbert, le réalisateur du long-métrage.

08/09/2021, 16:21

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Seghers : une rentrée à la recherche du lien entre tradition et modernité

La réorganisation des maisons décidée en octobre 2020 aura conduit Antoine Caro à la tête de Seghers. Une première rentrée littéraire, donc, qui amorce les trois axes de développement — tout en renouant avec l’histoire même de la maison. Poésie, beaux livres, littérature, la transition s’inscrit dans la tradition, celle d’une époque où Pierre Seghers conjuguait les genres et les talents. 

07/09/2021, 11:01

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Masque sous le nez, Plume dans le postérieur : Saint-Germain des Près a encore frappé

Depuis 1955 que l’émission littéraire hebdomadaire critique les univers culturels — cinéma, théâtre ou livres — on pourrait s’attendre à un minimum de connaissances économiques sur ces secteurs. Pourtant, Le Masque et la plume, que Jérôme Garcin présente depuis plus de 30 ans, démontre que le germanopratisme a de beaux jours devant lui. Comprendre : quand les chroniqueurs s’en prennent sévèrement à Virginie Grimaldi, on touche le fond du fond radiophonique. 

01/09/2021, 12:50

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Eric Zemmour : “Comment je suis devenu auteur-éditeur”

ENTRETIEN EXCLUSIF – La France n'a pas dit son dernier mot sera le prochain livre d'Éric Zemmour. Une aventure éditoriale qui commence avec une rupture à l’initiative de son ancien éditeur, Albin Michel. Sans maison pour son prochain livre, le polémiste a choisi de monter sa propre société d’édition — Rubempré. Et de confier à Interforum la distribution de ses livres sur le territoire, et dans la francophonie. Il revient avec nous sur cette démarche, plutôt inédite pour un auteur de best-sellers.

25/08/2021, 17:32

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En Afghanistan, “les créateurs sont pourchassés, risquent la torture et la mort”

La progression et le retour des talibans au pouvoir, à la faveur du retrait des forces internationales de l'Afghanistan, inquiètent le monde entier. Le devenir des libertés individuelles semble plus que jamais menacé dans le pays, et le Pen club français, qui défend la liberté d'expression, appelle le gouvernement français à prendre des mesures d'accueil fortes.

24/08/2021, 09:31

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 7. XXe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette septième partie est consacrée aux traducteurs du XXe siècle, qui prônent une traduction non littérale pour les œuvres de fiction et qui créent une nouvelle discipline dénommée traductologie. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

20/08/2021, 10:03

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 6. XIXe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette sixième partie est consacrée aux traducteurs du XIXe siècle, qui affinent leurs méthodes et tentent de nouvelles approches dans leur art. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

19/08/2021, 10:24

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 5. XVIIIe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette cinquième partie est consacrée aux traducteurs du XVIIIe siècle, qui prennent pour habitude de traduire d’une langue étrangère vers leur langue maternelle, et non le contraire. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

18/08/2021, 11:07

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 4. XVIIe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette quatrième partie est consacrée aux traducteurs du XVIIe siècle, dont les traductions tentent d’être plus fidèles et transparentes que celles de leurs collègues des siècles passés. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

17/08/2021, 10:36

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 3. XVIe siècle

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette troisième partie est consacrée aux traducteurs du XVIe siècle, qui traduisent les auteurs classiques et la Bible dans des langues modernes (anglais, allemand, français, etc.). Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

16/08/2021, 10:46

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Biélorussie : la France doit “déclencher une initiative internationale” contre Loukachenko

L'anniversaire de la réélection contestée d'Alexandre Loukachenko à la présidence de la Biélorussie d'août 2020 fut marqué par la dissolution du Centre PEN national, qui lutte pour la liberté d'expression des écrivains. Le triste symbole d'un régime autoritaire qui s'installe et perdure : le Club PEN français, dans un courrier à Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, exhorte celui-ci à l'action. Nous reproduisons ci-dessous le texte envoyé, en intégralité.

16/08/2021, 10:44

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 2. Moyen Âge

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette deuxième partie est consacrée aux traducteurs du Moyen Âge, qui favorisent le développement des langues et cultures vernaculaires. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

14/08/2021, 10:48

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 1. Antiquité

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette première partie est consacrée aux traducteurs de l’Antiquité et à leur rôle de passerelle entre plusieurs langues, cultures et civilisations. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

13/08/2021, 13:35

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“Connaître et comprendre : les traducteurs ont toujours eu ce rôle d’explorateurs”

Docteure en littérature française et comparée, Lise Chapuis s’est un beau jour passionnée pour l’italien. Au point de faire métier de traduction. Elle dirige également la collection Selva selvaggia, des éditions L’Arbre vengeur, où, là aussi, elle offre aux lecteurs français de découvrir de nombreuses oeuvres du Bel paese – classiques et contemporaines. Entretien, tout en nuances.

11/08/2021, 10:46

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Finalement, Éric Zemmour a trouvé presque mieux qu'un éditeur

Secret de polichinelle, peut-être, mais bien conservé tout de même. Et surtout coup de maître, quand on pense aux ramifications, de la part d’Editis. Eric Zemmour, auteur esseulé, qu’Albin Michel avait dégagé de son catalogue de rentrée, n’avait d’autres options que l’autopublication pour maintenir la sortie de son livre. Il a donc ajouté une société d’édition aux cordes de sa propre entreprise, Rubempré. Et tant qu'à faire, autant se trouver une structure de diffusion, pour assurer la présence dans les points de vente, non ?

09/08/2021, 11:20

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BD 20-21 : “La bande dessinée vit une crise de croissance particulièrement aiguë”

L'année de la bande dessinée, imaginée pour l'année 2020 et finalement étendue sur une partie de 2021 en raison de la crise sanitaire, s'est terminée en juin dernier. Voulue par le ministère de la Culture, organisée par le Centre national du livre et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, l'opération s'organisait parallèlement à la remise du rapport Racine, très attendue par les auteurs et autrices. Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité de la BD, estime que l'année de la BD a permis de mettre en avant la situation des créateurs et de lancer le processus de réformes.

05/08/2021, 17:16

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Alessio Forgione : un dialecte napolitain qui “s’étend bien au-delà des mots”

Le dernier livre d’Alessio Forgione, Napoli mon amour, est paru en début d’année chez Denoël. Traduit par Lise Caillat, ce roman parcourt une ville où désespoir et solitude s’entremêlent, pour Amoresano. Jusqu’à l’arrivée de Nina. Et soudainement, les rues napolitaines n’ont plus la même saveur. Entretien avec la traductrice.

05/08/2021, 11:54

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Bob Morane, ou l'ombre jaune de Roselyne Bachelot

Une nouvelle fois, le cabinet de la ministre fait grincer des dents. Ou bien faut-il considérer que l’année de la BD étant close, tout ce qui touche au 9e art se relaie à l’arrière-plan ? Henri Vernes ne méritait pas même un tweet, service de communication ministérielle a minima ? Non, manifestement non. Parce qu’en effet, Bob Morane n’a pas vraiment l’ampleur ni la présence justifiant que l’on se fende d’un hommage, même concis. Et puis, ce sont les vacances, pas question de faire du zèle ?

28/07/2021, 12:27

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Le Pass sanitaire : “Bombe à fragmentation pour la lecture publique”

Déjà préoccupés depuis la publication du décret d’application, les établissements de lecture publique s’inquiètent plus encore de voir la législation poindre. L’accord trouvé par la Commission mixte paritaire sur le projet de loi sanitaire laisse planer plus d’inquiétudes encore. L’interassociation des bibliothèques et bibliothécaires diffuse un message d’alerte, ici reproduit dans son intégralité.

26/07/2021, 18:44

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“Je voudrais que l’oral fasse suer l’écrit”, Gilles Defacque

Voilà maintenant un mois que le ministère de la Culture a annoncé le départ de Gilles Defacque de la direction du Prato, pôle national du cirque de Lille. Remplacé par Célia Deliau, directrice du Cirque Jules Verne, pôle national du cirque d’Amiens, depuis 2016, c’est une page qui se tourne. Départ dans cette bibliothèque peu commune, celle du metteur en scène, clown, poète, Gilles Defacque.

26/07/2021, 12:18

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La loi Climat et résilience briderait inutilement “l’activité de l’industrie papetière”

La « Convention citoyenne pour le climat » est, depuis sa création, présentée comme un moyen pour accélérer la lutte contre le changement climatique. LObjectif premier : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, partout en France. Bien qu’engagée dans cet effort vers une industrie plus « verte », l’Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses a exprimé ses inquiétudes. Nous publions ici leur réaction dans son intégralité.

22/07/2021, 13:17

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Un procès insensé : “L’Internet Archive a un cœur, et sait s’en servir”

Lorsque j'ai entendu parler des poursuites judiciaires pour non-respect du droit d’auteur intentées le 1er juin 2020 aux États-Unis par quatre grands éditeurs (Hachette, Penguin Random House, Wiley, HarperCollins) à l’Internet Archive pour son Open Library, et ce en pleine pandémie, je n’arrivais pas à y croire. Et ce mauvais rêve se transforme en cauchemar puisqu'un procès retentissant doit débuter le 12 novembre 2021.

22/07/2021, 10:42

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Maroc : le procès Radi et Stitou dévoile “une gouvernance par la terreur”

Reporters Sans Frontières parlent d’un « procès de la honte » après que le verdict ait été rendu : la justice marocaine condamne Omar Radi et Imad Stitou au terme d’une « procédure entachée d’irrégularité ». Accusés de viol, d’espionnage ou encore de non-dénonciation d’un crime, la cour de Casablanca n’a pas fait dans la demi-mesure. Jean-Philippe Domecq, Président au PEN Club français du Comité des écrivains persécutés livre ici un texte pétri d’indignation.

21/07/2021, 14:53

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Aux auteurs biélorusses, “nous redisons notre admiration” (Pen Club français)

Les citoyens, militants de la démocratie et auteurs biélorusses viennent de subir une nouvelle vague répressive, en Biélorussie. Sur ordre du président Alexandre Loukachenko, plusieurs centaines d'organisations non gouvernementales ont été visées par des perquisitions, le 14 juillet dernier. Parmi celles-ci, l'Union des écrivains biélorusses et le Pen Club local. Le Pen Club français exprime sa solidarité, dans nos colonnes.

19/07/2021, 09:47

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Luca di Fulvio : “Mes personnages veulent suivre leur propre chemin”

Son sourire enjôleur et lutin fascine : rencontrer Luca Di Fulvio, c’est plonger dans le charme d’une autre langue, et dans une littérature d’un autre monde. Les lecteurs qui l’ont découvert avec Le Gang des rêves auront le bonheur de le retrouver dans un roman plus italien cette fois. Conversation avec un dilettante particulièrement attaché à son art…

15/07/2021, 16:46

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Les auteurs existent-ils vraiment ?

Avons-nous réellement progressé depuis le bureau de législation dramatique par Beaumarchais, précurseur de la Sacd ou de la Sacem ? Nous en sommes toujours à « Compose Le Boléro ou Born to be alive… scénarise un block-buster… Sois téléchargé un million de fois ou tais-toi ! » ! par Olivier Cohen, membre du conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnels.

15/07/2021, 12:23

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Brewster Kahle, archiviste ultra

PORTRAIT – Bientôt au cœur d'un tonitruant procès intenté par quatre grands groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive célèbre, en 2021, ses 25 ans. Depuis 1996, elle abrite des sauvegardes du web mondial, mais aussi des exemplaires numériques de films, enregistrements audio, jeux vidéo, journaux ou encore livres. Portrait du bâtisseur de cette bibliothèque d'Alexandrie, Brewster Kahle.

14/07/2021, 14:53

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“Nous sommes des centaines, chaque année, à rencontrer élèves et étudiants”

La Maison des écrivains est soutenue par les auteurs et les autrices qui la font vivre, qui travaillent avec son équipe au quotidien, et qui rencontrent, avec elle, leurs lecteurs, notamment grâce aux actions importantes, uniques au plan national, que conduit la Maison pour l'éducation artistique et culturelle. Une lettre ouverte au Président de la République le rappelle au moment où celui-ci vient, ce 17 juin, de déclarer vouloir faire de la lecture une grande cause nationale.

14/07/2021, 09:23

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“40 ans après la loi Lang, c’est toute la chaîne du livre qu’il faut sécuriser”

Parce qu'un peu d'histoire ne fait jamais de mal, surtout à une époque de contre-vérités rapidement disséminées, Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise nous propose un retour dans le temps. Et de ramener de ce voyage quelques éléments pour éclairer le présent. Voire, qui sait : trouver des perspectives pour consolider la chaîne du livre dans son ensemble.  

10/07/2021, 10:14

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“En réalité, Milan Kundera écrivait déjà en français dans ses romans tchèques”

Paru en italien en 2013, puis aux éditions Gallimard en avril 2014, La fête de l’insignifiance fait désormais l’objet d’une édition en tchèque. Anna Kareninová — traductrice éminente et reconnue — a la responsabilité de rendre les textes de Milan Kundera en tchèque. Elle signe également la postface de cette édition (dans une traduction opérée par Anna Kubišta). Les éditions Atlantis, qui ont publié ce livre en 2020, nous offrent ainsi un regard inédit, personnel et complexe sur le travail même de traduction.

06/07/2021, 13:50

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La littérature, cet outil de connaissance

Le PEN Club, au carrefour international des cultures, est de ce fait bien placé pour constater que la littérature est au croisement de la création et de la connaissance. Ayant pour mission fondatrice la défense de la liberté d’expression et celle-ci n’étant pas divisible, le réseau solidaire des PEN Clubs nationaux a à connaître et faire connaître toute forme d’expression qui est opprimée parce qu’elle porte l’émancipation, la pensée mobile, donc critique, et les mutations de la sensibilité — autant dire : la littérature. Par Jean-Philippe Domecq.

06/07/2021, 10:07