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Angle mort offre Le Premier arbre de la forêt, nouvelle de Jean-Luc André d’Asciano

Angle mort, en version française, Blind spot, sa consoeur en langue anglaise, sont deux revues dédiées à la littérature de genre. Science-fiction, ou science spéculative, et toujours des textes à la recherche de l’Homme et de son univers.

Le 19/09/2016 à 10:02 par La rédaction

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Publié le :

19/09/2016 à 10:02

La rédaction

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En partenariat avec Angle Mort, ActuaLitté propose de découvrir la nouvelle de Jean-Luc André d'Asciano, Le Premier arbre de la forêt, publiée donc dans Angle Mort 11 et traduite en anglais par Sheryl Curtis pour Blind Spot 1, les deux revues parues le 22 juin 2016. Brève biographie de l’auteur.

Jean-Luc André d’Asciano dirige une petite maison d’édition, l’œil d’or, avant tout consacré à l’architecture et aux arts de la scène, mais où il publie aussi des romans, notamment de Iain Banks. Après un premier recueil de nouvelles (« cigogne » aux éditions Serge Safran) peuplé de personnages étranges à la lisière du fantastique, « le premier arbre » s’attaque au futur proche, ou l’humanité s’est fourvoyée dans la technologie sans garde-fou et dans la guerre totale. Un texte sombre mais non dénué d’espoir qui renouvelle intelligemment le paysage post-apocalyptique.

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Le Premier arbre de la forêt

1.

Cette mort est le premier arbre de la forêt.

Je me souviens encore de cette affirmation de Bashevis : lui-même s’est transformé en cadavre moins de trois semaines plus tard. C’était il y a plus de cent-vingt ans, mais ce souvenir est aussi net et douloureux qu’une plaie sur une peau à vif.

À moins qu’il ne s’agisse d’un effet des pilules.

Je suis sur la terrasse. C’est le matin, le brouillard efface le monde. Des formes en surgissent, contours mouvants, comme en respirations. Puis je distingue la lisière de la forêt. Je suis sur la terrasse. Une machine ronronne à mes côtés. Le soleil se lève enfin, dissipant le blanc de la brume. Je contemple la forêt : des chênes immenses, plusieurs fois centenaires.

Je les ai vus grandir.

Entre la terrasse et la forêt, une clairière. C’est la machine qui l’entretient. Elle m’accompagne depuis longtemps, aussi j’ai de l’affection pour elle. J’attends sa mort avec impatience. Là-bas, entre les arbres, quelque chose bouge. De lent. De puissant.

Un cerf.

Un cerf au pelage blanc, à la ramure immense.

Il s’avance en silence. Droit vers moi. Il me regarde.

Ce n’est pas la première fois.

De ses oreilles partent de longs poils blancs, emmêlés, drus. J’y distingue des formes opaques – tiques, excroissances de chair, mutations. Je ne sais.

Il est beau.

Il s’arrête. Ses yeux sont noirs, immenses, froids et bienveillants. Ou plutôt, absolument non humains, donc bienveillants.

Ses bois luisent doucement. Une incandescence qui me conduit à cligner des paupières.

Moi qui suis humain et nullement bienveillant.

Je le mets en joue.

Mon fusil est efficace.

Le cerf me contemple, puis se lève sur ses pattes arrière. Le voilà dressé, démesuré, culminant avec ses bois à plus de trois mètres.

Il émet des sons gutturaux, très sourd. Je me dis qu’un arbre, s’il devait parler, parlerait ainsi.

Le cerf se remet sur ses quatre pattes, puis s’en va, me tournant le dos. Il me laisse seul.

Bien évidemment je ne tire pas, je pleure.

La forêt est immense, et les morts multitudes.

Les arbres ne parlent jamais.

2.

Je suis sur la terrasse. Le soleil est à son firmament. L’herbe de la clairière est brûlée. La machine ronronne à mes côtés. Elle m’accompagne depuis longtemps. Si j’ai de l’affection pour elle, j’attends sa mort avec impatience. Là-bas, entre les arbres, quelque chose bouge.

Le cerf blanc.

Le mouvement de ses pattes, la manière dont il pose ses sabots fendus sur le sol, tout cela est d’une élégance rare. Sa marche est une cérémonie. Il vient droit vers moi, s’arrête à mi-chemin, se dresse sur ses jambes arrière.

Mon fusil est efficace.

Je vise.

Je tire.

Rien ne se passe.

Le cerf redescend sur ses quatre pattes, me regarde en m’excluant, se retourne puis s’en va.

Je hurle. Je tire à nouveau, plusieurs fois. Toujours rien. Je jette le fusil, court dans la maison, ouvre l’armurerie. J’y trouve un lance-missiles. Retourne sur la terrasse. Sa mire infrarouge me permet de retrouver l’animal. Je presse la détente. Rien. Long hurlement de rage. La machine flotte à quelques mètres de moi, en attente. Je lui demande des explications.

Vous avez donné l’ordre de neutraliser définitivement les armes. 

Quand…

Il y a 67 jours, neuf heures, six minutes…

J’annule cet ordre.

C’est un ordre prioritaire, non annulable. Vous vous êtes aussi adressé un message à vous-même avant de prendre une quantité non recommandée de pilules rouges. Le message est…

Je ramasse une cognée de bois et me dirige vers la machine. Je la frappe une première fois, puis une deuxième. Je la frappe sans cesse. Je la réduis en bouillie. Je cours dans la clairière en hurlant, agitant toujours la cognée de bois.

Je reprends mon calme.

Quelque part derrière moi, les entrailles de la maison pondent une nouvelle machine.

Pilules rouges.

Je lâche le manche de bois.

Retourne dans la bâtisse.

L’infirmerie. Les pilules. Les rouges pour oublier. Les vertes pour se rappeler. Et celles à rayures.

Je prends les vertes.

Je me déshabille entièrement. Sors nu de la maison. M’élance vers la forêt. Le sol me coupe la plante des pieds. Je gobe les pilules vertes. Je remonte jusqu’au conflit sino-africain.

La Quatrième Mondiale.

Le soleil africain est unique, jamais amical. La savane est ravagée par le feu, ici et là se devinent des véhicules carbonisés. Certains sont irradiés. Nous avançons avec calme. Moi je dirais avec délectation. J’aime la guerre. Les causes m’importent peu. J’y vends mon corps, et on me l’améliore. Les Chinois m’ont proposé un nouveau réseau de nerfs optiques. Les Africains en étaient encore aux squelettes renforcés à la poudre de titane. Derrière moi, un petit bataillon de Ze-Dong, des liquidateurs chinois.

Lors de la Troisième Mondiale, les Occidentaux ont inventé des bombes de différents formats destinées à neutraliser les réseaux électriques et informatiques. Bombes recouvrant le paysage de silicium, mini-explosions nucléaires provoquant des impulsions électromagnétiques, etc. Il s’agissait surtout d’effacer la mémoire des ordinateurs. Évidemment, après cette guerre-ci, les ordinateurs biologiques, avec ADN et agencements moléculaires se sont imposés. Plus rapides, plus économes en énergie, plus résistants en cas de conflit.

Sont alors apparues les bombes à mémoire. Des armes biologiques s’attaquant à la structure même des molécules utilisées pour ces nouvelles générations de machine, les rendant stupides. Rapidement, des applications destinées aux humains se sont développées. Certaines pour s’attaquer aux ennemis, d’autres pour nous améliorer. Nous avons toujours aimé les drogues. 

Nous traversons la savane, chargés jusqu’aux yeux d’un cocktail transformant la moitié de mes hommes en marionnettes. Certains gémissent doucement, déjà en manque. Nous gagnons cette guerre, mais ce bataillon va probablement mourir lors de cette victoire.

Puis j’ai vu les fantômes.

Ils sortent de la forêt, troupeau dense, équivoque. Leur rythme est différent, asynchrone. Ils semblent courir, pourtant leur déplacement est lent. Leur peau est d’un gris phosphoré, translucide, comme s’il s’agissait de formes composées d’eau, une eau qui s’assemblerait en silhouettes insistantes et impossibles.

Des éléphants.

Les derniers ont disparu de la surface du globe au début de la Quatrième Mondiale.

Les éléphants d’Afrique bien sûr. Ceux d’Asie avaient été décimés trente ans plus tôt par une grippe dites du Caniche, qui avait liquidé la moitié des animaux du sous-continent asiatique. Nous avons éventré la terre, pollué ses océans, altéré son atmosphère et éradiqué la quasi-totalité des mammifères, sauvages ou non.

Des éléphants d’Afrique.

Ils venaient droit vers nous.

Ils n’émettaient aucun son. Le sol ne conservait aucune trace de leur passage.

Mais ils venaient vers nous.

Je me suis retourné pour observer mes hommes : eux aussi les voyaient.

Le troupeau m’a dépassé. L’un d’entre eux m’a littéralement traversé. Alors que j’étais immobile, je suis passé en lui. Chaque pore de ma peau a frémi, redressant poils et cheveux. De l’électricité a couru le long de mes nerfs. Un goût de rouille et de boue s’est mêlé à ma salive. La température de mon sang a baissé. Mais l’odeur était merveille. Une odeur d’océan et d’infini. Puis j’ai entendu les hurlements. J’ai regardé derrière moi : tous mes hommes étaient morts, tordus en des angles improbables. Cela me fit mal pour eux.

Mais moi j’étais l’océan.

Depuis je vois des fantômes.

Les fantômes des morts.

Les fantômes qui peuplent la terre en tant qu’espèce à part entière.

Les fantômes de ce qui n’a jamais été.

Car je suis le dernier homme.

Me voilà nu dans la forêt. L’effet de la pilule verte se dissipe. Je parle aux arbres, qui ne m’écoutent pas.

3.

Je suis sur la terrasse. La lune est ronde. L’herbe de la clairière est haute, elle ondoie, déploiement de vagues aux progressions géométriques, caresse d’un vent froid. Je suis debout, jambes écartées. Mon souffle est court, je bois à petite gorgée au goulot d’une gourde contenant je ne sais plus quel alcool de synthèse. La machine ronronne à mes côtés – j’en ai détruit beaucoup, je le sais, mais combien, je l’ignore. Plusieurs machines, un seul cerveau : elle n’est jamais que l’extension de la maison. Mais celle-ci dysfonctionne enfin. La maison agonise, j’observe cela avec curiosité. Là-bas, entre les arbres, les ténèbres. C’est là que je veux aller.

Je traverse la plaine, l’herbe monte jusqu’à ma taille. Je porte maintenant une combinaison noire, semi-intelligente donc chauffante, cicatrisante et, le cas échéant, bavarde. Un couteau de chasse est accroché à ma ceinture. Je n’ai plus que des armes blanches.

La machine reste sur la terrasse.

Je crois qu’elle a peur de la forêt.

Cela fait des heures que je marche. La forêt est de plus en plus dense, humide et noire. Parfois je regrette mon appareillage optique – je ne me souviens plus de ce qu’est une simple vue. Ce regret est vanité : en réalité, je ne me souviens plus de ce qu’est un simple corps.

Je croise différentes bestioles nocturnes. Je suis incapable de les identifier. Les mutations continuent. Les choses tendent vers d’autres choses.

Je rencontre une colonie d’octopodes.

Je les aime bien. Ce ne sont pas des mammifères. Je ne sais pas vers quoi ils vont évoluer, mais ils ne nous imiteront pas. Ils ont quitté l’eau il y a moins d’un siècle. Ceux qui vivent en colonie ressemblent à des singes-araignées. Les solitaires font plus de deux mètres de haut. Ils sont lents, dangereux peut-être, et ne vivent jamais loin des lacs, des marécages ou des rivages. Un jour, je défierai l’un d’entre eux.

Les mutations sont intimement liées à notre propre disparition.

J’arrive à la source. Elle suinte d’un amoncellement de rochers moussus et forme un étang étal et glacé. J’aime m’y plonger. Flotter doucement dans cette pénombre liquide. Je n’ai pied nulle part. Seule ma tête dépasse de l’eau.

J’attends les esprits.

Au bout d’une demi-heure, les esprits apparaissent. Ils semblent toujours sortir de l’eau. Ce sont des petites formes phosphorescentes, de la taille de mulots, quelques-uns de rats, qui se déplacent au-dessus de l’étang. Cela m’a pris un peu de temps avant d’admettre que ces choses impalpables, de la matière dont sont faits les fantômes, doivent être considérées comme vivantes. Elles chantent aussi. Une onde très douce qui s’accorde au clapotis de l’eau. Je commence à comprendre leur organisation, leur liturgie aussi. Je ne sais pas si elles sont mortelles.

Peu après ma rencontre avec les éléphants, les spectres animaliers ont commencé à envahir la terre. Ils apparaissaient toujours en groupe, toujours en des lieux de guerre. Des baleines bleues ont balayé la Flotte Royale des États Non Laïques. Plus étrange, un essaim géant d’abeilles a détruit la ville de San Francisco. Des lions aux corps semblables à des saphirs aux eaux changeantes ont effacé la population de Nairobi. Il s'agissait exclusivement d’espèces disparues depuis des décennies.

Il n’y avait aucun fantôme de grands singes – les grands singes avaient été préservés.

Si l’apparition des ombres a relancé les intégrismes, elle a aussi accéléré la mise en place d’un processus de paix. Peu à peu, les revenants ont cessé de nous importuner.

Mais c’est depuis que l’espèce humaine a été effacée de la surface de la terre que ces fantômes-ci, ces fantômes d’êtres qui n’ont jamais existé, sont apparus.

J’ai vu des formes spectrales semblables à des tamanoirs géants. D’autres qui me rappelaient de monstrueux hérons à six pattes. D’autres encore qui auraient pu se faire passer, tant par la taille que par la finesse de leur structure, pour des cristaux de neige.

Je reste une demi-heure dans l’eau. Les choses forment parfois comme une couronne autour de ma tête. Une fois hors de l’eau, la combinaison se débarrasse organiquement de toute humidité. Je m’en retourne vers la maison.

Je n’ai jamais croisé de revenants appartenant à l’espèce humaine.

Avec mon couteau, j’entaille les arbres jusqu’à ce que leur sève suinte.

4.

La machine est sur la terrasse. Elle me cherche. Je me cache dans les herbes hautes de la clairière. La machine s’est fait une carapace hérissée de pointes. Lorsque je l’ai vue pour la première fois, j’ai ri. Enfin une surprise. La maison s’inquiète pour moi : elle n’est plus en mesure de produire d’autres machines, ma manie destructrice à leur encontre l’a donc conduite à en créer une plus résistante. Curieusement, celle-ci est aussi plus joueuse. Finalement, être mortelle la libère. Je bondis vers la boule carapaçonnée en agitant une hache capable de découper n’importe quel métal. La machine s’enfuit en zigzagant. Elle aurait pu deviner ma présence grâce à l’un de ses capteurs (chaleur, pulsation cardiaque, vision fractale…), j’apprécie qu’elle joue le jeu de la simple proie.

Peut-être aussi économise-t-elle son énergie.

Elle me sème.

Me voilà essoufflé sur la terrasse.

Si ma machine meurt, fera-t-elle fantôme ?

Ce serait une première.

J’ai la tête qui tourne.

Le souvenir fugace d’avoir pris une pilule rayée, puis de la poudre des rouges, pour oublier la prise de la rayée. Et créer des souvenirs parcellaires.

Vieux junkie, me dis-je avant de m’effondrer.

Des rires d’enfants. Un corps lové contre le mien. Chaleur de la peau. Des cheveux à l’odeur de dune. Le goût du sel sur la rondeur d’une épaule. Une main. Une main et une main minuscule. Une berceuse. Sa langue qui se fraie un chemin entre mes lèvres. Une femme donnant le sein. Des rires d’enfants et d’épouse mêlés.

Je suis debout sur la terrasse, en sueur. La machine ronronne à mes côtés. La hache a disparu. Mon corps produit des endorphines afin d’apaiser mon esprit. Je me souviens avoir fait trafiquer mon hypophyse lors du conflit dit des Cinq Suez. Mon cerveau peut produire de nombreuses drogues, mais aucune ne vaut les trois pilules. Un cliquetis sourd se fait entendre derrière moi. Je me retourne : le cerf blanc est là, debout sur ses pattes arrière. Sa ramure semble de feu tant elle scintille. Je tends la main. Touche son buste. Son poil est épais, rassurant autant que puant. Ce n’est pas un fantôme. Je souris. Il redescend sur ses quatre pattes puis s’en va, trottant. Il y a longtemps, j’étais un bon cavalier. Peut-on monter un cerf accédant à la posture verticale ?

Je m’endors. Un jour, il faudra que je mange quelque chose.

Je m’éveille. La machine a déposé un repas à côté de moi. J’avale le tout. Le soleil est haut. Je plisse les yeux. Une fumée au loin. En ligne droite. Venant du cœur de la forêt. Je penche la tête. J’entre dans l’armurerie pour récupérer deux couteaux que je porte en bandoulière dans mon dos. Auparavant, je me suis entièrement déshabillé. Je m’en vais dans la forêt, traquer ceux qui font du feu.

La machine reste au-dessus de la terrasse. Elle a peur de la forêt. Moi j’ai peur de la maison. Peur de dormir dans un lit.

La forêt est profonde. Je la traverse sans hésiter. Ceux qui font du feu ne peuvent pas être humains. Il n’en reste plus. Cette mort est le premier arbre de la forêt, disait Bashevis avant de se transformer en cadavre, trois semaines plus tard. Il a fondu. Littéralement. Sous mes yeux. Globalement, la majorité de la planète s’est consumée, une combustion intérieure dévorant les chairs en deux ou trois jours. Les plus chanceux ont fondu. Cela faisait une quinzaine d’années que la manipulation des codes génétiques avait dépassé son âge d’or. Nous pouvions presque tout faire. Créer de nouvelles espèces. Créer des programmes organiques destinés à créer de nouvelles espèces selon des modes volontairement anarchiques. Soigner l’ensemble des maladies. En engendrer de non soignables. Et bien évidemment faire muter tout ce qui existe déjà. Des papillons portaient sur leurs ailes des blasons publicitaires. Les champs arboraient des couleurs fantasques faisant office de marque déposée. Le monde était code, ADN et propriété privée. L’autre grande science en cours portait sur le développement des nanoparticules interventionnistes – régénération des cellules, robots biologiques d’une précision à jamais inégalée, création d’une soupe énergétique remplaçant avantageusement les énergies fossiles ou nucléaires… Puis tout cela s’est combiné hors des laboratoires. ADN et nanoparticules ont décidé d’une nouvelle direction pour les espèces. Des mutations sont apparues, tendant vers plus de complexité, plus d’intelligence.

Et les êtres humains se sont consumés. Ou ont fondu.

Nous sommes peu à avoir survécu.

Mais le feu ne peut être produit par des humains.

Ce sont des singes. Des grands singes. Leur espèce avait failli disparaître, nous les avons d’abord protégés, puis clonés, multipliés, arrangés aussi. Des petits frères si puissants, ouvriers débonnaires, militaires habiles, peluches géantes. Ils ont survécu.

Je les trouve enfin. Une famille. Huit, dont deux enfants. Ils savent faire du feu. Ils savent faire des outils. Ils savent enterrer leurs morts. Ils savent reconnaître leur image. Ils savent rire. Ils savent pleurer. Mais cela n’en fait pas des humains.

Ce qui caractèrise l’espèce humaine, c’est l’art avec lequel je manie mes armes.

Je ne peux tolérer que des mammifères reprennent notre route.

Je saisis mes lames, bondis au milieu d’eux. Leur peau est comme l’écorce des arbres.

Une nuit, j’ai rêvé que je parlais au fantôme d’un arbre. Lui aussi refusait de me répondre.

5.

Je suis sur la terrasse, couvert de sang. Une grande partie est celui des singes. Il manque trois doigts à ma main gauche. J’ai une plaie béante sur le flanc. Mes genoux et mes coudes n’ont plus de peau – j’ai donc dû ramper pour revenir ici. Je m’allonge sur le dos, inspire, respire, me calme. Puis donne l’ordre à mon corps de se réparer. J’aurais pu le faire plus tôt, mais cela aurait manqué d’honneur. Ma température passe de 36° 8 à 41. Les nanoparticules se mettent à l’œuvre. Ma chair brûle en se régénérant. Mes doigts repoussent. J’ai atrocement faim. Cela va prendre plusieurs heures.

Des papillons phosphorescents se posent sur moi. Leurs ailes battent à l’envers. Je tente de les saisir de ma main valide. Je crois que je veux en manger. Ma main les traverse. Les fantômes d’insectes se déplacent en nuées qui n’ont nullement le goût des océans. Ils ont plutôt celui de la de terre et des cendres. J’aimerais me fondre en eux, en guise d’enterrement.

Ils me veillent toute la nuit.

Le point de départ de l’épidémie a été parfaitement identifié. Nous touchions à l’immortalité. Nous avions inventé un virus se composant de nanoparticules intelligentes capables de régénérer l’adn des cellules. Les corps devaient s’autoréparer. Nous sommes cent cinquante à avoir servi de cobayes. Bashevis a tout de suite compris, lorsque l’un des scientifiques qui nous suivait est mort. Son corps s’est calciné en trois jours alors même qu’il était encore en vie. Un simple problème énergétique, a murmuré Bashevis. L’épidémie fut rapide. Nous avions été modifiés pour résister à ce virus. Les autres non.

Les hommes se sont consumés. Cela a pris moins d’une semaine. Sans prémices, sans cris, sans crise. Nous qui n’étions que bruits, sang et fureur, nous disparûmes en silence. L’espèce fut saisie d’effroi, puis effacée.

Ne restaient que les cent cinquante.

Un grand nombre de ceux-là ont fondu.

Je me souviens des rivages qui bordaient le centre. Le jour où Bashevis est mort, j’observais un troupeau de dauphins. Fantômes lustraux jouant dans les ressacs d’une mer couleur de vin. J’espérais encore que spectres et vivants coexisteraient. J’espérais encore que les humains réapparaîtraient sous forme d’esprits imitant la forme de l’eau.

Lorsque j’ai compris qu’il n’en serait rien, j’ai traqué les survivants.

Je ne les ai pas tous tués. Uniquement les hommes. Une longue traque. Des morts intéressantes : il fallait aller plus vite que cette peste qui les reconstruisait. Une femme m’a demandé pourquoi eux, pourquoi pas elles.

Pour éviter que nous ne recommencions. Pour éviter que nous ne nous reproduisions.

Je pourrais coucher avec toi, m’a-t-elle dit. Nos années sont infinies. Tu pourrais éprouver la solitude, ou encore la folie, ou oublier. Et alors tu pourrais coucher avec moi, ou avec l’une des autres. Qu’importe, ai-je précisé. Je suis stérile. Volontairement. De telle manière que rien ne puisse me réparer, ai-je ajouté. Nous sommes presque immortels, mais l’espèce est close, ai-je conclu.

Il existe, via les satellites, un système de comptage. Ces dernières années, j’ai vu les derniers points représentant les humains disparaître. Deux d’entre eux sont même venus me demander de les annihiler. Maintenant je suis le dernier.

Ma main est intacte. J’ai faim. La machine m’apporte à manger. Je lui plante un couteau ensanglanté en pleine carapace. Elle s’enfuit en zigzagant. Je me souviens des deux enfants singes. Je me lève, vais jusqu’à la pharmacie, gobe deux pilules rouges.

Il y a soixante-dix ans de cela, j’ai planté en lisère de la forêt cent cinquante chênes. Leur ADN leur fait croire qu’ils ont deux cents ans. Ils sont très beaux. Je sais leur avoir donné un nom à chacun. J’ai oublié lequel. Sacrée pilule rouge. Il faudrait que j’en prenne une verte pour m’en rappeler. J’ai de l’eau sur mon visage.

6.

Le cerf est sur la terrasse. Il se tient droit. Il pleut à verse. L’eau coule le long de son poitrail, dessinant des marbrures sombres. J’ai peur. Retrouver ce sentiment me plaît. Je crois qu’il me cherche : il se déplace sous les trombes d’eau, lentement, regardant à gauche puis à droite. Il me trouve, m’observe longuement, puis parle comme parleraient les arbres. Je ne sais rien de ce qu’il me dit. Soudain, il redescend sur ses quatre pattes et s’enfuit au galop. Mon cœur bat la chamade.

La machine ressort des herbes de la clairière : elle devient sauvage, s’émancipant petit à petit de la maison. D’une certaine manière, je fais son éducation.

Il pleut depuis deux mois. De nouveaux cycles saisonniers s’installent. Hier, un troupeau d’échassiers fantômes, à six pattes, a traversé la clairière. Ils se déplaçaient en file indienne, s’arrêtant les uns après les autres devant moi. Je voyais le paysage comme troublé à travers leurs corps. Leurs visages, situés à l’extrémité de longs cous burlesques, semblaient humains. Certains portaient des masques qui, ai-je fini par comprendre, se composaient de visages assemblés. Des visages momifiés d’animaux qui furent vivants. D’êtres non-fantômes. La classification devient compliquée.

Je suis retourné au cœur de la forêt, là où se trouve l’étang étal. J’ai perdu depuis longtemps ma combinaison de survie (promenade champêtre sous pilule rouge). Qu’importe, mon corps sait ajuster sa température. Je me suis baigné quatre heures durant. Ce n’est qu’à la troisième heure que ceux que j’appelle maintenant les lémures se sont formés au-dessus de l’eau. Dorénavant, je suis capable d’entendre le rythme de leur mélodie. Parfois, j’essaie de chanter avec eux. Grande est leur tolérance. Doucement j’ai regagné le rivage, me suis allongé et les ai laissés se poser sur mon corps. Un temps, j’ai scintillé en leur compagnie.

Puis j’ai avalé des pilules rayées.

Leur effet est aléatoire : parfois il se manifeste de suite, parfois il faut attendre plusieurs heures, parfois il ne se manifeste jamais.

Les pilules rayées étaient difficiles à trouver. Elles permettaient de vivre des vies qui n’avaient jamais eu lieu. Elles créaient des souvenirs fictifs d’une densité et d’une réalité impérieuse, laissant celui qui les avait rêvés dans la certitude absolue de leur réalité. L’apparition des stigmates a bien sûr posé quelques problèmes. Avoir le souvenir d’une amputation qui, en soi n’était jamais arrivée, et se réveiller réellement avec une jambe en moins en a laissé plus d’un perplexe. Pour expliquer cela ont été invoquées la force de persuasion de la psyché humaine, notre transformation via la chimie en dieux auto-procréateurs, ou encore l’apparition, grâce aux drogues, d’une brèche conduisant à notre échange, molécule après molécule, avec d’autres nous-mêmes, issus de mondes parallèles. 

Surtout, certains ont rêvé d’êtres qui n’existaient pas, et ceux-ci les attendaient à leur réveil. De chair et de sang, avec des souvenirs, des désirs, des projets, une âme sans doute, pour ceux qui croient aux âmes. Mais ces êtres ne vivaient au mieux que quelques heures, laissant néanmoins derrière eux des cadavres bien réels. Aucun théologien ne sut qualifier ce type de fantôme. Les pilules rayées furent interdites. Leur cote au marché noir devint merveille. J’en ai vendu beaucoup.

Maintenant je suis sur la berge d’un étang glacé, bercé par des fantômes minuscules et bienveillants.

J’attends. 

J’espère pouvoir vivre une vie qui n’a pas été. 

J’écoute les arbres, qui refusent de me parler.

J’aspire au souvenir des corps, des voix, des odeurs. 

J’aspire à être avant, ailleurs et un autre plutôt qu’ici, maintenant et moi-même.

Moi qui n’ai fait que tuer, j’aimerais être ému par ce qui ne m’a jamais ému : des rires d’enfants, un corps lové contre le mien, la chaleur de la peau, des cheveux à l’odeur de dune, le goût du sel sur la rondeur d’une épaule, une main et une main minuscule, une berceuse, une langue qui se fraie un chemin entre mes lèvres, une femme donnant le sein, des rires d’enfants et d’épouse mêlés.

Je ferme les yeux.

Tant de fantôme, et pas un seul d’être humain.

J’aurais pu aimer un fantôme. 

Ensemble, nous aurions eu des filles mystérieuses comme des orchidées, des garçons beaux comme des filles et leurs vies très longues auraient été des puits d’émotions vives. Ils auraient su parler aux morts et nous auraient bercés de leur chant.

Je suis le dernier des hommes. 

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12/01/2021, 12:13

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Les voeux du Syndicat des éditeurs passent des chocolats à la soupe

L’année 2021 commencera avec la traditionnelle présentation des vœux du Syndicat national de l’édition. Mais, contraintes sanitaires obligent, ils se dérouleront par internet — et en visioconférence avec l’interview réorganisée de son président, Vincent Montagne. Pour nombre de librairies, subitement invitées à cette Grand-Messe, quelque chose cloche. Simple : un télescopage entre le syndicat patronal et le média le moins indépendant de la profession.

28/12/2020, 17:55

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“Une petite page pour l’Homme, une grande page pour l’Humanité” : Joyeux Noël 

Au terme d’une année pas vraiment conciliante, les fêtes vécues sous contrainte, à l’image des mois passés, apportent un petit souffle. L’occasion pour toute la rédaction de vous les souhaiter excellentes – autant que faire se pourra. En tout cas, de partager avec chacune et chacun un moment pour remercier nos lecteurs de leur présence, à nos côtés.

24/12/2020, 23:59

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Corona Papers : Écriture virale

Je m’appelle Corona Typewriters. Et je m’apprête à subir Noël. Un de plus dans la longue liste des années déjà encaissées sur ma tôle toute cabossée. Pour l’heure, mon maître-écrivain est sorti de sa quarantaine. Rassurons-nous. Il n’est pas question de virologie en l’espèce. Plutôt d’une léthargie éditoriale. D’une quarantaine littéraire. 

21/12/2020, 08:00

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Noël coquin : 4 BD érotiques à mettre sous le sapin

Cette année, beaucoup ne fêteront pas Noël en famille en raison du COVID-19. C’est l’occasion d’offrir une BD sexy à son amoureux ou son amoureuse ! Voici notre sélection des bandes dessinées pour adultes à mettre sous le sapin. Comics, mangas, romans graphiques, la BD érotique conjugue fantasmes et divertissement. A travers un dessin les auteurs et autrices font monter la température. Il y en a pour tous les goûts : BD historiques, de science-fiction, sadomasochistes ou sur l’intimité des couples.

18/12/2020, 09:55

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Les impôts contre les papillons : auteur, contribuable comme un autre

Récemment, Christophe Hardy, président de la Société des Gens de lettres, élu en mai dernier, a fait vrombir. Fin novembre, le ministère de la Culture exposait les conclusions de la mission Fiscalité, touchant aux revenus des artistes-auteurs. Pour les facturations qu’un auteur peut effectuer, une zone grise manifestement confortable existe — arrangeant certains, en dérangeant beaucoup d’autres. Frédéric Maupomé, écrivain et scénariste intervient ici en réponse à la tribune et aux étonnants propos du président de la SGDL dans Livres Hebdo.

12/12/2020, 10:33

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Elena Ferrante et les 40 coups de bâton pour 20 Minutes, Figaro, RTBF

Les cons d’Audiard avaient cela pour eux qu’on les reconnaissait à leur audace sans borne : il en apparaît une espèce plus sournoise, celle dont le sentiment d’impunité, — doublé d’un « on sait jamais sur un malentendu ça peut passer » — sévit sur la toile. On l’appelle également la race des « vas-y on s’en fout », au prétexte que sur internet, personne ne vous entend crier.

10/12/2020, 09:46

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Dans quelle France empêche-t-on des enfants hospitalisés de lire ?

Lors de son allocution du 28 octobre, Emmanuel Macron indiquait que le pays replongeait : d’abord dans la pandémie, ensuite dans les contaminations, enfin dans le confinement. Triple peine. Une nouvelle salve douloureuse pour les citoyens, après l’accalmie estivale. Mais il fallait préserver le milieu hospitalier d’une crise approchant.

18/11/2020, 16:48

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Livres et librairies : tout et son contraire, pourvu que l'on parle fort

Oui nous sommes confinés. Tentons de ne pas être des cons finis. Le débat a fait rage, le lobbying fut actif. Résultat des courses ? Tout le pays a la nette impression qu’en France on ne peut plus acheter de livres. Il n’y a rien de plus faux. En revanche, ô infortune, il nous faut fournir plus d’efforts pour les obtenir. Las ! n’est-ce donc que cela ?

05/11/2020, 10:04

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Comprendre l'Europe par les livres : l'Institut Delors et ActuaLitté s'associent

L’Institut Jacques Delors, think tank européen fondé en 1996 par l’ancien Président de la Commission européenne Jacques Delors, et ActuaLitté, magazine littéraire en ligne créé en 2008, s’associent dans le cadre du prix « Mieux Comprendre l’Europe ». Ce dernier récompense depuis 2009 les auteurs dont les ouvrages sont de véritables outils pédagogiques, notamment pour les jeunes, pour mieux appréhender les fondements de l’Europe.

25/08/2020, 11:00

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Écoles, bibliothèques : Hong Kong soumise à la censure chinoise

Le mois de juillet avait à peine posé ses valises que l’on apprenait comment Hong Kong vacillait sous le poids de la Chine. Une loi sur la sécurité nationale entraînait la disparition de plusieurs ouvrages — trop axés sur les questions de démocratie. Les bibliothèques, lieux de diffusion de savoir par excellence, devenaient les premières victimes du pouvoir de Beijing.

18/07/2020, 12:27

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Diffamation : les excuses du SNE à ActuaLitté

Suite à la propagation, d’origine indéterminée, sur les réseaux sociaux d’une vidéo filmée lors de l’Assemblée générale du Syndicat national de l’édition, plusieurs articles ont été publiés sur ActuaLitté. Le Syndicat avait alors vivement réagi sur son compte Twitter, alléguant que notre média avait eu recours à « un procédé illégal ». 

10/07/2020, 10:00

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Corona papers : la complainte de la machine esseulée

Je m’appelle Corona Typewriters. J’ai allégrement franchi le seuil des 80 ans. Je suis donc un sujet à risque. Un sujet d’écriture. Et je subis la triple peine. Trop âgée, retranchée dans les confins d’un bureau désespérément vide, ostracisée sous mon propre toit du fait de mon nom. 

25/04/2020, 11:05

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L'éthique de la papaye - à quoi sert un auteur en temps de guerre ?

Je ne sais à quoi peut servir un auteur par temps de guerre. Mais ce dont je suis certain, c’est qu’il peut, par exemple, se sentir légitime à « l’ouvrir », si dans son parcours, un « quelque chose de ses rencontres », l’expérience « d’un ou une autre » dans un « ailleurs et autrement », peuvent être versées à la compréhension, à la progression commune des choses.

04/04/2020, 09:48

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Les libraires indispensables à la vie de la nation ? Les morts ne liront plus

BILLET DE MAUVAISE HUMEUR – Ce matin, le ministre de l’Économie a abordé l’éventualité de la réouverture des librairies, qui désormais redeviendraient indispensables à la nation. Je ronge mon frein depuis lors, je suis une grognarde. L’ « on » voudrait donc que les librairies réouvrent. « On ». Qui « on » ? Les libraires ? Les lecteurs ? Les éditeurs ? Les auteurs ? Le ministre de l’Économie ? Celui de la Culture ? Les journalistes parisiens qui s’intéressent soudainement au sort de la librairie indépendante ? Alors qu’ils reçoivent leurs livres sur leur bureau sans devoir y mettre les pieds habituellement ?

19/03/2020, 15:55

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Stratégie Colibri : Achetez des livres plutôt que du PQ

BILLET D'HUMEUR - Oui le titre est cynique. OK. Nous voyons tous plus ou moins combien nos vies vont être bouleversées ces prochains jours. Que les plus débonnaires, ou carrément égoïstes, continuent à faire comme si de rien n’était. Que les plus inquiets cèdent aux cassandres télévisuelles avec des réactions quelque peu saugrenues. Que les plus sensés se demandent effarés ce qui est en train de se passer. Que les plus honnêtes essaient de se préparer avec un minimum de calme, mais à quoi ?

14/03/2020, 14:00

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OVH et VadeSecure : le règne des imbéciles machines spamsophiles

Depuis maintenant quelques jours, ActuaLitté est privé d’un outil très prisé : sa newsletter. Envoyée à plusieurs dizaines de milliers d’inscrits, cette epistole ne faisait de mal à personne – voire, nous avons la faiblesse de le croire, servait à certains. Chaque matin, à 4 heures, elle partait sans un bruit et atterrissait dans les boîtes mail. Enfin… ça, c'était avant le drame.

30/12/2019, 16:38

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Sapin, paquet, famille : Joyeux Noël à toutes et tous

Que l’on prône la décroissance ou la consommation raisonnée, que l’on ait des convictions politiques ou un ras-le-bol généralisé, que l’on ait été gréviste ou emmerdé, que l’on ne soit rien de tout cela et un peu de tout pourtant, alors… reposez-vous. S’il y a bien une journée dans l’année où chacune et chacun ont droit à un peu de calme, c’est le 25 décembre.

24/12/2019, 23:59

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Au royaume des trophées de l'édition, l'éborgné-roi

Grande première que cette soirée du 10 décembre : les premiers trophées de l’édition étaient décernés, pour saluer le travail des éditeurs. Dix catégories pour évaluer l’investissement de chacun, et trois prix spéciaux qui découlaient des votes des abonnés de Livres Hebdo. Le magazine historique de l’industrie prenait l’initiative d’une cérémonie de récompenses.

11/12/2019, 08:57

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Fréquentation : on s'en “chiffres” de tes “crisse”

CARNET DE BORD – 18 litres de café, plus ou moins allongés, auront suffi à lutter contre le décalage horaire. Les quelques bières échangées dans des micro-brasseries auront plutôt eu l’effet inverse. C’est dur, un salon, on ne se rend pas compte… 2019, dernière année à la place Bonaventure, il s’est cependant passé quelque chose : dans l’ambiance, dans les ventes, dans les allées… Vraiment...

24/11/2019, 14:26

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Brioche à la cannelle : c'est angry birds chez les libraires

CARNET DE BORD – La neige a déserté les rues de la ville ; de nuit, les fenêtres illuminées semblent des étoiles qui observent les passants. Le salon vit, bouge, le flux de visiteurs ne discontinue pas, familles, curieux, adolescents. On jase. Et d’un stand à l’autre, on jase aussi, même des sujets qui fâchent.

23/11/2019, 16:21

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Poutine gratuite : régalons-nous, encore, encore, encore, encore

CARNET DE BORD – « T’aimes-tu pas quand c’est gratuit ? » Cette phrase anodine s’est accrochée à mes basques dès le premier jour. Et de couloirs en escalators, dans les allées du Salon du livre, je l’ai traînée : au moindre café, à chaque rencontre, elle s’étalait, criante de vérité. Comme une serpillère dont personne n’aurait osé contester l’usage.

22/11/2019, 15:33

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Politique du cookie au beurre de cacahuète, ou la francophonie vue de Paris

CARNET DE BORD – Montréal, jour 1 et demi. Partir à la découverte d’un pays étranger implique dès les premiers pas de s’identifier aux autochtones. Pour ce faire, il importe de disposer des mêmes solutions de transport que les habitants. En l’occurrence une carte OPUS, vendue pour quelque 26 $ CA, avec une durée d’une semaine — bus et métro. Mais encore faut-il savoir se servir du réseau routier et ferroviaire.

21/11/2019, 13:03

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Montréal : sous les pavés et les livres, la neige

CARNET DE BORD – Allez, les grandes destinations appellent de grandes réflexions : en décidant de tenir une forme de carnet de bord de ce salon 2019 de Montréal, plusieurs points plaidaient favorablement. D’abord, ce sera la dernière édition place Bonaventure — quand le salon de Paris a tant de mal à contenir l’hémorragie et se réduit comme peau de chagrin depuis 10 ans, celui de Montréal franchit le cap et prend un nouvel élan. On sait ce que l’on quitte, pas ce que l’on trouve, évidemment.

19/11/2019, 21:50

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Les Konbini ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît...

Ah, quelles joies et merveilles que celles de la camaraderie journalistique sur l’internet : la libre circulation de l’information, le partage des idées, les échanges de point de vue et… les copier-coller. Véritable plaie du net, cette vilaine manie de croire que personne ne vous verra plonger la main dans le pot à cookies donne évidemment envie de citer du Audiard…

16/08/2019, 13:47

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Musique classique et opéra : SoClassiQ, une encyclopédie vivante

Lancement de soClassiQ, une plateforme de nouvelle génération, offrant aux esprits curieux et mélomanes chevronnés un accès gratuit à l’ensemble du répertoire de musique classique et d’opéra. Avec l’Intelligence Artificielle et la Data Science, soClassiQ met la musique classique à la portée du plus grand nombre et se positionne comme le site de référence en la matière.

24/11/2018, 12:17

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Décès de Jean-François Gayrard, fondateur des éditions Numériklivres

Salope. Salope de mort imbécile. Tu viens de nous rafler un type exceptionnel – dans le bon comme le pire. Fondateur des éditions Numériklivres, Jean-François Gayrard vient de décéder. Un AVC. Merdre.

28/09/2018, 16:16

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Walrus s'arrête, et disparaît un (sacri) pan de l'édition numérique française

Les liens qui unissent ActuaLitté à la maison Wlarus sont composés de bien plus que des livres : ce sont des discussions jusqu’à des heures indues, devant des plateaux de fromages interminables, accompagnés de bouteilles de vin (ou de whisky...) qui alimentaient les longues et passionnantes conversations. Si, si, nous sommes peut-être faits de bois, mais faut tout de même irriguer... 

13/06/2018, 14:10

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Lapsus de clavier chez Québecor, ou le QMI lingus

Les déclarations du patron de Hachette Livre ont beaucoup intéressé la presse : « L’ebook est stupide », voici bien quelque chose de fracassant. Et fort logiquement, l’interview diffusée par le site Scroll.in a attiré l’attention. Mais toutes les rédactions ne sont pas égales devant l’information.

23/02/2018, 14:49

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Excellente année : nous faisons un métier formidable, on pense à vous

Pas de nouvelle année sans grands travaux qui débutent. Chez ActuaLitté, nous avons entamé une première phase pour offrir une meilleure interaction sur les articles. En clair, nous avons dégagé l’outil Disqus pour les commentaires, qui devenait pesant – au propre comme au figuré – pour aboutir à une solution totalement intégrée. 

17/01/2018, 11:52

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C'est Noël : Partir à la découverte de Paris et ses secrets

Paris, ses ruelles, ses histoires, ses îles qui, infatigablement flottent, mais ne coulent pas… Ses architectures plurielles et ses catacombes mystérieuses, ses quartiers insolites et ses petits secrets… Bref, tant à découvrir, à apprendre et à lire, surtout. Voici qui tombe bien : comme les fêtes approchent, on vous fait des cadeaux. Plein de cadeaux. À la rédaction, c’est plaisir d’offrir, joie de recevoir ! 

16/12/2017, 14:56

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C'est Noël : au pied du sapin, de merveilleuses histoires !

Pour Noël, le livre sera une fois encore le cadeau le plus offert – et très probablement celui qui sera le plus revendu juste après, pas besoin d’attendre la traditionnelle étude... En cette époque de marrons glacés, ce marronnier ne manquera pas d’exciter les rédactions. En attendant, des livres, on vous en offre. Plein !

15/12/2017, 19:05

Autres articles de la rubrique À la loupe

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“La responsabilité sociale et environnementale est au cœur de notre projet”, Éditions Leduc

Les éditions Leduc viennent de communiquer un détail, non exhaustif, de leurs engagements écoresponsables, « mis en pratique depuis des années maintenant ». Et d’ajouter : « Comme toujours, ce sont tous nos services et chacun de nos salariés qui portent individuellement et collectivement ces engagements. » Le texte est proposé dans son intégralité.

25/02/2021, 09:54

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Recherche universitaire : une “police de la pensée” bientôt à l'oeuvre ?

Quand les situations économiques et sociales des étudiants et des universités frisent la catastrophe, les responsables politiques évoquent l'« islamo-gauchisme » qui orienterait de nos jours la recherche universitaire. Un concept aux contours flous, adopté par Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin et désormais Frédérique Vidal, dont la Ligue des Droits de l'Homme pointe la dangerosité. Nous reproduisons ci-dessous le texte que nous a fait parvenir l'organisation.

23/02/2021, 15:01

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Étudier la Shoah en Pologne et risquer un procès en diffamation...

Pour défendre la liberté d’expression et exprimer sa solidarité avec les professeurs et historiens Barbara Engelking et Jan Grabowski, le Centre PEN suisse romand interpelle le président de la République de Pologne. L’organisation fait part d’une grave inquiétude au sujet du procès en diffamation contre ces deux chercheurs de renommée internationale et co-auteurs d’une publication intitulée Night without End (Plus loin, c’est encore la Nuit) et publiée en 2018.

23/02/2021, 10:04

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Le PEN Club français condamne les violations évidentes des droits humains par le Maroc

Le jeudi 28 janvier dernier, l'historien et intellectuel Maâti Monjib a été condamné à un an d'emprisonnement, jugé coupable de « fraude » et d'« atteinte à la sécurité de l'État ». Un verdict qui survient plusieurs années après le début du procès en question, ouvert en 2015, et qui évoque une « mesure arbitraire » au PEN Club français. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, le texte diffusé par l'organisation.

22/02/2021, 16:44

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italien, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Biélorussie : créateurs, artistes, auteurs “particulièrement visés par la répression“

Depuis plusieurs mois, la Biélorussie traverse une forte période d'instabilité politique : si le président Alexandre Loukachenko a été réélu en août 2020, une partie de la population conteste les résultats de cette élection. Et, plus largement, dénonce le climat liberticide dans le pays. Le PEN Club français témoigne de sa solidarité avec les manifestants, et en particulier les créateurs et artistes, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

19/02/2021, 11:19

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L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

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Tribune : lettre ouverte à “Mon Amie L'Urssaf“

« Tu dois fredonner Dalida chaque matin au petit déj, mon Amie (cf : Paroles paroles) À l'autre bout du téléphone, l'AA (cf : Artiste Auteur) songe à se reconvertir. Moine Bouddiste ou Sado Maso ? Macramé ou bilboquet ? On hésite. » Virginie Jouannet est écrivaine et dépend du statut Artiste Auteur. Dans son texte que nous reproduisons ici en intégralité, elle évoque un quotidien fait d'infinies mésaventures administratives. 

17/02/2021, 12:06

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Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

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Territoires, collectivités et culture : “On ne peut plus attendre”

L’urgence se dessine. La Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC) alerte le gouvernement, alors que l'été se profile.... et que, déjà, des festivals annoncent l’annulation de leur édition 2021. Le désarroi s’ancre dans le monde des arts et de la culture. Une colère légitime grandit. Dans un tribune, la FNCC demande instamment à Roselyne Bachelot d'être reçue, et entendue. Leur texte est ici diffusé dans son intégralité.

16/02/2021, 11:37

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Rustica et Système D interpellent leur PDG, Vincent Montagne

Le groupe Lagardère n’est pas seul à s’interroger sur le devenir de ses médias. Au sein de Média Participations, groupe éditorial comptant plusieurs magazines et présidé par Vincent Montagne, certaines structures tirent la sonnette d’alarme. En effet, la direction du magazine de jardinage Rustica et du magazine de bricolage Système D a décidé de contraindre ses journalistes à accepter des tâches publicitaires ou de « placements de produits ».

12/02/2021, 12:27

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Droit de réponse d'Emmanuel Pierrat : des accusations “diffamatoires” et “grotesques”

Suite à un article publié le 8 février dernier, qui évoquait le dépôt d'une plainte pénale par le PEN Club français contre son ancien président, Emmanuel Pierrat, ce dernier a fait parvenir un droit de réponse à la rédaction d'ActuaLitté. Nous le reproduisons ci-dessous, dans son intégralité. Emmanuel Pierrat avait pourtant été contacté, préalablement à la publication de l'article en question, mais n'avait pas donné suite.

09/02/2021, 16:35

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Ankama, c’est aussi de la bande dessinée

RENCONTRE – Ankama Éditions fête ses quinze ans cette année. Occasion de revenir sur une initiative éditoriale née un peu par hasard. Ankama, c’est avant tout des jeux vidéo en ligne, mais aussi des livres. Si la société roubaisienne est toujours associée à Dofus, elle s’est aussi fait une place dans le monde de l’édition, et plus particulièrement de la bande dessinée, en une quinzaine d’années. 

09/02/2021, 13:06

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Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

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Moniteurs étudiants : entre la “procédure” et la “bienveillance", Paris 3 balance

Ce mardi 2 février, les moniteurs étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe, rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, débrayaient une nouvelle fois, accompagnés par des bibliothécaires permanents et des professeurs de l'université. Alors que la crise sanitaire frappe de plein fouet les étudiants, ils réclament le maintien de leur rémunération en cas de confinement et de fermeture de l'établissement. Une partie du personnel de la bibliothèque les soutient et réclame plus de moyens.

05/02/2021, 17:41

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Gabriel Matzneff publie Vanessavirus, son ultime livre

EXCLUSIF – Ce mois de janvier ne manque définitivement pas de rebondissements : alors que le titre de Camille Kouchner, La familia grande, vient de sortir en grand format, sa parution fait écho à la sortie en poche du Consentement, l’ouvrage de Vanessa Springora. L’éditrice avait dénoncé avec force les actes de Gabriel Matzneff, et toute la complaisance autour du personnage. Quelque peu oublié des médias, l’auteur n’a pour autant pas quitté la plume. Et s'apprête même à publier son prochain titre, Vanessavirus.

02/02/2021, 09:30

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Édition : “Le livre et la revue de théâtre souffrent actuellement”

Plusieurs marchés du livre dans le monde, notamment anglophones ou européens (en partie), font petit à petit état d'une année 2020 pas si catastrophique, économiquement parlant. On ne le répétera toutefois jamais assez : un chiffre d'affaires global masque de fortes disparités, notamment selon les tailles des maisons d'édition. Ou les secteurs : 12 maisons d'édition de théâtre alertent ainsi sur leur situation, et celle du livre et de la revue de théâtre. Leur texte est reproduit ci-dessous, en intégralité.

29/01/2021, 10:00

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Financement, structure, Livre Paris : les Grandes espérances 2021 du SNE

Livre Paris 2020 compte parmi les premiers salons victime de la crise sanitaire. Pas de manifestation pour la capitale française, et pas de revenus pour le Syndicat national de l’édition, coorganisateur avec Reed Expositions France. Au cours des dernières semaines, les messages promotionnels n’ont pourtant pas manqué, rassurants ou tentant de l'être. Ainsi, la programmation se dévoile pour partie : l’Inde reste le pays à l’honneur, quand le monde d’après servira de fil rouge à l'ensemble. 

27/01/2021, 16:20

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Auteurs : des “pratiques injustes et inéquitables”

Le ministère de la Culture et des Communications du Québec procède actuellement à une consultation en ligne sur la révision des deux lois sur le statut de l’artiste. Dans son mémoire déposé aujourd’hui au ministère, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) affirme que la loi qui régit le statut des écrivain·e·s est injuste, inéquitable et inapplicable, et revendique un nouvel encadrement législatif. L'association accompagne son intervention d'un texte reproduit ici dans son intégralité.

26/01/2021, 13:06

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FIBD d'Angoulême : “[N]ous avons plutôt le sentiment d’être exemplaires”

Un an après le dévoilement du Rapport Racine, destiné à améliorer la condition des artistes-auteurs, le collectif Artistes Auteurs en Action (AAA) levait le poing et appelait à un boycott du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD). L'organisation pointait le manque d'engagement politique et d'effets, après ce rapport, mais critiquait aussi la posture du FIBD. Franck Bondoux, délégué général de la manifestation, leur répond dans un texte, reproduit ici dans son intégralité.

26/01/2021, 09:28

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Et si se remettre à lire était aussi génial qu'arrêter de fumer ?

Personne n’a raté l’intervention du ministre de la Santé : avec l’arrivée du variant britannique – qui n’a rien d’un patient anglais – se profile un reconfinement. Ces mesures durcies, en regard d’un couvre-feu déjà plombant, résonnent avec les propos de décembre dernier : nous étions avertis. Alors, comment préparer cette prochaine période de disette, quand on a abandonné la lecture ? Aujourd’hui, petit traité d’optimisme.

22/01/2021, 17:26

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“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

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Secret défense : une classification d'archives sans limite de temps ?

Depuis un an, l’association des archivistes français se bat pour faire la lumière sur les archives classées Secret défense. En cause, l’avenir des documents, pour lesquels l’AAF demande une déclassification. L’association vient d’entamer une nouvelle procédure, en déposant un recours au Conseil d’État « contre la nouvelle version de l’IGI 1300 et pour l’accès aux archives selon les termes de la loi ». Leur tribune est diffusée en intégralité ci-dessous.

20/01/2021, 11:51

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Droit de réponse d'Emmanuel Pierrat : “J'ai choisi de ne pas briguer un second mandat" au PEN

Suite à la publication d'un article, le 14 janvier dernier, consacré aux accusations du PEN Club français portées à l'encontre de Me Emmanuel Pierrat, ancien président de l'organisation de défense de la liberté d'expression des auteurs, ce dernier a fait parvenir à ActuaLitté un droit de réponse. Il est publié ci-dessous en intégralité.

19/01/2021, 09:37

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Conspiration des imbéciles ? Amazon, accusé à son tour : Apple s'esclaffe

Amazon paierait-il enfin sa position dominante sur le marché du livre – numérique, papier ou audio ? En tout cas, l’histoire semble vilainement se répéter alors que le vendeur et cinq groupes éditoriaux américains sont accusés d’entente. La même procédure que celle endurée en 2013 par Apple entraînera-t-elle les mêmes effets ? Ou dévoile-t-elle une vaste fumisterie en matière de droit ?

18/01/2021, 12:16

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Prix des livres : avertissement sans frais des libraires belges aux groupes français

Au 1er janvier 2021, le prix unique du livre arrivait enfin en Belgique. Des années de combats, avant d'obtenir un texte de loi, et un échelonnement au terme duquel la tabelle allait disparaître. Finie, donc, cette excroissance économique, qui conduisait un livre vendu à Bruxelles à se retrouver plus cher qu'à Lille. Pourtant, quelques problèmes tarifaires demeurent...

14/01/2021, 16:57

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Lisimachio, le PDG de Hachette Livre qui voulut racheter Amazon

Jean-Louis Lisimachio a laissé une profonde empreinte sur le groupe Hachette Livre, qu’il quitta brutalement en mai 2003. Depuis, il vit quelque part entre les massifs alpins et Nice, « désintéressé de ce qui concerne l’édition et au courant de tout ». Ses anciens collaborateurs décrivent une personnalité fascinante, admirée ou haïe. Incontestablement, l’ex-PDG de Hachette filiale de Lagardère, avant qu’elle ne soit renommée Lagardère Publishing, a marqué plus que son époque. Une figure d’autant plus intrigante qu’elle ne frayait pas avec le gotha littéraire, bien au contraire.

14/01/2021, 14:20

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Hélène Gaudy : une écriture, un abri

PORTRAIT – Chaque année, l’association de libraires Initiales édite un texte inédit d’un écrivain, dont le travail est suivi pas à pas. Avec le projet de mieux le ou la faire connaître à leurs lectrices et lecteurs. Hélène Gaudy a trouvé sa place naturellement et a offert le texte Névés. Née en 1979 à Paris, elle a étudié à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Autrice de divers articles et nouvelles parus dans des ouvrages et albums collectifs ou des revues, elle a également publié des romans et albums pour la jeunesse et des livres d’art. Elle est membre du collectif Inculte et vit à Paris. 

12/01/2021, 11:07

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La chaîne du livre face à la crise sanitaire, dans neuf régions françaises

Dès le début de la pandémie, les agences régionales du livre ont conseillé les acteurs concernés, mais se sont aussi lancées dans des consultations, pour rester au plus près des besoins. La Fédération interrégionale du livre et de la lecture propose une synthèse des actions et réactions du monde du livre, dans neuf régions françaises, au cours de la tumultueuse année 2020.

11/01/2021, 16:50

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Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

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Pour 2021, on peut aussi croiser les doigts

« J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot… » Peut-être notre époque nécessite-t-elle un peu plus d’un mot unique pour accomplir de fantastiques périples. Parce que les sollicitations ne manquent pas, dès lors qu’internet propose un foisonnement d’œuvres, autant qu’une multitude de raisons de faire autre chose que lire. Pour autant, que cette année 2021 soit placée sous des augures de Balzac ne fera de mal à personne… Sauf qu'il n'est pas seul à prophétiser.

01/01/2021, 18:42

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Utopia, Mauvais Livres et FVE : trois éditeurs nés pendant la pandémie

Ouvrir une maison d’édition pendant la pandémie ? Ce qui pourrait sembler un pari complètement fou est devenu une réalité pour trois maisons d’édition italiennes. Et la surprise… c’est que ça marche. Utopia, Mauvais Livres et FVE : voici les noms de trois maisons d’édition, situées dans deux villes différentes — Milan et Rome — et qui, malgré des identités très spécifiques, ont beaucoup de choses en commun : toutes les trois indépendantes, elles ont débuté leur activité pendant le confinement, et, depuis leurs premières parutions, ont rencontré un bon succès auprès du public.

30/12/2020, 16:15

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Les Yeux qui pétillent : la jolie promesse d’une librairie valenciennoise

En septembre dernier, Céline Dereims a ouvert une librairie généraliste et indépendante, en plein cœur de Valenciennes. Baptisée Les Yeux qui pétillent, celle-ci a vu le jour dans le cadre d’une reconversion professionnelle, savamment conjuguée avec une passion de longue date pour la lecture.

28/12/2020, 10:04

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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Book d’Oreille, une nouvelle voie pour le livre

PORTRAIT – Passionné par le son, par la voix et par la littérature, Olivier Carpentier poursuit depuis 2009 une entreprise de développement du livre audio. Le Lillois se considère comme un libraire indépendant. Sa société Book d’Oreille propose aujourd’hui une nouvelle solution pour le prêt numérique de livres audio, à destination des bibliothèques et médiathèques.

24/12/2020, 11:08