#Economie

La double peine de Maxime Brunerie

Ce prix souhaite combler un manque dans l'univers littéraire français : réunir des personnalités d'environnements et horizons hétérogènes - des critiques littéraires, des journalistes et des écrivains consacrés, comme le veut la tradition des prix littéraires français, avec des universitaires, des scientifiques, des médecins autour d'un même dessein : plaider en faveur de la recherche scientifique sous tous ses aspects et du progrès humain. Ce Prix aurait dû être normalement remis au Procope pour sa première édition le 20 novembre dernier. Le Collège littéraire de 24 personnes souhaitait récompenser l'essai « Éclats de voix » de David le Breton. Cependant, une vague de démissions d'une dizaine de ses membres et du principal partenaire du Prix – l'université René Descartes-  à 5 jours de sa célébration sont venus tristement ternir l'épilogue fameux de ce premier grand rendez-vous entre littéraires et scientifiques. La raison de ces défections, et de cette consécration torpillée en plein vol ? La présence d'un homme : Maxime Brunerie.

Le 12/01/2012 à 08:02 par Clément Solym

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Publié le :

12/01/2012 à 08:02

Clément Solym

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Ou plus exactement, la compréhension particulièrement tardive par certains de l'identité de Maxime Brunerie, le « vrai » Maxime Brunerie, « celui qui avait tenté d'assassiner Jacques Chirac en 2002 », pas un être virtuel, ni un sosie (!), ni un homonyme, comme certains, parmi les soutiens et les détracteurs, se sont sincèrement plu à l'imaginer. Figurez vous que j'ai, en effet, commis le crime de lèse-majesté de solliciter Maxime Brunerie, cet ancien détenu qui a purgé sa peine, cet ex-« facho » repenti, d'appartenir à mon jury, après l'avoir rencontré au Salon du Livre en mars 2011, sur le stand des éditions Denoel. Des mails individuels et/ou collectifs furent adressés à tous les membres du Collège sans exception dès le 11 août, date à laquelle Maxime Brunerie a rejoint le Jury, mails postés ce 11 août entre 23h02 et 23h06, le 18 août à 19h15 et à 19h23, le 28 août à 10h46, le 02 octobre à 22h17, le 30 octobre à 10h57, tous ces courriels ont circulé dans les boîtes respectives des uns et des autres sans que personne ne s'émeuve de trouver aussi l'adresse mail de Maxime Brunerie et ne me pose aucune question à son sujet. Je ne finirais pas cette année mouvementée sans dire combien ma passion pour la littérature et les écrivains va bien au-delà du regret qu'a suscité le relief inédit de cet événement au sein de notre milieu littéraire, de cette cascade de démissions pour le moins affligeantes, pour ne pas dire indignes, qui a signé le fiasco de cette première édition.

Je sais que la vie littéraire est faite de ces incidents-là, de ces colères, de ces imbroglios et quoi qu'il en soit, j'assume parfaitement mes choix. Au-delà du respect de la liberté que je dois à chacun, j'aurais aimé croire à l'hypothèse d' un gigantesque malentendu. J'aurais aimé chasser d'un revers de la main le grotesque de la situation – prendre une personne pour une autre -, évoquer l'anecdote avec humour et m'en tenir là.. Ce n'est pas si simple : dès l'envoi de la lettre d'invitation et sa réception le 11 novembre par tous, l'hallali savamment orchestré, à partir du 14 au soir, a fait régner ici et là un climat odieux, et l'atmosphère extrêmement malaisée du buzz autour de l'événement ainsi que ses proportions invraisemblables furent regrettables.

À l'avenir, je ne suis pas prête de supporter davantage l'inquisition menée tambour battant, les raideurs inappropriées de quelques-uns, les crises d'autoritarisme des donneurs de leçons de morale, la mise en scène narcissique d'auteurs outragés par leur propre négligence, - ne pas avoir ouvert les pièces jointes ou lus les courriers - le grand défouloir général à mon encontre, les cris d'orfraie et les atermoiements poussifs des pérorés, ainsi que toute attaque en règle incessante à l'égard de Maxime Brunerie dès que sa silhouette se profile quelque part.

Mon point de vue est que quelques-uns des démissionnaires absents aux trois comités de lecture, ne sont que trop conscients de s'être ridiculisés en trahissant leur spectaculaire laxisme. Se sentant coupables, certains ont décidé de me sacrifier, comme ils ont sacrifié Maxime Brunerie, en se drapant dans un antinazisme artificiel. Je crois cette affaire parfaitement révélatrice de la mentalité d'une bonne partie de l'intelligentsia parisienne, qui ne se soucie, en grande majorité, que de sa réputation, de ses ambitions, de ses postures publiques et médiatiques, et ne se nourrit que d'opportunismes. Comment s'étonner alors du comportement délétère de ces individus, égotistes à souhait, incapables d'altérité, aussi novices dans la compassion qu'experts dans la malveillance.

Quel parfait éclairage que ce diable d'incident sur les ségrégation et discrimination silencieuses et rampantes, sur la dimension de l'âme humaine, l'épaisseur de la probité, la profondeur de l'intelligence, l'ouverture de l'esprit de toute cette bien-pensance ! Je détesterais toujours ces sortes d'exclusion passivement criminogènes, et je vous souhaite un jour de les vivre, vous comprendrez à quelles sortes d'extrémités elles peuvent conduire. Mais revenons aux faits : Maxime Brunerie a donc écopé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire d'insupportables diffamations discriminatoires de la part de ceux qui écrivirent en le ciblant « je souhaite démissionner de l'endroit où siège Maxime Brunerie». Connaîtrais je encore beaucoup de personnes à qui on infligera cette succession de sanctions ?. Rejets incessants, sanction de la double peine, voilà ce qu'on réserve à cette personne en demande de réinsertion.

« Partout où tu iras, tu seras conspué, honni ». « Partout où tu iras, nous te rejetterons ». « Tout ce que tu entreprendras sera réduit à néant : la faute à ton passé ». Voilà en substance ce que dit la belle bande de salopards prêts à brûler le premier étranger qui passe, ou qui tire, à vue, à boulets rouges. Comprenez bien que les raisonnements qui interdisent un autre regard empêchent la réinsertion, de même que l'ostracisme est condamnable du seul fait qu'il encourage la récidive. Inquiétant, ce sérail littéraire. Effrayant ce Cahier des charges, improbable, inauguré pour lui seul, et qui rendrait impossible le fait que son nom puisse côtoyer les autres. Constat sidérant : dans un pays où on s'évertue à convaincre les chefs d'entreprise d'embaucher d'anciens détenus pour faciliter la réinsertion sociale, voilà de sombres individus qui refusent de côtoyer un vrai repenti de peur d'égratigner leur notoriété d'aquarium. Quel exemple. 

L'identité de mon ami Maxime Brunerie n'a donc jamais été tronquée. Plus les jours passent, et plus je m'étonne encore de cette extraordinaire «découverte » subite, explosive. Incroyable. Maxime Brunerie était présent en août, en septembre, en octobre. Il n'est pas venu aux trois Comités de lecture pour jouir d'une estrade médiatique, qui lui aurait donné de la visibilité, - les conséquences de l'imbroglio disent d'ailleurs tout l'inverse- mais pour parler, avec d'autres littéraires, de livres lus. A ceux qui supputent tout et n'importe quoi, je dis que, pas davantage, -cela va de soi-, je n'ai voulu dissimuler sa personne, ou duper quiconque. Et quelle erreur de jugement, quelle provocation aurais je commises ? Je ne vais pas m'auto-flageller pour le plaisir, en inversant le calendrier des situations vécues. J'ai réellement le sentiment d'avoir été transparente, sans avoir commis ni maladresse, ni faute morale, - la faute morale me semble du côté des démissionnaires, qui rejettent l'autre à tout crin - en choisissant de l'intégrer dans ce Collège où, en tant qu'auteur et romancier en devenir, il poursuit la conquête de sa légitimité et où son abord «atypique» ne fait pas de lui un moins bon lecteur.

Maxime Brunerie publiera bientôt un autre roman avant la fin de l'année et une nouvelle dans la prochaine revue Bordel de Stéphane Million en mai. Par ailleurs, si les jurys littéraires doivent être uniquement composés de professionnels du livre, on a peine à comprendre pourquoi aucun écrivain, libraire, bibliothécaire ne figure dans le dernier jury de Pierre Leroy sans que personne, sauf Raphael Sorin, n'y trouve à redire. Dans le même ordre d'idées, on me permettra d'être interpellée par la présence de chanteurs, d'acteurs de cinéma, d'ex-ministre (ni écrivain, ni journaliste ou critique littéraire) dans les jurys tournants des années précédentes de quelques autres (envers lesquels je ne nourris aucune animosité).

En ce qui concerne le Collège du Prix du Savoir et de la Recherche, de la même façon que nous ne nous sommes pas consultés afin de savoir si nous avions tous envie de partager ces moments littéraires ensemble,  il est exact que je n'ai aucun consentement quelconque écrit, une parafe, une signature certifiant que chacun de nous tous était d'accord pour discuter avec son voisin, il est tout à fait exact que je n'ai pas cherché à recueillir l'avis des uns et des autres sur toutes cohésions, au sein de ma commission, celle de Maxime Brunerie y compris.  Mais il ne saurait y avoir deux poids, deux mesures : s'il faut se réunir constamment, pour se frôler, se ressentir, s'adopter, se sonder, savoir si l'on a envie de nourrir des échanges ensemble, voter en permanence, organiser des consultations, procéder à des réformes contractuelles, établir des hiérarchies,  imposer un règlement intérieur, définir – au point où on en est – une limite d'âge, être bien sous tous rapports, avoir une conduite exemplaire, imaginer quelqu'un qui s'occuperait même du recrutement, démontrer une rigueur incroyable et permanente au niveau de l'intendance, alors, il faut sans doute revoir l'organisation élitiste de tous les prix littéraires professionnels de France. Car voilà où le bât blesse : ce n'est pas tant le fait qu'il n'ait pas fait ses preuves, Maxime Brunerie, ou qu'il ait appartenu à l'extrême droite qui pourrait expliquer un tant soit peu l'objet des ressentiments exprimés, non, c'est, après avoir longuement réfléchi sur la véracité des motivations des démissionnaires et le fond de l'affaire,  la crainte de se retrouver avec une personne dont on a décidé qu'elle demeurerait toujours infréquentable, qui a provoqué le séisme.

Une persona non grata ad vitam aeternam, un martyr sacrificiel, un paria, entouré de toutes les mystifications, alors que c'est AUSSI un individu comme lui, en quête d'élévation, qui donne toutes ses lettres de noblesse à un Prix tourné vers l'avenir. Je ne vous laisserais pas en faire un banni. Un banni de la caste à laquelle on peut tout de même imaginer qu'il appartienne un jour, tant son intelligence est pointue et son verbe haut, un banni à qui on demanderait toujours des efforts supplémentaires. Voilà l'une des raisons pour laquelle il m'a semblé juste de ne pas isoler cette personnalité. J'affirme que j'ai pris soin d'elle, en  la considérant sans différence, en cherchant à la mettre sur le même pied d'égalité que mes autres invités. Mes contradicteurs me reprochent d'être demeurée sibylline : sans doute n'est-ce pas un tort de n'avoir jamais abordé un seul homme à rebours de sa vie, en lui demandant de justifier son passé. J'ai considéré cette personne de façon anodine parce que précisément, Maxime Brunerie est une personne ordinaire. Alors qu'il est en pleine résilience, en quête de rédemption, en désir de réinsertion, évoquer «le cas psy»,  c'est encore et toujours « a-sociabiliser », marginaliser davantage l'individu en soulignant son handicap.

Quant au fait de notifier son passé houleux ou d'y revenir sans sa présence, comme on me l'a suggéré, alors que lui-même y avait succinctement consenti à deux reprises en parlant de son « récit autobiographique » considérant sans doute que cette présentation sommaire suffisait, c' était à mon sens pratiquer une forme de dénonciation méprisable et honteuse, en fournissant des informations à son insu. Que fallait-il donc qu'il fasse, Maxime, pour dissiper le malaise ressenti et inexprimé par certains à la suite des deux comités de septembre et d'octobre ? Que fallait-il donc qu'il fasse de plus alors qu'il était bel et bien présent et que chacun (e) était à même de lui parler, de lui poser des questions ? Qu'y puis-je si cette identité était entourée de mystère sans que les frileux ou les timorés aient cherché à l'entrevoir ? Et si la personnalité ténébreuse de cet homme était tellement éclatante, comment expliquer que certains autres, sans réserve ni méfiance, lui aient laissé leur carte de visite ? 

A l'heure où il est toujours de bon ton de crier haro sur les réseaux sociaux et les internautes,  où on se hasarde maladroitement à narrer les liens pervers entretenus pas ceux-ci avec la réalité, où l'on moque la notion d'invisibilité et la rapidité des interactions de la plateforme, sans oublier, n'est-ce pas, ( !) les ravages atroces pour le cerveau, on me permettra de m'interroger et de réfléchir sur le peu de cas précisément que suscita la visibilité de la personne Maxime Brunerie, sur ce nouveau visage, sur cette voix, cette personne réelle, cette nouvelle présence dont on aurait finalement souhaité qu'elle surprenne davantage !. Comment se représenter un nouveau visage ? En quoi consistent ses rapports avec notre sentiment d'identité ? Le visage peut représenter l'identité, mais n'est jamais identique. Nous savons à quel point nos visages changent, et nous cherchons à donner des significations à ces changements.. Cela soulève la grande question : en quoi consiste la reconnaissance ? Qu'est-ce que se reconnaître ? Quand on se reconnaît, en quoi consiste la connaissance que nous exprimons ?

Or, pas une soirée avec Maxime ne laissa transparaître quelque singularité quelle qu'elle fût, quelque étonnement, quelque mouvance, quelque reconnaissance de part et d'autre et ce constat consternant rend sans doute encore plus étrange les postures alarmistes après-coup de quelques-uns sur la présupposée peur que sa personnalité pouvait laisser transparaître. Maxime Brunerie, bien que vu, regardé, demeura bel et bien invisible et méconnu, un peu comme un individu qui débarque incognito. À l'égal de tous, il est reparti, comme il est venu, sans jamais avoir dérangé quiconque. Encore une fois, ce n'est pas faute d'avoir manqué de se présenter, ce qu'il fit à deux reprises. La difficulté ? Juste essayer de comprendre que les représentations de soi ne doivent pas trop s'écarter des manières dont les autres les perçoivent. Maxime fût perçu telle une apparence fantasmée, une évocation vague, d'où l'obstacle et le conflit. Ce n'est pas simplement celle de notre apparence extérieure, pas davantage celle de notre apparence à nous même, mais la totalité de ce que nous sommes, de ce que nous avons été, de ce que nous deviendrons, de ce que nous espérons, de ce que nous craignons. Cette représentation doit faire place à la totalité de notre expérience, tant du monde extérieur que du monde intérieur des émotions et des fantasmes, puisque ces derniers agissent inéluctablement sur nos perceptions, et que nos perceptions créent le monde.

On se souviendra de toutes les traces mnémoniques suivies par Proust, qui se cherche dans ses milliers de fragments de sentiments, de souvenirs, de perceptions, de scènes imaginaires. Ma première idée est que si nous nous trouvons tous pris dans des conflits dont la défense ne passe pas par l'apparence entre le désir d'être reconnu et la peur ou l'angoisse d'être exposé, vu, mal vu, mal aimé, incompris, il semblerait que ce soit pourtant cette première vision de l'autre, qui nous renseigne sur les perceptions du monde extérieur, et sur nos sentiments les plus intimes et les plus intérieurs.

Ma seconde idée est que les démissionnaires n'ont eu ni l'envie ni la capacité de reconnaître immédiatement Maxime Brunerie, dépassés par le vil sentiment de honte que son nom leur a suggéré. Il existe un lien puissant entre apparence et identité, qu'il est impossible d'approfondir sans passer par la honte. De tels sentiments rappellent les paroles de Garcin dans "Huis clos" de Sartre. Quand on se sent dépendant des autres pour sa propre identité, mais incapable de voir en eux aucune similitude avec soi-même, quand on se sent étranger, aliéné aux autres, mais qu'on se rend compte en même temps que sans eux on n'est rien du tout, on est pris par des sentiments de colère et de désespoir. Dans ces circonstances, on est isolé avec son désespoir, envieux de ceux qui arrivent à faire des liens, mais angoissé par sa propre incapacité, méfiant de tous rapports humains puisqu' ils font si mal, honteux devant ses propres manques, et incapable de trouver un sens fiable de l' identité sur lequel s'appuyer». Notre concept de la honte désigne un sentiment de malaise et un désir de se cacher, d'éviter les regards critiques ou désobligeants de la part des autres devant qui nous nous sentons coupables ou disgraciés, d'où le repli, la rupture que fut l‘acte de démission. Fuir, disparaître, partir, pris d'une compulsion de se cacher et de se couvrir doublement, rien à voir ici avec une quelconque notion de courage.

Car les processus défensifs pour cacher la honte révèlent la honte de notre honte, qui, elle aussi, doit être cachée du regard des autres. La honte, aveu de lâcheté, donne une réalité. Sans la honte qu'il suggère à certains, Maxime Brunerie ne reste que spectral et sans existence. C'est une douleur insupportable. Et pour le bourreau, et pour la victime. L'enfer c'est les autres parce que les autres nous empêchent de nous imaginer tout seul ; ils ne nous voient pas seulement comme ils nous voient, mais aussi comme ils nous imaginent, tout comme nous nous voyons en tenant compte de leurs perceptions imaginaires. Dans ce processus de balancement, entre voir et imaginer, les autres, à condition de pouvoir assumer notre honte, nous imposent notre humanité, imposent une sensibilité aux rapports humains, et imposent enfin des possibilités de sentir les tragédies et les joies de notre vie. L'Identité se fait des milliers et des milliers de fragments, de morceaux expérience, qui ne se lient, qui ne se mettent à former un ensemble que si la personne en question possède la capacité de s'imaginer. Dans le cas précis du Prix du Savoir et de la Recherche, les désoeuvrés, en expérimentant de façon conflictuelle ce concept de la honte, n'ont pas seulement manqué d'humanité, mais de vision et d'imagination. Or, sans apparitions, perceptions, débordements, chimères, divagations, révélations, simulacres, vues, mirages, intuitions, rêveries, illusions, flux et reflux de l'esprit, qu'est un écrivain ? 

DOSSIER - Prix littéraire Frontières-Léonora Miano 2022 : dignité humaine, acceptation de l’autre

Par Clément Solym
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L'industrie du livre deviendra-t-elle enfin un échosystème ? Un espace collectif, commun, en mesure de faire corps pour assurer sa pérennité. Jérôme Sion, président de L'Agence Unique, Occitanie Culture adresse à ActuaLitté une tribune exhortant les professionnels à « garantir leur liberté collective ». Une adresse autant qu'un espoir.

24/04/2026, 20:32

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Le 23 avril, journée mondiale du livre : il faut célébrer “le droit d’y accéder”

Ce 23 avril marque la journée mondiale du livre, l'occasion d'en ouvrir un et de profiter des bienfaits de la lecture. Mais cette activité reste très limitée pour les personnes atteintes d'une déficience visuelle, qui ne peuvent pas lire des ouvrages imprimés d'une manière standardisée. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France rappelle, dans un texte reproduit ci-dessous, les obstacles auxquels ils font face, ainsi que le manque de volonté politique pour lever ces barrières.

23/04/2026, 15:56

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Après Grasset, où aller ? 4000 éditeurs indépendants prêts à accueillir les auteurs

Partir, oui, mais où ? La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) annonce son soutien aux nombreux auteurs et autrices souhaitant quitter leur maison pour rejoindre les « 4000 maisons d’édition indépendantes » et faire vivre autrement le livre et la création. Quitter les grandes maisons pour une édition plus indépendante : tel est le pari de la Fill.

22/04/2026, 12:08

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Artistes-auteurs : le ministère de la Culture “dénature le sens” du vote de l’Assemblée nationale

En janvier, l’intersyndicale réunissant une trentaine d’organisations réagissait déjà à un courrier de l’URSSAF : « Artistes-auteurs : ce qui change pour votre protection sociale en 2026 ! ». Quelques mois plus tard, le ministère de la Culture présente un projet de décret d’application de la réforme, vivement contesté par les organisations, qui y voient un détournement du vote des députés. Le texte de l'organisation est reproduit en intégralité ci-dessous.

22/04/2026, 11:06

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Contrats d’auteur : les écrivains réclament une réforme face à la concentration

Le Conseil permanent des écrivains (CPE) alerte sur les effets de la concentration croissante dans l’édition, relancée par l’éviction d’Olivier Nora chez Grasset. Dans une tribune reproduite ci-dessous, l’organisation appelle à adapter le cadre légal et à rouvrir les discussions avec les éditeurs, notamment sur les contrats d’auteur, la durée des cessions de droits et le respect du droit moral.

21/04/2026, 16:03

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“L’enfance est précieuse et fragile, la littérature essentielle” : les auteurs Grasset Jeunesse inquiets

Un collectif d'auteurs des éditions Grasset Jeunesses se mobilise à travers une tribune pour soutenir « la liberté de création [qui] est indispensable aux bons livres ». Alors que la maison fait l'objet d'une attention médiatique à la hauteur de ce qu'elle traverse, ActuaLitté publie leur texte en intégralité.

21/04/2026, 15:31

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Clause de conscience : “Il s’avère impératif que le gouvernement s'engage”

Exclusif – Vice-présidente du Sénat, membre de la commission culture, éducation et communication, la sénatrice Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine, groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) appelle aussi de ses vœux, après les événements au sein du groupe Hachette, à la création d'une clause de conscience pour les auteurs. Mais cet ajout au contrat d'édition ne pourra se faire rapidement qu'avec le soutien du gouvernement, qu'elle interpelle par un courrier à Catherine Pégard, ministre de la Culture. Il est reproduit ci-dessous, en intégralité.

21/04/2026, 08:35

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Les festivals littéraires montent au créneau après le départ d’Olivier Nora

Les responsables de festivals et manifestations littéraires réunis au sein du réseau RELIEF prennent la parole après l’éviction d’Olivier Nora. Dans un texte collectif, ils expriment leur attachement au rôle des éditeurs dans la chaîne du livre et leur inquiétude face aux conséquences pour les équipes. Ils rappellent l’importance du lien construit avec les auteurs et le public, dans un contexte de fragilisation de la lecture. Une prise de position qui souligne aussi les équilibres du monde éditorial contemporain.

20/04/2026, 16:12

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Grasset : face à “la mise au pas”, la CFDT réclame des “garanties d'indépendance éditoriale”

L'interventionnisme de Vincent Bolloré dans les entreprises dont il est le propriétaire n'est pas une nouveauté. Mais, en limogeant le PDG des éditions Grasset, le milliardaire réactionnaire a rendu plus visibles les risques que fait courir la financiarisation de l'édition sur l'organisation des maisons et leur production. Dans un texte reproduit ci-dessous, la CFDT Livre-Édition appelle le Syndicat national de l'Édition et les pouvoirs publics à agir, sans tarder.

20/04/2026, 11:52

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Grasset, ou la “prédation” des actionnaires

Après l’éviction d’Olivier Nora de la tête de Grasset, la Société des Gens de Lettres dénonce une emprise croissante des actionnaires sur les orientations éditoriales. Dans un communiqué offensif, l’organisation alerte sur un risque systémique pour la liberté de création et appelle à des mesures d’urgence, de la clause de conscience à une régulation accrue du secteur.

18/04/2026, 10:26

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Fayard, Grasset : les libraires dénoncent la “mise au pas” d'Hachette par Vincent Bolloré

Après Fayard, Grasset : le limogeage d’Olivier Nora cristallise les inquiétudes d’une profession confrontée à une transformation brutale du groupe Hachette. Dans cette tribune, le syndicat des libraires dénoncent une reprise en main idéologique et ses effets sur l’équilibre du secteur. Au-delà d’un départ, c’est toute la chaîne du livre qui se dit fragilisée.

16/04/2026, 18:13

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“Entre grands groupes et précarité, le choix est devenu impossible”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires publie une tribune offensive dans le contexte de la crise chez Grasset. Le syndicat y dénonce une concentration accrue du secteur, qu’il associe à un « tournant politique et économique » depuis la prise de contrôle d’Hachette par Vincent Bolloré. Évoquant une dégradation des conditions de travail et une évolution des lignes éditoriales, il appelle l’ensemble des professionnels du livre à se mobiliser collectivement.

16/04/2026, 18:05

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Comment la souffrance a forgé le jeune Antonin Artaud

De 1915 à 1919, Antonin Artaud passe de cliniques en stations thermales, de Marseille à Neuchâtel, dans une tentative presque continue d’apaiser des troubles nerveux qui marqueront durablement son existence. Ilios Chailly reconstitue cette « géographie de la souffrance » à partir d’archives, de sources médicales et de documents parfois inédits, et montre combien ces années de cures, de diagnostics et de traitements ont participé à façonner l’homme, l’artiste et la pensée d’Artaud.

07/08/2026, 16:20

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Lunettes connectées : comment encore rester hors champ ?

En Australie, la commissaire à la vie privée Carly Kind s’interroge sur la nécessité de nouvelles règles face aux lunettes connectées. En France, la CNIL redoute déjà une surveillance mobile et presque invisible. Mais ces mêmes appareils peuvent accroître l’autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes. De Robbe-Grillet à Samanta Schweblin, les livres posent alors la vraie question : peut-on encore choisir de rester hors champ ?

07/08/2026, 15:51

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Du papier au numérique, la révolution qui bouleverse le manga japonais

Le Weekly Shonen Jump, berceau de Dragon Ball, One Piece ou Naruto, est tombé à un plus bas historique depuis 1971 : son tirage moyen n’était plus que de 985.000 exemplaires entre avril et juin 2026. C’est la première fois en 55 ans que la revue repasse sous le seuil symbolique du million d’exemplaires. Plus qu’un simple mauvais chiffre, ce recul illustre l’effacement progressif d’un modèle longtemps central au Japon : celui du grand magazine imprimé de prépublication.

07/08/2026, 15:45

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L’AFDAS suspend les formations pour artistes-auteurs centrées sur l’IA

L’AFDAS a instauré un moratoire sur le financement des formations principalement consacrées à l’intelligence artificielle générative. Limitée au fonds de formation des artistes-auteurs, la mesure s’appliquera jusqu’au 31 décembre 2026. Les enseignements professionnels dans lesquels ces outils n’interviennent qu’à titre secondaire restent éligibles.

06/08/2026, 10:06

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Les premières traductions françaises de L’Odyssée : une odyssée littéraire

On parle beaucoup de la sortie du film de Christopher Nolan. Mais quelles sont les premières éditions françaises de ce poème épique ? Publiée en 1716, la plus célèbre est la traduction en prose de la philologue Anne Dacier, qui sert de base à une autre traduction en vers suivie d’une polémique entre les deux traducteurs se terminant par un bon repas. La traductrice d’Homère sera plus tard immortalisée dans le comics américain Wonder Woman.

06/08/2026, 10:02

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À Ceuta, 72 000 migrants et des vies laissées hors compte

À Ceuta, Madrid estime que 72 000 personnes ont franchi la frontière et que 70 000 sont reparties ou ont été reconduites. Le bilan humain reste disputé, tandis qu’environ un millier de mineurs non accompagnés demeurent dans l’enclave et que des familles cherchent leurs proches. Sept récits, romans, albums et essais rouvrent ce que les mots « flux », « retour » et « sécurisation » voudraient déjà refermer.

05/08/2026, 17:34

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“Face à des mégafeux incontrôlables, la Grèce n’en finit plus“

Tout brûle en Grèce, pas seulement la nature éprouvée par la sécheresse et l’incivilité de ses habitants, elle brûle parce que la police est corrompue, l’environnement est bafoué et les hommes politiques sont malhonnêtes. Et pourtant, la Grèce est un pays attachant, plein de ressources et de bonnes volontés. Cependant, la sincérité n’est pas un gage suffisant d’honnêteté, Nikos Nikolopoulos le démontre au fil de ce polar passionnant, efficace dans lequel s’entremêlent plusieurs histoires, passées ou récentes, qui finissent toujours par converger vers un drame.

04/08/2026, 15:33

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Lipœdème : “Aucun régime ni aucun sport ne le fera disparaître“

Comment expliquer qu’une maladie touchant des centaines de milliers de femmes demeure si souvent confondue avec un simple surpoids ? « Il faut perdre du poids » : c’est probablement la réponse que les patientes atteintes de lipœdème entendent le plus souvent. Et pourtant… aucun régime ni aucune activité sportive ne suffisent à faire disparaître cette pathologie chronique. Dans Le Guide complet du lipœdème (éditions Dangles), Manon Chavaudrey entend briser l’invisibilité qui entoure encore la maladie et donner aux femmes les moyens de mieux comprendre leur corps.

04/08/2026, 14:59

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“Un réseau de librairies plus fort et plus moderne” : l’ambition de l’ALIM au Maroc

Hassan El Kamoun est partout. Il porte la voix des libraires du Maroc et celle de l’ALIM. On le voit sur le terrain, dans son pays, mais aussi en France, en Belgique ou aux Émirats arabes unis, inlassablement mobiliser, convaincre et attirer l’attention sur les enjeux de la librairie. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

03/08/2026, 16:07

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Splendeur et misère de Donald Trump, raconté en huit livres

À 80 ans, Donald Trump a transformé la pelouse de la Maison-Blanche en arène. Pour retracer l’héritier, le promoteur, la vedette, le candidat, le président défait, le condamné puis le revenant, nous avons retenu huit œuvres qui composent une biographie oblique. Romans, manga, théâtre, tragédie et philosophie mettent au jour les mécanismes d’une ascension que les chutes n’ont jamais interrompue.

03/08/2026, 11:13

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Comptine Le Bon Roi Dagobert : une histoire d'organisation et de management toxique

Alors que ma progéniture jubile d'avoir en boucle l'histoire d'une culotte mise à l'envers, j'endure le supplice du pal, version musicale. Elle rit d'une distraction, quand son père est effrayé par ce monarque prompt à dépouiller qui vole à son secours. Au fil de 24 couplets, « le bon saint Éloi » perdra ses vêtements, son argent, ses cheveux, sa dignité – et sa vie ne tient qu'à un fil. Que les enfants s'égosillent, fort bien : l'inspection du travail a du pain sur la planche

01/08/2026, 08:41

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Quand les États tournent le dos à la justice mondiale : la crise du CPI

Le Niger, le Burkina Faso, le Mali, le Venezuela et le Tchad ont annoncé ou engagé leur retrait de la Cour pénale internationale, tandis que son procureur Karim Khan vient d’être destitué. Les procédures ouvertes ne s’éteignent pas, mais leur exécution dépend des États. De Philippe Claudel à Svetlana Alexievitch, huit livres rappellent ce que cette fragilisation menace : des preuves, des voix et des noms.

31/07/2026, 09:30

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Pourquoi ChatGPT refuse d’imiter Stephen King, Houellebecq ou Agatha Christie

Donc ChatGPT refuse d’imiter les écrivains célèbres — sauf un peu. Lors de tests menés fin juillet, la machine n'a pas accepté de rédaction de texte reproduisant la voix précise de divers écrivains célèbres, vivants ou disparus. OpenAI n’a pourtant annoncé aucune nouvelle règle. Et le verrou laisse une porte entrouverte : le service accepte encore d’en reprendre l’atmosphère, le rythme ou les procédés généraux. C'est que chacun des assistants actuels garde sa propre définition du pastiche acceptable.

 

30/07/2026, 17:04

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Dans les ruelles hantées de Casablanca

J’aborde la lecture de Galerie marocaine de Jamal Eddine Naji à travers une grille psychopathologique. La ville est traversée de syndromes névrotiques. La société paradoxale marocaine s’y prête parfaitement. L’ouvrage est une psyché collective. Les portraits, les souvenirs sont autant de vignettes mnésiques. Il ne s’agit pas d’un récit continu, mais d’une juxtaposition de scènes, de figures, de visages, de voix. 

29/07/2026, 18:25

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“L'emprise est invisible. Elle ne fait pas de bruit.”

Comment comprendre les mécanismes invisibles de l'emprise. « Pourquoi est-ce que tu ne pars pas ? » C'est probablement la question que l'on pose le plus souvent aux personnes sous emprise. Et pourtant… c'est peut-être la plus mauvaise. Christel Bringia publie aux Editions Jacques Grancher L'Emprise, où elle tente d'expliquer cet enfer.

28/07/2026, 10:58

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Oser Joyce : deux années avec Ulysse

Pendant deux ans à plein temps, Michel et Michela Gribinski ont vécu au rythme de Leopold Bloom, traversé six fois Dublin et remis chaque phrase sur le métier. De cette immersion naît une nouvelle traduction d’Ulysse, guidée par un pari : retrouver, sous le monument à la réputation si intimidante, le roman, ses corps, ses voix, son burlesque et sa mélancolie.

27/07/2026, 18:22

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#balancetonediteur VS #balancetonauteur : le monde littéraire à contre-pied

Aujourd'hui, il est tendance de balancer par des #. L'un des derniers en date est #balancetonediteur. Par des auteurices souvent en mal de reconnaissance.  Certes, l'industrie du livre n’est pas parfaite, mais à quand le délectable #balancetonauteur ? Allons-y donc et pas vraiment, gaiement. Par Auguste Feydeau, éditeur.

25/07/2026, 20:08

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Frère Jacques, Meunier tu dors : quand dormir devient une faute professionnelle

Un jeune parent finit toujours par découvrir qu’une chanson peut être répétée sans limitation légale. Trois syllabes suffisent pour transformer le foyer en résidence artistique. Après Il était un petit navire, ma progéniture a logiquement partagé les déboires de Frère Jacques et Meunier, tu dors. Deux œuvres courtes, mais répétitives. Et répétées. Encore. Et encore. Jusqu'à se souhaiter des crises de narcolepsie...

25/07/2026, 08:30

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“Le collectif doit primer sur l’ego” : la SAIF invente un prix contre la logique des prix

Comment récompenser des artistes sans renforcer la compétition qui structure déjà leur secteur ? Avec le Prix La SAIF x Ce qui nous lie, Églantine de Boissieu assume ce paradoxe : distinguer un collectif, non pour couronner une œuvre ou une carrière, mais pour lui offrir trois jours durant lesquels il pourra cesser de produire. Une manière de traiter le temps, le repos et les relations de travail comme des ressources politiques.

24/07/2026, 16:16

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“Quand un artiste affirme que son œuvre n’est pas politique, c’est déjà politique”

Marraine de la première édition du Prix La SAIF x Ce qui nous lie, l’autrice et illustratrice Cy défend une création indissociable des luttes collectives. Remise le 13 septembre, pendant le festival Les Muses, cette nouvelle récompense ne distingue pas une œuvre : elle offre à un collectif engagé trois jours pour se retrouver, réfléchir et reprendre son souffle.

22/07/2026, 15:51

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Celle qui sait : 12 000 livres imprimés, 3067 vendus… mais une rupture de stock ?

À peine paru, déjà en rupture ? Le thriller Celle qui sait, de Riley Sager, aurait donc provoqué une razzia, à en croire son éditeur, Verso, un label du Seuil. Fort d’un premier tirage de 12.000 petits pains, le roman, traduit par Dominique Haas, comptabilisait 3067 ventes au 12 juillet, d’après les données GfK communiquées par la maison. Mais alors, où sont les quelque 9000 autres volumes ? Petit exercice de mathématiques à l’usage des nostalgiques du cahier de vacances.

21/07/2026, 16:53

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“La littérature est un sport-business : bienvenue dans le mercato le plus opaque du monde”

Et si l’édition fonctionnait comme un jeu de management sportif ? Charles Garatynski compare la sélection des manuscrits au « scouting » footballistique : des milliers de candidats, quelques signatures, des filtres de plus en plus rapides et, souvent, aucun retour.

20/07/2026, 18:11

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La comptine “Il était un petit navire” : autopsie d’un cannibalisme parfaitement évitable

Mon enfant adore Il était un petit navire. Moi aussi, à son âge, j’étais censé apprécier cette histoire maritime pleine d’entrain, dans laquelle un équipage mal préparé envisage de manger un mousse avant même d’avoir vérifié s’il restait une boîte de sardines. Devenu père, me voici contraint de rouvrir le dossier. Et les conclusions sont toujours aussi accablantes. Bande de buses de marins d'eau de baignoire...

18/07/2026, 15:04

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La première librairie antiraciste de France mise sur le numérique

Ancienne ingénieure à la SNCF, Nawal Kerdougli a créé au printemps ManYaya, la première librairie exclusivement antiraciste en France. Interrogée par ActuaLitté, elle revient sur les origines de ce projet, ses choix éditoriaux et son ambition de rendre ces ouvrages accessibles partout en France, notamment dans les territoires où l’offre spécialisée est limitée.

17/07/2026, 17:27

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Réduire la lecture à un plaisir ? C'est avant tout “un instrument de liberté”

À force de vouloir sauver la lecture, on finit parfois par l’enfermer dans deux cases : le divertissement agréable ou l’effort salutaire. Dans une tribune publiée par Libération, l’avocat et éditeur Jean-Claude Zylberstein déplace le débat. Les livres lui ont permis de franchir des frontières sociales, professionnelles et intellectuelles. Le plaisir ouvre l’ouvrage ; l’émancipation commence parfois à la page suivante.

16/07/2026, 15:07

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Renaud Lefebvre (SNE) : “Les opérateurs d'IA sont en infraction permanente”

L'année 2026 n'est pas de tout repos pour l'industrie de l'édition, confrontée à un repli des ventes et à un recul apparent des pratiques de lecture. Parallèlement, la situation budgétaire de l'État entraine une contraction des soutiens publics, tandis que de puissants acteurs technologiques prennent leurs aises, afin de développer des outils d'intelligence artificielle... Renaud Lefebvre, directeur général du Syndicat national de l'édition (SNE), est revenu pour ActuaLitté sur quelques sujets de préoccupation.

16/07/2026, 11:19

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Antiquité : ce que les Anciens avaient compris bien avant Internet et l’IA

Pourquoi l’Antiquité continue-t-elle de nous fasciner ? La question mérite d’être posée car nous savons aujourd’hui que les sociétés antiques étaient loin d’être parfaites. Elles connaissaient les guerres, les inégalités, l’esclavage, les luttes de pouvoir et les violences politiques. Pourtant, plus de deux mille ans après leur disparition, elles continuent d’habiter notre imaginaire collectif. Léa Varachaud publie aux éditions Grancher un essai sur ces rites et ce qu'ils nous apporteraient aujourd'hui encore.

15/07/2026, 15:12

ActuaLitté

On a regardé Au fil des années : Prime Video remet l’amour d’été à flot

Prime Video replonge dans les amours d’été avec Au fil des années, adaptation de Tous nos étés, le phénomène de Carley Fortune. Entre deux temporalités, un lac canadien et 10 ans de non-dits, Percy et Sam rejouent la romance de la seconde chance. Fidèle au cœur du roman mais plus libre avec ses personnages secondaires, la série séduit malgré quelques longueurs et des dialogues parfois trop appuyés. Le charme, lui, demeure jusqu’au dernier épisode.

15/07/2026, 11:50

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Yon : la BD de Camille Broutin qui fait dialoguer manga et science-fiction

Noure, libraire au Renard doré, dans le 5e arrondissement de Paris, défend Yon, de Camille Broutin, publié chez Dargaud. Entre manga, science-fiction et récit de survie, elle voit dans ce premier tome une œuvre graphique très maîtrisée, portée par des adolescentes qui existent pour elles-mêmes et par une narration assez ouverte pour accueillir de nombreux lecteurs.

14/07/2026, 15:49

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Le génie de Baudelaire : entre fatalité tragique et modernité poétique

PORTRAIT – Lorsqu’on évoque Charles Baudelaire, on songe aussitôt au poète-alchimiste capable de transmuer la laideur en splendeur et la tristesse en allégresse. Pourtant, derrière la figure emblématique du grand poète se dessine l’ombre d’un homme profondément mélancolique. C’est précisément dans cette affliction de l’âme que le génie baudelairien puise sa force et se déploie avec une intensité si singulière qu’il s’impose comme l’un des grands précurseurs de la poésie moderne, ouvrant la voie tant au symbolisme qu’au surréalisme. De Karim S. Rebeiz.

13/07/2026, 10:27

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La lecture, une gourmandise : des recettes d'enfants pour donner envie de lire

Cet été, je lis ! : entre l’assertion et la promesse faite à soi-même, le ministère de l’Éducation nationale annonce la couleur de sa campagne estivale. Ce 10 juillet, à la Fnac des Ternes, une vingtaine d’élèves, du CM1 à la 6e, ont mis leur imagination aux fourneaux avec l’autrice Aurélie Gerlach. Au menu : inventer un gâteau magique, choisir ses pouvoirs et dresser la liste de ses ingrédients. Os humains compris.

10/07/2026, 15:16

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Makassar “unique fautif” ? Pollen refuse le procès trop simple

La crise Makassar ne se résume pas, estime Benoît Vaillant, à la défaillance d’un seul — fut-il diffuseur-distributeur. À la tête de Pollen, il organise actuellement l’arrivée d’une trentaine de structures (principalement de BD), en collaboration avec Vincent Dodivers. Mais le président de Pollen réaffirme surtout le besoin d’une lecture plus collective, face à un modèle qu’ont fragilisé les coûts de stockage.

10/07/2026, 10:14

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OPlibris-Dilicom : une boussole pour la facture électronique

La facture électronique ne changera pas seulement le format des documents comptables. Pour les maisons d’édition indépendantes, elle pose une question plus concrète : où circuleront, demain, les factures, les données clients, les informations fournisseurs, les statuts de paiement et les écritures qui, jusqu’ici, passaient souvent par un outil de gestion, un PDF, un mail et un cabinet comptable ?

09/07/2026, 10:26

ActuaLitté

Avec l'iridologie, Coralie Imhoff entend ”porter un autre regard sur votre regard”

Coralie Imhoff a publié aux éditions Quintessence L’iridologie psycho-émotionnelle - Explorer le lien entre terrain, émotions et inconscient à travers l’iris. Elle y présente une lecture de l’iris qui ne se limite pas au terrain physiologique, mais prend aussi en compte les émotions, l’inconscient et certains éléments transgénérationnels. L’ouvrage s’adresse aux thérapeutes comme au grand public, avec une cartographie et des signes observables sans matériel spécifique.

07/07/2026, 11:54

ActuaLitté

“Le pilon, si redouté des auteurs, a-t-il un cœur ?”

En juin dernier, François Belley s’inquiétait de ce que les autrices et auteurs modernes entretiennent leur bronzage à grand renfort de selfies : se montrer ou disparaître, cruel avenir. Ou pas. Tout dépend des tempéraments, certainement. L’écrivain pirate marque une pause, pour mieux observer les ravages de l'industrie, sur ses propres ouvrages... Dans la tête du bourreau des livres, ou les états d’âme du pilon.

06/07/2026, 17:28

ActuaLitté

Maison des histoires : jouer dans les albums jeunesse

Ouverte le 9 juillet 2025, la seconde Maison des histoires de L’école des loisirs déploie, au 7 cité de la Roquette, douze univers d’albums jeunesse sur deux niveaux. Un musée à jouer où les enfants peuvent courir, grimper, lire, bricoler et, accessoirement, rappeler aux parents pourquoi les bibliothèques municipales ont inventé le chuchotement.

06/07/2026, 17:19