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Les Ensablés - Petit Louis, d'Eugène Dabit

Chers amis des Ensablés, notre site accueille aujourd'hui une nouvelle contributrice, Isabelle Luciat, à qui nous souhaitons la bienvenue au sein de notre équipe. Pour son premier article, elle a choisi "Petit Louis" deuxième roman d'Eugène Dabit, qui avait rencontré le succès avec L'Hôtel du Nord, paru en 1929. Hervé BEL.

Le 16/07/2023 à 09:00 par Les ensablés

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16/07/2023 à 09:00

Les ensablés

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Issu d’un milieu modeste, Eugène Dabit termina sa scolarité en 1911 par un certificat d’études primaires. Il fut ensuite apprenti serrurier. La guerre de 1914 marqua une rupture dans sa jeune vie. Son père dut partir, puis vint son tour. Destiné à être incorporé dans la classe de 1918, il devança l’appel dès décembre 1916 et fut incorporé dans le service de l’artillerie. Démobilisé en 1919, il poursuivit des études artistiques et fréquenta diverses académies de dessin à Montmartre et Montparnasse. Il épousa en 1924 l’artiste peintre Béatrice Appia.

Aidé par ses parents, il se lança avec succès dans l’industrie de la soie peinte et s’enrichit considérablement, devenant un transfuge de classe, selon le terme consacré par notre époque. Admirateur de Charles-Louis Philippe qui l’a influencé dans ses évocations des milieux populaires, il entama à partir de 1925, une carrière littéraire avec la première rédaction de Petit-Louis et de son roman le plus célèbre L’Hôtel du Nord. Il écrivit à André Gide qui le confia à son ami Roger Martin du Gard. Sur les conseils de ce dernier à qui le roman est dédié, « Petit-Louis » connut trois versions successives avant d’être publié.

Largement autobiographique, Petit-Louis est un roman d’apprentissage, qui couvre la période de 1912 à 1919. Écrit à la première personne, il relate la vie d’un adolescent montmartrois (15 ans et demi au début du récit) qui n’est pas encore sorti de l’enfance, choyé par des parents dont il est le fils unique. Alors qu’il est constamment l’objet de moqueries et se fraye difficilement un chemin dans le monde âpre des ouvriers, Petit-Louis est confronté à la guerre qui le conduira vers l’âge adulte. Le roman est composé de deux parties et d’un épilogue. La première partie couvre la période précédant le départ de Petit-Louis pour l’armée et donne à voir la vie du petit peuple parisien pendant les premières années de guerre, l’exaltation et le patriotisme cédant peu à peu le pas au découragement et à la débrouille.

La deuxième partie couvre la période d’instruction militaire, jalonnée de multiples anecdotes (ce n’est pas encore la guerre, mais c’est déjà la tentation d’y échapper et la condamnation du poids de l’ordre social dans la hiérarchie militaire, thème très présent dans les grands romans sur la guerre de 14) et les combats sur le front. Plus qu’un cataclysme mondial qui fera basculer l’ordre établi, la guerre est traitée à hauteur d’homme, à travers des rencontres qui donnent à voir une belle galerie de personnages. C’est aussi un évènement décisif pour le narrateur dans la conquête d’une virilité conforme aux codes de son milieu, mais qui s’établira aux dépens du cocon familial qui constituait un monde en soi au début du roman. La nostalgie d’une enfance perdue se conjugue avec la fierté de ne plus être moqué et d’être perçu enfin comme un homme.

Naïf et contemplatif, le personnage de Petit-Louis est en tension permanente, tiraillée entre le désir d’afficher une virilité incarnée par le modèle paternel et le dégoût que lui inspire la grossièreté du milieu ouvrier, tiraillé également entre la loyauté vis-à-vis de son milieu social et le désir d’émancipation et d’évasion vers un ailleurs plus doré, plus raffiné. La mère est un personnage central : « grave », « sérieuse », « fragile », mais également « courageuse, passionnée, animée d’une volonté secrète ». Sous une apparence de victime (de l’ordre social, du patriarcat), elle est sans doute le personnage le plus fort, le plus courageux, le plus lucide du roman. À l’admiration pour le père répond un amour absolu pour la mère.

Tout au long du roman, Petit-Louis évolue entre ces deux pôles : le père, représentant d’une masculinité idéalisée et la mère, vouant (sacrifiant ?) sa vie à son mari et à son fils. On le comprend, dans ce milieu social et à cette époque précise, un jeune garçon se doit d’être très vite assimilé au groupe des hommes et ne pas trop s’attarder dans les jupes de sa mère. Une même caractéristique rassemble d’ailleurs les personnages féminins du roman, présentés uniformément en posture de victimes, comme Lily, la prostituée dont Petit-Louis tombe éperdument amoureux et Madame Harbulot, patronne de la mère, qui sous des dehors de bourgeoise bien installée, s’avère être une femme entretenue et, de fait, en situation précaire.

Les hommes du milieu ouvrier et familial sont, comme il se doit, virils, forts, mais aussi grossiers, buveurs et volontiers moqueurs et sans pitié pour les plus faibles. Trois belles exceptions jalonnent le roman, mais il s’agit de personnages issus d’un milieu social plus élevé ou, du moins, non-apparenté au milieu ouvrier. Ces personnages masculins symbolisent cet ailleurs plus doré dont rêve le jeune narrateur. C’est tout d’abord la rencontre avec deux jeunes hommes pendant la période d’instruction militaire. Au moment précis où Petit-Louis se sent plus isolé et plus moqué que jamais, au milieu de camarades vulgaires et ignorants, surgit le personnage de Pierre Lentaigne, « garçon distingué » qui offre un contraste frappant avec les autres recrues.

Avec cet ami, Petit-Louis parcourt la campagne et visite des églises. L’amitié exaltée du narrateur se confond avec la découverte émerveillée de la nature et la perception du divin. Lorsqu’il partira pour le front, Pierre dira à Petit-Louis : « On peut nous séparer. Mais LUI, il ne t’abandonnera jamais. » Une deuxième rencontre survient avec Jacques Collin, à la faveur d’une corvée partagée. Bien que soldat du rang, Jacques est issu d’une famille de la grande bourgeoisie parisienne. Il vit luxueusement en ville. Une véritable sensualité se dégage du portait de Jacques, laissant filtrer le regard d’artiste peintre d’Eugène Dabit. Le départ de Petit-Louis pour le front coupera court à cette amitié improbable, marquée par le fossé social qui sépare les personnages, la servilité de Petit-Louis et l’absence manifeste de réciprocité.

Plus tard, sur le front, alors qu’il a déjà été confronté aux bombardements et à la mort de camarades, Petit-Louis part en mission avec une jeune recrue, Masse, dessinateur dans le civil, alter ego vis-à-vis duquel le narrateur se sent investi d’une mission sacrée : « Il me suit comme un gosse, il faut que je le sauve ! ». Ce personnage falot est d’emblée désigné comme une victime expiatoire destinée à une mort précoce : « Un corps maigrelet d’enfant, un visage simple et doux. » Sa mort interviendra de manière stupide alors que les combats ont cessé. Vite oublié, ce personnage tragique semble endosser la condition de victime qui était celle de Petit-Louis et l’en libérer définitivement, le rangeant enfin du côté des hommes.

Dans l’épilogue, Petit-Louis, de retour dans son quartier de Montmartre, est regardé avec respect, comme un Homme, un valeureux soldat rescapé du front. Il exprime ainsi sa fierté : « Le monde est tous neuf, je le possède. » Mais, par un subtil renversement, le roman s’achève sur l’évocation du père diminué, vieilli, malade. Le tragique n’est pas porté, cette fois, par le personnage de la mère ; c’est sur la figure virile du père que glisse l’ombre de la mort. À peine atteint son idéal, Petit-Louis est immédiatement confronté à la vulnérabilité et à la déchéance de son modèle paternel, démenti cruel de toutes ses illusions.

Outre les comparaisons qui s’imposent avec les œuvres de Céline, Henri Barbusse et autres grands témoins de la guerre de 1914, Petit-Louis est aussi un roman qui porte le thème, très fréquent en littérature, du désir d’ascension sociale. Toutefois, à la différence des Rastignac, Martin Eden et autres transfuges de classe, Petit-Louis n’a pas encore terminé son parcours lorsque s’achève le roman. Il s’est enrichi de belles rencontres, s’est affranchi du modèle paternel et a réussi à assumer sa propre fragilité, mais il n’a pas encore fait de choix décisif. Une question se pose alors pour le lecteur : qu’enfantera Petit-Louis devenu grand ?

Isabelle Luciat - juillet 2023.

Le site des Ensablés a déjà consacré deux chroniques sur les oeuvres d'Eugène Dabit.

Villa Oasis ou les faux bourgeois

L'aventure de Pierre Sermondade

 
 
 
 
 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

1 Commentaire

 

NAUWELAERS

16/07/2023 à 18:54

Bravo à cette nouvelle chroniqueuse pour cette si intéressante et instructive critique !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Petit-Louis

Eugène Dabit

Paru le 01/04/1988

280 pages

Editions Gallimard

11,00 €

Eugène Dabit, "L'Hôtel du Nord" et "Petit-Louis"

Bernard Alluin

Paru le 14/01/1994

184 pages

Centre d'études du roman des années 1920 aux années 1950

6,86 €

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Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville  (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat

11/11/2024, 09:40

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Les Ensablés - L'invitation chez les Stirl, de Paul Gadenne

La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Revanche (1925) d'André Thérive

Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

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Les Ensablés – André Beucler, Vu d’Allemagne

Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.

25/08/2024, 09:00

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Le Cauchemar américain ou L’affrontement de somnambules : l’Amérique au miroir de ses fractures

De l’hiver 2014 au 6 janvier 2021, Nathan Juste scrute la démocratie américaine non pas depuis l’abstraction des institutions, mais à hauteur d’hommes et de femmes happés par ses fractures. Son roman, à la fois intime et politique, expose les tensions d’une époque où l’Histoire n’épargne ni l’intime ni le familier.

06/02/2026, 10:58

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Freida McFadden transforme le top des ventes en résidence secondaire permanente

On ne sait plus trop comment l’aborder, désormais : Freida Mcfadden reste en première place, avec 21.908 exemplaires écoulés sur cette semaine 5 (26 janvier - 1er février). Et le reste… devient presque lassant, parce qu’après La femme de ménage (trad. Karine Forestier), viennent évidemment les suites de ses aventures.

06/02/2026, 10:27

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Chroniques d’une période incertaine

Pendant environ quatre années, la pandémie due au Covid-19 m’ayant contraint de vivre dans l’intemporel, j’en ai profité pour regarder de plus près le temps passer. Dans la situation de l’homme dont les jours sont comptés au-delà du raisonnable, j’ai noté sur des papiers ce qui faisait que tous ces jours comptaient malgré tout pour moi. 

06/02/2026, 08:00

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Notes, compétition, échec : repenser la réussite scolaire

À force de considérer que la performance scolaire repose uniquement sur les notes, les devoirs et la compétition, l’école oublie une réalité essentielle : les élèves ne sont pas des machines à apprendre, mais des individus à accompagner et à éveiller. Dans cet ouvrage, Naïm Bououchma questionne les fondements d’un système éducatif qui montre aujourd’hui ses limites.

06/02/2026, 07:00

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Beyrouth paradise : Marwan Khalil face aux fantômes d’un Liban qui saigne encore

Avec ce polar bien ficelé, David Hury nous ouvre un nouveau chapitre de l'Histoire du Liban, actualisé à la lumière des événements récents survenus dans la région. Et son héros Marwan Khalil est en passe de devenir l'un des meilleurs flics de papier du moment.

05/02/2026, 12:11

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Fragments d'en bas : dans la face cachée de la ville

La littérature sociale trouve parfois sa vérité la plus nue dans les marges. Ici, le récit plonge sans filtre dans une humanité cabossée, vibrante, dangereusement vivante. Dès les premières pages, le lecteur entre dans une matière presque organique, visqueuse, troublante, où la ville devient un organisme qui digère ses propres exclus. 

05/02/2026, 11:08

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Quand la pauvreté dicte la loi : La fin du voyage, d'Arnaldur Indridason

« Les premiers feux du jour apparaissaient enfin à la lucarne. La ville s’éveillait. » Dès l’ouverture, La Fin du voyage (trad. Eric Boury) installe un présent minutieux, presque sonore, avant de le faire dérailler d’un geste sec : « Ces maudites marches lui avaient joué un vilain tour. » Indridason accroche ainsi son lecteur à une scène domestique, triviale, et pourtant décisive, parce qu’elle porte déjà l’idée centrale : « Plus la nuit avait passé, plus il avait eu l’impression que son destin était scellé. »  

05/02/2026, 08:10

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Une vie structurée par la course à pied

En 1912, le Japon s'ouvre au monde. Shizo Kanakuri, un étudiant de 20 ans, rejoint la Suède en transsibérien afin de participer au marathon des Jeux olympiques de Stockholm. Le départ de la course est donné sous une chaleur accablante. Autour du trentième kilomètre, à bout de force, le coureur japonais vacille. Abandonne. Trouve un refuge. Avant de disparaître… 
 

05/02/2026, 08:00

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L’amour, version séquestration

Enlever Yosep leur semblait être la plus belle preuve d’amour. Pour quatre de ses admiratrices dévouées, un poster accroché au mur ne suffisait plus : elles le voulaient pour elles toutes seules. Et après tout, n’étaient-elles pas en train de lui rendre service, en le délivrant du fardeau de la célébrité ?

05/02/2026, 07:00

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Ce roman imagine le pire choc culturel possible : survivre à son siècle

Un récit qui transforme le voyage dans le temps en expérience intime, bureaucratique et profondément humaine : voilà la promesse, tenue, de ce récit singulier. D’emblée, la découverte du projet donne le ton, entre banalité administrative et vertige conceptuel : « Nous voyageons dans le temps, annonça-t-elle, comme si elle décrivait une cafetière. Bienvenue au ministère. »

04/02/2026, 15:44

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La correspondante, l’art délicat de vivre par lettres

Succès assuré pour La correspondante, un roman épistolaire de la veine de 84, Charing Cross road. Une lecture facile et délicieuse.

04/02/2026, 14:44

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Un adolescent brisé devenu monstre moderne

Christophe Penalan happe par son intrigue aussi bien qu'un malaise diffus – avec une efficacité presque brutale. Dès les premières lignes, l’atmosphère se charge d’une tension froide, presque clinique, avec une promesse ambiguë qui sonne comme un piège. Derrière l’ironie macabre, tout est déjà là : la mise en scène, la solitude, la fracture psychique. À paraître le 4 mars.

04/02/2026, 13:48

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Rai Rai Rai : la comédie SF qui propulse l’invasion extraterrestre au cœur du corps humain

Dans un monde marqué par les séquelles d’une guerre dévastatrice entre l’humanité et des forces extraterrestres, certaines créatures alien subsistent encore sur Terre. Pour gérer cette menace résiduelle, des entreprises spécialisées interviennent afin d’éliminer les spécimens jugés les moins dangereux. Rairairai, signé Yoshiaki sortira chez Ki-Oon début mars.

04/02/2026, 07:00

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Le songe premier ou l’enfance comme dernier territoire de liberté

Conte poétique illustré par deux enfants, méditation philosophique sur l’imagination, fable politique sur la dépossession du sensible, Alphonse et le songe premier d’Othman Ihraï appartient à cette lignée rare de livres qui semblent simples parce qu’ils sont profonds, et lumineux parce qu’ils sont graves. Sous les traits d’un petit singe poète, c’est toute une conception du monde qui se joue : celle d’un refus obstiné de l’aliénation moderne et d’une fidélité radicale à l’enfance du regard.

03/02/2026, 12:20

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Entre fantômes familiaux et capitalisme global : voyage à Hong Kong avec Grace Ly

Ici, tout commence par une bascule — presque physique — quand la narratrice pose le pied sur un territoire qui n’est ni totalement étranger, ni réellement familier. Dès les premières pages, une tension s’installe : « À l’instant où tu foules le sol d’une terre neuve, tu ne peux plus vraiment savoir de quoi tes journées seront faites. » 

03/02/2026, 11:46

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Sur les cimes et dans le doute : autopsie d’un homme que la réussite n’a pas sauvé

Un homme très amoureux de sa femme se trouve entraîné avec elle dans des discussions politiques et sociétales qui finiront par avoir raison de leur couple. Dans ce roman contestable et passionnant, Nicolas Chemla documente quelque chose d’un émiettement de la pensée de gauche. Par Jeanne Rivoire.

03/02/2026, 11:17

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Résidence Jean Monnet 2026 : un appel à candidatures tourné vers la Pologne

La Résidence Jean Monnet 2026 ouvre son appel à candidatures pour accueillir un ou une écrivaine européenne à Cognac d’octobre à novembre 2026. En lien avec la programmation du festival Littératures Européennes Cognac, consacré cette année à la Pologne, la résidence s’adresse prioritairement à un auteur ou une autrice polonaise déjà traduit en français. Le ou la résidente bénéficiera d’un hébergement, d’une bourse d’écriture et participera au festival du 18 au 22 novembre.

03/02/2026, 10:35

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Pourquoi le scepticisme antique parle directement à notre époque

Il faut imaginer un philosophe sans œuvre, presque sans voix, mais dont l’ombre traverse toute l’histoire de la pensée. C’est ce paradoxe que l’essai explore avec une énergie communicative. Dès les premières pages, le portrait frappe : « Pyrrhon n’écrivit rien, ne laissa aucune institution philosophique capable de lui survivre. » Et pourtant, le personnage obsède les siècles, insaisissable, mouvant, presque spectral.

03/02/2026, 09:41

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Saint-Soleil, l’utopie rebelle de la peinture haïtienne

Haïti, 1975. André Malraux arpente les hauteurs d’un morne reculé en surplomb de la baie de Port-au-Prince pour y rencontrer une petite communauté de peintres constituée de paysans et d’artisans qui y a surgi. 

03/02/2026, 08:00

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Un bébé abandonné dans un quartier populaire

Alertés par un habitant ayant entendu des pleurs alors qu’il descendait les poubelles, les pompiers découvrent un nourrisson au fond d’un conteneur. 

03/02/2026, 07:00

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Detroit Roma : une longue route éblouissante

Detroit Roma est plus qu'un album de bande dessinée ou un roman graphique, c'est un périple à travers la géographie mentale et physique de deux copines américaines qui décident, après bien des errements, de prendre la route ensemble. Becki dessine, Summer ne mange presque pas. 

02/02/2026, 10:25

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L'Ami secret

02/02/2026, 09:58

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Terre des ombres : dans le monde des Chuchoteuses

Imaginez un monde dans lequel les Ombres s’animent de leur propre volonté. Que leur contact, même s’il ne s’agit que d’un simple effleurement, soit mortel pour les êtres humains. Que, pour se protéger, l’humanité a construit d’immenses Bulles autour de leurs cités, des structures en verre magistrales, où règne la lumière à toute heure. Pour contrer la terreur qu’inspire la nuit, voici la seule solution durable, sécurisée. Depuis des décennies, la guerre perdure. Comment finira-t-elle enfin ?

01/02/2026, 13:09

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Îles interdites, abus cachés, génies toxiques : le monde raconté par les livres

L’intelligence artificielle ne frappe pas à la porte de l’édition : elle s’installe déjà à l’intérieur. Outils d’aide à l’écriture, traduction automatisée, analyse de manuscrits ou production de contenus, la technologie progresse plus vite que les cadres juridiques et économiques. Entre opportunité industrielle et déséquilibre structurel, le livre devient un terrain d’expérimentation où se rejouent les rapports de force entre création humaine, automatisation et valeur culturelle.

31/01/2026, 09:48

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Tu n'auras pas de mal à la marier !

30/01/2026, 12:41

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Shoah, exil, amour perdu : L’Esprit de sel, ou quand la mémoire brûle

Certains romans racontent l’Histoire. D’autres la traversent. L’Esprit de sel appartient à cette seconde catégorie, où la mémoire collective se confond avec une voix singulière, obsédante, presque hypnotique. Dès l’ouverture, la narratrice annonce sa méthode et sa blessure : « C’est depuis l’intérieur de ce temps enrubanné que je dois raconter. » Un manifeste esthétique : le récit sera fragment, saccade, flux.

 

30/01/2026, 11:58

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La bascule de la Méditerranée : une enquête qui fait entendre la mer “respirer”

Méditerranée tropicale (trad. Eliane Patriarca) s’ouvre sur un geste d’écriture qui refuse la carte postale. Simenon sert de boussole, presque sèche : « La Méditerranée est… La Méditerranée est… La Méditerranée. » Stefano Liberti part de là, et choisit le récit de terrain, scène après scène, pour montrer une mer qui change de régime.

30/01/2026, 11:55

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Meilleures ventes : pour les livres, Lemaitre, étalon

Une semaine n'en suit vraiment pas une autre – ou alors une tendance globale : contrer la vague McFadden revient à vider la mer à la petite cuillère. La femme de menage reprend du poil du balai (ou le fil de l'aspirateur, au demeurant) et la tête des meilleures ventes de la semaine 4 (19-25 janvier) : 24.497 exemplaires écoulés pour le titre traduit par Karine Forestier.

30/01/2026, 10:23

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Neom

29/01/2026, 12:45

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Récit d’un Peuple de verre, entre crise du logement et insécurité

Une première vérité : à Montréal, se loger est désormais un luxe que trop peu de personnes peuvent se permettre. Ces mêmes personnes qui, quelques jours plus tôt profitaient d’un toit au-dessus de leur tête, sont obligées de se réfugier dans des camps de fortune. Une seconde vérité : des gens disparaissent. De plus en plus fréquemment, sans explication rationnelle. Comment l’expliquer ? Connue dans le milieu journalistique pour traîter inlassablement du sujet de cette crise du logement, Sidonie enquête.

29/01/2026, 10:11

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Meï Lepage : un premier polar brut, sombre et engagé

Le premier polar d'une jeune Lyonnaise. Une intrigue sacrément tordue qui évoque les violences faites aux jeunes femmes et la première enquête d'Emma Fauvel, une jeune fliquette au passé traumatisant et au parler cash.

29/01/2026, 07:00

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Honoré d’Urfé, Cyrano, Retz… Découvrir les auteurs des XVe-XVIIe siècles

Qui a lu L’Astrée d’Honoré d’Urfé, ce roman-fleuve qui fut au XVIIe siècle un véritable phénomène culturel ? Qui, aujourd’hui, a lu le vrai Cyrano de Bergerac, écrivain libertin et visionnaire du XVIIe siècle, et non le personnage flamboyant et romantisé que le XIXe siècle a façonné à sa place ? Qui, aujourd’hui, se plonge encore dans les Mémoires du cardinal de Retz, ce récit incandescent où un acteur central de la Fronde raconte intrigues, trahisons et coups d’éclat avec une flamboyance romanesque, comme nous l’a récemment rappelé, avec autant de brio, Pacôme Thiellement ?

28/01/2026, 18:44

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Exquisite Corpses : un Battle Royale du capitalisme qui transforme le massacre en franchise

La ville respire le chlore et le crédit immobilier, un décor si propre qu’il en devient obscène. Puis quelqu’un appuie sur « play ». Des milliardaires lâchent des tueurs comme on lance une start-up, avec pitch deck et stratégie d’IP. Exquisite Corpses débarque comme un slasher sous cocaïne, un rêve américain filmé par drone, où la violence sert d’argument marketing et le massacre de business plan.

28/01/2026, 17:18

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Lundi, c’est loin : l’été, un morceau de vie et une baleine dans la Tamise

2019. Le week-end le plus chaud de l’été. Londres est en effervescence, les contraintes de la semaine sont laissées de côté jusqu’à lundi prochain. Ce vendredi soir marque le début de ces deux jours tant attendus… Autre particularité, qui provoque une sorte de séisme à travers la ville : cette baleine coincée dans la Tamise, s’imposant comme le grand sujet à travers tout le pays depuis déjà quelques heures. Comment a-t-elle réussi à arriver jusqu’ici ? Et surtout, comment l’aider à retrouver son habitat naturel sans la blesser ? 

28/01/2026, 15:48

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Quand Héphaïstos meurt de faim : Chroniques d'un dieu boiteux

Un dieu qui meurt de faim. L’image frappe, dérange, intrigue. Et elle ouvre un roman qui prend la mythologie à rebours, la retourne comme un gant, la fait passer par le filtre d’une conscience fatiguée, lucide, presque contemporaine. Dès la première phrase, Héphaïstos impose sa voix : « Je suis affamé. C’est à ce moment précis que commence cette histoire. » Le ton est donné. Ce ne sera pas une épopée héroïque, mais une chronique de la disparition, un journal d’agonie divine. À paraître le 6 février.

28/01/2026, 12:26

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Les années bienheureuses du châtiment

28/01/2026, 11:49