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Benjamin Lacombe : « Il nous faut redessiner le monde !  »

RENCONTRE - Il nous avait reçus pour évoquer son travail de directeur de collection chez Albin Michel Jeunesse. Et bien évidemment, entourés de livres, de statuettes, de lithographies, d'esquisses, autour d’une théière, l’entretien a digressé, bifurqué sur des chemins de traverse, entre papiers et inspirations diverses, nouvelles technologies et écriture, enfance et découpes laser, projets (on ne vous dévoilera rien) et souvenirs... Conversation avec Benjamin Lacombe, parmi les plus (mé)connus des illustrateurs français. 

Le 18/01/2020 à 14:14 par Christine Barros

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18/01/2020 à 14:14

Christine Barros

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ActuaLitté : Avez-vous une technique particulièrement confortable pour vous ? Y en a-t-il une privilégiée ?

Benjamin Lacombe : Je ne suis pas du genre à aller vers le confort, ce que je veux essayer d'exprimer est primordial. Bien sûr que techniquement je peux dessiner de manière très légère, en trois traits, et j'adore cela chez les autres : je suis un immense admirateur de Sempe, abasourdi par son art. Mais si je me mettais à faire cela, ce serait du Sempé, ce ne serait pas moi !

J’aime aussi, ou malgré tout, des choses plus poussées : les primitifs flamands, le quattrocento, la Renaissance italienne, Léonard de Vinci, les ombres, le volume, les sfumato, qui ne sont pas les plus faciles ou accessibles techniquement parlant. La facilité ne m'intéresse pas.

J'aime aussi me challenger : ce qui m'excite lorsque je démarre un livre c'est aussi me dire à chaque fois  « je veux absolument qu'il soit meilleur que les autres », comme le raconte Françoise dans la préface de Curiosities (Artbook publié par les éditions Daniel Maghen, dont Françoise Mateu, directrice éditoriale au Seuil Jeunesse, décédée en 2018, a signé la préface, NDLR)

J’ai aussi besoin de créer, je me pose des défis techniques qui m'excitent complètement. (NDLR : là nous sommes obligés de garder le secret sur son prochain projet, mais l’enthousiasme et la persuasion dont il use pour nous en parler est absolument fascinante…). Je ne sais souvent pas à ce stade là si l’on réussira, mais c’est aussi cela qui m’intéresse ! Je fais des croquis, des recherches techniques, je cherche le bon papier, celui qui fera le bon « bruit »… La phase de recherche est passionnante, et c'est aussi le moment où l'éditeur et les équipes techniques s'arrachent les cheveux…

Dans un premier temps, je ne me pose aucun frein technique, après le réel arrive : je dois placer cette planche en milieu de cahier, ne pas démultiplier les coûts, pour que le livre ne soit pas à 40 euros. Il y a le rêve (j'aime bien les gardes un peu précieuses, et j'aimerais un papier léger, comme ce papier japonais arachnéen…) Et l’on va devoir éliminer des choses, pour atteindre un prix raisonnable.

Planche originale de Fantômes du Japon

Dans Histoires de fantômes du Japon (récemment paru chez Soleil, qu’il a eu l’extrême gentillesse de nous offrir, NDLR) par exemple, le calque "incarnait" les fantômes. À la fin de ce livre, il y a cette phrase tellement importante : « La vie est un sommeil et la mort est le temps du réveil, l'homme marche entre l'un et l'autre comme un fantôme. » Cela résume exactement tout le livre, le calque marque cette apparition fantômatique. On ne tourne pas la page de calque de la même manière, elle marque un tempo, induit une délicatesse dans la manipulation.

C’est à cela que l’on réfléchit dès le début, après le réel apparaît. Je ne veux pas faire de livre à 50 euros, il faut aussi pouvoir s'adresser au public, ne pas s'en couper. Trente euros, il faut déjà qu'ils m’aiment ! Et j’adore les beaux livres !

Comment cela se passe-t-il ? Vous vous enfermez durant trois mois, vous avez déjà la matière fictionnelle et la laissez reposer ? 

Benjamin Lacombe : Je réfléchis aux projets vraiment en amont : j'ai de quoi remplir hypothétiquement les cinq ou six prochaines années. Mais les choses bougent, et de nouvelles idées viennent parfois tout bousculer.

Le temps de gestation permet d'intégrer la matière : je vais faire des expos liées au projet, des photos, prévoir des voyages, accumuler des livres, de la documentation, ces années nourrissent ma banque de données interne. Si bien que, lorsque le projet débute, je suis vraiment prêt.

J'aime que cela mûrisse, les livres, leur construction, mettent parfois des années : Frida par exemple (sur un texte de Sébastien Pérez, chez Albin Michel Jeunesse, NDLR), j'ai mis quatre ans à en trouver la forme. Je savais ce que je ne voulais pas que le livre soit, mais je n’arrivais pour autant pas à définir comment il devait être. II a fallu plusieurs voyages au Mexique, lors de tournées avec mon éditeur espagnol. À la Casa Azul, je passe devant une poupée de papier mâché que Frida avait fait d'elle-même, un autoportrait où l'on voyait sa cage thoracique éventrée et un cœur, et j'ai compris que c'était cela, il fallait rentrer à l'intérieur. Il fallait que ce soit ce jour-là, ce moment-là, cet objet-là, cet endroit-là. 

Quand vous êtes-vous surpris ? Ou pas d’ailleurs ?

Benjamin Lacombe : Graphiquement non, je suis un éternel insatisfait, je ne me surprends malheureusement pas : j'aimerais m'étonner de la bonne manière, mais cela n'arrive jamais ! J'ai généralement une idée, une image, et j'essaie de pousser mon travail jusqu'à ce que ce soit au plus proche.

En revanche je me surprends sur des idées : sur Alice aux pays des merveilles (éditions Soleil, NDLR)  par exemple, j'étais très heureux d'avoir trouvé. Depuis 150 ans que ce texte existe, personne n'avait jamais eu l'idée, parmi les milliers de versions, de faire des rabats pour que le livre grandisse et rapetisse comme Alice. Cela ne paraît rien, mais c'est formidable de se dire que l'on peut encore apporter des choses à un texte mille fois illustré !

Ou alors les sujets : Frida, j'ai mis presque quatre ans. Il n'y avait absolument pas de débat sur #metoo à ce moment-là, de besoin de figure féminine forte comme maintenant. Dans le rayon jeunesse des librairies, il y avait très très peu de titres sur elle, et je pense avoir eu l'intelligence du sujet. Deux ans après ce fut la déferlante et l'on ne compte plus le nombre de titres qui parlent d'elle.

Être catalogué « illustrateur », cela a-t-il du sens ?

Benjamin Lacombe : Cela ne me dérange pas du tout, pour moi je m'exprime à travers le dessin. Et parfois aussi, la fabrication, la typo, une affiche, parfois la scénographie. J’utilise différents media pour m'exprimer, l'illustration en fait partie, c'en est la colonne vertébrale.

Je viens par exemple de finir la bande annonce des Fantômes. On a bossé l'animation, j'ai fait la mise en scène, préparé les musiques, j'ai fait un travail de réalisation. Mais c'est toujours le même but, donner envie de découvrir une histoire, exprimer un sentiment que j'ai en moi, en trouvant le meilleur moyen pour le véhiculer.

L’illustration plutôt que l’écriture elle-même ? 

Benjamin Lacombe : J'ai écrit près de 15 livres ! Au début, j'ai commencé à écrire parce que je n'avais pas d'auteurs qui développaient l'univers que je voulais, et je ne voyais pas de livres proches des livres que je voulais faire.

Au moment où Les Amants papillons (Paru chez Seuil Jeunesse, NDLR) sont sortis, un livre qui finit mal, où les deux personnages meurent, impossible de trouver un Romeo et Juliette dramatique en jeunesse ! Il n'y en avait pas, en tous les cas à ce moment-là ! C'est pour cela que j'avais besoin de les écrire !

Depuis cela a changé, mais ils étaient alors très rares : François Roca et Fred Bernard qui ont signé Jésus Betz (chez Seuil Jeunesse, NDLR), un album vraiment important pour moi, étaient des ovnis, même quelqu'un comme Rascal n'en faisait pas du tout à l'époque !

Un livre comme Frida (texte de Sébastien Pérez, Albin Michel Jeunesse, NDLR), je craignais de l’écrire moi-même : va-t-il devenir trop cathartique, le public va-t-il comprendre, vais-je être intelligible, cela ne va-t-il pas seulement devenir mon livre à moi, pour moi ?

C'est là que la collaboration de Sébastien Perez est précieuse. Il trouve les mots que je n'oserais pas écrire. Il est à la fois très différent de moi, et en même temps l'auteur dont je me sens le plus proche . C'est pourquoi nous collaborons si régulièrement ensemble.

Dans Madame Butterfly (chez Seuil Jeunesse, NDLR), dont j’ai adapté le texte, tout le monde n’a vu que le dessin... Il est très difficile d'être reconnu à la fois comme auteur et illustrateur, il y a un besoin de cataloguer…

Et ces dernières années, j'ai moins ressenti le besoin d'écrire, même si je travaille sur un scenario pour une BD avec Marco Mazzoni, qu’il faut que je finisse Léonard et Salaï…

Est-ce plus facile de travailler à partir d’un matériau déjà écrit, comme les contes, ou de créer l’image en même temps que le texte s’élabore ?

Benjamin Lacombe : Lorsque l'on crée en même temps, en collaboration (et quand on écrit soi-même le texte, c'est encore pire !) on peut vraiment jouer du rapport texte image, jouer de l'ellipse dans le texte, que l'image vient combler, donc on peut créer un rapport texte image sur mesure. 

Quand on n'écrit pas le texte, qu’on ne peut pas le toucher, il faut parvenir à illustrer sans paraphraser, tout en respectant le texte, et en amener une autre lecture.

En ce sens, Les contes silencieux récemment parus en sont-ils la concrétisation ultime ? Comment être certain que le public va saisir ce que vous voulez signifier ?

Un livre il y a ce que l'on met dedans au départ et ce qu'il devient : il n'y a pas de bonne ou de mauvaise interprétation.

Pour Les contes silencieux (pop-up paru chez Albin Michel Jeunesse, NDLR), au départ je voulais "des tableaux en volume", et le propre d'un tableau est de ne pas raconter d’histoire. Et ensuite, je me suis ensuite dit que c’étaient des contes que l'on pouvait aborder avec des volumes. Les deux entrées sont possibles, même pour moi. L’idée est de faire resurgir en volume la thématique profonde des contes.

Et après cela ne nous appartient plus : que ce soient les interprétations que l'on fait d'un livre ou à qui l'on s'adresse. Je me souviens de Frida, livre sur la résilience, et le sentiment de se transcender, d'être un artiste, faire de douleurs ou d'éléments de la vie une œuvre. Certains s'en sont emparés comme un texte sur la résilience justement, le courage, et j'ai eu des tout-petits qui trouvaient rigolotes les couleurs ! Tout est possible ! À partir du moment où les parents accompagnent les petits, tout fonctionne.

Les enfants doivent-ils être forcément accompagnés pour lire vos livres ? 

Benjamin Lacombe : Pour Frida, à six ans, oui je crois, oui ! (rire complice) Un tel livre à clés, si on laisse l’enfant face à cette inconnue, cette abstraction, cela peut être terrifiant pour lui. Et c’est le rôle des parents d’être là et de l’accompagner.

L’objet livre impose un tempo, une pause, un calme durant lequel l’on donne du temps à une histoire.

Et c’est le dessin en particulier qui permet de délivrer tous ces sens cachés, ces métaphores ?

Benjamin Lacombe : Si je prends l’exemple de Blanche Neige, à part les images narratives en noir et blanc, je n’ai travaillé toutes les images en couleur qu'en métaphores visuelles.

Les générations actuelles y sont beaucoup plus sensibles et ont un sens naturel de ce que raconte une image et de sa construction, un sens incroyable. La culture visuelle de mes sept neveux et nièces, celles des enfants que je croise est hallucinante ! Ils créent eux-mêmes des images et du contenu pour Instagram, pour Facebook, ils mettent en scène leur vie, comprennent l'importance d'un cadre, d'une lumière. Ou encore les processus que l'on peut mettre en œuvre pour nous amener à penser ou ressentir de telle ou telle façon, pour valoriser ou pas un personnage, toutes ces choses auxquelles on ne prêtait pas attention.

Et quand on leur amène une narration graphique, ils sont capables d'en comprendre toutes les subtilités, même si ce n'est pas formalisé intellectuellement, leur ressenti est très profond.

Au-delà de la maîtrise graphique, quelle part accordez-vous aux nouvelles technologies et techniques ?

Benjamin Lacombe : Nous avons abordé la technique HUV à propos du Peau d’Âne d’Alessandra Maria, et Cécile Roumiguière, mais la découpe laser par exemple est devenue très à la mode. C'est à celui qui fera le livre avec le plus de découpes…

J'ai été le premier à l'utiliser en 2007, pour les Amants papillons, avec une garde ajourée, pour laquelle on avait même déposé un brevet de deux ans, dont tout le monde s'est ensuite emparé. Cela m'a permis de faire cette porte du jardin intérieur japonais, qui est la porte la plus secrète. Juste une garde, sur du noir, quelque chose de très discret, pas ostentatoire, mais qui narrativement a du sens : elle nous fait entrer dans l'intimité du personnage !

La garde ajourée des Amants papillons 

La technologie doit être au service du sens de l'histoire ; si elle n'est là que pour faire la maligne, cela peut être spectaculaire, certes, mais cela reste du cirque, de la démonstration. Si elle est au service de l’histoire, intégrée à la narration, on touche alors à l'émotion, à quelque chose qui transcende la technique.

En ce moment, je fais des spectacles live, des concerts dessinés. Le dernier était autour de Carmen : il y avait des danseurs, des projections... j'adore me servir du dessin et de la technologie pour créer de nouvelles émotions.

Je voudrais revenir aux premières émotions d'enfants, quand on se promène pour la première fois dans une forêt par exemple, ou que l’on a peur, que l’on se sent triste ou émerveillé.

L'envie ne s'arrête-t-elle jamais ?

Benjamin Lacombe : Bien au contraire, le problème est le temps ! D'où Alice sans doute, d'où le fait que je dessine le lapin blanc depuis toutes ces années, je suis tout le temps en retard !

J'ai un rapport au temps terrible, même quand j'essaie de contrer les choses ! C’est maladif, j'ai besoin de mettre en urgence, en danger. À ma décharge, je ne suis pas le seul dans ce cas-là ! Est-ce lié à l'acte de création, à la peur de mal faire ? On s'oblige à être obligé, à ne plus se poser de question et y aller. Je vais jusqu'à l'extrême limite, j'ai souvent les meilleures idées à ce moment-là, quand tout se met en place, comme un coffre-fort dont on tourne les rouages qui soudain l'ouvrent.

Ça me gâche un peu la vie, toutes mes vacances y passent, il faut bien rattraper le temps perdu !

Qu'est-ce que l'adulte dirait à l'enfant que vous étiez, ce petit garçon qui dessinait tout le temps ? 

Benjamin Lacombe : Comme c'est difficile… Je ne sais pas si je dirais quoi que ce soit : dire quelque chose, cela changerait le cours du destin, même s’il y a eu des peines, des pertes de toutes façons inéluctables, dont Françoise qui me manque beaucoup, je crois que je n'aurais pas voulu vivre ma vie différemment.

Ma mère a retrouvé récemment de vieilles photos, et ce qui m'a frappé, c'est combien on ne se souvient absolument pas de tellement de moments. Alors je crois que j'observerais plus, mieux, tout le temps !

Et ce petit garçon a toujours voulu dessiner ?

Benjamin Lacombe : Ce n'est pas une question de don, mais d'observation. C'est un besoin pour moi, c'est un métier tout autant qu'un besoin.

Souvent, je le répète, mais lorsque l'on va dans les petites classes, ils dessinent bien, tous ! Il n'y a pas d'inhibition, ils osent, chacun avec son style, ils ont tous des capacités. Et pour tous, au bout d'un moment, ces possibilités s’éteignent, par l'éducation. Ce n'est pas valorisant de dessiner : les mathématiques, le français sont plus importants. On déconnecte l'observation, le regard, de la main, comme si ces deux entités n'avaient rien à voir. 

Or il y a tellement à faire avec un langage dessiné !

Je pense que nous arrivons à un moment à la fois terrifiant, une phase d'extinction, avec en même temps une vraie volonté de changer les choses, de redéfinir les contours de notre monde.

Il nous faut redessiner le monde !

[  NDLR : Mille mercis à Benjamin Lacombe pour sa simplicité, son accueil et sa généreuse patience... ]

Par Christine Barros
Contact : cb@actualitte.com

2 Commentaires

 

Henri

18/01/2020 à 21:38

"Mille mercis à Benjamin Lacombe pour sa simplicité, son accueil et sa généreuse patience..."
Tout le contraire de quand il est en dédicace en somme.

lisabeth

12/12/2021 à 01:16

Ce serait sympa d'argumenter un peu plus votre commentaire, car c'est bien dommage de poster un commentaire comme celui-là, qui tend à baisser l'image de cet artiste, et n'absolument rien expliquer ou même apporter de nouveau.
Quelle a été votre réelle expérience? Vous vous contentez de dire ça, mais sans nous expliquer, cela n'aide pas à la crédibilité, même si votre vécu est réel.
Mais quand on enfonce quelqu'un pour des raisons réelles, il faut au moins expliquer un peu plus que de juste balancer une phrase, sans même que l'on puisse comprendre le pourquoi du comment.
Ce n'est pas très juste et ne donne pas l'opportunité au lecteur de se faire une réelle idée de la situation.
De plus un artiste peut avoir passer une mauvaise journée, ou être très sollicité, donc il se peut qu'il que son humeur n'ait pas été la même avec vous, c'est tellement difficile de juger une personne sur un moment de vie de 2 min. Mais si vous nous expliqueriez, au moins on pourrait comprendre!

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01/06/2026, 16:07

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Uranium, spectres et totalitarisme : le roman tchèque qui secoue les Imaginales 

Aux Imaginales, la Tchèque Lenka Elbe présentait Uranova, son premier roman, publié en français aux Forges de Vulcain dans une traduction d’Eurydice Antolin. Un livre ambitieux, impressionnant, difficile à ranger dans une seule case : enquête, roman d’amour endeuillé, récit politique, horreur, fantastique, humour noir, mémoire familiale et histoire tchèque s’y contaminent sans cesse. Au centre, une ville réelle : Jáchymov.

31/05/2026, 18:45

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Christopher Bouix, coup de coeur 2026 : “La littérature doit mordre ou griffer”

Coup de cœur des Imaginales 2026, Christopher Bouix arrive à Épinal avec une œuvre déjà multiple : un triptyque d’anticipation sur l’intelligence artificielle et les futurs déshumanisés, un roman d’horreur où les enfants massacrent les adultes, un passé d’auteur jeunesse repéré par Netflix, mais aussi un détour plus ancien par l’Antiquité, les textes grecs et latins, Socrate, la démocratie et les sorcières. Rencontre avec un écrivain qui aime les livres noirs, drôles, mordants, et les questions que le futur pose au présent.

31/05/2026, 14:00

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François Richard : “Vivre est le seul vrai choix”

C’est une épiphanie littéraire. François Richard fait paraître aux éditions du Grand Souffle Division Eidola, le troisième tome de son cycle V I E, qui peut se lire indépendamment des deux précédents bien qu’il en tire les fils narratifs jusqu’au bout de la nuit. Une épiphanie dans laquelle l’auteur manifeste la réalité cachée comme fin de la quête de ses personnages. Exacerbation, comme une bombe à fragmentation, du précepte proustien dans Le Temps retrouvé : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. » Par Olivier Stroh.

29/05/2026, 11:12

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“Un potager résilient, c’est être prêt à devenir autonome le jour où c’est nécessaire”

Après une carrière dans l’industrie du jeu vidéo, Didier Flipo a choisi le maraîchage bio, le sol vivant et la transmission. Avec Le Potager résilient, il propose bien plus qu’un guide de jardinage : une réflexion concrète sur l’autonomie, la résilience et notre rapport au vivant. Entre écologie pratique, production de semences, soin des sols et critique des faux conseils circulant en ligne, il défend une approche patiente, pédagogique et profondément ancrée dans le réel. Un entretien où le potager devient aussi une manière de penser le monde contemporain.

20/05/2026, 14:48

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Pour une édition de proximité : Le Cercle ouvert, publier moins pour mieux lire

Avec Le Cercle ouvert, Mathieu Larnaudie et Bertrand Py défendent une maison à la production resserrée, attentive aux auteurs, aux libraires et aux lecteurs. Adossée à Terre Neuve et donc au groupe Albin Michel, elle publiera ses premiers titres le 20 août 2026 autour d’une idée presque révolutionnaire : moins publier pour mieux accompagner les livres et refaire communauté, sans céder sur le catalogue.

19/05/2026, 17:29

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“Acheter un livre dans une librairie indépendante, c’est presque militant”

À Limoges, la librairie jeunesse Rêv’en Pages, ouverte depuis plus de quarante ans, est en redressement judiciaire. Confrontée à la hausse de ses charges et à la baisse du panier moyen, sa gérante, Rachel Faure-Lencroz, cherche à adapter son fonctionnement : changement de transporteur, projet de librairie mobile, développement de la romance, du young adult et de l’occasion.

 

19/05/2026, 12:13

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Xavier Coste : comment 1984 est devenu “le projet de [sa] vie”

À Palaiseau, les planches de Xavier Coste autour de 1984 et du Journal de 1985 dévoilent les coulisses d’une obsession graphique née à l’adolescence. Dans le cadre du salon Dimension, croquis, originaux et reproductions éclairent la construction d’un univers dystopique où l’adaptation devient affaire d’émotion, de fidélité intérieure et de vision.

 

18/05/2026, 17:15

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Murielle Compère-Demarcy : Artaud, le feu du langage

Originaire de Compiègne, très active dans le milieu littéraire, Murielle Compère-Demarcy, qui signe parfois MCDem, dirige depuis 2022 la collection « Présences d’écriture » aux éditions Douro, et rédige de nombreuses chroniques pour diverses revues. Auteure d’une vingtaine de livres, Murielle Compère-Demarcy semble, entre autres, très marquée par Antonin Artaud, auquel elle consacre Alchimiste du soleil pulvérisé en 2019, recueil publié chez Z4. Par Étienne Ruhaud.

18/05/2026, 10:30

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Palaiseau : comment le salon Dimension veut réconcilier science et littérature

Grégory Hermant, responsable du service événementiel de la ville de Palaiseau, revient sur la troisième édition de Dimension, salon du livre consacré aux liens entre science, science-fiction et vulgarisation. Un rendez-vous encore jeune, mais déjà identifié par son public, ses auteurs et ses partenaires.

13/05/2026, 17:01

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“Il y a des possibilités pour les femmes de vivre beaucoup mieux”

Dans Digitopuncture et santé féminine, Jacques Staehle condense plus de soixante ans de pratique des médecines naturelles. À partir de son parcours personnel et des questions reçues en séminaire, il propose une approche accessible de la digitopuncture appliquée aux troubles féminins, entre gestes précis, équilibre énergétique et transmission d’expérience. À bientôt 95 ans, l’acupuncteur et naturopathe affiche une énergie et une vitalité qui donnent, au minimum, envie d’écouter ce qu’il a à dire.

13/05/2026, 13:38

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Angeline Delcroix : victimes ou coupables, “la frontière est très difficile à déterminer”

Angelina Delcroix ouvre les portes de sa Fabrique du Mal, où l'on entre par la violence, mais refuse d’y installer le lecteur pour le seul choc. À paraître ce 13 mai, la romancière nous immerge dans son univers, entre réalisme glacé et espoirs d'une vie meilleure.

11/05/2026, 10:43

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Estelle Derouen :“ Un livre n’est pas seulement un objet culturel”

Le phénomène Estelle Derouen est avant tout un phénomène de société. Sur Instagram a imposé une présence singulière. Ni critique institutionnelle ni simple prescriptrice numérique, elle occupe une place à part, quelque part entre la lectrice passionnée, la passeuse intraitable et la créatrice de contenu qui refuse de laisser les livres se dissoudre dans le grand marché des recommandations interchangeables.

08/05/2026, 14:12

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C’est l’histoire d’une rencontre avec le livre d'Eleonore Frey

Certaines traductions naissent d’une commande, d’autres d’une fidélité obstinée : en s'attelant à Ainsi va Lipp, la traductrice Camille Luscher n’a cessé de vouloir faire entendre en français la voix singulière d’Eleonore Frey. Quatorze années auront été nécessaires pour que ce roman, paru en allemand en 1998, ne sorte en juin 2026 chez La Veilleuse, dans une version particulièrement soignée. À notre invitation, la traductrice revient sur cette longue aventure, sur une écriture qui déplace les mots et les normes, et sur l’insaisissable figure de Lipp.

13/07/2026, 16:13

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Le génie de Baudelaire : entre fatalité tragique et modernité poétique

PORTRAIT – Lorsqu’on évoque Charles Baudelaire, on songe aussitôt au poète-alchimiste capable de transmuer la laideur en splendeur et la tristesse en allégresse. Pourtant, derrière la figure emblématique du grand poète se dessine l’ombre d’un homme profondément mélancolique. C’est précisément dans cette affliction de l’âme que le génie baudelairien puise sa force et se déploie avec une intensité si singulière qu’il s’impose comme l’un des grands précurseurs de la poésie moderne, ouvrant la voie tant au symbolisme qu’au surréalisme. De Karim S. Rebeiz.

13/07/2026, 10:27

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La lecture, une gourmandise : des recettes d'enfants pour donner envie de lire

Cet été, je lis ! : entre l’assertion et la promesse faite à soi-même, le ministère de l’Éducation nationale annonce la couleur de sa campagne estivale. Ce 10 juillet, à la Fnac des Ternes, une vingtaine d’élèves, du CM1 à la 6e, ont mis leur imagination aux fourneaux avec l’autrice Aurélie Gerlach. Au menu : inventer un gâteau magique, choisir ses pouvoirs et dresser la liste de ses ingrédients. Os humains compris.

10/07/2026, 15:16

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La Mer Salée, une maison d'édition “aujourd’hui détenue par ses lectrices et lecteurs”

Le secteur du livre, en France, connaît un fort repli économique, provoqué par une baisse générale des ventes de livres et une concentration des achats sur un nombre restreint de titres. Les structures indépendantes, librairies ou maisons d'édition, sont particulièrement vulnérables, si bien que de nouvelles organisations émergent. Sandrine et Yannick Roudaut, co-fondateur.es des Éditions La Mer Salée ont ainsi fait le choix de la structure coopérative, bien commun des lecteurs et lectrices. Ils s'en expliquent dans un texte reproduit ci-dessous en intégralité.

10/07/2026, 10:58

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“Le pilon, si redouté des auteurs, a-t-il un cœur ?”

En juin dernier, François Belley s’inquiétait de ce que les autrices et auteurs modernes entretiennent leur bronzage à grand renfort de selfies : se montrer ou disparaître, cruel avenir. Ou pas. Tout dépend des tempéraments, certainement. L’écrivain pirate marque une pause, pour mieux observer les ravages de l'industrie, sur ses propres ouvrages... Dans la tête du bourreau des livres, ou les états d’âme du pilon.

06/07/2026, 17:28

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Maison des histoires : jouer dans les albums jeunesse

Ouverte le 9 juillet 2025, la seconde Maison des histoires de L’école des loisirs déploie, au 7 cité de la Roquette, douze univers d’albums jeunesse sur deux niveaux. Un musée à jouer où les enfants peuvent courir, grimper, lire, bricoler et, accessoirement, rappeler aux parents pourquoi les bibliothèques municipales ont inventé le chuchotement.

06/07/2026, 17:19

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Facture électronique : l’édition indépendante ne peut pas laisser filer ses flux

À deux mois de l’obligation de réception des factures électroniques, OPlibris et Dilicom défendent un choix d’organisation : intégrer la réforme aux outils des maisons, plutôt que de les laisser dépendre d’un portail extérieur.

04/07/2026, 10:51

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Quand le cloud fait de l'ombre : qui héberge désormais la mémoire culturelle ?

Où vivent vraiment les livres numériques . La Commission européenne estime, à titre préliminaire, que les services cloud AWS et Azure devraient relever du régime renforcé des « contrôleurs d’accès » du Digital Mrkets Act. Le dossier dépasse la concurrence : qui héberge les catalogues, les archives, les liseuses et les usages de lecture ? Voici une sélection de huit ouvrages qui ramènent le cloud à ses serveurs, ses contrats et ses sorties de secours.

 

25/06/2026, 12:56

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Michaël Ferrier, l’écrivain aux semelles de corail

PORTRAIT - Les carnets de voyage de Michaël Ferrier publiés mensuellement dans La Revue des deux mondes se lisent comme  autrefois lorsqu’on s’attachait à un feuilleton littéraire : par épisodes, par haltes, par reprises, avec ce plaisir particulier de retrouver une voix, un rythme, une manière d’entrer dans le monde. De l’Inde à la Guyane, de Pondichéry à Cayenne, il réactive la revue comme lieu d’apparition progressive de la littérature, celle du récit qui avance par fragments, celle de l’aventure donnée non d’un bloc, mais comme une suite précise et vivante.

25/06/2026, 12:17

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Même marché, mêmes règles : ce que la fast fashion explique au livre

En dénonçant le risque d’une loi fast fashion appliquée d’abord aux entreprises françaises, la Fevad soulève une question que l’édition connaît bien : comment réguler les pratiques des grandes plateformes sans faire peser l’essentiel des contraintes sur les acteurs les plus faciles à contrôler ? Dans le livre aussi, la vitesse de production, la rotation des références et la captation de la visibilité déplacent le risque vers les créateurs et les libraires.

25/06/2026, 11:53

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Le webtoon français : une filière en quête de reconnaissance

Protoon, première association professionnelle dédiée au webtoon en France, veut donner une voix collective à une filière encore fragile, mais déjà riche de créateurs, de studios, de plateformes et de lecteurs. Entre succès d’audience, dépendance aux plateformes, précarité des auteurs, manque de données et de reconnaissance institutionnelle, et besoin de formation, récit d'un secteur qui cherche à sortir de l’angle mort pour devenir une véritable industrie culturelle.

24/06/2026, 18:33

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L'urgence de redéfinir “la notion de projet commercial et culturel en librairie”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Après la fragilisation économique du secteur, cette série interroge la valeur du conseil, la librairie comme lieu de débat et le projet culturel susceptible de donner sens à l’entreprise. Premier épisode : faire de la relation avec le lecteur une force visible.

24/06/2026, 16:22

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Les librairies, “commerces, d'accord, mais de proximité, de confiance et de relation”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? Évelyne Darmanin, auteure de cet article, est sociologue de formation. Elle nous propose une série de trois articles, qui questionnent et interrogent. Alors que les librairies souffrent dans un environnement trop calme, la notion de projet d’entreprise serait plus que jamais nécessaire. Ce premier volet défend une idée simple : la librairie ne se réduit pas à la vente d’un produit dont le prix échappe au libraire. Non, non...

24/06/2026, 16:21

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Librairies : “Il est grand temps de rallumer les consciences”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Le premier texte plaçait le conseil et la relation avec le lecteur au cœur de la valeur du métier. Le deuxième défendait la librairie comme espace de dialogue, de circulation des idées et de débat. Ce dernier volet interroge le projet d’entreprise capable d’articuler activité commerciale, transmission professionnelle, ambition culturelle et exigence démocratique.

24/06/2026, 16:15

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Un livre géant brûlé pour les 60 ans de l’Université de Rouen : le symbole qui dérange

Lors des festivités de la Saint-Jean, à Mont-Saint-Aignan, un grand livre en bois a été brûlé pour célébrer les 60 ans de l’Université de Rouen. ActuaLitté donne la parole à plusieurs universitaires, chercheurs et intellectuels, qui s’interrogent sur la portée symbolique d’un tel geste : peut-on célébrer le savoir en mettant en scène la destruction de l’un de ses symboles les plus forts ?

24/06/2026, 12:28

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Censure à Castres : Catherine Pégard interpellée par le Off Avignon

Avignon Festival & Compagnies, qui accompagne le festival Off Avignon, dénonce la déprogrammation à Castres de Passeport, pièce d’Alexis Michalik, par le maire RN Florian Azéma. L’association y voit une décision politique et idéologique, contraire à la liberté de création et de diffusion, et affirme son soutien à l’auteur comme à ses équipes.

23/06/2026, 17:42

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IA : comment améliorer les catalogues de bibliothèque sans numériser les livres ?

Alors que l’IA et le RAG s’imposent comme des pistes pour renouveler la recherche documentaire en bibliothèque universitaire, leur déploiement se heurte à une réalité matérielle et juridique : accès aux textes, numérisation des fonds, droits d’usage et coûts de traitement. Derrière la promesse de catalogues plus intelligents, la question demeure celle de l’autonomie des bibliothèques face aux grandes plateformes. Par Cédric Limousin.

23/06/2026, 16:16

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La canicule à son clim’axe : quand les climatiseurs volent la vedette

Une climatisation défaillante peut transformer un bureau d’espions en plage artificielle. Elle peut aussi obséder un conducteur, accompagner une solitude californienne, dérégler une tour de béton ou servir de voie d’accès à une prise d’otages. Dans les romans, l’air conditionné a sa mécanique, son humeur et parfois son sens du spectacle.

23/06/2026, 15:51

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Au cœur des villages, le salon des écrivains nomades rassemble lecteurs et livres

Depuis cinq ans, le Salon du livre Nomade se déplace de commune en commune en Gironde, avec une idée claire : aller à la rencontre des lecteurs là où ils vivent. Porté par le cercle des Écrivaines de la Table Ronde, il défend une littérature plurielle, des premières publications aux auteurs déjà installés, et fait de la rencontre un geste culturel à part entière.

21/06/2026, 10:55

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Les Éditions au Pluriel : la maison indépendante qui défend une littérature humaine et engagée

Dans le paysage de l’édition indépendante française et à travers ces différentes collections, les Éditions au Pluriel construisent un catalogue singulier Romans, essais, imaginaire, beaux livres ou récits de voyage. C’est un ensemble cohérent, animé par une même exigence : défendre des textes incarnés, accessibles et profondément humains.

19/06/2026, 17:57

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Le livre d’occasion, l’économie circulaire d’une filière linéaire

Dix années de commerce de seconde main, le Label Emmaus invitait à fêter son anniversaire à l'Académie du Climat, ce 18 juin. Un appel, finalement, pour comprendre ce qu’est le réemploie, qui le porte : « 10 ans d’engagement, d’innovation sociale et de coopération au service d’une économie plus juste et circulaire », explique l’organisme. Avec un volet consacré au livre d’occasion – toujours objet de fantasmes…

19/06/2026, 16:36

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Un label pour l’édition indépendante : “Quitte à le faire seul, faisons-le joyeusement”

Alors que Grasset sombre dans l’idéologie, que le mouvement de protestation contre l’instrumentalisation de grandes maisons d’édition au service d’une radicalisation politique et sociale voit le jour, il est grand temps de rendre nos indépendances plus visibles. Je crois en cette urgence, en cette nécessité d’afficher notre fierté (une notion peu mobilisée dans le secteur éditorial) d’être indé. Par Étienne Galliand, éditeur.

19/06/2026, 10:44

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Intelligence artificielle en librairie : le risque de déposséder un métier

Aux Rencontres nationales de la librairie 2026, l’intelligence artificielle s’était invitée dans un double débat : celui de la création, du droit d’auteur et des œuvres, et celui, plus concret, des usages professionnels en librairie. Entre vigilance éthique et outils d’aide au pilotage, l’enjeu consiste à distinguer la menace du remplacement de la promesse d’une assistance pensée au service du métier. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, dépassionne le débat.

17/06/2026, 13:10

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Quand Gaston Bachelard nous aide à comprendre notre obsession pour l’IA

L’intelligence artificielle est généralement présentée comme une révolution technologique. On la décrit comme un ensemble d’algorithmes, de modèles statistiques ou d’infrastructures informatiques. Pourtant, cette définition technique ne suffit pas à expliquer l’intensité des passions qu’elle suscite. Par Bertrand Jouvenot.

17/06/2026, 12:52

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Climat : pourquoi “la lassitude peut vite devenir indifférence”

L’information climatique circule davantage, alerte plus souvent et documente mieux l’ampleur du dérèglement en cours. Pourtant, l’accumulation des faits déclenche parfois l’angoisse, la lassitude ou le repli, au lieu de nourrir l’action. Pour dépasser cette impasse, le monde du livre dispose d’un rôle singulier : faire entendre d’autres récits, d’autres voix, et transformer la prise de conscience en mouvement collectif. Fanny Audibert publie chez Oxus Sortir du déni climatique, entrer en action.

15/06/2026, 13:03

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La librairie indépendante peut-elle rester indépendante si son modèle s’épuise ?

ANALYSE – La question de l’indépendance des commerces du livre se déplace. Au-delà du statut juridique ou du choix éditorial, elle engage désormais la viabilité économique, la fatigue des équipes, l’écologie du livre et les conditions concrètes d’un métier sous tension. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, aborde le sujet frontalement.

15/06/2026, 12:30

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Rentrée littéraire 2026 : les grandes tendances des romans français et étrangers

La grande fête annuelle de la librairie démarrera fin août comme chaque année, avec son lot de romans, les premiers, les francophones, les traductions. Si 277 romans de cette rentrée ont été utilisés pour amorcer la tendance 2026, aucun n'a été blessé (certains furent blessants...). Et s'impose d'emblée un constat : la littérature prend le présent à bras-le-corps, sans distance ni précaution.

15/06/2026, 11:28

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De DSK à Patrick Bruel : violences sexuelles et impunité des puissants

Dans cette tribune, l’essayiste Nasser interroge, à partir de l’affaire Patrick Bruel et d’autres figures publiques mises en cause, la tension entre parole des victimes, présomption d’innocence, prescription judiciaire et responsabilités médiatiques. Un texte d’opinion, polémique et engagé, sur l’impunité supposée des puissants face aux violences sexuelles.

13/06/2026, 08:33

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“Lancer un livre, c’est créer un moment ; l'installer, c’est construire une durée”

ANALYSE – Surproduction, encore et toujours, l'éternelle problématique de l'industrie du livre. Trop de livres, peut-être, probablement – assurément ? Ou bien, pas assez de temps pour que chaque ouvrage vive sa vie dans les points de vente ? Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, propose une autre lecture.

13/06/2026, 06:00

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Affaire Lyhanna : du silence des adultes aux mots de Darmanin

Après la mort de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance, Gérald Darmanin a reconnu une défaillance de l’institution judiciaire et demandé le réexamen de milliers de plaintes concernant des mineurs. Face à l’émotion nationale, plusieurs livres rappellent ce que la langue politique nomme mal : la durée du trauma, l’emprise, le silence des adultes et la place trop vite retirée aux victimes.

12/06/2026, 12:59

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Hachette au Sénat : Jean-Yves Mollier dénonce une ombre vieille de 80 ans

Entre les combats parlementaires autour de la loi Bichet, en 1947, et le récent rejet au Sénat, d’un amendement visant à renforcer le lien de confiance entre auteurs et éditeurs, l'historien Jean-Yves Mollier établit un fameux parallèle. Dans une tribune communiquée à ActuaLitté, il y voit la persistance d’une influence d’Hachette sur la fabrique de la loi, et interroge les effets démocratiques de la concentration éditoriale et médiatique.

12/06/2026, 11:51

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Avec AI Overviews, Google régurgitera du conseil pour choisir vos lectures (à votre place)

Avec l'arrivée prochaine des AI Overviews, Google ne se contente plus de classer le web : il répond à sa place. Pour le livre, l’enjeu dépasse le référencement : critiques, libraires, bibliothèques et blogs nourriront une synthèse qui garde le lecteur captif, sans clic ni détour. Une promesse de confort, donc, mais aussi une confiscation très méthodique de la médiation littéraire. On se poserait presque des questions.

12/06/2026, 06:00

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“Se montrer ou disparaître !” : quand l’hyper-visibilité tue l’imaginaire

Jadis, l’écrivain hantait les cafés, les chambres closes et les marges de ses manuscrits. Le voici sommé d’occuper aussi les stories, les plateaux, les selfies et les vignettes promotionnelles. Dans un monde où l’absence frôle la faute professionnelle, l'écrivain-pirate François Belley interroge la dernière provocation possible pour un auteur : garder le silence, cultiver l’ombre et laisser l’œuvre parler avant le visage. Ou comment arrêter de bronzer avec son iPhone.

11/06/2026, 12:07

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“La loi Lang ne suffit plus : il est temps de se structurer”

Restructurer et innover dans la filière. Face à la financiarisation de l’édition, à l’affaiblissement des soutiens publics et aux bouleversements technologiques, l’édition indépendante cherche désormais moins à survivre seule qu’à se structurer collectivement. Entre la FEDEI et OPlibris, une même ambition se dessine : défendre la matérialité du livre, sans renoncer à penser les outils de demain.

09/06/2026, 16:16

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Mineurs, nudité, algorithmes : Apple et Google sommés de protéger l'enfance

Lors de la London Tech Week, le Premier ministre du Royaume-Uni a sommé les entreprises technologiques de bloquer, sur les appareils utilisés par des mineurs, l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites. Derrière l’urgence de protection, les livres déplacent le débat : consentement, honte, cyberviolence, économie de l’image, surveillance et responsabilité des adultes.

08/06/2026, 14:36

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Une taxe pour aider l'édition : le blanc-sain très sélectif du SNE

Le Syndicat national de l’édition n’a rien contre les prélèvements. Il a simplement ses pudeurs. Quand l’argent remonte vers les auteurs et les éditeurs, le vocabulaire se fait noble : rémunération, compensation, gestion collective, partage de la valeur. Quand il risque de redescendre vers les librairies indépendantes, les éditeurs fragiles ou les auteurs, le ton change. Le même geste devient un « réflexe » qui ne serait « pas forcément sain ». Mais alors, à quel sain se vouer ?

08/06/2026, 12:28