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Philippe Bouquet : " Le traducteur travaille pour la paix dans le monde"

Fredrik Ekelund, Casal Ventoso (Gaïa),Philippe Bouquet,

Le 17/02/2015 à 08:56 par Cécile Pellerin

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Publié le :

17/02/2015 à 08:56

Cécile Pellerin

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A l'occasion de la sortie du nouveau roman policier de il était bien tentant de laisser s'exprimer son traducteur. Depuis près de 40 ans qu'il exerce son activité, c'est un homme toujours aussi passionné et exalté qui se livre, capable de vous convaincre sans effort que là-haut, tout au Nord de l'Europe, il existe une littérature inédite prête à vous embarquer et à vous éveiller.

Vif et acéré comme la pointe d'une épée viking, Philippe Bouquet est un passeur de littérature, exigeant et franc, libre et indépendant,  quel que soit le moment, l'éditeur ou le lecteur. Un peu d'amertume, de cynisme aussi, beaucoup de plaisir et beaucoup de travail animent cet homme empreint d'une belle humanité, absolument captivant et foncièrement épris des mots, de leur beauté comme de leur pouvoir.  Voici donccomment un traducteur passionnel parle de son travail, de ses satisfactions et déceptions, donne quelques conseils, nous convainc que le traducteur ne peut être qu'un homme éclairé et avisé qui"œuvre pour la compréhension entre les hommes."

Qu'est-ce qui vous a conduit à la traduction de la langue suédoise ?

 C'est avant tout l'amour de cette langue (contracté à l'âge « fatal » de dix-neuf ans) qui m'a séduit par sa musicalité et son expressivité. Elle est capable d'évoquer beaucoup de choses à travers les sons (c-à-d sans devoir passer par les concepts, ce qui est un gros avantage en poésie, en particulier) mais aussi d'en dire beaucoup en très peu de mots, grâce à sa souplesse et sa malléabilité (qui laisse un beau champ d'action à l'inventivité personnelle – et donc à tous les artistes des mots). C'est aussi une des langues les plus simples au monde du point de vue de la morphologie. A partir de là, j'en suis très vite venu à découvrir toute une littérature que j'ignorais – comme la plupart de mes concitoyens. Et l'enseignant en moi (qui ne s'ignorait même pas) a été saisi de l'envie de faire partager cet amour et ces découvertes, ce qui passait nécessairement par la traduction. J'y suis venu au hasard d'une lecture, mais je suis maintenant convaincu que j'y étais « prédestiné » (ou manipulé par les « puissances » strindbergiennes, si l'on préfère).

Depuis quand traduisez-vous ?

Depuis la fin de ma thèse, en 1977, c'est-à-dire depuis près de quarante ans (presque une carrière entière, chevauchant presque à moitié celle d'enseignant).

Combien de livres avez-vous traduit ?

Cela dépend comment on compte. A ce jour, il y a 152 livres différents (je ne compte pas les rééditions ou sorties en poche, dont certains éditeurs ne nous avisent même pas) qui sont parus sous mon nom de traducteur, plus quatre sous pseudonyme, plus six qui sont en voie de parution, à un stade ou à un autre (mais cette échéance n'est jamais connue et intervient parfois des années après l'achèvement du travail). A cela s'ajoutent une dizaine de titres qui ne paraîtront jamais (pour diverses raisons) et une cinquantaine de « petites choses » (nouvelles isolées, articles de presse ou de revue, textes de catalogues, poèmes séparés ou en anthologie, chansons, scènes de théâtre…). Choisissez vous-même le « bon compte ». Pour tout ce qui concerne ma bibliographie, je renvoie ceux que cela intéresserait à Denis Ballu*. Il est incollable sur ce chapitre et le monde peut nous envier le travail, encore plus obscur que la traduction mais ô combien complémentaire et précieux, qu'il a effectué et effectue encore.

Quelle a été votre première traduction publiée ?

 Il se trouve que c'est la première tout court et celle qui a tout déclenché, à savoir Le Héros oublié de Henrik Tikkanen, auteur finlandais de langue suédoise (que je n'ai d'ailleurs jamais rencontré personnellement) mais à qui je dois donc une fière chandelle et j'ai essayé de rester fidèle, fût-ce à travers sa femme, Märta. J'ajoute qu'elle a connu le curieux destin d'être rééditée deux fois (j'en ai profité pour l'améliorer un peu, elle en avait bien besoin) et qu'elle est toujours disponible depuis 1980 (maintenant chez Gaïa).

Quelle est votre plus grande satisfaction en matière de traduction ?

La réponse n'est pas simple et mérite quelques explications. S'il s'agit de celle(s) que je suis le plus fier d'avoir réalisé, j'hésite entre Aniara (de Harry Martinson, en collaboration avec Björn Larsson) et Les Hommes de l'Émeraude (de Josef Kjellgren). S'il s'agit de la plus utile, c'est sans conteste Notre besoin de consolation (de Stig Dagerman), qui se vend au moins à 5000 exemplaires tous les ans depuis sa parution en 1981 (33 ans !) et qui a fait des émules sous cette forme indépendante jusqu'en… Suède, où ce texte n'existait pas en publication séparée. Cette idée n'était d'ailleurs pas de moi, mais d'Hubert Nyssen, j'ai simplement eu la chance de connaître ce texte avant tout le monde parce que… j'ai jadis appris le suédois. Nombre de témoignages m'ont prouvé qu'il a amené nombre de lecteurs – surtout jeunes – à l'auteur. S'il s'agit de celle(s) qui m'a donné le plus de plaisir, il y a (au moins) trois ex aequo : La Draisine, de C-H Wijkmark, Long John Silver de Björn Larsson et Le malheur d'être un Skrake de Kjell Westö. S'il s'agit de celle que j'ai dû patienter les plus longtemps pour la voir paraître (30 ans !), c'est Le Camion de Per Wahlöö. S'il s'agit de la plus éblouissante (à mes propres yeux), c'est Pour Phèdre, de Per-Olof Enquist.S'il s'agit de celle qui m'en a le plus appris tant sur le plan humain que littéraire, c'est Voyez cet enfant, de Reidar Ekner. Je pourrais sans doute continuer ainsi longtemps, puisque chaque traduction est une aventure et vous apporte quelque chose (sinon, c'est grave !)

Votre plus grand regret (en matière de traduction) ?

La parenthèse limite heureusement le champ de la question, déjà bien assez vaste ainsi. Alors je me jette à l'eau : ne pas avoir traduit plus de livres d'Ivar Lo-Johansson (alors que je suis le seul non-suédois à avoir obtenu le prix personnel portant son nom), ne pas avoir achevé Le Roman d'Olof d'Eyvind Johnsonni la trilogie sur Knut Toring de Vilhelm Moberg, ne pas (encore ?) avoir traduit les livres de voyage de Harry Martinson, les nouvelles de Josef Kjellgren, le double roman sur Rivar-Bohm de Folke Fridell, au moins un titre de Torgny Karnstedt, Le joli monde du bon dieu de Martin Koch, Le Livre de Samuel de Sven Delblanc, la trilogie du Finlandais Lars Sund, La Sibéried'Ulla-Lena Lundberg… J'arrête là car, rien que pour ce que je viens de citer il me faudrait une seconde carrière (complète, soit quarante et quelques années) de traducteur ! Et je laisserai donc une vie entière de regrets derrière moi. A d'autres de les combler – et d'adoucir cette douleur.

Existe-t-il des traductions dont vous êtes peu fier mais qui ont pourtant été publiées ?

 Hélas oui, c'est le cas de tous les traducteurs. Disons une demi-douzaine (toujours des commandes dont je n'ai pas pris l'initiative, bien entendu), plus celles que j'ai reniées parce que l'éditeur les avait tellement altérées que je ne pouvais pas décemment en assumer la paternité. C'est un triste chapitre sur lequel il convient de passer le plus rapidement possible.

Quel écrivains suédois traduits sont selon vous, incontournables ?

 Si c'est parmi « les miens » : Lo-Johansson, Moberg, Johnson, Martinson, Kjellgren, Fridell, Dagerman, Enqvist, Delblanc, Wijkmark, Larsson, Guillou, Trosell… (tous, quoi, de rares exceptions près). Parmi ceux que je n'ai pas traduits : Strindberg (bien sûr), Söderberg, Ekelöf, Gullberg, Södergran… Mais il suffit d'ouvrir une histoire de la littérature suédoise pour répondre à ce second volet de la question.

Traduisez-vous encore à ce jour ? Quelle traduction préparez-vous ?

 Oui, Dieu merci. Sans aller jusqu'à dire que… la traduction précède l'existence (l'essence ?), j'applique le principe Traducto ergo sum. Pour sentir que j'existe (ou ne pas mourir idiot, si l'on préfère). J'espère pouvoir traduire jusqu'à mon dernier souffle, puisque cela voudrait dire que j'ai conservé toutes mes… facultés, comme on dit. Et peut-être même dans l'au-delà, puisqu'il paraît qu'avec Internet et les réseaux dits « sociaux » (je n'ai jamais compris pourquoi), il n'y a plus de limites à la communication ! Je viens de finir le quatrième volume de la nouvelle série de Jan Guillou (Le Siècle des grandes aventures) et je suis sur un nouveau Eriksson. Et si je meurs devant mon ordinateur, je serai tombé au champ d'honneur (de la traduction).

Comment travaillez-vous ?

 Vous me demandez de trahir le secret commercial ? Pour faire (très) bref : trois temps. 1 – le brouillon le plus rapide possible de l'ensemble du texte dans sa continuité. 2 – un travail en profondeur pour en faire quelque chose de passable, résoudre les (nombreux) points laissés en suspens. 3 – une relecture de la traduction (presque) indépendante de l'original pour peaufiner les détails en la considérant comme un texte français. Mais il y a parfois un quatrième voire cinquième temps (sur les passages difficiles stylistiquement ou lexicalement, ou nécessitant des recherches historiques, scientifiques, techniques ou autres - c'est fou, l'ignorance dont on s'avise, quand on traduit !). Sans compter un nouveau passage après l'intervention du correcteur – surtout si, prétendant connaître « le goût du lecteur » (sic) comme cela m'est arrivé – celui-ci a fait de la charpie de votre texte et s'il faut donc « corriger le correcteur ».

Choisissez-vous vous-même ce que vous traduisez ou répondez-vous à des demandes ?

Les deux, mon général. Mais j'ai eu le privilège (du fait que je ne dépendais pas financièrement de la traduction, c'est pourquoi je me définis comme traducteur passionnel et non pas professionnel) de choisir  moi-même, à 90 ( ?) %, mes livres et mes auteurs, et surtout de les proposer (presque : les imposer). Au risque de paraître faire un mauvais jeu de mots, je me considère plus comme un introducteur qu'un traducteur et il y a je crois trente ou quarante auteurs nordiques qui n'avaient pas été traduits en français, voire traduits tout court, avant que je fasse paraître un de leurs livres. Avec un succès parfois très limité. Le cas le plus flagrant ayant été Henning Mankell, dont j'ai persuadé Christian Bourgois d'éditer Meurtriers sans visage, qui a été un « bide » retentissant (quelques centaines d'exemplaires vendus, je crois) au milieu d'un silence assourdissant – alors qu'on s'arrache maintenant ses « notes de blanchisseuse ». C'est ce qui a fait de moi un spécialiste desworst-sellers, j'ai des preuves de ce que j'avance. A l'inverse, je dois reconnaître que ce n'est pas moi qui ai introduit Björn Larsson et que je l'ai simplement récupéré au vol. 1 à, 1, la balle au centre.

Pouvez-vous travailler sur deux traductions à la fois ?

En principe, c'est ce qu'il ne faut pas faire. Mais le « principe de réalité », est le plus fort, et par la force des choses, comme on dit, c'est à peu près inévitable, ne serait-ce qu'à cause de cette fichue relecture après correction, essentielle, indispensable, je suis le premier à le dire, mais très désagréable car vous obligeant à vous replonger d'un instant à l'autre (et parfois des années après, c'est vrai, je le jure) dans un univers dont on a tout oublié et qui est à cent lieues de celui qui vous occupe, vous accapare, actuellement, car c'est tellement « prenant », la traduction. Alors, il faut essayer de prendre cela comme un temps de respiration (qui peut également être utile, voire agréable) au milieu de votre tâche présente. Mais à pratiquer avec modération !

Ekelund, Eriksson sont des auteurs de polars dont vous avez traduit plusieurs titres. Avez-vous d'autres auteurs de polars suédois à nous faire découvrir ?

 Non, car je crois qu'on en est maintenant aux fonds de tiroir. Et que le polar suédois en est arrivé à se parodier : Björn Larsson l'a d'ailleurs fait volontairement dans Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers. Je ne prospecte donc plus de ce côté-là. Je préfèrerais de beaucoup qu'on poursuive des publications tronquées : je pense à Staffan Westerlund, Håkan Nesser, Per Wahlöö… Il y a encore à faire mais dans le domaine qualitatif et non quantitatif. Assez de ces polars qui ne sont que des polars, c'est-à-dire qui n'ont presque rien à nous dire sur la vie, la société, le monde et qui parfois, le disent mal, en plus ! La catégorie « polar » devrait d'ailleurs être supprimée, il y a des bons romans et des mauvais (ou piètres), c'est tout.

Selon vous, qu'est-ce qu'une traduction réussie ?

Une traduction qui ne se remarque pas. Qu'on prendrait pour une version originale. La traduction est une activité fondamentalement paradoxale (il me faudrait des pages pour détailler cela). Le plus beau étant que c'est la seule activité artistique dont l'auteur ne doit pas chercher à se faire remarquer, alors que c'est le fondement de l'art et de l'artiste de vouloir être remarqué, ne serait-ce que pour communiquer. Le plus bel éloge à faire à un traducteur, c'est de lui dire : oh, pardon, je ne me suis pas aperçu de votre passage. Ce que d'autres prendraient pour une insulte est pour nous un compliment. J'ajoute cependant qu'aucune traduction n'est jamais terminée, elle est toujours améliorable (par quelqu'un d'autre ou par l'intéressé lui-même). La mention « traduction définitive » qu'il m'est arrivé d'apercevoir ça ou là est donc une ânerie gigantesque. Sans compter  l'évolution du goût, des normes de la langue littéraire (qui aurait osé utiliser un mot en trois lettres commençant par c – choisissez – il y a quelques décennies) et surtout de la langue elle-même. C'est un travail de Sisyphe, jamais achevé et même un peu absurde.

Quel est le secret véritable d'une bonne traduction ?

Il tient en un mot très simple : le PLAISIR. Eh oui, le bon vieux plaisir, sans lequel il n'y a pas de bonne traduction ni peut-être de traduction tout court. Et c'est un conseil à donner aux candidats éventuels : ne vous engagez pas dans cette voie si vous n'y prenez pas plaisir. Sinon, je vous garantis… l'enfer. Notez d'ailleurs qu'il y en aura toujours un peu, même si vous y prenez plaisir. Sans me faire l'apôtre du (sado)masochisme, je suis intimement convaincu qu'il n'y a pas de plaisir sans une certaine dose de souffrance (avant, après, parfois même pendant – comme dans « la petite mort »). Mais si vous n'êtes pas prêt à souffrir (un peu, beaucoup, passionnément et parfois pas du tout), passez votre chemin. C'est à ce prix que vous pourrez pleinement goûter la satisfaction  que procure cette activité, sans parler des amitiés qu'elle peut vous procurer (parmi vos « victimes ») ni de l'énorme élargissement de votre horizon, de vos connaissances et de votre vocabulaire etc. qu'elle procure. Mais faites attention, aussi : on devient facilement « accro », j'en sais quelque chose. C'est pourquoi il m'est arrivé de dire que la traduction est un vice – dans mon cas, c'est certain, mais il faut avoir le courage de ses vices comme du reste, et peut-être les choisir avec discernement.

L'écueil à éviter ?

C'est l'excès de confiance en soi. Quand un traducteur commet une erreur (c'est arrivé à tous sans exception), c'est parce qu'il ne s'est pas assez méfié de lui-même, parce qu'il est passé trop vite, croyant savoir, négligeant tel infime détail qui change tout (cela peut être un simple signe de ponctuation). Or, il faut toujours être sur ses gardes vis-à-vis de ses propres insuffisances (et qui n'en est pas affligé ?). C'est non seulement difficile intellectuellement mais aussi fatiguant et un peu démoralisant (comme s'il n'y avait pas assez de difficultés « extérieures », comme ça). C'est pourquoi une bonne relecture par quelqu'un d'étranger au processus (ou qui ne connaisse rien à ce dont il est question dans le livre, sauf la langue française, bien entendu) est indispensable. A condition que cette personne ne veuille pas se substituer au traducteur et imposer ses solutions, mais uniquement poser les bonnes questions – et, là aussi, les plus « bêtes », ou du moins les plus naïves, sont les meilleures, quitte à ce qu'elles soient formulées en pure perte.

Quels autres conseils donneriez-vous alors à un jeune traducteur ?

 Le plus fondamental : soyez humble devant votre tâche, respectez le livre que vous traduisez, ne cherchez pas à vous faire « mousser » à travers lui. Accessoirement, je lui citerais ma devise personnelle : la ruse du Sioux et la patience de l'ange (hybride monstrueux, pas vrai ?). Car il faut sans cesse ruser pour trouver des solutions (traduire, c'est ça : trouver sans arrêt des solutions, et trier parmi toutes celles qui se présentent, voire en inventer). Et donc de la patience pour cela, car il faut sans cesser sur le métier remettre son ouvrage. Sans compter la ruse et la patience vis-à-vis du monde de l'édition, pour faire accepter des projets qui vous tiennent à cœur et se défendre contre certaines pratiques – mais savoir aussi s'appuyer sur les éditeurs valeureux, astucieux, méritants, qui existent, surtout parmi les petits (sur le plan commercial et financier). Traduire, ce n'est pas seulement mettre des mots (français) à la place d'autres (suédois). C'est toute une entreprise, un « projet de vie » au parcours tellement zigzagant qu'il faut parfois tourner franchement le dos à son but pour l'atteindre. Ruse et patience ! C'est un investissement personnel à 100% (150 ?).

Un petit regard sur le côté : on traduit très bien en tandem (avec quelqu'un dont la langue maternelle est nordique, mais pas forcément). Cela peut donner du courage et de la patience, et colmater certaines lacunes. Mais attention : il faut une confiance totale et mutuelle (sinon, c'est une autre variété de l'enfer). Et puis il y a des œuvres avec lesquelles il faut être seul. L'amour, ce n'est pas que le sexe, hein ? Histoire de discernement.

Vous êtes considéré comme le spécialiste de la littérature prolétarienne suédoise en France. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Il me faudrait des pages et des pages. Je préfère vous renvoyer à la trilogie La Bêche et la plume (Plein Chant, 1986-88) que j'ai consacrée à ce sujet ainsi qu'aux œuvres de Lo-Johansson, Johnson, Moberg (La Saga des émigrants¸ Gaïa), Martinson, Kjellgren, Fridell… que j'ai réussi à faire paraître en traduction. Elles en diront plus que je ne pourrais le faire en quelques mots. Et ceux qui seraient vraiment très intéressés (et un peu vicieux, donc), à ma thèse de doctorat (trouvable uniquement en bibliothèque universitaire mais sans risque d'erreur puisque je suis le seul à m'être intéressé au sujet dans notre pays ; c'est comme ça qu'on devient le spécialiste, fastoche !).

Existe-t-il un mouvement comparable en France ?

Oui, mais il s'agit d'auteurs très divers, isolés et au pire confidentiels. Pour une première approche, on peut lire les premières œuvres de Louis Guilloux et celles de Georges Navel (plus proches de nous : Dorothée Letessier, Gérard Mordillat…). C'est une assez triste histoire, du fait du manque total d'écho et de résonnance dans le monde littéraire français et par rapport à l'histoire sociale du pays – à la différence de ce qui s'est passé en Suède. Ceux qui voudraient en savoir un peu plus à ce sujet peuvent toujours me contacter par votre intermédiaire.

Pour finir, qu'avez-vous envie d'ajouter ?

Le traducteur travaille pour la paix dans le monde, excusez cette forfanterie, mais elle me permet parfois de me regarder dans la glace. Parce que, en introduisant d'autres façons de penser, de créer, voire de vivre, il œuvre pour la compréhension entre les hommes. Le traducteur ne peut pas être raciste ou fanatique (deux des grandes plaies de notre époque), parce qu'il tâte chaque jour du doigt d'autres modes d'existence, de pensée et d'expression. Quand on a pris conscience à quel point le langage humain peut être relatif, on a moins envie de juger et condamner ceux qui ne sont pas les vôtres. Point final !

*Denis Ballu est le fondateur des Editions Elan (éditeur des pays nordiques) en 1991. Passionné, lui aussi, par la culture nordique, il œuvre encore beaucoup à la diffusion de la littérature suédoise (entre autres) en France.

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Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00

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Michèle Benbunan : avec Vivendi, Editis “est présent dans tous les univers médias”

« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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L'agence littéraire britannique Curtis Brown se tourne vers les auteurs français

EXCLUSIF – Curtis Brown est l’une des plus anciennes agences littéraires britanniques, fondée en 1899 par Albert Curtis Brown. Depuis, la structure a amplement dépassé le cadre de la représentation d’auteurs, pour déborder sur d’autres secteurs culturels. Francophones toutes deux, Roxane Edouard et Claire Nozieres, vont lancer un pont entre la perfide Albion et l’Hexagone. 

07/10/2020, 10:06

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Marc Levy : “Avec Facebook, Mark Zuckerberg est un Goebbels moderne”

ENTRETIEN – C’est arrivé la nuit, le dernier roman de Marc Levy, traite tout à la fois de manipulation des masses par l’extrême droite, de montée des populismes, de l’infox dispersée abondamment sur les réseaux sociaux… et du scandale de l’insuline. Un nouveau genre, qu’explore le romancier ? Pas tant que cela.

30/09/2020, 17:37

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Liban : regards croisés d'éditeurs, “l'édition est le secteur le plus affecté”

Sept éditeurs indépendants au Liban témoignent, dans une série d’interviews réalisées en partenariat avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, qui en assure également la traduction. Ces regards croisés permettent de mieux mesurer la situation où chacun se trouve. ActuaLitté propose ce document inédit en exclusivité.

29/09/2020, 14:42

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Stéphane Bern : “Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques ”

Il n’est pas homme à polémiques, pas plus que politicien. Mais attaqué sur « une regrettable maladresse », Stéphane Bern sort de sa réserve. « Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques », indique-t-il à ActuaLitté. Qu’on se le tienne pour dit.

21/09/2020, 07:15

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Et si la librairie de demain était coopérative, mutualiste, écocitoyenne ?

Deux années pour que le projet voie finalement le jour en 2021. La librairie Gibert Joseph du IIe arrondissement de Paris changera bientôt de mains, autant que de perspective. Un projet de Scop se met en place avec pour nom la coopérative des idées, porté par Renny Aupetit.

16/09/2020, 18:30

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Prévenir les catastrophes patrimoniales : “Le temps et l'argent se font rares”

Plusieurs catastrophes patrimoniales de grande envergure, notamment l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ont dernièrement attiré l'attention médiatique et suscité l'émotion populaire. Mais ces événements sont malheureusement assez fréquents : le Groupe d'Aide en cas de Sinistre Patrimonial (GASP), en Normandie, apporte ressources et aides pour prévenir ou limiter ces catastrophes. Anthony Zurawski, chargé de mission au sein de La Fabrique de patrimoines, revient sur les activités du GASP.

03/09/2020, 11:57

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De la plantation à la fabrication de papier : ouverture d’une ferme papetière

Papetiers d’art depuis plus de cinq ans, Laurence et Bruno Pasdeloup se sont lancés dans une nouvelle aventure : ouvrir leur papeterie paysanne. Située dans le hameau de Puyberaud (Creuse), la propriété de près d’un hectare leur permettra de cultiver leurs propres matières premières et d’accueillir collaborateurs et curieux, souhaitant mettre « la main à la pâte ». 

26/08/2020, 14:18

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Île Maurice : la crise Covid a multiplié les “entraves à la liberté d’expression”

Éditrice et fondatrice de la maison Atelier des nomades, à l’ile Maurice, Corinne Fleury raconte l’incidence de la crise sanitaire sur son métier. Après 10 années de parutions, avec son conjoint Anthony Vallet, la réalité devient complexe. Et comme on le constate, l’un des enjeux actuels est celui des atteintes aux libertés d’éditer... qui sont malmenées. 

19/08/2020, 11:19

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La Gazette du Sorcier, deux décennies avec Harry Potter

Animer un site web consacré à une seule œuvre témoigne d'une certaine constance, et le faire pendant vingt ans, d'une passion dévorante. La Gazette du Sorcier, un des principaux sites francophones consacrés à Harry Potter, célèbre en 2020 deux décennies d'informations et de créations autour de l'univers créé par J.K. Rowling. 

17/08/2020, 10:33

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“La valeur des bibliothèques ne se mesure pas uniquement sur du quantitatif”

Baisse de la fréquentation et, surtout des inscriptions : la dernière édition de l'enquête « Pratiques culturelles des Français », assurée par le ministère de la Culture, apportait des chiffres assez peu réjouissants pour les bibliothécaires. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) appelle toutefois à relativiser ces données, par la voix de sa présidente Alice Bernard.

03/08/2020, 12:15

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Leha rachète Lynks : “L’imaginaire et la jeunesse vont très bien ensemble”

EXCLUSIF – Le monde de la jeunesse et de l’imaginaire se croisent souvent, et s’apprécient désormais un peu plus. Quelques semaines avant la rentrée littéraire, les Editions Leha – qui publient Pierre Bordage, Steven Erikson ou encore Philippe Tessier – vont reprendre les Editions Lynks. Une nouvelle corde pour l’arc de la jeune Leha.

31/07/2020, 19:00

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Mélanie Leblanc inscrit sa poésie dans les pages, sur les murs et les corps

Mélanie Leblanc aime à disséminer. En dehors des luminaires, des vitrines et des potirons ou, récemment, lors de l’exposition Relier au musée Mallarmé, sur le corps des visiteurs, elle écrit sur papier et publie. Disons qu’elle est une variété de liseron qui fait feu de tous supports. Dès qu’ils sont à sa portée, ses tiges volubiles s’y enroulent. Sa poésie est le liseron bleu, variété cultivée qui ne renie pas ses origines sauvages, le volubilis. Une forme certaine de liberté ne renonçant à explorer aucune direction.

30/07/2020, 11:36

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“Internet ne change pas la poésie, mais en modifie l’accès et la diffusion”

Président du Pen Club français entre 2005 et 2012, et désormais président d’honneur, Sylvestre Clancier aime les mots comme tout poète. Impliqué dans la vie poétique sur le territoire, mais également dans la philosophie — qu’il a enseignée au Québec — il répond à ActuaLitté. Littérature, poésie et bien d’autres au menu.

27/07/2020, 11:46

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Histoire de l’ebook #6  - E Ink, une technologie d'encre électronique

Les recherches sur l’encre électronique débutent à la fin des années 1990 au sein de la société E Ink pour offrir un meilleur écran aux liseuses en attendant le papier électronique. E Ink présente le prototype de son écran en 2002 et le commercialise en 2004. Un projet un peu différent est la technologie Gyricon développée par Xerox. Radicalement novateur lui aussi dans un domaine connexe, le projet @folio voit le jour en France dès 1996 mais reste malheureusement à l’état de prototype faute de soutien financier.

19/06/2021, 11:19

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La lecture dans les établissements de santé, “espace d’intimité, d’évasion, de liberté”

La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) s'engage dans une vaste opération de rapprochement entre les professionnels de la santé et ceux de la lecture publique, pour multiplier les projets culturels autour du livre et de la lecture dans les établissements de santé. Nous reproduisons ci-dessous le plaidoyer de la fédération, destiné à convaincre de l'importance cruciale de la lecture dans le parcours de soins.

18/06/2021, 15:06

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Histoire de l'ebook #5 - Les premières liseuses    

Sans surprise, les premières liseuses voient le jour dans la Silicon Valley, terre des projets technologiques les plus fous, avec les fonds nécessaires pour les développer. Ces liseuses sont le Rocket eBook (de NuvoMedia) et le SoftBook Reader (de SoftBook Press), qui virent le jour en 1998. D'autres modèles suivent, par exemple le Gemstar eBook (de Gemstar) en 2000, le LIBRIe (de Sony) en 2004, le Cybook Gen2 (de Bookeen) à la même date, le Sony Reader (de Sony) en 2006, le Kindle (d'Amazon) en 2007, le Nook (de Barnes & Noble) en 2009 et l'iPad (d'Apple) en 2010. 

 

18/06/2021, 11:31

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Histoire de l'ebook #4 - Du PDA au smartphone

En 2001, la liseuse n’a pas encore gagné son pari. On compte 17 millions de PDA (Personal Digital Assistants) dans le monde pour seulement 100.000 liseuses, d'après un Seybold Report publié en avril 2001. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001, dont le Palm Pilot (lancé en mars 1996) et le Pocket PC de Microsoft (lancé en mars 2000). En 2005, le PDA laisse progressivement la place au smartphone. L’iPhone d’Apple (lancé en juin 2007) devient le produit phare de toute une génération.

17/06/2021, 09:43

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19

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Histoire de l’ebook #2 - Gabriel, portail des bibliothèques nationales européennes

Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue (anglais, allemand, français) offrant un point d’accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes. Sans les patients efforts de Gabriel (et de l’European Library), la bibliothèque numérique européenne Europeana n’aurait peut-être jamais vu le jour dix ans plus tard.

15/06/2021, 09:29

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Librairie Les mots à la bouche : transmettre culture et héritage LGBT+, inlassablement

Nouvellement installée dans le XIe arrondissement de Paris, la librairie LGBT+ Les mots à la bouche lançait ce 31 mai un crowdfunding pour changer son modèle économique et devenir une société coopérative. Avec 40.000 euros réunis en à peine trois jours, les membres de la SCOP sont aujourd’hui assurés de pouvoir reprendre l'entreprise. Une façon pour le lieu de continuer à vivre aux mains d’une nouvelle génération de libraires engagés, ayant à cœur de prolonger l’héritage LBGT. Mais aussi de proposer une littérature qui raconte ses luttes et son histoire.

14/06/2021, 18:01

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Histoire de l’ebook #1 - Le PDF, format pionnier lancé par Adobe

L’ebook aura bientôt 50 ans. Non, il ne fait pas son âge. Mais pour mieux contextualiser son existence, ActuaLitté vous propose de retrouver une série d’articles, rédigés par Marie Lebert, pour bien mener les célébrations. Peu après les débuts du web en 1990, la société Adobe lance en juin 1993 le format PDF (Portable Document Format), tout comme l’Acrobat Reader (gratuit, pour lire les PDF) et l’Adobe Acrobat (payant, pour créer les PDF).

14/06/2021, 09:51

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La justice pardonne-t-elle les critiques élogieuses de livres dangereux pour la santé ?

La justice nous porte souvent vers les confins du sublime, dans une langue magique. La Cour de Justice de l’Union européenne, régulièrement évoquée dans nos colonnes, donne l’occasion d’un petit sourire, voire d’un clin d’œil, facétieux. En effet, l’arrêt dans l’affaire C-65/20 autoriserait, selon un de nos lecteurs, que les mauvais livres — indigestes pour l’esprit — puissent malgré tout être encensés. Attention, mauvaise foi et bonne humeur exigées…

10/06/2021, 12:52

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FIBD : les Autrices et Auteurs en Action “demandent maintenant des actes”

Le collectif AAA (Autrices et Auteurs en Action) entend attirer l'attention des pouvoirs publics sur les suites données au rapport Racine sur la condition des auteurs, qu'il estime « enterré ». Après une proposition de boycott du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2021, le collectif a proposé un vote pour Bruno Racine, pour le Grand Prix. Vote qui ne sera pas comptabilisé, a confirmé l'organisation. Le collectif prend acte, mais demande à présent au festival de démontrer son soutien aux auteurs, lors de la prochaine édition. Nous reproduisons le courrier de réponse au FIBD ci-dessous.

09/06/2021, 14:49

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Les auteurs de Suisse s'expriment en faveur de la loi Covid-19 

La Suisse doit prochainement s’exprimer sur une législation et les débats vont bon train. Le secteur de la Culture touché au même titre que d’autres reste en demande d’actions. Et le collectif Suisse Culture, dont l’association des auteurs partage le message, demande donc que la loi Covid-19 fasse l’unanimité. « Qui dit non à la loi Covid-19 rend impossible tout soutien aux branches les plus durement touchées : la culture, l’événementiel, la gastronomie et le sport. » Leur appel est ici reproduit dans son intégralité.

31/05/2021, 17:01

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Affaire Marsan : huit autrices de Bragelonne “rappellent la société à ses obligations”

Une enquête de Mediapart, en avril dernier, a fait état des témoignages d'une vingtaine de femmes, qui pointaient le comportement « déplacé » de l'éditeur Stéphane Marsan, directeur du groupe Bragelonne, dans un cadre professionnel, à l'occasion de réunions ou lors de festivals. Depuis, la société n'a pas réagi publiquement, et aucune mesure ne semble avoir suivi ces révélations. Huit autrices de livres publiés par le groupe rappellent la société à ses obligations, menaçant de reprendre leurs droits sur leurs créations. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leurs revendications et leur lettre ouverte.

28/05/2021, 09:00

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En Biélorussie, la liberté d'expression et l'opposition en danger

Le détournement d'un avion de ligne par un appareil militaire, pour arrêter l'opposant et journaliste Roman Protassevitch, constitue le dernier « coup d'éclat » du régime autoritaire d'Alexandre Loukachenko. Depuis les résultats des élections présidentielles de 2020, contestés par une partie de la population, la répression s'intensifie. Le PEN Club français fait part de son inquiétude pour la liberté d'expression, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

27/05/2021, 09:26

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Pass Culture : unique réussite d'un Emmanuel Macron tout schuss ?

L’éducation et la culture étaient les pans prioritaires du programme d’Emmanuel Macron candidat à la présidence. Et sur le second point, la mesure probablement la plus novatrice consistait à copier le Bonus Cultura mis en place par Matteo Renzi, Premier ministre italien, en octobre 2016. Baptisé par les équipes Macron Pass Culture, il promettait un bifton numérique de 500 € aux jeunes atteint de majorité, pour des dépenses folles en biens culturels…

21/05/2021, 17:05

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Des dessins inédits de Milan Kundera exposés à Paris

« Par mes expériences et mes goûts je suis centre-européen […], mais au milieu de ma vie, ma femme et moi avons émigré en France. Cet événement est le plus décisif de toute mon existence : il est la clef de ma vie et de mon travail », écrivait Milan Kundera. Français, Tchèque, et Centre-européen, l’écrivain est au cœur d’une exposition organisée par le Centre tchèque de Paris, offrant un regard inédit sur les dessins de l’auteur.

21/05/2021, 10:25

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Perdue en mer de Chine ? Roselyne Bachelot face à ses contradictions

Voilà quelques jours, la ministre de la Culture se lançait dans d’hasardeuses comparaisons : d’un côté les tensions en mer de Chine, de l’autre celles entre organisations représentatives des artistes-auteurs, qui seraient plus ardues à résoudre que les premières. Les intéressés — les artistes-auteurs, pas les Chinois… — ont décidé de répondre à Roselyne Bachelot, considérant que le mépris avait des limites… Leur texte est ici proposé dans son intégralité. 

17/05/2021, 15:21

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Marcel Proust devenu auteur de science-fiction

Chercher, Pierre-Carl Langlais adore : il s’est lancé dans des études en histoire de la presse, mobilisant les ressources de l’Intelligence Artificielle pour analyser des corpus entiers. Et au fil des morceaux de code, s’est intéressé à l’outil GPT-2 – logiciel de traitement automatique du langage, produit par OpenAI (société de Elon Musk). « À partir d’un corpus, on propose à la machine un début de phrase, et elle génère le texte qui suit. On peut ainsi croiser deux types de textes, pour emprunter un style à l’un et un univers à l’autre », nous explique le post-doctorant.

13/05/2021, 16:24

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HoomBand : lectures et ambiances pour les angoissés du sommeil

TEST – Le soleil revient, repart, les terrasses restent vides, les pro et anti-vaccins s’empoignent… tout cela donne envie de faire une belle sieste. Mais difficile de s’endormir avec un tel vacarme en bruit de fond ? Taratata, ActuaLitté vous a dégoté un petit gadget presque sexy, qui aide à l’endormissement. Une sorte d’assistant-conteur, capable de vous plonger dans une ambiance sonore, ou une œuvre, afin de favoriser le sommeil. En avant.

10/05/2021, 16:40

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“Essentiel c’est-à-dire absolument nécessaire” : des libraires privés d'activité

Malgré les menaces de la crise sanitaire, le retour des beaux jours ouvre des perspectives plus heureuses, avec une reprise d'activité. Certains libraires, notamment ceux proposant des livres d'occasion, se trouvent toutefois privés de participation aux marchés en extérieur. Une situation incompréhensible, portée à la connaissance de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, par Frédéric Mignon et Pascale Chassang, libraires à la Librairie Sans Nom, au Mans, dans une lettre ouverte publiée dans nos colonnes, en intégralité.

07/05/2021, 14:56

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Une loi sur les bibliothèques, “un marqueur fort et une opportunité”

Déposée au Sénat le 3 février dernier, la proposition de loi de Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine), relative aux bibliothèques et au développement de la lecture publique, a bien sûr attiré l'attention des professionnels du secteur. Trois associations professionnelles saluent cette proposition de loi dans un communiqué, reproduit intégralement ci-dessous.

07/05/2021, 11:29

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Rembourser l'avance perçue : quand l'éditeur devient banquier des auteurs

Il plane dans l’atmosphère comme une odeur de faillites rances, dans certaines maisons d’édition. Au point que leurs dirigeants imaginent toutes les manœuvres à leur portée pour récupérer un peu d’argent — une fois la liquidation prononcée. Plusieurs témoignages concordants font état de demandes, parfois adressées par l’intermédiaire d’avocats, réclamant la restitution d’avances sur droits. Au moins deux structures y ont récemment eu recours, provoquant l’inquiétude des auteurs concernés. 

07/05/2021, 11:23

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Institut du service public : les conservateurs généraux des bibliothèques volontaires

Dans la foulée de l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France, l'Association française des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation plaide pour une intégration des conservateurs généraux des bibliothèques au sein du futur Institut du service public (ISP). Nous reproduisons le texte de l'association ci-dessous.

06/05/2021, 11:24

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“Oui, on le savait. Mais personne n’a rien dit, surtout par peur”

Le 21 avril dernier, un article de Médiapart dévoilait les nombreux témoignages de professionnelles. Chacune pointait, dans ses relations, le responsable éditorial des éditions Bragelonne, Stéphane Marsan. Après la vague de révélations viennent les interrogations, les inquiétudes, les attentes. Adrien Tomas, auteur de fantasy, avait vivement réagi, et accepte de nous confier son texte. Le voici publié dans son intégralité.

04/05/2021, 11:32

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#MeToo dans l'édition : “Je suis Jeanne”, une témoin se dévoile

« Je suis Jeanne, l’une des témoins cités sous pseudo par Médiapart dans son enquête du 21 avril 2021. M. Marsan a répondu à cet article en identifiant les témoins, les unes après les autres, dans un exercice d’intimidation qui doit figurer dans un chapitre du Nécronomicon. Dans l’un des derniers paragraphes et sous couvert d’éloges contrits, il rend mon identité publique en citant Albin Michel, ma maison d’édition. Déjà, tout le monde s’en fout, de mon identité, donc joke’s on you. » Par Marguerite Imbert.

01/05/2021, 12:50

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En ce 1er mai, “Hommage à tous mes collègues précaires”

Marie Lebert est traductrice et auteure. Depuis des années, elle propose dans nos colonnes des réflexions sur les métiers du livre, l'évolution numérique de l'objet et bien d'autres. Son dernier dossier, Portraits de traductrices et traducteurs du passé portait l'accent sur l'un des rôles invisibles et cruciaux de l'édition. Aujourd'hui, elle souhaite rendre un hommage « à tous mes collègues précaires ». 

01/05/2021, 11:12

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Haute fonction publique : les conservateurs des bibliothèques attentifs

Après la suppression de l'École nationale d'administration (ENA), Emmanuel Macron propose une réforme de la haute fonction publique, avec pour principale mesure la « fonctionnalisation » de l’Inspection générale des Finances (IGF), de l’Inspection générale de l’Administration (IGA) et de l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas). Les conservateurs et conservatrices des bibliothèques saisissent l'occasion pour demander une prise en considération de certaines revendications, portées par l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France (ADBGV), dont nous reproduisons le texte ci-dessous.

29/04/2021, 16:20

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Harcèlement sexuel : soutien à "celles et ceux qui osent témoigner publiquement" 

Dans le contexte de l'enquête menée par Médiapart publiée le 21 avril dernier, où plusieurs autrices, auteurs et anciens salariés de la maison d'édition Bragelonne témoignent d'une attitude déplacée de Stéphane Marsan, directeur des éditions. Une pétition a été initiée sur le site de Chance.org par Lionel Evrard pour mettre fin à cette « omerta ». Nous reproduisons ici ses propos, dans leur intégralité. 

28/04/2021, 17:40

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Archives : le déménagement qui interroge

Le ministère de la Culture a récemment annoncé le dépôt des archives municipales de Troyes et des archives de Troyes Champagne Métropole aux Archives départementales de l’Aube, dans le cadre des dispositions prévues par le Code du patrimoine. Cette situation, inédite à cette échelle, soulève des questions sur la responsabilité et l’investissement des collectivités envers leur patrimoine archivistique, ainsi que le détaille l'Association des archivistes français dans une tribune, ici reproduite en intégralité.

23/04/2021, 09:21

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“Face à la détresse scolaire des étudiants, faire de l’enseignement supérieur une priorité”

Devant l'ampleur de la crise sanitaire, le groupe des éditeurs universitaires du Syndicat national de l'édition lance un appel, voire un cri d'alerte. Leur message est ici reproduit dans son intégralité. 

19/04/2021, 09:33

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Égypte : un chercheur détenu pour son travail sur les droits des femmes

74 organisations non gouvernementales internationales cosignent une tribune pour exiger la libération de l'étudiant et chercheur égyptien Ahmed Samir Santawy. Le 1er février dernier, il a été interpelé alors qu'il rendait visite à sa famille en Égypte, et reste aujourd'hui en détention provisoire, pour des motifs non expliqués. Nous reproduisons ci-dessous le texte des ONG, en intégralité.

16/04/2021, 16:57

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Québec : le devenir des écrivains au coeur des préoccupations

L’Union des écrivaines et écrivains québécois fait état de la publication de deux sondages convergents. Le premier, auprès de la population du Québec, le second auprès des écrivains, mais tous deux font état d’une prise de conscience et d’un réel soutien aux artistes. Nous reproduisons ici leur tribune, dans son intégralité. 

16/04/2021, 13:29

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Les bibliothèques universitaires demandent “une offre riche et diversifiée” d'ebooks

Les bibliothèques françaises des établissements de l’Enseignement Supérieur et des écoles de management, soutenues par le consortium Couperin, qui négocie les accès aux œuvres au format numérique, demandent dans une tribune un accès plus large et économiquement viable aux catalogues numériques des éditeurs. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leur texte.

15/04/2021, 16:58

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Covid : fatigue et inquiétude gagnent des bibliothèques

Depuis le 28 novembre, les bibliothèques, aux côtés des services d'archives et centres de documentation, font partie des seuls lieux culturels de proximité à être ouverts au public, malgré le contexte sanitaire. Ce sort réservé aux établissements de lecture publique, qui reconnaît leur caractère essentiel, en vient toutefois à peser sur certains professionnels des bibliothèques, qui craignent pour leur santé et soulignent une fatigue générale. À ce contexte viennent souvent s'ajouter des revendications plus larges, sur les conditions de travail.

09/04/2021, 16:32

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Roselyne Bachelot et l'Observatoire des métiers : “Un problème de méthode”

ActuaLitté reproduit ici une lettre ouverte de l’intersyndicale signée par 20 organisations professionnelles d’artistes-auteurs. Datée du 8 avril, elle concerne l’une des rares promesses de la ministre Roselyne Bachelot sur un Observatoire des métiers. Une annonce qui semble déjà fortement compromise compte tenu de la méthodologie du ministère, analysent-elles.

08/04/2021, 10:19

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“L'émotion suscitée par les événements les plus minuscules” : hommage à Gil Jouanard

Gil Jouanard est mort le 25 mars dernier à l'âge de 83 ans. Directeur de la Maison du Livre et des Écrivains pendant deux décennies, à l'origine de nombreux événements littéraires, le poète s'investissait considérablement dans la vie de l'écrit. L'écrivain Antoine Spire, président du PEN Club français, lui rend hommage dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

07/04/2021, 14:37

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“Le poids parfaitement illégitime de la commandite” d'Arnaud Lagardère

En tant qu’actionnaires minoritaires des Éditions Calmann-Lévy aux côtés de Hachette Livre, Éliane et Christopher Calmann-Lévy ont pris acte du départ d’Arnaud Nourry qui présidait aux destinées de Hachette Livre depuis 18 années. Dans un message communiqué à ActuaLitté, ils évoquent cette rupture, pour l’ex-PDG passé de « l’homme fort » au « maillon faible ».

03/04/2021, 17:24