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Angle mort offre Le Premier arbre de la forêt, nouvelle de Jean-Luc André d’Asciano

Angle mort, en version française, Blind spot, sa consoeur en langue anglaise, sont deux revues dédiées à la littérature de genre. Science-fiction, ou science spéculative, et toujours des textes à la recherche de l’Homme et de son univers.

Le 19/09/2016 à 10:02 par La rédaction

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Publié le :

19/09/2016 à 10:02

La rédaction

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ActuaLitté

En partenariat avec Angle Mort, ActuaLitté propose de découvrir la nouvelle de Jean-Luc André d'Asciano, Le Premier arbre de la forêt, publiée donc dans Angle Mort 11 et traduite en anglais par Sheryl Curtis pour Blind Spot 1, les deux revues parues le 22 juin 2016. Brève biographie de l’auteur.

Jean-Luc André d’Asciano dirige une petite maison d’édition, l’œil d’or, avant tout consacré à l’architecture et aux arts de la scène, mais où il publie aussi des romans, notamment de Iain Banks. Après un premier recueil de nouvelles (« cigogne » aux éditions Serge Safran) peuplé de personnages étranges à la lisière du fantastique, « le premier arbre » s’attaque au futur proche, ou l’humanité s’est fourvoyée dans la technologie sans garde-fou et dans la guerre totale. Un texte sombre mais non dénué d’espoir qui renouvelle intelligemment le paysage post-apocalyptique.

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Le Premier arbre de la forêt

1.

Cette mort est le premier arbre de la forêt.

Je me souviens encore de cette affirmation de Bashevis : lui-même s’est transformé en cadavre moins de trois semaines plus tard. C’était il y a plus de cent-vingt ans, mais ce souvenir est aussi net et douloureux qu’une plaie sur une peau à vif.

À moins qu’il ne s’agisse d’un effet des pilules.

Je suis sur la terrasse. C’est le matin, le brouillard efface le monde. Des formes en surgissent, contours mouvants, comme en respirations. Puis je distingue la lisière de la forêt. Je suis sur la terrasse. Une machine ronronne à mes côtés. Le soleil se lève enfin, dissipant le blanc de la brume. Je contemple la forêt : des chênes immenses, plusieurs fois centenaires.

Je les ai vus grandir.

Entre la terrasse et la forêt, une clairière. C’est la machine qui l’entretient. Elle m’accompagne depuis longtemps, aussi j’ai de l’affection pour elle. J’attends sa mort avec impatience. Là-bas, entre les arbres, quelque chose bouge. De lent. De puissant.

Un cerf.

Un cerf au pelage blanc, à la ramure immense.

Il s’avance en silence. Droit vers moi. Il me regarde.

Ce n’est pas la première fois.

De ses oreilles partent de longs poils blancs, emmêlés, drus. J’y distingue des formes opaques – tiques, excroissances de chair, mutations. Je ne sais.

Il est beau.

Il s’arrête. Ses yeux sont noirs, immenses, froids et bienveillants. Ou plutôt, absolument non humains, donc bienveillants.

Ses bois luisent doucement. Une incandescence qui me conduit à cligner des paupières.

Moi qui suis humain et nullement bienveillant.

Je le mets en joue.

Mon fusil est efficace.

Le cerf me contemple, puis se lève sur ses pattes arrière. Le voilà dressé, démesuré, culminant avec ses bois à plus de trois mètres.

Il émet des sons gutturaux, très sourd. Je me dis qu’un arbre, s’il devait parler, parlerait ainsi.

Le cerf se remet sur ses quatre pattes, puis s’en va, me tournant le dos. Il me laisse seul.

Bien évidemment je ne tire pas, je pleure.

La forêt est immense, et les morts multitudes.

Les arbres ne parlent jamais.

2.

Je suis sur la terrasse. Le soleil est à son firmament. L’herbe de la clairière est brûlée. La machine ronronne à mes côtés. Elle m’accompagne depuis longtemps. Si j’ai de l’affection pour elle, j’attends sa mort avec impatience. Là-bas, entre les arbres, quelque chose bouge.

Le cerf blanc.

Le mouvement de ses pattes, la manière dont il pose ses sabots fendus sur le sol, tout cela est d’une élégance rare. Sa marche est une cérémonie. Il vient droit vers moi, s’arrête à mi-chemin, se dresse sur ses jambes arrière.

Mon fusil est efficace.

Je vise.

Je tire.

Rien ne se passe.

Le cerf redescend sur ses quatre pattes, me regarde en m’excluant, se retourne puis s’en va.

Je hurle. Je tire à nouveau, plusieurs fois. Toujours rien. Je jette le fusil, court dans la maison, ouvre l’armurerie. J’y trouve un lance-missiles. Retourne sur la terrasse. Sa mire infrarouge me permet de retrouver l’animal. Je presse la détente. Rien. Long hurlement de rage. La machine flotte à quelques mètres de moi, en attente. Je lui demande des explications.

Vous avez donné l’ordre de neutraliser définitivement les armes. 

Quand…

Il y a 67 jours, neuf heures, six minutes…

J’annule cet ordre.

C’est un ordre prioritaire, non annulable. Vous vous êtes aussi adressé un message à vous-même avant de prendre une quantité non recommandée de pilules rouges. Le message est…

Je ramasse une cognée de bois et me dirige vers la machine. Je la frappe une première fois, puis une deuxième. Je la frappe sans cesse. Je la réduis en bouillie. Je cours dans la clairière en hurlant, agitant toujours la cognée de bois.

Je reprends mon calme.

Quelque part derrière moi, les entrailles de la maison pondent une nouvelle machine.

Pilules rouges.

Je lâche le manche de bois.

Retourne dans la bâtisse.

L’infirmerie. Les pilules. Les rouges pour oublier. Les vertes pour se rappeler. Et celles à rayures.

Je prends les vertes.

Je me déshabille entièrement. Sors nu de la maison. M’élance vers la forêt. Le sol me coupe la plante des pieds. Je gobe les pilules vertes. Je remonte jusqu’au conflit sino-africain.

La Quatrième Mondiale.

Le soleil africain est unique, jamais amical. La savane est ravagée par le feu, ici et là se devinent des véhicules carbonisés. Certains sont irradiés. Nous avançons avec calme. Moi je dirais avec délectation. J’aime la guerre. Les causes m’importent peu. J’y vends mon corps, et on me l’améliore. Les Chinois m’ont proposé un nouveau réseau de nerfs optiques. Les Africains en étaient encore aux squelettes renforcés à la poudre de titane. Derrière moi, un petit bataillon de Ze-Dong, des liquidateurs chinois.

Lors de la Troisième Mondiale, les Occidentaux ont inventé des bombes de différents formats destinées à neutraliser les réseaux électriques et informatiques. Bombes recouvrant le paysage de silicium, mini-explosions nucléaires provoquant des impulsions électromagnétiques, etc. Il s’agissait surtout d’effacer la mémoire des ordinateurs. Évidemment, après cette guerre-ci, les ordinateurs biologiques, avec ADN et agencements moléculaires se sont imposés. Plus rapides, plus économes en énergie, plus résistants en cas de conflit.

Sont alors apparues les bombes à mémoire. Des armes biologiques s’attaquant à la structure même des molécules utilisées pour ces nouvelles générations de machine, les rendant stupides. Rapidement, des applications destinées aux humains se sont développées. Certaines pour s’attaquer aux ennemis, d’autres pour nous améliorer. Nous avons toujours aimé les drogues. 

Nous traversons la savane, chargés jusqu’aux yeux d’un cocktail transformant la moitié de mes hommes en marionnettes. Certains gémissent doucement, déjà en manque. Nous gagnons cette guerre, mais ce bataillon va probablement mourir lors de cette victoire.

Puis j’ai vu les fantômes.

Ils sortent de la forêt, troupeau dense, équivoque. Leur rythme est différent, asynchrone. Ils semblent courir, pourtant leur déplacement est lent. Leur peau est d’un gris phosphoré, translucide, comme s’il s’agissait de formes composées d’eau, une eau qui s’assemblerait en silhouettes insistantes et impossibles.

Des éléphants.

Les derniers ont disparu de la surface du globe au début de la Quatrième Mondiale.

Les éléphants d’Afrique bien sûr. Ceux d’Asie avaient été décimés trente ans plus tôt par une grippe dites du Caniche, qui avait liquidé la moitié des animaux du sous-continent asiatique. Nous avons éventré la terre, pollué ses océans, altéré son atmosphère et éradiqué la quasi-totalité des mammifères, sauvages ou non.

Des éléphants d’Afrique.

Ils venaient droit vers nous.

Ils n’émettaient aucun son. Le sol ne conservait aucune trace de leur passage.

Mais ils venaient vers nous.

Je me suis retourné pour observer mes hommes : eux aussi les voyaient.

Le troupeau m’a dépassé. L’un d’entre eux m’a littéralement traversé. Alors que j’étais immobile, je suis passé en lui. Chaque pore de ma peau a frémi, redressant poils et cheveux. De l’électricité a couru le long de mes nerfs. Un goût de rouille et de boue s’est mêlé à ma salive. La température de mon sang a baissé. Mais l’odeur était merveille. Une odeur d’océan et d’infini. Puis j’ai entendu les hurlements. J’ai regardé derrière moi : tous mes hommes étaient morts, tordus en des angles improbables. Cela me fit mal pour eux.

Mais moi j’étais l’océan.

Depuis je vois des fantômes.

Les fantômes des morts.

Les fantômes qui peuplent la terre en tant qu’espèce à part entière.

Les fantômes de ce qui n’a jamais été.

Car je suis le dernier homme.

Me voilà nu dans la forêt. L’effet de la pilule verte se dissipe. Je parle aux arbres, qui ne m’écoutent pas.

3.

Je suis sur la terrasse. La lune est ronde. L’herbe de la clairière est haute, elle ondoie, déploiement de vagues aux progressions géométriques, caresse d’un vent froid. Je suis debout, jambes écartées. Mon souffle est court, je bois à petite gorgée au goulot d’une gourde contenant je ne sais plus quel alcool de synthèse. La machine ronronne à mes côtés – j’en ai détruit beaucoup, je le sais, mais combien, je l’ignore. Plusieurs machines, un seul cerveau : elle n’est jamais que l’extension de la maison. Mais celle-ci dysfonctionne enfin. La maison agonise, j’observe cela avec curiosité. Là-bas, entre les arbres, les ténèbres. C’est là que je veux aller.

Je traverse la plaine, l’herbe monte jusqu’à ma taille. Je porte maintenant une combinaison noire, semi-intelligente donc chauffante, cicatrisante et, le cas échéant, bavarde. Un couteau de chasse est accroché à ma ceinture. Je n’ai plus que des armes blanches.

La machine reste sur la terrasse.

Je crois qu’elle a peur de la forêt.

Cela fait des heures que je marche. La forêt est de plus en plus dense, humide et noire. Parfois je regrette mon appareillage optique – je ne me souviens plus de ce qu’est une simple vue. Ce regret est vanité : en réalité, je ne me souviens plus de ce qu’est un simple corps.

Je croise différentes bestioles nocturnes. Je suis incapable de les identifier. Les mutations continuent. Les choses tendent vers d’autres choses.

Je rencontre une colonie d’octopodes.

Je les aime bien. Ce ne sont pas des mammifères. Je ne sais pas vers quoi ils vont évoluer, mais ils ne nous imiteront pas. Ils ont quitté l’eau il y a moins d’un siècle. Ceux qui vivent en colonie ressemblent à des singes-araignées. Les solitaires font plus de deux mètres de haut. Ils sont lents, dangereux peut-être, et ne vivent jamais loin des lacs, des marécages ou des rivages. Un jour, je défierai l’un d’entre eux.

Les mutations sont intimement liées à notre propre disparition.

J’arrive à la source. Elle suinte d’un amoncellement de rochers moussus et forme un étang étal et glacé. J’aime m’y plonger. Flotter doucement dans cette pénombre liquide. Je n’ai pied nulle part. Seule ma tête dépasse de l’eau.

J’attends les esprits.

Au bout d’une demi-heure, les esprits apparaissent. Ils semblent toujours sortir de l’eau. Ce sont des petites formes phosphorescentes, de la taille de mulots, quelques-uns de rats, qui se déplacent au-dessus de l’étang. Cela m’a pris un peu de temps avant d’admettre que ces choses impalpables, de la matière dont sont faits les fantômes, doivent être considérées comme vivantes. Elles chantent aussi. Une onde très douce qui s’accorde au clapotis de l’eau. Je commence à comprendre leur organisation, leur liturgie aussi. Je ne sais pas si elles sont mortelles.

Peu après ma rencontre avec les éléphants, les spectres animaliers ont commencé à envahir la terre. Ils apparaissaient toujours en groupe, toujours en des lieux de guerre. Des baleines bleues ont balayé la Flotte Royale des États Non Laïques. Plus étrange, un essaim géant d’abeilles a détruit la ville de San Francisco. Des lions aux corps semblables à des saphirs aux eaux changeantes ont effacé la population de Nairobi. Il s'agissait exclusivement d’espèces disparues depuis des décennies.

Il n’y avait aucun fantôme de grands singes – les grands singes avaient été préservés.

Si l’apparition des ombres a relancé les intégrismes, elle a aussi accéléré la mise en place d’un processus de paix. Peu à peu, les revenants ont cessé de nous importuner.

Mais c’est depuis que l’espèce humaine a été effacée de la surface de la terre que ces fantômes-ci, ces fantômes d’êtres qui n’ont jamais existé, sont apparus.

J’ai vu des formes spectrales semblables à des tamanoirs géants. D’autres qui me rappelaient de monstrueux hérons à six pattes. D’autres encore qui auraient pu se faire passer, tant par la taille que par la finesse de leur structure, pour des cristaux de neige.

Je reste une demi-heure dans l’eau. Les choses forment parfois comme une couronne autour de ma tête. Une fois hors de l’eau, la combinaison se débarrasse organiquement de toute humidité. Je m’en retourne vers la maison.

Je n’ai jamais croisé de revenants appartenant à l’espèce humaine.

Avec mon couteau, j’entaille les arbres jusqu’à ce que leur sève suinte.

4.

La machine est sur la terrasse. Elle me cherche. Je me cache dans les herbes hautes de la clairière. La machine s’est fait une carapace hérissée de pointes. Lorsque je l’ai vue pour la première fois, j’ai ri. Enfin une surprise. La maison s’inquiète pour moi : elle n’est plus en mesure de produire d’autres machines, ma manie destructrice à leur encontre l’a donc conduite à en créer une plus résistante. Curieusement, celle-ci est aussi plus joueuse. Finalement, être mortelle la libère. Je bondis vers la boule carapaçonnée en agitant une hache capable de découper n’importe quel métal. La machine s’enfuit en zigzagant. Elle aurait pu deviner ma présence grâce à l’un de ses capteurs (chaleur, pulsation cardiaque, vision fractale…), j’apprécie qu’elle joue le jeu de la simple proie.

Peut-être aussi économise-t-elle son énergie.

Elle me sème.

Me voilà essoufflé sur la terrasse.

Si ma machine meurt, fera-t-elle fantôme ?

Ce serait une première.

J’ai la tête qui tourne.

Le souvenir fugace d’avoir pris une pilule rayée, puis de la poudre des rouges, pour oublier la prise de la rayée. Et créer des souvenirs parcellaires.

Vieux junkie, me dis-je avant de m’effondrer.

Des rires d’enfants. Un corps lové contre le mien. Chaleur de la peau. Des cheveux à l’odeur de dune. Le goût du sel sur la rondeur d’une épaule. Une main. Une main et une main minuscule. Une berceuse. Sa langue qui se fraie un chemin entre mes lèvres. Une femme donnant le sein. Des rires d’enfants et d’épouse mêlés.

Je suis debout sur la terrasse, en sueur. La machine ronronne à mes côtés. La hache a disparu. Mon corps produit des endorphines afin d’apaiser mon esprit. Je me souviens avoir fait trafiquer mon hypophyse lors du conflit dit des Cinq Suez. Mon cerveau peut produire de nombreuses drogues, mais aucune ne vaut les trois pilules. Un cliquetis sourd se fait entendre derrière moi. Je me retourne : le cerf blanc est là, debout sur ses pattes arrière. Sa ramure semble de feu tant elle scintille. Je tends la main. Touche son buste. Son poil est épais, rassurant autant que puant. Ce n’est pas un fantôme. Je souris. Il redescend sur ses quatre pattes puis s’en va, trottant. Il y a longtemps, j’étais un bon cavalier. Peut-on monter un cerf accédant à la posture verticale ?

Je m’endors. Un jour, il faudra que je mange quelque chose.

Je m’éveille. La machine a déposé un repas à côté de moi. J’avale le tout. Le soleil est haut. Je plisse les yeux. Une fumée au loin. En ligne droite. Venant du cœur de la forêt. Je penche la tête. J’entre dans l’armurerie pour récupérer deux couteaux que je porte en bandoulière dans mon dos. Auparavant, je me suis entièrement déshabillé. Je m’en vais dans la forêt, traquer ceux qui font du feu.

La machine reste au-dessus de la terrasse. Elle a peur de la forêt. Moi j’ai peur de la maison. Peur de dormir dans un lit.

La forêt est profonde. Je la traverse sans hésiter. Ceux qui font du feu ne peuvent pas être humains. Il n’en reste plus. Cette mort est le premier arbre de la forêt, disait Bashevis avant de se transformer en cadavre, trois semaines plus tard. Il a fondu. Littéralement. Sous mes yeux. Globalement, la majorité de la planète s’est consumée, une combustion intérieure dévorant les chairs en deux ou trois jours. Les plus chanceux ont fondu. Cela faisait une quinzaine d’années que la manipulation des codes génétiques avait dépassé son âge d’or. Nous pouvions presque tout faire. Créer de nouvelles espèces. Créer des programmes organiques destinés à créer de nouvelles espèces selon des modes volontairement anarchiques. Soigner l’ensemble des maladies. En engendrer de non soignables. Et bien évidemment faire muter tout ce qui existe déjà. Des papillons portaient sur leurs ailes des blasons publicitaires. Les champs arboraient des couleurs fantasques faisant office de marque déposée. Le monde était code, ADN et propriété privée. L’autre grande science en cours portait sur le développement des nanoparticules interventionnistes – régénération des cellules, robots biologiques d’une précision à jamais inégalée, création d’une soupe énergétique remplaçant avantageusement les énergies fossiles ou nucléaires… Puis tout cela s’est combiné hors des laboratoires. ADN et nanoparticules ont décidé d’une nouvelle direction pour les espèces. Des mutations sont apparues, tendant vers plus de complexité, plus d’intelligence.

Et les êtres humains se sont consumés. Ou ont fondu.

Nous sommes peu à avoir survécu.

Mais le feu ne peut être produit par des humains.

Ce sont des singes. Des grands singes. Leur espèce avait failli disparaître, nous les avons d’abord protégés, puis clonés, multipliés, arrangés aussi. Des petits frères si puissants, ouvriers débonnaires, militaires habiles, peluches géantes. Ils ont survécu.

Je les trouve enfin. Une famille. Huit, dont deux enfants. Ils savent faire du feu. Ils savent faire des outils. Ils savent enterrer leurs morts. Ils savent reconnaître leur image. Ils savent rire. Ils savent pleurer. Mais cela n’en fait pas des humains.

Ce qui caractèrise l’espèce humaine, c’est l’art avec lequel je manie mes armes.

Je ne peux tolérer que des mammifères reprennent notre route.

Je saisis mes lames, bondis au milieu d’eux. Leur peau est comme l’écorce des arbres.

Une nuit, j’ai rêvé que je parlais au fantôme d’un arbre. Lui aussi refusait de me répondre.

5.

Je suis sur la terrasse, couvert de sang. Une grande partie est celui des singes. Il manque trois doigts à ma main gauche. J’ai une plaie béante sur le flanc. Mes genoux et mes coudes n’ont plus de peau – j’ai donc dû ramper pour revenir ici. Je m’allonge sur le dos, inspire, respire, me calme. Puis donne l’ordre à mon corps de se réparer. J’aurais pu le faire plus tôt, mais cela aurait manqué d’honneur. Ma température passe de 36° 8 à 41. Les nanoparticules se mettent à l’œuvre. Ma chair brûle en se régénérant. Mes doigts repoussent. J’ai atrocement faim. Cela va prendre plusieurs heures.

Des papillons phosphorescents se posent sur moi. Leurs ailes battent à l’envers. Je tente de les saisir de ma main valide. Je crois que je veux en manger. Ma main les traverse. Les fantômes d’insectes se déplacent en nuées qui n’ont nullement le goût des océans. Ils ont plutôt celui de la de terre et des cendres. J’aimerais me fondre en eux, en guise d’enterrement.

Ils me veillent toute la nuit.

Le point de départ de l’épidémie a été parfaitement identifié. Nous touchions à l’immortalité. Nous avions inventé un virus se composant de nanoparticules intelligentes capables de régénérer l’adn des cellules. Les corps devaient s’autoréparer. Nous sommes cent cinquante à avoir servi de cobayes. Bashevis a tout de suite compris, lorsque l’un des scientifiques qui nous suivait est mort. Son corps s’est calciné en trois jours alors même qu’il était encore en vie. Un simple problème énergétique, a murmuré Bashevis. L’épidémie fut rapide. Nous avions été modifiés pour résister à ce virus. Les autres non.

Les hommes se sont consumés. Cela a pris moins d’une semaine. Sans prémices, sans cris, sans crise. Nous qui n’étions que bruits, sang et fureur, nous disparûmes en silence. L’espèce fut saisie d’effroi, puis effacée.

Ne restaient que les cent cinquante.

Un grand nombre de ceux-là ont fondu.

Je me souviens des rivages qui bordaient le centre. Le jour où Bashevis est mort, j’observais un troupeau de dauphins. Fantômes lustraux jouant dans les ressacs d’une mer couleur de vin. J’espérais encore que spectres et vivants coexisteraient. J’espérais encore que les humains réapparaîtraient sous forme d’esprits imitant la forme de l’eau.

Lorsque j’ai compris qu’il n’en serait rien, j’ai traqué les survivants.

Je ne les ai pas tous tués. Uniquement les hommes. Une longue traque. Des morts intéressantes : il fallait aller plus vite que cette peste qui les reconstruisait. Une femme m’a demandé pourquoi eux, pourquoi pas elles.

Pour éviter que nous ne recommencions. Pour éviter que nous ne nous reproduisions.

Je pourrais coucher avec toi, m’a-t-elle dit. Nos années sont infinies. Tu pourrais éprouver la solitude, ou encore la folie, ou oublier. Et alors tu pourrais coucher avec moi, ou avec l’une des autres. Qu’importe, ai-je précisé. Je suis stérile. Volontairement. De telle manière que rien ne puisse me réparer, ai-je ajouté. Nous sommes presque immortels, mais l’espèce est close, ai-je conclu.

Il existe, via les satellites, un système de comptage. Ces dernières années, j’ai vu les derniers points représentant les humains disparaître. Deux d’entre eux sont même venus me demander de les annihiler. Maintenant je suis le dernier.

Ma main est intacte. J’ai faim. La machine m’apporte à manger. Je lui plante un couteau ensanglanté en pleine carapace. Elle s’enfuit en zigzagant. Je me souviens des deux enfants singes. Je me lève, vais jusqu’à la pharmacie, gobe deux pilules rouges.

Il y a soixante-dix ans de cela, j’ai planté en lisère de la forêt cent cinquante chênes. Leur ADN leur fait croire qu’ils ont deux cents ans. Ils sont très beaux. Je sais leur avoir donné un nom à chacun. J’ai oublié lequel. Sacrée pilule rouge. Il faudrait que j’en prenne une verte pour m’en rappeler. J’ai de l’eau sur mon visage.

6.

Le cerf est sur la terrasse. Il se tient droit. Il pleut à verse. L’eau coule le long de son poitrail, dessinant des marbrures sombres. J’ai peur. Retrouver ce sentiment me plaît. Je crois qu’il me cherche : il se déplace sous les trombes d’eau, lentement, regardant à gauche puis à droite. Il me trouve, m’observe longuement, puis parle comme parleraient les arbres. Je ne sais rien de ce qu’il me dit. Soudain, il redescend sur ses quatre pattes et s’enfuit au galop. Mon cœur bat la chamade.

La machine ressort des herbes de la clairière : elle devient sauvage, s’émancipant petit à petit de la maison. D’une certaine manière, je fais son éducation.

Il pleut depuis deux mois. De nouveaux cycles saisonniers s’installent. Hier, un troupeau d’échassiers fantômes, à six pattes, a traversé la clairière. Ils se déplaçaient en file indienne, s’arrêtant les uns après les autres devant moi. Je voyais le paysage comme troublé à travers leurs corps. Leurs visages, situés à l’extrémité de longs cous burlesques, semblaient humains. Certains portaient des masques qui, ai-je fini par comprendre, se composaient de visages assemblés. Des visages momifiés d’animaux qui furent vivants. D’êtres non-fantômes. La classification devient compliquée.

Je suis retourné au cœur de la forêt, là où se trouve l’étang étal. J’ai perdu depuis longtemps ma combinaison de survie (promenade champêtre sous pilule rouge). Qu’importe, mon corps sait ajuster sa température. Je me suis baigné quatre heures durant. Ce n’est qu’à la troisième heure que ceux que j’appelle maintenant les lémures se sont formés au-dessus de l’eau. Dorénavant, je suis capable d’entendre le rythme de leur mélodie. Parfois, j’essaie de chanter avec eux. Grande est leur tolérance. Doucement j’ai regagné le rivage, me suis allongé et les ai laissés se poser sur mon corps. Un temps, j’ai scintillé en leur compagnie.

Puis j’ai avalé des pilules rayées.

Leur effet est aléatoire : parfois il se manifeste de suite, parfois il faut attendre plusieurs heures, parfois il ne se manifeste jamais.

Les pilules rayées étaient difficiles à trouver. Elles permettaient de vivre des vies qui n’avaient jamais eu lieu. Elles créaient des souvenirs fictifs d’une densité et d’une réalité impérieuse, laissant celui qui les avait rêvés dans la certitude absolue de leur réalité. L’apparition des stigmates a bien sûr posé quelques problèmes. Avoir le souvenir d’une amputation qui, en soi n’était jamais arrivée, et se réveiller réellement avec une jambe en moins en a laissé plus d’un perplexe. Pour expliquer cela ont été invoquées la force de persuasion de la psyché humaine, notre transformation via la chimie en dieux auto-procréateurs, ou encore l’apparition, grâce aux drogues, d’une brèche conduisant à notre échange, molécule après molécule, avec d’autres nous-mêmes, issus de mondes parallèles. 

Surtout, certains ont rêvé d’êtres qui n’existaient pas, et ceux-ci les attendaient à leur réveil. De chair et de sang, avec des souvenirs, des désirs, des projets, une âme sans doute, pour ceux qui croient aux âmes. Mais ces êtres ne vivaient au mieux que quelques heures, laissant néanmoins derrière eux des cadavres bien réels. Aucun théologien ne sut qualifier ce type de fantôme. Les pilules rayées furent interdites. Leur cote au marché noir devint merveille. J’en ai vendu beaucoup.

Maintenant je suis sur la berge d’un étang glacé, bercé par des fantômes minuscules et bienveillants.

J’attends. 

J’espère pouvoir vivre une vie qui n’a pas été. 

J’écoute les arbres, qui refusent de me parler.

J’aspire au souvenir des corps, des voix, des odeurs. 

J’aspire à être avant, ailleurs et un autre plutôt qu’ici, maintenant et moi-même.

Moi qui n’ai fait que tuer, j’aimerais être ému par ce qui ne m’a jamais ému : des rires d’enfants, un corps lové contre le mien, la chaleur de la peau, des cheveux à l’odeur de dune, le goût du sel sur la rondeur d’une épaule, une main et une main minuscule, une berceuse, une langue qui se fraie un chemin entre mes lèvres, une femme donnant le sein, des rires d’enfants et d’épouse mêlés.

Je ferme les yeux.

Tant de fantôme, et pas un seul d’être humain.

J’aurais pu aimer un fantôme. 

Ensemble, nous aurions eu des filles mystérieuses comme des orchidées, des garçons beaux comme des filles et leurs vies très longues auraient été des puits d’émotions vives. Ils auraient su parler aux morts et nous auraient bercés de leur chant.

Je suis le dernier des hommes. 

Par La rédaction
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TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 7.  Dans une série télévisée, on approcherait du dernier épisode : happy end, drame humain, mariage improvisé, explosion de volcan, paix mondiale, invasion d'aliens, c'est selon. Je m'appelle Victoire. Et je relis actuellement V pour Vendetta

20/12/2025, 11:59

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Et si le livre numérique pouvait enfin circuler comme une œuvre d’art ?

Comparer Thotario au droit de suite ? L’idée peut surprendre. Elle peut même faire tiquer. Nous le savons, et nous l’assumons. Car ce rapprochement n’a jamais eu vocation à être un raccourci juridique ni une promesse spectaculaire. Il s’agit d’un point de départ. D’un angle de réflexion. D’une manière de remettre sur la table une question ancienne, mais toujours brûlante : comment rémunérer les auteurs de façon juste lorsque les œuvres circulent ?

18/12/2025, 12:14

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“J’ai cru travailler dans une maison d'édition où les livres comptaient vraiment”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 6. Paris, en décembre, a ce talent presque indécent : faire croire que tout peut encore s’arranger.

15/12/2025, 11:19

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Thème : l’Avent dans la pratique magique

L’Avent est sans doute l’un des rares moments de l’année où, consciemment ou non, nos sociétés renouent avec des gestes anciens : illuminer l’obscurité, raconter des histoires, se rassembler pour conjurer le froid et la nuit. Derrière les décorations et les rites contemporains affleure ainsi une mémoire plus profonde, héritée du solstice d’hiver, où célébrer revenait avant tout à survivre — et à espérer. Camille Serres, coautrice avec Stéphanie Gras de Mon calendrier divinatoire de l'Avent (paru chez Arcana Sacra) nous raconte cette période, avec un autre regard.

12/12/2025, 12:11

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L’IA est-elle aussi intelligente et artificielle qu’on le dit?

Face à l’essor rapide de l’intelligence artificielle, l’Association nationale des éditeurs de livres presse Ottawa d’adopter un cadre solide pour protéger la création et la souveraineté culturelle. Dans un mémoire remis au Comité du patrimoine canadien, l’ANEL met en garde contre les dérives technologiques et plaide pour des politiques publiques qui placent les droits des auteurs et autrices au cœur de la régulation.

09/12/2025, 16:39

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“À ce niveau d’effondrement, j’aurais accepté n’importe quoi”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 5. J’ai presque honte de l’admettre, mais en ouvrant ce mail, j’ai d’abord cru que mon ordinateur se prenait pour un poète. Ce n’était ni un spam, ni une relance, ni l’éternel cordialement recyclé : une convocation. Une vraie. Pour moi.

05/12/2025, 12:32

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“Cocktails tièdes et promesses vides : l’édition enterre ses illusions au Salon du livre”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 4. J’ai donc sauté dans le terrier du lapin blanc. C’est étonnant : aucune poussière magique ne tapisse le hall d’entrée. Juste une épaisse moquette au sol, de  grossiers néons et ce brouhaha. Bienvenue au Salon du livre, vestibule officiel du Purgatoire. 

29/11/2025, 15:16

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“Il me reste 8 jours de travail” : compte à rebours d’une libraire en perte de repères

Voici le retour d'Elsa, notre libraire favorite, à la plume légère même au plus sérieux des sujets. Billet d'humeur d'une libraire, c'est sa chronique à retrouver dans les colonnes de ActuaLitté, par temps froid, pour se réchauffer. Et inversement.

28/11/2025, 09:07

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Redécouvrir la nuit : un monde vivant que la lumière efface

Et si l'on explorait la nuit ? Longtemps, la nuit a existé en soi. Aujourd’hui, elle est vaincue, illuminée. Le noir est devenu clair-obscur. La technique ne suffit pas à expliquer ce passage civilisationnel. Coauteur avec Franck Rollier de Nuit. L’obscurité sous un jour nouveau - Une balade nocturne et mystérieuse dans la nature (éditions de Terran) Bernard Farinelli nous invite à ouvrir les yeux sur des richesses insoupçonnées.

27/11/2025, 09:00

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“Ce n’est pas contre toi, c’est juste que ta maison coule” : les auteurs quittent le navire

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Victoire. Épisode 3. Poursuivre ce récit devient essentiel. Remerciements éternels à celles et ceux qui m’accompagnent et me soutiennent. Et tout autant pour les haineux qui me dézinguent. Prenez ma place, pour essayer.

21/11/2025, 16:31

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“Pour être serein, il faudrait vendre dix fois plus” : l’économie fragile de la bande dessinée

Après près de vingt ans de carrière entre commandes, projets personnels et précarité structurelle, un auteur de bande dessinée raconte la réalité d’un métier où la passion ne suffit pas à garantir des conditions de vie dignes. Même un succès à 150.000 exemplaires n’efface ni l’instabilité, ni l’urgence d’une reconnaissance sociale attendue de longue date. Par Benjamin Adam.

20/11/2025, 09:30

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“On nous a volé notre retraite !” : la colère noire des artistes-auteurs après 40 ans de mensonges

« Je viens de recevoir ma notification de retraite », écrit Éric Marquefave, dans un message qui oscille entre consternation et écœurement. Dans une tribune, ce photographe et vidéaste partage ses ressentis, sous le titre “Agessa, le pillage silencieux”. Ou comment l'Agessa a trahi les artistes auteurs avec la complicité des pouvoirs publics. Le gigantesque hold-up social orchestré au nom de la « gestion collective ».

18/11/2025, 15:34

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“Nous ne sommes pas des sous-travailleurs” : une illustratrice dénonce la précarité du secteur

Illustratrice en jeunesse, en presse et récemment en bande dessinée, Bérengère Delaporte décrit un métier créatif privé de protections essentielles : absence de chômage, droits sociaux difficiles à faire reconnaître, rémunérations non encadrées et retards de paiement systématiques. Son parcours met en lumière la précarité qui pèse sur les artistes-auteurs, contraints de supporter seuls les erreurs administratives, les aléas personnels et une insécurité financière permanente.

17/11/2025, 07:00

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“Partez. Barrez-vous. Sauvez vos livres” : comment l’édition agonise (et qui y croit, coule avec elle)

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Coucou, c’est Victoire. Un peu défaite, c'est certain. Vous vous souvenez ? L'éditrice qui, pour sauver sa boîte, hésite entre la peste et le choléra ? Non ? Vous n’avez pas de cœur… Hélas, je comprends.

14/11/2025, 12:44

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Abeilles en alerte : l'institution coûteuse et inefficace qui détourne le miel des créateurs

Depuis son cottage du fin fond de l'Angleterre (semble-t-il), Lady en Passant butine et jette un regard bienveillant sur les ruches qu'animent ses abeilles. Voilà longtemps qu'elle ne nous avait pas donné de nouvelles : avouons qu'elle nous manquait. Mais peut-être l'opinion ne fait pas l'unanimité...

14/11/2025, 11:24

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“Un système qui mène à l’épuisement” : l’alerte d'une traductrice littéraire

Traductrice littéraire du grec moderne, langue « minorée », Clara Nizzoli décrit le travail de prospection invisible et non rémunéré – dénicher en Grèce, à ses frais, des livres, les lire, en traduire des extraits, démarcher des éditeurs – qui s’ajoute à la traduction elle-même. En soutien à la proposition de loi sur la continuité de revenus des artistes auteurs, elle alerte sur des conditions matérielles qui épuisent les traducteurs et dont dépendent la qualité et la diversité des ouvrages étrangers accessibles en français.

13/11/2025, 12:48

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Chaque publication poursuit sa traversée : les éditions du Paquebot

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025, à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : pour fermer la danse, focus sur les éditions du Paquebot.

13/11/2025, 10:42

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Quand la littérature célèbre l’amour à Choisy-le-Roi

Les 14 et 15 novembre, la ville de Choisy-le-Roi vibrera au son de l’Amour. Au programme de la troisième édition de cet événement littéraire : rencontres, séance de dédicaces, ateliers et spectacles. 

12/11/2025, 17:22

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Quelques minutes d’écriture chaque jour pour améliorer son bien-être mental

L’écriture thérapeutique, l’art d’utiliser les mots pour apaiser ses maux... Qui douterait des vertus de cette méthode, pour dénouer ses noeuds et transformer le stress en sérénité  ? À travers son guide pratique J’écris donc je guéris (Éditions Grancher), Aurélie Rossignol invite à explorer davantage les bienfaits de cette pratique. Et nous initie, à l’aide d’exercices guidés, 

12/11/2025, 15:58

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Les musiques du roman

Selon Horace, le poète latin, la poésie ressemble à la peinture. De même, dans une certaine mesure, le roman s’apparente à la musique, qui déploie ses effets dans le temps.

12/11/2025, 15:33

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De Rives en Pages : quand la littérature met en mots l’écologie

Entre Évian, Genève et les rives du Léman, le Salon & Prix Littéraire Environnement explore les grands enjeux écologiques à travers la littérature. Porté par l’association De Rives en Pages, l’événement relie culture et environnement dans une démarche transfrontalière et intergénérationnelle, où la conscience environnementale, la culture et la science ne connaissent pas de frontières.

12/11/2025, 10:58

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Nina Allan, ou “le roman où le sol se dérobe sous nos pas”

Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot, des éditions Tristram, ont reçu le prix Médecis étranger 2025 pour le livre de Nina Allan, Les bons voisins (trad. Bernard Sigaud). Ils signent un texte que ActuaLitté diffuse, pour appuyer la voix de cette maison, dans ses choix et ses convictions.

08/11/2025, 11:11

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OnlyFanes... ou la vie d'éditrice, quand t’as plus un radis

TÉMOIGNAGE – OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique.

07/11/2025, 15:58

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“Le roman ne sera pas plus l'écriture d'une aventure mais l'aventure d'une écriture”

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025, à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, ce sont les éditions Tinbad qui sont mises à l'honneur.

03/11/2025, 10:56

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Thotario veut révolutionner le livre numérique avec la revente éthique des ebooks

Dans quelques mois, un nouvel acteur se lancera dans l'environnement du livre, avec une offre reposant sur une approche éthique et durable. Thotario, de son petit nom, évoque déjà des racines anciennes, mais un projet résolument moderne. Ses créateurs adressent à ActuaLitté une lettre ouverte, pour mieux préciser le contexte dans lequel ils s'inscrivent.

30/10/2025, 14:54

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Avant les citrouilles : Samhain, la face cachée et spirituelle d’Halloween

Ou comment des expertes revisitent l'histoire d'Halloween : Véronique Arnaud, dite "Parole de sorcière", qui a créé L'agenda de Parole de sorcière ; et Ketty Orain-Ferella, à l’origine de la collection  Grimoires des sabbats, racontent à leur manière cette histoire de citrouilles. Deux autrices avec un pied dans le paganisme mais qui entretiennent également une  approche assez terre à terre et rationnelle des choses.

29/10/2025, 10:34

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Sous le drapeau de One Piece, une jeunesse en quête de nouvelles utopies politiques

Sous les drapeaux pirates de Luffy, héros du manga One Piece, une jeunesse désabusée mais vibrante revendique un idéal de liberté et de justice. En brandissant ce symbole littéraire, les manifestants rappellent que la fiction demeure, face au vide politique, un refuge et un moteur d’utopie. Par David Piovesan.

28/10/2025, 16:27

ActuaLitté

“Êtes-vous sûr que la terre tourne dans le bon sens ?”

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025, à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, focus sur les éditions Les Carnets du Dessert de Lune. 

28/10/2025, 11:47

ActuaLitté

Ce n'est pas une réforme sociale, mais “la prolongation d’un modèle qui nous a tous lésés”

Traductrice qui a a su s’imposer dans les Littératures de l'Imaginaire (fantasy, jeune adulte, romance paranormale), Isabelle Troin est également adhérente SGDL. Dans un texte adressé à ActuaLitté, elle se dit très choquée de la manière dont la question de la Sécurité sociale des artistes auteurs est traitée.

27/10/2025, 16:41

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30 ans d’édition indépendante pour le Petit Pavé

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025, à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, la parole est donnée aux éditions du Petit Pavé. 

27/10/2025, 12:48

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L’ADN d’Inédits : écrire ensemble

Le Salon d’automne de l’Autre Livre est l’un des rendez-vous majeurs de l’édition indépendante à Paris. Il se tiendra, cette année, du 21 au 23 novembre 2025 à la Mairie du 5e arrondissement. À cette occasion, ActuaLitté invite les éditeurs exposants à prendre la parole : aujourd'hui, coup de projecteur sur la maison d’édition Inédits. 

25/10/2025, 10:05

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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ActuaLitté a réuni 1,7 million de lecteurs en décembre 2025 : et vous ?

Allez savoir pour quelle raison les débuts d’année sont propices aux bilans des mois passés : un côté bicéphale janusien, probablement. Pas encore détachés de ce qui s’achève, on peine à se projeter dans l’avenir. Ou bien, puiser des forces dans les réussites qui insuffleront l’énergie indispensable. En ce mois de janvier, c’est bien le cas : notre média a explosé les compteurs.

07/01/2026, 16:53

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Pourquoi la bibliothérapie séduit de plus en plus de publics

Lectrice de toujours, autrice et praticienne confirmée, Céline Mas retrace ici le chemin qui l’a conduite à la bibliothérapie. De la découverte fondatrice de Sadie Peterson Delaney à la construction d’une méthode croisant littérature et sciences cognitives, elle raconte une pratique exigeante, engagée, et profondément ancrée dans le réel. Un témoignage à la première personne qui éclaire les enjeux, les responsabilités et les promesses d’un accompagnement par les livres.

05/01/2026, 11:56

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Bonne année 2026 : surtout, surtout, restez bien concentrés

Il est de ces mots qui n'ont l'air de ne rien demander, tout en exigeant beaucoup. “Concentration”, par exemple. Au hasard. Terme apparemment sage, presque scolaire, il convoque des réalités autrement plus explosives qu'en apparence. En ce début de 2026, c’est avec lui que l’on vous souhaite une bonne année. Bien concentrée. Très concentrée... 

01/01/2026, 21:25

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Faire de l’argent avec son séjour en prison : et si Sarkozy reversait ses droits d’auteur ?

Un titre qui surgit hors de la longue nuit carcérale, et un emballement médiatico-économique qui s’ensuit... En ce dernier jour de l’année, invitons chacun à prendre de bonnes résolutions et ses responsabilités. ActuaLitté propose ici une Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, l’enjoignant à la générosité.

31/12/2025, 10:56

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Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre”

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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Artaud face au marxisme : la révolution ne se limite pas à l’estomac

Le « momo » Ilios Chailly revient avec un texte ample et nerveux, consacré à Antonin Artaud et à l’idée d’une révolution vivante de l’esprit. Au fil d’une traversée du surréalisme, des ruptures avec Breton et des secousses mexicaines, notre spécialiste déroule une lecture combative, pleine d’éclats. Artaud y apparaît moins comme une figure à célébrer que comme une déchirure qui oblige à sortir des automatismes. Un long format pour qui veut prendre le temps d’une secousse intérieure.

29/12/2025, 13:11

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“Le nom de l’éditeur ne suffit plus” : acheter des livres, à l’ère des milliardaires

Face à la concentration croissante de l’édition, l’application Quisbn ? ambitionne de rendre visibles des liens de propriété largement méconnus du public. En scannant un ISBN, elle permet d’identifier les groupes auxquels appartiennent les maisons d’édition, au moment même de l’achat. Fondé sur le croisement de sources publiques et une veille contributive, l’outil entend démocratiser l’accès à des données économiques complexes et nourrir une compréhension plus éclairée du monde du livre.

26/12/2025, 10:18

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L’édition française va mal ? “Le lecteur n’a pas disparu. Il s’est déplacé”

Voici l'histoire d'un renoncement intérieur. Loin de l’image d’un secteur agressé de l’extérieur, l'industrie du livre serait gagné par le conformisme, la frilosité intellectuelle et l’autosatisfaction morale, où la curiosité éditoriale s’est effacée au profit de la reproduction, de la sécurisation et de l’alignement idéologique. Un diagnostic sévère qui interroge la perte de sens du métier d’éditeur et pointe une crise moins visible mais plus radicale : celle du désir, du risque et de la confiance dans l’intelligence du lecteur.
 

25/12/2025, 09:45

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Ni guéri ni vaincu : continuer à créer avec la maladie

En 2022, j’ai publié sur Actualitté une tribune dans laquelle je décrivais des symptômes physiques apparus dans les semaines ayant suivi ma vaccination contre le Covid-19. À l’époque, je traversais une période d’errance médicale profonde. Je ne savais pas ce que j’avais. Je ne disposais d’aucun diagnostic. Je tentais simplement de mettre des mots sur ce que je vivais, avec les outils dont je disposais alors : l’écriture et le témoignage. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Par Guilhem Méric.

24/12/2025, 10:26

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“Économiquement, la vente en librairie ne suffit pas”

À première vue, on croit connaître le livre de photographie : des photos - logique -, un « beau livre », un objet qu’on feuillette. Mais il n’est ni un simple album, ni une exposition mise en pages, ni une illustration chic d’un texte. C’est un récit, un langage à part entière - et c’est précisément parce qu’il reste méconnu, parfois mal identifié, que l'association France PhotoBook inaugure une Journée de sensibilisation au livre de photographie, le jeudi 22 janvier 2026 à Amiens, de 9h30 à 17h30.

23/12/2025, 17:32

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“La première règle du Knight Club, c'est de s'approprier les croisades” Arthur de Pins

Parti guilleret de son atelier à Bastille, Arthur de Pins nous attendait devant l’Institut du Monde Arabe. On s’était promis de parcourir ensemble la bibliothèque et les ouvrages médiévaux, parler de l’art de la forge au XIIIe siècle, dans le Royaume d’Israël… et ce n’était que l’apéritif. Une immersion complète pour aborder son dernier livre Knight club, un roman graphique entre tempête de sable et vis comica

23/12/2025, 11:04

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Emmanuel Khérad : “La mobilisation du public me donne une responsabilité”

Après l’arrêt brutal de La Librairie francophone, Emmanuel Khérad retrouve l’antenne avec Le Club francophone, un nouveau programme culturel diffusé sur TVMonaco et YouTube. Télévision, production indépendante, jeunesse, lecteurs, libraires et francophonie : l’animateur et producteur revient sur la genèse du projet, et ses ambitions pour l'année à venir.

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Livres : ce que change vraiment la décision de l'Europe pour Amazon

Depuis plus de dix ans, la France tente de contenir l’influence des géants du commerce en ligne sur le marché du livre. Après la loi de 2014, puis la loi « Darcos » de 2021, un seuil minimal de facturation des frais de livraison a été instauré pour éviter que certains acteurs — Amazon en tête — ne pratiquent des tarifs quasi nuls. 

22/12/2025, 17:59

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“Pourquoi nous ne vendrons pas le dernier livre de Nicolas Sarkozy”

Même au-delà des frontières de l'Hexagone – et peut-être plus encore – le dernier ouvrage de Nicolas Sarkozy fait polémique.  Hassen Jaied, entrepreneur franco‑tunisien du monde de l’édition et de la librairie en Tunisie, se passionne pour les mutations de l’industrie. Il pose les bases de principes ethiques et moraux dans le commerce du livre, et ses librairies en particulier.

20/12/2025, 15:25

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Après les agressions, Paris crée un dispositif d’intervention rapide pour les librairies

Après plusieurs semaines de polémique, le Conseil de Paris a finalement adopté l’aide municipale destinée aux librairies indépendantes. Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint à la maire de Paris chargé du commerce, de l’artisanat et des professions culturelles, revient pour ActuaLitté sur les enjeux de ce vote, les usages concrets de la subvention et les tensions politiques qui ont traversé le dossier.

18/12/2025, 18:26

ActuaLitté

“Il est temps de reconnaître les métiers artistiques comme des activités nécessaires à la société”

Ce jeudi 18 décembre, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Écologiste au Sénat, les sénateurs examineront la proposition de loi portée par Monique de Marco sur la continuité de revenus des artistes-auteurs. Marion Cocklico, illustratrice, raconte la précarité de ses débuts, des à-valoir insuffisants et la nécessité de cumuler un second emploi après un burn-out. Elle défend l’accès des artistes-auteurices à l’assurance chômage et la reconnaissance de leurs métiers.

18/12/2025, 10:35

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Quatre livres, quatre voyages : l’évasion en papier à offrir (ou à s’offrir)

Un monde qui s’effondre, un couple qui s’échappe, une carte qui déplie l’imaginaire, une France qui se raconte en images : quatre livres, quatre manières de voyager - sans forcément quitter sa chaise. Petit tour d’horizon, léger mais sérieux, pour remplir sa liste de beaux cadeaux… ou s’offrir une escapade de papier.

17/12/2025, 15:45

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Amin, un enfumage algérien

C’est une histoire qui se passe à Alger et dans ses alentours, mais elle se déroule également ailleurs, dans d’innombrables pays. En somme, c’est une histoire ancienne, elle change simplement de visages, de géographies, de configurations, de scènes et d’acteurs. 

17/12/2025, 14:32

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Continuité de revenus : les éditeurs volontaires pour une hausse de la “contribution diffuseur”

Ce jeudi 18 décembre, à l'occasion d'une niche parlementaire du groupe Écologiste au Sénat, une proposition de loi de Monique de Marco (Gironde, Écologiste - Solidarité et Territoires) sur la continuité de revenus des artistes-auteurs sera examinée. Une opportunité d'amélioration de la condition des artistes auteurs, souligne le Syndicat des éditeurs alternatifs (S.E.A) dans un communiqué, reproduit ci-dessous.

17/12/2025, 11:40

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“La poésie n’a pas à servir à quoi que ce soit” : entretien avec Julien Boutreux

Au milieu des années 2010, Julien Boutreux créé une revue toute noire, carrée, illustrée et sobre à la fois, quelque peu mystérieuse et délibérément confidentielle. Intitulé Chats de Mars, en référence à François Rabelais, le périodique tourangeau diffuse alors des voix plus ou moins nouvelles du champ poétique, avec toutefois une exigence de lisibilité. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

17/12/2025, 10:49

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“Petit” éditeur un peu fâché...

À l’heure où l’édition connaît de profondes mutations économiques et techniques, les pratiques d’impression cristallisent de nombreuses tensions entre acteurs de la chaîne du livre. L’essor de l’impression à la demande, longtemps perçue comme marginale, interroge désormais les modèles de diffusion, le rôle des libraires et la place des éditeurs indépendants dans un paysage dominé par la surproduction et la concentration.

16/12/2025, 16:39

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“Sans livres, pas de liseuse” : la vision de Marius Sobczak (inkBOOK) sur l’avenir de la lecture numérique

Quand Marius Sobczak évoque la lecture numérique, il le fait avec le calme de ceux qui ont vu passer plusieurs cycles. Son histoire avec la liseuse commence tôt, très tôt même. « On a vendu la première liseuse en Europe en même temps qu’Amazon a vendu la sienne », rappelle-t-il. Depuis, le marché s’est transformé en profondeur. Les usages ont évolué, les acteurs se sont raréfiés, et les certitudes d’hier ont souvent volé en éclats.

16/12/2025, 16:09

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Noël hors des sentiers battus : cinq livres où vivent de drôles de bêtes

À l’approche de Noël, les bêtes sortent du bois. Pas forcément sages, rarement domestiquées, souvent étranges, elles traversent albums illustrés, bandes dessinées et récits graphiques sous des formes multiples. Pour un cadeau original ou une lecture à contre-courant des contes de fin d’année les plus attendus, voici cinq livres où la bête, réelle ou fantasmée, sert de motif, de décor ou de point de bascule narratif. 

16/12/2025, 12:00

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“Notre pays, c’est la poésie“ : pourquoi il faut préserver les lieux de Boris Vian et Jacques Prévert

Hélène Pince, une des représentantes du groupement pour les musiques actuelles au sein du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs (SNAC), lance un appel vibrant pour la préservation des appartements de Boris Vian et de Jacques Prévert. Selon elle, plus que des murs, ces espaces incarnent une histoire poétique, humaniste et profondément vivante, dont la transmission aux générations futures demeure essentielle.

16/12/2025, 11:58

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Witi Ihimaera : “La France est plus grande que vous ne le pensez“

Witi Ihimaera nous raconte sa littérature comme une affaire de noms, de transmission… et de détournement. Il remonte avec nous à ce moment où, avec l’arrivée des missionnaires en Nouvelle-Zélande, « ils ne pouvaient pas dire « Ihimaera »… » et cherchent une approximation : « Qu’est-ce qui sonne comme “Smiler” ? Alors on t’appellera Pop Smiler. »

15/12/2025, 17:35

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Lecture sacrifiée en France ? La filière s’alarme d’un désengagement inédit de l’État

La perspective d’une diminution des crédits destinés au développement de la lecture dans le projet de budget 2026 suscite une profonde inquiétude au sein du monde du livre. Cette orientation budgétaire intervient pourtant dans un contexte de mobilisation forte, illustrée notamment par les États généraux de la lecture jeunesse, qui ont mis en lumière l’urgence et l’ampleur des enjeux liés à la pratique de la lecture.

15/12/2025, 16:48

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À offrir (ou s’offrir) : 6 livres pour un Noël gourmand et dépaysant

À l’approche des fêtes de fin d’année, certains livres s’invitent naturellement à la table de Noël. À offrir ou à s’offrir, ils accompagnent les moments passés en cuisine, ouvrent des fenêtres sur le monde et invitent à voyager sans quitter son salon. De la pâtisserie pour enfants aux grandes traditions culinaires, des vins insolites aux hôtels d’exception.

15/12/2025, 14:05

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Ask this book : Amazon met une IA dans vos livres, un étrange assistant qui arrive sur Kindle

On l’a d’abord pris pour une commodité, un de ces petits raffinements qui rendent la lecture numérique plus fluide. Puis la question s’impose : qu’implique, au juste, un chatbot d’IA embarqué dans un livre ? Avec Ask this Book, Amazon dote l’application Kindle iOS d'un compagnon de lecture à qui poser des questions directement – personnages, intrigue, thèmes – et d’obtenir des réponses instantanées. 

15/12/2025, 10:07

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Le métier que personne ne voit, mais sans lequel votre liseuse ne fonctionnerait pas

PORTRAIT – Dans les coulisses de la lecture numérique, certains métiers œuvrent loin des projecteurs. Sans eux, pourtant, aucune bibliothèque ne se synchroniserait, aucun livre ne suivrait son lecteur d’un appareil à l’autre. Abdelmajid Ouelbani fait partie de ces artisans essentiels. Lead Developer Backend chez Vivlio, il incarne une expertise technique au service d’une expérience de lecture fluide, presque invisible — et donc réussie. Rencontre avec un ingénieur qui parle de code avec la même précision que de littérature, et pour qui la technologie n’a de sens que si elle s’efface derrière l’usage.

15/12/2025, 09:36

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“Garantir sa sécurité” : l’appel urgent après l’arrestation de Narges Mohammadi

Militante iranienne des droits humains, vice-présidente du Defenders of Human Rights Center, Narges Mohammadi est engagée depuis plus de vingt ans contre la répression, la peine de mort et les discriminations, notamment à l’égard des femmes en Iran. Son combat s’inscrit dans un contexte marqué par l’autoritarisme de la République islamique, qui réprime violemment toute dissidence, restreint les libertés fondamentales et impose des lois strictes telles que le port obligatoire du hijab.

14/12/2025, 11:14

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Hokusai, Tezuka, Dior : quand le manga déborde le papier

Au musée Guimet, on est pénétré de la solennité de ses pièces, du silence des vitrines, des cartels sages comme des images. Et puis, avec Manga, Tout un art !, exposition qui court jusqu'au 9 mars prochain, le lieu fait un pas de côté. Un pas calculé, qui consiste à prendre le manga au sérieux. À le traiter comme une forme narrative, graphique, industrielle, culturelle - avec ses généalogies, ses ruptures, ses contradictions.

12/12/2025, 18:59

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“Je l’ai lu il y a deux ans et je le relis tous les ans” : le livre inoubliable de Lucy Maréchal

PORTRAIT - Des lecteurs, des vrais, pour qui les ouvrages ne se résument pas à des fichiers – quand bien même ils les bichonnent. ActuaLitté a rencontré les équipes de Vivlio, pour découvrir leur inoubliable. Cette semaine, nous accueillons Lucy Maréchal, chargée d'animation éditoriale chez Vivlio.

12/12/2025, 13:26

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Éditions de Minuit : anatomie d’un mythe discret à l’ère des algorithmes

Que dit le web d’un éditeur lorsqu’on cesse de parler sur lui pour observer ce qui se dit autour de lui ? À l’heure où la critique littéraire se fragmente entre médias prescripteurs, plateformes numériques, blogs spécialisés et réseaux sociaux, l’image d’une maison d’édition ne se construit plus seulement dans ses catalogues ou ses manifestes, mais dans un écosystème discursif diffus, cumulatif, parfois contradictoire. Les Éditions de Minuit, réputées pour leur discrétion autant que pour leur exigence, offrent à cet égard un terrain d’observation singulier.

12/12/2025, 11:40

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“Ce sont des travailleurs“ : Soumya Bourouaha revient sur la protection sociale des créateurs

Dans le rapport de la mission flash remis le 26 novembre dernier, les députées Soumya Bourouaha (Seine-Saint-Denis, 4ᵉ circonscription) et Camille Galliard-Minier défendent l’idée de rattacher les artistes-auteurs à l’Unédic afin de leur ouvrir l’accès au chômage. La proposition de loi dite de « continuité de revenus » souligne en effet que ces créateurs connaissent, comme d’autres professions déjà couvertes, des périodes de creux involontaires. 

11/12/2025, 16:09

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La SAIF réaffirme son soutien à la continuité de revenus pour les artistes-auteurs

La Société des Auteurs des arts visuels et de l'Image Fixe (SAIF) salue les conclusions de la mission flash sur la continuité de revenus des artistes-auteur·rices et réaffirme son soutien à la proposition de projet de loi visant à leur accorder le droit à l’assurance chômage. 

11/12/2025, 13:14