#Politique publique

Jean-Luc Mélenchon : “Refondre toute la chaîne de production du livre

#Presidentielle2022 — Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise, est le troisième participant à l'élection présidentielle à répondre au questionnaire d'ActuaLitté sur les mesures concernant le secteur du livre et la lecture, plus généralement. Les réponses du candidat, particulièrement détaillées, sont reproduites en intégralité ci-dessous.

Le 25/02/2022 à 10:03 par Antoine Oury

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Publié le :

25/02/2022 à 10:03

Antoine Oury

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ActuaLitté

ActuaLitté : Quelles sont vos propositions pour améliorer la situation sociale et les rémunérations des auteurs de l'écrit ? 

Jean-Luc Mélenchon : La précarité structurelle dans laquelle sont plongé·es les artistes-auteur•rices est une honte. Pour rappel, celles et ceux dont c’est l’activité principale gagnent en moyenne 15.000 € par an — 10.000 pour les autrices. Certains domaines connaissent des taux de pauvreté encore plus exacerbés, comme dans la bande dessinée. Le rapport Racine et les travaux réalisés par les syndicats et collectifs d’artistes-auteur•rices pointent le fait que le système actuel, fondé principalement sur le revenu issu de la rente de droits d’auteur, maintient une majorité des artistes-auteur•rices, et tout particulièrement celles et ceux de l’écrit, dans une grande pauvreté. Ce système ne suffit donc pas. 

De même, il est inadmissible qu’en ce qui concerne la politique menée vis-à-vis des artistes-auteur•rices, le ministère de la Culture choisisse pour principaux·les interlocuteurs les organismes de gestion collective, qui jouissent donc d’un statut infondé de représentants des auteur•rices et donnent le « la » dans de nombreux dossiers. 

Cette situation, qui vise avant tout à préserver le système actuel et donc la grande pauvreté des auteur•rices au profit d’une industrie pourtant très rentable, ne peut plus durer. Elle véhicule de fait l’idée que l’activité d’auteur•rices (comme de nombreuses autres activités liées aux arts et à la culture) ne serait pas digne d’être reconnue comme activité professionnelle, avec les droits qui vont avec, sociaux comme d’organisation collective. 

L’image romantique, digne du 19e siècle, des artistes qui vivent d’amour et d’eau fraîche a trop souvent été un prétexte à leur précarisation accrue. Nous portons bien au contraire l’idée que le travail de l’art, sous toutes ses formes, doit être reconnu comme tel. 

C’est ainsi que, dès notre arrivée au pouvoir, nous lancerons l’organisation, avec les syndicats d’artistes-auteur•rices, pour convoquer des élections professionnelles pour les artistes-auteur•rices dès que possible. Le dispositif électoral devra permettre une participation significative afin que ces élections soient bel et bien représentatives, en s’adaptant à la situation de ces professions, principalement exercées en indépendant. 

Une fois élu·es, des concertations seront lancées avec ces représentant·es pour élaborer un régime social adapté et juste pour les artistes-auteur·rices. 

Durant ces concertations seront donc étudiées toutes les possibilités de financement, dont celle d’un prélèvement progressif des droits qui suivent le décès d’un•e auteur•rice sur une période des 15 à 70 ans après le dit décès, ainsi que celle d’une taxe sur le chiffre d'affaires des recopyright à gros bénéfices d’œuvres tombées dans le domaine public. D’autres pistes sont envisageables, notamment posées par la Ligue des auteurs, le SNAP CGT et le collectif La Buse. Le SNAP propose par exemple une augmentation de quelques pourcents et une systématisation des cotisations patronales chez les auteurs pour le financer. Pour l’ouverture de ces droits au chômage, se baser sur une quantité de revenus à percevoir sur une durée donnée comme le proposent les organisations citées plus haut nous semble également être une piste à étudier. Ce nouveau régime, comme celui des intermittents du spectacle, serait rattaché au pot commun de l’UNEDIC. 

Nous veillerons également à ce que l’ensemble des travailleur•euses discontinu•es puissent bénéficier des droits sociaux qui leur reviennent : congés maladie, congés maternité/paternité, formation, retraite. Cette couverture sociale du travail discontinu pourra concerner l’ensemble des professions culturelles et événementielles discontinues comme les installateurs d’œuvre d’art, les guides-conférenciers ou les extra de l’hôtellerie restauration, en s’adaptant aux spécificités de ces professions. 

Durant ces négociations, les contours et les missions d’un Centre National des Artistes-Auteur•rices, outil demandé par de nombreuses organisations représentatives d’artistes-auteur•rices, sera également abordé pour construire avec les travailleur•euses concerné•es cet outil essentiel pour avoir de la visibilité sur ces professions, avoir un espace de concertation professionnelle et simplifier leurs tâches administratives. 

Enfin, en attendant la mise en place de ce nouveau régime, un dispositif de continuité de revenus d’urgence sera mis en place, comme ça a été le cas durant le début de la crise Covid, mais avec un fonctionnement simplifié loin des démarches labyrinthiques que les artistes-auteur•rices ont dû réaliser pour percevoir les revenus des fonds de soutien covid. 

Quels seraient les principaux axes de votre politique en matière de lutte contre les infractions au droit d'auteur, notamment sur internet ? 

Jean-Luc Mélenchon : Tout d’abord, nous maintenons l’idée d’une licence globale pour la prise en compte du droit d’auteur en amont de la diffusion des œuvres. Ensuite, concernant la lutte en elle-même contre les infractions au droit d’auteur sur internet, il nous semble essentiel de remettre de la présence humaine dans le traitement des contenus litigieux sur le sujet postés en ligne. 

Cela implique donc de revenir à un traitement a posteriori et non plus a priori, dont nous avons vu beaucoup d’abus de sanction de censure dans de nombreux de cas récents. Tout ne peut pas être traité sans l’aide de logiciels, bien entendu, mais c’est un équilibre à trouver. Le choix ne peut d’ailleurs plus uniquement incomber aux plateformes en ligne qui hébergent les contenus, car ce n’est pas à ce genre d’entreprises de constater des infractions légales. Nous sommes donc favorables à étudier la piste d’une surveillance mixte, humaine et mécanique, mais également par le biais de personnes assermentées pour pratiquer cette juridiction qui travailleraient avec les équipes des plateformes. Pour financer cela, une contribution demandée aux plateformes qui hébergent, qui réalisent des bénéfices conséquents, semble être une piste pertinente à explorer. 

Enfin, concernant ces plateformes, comme pour la nouvelle ARCOM, il est indispensable qu’un débat public, ouvert et transparent puisse avoir lieu sur leur mode d’action, afin de pouvoir publiquement choisir quelles pistes, qu’elles soient techniques ou légales, sont les plus efficaces et respectueuses des droits fondamentaux en matière d’expression. 

Quelle serait votre politique en matière d'accueil des écrivains exilés car menacés dans leur pays ? 

Jean-Luc Mélenchon : Du point de vue des migrations de populations, notre projet est « d’accueillir dignement les migrants et d’agir sur les causes des migrations forcées ». Nous constatons notamment que la majorité des pays de l’Union européenne ne respectent plus le droit d’asile et considérons qu’il est à remettre au premier plan en mettant fin à des textes comme le règlement de Dublin (Europe) ou les accords du Touquet (France) qui le mettent à mal. Sur la question spécifique des artistes, nous sommes proches du réseau Icorn, auquel nous recommandons à nos élus locaux d’adhérer. Il ne s’agit ainsi pas tant de la seule qualité d’artiste ou d’écrivain qui justifierait l’asile, mais la menace que cette activité fait peser sur elles et eux, comme cela peut aussi être le cas pour les journalistes, avocats, lanceurs d’alerte, etc. Nous nous reconnaissons également dans la « doctrine Mitterrand » comme ont pu en bénéficier Milan Kundera ou Julio Cortazar. Enfin, il s’agit également de leur permettre de continuer leur activité une fois accueillis, dans la continuité de l’action de l’Atelier des artistes en exil. 

Comment proposez-vous de défendre le réseau des librairies françaises face à la concurrence de la vente en ligne et à la hausse des charges dans les villes, notamment ? 

Jean-Luc Mélenchon : La nouvelle vague de démocratisation culturelle et la réinstitution de l’action publique dans les arts et la culture que nous proposons a pour axe important le maintien et le développement de l’ensemble des lieux physiques dédiés aux arts et à la culture, structures publiques comme petits commerces indépendants. 

Le réseau des librairies françaises en est une composante essentielle, par l’importance de conseil, d’accompagnement, de découverte et donc de lien humain qu’elles permettent, antithèse même des grandes plateformes de vente en ligne (nous ne comptons ici pas les dispositifs de vente en ligne des réseaux de libraires, qui sont un prolongement utile de leur activité essentielle). 

Dans les détails techniques, cette action passera par l’extension et des dotations supplémentaires au label LIR, un plan Culture à Loyer Modéré qui plafonnera les loyers des locaux de structures culturelles, la revitalisation des centres-ville et l’encouragement matériel à y installer ce type de commerces lorsqu’il n’y en a pas dans un périmètre donné. La commande publique devra également privilégier les librairies, notamment de proximité. Cela suppose de désobéir aux règles européennes, ce que l’Avenir en commun prévoit. Il s’agira également de refondre la chaîne du livre afin de permettre des conditions commerciales plus justes à l’égard de ses composantes les plus fragiles (et les plus précieuses pour la diversité) comme les librairies indépendantes. Nous souscrivons également aux propositions du Plan d’urgence de l’Autre livre, qui propose notamment un tarif postal préférentiel pour l’envoi de livre. 

Librairie Eureka Street, à Caen (illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Nous veillerons aussi sur l’INFL et accompagnerons ses diplômés dans leur insertion professionnelle et leur installation, et augmenterons les moyens de l’ADELC. 

Enfin, indirectement les librairies bénéficieront de notre lutte contre l’hégémonie d’Amazon et autres plateformes de vente en ligne et la construction de nouveaux entrepôts de ces entreprises. 

Maintiendrez-vous le prix unique du livre ? D'autres mesures de régulation seront-elles introduites ? 

Jean-Luc Mélenchon : Remettre en question le prix unique du livre est totalement inenvisageable dans le projet de société que nous portons. Nous sanctuariserons la loi Lang sur le livre, mais irons surtout plus loin. Les problèmes rencontrés par les librairies et le reste de la chaîne du livre dépassent aujourd’hui la seule problématique du prix unique du livre. Les mécanismes pervers de la grande distribution ont désormais pour but de faire perdre l’utilité sociale des librairies pour ne faire reposer le rapport au livre que sur l’achat pur et simple. Ce pourquoi nous agirons concrètement pour remettre en avant cette utilité déjà citée des librairies, et que nous consoliderons également l’ensemble de la chaîne (voir les autres réponses à ce sujet). 

Quels seront les moyens mobilisés pour que les bibliothèques assurent leurs missions, notamment en matière de budgets et d'effectifs ? 

Jean-Luc Mélenchon : Nous sanctuariserons les bibliothèques publiques et soutiendrons (via les DRAC et DAC) les créations de nouvelles bibliothèques par les collectivités. Nous nous opposerons à toute fermeture d'établissement, totale ou partielle, dictée par des considérations budgétaires de collectivités, ainsi qu'à toute restriction de fonctionnement, comme la réduction des effectifs, leur redéploiement ou leur mutualisation entre bibliothèques d'une même collectivité. 

Nous augmenterons également les effectifs là où c’est nécessaire, et plus spécifiquement de personnel formé au métier de bibliothécaire. Pour cela, nous sommes favorables à l’obligation de la compétence culturelle pour l’ensemble des collectivités et l’État accompagnera financièrement celles qui en auront besoin pour accomplir cette ambition. Enfin, nous prendrons également en compte les revendications des récentes mobilisations dans les bibliothèques, qui militaient autant pour l’abrogation du passe sanitaire/vaccinal pour accéder à leurs structures (ce que nous partageons) que pour de meilleures conditions de travail et mettre fin à la précarité structurelle et les conditions de travail dégradées dans de nombreuses bibliothèques (notamment d’envergure nationale comme la BPI ou la BNF). 

Le service de la culture et de la lecture requiert de la présence humaine et de la transmission : c'est ce principe qui guidera notre action. Les bibliothèques sont de précieux lieux de commun qui doivent pouvoir se développer dans les meilleures conditions possibles pour accueillir l’ensemble des citoyen•nes. 

Quelles seront vos mesures en matière de lecture publique et de promotion de la lecture ? 

Jean-Luc Mélenchon : Comme pour l’ambition que nous avons pour l’Éducation artistique et culturelle (EAC), la promotion de la lecture doit toucher tout le monde et tout au long de la vie. C’est pourquoi nous ferons de l’EAC le fer-de-lance du service public des arts et de la culture, en lui donnant enfin les moyens et la considération politique qu’elle nécessite. 

Cela passe bien entendu tout d’abord par l’école et l’éducation, voir à ce sujet le livret Éducation de l’Union populaire sorti récemment. 

Nous remettrons également les organismes d’éducation populaire au cœur de cette action, à la fois à travers un plan de formation et de recrutement dans les métiers de l’accompagnement et de la médiation culturelles de proximité auxquels ils seront associés. Que ce soit dans des actions plus spécifiquement axées sur le sujet ou sur l’ensemble de leurs actions, la lecture en bénéficiera toujours, par l’éveil de la curiosité propre à l’éducation populaire et le fait qu’elle est souvent un support privilégié de transmission et d’appropriation des savoirs et des pratiques artistiques et culturelles. Cette action se déploiera d’autant plus dans les quartiers populaires, les zones rurales et les départements ultramarins. 

Cela passera également par une revalorisation générale de la place des arts et de la culture dans l’audiovisuel public. Si le livre bénéficie déjà d’une grande émission sur le sujet, de qualité et assez populaire, c’est dans l’ensemble de ces canaux que le sujet de la lecture et de l’ensemble des arts doit être abordé, notamment pour favoriser encore plus la diversité dans ces domaines. 

C’est également via les événements physiques réguliers comme les salons et autres (lectures en librairie ou ailleurs) que se perpétuera la démocratisation de la lecture et de la lecture publique, que nous encouragerons et aiderons à s’implanter dans des zones à lectorat faible. Il s’agira également d’encourager la variété de registres dans ces salons, en pensant par exemple aux salons de la poésie. 

Cela passe également par la promotion de la francophonie, dont la pluralité de récits, d’imaginaires et même de maniement de la langue française sont autant de possibilités d’attirer plus de personnes vers la lecture. Cela passera par le fait de renforcer la présence des auteur•rices francophones ultramarin•es et étranger•ères dans les programmes scolaires et l’audiovisuel public, mettre en place progressivement un visa permettant la libre circulation des artistes, des universitaires, des chercheur•euses, ou encore étudiant•es au sein de l’espace francophone. À ce sujet, voir Livret Francophonie de l’Union populaire à sortir sous peu. 

Enfin, c’est également par la consommation populaire que se démocratisera plus encore la lecture, notamment par la hausse des salaires et du SMIC et l’allocation d’autonomie pour les étudiants de 1063 euros. Néanmoins, ce n’est pas par le Pass Culture que se fera la promotion de la lecture. Comme prévu, ce chèque de plusieurs centaines d’euros avec dispositif de recommandation par algorithme selon les goûts, si il a été de prime abord un effet d’aubaine pour les librairies, n’est pas un outil de découverte et de démocratisation, mais d’approfondissement dans un consumérisme marchand au profit des leaders des industries culturelles. Ce pourquoi nous l’abrogerons et réinvestirons ces 200 millions d’euros dans l’éducation artistique et culturelle à l’école. Cette consommation populaire ne passera pas non plus par des accords avec des entreprises du type de McDonald’s comme ce fût le cas lors de la précédente direction du CNL, qui perpétue l’omniprésence du marché, et qui plus est ici d’un géant de restauration rapide dont les dangers pour la santé sont reconnus, dans le rapport aux arts et à la culture. 

Comment comptez-vous défendre la diversité éditoriale et lutter contre la concentration, au moment où une possible fusion entre Hachette et Editis laisse craindre la création d'un monopole dans l'édition ? D'une manière plus générale, quelle serait votre défense de la bibliodiversité ? 

Jean-Luc Mélenchon : Comme cela a été annoncé au mois de janvier, nous mettrons en place de grandes lois de déconcentration dans les industries culturelles et les médias. L’horizon de la fusion d’Hachette et d’Editis est le terrifiant exemple du danger qui se profile, dans une situation inédite de concentration dans l’histoire contemporaine. La situation est d’autant plus dangereuse que l’on sait que cette offensive de concentration de la part de Bolloré se déroule avec des objectifs politiques précis à l’extrême droite de l’échiquier politique. Nous partageons les craintes, notamment celles émises par Virginie Despentes, et si ce projet de fusion n’a pas encore connu de cas emblématique de censure politique dans l’édition, nous en avons eu un épisode récent dans l’empire audiovisuel de Bolloré où ce dernier a exigé la réécriture du scénario de la saison 2 de la série Paris Police 1900 produite par Canal+, gêné qu’on y parle de la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État et d’homosexualité. 

Ces lois de déconcentration veilleront également à empêcher à une seule personne ou un seul groupe de posséder, dans le livre comme dans les autres industries culturelles, toute la chaîne de production d’un secteur. On peut voir aussi le rôle crucial et dominant du réseau de distribution de Bolloré, et comment le fait de ne pas avoir accès aux grands réseaux distribution et la diffusion compte parmi l’un des plus grands obstacles pour l’édition indépendante. Il s’agira donc de refondre toute la chaîne de production du livre avec comme objectif principal la diversité et la pluralité des récits et des discours. 

Au-delà de la déconcentration, il s’agira également d’agir concrètement en faveur de la diversité. Pour cela, il s’agit de consolider un plancher de visibilité et même de vente pour la petite et moyenne édition. Cela passera notamment par une action publique qui veillera à reconstituer un réseau de librairies thématiques partout en France, la plus à-même de proposer des ouvrages issus de petites et moyennes éditions. Le CNL pourra aussi être un biais incitateur en prévoyant des financements spécifiquement attribués pour la mise en valeur de ces maisons d’édition. Cela se jouera également sur une action sur les réseaux de distribution afin de permettre aux petites maisons d’édition de profiter de ces services malgré des plus petits tirages. Enfin, nous envisageons également qu’un pourcentage des fonds alloués à la commande publique de livres pour les bibliothèques soit alloué à l’édition indépendante. Elles auront aussi pour incitation de privilégier la petite et moyenne édition à la grosse pour des acquisitions d’ouvrages, notamment de classiques, disponibles à la fois dans une grande maison d’édition et dans une plus petite. L’ensemble de ces mesures auraient pour but à la fois de garantir aux petites et moyennes maisons d’édition une visibilité et des ventes plus stables, mais également de mettre plus en valeur et de familiariser avec ces maisons moins connues dans les lieux de lecture du quotidien : librairie de quartier et bibliothèque. 

Enfin, des mesures déjà annoncées comme le soutien au développement des salons/festivals et la démultiplication de la place du livre et des autres arts dans l’audiovisuel public bénéficiera également à la bibliodiversité. 

Le Centre national du livre, organe central dans l'industrie, a vu son financement profondément modifié. Comment garantir une sanctuarisation des crédits qui lui sont alloués ? 

Jean-Luc Mélenchon : La bifurcation que nous entreprendrons dans la réinstitution du service public des arts et de la culture que nous proposons passera par la fin de l’austérité généralisée dans l’ensemble des domaines que l’action publique dans la culture concerne. Pour cela, nous porterons le budget consacré aux arts et à la culture à 1 % du PIB, soit une augmentation d’un tiers du budget de son seul ministère, proposition au cœur de notre programme depuis 2017. 

Le CNL est un outil précieux au rôle capital et bénéficiera des hausses de dotations nécessaires pour l’accomplissement de ses missions, et pour correspondre à l’ambition qui est la nôtre pour la lecture, les arts et la culture. Il nous est impensable que pour des raisons budgétaires le CNL se débarrasse du financement d’une institution dont il a la charge, comme ce fut le cas avec la MEL. 

(illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Dans la volonté d’action planifiée que nous avons, le CNL prendra toute sa place dans la politique que nous mènerons dans le livre. Le sortir de cette fragilité budgétaire lui permettra, comme toutes les autres institutions culturelles, de pouvoir envisager son action sur le temps long. 

Envisagez-vous la mise en place de certaines obligations, notamment environnementales, en matière de fabrication et de distribution des livres ? 

Jean-Luc Mélenchon : Nous avons regardé avec attention les recommandations du Syndicat national de l'édition (SNE) aux éditeurs sur le sujet. Dans le cadre de la bifurcation écologique que nous portons qui touchera également les arts et la culture, il sera nécessaire que certaines recommandations deviennent des obligations. Les recommandations du SNE pourraient constituer une base pour cela. 

Plus largement, notre programme vise à porter une nouvelle vague de démocratisation culturelle, avec comme point central une écologie politique qui irriguera l’ensemble de cette action. Cela passe par la bifurcation technique dans la production, mais également par cette volonté d’une culture de proximité et du quotidien que nous avons pu développer dans les autres réponses. Concernant le livre, le rapport à la librairie de quartier est ainsi bien plus écologiquement pertinent que le fait d’aller acheter ses livres au Leclerc de la zone industrielle au milieu de nulle part à 30 kilomètres (si ce n’est plus) de chez soi. Cela fonctionne également pour les camionnettes de livraison d’Amazon. 

Il s’agit également de relocaliser l’industrie de production de livres en France et ne plus fonctionner en grande partie avec des importations. On sait par exemple le bilan carbone désastreux des livres d’art produit en Chine ou au Vietnam, qu’il s’agira désormais de produire en France. Il faut mener une politique industrielle pour faire renaître une imprimerie en France qui ne reposerait pas que sur ces deux groupes majoritaires que sont CPI et Bussière. Ici aussi, la lutte contre la concentration et le monopole est au cœur de notre action. 

Quelles seront vos propositions pour garantir la liberté d'expression ? 

Jean-Luc Mélenchon : Comme nous avons également pu le voir dans les réponses précédentes, la liberté d’expression semble aujourd’hui principalement menacée par la concentration des médias et industries culturelles aux mains d’un petit nombre de groupes ou de milliardaires pour qui la diversité des discours, qui plus est des discours critiques, et des imaginaires, qui plus est des imaginaires alternatifs au capitalisme productiviste et néolibéral, n’est pour le moins pas une priorité si ce n’est quelque chose dont on peut se passer. 

Ainsi, c’est bien le retour d’un État planificateur dans les arts et la culture, un État qui permet et accompagne (et non pas qui dicte les esthétiques) sur le temps long, en donnant les moyens nécessaires à la diversité et en agissant pour la déconcentration, qui est à notre sens la meilleure garantie pour la liberté d’expression aujourd’hui. 

Comment faciliterez-vous l'accès des citoyens aux livres ? 

Jean-Luc Mélenchon : À ce sujet, voir l’ensemble de nos réponses sur le pouvoir d’achat des ménages, l’éducation artistique et culturelle, la place du livre dans l’audiovisuel public, l’Éducation et le soutien à la Francophonie. 

Quelles sont vos propositions en matière d'enseignement de la lecture et de lutte contre l'illettrisme ?

Jean-Luc Mélenchon : L’illettrisme touche plus de 2,5 millions de Français dans l’Hexagone. 40 % de la population est concernée à Mayotte, 20 % en Martinique, Guadeloupe ou Guyane. De plus en plus de démarches s’effectuant uniquement en ligne, les personnes illettrées perdent peu à peu l’accès à leurs droits et ne parviennent même plus à régler leurs factures ou à se déplacer. Nous voulons éradiquer enfin l’illettrisme. 

L’Avenir en commun fixe l’ambition d’éradiquer l’illettrisme pour les jeunes sortis du système scolaire et les adultes à l’horizon 2027. Cela suppose de prévoir les formations pour 2,6 millions de personnes sur le mandat. 

Nous prévoyons pour cela un budget de 1,3 milliard d’euros par an. À terme, cela sera bénéfique pour l’être humain, la société, l’économie et les finances publiques.
À ce sujet, voir le livret Éducation de l’Union populaire

Autre élément important : le service national universel (voir Livret Défense) permettra également d’avoir une visibilité sur l’alphabétisation de chaque génération et de déployer de manière plus précise la lutte contre l’illettrisme dans la jeunesse. 

Dossier - Présidentielle 2022 : les propositions des candidats pour le livre

Photographie : Jean-Luc Mélenchon au salon Livre Paris, en 2017 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 
 
 
 

DOSSIER - Présidentielle 2022 : les propositions des candidats pour le livre

Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com

6 Commentaires

 

SamSam

26/02/2022 à 19:58

C'est largement au-dessus des autres. Des propositions assez concrètes, un projet politique, une dynamique de redistribution, et de démantèlement de la puissance des grosses multinationoles qui oeuvre à dissoudre la Culture et sa valeur dans la marchandisation.

Djomaz

02/03/2022 à 15:54

Enfin un projet concret, sérieux, avec des arguments de poids.
Une lueur d'espoir.
Signé : un assistant d'édition en presses universitaires.

Daniel GAUTIER

03/03/2022 à 11:33

Enfin un candidat qui sait concrètement de quoi on parle quand on aborde le livre, sa création, son édition, et qui se sert de la campagne pour faire connaître des solutions. Enfin un candidat qui place l'économie là où elle doit être: au service des besoins essentiels. Enfin un candidat qui travaille à la construction d'une conscience collective humaine en cherchant à s'appuyer sur le peuple. Enfin un candidat dont chaque discours contribue à l'essor de la culture.

PetitImprimeur

10/03/2022 à 09:11

Pas un mot sur l'auto-édition, et pire, c'est la destruction de l'auto-édition à moyen terme qui se profile par l'avènement d'un outil étatique qui lui refusera d'être à la fois auteur et éditeur et distributeur on-line de ses oeuvres et de fixer un prix libre et rentable.
Dans son système fermé par l'état, comment un auteur pourra-t-il faire imprimer ses livres dans une imprimerie locale ou en print-on-demande puis les vendre lui même sur internet ?
Rien non plus sur le e-book. Ces auteurs seraient ils des sous-auteurs car ils n'ont pas opté pour le circuit historique du livre à la française éditeur/syndicat ?
Le monde évolue, on ne reviendra pas en 1980...

Catherine

02/12/2022 à 20:05

Grosse avancée pour les auteurs autrices la diffusion et les petites édition. Y a t il quelque chose de prévu pour les plasticiens-nes qui ne me semblent pas entrer dans le cadre. Seul les commissaires d'expo et médiateurs semblent concerné mais pas les artistes.

Tlaciar

20/09/2023 à 11:15

Bonjour
Je n'avais pas lu cet article, désolé de le commenter seulement maintenant...

1) "Il faut mener une politique industrielle pour faire renaître une imprimerie en France qui ne reposerait pas que sur ces deux groupes majoritaires que sont CPI et Bussière. Ici aussi, la lutte contre la concentration et le monopole est au cœur de notre action."

--- méconnaissance du marché de l'impression de livres : Bussière fait partie du groupe CPI... Celui-ci est le plus gros imprimeurs de livres en France (avec Firmin Didot et Brodard et Taupin).

2) "Cette offensive de concentration de la part de Bolloré se déroule avec des objectifs politiques précis à l’extrême droite de l’échiquier politique"

--- Amusant quand on voit que le prochain livre de JL Mélenchon (sortie fin septembre 2023) est publié aux Editions Robert Laffont... Cette maison appartient au groupe Editis, lui même propriété de Vincent Bolloré... Toutes celles et tout ceux qui vont l'acheter apporteront de l'argent à Vincent Bolloré...
;)

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23/03/2026, 15:32

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“Un livre visionnaire parle avant tout de notre époque“

Médiathécaire engagée dans le prix littéraire des Visionnaires, Nathalie Pascal participe à la sélection des romans proposés aux lecteurs. Pour elle, un texte visionnaire ne se contente pas d’imaginer l’avenir : il éclaire le présent et invite à réfléchir. À condition, insiste-t-elle, que la force du sujet s’accompagne d’une véritable écriture.

17/03/2026, 18:06

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Entre Montaigne, Nerval et Pascal Quignard : le voyage littéraire d’Éric Poindron

Passionné par les auteurs mineurs, les petites éditions, le tout jeune sexagénaire Éric Poindron nous parle de livres, de voyages et d’amitié à travers un récit autobiographique qu’on pourrait qualifier d’hybride. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

 

13/03/2026, 15:37

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La Peuplade a 20 ans : “Plus la maison va bien, plus on peut prendre des risques”

Fondateur de La Peuplade en 2006 aux côtés de Mylène Bouchard, Simon Philippe Turcot dirige aujourd’hui une maison québécoise solidement implantée au Canada et désormais installée dans le paysage français. À l’heure des 20 ans, il revendique moins la taille que le mouvement, moins la posture que l’élan. Portrait d’un éditeur qui traverse l’Atlantique comme il défend ses livres : sans relâche.

12/03/2026, 12:34

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“Internet, l’eldorado utopiste qui a fini en LIDL”

Il y a environ vingt-cinq ans Thierry Théolier faisait la couverture de Technikart. Avec son look original, branché, sa casquette Paris enflammée et son style unique, l’homme était coutumier des soirées mondaines, où il venait délibérément jouer les pique-assiettes et les provocateurs. Influencé par le concept de happening, Thierry, polyvalent, s’illustre à la fois sur le web, sur scène en tant que DJ, poète-performer, mais aussi en tant qu’auteur, et en tant que théoricien, volontairement « crevard », de la dude attitude, telle qu’exposée dans le Dude manifesto, essai publié en 2015. Propos recueillis par Etienne Ruhaud.

10/03/2026, 12:08

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Un chef-d’œuvre oublié d’une survivante d’Auschwitz enfin publié en France

Le 6 mars paraîtra aux éditions des Syrtes La Promenade de Mária Földes, « une véritable découverte littéraire », traduit du hongrois (Transylvanie) par Catherine Fay. Un roman autobiographique publié en 1974, écrit par une autrice de langue hongroise en Roumanie, survivante de la Shoah, oubliée ensuite par les vagues de l’histoire. 

02/03/2026, 12:04

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L'édition, “enjeu stratégique pour ces milliardaires en quête d’influence”

En octobre 2025, la députée Sophie Taillé-Polian (Écologiste et Social, Val-de-Marne), vice-présidente de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale, déposait une proposition de loi cherchant à empêcher « la constitution de monopoles économiques dans les secteurs des médias et de l'édition ». Elle revient pour nous, à l'occasion d'un entretien, sur les motivations derrière ce texte, pensé en réponse à un phénomène qui « représente un danger pour notre démocratie ».

25/02/2026, 10:10

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Science et âme : sommes-nous seulement notre cerveau ?

À un mois du rendez-vous parisien, La Conscience & l’Invisible, qui se tiendra au Grand Rex, voit son programme et ses intervenants susciter curiosité et intérêt. Dans la continuité des précédentes éditions conçues de concert, les éditions Guy Trédaniel s’associent à l’essayiste et conférencier Jean Staune. Cette rencontre rassemblera un large auditoire autour d’une interrogation qui résiste aux certitudes — ce que “nous” sommes, et ce qui, peut-être, subsiste lorsque le cerveau s’éteint.

23/02/2026, 15:31

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Prix Les Visionnaires 2026 : des romans pour éclairer le présent et interroger l’avenir

Bibliothécaire à la médiathèque Jean Rousselot, à Guyancourt (Yvelines), Grégory Launay est membre du jury du Prix Les Visionnaires 2026. À travers ce prix littéraire et territorial, il défend une vision de la lecture comme outil de médiation, de réflexion sur le monde contemporain et de dialogue avec les différents publics.

17/02/2026, 15:54

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Luciana Peker : “Aimer mieux, c’est aimer sans hiérarchie ni soumission”

La Saint-Valentin déborde de cœurs rouges, mais sous le vernis sucré, Luciana Peker tranche dans la chair du mythe romantique. Son enquête dissèque l’amour comme un champ de bataille intime, saturé d’héritages politiques, de domination feutrée et de déséquilibres affectifs. Entre désir sincère et architecture sociale, elle dévoile une cartographie du sentiment où le pouvoir circule, s’infiltre et modèle les corps, les choix et les silences, loin du conte amoureux vendu comme universel.

17/02/2026, 09:35

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Agents littéraires : la mutation silencieuse qui transforme la carrière des écrivains

C’est un petit séisme auquel a assisté l’édition voilà une semaine : après la publication d’une quinzaine d’ouvrages et près d’un million de livres vendus, Patricia Darré décidait de collaborer avec Mickaël Palvin fondateur de l’agence littéraire Héraklès. Pourquoi ce choix, quand la notoriété et la réussite sont avérées ? Et que dit cette relation nouvelle de l’époque ?

13/02/2026, 17:01

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Les Passantes : des vies effacées qui éclairent l’Histoire

Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

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Bernard Werber : “L'imagination est un artisanat qui réclame une certaine rigueur”

Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

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Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

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“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

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Radiographie du Brésil : “On vit encore aujourd’hui les résultats de chaque mauvais choix”

Plonger dans Eldorado, c’est embarquer à l’arrière d’un camion brinquebalant, quelque part entre une saga familiale, une radiographie politique et un western tropical sans héros. Marcello Quintanilha raconte le Brésil comme on raconte une cicatrice : sans pathos, avec précision, en laissant affleurer la colère, la tendresse et les regrets. Un roman graphique comme une confession à ciel ouvert, où l’histoire intime devient un procès-verbal du siècle.

23/01/2026, 16:00

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Lire les images : le pari du livre de photographie en bibliothèque

Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.

22/01/2026, 10:14

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Toujours vient la nuit : l'art poétique de Robert E. Howard, créateur de Conan le Barbare

Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.

22/01/2026, 09:57

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Format, papier, rythme : le travail invisible derrière les livres photo

Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.

22/01/2026, 07:16

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Congo-Brazzaville : “Nos histoires méritent d’être imprimées, lues et transmises”

Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

19/01/2026, 12:34

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Feryane, 34 ans de grands caractères : “Une belle aventure“ qui s’achève

Créée en 1991 et basée à Viroflay dans les Yvelines, la maison d’édition Feryane, spécialiste des rééditions en grands caractères, a annoncé sur son site sa cessation d’activité au 31 décembre 2025. L’entreprise familiale laisse derrière elle plusieurs centaines de titres, et une histoire de lecture partagée, portée dès l’origine par une femme convaincue qu’un lecteur malvoyant devait pouvoir lire « la même chose que sa cousine ».

15/01/2026, 17:10

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Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf : le cri d’une mère courage

« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

15/01/2026, 16:46

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Et si le webtoon sauvait la BD sur smartphone ? L’expérience inattendue de Bang !!

À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.

15/01/2026, 16:09

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“La mémoire des Européens semble figée et anesthésiée“ : entretien avec François-Michel Durazzo

Première moitié du XIXème siècle… Fils d’une tenancière de bordel, l’aventurier viennois Redo Hauptsammer débarque dans l’austère commune de Szonden, bourgade imaginaire située dans le détroit de l’Oder, en Prusse orientale. Par Étienne Ruhaud.

14/01/2026, 11:48

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Simon de Jocas : “Être éditeur, c’est aller à la rencontre de l’autre”

Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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À Marseille, des livres de montagne et de nature pensés pour les enfants

À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.

 

13/01/2026, 10:00

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre”

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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Esthétique du dévoilement : faire politiquement de la littérature

Le travail de Michael Roch s’inscrit dans celui d'une génération d’auteurs cherchant à renouveler les formes narratives pour mieux rendre compte des réalités politiques et culturelles du monde contemporain. Dans ce texte, il défend une « esthétique du dévoilement » qui rompt avec les formes héritées et revendique une littérature qui nomme, explicite et engage le lecteur face aux mécanismes de domination.

21/04/2026, 16:22

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Contrats d’auteur : les écrivains réclament une réforme face à la concentration

Le Conseil permanent des écrivains (CPE) alerte sur les effets de la concentration croissante dans l’édition, relancée par l’éviction d’Olivier Nora chez Grasset. Dans une tribune reproduite ci-dessous, l’organisation appelle à adapter le cadre légal et à rouvrir les discussions avec les éditeurs, notamment sur les contrats d’auteur, la durée des cessions de droits et le respect du droit moral.

21/04/2026, 16:03

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“L’enfance est précieuse et fragile, la littérature essentielle” : les auteurs Grasset Jeunesse inquiets

Un collectif d'auteurs des éditions Grasset Jeunesses se mobilise à travers une tribune pour soutenir « la liberté de création [qui] est indispensable aux bons livres ». Alors que la maison fait l'objet d'une attention médiatique à la hauteur de ce qu'elle traverse, ActuaLitté publie leur texte en intégralité.

21/04/2026, 15:31

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Clause de conscience : “Il s’avère impératif que le gouvernement s'engage”

Exclusif – Vice-présidente du Sénat, membre de la commission culture, éducation et communication, la sénatrice Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine, groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) appelle aussi de ses vœux, après les événements au sein du groupe Hachette, à la création d'une clause de conscience pour les auteurs. Mais cet ajout au contrat d'édition ne pourra se faire rapidement qu'avec le soutien du gouvernement, qu'elle interpelle par un courrier à Catherine Pégard, ministre de la Culture. Il est reproduit ci-dessous, en intégralité.

21/04/2026, 08:35

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Les festivals littéraires montent au créneau après le départ d’Olivier Nora

Les responsables de festivals et manifestations littéraires réunis au sein du réseau RELIEF prennent la parole après l’éviction d’Olivier Nora. Dans un texte collectif, ils expriment leur attachement au rôle des éditeurs dans la chaîne du livre et leur inquiétude face aux conséquences pour les équipes. Ils rappellent l’importance du lien construit avec les auteurs et le public, dans un contexte de fragilisation de la lecture. Une prise de position qui souligne aussi les équilibres du monde éditorial contemporain.

20/04/2026, 16:12

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Grasset : face à “la mise au pas”, la CFDT réclame des “garanties d'indépendance éditoriale”

L'interventionnisme de Vincent Bolloré dans les entreprises dont il est le propriétaire n'est pas une nouveauté. Mais, en limogeant le PDG des éditions Grasset, le milliardaire réactionnaire a rendu plus visibles les risques que fait courir la financiarisation de l'édition sur l'organisation des maisons et leur production. Dans un texte reproduit ci-dessous, la CFDT Livre-Édition appelle le Syndicat national de l'Édition et les pouvoirs publics à agir, sans tarder.

20/04/2026, 11:52

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“Entendre le peuple ? Mais à quoi bon : nous savions très bien ce qu’il lui fallait”

Sous couvert de réforme administrative, la transformation annoncée de la Sécurité sociale des artistes-auteurs ravive un vieux soupçon : celui d’un pouvoir qui consulte sans jamais infléchir ses décisions. Entre continuité assumée des pratiques, marginalisation des représentants élus et contournement du cadre législatif, le récit d’une modernisation tourne à la critique d’un système fermé sur lui-même. Lady En Passant quelque chose à nous en dire.

19/04/2026, 14:34

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Grasset à l'ère Bolloré : “Ce n’est pas une coïncidence, c’est une méthode”

ANALYSE – La séquence ouverte par la reprise en main de Grasset, au sein d’un groupe lui-même intégré à l’écosystème constitué par Vincent Bolloré, s’inscrit dans une logique désormais identifiée au-delà du seul cas français. Le rapport Right to Write de la Fédération des scénaristes d’Europe décrit précisément ces configurations, où concentration des médias, recomposition des directions culturelles et transformation des conditions éditoriales convergent vers un même objectif : encadrer les récits en circulation dans l’espace public.

19/04/2026, 12:26

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“Le livre ne produit plus de la pensée, il produit un message”

Concentration capitalistique, soupçons d’alignement idéologique et rupture avec une tradition éditoriale pluraliste : la mise à l’écart d’Olivier Nora après vingt-six ans à la tête de Grasset agit comme un révélateur. Thibault Leonard, fondateur de Primento, analyse cette recomposition du paysage du livre interrogeant l’indépendance des catalogues et, au-delà, le rôle démocratique de l’édition. 

19/04/2026, 12:02

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“Ce que l’affaire Olivier Nora m’inspire en tant qu’éditrice indépendante”

« Après Grasset, à qui le tour ? » La question que pose Sophie Caillat, présidente des éditions du Faubourg, maison indépendante, a quelque chose de piquant. Mais elle donne surtout l’occasion de partager quelques remarques, formulées dans un post et que nous reproduisons ici avec son autorisation. 

18/04/2026, 10:51

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Grasset, ou la “prédation” des actionnaires

Après l’éviction d’Olivier Nora de la tête de Grasset, la Société des Gens de Lettres dénonce une emprise croissante des actionnaires sur les orientations éditoriales. Dans un communiqué offensif, l’organisation alerte sur un risque systémique pour la liberté de création et appelle à des mesures d’urgence, de la clause de conscience à une régulation accrue du secteur.

18/04/2026, 10:26

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Roland Topor : derrière l’humour noir, l’exil

Avec la réédition de La Plus Belle Paire de seins du monde, publiée par L’Arbre vengeur, l’occasion est donnée de redécouvrir, derrière le farceur génial, un écrivain de l’exil, du masque et de l’inquiétude. Par Charles Garatynski.

17/04/2026, 18:04

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Fayard, Grasset : les libraires dénoncent la “mise au pas” d'Hachette par Vincent Bolloré

Après Fayard, Grasset : le limogeage d’Olivier Nora cristallise les inquiétudes d’une profession confrontée à une transformation brutale du groupe Hachette. Dans cette tribune, le syndicat des libraires dénoncent une reprise en main idéologique et ses effets sur l’équilibre du secteur. Au-delà d’un départ, c’est toute la chaîne du livre qui se dit fragilisée.

16/04/2026, 18:13

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“Entre grands groupes et précarité, le choix est devenu impossible”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires publie une tribune offensive dans le contexte de la crise chez Grasset. Le syndicat y dénonce une concentration accrue du secteur, qu’il associe à un « tournant politique et économique » depuis la prise de contrôle d’Hachette par Vincent Bolloré. Évoquant une dégradation des conditions de travail et une évolution des lignes éditoriales, il appelle l’ensemble des professionnels du livre à se mobiliser collectivement.

16/04/2026, 18:05

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Vous qui quittez les maisons du groupe Bolloré, “réservez vos écrits à des éditeurs indépendants”

Alors que les réactions d’auteurs et d’éditeurs se multiplient dans le secteur après l'éviction d'Olivier Nora par le groupe Bolloré, Étienne Galliand, éditeur indépendant, prend la plume. Il revient sur sa rencontre avec André Schiffrin, figure majeure de la critique de la financiarisation de l’édition, et livre un texte à la fois personnel et engagé en faveur de l’édition indépendante. L'éditeur alerte sur les dérives actuelles et invite les auteurs à soutenir concrètement le monde de l'édition.

16/04/2026, 15:48

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Auteurs et groupe Hachette : partir est possible, mais juridiquement contraint

Bolloré a encore frappé. Mardi 14 avril restera dans les annales du groupe Hachette Livre : Olivier Nora, homme « charismatique » comme le souligne Le Monde, à sa tête depuis plus de vingt ans, s’est fait évincer par le groupe Bolloré. Un très grand nombre d’auteurs et d’éditeurs ont vite réagi et montré publiquement leur soutien et leur mécontentement : ils veulent partir. Mais ce n’est pas si simple que ça…

16/04/2026, 10:49

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“74 % des Français considèrent les hommes politiques comme corrompus”

Comment, diable, peut-on se lever un matin et, « en se rasant », avoir l’idée de créer un jeu sur la politique, à l’heure où (presque) plus personne n’y croit ? Oser s’amuser de la rubrique « faits divers » de la vie publique, alors que, H24 7/7, le monde entier la commente sur le zinc des plateaux et des réseaux ? Et qui plus est, préciser en gros et en gras, que ce nouveau jeu satirique ne s’adresse qu’« aux pourris uniquement » ?

16/04/2026, 10:32

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Axel Springer, Hachette, Carlson : l’édition bascule dans la dimension politique

Des États-Unis à l’Allemagne, la publication de livres ne relève plus seulement d’une logique de catalogue. Avec la filiale lancée par Tucker Carlson, l’expansion d’Axel Springer dans la presse anglophone et la reprise en main d’Hachette en France, une même tendance se dessine : des lignes politiques plus visibles autour de communautés déjà constituées.

15/04/2026, 15:43

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Sophie de Closets, Olivier Nora : qui sera la prochaine “victime” de Sarkozy chez Hachette ?

Le départ d’Olivier Nora éclaire une séquence de tensions anciennes entre pouvoir politique et direction éditoriale au sein du groupe Hachette. À travers les relations conflictuelles entretenues avec Nicolas Sarkozy, puis les recompositions imputées à Vincent Bolloré, se dessine un affrontement durable autour de l’indépendance des maisons d’édition, entre influence, gouvernance et liberté de publication.

15/04/2026, 11:22

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Zapping : j'ai sauté les pages... d'un livre audio (et ça mérite d'être raconté)

Sauter des pages dans un livre papier relevait déjà d’une petite entorse à la lecture classique – bien que cautionnée par Daniel Pennac. Avec le livre audio, ce geste devient invisible, presque banal. Pourtant, avancer dans un récit, ignorer des passages ou accélérer l’écoute transforme profondément notre rapport au texte, entre liberté nouvelle et fragmentation de l’expérience narrative.

14/04/2026, 16:18

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Écrans, parents, école... Comment expliquer le déclin de la lecture chez les jeunes ?

Le Centre national du livre a présenté, ce mardi 14 avril, les résultats de son étude consacrée aux pratiques de lecture des jeunes Français, âgés de 7 à 19 ans. Si le nombre de jeunes lecteurs reste stable cette année, l'activité décline avec l'âge, en particulier chez les garçons, tandis que l'attention des jeunes lecteurs est captée par les écrans. Pour la présidente du Centre national du livre, Régine Hatchondo, il est temps de « massifier » les actions de promotion de la lecture, alors que les dépenses publiques sur le sujet sont en baisse.

14/04/2026, 14:59

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Jessica Mazencieux : “Dieu a un plan. Pas de chance, moi aussi.”

Dieu a un plan, moi j’ai une réunion à 14 heures de Jessica Mazencieux ne s’impose pas par une ambition formelle démonstrative, mais par une énergie immédiate, presque brute, qui traverse chaque page. Une voix s’y fait entendre — au sens propre comme au sens figuré — et c’est sans doute là que réside sa première force : une sincérité rarement prise en défaut. Probablement l'histoire d'un parcours éditorial qui n'y est pas non plus étrangère.

14/04/2026, 14:50

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La Complainte des Boîtes à Livres : “Nous ne voulons plus nous taire”

Durant une trentaine d’années passées dans le monde du livre, Laurence H. aura exercé différents métiers en diffusion, distribution et peut-être d’autres encore. Depuis quelque temps, elle a rejoint le monde professionnel du spectacle vivant. Mais elle renoue parfois, et volontiers, avec l’édition. « Et vous êtes un de ces liens », écrit-elle à ActuaLitté. Elle nous adresse un texte, « une saute d’humeur en quelque sorte ».

14/04/2026, 14:31

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Ebook : Thotario instaure un droit de suite pour les oeuvres numériques

Le numérique a transformé l’accès aux œuvres, mais a figé leur circulation économique. Livres numériques et jeux vidéo restent enfermés dans des droits d’usage, sans véritable marché secondaire. En s’appuyant sur un système de revente encadrée et de rémunération continue des créateurs, Thotario propose un modèle inédit, à la croisée du droit, de la technologie et des usages culturels. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

14/04/2026, 12:23

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Francophonie : le braille devient un enjeu mondial d’accès à la lecture

La francophonie affiche une croissance soutenue à l’échelle mondiale, mais se confronte à un défi majeur : garantir un accès réel à la lecture et à l’écriture pour tous. Portée par des initiatives internationales autour du braille et de l’inclusion, une nouvelle dynamique s’organise. Institutions, enseignants et réseaux émergents redéfinissent les conditions d’une langue véritablement accessible.

14/04/2026, 09:43

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Prix Les Visionnaires : “On sort grandis et nourris de ce débat”

Ce samedi 11 avril, à Saint-Quentin-en-Yvelines, le Prix du livre Les Visionnaires a été décerné à Gabrielle Filteau-Chiba pour son roman Hexa (Stock). Le texte a été choisi parmi une sélection de trois ouvrages par le public et par un jury, lequel a échangé et confronté ses avis pendant près de deux heures avant de se prononcer. Nous avons pu assister, en toute discrétion, à ces délibérations.

13/04/2026, 16:57

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Conteuse : faire de la Prose sans le savoir ?

Lancé comme une solution hybride entre application et objet dédié, Prose s’inscrit dans un segment en pleine expansion : celui des dispositifs visant à simplifier l’accès au livre audio, en particulier pour des publics éloignés du numérique. Son positionnement repose sur un solution simple : rendre l’écoute aussi immédiate que possible, sans frictions techniques.

12/04/2026, 14:25

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“Habiter le monde poétiquement, c’est la seule issue”

Au Livre à Metz, l’édition 2026 a choisi pour fil conducteur une question simple en apparence : « Habiter le monde ». Derrière ces mots, un thème vaste, ouvert, qui traverse les livres, les imaginaires et les façons de vivre. En ce samedi de salon, entre rencontres d’auteurs et déambulations, nous avons pris le parti de poser la question telle quelle, sans détour, aux visiteurs. Avant de leur révéler qu’elle était au cœur de cette édition - et de voir comment, à travers la lecture, chacun tente d’y répondre à sa manière.

12/04/2026, 09:41

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“Les auteurs sont en économie de guerre toute l’année”

Face à la précarité structurelle des auteurs, revient l'idée de créer un statut d’« intermittents de l’écrit », inspiré de celui du spectacle, afin de garantir un revenu stable et une reconnaissance professionnelle. Cette tribune met en lumière une économie fragilisée où les écrivains, pourtant au cœur de la chaîne du livre, peinent à vivre de leur activité. Par Mathias de Breyne. 

11/04/2026, 09:47

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Marché du livre au 1er trimestre 2026 : ce que disent les chiffres

Les ventes de livres reculent en ce début d’année 2026, mais le phénomène dépasse la simple baisse conjoncturelle. Derrière les chiffres du premier trimestre, un basculement s’opère : les lecteurs achètent moins, arbitrent davantage et redéfinissent la hiérarchie des titres. Le marché entre dans une phase plus sélective, où visibilité, recommandation et justesse éditoriale deviennent décisives. Par Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco.

10/04/2026, 09:31

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Et si la lecture était une saine addiction ?

Face à l’érosion du temps de lecture et à la domination des écrans, la Fnac déploie une campagne nationale au slogan provocateur : « Une autre addiction est possible. » L’enseigne entend réhabiliter le plaisir de lire sans culpabiliser, en mobilisant ses librairies, ses événements et ses réseaux. Une offensive culturelle qui interroge : la lecture peut-elle encore reconquérir l’attention collective ?

09/04/2026, 15:59

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Et si lire rendait les Français plus heureux ? Ce que révèlent les études

L’enquête Ipsos sur le bonheur en 2026 ne parle presque jamais de livres. Pourtant, en croisant ses résultats avec les travaux sur la lecture-plaisir, un faisceau cohérent apparaît : famille, santé mentale, sentiment de sens, qualité de l’attention, sociabilité. Autant de dimensions que le livre ne mesure pas directement, mais qu’il façonne en profondeur, de l’enfance aux bibliothèques.

03/04/2026, 06:00

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Quais du Polar 2026 : qui domine vraiment le polar aujourd’hui ?

À Lyon se déploie chaque année une programmation d’envergure internationale, reflet apparent de la vitalité du roman noir. Mais que révèle cette sélection lorsqu’elle se confronte aux dynamiques réelles du web littéraire ? En croisant la liste des auteurs invités avec les indicateurs de visibilité, une autre géographie du festival se dessine : moins institutionnelle, plus révélatrice des circulations effectives des œuvres, des hiérarchies d’audience et des mutations profondes du genre.

02/04/2026, 17:30

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“Moins de publications !” : Jeanne & Juliette, le pari d’un modèle éditorial différent

Après plusieurs années passées au sein de Media Participations, Jeanne & Juliette choisit de retrouver une pleine autonomie éditoriale. Une décision mûrie, moins comme une rupture que comme un recentrage, afin de poursuivre son développement avec justesse, exigence et une relation toujours plus directe avec ses lecteurs. Par Virginie Bégaudeau, fondatrice.

31/03/2026, 12:35

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Thotario mise sur l’Europe pour changer le destin du livre numérique

À force de confier nos bibliothèques dématérialisées à des silos fermés, nous avons fini par prendre l’impuissance pour une loi naturelle. Clic après clic, achat après achat, la culture numérique s’est laissée border par des interfaces venues d’ailleurs. Puis surgit une jeune pousse française qui ne demande pas la permission : elle attaque la circulation des œuvres, la revente, la valeur, et, derrière tout cela, une vieille question européenne restée sans réponse. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

30/03/2026, 13:03

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“Lire dans le bain n’est pas dangereux (sauf si tu t’endors)”

À Bruxelles, la 55e Foire du livre érige le papier en acte de résistance. Sous le mot d’ordre « défier le futur », le livre s’affirme sans cookies, sans surveillance, sans algorithmes. Objet autonome, il protège l’anonymat, échappe aux mises à jour et refuse l’économie de l’attention. Lire devient alors un choix, presque un manifeste, face aux logiques numériques dominantes. Voici une déclaration d'amour à la lecture, que nous adresse la Foire...

28/03/2026, 10:08