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La Bibliothèque Doucet est devenue un lieu de conservation vivant

La Bibliothèque littéraire Jacques Doucet (BJD) avait attiré l'attention de l'Inspection générale des bibliothèques, qui pointait des problématiques liées à la gestion des collections et de l'espace disponible. En octobre dernier, une enquête du Monde pointait des responsabilités dans les dysfonctionnements, avant le suicide d'une ancienne directrice adjointe de l'établissement. Des écrivains, universitaires, chercheurs, conservateurs et bibliothécaires, directeurs de musée et de galeries, commissaires d’exposition apportent leur soutien à la directrice de la BJD et tiennent à « témoigner » des collaborations qu’ils ont eues avec cette institution et son équipe de direction. Nous reproduisons ci-dessous leur lettre.

Le 15/11/2022 à 16:56 par Auteur invité

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15/11/2022 à 16:56

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Lettre ouverte à Monsieur le Recteur, Chancelier des Universités de Paris,

Monsieur le Recteur, 

Nous avons lu avec stupéfaction l’article publié dans Le Monde le 17 octobre dernier (édition papier datée du 19 octobre) mettant gravement en cause le fonctionnement de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet. Sa direction est accusée de négligences, voire de malversations. Le suicide de Sophie Lesiewicz, dénoncée nommément en tant qu’ancienne directrice adjointe, accroît notre sidération. 

En marge des enquêtes en cours avec lesquelles nous ne souhaitons pas interférer, nous tenons à témoigner publiquement notre soutien à Isabelle Diu, directrice de l’institution, et à Christophe Langlois, devenu directeur adjoint en 2021, eu égard au travail qu’ils ont accompli depuis leur prise de fonction respectivement en 2011 et 2016, et à rendre hommage au travail effectué par Sophie Lesiewicz, directrice adjointe de 2017 à 2021, en poste depuis 2006.

En tant que professeurs d’université, doctorants, chercheurs, conservateurs, bibliothécaires, archivistes, directeurs de musées et de fondations, commissaires d’exposition, galeristes et experts, en tant qu’écrivains et ayants droit donateurs, nous connaissons bien les locaux de « Doucet » où nous avons toujours été bien accueillis. Notre expérience du lieu et nos échanges avec l’équipe de direction ne correspondent en rien à ce qu’évoque l’article. 

La bibliothèque Littéraire Jacques Doucet (BLJD) a évolué de manière extrêmement positive sous l’impulsion de sa nouvelle directrice Isabelle Diu. Notices de catalogue, signalement des collections dans SUDOC (imprimés) ou CALAMES (manuscrits), numérisation de manuscrits et de livres d’artistes, ont mis à disposition des chercheurs des références et des documents inestimables sur la création littéraire et éditoriale. Les ressources numériques concernant les livres d’artistes - fruit du travail de Sophie Lesiewicz - sont d’une qualité technique qui montre le degré d’exigence des responsables. Nombre de programmes de recherche en ont bénéficié.

Citons le programme financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) « Le Livre : espace de création - XIXe-XXIe » dont la BLJD et Paris 3 étaient partenaires de 2011 à 2014, et que ces deux institutions ont prolongé dans le projet « LivrEsC », « HyperApollinaire » et le projet Ponge du Laboratoire d’Excellence (Labex ) OBVIL de Paris 4, ou encore le projet également financé par l’ANR « CINÉ08-19 » de la Sorbonne Nouvelle, portant sur l’histoire du cinéma en France de 1908 à 1919. De ces programmes ont découlé des partenariats entre les laboratoires universitaires et « Doucet » et des réalisations ou publications scientifiques de grande tenue.

Ni Isabelle Diu, ni Sophie Lesiewicz n’ont ménagé leur peine. Elles ont accueilli chercheurs et étudiants à la Bibliothèque pour montrer et expliquer les fonds, soulever avec eux les questions d’acquisition et de conservation. Elles ont participé à nos séminaires de Master et de Doctorat, y apportant leur expertise ; elles ont rédigé des présentations et recensements, collaborant à l’organisation de colloques et à des publications importantes, stimulant des explorations scientifiques nouvelles et inventives. 

En voici deux exemples : en novembre 2017, Isabelle Diu, Sophie Lesiewicz et Candice Nivette (webmestre et archiviste contractuelle à la BLJD) ont accompagné l’organisation d’un colloque sur Desnos sous l’égide de Paris 3. Elles sont intervenues notamment dans l’atelier « Que demandons-nous aux manuscrits numérisés ? ». Depuis 2021, Isabelle Diu co-anime dans le même cadre un séminaire sur « Éditer la poésie - XIXe-XXe siècles » qui s’est clos en juin 2022 par un colloque consacré aux poètes éditeurs. 

Notons que toutes ces dernières années, de nombreux fonds d’archives ont intégré la Bibliothèque Doucet. Citons l’entrée de Jean Echenoz, Laurent Mauvignier, Marcelin Pleynet, Guy Goffette, Pierre et Ilse Garnier et Jorge Semprun, ainsi que l’enrichissement des fonds Vercors et Claude Simon. Des fonds de maisons d’édition ont également été accueillis en cohérence avec les thématiques de Doucet comme ceux de La Délirante (éditeur de poésie), des Éditions Écarts (livres d’artistes), et de l’Atelier des Grames (éditeur de livres-objets). Cet énorme travail, dévoreur en temps et en espace, a été réalisé rapidement, par une équipe réduite, et doit être porté au crédit de la direction et de ses adjoints. L’entrée de ces fonds et leur mise à disposition ont renforcé l’institution en renouvelant son attractivité.

Contrairement au tableau dressé dans l'article, sur la foi du témoignage d'un seul usager nostalgique d’un fonctionnement d’un autre siècle, la Bibliothèque Doucet est devenue un lieu de conservation vivant, ouvert aux nouvelles formes de diffusion et d’usage des archives. Tous, chercheurs et commissaires d’exposition, nous pouvons témoigner du professionnalisme de l’équipe de direction.

De nombreuses institutions culturelles en ont fait l’expérience à l’occasion d’expositions et par le canal des emprunts. Citons « Dadaglobe reconstructed » en partenariat avec le Kunsthaus de Zürich et le Moma de New-York (2016); « Jean Echenoz, romans, rotor / stator » au Centre Pompidou (2017); « André Frénaud le Très- Vivant » à la galerie du CROUS à Paris (2017) ; « Paul Claudel, voyage dans l'espace des livres » en partenariat avec la Bibliothèque Sainte-Geneviève et la Bibliothèque Sainte-Barbe (2018) ; « René Char, l'homme qui marche dans un rayon de soleil » avec le Musée Angladon d'Avignon (2018) ; « L'Invention du surréalisme » avec la BnF (2020) ; « Nadja, un itinéraire surréaliste » avec le Musée des Beaux-Arts de Rouen (2022) ; « Matisse, le désir de la ligne » avec le Musée Angladon d’Avignon (2022). La Bibliothèque Doucet a aussi été partie prenante de l’exposition « Ils y viennent tous... au cinéma ! L’essor d’un spectacle populaire (1908-1919) » aux Archives départementales de la Gironde à Bordeaux (2022).

Actuellement des dessins de Nadja sont exposés à la Biennale d'art de Venise et d’autres prêtés pour l’exposition Dufy au Palazzo Cipolla à Rome. Enfin, nous le rappelons, le bureau d’André Breton est exposé depuis près de dix ans devant les œuvres d’art du “mur Breton”, au Musée National d’Art Moderne, à la suite d’un dépôt permanent de la BLJD. 

Est-il besoin de préciser que préparer une exposition est aussi un geste scientifique, et qui se poursuit dans l’édition de catalogues et opus, puis dans la mise en ligne comme pour les expositions sur Pierre Bettencourt, André Suarez et André Frénaud ? En répondant aux invitations et aux demandes de prêts, la Bibliothèque Doucet fait valoir la richesse de ses fonds, rendant ainsi honneur aux déposants, à leurs ayants droit et aux chercheurs. 

Isabelle Diu a mené une politique patrimoniale intelligente et ambitieuse, une politique du gagnant-gagnant pour tous. Outre le catalogage et l’enrichissement des fonds, leur transmission a été au cœur de cette politique. Des stagiaires, des étudiants de Master et des doctorants d’universités ont été formés à la manipulation d’archives, à la lecture de manuscrits, à la fouille de dossiers, à la numérisation de manuscrits, ce qui a utilement étendu leurs compétences professionnelles.

À titre d’exemple, avec l’appui d’Isabelle Diu, une jeune chercheuse a procédé en 2018-2019 à la numérisation de manuscrits d’André Frénaud dans le cadre du consortium Cahier, assurant la promotion du fonds en même temps que la sienne propre au bénéfice du laboratoire qui l’a recrutée. 

La Bibliothèque Doucet sous l’autorité d’Isabelle Diu et de ses adjoints a stimulé les fouilles de toutes sortes, a suscité de nouveaux sujets de mémoire et de thèse, de nouvelles vocations en recherche, et de nouveaux projets ont émergé. Les chercheurs ont apporté leur expertise scientifique et ont aussi valorisé les fonds. Ils ont pu, dans des cadres formalisés, associer leurs efforts et ceux de leurs laboratoires à l’entreprise de numérisation, rendant un service inestimable à tous dans le monde. 

Ce sont ces professionnels dont nous connaissons la valeur et le sens des responsabilités, ce sont ces efforts et ces travaux qui suscitent le respect, que l’article du Monde du 17 octobre dernier a anéantis aux yeux du grand public, avec une partialité dévastatrice. Au mépris de la présomption d’innocence, le nom de Sophie Lesiewicz a été jeté en pâture au grand public, l’accusant lourdement et selon un scénario univoque. Le geste désespéré de cette jeune femme, mère d’une petite fille de 9 ans, suggère d’abord son épuisement face à un harcèlement trop longtemps subi.

Les enquêtes en cours établiront les faits. Il nous importe quant à nous d’exprimer notre reconnaissance du travail de Sophie Lesiewicz. Et nous le disons tout net : c’est un fleuron de la recherche française qui vient de disparaître. Cette jeune conservatrice était en même temps une chercheuse remarquable et singulièrement créative. Elle conjuguait plusieurs disciplines et compétences.

Elle a été notamment une des maîtres d’œuvre de l’extraordinaire projet « LivrEsC » ou « Livre espace de création» dont l’objectif était de numériser des ouvrages remarquables par leur typographie et leur mise en page. Le but poursuivi était de renouveler les approches du livre de création à l’époque moderne et contemporaine en mêlant l’histoire du livre, la bibliographie matérielle, l’histoire de l’art et les études littéraires. Ces orientations théoriques ont nourri sa thèse sur « Le “livre (typo)graphique”, de 1890 à nos jours », recherche portant sur plus de 500 ouvrages de 224 auteurs différents, thèse qui a suscité l'admiration unanime de tous les examinateurs. Elle y invente un nouvel objet de l'historiographie éditoriale.

Peu de conservateurs déploient autant d'énergie et de talent que Sophie Lesiewicz pour enrichir la connaissance et l'analyse scientifiques du livre moderne et contemporain, en plus des missions de préservation et de diffusion des collections dont ils ont la charge. Pour notre communauté de chercheurs et pour le monde des bibliothèques et des conservateurs, la perte de Sophie Lesiewicz est irréparable. 

Nous témoignons que dans le cadre des collaborations nourries que nous avons eues depuis 2011 avec la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet, Isabelle Diu, Sophie Lesiewicz, Christophe Langlois et leurs proches collaborateurs ont mené leur mission de service public de manière exemplaire. 

Nous vous remercions, Monsieur le Recteur, de l’attention que vous voudrez bien porter à notre témoignage. 

Premiers signataires : 

Bernard Alligand, Artiste, peintre, graveur, livres d'artistes

Carole Aurouet, Maîtresse de conférences, Habilitée à diriger des recherches à l'Université Gustave Eiffel, spécialiste de littérature et de cinéma

Coralie Barbe, Restauratrice du patrimoine, Paris, Ancienne pensionnaire de l’Académie de France à Rome, Villa Médicis 2020-2021

Loïc Bertrand, Professeur de chaire supérieure, lettres et latin, Prépa Chartes, Lycée Henri IV

Jacqueline Bigallet, Présidente de l’Association des amis de la Maison Ravier (Morestel) 

Violaine Bonzon, Ayant-droit Claudel

Michael Caine, MA Royal Collège of Art, Professeur Typographie École Estienne, Éditions Petropolis - Paris Florence

Calame-Levert, Conservateur en chef du patrimoine, en charge des collections modernes et contemporaines, Musée des Beaux-Arts de Rouen, co-commissaire de « Nadja, un itinéraire surréaliste »

Mireille Calle-Gruber, Professeur, Université Sorbonne Nouvelle, Ayant droit moral pour l'œuvre de Claude Simon

Laurence Campa, Professeur de littérature française du 20e siècle, Université Paris Nanterre.

Elsa Camus, Bibliothécaire (contractuelle à la BLJD 2013-2014)

Pierre Caye, Directeur de recherche au CNRS, Directeur du Centre Jean-Pépin (UMR 8230, ENS Ulm-CNRS-PSL)

Jean-Marc Chatelain, Directeur de la Réserve des livres rares de la BnF, Commissaire exposition Baudelaire

Martine Colin-Picon, Ayant droit moral pour l'œuvre de Gaëtan Picon

Michael de Saint-Chéron, Donateur (fonds Malraux, Président du Centre international de recherche André Malraux (CIRAM), Président du comité 10 de la SMLH (Société des membres de la Légion d’honneur)

Roselyne de Villeneuve, MCF en stylistique du XIXe siècle, Sorbonne Université

Béatrice Didier, Professeur d’Université honoraire ENS Ulm, spécialiste de littérature française du XIXe siècle.

Joëlle Ducos, Professeur Paris Sorbonne, directrice de l’UFR de Langue française (2018-2020)

Jacques Dürrenmatt, Professeur de philologie, poétique et stylistique, Sorbonne Université, organisateur d'un séminaire commun entre la Sorbonne et la BLJD

Sün Evrard, Artiste de la reliure, donatrice

Christiane Fortin, Lectrice, Professeur documentaliste retraitée

Jacques Fraenkel, Ayant droit de Robert Desnos

Marianne Froye, Maître de conférences Université de Franche-Comté, spécialiste d'André Frénaud, porteuse du projet "Frénaud numérique" et co-commissaire de l’exposition « Frénaud le Très Vivant »

Jean-Michel Galland, Docteur en Histoire, École nationale des chartes - journée d'étude organisée par Sophie Lesiewicz et Anne-Christine Royère à la Bibliothèque de l'Arsenal.

Violette Garnier, Ayant-droit de Pierre et Ilse Garnier

Christophe Gauthier, Professeur d'histoire du livre et des médias (XIXe-XXIe s.) à l’École nationale des chartes

Emmanuel Godo, Professeur de lettres au lycée Henri-IV, écrivain et poète

Guy Goffette, Donateur de ses archives

Pierre Jourde, Écrivain, Professeur émérite à l’université de Grenoble-Alpes

Anthony JP Meyer, Antiquaire/Expert, Galerie Meyer - Oceanic & Eskimo Art. Membre du Comité Scientifique André Breton

Sophie Kimenau, Directrice du Lieu d'Europe, Strasbourg - exposition Tzara au Musée d’art moderne de la ville de Strasbourg

Dominique Landman, Ayant droit de Jorge Semprun

Lauren Laz, Directrice du Musée Angladon-Collection Jacques Doucet, Avignon - Plusieurs expositions dont René Char, Man Ray, Matisse

Fabienne Le Bars, BnF, Réserve des livres rares. Adjointe au directeur

Anne Le Diberder, Directrice de la Maison-atelier Foujita

Serge Linares, Professeur de littérature française contemporaine, Université Sorbonne Nouvelle.

Jean Lissarague, Auteur, animateur fondateur des Éditions Écarts, donateur des archives du fond Écarts

Alexandre Mare, Directeur de la Galerie Duchamp, Centre d’art contemporain d’intérêt national, Yvetot, Commissaire d'exposition et chercheur. Commissaire de l’exposition Nadja à Rouen

Didier Mathieu, Directeur du Centre des livres d'artistes

Monique Mathieu-Frénaud, Artiste de la reliure, ayant droit d’André Frénaud

Laurent Mauvignier, Ecrivain, donateur de ses archives

Catherine Mayaux, Professeur émérite, spécialiste de littérature française contemporaine, CY Cergy Paris Université ; Co-commissaire d’exposition « Frénaud le Très Vivant » ; « Claudel et Saint-John Perse ».

Barbara Meazzi, Professeur de littérature italienne (futurisme et avant-gardes), Université Côte d'Azur

Martin Mégevand, MCF, Université Paris 8, Correspondant pour le fonds Robert Pinget, Rédacteur en chef de la revue « Littérature »

François Michaud, Directeur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève - exposition Paul Claudel, colloque « les poètes éditeurs de poésie »

Emmanuelle Minault-Richomme, Directrice des bibliothèques de Reims - colloque et journées d’études en partenariat avec la BLJD et l’université de Reims

Marie Minssieux-Chamonard, Conservatrice en chef, responsable des collections XXe-XXIe siècles à la Réserve des livres rares, BnF 

Jean-Yves Mollier, Professeur émérite d’histoire contemporaine, Université Paris Saclay/Versailles Saint- Quentin, directeur de la thèse de Sophie Lesiewicz

Marie-Victoire Nantet, Ayant droit de Paul Claudel

Elisabeth Parinet, Professeur émérite d'histoire du livre et des médias, École nationale des chartes

Olivier Piveteau, enseignant, docteur (thèse en littérature comparée Paris IV Sorbonne) et chercheur, Président de l'association Les Amis de Milosz 

Marie-Françoise Quignard, Conservatrice en chef honoraire à la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France

Francesco Rapazzini, écrivain

Peter Read, Professeur émérite, Université du Kent 

Annie Renonciat, Professeur honoraire des universités, École normale supérieure de Lyon

Suzanne Robichon, Essayiste et éditrice, spécialiste de Natalie Clifford Barney,

Anne-Christine Royère, Maîtresse de Conférences en Littérature, Histoire et métiers du livre, Université de Reims Champagne-Ardenne

Marc Scherer, Directeur scientifique de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, exposition Paul Claudel, colloque
« les poètes éditeurs de poésie »

Peter Schnyder, Président de la Fondation Catherine Gide

Julien Schuh, Maître de Conférences, Littérature du XIXe siècle, fin de siècle et d’avant-garde, Université de Paris Nanterre

Anne Simonin, Directeur de recherche au CNRS (CESPRA -EHESS).

Emmanuël Souchier, Professeur émérite, Lettres, Sorbonne Université - Celsa

Evanghélia Stead, Professeur de littérature comparée et de culture de l’imprimé, Université Versailles Saint- Quentin

Bérénice Stoll, Conservatrice en chef à la Réserve des livres rares de la BnF- co-commissaire de l’exposition Invention du surréalisme à la BnF

Patricia Sustrac, Présidente des amis de Max Jacob, donateur fonds Max Jacob.

Cecilia Suzzoni, Professeur de lettres

Gaëlle Théval, Université de Rouen / Chercheuse membre - laboratoire MARGE (Université Lyon 3) Chercheuse associée - UMR THALIM (CNRS-Université Paris 3-Sorbonne nouvelle-ENS) / membre du programme ANR LEC, bibliothèque numérique Livresc / Co-éditrice, avec Sophie Lesiewicz et Hélène Campaignolle-Catel, des ouvrages : Livre/Poésie : une histoire en pratique(s) (Cendres, 2016) et Livre/Typographie : une histoire en pratique(s) (Cendres, 2020)

Christophe Thomet, Chef du service du développement des collections à la Bibliothèque de l'INHA

Jérôme Trollet, Président des amis de Vialatte

Hélène Védrine, Maître de conférences en littérature française, Sorbonne Université

Laurent Véray, Professeur en études cinématographiques, Université Sorbonne-Nouvelle, porteur de l'ANR Ciné08-19

Olivier Wagner, Conservateur au département des manuscrits de la BnF - co-commissaire de l’exposition Invention du surréalisme à la BnF

Photographie : Bibliothèque littéraire Jacques Doucet

 
 
 

Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com

33 Commentaires

 

Simon Dominique

16/11/2022 à 10:34

Merci d'avoir partagé cet article témoignage.

Jean-Michel Burille

16/11/2022 à 10:46

"Nous avons lu avec stupéfaction l’article publié dans Le Monde le 17 octobre dernier (édition papier datée du 19 octobre)"
Stupéfaction un peu tardive vu que les faits avaient été évoqués dans Le Canard enchaîné en avril 2018 puis Le Figaro quelques jours plus tard et qu'une mission de l'Inspection générale des bibliothèques avait la même année relever de graves dysfonctionnements à la BLJD. Dysfonctionnements dont on n'a pu connaître l'étendue et la nature vu que la ministre en charge a choisi malgré les demandes du SNASUB de ne pas rendre public le rapport dont on peut avoir une idée à travers le bilan annuel de l'IGB.

"nous tenons à témoigner publiquement notre soutien à Isabelle Diu, directrice de l’institution, et à Christophe Langlois, devenu directeur adjoint en 2021"
et... ? pas un mot sur les lanceurs d'alerte ? Pourtant l'article du Monde évoque largement des faits qui caractériseraient une situation de harcèlement sils venaient à être confirmés par les juridictions compétentes. Sophie Lesiewicz n'est certainement pas la seule victime de l'affaire Doucet.

Ni "professeurs d’université, doctorants, chercheurs, conservateurs, bibliothécaires, archivistes, directeurs de musées et de fondations, commissaires d’exposition, galeristes et experts ... écrivains et ayants droit donateurs" juste bibliothécaire assistant spécialisé exerçant à la bibliothèque Sainte-Geneviève (qui partage les locaux avec la BLJD).

Jean-Michel Burille

Al Capone

17/11/2022 à 12:14

Le lobby de l'entre soi et de l'impunité joue en défense. Il n'y aura pas de sanction judiciaire, ou bien symbolique et dans dix ans, puisqu'on a un bouc émissaire décédé pour sauver les autres.

El Jo de la Vega

17/11/2022 à 21:32

Ce drame met sous les feux de la rampe l'intenable ambivalence du statut des conservateurs, qu'ils soient des bibliothèques comme du patrimoine. Leur recrutement et leur formation sont centrés sur les critères scientifiques qui sont leur cœur de métier. Mais les institutions qui les emploient les évaluent principalement sur des critères managériaux, auxquels ils ne sont pas préparés, ni même, pour les plus hautement qualifiés d'entre eux, adaptés. On ne peut attendre de la même personne qu'elle soit à la fois un chercheur de haut niveau, apte à satisfaire les attentes d'autres chercheurs de haut niveau ET un as du la GRH et du commandement de simples magasiniers. Sophie Lesiewicz aura été l'albatros de Baudelaire. QUAND les institutions se décideront-elles à faire doubler les personnels scientifiques que sont les conservateurs, par des cadres administratifs rompus à l'art du commandement (c'est à dessein que j'use de cette expression toute militaire). Institution scientifique, une grande bibliothèque de conservation a besoin de distinguer "master" et "commander" à son bord. Confondre lesdeux sous la même casquette c'est institutionnaliser l'injonction paradoxale. A Doucet, beaucoup en ont souffert, Sophie Lesiewicz en est morte. "Chacun son métier, les vaches seront bien gardées".

Al Capone

18/11/2022 à 09:49

Belle tentative pour reporter sur les conditions d'ensemble et le système de formation la responsabilité des intéressé(e)s dans une affaire d'affranchissement des règles qui s'appliquent à la gestion du patrimoine public, de mélange des genres et éventuellement du tien et du mien, et du côté de la direction, pour le moins, d'un échec dans l'exercice de la responsabilité vis à vis des agissements des agents placés sous votre autorité hiérarchique. D'autre part, les conservateurs, sont formés à l'exercice de la gestion administrative et budgétaire autant qu'aux aspects scientifiques de leur métier, et depuis longtemps, et votre proposition d'y substituer dans les fonctions de responsabilité de service des "cadres administratifs rompus au commandement", sans doute des énarques ou simili-énarques, ou ce qui les remplacera, ne ferait qu'éradiquer une culture professionnelle et procurer une nouvelle extension de débouchés à ceux-ci qui colonisent déjà tous les étages de l'appareil culturel. J'ai vu à l’œuvre un certain nombre de ces courtisans spécialistes du turnover et du carnet d'adresse (toujours un œil sur le prochain poste), à la pensée à la fois formatée et inconsistante (faute de bagage scientifique) et je peux vous dire qu'à part eux personne n'y gagnerait. Et dans le cas qui nous intéresse, l'alerte est venue du bas ...

El Jo de la Vega

18/11/2022 à 11:20

Il ne s'agit pas d'exonérer la direction de Doucet des conséquences de son mépris du Code du Patrimoine, dont elle devra répondre devant la Justice. Par ailleurs, étant moi-même conservateur, je confirme que L'ENSSIB passait (de mon temps) la formation juridique des conservateurs PAR DESSUS LA JAMBE. Pour ce qui est de Mme Lesiewicz, je ne l'ai quasiment pas connue, bien qu'elle fût de ma promotion: c'était une personne extrêmement discrète, pour ne pas dire timide. Elle vivait son engagement professionnel comme une vocation religieuse. C'est EXACTEMENT le profil de personne qui, ne sachant dire NON, devient la proie des harceleurs tels que les définit Marie-France Hirigoyen. Car le scandale du trafic de legs ne doit pas occulter l'autre scandale: Celui du harcèlement moral systémique. Je répète que, quels que soient les défauts des cadres administratifs qu'accable partialement "Al Capone", ils sont beaucoup plus aptes à gérer les ressources humaines que des conservateurs docteurs en histoire de l'art, qui partagent avec leurs usagers universitaires une haute exigence culturelle, sans bénéficier de leur statut hyper-protecteur. En ce qui concerne mon humble personne, je viens de décliner une offre de poste de conservateur que me faisait une grande bibliothèque patrimoniale. Sous le titre flatteur de "responsable des services aux publics", je n'y aurais tenu qu'un rôle de gendarme J'ai donc conseillé à sa Direction de requalifier ce poste dans la filière administrative, particulièrement au grade d'Attaché principal, pourvu d'une forte expérience d'encadrement, notamment de personnels ouvriers fortement syndicalisés. Comment voulez-vous que des érudis s'en sortent avec ce milieu qui leur est parfaitement étranger? Je persiste et signe à citer le vieux Florian: chacun son métier, les vaches seront bien gardées.

Al Capone

18/11/2022 à 12:01

Pour les chartistes, on ne peut pas grand chose, étant donné l'endogamie de leur recrutement héréditaire dans les milieux traditionalistes,mais ils ne sont qu'une infime minorité. Il n'y plus guère que là qu'on fait des études d'histoire de l'art. Les autres conservateurs que j'ai côtoyés aussi ont ou avaient des profils diversifiés et une éthique et des compétences de fonctionnaires gestionnaires, et l'assumaient. Quant à Doucet, le harcèlement semble avoir fonctionné surtout du haut vers la bas.

K

16/10/2023 à 02:16

Je vous remercie d'avoir recadré ce que le pédant con-servateur a écrit, par ailleurs dans une piètre défense de l'indéfendable.
Occulter le recel et l'omerta avec des pressions sur le petit personnel, "syndiqué" fait de moisis transpirants magasiniers en somme, et faire référence au Dr Hirigoyen est totalement renversant.
Il ne vaut mieux pas se trouver dans son service, dans lequel le véritable harcèlement, le mépris et l'arrogance institutionnalisés doivent être quotidiens.

K

16/10/2023 à 02:06

Je plussoie.
L'exercice de l'autorité vient naturellement à l'honnête homme, au clairvoyant.
Et nul nécessité d'une formation en "management" pour enfum', pardon, pour encadrer les catalogues et magasiniers.
Si un conservateur ne sait pas diriger, guider, orienter. Il ne prend pas une fonction d'encadrement. Des postes sans encadrement, il y en a plein.
Le conservateur n'est pas hors du monde et si les relations humaines ne lui viennent pas naturellement, il devient maître de conférences, ou ermite.
Cela incombe au conservateur du patrimoine. Pardi.

Al Capone

18/11/2022 à 10:19

Petit rappel des faits établis (voir articles précédents) entre deux remises de certificats de bonne moralité : à la bibliothèque Doucet, des pièces arrivées dans les collections publiques par legs ont été vendues sur le marché dans des conditions opaques en utilisant des prête noms. Les lanceurs d'alerte du bas de l'échelle ont en butte à des pressions et à des représailles de la part de la hiérarchie, qui a bénéficié d'une impunité prolongée.

Antoine Jaccottet

18/11/2022 à 11:45

Ainsi, si l'on comprend bien ce texte, ne pas ménager sa peine et faire son travail ou, plus encore, « être un fleuron de la recherche française » pourrait vous dispenser de toute honnêteté. Ne serait-il pas plus sage, et surtout plus honnête, d'attendre les décisions de la justice avant de lancer une pétition de soutien signée par des personnes qui ignorent ce qui s'est réellement passé ?

CVB

18/11/2022 à 11:54

A ma connaissance, les personnes mises en cause dans cette affaire n'ont pas porté plainte pour diffamation. Pourquoi ?

El Jo de la Vega

18/11/2022 à 13:04

Une fois de plus, il ne s'agit pas d'exonérer la Direction de la bibliothèque de ses turpitudes. Il s'agit simplement de lutter contre tous les corporatismes, tous sources d'abus: celui des conservateurs comme celui des universitaires (ces derniers, bénéficiant d'un statut d'"intouchables", se permettent en effet d'ignorer l'enquête judiciaire en cours. Ils sont du même tonneau que les Chartistes que vous dénoncez, toute sensibilité politique égale d'ailleurs). Je persiste une fois de plus à affirmer qu'un conservateur de bibliothèque est et doit rester un personnel scientifique avant tout et que le management d'équipes importantes doit échoir en première ligne à des administratifs. Les bibliothèques n'ont pas vocation à être les sanctuaires d'un clergé culturel. c'est particulièrement vrai pour les conservateurs d'Etat: l'INET se charge bien mieux que l'ENSSIB de la formation réglementaire des conservateurs territoriaux. Mais au temps du "tout-ENSSIB, celle-ci se drapait dans un discours scientiste (bien plus que réellement scientifique), faisant fi des "bassesses" réglementaires. Les promotions qui ont subi ce prêchi-prêcha sont arrivées désarmées en plein terrain miné. Il nous a fallu du temps et du tourment pour surmonter ces lacunes initiales.
Ayant dit ce que j'avais à dire, je ne considère plus nécessaire de prendre part à ce débat, qui risque fort de déraper. Il n'y a pas LES conservateurs, LES chartistes, LES administrateurs, LES énarques. Il y a seulement DES gens, qui ont plus ou moins de force de caractère pour résister à ce mal bien français qu'est l'esprit de corps, pour ne pas dire de caste!

AZE

18/11/2022 à 12:42

Merci infiniment de mettre du sentiment humain là où malheureusement il avait été totalement omis.
Seul regret que cette tribune qui témoigne du travail accompli et de la valeur professionnelle des personnes mises en cause ne soit pas publiée dans le journal Le Monde.
Et comme le signifiait de manière magistrale un commentaire de l'article sur l'affaire de la Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet, publié dans ce même journal, pour toutes autres considérations, attendons patiemment les lumières d'une enquête véritable.
Citation : "Approximations, amalgames, informations parcellaires, conclusions hâtives, ignorance du fonctionnement d'une bibliothèque patrimoniale comme de la nature exacte du legs, rumeurs, fantasmes bref, rien de tangible, sinon le règne de l'opinion. Même les quelques voix mesurées cherchant à rétablir un semblant d'équilibre sont aussitôt taxées de corporatisme si ce n'est pire. La mort tragique d'une jeune femme devrait pourtant nous inciter tous à la prudence. Et si on laissait la police enquêter avant de se ruer sur nos claviers? Attendons le rapport établissant les faits, basé sur une enquête en profondeur auprès de tous les acteurs de cette triste affaire..."


RTY

18/11/2022 à 14:03

Tous n'ont pas forcément loisir d'attendre "patiemment les lumières d'une enquête véritable" notamment les usagers et surtout les agents qui ont dénoncé les faits de harcèlement commis par la direction. Agents qui ont alerté il y a longtemps la chancellerie et le ministère sans susciter autre chose que de l'indifférence. Au mieux. L'action pénale en cours ne dispense pas l'administration de conduire sa propre enquête sur les faits évoqués et sur ses abstentions passées. Il serait pertinent de mettre en place une inspection indépendante (professionnels de la gestion, de la culture, représentants syndicaux...) pour examiner comment le recteur -aujourd'hui ambassadeur en Autriche- et de la ministre ESR informé il y a quelques années des disparitions de pièces du legs Bélias et des situations de harcèlement ont géré l'affaire.

Elliot Ness

18/11/2022 à 16:31

D’expérience, il y a quatre types principaux de voleurs en bibliothèque

Les idiots, qui se font attraper à la sortie parce qu’ils dégradé le code barre en pensant déjouer ainsi le système antivol. Ceux-là volent parce qu’ils pensent que c’est facile et que c’est plus simple de se servir que d’en passer par une inscription, ou bien parce qu’ils sont exclus du prêt, soit parce qu’ils ont déjà des ouvrages en retard, soit parce que la bibliothèque ne prête pas, ou pas à la catégorie de public à laquelle ils appartiennent. D’une certaine façon ils sont fabriqués par les règles restrictives mises en place par la bibliothèque, et sensibles aux mesures de dissuasion mises en œuvre par le personnel, comme la réponse systématique aux alarmes antivol.

Les voleurs par nécessité, fréquents dans les filières juridiques et médicales des bibliothèques universitaires, les plus pillées, qui volent pour remédier aux limites de la bibliothèque quand ils tombent sur un ouvrage rarement disponible care très demandé, et pensent aussi se donner ainsi un avantage sur leurs condisciples dans un contexte très concurrentiel en les privant de l’ouvrage en question. Ce sont des gens qui n’aiment pas le collectivisme bibliothécaire et refusent de se plier aux règles égalitaires de la propriété collective.

Les professionnels du vol qui volent pour revendre, ce qui supposent de bien connaître le fonctionnement de la bibliothèque et de disposer d’une connaissance du marché et d’un accès à celui-ci, complicités comprises. Ils sont rares mais extrêmement nocifs parce que quand ils s’y prennent bien ils sont pris après avoir écoulé de gros volumes de documents irremplaçables. Ils opèrent éventuellement à une échelle internationale et parfois sur commande, à un niveau qu’on peut qualifier de criminalité organisée, comme la bande hongroise de six personnes spécialisée dans les cartes anciennes qui avait notamment sévi ans les bibliothèques de Dijon, Besançon, Nancy, Lille, Toulouse, Albi, Narbonne, Coutances entre 2011 et juin 2013, qui alimentait des marchands spécialisés ayant pignon sur rue en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et qui a été jugée en 2018 après une prise douanière et une enquête.

Les intouchables, les voleurs de droit divin qui privatisent pour leur compte un bien collectif parce qu’ils le valent bien en utilisant les facilités et privilèges conférés par leur statut, comme l’accès aux magasins (personnel et usagers privilégiés), l’exemption des règles de prêt habituel, en volume et en durée et des sanctions prévues dans le cas de leur non respect, qui ne s’appliquent qu’au commun des mortels et pas aux notables ou aux membres de l’institution. J’ai pu constater en travaillant sur la collection de livre qu’il avait généreusement léguée à la France (qui l’avait déposée à la bibliothèque municipale de Nevers) que François Mitterrand était de ceux-là, puisque j’ai retrouvé dans cette collection des ouvrages de la bibliothèque Jacques Doucet, justement. Je ne sais pas s’ils se les étaient fait livrer par un motard de la gendarmerie ou s’il les avait obtenus dans le cadre d’une liaison extraconjugale et c’était avant Madame Diu. Je l’ai signalé sans suite connue de moi à l’inspection générale. J’ai fait une autre expérience de ce genre avec le legs de la collection de livres d’un professeur des universités dont sa famille ne savait que faire, ce qui a permis le retour des documents après de longues années d'indisponibilité pour le public.
Au croisement de cette catégorie (ce ne sont pas des voleurs professionnels), et de la précédente (le butin est parfois écoulé sur le marché de l’art), je mets les vols commis par des conservateurs, comme ceux commis par le conservateur en chef et responsable du fonds de manuscrits hébraïques à la BNF, mis en examen pour « vol aggravé» le 30 juillet 2004, accusé du vol accusé du vol de 147 volumes (145 imprimés, deux manuscrits), puis finalement condamné pour la seule soustraction du manuscrit hébreu 52, en première instance et en appel, puis admis à faire valoir ses droits à la retraite en 2008 après avoir purgé sa peine. Après avoir avoué dans un moment de faiblesse il avait clamé son innocence, plaidé l’arrangement de bonne foi (expliquant avoir permis la délivrance d'un bon de sortie de ce manuscrit "pour rendre service à un ami" qui lui avait permis d'acquérir, en 1998, un manuscrit médiéval du 14e siècle, ce qui rappelle quelque chose), crié au complot. Il avait bénéficié du soutien public de conservateurs et de chercheurs du sérail sous forme d’une pétition en 2006. Si celle-ci n’a pas été volée on peut la consulter dans le fonds des Archives de la directrice générale de la BNF Agnès Saal (1998-2006) (cote 2006/050/023/101-2006/050/028, sous unité de description 2006/050/001-2006/050/028)


Jean-Michel Burille

19/11/2022 à 17:58

La longue enquête de Victor Castanet sur les œuvres qui disparaissent de la BLJD publiée dans Le Monde du 19 octobre gêne considérablement le milieu des bibliothèques patrimoniales.
D'abord un long courrier adressé au Recteur-Chancelier par l'une des personnes mise en cause mais qui fuite immédiatement sur des réseaux professionnels. Où elle circule toujours sous le manteau non pour son caractère licencieux mais plus probablement pour ne pas risquer de poursuite en diffamation. Une lettre d'ailleurs sympathique car autant le contenu et le style sont périssables autant on rit en découvrant des tentatives d’"assassinat par voie de presse" commises par des employés d'une "incompétence crasse", "champion du retard", "misogyne", "écrivain fanfaron" mais "bénéficiant d'une impunité", on frémit presque à l'évocation d'une photographie de nu interrogeant sur les mœurs de ce club". Bref on rit avant de se rappeler que l'auteur exerce une responsabilité hiérarchique sur les agents qu'il décrit ainsi, que les appels à l'aide de ces agents subordonnés n'ont jamais été entendus et qu'il y a un mois une personne s'est suicidé.
Dans un papier "Le Monde face au drame du suicide d'une mise en cause" publié le 26 octobre, "Arrêt sur images" évoque ce courrier qui dénonce une ambiance délétère sans donner aucun élément précis concernant les soupçons qui pèsent sur son l'ancienne directrice-adjointe mais dont l'auteur n'a pas souhaité répondre aux sollicitations d'ASI.
Mais après cette initiative individuelle, un premier jet aussi malodorant qu'inutile, arrive les salves. Un appel est fait pour que les généraux montent en première ligne. Un comité de soutien se forme afin de "témoigner de la qualité irréprochable et de l’exigence intellectuelle des collaborations qu’ils ont eues depuis 2011 (date de la prise de fonction comme directrice d’Isabelle Diu) avec cette institution". Avec la vocation de
- d’apporter un soutien moral aux personnes atteintes par des accusations diffusées par voie de presse au mépris des enquêtes administratives et judiciaires en cours et de le faire savoir par la publication commune des noms des membres de ce comité (notamment sur un site dédié) ;
- de faire valoir la confiance de ses membres en l’équipe dirigée par Isabelle Diu depuis 2011, et plus généralement en l’institution exceptionnelle que représente Doucet dont cette équipe a défendu les intérêts et le rayonnement ;
- de défendre la mémoire de Sophie Lesiewicz, gravement atteinte dans son honneur de professionnelle par des accusations lourdes proférées au mépris de toute déontologie.
Toutes les âmes charitables sont bienvenues, mêmes celles qui "n'ont pas nécessairement eu d’expérience collaborative avec la Bibliothèque Doucet" mais qui bien entendu pourront témoigner ;-)) Comité qui "en aucun cas il n’interférera avec les enquêtes administratives ou judiciaires". Il s'agit de soutien moral à moins que l'on ne puisse faire un don, comité avec cagnotte Leetchi associée ;-)))))
Il est toujours délicat d'évoquer les morts mais je ne suis pas certain que Mme Lesiewicz eut apprécié cette attention posthume de personnes motivées par des intérêts matériels bien plus mesquins et autres relations endogamiques.

Rez

21/11/2022 à 10:24

Un peu dégueu ces faux intellos : noyer des propos a côté de la plaque juste pour, a la fin, quand les lecteurs seront fatigués, défendre de façon improcedente cette femme qui s'est suicidé me semble pathétique. Ils veulent quoi en fait? Marquer un point envers le ministère, la hiérarchie de l'université ?

Car franchement je ne doute un seul moment que cette dame décédée aie fait tout ce qui est décrit dans cette note de service (des actions pour lesquelles elle était payée avec notre argent) mais s'attaquer à un média d'information juste parce qu'il a aussi fait son boulot d'informer que sa mère s'amusait a vendre aux enchères des objets et documents de oa bibliothèque (et que j'espère elle dort en prison depuis l'apparition de l'article) est infecte.

Elle peut suicider tout ce qu'elle veut (et franchement petite pensée pour sa famille) mais utiliser cela pour justifier le vol de biens communs c'est un refus de pensée et une indignité dignes des loas à Pétain et Hitler en raison des hôpitaux et autoroutes construites sous ses régimes.

Jean-Michel Burille

21/11/2022 à 15:31

La longue enquête de Victor Castanet sur les œuvres qui disparaissent de la BLJD publiée dans Le Monde du 19 octobre gêne considérablement le milieu des bibliothèques patrimoniales.
D'abord un long courrier adressé au Recteur-Chancelier par l'une des personnes mise en cause qui fuite immédiatement sur des réseaux professionnels. Courrier qui circule depuis sous le manteau non pour son caractère licencieux mais plus probablement pour éviter des poursuites en diffamation.
Une lettre d'ailleurs sympathique car autant le contenu et le style sont périssables autant on rit en découvrant des tentatives d’"assassinat par voie de presse" commises par des employés d'une "incompétence crasse", "champion du retard", "misogyne", "écrivain fanfaron" mais "bénéficiant d'une impunité", on frémit presque à l'évocation d'une photographie de nu interrogeant sur les "mœurs de ce club". Bref on rit avant de se rappeler que l'auteur exerce une responsabilité hiérarchique sur les agents qu'il attaque ainsi, que les appels à l'aide de ces personnels subordonnés n'ont jamais été entendus et qu'il y a un mois une personne s'est suicidé.
Dans un papier "Le Monde face au drame du suicide d'une mise en cause" publié le 26 octobre, "Arrêt sur images" évoque ce courrier qui dénonce une ambiance délétère sans donner aucun élément précis concernant les soupçons qui pèsent sur son l'ancienne directrice-adjointe mais dont l'auteur n'a pas souhaité répondre aux sollicitations d'ASI.

Après cette initiative individuelle, un premier jet aussi malodorant qu'inutile, arrivent les salves. Un appel est fait pour que les généraux montent en première ligne. Un comité de soutien est constitué afin de "témoigner de la qualité irréprochable et de l’exigence intellectuelle des collaborations qu’ils ont eues depuis 2011 (date de la prise de fonction comme directrice d’Isabelle Diu) avec cette institution". Avec les objectifs suivants :
- d’apporter un soutien moral aux personnes atteintes par des accusations diffusées par voie de presse au mépris des enquêtes administratives et judiciaires en cours et de le faire savoir par la publication commune des noms des membres de ce comité (notamment sur un site dédié) ;
- de faire valoir la confiance de ses membres en l’équipe dirigée par Isabelle Diu depuis 2011, et plus généralement en l’institution exceptionnelle que représente Doucet dont cette équipe a défendu les intérêts et le rayonnement ;
- de défendre la mémoire de Sophie Lesiewicz, gravement atteinte dans son honneur de professionnelle par des accusations lourdes proférées au mépris de toute déontologie.
Toutes les âmes charitables sont bienvenues, mêmes celles qui "n'ont pas nécessairement eu d’expérience collaborative avec la Bibliothèque Doucet" mais qui bien entendu pourront témoigner ;-)) Comité qui "en aucun cas il n’interférera avec les enquêtes administratives ou judiciaires". Il s'agit de soutien moral à moins que l'on ne puisse faire un don, comité avec cagnotte Leetchi associée ;-)))))

Il est toujours délicat d'évoquer les morts mais je ne suis pas certain que Mme Lesiewicz eut apprécié cette attention posthume de personnes motivées par des relations endogamiques ou intérêts matériels bien plus mesquins.

JBB

22/11/2022 à 12:10

Ainsi donc quatre conservateurs(trices) de la Réserve des livres rares de la BNF + un conservateur du département des manuscrits prennent fait et cause pour une consoeur gravement soupçonnée de vol de livres rares et manuscrits. Notre patrimoine littéraire est entre de bonnes mains !

JMB

23/11/2022 à 08:56

Cette pétition offre une nouvelle illustration d'un esprit de corps -si ce n'est de classe- lamentable de fonctionnaires et autres satellites des mannes étatiques autour de semblables accusés de vol. Ces personnes oublient la gravité des charges pesant sur la direction de la BLJD : non seulement le vol d'œuvres uniques léguées à la bibliothèque mais aussi le harcèlement des personnels ayant dénoncé ces faits.
Si les vols et le harcèlement sont des infractions qui seront examinées par les juridictions compétentes, il n'y a aucun doute sur le contexte de travail à Doucet existant depuis des années alors que quelques agents -magasiniers et contractuels- impavides dénoncent leurs chef.fe.s. Comment la chancellerie a-t-elle pu rester inerte devant un tel contexte ? La question se pose aussi pour le ministère.
Ensuite que les gloires bibliothéconomiques et littéraires dégainent leurs plumes pour rejoindre une tribune oubliant la souffrance des employés qui au quotidien assurent le fonctionnement de la bibliothèque n'est qu'un épiphénomène.
N'est pas Zola qui veut.

Clarisse

24/11/2022 à 09:35

J'ai beau relire, je ne vois nulle réponse aux éléments rapportés par Castanet dans son article du Monde. Les accusations de harcèlement, de vols méritent des réponses qui ne peuvent être balayées par le simple fait d'accomplir les quelques missions pour lesquelles on est rémunérés. Tout ceci est extrêmement triste.

COI

24/11/2022 à 10:22

Euh, faut signer pour pas perdre une perspective de devenir cons. général ? Sinon outre le conflit d'intérêts ici manifeste (les responsables mis en cause ont continué d'encadrer les personnes qui les dénonçaient) je vois nettement une collusion d'intérêts.
Allez on prendra l'ascenseur ensemble ;-))

Elemb

05/12/2022 à 10:47

Selon un article du Parisien, l'enquête judiciaire confirmerai déjà les principales accusations. Des documents volés à la bibliothèque Doucet auraient été retrouvé au domicile de la mère de Sophie Lesiewicz et de celle-ci.

Il est vraiment tragique que les signalements effectués par les agents de Doucet au Rectorat il y a maintenant des années n'aient eu aucune suite... mis à part des représailles sur les agents en question. De toute évidence l'inaction du rectorat et de la directrice de Doucet alors même qu'ils étaient informés a permis au trafic de documents de perdurer. Si l'affaire avait été immédiatement prise au sérieux, la mort tragique de Sophie Lesiewicz aurait certainement été évitée.

Aujourd'hui, à voir la tonalité de l'article du Parisien - tonalité à l'inverse des rapportés - une campagne de communication est en cours pour faire des coupables des victimes et des lanceurs d'alerte des coupables.

ACZ

05/12/2022 à 13:38

Oui, la cause est entendue, bien que son cours et son dénouement demeurent incompréhensibles,
Le plus triste c'est que du coup, la véritable affaire qui est celle d'un article du Monde qui a provoqué un suicide, ne sera elle jamais traitée, ne suscitera aucune contre enquête, rien.
Le plus triste c'est la petite fille qui supporte deux violentes séparations, qui va l'aider ? lui donner l'aide psychologique dont elle a besoin pour réparer ce manque abyssal, cette soudaine irruption de la mort dans son intimité ? Le journal Le Monde ?

Jean-Michel Burille

05/12/2022 à 14:32

> ACZ

"la véritable affaire qui est celle d'un article du Monde"
NON la véritable affaire c'est le vol continu de pièces uniques. Ne confondez pas la lune et le doigt

"article du Monde qui a provoqué un suicide"
NON ce qui a provoqué le suicide c'est les états d'âme, la peur (bien injustifiée vu la "jurisprudence") d'une sanction pénale, les remords... ce qui a pu provoquer ce sont les remords par l'exposition d'un possible délit à la lumière

"ne sera elle jamais traitée"
NON vu que l'on parle plus de la publication de l'article que des faits décrits. Et c'est bien ce que recherche la coterie de conservateurs engagés dans la préservation des carrières des copains/copines plus que dans la réhabilitation posthume

" la petite fille qui supporte deux violentes séparations"
"manque abyssal"
"soudaine irruption de la mort dans son intimité"
OUI et ça arrive tout le temps à plein de monde

Quant à l'article du parisien, il participe simplement à la campagne de confusion portée par le club de conservateurs, on agite la superficie mais les eaux restent saumâtres. Les lanceurs d'alerte sont dénigrés car dépourvus de "diplôme universitaire", le travail de la direction y est loué, le ton et les propos totalement partiaux.
Bien entendu son auteur ne sera pas ostracisé pour le prix Albert Londres vu qu'il n'y concourra jamais.
La médiocrité est une qualité qui perdure. Que l'on soit journaliste ou conservateur.

Elemb

05/12/2022 à 14:48

Ce qui a causé un suicide est une longue affaire de vol de documents patrimoniaux. Affaire longtemps mise sous le tapis par le Rectorat et la directrice de la BLJD qui a prétendu "tomber de sa chaise" lorsque l'affaire est sortie.
Ce qui a causé (selon les informations du Parisien) l'interpellation le 22 novembre de la mère de Sophie Lesiewicz pour « vol dans un lieu d'entrepôt ou d'exposition » entre 2011 et juin 2022, c'est une enquête judiciaire.
Encore une fois, un immense gâchis qui aurait pu être évité si les premières alertes avaient été prises au sérieux.

OCB

12/12/2022 à 09:53

Est ce que cette petite fille n'a pas de père ? Souvent les enfants en ont, qui peuvent prendre le relai si la mère disparaît

Catherine Cottard

05/12/2022 à 18:32

Tout un panthéon de soutiens.
Faire connaître, vivre les fonds les rend vulnérables. Les structures d'encadrement sont tenues, fragiles.
Il faut laisser l'enquête se faire. La méthode est brutale et c'est regrettable.

CVB

05/12/2022 à 20:19

La fin ne justifie pas les moyens. Oui à la dénonciation des scandales (vols, détournements, discriminations…). Non à la désignation des « coupables », présumés innocents rappelons-le, par leurs nom et prénom dans un journal diffusé à 500 000 exemplaires (Le Monde, pour ne pas le nommer).

CVB

06/12/2022 à 07:11

La fin ne justifie pas les moyens. Oui à la dénonciation des scandales (vols, détournements, discriminations…). Non à la désignation des « coupables », présumés innocents rappelons-le, par leurs nom et prénom dans un journal diffusé à 500 000 exemplaires (Le Monde, pour ne pas le nommer).

Clarisse

08/12/2022 à 11:22

La présomption d'innocence n'est pas une assignation au silence, elle n'interdit ni le témoignage ni le récit de faits dont on peut être le spectateur, l'acteur ou la victime. L'article du Monde était extrêmement mesuré dans la facon de relater les évènements.
Enfin quand on est fonctionnaire, que l'on vit de fonds publics, qu'on a la charge d'un patrimoine public, on engage son nom et on est soumis à un certain nombre de devoirs envers le public et l'institution qu'on représente. Personne n'oblige qui que ce soit à endosser ces responsabilités.

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Alors que l’essor fulgurant de l’IA recompose les pratiques de création et fragilise les modèles de diffusion, les éditeurs s’organisent pour protéger l’originalité des œuvres et les droits des auteurs. Entre exigences éthiques, enjeux juridiques et lutte contre le piratage, la profession cherche à établir un cadre capable de préserver la valeur du livre et la diversité culturelle.

10/12/2025, 10:46

ActuaLitté

Épuisement, précarité, sacrifices : l’envers du décor de la création jeunesse

« Je vis à peu près de mon métier, car je pédale sans m’arrêter. » Comme de nombreuses autrices, Amandine Laprun fait face à une réalité implacable : produire, encore et encore, sous peine de n’avoir plus de ressources. Pour cela et bien plus encore, la perspective de la loi Continuité de revenus représente la possibilité d’une respiration. Elle le raconte dans une tribune confiée à ActuaLitté.

09/12/2025, 15:00

ActuaLitté

“Nous sommes sans voix” : pourquoi la France a expulsé l’autrice italienne Elena Mistrello ?

Invitée au festival BD Colomiers pour présenter Syndrome Italie, l’autrice italienne Elena Mistrello a été expulsée dès son arrivée à l’aéroport de Toulouse, le 21 novembre 2025. Agnès Tricoire, Présidente de l'Observatoire de la liberté de création, a fait parvenir à ActuaLitté un courrier adressé au préfet de la Haute-Garonne, interpellant sur cette situation des plus incongrues. 

08/12/2025, 12:46

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Trois ans de travail envolés : la réalité du métier d'autrice en 2025

Autrice-dessinatrice depuis 2003, reconnue en France et à l’étranger, Élodie Durand a vu en 2025 deux contrats annulés et trois années de travail disparaître, révélant la précarité structurelle des artistes-auteur·ices. Son témoignage rappelle combien le projet de loi sur la continuité de revenus est essentiel pour garantir des conditions de création dignes et durables.

08/12/2025, 10:19

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Frais de port à 3 € : la mesure qui fait chuter la lecture en France ?

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos fin 2021, les commandes en ligne de livres neufs de moins de 35 € sont systématiquement assorties d’un minimum de 3 € de frais de port — un surcoût désormais inscrit dans l’acte d’achat. Deux ans plus tard, cette mesure destinée à « rééquilibrer la concurrence » entre plateformes numériques et librairies physiques apparaît comme une taxe invisible sur la lecture.

08/12/2025, 05:00

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“On meurt de faim en écrivant” : pourquoi la France abandonne ses créateurs

La question de la continuité de revenus pour les artistes-auteurs s’impose aujourd’hui comme l’un des enjeux majeurs de la politique culturelle. Malgré l’existence d’un statut juridique spécifique, confirmé notamment par les constats du Rapport Racine en 2020 sur la fragilité économique du secteur, les créateurs restent soumis à des rémunérations irrégulières, dépendantes des avances, des droits perçus ou des résidences obtenues. 
 

05/12/2025, 12:13

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Pierre Drachline : dix ans après, le souvenir intact d’un éditeur hors normes

Dix ans après la disparition de Pierre Drachline, ses collègues du Cherche midi lui rendent un hommage vibrant, à la mesure de son exigence littéraire et de sa liberté d’esprit. Éditeur entier, intransigeant et profondément humain, il a marqué ceux qu’il accompagnait par son regard acéré et son sens de la vérité des mots. Un héritage vivant selon eux, qui continue d’éclairer celles et ceux qui font la littérature aujourd’hui.

04/12/2025, 12:14

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Droit de réponse : “Le Groupe Nosoli a engagé une transformation profonde de son modèle”

ActuaLitté a fait état, le 21 novembre dernier, de plusieurs opérations sur le capital de la société Decitre par le groupe Nosoli, également propriétaire du Furet du Nord. Malgré nos efforts, nous n'avions pas pu obtenir de commentaires de la part de Nosoli avant la parution de l'article. Christophe Desbonnet, président de Nosoli, a demandé un droit de réponse, que nous lui accordons ci-dessous.

02/12/2025, 09:50

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Les librairies indépendantes “sont, et doivent rester libres de leurs prises de position”

Dégradations de vitrines, menaces, sanctions économiques... Depuis quelques semaines, les librairies indépendantes françaises sont visées en raison de leurs prises de position ou des ouvrages qu'elles proposent. L'Association Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine (LINA) s'inquiète de ce climat délétère et appelle les pouvoirs publics à agir pour soutenir la profession.

01/12/2025, 10:49

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“Nous ne transigerons pas” : des voix s’élèvent contre les attaques en librairie

Le 27 novembre au soir, plus de 250 personnes se sont rassemblées place de la République, à Paris, pour dénoncer la multiplication d’attaques, d’intimidations et de campagnes de harcèlement visant des librairies indépendantes. 

28/11/2025, 14:21

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“J’ai gagné à la loterie de l’édition… mais rien n’a changé”

Incroyable. Voilà ce que je me suis dit en voyant les premières mentions de ce projet de loi sur la continuité de revenus pour les artistes-auteurs. Incroyable au sens premier : je ne pouvais pas y croire. Par Benjamin Adam.

28/11/2025, 10:00

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Illustrateurs et auteurs : une précarité qui use le corps et l’esprit

« Et puis un autre danger, c’est un danger d’une nature plus psychologique, c’est le dérèglement que peut entraîner la solitude, que peut entraîner la fatigue nerveuse qui résulte de cette vie au jour le jour, où vous n’êtes jamais sûr du lendemain. Vous passez constamment par des états extrêmes… d’extrême enthousiasme, d’extrême soucis, d’extrême fatigue. Il y a une fatigue nerveuse très forte. » Nicolas Bouvier, à propos de son premier voyage. Tribune signée par Henri Fellner.

26/11/2025, 11:00

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Sécuriser la création : un enjeu vital pour les artistes-auteurs

Dans un paysage culturel où les créateurs cumulent souvent les activités pour survivre, les obstacles administratifs et financiers freinent l’émergence de nouvelles voix. Une réforme ambitieuse pourrait enfin garantir des conditions de travail permettant de créer sans s’épuiser. Par Thomas Fouchault, auteur, éditeur, et président de la Ligue des Auteurs Professionnels depuis 2023.

26/11/2025, 10:31

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Subvention bloquée par la droite : Paris Librairies dénonce une manœuvre politique

L’association Paris Librairies dénonce le rejet, au Conseil de Paris, du dispositif de 500.000 € destiné à soutenir quarante librairies indépendantes de la capitale. Elle pointe une manœuvre politique qui fragilise un secteur déjà en grande difficulté et cible une librairie pour sa ligne éditoriale. Dans un contexte de pressions, de vandalisme et d’intimidations, elle appelle à réinscrire la mesure à l’ordre du jour de décembre et à défendre le pluralisme démocratique.

24/11/2025, 15:19

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285 autrices et auteurs de BD renoncent à Angoulême

Une tribune collective lancée par des autrices, créatrices et professionnel·le·s de la bande dessinée vient secouer l’Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD). Elle dénonce avec force la « crise » que traverse le festival, tant sur le plan des conditions de travail que de la gouvernance de l’organisateur 9e Art+ — et revendique un changement radical, à la fois culturel et institutionnel.

22/11/2025, 15:32

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FIBD d’Angoulême : les équipes appellent à un dialogue apaisé

Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême traverse une crise sans précédent, nourrie par l’affaire dite “Chloé” et par une série de prises de position mettant en cause sa gouvernance et sa gestion des violences sexistes et sexuelles. Alors que la profession exprime une colère profonde, les équipes du FIBD appellent à la nuance, au respect des faits et à la préservation d’un événement qu’elles considèrent comme un bien commun. Nous reproduisons leur texte ci-dessous.

21/11/2025, 08:38

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Sans artistes, pas de livres : pourquoi nous laisser dans la précarité ?

Je suis illustratrice en jeunesse et en presse depuis 2009, en bande dessinée depuis peu. Je n'ai jamais eu d'autre MÉTIER. Métier en majuscule, car créer est un métier, pas un hobby. Mon métier créatif permet à d'autres métiers d'exister : éditeurs-rices, directeurs-rices artistiques, graphistes, représentants, commerciaux et j'en passe. Par Bérengère Delaporte.

19/11/2025, 16:20

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Prix Les Visionnaires 2026 : des romans pour éclairer le présent et interroger l’avenir

Bibliothécaire à la médiathèque Jean Rousselot, à Guyancourt (Yvelines), Grégory Launay est membre du jury du Prix Les Visionnaires 2026. À travers ce prix littéraire et territorial, il défend une vision de la lecture comme outil de médiation, de réflexion sur le monde contemporain et de dialogue avec les différents publics.

17/02/2026, 15:54

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Luciana Peker : “Aimer mieux, c’est aimer sans hiérarchie ni soumission”

La Saint-Valentin déborde de cœurs rouges, mais sous le vernis sucré, Luciana Peker tranche dans la chair du mythe romantique. Son enquête dissèque l’amour comme un champ de bataille intime, saturé d’héritages politiques, de domination feutrée et de déséquilibres affectifs. Entre désir sincère et architecture sociale, elle dévoile une cartographie du sentiment où le pouvoir circule, s’infiltre et modèle les corps, les choix et les silences, loin du conte amoureux vendu comme universel.

17/02/2026, 09:35

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Agents littéraires : la mutation silencieuse qui transforme la carrière des écrivains

C’est un petit séisme auquel a assisté l’édition voilà une semaine : après la publication d’une quinzaine d’ouvrages et près d’un million de livres vendus, Patricia Darré décidait de collaborer avec Mickaël Palvin fondateur de l’agence littéraire Héraklès. Pourquoi ce choix, quand la notoriété et la réussite sont avérées ? Et que dit cette relation nouvelle de l’époque ?

13/02/2026, 17:01

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Les Passantes : des vies effacées qui éclairent l’Histoire

Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

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Witold Gombrowicz, l’ennemi radical des identités figées

Dans cet article, Charles Garatynski relit l’œuvre de Witold Gombrowicz comme une entreprise radicale de déstabilisation des identités, des rôles et des formes sociales. De Ferdydurke à Cosmos, l’écrivain polonais apparaît comme un penseur de l’inauthenticité, pour qui la littérature devient un espace de résistance contre les assignations culturelles, nationales et symboliques.  

09/02/2026, 16:33

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Bernard Werber : “L'imagination est un artisanat qui réclame une certaine rigueur”

Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

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L’Amérique au bord du précipice : pourquoi la culture renversera Donald Trump

L’Amérique tangue, ivre de sa propre légende, coincée entre les néons sales du pouvoir brut et les fantômes électriques de Ginsberg qui hurlent encore sur l’asphalte. Dans le cockpit, un milliardaire enragé joue avec les boutons rouges comme un enfant trop riche dans un magasin d’armes. Pourtant, sous la tôle froissée, le moteur démocratique gronde. Les poètes, les musiciens, les libraires, les profs, les types fatigués qui votent sans illusions tiennent encore la ligne. Ce texte parle d’une chute possible. Mais surtout d’une résistance culturelle qui mord, qui encaisse, qui refuse de plier. Par Mathias de Breyne.

06/02/2026, 14:08

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“Norma Jeane Baker était une femme. Marilyn Monroe était un mythe”

De la découverte sidérante de la mort de Marilyn Monroe à l’enquête intime sur Norma Jeane Baker, ce Daniel Charneux retrace ici une fascination née dans l’enfance et devenue projet littéraire. Entre mémoire personnelle, immersion dans les archives, films et biographies, et réflexion sur l’identité, l’auteur traque la femme derrière l’icône. Une plongée sensible dans la fracture entre mythe hollywoodien, violence médiatique et destin humain brisé. Il publie ce 5 février I'm not M.M. chez Arléa.

04/02/2026, 09:00

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Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

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“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

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Hitler contre Artaud : comprendre une confrontation imaginaire

Entre 1930 et 1932, Antonin Artaud séjourne à plusieurs reprises à Berlin, au moment même où la République de Weimar s’effondre. À partir d’archives, de lettres, de manuscrits et d’une relecture attentive des textes asilaires, Ilios Chailly retrace ces séjours berlinois et interroge l’une des affirmations les plus troublantes d’Artaud : sa rencontre supposée avec Adolf Hitler.

27/01/2026, 13:06

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“Les poètes inconnus majoritaires, le public les conspue”

La poésie se joue souvent sous néon blafard, entre un verre tiède et une rage froide. Ici, on dégoupille la grenade avec un sourire carnassier : la Maison de la poésie, ses VIP, ses têtes d’affiche, son petit théâtre bourgeois. Le texte grince, éructe, ricane. Un pamphlet en roue libre, entre PMU, Johnny imaginaire et satire sociale, où la littérature se cogne au star-system comme un poète contre une vitrine.

27/01/2026, 11:33

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Heated Rivalry : comment une romance entre hockeyeurs a déclenché une folie mondiale

Il y eut After, Calendar Girl et bien d'autres : un autre phénomène se profile, sur fond de patinoire. Heated Rivalry, romance sportive homosexuelle d'après l'oeuvre de Rachel Reid, connaît un engouement fulgurant depuis son adaptation télévisée – avec un raz de marée sur les livres en bibliothèques et librairies américaines. Parue sans faire de bruit en France dès 2021 (avant de disparaître des rayons), la saga reviendra dans une nouvelle traduction. 

24/01/2026, 10:38

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Radiographie du Brésil : “On vit encore aujourd’hui les résultats de chaque mauvais choix”

Plonger dans Eldorado, c’est embarquer à l’arrière d’un camion brinquebalant, quelque part entre une saga familiale, une radiographie politique et un western tropical sans héros. Marcello Quintanilha raconte le Brésil comme on raconte une cicatrice : sans pathos, avec précision, en laissant affleurer la colère, la tendresse et les regrets. Un roman graphique comme une confession à ciel ouvert, où l’histoire intime devient un procès-verbal du siècle.

23/01/2026, 16:00

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Diffusion du livre photo : résoudre “l’impossible équation économique“ des éditeurs

« La réalité d’un livre photo, c’est qu’on le conservera durant une année entière. Et au moment où l’on se décide à le renvoyer, un client le sauvera du retour pour l’acheter. » Cette théorie, qu’une libraire présente dans la salle du Musée de Picardie expose comme amplement vérifiée, concluait les échanges avec humour et délicatesse. Pour autant, l’anecdote dit quelque chose de cette difficulté de diffusion…

22/01/2026, 18:24

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Les livres de photos “nous arment contre la violence de notre monde d’images”

À l’occasion de la journée de sensibilisation au livre de photographie organisée à Amiens, ce 22 janvier par France Photobook, Éric Cez a ouvert les échanges en proposant un autre regard. Cofondateur de la maison d’édition Loco et président de l’association, il invite à « nous armer contre la violence de notre monde d’images », par la photographie.

22/01/2026, 11:00

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Lire les images : le pari du livre de photographie en bibliothèque

Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.

22/01/2026, 10:14

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Toujours vient la nuit : l'art poétique de Robert E. Howard, créateur de Conan le Barbare

Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.

22/01/2026, 09:57

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Format, papier, rythme : le travail invisible derrière les livres photo

Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.

22/01/2026, 07:16

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Congo-Brazzaville : “Nos histoires méritent d’être imprimées, lues et transmises”

Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

19/01/2026, 12:34

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“Il faut s’organiser collectivement pour se défendre concrètement”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires a tenu, vendredi 16 janvier 2026, une conférence de presse à l’annexe de la Bourse du travail de Paris. Ses membres, aux côtés d’autres acteurs engagés du monde du livre, y ont dénoncé la multiplication des attaques d’extrême droite contre les librairies et le climat politique, policier et médiatique qui les rend possibles. Un fait jugé inédit depuis des décennies a été particulièrement souligné : la perquisition, le 7 janvier dernier, de la librairie féministe Violette and Co.

16/01/2026, 18:22

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L’industrie du livre, ou l’art délicat de se concentrer en feignant de s’en foutre

Il y a dans l’industrie du livre quelque chose d’un ballet étrange : une danse de bilans déficitaires, de discours vertueux, de concentrations “raisonnables” et de communiqués qui jurent, la main sur le cœur, que tout cela se fait au nom de la diversité. On fusionne pour mieux défendre la pluralité, on rationalise pour préserver la création, on licencie pour sauver la chaîne du livre — cette créature mythologique que tout le monde invoque mais que plus personne ne nourrit vraiment.

16/01/2026, 12:22

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Feryane, 34 ans de grands caractères : “Une belle aventure“ qui s’achève

Créée en 1991 et basée à Viroflay dans les Yvelines, la maison d’édition Feryane, spécialiste des rééditions en grands caractères, a annoncé sur son site sa cessation d’activité au 31 décembre 2025. L’entreprise familiale laisse derrière elle plusieurs centaines de titres, et une histoire de lecture partagée, portée dès l’origine par une femme convaincue qu’un lecteur malvoyant devait pouvoir lire « la même chose que sa cousine ».

15/01/2026, 17:10

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Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf : le cri d’une mère courage

« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

15/01/2026, 16:46

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Et si le webtoon sauvait la BD sur smartphone ? L’expérience inattendue de Bang !!

À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.

15/01/2026, 16:09

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“La mémoire des Européens semble figée et anesthésiée“ : entretien avec François-Michel Durazzo

Première moitié du XIXème siècle… Fils d’une tenancière de bordel, l’aventurier viennois Redo Hauptsammer débarque dans l’austère commune de Szonden, bourgade imaginaire située dans le détroit de l’Oder, en Prusse orientale. Par Étienne Ruhaud.

14/01/2026, 11:48

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Laâyoune, en attendant : entre football et Maroc, le Sahara face au réel

“Les sources“. En arabe, cela se dit Laâyoune, aujourd’hui la plus importante ville du Sahara occidental. Riche en nappes phréatiques dans une zone de désert, la ville a toujours représenté un lieu de repos. Et d’approvisionnement. En eau. Donc en vie. Et c’est là que Nicolas Rouillé installe son nouveau livre, Laâyoune, en attendant. Et malgré le silence du désert, de nombreux échos se font entendre. 

14/01/2026, 11:15

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Simon de Jocas : “Être éditeur, c’est aller à la rencontre de l’autre”

Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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À Marseille, des livres de montagne et de nature pensés pour les enfants

À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.

 

13/01/2026, 10:00

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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“L’édition n’est pas épuisée. Elle est saturée”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 8. Il fallait marquer une pause, pour vous autant que pour moi. J'ai partagé pas mal de choses dans ces colonnes, mais les confiseurs n'ont pas le monopole de la trêve. Je m'appelle Victoire. J'ai eu la révélation que je cherchais.

10/01/2026, 10:38

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“Connaisseur averti du temps incertain” : Michel Jeury, une longueur d’avance sur notre époque

Figure majeure et pourtant trop discrète de la science-fiction française, Michel Jeury aura profondément marqué la littérature de l’imaginaire en bouleversant notre rapport au temps, au langage et à la conscience. À l’heure où sa Trilogie chronolytique s’apprête à renaître en librairie, cet article propose une traversée mémorielle et critique de l’œuvre d’un écrivain essentiel, à la croisée du romanesque terrien et des audaces conceptuelles de la SF, dont l’héritage continue d’irriguer silencieusement notre présent.

09/01/2026, 10:51

ActuaLitté

Lettre à nous, les hyper-délirants : “Vivre est bien souvent devenu une pathologie qui réclame la molécule idoine”

Particulièrement sensible aux commentaires survenus suite à la publication de sa Lettre à Nicolas Demorand, l’auteur Christophe Esnault a voulu revenir sur le sujet. « J’y ai vu beaucoup de personnes en souffrance psychique, aussi je me pose en hyper-délirant et ai écrit ce texte sous neuroleptique, comme tout ce que j'ai écrit depuis à peu près quinze ans. » En découle le texte qui suit.

08/01/2026, 12:33

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Un nouveau bilan dans votre boîte mail : de belles découvertes

2026 pointe le bout de son nez et Elsa l'accompagne avec quelques dernières recommandations, un bilan personnel et de bonnes résolutions. En avant la musique !

07/01/2026, 17:15

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ActuaLitté a réuni 1,7 million de lecteurs en décembre 2025 : et vous ?

Allez savoir pour quelle raison les débuts d’année sont propices aux bilans des mois passés : un côté bicéphale janusien, probablement. Pas encore détachés de ce qui s’achève, on peine à se projeter dans l’avenir. Ou bien, puiser des forces dans les réussites qui insuffleront l’énergie indispensable. En ce mois de janvier, c’est bien le cas : notre média a explosé les compteurs.

07/01/2026, 16:53

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Grand bal parlementaire : quand les artistes-auteurs et autrices imposent leur musique

Il faut forcément un événement d’importance pour m’arracher à mon Angleterre chérie et m’éloigner de mes cottages humides et de mes thés parfaitement infusés. Mais les réjouissances de décembre et l'organisation de grands bals constituent une excuse parfaitement recevable. Plus encore lorsque ces festivités se tiennent à Paris… Tenez-vous le pour dit, moi, Lady en Passant revient en cette nouvelle année. Avec mes meilleurs voeux...

07/01/2026, 10:51