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Librairie Stendhal à Rome : “On est cohérent quand on est honnête”

La librairie française de Rome est une librairie historique dont la date de création remonte à 1955. Salariée depuis 10 ans dans cette librairie, mais déjà libraire avant d’arriver en Italie, Marie-Ève Venturino a pu bénéficier d’un dispositif expérimental de prêt porté par la Centrale de l’édition et le CNL, afin de la reprendre en décembre 2016.

Le 26/05/2018 à 07:33 par Nicolas Gary

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Publié le :

26/05/2018 à 07:33

Nicolas Gary

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Après un an et demi, une restructuration complète des lieux et la mise en place d’un tout autre projet culturel, la librairie rebaptisée Libreria Stendhal, a vraiment pris un nouveau départ.

Quelles sont les spécificités historiques du marché du livre en Italie ?

Marie-Ève Venturino : Non pas que l’encadrement institutionnel fasse tout en matière de lecture, mais considérons quand même quelques données : pas de loi Lang et ses corrélats, pas de CNL, pas de mécanismes d’aides régionales, pas ou peu d’achats des collectivités territoriales… voilà le cadre italien. Dans ces conditions on peut donc imaginer l’état du marché.

De plus, on assiste à une scission de la distribution, d’un côté deux géants de la distribution qui tiennent quasiment tout le marché et dictent ainsi leurs conditions, et de l’autre, de l’autodistribution pour les petits éditeurs indépendants. Devant la grande difficulté d’ouvrir des comptes chez ces deux grands distributeurs, des grossistes fleurissent, mais qui peuvent aussi fournir écoles, etc. Ce qui pénalise évidemment les libraires. D’ailleurs, il existe très peu de libraires indépendants en Italie. Résistent les chaînes, appartenant aux grands éditeurs-distributeurs…

Il y a aussi, et cela en découle, une grande crise de la lecture, l’AIE Association italienne des Éditeurs annonce un taux de lecture de 42 % en Italie contre 70 en France, doublée d’une crise tout court, comme tout le monde le sait. Le marché du livre français en Italie est lui aussi en crise. Les librairies françaises de Milan et Venise ont fermé.

Et même s’il représente un marché de niche, spécialisé, destiné à une population relativement aisée, il est en difficulté, car le français est moins parlé et étudié, les institutions françaises en Italie ont moins de budgets, et donc font moins d’action autour des auteurs et des livres, et beaucoup de livres français sont traduits donc peuvent être lus en italien.

Comment établissez-vous votre sélection d’ouvrages mis en avant ?

Marie-Ève Venturino : Le choix des livres est pour moi une question cruciale de même que la constitution des fonds. Notre librairie fonctionne à 75 % sur les fonds et 25 % sur les nouveautés. Il est difficile d’extraire une logique globale, car chaque secteur a des dynamiques qui s’apparentent au fonctionnement d’une librairie spécialisée. Les secteurs littérature, sciences humaines, jeunesse/BD sont équilibrés et ont des poids relativement équivalents.

Pour nous démarquer, nous devons avoir une identité forte malgré cet éclatement des secteurs. Ici c’est la cohérence qui fait l’identité, à travers des choix exigeants, voire difficiles. Malgré cela, je ne conçois pas la librairie comme un lieu de prescription, nous croulons sous les injonctions à lire-consommer, elle doit être en revanche le lieu de l’élaboration du choix, tant du libraire que du lecteur face aux différents rayons. Les livres se doivent de répondre à ces critères, les secteurs avoir une vraie identité, être construits, pensés.

Ce travail sur les fonds nous appelle à avoir des compétences que je qualifierais de binationales, car nos clients connaissent aussi bien les catalogues français que les catalogues italiens, et nous nous trouvons être représentants de l’édition française ; mais ceci dans la porosité et des résonances que celle-ci peut avoir dans le débat d’idées italien ou le travail de l’édition italienne. Les sujets se répondent, se questionnent, s’influencent. Et c’est vraiment cela qui est passionnant dans ce lieu d’échanges matérialisé par la librairie française à l’étranger, et ce que les clients viennent chercher.

En 27 ans de métier, ma vision de la librairie indépendante a bien sûr changé et si quand j’ai débuté, les librairies indépendantes se devaient d’être consensuelles, de tout avoir, d’être ouvertes à tous les publics, je défends le contraire aujourd’hui. On ne peut plaire à tout le monde. On ne peut satisfaire la frénésie du tout, tout de suite. On est cohérent quand on est honnête. L’honnêteté ici est subjective. L’honnêteté ici prend parti. De défendre des contenus. Et d’en exclure d’autres. De ne pas jouer le jeu de l’industrie culturelle même si nous faisons partie du système.

Ce n’est pas toujours un message facile à faire passer, il est exigeant, mais il s’agit d’une résistance culturelle, et ce, par les livres. Instrument par excellence de la subversion, celle de la lenteur, de la pensée, de la construction, et c’est ce que nous faisons en librairie par l’intermédiaire de l’ossature de notre fonds. Les textes fondamentaux veillent, les fantômes règnent et débattent avec les nouveautés, d’héritages en influences, réponses et prolongements se côtoient de rayon en rayon, d’un centimètre carré à l’autre. Le sens naît de là. Non pas de l’injonction publicitaire ou de l’opération commerciale, mais de ces constructions.

À ce jour, à quelles problématiques faites-vous face ?

Marie-Ève Venturino : Il y a plusieurs catégories de problématiques, commençons par les problèmes d’ordre concrets : transport, frais annexes et prix du livre.

En Amazon (ie), le temps c’est de l’argent et même plus, c’est de la perte nette de clients. Sur une période de 10 ans que je peux analyser en personne, non seulement le coût des transports a augmenté, mais les temps de livraison ne se sont pas améliorés. D’ailleurs le poste transports explose, car pour ne pas prendre de risque (notamment lors de venues d’auteurs de ne pas avoir les livres), nous devons souvent avoir recours aux DHL.

Imputer ces coûts sur le prix public alors qu’avec un smartphone un client peut vérifier immédiatement le prix Amazon.it sur les livres français qui n’est jamais majoré (je reste sur le cas de l’Italie) a ses limites. Si nous devions imputer coût des transports, coût de la TVA à reverser à l’État italien (car nous sommes des importateurs, et donc ce montant TVA est du coût non récupérable), nous devrions appliquer une augmentation du prix de couverture français de quasi 13 %... impensable.

Si là-dessus nous imputons les prix export du groupe Hachette encore seul distributeur à pratiquer un prix export majoré par rapport au prix de couverture français de 5,5 %, si nous imputons aussi les frais de pieds de factures pratiqués par Hachette et Interforum, d’un montant de 2 % et plus, alors dans ce cas la majoration devrait être de quasi 17 % au global ! Alors que fait-on ? On rogne notre marge. Dans le cas de livres scolaires, dont par exemple les remises sont basses, doublées de frais supérieurs de transport, car les livres sont plus lourds… ce marché-là ne nous permet même pas de respirer.

Ajoutons là-dessus le problème des livres de Français Langue Etrangère. En tant que librairie française, nous devenons naturellement référents en matière d’apprentissage du français. Nous devons ainsi être très compétents sur les différences entre méthodes, préconisations diverses spécificités pédagogiques… etc. très bien ! Rappelons au passage que notre quasi « seule » chance d’obtenir des ventes facturées et institutionnelles concerne ce secteur… Et là arrive le coup de massue.

Car alors même que nous avons des comptes ouverts chez tous les distributeurs français, que les contrats de vente ne spécifient aucune restriction, des maisons d’édition ont le droit de ne plus faire servir par le distributeur leurs livres sous le prétexte d’« exclusivité de distribution ». En France, ceci serait inconcevable, bien sûr. À l’étranger non. Une maison d’édition peut décider qu’il est plus « facile », « économiquement avantageux » ou plus officiellement que le travail est mieux fait par un distributeur local qui a une équipe sur le terrain, de confier « exclusivement » le marché à un distributeur local. La conséquence pour nous étant que les conditions commerciales changent du tout au tout. Avec diminution quasi de moitié de la remise, pas de droit de retour et un paiement en proforma.

Dans ce cas, qu’il n’y ait pas de « contrôle » d’un tiers pouvant défendre les libraires mis en grande difficulté économique nous fait pointer du doigt la faiblesse et le peu de considération des services exports des grands groupes à notre égard. Le fait est que l’analyse du marché de l’export se fait bien souvent par de purs commerciaux, formés à la finance, mais pas forcément au livre. Ou bien si, formé à l’analyse d’une marchandise comme une autre dans un système économique comme un autre. Mais l’économie du livre ne peut être analysée de la sorte. Sous peine d’extinction d’un écosystème fragile.

Enfin, les aides CNL sont plafonnées à 15 000 € par an, quel que soit le CA total de la librairie. Il n’est pas non plus évident de les obtenir chaque année. De plus c’est un toit global, prenant en compte les différents types d’aides. Travaux, informatisation, animations et stock. Si une année on doit faire des travaux, on ne fait pas d’animations ? Ce toit global pose problème et dans un cas par exemple de reprise où le chantier est total et où chaque action est primordiale, des secteurs sont sacrifiés ou bien non, mais les finances sont immédiatement et structurellement fragilisées.

Mais plus largement, nous devons penser notre condition générale qui passe aussi par nos conditions générales de travail et de ventes. Et là nous arrivons à la question des distributeurs.

Quelles sont vos relations avec les distributeurs ?

Marie-Ève Venturino : Le maillon de cette chaine qui, de logistique est passé à décisionnaire sous les auspices favorables de l’industrie du livre et des dérives de l’industrie culturelle en général dont parlait Adorno il y a déjà plus de 70 ans, c’est la distribution.

Représentante par excellence du système économique, elle génère bien souvent des rapports exclusivement commerciaux, où les intérêts unilatéraux peuvent se lire dans les contrats qui nous lient à elle, ou aux organismes dits de « défense » du livre, ou exportation du livre, ou d’autres appellations, sous forme de listes de devoirs sans corrélats de droits. La distribution actuellement n’est plus une entreprise, mais un pouvoir.

Dans cette chaîne du livre où traditionnellement le suivant est le client du précédent (auteur-éditeur-distributeur-librairie), nous sommes tous devenus clients des distributeurs, maillon industriel du système. D’ailleurs parfois les deux maillons centraux ne font qu’un, où le rapport de force est décidément consommé.

Il y a en France un peu plus de contrôle grâce à la loi Lang de 1981 ayant introduit une variable qualitative aux négociations des remises. Idem dans le cas du label LIR qui comporte un volet invitant à un encadrement des relations commerciales entre distributeurs et librairies indépendantes et des rapports de force.

À l’étranger c’est bien différent. Tout d’abord parce que l’interface qui connaît et peut défendre la librairie, dans son travail spécifique et son profil particulier, en la figure du représentant, ne nous visite que rarement et les profils de ceux-ci, jadis d’anciens libraires connaissant le terrain, a pour beaucoup glissé vers un profil purement commercial. Le commercial l’emporte dans la logique de l’industrie culturelle.

Alors dans un type de librairie où le fonds compte plus que les opérations commerciales et les nouveautés, où l’immobilisation est grande, et dans un contexte d’extrême concurrence, on comprend bien que la bataille sur nos « conditions » est bien la bataille pour notre condition. Les enjeux sont vitaux. Alors il faut négocier. Mais négocier seul, et c’est bien le problème.

Encore faudrait-il parler de la même chose. Le livre du libraire est-il le même livre que celui du distributeur ou de l’interlocuteur credit manager avec qui l’on parle ? Eh bien non. La nuance qualitative à l’export est bien souvent reléguée à un vocable obsolète contre la notion prépondérante du quantitatif. Le dialogue commence bien souvent non pas par « ah oui cette librairie que je connais… », mais par « Ah… vous faites tant de CA… » Plutôt qu’à la défense de catalogues pointus ou l’évocation des risques encourus à garder des stocks et de travailler des titres difficiles, est conseillé le travail des catalogues supermarchés, à l’évocation des conditions difficiles liées aux coûts de l’importation est opposé le choix que nous avons fait en venant nous installer dans le pays.

Dans tous les cas, il s’agit de notre responsabilité. Et nous devons en payer les conséquences, car c’est comme ça et pas autrement.

Quel regard portez-vous sur l’industrie du livre ?

Marie-Ève Venturino : Il faut évoquer la condition de librairie indépendante (ici ou ailleurs). Historiquement, la librairie est née du geste de l’éditeur, alors librairie-éditeur. C’est un maillon de la chaîne du livre, qui prolonge les gestes de chacun, qui parle d’un auteur, d’un éditeur, d’un catalogue, d’une thématique qu’il a à cœur, d’un sujet de société qui émerge de façon essentielle et urgente dans le panorama de la réflexion commune.

Être Librairie c’est ça, c’est représenter l’ouverture, la diversité, la multitude.

Le livre reste encore subversif. Être libraire indépendant l’est plus que jamais. Résister à ce qu’on nous fait croire, résister au diktat de combien de chiffres on doit faire et comment.... Voilà l’avenir de la librairie indépendante, et ce modèle devrait être un modèle accompagné et protégé. Car garant d’un écosystème lui aussi à défendre.

Sinon alors tous vers Amazon. Vendons des produits de grande consommation. Algorithmisons les clients devenus marchandises. Soyons de bons petits soldats pour les grands groupes. Mais ne pleurons pas la bibliodiversité et fêtons les grandes funérailles de l’exception culturelle française.

Notre compétitivité est à encadrer avec des lois, un référent institutionnel comme par le passé avec la loi Lang. Pour les librairies françaises à l’étranger, il y a quelque chose à inventer. D’urgence. Il s’agit d’une exportation à forte valeur ajoutée dont pourtant tout le monde se moque. Une vitrine intelligente, bilingue, qui parle des livres, invite des auteurs, conseille des contenus éditoriaux de 10 h à 19 h, 6 jours du 7, 300 jours par an.

L’institution, si elle veut sauver la librairie indépendante française à l’étranger, qu’elle le fasse au nom de la francophonie, au nom de la bibliodiversité, au nom de l’exception culturelle française, au nom du rayonnement des idées… dans tous les cas devrait nous donner les moyens de construire.

Construire c’est thésauriser. Garder, faire vivre. Ne pas être que dans la gestion, mais la digestion. Non pas dans l’injonction, mais dans la jonction, dans ce qui fait lien, ce qui fait sens. Et cela passe par la valorisation de notre travail, l’aide à garder des stocks, l’aide à inviter des auteurs, aides à nous informatiser, à avoir des outils professionnels.

Et si nous devons restructurer la librairie, nous ne devons pas le faire en sacrifiant les animations, ou bien si nous devons faire rentrer du fonds, nous ne devons pas sacrifier un autre pan de notre travail. La librairie indépendante est sur ce terrain. Dans cette zone à défendre. Et là je ne parle pas que de subventions, mais de garanties d’un cadre de travail juste et sans rapports de forces déséquilibrés pour que nous puissions faire fonctionner notre modèle économique en tout professionnalisme.

Mais nous ne pouvons le faire sans penser et accéder à un statut de la librairie française à l’étranger qui passe par la lutte pour notre reconnaissance.

Vous êtes membre de l’Association internationale des libraires francophones. Que vous apporte le réseau de l’AILF ?

Marie-Ève Venturino : Dans la société, face à des positions de pouvoir il n’y a que le commun qui peut faire changer les formes de relations. J’espère en une réflexion autour de ce statut de la librairie indépendante à l’étranger et espère que la filière livre apportera son soutien. Il existe un label, mais je pense pour ma part qu’il faut aller plus loin.

Tant que les spécificités des librairies à l’étranger ne seront pas pointées au niveau institutionnel et donc en quelque sorte protégées comme un écosystème, nous resterons pris dans des négociations commerciales sur nos formes de librairies individuelles et donc dans un rapport de force inégal, réduit à l’analyse d’un chiffre sur le tableau Excel d’un crédit manager, qui ne parle pas la même langue que nous et ne fait pas référence à la même chose.

En ce sens, l’AILF a un rôle à jouer. Mais ce n’est pas du tout facile. Être libraire français à l’étranger, peut être encore plus vu le modèle économique périlleux auquel nous devons faire face, quasi sans aides institutionnelles comme nous pourrions les avoir en France, relève du militantisme.

Il est important de nous confronter, de partager nos expériences, mais il faut aller au-delà et pouvoir être en mesure d’être une véritable force. Or les librairies membres ont des tailles et logiques très différentes, les contextes d’activité aussi : pays francophones, non francophones, libraires éditeurs, libraires grossistes. Il est très difficile d’avoir un discours commun. Mais c’est un véritable enjeu, passionnant et fondamental pour notre avenir.

Vous avez récemment lancé une campagne de Crowdfunding pour financer un festival qui a eu lieu dans votre librairie. Est-ce que vous conseilleriez ce type d’action à d’autres libraires ? Outre le financement, qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Marie-Ève Venturino : Plus qu'un seul apport financier, une campagne de crowdfunding est un appel à la participation, au soutien collectif et à la création d’un commun à partager.

Partager un festival d’activités culturelles dans une librairie où toutes les propositions sont gratuites me semblait le sujet idéal à travailler. J’ai dû me mettre dans une optique de communication un peu diverse, manipuler des vocables inconnus, mais finalement le projet a vu le jour, les clients ont répondu présents et le budget a été collecté avec succès.

Mais attention, cela reste un moyen ponctuel de financement (il ne s’agit pas chaque année de faire un appel à financement participatif) qui demande beaucoup d’énergie et de suivi. Mais en effet c’est un mécanisme qui oblige à communiquer différemment et qui fait communauté, ce qui est assez naturel finalement pour le public d’une librairie.

En partenariat avec l'AILF

10 Commentaires

 

koinsky

27/05/2018 à 06:16

Ces photos sont très intéressantes parce qu'elles disent à elles seules tout le problème du livre. Prenez un jeune de 15, 16 ou 17 ans de notre époque qui est donc un usager des jeux vidéos, de Youtube et des séries télé, et qui ne lit pas de livres, ce qui est l'immense majorité. Placez-le devant l'une des photos ci-dessus et demandez-lui ce qu'il ressent, s'il a envie de se balader dans les travées et d'ouvrir des livres. Il est à peu près certain qu'il va ressentir une sensation d'overdose désagréable et vouloir tourner les talons. Et il aura raison, car les libraires et les éditeurs sont myopes et entristes. S'ils adoptaient le point de vue de lecteurs potentiels, ils verraient qu'il faut réduire radicalement la voilure (effet de saturation rédhibitoire), ne montreraient que des couvs et pas des tranches de livres coincés les unes contre les autres comme des sardines. Ils en feraient des lieux attractifs au niveau de l'atmosphère (lumière, musique, design...). Bref, à force d'entrisme et de raisonnement binaire cupide l'édition et la librairie sont en train de se suicider à petit feu et le pire (ou le meilleur), c'est qu'elles soufflent avec entrain sur leurs propres braises...

f*Parme

28/05/2018 à 09:49

Les livres s'adressent à ceux qui lisent. Le livre est une réalité que pour ceux qui en prennent conscience. Pour les autres, cette réalité n'existe pas : ce sont des trucs en papier dans des rayons, dans des endroits obscurs, des trucs sorciers qu'on n'ouvre jamais parce que ça ne sert à rien, parce que c'est ennuyeux, parce que c'est fatigant. Ceux qui lisent fouillent, cherchent, ont la volonté d'entrer dans une librairie ou une bibliothèque. La transmission de la Culture passe beaucoup par la lecture. Ce n'est pas parce que vous allez transformer une librairie en étalage aguicheur de marchand de légumes ou en rayons de supermarché avec des tours de magie d'imbéciles du marketing qu'il y aura plus de monde à y entrer ou à acheter. En édition, le marketing ne fait vendre plus que ce qui se vend déjà. Le reste, c'est du pipeau. De la flûte qui ne rapporte qu'à ceux qui en jouent.
La Culture demande un effort : lire, lire, lire, réfléchir et relire. La lecture est linéaire. C'est ce processus systématique qui fait que ça vous rentre dans le crâne. Il faut passer par ce filtre, se plier à cet exercice pour comprendre, connaître, se divertir, s'émouvoir, faire exister d'autres réalités et des imaginaires.
Et où peut-on donner envie de lire ? Là où les gens lisent, là où l'on apprend à lire. À la maison, les parents doivent lire. À l'école, parce que sans elle, pas de lecteurs. Si vous voulez attirer plus de monde dans une librairie, la meilleure vitrine, c'est l'école et après l'école, la bibliothèque.

Réduire la voilure, cela veut dire plus de livres en "facing" et moins de dos dans les linéaires. Cela veut dire, éviter au client fainéant qui passe sa vie devant des écrans à jouer et à se contenter de ne développer que des réactions rapides alors qu'il devrait prendre un peu de temps pour chercher et découvrir. Sauf que ces deux attitudes sont incompatibles. Vous ne ferez pas venir un adolescent qui préfère jouer et seulement jouer plutôt que se cultiver avec des paillettes dans une librairie. Le temps qu'il doit prendre pour lire, il ne le prendra pas. On ne vend pas de livres à des personnes qui ne veulent pas en lire.

Enfin, l'ouvrage en "facing", ça prend de la place et les librairies ne sont pas extensibles. Les libraires privilégient cette présentation pour les nouveautés. Mais un livre n'est pas toujours une nouveauté. Un succès de librairie non plus et une nouveauté ne veut pas dire une idée neuve. Un livre existe aussi parce qu'il reste dans les rayons des librairies, parce que lorsqu'un libraire ne l'a plus en rayon, il le re-commande. Si un titre disparaît d'un rayon, alors, c'est qu'il est (dans le meilleur des cas) épuisé et en cours de réimpression ou (dans le pire des cas) mort. Mais si un livre qui a été écrit il y a deux cents ans se vend encore, se lit encore comme s'il venait de paraître, alors là oui, c'est vraiment un livre qu'il faut lire ou avoir lu. Et celui-ci, pas besoin de "facing" pour le faire exister.

f*

koinsky

28/05/2018 à 10:43

Pourquoi ne pas faire sortir la littérature du papier ou des liseuses numériques. La littérature n'a pas besoin d'être confinée dans un livre. Les rappeurs l'ont compris. Les cinéastes et autres showrunners aussi. Le livre audio est une piste. Il y en a tant d'autres.

f*Parme

28/05/2018 à 12:02

L'Odyssée d'Homère ne va pas disparaître parce qu'on a inventé le rap. Mais le rappeur qui chante l'Odyssée disparaîtra avant Homère. Le livre est un objet réel indépendant de ses interprétations.

f*

koinsky

28/05/2018 à 14:16

Disparaître non, mais s'effacer de nos mémoires à force de n'être plus lu ...

Le rappeur disparaîtra mais son rap transmettra l'Odyssée dans les faubourgs de Nairobi,de Niamey ou du cap, faisant perdurer et vivre ce récit. L'Odyssée c'est un voyage, pas un objet livre. Le livre n'est que le bateau du voyage. Le rap en est un autre, de bateau. Le voyage est indépendant des bateaux qui le portent. On peut en inventer et en construire d'autres, de bateaux, de nombreux, avec de l'encre sympathique ou antipathique. L'Odyssée est un bâton de relais. Tant qu'il y a des relayeurs, elle vit et prend la mer...

f*Parme

28/05/2018 à 14:23

Et puisque vous parlez d'eau, même si l'air change et changera, le texte de l'Odyssée reste et restera la source.
Bonne journée à vous,

f*

Salvador Garzón

27/05/2018 à 16:23

:-) :-) :-)
Super article, diffuseur des livres depuis des décades, je trouve l'analyses très brillant de la chaine du livre. Avec des libraires comme vous, le livre continuera à nourrir l'humanité.
MERCI
Salvador

Gabriel Hernandez

28/05/2018 à 19:38

Dites, m. garzón, êtes-vous cohérent?

VirZeMi

27/05/2018 à 18:27

FÉLICITATIONS pour votre article.

Très belle rénovation pour cette librairie, beaucoup d'idées, un look jeune et dynamique, qui donne envie d'aller vous voir.
On comprend bien à la lecture de l'article les ÉNORMES difficultés que rencontrent les librairies françaises à l'étranger.
Et je vous félicite pour avoir fait ce choix.
Il est indispensable que les pouvoirs politiques et financiers s'engagent concrètement sur les anomalies concurrentielles soulevées dans votre article, pour assurer la pérennité de ces lieux culturels indispensables au maintien de la littérature française à l'étranger.
UN GRAND MERCI pour votre engagement.

Gabriel Hernandez

28/05/2018 à 16:49

Article puissant de lucidité et de justesse.
L´éloignement aidant, il faut assombrir le tableau!

C´est en lisant les commentaires que je m´étonne.
Il y en a qui ont du culot.

Librairie Tiempos Futuros livres en francais à Bogota, Colombie.

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Patrick McSpare vient de faire paraître aux éditions Leha son dernier roman, Pré-Mortem. Ce passionné de mythologie celtique fait toujours naviguer ses univers entre un monde réel et des créatures fantastiques, pas toujours commodes. Dans ce livre, l’humanité tout entière apprend le jour précis de sa mort, lors de l’apparition de Banshees, le 31 octobre. Joyeux Hallloween…

02/04/2021, 09:43

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Juan Branco : “Il y a encore la possibilité d’une guerre civile dans ce pays”

ENTRETIEN — En 2018, Juan Branco publiait Crépuscule, un ouvrage qui mettait en lumière les puissances à l’œuvre derrière l’ascension d’Emmanuel Macron. Devenu un best-seller, le pamphlet avait accompagné l’élan révolutionnaire des Gilets jaunes. Aujourd’hui, l’avocat dissident publie un nouveau manifeste aux éditions Michel Lafon : Abattre l’Ennemi. Au sein de cette œuvre dont le titre annonce déjà la couleur, c’est une refonte totale de la politique française qui est proposée au lecteur « Ce livre est là pour aider ceux qui le souhaitent à rompre avec le système existant dans les mois et années à venir. »

 

31/03/2021, 15:27

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“Chaque traduction est une nouvelle traduction“, Nathalie Bauer

Assise à un ancien bureau en bois, une série de gravures raffinées derrière elle, une femme élégante répond avec affabilité et calme à nos questions. Il s'agit de Nathalie Bauer, l'une des plus célèbres traductrices de l'italien vers le français, avec plus de cent cinquante ouvrages à son actif. Sa passion pour la langue italienne est née à l'âge de quinze ans et s’est développée en autodidacte à l’aide d’un livre, L’italien en 90 leçons. Son travail a commencé par hasard, à une époque plus facile, où l’on pouvait encore faire de la traduction littéraire son seul métier.  Par Thea Rimini.

09/03/2021, 08:57

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Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

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Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier. Par Paolo Grossi.

01/03/2021, 09:10

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

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“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

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Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00

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Michèle Benbunan : avec Vivendi, Editis “est présent dans tous les univers médias”

« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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L'agence littéraire britannique Curtis Brown se tourne vers les auteurs français

EXCLUSIF – Curtis Brown est l’une des plus anciennes agences littéraires britanniques, fondée en 1899 par Albert Curtis Brown. Depuis, la structure a amplement dépassé le cadre de la représentation d’auteurs, pour déborder sur d’autres secteurs culturels. Francophones toutes deux, Roxane Edouard et Claire Nozieres, vont lancer un pont entre la perfide Albion et l’Hexagone. 

07/10/2020, 10:06

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Marc Levy : “Avec Facebook, Mark Zuckerberg est un Goebbels moderne”

ENTRETIEN – C’est arrivé la nuit, le dernier roman de Marc Levy, traite tout à la fois de manipulation des masses par l’extrême droite, de montée des populismes, de l’infox dispersée abondamment sur les réseaux sociaux… et du scandale de l’insuline. Un nouveau genre, qu’explore le romancier ? Pas tant que cela.

30/09/2020, 17:37

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Liban : regards croisés d'éditeurs, “l'édition est le secteur le plus affecté”

Sept éditeurs indépendants au Liban témoignent, dans une série d’interviews réalisées en partenariat avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, qui en assure également la traduction. Ces regards croisés permettent de mieux mesurer la situation où chacun se trouve. ActuaLitté propose ce document inédit en exclusivité.

29/09/2020, 14:42

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Stéphane Bern : “Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques ”

Il n’est pas homme à polémiques, pas plus que politicien. Mais attaqué sur « une regrettable maladresse », Stéphane Bern sort de sa réserve. « Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques », indique-t-il à ActuaLitté. Qu’on se le tienne pour dit.

21/09/2020, 07:15

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Et si la librairie de demain était coopérative, mutualiste, écocitoyenne ?

Deux années pour que le projet voie finalement le jour en 2021. La librairie Gibert Joseph du IIe arrondissement de Paris changera bientôt de mains, autant que de perspective. Un projet de Scop se met en place avec pour nom la coopérative des idées, porté par Renny Aupetit.

16/09/2020, 18:30

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Prévenir les catastrophes patrimoniales : “Le temps et l'argent se font rares”

Plusieurs catastrophes patrimoniales de grande envergure, notamment l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ont dernièrement attiré l'attention médiatique et suscité l'émotion populaire. Mais ces événements sont malheureusement assez fréquents : le Groupe d'Aide en cas de Sinistre Patrimonial (GASP), en Normandie, apporte ressources et aides pour prévenir ou limiter ces catastrophes. Anthony Zurawski, chargé de mission au sein de La Fabrique de patrimoines, revient sur les activités du GASP.

03/09/2020, 11:57

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De la plantation à la fabrication de papier : ouverture d’une ferme papetière

Papetiers d’art depuis plus de cinq ans, Laurence et Bruno Pasdeloup se sont lancés dans une nouvelle aventure : ouvrir leur papeterie paysanne. Située dans le hameau de Puyberaud (Creuse), la propriété de près d’un hectare leur permettra de cultiver leurs propres matières premières et d’accueillir collaborateurs et curieux, souhaitant mettre « la main à la pâte ». 

26/08/2020, 14:18

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Île Maurice : la crise Covid a multiplié les “entraves à la liberté d’expression”

Éditrice et fondatrice de la maison Atelier des nomades, à l’ile Maurice, Corinne Fleury raconte l’incidence de la crise sanitaire sur son métier. Après 10 années de parutions, avec son conjoint Anthony Vallet, la réalité devient complexe. Et comme on le constate, l’un des enjeux actuels est celui des atteintes aux libertés d’éditer... qui sont malmenées. 

19/08/2020, 11:19

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La Gazette du Sorcier, deux décennies avec Harry Potter

Animer un site web consacré à une seule œuvre témoigne d'une certaine constance, et le faire pendant vingt ans, d'une passion dévorante. La Gazette du Sorcier, un des principaux sites francophones consacrés à Harry Potter, célèbre en 2020 deux décennies d'informations et de créations autour de l'univers créé par J.K. Rowling. 

17/08/2020, 10:33

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Bob Morane, ou l'ombre jaune de Roselyne Bachelot

Une nouvelle fois, le cabinet de la ministre fait grincer des dents. Ou bien faut-il considérer que l’année de la BD étant close, tout ce qui touche au 9e art se relaie à l’arrière-plan ? Henri Vernes ne méritait pas même un tweet, service de communication ministérielle a minima ? Non, manifestement non. Parce qu’en effet, Bob Morane n’a pas vraiment l’ampleur ni la présence justifiant que l’on se fende d’un hommage, même concis. Et puis, ce sont les vacances, pas question de faire du zèle ?

28/07/2021, 12:27

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Le Pass sanitaire : “Bombe à fragmentation pour la lecture publique”

Déjà préoccupés depuis la publication du décret d’application, les établissements de lecture publique s’inquiètent plus encore de voir la législation poindre. L’accord trouvé par la Commission mixte paritaire sur le projet de loi sanitaire laisse planer plus d’inquiétudes encore. L’interassociation des bibliothèques et bibliothécaires diffuse un message d’alerte, ici reproduit dans son intégralité.

26/07/2021, 18:44

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“Je voudrais que l’oral fasse suer l’écrit”, Gilles Defacque

Voilà maintenant un mois que le ministère de la Culture a annoncé le départ de Gilles Defacque de la direction du Prato, pôle national du cirque de Lille. Remplacé par Célia Deliau, directrice du Cirque Jules Verne, pôle national du cirque d’Amiens, depuis 2016, c’est une page qui se tourne. Départ dans cette bibliothèque peu commune, celle du metteur en scène, clown, poète, Gilles Defacque.

26/07/2021, 12:18

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La loi Climat et résilience briderait inutilement “l’activité de l’industrie papetière”

La « Convention citoyenne pour le climat » est, depuis sa création, présentée comme un moyen pour accélérer la lutte contre le changement climatique. LObjectif premier : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, partout en France. Bien qu’engagée dans cet effort vers une industrie plus « verte », l’Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses a exprimé ses inquiétudes. Nous publions ici leur réaction dans son intégralité.

22/07/2021, 13:17

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Un procès insensé : “L’Internet Archive a un cœur, et sait s’en servir”

Lorsque j'ai entendu parler des poursuites judiciaires pour non-respect du droit d’auteur intentées le 1er juin 2020 aux États-Unis par quatre grands éditeurs (Hachette, Penguin Random House, Wiley, HarperCollins) à l’Internet Archive pour son Open Library, et ce en pleine pandémie, je n’arrivais pas à y croire. Et ce mauvais rêve se transforme en cauchemar puisqu'un procès retentissant doit débuter le 12 novembre 2021.

22/07/2021, 10:42

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Maroc : le procès Radi et Stitou dévoile “une gouvernance par la terreur”

Reporters Sans Frontières parlent d’un « procès de la honte » après que le verdict ait été rendu : la justice marocaine condamne Omar Radi et Imad Stitou au terme d’une « procédure entachée d’irrégularité ». Accusés de viol, d’espionnage ou encore de non-dénonciation d’un crime, la cour de Casablanca n’a pas fait dans la demi-mesure. Jean-Philippe Domecq, Président au PEN Club français du Comité des écrivains persécutés livre ici un texte pétri d’indignation.

21/07/2021, 14:53

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Aux auteurs biélorusses, “nous redisons notre admiration” (Pen Club français)

Les citoyens, militants de la démocratie et auteurs biélorusses viennent de subir une nouvelle vague répressive, en Biélorussie. Sur ordre du président Alexandre Loukachenko, plusieurs centaines d'organisations non gouvernementales ont été visées par des perquisitions, le 14 juillet dernier. Parmi celles-ci, l'Union des écrivains biélorusses et le Pen Club local. Le Pen Club français exprime sa solidarité, dans nos colonnes.

19/07/2021, 09:47

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Les auteurs existent-ils vraiment ?

Avons-nous réellement progressé depuis le bureau de législation dramatique par Beaumarchais, précurseur de la Sacd ou de la Sacem ? Nous en sommes toujours à « Compose Le Boléro ou Born to be alive… scénarise un block-buster… Sois téléchargé un million de fois ou tais-toi ! » ! par Olivier Cohen, membre du conseil syndical de la Ligue des auteurs professionnels.

15/07/2021, 12:23

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Brewster Kahle, archiviste ultra

PORTRAIT – Bientôt au cœur d'un tonitruant procès intenté par quatre grands groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive célèbre, en 2021, ses 25 ans. Depuis 1996, elle abrite des sauvegardes du web mondial, mais aussi des exemplaires numériques de films, enregistrements audio, jeux vidéo, journaux ou encore livres. Portrait du bâtisseur de cette bibliothèque d'Alexandrie, Brewster Kahle.

14/07/2021, 14:53

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“Nous sommes des centaines, chaque année, à rencontrer élèves et étudiants”

La Maison des écrivains est soutenue par les auteurs et les autrices qui la font vivre, qui travaillent avec son équipe au quotidien, et qui rencontrent, avec elle, leurs lecteurs, notamment grâce aux actions importantes, uniques au plan national, que conduit la Maison pour l'éducation artistique et culturelle. Une lettre ouverte au Président de la République le rappelle au moment où celui-ci vient, ce 17 juin, de déclarer vouloir faire de la lecture une grande cause nationale.

14/07/2021, 09:23

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“40 ans après la loi Lang, c’est toute la chaîne du livre qu’il faut securiser”

Parce qu'un peu d'histoire ne fait jamais de mal, surtout à une époque de contre-vérités rapidement disséminées, Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise nous propose un retour dans le temps. Et de ramener de ce voyage quelques éléments pour éclairer le présent. Voire, qui sait : trouver des perspectives pour consolider la chaîne du livre dans son ensemble.  

10/07/2021, 10:14

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“En réalité, Milan Kundera écrivait déjà en français dans ses romans tchèques”

Paru en italien en 2013, puis aux éditions Gallimard en avril 2014, La fête de l’insignifiance fait désormais l’objet d’une édition en tchèque. Anna Kareninová — traductrice éminente et reconnue — a la responsabilité de rendre les textes de Milan Kundera en tchèque. Elle signe également la postface de cette édition (dans une traduction opérée par Anna Kubišta). Les éditions Atlantis, qui ont publié ce livre en 2020, nous offrent ainsi un regard inédit, personnel et complexe sur le travail même de traduction.

06/07/2021, 13:50

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La littérature, cet outil de connaissance

Le PEN Club, au carrefour international des cultures, est de ce fait bien placé pour constater que la littérature est au croisement de la création et de la connaissance. Ayant pour mission fondatrice la défense de la liberté d’expression et celle-ci n’étant pas divisible, le réseau solidaire des PEN Clubs nationaux a à connaître et faire connaître toute forme d’expression qui est opprimée parce qu’elle porte l’émancipation, la pensée mobile, donc critique, et les mutations de la sensibilité — autant dire : la littérature. Par Jean-Philippe Domecq.

06/07/2021, 10:07

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Le livre numérique, 50 ans d'existence et de lectures

Il fut le compagnon des lecteurs, au cours de cette année pandémique 2020, certains en ont découvert les vertus, par l’offre gratuite et libre de droit, d’autres le coût avec des titres plus récents. Mais le livre numérique, ou ebook, n’est pas ce jeune premier que la presse présente depuis quelques années. Voilà désormais 50 ans que ce format se construit, évolue, à travers les progrès technologiques et les investissements d’entreprises. Bon anniversaire, petit cinquantenaire.

03/07/2021, 11:35

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Des éditions collector de mangas victimes de la spéculation

Depuis le début de l'année 2021, le manga bat tous les records de vente dans les librairies françaises. Pour entretenir l'engouement et s'assurer la fidélité d'un public qui pourrait se contenter de versions numériques, voire de scans illégaux, les éditeurs n'hésitent pas à publier des versions collector, en quantité limitée. Maisons d'édition et libraires ne peuvent toutefois que constater le développement d'un marché parallèle, où la revente se fait au prix d'une intense spéculation.

02/07/2021, 13:23

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Histoire de l’ebook #17 - Les grandes dates du Projet Gutenberg

« Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes œuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d’enseignement. » (Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg et père de l’ebook)

02/07/2021, 09:21

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Feel good books ? “Est-ce que Sagan, Duras, écrivaient pour faire du bien ?”

Écrire ne m'a jamais fait manger.J'ai fait ce que l'on appelle délicatement des "succès d'estime", ce qui veut dire que je n'ai eu aucune critique négative - quelle chance !-  mais que mes livres se sont vendus au mieux à 2000 ex. Tout cela en étant publiée par de belles maisons. Par Cathy Galliegue.

01/07/2021, 09:09

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Histoire de l’ebook #15 - Un hommage aux bibliothécaires

Le/la bibliothécaire a toujours eu un rôle charnière dans le monde du livre, y compris numérique. Les bibliothèques sont largement couvertes par les médias, mais qu’en est-il de ceux et celles qui les font fonctionner ? Une première version de ce texte fut publiée dans ActuaLitté en 2016. Voici aujourd'hui une version revue et actualisée pour inclure les ultimes développements de la profession. L’auteure fut elle-même bibliothécaire avant d’être traductrice.

30/06/2021, 10:29

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Histoire de l’ebook #14 - L’ebook vu par quelques pionniers

Voici le sentiment de plusieurs pionniers du livre numérique interviewés par courriel au fil des ans pour mes articles et livres sur le sujet: Michael Hart (Projet Gutenberg), John Mark Ockerbloom (The Online Book Page), Robert Beard (A Web of Online Dictionaries), Jean-Paul (Cotres.net), Nicolas Pewny (Le Choucas), Marc Autret (Indiscripts), Pierre Schweitzer (@folio), Denis Zwirn (Numilog) et Henri “Henk” Slettenhaar (Silicon Valley Association).

29/06/2021, 09:23

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Amis auteurs, “ne nous trompons pas de combat”

Avant même le rapport Racine, remis en janvier 2020 au ministre de la Culture, qui reconnaissait la paupérisation des artistes-auteurs, ces derniers alertaient sur une baisse de leurs revenus et une dégradation de leurs conditions de travail et de vie. Selon Paola Appelius, traductrice littéraire et présidente de l'Association des traducteurs littéraires de France, les préoccupations ont été entendues, et le travail d'amélioration a bel et bien commencé. Nous reproduisons ci-dessous sa lettre ouverte aux auteurs.

29/06/2021, 09:04

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Histoire de l’ebook #13 - L'Internet Archive, une bibliothèque planétaire

L’Internet Archive est fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie) pour préserver un historique de l’internet. D'abord « bibliothèque de l’internet » avec la Wayback Machine, qui permet de voir l’évolution d’un site web depuis 1996, elle devient ensuite « une bibliothèque numérique à but non lucratif destinée à procurer un accès universel au savoir humain ». Elle propose deux millions de livres numérisés en mars 2010. Dix ans plus tard, elle est la plus grande bibliothèque numérique publique mondiale.

28/06/2021, 09:32

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Rentrée littéraire : la critique, le lecteur, le libraire et le quatre-quart

Encore deux mois de patience avant de trouver sur les tables de librairies, dans les dossiers ventrus de la presse, les titres de la prochaine rentrée littéraire. Alors parleront auteurs, éditeurs, journalistes, parfois quelques lecteurs dont la notoriété médiatique fera croire à une influence réelle sur les envies mouvantes des lecteurs. Qui mieux qu'un libraire, artisan besogneux de cette grand'messe dont il ne retirera lui-même ni lauriers ni couronne, pour poser un regard distancié, frondeur, amusé, bienveillant sur ce rituel que d'aucuns conspuent à loisir, avant que de s'y sacrifier ?

27/06/2021, 11:04

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Histoire de l’ebook #12 - De Google Print à Google Books

Google lance Google Print en mai 2005 en partenariat avec des éditeurs et des bibliothèques, puis le suspend trois mois plus tard suite à un conflit avec les associations américaines d'auteurs et d'éditeurs. Le programme reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres) et numérise les milliers de livres de bibliothèques partenaires. Mais Google continue de numériser des livres sous droits sans l'autorisation préalable des ayants droit, et le conflit se poursuit. Après une longue saga judiciaire de près de dix ans, la justice américaine tranche en octobre 2015 en faveur de Google.

27/06/2021, 10:34

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Histoire de l’ebook #11 - La licence Creative Commons

Créée en 2001 à l'initiative de Lawrence “Larry” Lessig, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la diffusion et la réutilisation d'œuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. De nombreux auteurs et autres créateurs souhaitent en effet utiliser le réseau de diffusion qu’offre l’internet tout en contrôlant les droits sur leurs œuvres, mais le copyright traditionnel leur semble trop restrictif. Creative Commons fête ses 20 ans en juin 2021 avec 2 milliards d’œuvres sous licence Creative Commons.

25/06/2021, 09:58

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Histoire de l'ebook #10 - Wikipédia, une encyclopédie planétaire

Lancée en janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia est une encyclopédie gratuite en ligne écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Rédigés par des milliers de volontaires dans des dizaines de langues, les articles et les illustrations restent la propriété de leurs auteurs. Leur libre utilisation est régie par la licence GFDL puis par la licence Creative Commons. Wikipédia comprend 17 millions d’articles dans 270 langues en 2011, avec 400 millions de visiteurs par mois. D'autres encyclopédies collaboratives suivent, par exemple l’Encyclopedia of Life.

24/06/2021, 09:42

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Chris Ware : “Aux États-Unis, la BD n'est même pas considérée comme un art”

Grand Prix de la ville d'Angoulême 2021, l'auteur américain Chris Ware rejoint un panthéon qui réunit déjà Emmanuel Guibert, Rumiko Takahashi, Katsuhiro Ōtomo, Art Spiegelman ou encore François Schuiten. Dans une lettre reproduite ci-dessous, il salue l'affection et la déférence que la France consacre au 9e art.

23/06/2021, 10:28

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Histoire de l’ebook #9 - L’EPUB devient le format standard

Le format EPUB succède au format OeB (Open eBook) en avril 2005 en tant que standard du livre numérique et supplante peu à peu le format pionnier PDF. « Totalement différent du PDF, le format EPUB permet d’afficher un texte ajusté au tout dernier moment en fonction de l’écran et des choix du lecteur au moment précis de la lecture. Plusieurs applications permettent de créer un fichier EPUB directement, dont des logiciels libres. La plupart des liseuses sont compatibles avec le format EPUB. » (Nicolas Pewny, consultant en édition électronique)

23/06/2021, 09:27

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Histoire de l’ebook #8 - Premières expériences d’auteurs de best-sellers

Le maître du suspense américain Stephen King est le premier auteur de best-sellers à se lancer dans l’aventure numérique en 2000, malgré les risques commerciaux encourus. Il autopublie un roman épistolaire inédit en plusieurs épisodes sur un site web créé à cet effet, avec un résultat mitigé, avant de nouvelles expériences avec son éditeur. D'autres auteurs de best-sellers tentent eux aussi l’aventure numérique avec leurs éditeurs, par exemple Frederick Forsyth en Grande-Bretagne, Arturo Pérez-Reverte en Espagne et Paulo Coelho au Brésil.

22/06/2021, 10:05

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Queenie, histoire d'une gangster venue de Martinique, pour conquérir Harlem

Stephanie Saint-Clair. Avec un nom pareil, elle aurait pu faire du music-hall. Et d’une certaine manière, elle fut la reine de la nuit. Au cœur de Harlem, elle devint Queenie, cheffe de gang respectée au sein de Harlem : protectrice d’une communauté noire contre les policiers — déjà ! —, elle mena tambour battant une carrière dans la loterie clandestine. Nous sommes en 1933, la prohibition a pris fin, et cette Martiniquaise, ayant migré une vingtaine d’années plus tôt à New York affronte la mafia italienne, regardant les hommes droit dans les yeux. Queenie, plus qu’une gangster généreuse : un symbole.

22/06/2021, 08:05

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Histoire de l’ebook #7 - Premiers dictionnaires et encyclopédies en ligne

Disponibles en ligne au tournant du millénaire, les premiers dictionnaires et encyclopédies de référence émanent de versions imprimées, par exemple le Dictionnaire universel francophone (Hachette), WebEncyclo (Atlas) ou encore le site de l’Encyclopaedia Universalis. Suivent des outils de référence conçus directement pour le web, par exemple le Grand dictionnaire terminologique (GDT) du Québec et WordReference.com. Wikipédia fera l’objet d’un article spécifique.

21/06/2021, 09:28

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Italie et France : le livre en partage

Les liens qui rattachent la France et l’Italie se mesurent autant à la passion dévorante dont témoignait Stendhal qu’aux centaines de lecteurs venus à Turin, en 2017, assister à une rencontre avec Daniel Pennac. Dans les allées du Salon du livre, une file d’attente colossale, impatiente, témoignait d’une authentique ferveur.

21/06/2021, 09:00

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Histoire de l’ebook #6  - E Ink, une technologie d'encre électronique

Les recherches sur l’encre électronique débutent à la fin des années 1990 au sein de la société E Ink pour offrir un meilleur écran aux liseuses en attendant le papier électronique. E Ink présente le prototype de son écran en 2002 et le commercialise en 2004. Un projet un peu différent est la technologie Gyricon développée par Xerox. Radicalement novateur lui aussi dans un domaine connexe, le projet @folio voit le jour en France dès 1996 mais reste malheureusement à l’état de prototype faute de soutien financier.

19/06/2021, 11:19

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La lecture dans les établissements de santé, “espace d’intimité, d’évasion, de liberté”

La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) s'engage dans une vaste opération de rapprochement entre les professionnels de la santé et ceux de la lecture publique, pour multiplier les projets culturels autour du livre et de la lecture dans les établissements de santé. Nous reproduisons ci-dessous le plaidoyer de la fédération, destiné à convaincre de l'importance cruciale de la lecture dans le parcours de soins.

18/06/2021, 15:06

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Histoire de l'ebook #5 - Les premières liseuses    

Sans surprise, les premières liseuses voient le jour dans la Silicon Valley, terre des projets technologiques les plus fous, avec les fonds nécessaires pour les développer. Ces liseuses sont le Rocket eBook (de NuvoMedia) et le SoftBook Reader (de SoftBook Press), qui virent le jour en 1998. D'autres modèles suivent, par exemple le Gemstar eBook (de Gemstar) en 2000, le LIBRIe (de Sony) en 2004, le Cybook Gen2 (de Bookeen) à la même date, le Sony Reader (de Sony) en 2006, le Kindle (d'Amazon) en 2007, le Nook (de Barnes & Noble) en 2009 et l'iPad (d'Apple) en 2010. 

 

18/06/2021, 11:31

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Histoire de l'ebook #4 - Du PDA au smartphone

En 2001, la liseuse n’a pas encore gagné son pari. On compte 17 millions de PDA (Personal Digital Assistants) dans le monde pour seulement 100.000 liseuses, d'après un Seybold Report publié en avril 2001. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001, dont le Palm Pilot (lancé en mars 1996) et le Pocket PC de Microsoft (lancé en mars 2000). En 2005, le PDA laisse progressivement la place au smartphone. L’iPhone d’Apple (lancé en juin 2007) devient le produit phare de toute une génération.

17/06/2021, 09:43

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19