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“L'ADN de Fluide Glacial, c'est de respirer ce qu'est l'humour français”

Fluide Glacial chez Madrigall, même en rimes, ça ne sonnait bien pour personne. L'annonce d'une prise de participation majoritaire par le groupe Bamboo, spécialisé dans la bande dessinée d'humour, n'aura pas vraiment surpris. Yan Lindingre, rédacteur en chef du magazine, et Olivier Sulpice, scénariste BD et créateur de Bamboo, reviennent sur ce rapprochement et l'avenir de Fluide.

Le 18/11/2016 à 17:27 par Antoine Oury

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Publié le :

18/11/2016 à 17:27

Antoine Oury

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Olivier Sulpice (Bamboo) et Yan Lindingre (Fluide Glacial)

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

ActuaLitté : Dans quelles conditions s'effectue le rapprochement entre Fluide et Bamboo ?

Olivier Sulpice : Il s'agit d'une prise de participation majoritaire. Ce qui est très clair, c'est que la stratégie relève de ma responsabilité, mais j'ai des rendez-vous réguliers avec Gallimard, pour échanger sur des points divers et variés. À moins que je ne souhaite changer le siège social ou le nom de Fluide Glacial, ce qui n'est ni envisagé ni envisageable, ce qui se fait dans le magazine relève de ma responsabilité, sans aucun problème.

Comment cette situation évoluera-t-elle à l'avenir ?

Olivier Sulpice : L'idée est de rester dans cette configuration, il n'y a pas à terme une prise à 100 % par Bamboo et il n'y a plus de possibilité de prise de position majoritaire à présent. J'ai souhaité que Madrigall reste dans le montage, car il y a des gens de grande valeur chez eux et c'est toujours intéressant pour moi de m'appuyer sur eux ou d'échanger avec eux.

Quels ont été les apports de Madrigall à Fluide Glacial au cours de la collaboration ?

Yan Lindingre : Fluide Glacial était dans la corbeille de la mariée quand Madrigall a racheté Flammarion : on leur a dit le lendemain, « Vous oubliez ce truc, là... » Ce n'était pas la culture d'Antoine Gallimard, mais il a été un très bon actionnaire pour une maison comme la nôtre qui était en difficulté il y a 4 ans, et nous n'avons jamais eu le moindre mail ou coup de fil pour intervenir sur l'éditorial... 

D'ailleurs, nous avions fait un numéro de Fluide spécial littérature. J'y avais réalisé un supplément dans lequel je pompais la collection blanche de Gallimard, avec des pastiches de best-sellers. Il avait demandé à Thierry Capot, notre directeur général, si nous allions refaire des pastiches tous les mois, preuve qu'il nous lisait... En réalité, j'avais testé mon actionnaire, pour voir s'il avait de l'humour et pour prouver aux auteurs que nous avions le champ libre. Pendant quatre ans, nous avons eu de l'argent et une paix royale.

À l'autre bout, quelles étaient les limites de la collaboration avec Madrigall ?

Yan Lindingre : Pour faire simple, Gallimard est un très gros groupe, avec une inertie importante, une règle du jeu un peu dure à jouer pour nous. Quand on appartient à un groupe de gré ou de force, il y a des prestations à payer, et à la fin de l'année, on retrouvait un peu de l'argent qu'on avait versé les mois précédents. 

Quelque part, les dirigeants ont bien vu que nous étions une trop petite boîte, avec des problématiques trop spécifiques pour ce porte-avions qu'est Gallimard. C'est intelligent de leur part de réfléchir à un partenaire plus adapté pour Fluide Glacial.

Fluide Glacial

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

C'est donc Madrigall qui s'est tourné vers Bamboo ?

Olivier Sulpice : Madrigall a vu très peu de personnes en réalité. Je connais le directeur général adjoint, arrivé en début d'année, depuis une quinzaine d'années, et je lui avais dit en forme de boutade au moment du rachat de Flammarion par Madrigall que Fluide m'intéresserait à l'occasion... Nous en avons reparlé vers mars-avril, des années plus tard donc, et cela s'est fait assez rapidement, avec une implication des équipes très tôt. Une prise de participation majoritaire se fait rarement aussi rapidement.

Dans quel état se trouvait le journal après le rachat par Flammarion ?

Yan Lindingre : On va dire que le journal avait été un peu maltraité. Il y avait eu une grosse erreur de casting sur mon prédécesseur, un drôle de faisan qui a disparu dans la nature. Le journal était en roue libre, c'est comme cela que je me suis retrouvé rédac chef, parce que je faisais partie des auteurs qui ont créé le comité de rédaction. C'était urgent : tous nos confrères, les canards de bande dessinée adulte comme À suivre, Pilote et les autres, ont disparu en quelques numéros, l'équilibre est très précaire. 

J'ai fait partie du premier comité de rédaction, mais la plupart des autres collègues n'avaient pas envie de se lancer dans cette gestion. Moi, j'y ai pris beaucoup de plaisir : il y avait tout à faire et on me foutait une paix royale : comme nous étions vraiment mal, les auteurs ne m'ont pas compliqué la tâche.

Je me suis proposé pour être embauché directement par Teresa Cremisi, qui m'a fait confiance malgré les défections de Margerin, la démotivation de Binet, les départs de Coyote ou Maëster, qui étaient des piliers financiers du journal.

Quels étaient les principaux défis de cette relance ?

Yan Lindingre : C'était l'époque où Goossens était assez prolifique, Édika également, j'avais quand même quelques rendez-vous historiques sur lesquels m'appuyer. Les numéros suivants ont été faits d'expérimentations, sans grande série, mais c'est là que j'ai pu ouvrir la porte à Salch, Texier, des auteurs comme ceux-là...

Timothée Ostermann, Yan Lindingre, Camille Burger - Festival Le Livre à Metz

Yan Lindingre avec Timothée Ostermann et Camille Burger au Festival Le Livre à Metz 2016

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

J'ai essayé aussi de rendre le journal un peu plus grand public : des dessinateurs comme Goossens m'ont proposé de remettre des épées, des mecs qui font du « beau dessin », même si ma conception derrière ce terme est toute relative. Cela a mis beaucoup de temps, mais à présent, le journal a retrouvé une personnalité et de vraies séries, et je veux que ces séries fassent des livres qui se vendent un tantinet.

À ce propos, où en sont les ventes du magazine et des livres publiés par Fluide Glacial ?

Yan Lindingre : La crise de la presse remonte environ à 2008 : Fluide est resté sur une inertie pendant un an ou deux, sans morfler comme la presse généraliste, et tout d'un coup ça a plongé. Un journal sans direction en pleine crise de la presse, ça ne pouvait pas conduire à autre chose qu'aux chutes du Niagara.

Quand nous avons repris les affaires en main, les ventes ont un peu repris, la nouvelle formule il y a 3 ans avec la hausse de prix d'un euro, nous n'avons pas perdu de lecteurs, mais depuis nous faisons face à une érosion de 6 % par an, ce qui nous fait atterrir en ce moment à environ 25.000 ventes au numéro et 18.000 abonnés. Sur les deux mois d'été, nous arrivons aux alentours de 60.000 numéros tout compris. 

Nous avions une politique de 4 hors série par an, mais nous essayons de penser un peu mieux notre politique en la matière avec des thèmes plus bankables, comme les États-Unis récemment. Fluide Glacial tournait traditionnellement le dos à tout ce qui concernait l'actualité, nous essayons désormais de ne pas être totalement ignorants de l'actu sur les hors séries. Pour les numéros, nous pouvons faire un peu d'actu, comme pour la Coupe du monde, mais 25 pages sur 84, ce n'est pas énorme non plus. De toute façon, nous savons bien que le lecteur de Fluide a envie de se divertir : la politique, par exemple, c'est zéro dans Fluide, car on perd le lecteur.

Par contre, en fin d'année, on fête les 20 ans de la mort de Franquin et on fait un super gros hors série avec des interviews inédites sur Idées noires, des hommages... Nous travaillons sur une actu qui n'est peut-être pas joyeuse, mais que nous avons reconvertie en 40 ans d'Idées noires. Sur la politique éditoriale, pour les hors série, nous allons être plus logiques, un peu plus dans notre époque. Ce qui nous permet de faire des pics comme avec le hors série Bidochon de l'année passée. 

Le nombre de kiosques fermant à vitesse grand V, nous devons mener une bataille sur le terrain du nombre d'abonnés avec de la location de fichiers, notamment. C'est notre grand chantier presse, parallèlement à une nouvelle formule. La formule numérique n'a pas de modèle économique pour nous : c'est dur de lire de la BD sur un téléphone, il faut donc que le papier résiste. Nous sommes sur une ligne de flottaison correcte, mais ce n'est pas avec la presse que nous allons nous développer, c'est avec l'édition. C'est pour ça que c'est intéressant d'être avec une maison proche de nos questionnements, et qui développe sa diffusion.

Pour les livres, nous sommes sur des ventes un peu faibles pour pas mal d'entre eux, entre 3000 et 4000, et si, en ayant notre propre diffusion, nous pouvions multiplier les chiffres par deux, ce serait déjà bien.

La diffusion chez Bamboo, puis par Bamboo, est donc l'étape essentielle de la relance de Fluide ?

Yan Lindingre : Je suis arrivé à ma limite de compétences, en quelque sorte, sur la manière d'emmener le projet jusqu'au bout, et je suis très frustré, il y a une partie de la chaîne que je ne maîtrise pas. Je ne crache pas sur la diffusion Flammarion, mais elle a 15 boîtes sur le dos et une structure comme la nôtre, en plein renouvellement, ne constitue pas une priorité. Sur beaucoup d'albums que j'ai portés depuis longtemps, nous aboutissions parfois sur un dialogue de sourds. 

Olivier Sulpice : Lorsque j'ai commencé Bamboo, et qu'un livre ne se vendait pas, je le prenais pour moi. Ensuite, j'ai réalisé que si le livre a été posé comme il faut, si les auteurs ont fait le travail, si tout a été fait comme il faut, et que le livre ne se vend pas malgré tout, tant pis, c'est le jeu, il n'y a pas de regret. Ce qui n'était pas le cas pour Fluide Glacial : il faut que le travail éditorial, de fabrication de marketing, de diffusion soit bien fait. 

C'est ce que Gallimard a analysé, et c'est la raison pour laquelle ils veulent simplifier la chaîne pour Fluide Glacial, pour un temps de réaction beaucoup plus rapide. 

Je connais par cœur les remarques sur l'humour qui ne se vend pas, sur la BD d'humour qui ne fonctionne plus. Je ne peux pas entendre ce discours-là. J'ai entendu les critiques selon lesquelles Bamboo, c'est de l'humour de supermarché, mais je demande à certains de lire d'autres albums pour se rendre que ce n'est pas que ça. C'est ce que je trouve intéressant, maîtriser la diffusion de différents bouquins qui peuvent toucher du plus petit au plus vieux.

Pour la diffusion, nous avons un accord qui fait que dans l'année à venir, elle passera chez Bamboo Diffusion, mais nous le ferons lorsque nous pourrons le faire techniquement. La distribution restera chez UD, et la diffusion se fera chez Bamboo.

Quels seront les moyens et le mode de fonctionnement de Bamboo Diffusion ?

Olivier Sulpice : Il nous faut une bonne année avant Bamboo Diffusion. Nous restons chez UD distribution pour Fluide, nous le ferons lorsque les commerciaux sauront le faire. Car cela signifie deux outils différents, puisque Hachette se charge de Bamboo. Nous le ferons dans 8 mois ou dans un an, mais quand nous serons sûrs que nous ferons du bon boulot. Le magazine restera chez Presstalis.

La structure est créée, nous avons embauché une dizaine de personnes, nous avons 8 commerciaux qui se partagent la France pour les supermarchés et les librairies de premier niveau (librairies, espaces culturels, Fnac ou autres) et qui ont démarré depuis 1er octobre ou 1er novembre. L'idée est qu'ils diffusent à chaque visite une quarantaine d'albums au lieu des 200 qu'ils peuvent se faire ailleurs. 

J'étais très content du travail de Delsol pour la librairie et de Hachette pour les hypers, mais on arrive à un plafond à un moment donné et qu'il faut changer. Créer ma propre diffusion pour mieux maîtriser les choses me trottait dans la tête depuis 2 ou 3 ans, et avec les 20 ans de la maison, j'ai décidé de me lancer. La diffusion, par contre, ne sera pas là pour diffuser d'autres éditeurs, elle reste là pour servir au mieux les éditeurs du groupe.

Si l'on va voir un libraire avec un mois un Bidochon, un autre mois un Prof, un autre mois un titre comme L'adoption, nous avons une actualité forte. Les centrales, les libraires nous ont bien reçus malgré la perspective d'avoir un commercial de plus. L'avantage, c'est que nos commerciaux peuvent présenter nos titres en une vingtaine de minutes, on peut même se permettre d'y aller sans rendez-vous. Nous serons aussi plus vigilants sur la mise en place et les réassorts : si un titre commence à bouger, les commerciaux pourront l'appuyer plus rapidement et efficacement qu'un diffuseur classique avec beaucoup de titres. La réponse à cette stratégie sera dans un ou deux ans.

Il n'y a donc plus de prise de participation ou de rachat dans les prochaines années, pour Bamboo ?

Olivier Sulpice : On verra. Il y a aussi de la croissance interne : avec notre propre diffusion, des auteurs relativement importants nous ont appelés en manifestant leur intérêt. Auprès des auteurs, le fait d'avoir sa diffusion permet aussi de s'engager, je serai le responsable direct. Nous travaillons aussi l'audiovisuel, avec 6 ou 8 séries à la télé ou au cinéma, en options. Je tiens à ce qu'un auteur qui signe chez nous ou chez Fluide ait au moins aussi bien que chez les plus gros éditeurs en termes de suivi et de potentialité.

Bamboo n'a pas l'image qu'un Fluide a... Dargaud, pour un même bouquin, est plus puissant que Grand Angle, avec un effet plus prestigieux. Nous avons encore à travailler là-dessus. Chez Bamboo, sur l'humour, nous sommes plutôt bien : quand on demande au libraire une bande dessinée parce que son gamin fait du sport, il va penser à Bamboo en premier. 

Il faut que Bamboo reste populaire, c'est ma culture, que cela reste sincère. Même en humour, on me le dit : les Sisters, ce sont les filles du dessinateur. On aime ou on n'aime pas, mais on prend du temps pour faire les livres, et ils sont bien faits, rien n'est créé en deux mois pour profiter d'une opportunité, quelque chose comme cela. C'est pour cela que je m'entoure bien.

Comme avec Arnaud Plumeri pour diriger Doki-Doki ou Hervé Richet sur Grand angle ?

Olivier Sulpice : Exactement : j'aime bien avoir des auteurs, travailler avec eux, j'en suis moi-même un, parce que je trouve que lorsque l'on donne des conseils, c'est bien d'avoir prouvé qu'on sait le faire, aussi. C'était comme avec mes profs : j'avais un prof de vente qui avait 25 ans et n'avait jamais vendu, il n'avait jamais fait ce métier. Pour que je puisse respecter quelqu'un, il faut qu'il ait fait des choses, que j'aime ou que je n'aime pas d'ailleurs.

Vous avez parlé d'une nouvelle formule pour Fluide Glacial, quelles sont les pistes ?

Yan Lindingre : J'ai commencé à parler aux rédacteurs, je comprends que cela pêche un peu au niveau du rédactionnel, il y a des choses qui se marchent sur les pieds, pas très lisibles... À l'inverse, quand les mêmes rédacteurs se lâchent un peu dans les hors séries, j'ai de très bons retours. Je veux avoir une discussion avec eux pour que nous valorisions ce que nous faisons de mieux. Il faut surtout mieux communiquer au sein de la rédaction : j'ai hérité d'un canard où les gens étaient bien en place avec leur pré carré, avec des envois à distance, un peu pépères... 

Je les adore tous, mais je sais aussi que certains trucs passent au-dessus de la tête des lecteurs. Je prenais l'exemple de Leandri, avec ses chroniques où il décortiquait un fait scientifique ou historique de manière poilante et documentée à la fois. Il s'était créé un lectorat, celui de l'Encyclopédie du Dérisoire, mais à tel point que lorsqu'il écrivait une nouvelle, il était lu par ces mêmes gens, parce qu'il savait les emmener. Les pages de rédactionnel ont un vrai potentiel pour ferrer les lecteurs et les conduire à quelque chose de plus complexe. Je ne veux pas faire de l'autosatisfaction, mais au bout de 4 ans, la partie bande dessinée, je sens que quelque chose émerge. C'est la partie rédactionnelle qui cimentera le tout et qui va donner lieu à une nouvelle maquette : je veux partir du contenu avant d'arriver à la forme.

Yan Lindingre (Fluide Glacial) et Olivier Sulpice (Bamboo)

Yan Lindingre (Fluide Glacial) et Olivier Sulpice (Bamboo)

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

La maison d'édition Fluide Glacial s'inscrit-elle dans le prolongement direct du magazine, avec la publication en album des planches parues dans celui-ci ?

Yan Lindingre : C'est quelque chose que j'ai voulu casser en arrivant : avoir systématiquement la carotte des 44 pages de publication dans le journal pour avoir l'album à la fin — avec des planches déjà payées —, c'est quelque chose qui ne fonctionnait pas toujours. Inversement, j'ai dit aux auteurs de se réserver des récréations : faire quelque chose de différent tous les mois, et si l'on sent que ça prend sur la longueur, on y va. La formule, qui est encore un peu la marque de fabrique de Fluide, existe encore sur certains albums, mais sur d'autres, on va directement sur une histoire plus longue, qui pourra être compartimentée pour en donner un peu sur la presse, mais ne sera pas intégralement prépubliée. 

L'objectif, c'est devenir une vraie maison d'édition, qui existe parce que des gens les achètent dans les librairies et non pas parce qu'ils ont été financés par le magazine, c'est le monde à l'envers. 

Olivier Sulpice : Chez Bamboo, nous cherchons souvent des prépublications ou des postpublications tout en parlant du livre. Là, ce qui est génial, c'est qu'il y aura, dans tous les cas, du rédactionnel le mois de la sortie dans Fluide, sans qu'une publication tous les mois soit obligatoire.

La maison sera-t-elle habitée par des auteurs publiés par ou proches du magazine ?

Olivier Sulpice : Il y a eu du renouvellement, et la porte est ouverte à de nouveaux auteurs.

Yan Lindingre : Nous avons fait dernièrement quelques OVNIs, comme L'Encyclopedie des Inventions Stupides, complètement hors des clous par rapport à Fluide, il s'agit d'un one shot avec Annie Pastor, une auteure qui vient de chez Hugo et Cie, qui avait fait Les pubs que vous ne verrez plus jamais. Pour moi, c'est de l'humour, nous savions faire un beau livre, nous lui avons donc proposé. Nous en avons publié un peu dans le magazine pour annoncer le livre, mais sans qu'elle soit directement rattachée à celui-ci. On a aussi fait un livre d'humour avec Gus Kervern et Lefred-Thouron, Devenir riche sans effort avec la méthode du professeur Kervern, rien à voir avec le magazine.

Ce ne sera jamais le cœur de métier de Fluide, mais il fallait, en tant qu'éditeur, tenter notre chance sur le terrain, y compris avec les livres d'humour qui ne sont pas de la bande dessinée. Au bout de 4 ans, je peux dire que nous avons tenté beaucoup de choses, avec l'expérience, à présent, des choses qu'il ne faut plus faire.

Avec cette liberté que nous a offerte Gallimard, nous nous sommes permis des choses extraordinaires comme L'histoire agitée de la presse satirique de Romain Dutreix et Toma Bletner, sur un format dingue, ou Les Grands succès du cinéma introuvable de Dylan Pelot. Avec Bamboo, nous sommes d'accord sur le fait que nous allons standardiser nos formats.

Olivier Sulpice : Pour moi, il y avait trop de formats. Il en faut un classique, un plus grand, peut-être un pour les intégrales, et de temps en temps un format spécial. Je ne suis pas contre les expérimentations, mais les lecteurs aiment avoir les bouquins à la même taille dans leur bibliothèque.

Fluide s'est également essayé à la coédition, comme avec avec J'ai Lu pour La Femme parfaite est une connasse, d'où vient cet ouvrage et d'autres projets de ce type sont-ils envisagés ?

Olivier Sulpice : J'aime ça, par exemple, s'il faut en refaire d'autres...

Yan Lindingre : J'ai Lu était notre voisin de palier dans le grand immeuble Flammarion, et j'ai toujours été curieux d'aller voir ce qui se passait ailleurs. Nous étions un peu les débiles du coin, nous échangions peu au départ. Dès que je suis devenu rédac chef, je distribuais quelques numéros aux gens qui le souhaitaient : petit à petit, des liens se sont créés et nous avons parlé de projet en commun. 

Et un jour J'ai Lu nous a proposé de faire quelque chose ensemble autour de La femme parfaite est une connasse, qui avait déjà dépassé le million de ventes. J'ai essayé avec deux dessinateurs avant, j'étais persuadé que Margot nous dirait non, finalement elle a accepté et ce projet s'est passé comme une histoire de voisin de palier. 

Nous sommes passés à deux doigts de faire une adaptation de Houellebecq, par exemple, Les Particules élémentaires ou Plateforme, je ne me souviens plus duquel mais je voyais bien comment tourner certains passages de manière relativement humoristique. 

Olivier Sulpice : Fluide reste un nom magique, et je pense qu'il y a moyen d'aller chercher des trucs qui sortent de l'ordinaire. Poelvoorde est un fan absolu de Goossens par exemple, quand bien même ce dernier n'est pas très connu du grand public. 

À lire aussi : Le LookBook de Salch nous rhabille pour l'hiver : c'est “injuste”, mais c'est le but

Au final, on a l'impression que tout l'enjeu du magazine et de la maison est de ne pas laisser Fluide Glacial du seul côté du patrimoine, pour les vieux nostalgiques...

Yan Lindingre : Avec Salch, certains bondissent en estimant que cela ne fait pas partie de Fluide. Ceux qui se prétendent être les premiers lecteurs de Fluide me disent que ce n'est plus le magazine qu'ils ont connu, et je les mets au défi de me montrer le fameux Fluide de leurs fantasmes où tout était clean, bien dessiné, drôle. À chaque époque de Fluide, il y a eu des fous, des auteurs plus commerciaux, d'autres plus barrés...

L'ADN de Fluide, c'est de respirer ce qu'est l'humour français, avec la chance que nous avons en France d'avoir un humour éclectique : l'anglais est non sense, l'italien est commedia dell'arte, les Nordiques sont pince-sans-rire... Fluide doit respirer ces différents types d'humour. J'en ai un peu marre qu'on me dise : « Fluide, je lisais quand j'avais 16 ans, j'adorais... » J'aimerais vraiment faire revenir ces lecteurs au Fluide actuel, avec ces auteurs qui reflètent leur époque et ne racontent pas les années 70 sans cesse.

Riad Sattouf [auteur de Pascal Brutal dans les pages de Fluide, NdR] est parti faire son Arabe du Futur, mais Charles Berberian va revenir avec une histoire du Moyen-Orient qui sera passionnante, avec de l'humour, de l'élégance... C'est ça qui est bien : des auteurs assez bankables reviennent parce qu'ils sentent que nous allons bien travailler les titres. Longtemps, on venait chez Fluide pour s'amuser et vivre l'ambiance des bouclages, tandis que les bouquins passaient un peu à la loterie : 2 fois sur 3, c'était le pilon... Là je sens qu'on peut les regarder dans les yeux et leur garantir un travail sérieux derrière. Berberian a 50 ans et quelques, il a vu des dizaines d'éditeurs, et il sait aussi que c'est un travail de commerçant, sur le terrain.

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Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

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Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier. Par Paolo Grossi.

01/03/2021, 09:10

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

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“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

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Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00

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Michèle Benbunan : avec Vivendi, Editis “est présent dans tous les univers médias”

« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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L'agence littéraire britannique Curtis Brown se tourne vers les auteurs français

EXCLUSIF – Curtis Brown est l’une des plus anciennes agences littéraires britanniques, fondée en 1899 par Albert Curtis Brown. Depuis, la structure a amplement dépassé le cadre de la représentation d’auteurs, pour déborder sur d’autres secteurs culturels. Francophones toutes deux, Roxane Edouard et Claire Nozieres, vont lancer un pont entre la perfide Albion et l’Hexagone. 

07/10/2020, 10:06

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Marc Levy : “Avec Facebook, Mark Zuckerberg est un Goebbels moderne”

ENTRETIEN – C’est arrivé la nuit, le dernier roman de Marc Levy, traite tout à la fois de manipulation des masses par l’extrême droite, de montée des populismes, de l’infox dispersée abondamment sur les réseaux sociaux… et du scandale de l’insuline. Un nouveau genre, qu’explore le romancier ? Pas tant que cela.

30/09/2020, 17:37

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Liban : regards croisés d'éditeurs, “l'édition est le secteur le plus affecté”

Sept éditeurs indépendants au Liban témoignent, dans une série d’interviews réalisées en partenariat avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, qui en assure également la traduction. Ces regards croisés permettent de mieux mesurer la situation où chacun se trouve. ActuaLitté propose ce document inédit en exclusivité.

29/09/2020, 14:42

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Stéphane Bern : “Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques ”

Il n’est pas homme à polémiques, pas plus que politicien. Mais attaqué sur « une regrettable maladresse », Stéphane Bern sort de sa réserve. « Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques », indique-t-il à ActuaLitté. Qu’on se le tienne pour dit.

21/09/2020, 07:15

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Et si la librairie de demain était coopérative, mutualiste, écocitoyenne ?

Deux années pour que le projet voie finalement le jour en 2021. La librairie Gibert Joseph du IIe arrondissement de Paris changera bientôt de mains, autant que de perspective. Un projet de Scop se met en place avec pour nom la coopérative des idées, porté par Renny Aupetit.

16/09/2020, 18:30

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Prévenir les catastrophes patrimoniales : “Le temps et l'argent se font rares”

Plusieurs catastrophes patrimoniales de grande envergure, notamment l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ont dernièrement attiré l'attention médiatique et suscité l'émotion populaire. Mais ces événements sont malheureusement assez fréquents : le Groupe d'Aide en cas de Sinistre Patrimonial (GASP), en Normandie, apporte ressources et aides pour prévenir ou limiter ces catastrophes. Anthony Zurawski, chargé de mission au sein de La Fabrique de patrimoines, revient sur les activités du GASP.

03/09/2020, 11:57

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De la plantation à la fabrication de papier : ouverture d’une ferme papetière

Papetiers d’art depuis plus de cinq ans, Laurence et Bruno Pasdeloup se sont lancés dans une nouvelle aventure : ouvrir leur papeterie paysanne. Située dans le hameau de Puyberaud (Creuse), la propriété de près d’un hectare leur permettra de cultiver leurs propres matières premières et d’accueillir collaborateurs et curieux, souhaitant mettre « la main à la pâte ». 

26/08/2020, 14:18

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Île Maurice : la crise Covid a multiplié les “entraves à la liberté d’expression”

Éditrice et fondatrice de la maison Atelier des nomades, à l’ile Maurice, Corinne Fleury raconte l’incidence de la crise sanitaire sur son métier. Après 10 années de parutions, avec son conjoint Anthony Vallet, la réalité devient complexe. Et comme on le constate, l’un des enjeux actuels est celui des atteintes aux libertés d’éditer... qui sont malmenées. 

19/08/2020, 11:19

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La Gazette du Sorcier, deux décennies avec Harry Potter

Animer un site web consacré à une seule œuvre témoigne d'une certaine constance, et le faire pendant vingt ans, d'une passion dévorante. La Gazette du Sorcier, un des principaux sites francophones consacrés à Harry Potter, célèbre en 2020 deux décennies d'informations et de créations autour de l'univers créé par J.K. Rowling. 

17/08/2020, 10:33

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Bob Morane, ou l'ombre jaune de Roselyne Bachelot

Une nouvelle fois, le cabinet de la ministre fait grincer des dents. Ou bien faut-il considérer que l’année de la BD étant close, tout ce qui touche au 9e art se relaie à l’arrière-plan ? Henri Vernes ne méritait pas même un tweet, service de communication ministérielle a minima ? Non, manifestement non. Parce qu’en effet, Bob Morane n’a pas vraiment l’ampleur ni la présence justifiant que l’on se fende d’un hommage, même concis. Et puis, ce sont les vacances, pas question de faire du zèle ?

28/07/2021, 12:27

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Le Pass sanitaire : “Bombe à fragmentation pour la lecture publique”

Déjà préoccupés depuis la publication du décret d’application, les établissements de lecture publique s’inquiètent plus encore de voir la législation poindre. L’accord trouvé par la Commission mixte paritaire sur le projet de loi sanitaire laisse planer plus d’inquiétudes encore. L’interassociation des bibliothèques et bibliothécaires diffuse un message d’alerte, ici reproduit dans son intégralité.

26/07/2021, 18:44

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“Je voudrais que l’oral fasse suer l’écrit”, Gilles Defacque

Voilà maintenant un mois que le ministère de la Culture a annoncé le départ de Gilles Defacque de la direction du Prato, pôle national du cirque de Lille. Remplacé par Célia Deliau, directrice du Cirque Jules Verne, pôle national du cirque d’Amiens, depuis 2016, c’est une page qui se tourne. Départ dans cette bibliothèque peu commune, celle du metteur en scène, clown, poète, Gilles Defacque.

26/07/2021, 12:18

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La loi Climat et résilience briderait inutilement “l’activité de l’industrie papetière”

La « Convention citoyenne pour le climat » est, depuis sa création, présentée comme un moyen pour accélérer la lutte contre le changement climatique. LObjectif premier : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, partout en France. Bien qu’engagée dans cet effort vers une industrie plus « verte », l’Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses a exprimé ses inquiétudes. Nous publions ici leur réaction dans son intégralité.

22/07/2021, 13:17

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Un procès insensé : “L’Internet Archive a un cœur, et sait s’en servir”

Lorsque j'ai entendu parler des poursuites judiciaires pour non-respect du droit d’auteur intentées le 1er juin 2020 aux États-Unis par quatre grands éditeurs (Hachette, Penguin Random House, Wiley, HarperCollins) à l’Internet Archive pour son Open Library, et ce en pleine pandémie, je n’arrivais pas à y croire. Et ce mauvais rêve se transforme en cauchemar puisqu'un procès retentissant doit débuter le 12 novembre 2021.

22/07/2021, 10:42

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Maroc : le procès Radi et Stitou dévoile “une gouvernance par la terreur”

Reporters Sans Frontières parlent d’un « procès de la honte » après que le verdict ait été rendu : la justice marocaine condamne Omar Radi et Imad Stitou au terme d’une « procédure entachée d’irrégularité ». Accusés de viol, d’espionnage ou encore de non-dénonciation d’un crime, la cour de Casablanca n’a pas fait dans la demi-mesure. Jean-Philippe Domecq, Président au PEN Club français du Comité des écrivains persécutés livre ici un texte pétri d’indignation.

21/07/2021, 14:53

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Aux auteurs biélorusses, “nous redisons notre admiration” (Pen Club français)

Les citoyens, militants de la démocratie et auteurs biélorusses viennent de subir une nouvelle vague répressive, en Biélorussie. Sur ordre du président Alexandre Loukachenko, plusieurs centaines d'organisations non gouvernementales ont été visées par des perquisitions, le 14 juillet dernier. Parmi celles-ci, l'Union des écrivains biélorusses et le Pen Club local. Le Pen Club français exprime sa solidarité, dans nos colonnes.

19/07/2021, 09:47

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Les auteurs existent-ils vraiment ?

Avons-nous réellement progressé depuis le bureau de législation dramatique par Beaumarchais, précurseur de la Sacd ou de la Sacem ? Nous en sommes toujours à « Compose Le Boléro ou Born to be alive… scénarise un block-buster… Sois téléchargé un million de fois ou tais-toi ! » ! par Olivier Cohen, membre du conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnels.

15/07/2021, 12:23

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Brewster Kahle, archiviste ultra

PORTRAIT – Bientôt au cœur d'un tonitruant procès intenté par quatre grands groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive célèbre, en 2021, ses 25 ans. Depuis 1996, elle abrite des sauvegardes du web mondial, mais aussi des exemplaires numériques de films, enregistrements audio, jeux vidéo, journaux ou encore livres. Portrait du bâtisseur de cette bibliothèque d'Alexandrie, Brewster Kahle.

14/07/2021, 14:53

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“Nous sommes des centaines, chaque année, à rencontrer élèves et étudiants”

La Maison des écrivains est soutenue par les auteurs et les autrices qui la font vivre, qui travaillent avec son équipe au quotidien, et qui rencontrent, avec elle, leurs lecteurs, notamment grâce aux actions importantes, uniques au plan national, que conduit la Maison pour l'éducation artistique et culturelle. Une lettre ouverte au Président de la République le rappelle au moment où celui-ci vient, ce 17 juin, de déclarer vouloir faire de la lecture une grande cause nationale.

14/07/2021, 09:23

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“40 ans après la loi Lang, c’est toute la chaîne du livre qu’il faut securiser”

Parce qu'un peu d'histoire ne fait jamais de mal, surtout à une époque de contre-vérités rapidement disséminées, Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise nous propose un retour dans le temps. Et de ramener de ce voyage quelques éléments pour éclairer le présent. Voire, qui sait : trouver des perspectives pour consolider la chaîne du livre dans son ensemble.  

10/07/2021, 10:14

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“En réalité, Milan Kundera écrivait déjà en français dans ses romans tchèques”

Paru en italien en 2013, puis aux éditions Gallimard en avril 2014, La fête de l’insignifiance fait désormais l’objet d’une édition en tchèque. Anna Kareninová — traductrice éminente et reconnue — a la responsabilité de rendre les textes de Milan Kundera en tchèque. Elle signe également la postface de cette édition (dans une traduction opérée par Anna Kubišta). Les éditions Atlantis, qui ont publié ce livre en 2020, nous offrent ainsi un regard inédit, personnel et complexe sur le travail même de traduction.

06/07/2021, 13:50

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La littérature, cet outil de connaissance

Le PEN Club, au carrefour international des cultures, est de ce fait bien placé pour constater que la littérature est au croisement de la création et de la connaissance. Ayant pour mission fondatrice la défense de la liberté d’expression et celle-ci n’étant pas divisible, le réseau solidaire des PEN Clubs nationaux a à connaître et faire connaître toute forme d’expression qui est opprimée parce qu’elle porte l’émancipation, la pensée mobile, donc critique, et les mutations de la sensibilité — autant dire : la littérature. Par Jean-Philippe Domecq.

06/07/2021, 10:07

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Le livre numérique, 50 ans d'existence et de lectures

Il fut le compagnon des lecteurs, au cours de cette année pandémique 2020, certains en ont découvert les vertus, par l’offre gratuite et libre de droit, d’autres le coût avec des titres plus récents. Mais le livre numérique, ou ebook, n’est pas ce jeune premier que la presse présente depuis quelques années. Voilà désormais 50 ans que ce format se construit, évolue, à travers les progrès technologiques et les investissements d’entreprises. Bon anniversaire, petit cinquantenaire.

03/07/2021, 11:35

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Des éditions collector de mangas victimes de la spéculation

Depuis le début de l'année 2021, le manga bat tous les records de vente dans les librairies françaises. Pour entretenir l'engouement et s'assurer la fidélité d'un public qui pourrait se contenter de versions numériques, voire de scans illégaux, les éditeurs n'hésitent pas à publier des versions collector, en quantité limitée. Maisons d'édition et libraires ne peuvent toutefois que constater le développement d'un marché parallèle, où la revente se fait au prix d'une intense spéculation.

02/07/2021, 13:23

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Histoire de l’ebook #17 - Les grandes dates du Projet Gutenberg

« Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes œuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d’enseignement. » (Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg et père de l’ebook)

02/07/2021, 09:21

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Feel good books ? “Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ?”

Écrire ne m'a jamais fait manger.J'ai fait ce que l'on appelle délicatement des "succès d'estime", ce qui veut dire que je n'ai eu aucune critique négative - quelle chance !-  mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 ex. Tout cela en étant publiée par de belles maisons. Par Cathy Galliegue.

01/07/2021, 09:09

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Histoire de l’ebook #15 - Un hommage aux bibliothécaires

Le/la bibliothécaire a toujours eu un rôle charnière dans le monde du livre, y compris numérique. Les bibliothèques sont largement couvertes par les médias, mais qu’en est-il de ceux et celles qui les font fonctionner ? Une première version de ce texte fut publiée dans ActuaLitté en 2016. Voici aujourd'hui une version revue et actualisée pour inclure les ultimes développements de la profession. L’auteure fut elle-même bibliothécaire avant d’être traductrice.

30/06/2021, 10:29

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Histoire de l’ebook #14 - L’ebook vu par quelques pionniers

Voici le sentiment de plusieurs pionniers du livre numérique interviewés par courriel au fil des ans pour mes articles et livres sur le sujet: Michael Hart (Projet Gutenberg), John Mark Ockerbloom (The Online Book Page), Robert Beard (A Web of Online Dictionaries), Jean-Paul (Cotres.net), Nicolas Pewny (Le Choucas), Marc Autret (Indiscripts), Pierre Schweitzer (@folio), Denis Zwirn (Numilog) et Henri “Henk” Slettenhaar (Silicon Valley Association).

29/06/2021, 09:23

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Amis auteurs, “ne nous trompons pas de combat”

Avant même le rapport Racine, remis en janvier 2020 au ministre de la Culture, qui reconnaissait la paupérisation des artistes-auteurs, ces derniers alertaient sur une baisse de leurs revenus et une dégradation de leurs conditions de travail et de vie. Selon Paola Appelius, traductrice littéraire et présidente de l'Association des traducteurs littéraires de France, les préoccupations ont été entendues, et le travail d'amélioration a bel et bien commencé. Nous reproduisons ci-dessous sa lettre ouverte aux auteurs.

29/06/2021, 09:04

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Histoire de l’ebook #13 - L'Internet Archive, une bibliothèque planétaire

L’Internet Archive est fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie) pour préserver un historique de l’internet. D'abord « bibliothèque de l’internet » avec la Wayback Machine, qui permet de voir l’évolution d’un site web depuis 1996, elle devient ensuite « une bibliothèque numérique à but non lucratif destinée à procurer un accès universel au savoir humain ». Elle propose deux millions de livres numérisés en mars 2010. Dix ans plus tard, elle est la plus grande bibliothèque numérique publique mondiale.

28/06/2021, 09:32

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Rentrée littéraire : la critique, le lecteur, le libraire et le quatre-quart

Encore deux mois de patience avant de trouver sur les tables de librairies, dans les dossiers ventrus de la presse, les titres de la prochaine rentrée littéraire. Alors parleront auteurs, éditeurs, journalistes, parfois quelques lecteurs dont la notoriété médiatique fera croire à une influence réelle sur les envies mouvantes des lecteurs. Qui mieux qu'un libraire, artisan besogneux de cette grand'messe dont il ne retirera lui-même ni lauriers ni couronne, pour poser un regard distancié, frondeur, amusé, bienveillant sur ce rituel que d'aucuns conspuent à loisir, avant que de s'y sacrifier ?

27/06/2021, 11:04

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Histoire de l’ebook #12 - De Google Print à Google Books

Google lance Google Print en mai 2005 en partenariat avec des éditeurs et des bibliothèques, puis le suspend trois mois plus tard suite à un conflit avec les associations américaines d'auteurs et d'éditeurs. Le programme reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres) et numérise les milliers de livres de bibliothèques partenaires. Mais Google continue de numériser des livres sous droits sans l'autorisation préalable des ayants droit, et le conflit se poursuit. Après une longue saga judiciaire de près de dix ans, la justice américaine tranche en octobre 2015 en faveur de Google.

27/06/2021, 10:34

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Histoire de l’ebook #11 - La licence Creative Commons

Créée en 2001 à l'initiative de Lawrence “Larry” Lessig, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la diffusion et la réutilisation d'œuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. De nombreux auteurs et autres créateurs souhaitent en effet utiliser le réseau de diffusion qu’offre l’internet tout en contrôlant les droits sur leurs œuvres, mais le copyright traditionnel leur semble trop restrictif. Creative Commons fête ses 20 ans en juin 2021 avec 2 milliards d’œuvres sous licence Creative Commons.

25/06/2021, 09:58

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Histoire de l'ebook #10 - Wikipédia, une encyclopédie planétaire

Lancée en janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia est une encyclopédie gratuite en ligne écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Rédigés par des milliers de volontaires dans des dizaines de langues, les articles et les illustrations restent la propriété de leurs auteurs. Leur libre utilisation est régie par la licence GFDL puis par la licence Creative Commons. Wikipédia comprend 17 millions d’articles dans 270 langues en 2011, avec 400 millions de visiteurs par mois. D'autres encyclopédies collaboratives suivent, par exemple l’Encyclopedia of Life.

24/06/2021, 09:42

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Chris Ware : “Aux États-Unis, la BD n'est même pas considérée comme un art”

Grand Prix de la ville d'Angoulême 2021, l'auteur américain Chris Ware rejoint un panthéon qui réunit déjà Emmanuel Guibert, Rumiko Takahashi, Katsuhiro Ōtomo, Art Spiegelman ou encore François Schuiten. Dans une lettre reproduite ci-dessous, il salue l'affection et la déférence que la France consacre au 9e art.

23/06/2021, 10:28

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Histoire de l’ebook #9 - L’EPUB devient le format standard

Le format EPUB succède au format OeB (Open eBook) en avril 2005 en tant que standard du livre numérique et supplante peu à peu le format pionnier PDF. « Totalement différent du PDF, le format EPUB permet d’afficher un texte ajusté au tout dernier moment en fonction de l’écran et des choix du lecteur au moment précis de la lecture. Plusieurs applications permettent de créer un fichier EPUB directement, dont des logiciels libres. La plupart des liseuses sont compatibles avec le format EPUB. » (Nicolas Pewny, consultant en édition électronique)

23/06/2021, 09:27

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Histoire de l’ebook #8 - Premières expériences d’auteurs de best-sellers

Le maître du suspense américain Stephen King est le premier auteur de best-sellers à se lancer dans l’aventure numérique en 2000, malgré les risques commerciaux encourus. Il autopublie un roman épistolaire inédit en plusieurs épisodes sur un site web créé à cet effet, avec un résultat mitigé, avant de nouvelles expériences avec son éditeur. D'autres auteurs de best-sellers tentent eux aussi l’aventure numérique avec leurs éditeurs, par exemple Frederick Forsyth en Grande-Bretagne, Arturo Pérez-Reverte en Espagne et Paulo Coelho au Brésil.

22/06/2021, 10:05

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Queenie, histoire d'une gangster venue de Martinique, pour conquérir Harlem

Stephanie Saint-Clair. Avec un nom pareil, elle aurait pu faire du music-hall. Et d’une certaine manière, elle fut la reine de la nuit. Au cœur de Harlem, elle devint Queenie, cheffe de gang respectée au sein de Harlem : protectrice d’une communauté noire contre les policiers — déjà ! —, elle mena tambour battant une carrière dans la loterie clandestine. Nous sommes en 1933, la prohibition a pris fin, et cette Martiniquaise, ayant migré une vingtaine d’années plus tôt à New York affronte la mafia italienne, regardant les hommes droit dans les yeux. Queenie, plus qu’une gangster généreuse : un symbole.

22/06/2021, 08:05

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Histoire de l’ebook #7 - Premiers dictionnaires et encyclopédies en ligne

Disponibles en ligne au tournant du millénaire, les premiers dictionnaires et encyclopédies de référence émanent de versions imprimées, par exemple le Dictionnaire universel francophone (Hachette), WebEncyclo (Atlas) ou encore le site de l’Encyclopaedia Universalis. Suivent des outils de référence conçus directement pour le web, par exemple le Grand dictionnaire terminologique (GDT) du Québec et WordReference.com. Wikipédia fera l’objet d’un article spécifique.

21/06/2021, 09:28

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Italie et France : le livre en partage

Les liens qui rattachent la France et l’Italie se mesurent autant à la passion dévorante dont témoignait Stendhal qu’aux centaines de lecteurs venus à Turin, en 2017, assister à une rencontre avec Daniel Pennac. Dans les allées du Salon du livre, une file d’attente colossale, impatiente, témoignait d’une authentique ferveur.

21/06/2021, 09:00

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Histoire de l’ebook #6  - E Ink, une technologie d'encre électronique

Les recherches sur l’encre électronique débutent à la fin des années 1990 au sein de la société E Ink pour offrir un meilleur écran aux liseuses en attendant le papier électronique. E Ink présente le prototype de son écran en 2002 et le commercialise en 2004. Un projet un peu différent est la technologie Gyricon développée par Xerox. Radicalement novateur lui aussi dans un domaine connexe, le projet @folio voit le jour en France dès 1996 mais reste malheureusement à l’état de prototype faute de soutien financier.

19/06/2021, 11:19

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La lecture dans les établissements de santé, “espace d’intimité, d’évasion, de liberté”

La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) s'engage dans une vaste opération de rapprochement entre les professionnels de la santé et ceux de la lecture publique, pour multiplier les projets culturels autour du livre et de la lecture dans les établissements de santé. Nous reproduisons ci-dessous le plaidoyer de la fédération, destiné à convaincre de l'importance cruciale de la lecture dans le parcours de soins.

18/06/2021, 15:06

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Histoire de l'ebook #5 - Les premières liseuses    

Sans surprise, les premières liseuses voient le jour dans la Silicon Valley, terre des projets technologiques les plus fous, avec les fonds nécessaires pour les développer. Ces liseuses sont le Rocket eBook (de NuvoMedia) et le SoftBook Reader (de SoftBook Press), qui virent le jour en 1998. D'autres modèles suivent, par exemple le Gemstar eBook (de Gemstar) en 2000, le LIBRIe (de Sony) en 2004, le Cybook Gen2 (de Bookeen) à la même date, le Sony Reader (de Sony) en 2006, le Kindle (d'Amazon) en 2007, le Nook (de Barnes & Noble) en 2009 et l'iPad (d'Apple) en 2010. 

 

18/06/2021, 11:31

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Histoire de l'ebook #4 - Du PDA au smartphone

En 2001, la liseuse n’a pas encore gagné son pari. On compte 17 millions de PDA (Personal Digital Assistants) dans le monde pour seulement 100.000 liseuses, d'après un Seybold Report publié en avril 2001. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001, dont le Palm Pilot (lancé en mars 1996) et le Pocket PC de Microsoft (lancé en mars 2000). En 2005, le PDA laisse progressivement la place au smartphone. L’iPhone d’Apple (lancé en juin 2007) devient le produit phare de toute une génération.

17/06/2021, 09:43

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19