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"Napoléon n’est pas sanguinaire, simplement nerveux, pressé, coléreux" (Jean Tulard)

L’année 2015 est une année de commémorations historiques, les cinq cents ans de Marignan, les trois cents ans de la mort de Louis XIV, les deux cents ans de la bataille de Waterloo, entre autres. C’est donc une bonne chance de réviser son histoire en lisant les nombreux livres publiés pour ces occasions. Le dernier en date est celui de Jean Tulard, historien de référence de l’époque napoléonienne, qui publie, chez Tallandier, Le Monde selon Napoléon. Maximes, pensées, réflexions, confidences et prophéties. Entretien.

Le 05/10/2015 à 11:12 par Audrey Le Roy

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05/10/2015 à 11:12

Audrey Le Roy

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Le Sacre de Napoléon, par Jacques-Louis David (1807)

Le Monde selon Napoléon vise à clarifier la pensée de Napoléon tant à travers ses écrits que ses propos. Pourquoi avoir fait le choix d’un classement alphabétique plutôt que chronologique ? 

Il est alphabétique parce que vous allez chercher, pour la pensée de Napoléon, des thèmes comme l’esclavage, puisque c’est un procès qui lui est fait, la guerre, la tactique, la stratégie. Bref, vous allez plutôt, lorsque vous aurez ce livre en main, ne pas vous référer à la chronologie, mais à des thèmes. Cependant, dans ces thèmes, la pensée de Napoléon évoluant avec le temps, les pensées sont classées dans l’ordre chronologique. Sur l’esclavage, par exemple, Napoléon a beaucoup varié.

Très jeune, il est formé par l’abbé Raynal (1713-1796), il est donc hostile à l’esclavage et à la colonisation. Il est aussi un grand lecteur de Rousseau qui lui aussi condamne l’esclavage. Plus tard, il va se retrouver confronté au problème de la Martinique, en effet l’esclavage a été aboli seulement en 1794 par la Révolution, alors que la Déclaration des droits de l’homme est de 1789. À ce moment-là, St Domingue et la Guadeloupe n’ont plus d’esclaves, mais le 25 mars 1802, à la paix d’Amiens, l’Angleterre restitue à la France la Martinique, qu’elle lui avait enlevée, et en Martinique il y a toujours des esclaves puisqu’en Angleterre il n’a jamais été aboli. Donc Bonaparte se trouve face à un problème : d’un côté la Martinique avec des esclaves, de l’autre la Guadeloupe sans esclaves. Alors, il hésite et après ses premières déclarations où il dit qu’il ne rétablira jamais l’esclavage, il finit, tout de même, par le rétablir parce qu’il faut faire repartir les plantations.

Ce qui à l’époque n’a rien de choquant puisque l’esclavage est dans toutes les colonies, hollandaises, anglaises, danoises ; que les barbaresques raflent les chrétiens ; que le servage existe en Russie et que Washington lui-même a des esclaves. Donc ça n’est pas choquant pour l’époque. Et puis, en 1815, au moment des Cent-Jours, il abolit la traite et on le voit à Sainte-Hélène s’attendrir sur un esclave, le vieux Tobie. Tout cela pour dire qu’il varie beaucoup, comme tout homme politique, donc le classement est alphabétique tout en ayant, quand il y a évolution des pensées, une logique chronologique.

On a beaucoup parlé de Waterloo, dont on commémore cette année le bicentenaire. À lire l’empereur, la défaite de Waterloo n’est pas de son fait, mais plutôt la faute des autres, la trahison de Bourmont, les hésitations de Ney, les mauvaises manœuvres de Grouchy. Quel est votre avis ?

Waterloo. Oui, Napoléon en parle et il en parle essentiellement à Sainte-Hélène, puisque c’est la fin. Et là-bas, il a effectivement tendance à distribuer les bons et les mauvais points et donc à notamment accabler Ney (1769-1815), qui fut, il est vrai, catastrophique. Il a tendance aussi à dénigrer Wellington (1769-1852), il ne l’aime pas, il ne l’avait jamais rencontré sur un champ de bataille avant Waterloo et il persiste à dire que Wellington n’est pas un grand général alors qu’inversement Wellington, lui, grandira Napoléon, pour mieux grandir sa victoire.

Napoléon tente bel et bien d’effacer ses responsabilités, il y a des fois où il les reconnaît, notamment dans l’affaire d’Espagne, mais là, à Waterloo, parce que c’est une bataille, parce que c’est une défaite, il a tendance à effacer ses propres carences.

Il est quand même l’un des principaux responsables de la défaite de la France pour une première raison : c’est qu’il est totalement amoindri physiquement, il est l’ombre de lui-même à Waterloo, il souffre d’hémorroïdes, d’insomnie, de manque de lucidité, etc. L’autre reproche que l’on peut lui adresser c’est de s’être mal entouré. Incontestablement Soult (1759-1851) n’est pas tout à fait à la hauteur comme chef d’État majeur. Si Davout (1770-1823) avait été là, il est évident que les choses auraient peut-être été différentes, c’est-à-dire qu’au lieu d’attaquer ainsi frontalement les positions anglaises qui étaient redoutables par leur puissance de tir, on aurait cherché à les contourner, à les prendre à revers, on aurait manœuvré. Or, on ne manœuvre pas à Waterloo. Il faut aussi dire qu’il a lancé la bataille trop tard, ce qui a permis aux Prussiens d’arriver.

Mais il n’y a tout de même pas uniquement de sa faute, il y a aussi dans la défaite de la France à Waterloo la ténacité des Anglais. Il s’en est fallu de peu, quelques heures de plus et les lignes anglaises craquaient et, s’il n’y avait pas eu l’arrivée des Prussiens, Waterloo aurait été une victoire, mais une victoire qui n’aurait pas eu un aspect décisif puisque les forces principales (les Russes et les Autrichiens) n’étaient pas encore arrivées sur le champ de bataille, donc l’avantage numérique restait, même après Waterloo, aux alliés contre Napoléon. Cela dit, ça aurait pu avoir un effet dissuasif et amener les alliés, comme le Tsar Alexandre Ier (1777-1825), à négocier la paix. 

Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, par Jacques-Louis David (1803)

Finalement il a surtout sous-estimé les troupes alliées…

Oui, il a sous-estimé la puissance de frappe des Anglais, il ne la connaissait pas : c'est Masséna qu’il l’avait essuyée en premier, dans les lignes de Torres Vedras en 1810. C'est ce que décrit le fameux film Les lignes de Wellington de Valeria Sarmiento en 2012.

#citation1#

Napoléon et la religion. On a du mal à le situer, il en parle, il fait son métier en allant aux offices importants, mais on ne le sent pas pour autant fervent croyant et pratiquant. Qu’en est-il ? 

Il y a la phrase que rapporte Bertrand (1773-1844) à Sainte Hélène, Napoléon dit « Il n’y a rien après. » Ce mot est noté par Bertrand le jour même, donc on ne peut pas dire qu’il est apocryphe, qu’il a été forgé, mais on peut se demander si Bertrand n’a pas un peu exagéré, enfin après tout on n’y était pas. Il insiste dessus dans la mesure où il veut montrer que Napoléon est un esprit fort.

N’oublions pas que dans l’armée de Napoléon ils sont tous athées, que ce soit Lannes (1769-1809), Bessières (1768-1813), Murat (1767-1815), aucun n'a d'état d’âme religieux. Et Napoléon n’en a pas plus. Quand on lit ses écrits de jeunesse, il est formé par la pensée de Rousseau, donc il serait vaguement déiste, mais chrétien non ! La preuve en est, c’est qu’en Égypte il est à deux doigts de se convertir à l’islam. Pour implanter sa domination sur le Proche-Orient, il est prêt à devenir, comme il le dit, mahométan. Le seul problème, qu’il explique, c’est que ses soldats ne pourraient plus boire de vin.

Dans ses négociations avec le Pape, on voit bien qu’il n’a pas du tout le sentiment que le Saint-Esprit va descendre sur lui. La façon dont il organise son sacre, sans communion, montre bien qu’il ne croit pas beaucoup au pouvoir spirituel du Pape comme représentant de Dieu. Mais c’est le chef de la chrétienté donc il ménage les chrétiens, et toutes les déclarations, que je multiplie dans le livre, montrent quelqu’un qui n’a pas été profondément chrétien, mais il faut paraître. La religion catholique, c’est pour lui, en quelque sorte, un moyen de tenir les sujets dans le respect, c’est une forme de gouvernement.

C’est un acte politique en fait…

Oui, sa vision du concordat est purement politique, c’est pour cela que je ne vois pas en lui un croyant. Il n’est certainement pas Saint Louis ! (rires) 

#citation2#

Napoléon est-il un homme qui agit brusquement ou de façon réfléchie ? Des fois, on doute un peu…

Paul Morand avait écrit un essai intitulé Napoléon L'homme pressé. Napoléon va vite, il ne perd pas de temps, toujours à la hâte, mais malgré tout, comme il le dit, quand il y a un problème de stratégie, il est tourmenté jusqu’au moment où il prend sa décision. Si c’est bien un homme pressé, ça n’est pas un homme méchant, ça n’est pas un tyran à la façon de Staline par exemple. Là non ! Il sait que Fouché (1759-1820) négocie dans son dos, il sait que Talleyrand (1754-1838) le trahit, sans en avoir, certes, mesuré l’importance, mais, s’il fait une scène à chacun, ça s’arrête là. Donc ça n’est pas un homme sanguinaire.

Vous me direz : Oui, mais d’Enghien ? Il ne faut pas oublier que concernant le duc d’Enghien, y a bien un complot qui est monté par Cadoudal (1771-1804) et Pichegru (1761-1804) pour assassiner Napoléon.

Ce dernier pense, où on lui dit, que le duc d’Enghien est à proximité des frontières, on se demande si c’est ce prince qui doit venir remplacer provisoirement Napoléon en attendant le roi ? Donc on l’enlève ! Certes au mépris des lois internationales, sur le territoire de Bade, on le ramène en France, on le fait fusiller à Vincennes, mais on le fusille parce que c’est la loi. On ne l’a pas fusillé comme ça, c’est une loi qui dit que les Français qui ont servi dans les armées alliées sont condamnés à mort, or le duc d’Enghien a servi dans l’armée de Condé (son grand-père) donc il est légalement condamné.

En réalité cette affaire, comme l’a fait comprendre Napoléon, c’est une vendetta, en gros : "Ah ! Vous avez voulu me tuer, et bien moi je vous tue,…" c’est la vendetta corse, mais ça n’est pas un caprice, c’est malgré tout réfléchi et dans un contexte ou c’était sa vie ou celle du duc d’Enghien.

Donc Napoléon n’est pas un sanguinaire, ce n’est pas un homme méchant, il est simplement nerveux, pressé, coléreux, mais c’est tout. Quand on voit son œuvre, on se rend compte que c’est un homme très réfléchi. Voyez le Code civil, voyez la bataille d’Austerlitz, qui est admirablement préparée, c’est une des plus belles batailles de l’Histoire de France. 

Salle du trône de Napoléon, à Fontainebleau

Certes, on ne peut pas lui retirer son génie militaire et administratif, mais, concernant le duc d’Enghien, il semblerait que dans le privé il ait regretté, n'est-ce-pas ?

Oui, d’ailleurs on prétend qu’on lui a un peu forcé la main, parce qu’il s’agissait de faire couler le sang d’un Bourbon afin de rendre la restauration impossible. En effet, on avait toujours peur, en souvenir du général Monk (1608-1670) qui avait permis la restauration de Charles II (1630-1685) en Angleterre, on avait peur qu’il soit finalement le restaurateur de la monarchie, donc le fait qu’il fasse exécuter un Bourbon était, si l’on peut dire, rassurant. 

#citation3#

Vous êtes depuis plusieurs décennies la référence concernant Napoléon. On vous sait cependant plus passionné par le cinéma et Les Pieds nickelés. Alors pourquoi Napoléon, et pas Louis XIV ou François Ier ou tout autre ?

Pourquoi Napoléon ? C’est pour une raison stratégique : lorsque j’ai été élu à la Sorbonne en 1967, c’était un moment où Napoléon était un personnage complètement oublié de l’histoire universitaire. Napoléon, c’était Castelot et Decaux, c’est-à-dire la petite histoire, l’histoire anecdotique. C’était aussi la domination complète de la nouvelle histoire, celle de Braudel, qui condamnait l’histoire bataille, qui condamnait la biographie et qui condamnait le court terme. Bref, Napoléon était le réprouvé. Nous arrivions en 1967, au moment où en 1969 allait avoir lieu le bicentenaire de sa naissance. De Gaulle y avait attaché une certaine importance même s’il ne le célébrera pas, mais donc il y avait tout un ensemble qui laissait penser qu’il fallait remettre à l’honneur l’histoire napoléonienne.

C’est ce que j’ai fait. Vous me qualifiez d’historien de référence, j’en suis très flatté, mais en réalité mon rôle a consisté à redonner à l’histoire napoléonienne un lustre universitaire.

Lorsque vous voyez les gens qui, maintenant, écrivent sur Napoléon, que ce soit Emmanuel de Waresquiel, c’est mon élève, il a fait sa thèse sur la chambre des pairs sous la restauration avec moi, que ce soit Jacques-Olivier Boudon, qui est maintenant mon successeur à Paris IV, j’étais son jury de thèse, que ce soit Thierry Lentz… enfin tous ces gens-là sont venus à Napoléon par goût… et par moi. 

Aujourd’hui, l’histoire napoléonienne se porte bien et c’est ça mon rôle dont la synthèse est le Dictionnaire Napoléon chez Fayard où vous retrouvez tous mes « disciples ». Donc, pour moi, le but était de revaloriser Napoléon et si je regarde mon bilan, je pense que j’y suis arrivé. 

Mais, pour être honnête, les deux personnages qui me fascinent plus que Napoléon sont Fouché, avec son regard pétillant d’intelligence et de vice, et Talleyrand. Je pense que le plus grand mémorialiste de cette époque, même s’il invente beaucoup, est Chateaubriand, la formule qu’il utilise quand il caractérise Fouché et Talleyrand en 1815 à Saint-Denis, « Le vice appuyé sur le bras du crime », est géniale ! Ils font autant partie de l’épopée que les grognards, la preuve avec le succès de la pièce de théâtre Le Souper de Brisville, qui, historiquement, est fausse, mais montre la fascination que provoque encore ces deux grands personnages. 

Par Audrey Le Roy
Contact : aleroy94@gmail.com

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Elvis Ntambua Mampuele, romancier, lauréat du Prix Senghor du public du premier roman : « La culture ne met pas fin à une guerre, mais elle peut aider une société à guérir, à se rassembler et à préparer les conditions d’une paix durable » Par Karim El Haddady.

14/08/2026, 16:15

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“Face à des mégafeux incontrôlables, la Grèce n’en finit plus“

Tout brûle en Grèce, pas seulement la nature éprouvée par la sécheresse et l’incivilité de ses habitants, elle brûle parce que la police est corrompue, l’environnement est bafoué et les hommes politiques sont malhonnêtes. Et pourtant, la Grèce est un pays attachant, plein de ressources et de bonnes volontés. Cependant, la sincérité n’est pas un gage suffisant d’honnêteté, Nikos Nikolopoulos le démontre au fil de ce polar passionnant, efficace dans lequel s’entremêlent plusieurs histoires, passées ou récentes, qui finissent toujours par converger vers un drame.

04/08/2026, 15:33

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“Un réseau de librairies plus fort et plus moderne” : l’ambition de l’ALIM au Maroc

Hassan El Kamoun est partout. Il porte la voix des libraires du Maroc et celle de l’ALIM. On le voit sur le terrain, dans son pays, mais aussi en France, en Belgique ou aux Émirats arabes unis, inlassablement mobiliser, convaincre et attirer l’attention sur les enjeux de la librairie. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

03/08/2026, 16:07

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Oser Joyce : deux années avec Ulysse

Pendant deux ans à plein temps, Michel et Michela Gribinski ont vécu au rythme de Leopold Bloom, traversé six fois Dublin et remis chaque phrase sur le métier. De cette immersion naît une nouvelle traduction d’Ulysse, guidée par un pari : retrouver, sous le monument à la réputation si intimidante, le roman, ses corps, ses voix, son burlesque et sa mélancolie.

27/07/2026, 18:22

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“Le collectif doit primer sur l’ego” : la SAIF invente un prix contre la logique des prix

Comment récompenser des artistes sans renforcer la compétition qui structure déjà leur secteur ? Avec le Prix La SAIF x Ce qui nous lie, Églantine de Boissieu assume ce paradoxe : distinguer un collectif, non pour couronner une œuvre ou une carrière, mais pour lui offrir trois jours durant lesquels il pourra cesser de produire. Une manière de traiter le temps, le repos et les relations de travail comme des ressources politiques.

24/07/2026, 16:16

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“Quand un artiste affirme que son œuvre n’est pas politique, c’est déjà politique”

Marraine de la première édition du Prix La SAIF x Ce qui nous lie, l’autrice et illustratrice Cy défend une création indissociable des luttes collectives. Remise le 13 septembre, pendant le festival Les Muses, cette nouvelle récompense ne distingue pas une œuvre : elle offre à un collectif engagé trois jours pour se retrouver, réfléchir et reprendre son souffle.

22/07/2026, 15:51

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La première librairie antiraciste de France mise sur le numérique

Ancienne ingénieure à la SNCF, Nawal Kerdougli a créé au printemps ManYaya, la première librairie exclusivement antiraciste en France. Interrogée par ActuaLitté, elle revient sur les origines de ce projet, ses choix éditoriaux et son ambition de rendre ces ouvrages accessibles partout en France, notamment dans les territoires où l’offre spécialisée est limitée.

17/07/2026, 17:27

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“L'esprit de Vincennes” : les futurs professionnels du livre renouent avec l’éducation populaire

À l'université Paris Nanterre, la « semaine rouge » bat son plein. À Saint-Cloud, les étudiants du pôle Métiers du livre ont choisi une autre manière de poursuivre la mobilisation : organiser leurs propres cours. Syndicalisme, expériences professionnelles, avenir des bibliothèques, précarité dans l'édition… À la veille des manifestations du 17 octobre, ActuaLitté a rencontré cette génération qui aime les livres, mais n'accepte pas la passion comme une rémunération suffisante.

16/10/2026, 20:50

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Le RN veut couper ses financements, la Maison des Sciences de l’Homme contre-attaque

Après le dépôt, puis le retrait, d’un amendement du Rassemblement national visant à supprimer sa subvention publique dans le budget 2027, la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) réagit dans une tribune. Elle rappelle ses missions de diffusion des savoirs et défend la liberté de la recherche en sciences humaines et sociales.

16/10/2026, 17:34

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“Le contrat social automobile à bout de souffle” : pourquoi la voiture doit changer de modèle

Au Mondial de l’auto, la 2 CV revient en électrique, les petites voitures abordables reprennent le devant de la scène et l’Europe négocie encore la trajectoire de 2035. Trois actualités que La voiture : décryptage d’une transition sous tension, de Léo Larivière et Diane Strauss, avec Marie Chéron, permet de lire autrement : comme les signes d’un contrat social, industriel et énergétique en pleine renégociation.

16/10/2026, 10:55

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Face au scroll, la BD ne se défile plus : Bang! réveille les catalogues

La bande dessinée a longtemps tourné ses pages. La voilà qui bientôt défilera. Après avoir fait entrer les cases dans les smartphones, la société française Bang! veut désormais réveiller les catalogues des éditeurs. Au programme : intelligence artificielle, lecture verticale et patrimoine remis en circulation. De quoi donner une seconde jeunesse aux albums sans les condamner au régime minceur. Reste à savoir si l'on peut changer le format sans bousculer l'art. Par Clément Cousin, cofondateur de Bang!.

15/10/2026, 16:01

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Journée mondiale de l'alimentation : 5 repas littéraires où mieux vaut avoir déjà mangé

Le 16 octobre, la Journée mondiale de l’alimentation rappelle qu’il faut nourrir l’humanité, si possible correctement. La littérature, toujours soucieuse d’apporter sa contribution, propose quelques innovations : farine à l’arsenic, cannibalisme institutionnalisé, banquet princier avec sacrifice humain et dîner d’anniversaire où les invités désignent ceux qui devront mourir. Cinq livres pour lesquels on conseillera de manger avant de venir. Et de garder son manteau.

15/10/2026, 13:46

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100 ans après Le Soleil se lève aussi, les héritiers d’Hemingway préparent la suite

Au Bar Hemingway du Ritz Paris, les héritiers de l’écrivain célébraient le centenaire de ce que beaucoup considèrent comme son meilleur roman, Le Soleil se lève aussi, publié le 22 octobre 1926. Une rencontre avec sa famille, mais aussi avec celle d'un éditeur de légende et de l'ombre, Maxwell Perkins. 

14/10/2026, 17:35

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Secret de bibliothécaires : que font les doudous quand les enfants dorment ?

Quel enfant n’a pas traîné ce que les adultes sans cœur appellent « objet transitionnel », alors que son vrai nom, c’est Doudou ? Peluche, poupée, bout de tissu : un meilleur ami, avec qui on mange, on pleure, on se mouche, on dort. Moi, c’était Lili : inséparables, vous dis-je. Alors la confier une nuit à une bibliothèque, même pas en rêve… Les plus jeunes, eux, ont manifestement moins de mal.

14/10/2026, 13:04

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“Un roman policier, puis, plus logiquement, un roman d’horreur”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. Pour écrire ce roman historique, il n’a pourtant suivi ni Dumas, ni Walter Scott, ni Maurice Druon. Ses influences viennent d’ailleurs : Stephen King, Umberto Eco, Salman Rushdie, Quentin Tarantino ou encore Alan Moore. Autant de références qui ont façonné son goût pour les récits où l’Histoire côtoie l’ironie, le mystère et l’horreur. L’auteur raconte comment ces rencontres littéraires et cinématographiques l’ont conduit jusqu’à un théâtre parisien disparu.

14/10/2026, 13:02

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“Un projet mortifère” : la SGDL s'oppose (aussi) à la dissolution du Centre national du livre

Après la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Ligue des auteur·ices professionnels et le Syndicat national de l’édition, la Société des gens de lettres (SGDL) prend enfin publiquement position à son tour contre le projet de dissolution du Centre national du livre (CNL). 

14/10/2026, 12:59

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À Paris, l'Acte V du mouvement lycéen : “Pas de futur sans culture”

Paris, mardi 13 octobre. À 14h30, rue de Rivoli, le départ du cortège de l’Hôtel de Ville approche. Le mouvement lycéen entre dans son cinquième acte, au lendemain de l’appel au calme d’Emmanuel Macron. En tête des revendications : les moyens pour étudier, les inégalités et les violences policières.

13/10/2026, 20:42

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J’invente des mondes : Aujourd’hui, je choisis de défendre le nôtre

Je vais peut-être perdre des lecteurs. Des gens qui aiment mes romans mais préféreraient que je reste bien gentiment dans mes mondes imaginaires. Que je parle de fantasy, d’âmes-sœurs, de héros et de créatures fantastiques. Que je fasse rêver. Et surtout, surtout que je ne parle pas de politique. Tant pis. Parce qu’à un moment, se taire revient aussi à prendre position. Propos recueillis par Guilhem Méric.

 

13/10/2026, 16:59

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“Et si le vrai lecteur était celui qui ne finit pas ses livres ?”

Et si ne pas finir un livre n’était pas un échec ? À l’heure où l’attention s’éparpille, où les défis de lecture transforment les livres en trophées et où l’intelligence artificielle uniformise les voix, Clément Bosqué défend le droit de lire autrement : lentement, par fragments, sans obligation de résultat. Dans Pensées philosophiques pour raviver la flamme en soi (éditions Oxus), il célèbre la difficulté, la liberté et ce « joyeux entêtement » qui font de la lecture une expérience singulière.
 
 

13/10/2026, 16:05

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“Le correcteur est prothésiste dentaire : il polit la porcelaine, le propriétaire sourit”

Une virgule sauvée, un accord redressé, une coquille écartée : le lecteur n’en saura rien. De la Bible de 1631 aux imprimeries ottomanes, Adnan Algın, lui-même correcteur, rend hommage à ces artisans invisibles qui veillent sur les livres et les journaux. Entre humour féroce et mélancolie, il raconte un métier dont la réussite se mesure aux erreurs que personne ne verra — et dont l’effacement menace bien davantage que l’orthographe.

13/10/2026, 14:35

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Critiques littéraires : à force de ménager les éditeurs, qui défend encore les lecteurs ?

À lire certaines pages livres, on dirait que la critique littéraire française a cessé de juger pour se contenter de recevoir et de remercier. C’est un choix éditorial, paraît-il ; le marché est fragile, comprenez-vous. J’appelle cela une abdication. Par Charles Garatynski.

12/10/2026, 18:18

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Traduire ? Quelques recommandations au fil du temps

Quelques conseils à glaner de la part de nos collègues du passé ? Un exemple parmi d’autres est celui de la traductrice anglaise Sarah Austin pour défendre ses droits intellectuels : « Cela a été ma pratique invariable, dès que je m’engage à traduire une œuvre, d’écrire à l’auteur, lui annonçant mon intention et ajoutant que s’il voit une omission ou s’il a une correction ou un ajout à faire, ceci dépendra de mon bon vouloir et de mon attention à ses suggestions. »

12/10/2026, 10:20

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Jean-Paul Enthoven, toujours en lice pour le Renaudot, accusé de “piratages” littéraires

Exclusif - Toujours en lice pour le prix Renaudot Essai 2026, Jean-Paul Enthoven poursuit sa course avec son Dictionnaire amoureux du bonheur, paru en cette rentrée chez Plon. Mais certains passages du livre ressemblent singulièrement à des séquences publiées plus de dix ans auparavant par Frédéric Schiffter. ActuaLitté a confronté les textes. Un automne littéraire décidément très à thème...

11/10/2026, 08:00

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Combien de temps peut-on tenir sans aller aux toilettes dans un roman ?

La littérature demande beaucoup au corps humain. Courir derrière un train, traverser un désert, accoucher, saigner abondamment, tomber amoureux sous une pluie battante ou mourir après quatre cents pages ne semble poser aucune difficulté particulière. Aller aux toilettes, en revanche, embarrasse manifestement la narration.

10/10/2026, 07:00

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La turquerie, cette mode oubliée qui a marqué la littérature française

Née dans le mirage du Bosphore plutôt que sur le Parnasse, la turquerie fut pour la littérature française une tentation plus qu’un sujet : regarder l’Orient pour mieux se voir. De Molière à Loti, cette muse ambiguë n’a cessé d’éclairer nos imaginaires et nos contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

09/10/2026, 15:49

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Moins de bébés, moins d’élèves : comment la dénatalité transforme déjà la France

La France fait moins d’enfants, et les effets du basculement débordent déjà les maternités. Nouveau congé de naissance, recul annoncé de 1,7 million d’élèves d’ici 2035, solde naturel négatif en Provence :  trois actualités que La grève des naissances, d’Hervé Le Bras, permet de relire autrement, en interrogeant l’efficacité des politiques familiales, le poids des inégalités et les conséquences territoriales de la dénatalité en France aujourd’hui.

09/10/2026, 10:56

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Le CNL, indispensable “à l’équilibre de la chaîne du livre et de la lecture”

Une proposition de loi venue de la droite du Sénat entend supprimer, purement et simplement, le Centre national du livre (CNL), au nom d'une lutte contre « l'agencification » de l'État. Plusieurs acteurs du secteur du livre rappellent cependant son rôle crucial dans le soutien à la création et à la diversité, dont le Club 99, Fédération des festivals Bd et arts associés, dans une tribune reproduite ci-dessous.

09/10/2026, 08:28

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“Diviser pour régner” : les artistes-auteurs accusent les pouvoirs publics

19 organisations représentant les artistes-auteurs, parmi lesquelles la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Ligue des auteurs professionnels et le Syndicat des écrivains de langue française, signent une tribune contre les divisions de leur profession. Elles dénoncent les inégalités de traitement entre les différentes catégories de créateurs et appellent à défendre collectivement leurs droits sociaux, économiques et professionnels.

08/10/2026, 14:50

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“J’ai juste l’impression de lire pour lire : je ne sais pas si j’achèterai encore des livres”

Dix mois après avoir quitté la librairie, Elsa continue pourtant d’enchaîner les livres. Mais à force de lire sans interruption, une question s’impose : est-ce encore l’envie de lire, ou simplement une habitude devenue refuge ? Entre pile à lire, achats compulsifs, peur du vide et plaisir intact de certaines découvertes, ce billet interroge avec franchise ce que nos lectures disent parfois de nous — et de nos automatismes.

08/10/2026, 09:00

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Classique = Moderne ? Un étudiant défie l’Académie française sur ses propres règles

Exclusif - C'est à en perdre son latin : cette fois, les Modernes siègent sous la Coupole. Deux prix de poésie de l’Académie française sont contestés pour avoir couronné des écritures qui prennent leurs aises avec la versification régulière. Anton Goubier, jeune étudiant en lettres classiques, réclame la règle, le grand médiéviste et Immortel Michel Zink, 81 ans, lui répond que le classique n’a jamais cessé de bouger.

07/10/2026, 17:00

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“Quand je n’écris pas mes histoires, j’écris sur celles des autres”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. Lorsqu’il n’écrit pas ses propres histoires, il étudie celles des autres. Chercheur à l’Université Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de Neil Gaiman, du fantastique, de la bande dessinée et des cultures populaires, il a fait de l’analyse des récits un autre versant de son travail. Ces recherches ont directement nourri Grand-Guignol, de la construction des ambiances au goût pour une documentation fouillée.

07/10/2026, 14:35

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“Le RN ose tout”, même confisquer Olympe de Gouges, icône féministe

Exclusif — Le Rassemblement national tente, par une initiative parlementaire visant à faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, de se grimer en formation féministe. Les votes du parti d'extrême droite, tout comme les prises de position de Marine Le Pen, sont pourtant bien éloignés des combats de l’autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Une pétition, signée par des historiennes, des universitaires et des spécialistes d'Olympe de Gouges, dénonce « la dernière des impostures » du RN.

07/10/2026, 10:24

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Sommes-nous vraiment les auteurs de notre propre histoire ?

Ilios Chailly, écrivain et comédien qui travaille depuis plusieurs années sur Antonin Artaud, s’intéresse ici à une question plus large : comment notre identité se construit, se transforme et se raconte. En croisant Ricœur, Deleuze, Derrida, Lacan ou Artaud, on en se refait pas, avec des expériences plus personnelles, il explore ce qui, dans une vie, relève de l’héritage, du récit que l’on fait de soi et de la possibilité de changer.

06/10/2026, 18:11

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“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

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PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

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“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

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Après la rentrée littéraire, cinq romans passent au contrôle technique

Une intrigue qui freine mal, des personnages secondaires à peine visibles, des clichés qui enfument l’habitacle : chaque année, des centaines de romans sont mis en circulation sans que personne ne vérifie leur état général. Avec 461 nouveautés annoncées pour la rentrée littéraire 2026, il devenait urgent d’ouvrir un centre agréé. Cinq livres ont accepté de passer sur le pont. Certains auraient mieux fait de ne pas regarder le procès-verbal.

03/10/2026, 07:30

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Comment les traductions françaises ont transformé Les Mille et Une Nuits

En trois siècles, la traduction française des Mille et Une Nuits est passée du geste fondateur d’Antoine Galland, adaptation libre devenue mythe européen, à l’entreprise savante et sensible de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, qui restitue dans la Pléiade un texte arabe dans son ampleur, ses rugosités et sa poésie. Entre ces deux bornes, Mardrus, Khawam et bien d’autres ont chacun inventé leur Orient, entre excès d’exotisme et quête d’authenticité. Par Amel Aït-Hamouda.

02/10/2026, 18:11

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2026 en Ukraine, les livres brûlent. Littéralement.

Cécile Deniard, traductrice littéraire, s’est rendue deux semaines en Ukraine pour apporter son soutien à ses collègues au nom du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL). Elle y a participé au festival BookForum de Lviv mi-septembre, puis est allée à Kyiv afin d'y rencontrer d'autres acteurs de la chaîne du livre. Leur énergie, leur créativité, mais aussi le besoin de solidarité qui s’est souvent exprimé au cours de ces entretiens, lui ont inspiré cette tribune.

02/10/2026, 13:02

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Makassar : après la liquidation, la bataille pour récupérer des milliers de livres

Exclusif - Makassar a été placé en liquidation judiciaire le 1er septembre, contraignant les éditeurs partenaires à changer de diffuseur et/ou de distributeur. Pour nombre d’entre eux, c’est chose faite. Reste un détail à régler : les livres. Car des centaines de milliers d’exemplaires attendent de quitter l’entrepôt d’Indre-et-Loire où ils sont toujours détenus. Fâcheux ?

02/10/2026, 11:45

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“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

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Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

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“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35