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Crise du papier en France : pourra-t-on imprimer le prix Goncourt ?

#PenuriePapier – En 2019, l’industrie papetière représentait 5,4 milliards €, incluant papiers et cartons, selon Copacel, organisation patronale. En somme, un douzième de ce que pèse la filière forêt-bois, matière première essentielle. Or, depuis fin 2019, plusieurs facteurs distincts provoquent une pénurie de papier. Et si les usages graphiques — incluant la production de livres — ne représentaient que 1,6 million de tonnes sur les 7,3 millions globales, la situation va en s’aggravant depuis la pandémie. 

 

Le 24/08/2021 à 14:47 par Nicolas Gary

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Publié le :

24/08/2021 à 14:47

Nicolas Gary

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Voilà des semaines que les éditeurs en font état : une crise papetière est à l’œuvre, avec pour conséquence immédiate d’engendrer une hausse tarifaire, doublée d’une pénurie significative, et de retards. Les origines complexes et multiples déclenchent pourtant des conséquences simples : « Fin juillet, j’ai pu constater effectivement une grande tension sur l’approvisionnement de papier d’impression et de carton (reliure et PLV) avec des délais allongés », nous indique Laurent Beccaria, directeur des Arènes.

« La reprise est forte partout et le besoin de papier et de carton est fort dans tous les secteurs. L’augmentation de la vente par internet décuple le besoin d’emballage. » En clair, l'édition commence à avoir chaud. Très chaud. Et pour cause : les arrêts de collecte de matière, aux premiers temps du Covid, se répercutent actuellement.

Editeurs, imprimeurs, papetiers : “Papiere, Bitte !

Voilà quelques semaines, alors que les maisons manga bichaient et savouraient l'instauration du Pass Culture, certains ressentaient déjà le manque. Imprimés en Italie, les titres édités par Kazé ont fait face à des problématiques d'approvisionnement en papier et en encre, ralenti par la crise sanitaire, et à des plannings déjà chargés chez les partenaires. « Toutefois, ils sont habitués à réagir vite, ce qui a permis de limiter la durée des réassorts », indiquait alors Jérôme Manceau, directeur marketing de Kazé.

Depuis, la pression augmente. Le président des Éditions du net, Henri Mojon, prestataire d’impression à la demande, abonde : « Notre fournisseur, Procop, était en rupture en juillet et a été réapprovisionné le 3 août. Nous avons immédiatement commandé deux palettes d’avance. » Une situation qui résulte « de la restructuration de la filière et des prix qui explosent ».

Dans les grands groupes, qui achètent directement leur papier, les mesures d’urgence ont été prises : Gallimard, Hachette ou Editis, qui nous indique : « Malgré les délais allongés, le groupe a anticipé la situation et n’est en rien confronté à un risque de pénurie. » De fait, le responsable des achats avait vu venir, et l'entreprise dispose de papier jusqu'à la fin de l'année.

La bande dessinée, comme la littérature, est logée à même enseigne. Laura Fortunato, de l’imprimerie belge Lesaffre-Delabie, spécialisée dans les albums jeunesse et la BD, nous le confirme : « Effectivement, les prix des matières ont grimpés et l’approvisionnement, surtout en carton, est très compliqué en cette période. Nos clients ont été informés bien à temps et largement aidés en nous donnant leurs prévisions de planning. » 

Sauf que, très clairement, il s’avère « en ce moment très difficile d’intercaler des formats hors standard qui n’étaient pas annoncés. Fort heureusement, nous travaillons avec des matières gérées en stock par des réapprovisionnements réguliers… Mais même là, des retards sont annoncés. »

Une situation inédite, en quarante années de métier, assure-t-elle. « Une première hausse des prix est intervenue en avril, une nouvelle au 1er juin. Les prix du papier sont fixés jusqu’au 30 septembre, mais après, c’est l’inconnu. » Tout est question de stock, pour le papier comme le carton, afin de répondre aux demandes des éditeurs partenaires. « Si un nouveau client se présente, nous ne serons pas en mesure de l’accepter, avant le 23 décembre. »

Et d'abonder : « Il y a des problèmes d’approvisionnement sur le papier, mais aussi sur le carton de reliure et même le film d’emballage plastique. » Rien n’est donc épargné.

Matières premières, en tête de liste

Fin juillet, le président d’Imprim Luxe, Pierre Ballet, faisait circuler à l’initiative du groupe de réflexion POPAI, un document concernant « les hausses des matières premières et leurs répercutions sur le prix de vente auprès des donneurs d’ordre ».

Cette action regroupe plusieurs associations représentatives de la filière papier – producteurs, intégrateurs, agences, enseignistes, imprimeurs... – et une étude a déjà été réalisée pour identifier l’évolution des cours de ces matières premières. Un décrochage net était observé à compter de septembre 2020 pour les papiers cartons.

« [C]es entreprises que nous représentons - par un manque de visibilité sur les délais de livraison et les prix à date -, peinent à chiffrer les opérations à venir et à répercuter ces hausses sur leurs propres tarifs, et sont donc soumises à un risque fort de pénalités de retard en cas de révision des calendriers, alors même que des prix fermes et non révisables ont été prévus aux marchés annuels et aux commandes en cours », indiquait le courrier. 

« Cette situation déstabilise par conséquent l’ensemble des professionnels qui œuvrent à vos côtés malgré cette crise et met en péril leur survie. » 

Des professionnels qui n’avaient d’ailleurs pas besoin de cela, mais font face également aux dispositions de la loi Climat et résilience : déjà en proie à des difficultés économiques, la filière, et les imprimeurs en première ligne, se voit plus fragilisée encore. D’autant que pour ces derniers, si les prix d’impression baissent, ils ne remontent pas souvent. Les garde-fous introduits dans la législation laissent une respiration, mais pas assez pour que les dangers soient écartés. 

Voilà que ces dernières semaines, plusieurs maisons d’édition remontent les mêmes constats — des structures dont le papier est fourni par l'imprimeur, assez logiquement. « On parle de guerre mondiale d’approvisionnement du papier causant des retards », pointe l’une d’elles, mi-figue, mi-raisin. La petite musique est persistante, touche différemment les uns et les autres, mais tire ses origines des mêmes problématiques.

Le Covid, meilleur ami... de l'emballage

Nicolas Perrier, fondateur de 4P, société dédiée à l’accompagnement de structures pour l’impression à la demande, pose les faits : « Le papier – imprimé livre et presse, magazine, etc. – représente à peine 10 % de la production mondiale. L’emballage pèse pour l’immense majorité. » Or, le papier est aussi la partie la plus raffinée, nécessitant une plus importante transformation. Sa pâte, originaire d’Amérique du Sud ou de Scandinavie, a connu une baisse drastique de production avec… le coronavirus.

« D’abord, les tirages ont diminué depuis 10 ans, pour le livre. Ensuite, malgré un beau chiffre d’affaires en 2020, le coronavirus a provoqué une baisse de la demande. » La bureautique, et ses ramettes de papier pour l’imprimante ont connu la même pente : le télétravail a fait fondre les achats. L’offre, souffrant d’une demande absente, ou moindre, a conduit logiquement à la hausse des prix.

Il est en revanche un autre segment qui, lui, a explosé avec la pandémie : l’emballage. « La vente en ligne, en Occident, et plus encore en Chine, a été sursollicitée du fait des confinements. » Dans le même temps, la Chine, qui importait des déchets — notamment du vieux papier — d’Europe, a cessé ce commerce à partir de novembre 2019. S’il y avait du papier, le marché pouvait assurer une production. « Désormais, les Chinois importent de nouveau, ne disposant pas des ressources pour produire suffisamment de pâte. » Des achats à l’étranger induisant des hausses de tarifs sur la matière.

« Certaines papeteries s’orienteraient sur une activité de cartonnage plutôt que le papier et que les marchés américain et chinois seraient privilégiés par rapport au marché européen, car plus importants », observe Yvan Cardona, dirigeant de IN tempo, imprimeur.

« Le fait est que les délais d’approvisionnements sont extrêmement longs (parfois 10 semaines) et que nous sommes obligés de refuser des affaires pour manque des références les plus utilisées en bouffant et offset concernant le livre », poursuit-il. « Nos autres fournisseurs rotativistes orientés sur de l’impression de magazines ou VPC (papiers couchés ou dit journal amélioré) nous font le même constat. »

La concomitance de facteurs disjoints est telle que certains papetiers – situation encore jamais vue –, ont dû dénoncer leurs accords d’approvisionnement pris pour l’année. Une mesure de protection commerciale destinée à protéger les entreprises, qui finiraient par travailler à perte. Un effet ciseau inextricable, où l’augmentation de la matière première se double avec un prix de cession trop bas : la machine menace de se bloquer. 

Emballer, c'est pesé !

Ce premier phénomène s’accompagne de plusieurs autres tendances, qui convergent toutes. La flambée des prix de la matière première vient aussi de ce que l’industrie du carton s’est portée acquéreuse de gros volumes. 

De même, les deux producteurs de papier, UPM et Stora Enso, parmi les trois plus gros opérateurs au monde, ont opéré une fermeture massive de leur production. Arrivées à un seuil où le prix du papier, toutes catégories confondues était trop bas, les entreprises ont préféré plier boutique. Devant une profitabilité insuffisante, et un marché déficitaire en termes d’offre, les joueurs ont en parallèle révisé leurs stratégies : une mutation progressive de la production industrielle… vers le packaging.

Mais Guillaume Le Jeune, président de l’association Culture Papier, pointe également que le phénomène structurel de baisse de consommation du papier, constaté au début des années 2000, et accéléré en 2008, est à l’œuvre. « Nous sommes habitués à observer des cycles de hausses et de baisses, mais ces cycles se raccourcissent, avec des variations tarifaires de plus en plus importantes. »

Plus les baisses sont fortes, plus les hausses deviennent violentes. Et comme si tout cela ne suffisait pas, les industries du papier se trouvent désormais en concurrence avec… celles du bâtiment. Car la demande en constructions en bois explose et que la matière première est souvent la même, le bois résineux.

En effet, plusieurs pays, dont la France, ont choisi de promouvoir la fabrication avec du bois. Mi-juillet, une pénurie sur la matière première entraînait des arrêts de chantier, doublés d’une envolée des prix. « Même une partie de production du bois, dévolue à la pâte à papier, est reroutée vers le bâtiment, meilleur client, qui achète plus cher. »

Le coûteux bilan carbone

Reste que jamais l’on n’avait assisté à une telle flambée des prix, dont les corrélations avec la pandémie sont multiples, jusque dans le transport. Plusieurs informations le confirment : des conteneurs qui coûtaient 2000 $ sont passés à 8000 $... voilà six mois. Depuis, les tarifs ont continué de grimper. Certains éditeurs, courageux ou désespérés, auraient tenté de faire transiter leur production par train, pour contourner le problème. « Mécaniquement, tout cela a des conséquences sur le coût de fabrication. »

Durant la pandémie, les conteneurs acheminés par les trois transporteurs mondiaux se sont retrouvés vides. L’un de ces trois plus gros est d’ailleurs chinois : durant le premier semestre 2020, des dizaines de milliers de conteneurs se retrouvaient sans marchandise. Pire encore dans le fret maritime, où les marchandises furent coincées dans les ports américains ou chinois, entraînant une rupture de la chaîne d’approvisionnement.

Une raréfaction des produits, allant jusqu’aux palettes en bois, aux encres, et même aux matières plastiques. Et conséquence : des prix exorbitants. Car depuis la reprise économique, le coût des transports n’a pas cessé de grimper dans les aigus. 

N’oublions d’ailleurs pas que le corollaire du transport, c’est l’environnement. Le respect de normes environnementales plus propres se répercutera, tôt ou tard. « Le papier est énergivore à produire, en gaz, pétrole, charbon, transports… Couper des arbres, c’est très régulé. Mais le bilan carbone d’un livre est énorme », souligne Nicolas Perrier. D’ailleurs, il en va de même pour le papier toilette, même si moins raffiné. « Cela dit, les gens réagiraient plus rapidement à une pénurie de papier hygiénique qu’à une pénurie de livres. »

Car, faire des économies carbone a un prix, plus encore lorsque de nombreuses autres industries optent pour le papier en remplacement des plastiques d’emballage. Vertueux, mais coûteux, surtout quand la matière vient à manquer. 

Ainsi, quand les imprimeurs, sous la pression des papetiers, finiront par répercuter leurs frais, que se passera-t-il ? « Les éditeurs ont déjà vu les coûts environnementaux grimper, les conséquences financières liées à la matière première se feront aussi sentir », relève Nicolas Perrier.

Même les groupes, qui achètent directement leur papier, ont vu, ou verront, le prix de leurs livres augmenter : tous les imprimeurs n'en fournissent pas, mais chacun finira par en faire les frais. « À cette heure, ce sont surtout des questions de délais qui se posent principalement : le papier bouffant peut mettre jusqu’à 14 semaines à être livré, contre 3 à 5 semaines en temps normaux. Mais vu les sérieuses difficultés qui se posent, les imprimeurs n’auront pas d’autres solutions que de répercuter les hausses sur les éditeurs. »

La concurrence de l'Europe orientale

Pour l'imprimeuse Laura Fortunato, les éditeurs partenaires — principalement en bande dessinée, donc — semblent pour l’heure opposés à cette idée de hausse. Toutefois, garantir le maintien des actuels prix de vente des ouvrages implique des solutions qui font peur… aux imprimeurs. « Nous avons déjà perdu des parts de marché du fait de la concurrence avec certains prestataires d’Europe de l’est — de Pologne, Slovaquie ou Slovénie, par exemple. Si, pour l’heure, les éditeurs ont pris acte de la hausse des tarifs en amont, qu’en sera-t-il après le 30 septembre ? » Autrement dit, après la fixation des nouveaux tarifs.

Ces territoires, également concernés par ces problématiques, représentent pourtant une double menace : « D’abord, ils ont moins de demandes locales, et sont donc plus susceptibles de répondre à celle d’éditeurs français ou belges. Ensuite, leurs coûts de main-d’œuvre sont moins élevés. » Autrement dit, aller chercher, à l’est, des prix de revient à même de ne pas répercuter sur les lecteurs et en librairies, les hausses de tarifs.

Encore faut-il que les stocks existent et que l’approvisionnement fonctionne pour ces opérateurs. « Si c’est le cas, alors les éditeurs, d’abord attirés par la nécessité, changeront peut-être leurs habitudes de travail. On imagine bien qu’il est plus difficile de revenir vers les anciens partenaires dans ces conditions. » 

Ajoutons à cela les coûts de transports, également plus attractifs, et l’équation devient extrêmement délicate. Que des frais de fabrication augmentent de 5 à 8 %, pour des grands groupes, cela reste absorbable sur le volume. Mais les maisons accepteront-elles de jouer le jeu longtemps encore — surtout quand les coûts auront pris 15 % de majoration ?

Une possibilité marginale, relativisera-t-on : les gros groupes BD impriment déjà partout. Certes, mais néanmoins.

Le livre en danger... de hausse ?

Quid, dans une logique financière, des petites maisons, aux petits volumes d'impression ? Elles se retrouveront sur le carreau. « Les gros deviendront prioritaires, du fait des exemplaires imprimés. Les petits attendront plus longtemps, et paieront plus cher encore : une double peine », redoute Nicolas Perrier.

En Allemagne, les éditeurs affirment être pris dans un goulot d’étranglement : démarrant la production de Noël, ils sont confrontés aux mêmes difficultés que leurs confrères français. Raréfaction du papier, prix explosifs, chaîne d’approvisionnement ténue.

Association des éditeurs et libraires allemands

Un état d’urgence pour les maisons, contraintes d’avancer les délais pour établir le tirage des ouvrages. Notons que le prix de la cellulose, achetée 650 € en décembre 2020, était passé à 1000 € la tonne en août 2021. 

Corollaire : un retard dans l’impression implique des retards dans l’office. « Quand il s’agit d’une ou deux semaines, les commerciaux grognent. Deux mois, ce peut être dramatique pour la vie du livre et de la maison. » Les plannings de la rentrée littéraire, réorganisés en regard de l’année 2020, ont joué leur rôle dans ce marasme.

« Quand un groupe commande 100 tonnes, et qu’un petit éditeur en commande 3, il passe évidemment au second plan », reconnaît un imprimeur. « Et la hausse de prix est en effet visible, autour de 20 %. »

Guillaume Le Jeune ne voit pas d’amélioration au second semestre. « La hausse des prix de papier pourrait continuer, notamment au 1er semestre 2022, en regard de la situation actuelle — et du point de départ de ladite situation. À savoir que les prix du marché étaient tombés à un niveau trop bas pour que les producteurs puissent continuer leur activité de façon pérenne. » Les temps sont troublés, pour l’approvisionnement, mais quand on est éditeur, « il faut attacher sa ceinture, la situation est vraiment chaotique ».

« Personnellement, je ne déplore qu’une augmentation de notre tarif annuel — nous travaillons sur un système de frais fixes et frais variables histoire de gérer “facilement” les coéditions avec les clients », relativise l'éditeur Michel Demeulenaere, fondateur de Mijade (Belgique). « Il y a effectivement — mais nous sommes très peu touchés, car nous imprimons 95 % de notre production en France ou en Europe — une augmentation vertigineuse des frais de transport depuis l’Asie », ajoute Laurent Beccaria. Pour d’autres, les retards imprimeurs s’accumulent, parfois contraignants à des mesures d’urgence, comme l’impression à l’étranger.

La lecture, dans les petits papiers

Certes, l’édition est résiliente, et devrait mieux traverser ces premières perturbations — avec des implications immédiates moins lourdes. Pour autant, la situation est identique en Europe dans les autres États, et récemment, les éditeurs québécois opéraient les mêmes constats. Avec toujours cette crainte : la hausse du prix des livres.

QUEBEC: une hausse inévitable du prix des livres ?

« Heureusement, en France, une lueur d’espoir vient de ce que le président de la République a choisi de faire de la lecture une grande cause nationale. Il est important de rappeler que s’il souhaite la favoriser, une filière en France doit pouvoir éditer et imprimer les livres. De plus les tablettes, à la différence du support papier, favoriseront une moindre maitrise dans l'apprentissage de l'écriture et dans celle de l'orthographe », conclut le président de Culture Papier. ‌

Surtout, pointe un facétieux acteur, que le paradoxe grandit. « Les gros impriment beaucoup, ce qui leur permet d’avoir des remises. Mais alors qu’une pénurie sévit, il faudrait continuer d’imprimer beaucoup, voire plus encore, pour maintenir des prix bas… » Autre démonstration de cet aphorisme de Jérôme Lindon : l'édition est la seule industrie où l'on répond à la crise de la demande par une augmentation de l'offre.

Gilles Mure Ravaud, président du Groupement des métiers de l’impression, insiste : « L’européanisation a eu des conséquences visibles dans plusieurs industries lourdes : les papetiers y compris. Les dernières grandes machines à papier en France datent des années 60-70. Contrairement aux pays scandinaves ou au Portugal, on a assisté à un manque d’investissements, aboutissant à une paupérisation de la branche. »

Et en effet, des pays avec une capacité de progression économique et de consommation plus significatives que la Vieille Europe se voient privilégiés. « Il faut apprendre à se réorganiser : moins commander à des pays lointains, travailler avec les opérateurs de proximité, pour des petites quantités. » Pour autant, s’appuyant sur une étude de COFACE (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur), le président du GMI ne verse pas dans le pessimisme.

« Sur les cinq prochaines années, les projections sont plutôt dans le vert : après l’excès de consommation d’écrans du confinement, le besoin de lire sur papier se dévoile. » Et dans cette continuité, parvenir à promouvoir la filiale auprès des étudiants, « les faire venir dans nos usines, leur présenter le métier, pour attirer de nouvelles compétences ».

Pas de panique, tant qu'on a sa serviette

Pascal Lenoir se montre plus pragmatique encore : directeur de la fabrication chez Gallimard, président de la commission environnement du Syndicat national de l’édition et président de la Compagnie des Chefs de Fabrication de l’Imprimerie, voit dans cette période « un phénomène structurel et ponctuel ». De fait, « le marché du papier se restructure, en regard de la baisse de consommation — 50 % perdus en 15 ans. Et dans le même temps, un redémarrage des industries, partout dans le monde, qui provoque des tensions ».

L’édition souffre par ailleurs de mauvaises habitudes prises : le manque d’anticipation. « Chez les éditeurs qui achètent le papier à leur imprimeur, ceux qui n’ont pas anticipé seront pénalisés. » Sans pour autant s’en inquiéter trop : « Nous sortons d’une période d’arrêt quasi complet : le redémarrage est compliqué pour tout le monde, parce que le Covid a entraîné une désorganisation complète. »

L’industrie du livre, passée d’un fonctionnement basé sur les stocks à une approche de flux, a cherché ces dernières années à « réduire les stocks et n’approvisionner que si besoin », note Pascal Lenoir. Mais la surcapacité de production d’avant-Covid ne répond plus : « Les délais courts, c’est du passé : les machines sont pleines, alors si les plannings n’ont pas été bien cadrés, la pénurie sera plus violente. »

Comment ne pas mesurer que tous les professionnels sont à cran ? « Quand un cas Covid se présente dans un port de Chine, on ferme tout, avec les répercussions qu’on imagine. Cela renchérit sur les difficultés, et alimente l’urgence, quand l’activité reprend. Il en va de même quand un bateau reste coincé en travers du canal de Suez », pointe-t-il en référence à l’Ever Given, ce porte-conteneurs géant de 400 m, bloqué en mars dernier.

Ces enjeux autour de la matière « obligent à une plus grande vigilance : suivant les papiers nécessaires aux ouvrages, structurer, parler, échanger, tout ce que l’on a peut-être perdu l’habitude de faire. Quel est le programme, sur combien de mois, quel papier, quel tirage, quand doit démarrer l’impression ? Autant de questions essentielles, pour prendre de la hauteur et traverser cette crise. »

Une approche de bon gestionnaire, en somme ? « Aménager des stocks quand les marchés se tendent, oui, c’est de la bonne gestion. Mais encore faut-il la trésorerie, un imprimeur en mesure de stocker… Or, non seulement cette approche tend le marché plus encore, mais il n’est pas possible de disposer de tous les papiers. Pour ceux qui le peuvent, oui, la solution a été d’acheter un peu plus que de nécessaire, parce que le marché est devenu imprévisible. »

LOI LANG: maintenant, sécuriser toute la chaîne du livre

Quant à l’idée de voir le prix des livres augmenter, la réponse est dans l’énoncé : « Cela dépend du temps que durera cette situation. » De fait, une grande partie des ouvrages dispose déjà d’un prix, inscrit sur la quatrième de couverture. Et le prix unique, qui fête sa 40e année, ne permet pas de grande flexibilité. « Il nous faut par ailleurs annoncer les prix des ouvrages, bien avant leur parution, très en amont. Alors, oui, nous absorberons un éventuel surcoût, d’autant qu’en 2020, le prix du papier n’a jamais été aussi bas. Au moins dans un premier temps. »

Mais pour le Goncourt, que l’on se rassure. Même s’il ne connaît pas le million d’exemplaires de L’anomalie (Hervé Le Tellier), il pourra être imprimé, sans peine : que l'éditeur se rassure.

Crédits photo : paine_z, CC 0 ; offset CC 0 ; 5598375 CC 0 ; 127071 CC 0 ; Christa Dodoo / Unsplash ; Tama66 CC 0

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

9 Commentaires

 

Jacques Lucchesi

24/08/2021 à 20:08

La vie de l'esprit est dépendante aussi de la vie de la matière. C'est à ce genre de signaux qu'on peut mesurer combien notre monde est fragile.

Texier

25/08/2021 à 00:34

Enquête fouillée et témoignages pertinents. La question cruciale pour le livre se pose également pour la presse encore plus vulnérable sans marge

LOL

25/08/2021 à 08:54

« Or, le papier est aussi la partie la plus raffinée, nécessitant une plus importante transformation. Sa pâte, originaire d’Amérique du Sud ou de Scandinavie, »

Voilà. La mondialisation. Les conséquences. Tout est dit.

Même si l'article effleure le sujet, la pâte à papier vient seulement des arbres qui viennent des forêts, lesquelles sont SOUS-exploitées en France.

Donc, il y aurait bien un moyen de tout réintégrer en local, sans passer par des portes-conteneurs fort polluants, pour le bienfait de tous et de l'emploi en particulier.

Après, on peut toujours se plaindre et on peut aussi agir.

SamSam

25/08/2021 à 09:21

Pas un mot sur la spéculation qui manipule tous les prix, qui redistribue toutes les matières premières entre des mains qui ne pensent qu'à se gaver ss tenir compte des gens, des besoins, des impacts.

Par ailleurs, on apprend qu'un des managers de Gallimard est responsable au Medef de l'édition. On s'en serait douté. La littérature industrielle révèle sa vraie nature.

Ce qui fait rire (jaune) c'est ces petit patrons, égoïsme en bandoulière, qui militeraient (presque) pour des délais, des approvisionnements sûrs, des commandes définitives. Ils sont au coeur de la machine, n'espèrent rien de plus que de devenir des capos du système, et ils n'ont rien compris.
Le capitalisme s'engraisse de tout détruire, de tout déstabiliser en permanence. Le carton, le papier seront raréfiés, tenus par quelques mains ultra-riches, ils hurleront à la mort et accepteront n'importe quel prix. De toute façon, c'est le con qui paye. Nous, qui ne sommes que des con-sommateurs.
D'ailleurs, le COVID, c'est l'affaire du siècle pour les labos.
Les plus cons, les XXL de la connerie, ce sont sans aucun doute, ceux qui hurlent, au nom de la moroline la plus débile, vaccinez-vous, mais vaccinez-vous, nom de Dieu !..

Nicolas Gary - ActuaLitté

25/08/2021 à 09:23

Bonjour
Je laisse passer le commentaire, qui dérive tout de même.
En revanche, juste pour répondre sur les spéculations : manque de sources fiables et d'opérateurs en mesure de nous en parler de manière efficace. Pas du tout évité. Seul élément que l'on a pu avoir : "Les papetiers font un peu ce qu'ils veulent."
Voyez, ça ne menait pas loin.

Sidonie

25/08/2021 à 11:18

Merci pour cet article très détaillé et si bien expliqué!

Mox Fulder

25/08/2021 à 12:05

Juste une coquille à corriger, permettez-moi :

« D’abord, les tirages ont diminué depuis 10 ans, pour le livre. Ensuite, malgré un beau chiffre d’affaires en 2020, le coronavirus a provoqué une BAISE de la demande. »

("Baise de la demande" c'est presque un heureux double sens. mais je pense que vous préfèrerez le corriger quand même. et merci pour l'article).

Sic Gloria Transit

26/08/2021 à 08:07

Étant donné le peu de considération des éditeurs pour les lecteurs, je pense qu'il pourrait abandonné le papier de qualité pour du papier toilette sans trop se compromettre. Entre les fautes non corrigées et les coquilles diverses, ça donnerait à l'ensemble une couleur plus crédible et plus naturelle.

SamSam

26/08/2021 à 10:04

Effectivement, petits ou grands, d'après observations, les éditeurs partagent une même infatuation et un cynisme de plus en plus avéré. Vis-à-vis des auteurs, aussi, bien sûr.
Chez les gros, on s'en doutait, mais ça monte chez les petits aussi, et même dans le domaine poétique, où il n'est pas rare de croiser des éditeurs "participatifs". Entendre, un(e) éditeur(trice) qui, pour un service minimal, quasiment ss moyens de diff, mal distribué, demandera à l'auteur d'acheter une petit cinquantaine d'ouvrages. On notera qu'il publie beaucoup, et même de plus en plus (cf l'Harmattan, pionnier dans ce genre de cavalerie).
Bref, là aussi, la foi du charbonnier, le respect d'un travail singulier qui s'appelle création, l'envie de faire de son mieux pour faire vivre la culture au présent, et pas seulement avec petits-fours et enterrement discursif par qqes men in grey de la Culture, de la Politique ou des Médias, tout ça s'évanouit sous la loi du profit, l'angoisse de la précarité, le sentiment que tout est simulacre, alors pourquoi on ferait son petit bout de gras, en jouant des coudes et de la langue...

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Des retards de livraison en librairie et la chaîne du livre menace d'exploser

La crise du papier et de son approvisionnement continue d’angoisser, à raison. Car avec elle, une autre pénurie sévit : celle des recrutements pour les entrepôts. Emplois mal payés, éprouvants… les candidats ne se bousculent pas au portillon. Et depuis des semaines, les transporteurs ne suivent plus : une carence de chauffeurs routiers est partout observée.

24/11/2021, 15:58

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Maison du dessin satirique : “S’il te plaît, dessine-moi un serpent de mer…”

Le 15 janvier 2020, à l’occasion de ses vœux à la presse, le Président Macron annonçait la création d’une maison du dessin satirique et du dessin de presse. Depuis, rien, ou presque. L’annonce du lieu choisi pour cette maison devait être faite en janvier 2021, puis au printemps, puis à l’automne et… rien. ActuaLitté mène l’enquête, à la recherche du dessin perdu.

16/11/2021, 11:34

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Prix du livre et frais de port : “Le marché va en souffrir, pas Amazon”

Arrivée à l’Assemblée nationale pour son adoption, la loi concernant les frais de port fera florès : qui, après l’année 2020, refuserait un projet de soutien aux libraires ? Qui, devant le vorace Amazon, éconduirait l’effort pour rétablir une concurrence saine sur la vente à distance de livres ? En somme, qui aurait intérêt à ce que les frais d’envois postaux d’un livre n’augmentent pas ? De fait… quelques nuances s’imposent.

06/10/2021, 11:33

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Dicker, Zemmour et Sattouf : comment l'indépendance des auteurs effraie l'édition

Dicker, Zemmour, Sattouf : trois noms significatifs dans l’édition puisqu’ils pèsent à eux seuls plusieurs millions d'euros de chiffre d’affaires. Ils ont tous opté pour un changement de paradigme, mais réellement en rupture avec l’industrie du livre jusqu’à lors connue ? Pour point commun, un outil de diffusion et distribution qui leur ouvrira les portes des libraires, grandes surfaces culturelles et autres enseignes… Bref, les points de vente du livre. Un schéma disruptif, supposément, qui provoque des sueurs froides dans l’ensemble du milieu. Panique à Saint-Germain ?

10/09/2021, 11:52

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Issues de la collection de Stefan Zweig, deux partitions inédites de Schumann retrouvées

Il est des vieux papiers que l’on exhume, avec une odeur d’antan, mais dont on ne soupçonne pas que leur histoire nous emportera loin, bien loin. Au sein de la Fondation Martin Bodmer (Cologny, canton de Genève), quatre pièces inédites ont été retrouvées. Muriel Brandt, chargée de mission pour la mise en valeur des partitions autographes en aurait dansé au son des lieder de Robert Schumann, ainsi que deux autres pièces, de Georges Bizet et Charles Gounod. 

03/09/2021, 13:17

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Vente d'épreuves non corrigées : collectionneur illuminé ou attrape-nigaud ?

Le marché du livre d’occasion fait pousser des soupirs désabusés aux organisations d’auteurs depuis bien longtemps. C’est pourtant en toute légalité que l’acheteur de livre papier peut revendre on exemplaire. Il existerait en revanche un autre marché, navigant dans une zone grise nettement plus contestable, installé sur le net français : celui des épreuves non corrigées. Des textes et des ouvrages non-commercialisables, mais qui servent aux éditeurs à faire connaître leurs publications très en amont…

31/08/2021, 13:04

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France : Amazon assigné en justice pour concurrence déloyale

EXCLUSIF – Le confinement a révélé, à son insu, quelques secrets de fabrication et autres télescopages douteux chez Amazon France. Un différend juridique entre une éditrice et son prestataire a mis en lumière de manière flagrante les arrangements de la firme, aboutissant à une distorsion de concurrence. Tout à la fois revendeur et fournisseur de services, elle aura rendez-vous avec la justice française pour en répondre.

02/03/2021, 15:10

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L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

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Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

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Moniteurs étudiants : entre la “procédure” et la “bienveillance", Paris 3 balance

Ce mardi 2 février, les moniteurs étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe, rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, débrayaient une nouvelle fois, accompagnés par des bibliothécaires permanents et des professeurs de l'université. Alors que la crise sanitaire frappe de plein fouet les étudiants, ils réclament le maintien de leur rémunération en cas de confinement et de fermeture de l'établissement. Une partie du personnel de la bibliothèque les soutient et réclame plus de moyens.

05/02/2021, 17:41

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Gabriel Matzneff publie Vanessavirus, son ultime livre

EXCLUSIF – Ce mois de janvier ne manque définitivement pas de rebondissements : alors que le titre de Camille Kouchner, La familia grande, vient de sortir en grand format, sa parution fait écho à la sortie en poche du Consentement, l’ouvrage de Vanessa Springora. L’éditrice avait dénoncé avec force les actes de Gabriel Matzneff, et toute la complaisance autour du personnage. Quelque peu oublié des médias, l’auteur n’a pour autant pas quitté la plume. Et s'apprête même à publier son prochain titre, Vanessavirus.

02/02/2021, 09:30

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Financement, structure, Livre Paris : les Grandes espérances 2021 du SNE

Livre Paris 2020 compte parmi les premiers salons victime de la crise sanitaire. Pas de manifestation pour la capitale française, et pas de revenus pour le Syndicat national de l’édition, coorganisateur avec Reed Expositions France. Au cours des dernières semaines, les messages promotionnels n’ont pourtant pas manqué, rassurants ou tentant de l'être. Ainsi, la programmation se dévoile pour partie : l’Inde reste le pays à l’honneur, quand le monde d’après servira de fil rouge à l'ensemble. 

27/01/2021, 16:20

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Lisimachio, le PDG de Hachette Livre qui voulut racheter Amazon

Jean-Louis Lisimachio a laissé une profonde empreinte sur le groupe Hachette Livre, qu’il quitta brutalement en mai 2003. Depuis, il vit quelque part entre les massifs alpins et Nice, « désintéressé de ce qui concerne l’édition et au courant de tout ». Ses anciens collaborateurs décrivent une personnalité fascinante, admirée ou haïe. Incontestablement, l’ex-PDG de Hachette filiale de Lagardère, avant qu’elle ne soit renommée Lagardère Publishing, a marqué plus que son époque. Une figure d’autant plus intrigante qu’elle ne frayait pas avec le gotha littéraire, bien au contraire.

14/01/2021, 14:20

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La chaîne du livre face à la crise sanitaire, dans neuf régions françaises

Dès le début de la pandémie, les agences régionales du livre ont conseillé les acteurs concernés, mais se sont aussi lancées dans des consultations, pour rester au plus près des besoins. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture propose une synthèse des actions et réactions du monde du livre, dans neuf régions françaises, au cours de la tumultueuse année 2020.

11/01/2021, 16:50

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Marseille : Actes Sud cédera la librairie du MuCEM à Arteum, “une perspective adaptée”

En janvier 2013, le groupe Actes Sud remportait l’appel d’offres concernant le MuCEM — Musée des civilisations de l’Europe et de la méditerranée de Marseille. En juin de cette même année, la boutique-librairie allait être associée à la librairie Maupetit, propriété du groupe depuis 1998. Mais la concession changerait prochainement de mains, dans le cadre d’un AOT qui bénéficierait à la société Arteum, spécialisée dans les boutiques de musées. 

17/12/2020, 15:45

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Étude : les Français et la lecture pendant le premier confinement

Trois organismes du secteur du livre, la Sofia, le SNE et la SGDL, ont commandé à l'institut Médiamétrie une étude consacrée aux pratiques des Français en matière de lecture pendant le premier confinement, celui du printemps 2020. Il en ressort un attachement certain pour l'activité, avec une volonté de tester d'autres manières de lire.

14/12/2020, 16:43

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La lecture, loisir le plus pratiqué par les enfants de 9 ans durant le confinement

Dans quelques années, on se souviendra de cette étrange période avec quelques souvenirs flous : avions-nous réellement été enfermés, durant un confinement mondial ? Pour les enfants, dont 98 % restèrent chez eux, cette période eut des répercussions sur le travail et les loisirs. Le ministère de la Culture a procédé à une enquête, portant sur les jeunes de 9 ans.

07/12/2020, 09:38

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Les règles du “je” : Rowling, reflet d'un monde patriarcal

L’affaire Rowling prend des proportions inquiétantes : après la fronde des personnels de Hachette UK, voici que des auteurs de l’agence littéraire décident de quitter le navire. Plusieurs auteurs ont claqué la porte de Blair Partnership, suite aux propos de la romancière sur les personnes transgenres. Et maintenant, les politiques se servent de ses propos comme arguments législatifs.

24/06/2020, 12:43

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Sondage : les Français ont lu 2,5 livres durant le confinement

EXCLUSIF – À partir de ce 11 mai, les librairies ont l'autorisation de réouvrir. Or, la lecture fut, durant le confinement, l’une des vertus refuges. Privés dans un premier temps de librairies, les Français ont pourtant opté pour les livres, pour se divertir, s’évader ou s’enrichir. Un sondage réalisé par Harris pour ActuaLitté/La Journée du manuscrit francophone dévoile quelle place le livre a véritablement occupé lors de ces semaines à domicile.

11/05/2020, 09:00

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Les Français achètent de plus en plus de livres d'occasion

Le livre d'occasion, une aubaine
En attendant le communiqué annuel de PriceMinister annonçant que le livre a encore été le produit le plus revendu après Noël, voici un bref pronostic de Recommerce. Spécialiste de la vente de smartphones et produits reconditionnés, l’entreprise avance que les Français passeront massivement par les cadeaux d’occasion.

20/12/2018, 12:03

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Du père de famille au psychanalyste : dans l'intimité de Sigmund Freud

La famille Freud vivait au rythme des consultations que Sigmund donnait dans cet appartement au coeur de Vienne. Rouvert depuis août 2020, le Sigmund Freud Museum s’inscrit dans un héritage pluriel : celui de la médecine, de l’oeuvre et de la vie quotidienne. Au coeur de l’immeuble situé au Berggasse 19, les visiteurs remontent le temps, entre publications et travaux du père de la psychanalyse.

28/11/2022, 14:51

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Odessa l’éclaireuse, qui “a jalousement pris soin de sa liberté”

#WeekEndEst — S’expliquer la guerre ? Une tentative souvent rendue vaine par le désarroi qu’elle suscite. Prendre conscience de ce que la guerre sème et produit comme sentiments afin de les transcender et de les élever contre la guerre à travers la culture est une nécessité, beaucoup plus qu’un pari utopique, de l’équipe du festival Un week-end à l’Est créé en 2016 dans le Quartier latin. Par Brigitte Bouchard, directrice artistique.

22/11/2022, 10:21

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“J’écris pour aller chercher cet enfant abandonné voilà longtemps”

À paraître le 25 novembre 2022, Monstrueuse féérie est ce récit de fin d’année de Laurent Pépin où se côtoient à la fois enchantement et tragédie, férocité et poésie, entraînant le lecteur dans un vertige monstrueux — monstrueusement attachant. Entretien avec Laurent Pépin ; chronique d’un écrivain parti à la recherche de l’enfant, de l’adolescent meurtri abandonné sur le bord de la route, il y a bien longtemps… Propos recueillis par Guylian Dai. 

22/11/2022, 09:00

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Iran : la vie de Hossein Ronaghi est en danger

Libérez Hossein Ronaghi ! Le Comité de défense des auteurs en danger du PEN Club français apporte son plein soutien à l'auteur, emprisonné en Iran, et actuellement dans un terrible danger. Antoine Spire, président du Pen Club français et Jean-Philippe Domecq, président au Pen club français du Comité des écrivains persécutés adressent à ActuaLitté une tribune d'importance.

18/11/2022, 14:41

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Nicolas Feuz : “Je n’ai jamais rêvé d’être quelqu’un d’autre… sauf peut-être Dark Vador !”

Ce 10 novembre, Nicolas Feuz publie Les larmes du lagon, aux éditions Slatkine & Cie. Un polar qui nous entraîne en Polynésie française, où la tranquillité du motu de Bora Bora est perturbée par la découverte d’un corps. Ce nouveau roman nous offre l’occasion d’en apprendre plus sur l’écrivain, dans un questionnaire de Proust revu, corrigé et bien soigné !

18/11/2022, 10:59

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Écrire contre la haine et l'intolérance, l’injustice et la barbarie

La liberté d'expression ne connaît pas de frontières, mais, aujourd'hui, elle est en grand danger. En Suisse ou en France, écrire est un acte si simple. Mais, dans de nombreux pays, les auteurs risquent d'être accusés d'espionnage ou considérés comme des ennemis publics. À cause de leurs écrits, leurs paroles, leurs dessins, leurs récits, leurs témoignages, leurs chansons, la liste des écrivains, des journalistes, des blogueurs, des traducteurs, des artistes harcelés, arrêtés, torturés, tués ou contraints à l'exil ne cesse de s’allonger tristement. 

18/11/2022, 09:04

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“La Bibliothèque Doucet est devenue un lieu de conservation vivant”

La Bibliothèque littéraire Jacques Doucet (BJD) avait attiré l'attention de l'Inspection générale des bibliothèques, qui pointait des problématiques liées à la gestion des collections et de l'espace disponible. En octobre dernier, une enquête du Monde pointait des responsabilités dans les dysfonctionnements, avant le suicide d'une ancienne directrice adjointe de l'établissement. Des écrivains, universitaires, chercheurs, conservateurs et bibliothécaires, directeurs de musée et de galeries, commissaires d’exposition apportent leur soutien à la directrice de la BJD et tiennent à « témoigner » des collaborations qu’ils ont eues avec cette institution et son équipe de direction. Nous reproduisons ci-dessous leur lettre.

15/11/2022, 16:56

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Le château de Chantilly célèbre le “plus grand bibliophile de son temps”

À l’occasion du bicentenaire de la naissance d’Henri d’Orléans, dit le duc d’Aumale, grand bibliophile et reconstructeur du château de Chantilly, plusieurs expositions ont été organisées dans l’ancienne demeure des Condé. Depuis le 5 octobre et jusqu’au 2 octobre 2023, le cabinet des livres du fils du « roi des Français », Louis Philippe, se présente, de sa création aux plus précieux de ses trésors. Le tout sous le regard pénétrant du buste du grand Condé.

14/11/2022, 16:48

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“Tous les usages possibles d’une bibliothèque sont à préserver”

Stéphanie Khoury, bibliothécaire, et Maël Rannou, ancien directeur de bibliothèques, auteur et critique de bande dessinée, s'interrogent dans un court ouvrage, didactique et synthétique, sur les missions et les enjeux des établissements de lecture publique. Les bibliothèques de proximité (Presses universitaires Blaise Pascal) évoque également ces usages créés par les citoyens, avec la complicité ou à l'insu des bibliothécaires et des pouvoirs publics eux-mêmes.

14/11/2022, 11:37

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Jón Kalman Stefánsson : “Je veux saisir l'univers dans mes écrits”

LECFestival22- Jón Kalman Stefánsson est le lauréat 2022 du Prix Jean Monnet de Lectures Européeennes pour Ton absence n’est que ténèbres, traduit par Éric Boury. Son 13e opus, publié chez Grasset, avait déjà remporté le Prix du livre étranger. L’islandais est tout à la fois romancier, poète, mais également traducteur. Nous lui avons posé quelques questions.

10/11/2022, 17:16

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Galien Sarde : “C’est après l’écoute d’images oniriques que la dystopie a surgi”

Surprenant premier roman : enfermés dans un monde souterrain surveillés par une mystérieuse milice, plusieurs hommes et femmes parviennent à s’échapper, et sillonnent le désert à bord d’une jeep. Apocalyptique, effrayant, le livre se situe à mi-chemin entre le roman de science-fiction et le récit poétique. Galien Sarde, quarante-six ans, agrégé ès lettres, y déploie une langue riche, en une sorte de lyrisme sombre, sinon apocalyptique. Deuxième ouvrage publié par Fables fertiles, la toute jeune maison de Guylian Dai, Échec, et Mat, loin des grosses machines littéraires et des prix de la rentrée, tranche par son originalité, sa force onirique. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

10/11/2022, 11:36

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Comment la traduction a contribué à la libération des femmes

PORTRAITS – La traduction contribue à la libération des femmes depuis des siècles. Voici quelques portraits de femmes qui ouvrent la voie aux traductrices contemporaines, de Marie de Cotteblanche (première traductrice française) à Shirin Daneshvar (traductrice iranienne) en passant par Anne Dacier (première traductrice d’Homère), Claudine Picardet (première traductrice scientifique) et Clémence Royer (première traductrice de Darwin). 

10/11/2022, 10:25

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Des églises à l'art urbain : cheminement littéraire et historique dans Porto

LECFestival22 – Créée en 2016, la résidence d’écriture Jean Monnet est dédiée à la création littéraire européenne et accueille en priorité des auteurs émergents, en lien avec la thématique du LEC Festival. Elle est soutenue par la Ville de Cognac et dotée d’une bourse de résidence de 2000 €. Cette année, Nuno Gomes Garcia, auteur de La Domestication (trad. Clara Domingues chez IXe Editions), en est le bénéficiaire. Et il poursuit avec nous son tour littéraire et historique de Porto. (retrouver l'épisode précédent)

07/11/2022, 10:05

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Arthur de Pins : “Zombillénium dévoile le monstre qu'on abrite”

Quatorze ans, six albums, un film d’animation et une attraction plus tard, c’est tout un cycle de Zombillénium – ce parc d'attractions aux authentiques zombies et vrais démons – qui touche à sa fin. Ce dernier opus sportif et haletant promet d’effroyables surprises et de diaboliques retournements de situation – avec un final à la hauteur de la série. Nous avons rencontré Arthur de Pins, toujours aux commandes de la machinerie infernale et ses milliers d’âmes prisonnières.

04/11/2022, 12:23

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La fin du tableur Excel pour la gestion des droits d'auteurs ?

Quand on se penche sur la gestion des droits d’auteur, on s’aperçoit que les petites et moyennes structures sont rapidement débordées — faute de disposer d’un outil sur mesure ou de moyens pour souscrire à un logiciel dédié. Conclusion : c’est avec un bon vieux tableur Excel que cela se résout. Et pourtant…

03/11/2022, 12:55

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“La Chine me met de bonne humeur”

Ma relation à la Chine a été d’emblée une relation sensible, sans connaissances préalables, sans curiosité particulière pour ce pays où je n’avais pas envie d’aller. Je m’y suis rendue par amour non pas de la Chine, mais de l’homme qui m’invitait à l’y retrouver. Par Christine Cayol.

03/11/2022, 10:41

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Jacques Cauda : “Prose comme poésie. J’écris.”

Initiateur du mouvement surfiguratif, Jacques Cauda, soixante-sept ans, manie la plume comme il manie le pinceau, soit avec passion, gourmandise, frénésie. Ancien étudiant en philosophie, ancien documentariste professionnel, l’homme publie depuis 2002, à un rythme soutenu, tout en dirigeant « La Bleu-Turquin », collection des éditions Douro. Privilégiant les formes expérimentales, riche de nombreuses références, l’homme poursuit une œuvre singulière, loin des modes du moment. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

02/11/2022, 10:39

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Face au péril nucléaire en Ukraine, agir, “avant qu'il ne soit trop tard”

UkraineUnderAttack – « Avant qu'il ne soit trop tard. » Cet appel à la raison et à l'humanisme réunit à cette heure plus de 130 poètes, écrivains, artistes, universitaires et intellectuel(le)s (français mais pas seulement) : toutes et tous l'ont signé afin de mettre en garde l'opinion publique devant le péril nucléaire qui menace en raison de la Guerre en Ukraine. ActuaLitté le propose ici dans son intégralité.

30/10/2022, 14:18

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Mieux que l’auteur mort : l’auteur pauvre ?

Ce 24 octobre, un nouveau rendez-vous réunissant auteurs, éditeurs et ministère de la Culture fut annulé. Un délai de plus dans la signature d’accords qui n’en finissent plus de traîner. Denis Bajram fait parvenir un texte à ActuaLitté, pour signaler un changement de paradigme des plus cyniques : un bon auteur n’est plus un auteur mort, mais un auteur pauvre…

27/10/2022, 17:03

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Voyage littéraire et historique à Porto, avec Nuno Gomes Garcia

LECFestival22 – Depuis le 24 octobre, l’écrivain d’origine portugaise, Nuno Gomes Garcia, auteur de La Domestication (trad. Clara Domingues chez IXe Editions), est en résidence d’auteur à la villa Jean Monnet de Cognac. Il y séjournera jusqu’au 20 novembre, date de clôture du festival des littératures européennes de Cognac. Il nous invite à un voyage dans la ville de Porto, dont il est originaire, entre littérature, archéologie et découvertes… Première étape : la librairie Lello. Et bien d'autres arrêts à prévoir.

27/10/2022, 10:38

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Odile Cohen-Abbas : ”Dans les à-côtés, on trouve les choses qui nous intéressent”

Née en 1957, ancienne danseuse professionnelle, Odile Cohen-Abbas participa longtemps de l’aventure Supérieur Inconnu, revue fondée par le surréaliste Sarane Alexandrian. Collaborant régulièrement aux "Hommes sans épaules", périodique fondé en 1953 par Jean Breton, et dirigé depuis 1997 par Christophe Dauphin, auteure de nombreux recueils et récits, Odile vient ici nous surprendre avec Perditio, nouvel opus hybride décrivant un monde infernal, peuplé de chimères, de monstres, se livrant à de singuliers rites. Déroutant peut-être, riche à coup sûr, le livre étonne, détonne. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

27/10/2022, 09:16

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“Les monstruosités en Ukraine dépassent même les scénarios les plus noirs”

« Considérée de seconde main par les Russes, la langue des Moldaves a été mutilée. Si, dans un amphithéâtre, il y avait 50 étudiants moldaves et un seul étudiant russe, le cours devait avoir lieu en langue russe. » Entretien avec Tatiana Țîbuleac, écrivaine roumaine (originaire de la République de Moldavie), Prix de littérature de l'Union européenne pour Le Jardin de verre, éd. des Syrtes, traduction de Philippe Loubière.

25/10/2022, 10:05

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Salman Rushdie vivra, ”c'est la chose la plus importante“

AttaqueRushdie - En marge de la Foire du livre de Francfort, l’agent littéraire Andrew Wylie a répondu à quelques questions de El Pais. Une rare apparition dans les médias pour Le Chacal, surnommé ainsi pour sa manière abrupte de traiter avec les éditeurs. Et au cœur du sujet, Salman Rushdie, victime d’une tentative de meurtre.

24/10/2022, 10:47

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“Publier n’est pas un droit, c’est un devoir”

Et Archimède s'écria : « Eurêka ! » Il avait trouvé une idée... Qu’est qui vous met une idée en tête ? Pourquoi dit-on qu’une idée « traverse l’esprit » ? Elle viendrait d’on ne sait où et repartirait immédiatement ? Pour se rendre où, alors ? Dans un autre esprit qui l’attend ailleurs, dans un autre espace ou dans un autre temps. Pourquoi pas...

23/10/2022, 23:12

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“Écrire, lire tout autant c’est retrouver une terre d’enfance”

PORTRAIT – Né en 1964, libraire dans le Poitou, Stéphane Émond rend une nouvelle fois hommage à sa région d’origine. Seize ans après Pastorales de guerre, l’homme revient avec un nouveau récit au titre programmatique, géographique. Magnifique évocation de la région Est, Argonne raconte également l’Histoire : le récit officiel et les tragédies familiales, l’une et l’autre intimement mêlées.

21/10/2022, 15:54

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Écologie et sobriété : quelles actions dans les bibliothèques ?

Le Plan Sobriété du gouvernement, présenté au début du mois d'octobre, ne concerne que de loin les bibliothèques territoriales, placées sous la responsabilité des collectivités. Heureusement pour la planète, la réflexion écologique des bibliothécaires est en cours depuis quelques années désormais, et les idées fusent, même si les moyens d'action restent encore limités.

21/10/2022, 11:16

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Du livre au film : les souffrances d’un romancier

Son roman Pleurer des rivières, paru en 2018, a été porté à l’écran par Léopold Legrand, sous le titre Le Sixième enfant. Dans les salles depuis le 28 septembre, ce film fut coadapté avec l’aide de Catherine Paillé. Mais la métamorphose d’un roman en oeuvre audiovisuelle n’a rien d’un chemin tranquille. Alain Jaspard raconte, pour ActuaLitté, cette aventure.

14/10/2022, 15:47

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La musique en bibliothèque n'est pas “une variable d’ajustement pratique”

L'annonce de la fermeture de la Médiathèque musicale de Nanterre par la municipalité, concrétisée le 2 juillet 2022 mais aussi les disparitions des collections musicales dans certains établissements constituent « des signaux très inquiétants », indique l'ACIM, Association pour la Coopération des professionnels de l'Information Musicale. Dans un texte reproduit ci-dessous, l'organisation rappelle que les supports musicaux restent indispensables en bibliothèque.

14/10/2022, 07:55

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Plan sobriété : “opportunité et risque” en bibliothèques

La raréfaction des matières premières – gaz et pétrole – doublée d'une hausse de leurs coûts a poussé le gouvernement à présenter un Plan sobriété : des suggestions plus que des obligations. Depuis quelques mois, la commission Bibliothèques Vertes de l'Association des Bibliothécaires de France planche justement sur la réduction de l'empreinte énergétique, et l'information des usagers, dans les établissements de proximité. Quelques réponses se profilent, sur des sujets qui recoupent des préoccupations bien connues des bibliothécaires.

12/10/2022, 15:13

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“Le terrorisme de l’URSSAF cherche à m’extorquer des cotisations indues”

Dominique Sels écrit depuis toujours : son premier livre est paru en 1989, chez Denoël, Eden en friche. Elle avait tout juste trente ans. Et quelque trente années plus tard, la voici, comme tant d’autres, confrontée aux errances d’un système administratif qui n’en finit plus de chanceler. Dans un courrier adressé à l'URSSAF et transmis à ActuaLitté, elle raconte, entre Charybde et Scylla et Charybde encore… ad nauseam.

12/10/2022, 10:22

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“Défendre le Wokistan, c’est défendre la liberté”

Repli sur soi, communautarisme, revendication identitaire, séparatisme, cancel culture… Voilà quelques-uns des termes qui restent accolés au "wokisme" dans le débat public, et y compris jusque dans cet espace de réflexion. Bref, c’est un concept qui fait peur, et pour ses détracteurs, l’enjeu est clairement que ce mot soit systématiquement associé à des notions, pas seulement négatives, mais surtout contraires à ce qui est censé constituer l’identité française. Par David Carzon.

12/10/2022, 08:21

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À la recherche de Marcel Proust, tome après tome  

2022 ne marque pas seulement le centenaire de la naissance de Jack Kerouac, mais également de la mort d’un des géants du XXe siècle, Marcel Proust. Après le Musée Carnavalet ou encore le Musée de l’Histoire du Judaïsme, la BnF propose une exposition autour de l’auteur d’À l’ombre des jeunes filles en fleur. Près de 350 pièces sont réunies – inédits jamais révélés au public, tableaux de grands maîtres ou robes somptueuses prêtées par le Palais Galliera. 

11/10/2022, 14:25

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Caroline Lamarche : “Bach... Bach, quelle merveille !”

Nouvelliste et romancière, Caroline Lamarche a publié plusieurs livres chez Gallimard, dont La Mémoire de l’air (2014), Dans la maison un grand cerf (2017) et Nous sommes à la lisière (Prix Goncourt de la nouvelle 2019). Invitée de Lire en Poche, à Gradignan, elle s'est livrée avec enthousiasme et avec nous, au questionnaire de Proust.

09/10/2022, 18:48

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Michel Bussi : “Les réalisateurs ont besoin de tomber amoureux des romans”

#LireEnPoche22 – Roman qui devient livre de poche, le schéma est classique. Et particulièrement pour Michel Bussi, l’un des plus grands vendeurs de polars en France. L’univers de l’écrivain normand se décline en audiolivres, bandes dessinées, séries, films… Parfois au point de lui échapper. Ainsi, quand Maman a tort est diffusé sur Netflix, des années après l’adaptation sur France 2, il s’en étonne : « Je n’avais pas été informé… Je l’ai appris par des amis. Mais c’est une agréable surprise. »

09/10/2022, 16:42

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“N'oublions pas Anna Politkovskaïa”

Anna Politkovskaïa, éminente journaliste d’investigation et écrivain russe, a été tuée par balles le 7 octobre 2006, dans sa cage d’escalier, à Moscou. Ses dénonciations des horribles et cruels crimes de guerre et des violations des droits de l’homme en Russie et en Tchétchénie ont entraîné des menaces permanentes contre sa vie de la part des autorités russes. Par Nguyên Hoàng Bao Viêt.

08/10/2022, 12:00

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Djaïli Amadou Amal : “Refuser d'être une victime”

#LireEnPoche22 — Militante. Pour elle, dès son premier roman, ce terme revêtait un sens tout particulier. Djaïli Amadou Amal, Prix Goncourt des lycéens 2020 avec Les Impatientes (Ed. Emmanuelle Collas), venait pour la première fois à Gradignan. Son roman, publié chez J’ai lu, évoque des sujets douloureux et profonds. Qui justifient, selon la romancière, cet engagement en littérature.

07/10/2022, 17:03