#Librairie

Aucune commande de nouveautés “livre” chez Fnac, sauf de best-sellers ?

ENQUÊTE – « On ne peut pas dire qu’ils jouent le jeu de la reprise. » Cet éditeur d’imaginaire n’a rien d’un cas isolé : depuis la réouverture partielle des boutiques Fnac, les maisons assistent à un étrange ballet de livres. Des retours, en masse, des commandes de nouveautés annulées pour les points de vente, et pourtant, un site internet hyperactif.

Le 29/05/2020 à 15:17 par Nicolas Gary

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29/05/2020 à 15:17

Nicolas Gary

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ActuaLitté

Dans un premier temps, le secteur de l’imaginaire a cru à une attaque ciblée. « Ils n’ont même pas ouvert nos cartons, tout a été retourné illico », nous indique l’un d’entre eux. Plus gravement, son diffuseur lui assure « qu’aucune nouveauté ne sera prise. Les opérations sont ajournées, au moins jusqu’en septembre ».

L'imaginaire en première ligne

Le couperet tombe sévèrement. « Fnac, l’imaginaire peut difficilement s’en passer. Même si la situation évolue positivement, très positivement, depuis deux ans, les librairies généralistes n’ont pas encore pris le relais pour ce genre », constate une éditrice.

Dans les faits, « à travers la France, les offices sont bloqués pour les établissements. Les prises de notés ont été littéralement effacées. » Comprendre : les ouvrages qui devaient être fournis, parce que commandés, disparaissent. Or, pour certains genres, comme la SF, justement, on estime que Fnac représente 50 % des ventes. On comprend mieux pourquoi la sonnette d’alarme est venue de ce côté.

Plus encore : à cette heure, la majorité des livres ne sera donc pas en magasin. « Pour certains titres, dans l’imaginaire, l’enseigne représente les 3/4  des la mise en place », indique une reponsable dans la diffusion. « 50 % des mises en place de ce genre s’opèrent chez Fnac : c’est une catastrophe pour les maisons. »

Problème : le phénomène est général, toutes les maisons sont concernées. Ou plus spécifiquement, tout ce qui ne relève pas du best-seller est frappé. « Bizarrement, si l’on fait un tour dans les rayons, les Dicker ou Musso n’ont pas subi le même traitement », note un chargé de relation libraire. « C’est inadmissible. Tout retourner, tout annuler sans rien mis en place pour reprendre l’activité, on court à la catastrophe. Dans la trésorerie des maisons, d’ici trois mois, on aura des trous abyssaux. »

Le web commande, oui, mais...

Une maison de littérature générale en atteste : « Cette mesure s’apparente à de la rétorsion : tout le monde devait faire l’effort nécessaire pour la reprise. La diffusion avait pris des dispositions, la librairie s’investit également. L’attitude de Fnac est incompréhensible. »

Du côté de la diffusion, justement, un directeur des ventes assure que les commandes existent, mais centralisées. Avec manifestement un intérêt tout particulièrement porté sur le site internet, Fnac.com. « D’ordinaire, la plateforme nous passe des commandes pour une cinquantaine d’exemplaires. Là, on est à 250 pour l’un de nos titres », s’étonnait une maison parisienne. 

De fait, les libraires de Fnac sont incités à… proposer aux clients d’acheter en ligne. « Cela dit, même si les quantités habituelles montent pour le web, les magasins restent à zéro… », reprend l’éditeur. Seule perspective : tout faire pour que les librairies récupèrent la mise, « et gagnent par ce biais de nouveaux lecteurs, en particulier pour ces domaines, fantasy, SF, etc. ». 

La plateforme web passe bel et bien des commandes : « On nous explique qu’ils ne commanderont pratiquement rien à l’office et piloteront le réassort dans les jours qui suivront la parution. Cela dépendra de l’ouverture des Fnac et de la reprise économique », reprend un grand distributeur. « Mais les 500 millions € de l’État, à quoi servent-ils sinon à aider la reprise ? » 

Les best-sellers trouvent leur voie

« La difficulté que rencontre Fnac découle de leur système logistique : les livraisons sont centralisées, en effet, et redistribuées dans les magasins », pointe un éditeur. « Or, ce modèle ne fonctionne qu’à condition que tous les magasins soient ouverts. » En l’état, plusieurs succursales de centres commerciaux, en région parisienne ou encore à Lyon, ne peuvent pas ouvrir. De là l’attente de nouvelles consignes de déconfinement de la direction.

La réponse s’entend : Fnac l’a servie à une multitude d’interlocuteurs. Cependant, note un distributeur, « cela reste bizarre, voire incompréhensible : si la logistique dépend de l’ouverture de l’ensemble des magasins, comment font-ils pour parvenir, malgré tout, à commander des best-sellers » ? 

Comme si l'enseigne devenait la caricature d'une situation qui se tend, dans le commerce du livre : « Ce n’est pas propre à la Fnac : beaucoup de librairies opèrent des retours, et commandent les livres retournés le lendemain. La stratégie permet de repousser les échéances de paiement », souligne un directeur littéraire. « La logique repose sur l’idée de valoriser les chevaux de course du fonds et des nouveautés. Les titres sortis voilà trois mois, on ne les reverra jamais. »

D’un côté, un « manque à gagner qu’on ne récupérera jamais », se désole une responsable littérature, de l’autre cette absence d’implantation des nouveautés. Dans un courriel à ses partenaires, un diffuseur révèle ainsi que les nouveautés de mai, juin, voire juillet, ne seront pas travaillées. 

Fnac Forum 2017

« Pendant ce temps, Amazon a rouvert ses entrepôts vendredi, grâce à un accord syndical, et a immédiatement passé des dizaines de milliers de lignes de commandes aux distributeurs. » Histoire d’alimenter les lecteurs, bien entendu : pendant ce temps, des centaines de références sont affichées comme indisponibles chez Fnac.com... paradoxal.

Et pendant ce temps, dans les entrepôts

Chez les distributeurs, on marche sur des œufs : impossible de critiquer ouvertement la Fnac, mais difficile de ne pas prendre conscience de ce qui s’en vient. « Il faut se montrer réaliste : si Fnac ne prend pas les nouveautés, elles se retrouveront stockées dans nos entrepôts, et… »

La phrase ne s’achèvera pas, bien que la conclusion vienne naturellement : le stockage sera facturé aux éditeurs. Dilemme infernal et double peine, qui impliquera des aménagements farouches. « Ça va négocier dur », redoute un responsable d’entrepôt. 

D’autant que, si les livres ne partent pas, alors que les espaces pour les entreposer débordent presque, comment gérer l’arrivée de nouveaux titres ? « Là, une taxe sur le pilon ferait mal », rit jaune une éditrice. Pourtant, l’interrogation persiste, un peu comme une remontée acide.

En outre, chacun a bien conscience que les libraires de Fnac ont les mains liées. « Quand on échange avec eux, c’est plus du désarroi ou de la colère, parce qu’ils n’ont pas de solutions », reprend un relation libraire. « Nous avons tous besoin que l’interprofession joue le jeu. Fnac incarne malheureusement un symptôme plus global. »

Un raté dans le redémarrage

Sollicitée, la Fnac n’a pas retourné nos demandes d’éclaircissements. Côté libraires, en revanche, on se montre bien plus prolixe. « Désormais, les nouveautés sont paramétrées par le siège, cela nous a été détaillé en CSE », nous indique-t-on à Paris. « Tous les magasins de catégorie B passent par le pilotage central – l’organisme parisien qui décide des quantités reçues en magasins, quelles nouveautés ou non, les proportions et la gestion du réassort. »

Avec les premières sueurs froides : d’ordinaire, l’algorithme établit un calcul simple, par lequel tout livre vendu est réassorti, pour préserver un stock égal. « Si le livre se vend à un exemplaire chaque mois, ça fonctionne. Mais si l’on est à un rythme d’un exemplaire tous les six mois ? », interroge une libraire.

Fnac Forum 2017

Pour les best-sellers, la centralisation fonctionne traditionnellement en établissant des quantités — idem pour des titres spécifiquement sélectionnés (premier roman, enjeu majeur d’une maison, etc.). Pour les petits joueurs, les vendeurs ont les coudées plus franches. « Nous avons eu la confirmation que les commandes directes seraient normalement honorées — avec une vérification au niveau du siège malgré tout », poursuit-elle.

Mais cette question épineuse des nouveautés demeure : « Grosso modo, nous a-t-on dit, les fournisseurs livrent à un endroit, qui s’occupe de répartir sur les magasins. Or, la machine qui trie les nouveautés et fonds n’a été remise en service que tardivement. Conclusion, les livraisons sont incorrectes, pas expédiées au bon moment ni dans les bonnes quantités. »

Le 20/80 mis en oeuvre

Un élément de réponse supplémentaire, auquel s’ajoute « la volonté claire de prioriser le 20/80. La grosse cavalerie de supermarché, celle qui permet de ne pas perdre les ventes établissant l’essentiel du chiffre, nous en disposons », reprend une libraire de province. « Finalement, les gens achèteront ce qu’il y a, a-t-on entendu. Et les petites nouveautés ne pèsent pas suffisamment dans la balance pour que l’on s’en préoccupe. »

Autre signe : inciter fortement les libraires à suggérer de passer commande via le site internet. « Comme nous ne pouvons pas recevoir de nouveautés à parution ni de fonds, le report quasi systématique vers Fnac.com a été non pas imposé, mais vivement encouragé », souligne-t-on à ActuaLitté.

Et de toute manière, les représentants ne sont pas attendus avant plusieurs semaines. « Suivant les magasins, ce sera mi-juillet, voire fin juillet. Mais il serait étonnant qu’on les revoie avant septembre : août est une période creuse, et à la rentrée nous travaillons les offices de septembre. » Dont acte.

Rayons vidés, retours incohérents

Pendant ce temps, les rayons se dégarnissent à vue d’œil, voire sont extrêmement vides. « Nous avons rencontré un problème avec les retours — un manque de personnel à la centrale de Massy, selon la direction. Nous nous retrouvons avec un surstock de Noël et de début d’année, et l’obligation d’attendre mi-juillet pour opérer les retours que l’on estime nécessaires. »

Dans l’intervalle, la direction a fourni des listes imposées de renvois d’ouvrages. « Pas des quantités, hein : juste les invendus de plus de 9 mois. Incohérent ! », s’agace un responsable de rayon dans le sud-ouest.

« Le retour en magasins s’effectue d’ailleurs dans des conditions de sécurité assez moyennes. On fait la police en demandant aux gens de mettre leur masque correctement. Mais l’essentiel de notre travail, la commande, le réassort, la constitution de l’offre et le conseil, tout cela disparaît. »

Libraire ou... magasinier ?

Pire : certains y lisent « le passage à un test grandeur nature, d’un pilotage centralisé pour toutes les Fnac. Nous ne sommes plus libraires, on fait de nous des magasiniers. Je n’ai pas signé pour ça », conclut-il. « Aucune véritable info n’est fournie : il aura fallu se faire passer entre établissements le peu que l’on savait. La gestion du confinement s’est avérée complexe, mais le déconfinement n’est pas bien glorieux non plus. »

Au point, et les connaisseurs savoureront ce détail, que l’annonce de la liste pour le prix du roman Fnac a été décalée. L’an passé, elle avait été présentée le 10 juillet : cette année, il faudra attendre… le 25 août. Selon nos informations, pour la semaine 21, le groupe accuse un recul de 40 % de son chiffre d’affaires Livre (+ diversification produits éditoriaux, type papeterie).

« Logique », déplore une libraire, « certains magasins enregistrent un recul de 75 % pour les entrées. Alors oui, le taux de transformation est excellent : les clients viennent pour acheter, pas pour flâner. Mais ils sont très peu nombreux… »

Avec les nouvelles consignes communiquées par le Premier ministre ce 28 mai, la situation évoluera certainement. En attendant...

photos ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com

42 Commentaires

 

Vincent Gimeno

29/05/2020 à 16:09

De toute façon l'on sait depuis longtemps que la Fnac a participé à la destruction de la librairie dans son ensemble, et cela date des années 90 déjà.
Il suffit donc de se rendre chez un libraire indépendant...

Michèle Kahn

29/05/2020 à 19:15

En effet, mon roman paru en mars 2020, "La fiancée du danger, Mademoiselle Marie Marvingt" (Ed. Le Passage)est indisponible dans tous les sites Fnac : https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0!1&Search=la+fiancée+du+danger&sft=1&sa=0. Merci d'avoir attiré l'attention de vos lecteurs. Rien ne vaut les librairies indépendantes.

Julien Sorel 2020

02/06/2020 à 09:48

@Michèle Khan: Vous avez raison, Michèle: votre livre doit être présent dans toutes les librairies indépendantes :lol: :lol: :lol:

Kâ

29/05/2020 à 21:01

Merci Vincent pour ce commentaire.
En effet il suffit de se rendre essentiellement chez son libraire !

Fakeinfo

29/05/2020 à 21:10

C'est quand même beau ces articles a charge avec aucune source vérifiable car toutes anonymes. J'adooore. Pour info j'ai acheté en magasin Fnac des petites nouveautés en roman et sciences humaines cette semaine. So ???

Nicolas Gary

30/05/2020 à 07:46

Bonjour
Moi, ce que je préfère, ce sont les faux commentaires, de faux gens, anonymement courageux, qui viennent mettre en doute notre travail.

Ninja

29/05/2020 à 22:54

Perso, je suis dans un Leclerc (je ne dis plus espace culturel leclerc) vu que l'on a déménagé dans l'hypermarché et mis à part mon travail avec les représentants, je n'ai plus l'impression d'être libraire mais d'être aussi magasinier, surtout maintenant post-déconfinement. -'

Fakeinfo

30/05/2020 à 08:30

J'utilise volontairement le même mode de communication que celui des sources de votre article monsieur Gary et vous arrivez sur mon commentaire à la même conclusion que moi sur votre article. Finalement nous sommes d'accord.

Nicolas Gary

30/05/2020 à 09:45

Bonjour (la politesse, logiquement, ne demande pas de courage particulier)
Vous faites ce que vous voulez, comme vous le voulez, et vous voyez, si vos commentaires sont publiés c'est que l'on trouve que l'anonymat est aussi un chose acceptable.
Maintenant 2 choses : voilà plus de 10 ans que nous travaillons dans l'industrie, nos sources sont fiables.
Et parce qu'en 12 années, nous avons respecté l'anonymat, et protégé nos sources, les infos n'en sont que plus fiables encore.
Allez, je vous embrasse.
Bon week-end.

WaitAndSee

30/05/2020 à 09:35

@Michèle Khan : vous ralez un peu vite je trouve, vous avez posté le 29 mai, nous sommes le 30 et votre livre est déjà disponible ! Et il était également disponible auprès des vendeurs partenaires de la fnac

Michèle Kahn

30/05/2020 à 10:13

@WaitAndSee Bonjour, mon livre est paru le 19 mars et non en mai. PS: ce serait sympa de respecter l’orthographe de mon nom. Merci

KeepCalm

02/06/2020 à 16:55

@Michèle Kahn , entre le 19 mars et le mois de mai il s'est passé un truc je crois qui a un peu perturbé les chaines de distribution, la Fnac n'est pas responsable de tous les titres reportés ou sorti au mauvais moment, ou encore mal renseignés dans la bases par les diffuseurs eux aussi à l'arrêt. Il faut aussi essayer de comprendre les contraintes auxquels chacun fait face :)

Lemanovitch

30/05/2020 à 10:58

Bonjour. La Fnac ne fait plus le métier de libraire depuis de nombreuses années, c’est une entreprise qui vend des livres et des tas d’autres produits tout comme Amazone, le seul
intérêt pour elles c’est la marge sur ce « produit » par rapport à celle des autres produits qui est moins rémunératrice. Quand au prestige intellectuel attribué à ce produit il est ignoré par la plupart de ces responsables qui ne sont pas des lecteurs dans la majorité des cas. D’ailleurs il serait intéressant au moment de la revendication des auteurs pour une meilleure rémunération de se reposer la question des marges attribuées aux vendeurs de livres en remettant à plat les conditions de vente des éditeurs et de leurs distributeurs. Est-ce que le rapport entre le quantitatif et le qualificatif est toujours adapté à l’évolution du marché et des circuits de distribution ?

Fakeinfo

30/05/2020 à 11:31

@nicolas Gary, j'adore vos leçons (incluant celles de bonnes manières) et c'est sur que vos 10 années où 12 (même ça ce n'est pas clair) de copinages sont la garantie de la fiabilité de vos infos. C'est l'argument massue (comme Nutella et ces 25 années d'expérience)... Et ne m'embrasser pas s'il vous plait car je respecte la distanciation physique, même en virtuel. Je vous souhaite le meilleur pour la suite.

Nicolas Gary

30/05/2020 à 11:42

Bonjour (difficile à rentrer hein)
Copinage : certainement, peut-être, ou pas. J’ai pas le sentiment de la compromission (je lâche le mot ça vous fera un os de plus à ronger).
ActuaLitte est garanti sans huile de palme juste de l’huile de coude, en toute indépendance. Et depuis le 14 février 2008.
Pardon pour l’imprécision : quand on aime on ne compte pas.
Je vous embrasse toujours virtuellement et dans le respect des distances nécessaires, soyez rassuré. Je connais mon intégrité j’ignore tout de la vôtre (et j’avoue : m’en moque...)

Fakeinfo

30/05/2020 à 13:12

A nouveau sans, belle réactivité (12 minutes), je vous laisse à vos auto-démonstrations et demeure très peu convaincu de la véracité de la situation que vous décrivez dans votre article ayant constaté le contraire dans le point de vente que je fréquente. L'intégrité étant une question de point de vue je vous laisse à la votre et vous quitte définitivement en vous souhaitant un bon week-end.

Somerandombookseller

30/05/2020 à 14:05

@fakeinfo Étant donné que la direction Fnac a pris la main sur l'ensemble des commandes, ce que les libraires Fnac déplorent, il est mathématiquement impossible que vous ayez trouvé de petites nouveautés (récentes) en rayon. Après vous n'avez peut-être la même notion de "petit".

Roger Raynal

30/05/2020 à 14:24

La transformation des libraires en "magasiniers" ou "pousse-cartons" ne touche hélas pas que la FNAC.
Nous touchons peut-être là à la limite du commerce des livres physiques, dont on ne sortira que par une limitation drastique de l'offre ou un changement de modèle.

Et si... les librairies devenaient le lieu où l'on imprimait, en quelques minutes, le livre désiré par le client, avec sa police de caractère et son interlignage ? Un même livre imprimé en gros caractères espacés pour la grand mère dont les yeux ne sont plus tous jeunes, en caractères plus petits sur du papier fin pour les jeunes voyageurs, sur du beau papier avec une police et un format confortable pour un cadeau... Le tout avec des prix adaptés.
Les machines pour faire cela existent.
Le ballet des livraisons et des retours cesserait, si ce n'est pour les livres d'arts, les "beaux objets livre".
Quelques exemplaires de démonstration suffiraient, et tous les titres parus seraient accessibles dans n'importe quelle librairie, épuisés ou pas...
Qui osera ?

Michèle Kahn

30/05/2020 à 16:55

A Roger Raynal : voilà une belle idée ! Ce serait merveilleux.

Marc Georges

30/05/2020 à 15:54

La Fnac n'a jamais été une librairie, juste un marchand de livre. Aujourd'hui un bazar avec papeterie, machines à café, jouets...

Les éditeurs s'en étonnent ?

Marc Georges
La Demeure du Livre.

Libraire jusqu'à l'os

30/05/2020 à 17:37

Je ne peux malheureusement pas vous donnez tort mais vous y trouverez pourtant de vrais libraires, passionnés, qui connaissent leur sujet. Ils sont, par contre, de moins en moins, car ce n'est plus ce que recherche l'entreprise...

Fakeinfo

30/05/2020 à 19:00

@Somerandombookseller
Quelle méconnaissance est la votre !
Cela fait des années que la direction pilote l'achat des nouveautées dans 80 % des magasins Fnac. Les libraires de la Fnac qui je féquente me l'ont expliqué il y a fort longtemps. Ils ont cependant la possibilité de faire des commandes supplémentaires pour défendre des titres qu'ils aiment. C'est fou je ne suis qu'un client et je le sais alors que vous experts l'ignorez !!! Quand au jugement de valeur sur la qualité de mes achats c'est le pompom ! Sous entendu j'achete de la grosse artillerie ! pour info j'ai acheté en autre cette semaine "l'incident au fond de la galaxie" d'Etgar Keret qui est paru de mémoire fin mars 2020 donc durant le confinement et la fermeture du magasin que je féquente. Mais bon cela doit un auteur pas assez petit ! Bon week end.

Somerandombookseller

31/05/2020 à 00:09

Je trouve ça dommage que vous le preniez comme ça car je n'ai aucunement jugé vos achats. Etje ne me suis jamais prétendu expert. Mais en tant que libraire Fnac je trouvais bizarre que vous ayez pu achetez une "petite" nouveauté alors que comme l'article le dit nous ne les recevons plus. Mais tout s'explique finalement. Le livre que vous avez acheté est sorti le 19 mars. Or les éditeurs ne s'attendant pas à un confinement nous pas arrété les nouveautés tout de suite. Il a fallu une semaine. Donc tout ce qui est sorti entre le 16 et le 21 n'est arrivé en magasin qu'après le 22. Voilà pourquoi vous l'avez trouvé en magasin. CQFD.

Lemanovitch

30/05/2020 à 21:21

Vous avez raison de dire qu’il y a des vendeurs compétents et sympathiques dans les Fnac ( j’y ai passé 7 ans de ma vie de libraire) non sérieusement, ce n’est pas au niveau du personnel de vente le problème, c’est la centralisation qui a tout bouleversé dans le fonctionnement. Le meilleur moyen de démotiver les équipes de vente c’est de leur retirer la gestion de leurs achats ( réassort et nouveautés) et de substituer une clé de répartition pour les différents magasins à travers le pays. Vous imaginez ce que ça donne, si vous avez déjà discuté avec votre vendeur de journaux au temps des MNPP et autre Prestalys. Quand vous supervisez l’ensemble du réseau que vous avez été formé et formaté par la suprématie de la rationalité vous êtes persuadé qu’un algorithme peut mieux faire que la somme de toutes les fantaisies aléatoires des différentes irrationalités des acheteurs disséminés dans chaque rayon des magasins. C’est vrai que ça peut corriger des anomalies, mais c’est justement ces particularités qui sont gommées qui standardisent l’offre et qui transforment le super système valable pour une mise en place d’un Joël Dicker ou un Guillaume Musso en catastrophe qui fiche en l’air la mise en vente d’un auteur qui habite la ville où se trouve le point de vente ou le « coup de cœur » du vendeur. Sans compter que quand vous prenez vos bacs d’arrivages vous vous dites ILS m’en ont mis tant, et que parfois les exemplaires en quantité inadaptée restent dans un coin mais pas en rayon et repartiront dans les retours comme un office forcé chez un indépendant (ça n’arrive jamais me disent monsieur Hachette et madame InterForum). Alors qu’en fait il n’y a rien de rationnel dans la vente de livres, c’est ça qui est merveilleux même si tout le monde dans le secteur du livre rêve à la martingale du succès, dans aucun domaine de la création elle n’existe, si ce n’est peut-être pour la « cavalerie » qui n’a pas besoin de libraire.

Représentant qui marche sur des oeufs et qui par conséquent se réfugie derrière l'anonymat

30/05/2020 à 22:32

Globalement, et n'en déplaise à Fèquinfo, je trouve cet article très bon (j'ajouterais même, pour être désagréable avec tout le monde, meilleur que l'ordinaire du site).
Je suis représentant pour un diffuseur-distributeur depuis plusieurs décennies.
Je ne suis pas vraiment surpris par les réactions des libraires de FNAC que vous avez recueillies : beaucoup sont de très bons libraires, y compris parmi la nouvelle génération, et ça fait bien longtemps que les libraires et nous (les représentants) constatons amèrement ce virage pris par la FNAC.
La FNAC a longtemps vécu, et dans une large mesure vit encore, sur une image forgée dans les années 70-80, reposant non seulement sur les compétences de ses vendeurs (en librairies, mais aussi dans les autres rayons) et sur la richesse de l'assortiment des magasins.
Pour ce qui concerne la qualité des vendeurs, je ne me prononce pas... mais je sais (parce que certains me l'ont dit) qu'ils sont plus incités à vendre de très rémunératrices extensions de garantie sur l'informatique, la photo ou le son qu'à prendre le temps de conseiller le produit qui convient au besoin particulier de chaque client.
Pour ce qui est de la richesse de l'assortiment en revanche, je peux aisément me prononcer. Je passe rapidement sur les rayons disques et jeux, qui sont une terre brûlée pour de très nombreuses raisons dont les principales ne sont pas du fait de la FNAC.
En librairie, j'ai vu certaines librairies qui, autrefois, avaient des taux de retour anecdotiques (de l'ordre de 5 à 6%) passer à des taux de retour de 30% ou plus.
J'ai vu des libraires qui ne choisissent plus les opérations commerciales qu'ils proposent, mais qui se voient imposer celles qui sont négociées au niveau national, y compris quand ces opérations ne sont pas rentables dans certains magasins.
Je vois des libraires qui reçoivent ce que la centrale appelle des "injections" de livres par piles... pour des titres qui sont déjà en rayon et qui ne se vendent pas.
Je vois, ou plutôt je ne vois plus des librairies FNAC qui pourtant travaillaient bien, parce que leur offre a été centralisée : pour être passé dans certains de ces points de vente que je ne visite plus, je peux témoigner de la pauvreté de l'assortiment proposé. Les libraires en sont aussi désolés que moi mais ,passé un certain point, ces libraires ont cessé de se battre contre leur hiérarchie et ses instructions stupides.
D'une manière générale, l'expertise des libraires des FNAC est piétinée par des imbéciles férus de tableaux excel et de remises de fin d'exercice. Ce n'est pas très surprenant dans ces conditions que ces mêmes imbéciles parient sur la vente du 20/80 : ils n'oublient qu'une chose, pourtant vérifiée à de nombreuses reprises, c'est que ce 20/80 ne se vend jamais aussi bien que lorsque les 80/20 sont là, parce que c'est le 80/20 qui amène la clientèle ici plutôt que là.
Je ne sais pas où va la FNAC, je ne sais même pas si quelqu'un le sait à sa direction. En revanche, il est illusoire d'espérer à court terme que les librairies indépendantes prennent le relais des FNAC, notamment sur les littératures de l'imaginaire, parce que l'écrasante majorité de ces librairies ne sait pas comment les travailler, quand elles ne les méprisent pas purement et simplement, et leurs rayons qui y sont consacrés sont bien souvent pitoyables. Je module néanmoins : si la majorité est consternante, il existe très heureusement des exceptions remarquables : reste à espérer que ce mouvement se généralise.
Mais si cela doit changer, c'est-à-dire si la clientèle doit changer d'habitude de consommation, c'est une affaire d'au moins trois ou cinq ans. Il faut espérer que les éditeurs pourront tenir jusque là.

fg

31/05/2020 à 19:14

Merci Représentant... pour votre commentaire, qui complète avantageusement l'article qui est déjà bien et qui est, comme vous le précisez, meilleur que d'habitude (ça manque souvent de recul ici).

Pascale Le Bellais

30/05/2020 à 22:44

La version papier de mon livre "le temps des foudres" paru mi mai 2020 est soit disant en rupture de stock (EN LIGNE je précise) à la FNAC mais n'a jamais été disponible. Encore plus grave, il n'apparaît pas en nouveauté alors que des ouvrages plus récents apparaissent. C'est à l'évidence un comportement discriminatoire contraire à la plus élémentaire déontologie. En revanche, Amazon l'a bien annoncé en nouveauté et il est disponible en ligne. Dommage que la Fnac ait cette attitude qui ne lui fait pas honneur.

Le vieux ronchon

02/06/2020 à 16:47

Chère Pascale la Fnac n'a aucune obligation, ni déontologique ni commerciale à référencer la totalité des ouvrages qui sont publiés. Peut-être faut-il plutôt en parler à votre éditeur et diffuseur ?
Par ailleurs votre ouvrage est également en rupture de stock sur ce cher Amazon, donc non seulement votre commentaire/placement produit n'apporte rien au débat mais en plus il est mensonger/erroné.
Bien à vous

Toto

01/06/2020 à 08:12

Donc, si je résume bien, pour trouver un bouquin, il faut aller sur... Amazon ;-)
Sinon, je ne veux pas être taquin, mais je propose d'aligner l'ensemble de la chaîne du livre (tant vantée ici il y a peu...) sur le droit des auteurs : chacun ne gagne une part de ce qui est véritablement vendu... Donc l'imprimeur ne touche que ce qui est vendu, le vendeur aussi, le diffuseur aussi. Etc. On oublie les frais de stockage, les frais de diffusion, les frais de pilon...
Après tout, comme les auteurs, tout le monde travaille gratis tant qu'il ne vend pas... Bonne idée, non ?

Arthur

01/06/2020 à 16:08

Merci beaucoup pour cet article et pour une partie des commentaires qui le complètent avec intérêt. Salarié dans une grosse enseigne puis dans une librairie dite "indépendante" je ne peux que confirmer les tendances lourdes et déprimantes à l'œuvre.

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Visite insulaire : les rituels de Victor Hugo à Guernesey

« Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. » Dans une maisonnette en pierre, surveillée par une rose trémière jaune, dans le silence du matin, je pose sur la table une tasse en porcelaine blanche, remplie d’un café noir, et j’ouvre Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo. Je le fais le premier matin, et je ferai ainsi chaque matin de la semaine passée à Guernesey. Suivez la guide...

07/09/2026, 17:25

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Sur les traces de Pierre Loti dans l’Istanbul qu’il aimait

Il existe, entre certaines âmes et certains rivages, une affinité qui tient moins du hasard que d'une secrète géographie du cœur. Celle de Pierre Loti avec Istanbul fut de cette nature : une reconnaissance sans raison, un coup de foudre qui précède l'amour ; une vérité intime que l’écrivain passera sa vie à explorer, à célébrer et à défendre, jusqu’à en faire le pivot secret de son œuvre et de son existence. Par Amel Aït-Hamouda.

13/08/2026, 15:45

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Les premières traductions françaises de L’Odyssée : une odyssée littéraire

On parle beaucoup de la sortie du film de Christopher Nolan. Mais quelles sont les premières éditions françaises de ce poème épique ? Publiée en 1716, la plus célèbre est la traduction en prose de la philologue Anne Dacier, qui sert de base à une autre traduction en vers suivie d’une polémique entre les deux traducteurs se terminant par un bon repas. La traductrice d’Homère sera plus tard immortalisée dans le comics américain Wonder Woman.

06/08/2026, 10:02

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Pourquoi ChatGPT refuse d’imiter Stephen King, Houellebecq ou Agatha Christie

Donc ChatGPT refuse d’imiter les écrivains célèbres — sauf un peu. Lors de tests menés fin juillet, la machine n'a pas accepté de rédaction de texte reproduisant la voix précise de divers écrivains célèbres, vivants ou disparus. OpenAI n’a pourtant annoncé aucune nouvelle règle. Et le verrou laisse une porte entrouverte : le service accepte encore d’en reprendre l’atmosphère, le rythme ou les procédés généraux. C'est que chacun des assistants actuels garde sa propre définition du pastiche acceptable.

 

30/07/2026, 17:04

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Dans les ruelles hantées de Casablanca

J’aborde la lecture de Galerie marocaine de Jamal Eddine Naji à travers une grille psychopathologique. La ville est traversée de syndromes névrotiques. La société paradoxale marocaine s’y prête parfaitement. L’ouvrage est une psyché collective. Les portraits, les souvenirs sont autant de vignettes mnésiques. Il ne s’agit pas d’un récit continu, mais d’une juxtaposition de scènes, de figures, de visages, de voix. 

29/07/2026, 18:25

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Le génie de Baudelaire : entre fatalité tragique et modernité poétique

PORTRAIT – Lorsqu’on évoque Charles Baudelaire, on songe aussitôt au poète-alchimiste capable de transmuer la laideur en splendeur et la tristesse en allégresse. Pourtant, derrière la figure emblématique du grand poète se dessine l’ombre d’un homme profondément mélancolique. C’est précisément dans cette affliction de l’âme que le génie baudelairien puise sa force et se déploie avec une intensité si singulière qu’il s’impose comme l’un des grands précurseurs de la poésie moderne, ouvrant la voie tant au symbolisme qu’au surréalisme. De Karim S. Rebeiz.

13/07/2026, 10:27

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La lecture, une gourmandise : des recettes d'enfants pour donner envie de lire

Cet été, je lis ! : entre l’assertion et la promesse faite à soi-même, le ministère de l’Éducation nationale annonce la couleur de sa campagne estivale. Ce 10 juillet, à la Fnac des Ternes, une vingtaine d’élèves, du CM1 à la 6e, ont mis leur imagination aux fourneaux avec l’autrice Aurélie Gerlach. Au menu : inventer un gâteau magique, choisir ses pouvoirs et dresser la liste de ses ingrédients. Os humains compris.

10/07/2026, 15:16

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Maison des histoires : jouer dans les albums jeunesse

Ouverte le 9 juillet 2025, la seconde Maison des histoires de L’école des loisirs déploie, au 7 cité de la Roquette, douze univers d’albums jeunesse sur deux niveaux. Un musée à jouer où les enfants peuvent courir, grimper, lire, bricoler et, accessoirement, rappeler aux parents pourquoi les bibliothèques municipales ont inventé le chuchotement.

06/07/2026, 17:19

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Michaël Ferrier, l’écrivain aux semelles de corail

PORTRAIT - Les carnets de voyage de Michaël Ferrier publiés mensuellement dans La Revue des deux mondes se lisent comme  autrefois lorsqu’on s’attachait à un feuilleton littéraire : par épisodes, par haltes, par reprises, avec ce plaisir particulier de retrouver une voix, un rythme, une manière d’entrer dans le monde. De l’Inde à la Guyane, de Pondichéry à Cayenne, il réactive la revue comme lieu d’apparition progressive de la littérature, celle du récit qui avance par fragments, celle de l’aventure donnée non d’un bloc, mais comme une suite précise et vivante.

25/06/2026, 12:17

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Mineurs, nudité, algorithmes : Apple et Google sommés de protéger l'enfance

Lors de la London Tech Week, le Premier ministre du Royaume-Uni a sommé les entreprises technologiques de bloquer, sur les appareils utilisés par des mineurs, l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites. Derrière l’urgence de protection, les livres déplacent le débat : consentement, honte, cyberviolence, économie de l’image, surveillance et responsabilité des adultes.

08/06/2026, 14:36

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Hiro Mashima à l’honneur : Amiens célèbre les 20 ans de Fairy Tail

Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.

 

07/06/2026, 19:26

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“Je suis plus français que toi, parce que moi, j’ai choisi” : dans les allées de Passeurs de Livres

Au festival Passeurs de Livres, il y a les grands rendez-vous annoncés, les conférences, les auteurs attendus, les maisons mises à l’honneur. Et puis il y a les allées. Les tables serrées sous le chapiteau, les livres empilés, les affiches accrochées aux grilles, les auteurs qui se lèvent pour présenter un roman, un témoignage, une vie. C’est là aussi que se raconte une partie de cette édition 2026, consacrée aux « Difficiles libertés ».

07/06/2026, 09:30

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Emil Ferris : les monstres ont pris leurs quartiers à Amiens

Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.

06/06/2026, 19:46

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Tom Gauld à Amiens : les bibliothécaires n’ont pas dit leur dernier mot

À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.

05/06/2026, 18:41

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Mickey à Amiens : la souris de Walt Disney sort de sa boîte

À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.

05/06/2026, 15:32

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Rochefort et les tristesses de l’enfance de Pierre Loti

Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.

02/06/2026, 11:10

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L’Autre Livre : un rendez-vous à taille humaine qui fait vivre les éditeurs indépendants

Le Salon international de l’édition indépendante de L’Autre Livre avance à son rythme pour l'édition de mai 2026 — calme, posé, propice aux échanges, bien que chahutée. Dans les allées, on circule sans heurt, on s’arrête facilement, on engage la conversation. Ici, le temps ne se mesure pas seulement au nombre de visiteurs.

14/05/2026, 09:19

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Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main

Était-ce un jour historique ? Ce 13 mai avait des accents d’appel du 18 juin : une volonté de résistance, de libération, quand tout un pan de l’industrie du livre mesure « à quel point c’est un rapport de force ». Ces États généraux de l'édition, conséquence du licenciement d’Olivier Nora ont en effet engendré un mouvement hors norme : des centaines auteurs décidés à quitter leur maison, contre la figure du croque-mitaine, Vincent Bolloré.

13/05/2026, 17:43

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Jessica Mazencieux : “Dieu a un plan. Pas de chance, moi aussi.”

Dieu a un plan, moi j’ai une réunion à 14 heures de Jessica Mazencieux ne s’impose pas par une ambition formelle démonstrative, mais par une énergie immédiate, presque brute, qui traverse chaque page. Une voix s’y fait entendre — au sens propre comme au sens figuré — et c’est sans doute là que réside sa première force : une sincérité rarement prise en défaut. Probablement l'histoire d'un parcours éditorial qui n'y est pas non plus étrangère.

14/04/2026, 14:50

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Prix Les Visionnaires : “On sort grandis et nourris de ce débat”

Ce samedi 11 avril, à Saint-Quentin-en-Yvelines, le Prix du livre Les Visionnaires a été décerné à Gabrielle Filteau-Chiba pour son roman Hexa (Stock). Le texte a été choisi parmi une sélection de trois ouvrages par le public et par un jury, lequel a échangé et confronté ses avis pendant près de deux heures avant de se prononcer. Nous avons pu assister, en toute discrétion, à ces délibérations.

13/04/2026, 16:57

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“Habiter le monde poétiquement, c’est la seule issue”

Au Livre à Metz, l’édition 2026 a choisi pour fil conducteur une question simple en apparence : « Habiter le monde ». Derrière ces mots, un thème vaste, ouvert, qui traverse les livres, les imaginaires et les façons de vivre. En ce samedi de salon, entre rencontres d’auteurs et déambulations, nous avons pris le parti de poser la question telle quelle, sans détour, aux visiteurs. Avant de leur révéler qu’elle était au cœur de cette édition - et de voir comment, à travers la lecture, chacun tente d’y répondre à sa manière.

12/04/2026, 09:41

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“L’édition indépendante ne peut pas être la même chose en plus petit”

Chez Pollen, le retour à la diffusion a pris corps, incarné par Matthieu Raynaud, venu d’Harmonia Mundi, et par une équipe de six représentants. Un calendrier est déjà enclenché et des tournées sont en préparation. Le lancement est fixé au 1er mai, avec un cap clairement tourné vers la librairie indépendante.

27/03/2026, 18:13

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“Les 10 livres qui m’ont appris le métier” : Jean Esch, l’atelier d’une vie de traducteur

PORTRAIT – « Traduire, je le vois comme une profession d’artisan, à qui l’on demande de reproduire un meuble, sans qu’il ne possède ni les mêmes outils ni le même bois que ceux ayant servi pour la pièce d’origine. » Fort de quarante années de métier, Jean Esch compte en France parmi les noms majeurs de la traduction de l’anglais. ActuaLitté l’a sollicité pour un entretien insolite : les 10 livres par lesquels il a forgé son métier.

24/03/2026, 16:33

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Parenthèses à Hong Kong : une librairie dédiée aux rencontres et à la langue française

Il existe, en plein centre de Hong Kong, une librairie française - mais il serait plus juste de dire francophone - nichée dans le quartier animé de Sheung Wan, au beau milieu des gratte-ciel, des tramways grinçants - que l’on appelle ici ding-ding - et du flux continu des passants.

24/02/2026, 17:25

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Pas de cartes postales : “Mon premier livre vendu, c’était une biographie du Che”

Sur le quai de l’Hôtel de Ville, Pierre est assis avec son camarade Maxime. L'ancien libraire et chineur invétéré nous présente ses « outils » : des textes « utiles », des archives de luttes, des classiques qui reviennent, des fonds devenus introuvables ou presque - et surtout, des ponts.

20/02/2026, 18:22

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Diffusion du livre photo : résoudre “l’impossible équation économique“ des éditeurs

« La réalité d’un livre photo, c’est qu’on le conservera durant une année entière. Et au moment où l’on se décide à le renvoyer, un client le sauvera du retour pour l’acheter. » Cette théorie, qu’une libraire présente dans la salle du Musée de Picardie expose comme amplement vérifiée, concluait les échanges avec humour et délicatesse. Pour autant, l’anecdote dit quelque chose de cette difficulté de diffusion…

22/01/2026, 18:24

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“Il faut s’organiser collectivement pour se défendre concrètement”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires a tenu, vendredi 16 janvier 2026, une conférence de presse à l’annexe de la Bourse du travail de Paris. Ses membres, aux côtés d’autres acteurs engagés du monde du livre, y ont dénoncé la multiplication des attaques d’extrême droite contre les librairies et le climat politique, policier et médiatique qui les rend possibles. Un fait jugé inédit depuis des décennies a été particulièrement souligné : la perquisition, le 7 janvier dernier, de la librairie féministe Violette and Co.

16/01/2026, 18:22

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Le métier que personne ne voit, mais sans lequel votre liseuse ne fonctionnerait pas

PORTRAIT – Dans les coulisses de la lecture numérique, certains métiers œuvrent loin des projecteurs. Sans eux, pourtant, aucune bibliothèque ne se synchroniserait, aucun livre ne suivrait son lecteur d’un appareil à l’autre. Abdelmajid Ouelbani fait partie de ces artisans essentiels. Lead Developer Backend chez Vivlio, il incarne une expertise technique au service d’une expérience de lecture fluide, presque invisible — et donc réussie. Rencontre avec un ingénieur qui parle de code avec la même précision que de littérature, et pour qui la technologie n’a de sens que si elle s’efface derrière l’usage.

15/12/2025, 09:36

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Hokusai, Tezuka, Dior : quand le manga déborde le papier

Au musée Guimet, on est pénétré de la solennité de ses pièces, du silence des vitrines, des cartels sages comme des images. Et puis, avec Manga, Tout un art !, exposition qui court jusqu'au 9 mars prochain, le lieu fait un pas de côté. Un pas calculé, qui consiste à prendre le manga au sérieux. À le traiter comme une forme narrative, graphique, industrielle, culturelle - avec ses généalogies, ses ruptures, ses contradictions.

12/12/2025, 18:59

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“Je l’ai lu il y a deux ans et je le relis tous les ans” : le livre inoubliable de Lucy Maréchal

PORTRAIT - Des lecteurs, des vrais, pour qui les ouvrages ne se résument pas à des fichiers – quand bien même ils les bichonnent. ActuaLitté a rencontré les équipes de Vivlio, pour découvrir leur inoubliable. Cette semaine, nous accueillons Lucy Maréchal, chargée d'animation éditoriale chez Vivlio.

12/12/2025, 13:26

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Sous les fenêtres du ministère, les auteurs se mobilisent pour une continuité des revenus

Réunis devant le ministère de la Culture, place Colette, autrices, auteurs, illustrateurs, scénaristes et artistes de tous horizons sont venus « célébrer une victoire historique » tout en gardant les yeux braqués sur l’échéance suivante : le vote au Sénat, le 18 décembre, d’une proposition de loi pour une continuité de revenus via l’assurance-chômage.

10/12/2025, 17:53

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Lecture, audio, hybridation : chez Vivlio, Loriane Sauvageon défie les géants américains

PORTRAIT – Dans les bureaux de Vivlio, entre deux étagères de liseuses et quatre de bouquins, ActuaLitté a rencontré Loriane Sauvageon. Elle occupe un poste clef dans l'entreprise : customer success manager [responsable de la satisfaction clientèle, NdR]. Et le succès est bien au rendez-vous.

09/12/2025, 15:32

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À Lyon, Angers ou Le Creusot, les braderies de bibliothèques font recette

Le dimanche 16 novembre dernier se déroulait la braderie de la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL), un rendez-vous annuel depuis trois ans où, cette année, 25.000 livres, CD, vinyles et albums, 441 boîtes-livres et jeux étaient proposés à des prix allant de 1 à 5 €. Le franc succès rencontré par l'événement, qui a attiré au total 3700 visiteurs, contre 2500 l'année dernière, n'est pas un cas isolé.

03/12/2025, 16:42

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Pandora Hearts : quand le manga fait sa comédie (musicale)

Pandora Hearts, l’incontournable shōjo fantastique de Jun Mochizuki, bien que terminé depuis dix ans, s’offre une adaptation en comédie musicale jouée avec un réel succès à Tokyo en ce mois de novembre. Ce format chanté, en direct sur scène, connaît un succès croissant au Japon, où de plus en plus de succès éditoriaux se retrouvent interprétés par des acteurs-chanteurs cosplayés à la perfection. Reportage à Tokyo.

02/12/2025, 17:50

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Des livres aux bibliothèques : le combat de Djaïli Amadou Amal

Un livre à couverture rose lui a révélé, enfant, que lire permettait d'imaginer d'autres existences. Rencontrée samedi 10 octobre au salon Lire en Poche, à Gradignan, Djaïli Amadou Amal raconte cette découverte, le refuge trouvé dans l'écriture et le passage de la littérature à l'action. À travers Le Harem du roi, récemment paru en poche, et Espoir, son récit autobiographique, l'écrivaine camerounaise remonte aux origines de son engagement.

10/10/2026, 17:45

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Maylis de Kerangal: “Ce qui n’est pas juste ne peut pas être beau”

Au salon Lire en Poche de Gradignan, Maylis de Kerangal revient sur Jour de ressac, désormais disponible chez Folio. Le Havre, ville de son enfance, lui permet d’écrire une part d’elle-même sans transformer la narratrice en double. Entre mémoire des lieux, gestes du quotidien et réflexion sur l’intelligence artificielle, la romancière défend une littérature attentive à la justesse du regard, à la beauté et à la liberté de la fiction.

10/10/2026, 17:33

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La soif d'idéal de Michèle Pedinielli : du prosecco et des enfants heureux

Un prosecco avec des glaçons, des enfants heureux, un roman qu'on pourrait écrire sans paniquer : Michèle Pedinielli ne manque pas d'idéaux. Rencontrée au festival Lire en Poche, à Gradignan, la romancière décline le thème « Soif d'idéal » en trois portraits : la femme, l'autrice et la révoltée. Trois aspirations qui oscillent entre humour et inquiétude, jusqu'à cette envie, aussi simple à formuler que difficile à satisfaire : ne plus avoir peur.

10/10/2026, 12:07

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Muriel Gilbert : “L’orthographe, pour moi, c’est un jeu.”

Correctrice au Monde depuis une vingtaine d’années, Muriel Gilbert veille sur des règles dont elle connaît pourtant les transformations. Rencontrée au salon Lire en Poche de Gradignan, où elle présente Le Petit Gilbert, la chroniqueuse de RTL revient sur la féminisation des noms de métiers, les expressions qui changent de sens et les accommodements parfois nécessaires avec la norme. Un métier où corriger ne signifie pas toujours avoir le dernier mot.

 

10/10/2026, 09:49

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Combien de temps peut-on tenir sans aller aux toilettes dans un roman ?

La littérature demande beaucoup au corps humain. Courir derrière un train, traverser un désert, accoucher, saigner abondamment, tomber amoureux sous une pluie battante ou mourir après quatre cents pages ne semble poser aucune difficulté particulière. Aller aux toilettes, en revanche, embarrasse manifestement la narration.

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La turquerie, cette mode oubliée qui a marqué la littérature française

Née dans le mirage du Bosphore plutôt que sur le Parnasse, la turquerie fut pour la littérature française une tentation plus qu’un sujet : regarder l’Orient pour mieux se voir. De Molière à Loti, cette muse ambiguë n’a cessé d’éclairer nos imaginaires et nos contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

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Et si les monuments de Paris cachaient des messages que nous avons oubliés ?

Et si Paris cachait, dans ses monuments, des symboles que nous ne savons plus regarder ? Dans Le Paris alchimique, publié chez Trajectoire, Émilie et Nicolas Meillerais Gallois proposent de redécouvrir la capitale à travers l'alchimie et la spiritualité chrétienne. Des sculptures de Notre-Dame aux tapisseries de La Dame à la licorne, leur guide mêle promenade, découverte du patrimoine et réflexion sur la transformation de soi.

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Moins de bébés, moins d’élèves : comment la dénatalité transforme déjà la France

La France fait moins d’enfants, et les effets du basculement débordent déjà les maternités. Nouveau congé de naissance, recul annoncé de 1,7 million d’élèves d’ici 2035, solde naturel négatif en Provence :  trois actualités que La grève des naissances, d’Hervé Le Bras, permet de relire autrement, en interrogeant l’efficacité des politiques familiales, le poids des inégalités et les conséquences territoriales de la dénatalité en France aujourd’hui.

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Le CNL, indispensable “à l’équilibre de la chaîne du livre et de la lecture”

Une proposition de loi venue de la droite du Sénat entend supprimer, purement et simplement, le Centre national du livre (CNL), au nom d'une lutte contre « l'agencification » de l'État. Plusieurs acteurs du secteur du livre rappellent cependant son rôle crucial dans le soutien à la création et à la diversité, dont le Club 99, Fédération des festivals Bd et arts associés, dans une tribune reproduite ci-dessous.

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“Diviser pour régner” : les artistes-auteurs accusent les pouvoirs publics

19 organisations représentant les artistes-auteurs, parmi lesquelles la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Ligue des auteurs professionnels et le Syndicat des écrivains de langue française, signent une tribune contre les divisions de leur profession. Elles dénoncent les inégalités de traitement entre les différentes catégories de créateurs et appellent à défendre collectivement leurs droits sociaux, économiques et professionnels.

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“J’ai juste l’impression de lire pour lire : je ne sais pas si j’achèterai encore des livres”

Dix mois après avoir quitté la librairie, Elsa continue pourtant d’enchaîner les livres. Mais à force de lire sans interruption, une question s’impose : est-ce encore l’envie de lire, ou simplement une habitude devenue refuge ? Entre pile à lire, achats compulsifs, peur du vide et plaisir intact de certaines découvertes, ce billet interroge avec franchise ce que nos lectures disent parfois de nous — et de nos automatismes.

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Classique = Moderne ? Un étudiant défie l’Académie française sur ses propres règles

Exclusif - C'est à en perdre son latin : cette fois, les Modernes siègent sous la Coupole. Deux prix de poésie de l’Académie française sont contestés pour avoir couronné des écritures qui prennent leurs aises avec la versification régulière. Anton Goubier, jeune étudiant en lettres classiques, réclame la règle, le grand médiéviste et Immortel Michel Zink, 81 ans, lui répond que le classique n’a jamais cessé de bouger.

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“La lutte contre le piratage, c'est une conjonction de moyens” (SNE)

Bookys, plateforme pirate diffusant des livres, des revues et des magazines protégés par le droit d'auteur, est visée par une demande de blocage portée par le Syndicat national de l'édition (SNE) et l'Alliance de la presse d'information générale. Adressée aux fournisseurs d'accès à internet, l'assignation ouvre la voie à d'autres actions, comme des mesures contre les sites miroirs ou les prestataires de paiement.

07/10/2026, 16:57

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“Quand je n’écris pas mes histoires, j’écris sur celles des autres”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. Lorsqu’il n’écrit pas ses propres histoires, il étudie celles des autres. Chercheur à l’Université Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de Neil Gaiman, du fantastique, de la bande dessinée et des cultures populaires, il a fait de l’analyse des récits un autre versant de son travail. Ces recherches ont directement nourri Grand-Guignol, de la construction des ambiances au goût pour une documentation fouillée.

07/10/2026, 14:35

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“Le RN ose tout”, même confisquer Olympe de Gouges, icône féministe

Exclusif — Le Rassemblement national tente, par une initiative parlementaire visant à faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, de se grimer en formation féministe. Les votes du parti d'extrême droite, tout comme les prises de position de Marine Le Pen, sont pourtant bien éloignés des combats de l’autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Une pétition, signée par des historiennes, des universitaires et des spécialistes d'Olympe de Gouges, dénonce « la dernière des impostures » du RN.

07/10/2026, 10:24

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Sommes-nous vraiment les auteurs de notre propre histoire ?

Ilios Chailly, écrivain et comédien qui travaille depuis plusieurs années sur Antonin Artaud, s’intéresse ici à une question plus large : comment notre identité se construit, se transforme et se raconte. En croisant Ricœur, Deleuze, Derrida, Lacan ou Artaud, on en se refait pas, avec des expériences plus personnelles, il explore ce qui, dans une vie, relève de l’héritage, du récit que l’on fait de soi et de la possibilité de changer.

06/10/2026, 18:11

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“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

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PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

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“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

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Après la rentrée littéraire, cinq romans passent au contrôle technique

Une intrigue qui freine mal, des personnages secondaires à peine visibles, des clichés qui enfument l’habitacle : chaque année, des centaines de romans sont mis en circulation sans que personne ne vérifie leur état général. Avec 461 nouveautés annoncées pour la rentrée littéraire 2026, il devenait urgent d’ouvrir un centre agréé. Cinq livres ont accepté de passer sur le pont. Certains auraient mieux fait de ne pas regarder le procès-verbal.

03/10/2026, 07:30

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Comment les traductions françaises ont transformé Les Mille et Une Nuits

En trois siècles, la traduction française des Mille et Une Nuits est passée du geste fondateur d’Antoine Galland, adaptation libre devenue mythe européen, à l’entreprise savante et sensible de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, qui restitue dans la Pléiade un texte arabe dans son ampleur, ses rugosités et sa poésie. Entre ces deux bornes, Mardrus, Khawam et bien d’autres ont chacun inventé leur Orient, entre excès d’exotisme et quête d’authenticité. Par Amel Aït-Hamouda.

02/10/2026, 18:11

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Drieu la Rochelle et Colette Jéramec : l’histoire d’un couple impossible

Avec La Rédemption, Jean-Noël Orengo revient sur un couple pris dans les bouleversements du XXe siècle : Pierre Drieu la Rochelle et sa première épouse, Colette Jéramec. Derrière l’écrivain collaborationniste et antisémite, le romancier fait réapparaître une femme longtemps restée dans l’ombre, médecin et chercheuse à l’Institut Pasteur, arrêtée avec ses deux enfants en 1943.

02/10/2026, 18:04

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Makassar : après la liquidation, la bataille pour récupérer des milliers de livres

Exclusif - Makassar a été placé en liquidation judiciaire le 1er septembre, contraignant les éditeurs partenaires à changer de diffuseur et/ou de distributeur. Pour nombre d’entre eux, c’est chose faite. Reste un détail à régler : les livres. Car des centaines de milliers d’exemplaires attendent de quitter l’entrepôt d’Indre-et-Loire où ils sont toujours détenus. Fâcheux ?

02/10/2026, 11:45

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“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

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Clémentine Mélois : “Toute la vie n’est faite que de ruptures successives”

James Joyce avait fait entrer l’épopée dans la vie ordinaire, jusqu’à faire tenir une Odyssée entière dans une journée. Clémentine Mélois choisit, elle aussi, de partir de presque rien : un déménagement, une séparation, quelques cartons, un verre à moutarde, un rouleau de Sopalin. Dans Choses que je croyais perdues, finaliste du 93e prix des Deux Magots, l’autrice-artiste fait de « l’infraordinaire » sa matière romanesque.

01/10/2026, 15:33

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Véronique Ovaldé : “J’ai toujours inventé d’autres vies à ma mère”

On connaît Véronique Ovaldé pour ses fictions et leurs vies toujours prêtes à bifurquer. Avec Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, paru chez Flammarion en cette rentrée littéraire, elle se tourne cette fois vers sa propre mère. Le récit est plus intime, sans abandonner l’imaginaire, et la place parmi les finalistes du prix des Deux Magots 2026.

30/09/2026, 17:03

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Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

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“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35

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Édition classique, crowdfunding ? “Choisir le modèle le plus juste pour chaque œuvre”

Auteur et président de l’Association de sauvegarde de l’Abbaye Saint-Félix de Montceau, Guilhem Méric revendique un parcours d’« auteur hybride », entre maisons d’édition et publication indépendante. À l’occasion du lancement de MORLHED – L’Ombre des Primordiaux, il explique pourquoi il a choisi le financement participatif, entre maîtrise des droits, cohérence de son univers, contexte économique du livre et relation directe avec ses lecteurs.

30/09/2026, 12:48

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À 80 ans, Lucky Luke court toujours : dans les coulisses de l’exposition avec Joub

À 80 ans, Lucky Luke n’a pas fini de galoper. Commissaire de l’exposition Lucky Luke court toujours !, présentée à Quai des Bulles, Joub a replongé dans l’ensemble de la série pour raconter autrement le cow-boy de Morris : par le dessin, la couleur, les gags et les motifs qui traversent huit décennies d’albums.

30/09/2026, 12:04

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Lucie Rico : “Dire quelque chose, c’est déjà le transformer”

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Une question qui a conduit Lucie Rico jusqu’à la finale du prix des Deux Magots 2026. Dans ce troisième roman publié chez P.O.L, une phrase inachevée ouvre une enquête sur un souvenir d’enfance, entre le baroque du giallo, reconstitution comme les vrais enquêteurs judiciaires, et mémoire familiale.

29/09/2026, 15:07

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Le Goncourt craint pour son intégrité ? Alors Pangram pour les 15 autres romans, fissa !

L’Académie Goncourt a donc retiré de Thélyson Orélien, de sa première sélection, au nom de plagiats antérieurs et d’analyses concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance » produit avec IA. Une décision loin d'être unanime, on compte au moins Pascal Bruckner dans la résistance. Puisque l’Académie introduit le détecteur dans son prétoire, qu’elle aille au bout de sa logique : même outil, même protocole, même soupçon. Sinon, ce n’est plus une règle. C’est un traitement d’exception. 

29/09/2026, 14:48

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Quai des Bulles : 45 ans de BD, de rencontres et de passion

Traditionnellement, le festival Quai des Bulles décale ses dates pour cause de Route du Rhum et ouvre ses portes ces 9-10-11 octobre, à Saint-Malo. L’occasion, s’il en fallait une, de venir flâner sur les remparts se gaver d’air iodé et de bande dessinée…

29/09/2026, 14:22

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Elsa Holfert : "Le burn-out n’est pas que professionnel"

Paru le 22 avril 2026 aux Éditions Dangles, Fatigue chronique, et si c’était un épuisement surrénalien ? d’Elsa Holfert explore les mécanismes de l’épuisement liés au stress chronique. Kinésithérapeute de formation, l’autrice exerce aujourd’hui comme praticienne en santé fonctionnelle et en hormonologie.

28/09/2026, 16:40

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Affaire Thélyson Orélien : “Un score de génération par IA n’est pas une preuve”

Créée en juillet 2024 pour distinguer les œuvres d’origine humaine des contenus générés par intelligence artificielle, l’association Fabrication Humaine défend un label gratuit fondé sur l’engagement de l’artiste. Dans cette tribune, elle prend appui sur l’affaire Thélyson Orélien pour interroger la place prise par les outils de détection : sans trancher sur l’origine de C’était ça ou mourir, elle appelle à distinguer l’indice de la preuve et plaide pour davantage de transparence dans les processus de création. 

28/09/2026, 16:30

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IA et littérature : et si on arrêtait de s’écharper pour s’entendre, bordel !

Nathalie Hug a publié en juin dernier 92 BPM, Mais bordel qui a écrit ce roman ? aux Éditions Télémaque, un texte qu’elle présente comme entièrement hybride, né de 18 mois de travail avec l’intelligence artificielle et accompagné d’un making-of détaillant cette expérience. Dans cette tribune, elle revient sur la polémique autour de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, accusé d’avoir été écrit avec l’IA, et élargit le débat à la place de ces outils dans la création littéraire, à la transparence envers les lecteurs et à l’avenir de l’écriture humaine.

28/09/2026, 14:22