Exclu - Je suis écrivain. C’est-à-dire, selon une définition arbitraire, que j’ai publié au moins deux livres à compte d’éditeur. Mais écrivain, c’est aussi beaucoup moins et beaucoup plus que cela.
Le 03/07/2018 à 12:22 par Auteur invité
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03/07/2018 à 12:22
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Beaucoup moins, car contrairement aux acteurs salariés de la culture et aux intermittents, les écrivains n’ont aucun statut, ils n’existent pas au regard de l’administration et c’est à la fois la source et le cœur des problèmes auxquels ils sont aujourd’hui confrontés.
Erik L'Homme - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Beaucoup plus, car le métier d’écrivain est une entreprise totale qui engage au-delà de l’acte d’écrire et met en branle l’être tout entier.
Je sais depuis longtemps que la littérature sera la grande affaire de ma vie. Enfant, je rêvais d’être magicien et j’ai vite compris qu’écrire était un moyen de faire de la magie. Quelques signes mis bout à bout suffisent à déclencher des émotions, des réactions chez celui qui les lit. À l’emporter dans des voyages immobiles.
Parce qu’un écrivain puise dans son existence la matière principale de son œuvre, je me suis très tôt efforcé de multiplier les expériences de vie, frottant mes fonds de pantalon sur les bancs de l’université, courant le monde en vagabond, renflouant les caisses, quand elles étaient vides en exerçant tour à tour différents métiers.
Cette dynamique, toute cette tension, ces galères choisies et assumées n’ont jamais servi qu’un objectif : écrire un jour des livres.
J’ai publié mon premier roman il y a une vingtaine d’années et j’ai rapidement réussi à en vivre, grâce à quelques succès en littérature jeunesse et malgré des droits d’auteur trop bas que venaient heureusement compenser les chiffres de vente.
Car les chiffres vont avec les lettres, hélas, quand les mécènes n’existent plus et qu’on ne peut compter sur la bienveillance d’une famille fortunée. Pour pouvoir se consacrer à ses livres, un écrivain doit en vendre un minimum – c’est-à-dire beaucoup.
En littérature jeunesse, mes droits commencent entre 6 et 8 % du prix du livre grand format hors taxe (5 ou 6 % pour les poches), en littérature adulte à 10 % (les pourcentages peuvent évoluer en fonction des seuils de vente, selon le contrat signé). C’est-à-dire que lorsqu’un lecteur achète un de mes romans jeunesse 10 euros, je touche entre 55 et 75 centimes.
Un écrivain perçoit généralement ses droits une fois par an, sans qu’il lui soit possible, avant l’avis de virement, de connaître la somme qu’il va toucher – ce qui rend toute projection fortement aléatoire.
Il lui faut ensuite penser aux impôts, comme tout le monde, mais aussi aux cotisations sociales et à la complémentaire retraite obligatoire.
Ma foi, l’un dans l’autre comme on dit, une année bonne, l’autre médiocre, la suivante moins mauvaise, je m’en suis jusqu’à présent bien sorti. La précarité financière, l’incertitude quant à la réception par l’éditeur et le public d’un texte dans lequel on investit du temps et de l’espoir, les angoisses propres aux créatifs, tout cela je l’accepte comme le juste prix à payer pour ma liberté d’écrivain, maître de mon œuvre et de mes journées.
La règle du jeu, en quelque sorte.
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Pour être franc, j’ai vécu une belle décennie, une sorte d’âge d’or de la littérature jeunesse au début des années 2000 (les fameuses années Harry Potter). Ensuite les choses sont allées moins bien, pour des raisons diverses – saturation du marché éditorial, choix personnel d’une écriture plus confidentielle – jusqu’à devenir intenables à cause d’une pression non plus interne, mais provoquée par des pouvoirs publics décidant, brusquement, de changer la règle du jeu à laquelle je faisais allusion.
Les impôts ? Comment imaginer un prélèvement à la source pour un écrivain dont les revenus fluctuent terriblement d’une année l’autre et qui ne sait pas déjà lui-même combien il gagnera !
Les cotisations sociales ? Elles étaient prélevées par un organisme dédié, l’Agessa, qui n’ignorait rien des situations particulières des auteurs et leur prêtait la plupart du temps une oreille compréhensive ; cet organisme va disparaître et les auteurs confiés à une caisse Urssaf comme les autres, sans compétence particulière pour gérer leurs singularités.
La retraite complémentaire obligatoire ? Forfaitaire jusque là, et laissant à chacun le choix de son palier, elle est désormais calculée sur un pourcentage non négligeable du revenu annuel brut et fauche cruellement les plus pauvres (41 % des auteurs gagnent moins que le SMIC).
À ces réformes engagées sous le quinquennat précédent et poursuivies par le gouvernement actuel avec cette brutalité feutrée et ce mépris du dialogue qui le caractérisent, s’ajoute une dimension humiliante : l’indifférence profonde des pouvoirs publics pour les écrivains, symbolisée par l’absence de contrepartie à la hausse de la CSG (nous n’avons droit ni au chômage ni aux congés maladie). Pour eux, écrivain n’est pas un métier, tout au plus un hobby, une activité secondaire.
Considérera-t-on un jour de la même manière les artisans ? Les cheminots ? Les enseignants ? Écrire est un métier ! Particulier, mais, comme le sont tous les métiers. Le rôle des pouvoirs publics devrait être d’aider ceux qui l’exercent à le faire encore mieux, non de les écraser pour les faire entrer dans le moule.
Car il y a dans la démarche générale du gouvernement actuel, au-delà d’une extraordinaire indifférence face aux souffrances qui s’expriment et d’un amateurisme consternant dans le traitement des dossiers, un je-ne-sais-quoi de glaçant, une uniformisation au pas de charge, une volonté orwellienne de réagencement du monde sous l’angle unique de la rentabilité.
Remettre en cause, par des réformes pernicieuses, les conditions mêmes de l’exercice de l’écriture, c’est finalement toucher au livre et à ce qui le rend si précieux.
« La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas » écrivait Fernando Pessoa. L’être humain veut rêver, se projeter dans d’autres peaux que la sienne, il veut partager avec ses semblables des univers méconnus ou inconnus, des émotions pleines, il veut expérimenter la beauté et la laideur, il veut ressentir, éprouver, comprendre ; il veut s’élever. La littérature est la dernière possibilité pour chacun d’être unique, de se créer un univers éminemment personnel. Elle ouvre à cette liberté d’imagination intime, en même temps qu’elle contribue à donner de l’épaisseur au monde, un début de sens à nos existences.
Je le répète, écrivain est un métier et bien davantage.
Quand je surprends les regards des enfants qui viennent me faire signer le livre auquel ils s’accrochent comme un artefact magique, quand je vois les visages émus d’adultes me remerciant pour des histoires qui ont marqué leur jeunesse, je me dis que ce que je fais n’est pas totalement inutile et que j’aurai contribué à rendre le monde, sinon meilleur, du moins plus attrayant.
Je connais des gouvernants qui ne peuvent pas en dire autant.
Erik L’Homme
Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com
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Né en 1989, écrivain et rédacteur en chef des pages Livres d'Art Press, Felix Macherez revient aujourd’hui avec un quatrième livre, trois ans après la surprenante fresque Les Trois Pylônes. Le propos relève cette fois de l’humour noir, cher à Breton : jeune nihiliste de trente-trois ans, Cid Sabacqs résout de se suicider. Par Étienne Ruhaud.
07/04/2026, 10:42
L’enquête Ipsos sur le bonheur en 2026 ne parle presque jamais de livres. Pourtant, en croisant ses résultats avec les travaux sur la lecture-plaisir, un faisceau cohérent apparaît : famille, santé mentale, sentiment de sens, qualité de l’attention, sociabilité. Autant de dimensions que le livre ne mesure pas directement, mais qu’il façonne en profondeur, de l’enfance aux bibliothèques.
03/04/2026, 06:00
À Lyon se déploie chaque année une programmation d’envergure internationale, reflet apparent de la vitalité du roman noir. Mais que révèle cette sélection lorsqu’elle se confronte aux dynamiques réelles du web littéraire ? En croisant la liste des auteurs invités avec les indicateurs de visibilité, une autre géographie du festival se dessine : moins institutionnelle, plus révélatrice des circulations effectives des œuvres, des hiérarchies d’audience et des mutations profondes du genre.
02/04/2026, 17:30
À l’occasion de l’édition 2026 du prix du livre Les Visionnaires, porté par le réseau des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines, son directeur, Pascal Visset, revient sur l’origine et les enjeux de cette distinction née en 2022. Entre réflexion sur le rôle des auteurs, importance du style et interrogations sur l’intelligence artificielle, il défend une littérature qui propose une véritable vision du monde et de son avenir.
01/04/2026, 17:29
Après plusieurs années passées au sein de Media Participations, Jeanne & Juliette choisit de retrouver une pleine autonomie éditoriale. Une décision mûrie, moins comme une rupture que comme un recentrage, afin de poursuivre son développement avec justesse, exigence et une relation toujours plus directe avec ses lecteurs. Par Virginie Bégaudeau, fondatrice.
31/03/2026, 12:35
Deux organisations nationales, l'Association des Bibliothécaires de France et l'Association des Ludothèques Françaises, ont lancé un appel pour politique commune du jeu en tant que pratique culturelle. Organisation des services, cadre juridique ou formation des professionnel·les, le sujet soulève de nombreuses questions. Suffisamment pour se prendre au jeu...
31/03/2026, 09:32
À force de confier nos bibliothèques dématérialisées à des silos fermés, nous avons fini par prendre l’impuissance pour une loi naturelle. Clic après clic, achat après achat, la culture numérique s’est laissée border par des interfaces venues d’ailleurs. Puis surgit une jeune pousse française qui ne demande pas la permission : elle attaque la circulation des œuvres, la revente, la valeur, et, derrière tout cela, une vieille question européenne restée sans réponse. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.
30/03/2026, 13:03
À Bruxelles, la 55e Foire du livre érige le papier en acte de résistance. Sous le mot d’ordre « défier le futur », le livre s’affirme sans cookies, sans surveillance, sans algorithmes. Objet autonome, il protège l’anonymat, échappe aux mises à jour et refuse l’économie de l’attention. Lire devient alors un choix, presque un manifeste, face aux logiques numériques dominantes. Voici une déclaration d'amour à la lecture, que nous adresse la Foire...
28/03/2026, 10:08
Chez Pollen, le retour à la diffusion a pris corps, incarné par Matthieu Raynaud, venu d’Harmonia Mundi, et par une équipe de six représentants. Un calendrier est déjà enclenché et des tournées sont en préparation. Le lancement est fixé au 1er mai, avec un cap clairement tourné vers la librairie indépendante.
27/03/2026, 18:13
Organisée par la Maison du livre, équipement culturel de Rennes Métropole situé en milieu rural, la fête du livre se déroule durant 3 jours à Bécherel, 700 habitants, première Cité du livre créée en France en 1989. Valérie Auvergne, directrice de la Maison du livre nous raconte cet événement.
26/03/2026, 17:08
Après l’avis du Conseil d’État sur la proposition de loi portée par plusieurs sénateurs pour encadrer l’usage des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, le débat se précise. Aux côtés des sénatrices Laure Darcos et Agnès Evren, Pierre Ouzoulias, du Groupe Communiste (Hauts-de-Seine), défend un texte qui entend agir concrètement sur le terrain juridique, mais aussi provoquer une recomposition des rapports entre plateformes technologiques et ayants droit.
26/03/2026, 13:15
Après un avis du Conseil d’État salué comme une avancée, mais loin d’être une victoire totale pour les ayants droit, la sénatrice Laure Darcos détaille la stratégie derrière sa proposition de loi. Entre rééquilibrage juridique, pression politique et volonté de forcer les acteurs de l’IA à négocier, elle défend un texte « pesé à la virgule près », et conçu comme le premier étage d’une réforme plus large.
25/03/2026, 12:16
PORTRAIT – « Traduire, je le vois comme une profession d’artisan, à qui l’on demande de reproduire un meuble, sans qu’il ne possède ni les mêmes outils ni le même bois que ceux ayant servi pour la pièce d’origine. » Fort de quarante années de métier, Jean Esch compte en France parmi les noms majeurs de la traduction de l’anglais. ActuaLitté l’a sollicité pour un entretien insolite : les 10 livres par lesquels il a forgé son métier.
24/03/2026, 16:33
Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’IAvresse, dirait-on : à ce titre, le livre aura discrètement servi de socle pour la formation des modèles de langage. Le rapport du Conseil d’État remet un peu de gravité dans ce carnaval d’optimisme automatique : dans les machines se nichent des catalogues entiers des droits, des contrats, des revenus. Et surtout cette vieille question que la tech déteste : qui paie quoi, et à qui ?
24/03/2026, 15:42
À Bordeaux, les éditions étudiantes L’Apprentie ont ouvert une campagne de financement participatif pour finaliser l’impression de sept ouvrages. Porté par des étudiants en master et en BUT, le projet repose sur une organisation collective qui permet aux étudiants de pratiquer en conditions réelles les métiers de l’édition. Face à une collecte en ralentissement, l’équipe a décidé de prolonger la cagnotte et de renforcer sa communication pour atteindre ses objectifs financiers.
23/03/2026, 15:32
On nous a vendu le numérique comme une autoroute sans péage, un horizon lisse où l’œuvre filerait sans frottement du serveur au lecteur. Puis les centres-villes ont vu passer les flux sans toujours en voir la couleur. Dans cette friction entre écran et trottoir, Thotario avance une idée plus subversive qu’il n’y paraît : et si la modernité du livre consistait moins à effacer les librairies qu’à les reconnecter au cœur de la circulation culturelle ? Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.
23/03/2026, 11:25
Dans les allées bien rangées des Salons du Livre, quelque chose grince. Sous les nappes tirées au cordeau, entre piles calibrées et sourires de circonstance, l’auteur se fige, assigné à résidence derrière sa propre œuvre. Puis surgit François Belley, pirate en embuscade, qui dynamite le décor : assez de cette comédie marchande. Place au désordre créatif, au corps-à-corps avec les lecteurs, à la table qu’on renverse enfin. Par François Belley, écrivain-pirate.
22/03/2026, 09:51
On pensait avoir tout vu en matière de satire politique. Puis Politicard le jeu de François Belley débarque, et la table de jeu se transforme en salle d’instruction improvisée. Accusations en rafale, indignations circonstanciées, trahisons expresses : ici, la morale ne pèse rien, seule compte la survie. On joue, on triche presque, on rit beaucoup — et soudain, le jeu ressemble étrangement au réel. En attendant le second tour des municipales, que diriez-vous de jouer aux édiles ?
20/03/2026, 11:35
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12 Commentaires
Mura
03/07/2018 à 15:31
Nous sommes 270 000 artistes auteurs en France et ce ne sont pas que les auteurs travaillant dans le secteur du livre qui sont touchés, mais toutes les catégories d'artistes-auteurs (plasticiens, graphistes, photographes dont la situation aujourd'hui est plus que précaire, chorégraphes, etc.) qui sont touchés par la même précarité et visés par les mêmes réformes que les auteurs du livre.
Nemo
03/07/2018 à 23:48
La Ministre de la Culture est une ancienne éditrice de renom (Actes Sud) ! Comment est-il possible qu'elle ne prenne pas en compte les droits et la parole des écrivains ???
Jérôme Stridon
03/07/2018 à 23:49
Tout est très juste... sauf le passage sur "nous n'avons pas le droit aux congés maladie". Un auteur affilié (et il serait fort étonnant qu'un auteur professionnel, c'est-à-dire dont la majorité des revenus provient de l'écriture, ne le soit pas) et à jour de ses cotisations sociales) a parfaitement le droit aux indemnités journalières . Source : http://www.secu-artistes-auteurs.fr/assurance-maladie#2
Erik L'Homme
04/07/2018 à 09:40
Effectivement ! Je l'ignorais, comme aurait dit OSS 117...
Peut-être parce que j'ai du mal à concevoir l'idée même d'arrêt maladie dans le cadre d'un travail qui fusionne autant avec l'existence — et je ne parle pas de l'étrange concept de retraite pour un écrivain.
Quoi qu'il en soit, merci pour cette précision !
koinsky
04/07/2018 à 06:43
La tendance à l'uniformisation tient à un état d'esprit : la frilosité.
L'homme préfère que les choses rentrent dans les cases plutôt qu'elles en sortent.
Il sait qu'il se tue lui-même en agissant de la sorte, mais il le fait quand même :
La peur de vivre libre est trop forte, celle d'être confronté à l'incertitude liée à notre condition commune, l'incline à choisir le confort d'une mort lente et indolore plutôt que la liberté et la vie. Alors oui, derrière le mot croissance se cache les mot suicide. "En marche" vers les gouffres abyssaux de nos peurs. Macron et toute sa clique veulent que nous nous suicidions sous Prosac. L'auteur, l'artiste, résiste comme il peut à cette paresse/lâcheté de l'âme. Il est l'un des derniers résistants à cette forme de fascisme lent et nauséabond qui se répand dans nos têtes et contamine nos âmes comme une engeance. Amen.
SEMIRAMIS
04/07/2018 à 08:36
Ne publier ce qui est dans l'air du temps c'est-à-dire dans l'espace de la pensée qu'autorise la censure qui est d'autant plus efficace qu'elle est invisible et non dite, est avec la quasi non rémunération des auteurs ce qui appauvrit et tue la pensée et ce dont nous devrions tous nous inquiéter
Gilles-Olivier Silvagni
04/07/2018 à 10:17
Merci pour ce bon article. Notez que dans le même numéro des AL, la "nouvelle Académie" qui va décerner le Nobel de Littérature non attribué en 2018, écrit ceci, que j'ai envie de souligner: "la littérature devient une force encore plus importante pour contrer la culture du silence et de l'oppression." J'aimerais croire que nos actuels gouvernants partagent cette conviction, autrement que lors des raouts de l'Elysée. Il faudrait peut-être nommer un éditeur à la Culture? Non?
Tara
04/07/2018 à 11:36
... Et que dire des malheureux qui triment pour trouver un éditeur...
Malgré une bonne dizaine de manuscrits qui dorment dans leurs tiroirs alors que d'autres parviennent à publier des livres sans intérêt... je veux dire autre que financier…
Grâce à vous, je viens de comprendre quelque chose : le problème ne vient pas manque de bons manuscrits mais du manque... de vrais éditeurs !!! Le livre est devenu un produit industriel au même titre que le dentifrice ou le téléphone... Du fond de leur tombe, certains se consolent avec la gloire posthume... mais restent que, tout comme l'audace, les vivants se meurent à petit feu...
J’ai beau essayer de payer mes factures avec l’amour de l’art… les créanciers font leur tête de lard !
Nathalie Novi
06/07/2018 à 20:43
Cher prince Erik, tes mots sont justes , vrais, ce seraient les mêmes avec la même émotion, pour nous, peintres illustrateurs, so , je partage sur FB et te remercie mon ami . A prestissimo i hope! Na
Marie Eynard
10/07/2018 à 16:24
Bravo Erik pour cet article. Les auteurs ont peut-être droit à des congés maladie mais il n'ont pas de congés payés et aucune indemnité de chômage. Ceci est particulièrement dommageable dans un métier où on doit consacrer du temps à concevoir de nouvelles histoires, à faire des recherches, avant d'avoir un éditeur (ou un producteur pour les scénaristes). Ce temps est nécessaire et pourtant non rémunéré. Nos temps de repos ne le sont pas non plus, contrairement à toutes les autres professions. C'est surtout à mon sens ce qui étouffe la création et si on doit faire vivre une famille, il faut beaucoup de courage pour ne pas laisser tomber et pendre un autre travail, ou ne pas s'épuiser à travailler sans aucun repos, ou de ne pas accepter n'importe quel travail de commande en ne faisant plus rien de personnel et innovant.
Jean-Pierre Rebouillat
01/01/2019 à 15:49
Eh bien. Merci pour ces éclaircissements. Je ne connaissais pas les difficultés complémentaires engendrées par les nouvelles Lois. Le monde productiviste et à l'économie inadaptée conduira à sa perte. Beaucoup de ce qui arrive est simplement incontrôlable. Et ceux qui pourraient tenter quelque chose ne sont majoritairement pas ceux qui le feront.
Louise
13/02/2021 à 19:20
Les auteurs sont des personnes qui écrivent des mots qui peuvent faire le tour du monde, tous ces
" penses-trop " représentent une menace, un danger pour les dirigeants. Moins il y en a et mieux cela vaut pour eux. Exprimer sa colère et sa déception, c'est nécessaire et ça fait un bien fou. La garder ou la cultiver est néfaste et destructeur, voire mortel, alors il faut trouver des solutions en se gardant bien de nourrir les machiavels car ces derniers s'abreuvent d'énergies négatives qu'ils ont pris soin de provoquer de manière particulièrement sournoises comme la colère, la haine, la déception, la tristesse...générées par tant d'injustice.
Puisque les éditeurs sont inhumains, irrespectueux et ne visent que le profit, pourquoi ne pas faire appel à des services comme BoD qui laissent beaucoup plus de libertés au,x auteurs ?
Intervenir de la maternelle à l'université auprès des jeunes pour parler de son livre, diffuser ses idées, échanger, partager et aider ...donner véritablement l'envie d'écrire, de lire et s'enrichir pour développer son esprit critique et s'armer dans la vie, dans ce cas c'est l'éducation nationale qui rémunère l'auteur ou des fonds propres à l'établissement. Proposer des interventions dans les médiathèques auprès de publics divers sur le budget des municipalités peut aussi être une idée intéressante...Intervenir dans des micro-lycées pour des jeunes abîmés par cette société aussi...
Je suis certaine qu'il existe d'autres façons d'exister pour écrire et en vivre. Il faut réagir, ne jamais renoncer, ne pas s'enliser dans des manifestations car de toute façon elles finissent toujours par être muselées, trouver l'énergie pour réagir avec des idées novatrices.
Vive le métier d'écrivain, vive les mots qui guérissent les maux !