Au moment même où l’Europe envisage de légiférer sur un statut professionnel pour les auteurs, incluant notamment de meilleures rémunérations et une lutte contre les contrats abusifs, le Syndicat national de l’édition a publié une enquête sur « le partage de la valeur entre auteurs et éditeurs ». Or, la présentation des données a révélé un biais tel qu’il laisse entendre que les éditeurs sont moins bien payés que les auteurs. La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse réagit dans les colonnes de ActuaLitté.
Le 04/02/2024 à 10:15 par Nicolas Gary
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04/02/2024 à 10:15
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Le camembert de l’étude KPMG s’interprétait assez tristement : pour un peu, les droits d’auteurs provoqueraient la ruine des maisons d’édition quand ces dernières ne conserveraient rien de la valeur produite par la commercialisation de livres.

De fait, avait noté ActuaLitté, le SNE établit la liste des dépenses des structures, en omettant soigneusement de préciser que ces dernières ont d’abord engrangé l’argent pour les effectuer.
À LIRE - Calculatrice en main, le syndicat des éditeurs compte trop bien
A contrario, autrices et auteurs ne se voyaient accorder aucun frais : une méthodologie calamiteuse que nous justifiait le Syndicat en arguant : « Nous n’avions pas les données. »
La Charte est la première organisation d'autrices et d'auteurs à réagir à cette étude. Leur réponse au SNE est ici diffusée en intégralité.
« Les éditeurs disent gagner moins que les auteurs » C’est le titre de l’article du Monde paru ce 1er février qui a suscité une vague d’indignation bien légitime auprès des auteurs et autrices.
Dans un timing qui pose question au moment où les organisations professionnelles d’auteurs et autrices militent au niveau européen pour une rémunération appropriée et un véritable statut, le Syndicat national de l’édition communique une étude commanditée par ses soins au cabinet KPMG. L’orientation des résultats et la communication autour de cette étude sidèrent : nous aurions enfin la vérité sur le « partage de la valeur » entre auteurs et éditeurs.
Tandis que l’étude analyse les coûts et frais des maisons d’édition dans le détail, elle met en regard une catégorie « droits d’auteur » qui s’élèverait à 24,8 % : « Un quart du chiffre d’affaires des éditeurs revient aux auteurs », nous assure-t-on.
Le journal Le Monde lui-même prend des pincettes avec cette étude. « Les auteurs français vivants et en activité ne sont pas des « droits d’auteur » ! », s'étrangle La Charte.
« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Albert Camus. Le premier biais de cette étude est d’assimiler une catégorie floue « les auteurs », sous-entendant donc les auteurs français en activité, aux « droits d’auteur ».
Derrière cette appellation fourre-tout, on trouve pêle-mêle :
– Les redevances versées aux auteurs et autrices français une fois l’à-valoir amorti
– Les à-valoir versés aux auteurs et autrices français
– Les droits d’auteur versés à des éditeurs, les directeurs de collection (pour contourner les cotisations sociales)
– Les droits d’auteur versés dans le cadre de traduction de livres étrangers
– Les droits de gestion collective
– Les cessions de droits pour des auteurs et autrices étrangers
– Les redevances versées à des ayants droit d’auteurs et autrices décédés,
et la liste n’est pas terminée !
Et payent des cotisations et ont des frais ! Le raisonnement de l’étude est de mettre en regard toutes les charges de ces entreprises avec les droits d’auteur versés.
À LIRE - Statut européen des artistes-auteurs : “C'est un nouvel espoir”
Problème majeur : en plus de mélanger des choux et des carottes, l’étude part du principe que ces rémunérations sont exemptes de tous les prélèvements incompressibles (cotisations sociales, impôts…), mais aussi que les auteurs et autrices ne font eux-mêmes aucun investissement pour toucher ces rémunérations (matériel, recherches, location de bureaux, etc.).
En résumé, selon cette étude du SNE, les auteurs et autrices ne sont pas des corps, pas des professionnels en activité, mais une catégorie très floue de « droits d’auteur versés ».
On se rend compte qu’en réalité, elle prouve toute autre chose… Le problème majeur est la communication autour de l’étude, car après quelques calculs, on mesure que les droits d’auteur représentent 25 % du chiffre d’affaires.
Autrement dit, TOUS les auteurs et les autres catégories précédemment citées se partagent cette rémunération. Prenons un exemple très réaliste : une très grande maison d’édition a publié au cours des 50 dernières années 1000 auteurs, cela fait donc en moyenne… 0,025 du chiffre d’affaires pour chacun !
Pour établir une simple analogie, cela revient à ce que le patron d’une entreprise dise : « Hey, mais mes employés gagnent plus que moi, regardez le montant total des salaires versés ! » Et les salariés répondraient : « Euh oui, mais nous sommes 1000 à nous partager ce montant ! ».
Nommer « éditeurs » des grands groupes au chiffre d’affaires aux milliards d’euros n’illustre pas la réalité. Les éditeurs et éditrices sont souvent nos interlocuteurs pour le suivi éditorial de nos ouvrages, ce sont des salariés dont les conditions de rémunération ne sont souvent d’ailleurs pas à la hauteur de leur investissement.
Les grands groupes éditoriaux sont des holdings à la fiscalité bien étudiée, comprenant des filiales bien organisées. Également, l’étude fait fort pratiquement abstraction du fait que les grands groupes éditoriaux possèdent eux-mêmes leur propre circuit de diffusion-distribution, dont les résultats remontent donc dans le groupe.
La Charte précise qu’elle opère une nette différence entre la parole du SNE et celle de nos interlocuteurs au quotidien. Nous savons d’ailleurs que nombre d’éditeurs et éditrices disent tout bas se désolidariser de la communication autour de cette étude : qu’ils le fassent à voix haute.
La Charte rappelle et rappellera toujours qu’écrire, dessiner, créer des œuvres est un travail. Que les auteurs et autrices que nous défendons sont des professionnels bien vivants, en activité. Et qu’il est temps que la chaîne du livre nous reconnaisse comme tels.
Nous vous tiendrons informés de la suite que nous donnerons à la parution de cette étude.
Ndlr : Il importe de se référer, pour mieux mesurer le périmètre et donc la justesse de l'étude, à l'échantillon qui a servi à obtenir les données. Comme l'a indiqué le SNE à ActuaLitté, elles émanent des DAF des répondants – Direction des affaires financières – un service qui n'existe évidemment pas dans toutes les entreprises.
En outre, comme le souligne Thomas Fouchault : « L'étude a été menée sur les comptes sociaux définitifs de 2022 des principaux groupes éditoriaux, représentant 29,2% du marché dans les secteurs étudiés. Les pratiques des petites et moyennes ME indépendantes ne sont donc pas étudiées. »
« Ensuite, l'étude se concentre sur 5 secteurs : litt générale, pratique, jeunesse, BD et art. Ceux-ci représentent 68,5% du marché du livre total. Les livres scolaires/pro, dicos, cartes sont écartés, comme les mangas (50% du CA de la BD, mais reposant sur le rachat de droits). 29,2% de 68,5% du marché du livre total en France, ça ne fait pas beaucoup. Gardons donc à l'esprit que c'est l'étude sur le partage de la valeur entre auteurs et principaux groupes éditoriaux dans les principaux secteurs du livre. »
Crédits photo : Kyaw Tun / Unsplash
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
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05/12/2025, 12:32
Lorsqu’Henri Fellner raconte son premier jour à l’AGESSA, pour préparer sa retraite, il est presque soulagé de « faire les choses dans les règles ». Il vient d’entrer dans le monde professionnel par la grande porte : des collaborations avec Bayard, des dessins publiés dans des journaux sérieux, un environnement éditorial structuré. Bref, le scénario idéal pour un artiste de bonne volonté. Pourtant, la scène qui se déroule ce jour-là est d’une absurdité glaçante.
05/12/2025, 10:38
Dans le cadre de sa série d’entretiens avec les auteur·ices engagé·es auprès de Lire et faire lire, ActuaLitté a échangé avec Hajar Azell, autrice des romans Le sens de la fuite et L’envers de l’été, membre du comité de soutien de l’association. Elle revient sur son lien à la lecture à voix haute, l’importance de la transmission et du rapport intergénérationnel, ainsi que sur les livres qu’elle aimerait partager avec les enfants et les adolescent·es.
04/12/2025, 09:27
Le dimanche 16 novembre dernier se déroulait la braderie de la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL), un rendez-vous annuel depuis trois ans où, cette année, 25.000 livres, CD, vinyles et albums, 441 boîtes-livres et jeux étaient proposés à des prix allant de 1 à 5 €. Le franc succès rencontré par l'événement, qui a attiré au total 3700 visiteurs, contre 2500 l'année dernière, n'est pas un cas isolé.
03/12/2025, 16:42
Avec l'opération « 50 livres pour le plaisir », le Centre national du livre et le ministère de la Culture souhaitent rapprocher les ouvrages de la jeunesse, pour promouvoir la lecture, en fournissant des bibliothèques « clé en main » à 250 centres de loisirs. Sophie Van der Linden, critique spécialiste de la littérature jeunesse et romancière, a constitué la sélection de 50 titres avec sa collègue Raphaële Botte, journaliste en charge de la littérature jeunesse pour Télérama. Elle répond à nos questions sur ce dispositif, son approche et ses objectifs.
03/12/2025, 12:52
Dans le cadre de sa série d’entretiens avec les auteur·ices engagé·es auprès de Lire et faire lire, ActuaLitté a échangé avec la Prix de Flore 2022, Joffrine Donnadieu, membre du comité de soutien de l’association. Elle suit de près le travail mené par les bénévoles et les équipes éducatives, convaincue de l’importance de cette action autour du livre et du lien intergénérationnel.
03/12/2025, 12:45
Pandora Hearts, l’incontournable shōjo fantastique de Jun Mochizuki, bien que terminé depuis dix ans, s’offre une adaptation en comédie musicale jouée avec un réel succès à Tokyo en ce mois de novembre. Ce format chanté, en direct sur scène, connaît un succès croissant au Japon, où de plus en plus de succès éditoriaux se retrouvent interprétés par des acteurs-chanteurs cosplayés à la perfection. Reportage à Tokyo.
02/12/2025, 09:50
Avec Brittany, publié au Vent des Îles dans une traduction de Lise Garond, Larissa Behrendt entraîne ses héroïnes dans un road-trip littéraire en Angleterre qui vire, peu à peu, au face-à-face implacable avec l’héritage colonial. Entre disparition d’enfant, racisme systémique et choc des générations, l’autrice aborigène renverse le regard, fissure les certitudes et fait surgir les voix que l’histoire a tenté de faire taire.
01/12/2025, 18:05
En matière de BD et de science-fiction, difficile de faire plus mythique que Les Humanoïdes associés, maison d'édition fondée en 1974 par Moebius, Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Portée par le vaisseau Métal hurlant, revue qui a influencé des générations de créateurs, elle a connu une existence mouvementée, faite de succès historiques et d'échecs tout aussi retentissants. Le dernier en date, en 2025, a tout emporté sur son passage.
01/12/2025, 12:25
TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 4. J’ai donc sauté dans le terrier du lapin blanc. C’est étonnant : aucune poussière magique ne tapisse le hall d’entrée. Juste une épaisse moquette au sol, de grossiers néons et ce brouhaha. Bienvenue au Salon du livre, vestibule officiel du Purgatoire.
29/11/2025, 15:16
Cette année-là, tout s’est mis à trembler. L’Europe se crispe comme une bête acculée. L’Allemagne d’Adolphe Hitler transforme la haine en ministère, et en France, le 6 février manque de renverser la République. Les ligues d’extrême droite déferlent sur la Concorde, veulent déborder la Chambre, les tirs claquent : quinze morts, des centaines de blessés. Le pays comprend soudain que le coup d’État n’est plus un fantasme, mais un film déjà storyboardé, presque tourné. Par Ilios Chailly.
28/11/2025, 19:05
Stanisław Ignacy Witkiewicz, dit Witkacy (1885-1939) est un « génie multiple » selon les mots d’Alain van Crugten. Peintre, dramaturge, romancier, photographe, mais aussi théoricien, il n’a cessé de penser l’art en des termes radicaux : ni instrument moral, ni relais politique, ni traduction psychologique. Par Charles Garatynski.
28/11/2025, 18:44
Au collège de Saint-Laurent-en-Grandvaux, dans le Jura, la professeure documentaliste Sandrine Dougy accompagne 22 élèves dans une lecture chorale conçue avec l’auteur Sébastien Joanniez et la musicienne Laura Tejeda. Ensemble, ils font résonner la poésie de la page, pour en faire une expérience de voix, de souffle et de partage..
28/11/2025, 16:06
Voici le retour d'Elsa, notre libraire favorite, à la plume légère même au plus sérieux des sujets. Billet d'humeur d'une libraire, c'est sa chronique à retrouver dans les colonnes de ActuaLitté, par temps froid, pour se réchauffer. Et inversement.
28/11/2025, 09:07
Du 21 au 23 novembre 2025, le Salon L’Autre Livre a investi la Mairie du 5ᵉ, réunissant près d’une centaine de maisons d’édition. Un déplacement qui marque une ouverture plus large pour l’édition indépendante, décidée à maintenir un espace commun. Entre rencontres, lectures et échanges, les éditeurs ont souligné la vitalité et la solidarité d’un secteur toujours fragile.
27/11/2025, 16:22
Et si l'on explorait la nuit ? Longtemps, la nuit a existé en soi. Aujourd’hui, elle est vaincue, illuminée. Le noir est devenu clair-obscur. La technique ne suffit pas à expliquer ce passage civilisationnel. Coauteur avec Franck Rollier de Nuit. L’obscurité sous un jour nouveau - Une balade nocturne et mystérieuse dans la nature (éditions de Terran) Bernard Farinelli nous invite à ouvrir les yeux sur des richesses insoupçonnées.
27/11/2025, 09:00
Riche actualité au Palais de la Porte Dorée : pour la première fois, les prix littéraire et BD ont été remis en novembre, dans une nouvelle formule alignée sur le rythme éditorial, tandis que Constance Rivière est reconduite à la tête de l’établissement. Un festival littéraire est également en préparation pour l'automne 2026. À l’occasion de cette « saison » particulière, la directrice générale revient sur le sens de ces prix, les évolutions engagées et la manière dont le Palais entend demeurer un lieu de résistance culturelle, dans un contexte de crispation autour des questions migratoires.
26/11/2025, 17:31
À travers le témoignage de Fabienne Ferrut, bénévole aux Petites Fugues, se dessine la silhouette discrète de celles et ceux qui accompagnent les écrivains sur les routes de la région. Entre trajets matinaux, rencontres scolaires et soirées en bibliothèque, elle raconte les émotions imprévues et ces instants. Dans son regard attentif, la littérature devient un mouvement partagé, fragile et profondément humain.
25/11/2025, 12:49
PORTRAIT - Des lecteurs, des vrais, pour qui les ouvrages ne se résument pas à des fichiers – quand bien même ils les bichonnent. ActuaLitté a rencontré les équipes de Vivlio, pour découvrir leur Inoubliable. Cette semaine, au tour de David Dupré, le président exécutif, de se prêter au jeu.
25/11/2025, 09:42
13 Commentaires
Pierre la police
04/02/2024 à 13:14
Tout le monde sait bien que les éditeurs vivent comme des clochards, qu'ils n'ont même plus d'essence pour mettre dans leur SUV et se rendre à Deauville le weekend. C'est pour ça qu'ils publient de la New romance plutôt que pierre michon. A votre bon coeur, m'sieur dame !
Jean
04/02/2024 à 15:22
On ne peut que se demander qui a financé cette "étude" qui donnerait une attaque cardiaque à n'importe quel adepte de la rigueur et de la méthodologie. Est-ce en interne? Est-ce un cabinet extérieur, et si oui, lequel?
Bon, ne soyons pas trop durs. Il y a quand même un résultat très valide à tirer de cette "étude": il est 100% certain que le SNE a de l'argent à jeter par les fenêtres.
Arthur Magnus
05/02/2024 à 10:11
Bonjour Jean, vous posez la question : « On ne peut que se demander qui a financé cette "étude" qui donnerait une attaque cardiaque à n'importe quel adepte de la rigueur et de la méthodologie. Est-ce en interne? Est-ce un cabinet extérieur, et si oui, lequel? »
Il semblerait que, dans la réponse de la Charte reproduite en intégralité ici, la phrase « le Syndicat national de l’édition communique une étude commanditée par ses soins au cabinet KPMG » vous ait échappé.
L'information "étude réalisée par KPMG" était également dûment donnée (celle que l'étude avait été commanditée par le SNE était plus implicite) par Nicolas Gary dans son article de vendredi "Calculatrice en main, le syndicat des éditeurs compte trop bien" ( https://actualitte.com/article/115541/economie/calculatrice-en-main-le-syndicat-des-editeurs-compte-trop-bien )
Marco
04/02/2024 à 17:01
Jolie mise au point. Bravo !
Il faut bien retenir que les auteurs touchent en moyenne entre 5 et 12% du prix du livre HT. Disons que la moyenne se situe autour de 8%. Sur un livre à 10 euros HT, l'auteur perçoit 0,80 euros. S'ils sont deux (scénariste/dessinateur ; écrivain/illustrateur), c'est 0,40 euros chacun.
Les cotisations, c'est 15% en moins. Il reste donc 0,68 euros par livre vendu pour l'auteur (0,34 euros s'ils sont deux sur l'affaire).
Les ventes, maintenant. 1400 exemplaires en moyenne (GFK 2020).
Allez, on monte à 2000 et nous voici donc avec un auteur riche de 1360 euros (680 euros par tête de pipe pour le duo). Sachant que le chiffre d'affaire de ce livre à 10 euros HT est de 20000 euros, que les libraires et le diffuseur/distributeur en prennent la moitié, il reste encore 10000 euros à l'éditeur. Il doit payer la fabrication (30%)... il lui reste encore 7000 euros.
D'accord, il a encore d'autres frais (comme l'auteur). Mais peu importe. 1360 euros pour créer un livre, un récit, des images, ce n'est pas de la gourmandise ! Notre part du gâteau est très (trop) raisonnable.
L'idée de demander un minimum d'1 euro par livre vendu, quel qu'en soit le prix, comme droit d'auteur plancher, ne serait en rien scandaleuse. 2000 exemplaires vendu = 2000 euros de droits minimum (net après cotisation, soyons fous !).
Délaissons nos claviers et enfilons un gilet, je ne sais pas, moi, vert, bleu ou rouge, pour changer, et allons bloquer... quoi donc, d'ailleurs ? Pfff !
Jojo
05/02/2024 à 08:10
Dans la part de droits d'auteur, une partie peut aussi revenir aux éditeurs.
Par exemple, si un livre est adapté en série TV et que l'auteur avait cédé ces droits audiovisuels à son éditeur, les droits de diffusion versés par la SACD sont partagés entre l'auteur de l'ouvrage et son éditeur. Dans cette situation, l'éditeur est considéré comme co-auteur.
Les éditeurs importants sont aussi ceux qui ont le plus de titres adaptés en audiovisuel.
Il faudrait ventiler la partie "droits d'auteur" de cette étude pour savoir combien de % de ces droits reviennent aux éditeurs.
Eg39
05/02/2024 à 10:58
Si cette étude semble en effet bancale, il est exact que les éditeurs et éditrices indépendant.es (dont peu sont membres du SNE, vu le prix de la cotisation) sont très précarisé.es et que le risque financier repose essentiellement sur leurs épaules. Mais les opposer aux auteurs et autrices est stupide - ils et elles font toustes partie de la phase de création du livre. Il serait d'ailleurs utile qu'un dispositif d'appui cible cette fois ces acteurs et actrices de la chaîne du livre - très largement laissé.es pour compte des aides publiques.
Jojo
05/02/2024 à 11:41
"le risque financier repose essentiellement sur leurs épaules. "
Le risque financier repose également essentiellement sur les épaules des auteurs puisqu'un éditeur (petit ou gros) verse rarement une avance APPROPRIÉE au travail réel à fournir par l'auteur pour créer un ouvrage.
Si l'ouvrage ne marche pas, c'est aussi une perte financière pour l'auteur. 0 part quelques auteurs chanceux, l'engrenage de la paupérisation débute au premier ouvrage d'un auteur.
Les éditeurs petits ou gros, faut arrêter de ne voir que midi à votre porte !
Le système de l'édition est complètement archaïque. Du capitalisme stupide qui a deux cents ans de retard au niveau des droits sociaux.
Marco
05/02/2024 à 16:53
C'est tout à fait exact. Le temps passé à écrire, scénariser ou dessiner peut souvent se compter en mois. L'avance ne couvre qu'une partie de ce travail. Le risque est donc grand pour nous aussi quand le livre est mal diffusé, que les libraires lui préfèrent une grosse sortie juteuse et médiatisée, que la promo est inexistante, ou que le public ne s'y intéresse tout simplement pas. Nous travaillons sans filet : les éditeurs n'ont rien à nous envier !
Pierre la police
10/02/2024 à 23:16
Marco, vous avez très bien résumé la situation.
Alina Reyes
10/02/2024 à 20:25
Quand cessera-t-on de verser des droits d'auteur aux éditeurs ? L'éditeur n'est pas l'auteur, lui donner des droits d'auteur, plutôt que de les donner à l'auteur.e, c'est du racket.
Gilles Ducortex
12/02/2024 à 12:29
Alors, vous êtes plutôt alligators ou bien crocodiles ? Dans les deux cas, vous êtes en danger. Une fois la tête sous l'eau, tout peut arriver. Vous pourriez finir au rayon maroquinerie d'un grand magasin. Votre chair libéralement cuite au barbecue. Ne rêvez pas trop de portabilité. Un éditeur marxiste, ça n'existe tout simplement pas. Finir en charcutier traiteur serait une belle fin. Expions nos salaisons en enfer.
SNE
14/02/2024 à 16:24
La nouvelle devise du SNE ? : "Plus c'est gros, plus ça passe"...
corsaire
17/02/2024 à 09:26
Bonjour,
Cela fait partie d'un grand nombre de dossiers de la profession laissés pour compte par les pouvoirs publics et le premier demeure la concentration des diffuseurs.
Sans réelle diffusion, personne ne gagne, ni éditeur, ni auteur. J'interpelle les libraires qui mettent en valeur les livres médiatisés et ne commandent même plus d'eux mêmes les livres, tout passe par les attachés commerciaux des diffuseurs. Et les mises en place de l'industrie du livre n'ont rien à voir avec celles des éditeurs indépendants ! Trop de livres pas asses de lecteurs.