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Les Ensablés - Retour de barbarie et Du côté de chez Malaparte de Raymond Guérin

C’est au début des années 80 que l’on commence à reparler Raymond Guérin. Les éditions « Le tout sur le tout » ont alors le courage de rééditer certaines de ses œuvres. Jean-Paul Kaufmann écrit sa biographie, remarquable comme tout ce qu’il fait, dans 31 rue Damour. Des articles sortent… Puis nouvel oubli, même s’il reste publié dans la collection Imaginaire, antichambre de l’oubli définitif. un oubli relatif à dire vrai. Régulièrement, des maisons d’édition (où trouvent-elles ce courage?) rééditent en effet une de ses œuvres. Finitude est de celles-ci. Par Hervé Bel

Le 09/06/2024 à 09:00 par Les ensablés

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09/06/2024 à 09:00

Les ensablés

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Finitude vient en effet de rééditer deux livres de Raymond Guérin : « Retour de barbarie » et « Du côté de chez Malaparte ». Il ne s’agit pas de romans mais de deux témoignages. 
 
Le premier est le journal que tient Guérin à son retour de captivité fin 1943. Trois ans au stalag, pendant lesquels il a écrit des milliers de pages destinées à son œuvre future. Il en revient très maigre, lui qui l’était déjà. Débarqué à Paris, il rend à tous les écrivains qui le connaissent et s'intéressent à lui : Paulhan, Marcel Arland, Albert Camus, Sartre qui le reçoit avec égard, Chardonne. Tous le reçoivent les bras ouverts. Guérin, le mal-aimé, ou plutôt qui se sent comme tel, se délecte de ces rencontres qu'il décrit par le menu. Il est d’abord aux anges: il existe en tant qu'écrivain! Vous le sentirez vous-même à la lecture : Guérin témoigne d'un insatiable besoin de reconnaissance. 

Dans une lettre adressée à son grand ami Maurice Toesca, autre romancier encore plus oublié que lui, il avoue lui-même : « Ils n’ont pas su voir que j’étais épris d’absolu, un idéaliste de la plus haute lignée; j’accorde que c’est dans ma situation une bien grande faiblesse en même temps qu’un atroce paradoxe; mais j’aurais voulu être aimé, oui, j’aurais voulu qu’on m’aimât, que tout le monde m’aimât… »
 
Ce besoin est touchant, mais aussi, oserais-je le dire, un peu gênant à force.  On comprend bien, à la lecture de "Retour de barbarie" que Guérin ne se sent de pas plain-pied avec les gloires littéraires de l’époque, si bien qu’il a parfois, disons-le, un côté petit garçon dans son attitude et ce qu’il écrit.

Mais bien vite, Guérin, un instant énivré, retrouve sa lucidité. Tous ces gens qu’il rencontre ont vécu tranquillement les années de guerre, et il sait, quoiqu’on en dise, qu'il a été un peu oublié. Lui a souffert, de la barbarie allemande (d’où le titre « Retour de barbarie »), et il découvre qu'on ne lui rendra jamais justice (par justice, entendons reconnaissance littéraire). 

Le témoignage de Guérin vaut aussi pour ce qu’il dit du Paris sous l’occupation (et Paris, en 1043, l’est encore) dans une certaine classe de la société. A ce journal, Finitude a joint un court texte « Représailles » où Guérin, de retour en province, raconte les procès de l’épuration, assez écœuré par la lâcheté humaine.
 
Le second texte publié aujourd’hui « Du côté de chez Malaparte » (allusion transparente à Proust que Guérin admirait) se rapporte à son séjour qu’il fit au printemps 1950 à la Villa de Curzio Malaparte, l’auteur de « La peau », la fameuse « casa come me » où fut tourné le film Le mépris. De ce séjour, Guérin gardera un souvenir inoubliable. A la veille de mourir, dans son journal qu’il tient avec courage ("le pus de la plaie"), dans l’espoir d’utiliser son expérience de la souffrance pour nourrir son œuvre future qui n’existera jamais[1], il note le 7 mai 1955 : « De plus, si je meurs, je voudrais non seulement être incinéré mais qu’on obtînt (par faveur spéciale) que Delphine pût disposer de l’urne contenant mes cendres, l’emporter et aller disperser ces cendres dans la mer, en haut de la terrasse de la villa de Curzio Malaparte à Capri où j’ai passé, sans doute, les jours divins de mon existence. »
 
Et de fait, le récit que fait Guérin de son séjour là-bas, en compagnie du maître qu’il admire (pour sa simplicité, pensez, le maître se contente d’une chaise de paille, tandis que lui s’assoit dans le canapé... Et pour son talent, bien sûr : « Vous êtes, lui dit-il, (…) le plus important des écrivains italiens »), ce récit est celui d’un séjour au paradis, celui de la littérature où Guérin a toujours voulu avoir une place prééminente et qui lui semble enfin attribuée grâce à cette invitation inespérée. Ceux qui aiment Malaparte auront ici un témoignage sur la vie de leur grand homme. Et pour ceux qui, comme moi, aiment Guérin, nous avons en face de nous la partie lumineuse, souvent occultée, de ce qu’était Raymond Guérin.

Vie et mort de Raymond Guérin

Encore faut-il, pour goûter pleinement ces textes, mieux connaître Guérin… Or, connu, hélas, il ne l’est plus... Ensablé Guérin! mort comme disait Mauriac à propos de Proust, « dévoré par son œuvre », mais à l’inverse de Proust, sans ses livres à la devanture des librairies. Alors qui était Guérin, qu’a-t-il donc écrit qui mérite qu’aujourd’hui quelques fervents de l’exhumation en parlent encore?

Raymond Guérin : 1905-1955. Décédé à cinquante ans après une agonie de plusieurs mois. Il est le fils du patron de la Brasserie Dumesnil à Montparnasse, devenu le Cinéma de Bretagne, lequel vient de disparaître. Son père est un travailleur acharné, un homme d’affaires, qui part s’installer en 1914 à Bordeaux en tant qu’agent des Assurances de Poitiers. Rien d’un littéraire donc. Raymond est sportif, rugbyman. Mais il n’a pas le sens des affaires qu’il méprise. 
 
A l’adolescence, sa révolte va le conduire à la littérature. Son père lui fait en effet interrompre ses études pour l’envoyer dans un hôtel de luxe à Paris comme apprenti, afin d’apprendre les métiers de l'hôtellerie: ce sera dix huit mois de souffrances morales pendant lesquels Guérin lit, lit, et commence à écrire. 
 
Trop tard? Guérin, en tout cas, conservera toujours le sentiment qu’il a commencé trop tard à lire, qu’il n’a pas, en comparaison de ses pairs, la culture suffisante. Ce complexe ne le quittera jamais et explique sans doute l'ambivalence de son caractère : d'un côté son admiration trop enthousiaste, sa servilité parfois, vis-à-vis des grands noms, de l'autre son orgueil, sa volonté d’en remontrer. Entre ces deux attitudes, Guérin hésite, d’où le sentiment ambigu qu’il a suscité chez beaucoup d’écrivains de l’époque.
 
Son expérience à l’hôtel se termine par un fiasco. Service militaire puis retour à Bordeaux où, sous le regard inquiet de ses parents, il créée une revue littéraire remarquée par Mauriac et qui n’a que peu de numéros.

Pour vivre, il devient Agent d’assurance. Cela lui permettra de vivre, d’avoir même un niveau de vie aisé, très propice à la création littéraire. 
 
En 1936, il publie chez Gallimard son premier roman « Zobain » remarqué par Paulhan; un roman épistolaire inspiré par son divorce, très classique, et qui témoigne d’une grande maîtrise de la langue. Puis la mort de son père lui inspire son premier grand roman « Quand vient la fin », récit entomologique de la mort de son père dont Camus dira qu’il a utilisé un « scalpel psychologique » pour l’écrire. Le roman paraît en 1941 pendant sa captivité. On parle de lui pour le Goncourt. Mais non, ce sera un roman d’Henri Pourrat, plus à même de plaire à Vichy que le récit d’une agonie. 
 
Mais rien ne le décourage. Revenu avec une masse de notes en 1943, il publie en 1946 « L’apprenti » premier tome de son vaste projet intitulé (un peu pompeusement, avouons-le, mais si caractéristique du complexe de Guérin) « Ébauche d’une mythologie de la réalité ». L'apprenti, gros roman de 400 pages relate les aventures de Monsieur Hermès, son héros, dans un hôtel de luxe, bien évidemment inspiré de sa propre expérience. 
 
A mon avis, c'est son meilleur livre. Suivront « Parmi d’autres feux » et « Les poulpes », ainsi que d’autres textes, l’un sur Diogène, une pièce de théâtre, un récit court, remarquable « La tête dure » republié d’ailleurs il y a peu par nos amis de Finitude et que je conseillerais pour aborder Guérin.

A chaque fois, le succès semble là, mais il lui échappe. L’échec des « Poulpes » qu'il considère comme son chef-d'oeuvre, énorme roman de 800 pages paru en 1953, relatant la vie des prisonniers de guerre, lui sera en quelque sorte fatal. Il le dira d'ailleurs très clairement à Henri Calet dans sa correspondance publiée au Dilettante.

Combien de marins, combien de capitaines 
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines
Dans ce morne horizon se sont évanouis
Combien ont disparu, dure et triste fortune!
 
Les écrivains sont comme les marins. Avec Guérin, Paul Gadenne, Marc Bernard, Calet, Curtis, Raymonde Vincent, combien d’autres ont péri corps et biens? Mais la postérité me semble particulièrement injuste avec Guérin, car il a écrit une œuvre, vaste, nouvelle, difficile il est vrai, qui mérite d'être reconnue.

Raymond Guérin ou le réaliste rêveur 

Guérin veut décrire la réalité, mais ce n’est pas un réaliste dans le sens de Zola : il ne cherche pas à peindre une société, il n’a pas de système. Ce n’est pas non plus Céline. Guérin n’est pas drôle, contrairement à Céline qui est sarcastique, qui exagère. Guérin ne veut pas exagérer. Il se place au niveau de l’individu. Il n’a pas de théorie préalable, aucune philosophie véritable, sauf un penchant pour Diogène, l’homme sans illusion. Il écrit dans un court texte « Roman et réalité » :
 
Il me paraît que font fausse route en même temps les romanciers qui introduisent dans le roman des rapports et des valeurs que l’on ne trouvait jusqu’ici que dans les manuels de philosophie, et les romanciers qui se flattent de teinter leurs histoires de ces couleurs et de les parer de ces images dont les poètes (…) s’étaient assuré l’apanage exclusif.
 
Plus loin, il ajoute : Il y a trop d’intelligence dans la plupart des romans (…) et plus assez d’instinct et de sensibilité.
 
S'il y a bien une réalité, celle-ci n'est pas unique. Elle diffère selon les individus, car chaque personne évolue avec une mythologie plus ou moins particulière que l’écrivain doit savoir montrer, tâche difficile puisque lui-même est victime de sa propre mythologie. 
 
D'ailleurs, ce qui complique encore les choses, c'est que les expériences quotidiennes la modifient, voire la transforme. Ainsi s’éclaire le titre de sa grande œuvre qu’il n’a pas pu finir : « Ébauche d’une mythologie de la réalité », celle du héros, Monsieur Hermès qui ressemble beaucoup à Guérin. L’oeuvre devait compter cinq tomes. Trois ont été publiés. Le journal « Le pus de la plaie », expérience de la souffrance physique et ses conséquences sur l’esprit, devait être le matériau du quatrième. 
 
Dans ce contexte, le style intervient pour transformer la confession en littérature. On ne peut donc pas dire que l’Ébauche soit une autobiographie.

Comme Proust, Guérin l’a transcendée.
 
Car Guérin veut écrire un roman « total » qui embrassera la condition humaine d’une personne sous tous ses aspects à travers son Monsieur Hermès (Hermès, le messager, le dieu de la parole dans la mythologie). 
 
Très important : embrasser la totalité de la réalité, c’est aussi et surtout ne pas oublier les corps, souvent négligés dans les romans psychologiques. Dans les romans de Guérin, ils jouent un rôle fondamental. On y souffre de maladies: cancer, « chaude-pisse », et j’en passe. Sans même parler des souffrances terribles, les héros subissent les misères quotidiennes, des maux de ventre, ils pètent, et j’en passe. Quant au sexe, il est bien sûr fondamental. 
 
Embrasser la totalité des êtres, cela implique des styles variés, sorte d’outils permettant de tout dire. Le pire comme le meilleur. Le réalisme le plus cru, comme la poésie la plus pure. Car l’homme n’est pas d’une pièce. Guérin assume le caractère contradictoire de ses personnages. Monsieur Hermès passe de la masturbation frénétique (il est voyeur, profite de son séjour à l’hôtel pour regarder dans les trous de serrure) à des considérations élevées, naïves parfois, ou bien remarquables. Il a des phantasmes, trouve son plaisir en s’imaginant femme (le dieu Hermès est le père d’Hermaphrodite). Puis redevient lui-même, dégoûté de ce qu’il a fait.
 
Dans les romans de Guérin, pas d’effet, mais une langue riche, dense. On y entre pour ne plus en sortir. L’Apprenti, puisque c’est celui auquel je suis le plus attaché, c’est entrer dans la psyché d’un homme. Les pensées y sont spontanées, contradictoires, changeantes, sans liens apparents, exactement comme les nôtres, et c’est un énorme travail qui vaut bien celui de Virginia Woolf, Joyce ou Proust. 

Et Monsieur Hermès, en proie à sa mythologie, rêve beaucoup. La réalité s’efface, ou plutôt elle s’affirme sous une autre forme. 
 
Au cinéma, par exemple, où Monsieur Hermès est allé avec sa petite amie Angélique (il ne sait même pas pourquoi il est avec elle), il s’ennuie : « D’ailleurs pourquoi n’aurait-il pas été lui-même un véritable héros? » (…) Alors tout deviendrait possible. Exactement comme quand il avait trop bu. Tout lui souriait. Un jour, il serait seul, ainsi, dans un cinéma. Dans l’obscurité, quelqu’un viendrait s’asseoir près de lui. Une femme. Une femme au profil éblouissant. En s’asseyant elle aurait frôlé son bras. Il sentirait son parfum. Son cœur battrait. Allait-il prendre sa main, lui presser le genou? Non, ça, c’étaient des moyens vulgaires. Il fallait que les choses s’arrangeassent plus joliment. Elle pourrait laisser tomber son sac entre eux, par mégarde. Il le lui ramasserait vivement. En galant homme. A peine aurait-il rougi. Mais elle n’aurait pas pu s’en apercevoir. »
 
Le rêve, et soudain on relève cette mention : « à peine aurait-il rougi. » Indication précieuse sur Monsieur Hermès. Puis le rêve reprend.  « Ils bavarderaient longuement. Elle lui demanderait de dîner avec elle. Elle était justement libre ce soir. Elle parlait français avec l’accent américain. L’art de donner du cachet aux propos les plus insignifiants. Oui, elle est divorcée. Elle voyageait pour son plaisir. Mais elle s’ennuyait dans ce Paris. Non, il lui faudrait un compagnon. Pourquoi n’accepterait-il pas d’être son secrétaire? Bon, c’est chose faite. Rien de plus simple. Il serait son secrétaire particulier. » Et il continue. Une histoire se dessine, qu’on suit avec intérêt. 
 
Soudain interrompue : « Mais c’est la chevelure d’Angélique que Monsieur Hermès sentit soudain contre sa tempe. Il ne put réprimer un petit geste de recul. »
 
On passe beaucoup de temps dans sa vie à imaginer, à rêver ce qui n’est pas. Mais on se heurte aussi à la réalité brutale. En l’espèce cette relation qu’il a avec Angélique qu’il a acceptée pour sortir de sa solitude.
 
Autre exemple pour souligner la différence des styles, l'importance du corps. Monsieur Hermès est à l’hôtel : « Il se gratta l’aine à travers ses vêtements. Une puce? L’aurait-il ramassée dans le Hall? Ces impudentes, elles oseraient donc se risquer aussi chez les rupins? Y avait pas de justice! C’était pas la peine de péter dans la soie, alors! (…) Ça grouillait sur la chaussée, sur les trottoirs. Ça entrait, ça sortait des magazoches. Ça briquait, ça fonçait. Mince d’agitation! (…) Ses narines furent chatouillées par une odeur désagréable. Encore un qui… Quels foireux! C’est dégueulasse de faire ça en public. Les faux jetons! Ils lâchent leur gaz en douce, dans la foule. Le bénéfice du doute en leur faveur. C’est pas moi, c’est lui! Trop facile! Elle a bon dos la conscience, dans ces cas-là! Consciences couleur de fond de caleçon. Savoir si Jean Gabriel Borkmann pétait dans sa chambre? Les poètes! Vivre dans l’azur, servir la beauté (…) Malgré tout, ils ont peut-être le dessous des aisselles douteux. Comment concilier tout ça? Dans Coemedia d’hier matin, il y avait un article sur la comtesse de Noailles : l’immatériel! Faudrait qu’il achète un de ses bouquins. Il serait fortiche celui qui ne serait pas esclave de ses intestins. Y avait donc pas de cabinets chez la comtesse de Noailles? (…) Les pieds dans la merde et le nez dans les roses
 
Tout Guérin est dans cette dernière phrase. Idéalisme contre réalité. L’homme est coincé, obligé de faire avec, d’où les abîmes qui voisinent avec les cieux azurés. D'où ce constat désabusé: « La seule façon de vivre une vie à la fois intense et pure, c’était de la maintenir dans la solitude et le rêve. C’étaient les autres, c’étaient les approches de la réalité qui salissaient tout. La réalité des individus n’étaient jamais tels qu’on la désiraient. » 
 
Précipitez-vous chez votre libraire. 

 
 
 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

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Retour de Barbarie

Raymond Guérin

Paru le 02/02/2024

208 pages

Finitude Editions

18,00 €

Du côté de chez Malaparte

Raymond Guérin

Paru le 02/02/2024

96 pages

Finitude Editions

14,50 €

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Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Sous le règne de Freida McFadden, le thriller français perce et la cuisine recule

Freida McFadden conserve la première place des meilleures ventes pour cette nouvelle semaine (26/06 au 31/06) avec La prof, publié chez J’ai lu. Le roman s’écoule à 25.564 exemplaires sur la semaine et atteint un cumul de 158.372 ventes en cinq semaines de présence. 

05/06/2026, 19:06

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Le Temps des Ombres : quatre saisons, deux têtes de mule et un monde à sauver

Pour que notre grand patron sollicite en urgence votre serviteuse, fallait-il qu’il fût conquis par sa découverte. Ou né de la dernière pluie, c’est selon. Le fait est que cette série en quatre volumes incarne ce que l’on qualifierait volontiers de rendez-vous raté — voire de ratage complet pour la librairie, passée à côté d’un travail magnifique — n’ayons pas peur des mots : d’une véritable épopée à hauteur d’enfant, totalement magique.

05/06/2026, 16:13

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Un roman noir, drôle et cruel sur notre époque : Les Terres mortes

Les Terres mortes, roman de Gabriel Boksztejn (Editions Unicité) est une satire grinçante de notre époque. L’auteur dresse le portrait moral de notre société progressiste dévorée par le capitalisme, par la bêtise inhérente aux rapports humains, par les relations virtuelles qu’engendre la licence autorisée sur les réseaux sociaux.

05/06/2026, 13:02

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Les maisons parachutées : un polar historique signé Didier Daeninckx

Cette enquête de Didier Daeninckx dans la mémoire des résistants et déportés est une poignante immersion au cœur des années 50 de l’immédiate après-guerre. On y découvrira quelques affaires assez incroyables !

05/06/2026, 11:12

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Le dernier livre inutile de Bégaudeau sur l’inutilité de l’art

Avec Du mépris, Bégaudeau (éditions Cause perdue) perpétue un thème devenu central chez lui depuis son précédent livre : la dénonciation des usages moraux dans le langage politique contemporain à gauche. Son intuition de départ est stimulante : il observe que l’accusation de « mépris » s’est généralisée au point de devenir une catégorie réflexe du débat public. Le problème est que cette intuition, à force d’être martelée, finit par de même par concerner son auteur.

04/06/2026, 14:44

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Des dragons dans les halls

04/06/2026, 12:13

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Sous le soleil de Dantec : quand le polar entre en apocalypse

Il y a dix ans ce 25 juin, Maurice G. Dantec mourait à l’âge de 57 ans à Montréal où il s’était exilé. Celui qui avait brûlé sa vie au feu des paradis artificiels était-il un techno-romancier mystique et réac ? Retour sur un livre charnière hybride qui annonce le tournant de son œuvre jusqu’en 2014 : Villa Vortex. Par Olivier Stroh.

04/06/2026, 11:51

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Escoffier, l’excellence au service des autres

Plein Vent vient de publier une bande dessinée des plus alléchantes puisqu’il s’agit de la biographie du maître de la cuisine moderne, le grand Auguste Escoffier. L’auteur Yvon Bertorello et le dessinateur Cédric Fernandez se sont entourés, pour cela, de Michel Escoffier, arrière-petit-fils du chef et président de la Fondation Auguste Escoffier à Villeneuve-Loubet, ainsi que de Stéphane Bern, que l’on ne présente plus.

02/06/2026, 15:51

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L’Aigle et le Serpent : meurtres en série sous l’Empire

Les Éditions du 38 viennent de publier le premier roman de Maxime Carpentier, L’Aigle et le Serpent. Ce roman historique se déroule à l’automne 1806, une période secouée par une vague de meurtres qui va entraîner l’inspecteur de la Police générale Armand Drone, affecté au service de Son Excellence le ministre Joseph Fouché, du Havre à Paris, à la poursuite d’un assassin aux gants clairs.

02/06/2026, 15:50

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Famille choisie de Jérôme W.Capèle : « Si tu penses que c’est trop : rajoutes- en… »

Ce qui est jubilatoire dans les livres polémiques, c’est de se réjouir de l’inavouable et de nos silences coupables ou honteux, tout en se reconnaissant dans les caricatures. Famille choisie, sous-titrée « Hontes & fierté d’une communauté en bordel », n’est pas un pamphlet, ni un essai, ce livre est le regard d’un militant gay sur la communauté actuelle. Et le constat est autant amer que tendre car de la construction d’une communauté soudée par le SIDA, Jérôme W.Capèle observe une société individualiste dans laquelle le « je » a remplacé le « nous ».

02/06/2026, 10:09

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Dollar, Eco, Musk, sommeil : les cinq livres qui éclairent l’époque

Chaque semaine, la Booksletter relit l’actualité à travers les essais, les récits et les enquêtes qui déplacent le regard. Cette livraison suit la longue histoire des monnaies mondiales, revient sur Umberto Eco dix ans après sa mort, traverse Berlin sous Hitler, interroge le paradoxe Musk et éclaire le sommeil humain, entre histoire économique, mémoire, pouvoir, sciences du vivant et fragilités contemporaines de notre époque en plein trouble.

01/06/2026, 20:18

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Marilyn Monroe, cent ans et toujours chérie

01/06/2026, 18:51

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Quitter l'enfance : le conte noir et fascinant de Léa Tourret

Avec Les enfants sont allés au bois, Léa Tourret confirme une voix littéraire déjà très singulière dans le paysage contemporain : une écriture capable de restituer l’enfance non comme un âge innocent, mais comme un territoire brutal, sensuel et profondément politique. Publié dans la collection Blanche de Gallimard, le roman commence comme un récit de colonie de vacances avant de basculer progressivement vers une fable inquiétante sur l’exclusion, la peur collective et le passage à l’adolescence.

01/06/2026, 16:22

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Eddie Pump reprend la route dans un Far West sans morale

Suite de l’ascension sociale au Far West d’un beau gosse sans scrupules : épisode 2 de la série « très librement inspirée » des immigrés allemands qui se ruaient vers l’or… Comme un certain Frederick Trump.

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Terre et ciel : Raharimanana transforme le mythe en vertige

Dans Terre et ciel, sous-titré Tantara, Raharimanana compose une fresque de parole, de filiation, de conquête et de métamorphose. Porté par une langue incantatoire, le roman suit une quête héroïque qui se retourne contre ses propres certitudes : le destin, l’héritage, la possession et la liberté s’y affrontent dans un monde où chaque mot semble né d’un chant ancien.

01/06/2026, 07:30

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Dominique Sylvain plonge Brooklyn dans les fantômes du passé

Avec L’Inconnue de Brooklyn, Dominique Sylvain inscrit le roman noir dans une mémoire longue : celle d’une enfance à Bensonhurst, d’un trio soudé par la violence, puis d’un deuil impossible. Lou, Sharon et Josh traversent les années, les crimes, les fidélités troubles et le cinéma, dans un récit où Brooklyn devient moins un décor qu’une chambre d’échos.

01/06/2026, 06:00

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Pump, tome 2 : sexe, mensonge et idéaux

Le décor : une ville paumée de l'Ouest sauvage comme il y en a mille. Les protagonistes : un jeune homme d'affaire sans foi ni loi et une intrigante qui le tient par la peau du cou (ou le scrotum, allez savoir). L'enjeu : une place au soleil dans un univers où tous les coups sont permis. Le deuxième tome de Pump est peut-être moins surprenant que le premier, mais développe le même questionnement cynique, sur les limites de la morale et du recours à la violence dans un jeu où l'argent et le pouvoir sont les portes d'entrée de la respectabilité.

31/05/2026, 10:40

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Claire Lombardo transforme la famille en champ de mines

Après Tout le bonheur du monde (trad. Laetitia Devaux, 40.000 exemplaires), Claire Lombardo retrouve les grandes architectures familiales avec Comme au premier jour, traduit par Laetitia Devaux. Une rencontre fortuite au supermarché rouvre chez Julia la mémoire d’un mariage, d’une maternité inquiète, d’une amitié ancienne et d’une faute jamais entièrement refermée. Le quotidien devient alors le lieu exact des failles.

31/05/2026, 08:00

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Real Madrid ou Manchester City : deux empires du football racontés par les livres

Le Real Madrid et Manchester City dominent depuis plusieurs saisons les discussions autour du football européen. Mais derrière les trophées, les statistiques et les débats tactiques, une autre littérature s’est développée : celle des livres consacrés à ces deux géants du football contemporain. Biographies, enquêtes, récits historiques ou analyses tactiques racontent aujourd’hui deux visions très différentes de la domination européenne.

30/05/2026, 08:45

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Taylor Jenkins Reid : Carrie Soto revient sur le court

Avec Le Retour de Carrie Soto, traduit par Typhaine Ducellier, Taylor Jenkins Reid signe un roman de compétition autant qu’un portrait de femme au bord de son propre mythe. Ancienne reine du tennis, Carrie reprend la raquette pour défendre un record menacé. Mais derrière la rage de vaincre se joue une autre partie : celle du corps qui vieillit, de la filiation, de l’orgueil et de ce que la victoire laisse intact ou détruit.

29/05/2026, 17:09

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Après Claude

29/05/2026, 13:45

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La prof reste numéro un des ventes : Freida McFadden domine (encore) le classement

Freida McFadden conserve la première place des meilleures ventes hebdomadaires avec La prof (trad. Karine Forestier, J’ai lu). Le thriller écoule 22.883 exemplaires sur la semaine et atteint un cumul de 132.808 exemplaires après quatre semaines de présence.

29/05/2026, 13:09

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Arthur Rimbaud, les ombres et les soirs

Imaginer Rimbaud, c’est rêver le rêve à travers les œuvres que le poète nous a léguées. Entrer dans une légende de fantasmes, de fantaisies et d’autres choses encore, nourries des récits à la véracité douteuse, autant qu’aux études les plus rigoureuses. Rimbaud, un mythe, qui certes finit vendeur d’armes puis avec une jambe tranchée, de retour d’Éthiopie. Mais qui refuserait une fugue en noir et blanc, avec l’homme qui peignit des voyelles ?

28/05/2026, 15:52

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Quitter Forbach, roman d’une jeunesse à l’étroit

Les romanciers ont souvent tendance à dire que le roman est le contraire de la vie. Or, ici, le roman n’a jamais été aussi proche de la vie ; une vie encore bien jeune et qui espère plus que tout pouvoir s'émanciper et quitter cette petite ville du bassin minier lorrain. 

28/05/2026, 09:20

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Un livre pour penser le voyage dans un monde transformé

Le voyage tel que nous l’avons connu appartient déjà au passé. Longtemps, partir signifiait s’éloigner. Accumuler des kilomètres, collectionner les destinations, consommer le monde comme une succession d’expériences. Cette époque touche à sa fin.

 

28/05/2026, 07:00

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Les Égyptiens par Isaac Asimov

27/05/2026, 18:33

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Fabcaro met du brun dans la bibliothèque rose

Vous n'avez pas lu Les cinq ami.e.s et la dissolution de l'Assemblée nationale ? Vous avez raté la sortie de Les cinq ami.e.s prennent un Ouigo ? Rien de grave, ces titres n'existent que dans la délicieuse bibliographie finale qui clôt Les cinq ami.e.s l'échappent belle in extremis de Fabcaro, que vous trouverez, lui, dans toutes les bonnes librairies. 

27/05/2026, 12:12

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Et Athènes brûlait : tragédie grecque, thriller climatique

Le port d'Athènes a été vendu aux Chinois. Les méga-feux ravagent les environs. Ce thriller catastrophe cache un véritable reportage sur un pays en perdition et un climat déréglé, symbole de notre Europe à la dérive.

27/05/2026, 11:43

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Comme ta mère

27/05/2026, 11:30

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Le voyage de mille lieues de Léonie Bloom : l’âme des femmes bretonnes

Voici une belle surprise de mai que nous offre HarperCollins avec ce roman plein de convictions, de combats et d’émancipations. De nos jours, à Paris, Colombe est une jeune fleuriste qui n’a aucune confiance en elle, coincée entre une mère possessive et un voisin masculiniste toxique. Sa fragilité est mise à rude épreuve jusqu’à sa rencontre avec Inès, une électricienne, qui va lui proposer une parenthèse estivale : aller travailler dans une ferme participative dans le Finistère. 

27/05/2026, 10:41

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Yahia Belaskri : un chant pour attenter à la mort

Dans De sable et de vent, Yahia Belaskri fait entendre une voix ardente qui envisage le poème comme le lieu privilégié où s’exprime le conflit entre la révolte artistique et les désastres du monde.

27/05/2026, 09:00

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Un départ à la plage aussi joyeux que mouvementé

Dix petites souris s’en vont à la plage, ça promet d’être folklorique comme le sont souvent les départs à la mer. Bouées, parasols, palmes, masques et tubas, rien n’est oublié mais quel remue-ménage ! 

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Une enquête au cœur du Londres industriel

Tout commence par un début d’incendie suite à une explosion mystérieuse dans un atelier de Camden Town, un quartier de Londres. Thelma Templeton et oncle Owen se lancent dans leur propre enquête.

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Yannick Haenel, l’aventure retrouvée de la littérature

Avec le cinquième numéro d’Aventures, publié chez Gallimard au printemps 2026, Yannick Haenel confirme ce que ses lecteurs les plus fervents savaient déjà : la littérature n’est pas pour lui une affaire de commentaire, de posture ou d’époque, mais une manière d’intensifier la vie.

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Quand le polar vous regarde droit dans les yeux

Ce criminologue grec joue avec les codes du polar et les phobies du lecteur dans une construction cérébrale très sophistiquée. Âmes sensibles, détournez votre regard !

26/05/2026, 10:34

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Qu’est-ce que la libre pensée ?

Bertrand Russell élabore en 1922 une réflexion pionnière sur les formes insidieuses de la propagande dans la modernité industrielle et technologique. Rejeter la certitude absolue, ne pas dissimuler l’évidence, se méfier de l’autorité d’autrui et préférer un désaccord intelligent à un consentement passif : ainsi le philosophe entend refonder la pensée libre.

26/05/2026, 10:33