#Roman francophone

Les Ensablés - Waterloo, Belges ou Français d'Albert du Bois (1872-1940)

Dans cette fiction historique qui prend place durant les Cent-Jours avec comme moment culminant la bataille de Waterloo, un Bruxellois d’origine flamande, Jean Van Cutsem, vit une crise existentielle : alors que le frère de sa fiancée wallonne rejoint Napoléon, il est pour sa part enrôlé dans l’armée hollandaise sous le commandement du Prince d’Orange… Un roman engagé et détonnant, où les questions de l’identité, de la loyauté et du courage s’affrontent avant tout dans le for intérieur d’un jeune soldat jeté malgré lui sur les routes de la guerre.

Par Louis Morès. 

Le 18/02/2024 à 09:00 par Les ensablés

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18/02/2024 à 09:00

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Publié pour la première fois en 1902 sous le titre : “Belges” ou Français ? et réédité en 1912 avec un ajout thématique : Waterloo, (Belges ou Français ?), ce livre aujourd’hui introuvable est le témoin d’une littérature d’idées à vocation « irrédendiste française », assez rare dans l’histoire littéraire belge et inédite en ce début de XXe siècle. L’auteur, Albert du Bois (1872-1940), était à ce moment très actif au sein d’un grand mouvement politique et littéraire naissant, le « Mouvement wallon », pour la prise de conscience wallonne face à un « Mouvement flamand » alors en forte expansion avec ses revendications linguistiques et institutionnelles, dont il craint la domination. Qu’est-ce alors que « l’irrédentisme français » en Belgique ? Albert du Bois l’annonce explicitement dans sa préface : avec son roman, il souhaite sensibiliser et convaincre ses lecteurs Belges francophones de la possibilité de se reconnaître comme faisant partie de la nation française, en se rapprochant de la France, pour le salut de la langue, de la culture, de la civilisation et pour s’assurer un avenir.  

Le titre intrigant du roman, sous forme de question qui pourrait faire penser à un essai, montre l’ambition qu’il recouvre. S’associer à l’imaginaire de Waterloo, c’est utiliser certains aspects symboliques d’une mémoire historique au profit des objectifs visés, dont on remarque clairement l’application, nous allons le voir, dans le scénario, les personnages, les dialogues, le choix des situations, les commentaires de la narration… Le tout pour constituer un objet insolite à la prose par ailleurs éloquente dans son classicisme et notable par sa filiation avec des genres marquants du XIXe siècle : romans de guerres napoléoniennes ; romans d’apprentissage.

Tout commence à Nivelles, une ville de province wallonne située au sud de Bruxelles, en mars 1815. La cité se remet progressivement des différentes occupations subies récemment : la dernière garnison de Prussiens qui y campait depuis la Campagne de France menée par la coalition européenne contre Napoléon, vient d’être démobilisée. Alors, une fête reportée à cause de la guerre se prépare : la traditionnelle célébration de Sainte-Gertrude, patronne de la ville. La foule se presse de toute la région pour commémorer la tradition et, en filigrane, pour se réjouir de la fin de la présence prussienne. C’est dans une ambiance de joie et de fête que s’ouvre donc le récit, teintée toutefois d’une certaine préoccupation : on dit que loin de là, à Vienne, un Congrès international se réunit pour décider du sort des territoires repris à la France, dont les provinces wallonnes. L’attention se focalise sur un groupe de notables et de jeunes discutant des travaux du Congrès à l’écart des festivités :  

[Ils] commentaient avec profondeur les ruses de M. de Talleyrand, les projets de lord Castlereagh, les machinations de M. de Metternich, […] à côté d’eux, des jeunes gens discutaient eux aussi les derniers événements politiques […] : - Tout cela c’est la faute de « Monseigneur » de Talleyrand. - Alors nous sommes Hollandais à présent ? - Mon arrière-grand-père était Espagnol, mon grand-père était Autrichien. Moi, je suis né Français… - Et tu mourras Flamand… - Non, par exemple !... - C’est un fin matois que l’ancien évêque d’Autun.  - Pourquoi n’empêche-t-il pas qu’on nous sépare de la France ? - Il essaie, mais le prince d’Orange veut avoir un grand royaume. - C’est dégoûtant tout de même que l’on ne nous demande pas notre avis!

Ces conversations croisées sont une manière de souligner un contexte compliqué dans lequel se trouvent des populations qui ont changé plusieurs fois de régime et connu plusieurs révolutions en quelques décennies, entre la fin du 18e et le début du 19e siècle. Quand cela va-t-il s’arrêter et quelle en sera l’issue ? Semblent-ils demander. C’est précisément la question à laquelle le roman compte répondre définitivement : la solution est française. 

À quelques pas de là, un groupe de trois jeunes gens assiste à la procession sur le pas de la porte de la maison familiale. Louis Hévellard, qui fut lieutenant dans la Grande armée, et sa sœur Clémentine sont accompagnés de Jean Van Cutsem, fiancé de celle-ci, un jeune Bruxellois récemment recruté dans l’armée hollandaise (les Pays-Bas viennent de commencer à administrer cette région) et actuellement en permission. Alors qu’ils passent du bon temps, une rumeur se répand et fait frissonner les foules : Bonaparte a quitté l’île d’Elbe et remonte le Midi jusqu’à Paris ! Rapidement, Louis en reçoit la confirmation officielle et décide de reprendre du service. Inquiète, Clémentine imagine les suites : elle ne souhaite pas que son frère et son fiancé, engagés dans des armées opposées, s’entretuent prochainement sur un champ de bataille... Le nœud de l’intrigue se serre autour de ce duo de soldats. C’est le début des Cent-Jours. 

Alors que Louis est déterminé et déjà sur le départ vers la France, Jean sous l’influence de Clémentine, culpabilise et doute. Son engagement dans l’armée des Pays-Bas répond plus à une obligation administrative qu’à une réelle loyauté nationale. Se posent alors rapidement dans son esprit des questions mêlant le sens du combat, la fidélité, l’identité, la famille, l’allégeance : Louis et Clémentine sont Wallons et pourtant se sentent Français, la nation française guidée par l’Empereur n’est-elle donc pas l’extension de sa propre famille ? Comment assurer son engagement tout en évitant le drame ?

Les choses s’accélèrent : Jean, constamment mobilisé, n’a plus de permissions. Dans son régiment, ses camarades Wallons lui font comprendre qu’ils ne se sentent pas à leur place dans cette armée et que lui-même devrait sérieusement réfléchir. Alors que les batailles se multiplient et s’intensifient, son attitude reste passive : peu motivé, il fuit tous les affrontements directs, ne semble pas comprendre les situations et quand il tue par « accident » un dragon français à la bataille des Quatre-Bras, c’est à la fois un drame et une révélation : 

Van Cutsem songeait. Depuis qu’il avait tué le dragon il était sombre et préoccupé. Ses compagnons, les officiers surtout, l’avaient félicité sur son sang-froid, et pourtant, bien que le hasard eût dirigé son bras, il se sentait coupable, il éprouvait comme un remords. Généreuse et magnanime, l’âme du vétéran s’était, tout entière, révélée au jeune Bruxellois. […] Cet homme se battait pour défendre une cause au triomphe de laquelle il tenait plus qu’à la vie. Van Cutsem s’avouait qu’il ne parvenait à se découvrir aucun motif, aucune raison pour se battre. Carette [son camarade] disait vrai : lui, Van Cutsem, il était moins Flamand que Français et sa place n’était point dans les rangs des ennemis de la France ! 

La pression mise sur Van Cutsem devient de plus en plus insoutenable. Sa naïveté et sa gaucherie sont abondamment soulignées par un narrateur piquant ne manquant pas de le décrire comme un « homme de taille moyenne, mal à l’aise dans l’uniforme»; qui ne sait pas ce qu’il veut, doté d’un « accent invraisemblable » ou encore incapable d’entendre « la voix de l’honneur, la voix de l’intérêt, la voix du sang». Sur ce dernier point, il faut dire que le livre, publié il y a 120 ans, est tout imprégné de conceptions typiques à replacer et à comprendre dans leur l’époque. Les descriptions généralement dégradantes pour Jean Van Cutsem contrastent avec l’éloge dont bénéficie Louis Hévellard à chaque fois qu’il est mentionné. Toute la trame semble reposer sur la mise en parallèle des destins de ces deux acteurs, qui restent chacun des héros, de différentes manières. Jean est à la fois un héros et un anti-héros dans ce livre : son destin est de vivre une crise existentielle qui lui révélera progressivement sa « vraie nationalité ». Tandis que Louis, le courageux serviteur de l’Empire, est le modèle, le loyal aux convictions fortes et peut-être le seul héros au sens épique de cet ouvrage. 

Même quand Van Cutsem décide de déserter après l’épisode du dragon, son indécision et ses doutes le poursuivent. Il se réfugie dans une ferme, dont tous les habitants sont francophiles, où il est bien accueilli. Quelques temps plus tard, deux Prussiens se présentent à la porte et demandent également l’hospitalité. Allié aux propriétaires, Van Cutsem participe à l’assassinat de ces soldats. C’en est trop et, à nouveau rempli de regrets, le « soldat qui ne veut pas tuer » quitte la ferme et erre dans la campagne... Le 18 juin 1815 au matin, il arrive par hasard près de Waterloo ! Un supérieur de l’armée hollandaise le repère et lui somme de rejoindre son régiment, où il finit par retrouver ses compagnons. On apprend que beaucoup de soldats Wallons auraient changé de camp durant la nuit pour rejoindre l’armée française. Tous se mettent en place sur le champ de bataille. Soudain : 
 
Un frémissement courut parmi les soldats de la division de Bylandt [officier hollandais], un murmure de curiosité, d’admiration, de terreur, de joie aussi […]. Tous reconnurent le petit chapeau retroussé, la redingote grise boutonnée jusqu’au menton. - Le voilà ! le voilà ! murmurèrent mille voix. […] Quelques yeux se remplirent de larmes. C’était trop beau et trop solennel. L’homme qui apparaissait là-bas, c’était Marengo, c’était Iéna, c’était Austerlitz. […] Beaucoup frissonnèrent. Qu’étaient-ils, eux, en face de ce rayonnement ? 

Distraits, ils se font durement canonner et nombre d’entre eux meurent. Pour les survivants, l’aperçu de la figure de l’Empereur a achevé le processus de conversion à la cause française. Ils décident de se replier pour arriver du côté d’Hougoumont, où Jean reste en observation jusqu’au crépuscule. Déçu par la défaite de la France, il déambule entre cadavres et blessés, en cherchant des gens à aider. Il s’approche d’un petit groupe parlant français, rassemblé autour d’un soldat au sol qui n’est nul autre que son beau-frère, Louis Hévellard, mourant ! Un dialogue poignant entre les deux hommes se termine par une demande de Louis : « Sauve mes amis ! C’est pour la Patrie que je meurs. » Jean doit les guider jusqu’en France, via des routes peu sûres. En chemin, ils font halte dans une ferme, mais sont repérés par des Anglais qui encerclent la bâtisse. Jean imagine un plan pour faire fuir ses « compatriotes », en détournant l’attention des ennemis. Le groupe est sauf, mais lui est arrêté pour trahison et la sentence tombe immédiatement : il sera fusillé. Avant son exécution, il écrit une lettre destinée à Clémentine, qui n’arrivera jamais, où il raconte son sacrifice et confesse son amour inconditionnel de la France. 

Voici donc l’épilogue d’une aventure sous haute tension, se terminant par la disparition héroïque du binôme principal. Il faut dire qu’ils incarnaient deux figures nécessaires pour accomplir les objectifs de démonstration de l’œuvre. Rappelons que celle-ci a été conçue par l’auteur afin de créer un imaginaire favorable à une prise de conscience « irrédentiste française » chez les Belges francophones de l’époque. Il n’y a d’ailleurs aucun mystère à ce propos, car la recette était donnée dans la préface : [L’auteur] a indiqué dans ces pages – il n’a fait qu’indiquer dans ces pages – les étapes de la transformation […] d’un « Belge » en Français. (!)

Au moment de sa publication, bien qu’il ait suscité la polémique avec d’autres ouvrages, ce roman engagé n’a pas eu le retentissement espéré par son auteur, ce qui explique pour partie son oubli dans l’histoire littéraire. Cela n’a toutefois pas empêché d’autres littérateurs, plus tard aux XXe et XXIe siècles, d’utiliser et d’actualiser les idées ici partiellement évoquées pour mener d’autres actions. C’est avec l’approche contextuelle, ainsi qu’avec la critique historique qu’il faut pouvoir tenter de relire aujourd’hui Waterloo, (Belges ou Français ?), un roman atypique au style ardent qui suscite plus de questionnements qu’il n’en pose ou croit en résoudre. 

Né à Écaussines en 1872, Albert du Bois débute en littérature par la poésie, le théâtre et l’écriture de romans marqués par un fort intérêt pour l’Antiquité grecque et romaine. Après des études de droit et une brève carrière de diplomate, il se lance, en 1902, dans une aventure politique et littéraire, promouvant le rassemblement des Belges francophones dans la nation française. Ses ambitions se tarissent après la Première Guerre mondiale, alors que sa réputation pâtit du semi-échec de ce combat mené. Établi à la fois à Paris et dans son château de Nivelles, il ne cesse de continuer à publier et de promouvoir l’ensemble de son œuvre, surtout le volet classique, dont la pièce « L’Hérodienne », qui fut représentée à la Comédie-Française. Il s’éteint à Bruxelles en 1940. 
 

 
 
 
 
 
 
 
 

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Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Les Ensablés - Le Poil de la bête de René-Jean Clot

Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête  de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel

01/12/2024, 09:00

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Les Ensablés - Jabadao (1951) de Anne de Tourville

Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville  (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat

11/11/2024, 09:40

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Les Ensablés - L'invitation chez les Stirl, de Paul Gadenne

La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Revanche (1925) d'André Thérive

Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

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Les Ensablés – André Beucler, Vu d’Allemagne

Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.

25/08/2024, 09:00

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Les Ensablés – Elisabeth de Raymonde Vincent (1908-1985)

Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.

04/08/2024, 09:29

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Apprendre à repérer les menteurs avec Alexis Laipsker

Avec Qui vous ment ?, Alexis Laipsker signe un ouvrage consacré au mensonge et à ses mécanismes, dans lequel il s’attache à démontrer que repérer un menteur est à la portée de tous, sans compétences techniques particulières, en s’appuyant sur l’observation, la compréhension des comportements humains et l’expérience du bluff.

22/01/2026, 08:06

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Un amour impossible sur l’île de Groix : le pari romanesque de Sophie Tal Men

Avec Malgré tout ce qui nous sépare, roman signé Sophie Tal Men et publié chez Albin Michel le 26 février, l’autrice bretonne plonge ses lecteurs au cœur de l’île de Groix en pleine Occupation, à travers le destin de Rose, une sage-femme confrontée à l’irruption de la guerre dans son intimité. Dans cette fresque romanesque, l’amour, le courage et la solidarité se heurtent à la violence des conflits et à l’épreuve de l’altérité, interrogeant la possibilité d’aimer quand tout semble condamner la rencontre.

22/01/2026, 07:03

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John Harvey, chronique noire de l’Angleterre des années Thatcher

Deux époques (1981 et 1992), deux séries de braquages, deux enquêtes. Le britannique John Harvey excelle dans la peinture sociale de l’Angleterre des années Thatcher et l’on retrouve ici avec plaisir l’inspecteur Resnick, grand amateur de jazz et de blues, même si ce n’est pas le meilleur épisode de la série.

22/01/2026, 07:00

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Chevaliers, vikings, samouraïs : une histoire globale de la guerre médiévale  

Il y a quelque chose d’assez réjouissant à voir Jean Lopez, si familier des poussières d’acier du XXᵉ siècle, quitter un instant les chenilles des panzers pour aller écouter grincer les hauberts, claquer les arbalètes et tonner les premières bombardes. Après avoir récemment publié la première biographie en français du « maître des panzers », il endosse ici un rôle différent : celui de chef d’orchestre. 

21/01/2026, 13:28

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Contrapaso, chroniques noires de l’Espagne franquiste

Contrapaso, une nouvelle série policière qui reconstitue pour nous l'Espagne des années cinquante, les années Franco. Une intrigue dense, digne d'un roman noir, étayée d’anecdotes véridiques, écrite par une dame (Teresa Valero) qui nous rappelle les basses oeuvres du régime franquiste.

21/01/2026, 12:34

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Le réel augmenté : Insula de Théo Casciani

21/01/2026, 11:48

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Bienvenue dans la “ville des solitudes cabossées”

Ici, les miracles ont un goût de ciel. Et tout se présente comme si le roman contenait une ville entière en ses pages. Pas seulement un décor, mais une respiration, une pulsation puissante, une manière d’habiter le monde. Avec Adeline Fleury pour guide.

21/01/2026, 10:38

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Grandir trop vite ? Petite crasse, ou l'enfance sans savon

Été 1989, au ras du bitume, entre des odeurs de chiens errants et des secrets d’adultes. D’emblée, la voix de Judith s’impose, brute, drôle, indisciplinée : « Le dimanche quand il fait beau, je vais aux Trieux nourrir les chiens. » En une phrase, le décor est planté : un terrain vague, des bêtes abandonnées, une enfant déjà trop lucide pour son âge.

21/01/2026, 10:38

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Mille millilitres de Ganymède : histoire d’un corps “poreux dans lequel le monde vient s’échouer”

Dans la mythologie grecque, Ganymède est enlevé par Zeus pour en faire son amant dans l’Olympe. Mythe de la jeunesse et de la beauté éternelle, l’image fantasmée de Ganymède hante la culture homosexuelle depuis fort longtemps. Chez Philippe Savet, Ganymède, jeune gay, disparait en sortant d’une soirée clubbing ivre de drogue et de sexe.

21/01/2026, 10:25

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Soixante kilos de coups durs

21/01/2026, 10:08

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Peut-on vraiment échapper au hasard ? Un roman met nos certitudes à l’épreuve

Un livre peut-il tenir tout entier dans une question, simple et vertigineuse à la fois ? Ici, elle affleure dès les premières pages : qu’est-ce qui, dans une vie, relève encore du choix lorsque le hasard, la maladie, l’héritage familial semblent avoir pris la main ? Agathe Charnet publie ce 4 février Peut-être le hasard. Et qui sait...

21/01/2026, 10:03

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La Chance rouge, plongée dans une expérience soviétique interdite

La Chance rouge, premier roman de Damien Igor Delhomme, paraîtra le 12 février 2026 aux éditions Agullo et propose un thriller d’anticipation situé au cœur de la guerre froide, où un scientifique soviétique est chargé d’explorer les mécanismes de la chance dans une ville artificielle de Sibérie, au risque de transformer une expérience sociale en instrument de domination mentale.

21/01/2026, 08:07

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Paul Celan, les poèmes de jeunesse enfin traduits en français

Aux éditions du Seuil, dans la collection « La Librairie du XXIᵉ siècle », Poèmes de Czernowitz (1938-1945) de Paul Celan paraît le 20 février, dans une édition bilingue traduite, préfacée et annotée par Jean-Pierre Lefebvre. Inédit en français, ce volume rassemble les premiers poèmes du poète, écrits entre Czernowitz et les camps de travail, où se nouent déjà lyrisme amoureux, mémoire historique et pressentiment de l’anéantissement.

21/01/2026, 07:00

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Un téléphone échangé, une vie dévoilée : Delphine de Vigan explore l'intimité numérique

Je suis Romane Monnier intrigue par son point de départ d’une banalité trompeuse : un téléphone échangé par erreur à la fin d’une soirée ordinaire. Rien de spectaculaire, et pourtant tout bascule. Delphine de Vigan s’empare de ce minuscule incident pour ouvrir une faille, puis une brèche, dans le quotidien de son personnage principal. 

20/01/2026, 16:38

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Ce que savent les arbres : doute, science et survivance

Le roman Les vœux Flottants de Marie B.Levy s’ouvre sur une disparition brutale : celle de Myron, biologiste engagé dans des recherches sensibles, dont l’avion s’abîme en mer alors qu’il rentre d’un déplacement professionnel.

20/01/2026, 16:37

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Blizzard islandais et disparitions : quand la randonnée vire au cauchemar

Sur un glacier d'Islande, une randonnée tourne mal. Vraiment mal. Ni les sauveteurs, ni le lecteur, ne sont au bout de leurs surprises avec ce thriller psychologique glacé.

20/01/2026, 15:19

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Un chien arrive : une splendide autobiographie à hauteur de museau

Tout commence par un rêve. Ou plutôt par sa perte. « Il y a presque dix ans, j’ai rêvé d’un chien que je n’avais pas, et que je perdais. » D’emblée, le texte place le lecteur dans une zone de frottement entre imaginaire et vécu, entre anticipation et deuil. Ce chien rêvé, aimé « douloureusement », précède le chien réel. Il l’annonce. Il le prépare. 

20/01/2026, 14:19

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Un cadavre sous la glace : quand une sage-femme défie la justice des hommes

Ici, nul simple récit judiciaire ni d’une fresque historique décorative. Tout commence par une vision saisissante, presque cinématographique : « Le corps dérive vers l’aval. Mais, en cette fin de novembre, les eaux de la Kennebec commencent à geler. » Le lecteur est happé par cette image figée, par ce cadavre prisonnier de la glace, déjà promesse d’un drame où la nature, la violence humaine et la vérité vont s’entrelacer. À paraître le 11 février.

20/01/2026, 11:50

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Le crime n’a pas dit son dernier mot

De retour au village de Gourdon, Nico est renvoyé à son passé et aux meurtres non élucidés qui ont secoué le village trente ans plus tôt. Le prédateur qui sévissait à l’époque court toujours. La menace plane encore. D’autant qu’un mystérieux témoin distille des indices inquiétants. Personnage à part entière, la nature provençale colore cette intrigue de ses ombres et lumières.

20/01/2026, 08:00

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Quand un mage timide tombe amoureux d’un pirate rebelle

Esteban, étudiant appliqué mais maladroit, rêve d’intégrer la caste des mages d’élite de Verama. Un jour, il tombe sur Luis, pirate rebelle et excentrique, qui n’en ferait qu’à sa tête s’il n’était pourchassé par un redoutable monstre marin. 

20/01/2026, 07:00

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Une bibliothèque idéale pour un auteur qui détestait les idéaux (Nietzsche)

« Le lecteur dont j'attends quelque chose doit réunir trois qualités : être calme et lire sans hâte; ne pas toujours s'interposer, lui et sa « culture» ; enfin, ne pas s'attendre à un tableau de résultats. »

19/01/2026, 18:33

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Oubliés sur une île : l’affaire vraie qui glace encore aujourd’hui

Les éditions de l'Aube inaugurent une nouvelle série où une histoire vraie, un fait divers du passé, devient témoin de son époque par l'analyse du traitement qu'en firent les journaux et l'opinion.

19/01/2026, 13:37

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Une femme sur le toit, roman social et poétique de Souad Benkirane

C'est une quête maternelle à couper le souffle. Dès l’exergue emprunté à Simone Weil — « Nous ne possédons rien au monde – car le hasard peut tout nous ôter — sinon le pouvoir de dire “je”. » —, le roman donne le ton : une histoire de dignité, de survie et d’identité. À paraître le 5 février.

19/01/2026, 12:14

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Analyse spectrale du Proche-Orient

Dans la multiplicité et la complexité de leurs formes, les violences qui défigurent le visage du Proche- Orient ont une histoire. Celle-ci ne se limite aucunement à « l’authenticité religieuse des Orientaux et leur ferveur », comme le veut un certain orientalisme tardif, ni à l’attrait pour la brutalité qui serait inhérent à la « psyché arabe », selon une vision néocolonialiste saturant encore le débat public.

19/01/2026, 11:05

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La Fabrique du merveilleux : le roman africain qui réinvente le rêve

Quand le rêve gouverne le réel : voilà comment La Fabrique du merveilleux pose ses ambitions : raconter un monde où le rêve n’est pas une échappatoire, mais une force structurante. L’auteur pose son décor avec une clarté presque philosophique : « Lony, le monde qui nous habite, est beaucoup plus vaste… Il nous est accessible uniquement par le rêve. »

19/01/2026, 11:04

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La Trilogie chronolytique : la SF française des années 1970 en un volume

La Trilogie chronolytique, de Michel Jeury, paraît en librairie le 26 février et réunit trois romans majeurs de la science-fiction française, Le Temps incertain, Les Singes du temps et Soleil chaud, poisson des profondeurs. Publié par la maison d’édition mentionnée dans ton dossier, cet ensemble explore les dérèglements du temps, les futurs totalitaires et les mutations technologiques à travers une écriture visionnaire qui a marqué durablement le genre.

19/01/2026, 08:00

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Quand Thétis supplante Homère : une épopée féministe contemporaine

Aux éditions du Seuil, dans la collection « Pierres vives », Thétis de Christine Spianti paraît le 20 février. Dans ce roman ample et singulier, l’autrice réinvente l’Iliade en déplaçant le regard vers Thétis, mère d’Achille, pour faire entendre une épopée contemporaine portée par la compassion, la voix des femmes et des oubliés, des rives de la Grèce antique aux luttes actuelles.

 
 

19/01/2026, 07:00

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L’Allemagne vacille : les coulisses d’un modèle industriel en train de s’effondrer

Cette semaine, la Booksletter explore les lignes de fracture du monde contemporain. De la crise du capitalisme rhénan aux promesses vertigineuses du quantique, des vulnérabilités invisibles de l’Internet sous-marin aux voix de la diaspora vénézuélienne, les livres révèlent ce que l’actualité brute ne dit pas. Un parcours exigeant à travers idées, sciences et combats pour la liberté de publier.

17/01/2026, 09:07

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Comment habiller un garçon : Cyrille Martinez explore la mode comme roman d’apprentissage

Comment habiller un garçon, nouveau roman de Cyrille Martinez, paraît aux éditions Verticales le 19 février et poursuit une exploration littéraire de la jeunesse et de ses rites, en racontant l’initiation d’un jeune homme à la mode masculine à travers l’apprentissage collectif d’une bande d’étudiants provençaux, entre quête de style, construction de soi et détournement des codes sociaux.

17/01/2026, 08:00

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Après Kim Jiyoung, Cho Nam-Joo poursuit son autopsie de la société coréenne

Avec Miss Kim, Cho Nam-Joo poursuit son exploration implacable de la condition féminine en Corée du Sud à travers huit portraits de femmes, dans un roman traduit du coréen par Pierre Bisiou et Choi Kyung-Ran, à paraître le 5 février aux éditions Robert Laffont. De l’enfance à la vieillesse, ces trajectoires intimes exposent les violences, les discriminations et les contradictions auxquelles les femmes sont confrontées, dessinant en creux le visage d’une société entière.

17/01/2026, 07:10

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Comment Hollywood étouffe ses scandales : un polar sans filtre

Nouvelle figure du polar Angelino, Jordan Harper nous entraîne dans les coulisses des célébrités et des puissants, ceux qui sont au-dessus des lois grâce à une armée de gardes du corps, avocats, communicants, chargés de leur tisser une toile protectrice et de leur façonner une impunité où tous les vices sont permis. Convaincant et dérangeant.

16/01/2026, 15:22

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MeToo ? Bad Hombre démonte les mécanismes modernes de la dénonciation

Vite, très vite, Bad Hombre (trad. Aloïse Denis) s’annonce comme un livre impossible à ranger sur une étagère rassurante. Ni manifeste, ni confession pure, ni pamphlet idéologique, l’essai de Pola Oloixarac avance à découvert, assumant ses zones de trouble et ses contradictions. « Ceci étant une histoire vraie, elle se doit d’inclure une confession. » Cette phrase inaugurale devient pacte de lecture : ici, rien ne sera simple ni confortable. L’autrice s’expose, non pour se justifier, mais pour comprendre.

16/01/2026, 12:03

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Pierre Lemaitre tient ses belles promesses et s’empare du top des ventes

Certains auteurs tiennent parole, dès le titre de l'œuvre : Pierre Lemaitre signe ainsi une entrée fracassante sur le marché. Il se place au sommet des meilleures ventes dès la première semaine, apportant un souffle nouveau à un classement qui ronronnait depuis plusieurs mois. Passage en revue du palmarès des derniers jours (du 05/01 au 11/01)...

 

16/01/2026, 11:36

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L’Avant-poste : le roman qui transforme la frontière en poison

Il suffit de quelques pages pour comprendre que L’Avant-poste (trad. Raphaëlle Pache) n’est pas un simple roman d’anticipation. C’est un territoire. Un monde clos, poisseux, saturé de brouillard et de non-dits, où l’Histoire a reculé jusqu’à se figer. D’emblée, Glukhovsky plante le décor avec force : « L’immense pont s’enfonce dans une vase glauque, dans un épais brouillard empoisonné, s’y dissout peu à peu et disparaît complètement. » Tout est là : la frontière, l’interdit, la peur de ce qui se trouve “de l’autre côté”.  

16/01/2026, 10:33

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Accréditée : plongée inédite au cœur de la Macronie

Oubliez les dorures, les poignées de main chorégraphiées et les communiqués aseptisés : Accréditée vous propulse dans l’arrière-boutique du pouvoir, là où ça sue, ça ruse et ça verrouille. Ania Nussbaum écrit comme on infiltre un bunker, carnet en bandoulière et lucidité en alerte maximale. Ici, l’Élysée n’est pas un symbole, mais une machine nerveuse, parfois parano, souvent fascinante. Un livre qui ne murmure pas : il observe, il note, il appuie là où ça fait mal.

16/01/2026, 10:30

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Elle menait une vie discrète, jusqu’au jour où tout a dérapé

Une employée modèle, roman de Jean-Christophe Tixier publié chez Albin Michel et attendu en librairie le 11 février, met en scène une femme ordinaire dont l’existence réglée bascule lorsqu’elle décide de sauver son frère menacé, déclenchant un engrenage clandestin où la transgression devient peu à peu une manière d’exister.

16/01/2026, 08:00