#Economie

“L'ADN de Fluide Glacial, c'est de respirer ce qu'est l'humour français”

Fluide Glacial chez Madrigall, même en rimes, ça ne sonnait bien pour personne. L'annonce d'une prise de participation majoritaire par le groupe Bamboo, spécialisé dans la bande dessinée d'humour, n'aura pas vraiment surpris. Yan Lindingre, rédacteur en chef du magazine, et Olivier Sulpice, scénariste BD et créateur de Bamboo, reviennent sur ce rapprochement et l'avenir de Fluide.

Le 18/11/2016 à 17:27 par Antoine Oury

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Publié le :

18/11/2016 à 17:27

Antoine Oury

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Olivier Sulpice (Bamboo) et Yan Lindingre (Fluide Glacial)

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

ActuaLitté : Dans quelles conditions s'effectue le rapprochement entre Fluide et Bamboo ?

Olivier Sulpice : Il s'agit d'une prise de participation majoritaire. Ce qui est très clair, c'est que la stratégie relève de ma responsabilité, mais j'ai des rendez-vous réguliers avec Gallimard, pour échanger sur des points divers et variés. À moins que je ne souhaite changer le siège social ou le nom de Fluide Glacial, ce qui n'est ni envisagé ni envisageable, ce qui se fait dans le magazine relève de ma responsabilité, sans aucun problème.

Comment cette situation évoluera-t-elle à l'avenir ?

Olivier Sulpice : L'idée est de rester dans cette configuration, il n'y a pas à terme une prise à 100 % par Bamboo et il n'y a plus de possibilité de prise de position majoritaire à présent. J'ai souhaité que Madrigall reste dans le montage, car il y a des gens de grande valeur chez eux et c'est toujours intéressant pour moi de m'appuyer sur eux ou d'échanger avec eux.

Quels ont été les apports de Madrigall à Fluide Glacial au cours de la collaboration ?

Yan Lindingre : Fluide Glacial était dans la corbeille de la mariée quand Madrigall a racheté Flammarion : on leur a dit le lendemain, « Vous oubliez ce truc, là... » Ce n'était pas la culture d'Antoine Gallimard, mais il a été un très bon actionnaire pour une maison comme la nôtre qui était en difficulté il y a 4 ans, et nous n'avons jamais eu le moindre mail ou coup de fil pour intervenir sur l'éditorial... 

D'ailleurs, nous avions fait un numéro de Fluide spécial littérature. J'y avais réalisé un supplément dans lequel je pompais la collection blanche de Gallimard, avec des pastiches de best-sellers. Il avait demandé à Thierry Capot, notre directeur général, si nous allions refaire des pastiches tous les mois, preuve qu'il nous lisait... En réalité, j'avais testé mon actionnaire, pour voir s'il avait de l'humour et pour prouver aux auteurs que nous avions le champ libre. Pendant quatre ans, nous avons eu de l'argent et une paix royale.

À l'autre bout, quelles étaient les limites de la collaboration avec Madrigall ?

Yan Lindingre : Pour faire simple, Gallimard est un très gros groupe, avec une inertie importante, une règle du jeu un peu dure à jouer pour nous. Quand on appartient à un groupe de gré ou de force, il y a des prestations à payer, et à la fin de l'année, on retrouvait un peu de l'argent qu'on avait versé les mois précédents. 

Quelque part, les dirigeants ont bien vu que nous étions une trop petite boîte, avec des problématiques trop spécifiques pour ce porte-avions qu'est Gallimard. C'est intelligent de leur part de réfléchir à un partenaire plus adapté pour Fluide Glacial.

Fluide Glacial

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

C'est donc Madrigall qui s'est tourné vers Bamboo ?

Olivier Sulpice : Madrigall a vu très peu de personnes en réalité. Je connais le directeur général adjoint, arrivé en début d'année, depuis une quinzaine d'années, et je lui avais dit en forme de boutade au moment du rachat de Flammarion par Madrigall que Fluide m'intéresserait à l'occasion... Nous en avons reparlé vers mars-avril, des années plus tard donc, et cela s'est fait assez rapidement, avec une implication des équipes très tôt. Une prise de participation majoritaire se fait rarement aussi rapidement.

Dans quel état se trouvait le journal après le rachat par Flammarion ?

Yan Lindingre : On va dire que le journal avait été un peu maltraité. Il y avait eu une grosse erreur de casting sur mon prédécesseur, un drôle de faisan qui a disparu dans la nature. Le journal était en roue libre, c'est comme cela que je me suis retrouvé rédac chef, parce que je faisais partie des auteurs qui ont créé le comité de rédaction. C'était urgent : tous nos confrères, les canards de bande dessinée adulte comme À suivre, Pilote et les autres, ont disparu en quelques numéros, l'équilibre est très précaire. 

J'ai fait partie du premier comité de rédaction, mais la plupart des autres collègues n'avaient pas envie de se lancer dans cette gestion. Moi, j'y ai pris beaucoup de plaisir : il y avait tout à faire et on me foutait une paix royale : comme nous étions vraiment mal, les auteurs ne m'ont pas compliqué la tâche.

Je me suis proposé pour être embauché directement par Teresa Cremisi, qui m'a fait confiance malgré les défections de Margerin, la démotivation de Binet, les départs de Coyote ou Maëster, qui étaient des piliers financiers du journal.

Quels étaient les principaux défis de cette relance ?

Yan Lindingre : C'était l'époque où Goossens était assez prolifique, Édika également, j'avais quand même quelques rendez-vous historiques sur lesquels m'appuyer. Les numéros suivants ont été faits d'expérimentations, sans grande série, mais c'est là que j'ai pu ouvrir la porte à Salch, Texier, des auteurs comme ceux-là...

Timothée Ostermann, Yan Lindingre, Camille Burger - Festival Le Livre à Metz

Yan Lindingre avec Timothée Ostermann et Camille Burger au Festival Le Livre à Metz 2016

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

J'ai essayé aussi de rendre le journal un peu plus grand public : des dessinateurs comme Goossens m'ont proposé de remettre des épées, des mecs qui font du « beau dessin », même si ma conception derrière ce terme est toute relative. Cela a mis beaucoup de temps, mais à présent, le journal a retrouvé une personnalité et de vraies séries, et je veux que ces séries fassent des livres qui se vendent un tantinet.

À ce propos, où en sont les ventes du magazine et des livres publiés par Fluide Glacial ?

Yan Lindingre : La crise de la presse remonte environ à 2008 : Fluide est resté sur une inertie pendant un an ou deux, sans morfler comme la presse généraliste, et tout d'un coup ça a plongé. Un journal sans direction en pleine crise de la presse, ça ne pouvait pas conduire à autre chose qu'aux chutes du Niagara.

Quand nous avons repris les affaires en main, les ventes ont un peu repris, la nouvelle formule il y a 3 ans avec la hausse de prix d'un euro, nous n'avons pas perdu de lecteurs, mais depuis nous faisons face à une érosion de 6 % par an, ce qui nous fait atterrir en ce moment à environ 25.000 ventes au numéro et 18.000 abonnés. Sur les deux mois d'été, nous arrivons aux alentours de 60.000 numéros tout compris. 

Nous avions une politique de 4 hors série par an, mais nous essayons de penser un peu mieux notre politique en la matière avec des thèmes plus bankables, comme les États-Unis récemment. Fluide Glacial tournait traditionnellement le dos à tout ce qui concernait l'actualité, nous essayons désormais de ne pas être totalement ignorants de l'actu sur les hors séries. Pour les numéros, nous pouvons faire un peu d'actu, comme pour la Coupe du monde, mais 25 pages sur 84, ce n'est pas énorme non plus. De toute façon, nous savons bien que le lecteur de Fluide a envie de se divertir : la politique, par exemple, c'est zéro dans Fluide, car on perd le lecteur.

Par contre, en fin d'année, on fête les 20 ans de la mort de Franquin et on fait un super gros hors série avec des interviews inédites sur Idées noires, des hommages... Nous travaillons sur une actu qui n'est peut-être pas joyeuse, mais que nous avons reconvertie en 40 ans d'Idées noires. Sur la politique éditoriale, pour les hors série, nous allons être plus logiques, un peu plus dans notre époque. Ce qui nous permet de faire des pics comme avec le hors série Bidochon de l'année passée. 

Le nombre de kiosques fermant à vitesse grand V, nous devons mener une bataille sur le terrain du nombre d'abonnés avec de la location de fichiers, notamment. C'est notre grand chantier presse, parallèlement à une nouvelle formule. La formule numérique n'a pas de modèle économique pour nous : c'est dur de lire de la BD sur un téléphone, il faut donc que le papier résiste. Nous sommes sur une ligne de flottaison correcte, mais ce n'est pas avec la presse que nous allons nous développer, c'est avec l'édition. C'est pour ça que c'est intéressant d'être avec une maison proche de nos questionnements, et qui développe sa diffusion.

Pour les livres, nous sommes sur des ventes un peu faibles pour pas mal d'entre eux, entre 3000 et 4000, et si, en ayant notre propre diffusion, nous pouvions multiplier les chiffres par deux, ce serait déjà bien.

La diffusion chez Bamboo, puis par Bamboo, est donc l'étape essentielle de la relance de Fluide ?

Yan Lindingre : Je suis arrivé à ma limite de compétences, en quelque sorte, sur la manière d'emmener le projet jusqu'au bout, et je suis très frustré, il y a une partie de la chaîne que je ne maîtrise pas. Je ne crache pas sur la diffusion Flammarion, mais elle a 15 boîtes sur le dos et une structure comme la nôtre, en plein renouvellement, ne constitue pas une priorité. Sur beaucoup d'albums que j'ai portés depuis longtemps, nous aboutissions parfois sur un dialogue de sourds. 

Olivier Sulpice : Lorsque j'ai commencé Bamboo, et qu'un livre ne se vendait pas, je le prenais pour moi. Ensuite, j'ai réalisé que si le livre a été posé comme il faut, si les auteurs ont fait le travail, si tout a été fait comme il faut, et que le livre ne se vend pas malgré tout, tant pis, c'est le jeu, il n'y a pas de regret. Ce qui n'était pas le cas pour Fluide Glacial : il faut que le travail éditorial, de fabrication de marketing, de diffusion soit bien fait. 

C'est ce que Gallimard a analysé, et c'est la raison pour laquelle ils veulent simplifier la chaîne pour Fluide Glacial, pour un temps de réaction beaucoup plus rapide. 

Je connais par cœur les remarques sur l'humour qui ne se vend pas, sur la BD d'humour qui ne fonctionne plus. Je ne peux pas entendre ce discours-là. J'ai entendu les critiques selon lesquelles Bamboo, c'est de l'humour de supermarché, mais je demande à certains de lire d'autres albums pour se rendre que ce n'est pas que ça. C'est ce que je trouve intéressant, maîtriser la diffusion de différents bouquins qui peuvent toucher du plus petit au plus vieux.

Pour la diffusion, nous avons un accord qui fait que dans l'année à venir, elle passera chez Bamboo Diffusion, mais nous le ferons lorsque nous pourrons le faire techniquement. La distribution restera chez UD, et la diffusion se fera chez Bamboo.

Quels seront les moyens et le mode de fonctionnement de Bamboo Diffusion ?

Olivier Sulpice : Il nous faut une bonne année avant Bamboo Diffusion. Nous restons chez UD distribution pour Fluide, nous le ferons lorsque les commerciaux sauront le faire. Car cela signifie deux outils différents, puisque Hachette se charge de Bamboo. Nous le ferons dans 8 mois ou dans un an, mais quand nous serons sûrs que nous ferons du bon boulot. Le magazine restera chez Presstalis.

La structure est créée, nous avons embauché une dizaine de personnes, nous avons 8 commerciaux qui se partagent la France pour les supermarchés et les librairies de premier niveau (librairies, espaces culturels, Fnac ou autres) et qui ont démarré depuis 1er octobre ou 1er novembre. L'idée est qu'ils diffusent à chaque visite une quarantaine d'albums au lieu des 200 qu'ils peuvent se faire ailleurs. 

J'étais très content du travail de Delsol pour la librairie et de Hachette pour les hypers, mais on arrive à un plafond à un moment donné et qu'il faut changer. Créer ma propre diffusion pour mieux maîtriser les choses me trottait dans la tête depuis 2 ou 3 ans, et avec les 20 ans de la maison, j'ai décidé de me lancer. La diffusion, par contre, ne sera pas là pour diffuser d'autres éditeurs, elle reste là pour servir au mieux les éditeurs du groupe.

Si l'on va voir un libraire avec un mois un Bidochon, un autre mois un Prof, un autre mois un titre comme L'adoption, nous avons une actualité forte. Les centrales, les libraires nous ont bien reçus malgré la perspective d'avoir un commercial de plus. L'avantage, c'est que nos commerciaux peuvent présenter nos titres en une vingtaine de minutes, on peut même se permettre d'y aller sans rendez-vous. Nous serons aussi plus vigilants sur la mise en place et les réassorts : si un titre commence à bouger, les commerciaux pourront l'appuyer plus rapidement et efficacement qu'un diffuseur classique avec beaucoup de titres. La réponse à cette stratégie sera dans un ou deux ans.

Il n'y a donc plus de prise de participation ou de rachat dans les prochaines années, pour Bamboo ?

Olivier Sulpice : On verra. Il y a aussi de la croissance interne : avec notre propre diffusion, des auteurs relativement importants nous ont appelés en manifestant leur intérêt. Auprès des auteurs, le fait d'avoir sa diffusion permet aussi de s'engager, je serai le responsable direct. Nous travaillons aussi l'audiovisuel, avec 6 ou 8 séries à la télé ou au cinéma, en options. Je tiens à ce qu'un auteur qui signe chez nous ou chez Fluide ait au moins aussi bien que chez les plus gros éditeurs en termes de suivi et de potentialité.

Bamboo n'a pas l'image qu'un Fluide a... Dargaud, pour un même bouquin, est plus puissant que Grand Angle, avec un effet plus prestigieux. Nous avons encore à travailler là-dessus. Chez Bamboo, sur l'humour, nous sommes plutôt bien : quand on demande au libraire une bande dessinée parce que son gamin fait du sport, il va penser à Bamboo en premier. 

Il faut que Bamboo reste populaire, c'est ma culture, que cela reste sincère. Même en humour, on me le dit : les Sisters, ce sont les filles du dessinateur. On aime ou on n'aime pas, mais on prend du temps pour faire les livres, et ils sont bien faits, rien n'est créé en deux mois pour profiter d'une opportunité, quelque chose comme cela. C'est pour cela que je m'entoure bien.

Comme avec Arnaud Plumeri pour diriger Doki-Doki ou Hervé Richet sur Grand angle ?

Olivier Sulpice : Exactement : j'aime bien avoir des auteurs, travailler avec eux, j'en suis moi-même un, parce que je trouve que lorsque l'on donne des conseils, c'est bien d'avoir prouvé qu'on sait le faire, aussi. C'était comme avec mes profs : j'avais un prof de vente qui avait 25 ans et n'avait jamais vendu, il n'avait jamais fait ce métier. Pour que je puisse respecter quelqu'un, il faut qu'il ait fait des choses, que j'aime ou que je n'aime pas d'ailleurs.

Vous avez parlé d'une nouvelle formule pour Fluide Glacial, quelles sont les pistes ?

Yan Lindingre : J'ai commencé à parler aux rédacteurs, je comprends que cela pêche un peu au niveau du rédactionnel, il y a des choses qui se marchent sur les pieds, pas très lisibles... À l'inverse, quand les mêmes rédacteurs se lâchent un peu dans les hors séries, j'ai de très bons retours. Je veux avoir une discussion avec eux pour que nous valorisions ce que nous faisons de mieux. Il faut surtout mieux communiquer au sein de la rédaction : j'ai hérité d'un canard où les gens étaient bien en place avec leur pré carré, avec des envois à distance, un peu pépères... 

Je les adore tous, mais je sais aussi que certains trucs passent au-dessus de la tête des lecteurs. Je prenais l'exemple de Leandri, avec ses chroniques où il décortiquait un fait scientifique ou historique de manière poilante et documentée à la fois. Il s'était créé un lectorat, celui de l'Encyclopédie du Dérisoire, mais à tel point que lorsqu'il écrivait une nouvelle, il était lu par ces mêmes gens, parce qu'il savait les emmener. Les pages de rédactionnel ont un vrai potentiel pour ferrer les lecteurs et les conduire à quelque chose de plus complexe. Je ne veux pas faire de l'autosatisfaction, mais au bout de 4 ans, la partie bande dessinée, je sens que quelque chose émerge. C'est la partie rédactionnelle qui cimentera le tout et qui va donner lieu à une nouvelle maquette : je veux partir du contenu avant d'arriver à la forme.

Yan Lindingre (Fluide Glacial) et Olivier Sulpice (Bamboo)

Yan Lindingre (Fluide Glacial) et Olivier Sulpice (Bamboo)

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

La maison d'édition Fluide Glacial s'inscrit-elle dans le prolongement direct du magazine, avec la publication en album des planches parues dans celui-ci ?

Yan Lindingre : C'est quelque chose que j'ai voulu casser en arrivant : avoir systématiquement la carotte des 44 pages de publication dans le journal pour avoir l'album à la fin — avec des planches déjà payées —, c'est quelque chose qui ne fonctionnait pas toujours. Inversement, j'ai dit aux auteurs de se réserver des récréations : faire quelque chose de différent tous les mois, et si l'on sent que ça prend sur la longueur, on y va. La formule, qui est encore un peu la marque de fabrique de Fluide, existe encore sur certains albums, mais sur d'autres, on va directement sur une histoire plus longue, qui pourra être compartimentée pour en donner un peu sur la presse, mais ne sera pas intégralement prépubliée. 

L'objectif, c'est devenir une vraie maison d'édition, qui existe parce que des gens les achètent dans les librairies et non pas parce qu'ils ont été financés par le magazine, c'est le monde à l'envers. 

Olivier Sulpice : Chez Bamboo, nous cherchons souvent des prépublications ou des postpublications tout en parlant du livre. Là, ce qui est génial, c'est qu'il y aura, dans tous les cas, du rédactionnel le mois de la sortie dans Fluide, sans qu'une publication tous les mois soit obligatoire.

La maison sera-t-elle habitée par des auteurs publiés par ou proches du magazine ?

Olivier Sulpice : Il y a eu du renouvellement, et la porte est ouverte à de nouveaux auteurs.

Yan Lindingre : Nous avons fait dernièrement quelques OVNIs, comme L'Encyclopedie des Inventions Stupides, complètement hors des clous par rapport à Fluide, il s'agit d'un one shot avec Annie Pastor, une auteure qui vient de chez Hugo et Cie, qui avait fait Les pubs que vous ne verrez plus jamais. Pour moi, c'est de l'humour, nous savions faire un beau livre, nous lui avons donc proposé. Nous en avons publié un peu dans le magazine pour annoncer le livre, mais sans qu'elle soit directement rattachée à celui-ci. On a aussi fait un livre d'humour avec Gus Kervern et Lefred-Thouron, Devenir riche sans effort avec la méthode du professeur Kervern, rien à voir avec le magazine.

Ce ne sera jamais le cœur de métier de Fluide, mais il fallait, en tant qu'éditeur, tenter notre chance sur le terrain, y compris avec les livres d'humour qui ne sont pas de la bande dessinée. Au bout de 4 ans, je peux dire que nous avons tenté beaucoup de choses, avec l'expérience, à présent, des choses qu'il ne faut plus faire.

Avec cette liberté que nous a offerte Gallimard, nous nous sommes permis des choses extraordinaires comme L'histoire agitée de la presse satirique de Romain Dutreix et Toma Bletner, sur un format dingue, ou Les Grands succès du cinéma introuvable de Dylan Pelot. Avec Bamboo, nous sommes d'accord sur le fait que nous allons standardiser nos formats.

Olivier Sulpice : Pour moi, il y avait trop de formats. Il en faut un classique, un plus grand, peut-être un pour les intégrales, et de temps en temps un format spécial. Je ne suis pas contre les expérimentations, mais les lecteurs aiment avoir les bouquins à la même taille dans leur bibliothèque.

Fluide s'est également essayé à la coédition, comme avec avec J'ai Lu pour La Femme parfaite est une connasse, d'où vient cet ouvrage et d'autres projets de ce type sont-ils envisagés ?

Olivier Sulpice : J'aime ça, par exemple, s'il faut en refaire d'autres...

Yan Lindingre : J'ai Lu était notre voisin de palier dans le grand immeuble Flammarion, et j'ai toujours été curieux d'aller voir ce qui se passait ailleurs. Nous étions un peu les débiles du coin, nous échangions peu au départ. Dès que je suis devenu rédac chef, je distribuais quelques numéros aux gens qui le souhaitaient : petit à petit, des liens se sont créés et nous avons parlé de projet en commun. 

Et un jour J'ai Lu nous a proposé de faire quelque chose ensemble autour de La femme parfaite est une connasse, qui avait déjà dépassé le million de ventes. J'ai essayé avec deux dessinateurs avant, j'étais persuadé que Margot nous dirait non, finalement elle a accepté et ce projet s'est passé comme une histoire de voisin de palier. 

Nous sommes passés à deux doigts de faire une adaptation de Houellebecq, par exemple, Les Particules élémentaires ou Plateforme, je ne me souviens plus duquel mais je voyais bien comment tourner certains passages de manière relativement humoristique. 

Olivier Sulpice : Fluide reste un nom magique, et je pense qu'il y a moyen d'aller chercher des trucs qui sortent de l'ordinaire. Poelvoorde est un fan absolu de Goossens par exemple, quand bien même ce dernier n'est pas très connu du grand public. 

À lire aussi : Le LookBook de Salch nous rhabille pour l'hiver : c'est “injuste”, mais c'est le but

Au final, on a l'impression que tout l'enjeu du magazine et de la maison est de ne pas laisser Fluide Glacial du seul côté du patrimoine, pour les vieux nostalgiques...

Yan Lindingre : Avec Salch, certains bondissent en estimant que cela ne fait pas partie de Fluide. Ceux qui se prétendent être les premiers lecteurs de Fluide me disent que ce n'est plus le magazine qu'ils ont connu, et je les mets au défi de me montrer le fameux Fluide de leurs fantasmes où tout était clean, bien dessiné, drôle. À chaque époque de Fluide, il y a eu des fous, des auteurs plus commerciaux, d'autres plus barrés...

L'ADN de Fluide, c'est de respirer ce qu'est l'humour français, avec la chance que nous avons en France d'avoir un humour éclectique : l'anglais est non sense, l'italien est commedia dell'arte, les Nordiques sont pince-sans-rire... Fluide doit respirer ces différents types d'humour. J'en ai un peu marre qu'on me dise : « Fluide, je lisais quand j'avais 16 ans, j'adorais... » J'aimerais vraiment faire revenir ces lecteurs au Fluide actuel, avec ces auteurs qui reflètent leur époque et ne racontent pas les années 70 sans cesse.

Riad Sattouf [auteur de Pascal Brutal dans les pages de Fluide, NdR] est parti faire son Arabe du Futur, mais Charles Berberian va revenir avec une histoire du Moyen-Orient qui sera passionnante, avec de l'humour, de l'élégance... C'est ça qui est bien : des auteurs assez bankables reviennent parce qu'ils sentent que nous allons bien travailler les titres. Longtemps, on venait chez Fluide pour s'amuser et vivre l'ambiance des bouclages, tandis que les bouquins passaient un peu à la loterie : 2 fois sur 3, c'était le pilon... Là je sens qu'on peut les regarder dans les yeux et leur garantir un travail sérieux derrière. Berberian a 50 ans et quelques, il a vu des dizaines d'éditeurs, et il sait aussi que c'est un travail de commerçant, sur le terrain.

Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com

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Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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À Marseille, des livres de montagne et de nature pensés pour les enfants

À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.

 

13/01/2026, 10:00

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre”

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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“Le nom de l’éditeur ne suffit plus” : acheter des livres, à l’ère des milliardaires

Face à la concentration croissante de l’édition, l’application Quisbn ? ambitionne de rendre visibles des liens de propriété largement méconnus du public. En scannant un ISBN, elle permet d’identifier les groupes auxquels appartiennent les maisons d’édition, au moment même de l’achat. Fondé sur le croisement de sources publiques et une veille contributive, l’outil entend démocratiser l’accès à des données économiques complexes et nourrir une compréhension plus éclairée du monde du livre.

26/12/2025, 10:18

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“Économiquement, la vente en librairie ne suffit pas”

À première vue, on croit connaître le livre de photographie : des photos - logique -, un « beau livre », un objet qu’on feuillette. Mais il n’est ni un simple album, ni une exposition mise en pages, ni une illustration chic d’un texte. C’est un récit, un langage à part entière - et c’est précisément parce qu’il reste méconnu, parfois mal identifié, que l'association France PhotoBook inaugure une Journée de sensibilisation au livre de photographie, le jeudi 22 janvier 2026 à Amiens, de 9h30 à 17h30.

23/12/2025, 17:32

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“La première règle du Knight Club, c'est de s'approprier les croisades” Arthur de Pins

Parti guilleret de son atelier à Bastille, Arthur de Pins nous attendait devant l’Institut du Monde Arabe. On s’était promis de parcourir ensemble la bibliothèque et les ouvrages médiévaux, parler de l’art de la forge au XIIIe siècle, dans le Royaume d’Israël… et ce n’était que l’apéritif. Une immersion complète pour aborder son dernier livre Knight club, un roman graphique entre tempête de sable et vis comica

23/12/2025, 11:04

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Emmanuel Khérad : “La mobilisation du public me donne une responsabilité”

Après l’arrêt brutal de La Librairie francophone, Emmanuel Khérad retrouve l’antenne avec Le Club francophone, un nouveau programme culturel diffusé sur TVMonaco et YouTube. Télévision, production indépendante, jeunesse, lecteurs, libraires et francophonie : l’animateur et producteur revient sur la genèse du projet, et ses ambitions pour l'année à venir.

22/12/2025, 18:01

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Après les agressions, Paris crée un dispositif d’intervention rapide pour les librairies

Après plusieurs semaines de polémique, le Conseil de Paris a finalement adopté l’aide municipale destinée aux librairies indépendantes. Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint à la maire de Paris chargé du commerce, de l’artisanat et des professions culturelles, revient pour ActuaLitté sur les enjeux de ce vote, les usages concrets de la subvention et les tensions politiques qui ont traversé le dossier.

18/12/2025, 18:26

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Amin, un enfumage algérien

C’est une histoire qui se passe à Alger et dans ses alentours, mais elle se déroule également ailleurs, dans d’innombrables pays. En somme, c’est une histoire ancienne, elle change simplement de visages, de géographies, de configurations, de scènes et d’acteurs. 

17/12/2025, 14:32

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“La poésie n’a pas à servir à quoi que ce soit” : entretien avec Julien Boutreux

Au milieu des années 2010, Julien Boutreux créé une revue toute noire, carrée, illustrée et sobre à la fois, quelque peu mystérieuse et délibérément confidentielle. Intitulé Chats de Mars, en référence à François Rabelais, le périodique tourangeau diffuse alors des voix plus ou moins nouvelles du champ poétique, avec toutefois une exigence de lisibilité. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

17/12/2025, 10:49

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“Sans livres, pas de liseuse” : la vision de Marius Sobczak (inkBOOK) sur l’avenir de la lecture numérique

Quand Marius Sobczak évoque la lecture numérique, il le fait avec le calme de ceux qui ont vu passer plusieurs cycles. Son histoire avec la liseuse commence tôt, très tôt même. « On a vendu la première liseuse en Europe en même temps qu’Amazon a vendu la sienne », rappelle-t-il. Depuis, le marché s’est transformé en profondeur. Les usages ont évolué, les acteurs se sont raréfiés, et les certitudes d’hier ont souvent volé en éclats.

16/12/2025, 16:09

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Witi Ihimaera : “La France est plus grande que vous ne le pensez“

Witi Ihimaera nous raconte sa littérature comme une affaire de noms, de transmission… et de détournement. Il remonte avec nous à ce moment où, avec l’arrivée des missionnaires en Nouvelle-Zélande, « ils ne pouvaient pas dire « Ihimaera »… » et cherchent une approximation : « Qu’est-ce qui sonne comme “Smiler” ? Alors on t’appellera Pop Smiler. »

15/12/2025, 17:35

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“Ce sont des travailleurs“ : Soumya Bourouaha revient sur la protection sociale des créateurs

Dans le rapport de la mission flash remis le 26 novembre dernier, les députées Soumya Bourouaha (Seine-Saint-Denis, 4ᵉ circonscription) et Camille Galliard-Minier défendent l’idée de rattacher les artistes-auteurs à l’Unédic afin de leur ouvrir l’accès au chômage. La proposition de loi dite de « continuité de revenus » souligne en effet que ces créateurs connaissent, comme d’autres professions déjà couvertes, des périodes de creux involontaires. 

11/12/2025, 16:09

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”La Sacem ne défend pas d’autres intérêts que ceux de ses membres”

ActuaLitté révèle, dans un article, l'activité de lobbying menée par la Sacem contre la proposition de loi sur la continuité de revenus des artistes-auteurs : la société de gestion de droits d'auteur y répond. Dans cet entretien, elle défend la légitimité de son intervention auprès des sénateurs et justifie ses prises de position. Elle affirme représenter au mieux les intérêts de ses membres face à une réforme jugée risquée pour le droit d’auteur. L’échange revient sur les critiques adressées à la PPL, la précarité des artistes-auteurs et le rôle de la gestion collective dans le secteur culturel.

11/12/2025, 11:26

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Éditions ZTL-ZéTooLu : une maison pour les enfants dyslexiques, mais pas que...

La dyslexie complique l’apprentissage de la lecture, mais des solutions existent pour accompagner les enfants comme les adultes. Sandra Todorovic, fondatrice de la maison d’édition ZTL-ZéTooLu, travaille depuis des années sur des ouvrages pensés pour faciliter la lecture. Elle évoque les différentes formes de dyslexie et l’apport de typographies adaptées. Dans cet entretien, elle raconte comment son parcours personnel nourrit son travail éditorial.

11/12/2025, 10:07

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"La force de Lire et Faire Lire, c’est que son engagement s’inscrit autant dans la culture que sur le terrain"

L'association Lire et Faire Lire, avec ses milliers de bénévoles engagés, œuvre pour la transmission du plaisir de la lecture et de la découverte des textes, des images. Elle est évidemment encouragée, dans sa mission, par des auteurs et autrices, qui mettent leur notoriété au service de cette cause. Laura Nsafou souligne l'importance de la « représentativité » ; « on s'occupe aussi bien d'acteurs derrière et devant le livre »

11/12/2025, 10:00

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Courts Bouillon, nouveau média pour “relayer ces colères, ces voix” du monde du livre

Depuis quelques semaines, la température monte sur Instagram et dans les boites mail : derrière l'enseigne Courts Bouillon, deux professionnels de l'édition et du graphisme développent un nouveau média consacré au monde du livre. Le duo y aborde des thématiques liées à la concentration éditoriale, à la diversité ou à la liberté d'expression, et met aussi en avant des créateurs, créatrices ainsi que leurs œuvres.

10/12/2025, 13:16

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“N’importe quelle initiative en faveur de la lecture est salutaire” (Francois-Henri Désérable)

L'association Lire et Faire Lire, avec ses milliers de bénévoles engagés, œuvre pour la transmission du plaisir de la lecture et de la découverte des textes, des images. Elle est évidemment encouragée, dans sa mission, par des auteurs et autrices, qui mettent leur notoriété au service de cette cause. Francois-Henri Désérable, qui récemment rejoint ce comité de soutien, évoque une initiative « salutaire ».

10/12/2025, 08:00

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Le Carep, un outil de "soft power du Qatar" ? Le directeur répond

Accusé dans une tribune collective d’avoir coorganisé un « procès politique à l’encontre d’Israël et de l’Europe », le colloque « Palestine et Europe », annulé au Collège de France, cristallise un conflit plus large autour de la liberté académique et du rôle des institutions de recherche. Directeur du Centre arabe de recherche et d'études politiques (Carep), directement visé par ce texte, Salam Kawakibi répond ici aux mises en cause visant le colloque, ses intervenants et les liens avec le Doha Institute, et décrit les effets de cette séquence sur le travail des chercheurs.

08/12/2025, 12:54

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Souleymane Gueye : dynamiser le livre au Sénégal, un engagement quotidien

Souleymane Gueye est un libraire qui parle avec son cœur et on le ressent dès les premiers échanges avec lui. Et sa librairie, Plumes du monde, est atypique dans ce paysage, elle sort régulièrement de son espace pour s’associer à des évènements et diversifier ses publics. Et puis c’est un espace qui ne cesse de surprendre, d’évoluer, et qui incarne un dynamisme dans un secteur pas évident en Afrique. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

08/12/2025, 10:18

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“L’amour des livres tient à peu de choses“ : entretien avec Hajar Azell

Dans le cadre de sa série d’entretiens avec les auteur·ices engagé·es auprès de Lire et faire lire, ActuaLitté a échangé avec Hajar Azell, autrice des romans Le sens de la fuite et L’envers de l’été, membre du comité de soutien de l’association. Elle revient sur son lien à la lecture à voix haute, l’importance de la transmission et du rapport intergénérationnel, ainsi que sur les livres qu’elle aimerait partager avec les enfants et les adolescent·es.

04/12/2025, 09:27

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Mi-Livre Mi-Raisin : quand les éditeurs rencontrent les vignerons engagés

Au cœur de la Bellevilloise, Mi-Livre Mi-Raisin orchestre la rencontre entre éditeurs engagés et vignerons artisans. Deux univers qui, le temps d’un week-end, se mêlent jusqu’à ne plus faire qu’un.

03/12/2025, 15:54

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Witold Gombrowicz, l’ennemi radical des identités figées

Dans cet article, Charles Garatynski relit l’œuvre de Witold Gombrowicz comme une entreprise radicale de déstabilisation des identités, des rôles et des formes sociales. De Ferdydurke à Cosmos, l’écrivain polonais apparaît comme un penseur de l’inauthenticité, pour qui la littérature devient un espace de résistance contre les assignations culturelles, nationales et symboliques.  

09/02/2026, 16:33

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Livres jeunesse : la classification proposée par le RN, “fausse bonne idée”

Le député d'extrême droite Julien Guibert (Nièvre, Rassemblement national) a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à instaurer un système de classification par âge des ouvrages destinés aux jeunes et aux adolescents. Une initiative accueillie fraîchement par pratiquement toutes les professions du secteur : l'Association des bibliothécaires de France ajoute en effet ses propres arguments pour écarter l'idée, dans une tribune reproduite ci-dessous en intégralité.

09/02/2026, 10:13

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L’Amérique au bord du précipice : pourquoi la culture renversera Donald Trump

L’Amérique tangue, ivre de sa propre légende, coincée entre les néons sales du pouvoir brut et les fantômes électriques de Ginsberg qui hurlent encore sur l’asphalte. Dans le cockpit, un milliardaire enragé joue avec les boutons rouges comme un enfant trop riche dans un magasin d’armes. Pourtant, sous la tôle froissée, le moteur démocratique gronde. Les poètes, les musiciens, les libraires, les profs, les types fatigués qui votent sans illusions tiennent encore la ligne. Ce texte parle d’une chute possible. Mais surtout d’une résistance culturelle qui mord, qui encaisse, qui refuse de plier. Par Mathias de Breyne.

06/02/2026, 14:08

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“Norma Jeane Baker était une femme. Marilyn Monroe était un mythe”

De la découverte sidérante de la mort de Marilyn Monroe à l’enquête intime sur Norma Jeane Baker, ce Daniel Charneux retrace ici une fascination née dans l’enfance et devenue projet littéraire. Entre mémoire personnelle, immersion dans les archives, films et biographies, et réflexion sur l’identité, l’auteur traque la femme derrière l’icône. Une plongée sensible dans la fracture entre mythe hollywoodien, violence médiatique et destin humain brisé. Il publie ce 5 février I'm not M.M. chez Arléa.

04/02/2026, 09:00

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Derrière la perquisition de Violette and Co, une “procédure absurde”

La perquisition de la librairie parisienne Violette and Co, le 7 janvier dernier, pour la vente d'un livre de coloriage sur la Palestine, a largement choqué le monde du livre. L'intervention policière paraît en effet disproportionnée, pour un titre qu'il était alors légal de proposer au public et qui a depuis fait l'objet d'un avis défavorable d'une commission très critiquée, au fonctionnement opaque... L'Observatoire de liberté de création réitère son appel à une réforme de l'encadrement des publications jeunesse, dans un courrier à trois ministres reproduit ci-dessous.

03/02/2026, 11:05

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Traductions automatisées : un modèle “indigne” chez Harlequin

Le monde feutré de la romance industrielle craque sous le bruit sec des algorithmes. Harlequin confie ses traductions à une IA générative, sous contrat avec Fluent Planet, reléguant les traducteurs humains au rôle de réparateurs sous-payés de phrases-machines. Tarifs écrasés, post-édition déguisée, clause de silence imposée : dans une tribune, le SNAC dénonce une fuite en avant où l’innovation sert d’alibi à la casse sociale et au contournement du droit d’auteur.

31/01/2026, 10:05

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“Une création à deux vitesses” : le Off d’Avignon alerte sur la réforme des aides à l’emploi

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Culture Rachida Dati, l’association Avignon Festival & Compagnies dénonce le nouveau décret modifiant le FONPEPS, le fonds public de soutien à l’emploi dans le spectacle vivant. En cause : la réforme du dispositif APAJ, une aide destinée à soutenir l’emploi des artistes dans les spectacles joués dans des salles de petite jauge, là où les recettes de billetterie sont insuffisantes pour couvrir les coûts salariaux. 

28/01/2026, 18:03

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E-commerce et librairies indépendantes : et si un autre modèle était possible ?!

Alors qu’Amazon contourne sans vergogne la loi Lang tout en bradant les frais de port, une prise de conscience de la part des lecteurs s’opère et ralentit la croissance du géant du web sur le livre. On espère ce sursaut citoyen durable, mais pour l’heure, il n’est pas suffisant pour sortir les librairies indépendantes de l’ornière. Leurs frais fixes grimpent d’année en année et l’augmentation du prix du livre ne suffit pas à compenser le déclin de la lecture. Par Amandine Pacaud.

27/01/2026, 16:12

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Hitler contre Artaud : comprendre une confrontation imaginaire

Entre 1930 et 1932, Antonin Artaud séjourne à plusieurs reprises à Berlin, au moment même où la République de Weimar s’effondre. À partir d’archives, de lettres, de manuscrits et d’une relecture attentive des textes asilaires, Ilios Chailly retrace ces séjours berlinois et interroge l’une des affirmations les plus troublantes d’Artaud : sa rencontre supposée avec Adolf Hitler.

27/01/2026, 13:06

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“Les poètes inconnus majoritaires, le public les conspue”

La poésie se joue souvent sous néon blafard, entre un verre tiède et une rage froide. Ici, on dégoupille la grenade avec un sourire carnassier : la Maison de la poésie, ses VIP, ses têtes d’affiche, son petit théâtre bourgeois. Le texte grince, éructe, ricane. Un pamphlet en roue libre, entre PMU, Johnny imaginaire et satire sociale, où la littérature se cogne au star-system comme un poète contre une vitrine.

27/01/2026, 11:33

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Heated Rivalry : comment une romance entre hockeyeurs a déclenché une folie mondiale

Il y eut After, Calendar Girl et bien d'autres : un autre phénomène se profile, sur fond de patinoire. Heated Rivalry, romance sportive homosexuelle d'après l'oeuvre de Rachel Reid, connaît un engouement fulgurant depuis son adaptation télévisée – avec un raz de marée sur les livres en bibliothèques et librairies américaines. Parue sans faire de bruit en France dès 2021 (avant de disparaître des rayons), la saga reviendra dans une nouvelle traduction. 

24/01/2026, 10:38

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Diffusion du livre photo : résoudre “l’impossible équation économique“ des éditeurs

« La réalité d’un livre photo, c’est qu’on le conservera durant une année entière. Et au moment où l’on se décide à le renvoyer, un client le sauvera du retour pour l’acheter. » Cette théorie, qu’une libraire présente dans la salle du Musée de Picardie expose comme amplement vérifiée, concluait les échanges avec humour et délicatesse. Pour autant, l’anecdote dit quelque chose de cette difficulté de diffusion…

22/01/2026, 18:24

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Les livres de photos “nous arment contre la violence de notre monde d’images”

À l’occasion de la journée de sensibilisation au livre de photographie organisée à Amiens, ce 22 janvier par France Photobook, Éric Cez a ouvert les échanges en proposant un autre regard. Cofondateur de la maison d’édition Loco et président de l’association, il invite à « nous armer contre la violence de notre monde d’images », par la photographie.

22/01/2026, 11:00

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“Il faut s’organiser collectivement pour se défendre concrètement”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires a tenu, vendredi 16 janvier 2026, une conférence de presse à l’annexe de la Bourse du travail de Paris. Ses membres, aux côtés d’autres acteurs engagés du monde du livre, y ont dénoncé la multiplication des attaques d’extrême droite contre les librairies et le climat politique, policier et médiatique qui les rend possibles. Un fait jugé inédit depuis des décennies a été particulièrement souligné : la perquisition, le 7 janvier dernier, de la librairie féministe Violette and Co.

16/01/2026, 18:22

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L’industrie du livre, ou l’art délicat de se concentrer en feignant de s’en foutre

Il y a dans l’industrie du livre quelque chose d’un ballet étrange : une danse de bilans déficitaires, de discours vertueux, de concentrations “raisonnables” et de communiqués qui jurent, la main sur le cœur, que tout cela se fait au nom de la diversité. On fusionne pour mieux défendre la pluralité, on rationalise pour préserver la création, on licencie pour sauver la chaîne du livre — cette créature mythologique que tout le monde invoque mais que plus personne ne nourrit vraiment.

16/01/2026, 12:22

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Pierre Bordage, trente ans d’amitié et de traversées

Marion Mazauric rend hommage à Pierre Bordage, compagnon de route et géant de l’imaginaire, en retraçant trente ans d’amitié, de livres et d’audace littéraire. Un texte personnel et puissant, à la mesure d’un écrivain dont l’œuvre et la vie n’ont jamais cessé de se confondre. Voici l’hommage que le Diable lui a rendu par la voix de Marion Mazauric.

15/01/2026, 11:45

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Laâyoune, en attendant : entre football et Maroc, le Sahara face au réel

“Les sources“. En arabe, cela se dit Laâyoune, aujourd’hui la plus importante ville du Sahara occidental. Riche en nappes phréatiques dans une zone de désert, la ville a toujours représenté un lieu de repos. Et d’approvisionnement. En eau. Donc en vie. Et c’est là que Nicolas Rouillé installe son nouveau livre, Laâyoune, en attendant. Et malgré le silence du désert, de nombreux échos se font entendre. 

14/01/2026, 11:15

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Répression en Iran : lettre ouverte d'un photojournaliste au président Emmanuel Macron

Dans une lettre ouverte, le photojournaliste franco-iranien Reza Deghati interpelle le président de la République, Emmanuel Macron, sur la répression en cours en Iran. À travers le destin de Rubina, jeune étudiante tuée lors d’une manifestation, le photojournaliste franco-iranien appelle la France à un sursaut politique et moral.

13/01/2026, 12:43

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“L’édition n’est pas épuisée. Elle est saturée”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 8. Il fallait marquer une pause, pour vous autant que pour moi. J'ai partagé pas mal de choses dans ces colonnes, mais les confiseurs n'ont pas le monopole de la trêve. Je m'appelle Victoire. J'ai eu la révélation que je cherchais.

10/01/2026, 10:38

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“Connaisseur averti du temps incertain” : Michel Jeury, une longueur d’avance sur notre époque

Figure majeure et pourtant trop discrète de la science-fiction française, Michel Jeury aura profondément marqué la littérature de l’imaginaire en bouleversant notre rapport au temps, au langage et à la conscience. À l’heure où sa Trilogie chronolytique s’apprête à renaître en librairie, cet article propose une traversée mémorielle et critique de l’œuvre d’un écrivain essentiel, à la croisée du romanesque terrien et des audaces conceptuelles de la SF, dont l’héritage continue d’irriguer silencieusement notre présent.

09/01/2026, 10:51

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Lettre à nous, les hyper-délirants : “Vivre est bien souvent devenu une pathologie qui réclame la molécule idoine”

Particulièrement sensible aux commentaires survenus suite à la publication de sa Lettre à Nicolas Demorand, l’auteur Christophe Esnault a voulu revenir sur le sujet. « J’y ai vu beaucoup de personnes en souffrance psychique, aussi je me pose en hyper-délirant et ai écrit ce texte sous neuroleptique, comme tout ce que j'ai écrit depuis à peu près quinze ans. » En découle le texte qui suit.

08/01/2026, 12:33

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Un nouveau bilan dans votre boîte mail : de belles découvertes

2026 pointe le bout de son nez et Elsa l'accompagne avec quelques dernières recommandations, un bilan personnel et de bonnes résolutions. En avant la musique !

07/01/2026, 17:15

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ActuaLitté a réuni 1,7 million de lecteurs en décembre 2025 : et vous ?

Allez savoir pour quelle raison les débuts d’année sont propices aux bilans des mois passés : un côté bicéphale janusien, probablement. Pas encore détachés de ce qui s’achève, on peine à se projeter dans l’avenir. Ou bien, puiser des forces dans les réussites qui insuffleront l’énergie indispensable. En ce mois de janvier, c’est bien le cas : notre média a explosé les compteurs.

07/01/2026, 16:53

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Grand bal parlementaire : quand les artistes-auteurs et autrices imposent leur musique

Il faut forcément un événement d’importance pour m’arracher à mon Angleterre chérie et m’éloigner de mes cottages humides et de mes thés parfaitement infusés. Mais les réjouissances de décembre et l'organisation de grands bals constituent une excuse parfaitement recevable. Plus encore lorsque ces festivités se tiennent à Paris… Tenez-vous le pour dit, moi, Lady en Passant revient en cette nouvelle année. Avec mes meilleurs voeux...

07/01/2026, 10:51

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Pourquoi la bibliothérapie séduit de plus en plus de publics

Lectrice de toujours, autrice et praticienne confirmée, Céline Mas retrace ici le chemin qui l’a conduite à la bibliothérapie. De la découverte fondatrice de Sadie Peterson Delaney à la construction d’une méthode croisant littérature et sciences cognitives, elle raconte une pratique exigeante, engagée, et profondément ancrée dans le réel. Un témoignage à la première personne qui éclaire les enjeux, les responsabilités et les promesses d’un accompagnement par les livres.

05/01/2026, 11:56

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Bonne année 2026 : surtout, surtout, restez bien concentrés

Il est de ces mots qui n'ont l'air de ne rien demander, tout en exigeant beaucoup. “Concentration”, par exemple. Au hasard. Terme apparemment sage, presque scolaire, il convoque des réalités autrement plus explosives qu'en apparence. En ce début de 2026, c’est avec lui que l’on vous souhaite une bonne année. Bien concentrée. Très concentrée... 

01/01/2026, 21:25

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Faire de l’argent avec son séjour en prison : et si Sarkozy reversait ses droits d’auteur ?

Un titre qui surgit hors de la longue nuit carcérale, et un emballement médiatico-économique qui s’ensuit... En ce dernier jour de l’année, invitons chacun à prendre de bonnes résolutions et ses responsabilités. ActuaLitté propose ici une Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, l’enjoignant à la générosité.

31/12/2025, 10:56

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Artaud face au marxisme : la révolution ne se limite pas à l’estomac

Le « momo » Ilios Chailly revient avec un texte ample et nerveux, consacré à Antonin Artaud et à l’idée d’une révolution vivante de l’esprit. Au fil d’une traversée du surréalisme, des ruptures avec Breton et des secousses mexicaines, notre spécialiste déroule une lecture combative, pleine d’éclats. Artaud y apparaît moins comme une figure à célébrer que comme une déchirure qui oblige à sortir des automatismes. Un long format pour qui veut prendre le temps d’une secousse intérieure.

29/12/2025, 13:11

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L’édition française va mal ? “Le lecteur n’a pas disparu. Il s’est déplacé”

Voici l'histoire d'un renoncement intérieur. Loin de l’image d’un secteur agressé de l’extérieur, l'industrie du livre serait gagné par le conformisme, la frilosité intellectuelle et l’autosatisfaction morale, où la curiosité éditoriale s’est effacée au profit de la reproduction, de la sécurisation et de l’alignement idéologique. Un diagnostic sévère qui interroge la perte de sens du métier d’éditeur et pointe une crise moins visible mais plus radicale : celle du désir, du risque et de la confiance dans l’intelligence du lecteur.
 

25/12/2025, 09:45

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Ni guéri ni vaincu : continuer à créer avec la maladie

En 2022, j’ai publié sur Actualitté une tribune dans laquelle je décrivais des symptômes physiques apparus dans les semaines ayant suivi ma vaccination contre le Covid-19. À l’époque, je traversais une période d’errance médicale profonde. Je ne savais pas ce que j’avais. Je ne disposais d’aucun diagnostic. Je tentais simplement de mettre des mots sur ce que je vivais, avec les outils dont je disposais alors : l’écriture et le témoignage. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Par Guilhem Méric.

24/12/2025, 10:26

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Livres : ce que change vraiment la décision de l'Europe pour Amazon

Depuis plus de dix ans, la France tente de contenir l’influence des géants du commerce en ligne sur le marché du livre. Après la loi de 2014, puis la loi « Darcos » de 2021, un seuil minimal de facturation des frais de livraison a été instauré pour éviter que certains acteurs — Amazon en tête — ne pratiquent des tarifs quasi nuls. 

22/12/2025, 17:59

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“Pourquoi nous ne vendrons pas le dernier livre de Nicolas Sarkozy”

Même au-delà des frontières de l'Hexagone – et peut-être plus encore – le dernier ouvrage de Nicolas Sarkozy fait polémique.  Hassen Jaied, entrepreneur franco‑tunisien du monde de l’édition et de la librairie en Tunisie, se passionne pour les mutations de l’industrie. Il pose les bases de principes ethiques et moraux dans le commerce du livre, et ses librairies en particulier.

20/12/2025, 15:25

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“Après Noël, le monde de l’édition n’implosera pas. Il fera bien pire : il continuera.”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 7.  Dans une série télévisée, on approcherait du dernier épisode : happy end, drame humain, mariage improvisé, explosion de volcan, paix mondiale, invasion d'aliens, c'est selon. Je m'appelle Victoire. Et je relis actuellement V pour Vendetta

20/12/2025, 11:59

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Et si le livre numérique pouvait enfin circuler comme une œuvre d’art ?

Comparer Thotario au droit de suite ? L’idée peut surprendre. Elle peut même faire tiquer. Nous le savons, et nous l’assumons. Car ce rapprochement n’a jamais eu vocation à être un raccourci juridique ni une promesse spectaculaire. Il s’agit d’un point de départ. D’un angle de réflexion. D’une manière de remettre sur la table une question ancienne, mais toujours brûlante : comment rémunérer les auteurs de façon juste lorsque les œuvres circulent ?

18/12/2025, 12:14

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“Il est temps de reconnaître les métiers artistiques comme des activités nécessaires à la société”

Ce jeudi 18 décembre, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Écologiste au Sénat, les sénateurs examineront la proposition de loi portée par Monique de Marco sur la continuité de revenus des artistes-auteurs. Marion Cocklico, illustratrice, raconte la précarité de ses débuts, des à-valoir insuffisants et la nécessité de cumuler un second emploi après un burn-out. Elle défend l’accès des artistes-auteurices à l’assurance chômage et la reconnaissance de leurs métiers.

18/12/2025, 10:35

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Quatre livres, quatre voyages : l’évasion en papier à offrir (ou à s’offrir)

Un monde qui s’effondre, un couple qui s’échappe, une carte qui déplie l’imaginaire, une France qui se raconte en images : quatre livres, quatre manières de voyager - sans forcément quitter sa chaise. Petit tour d’horizon, léger mais sérieux, pour remplir sa liste de beaux cadeaux… ou s’offrir une escapade de papier.

17/12/2025, 15:45