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Salons et festivals du livre : quand Paris méprise la province

ENQUÊTE – « Estomaqués. » « Aberrant. » « Marasme. » Les termes qui viennent à la bouche des organisateurs de salons du livre déclinent à l’envi l’exaspération. Découvrant les nouvelles dates de Livre Paris présentées en fin de semaine dernière, plusieurs d'entre eux ont fait part à ActuaLitté de leur vif mécontentement. Pour dire le moins. L'événement parisien n'a clairement pas regardé où il posait ses valises. Ni quand.

Le 21/10/2020 à 16:47 par Nicolas Gary

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21/10/2020 à 16:47

Nicolas Gary

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ActuaLitté

Épinal, avec ses Imaginales, ou encore le Festival du livre de Nice, celui consacré au Premier Roman à Chambéry, Oh les beaux jours à Marseille, et d'autres… Plusieurs manifestations ont retenu leurs dates pour 2021, en jonglant avec les contraintes sanitaires connues. En vertu des territoires, cette profusion autour du 28 au 31 mai impliquerait des adaptations – habituelles pour beaucoup.

Mais que soudainement, le salon du livre de Paris décide de reporter précisément à cette période son rendez-vous prévu du 20 au 23 mars, voilà qui bouleverse tout. Quelle que soit la taille de la manifestation alors concernée.

De même, la Comédie du livre échappe à la sanction : Philippe Saurel, président de Montpellier Méditerranée Métropole, avait décidé l’annulation de 2020, se projetant sur 2021. Ainsi, la fête s'établira du 4 au 6 juin. « Donc le déplacement du Salon du Livre Paris n’aura pas d’incidence sur notre manifestation », indique-t-on à ActuaLitté. Soupir de soulagement. Idem pour Étonnants voyageurs, qui intervient durant le week-end de la Pentecôte, juste avant.

Toutefois, la Croatie doit toujours en être l’invitée d’honneur : quid de la proximité des événements pour les responsables croates ? Faudra-t-il choisir pour éviter l'épuisement ? Mais pour deux qui en réchappent, ils sont légion à voir d'un oeil sombre « un coup pendable », annonce-t-on.

Mieux vaut en rire, alors...

Fabienne Pochart, responsable de Époque, le salon du livre de Caen, en charge de la Direction de la Culture pour la ville, ne pouvait pas être contactée au moment de la parution. Pour autant, l’événement doit se tenir du 28 au 31 mai 2021. À la mairie, ce revirement n'est pas spécialement apprécié : d’une année sur l’autre, les dates sont positionnées, et celles de 2021 n'avaient pas fait défaut.

Emmanuelle Dormoy, première adjointe à la Culture pour la mairie, suggère pour sa part« de réagir avec ironie, car il n’y a rien d’étonnant à tout cela. On apprend par la presse non une annulation, mais un report sans aucune concertation, et l’on découvre les dates, consternés ». Or, si règne une profusion en ce mois de mai, « les auteurs acceptent assez facilement de partager leur temps » pour intervenir sur une même période à deux endroits .

« Livre Paris, sans même une information préalable ni des avis pris auprès des organisateurs de salons démontre que la décentralisation est loin d’être accomplie dans le pays. En dehors de la capitale, c’est connu, rien ne vit, rien ne bouge », poursuit-elle. 

Époque n’a pour le moment pris aucune décision : prendre en compte, attendre, « cela découlera aussi des actions des autres villes, mais une réaction collective semble nécessaire pour dénoncer une manière de faire que personne n’apprécie ». 

Pareille mobilisation dépasserait d’ailleurs – et aisément – les clivages politiques qui peuvent exister entre municipalités, selon elle. « Leur choix a des conséquences qui dépassent les orientations de chacun. Et nuisent aux actions que mènent tous ces territoires, dont les événements ont une véritable stature », analyse l’adjointe à la Culture. 

« Et je ne m’avance pas en affirmant que les auteurs se sentent plus considérés dans nos manifestations. Et des auteurs satisfaits, ce sont des éditeurs satisfaits. » Cependant, pour Époque, qui a opté pour des débats, la présence des auteurs devient indispensable. « Notre projet est de donner la priorité à la création, et pour ce faire, nous montrons une extrême attention aux problématiques connues — comme celle de la rémunération », souligne-t-elle. 

« Les créateurs ont en effet besoin des salons, en tant qu’ils les rapprochent du public, mais permettent également une rémunération. Tout cela est fort dommageable, quand le champ entier de la création artistique aurait besoin de soutiens. »

“Là, on prend une averse !”

Jean-Marie Gourio, qui organise depuis une dizaine d’années la fête du livre de Talloires, sur les bords du lac d’Annecy, le souligne. « Habiter, c’est faire. Et comme je suis un artisan du livre, j’ai voulu organiser une fête du livre. J’aurais monté celle des abeilles si j’avais été apiculteur. » Avec près de 25 auteurs invités chaque année, et quelque 6000 personnes qui viennent sur les deux journées de la manifestation, l’arrivée du mastodonte Livre Paris « devient catastrophique ».

Et d'ajouter : « Nous avons toujours conçu les dates de la Fête pour nous glisser entre les grands événements : Saint-Malo, Marseille… D’ordinaire, on passe entre les gouttes : là on prend une averse ! Serge Joncour avait accepté l’invitation, François Morel également : comment maintenir leur présence si l’on doit lutter avec Livre Paris ? »

Tout cela pour un salon parisien « qui est trop cher, où les éditeurs renâclent à venir et qui pourtant s’installe et pose ses valises sans crier gare », déplore Jean-Marie Gourio. « Paris, cette grosse machine qui broie, et finit par s’effondrer… Définitivement, pour nous, c’est une catastrophe. À Talloires, tout le village est impliqué, jusque dans le financement, parce que le CNL ne nous soutient pas — seules la région, la mairie et quelques aides privées nous permettent de mener l’organisation à bien. »

Avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête : comment faire ? Repousser ? Reporter ? « Et s’ils ne parviennent pas à faire l’événement, vont-ils le rebouger ? Quelle avanie pour nous ! »

“C'est irresponsable”

Certains mâchent moins encore leurs mots : « On s’attendrait à ce que des initiatives fortes soient portées par le Syndicat national de l’édition [coorganisateur de Livre Paris, NDLDR] : là, ils font tout le contraire. Alors oui, on est furax. Obéir et respecter les contraintes qui émanent du gouvernement, c’est une chose : se faire écraser de la sorte par un salon d’ampleur nationale, c’est minable », entend-on dans le sud.

« En fait, c’est irresponsable : tout le secteur est touché, et voilà que Paris, sans se préoccuper des répercussions, annonce des dates dont on se demande même s’ils ont prêté attention aux conséquences qu’elles auront. Ce n’est pas fair-play de priver ainsi des territoires d’opportunités : évidemment, les maisons devront faire des choix. C’était déjà le cas, puisque nous sommes plusieurs à intervenir sur cette période. Simplement là, c’est l’éléphant dans le magasin de porcelaine. »

Plus loin, à Nice, le festival nous indique que « nous ne bougerons pas nos dates. Nice se déroule depuis des années fin mai, rien ne changera ». Acté. Et l'enthousiasme du maire Christian Estrosi pour cette fête ne sera pas terni par les dates parisiennes.

Aucune concertation préalable

Depuis Marseille, Fabienne Pavia et Nadia Champesme, coorganisatrice de Oh les beaux jours, ne cachent pas leur déception. Ces nouvelles dates de Livre Paris sont clairement problématiques pour le festival. « Nous avons en effet été surprises d'apprendre par la presse ces nouvelles dates. Il semble qu'aucune des manifestations qui se tiennent en région à ces dates n'ait été prévenue et qu'il n'y ait eu aucune concertation initiée par les organisateurs de Livre Paris... »


crédit Festival Oh les breaux jours, Marseille

Néanmoins, Oh les beaux jours ! est un festival littéraire, non un salon du livre. Autrement dit, pas de stands d'éditeurs : seuls les auteurs sont invités et leurs livres vendus par les librairies partenaires. Ainsi, « les auteurs sont là pour des temps longs de rencontres avec le public et pour des formes scéniques enrichies que nous imaginons en lien étroit avec eux ». À cette heure, le programme est « déjà très avancé et aucun auteur n'a pour le moment annulé. Et puis Paris n'est qu'à trois heures de train de Marseille », glissent-elles, sereines.

Est-ce à dire que certains éditeurs ne se rendraient qu'à un des deux événements ? « Le salon du livre de Paris accueille de moins en moins d'éditeurs, du moins parmi ceux qui sont concernés par nos invitations. Et puis rares sont les éditeurs qui restent cinq jours derrière leur stand… », observent-elles.

« Quant aux auteurs, là encore nous sommes confiantes et pensons qu'une invitation à Marseille, aux beaux jours, constitue pour eux un vrai temps de création et de rencontre qui leur fera davantage envie. Nombreux sont les invités qui en profitent pour venir accompagnés et entrecoupent leur participation au festival par un petit plongeon dans la Méditerranée ! » 

Surtout, la manifestation phocéenne échange régulièrement avec les organisateurs d'événements qui se tiennent aux mêmes dates – comme les Assises du roman à Lyon. « Nous essayons de mutualiser intelligemment  la venue d'auteurs, étrangers notamment. Nous en ferons de même avec les éditeurs. » Mais pour ce qui est des dates, elles ne bougeront pas : « Nous travaillons avec des institutions comme le MUCEM. Nous avons opté pour la fin mai afin de les sanctuariser. »

L'espace médiatique monopolisé

Du côté de Chambéry, la directrice Olivia Benoît-Bombled grince des dents. « Le festival ne sera pas vraiment mis à mal, parce que nous invitons strictement des primo-romanciers. En revanche, nous comptons toujours sur 7 ou 8 auteurs confirmés qui reviennent pour accompagner les lauréats. Là, ce sera plus délicat. »

Chapiteau du festival
photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Structurellement, la manifestation fait aussi appel à un grand nombre de modérateurs issus de la presse littéraire, « et là, ce sera plus compliqué : certains seront immanquablement sollicités par Livre Paris, ce qui nous rendra la tâche plus ardue ». Pour le reste, les mêmes causes provoquent les mêmes effets, indique-t-elle : « Nous tâchons d’éviter les dates des grands rassemblements, pour garantir l’existence et la visibilité du festival. »

Avec un projet monté sur cinq années, jonglant sur les différents événements de la ville, Chambéry se retrouve contraint. « L’arrivée de Livre Paris fait peur, c’est évident. Avec les autres manifestations présentes sur ce créneau, nous cherchons à collaborer pour simplifier la logistique et les déplacements. C’est clairement du mépris, qui ignore ce qui se passe dans le pays. »

Mais plus gênant, la directrice pointe les difficultés à exister médiatiquement dans la perspective où Livre Paris accaparera toute l’attention. « On se bat déjà pour avoir un minimum de présence, jusque dans la presse nationale : en mai prochain, personne n’existera d’autre que Livre Paris. Même les chaînes régionales focaliseront leur attention sur ce qu'il s’y passe. »

Or, pour un événement dédié aux primo-romanciers, qui ont besoin de cet espace dans les journaux, « l’omniprésence de Livre Paris provoquera un goulot d’étranglement. Faire exister les jeunes auteurs dans la presse fait aussi partie de nos missions, et c’est qui rend des festivals comme le nôtre indispensables ». Rivaliser avec le mastodonte de la Porte de Versailles « ajoute une problématique dont on se serait volontiers passés ».

Imaginales the people... Living life in peace...

À 150 km de Verdun, Épinal se souvient bien des enjeux médiatiques : « Quand le centenaire de la Guerre de 14 a réuni tous les chefs d’État, ça a pris de la place dans les journaux, alors que les Imaginales battaient leur plein. Il a fallu composer avec… », note Stéphane Wieser, directeur affaires culturelles de la ville et de la manifestation, consacrée aux littératures de l'imaginaire. « Certainement, les journalistes privilégieront le plus efficace… » Donc le plus gros ?

« Bien sûr, on se pose des questions sur la manière de faire, quand un organisme comme le SNE, impliqué dans la filière, prend ces décisions », reconnaît-il. « Cependant, c’est difficile pour tout le monde : la période nous épuise, chacun essaye d’exister, de faire. Je suppose qu’ils ont leurs obligations – qui n’empêchent pas de prendre des contacts préalables. »

Du reste, le changement de dates ne gênera pas les Imaginales de 2021. « Pour les maisons, l’embarras serait réel : toutes celles de l’imaginaire font leurs plus grosses ventes avec Livre Paris et les Imaginales. Il ne reste que l’ubiquité pour les éditeurs. Quant aux auteurs, on sait qu’il y aura des choix – de même pour les visiteurs qui ne quitteront pas Paris pour nous rejoindre. » Dans une moindre mesure toutefois.


Imaginales - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

« Nous vivons une telle sidération depuis des mois, entre les annulations en cascade, le confinement, le couvre-feu, les menaces sanitaires : on a avant tout besoin de solidarité, vis-à-vis des libraires et des auteurs. Plutôt que fatalistes, prôner la philosophie. » Épinal, qui pose ses options de dates sur 4 années ne bougera rien : « Ça plongerait tout le monde dans des imbroglios de calendriers, avec plus de prise de tête encore. »

Un gros salon, en plein Covid...

Quant aux circonstances, « elles sont ce qu’elles sont. Livre Paris a mis en place un îlot de l’Imaginaire en 2018, peut-être que nous n’y sommes pas étrangers ? Notre projet s’inscrit sur le long terme et nous accompagnons depuis des années ces littératures de mauvais genres – jusque dans le domaine universitaire. » De la sorte, les relations avec les éditeurs et les auteurs « nous les avons bâties sur autre chose qu’une simple zone de chalandise. À ce titre, Livre Paris représente plus de visiteurs : j’imagine que chacun observera son compte d’exploitation avant de se décider ».

Avec à l’esprit que cette course à l’échalote du salon aux plus gros chiffres possible ne fait plus sens. « On s’en rend bien compte : la crise actuelle nous interroge tous, et le déballage de dizaines de milliers de festivaliers ne fera pas recette à l’époque de la distanciation sociale », ajoute Stéphane Wieser. 

« C’est la capacité d’accueillir dans les meilleures conditions qui distinguera – convivialité, chaleur, ambiance… En mai, on peut imaginer que les masques seront toujours là, les gestes barrière encore à respecter. Dans ce contexte, être un gros événement ne représente plus un avantage. » Sauf que le volet économique du salon du livre de Paris est fondamental pour le Syndicat des éditeurs…

La dichotomie entre Régions et Paris

À Lyon, doivent enfin se tenir les Assises du roman. Lucie Campos, directrice, et Rozenn Le Bris, directrice adjointe de la Villa Gillet, « s’associent pleinement à cet étonnement, de ne pas avoir été au moins informées en amont, sinon consultées. Comment ne pas envisager une concertation entre les différents acteurs du livre sur nos territoires » ? 


crédit : Villa Gillet

Les dates des Assises furent annoncées il y a un an et rappelées voilà trois semaines à la demande du Centre national du livre, qui consulte l’ensemble des événements pour avoir un calendrier. 

Et de souligner la richesse hexagonale qui vient de « l’ensemble des propositions littéraires, en regard d’autres pays déficitaires en matière d’événement autour du livre. Époque, Oh les beaux jours ou les Assises, sont autant de rendez-vous qui redessinent les échanges entre territoires et littérature. Et quand on travaille en région, la conquête d’un public est plus complexe ».

La Villa rejoint donc les organisateurs des autres festivals touchés : disposée à échanger avec eux pour faire entendre leur voix, la Villa se veut aussi à l’écoute « des autorités compétentes pour Livre Paris ».

Et d’ajouter : « Nous avons envie de croire que cette coïncidence n’entraînera pas de difficultés, mais restons estomaquées du procédé. Et nos tutelles et financeurs — le président de Région, la Drac, la mairie de Lyon et la Métropole — seront évidemment informés. » Association, la Villa Gillet déplore surtout « cette dichotomie entre les Régions et Paris. Nous interviendrons de concert avec nos confrères pour faire entendre notre étonnement ».

Et le combat cessera, faute de combattants ?

Pour une souris grise qui a longtemps arpenté les allées de la manifestation parisienne, la conclusion s'impose : « Le plus drôle, c’est que ces événements vont avoir lieu quand Livre Paris sera annulé faute d’exposants ! » 

L’absence proverbiale du groupe Hachette — dont seules les structures Livre de Poche et Audiolib sont présentes, toutes deux filiales partagées avec Albin Michel —, celle désormais actée ou quasi d’Editis, sont à prendre en compte.

L’épisode de 2019 avait aussi provoqué la colère d’Antoine Gallimard, qui découvrait juste à côté de l’espace Madrigall (Gallimard, Flammarion, Casterman) Amazon en guise de voisin. En réaction, la voilure devait être largement réduite pour 2020 — seules les maisons poche, Folio et J’ai lu étaient prévues —, mais le salon annulé, personne n’en saura rien. 

Qu’en penseront Actes Sud, Delcourt, Glénat ou d’autres maisons ? Réponse prochainement…

ActuaLitté apprend également, en dernière minute, qu’un dernier acteur risque de se fâcher tout rouge. Le festival international de la BD d’Angoulême, qui a prévu de se scinder en deux pour 2021 — une première salve du 28 au 31 janvier et une seconde « dans la période printemps-été ». Or, ce sont, semble-t-il, les dates posées par Livre Paris qui devaient être retenues…

mise à jour 23/10 - 15h30 : 

Franck Bondoux, directeur de Neuvième Art +, organisateur du Festival International de la BD d'Angoulême, répond aux questions de ActuaLitté sur cette problématique calendaire. « La catastrophe, on y sera si Angoulême et Livre Paris arrivent en frontal l’une de l’autre. »

crédit photo : Incredible Hulk, ErikaWittlieb CC 0

13 Commentaires

 

Jujube

21/10/2020 à 17:45

Quelle tristesse, tous ces reports et imprévus, ça fait mal et ça vexe. C'est tellement moche de se sentir impuissants et subir telle dépendance. Chacun choisira sa manière personnelle d'encaisser ce malheur. Accepter et conserver patience n'est pas une si mauvaise idée, après tout. Oui, ça énerve, mais cette saloperie de virus finira par crever un jour.

Jean-Pierre Duval

21/10/2020 à 17:46

Quand au CNL c'est pire ! il y a un soutien "covid" automatique (de plusieurs millions d'euros) aux maisons d'éditions françaises... enfin celles qui font plus d'un demi-million de chiffre d'affaires... les autres maisons d'éditions ont droit à zéro euro... c'est pourtant bien les petites et moyennes maisons qui sont souvent les plus créatives... le CNL a fait le choix d'engraisser celles qui publient des livres de recettes au Nutella, etc. Ecœurant !

Gilles kujawski

21/10/2020 à 18:10

La sortie de Covid 1 a apporté la preuve que les libraires d'abord, toute l'économie du livre ensuite, peuvent se passer de "Livre Paris" (que je continuerai mordicus de nommer "le salon du livre de Paris"). Il faut cependant en refonder l'idée : les livres, ce sont aussi des professionnel(le)s qui aiment à se retrouver, échanger, débattre, des publics qui retrouvent ou découvrent les éditeurs et les auteur(e)s et profitent d'une production non-dématérialisée, une ambiance de fête... C'est tout celà qu'un nouveau salon du livre devrait proposer.

Sinon, laissons Amazon se faire le salon du livre seul. Congélation et inhumanité garanties. Ou qu'Amazon convertisse le salon de la porte de Versailles en parking pour ses camions, et en cage géante pour salarié(e)s surexploité(e)s.

Ismaël

21/10/2020 à 20:38

Sans doute, comme dirait Shakespeare, « beaucoup de bruit pour rien »… Livres Paris c’est, en 2019, 160 000 visiteurs sur trois jours. Quelqu’un ici croit vraiment que les mesures sanitaires, en mai, comme en mars, auront disparues ??? Il y a 99Þ probabilités que non… Port du masque, gel hydroalcoolique, mais aussi distanciation, interdiction de restauration debout, etc. et enfin et surtout jauge maximum dans un lieu clos (ce qu’est la Porte de Versailles pour rappel) seront de rigueur. Donc quoi ? Dans le meilleur des cas, ce sera une jauge à 5000 personnes maximum. Cela signifie quoi ? Que Livre Paris devra instaurer des comptages à l’entrée pour s’assurer qu’il n’y ait, à un instant T, pas plus de 5000 personnes dans les lieux… Casse-tête sans nom à organiser (et sans doute cher de surcroît) avec des portiques de comptage, des files d’attente à l’extérieur en maintenant un mètre de distance entre chaque personne, la gestion différenciée des entrées payantes et des gratuites ou sur invitations, etc… Sans compter le manque à gagner évident pour finir, avec beaucoup moins de public et des recettes de ventes encore plus médiocres que d’habitude (puisque chacun sait qu’il est rare que les ventes de Livres Paris puisse couvrir les frais de location de stands pour les éditeurs…), et donc aussi des éditeurs absents et un salon réduit à peau de chagrin (l’espace va déjà en décroissant depuis bien des années). Résumons : contraintes sanitaires, casse-tête logistique, surcoût, manque d’éditeurs exposants, public en berne, ventes médiocres… Livres Paris… je ne vois pas comment il aurait lieu l’an prochain.
N’oublions pas, pas de vaccin avant l’été au mieux, et même si un vaccin existe à cette date, il faudra des mois pour une vaccination suffisante (si tant est que les gens l’acceptent) afin de faire reculer l’épidémie. Or, le problème n’est plus l’épidémie en tant que telle aujourd’hui, mais la saturation des hôpitaux. Le temps que chacun se vaccine, qu’un niveau raisonnable soit atteint dans la population pour éviter cette saturation, les mesures sanitaires auront cours… et impacteront fortement les manifestations de très grande taille (pour exemple, la plupart des grands festivals de musique parlent d’une reprise « à la normale » pas avant 2022 ou 2023).
Small is beautiful : les autres événements, de la Fête du livre de Talloire au Festival du premier roman de Chambéry, en passant par la Villa Gillet ont des jauges beaucoup plus réduites et éventuellement bien plus compatibles avec les mesures sanitaires, sans compter l’éclatement des lieux de rencontres et un rapport de gestion du public beaucoup plus maîtrisé (on est loin des foules s’amassant à l’entrée de Livres Paris et se collant dans les allées du salon le soir de l’inauguration pour ensuite s’engouffrer dans un métro où elles s’agglutineront à nouveau…). Ils ont raison de maintenir leurs dates en l’état. Livres Paris ne leur fera de l’ombre que jusqu’au début de l’année, au pire jusqu’au printemps… ensuite ce sera annulé, mais les événements de province eux, réadaptés pour la plupart, se tiendront.

Editions Evalou

21/10/2020 à 21:36

Zut alors!! :gulp:
Les éditions EVALOU auraient bien pris un stand au salon du livre de Paris 2021, non sans avoir préalablement hypothéqué nos pavillons et voitures personnelles pour financer la location du stand, mais nous avons justement piscine à ces dates là! :)
Du 2O au 23 mars, on ne pourra donc pas être présents!!
Comme c'est ballot... On passe notre tour! :cheese:

Gilles Kujawski

21/10/2020 à 22:17

Issue optimale pour les éditions Evalou, qui leur donnerait accès à un stand au salon du livre et en place stratégique : la prise de contrôle sans délai des groupes Hachette et Editis. Ne resterait qu'à interdire l'accès du salon aux autres éditeurs des deux groupes, et le tour serait joué.
A quand le tour de table ?

Poil à gratter

22/10/2020 à 07:59

C'est bien cette fronde unitaire : je voudrais juste poser une question. Est-ce que tous les auteurs invités sont défrayés et payés pour leur journée de présence ?

crocblanc

22/10/2020 à 09:30

On peut critiquer Livre Paris sur bien des aspects mais là c'est absolument ridicule. "L'évènement parisien n'a clairement pas regardé où il posait ses valises. Ni quand."... Il y a des centaines voir des milliers de salons et autres événements littéraires chaque année en France, quelles qu'aient été les dates retenues par Livre Paris, il y aurait eu des mécontents.

Gilles Kujawski

22/10/2020 à 10:55

L'article de Nicolas Gary me paraissait bien poser le problème, qui n'est pas tant la date retenue que l'absence de concertation du SNE avec les autres salons pour la déterminer, et le soupçon inévitable de centralisme qui en découle.
Et qu'on en finisse avec "Livre Paris", qui est une marque, non une appellation. Il s'agit du salon du livre de Paris.

Bubu

18/03/2021 à 21:31

Je prends le train en retard. Ce qui me permet d'être le premier à annoncer que le salon du livre de Paris est définitivement annulé, la Covid aura eu raison de lui. Justice est faite aux régions. Mais imaginons que Reed n'aurait pas pris cette décision. Que se serait serait-il passé ?Rien. En région on aurait continué à être mécontent et cela n'aurait fait ni chaud ni froid à Reed et ses comparses parisiens de l'écrit. De toute manière c'est toujours comme ça, Paris agit à sa guise ,à tous égards et constamment, sans discontinuer, et les régions sont sagement invitées à faire avec. Pourtant, n'y aurait il pas eu moyen de se révolter contre cette attitude cavalière de Reed ?Bien sûr que oui. Et ce en portant l'affaire devant la justice,de manière collective. Et là c'est Paris qui se serait retrouvé dans l'embarras. Mais voilà, la France des régions a tellement l'habitude d'être tenue en lisière que pareille idée ne lui serait pas venue. Paris adore quand les regions passent sous ses fourches caudines sans moucheter. Tant que la France des régions n'aura aucun amour propre, aucun sens de l'honneur, Paris à souhait et plaisir la piétinera. Il n'y a qu'une seule solution à la triste situation de notre pays. Qu'est elle.?C'est le fédéralisme, cest aussi simple que ça. C'est l'antidote au centralisme, au jacobinisme, au parisianisme, ces cancers qui font tant souffrir la France des régions. Dans une France fédérale, les régions ne financeront plus la culture parisienne,ce qui est là un incommensurable scandale. France des régions, réveille toi, étrille Paris, ce lieu qui pour toi n'a toujours eu que mépris.

Crocblanc

19/03/2021 à 10:53

Attaquer Reed en justice ? Et sur quel fondement je vous prie ?

Gilles Kujawski

19/03/2021 à 12:24

L'annulation du Salon du livre n'est pas une surprise. Mais elle est l'occasion de constater que la formule avait du plomb dans l'aile, entre les désistements de groupes d'édition, l'impossibilité pour la petite et moyenne édition de prendre le relais financier, les stands Amazon, McDo et des émirats arabes sans un livre dedans... Il est temps de refonder, en partant de l'exigence d'un lieu d'échange (et de fête) professionnel et public, de la couverture de toute l'édition, et d'une accessibilité financière. Ce qui pose la question du lieu (la porte de Versailles est-elle indispensable) ou des lieux : c'est le moment d'imaginer un salon du livre par région, qui tiendrait compte des salons existants (Angoulême, Saint-Malo...) et enlèverait à celui de Paris son rang de bibendum - même si on ne peut pas laisser à Francfort ou Londres le monopole du marché. Mais un salon du livre tout entier au service du marché, quelle horreur. Il faut que les livres soient l'affaire de tout le monde !

Serge Le Guilloux

19/03/2021 à 15:23

L'annulation du salon parisien doit être l'occasion pour les manifestations ailleurs en region de fortifier leur présence dans le paysage hexagonal de l'écrit,et ainsi de rendre le rendez-vous parisien de 2022 complètement inutile !Un rêve en Somme, pour celles et ceux qui n'acceptent pas le parisianisme de l'industrie du livre.

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16/08/2021, 10:46

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 2. Moyen Âge

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette deuxième partie est consacrée aux traducteurs du Moyen Âge, qui favorisent le développement des langues et cultures vernaculaires. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

14/08/2021, 10:48

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Une histoire de la traduction au fil des siècles. Partie 1. Antiquité

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Cette première partie est consacrée aux traducteurs de l’Antiquité et à leur rôle de passerelle entre plusieurs langues, cultures et civilisations. Cette série est réalisée en collaboration avec Anna Alvarez, traductrice professionnelle.

13/08/2021, 13:35

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“Je voudrais que l’oral fasse suer l’écrit”, Gilles Defacque

Voilà maintenant un mois que le ministère de la Culture a annoncé le départ de Gilles Defacque de la direction du Prato, pôle national du cirque de Lille. Remplacé par Célia Deliau, directrice du Cirque Jules Verne, pôle national du cirque d’Amiens, depuis 2016, c’est une page qui se tourne. Départ dans cette bibliothèque peu commune, celle du metteur en scène, clown, poète, Gilles Defacque.

26/07/2021, 12:18

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Brewster Kahle, archiviste ultra

PORTRAIT – Bientôt au cœur d'un tonitruant procès intenté par quatre grands groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive célèbre, en 2021, ses 25 ans. Depuis 1996, elle abrite des sauvegardes du web mondial, mais aussi des exemplaires numériques de films, enregistrements audio, jeux vidéo, journaux ou encore livres. Portrait du bâtisseur de cette bibliothèque d'Alexandrie, Brewster Kahle.

14/07/2021, 14:53

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Le livre numérique, 50 ans d'existence et de lectures

Il fut le compagnon des lecteurs, au cours de cette année pandémique 2020, certains en ont découvert les vertus, par l’offre gratuite et libre de droit, d’autres le coût avec des titres plus récents. Mais le livre numérique, ou ebook, n’est pas ce jeune premier que la presse présente depuis quelques années. Voilà désormais 50 ans que ce format se construit, évolue, à travers les progrès technologiques et les investissements d’entreprises. Bon anniversaire, petit cinquantenaire.

03/07/2021, 11:35

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Des éditions collector de mangas victimes de la spéculation

Depuis le début de l'année 2021, le manga bat tous les records de vente dans les librairies françaises. Pour entretenir l'engouement et s'assurer la fidélité d'un public qui pourrait se contenter de versions numériques, voire de scans illégaux, les éditeurs n'hésitent pas à publier des versions collector, en quantité limitée. Maisons d'édition et libraires ne peuvent toutefois que constater le développement d'un marché parallèle, où la revente se fait au prix d'une intense spéculation.

02/07/2021, 13:23

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Histoire de l’ebook #17 - Les grandes dates du Projet Gutenberg

« Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes œuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d’enseignement. » (Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg et père de l’ebook)

02/07/2021, 09:21

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Histoire de l’ebook #15 - Un hommage aux bibliothécaires

Le/la bibliothécaire a toujours eu un rôle charnière dans le monde du livre, y compris numérique. Les bibliothèques sont largement couvertes par les médias, mais qu’en est-il de ceux et celles qui les font fonctionner ? Une première version de ce texte fut publiée dans ActuaLitté en 2016. Voici aujourd'hui une version revue et actualisée pour inclure les ultimes développements de la profession. L’auteure fut elle-même bibliothécaire avant d’être traductrice.

30/06/2021, 10:29

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Histoire de l’ebook #14 - L’ebook vu par quelques pionniers

Voici le sentiment de plusieurs pionniers du livre numérique interviewés par courriel au fil des ans pour mes articles et livres sur le sujet: Michael Hart (Projet Gutenberg), John Mark Ockerbloom (The Online Book Page), Robert Beard (A Web of Online Dictionaries), Jean-Paul (Cotres.net), Nicolas Pewny (Le Choucas), Marc Autret (Indiscripts), Pierre Schweitzer (@folio), Denis Zwirn (Numilog) et Henri “Henk” Slettenhaar (Silicon Valley Association).

29/06/2021, 09:23

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Histoire de l’ebook #13 - L'Internet Archive, une bibliothèque planétaire

L’Internet Archive est fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie) pour préserver un historique de l’internet. D'abord « bibliothèque de l’internet » avec la Wayback Machine, qui permet de voir l’évolution d’un site web depuis 1996, elle devient ensuite « une bibliothèque numérique à but non lucratif destinée à procurer un accès universel au savoir humain ». Elle propose deux millions de livres numérisés en mars 2010. Dix ans plus tard, elle est la plus grande bibliothèque numérique publique mondiale.

28/06/2021, 09:32

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Histoire de l’ebook #12 - De Google Print à Google Books

Google lance Google Print en mai 2005 en partenariat avec des éditeurs et des bibliothèques, puis le suspend trois mois plus tard suite à un conflit avec les associations américaines d'auteurs et d'éditeurs. Le programme reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres) et numérise les milliers de livres de bibliothèques partenaires. Mais Google continue de numériser des livres sous droits sans l'autorisation préalable des ayants droit, et le conflit se poursuit. Après une longue saga judiciaire de près de dix ans, la justice américaine tranche en octobre 2015 en faveur de Google.

27/06/2021, 10:34

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Histoire de l’ebook #11 - La licence Creative Commons

Créée en 2001 à l'initiative de Lawrence “Larry” Lessig, la licence Creative Commons a pour but de favoriser la diffusion et la réutilisation d'œuvres numériques tout en protégeant le droit d'auteur. De nombreux auteurs et autres créateurs souhaitent en effet utiliser le réseau de diffusion qu’offre l’internet tout en contrôlant les droits sur leurs œuvres, mais le copyright traditionnel leur semble trop restrictif. Creative Commons fête ses 20 ans en juin 2021 avec 2 milliards d’œuvres sous licence Creative Commons.

25/06/2021, 09:58

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Histoire de l'ebook #10 - Wikipédia, une encyclopédie planétaire

Lancée en janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipédia est une encyclopédie gratuite en ligne écrite collectivement et dont le contenu est librement réutilisable. Rédigés par des milliers de volontaires dans des dizaines de langues, les articles et les illustrations restent la propriété de leurs auteurs. Leur libre utilisation est régie par la licence GFDL puis par la licence Creative Commons. Wikipédia comprend 17 millions d’articles dans 270 langues en 2011, avec 400 millions de visiteurs par mois. D'autres encyclopédies collaboratives suivent, par exemple l’Encyclopedia of Life.

24/06/2021, 09:42

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Histoire de l’ebook #9 - L’EPUB devient le format standard

Le format EPUB succède au format OeB (Open eBook) en avril 2005 en tant que standard du livre numérique et supplante peu à peu le format pionnier PDF. « Totalement différent du PDF, le format EPUB permet d’afficher un texte ajusté au tout dernier moment en fonction de l’écran et des choix du lecteur au moment précis de la lecture. Plusieurs applications permettent de créer un fichier EPUB directement, dont des logiciels libres. La plupart des liseuses sont compatibles avec le format EPUB. » (Nicolas Pewny, consultant en édition électronique)

23/06/2021, 09:27

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Histoire de l’ebook #8 - Premières expériences d’auteurs de best-sellers

Le maître du suspense américain Stephen King est le premier auteur de best-sellers à se lancer dans l’aventure numérique en 2000, malgré les risques commerciaux encourus. Il autopublie un roman épistolaire inédit en plusieurs épisodes sur un site web créé à cet effet, avec un résultat mitigé, avant de nouvelles expériences avec son éditeur. D'autres auteurs de best-sellers tentent eux aussi l’aventure numérique avec leurs éditeurs, par exemple Frederick Forsyth en Grande-Bretagne, Arturo Pérez-Reverte en Espagne et Paulo Coelho au Brésil.

22/06/2021, 10:05

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Queenie, histoire d'une gangster venue de Martinique, pour conquérir Harlem

Stephanie Saint-Clair. Avec un nom pareil, elle aurait pu faire du music-hall. Et d’une certaine manière, elle fut la reine de la nuit. Au cœur de Harlem, elle devint Queenie, cheffe de gang respectée au sein de Harlem : protectrice d’une communauté noire contre les policiers — déjà ! —, elle mena tambour battant une carrière dans la loterie clandestine. Nous sommes en 1933, la prohibition a pris fin, et cette Martiniquaise, ayant migré une vingtaine d’années plus tôt à New York affronte la mafia italienne, regardant les hommes droit dans les yeux. Queenie, plus qu’une gangster généreuse : un symbole.

22/06/2021, 08:05

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Histoire de l’ebook #7 - Premiers dictionnaires et encyclopédies en ligne

Disponibles en ligne au tournant du millénaire, les premiers dictionnaires et encyclopédies de référence émanent de versions imprimées, par exemple le Dictionnaire universel francophone (Hachette), WebEncyclo (Atlas) ou encore le site de l’Encyclopaedia Universalis. Suivent des outils de référence conçus directement pour le web, par exemple le Grand dictionnaire terminologique (GDT) du Québec et WordReference.com. Wikipédia fera l’objet d’un article spécifique.

21/06/2021, 09:28

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Histoire de l’ebook #6  - E Ink, une technologie d'encre électronique

Les recherches sur l’encre électronique débutent à la fin des années 1990 au sein de la société E Ink pour offrir un meilleur écran aux liseuses en attendant le papier électronique. E Ink présente le prototype de son écran en 2002 et le commercialise en 2004. Un projet un peu différent est la technologie Gyricon développée par Xerox. Radicalement novateur lui aussi dans un domaine connexe, le projet @folio voit le jour en France dès 1996 mais reste malheureusement à l’état de prototype faute de soutien financier.

19/06/2021, 11:19

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Histoire de l'ebook #5 - Les premières liseuses    

Sans surprise, les premières liseuses voient le jour dans la Silicon Valley, terre des projets technologiques les plus fous, avec les fonds nécessaires pour les développer. Ces liseuses sont le Rocket eBook (de NuvoMedia) et le SoftBook Reader (de SoftBook Press), qui virent le jour en 1998. D'autres modèles suivent, par exemple le Gemstar eBook (de Gemstar) en 2000, le LIBRIe (de Sony) en 2004, le Cybook Gen2 (de Bookeen) à la même date, le Sony Reader (de Sony) en 2006, le Kindle (d'Amazon) en 2007, le Nook (de Barnes & Noble) en 2009 et l'iPad (d'Apple) en 2010. 

 

18/06/2021, 11:31

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Histoire de l'ebook #4 - Du PDA au smartphone

En 2001, la liseuse n’a pas encore gagné son pari. On compte 17 millions de PDA (Personal Digital Assistants) dans le monde pour seulement 100.000 liseuses, d'après un Seybold Report publié en avril 2001. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001, dont le Palm Pilot (lancé en mars 1996) et le Pocket PC de Microsoft (lancé en mars 2000). En 2005, le PDA laisse progressivement la place au smartphone. L’iPhone d’Apple (lancé en juin 2007) devient le produit phare de toute une génération.

17/06/2021, 09:43

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19

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Histoire de l’ebook #2 - Gabriel, portail des bibliothèques nationales européennes

Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue (anglais, allemand, français) offrant un point d’accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes. Sans les patients efforts de Gabriel (et de l’European Library), la bibliothèque numérique européenne Europeana n’aurait peut-être jamais vu le jour dix ans plus tard.

15/06/2021, 09:29

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Librairie Les mots à la bouche : transmettre culture et héritage LGBT+, inlassablement

Nouvellement installée dans le XIe arrondissement de Paris, la librairie LGBT+ Les mots à la bouche lançait ce 31 mai un crowdfunding pour changer son modèle économique et devenir une société coopérative. Avec 40.000 euros réunis en à peine trois jours, les membres de la SCOP sont aujourd’hui assurés de pouvoir reprendre l'entreprise. Une façon pour le lieu de continuer à vivre dans les mains d’une nouvelle génération de libraires engagés, ayant à cœur de prolonger l’héritage LBGT. Mais aussi de proposer une littérature qui raconte ses luttes et son histoire.

14/06/2021, 18:01

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Histoire de l’ebook #1 - Le PDF, format pionnier lancé par Adobe

L’ebook aura bientôt 50 ans. Non, il ne fait pas son âge. Mais pour mieux contextualiser son existence, ActuaLitté vous propose de retrouver une série d’articles, rédigés par Marie Lebert, pour bien mener les célébrations. Peu après les débuts du web en 1990, la société Adobe lance en juin 1993 le format PDF (Portable Document Format), tout comme l’Acrobat Reader (gratuit, pour lire les PDF) et l’Adobe Acrobat (payant, pour créer les PDF).

14/06/2021, 09:51

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Des dessins inédits de Milan Kundera exposés à Paris

« Par mes expériences et mes goûts je suis centre-européen […], mais au milieu de ma vie, ma femme et moi avons émigré en France. Cet événement est le plus décisif de toute mon existence : il est la clef de ma vie et de mon travail », écrivait Milan Kundera. Français, Tchèque, et Centre-européen, l’écrivain est au cœur d’une exposition organisée par le Centre tchèque de Paris, offrant un regard inédit sur les dessins de l’auteur.

21/05/2021, 10:25

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Marcel Proust devenu auteur de science-fiction

Chercher, Pierre-Carl Langlais adore : il s’est lancé dans des études en histoire de la presse, mobilisant les ressources de l’Intelligence Artificielle pour analyser des corpus entiers. Et au fil des morceaux de code, s’est intéressé à l’outil GPT-2 – logiciel de traitement automatique du langage, produit par OpenAI (société de Elon Musk). « À partir d’un corpus, on propose à la machine un début de phrase, et elle génère le texte qui suit. On peut ainsi croiser deux types de textes, pour emprunter un style à l’un et un univers à l’autre », nous explique le post-doctorant.

13/05/2021, 16:24

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Covid : fatigue et inquiétude gagnent des bibliothèques

Depuis le 28 novembre, les bibliothèques, aux côtés des services d'archives et centres de documentation, font partie des seuls lieux culturels de proximité à être ouverts au public, malgré le contexte sanitaire. Ce sort réservé aux établissements de lecture publique, qui reconnaît leur caractère essentiel, en vient toutefois à peser sur certains professionnels des bibliothèques, qui craignent pour leur santé et soulignent une fatigue générale. À ce contexte viennent souvent s'ajouter des revendications plus larges, sur les conditions de travail.

09/04/2021, 16:32

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Avec ou sans pandémie, le difficile accès aux livres des détenus français

La pandémie de Covid-19 aura fait vivre à l'ensemble de la population l'expérience du confinement, de la privation de liberté et des difficultés qui les accompagnent. Parmi ces dernières, l'accès aux livres et à la lecture. Pour les détenus des prisons françaises, ce droit reste très difficile à faire appliquer, les progrès sont timides et le statu quo souvent de mise. La crise sanitaire, évidemment, n'améliore pas les conditions.

02/04/2021, 11:53

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Antonio Tabucchi, “le plus italien des écrivains portugais”

Écrivain, certes, mais aussi traducteur de Fernando Pessoa en italien, Antonio Tabucchi a lié avec le Portugal une relation particulière. Enseignant tout à la fois la langue et la littérature lusophone, à Sienne, il est décédé à Lisbonne en mars 2012. Comme si quelque chose devait s’écrire ainsi. Clelia Bettini, de l’université de Coimbra, faculté de Lettres, nous en offre un portrait inédit.

01/04/2021, 16:33

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Lettres du monde : Essentiel !, comme une évidence

Festival des littératures du monde, la prochaine et 18e édition de Lettres du monde se tiendra du 19 au 28 novembre, à travers la métropole bordelaise et la Nouvelle-Aquitaine. Partenaires privilégiés de cet événement où auteurs et lecteurs convergent, les librairies de toute la Région. Cécile Bory, Présidente des Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine et Directrice de la librairie Georges (Talence), nous en dit quelques mots.

15/10/2021, 13:18

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Fils de Zeus, Dionysos s'étonne : “Une brigade des mœurs pour festival, vraiment ?”

LA VRAIE-FAUSSE INTERVIEW – En littérature, la prosopopée consiste à faire parler les morts, les entités divines ou autres abstractions. Joueurs, nous avons invoqué les mânes de Dionysos, dieu accessoirement dédicataire de la première scène antique. En effet, son théâtre à Athènes accueillit les chants rituels préfigurant les tragédies classiques. Ce qui en fait aussi le premier organisateur de manifestations littéraires en Europe. Vous avez dit événementiel ?

14/10/2021, 15:32

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“L'édition indépendante est une fiction”

L’indépendance éditoriale, entendue comme une liberté de publier, ne se laisse pas définir facilement. Elle est affaire de jugement, d’auteur(e)s, d’éditeurs(trices), selon des critères qui leur appartiennent, et des publics aussi — et de la nature du régime politique en cours. Par Gilles Kujawski, ancien commercial d’Editis, militant à La France Insoumise.

12/10/2021, 12:47

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Agnès Ledig : “J'aime l'image du livre comme un lien de cœur à cœur “

Elle attend souriante : l’heure matinale n’affecte en rien l’immédiate bienveillance. Partager quelques instants avec Agnès Ledig, c’est une mise en danger quand on ne la connaît pas. Elle saisit les nuances, les allusions : elle écoute et l’on perçoit que ses questions ne sont pas des marques d’intérêts feints. Son dernier livre, Se le dire enfin, est sorti en poche en mars dernier (J’ai lu) : mais elle, que nous dira-t-elle finalement ?

12/10/2021, 11:30

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Jean-Claude Mourlevat : ”Auteur jeunesse, cela m'agace quand c'est méprisant“

Il a remporté le prix Astrid Lindgren, qui allait pour la première fois de son histoire à un auteur français. Cette récompense littéraire et suédoise est souvent présentée comme le Prix Nobel consacrant la littérature pour la jeunesse. Jean-Claude Mourlevat, lauréat 2021 était avec nous à Gradignan, pour le salon Lire en Poche. Opportunité rare…

10/10/2021, 20:29

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Villon, Rimbaud ou Verlaine, de “sales types” : Crénom, Teulé !

Jean Teulé, président. Voilà qui claque, et aurait peut-être même de la gueule : avec lui, une palanquée de poètes rentrerait à l’Élysée. Mais en attendant que l’écrivain prenne la tête de l’État, c’est à Gradignan qu’il pose ses valises, pour Lire en Poche, comme parrain de l’édition 2021. Rendez-vous pris avec celui qui revendique, comme Aragon, « ce sale type », de n’avoir jamais appris à écrire. En avant la musique.

09/10/2021, 12:05

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“Quand t’auras 12 ans, tu seras privé de bibliothèque”

Depuis les extensions du Pass sanitaire dans les lieux culturels à des tranches d’âge plus jeunes, les phénomènes d’exclusion s’amplifient. Si bien des gens n’avaient pas mesuré ce que ces décisions impliqueraient, voici les effets pervers qui se profilent. Alors qu’une nouvelle mobilisation nationale est annoncée pour mercredi 13 octobre dans les bibliothèques municipales, un collectif de professionnels signe dans nos colonnes une tribune allant dans ce sens diffusée ci-dessous dans son intégralité.

09/10/2021, 10:20

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“Le Salon de Turin n’a pas de public : il rassemble une communauté”

#SALTO21 – Une nouvelle fois, les organisateurs du Salon du livre de Turin ont jonglé entre les difficultés, pour que la manifestation piémontaise ait lieu. Son commissaire général, également romancier, Nicola Lagioia, accorde à ActuaLitté un entretien exclusif. Du 14 au 18 octobre, le Lingotto célébrera le livre, la lecture, les auteurs, avec passion.

07/10/2021, 15:22

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Prix du livre et frais de port : “Le marché va en souffrir, pas Amazon”

Arrivée à l’Assemblée nationale pour son adoption, la loi concernant les frais de port fera florès : qui, après l’année 2020, refuserait un projet de soutien aux libraires ? Qui, devant le vorace Amazon, éconduirait l’effort pour rétablir une concurrence saine sur la vente à distance de livres ? En somme, qui aurait intérêt à ce que les frais d’envois postaux d’un livre n’augmentent pas ? De fait… quelques nuances s’imposent.

06/10/2021, 11:33

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Retraites : quand l'ADAGP a vite fait de jeter les artistes-auteurs en Ehpad

Il suffit parfois d’un message publicitaire bien tourné pour qu’une population entière s’engouffre dans un produit. Et aussi d’un martèlement régulier — comme le savent les enseignants, pour que ça rentre, faut répéter… Mais en d’autres moments, plus sensibles, la réclame fait bondir à s’en enfourner la tête dans l’écran. Le traducteur littéraire et syndicaliste Lionel Evrard nous en donne ici une illustration…

04/10/2021, 16:31

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Les “opposants politiques” et le régime de Loukachenko en Biélorussie

Les réactions se multiplient pour dénoncer le régime mis en place par Alexandre Loukachenko, président de Biélorussie. Réélu en août 2020, il a marqué son retour par plusieurs attaques portées contre la liberté d’expression. Et plus spécifiquement des associations d’auteurs. L’association professionnelle des autrices et auteurs de Suisse monte à son tour au créneau, dans un texte communiqué à ActuaLitté, ici reproduit en intégralité.

04/10/2021, 12:17

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Complaintes de la bibliothèque

Ce matin, ton regard était froid et distant. Presque je t’aurais entendu ravaler tes sanglots, quand entrant dans la pièce, tu m’as tourné le dos. Enfin, tu l’aurais certainement souhaité, mais inamovible, tu m’as battu froid. Dans ce silence que je connais, tu m’as laissé déposer ce vélo coutumier, sans broncher. Et après le premier café, timidement, tu as geint : « Tu ne me regardes plus comme avant ! » Mince : ma bibliothèque parle ?

01/10/2021, 13:59

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Hommage aux traducteurs et aux traductrices, artistes du verbe depuis plus de deux millénaires

La journée mondiale de la traduction (30 septembre) pourrait sans problème être renommée journée mondiale des traducteurs et des traductrices. Ceux-ci sont souvent peu visibles derrière leur art alors qu’ils contribuent au savoir et à la culture depuis plus de deux millénaires. Leur apport est immense, au passé comme au présent. 

30/09/2021, 09:59

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Chroniques de la Lune Noire : “Au départ, c'était un roman... mais j'ai tout perdu”

L'aventure des Chroniques de la Lune noire, saga entamée en 1989 par Olivier Ledroit, au dessin, et François Froideval, ne se résume pas en quelques mots. On notera simplement qu’au commencement, un souci informatique provoqua la perte du roman que Froideval avait entamé. Qu’importe, elles verront tout de même le jour, en BD. 13 ans après le 14e tome, Les Chroniques de la Lune noire, ce sont, en bande dessinée, plus de 559.000 exemplaires vendus (données Edistat). Et un redémarrage s’amorce avec Jeanne-A Debats quand surgit un roman, chez Leha.

29/09/2021, 10:04

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Des ministres de la Culture francophones s'engagent à “promouvoir l’accès au livre”

Les 23 et 24 septembre derniers, des ministres de la Culture de plusieurs États francophones ont participé aux États généraux du livre en langue française, échangeant avec les professionnels du secteur pour élaborer une stratégie visant à dynamiser le secteur et la circulation du livre dans l'espace francophone. Parallèlement, les ministres de la Culture de 9 États francophones cosignent une déclaration, reproduite ci-dessous en intégralité.

28/09/2021, 16:34

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Région Grand Est : “Encourager les auteurs de l’écrit à la création de projets audiovisuels”

Rapprocher les auteurs de l’écrit du monde audiovisuel, voici le projet que porte la Région Grand Est à travers l’opération Du livre à l’écran. Cinq livres, cinq auteurs, cinq maisons d’édition, et en parallèle, un programme d’accompagnement, avec Daniel Picouly comme parrain : objectif, connecter les filières du livre et du cinéma.

28/09/2021, 09:18

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Traduire Conceição Evaristo, la Toni Morrison brésilienne

PORTRAIT – Première invitée du festival VoVf, traduire le monde, la traductrice Izabella Borges est venue présenter le recueil de nouvelles Ses Yeux d’eau (Ed. des femmes) et évoquer son autrice, immensément populaire au Brésil, Conceição Evaristo.

27/09/2021, 15:07

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“Il manque de toute évidence au sein du Goncourt une grande figure morale”

Voilà une semaine que l’histoire se ressasse à l’envi : comment les jurés du prix Goncourt, comment l’Académie tout entière, a pu se faire prendre de la sorte ? Un roman retenu, écrit par le compagnon d’une des membres du jury… et personne pour trouver ce lien étrange. Seule colère du président, quand ladite jurée se fend d’une chronique dans Le Monde, pour sabrer un autre livre retenu dans la liste 2021 ?  

27/09/2021, 12:02

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Comment lire un roman écrit par une voiture ? 
La doxa littéraire face à l’Intelligence artificielle

Dans son roman de 2002, Exemplaire de démonstration, Philippe Vasset vantait ironiquement les vertus du Scriptgenerator, un logiciel rédacteur de best-sellers paramétrable par l’éditeur en fonction d’un public cible. En 2016, avec Ada, Antoine Bello imaginait à son tour une intelligence artificielle spécialisée dans le roman sentimental. Il se trouve que ces fictions de robots-écrivains sont de moins en moins improbables. Par Pascal Mougin, université Paris-Saclay.

27/09/2021, 09:48

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Crise à l'Academie : du prix Goncourt au prix d’amis ?

Tout cela ne manque pas de piquant, il faut le croire... Récuser un membre du jury, quand c’est une femme ? La chose passerait mal – le Goncourt n’en compte que trois, sur ses dix membres. Se récuser, quand on a possiblement franchi la ligne rouge ? Les statuts de l’Académie, modifiés en 2008, n’en font pas expressément état. Pour autant, les dernières révélations de France Inter sur un possible conflit d'intérêt interrogent le lecteur. La Littérature, certes, mais à tout prix ?

23/09/2021, 07:29

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“Un libraire doit-il vendre le livre d’Eric Zemmour ?”

Voilà une semaine maintenant que La France n’a pas dit son dernier mot est disponible dans les différents points de vente et en ligne. Un succès revendiqué par l’auteur du Destin français, dont la mise en place dépassait les 150.000 exemplaires. Avec un cas de conscience qui se pose chez les libraires : vendre ou ne pas vendre Éric Zemmour. Marc Georges, qui dirige La Demeure du livre, à La Perrière (Orne), intervient dans nos colonnes avec quelques réflexions à partager.

20/09/2021, 09:04

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Babel, Sisyphe et Tantale dans un bateau : mettre le Horla à la rentrée littéraire

Outre le raccourcissement désormais flagrant des journées, les aléas météorologiques qui contraignent à troquer bermudas et t-shirts pour jeans et chemises, tout va bien madame la Marquise. Alors d’où me vient cette langueur que Verlaine n’aurait pas boudée ? Une anémie qui ne doit rien à mes globules rouges, merci pour eux, et pourtant sévit, jour après jour… La réponse était dans l’énoncé. Ou plutôt, sur le bureau d’en face…

18/09/2021, 13:01

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Pourquoi le journaliste littéraire redouterait l'internaute critique ? 

Auteur Gallimard, juré Prix Goncourt, auteur d'une étude sur les traducteurs pour le CNL, journaliste, bloggueur et despote éclairé de la République des livres : Pierre Assouline est multi-casquette, solidement implanté dans l'industrie. Dans La revue des médias, il dénigre avec ardeur les réseaux de lecteurs, des « plateformes [qui] sont des sites marchands ». Et finalement, déplore une médiocrité propre à l'époque. Pierre Fremaux, cofondateur de Babelio, apporte les nuances impératives.

15/09/2021, 07:42

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La Peste d'après Albert Camus inaugure Kazoku, label manga chez Michel Lafon

En 2016, Ki&Hi devint le premier manga des éditions Michel Lafon : 6 tomes et un agenda plus tard, le succès dépasse 1,03 million d’exemplaires (donnée Edistat) sur cinq années. 2021 amorce alors une nouvelle voie : Kazoku, le label manga de la maison. Et pour l’inaugurer, c’est le roman d’Albert Camus, La Peste, adapté par Ryota Kurumado. Une aventure éditoriale peu banale, dont les deux premiers tomes sortiront d’ici 10 jours.

14/09/2021, 11:33

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Dicker, Zemmour et Sattouf : comment l'indépendance des auteurs effraie l'édition

Dicker, Zemmour, Sattouf : trois noms significatifs dans l’édition puisqu’ils pèsent à eux seuls plusieurs millions d'euros de chiffre d’affaires. Ils ont tous opté pour un changement de paradigme, mais réellement en rupture avec l’industrie du livre jusqu’à lors connue ? Pour point commun, un outil de diffusion et distribution qui leur ouvrira les portes des libraires, grandes surfaces culturelles et autres enseignes… Bref, les points de vente du livre. Un schéma disruptif, supposément, qui provoque des sueurs froides dans l’ensemble du milieu. Panique à Saint-Germain ?

10/09/2021, 11:52

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Patrick Imbert (Le Sommet des Dieux) : “Chez Taniguchi, je sens toujours une tonalité humaine”

En salles le 22 septembre prochain, Le Sommet des Dieux adapte le récit homonyme de Jirō Taniguchi, en 5 tomes (parus aux éditions Kana dans une traduction de Sylvain Chollet). L'histoire d'une passion vertigineuse pour l'alpinisme, où chaque sommet vaincu n'est qu'un seuil devant le prochain... Entretien avec Patrick Imbert, le réalisateur du long-métrage.

08/09/2021, 16:21

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Seghers : une rentrée à la recherche du lien entre tradition et modernité

La réorganisation des maisons décidée en octobre 2020 aura conduit Antoine Caro à la tête de Seghers. Une première rentrée littéraire, donc, qui amorce les trois axes de développement — tout en renouant avec l’histoire même de la maison. Poésie, beaux livres, littérature, la transition s’inscrit dans la tradition, celle d’une époque où Pierre Seghers conjuguait les genres et les talents. 

07/09/2021, 11:01

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Issues de la collection de Stefan Zweig, deux partitions inédites de Schumann retrouvées

Il est des vieux papiers que l’on exhume, avec une odeur d’antan, mais dont on ne soupçonne pas que leur histoire nous emportera loin, bien loin. Au sein de la Fondation Martin Bodmer (Cologny, canton de Genève), quatre pièces inédites ont été retrouvées. Muriel Brandt, chargée de mission pour la mise en valeur des partitions autographes en aurait dansé au son des lieder de Robert Schumann, ainsi que deux autres pièces, de Georges Bizet et Charles Gounod. 

03/09/2021, 13:17

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Masque sous le nez, Plume dans le postérieur : Saint-Germain des Près a encore frappé

Depuis 1955 que l’émission littéraire hebdomadaire critique les univers culturels — cinéma, théâtre ou livres — on pourrait s’attendre à un minimum de connaissances économiques sur ces secteurs. Pourtant, Le Masque et la plume, que Jérôme Garcin présente depuis plus de 30 ans, démontre que le germanopratisme a de beaux jours devant lui. Comprendre : quand les chroniqueurs s’en prennent sévèrement à Virginie Grimaldi, on touche le fond du fond radiophonique. 

01/09/2021, 12:50

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Vente d'épreuves non corrigées : collectionneur illuminé ou attrape-nigaud ?

Le marché du livre d’occasion fait pousser des soupirs désabusés aux organisations d’auteurs depuis bien longtemps. C’est pourtant en toute légalité que l’acheteur de livre papier peut revendre on exemplaire. Il existerait en revanche un autre marché, navigant dans une zone grise nettement plus contestable, installé sur le net français : celui des épreuves non corrigées. Des textes et des ouvrages non-commercialisables, mais qui servent aux éditeurs à faire connaître leurs publications très en amont…

31/08/2021, 13:04

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Eric Zemmour : “Comment je suis devenu auteur-éditeur”

ENTRETIEN EXCLUSIF – La France n'a pas dit son dernier mot sera le prochain livre d'Éric Zemmour. Une aventure éditoriale qui commence avec une rupture à l’initiative de son ancien éditeur, Albin Michel. Sans maison pour son prochain livre, le polémiste a choisi de monter sa propre société d’édition — Rubempré. Et de confier à Interforum la distribution de ses livres sur le territoire, et dans la francophonie. Il revient avec nous sur cette démarche, plutôt inédite pour un auteur de best-sellers.

25/08/2021, 17:32

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Crise du papier en France : pourra-t-on imprimer le prix Goncourt ?

En 2019, l’industrie papetière représentait 5,4 milliards €, incluant papiers et cartons, selon Copacel, organisation patronale. En somme, un douzième de ce que pèse la filière forêt-bois, matière première essentielle. Or, depuis fin 2019, plusieurs facteurs distincts provoquent une pénurie de papier. Et si les usages graphiques — incluant la production de livres — ne représentaient que 1,6 million de tonnes sur les 7,3 millions globales, la situation va en s’aggravant depuis la pandémie. 

 

24/08/2021, 14:47

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En Afghanistan, “les créateurs sont pourchassés, risquent la torture et la mort”

La progression et le retour des talibans au pouvoir, à la faveur du retrait des forces internationales de l'Afghanistan, inquiètent le monde entier. Le devenir des libertés individuelles semble plus que jamais menacé dans le pays, et le Pen club français, qui défend la liberté d'expression, appelle le gouvernement français à prendre des mesures d'accueil fortes.

24/08/2021, 09:31

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Biélorussie : la France doit “déclencher une initiative internationale” contre Loukachenko

L'anniversaire de la réélection contestée d'Alexandre Loukachenko à la présidence de la Biélorussie d'août 2020 fut marqué par la dissolution du Centre PEN national, qui lutte pour la liberté d'expression des écrivains. Le triste symbole d'un régime autoritaire qui s'installe et perdure : le Club PEN français, dans un courrier à Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, exhorte celui-ci à l'action. Nous reproduisons ci-dessous le texte envoyé, en intégralité.

16/08/2021, 10:44

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“Connaître et comprendre : les traducteurs ont toujours eu ce rôle d’explorateurs”

Docteure en littérature française et comparée, Lise Chapuis s’est un beau jour passionnée pour l’italien. Au point de faire métier de traduction. Elle dirige également la collection Selva selvaggia, des éditions L’Arbre vengeur, où, là aussi, elle offre aux lecteurs français de découvrir de nombreuses oeuvres du Bel paese – classiques et contemporaines. Entretien, tout en nuances.

11/08/2021, 10:46

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Finalement, Éric Zemmour a trouvé presque mieux qu'un éditeur

Secret de polichinelle, peut-être, mais bien conservé tout de même. Et surtout coup de maître, quand on pense aux ramifications, de la part d’Editis. Eric Zemmour, auteur esseulé, qu’Albin Michel avait dégagé de son catalogue de rentrée, n’avait d’autres options que l’autopublication pour maintenir la sortie de son livre. Il a donc ajouté une société d’édition aux cordes de sa propre entreprise, Rubempré. Et tant qu'à faire, autant se trouver une structure de diffusion, pour assurer la présence dans les points de vente, non ?

09/08/2021, 11:20