“Le racisme est une création des Blancs“, ou décoloniser la British Library

Nicolas Gary - 31.08.2020

Edition - Bibliothèques - Racisme blancs invention - British Library directrice - racisme société création


Le mouvement Black Lives Matter ne s’essouffle pas : au contraire, il prend des proportions inattendues dans le reste du monde anglo-saxon. Pour preuve, l’intervention de la bibliothécaire en chef de la British Library. Liz Jolly souhaite purger le racisme qui émane de l’établissement, sous toutes ses formes.

The British Library


Dans un papier-choc du Telegraph, on apprend ainsi que Liz Jolly s’est fendue d’un message sans appel : « Le racisme est la création des Blancs », assure-t-elle. Et d’embrayer sur un appel majeur dans la relation que l’institution entretient avec son histoire et celles de minorités brimées. 

La British Library aurait en effet de quoi servir de symbole à l’impérialisme, tant elle semble ancrée dans une histoire d’avant. Et sans renier cette dernière, le personnel de l’établissement vient d’obtenir le plein soutien de sa hiérarchie pour décoloniser les lieux, et en finir avec « la violence coloniale », qui se retrouve ici ou là.
 

Pas un nettoyage, une ouverture


Dans un document inédit, qu’accompagne un courrier signé de centaines d’employés, cet état d’urgence est acté : chasse aux messages eurocentrés et discriminants. Pour exemple, les cartes du monde, ou encore les statues des pères fondateurs — et même la collection de musique classique, exclusivement occidentale…
 
Or, la BL chavire aussi : depuis qu’un appel aux dons à destination du mouvement Black Lives Matter a été adressé aux personnels, les budgets de fonctionnement sont menacés par des opposants politiques mécontents. C’est ici qu’intervient Liz Jolly : « Je pense, comme je l’ai déjà dit, que nous devons nous assurer que certains collègues blancs soient impliqués, car le racisme est une création des blancs. »

Immédiatement, la presse britannique a foncé sur les détails : Liz Jolly perçoit entre 120.000 et 125.000 £ pour son boulot. Scandale : autant d’argent pour si peu de reconnaissance du monde post-colonial ? « Si la bibliothécaire en chef est si mécontente de l’histoire britannique, elle ne devrait peut-être pas occuper ce poste », interroge le député conservateur Ben Bradley.
 

Un contre-sens ?


Pourtant, la création d’un groupe de travail sur la décolonisation de la British Library ne semble choquer personne. Le travail de ses membres s’intègre dans l’Anti-Racism Project, soutenu par le directeur général même de l’établissement, Roly Keating. 

Or, ce même député récidive : « Suggérer que le racisme n’aille que dans une seule direction, des blancs vers les personnes BAME, est catégoriquement faux, incendiaire et source de division. » 

La British Library doit rouvrir ce 1er septembre, et ses quelque 200 millions d’objets donc beaucoup restent des témoignages majeurs de l’histoire britannique, et occidentale — à l’instar de la Magna Carta. Un porte-parole de l’établissement a assuré que rien n’aurait changé quand les visiteurs reviendront en ce jour d’ouverture des portes. 

Et que l’on verra la suite après…

crédit photot British Likbrary - Steve Cadman, CC BY SA 2.0


Commentaires
Je suis perplexe...

On n'a pas le droit de méconnaître l'histoire lorsque l'on est censé ou censée travailler pour la transmettre.

Il y a eu des marchands d'esclaves blancs évidemment (et anglais comme par exemple Colston dont la statue a été très malmenée à Bristol le 7 juin 2020),arabes (la traite arabo-musulmane dont on parle moins) et africains noirs, collaborant avec les esclavagistes.

La réalité est ce qui prime et hélas le racisme existe et a existé partout.

Cela gêne, on nie ?

Pas d'accord.

Le vrai progressisme ne peut être basé sur le révisionnisme, le mensonge.

L'auteur de ces lignes a la passion, le culte du vrai, du réel.

Ennemi juré de l'imposture, de la novlangue tant pour la forme que pour le fond, qui souvent s'interpénètrent.

«Une invention blanche» ?

Moi je suis moins bisounours que cela...

Une constante de l'humanité plutôt.

Et non seulement de la race blanche.

Rappel: en bonne logique, si pas de race, pas de racisme !

Aucune envie de réintroduire un débat sur ce faux sujet bidon; et les dicos n'ont pas supprimé ce mot, tant pis s'il écorche certaines oreilles:ce n'est pas ma faute !

Le supprimer pour des raisons purement cosmétiques en cachant cette motivation sous des prétextes sans queue ni tête est totalement malhonnête, sans aucun support réel.

C'est à nous à envisager ce substantif de manière neutre.

Le mot, neutre et factuel -on est blanc ou noir ou jaune etc.- ne pose aucun problème: c'est la charge affective négative qui s'y rattache qui en insupporte certains, qui veulent donc tuer ce terme et l'interdire pour quiconque.

Cela «me» déplaît, cela ne peut plus exister !

Une démarche de nature totalitaire, même à ce microniveau.

L'humanité blanche -ce qui est totalement imprécis et vague - a vraiment beaucoup à se reprocher: c'est une évidence.



Même si un crevard ou un précaire, un défavorisé blanc d'aujourd'hui, sincèrement non raciste, n'a pas à être stigmatisé en tant que Blanc (le fameux «privilège blanc» dans des vies qui sont pénibles et absolument pas privilégiées...), comme une certaine mode idéologique souhaite rendre cela normal depuis peu.

Il s'agit là d'un «racisme progressiste», qui serait acceptable ou quoi ?

Né blanc, né coupable...

On n'avance plus là, on recule ou on tourne en rond...les yeux bandés !

Au-dessus du masque...!

On pulvérise le schmilblic !

En Belgique nous avons divers musées, et un Africa Museum à Tervuren.

Lui justement décolonisé il y a peu, avec un nouveau nom (anglais: cette colonisation linguistique existe...infiniment moins grave, tout de même !).

Dans cet Africa Museum, le point de vue surtout congolais, politique, culturel, artistique est enfin parfaitement mis en valeur.

Avec le concours d'historiens et professeurs congolais.

Un virage en épingle à cheveux en opposition frontale à la présentation du type propagandiste (pour le Congo comme colonie belge puis ex-colonie à partir de juin 1960) qui prévalut durant des décennies.

Cette évolution est logique, harmonieuse, juste, éthique et n'offense pas l'histoire.

En créant de fausses images d'Épinal -une métaphore évidemment- nouvelles.

Elle remet les choses en perspective et c'est un grand changement opéré avec intelligence et intégrité, selon l'opinion générale (même si je ne suis pas spécialiste en la matière).

Mais si je me rends à la British Library -je l'ai fait une seule fois -n'est-il pas légitime d'avoir accès à l'histoire de ce pays-là ?

Maintenant on la baptise de raciste...

Il me semble que chaque pays du monde a le droit d'abriter et de financer un musée ou plusieurs retraçant l'histoire dudit pays !

Parce que c'en est le thème, tout bêtement.

Si le racisme est à combattre, il faut que ce soit sur de vraies bases sérieuses et étayées.

«Le racisme est une invention de Blancs»...le racisme est une constante de l'humanité, avec des oppresseurs et des opprimés depuis toujours.

Et l'opprimé d'hier peut devenir l'oppresseur de demain.

Ce qui fait penser à la fameuse phrase qui est un concentré de cynisme: «Un opprimé est un oppresseur sans moyens» !

N'oublions pas les massacres interethniques...

Il y en eut de toutes les couleurs.

Y compris au Rwanda et sa Radio Mille Collines...

Cela n'est pas arrivé pour les Indiens...entre eux je précise !

Ou bien je n'en ai pas connaissance.

Eux ont parfois été massacrés, comme à Wounded Knee et ces centaines d'Indiens -aujourd'hui on dit Amérindiens -massacrés par l'armée américaine le 29 décembre 1890...

J'ignore qui les a inventées, ces horreurs...

Satan ou Lucifer ?

De quelle couleur est-il ou est-Il ?

(J'ignore en fait si l'article défini pour le Diable appelle une majuscule initiale !)

Je ne voudrais pas terminer sur une vision aussi... sombre de l'humanité !

Puisque les gens évolués rejetant naturellement le racisme, ont toujours existé.

Curieux de penser qu'aux U.S.A., ce sont les démocrates qui au 19è siècle se trouvaient du côté des esclavagistes !

Sidérant de réaliser que le nazisme, souvent associé aujourd'hui à l'extrême droite (qui aujourd'hui s'en défend certes) était à l'origine une doctrine dite de gauche: national socialisme, eh oui !

Comme quoi la vérité d'un jour n'est plus celle du lendemain.

Soyons avides de l'Histoire examinée avec une vision panoptique et authentique en refusant tout prisme idéologique quel qu'il soit.

En nous occupant de la réalité telle qu'elle fut et telle qu'elle est: c'est une meilleure attitude que tous ces jugements définitifs -croit-on-

avant tout émotionnels et comme imposés.

Un socle de connaissances fouillées et avérées avec exigence et compétence est plus précieux que des postures même parfois sincères (je sais que c'est contradictoire) mais la sincérité -lorsqu'elle est présente- ne suffit pas.

Alors qu'avec une vraie démarche historique sans oeillères, les jugements et éventuelles décisions qui s'ensuivent, quand c'est le cas, s'approcheront beaucoup plus d'une honnêteté et d'une justesse infiniment souhaitables !

CHRISTIAN NAUWELAERS
L'être humain aime (ce) ceux qui lui ressemblent et s'identifie à eux. L'étrange, l'étranger, le différent l'inquiètent par contraste: c'est l'inconnu qui n'inspire pas confiance et pourrait nuire; il est rarement objet d'amour et d'identification.

Cela se produit dans toutes les cultures et est latent à n'importe quelle époque (le degré de violence de son expression seul varie). On a donné des noms différents à ce phénomène selon l'identité des victimes, parmi lesquels: racisme, antisémitisme, xénophobie, etc.



Ce qu'on peut faire pour ne pas tomber dans le piège: connaître le mécanisme et éviter de le mettre à l'oeuvre contre qui que se soit; dominer sa peur (souvent insensée) de l'autre en se documentant sur lui (contact direct, voyage, lecture, études, etc.) et surtout fuir l'adhésion à toute doctrine qui le recommande, le justifie ou le glorifie. Attention au lavage de cerveaux, déguisé ou vibrant.



De toute façon, l'humanité de répète, prudence donc.
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