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Les Ensablés - Le meneur de Loup (1857) d'Alexandre Dumas (1802-1870)

Dumas ? c’est Gaston Pescou, signant Peskow ou Peskov, mais aussi G. de Morlon, baron de Cherville, qui est en réalité –pour les trois-quarts- l’auteur caché de ce roman. Il est dans sa spécialité : le roman de chasse. Qu’on en juge par quelques titres tirés de sa bibliographie : Les Aventures d'un chien de chasse, Histoire d'un trop bon chien, Contes de chasse et de pêche, Contes d'un coureur des bois, Montcharmont le braconnier, Le Gibier plume et la même année Le Gibier poil, sa science s’étendant même aux sauvages horizons de l’Afrique et de l’Asie avec Les Éléphants, état sauvage, domestication.

Par Antoine Cardinale

Le 27/08/2023 à 09:00 par Les ensablés

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27/08/2023 à 09:00

Les ensablés

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Plume et poil 

De sa collaboration avec Dumas naîtront Madame de Chamblay, Les louves de Machecoul, Black, Le chasseur de sauvagines et bien sûr Le meneur de loups (1857). Pour la chasse, Alexandre est à son affaire, et il est dans ce domaine sur le même pied que son collaborateur. Chez Dumas, seule la passion des femmes a égalé celle de la chasse. Et s’il connut avec les femmes quelques déconvenues, il ne tira de la chasse que d’immenses joies et d’inoubliables souvenirs. 

Pour cette jeunesse née en 1802 qui grandissait en attendant de prendre son grade dans les armées de l’Ogre, la chasse était l’école du courage, l’apprentissage des armes et l’initiation à la mort : en un mot une préparation à la guerre. Et par ailleurs que peut faire un enfant de la province élevé entre sa tante et sa mère, veuve, sinon s’aller aguerrir en jouant au coureur des bois. On piège au collet ou à la glu, on courre les bêtes rousses, on tire à balle, on aime à voir le débûcher du cerf. Marcher en silence, canon en l’air ; apprendre à obéir, apprendre à commander, les deux faces de la seule monnaie qui ait cours à la guerre. Et d’avoir bien observé la passée d’un loup servira pour d’autres traques.

Dumas, qui n’était pas bien fort à l’école, trouva là ses plus joyeuses récréations. Il excellait dans ce sport dont il nous dit dans ses Mémoires qu’il en devint enragé, et dans lequel il retrouvait le souvenir de son père.

On connaît d’ailleurs un beau Portrait d’un chasseur avec ses chiens dans un paysage de Louis Gauffier qui est au musée Bonnat Helleu à Bayonne, portrait qui passe pour celui du général Dumas, père de notre auteur. Le paysage pourrait être celui de la campagne autour de Villers-Cotterêts : le gibier est jeté au pied d’un grand arbre, et les chiens turbulents, excités par la chasse, tournent autour de leur maître qui tient glorieusement la pose.

Le roman s’ouvre d’ailleurs avec l’évocation de son père et de Moquet, son « imbécile de garde-chasse », entêté de mauvais sorts et de remèdes chamaniques pour s’en déprendre, fabriquant ses balles et son propre vocabulaire, disant bête fausse pour bête fausse pour bête fauve et pièrge pour piège. C’est Moquet qui contera au jeune Alexandre la fabuleuse histoire de Thibaut, le meneur de loups.

A vingt ans, c’est enfin à la chasse qu’il devra sa première virée à Paris, en compagnie d’un écervelé de son âge. Avec rien d’argent en poche, ils partent de Villers-Cotterêts, et chassant le jour pour payer le gîte et le couvert du soir à Ermenonville d’abord, à Dammartin ensuite. Ils arrivent à Paris à l’hôtel des Vieux-Augustins avec quatre lièvres, douze perdrix et deux cailles qu’ils monnayent, se souvient Dumas dans ses Mémoires, contre une chambre pour deux nuits, un pâté et une bouteille de vin. 

Loup y est-tu ?

Le meneur de loups, l’idée d’un homme se mettant par pure mauvaiseté, par vengeance ou par damnation, à la tête d’une meute de loups est dans le fonds légendaire de toutes les régions françaises, des Ardennes à la Provence, en passant par le Morvan. Serviteur du Diable ou diable lui-même, il vit avec ses bêtes fauves, dort dans la même tanière et ils terrorisent ensemble campagnes, landes et bois dans une orgie de meurtres et de sang, dévorant bétail, bergères, ramasseurs de bois, et le chasseur isolé aussi bien que l’enfançon perdu. On raconte de ces histoires aux veillées des chaumières, dans les longues attentes de la chasse, et même dans les causeries de salon : revenants, sorcières, fadettes et autres loups garous imprègnent la culture populaire et dans les milieux plus lettrés ces histoires se colorent d’un fantastique que les romans gothiques anglais ou les Märchen allemands ont remis à la mode.

Cherville-Dumas reprend le thème mais l’accommode sur un registre tragi-comique. Thibaut le sabotier, bon garçon mais pensant et rêvant au-dessus de sa condition, gorgé des humiliations petites et grandes qu’on réserve vers 1780 aux gueux fixés sur les terres du duc d’Orléans, Thibaut le sabotier accepte un pacte satanique. Doté par le Malin d’immenses et invincibles pouvoirs, il trouve néanmoins en parfait nigaud le moyen de rater toutes ses entreprises. Il faut croire que les femmes et l’argent –Thibaut est un ambitieux peu original...- savent se jouer des ruses du Malin et de ses serviteurs !

Comment ce bon bougre se tirera-t-il de l’infernal mauvais pas ? Le roman est touffu comme les sous-bois de la forêt de Retz : roman de l’amour et de la campagne, chronique de la petite histoire de France, conte fantastique et souvenirs d’enfance, parabole sur la vie si l’on veut, tout s’y trouve. Dumas y aura mis beaucoup de lui-même, et pour commencer dépaysant dans les forêts du Valois de son enfance une intrigue que Cherville avait mise dans les plaines de la Beauce. Tout s’y trouve en effet: c’est Greuze peignant les sorcières de Füessli, c’est l'accordée de village au bras de Barry Lindon. Et c’est là tout le prix de ce joli roman.

Cette année-là…

Alexandre Dumas a 55 ans. 1857 est une année de voyages : au début de l’année une longue croisière le mène de Venise à Tripoli en passant par l’Illyrie, la Grèce et ses îles, l’Egypte et la Cyrénaïque. Londres, en janvier et, en passant, Guernesey où il retrouve après cinq ans de séparation son vieux camarade Hugo ; Londres encore en mai, Bruxelles et Mayence à l’automne. L’été, de retour sur les terres de son enfance, la vieillesse lui a envoyé un premier signe : son genou droit est atteint de paralysie et c’est la mort dans l’âme qu’il doit renoncer à chasser avec ses amis. Cette année-là, autre signe, la mort fait autour de lui bonne moisson : Alfred de Musset, Béranger, Eugène Sue et Achille Deveria disparaissent.

1857 est aussi une année d’intense activité littéraire. Du théâtre d’abord avec Le verrou de la Reine, L’invitation à la valse et L’honneur est satisfait. De l’histoire avec Charles le Téméraire. Et le roman bien sûr avec Le Comte de Monte-Cristo, qui paraît en feuilleton à partir du mois d’avril, dans un hebdomadaire nouveau qui en porte le nom, Le Monte-Cristo, « journal hebdomadaire de romans, d’histoire, de voyages et de poésie » ; mais aussi Les compagnons de Jehu et Le meneur de loups.

En six mois d’aller-retour, Le meneur de loups est fait. La collaboration se fait aux conditions, et sur le tempo que choisit Dumas. « S’il y a quelque chose à changer, je le changerai » écrit-il à Cherville. Et Dumas change beaucoup. Dans les mains de Dumas, les deux cents pages de Cherville deviennent plus de trois cents. Le collaborateur le prévient qu’il y là davantage « une flânerie qu’un labeur digne de ce nom », mais rien n’y fait, Dumas, éternel optimiste, veut pressentir avec ce livre un succès égal à celui des Mousquetaires. 

I, robot

J’avais de longue date préparé cette chronique : au moment de livrer, vint la catastrophe que tout chroniqueur redoute. Appelant mon fichier une fois, deux fois, dix fois, j’obtiens une fois, deux fois, dix fois la même réponse : Désolé mais //-p2.prc.ulipt2023/Les_Ensablés_Dumas_ Le Meneur de loups.docx est introuvable.  Peut-être a-t-il été déplacé, renommé ou supprimé ?

Il fallut me rendre à l’évidence : brouillons, notes, parties à l’ébauche ou achevées, tout avait disparu dans les profondeurs de la mémoire informatique, aussi inatteignables que les ruines de l’Atlantide au fond de l’océan. Ce qu’il en coûte probablement de taquiner le diable...

J’ai eu alors la tentation de demander un résumé du roman à un robot « intelligent », tentative, on le verra, qui ne m’a pas mené bien loin. Dans ce résumé, tout — ou presque — est faux, mais un robot ne peut pas dire « je ne sais pas », il est condamné au faux dans l’ignorance qui est la sienne. Sa programmation lui interdisant cet aveu, il est condamné au larcin littéraire, au mensonge et à l’affabulation.

Au stade actuel de l’intelligence artificielle — mais on ne perd rien pour attendre ! – le mensonge est cousu de fil blanc et un élève de cinquième affabulerait avec davantage d’habileté. Le robot commence à l’attribuer à Alexandre Dumas et par dater l’œuvre de 1857 : deux bons points ! Mais les bons comptes en resteront là : le robot est paresseux et il semble qu’il ne se soit pas donné la peine de lire le roman. Pour preuve, il ignore même le nom du héros ! Le héros n’est pas notre pauvre Thibault, mais Gaston de Chanlay que le robot a été chercher dans La fille du Régent.

Poursuivant dans l’affabulation, il imagine Gaston tombant sous le charme de Diane de Meridor, qu’il ressuscite à notre grande consternation de l’inoubliable Dame de Montsoreau. Par facilité, et poursuivant sa pente fatale, il situe l’intrigue sous le règne de Louis XIII, ayant probablement repéré que Dumas a tiré de ce règne son roman le plus célèbre. Et comme il faut bien raccrocher tout cela au titre lui-même, le robot imagine « une série de mystérieux assassinats perpétrés par une bande de loups-garous et un complot visant à destituer le roi Louis XIII ».

Satisfait de son effrayant travail de cancre, le robot conclut platement que  Le meneur de loups est un roman captivant qui offre un mélange d’aventures, de mystères et d’amour, mettant en valeur le talent narratif et l’imagination fertile d’Alexandre Dumas ». Merci robot, tu ne m’as guère aidé, mais cette conclusion en valant une autre, je la prends ! 

 
 
 
 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

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Le meneur de loups

Alexandre Dumas

Paru le 09/06/2023

332 pages

Editions de la Grange Batelière

16,00 €

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Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Elles ne mouraient pas toutes

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Quand les monstres raisonnent mieux que les hommes : la fantasy de Lee Young-do

Les monstres ont parfois plus de bon sens que les humains. Encore faut-il les laisser parler. Chez Lee Young-do, les géants à tête de coq se montrent susceptibles, les Nagas vivent au voisinage de l’immortalité, les Tokkebis manient le feu et l’humour avec une désinvolture désarmante. Chacun possède ses rites, ses blessures et, surtout, une excellente raison de se méfier des autres. Après Le Cœur des Nagas, le deuxième volume de L’Oiseau qui boit des larmes (trad. Kette Amoruso) reprend sa course sans mode d’emploi : l’étrangeté est ici le quotidien. 

14/10/2026, 17:33

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Corinne Luchaire : star oubliée que l’Occupation a engloutie

Bagneux. Du béton, de la boue, quelques plantes en plastique. Voilà pour la dernière demeure d’une actrice qui éblouit le cinéma français d’avant-guerre. Cédric Meletta commence par marcher parmi les morts ; il a l’œil du cinéphile, l’ironie du flâneur et une passion manifeste pour les détails qui gâchent les belles légendes. « On vous a tassée là par souci logistique. » Une adresse insolente, qui restitue en réalité une présence sans masquer l’époque qui l’a défigurée. Sur les écrans le 22 octobre.

14/10/2026, 14:07

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Trump face à Caligula, Poutine face à Tibère : le miroir des tyrans

Les portes de la galerie s’ouvrent. Caligula entre ; Donald Trump occupe déjà la scène. Néron trouve un partenaire du côté de Jair Bolsonaro ; Tibère croise Vladimir Poutine dans un couloir où l’on parle bas. Mais Delphine Jouenne ne prétend pas livrer une histoire comparée des institutions, tant s'en faut. Couronnements le 22 octobre.

14/10/2026, 13:49

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Élie et Élisée Reclus : deux frères pour refaire le monde

Deux frères partent voir la mer. Ils ne sont pas encore les noms célèbres de la géographie et de l’anarchisme ; ils ont surtout emporté « plus de livres de Proudhon, Leroux et Oken que de quoi bivouaquer ». La Méditerranée les attend quelque part après les chemins du Midi. Ils marchent, refont la société, marchent davantage. Cette escapade racontée par Hubert Prolongeau donne la mesure de leur liberté : connaître la terre, pour eux, suppose déjà de désobéir. A découvrir le 4 novembre.

14/10/2026, 13:41

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À la grâce des fous : un cadavre et des fantômes

À L’Anse-à-Beaufils, les fous de Bassan piquent vers la mer. Sur la terre ferme, quelqu’un est mort. Et les secrets, eux, remontent. Cette fois, c’est Antoine Vaugeois, critique d’art assez mordant pour s’être fabriqué une collection d’ennemis. La biennale d’art attire son monde ; ateliers et brasserie brassent autant de rancunes que de conversations. Sortie le 23 octobre.

14/10/2026, 13:16

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Que peut-on transmettre à un adolescent qui n’a peut-être plus beaucoup de temps à vivre ?

Dans Le Monde de Noé, Pierre Antoine imagine une nuit en taxi à travers Paris, au cours de laquelle une tante de 62 ans raconte l’histoire du monde à son neveu de 17 ans, atteint d’un lymphome. Un roman sur la connaissance, les secrets de famille et la fragilité de la vie, à paraître le 4 novembre chez City Éditions.

14/10/2026, 07:30

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Raphaël Sigal explore les liens entre naissance, lait et mémoire dans Au commencement, le lait

Avec Au commencement, le lait, Raphaël Sigal part de la naissance de son fils et des tâtonnements de l’allaitement pour interroger une matière aussi vitale qu’ambiguë. Entre corps, langage et histoire, l’auteur remonte des origines de l’humanité aux tragédies du XXe siècle, dans une réflexion sur ce que nous transmettons à nos enfants.

 

14/10/2026, 06:30

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Nantes Calling, une chanson des temps passés

Après La vie des spectres, Patrice Jean a écrit un nouveau chef-d’œuvre. Jean est un romancier du XIXème siècle égaré deux siècles après. A tour de rôle, il se mue en Balzac et Flaubert, c’est saisissant. Il est peu de dire qu’il est là où le roman est né ! Stay free est en réalité un roman-fleuve contenant en son sein trois romans d’initiation et de formation, marqués par des séquences, des tiroirs littéraires et des entrelacs. J’ai lu ce livre comme je regarde un film au cinéma. J’en admire sa trame romanesque, son esprit feuilletonnesque, et ses ramifications.

13/10/2026, 19:00

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Demba : Daniel Picouly redonne une voix aux Amazones du Dahomey

Un homme mort dans une case africaine en carton-pâte. Une guerrière qui attend son roi. Et Marseille, en avril 1906, occupée à célébrer une Exposition coloniale où l’on exhibe l’ailleurs sous prétexte de le connaître. Daniel Picouly n’a besoin que de quelques pages pour tout faire entrer en collision. « Mon-roi revient ! » clame Demba. Mais qui revient vraiment, lorsque le royaume a disparu, que les compagnons sont tombés et que les vainqueurs réécrivent jusqu’au nom des vaincus ?

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Sarah Marquis : ce que les crocodiles lui ont appris sur la vie

La nuit, une chienne pousse sa maîtresse hors du lit. Dehors, la neige tient les sapins sous sa garde ; l’animal renifle, hésite, reprend son chemin. Sarah Marquis attend. Elle, l’exploratrice qui a traversé des déserts et marché parmi les crocodiles, découvre dans cette promenade minuscule une manière de vivre : laisser à l’autre son allure. Voilà une belle entrée dans L’Art de boire le thé avec les crocodiles. On y vient pour l’aventure ; on y reste pour ces moments où l’exploit consent à se taire.

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L’Échelle de Judith : plonger pour mieux remonter

L’écriture de Galien Sarde a toujours exploré le désir en l’abordant par la lumière – qui ne va pas sans ombre – et par une architecture à la fois précise et complexe, celle de ses romans, celle du cadre où ils se déroulent. Cité souterraine, pas de vis forant les bas-fonds ou piscine-lagon, cœur pulsant d’une villa luxueuse, espaces où se croisent, s’aiment et se déchirent des personnages qui ne prennent chair, qui ne font corps que dans leur écrin, celui-ci finissant, tel un coquillage, par épouser leurs formes organiques. Par Anne-Catherine Blanc.

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La rage et la tendresse de Philippe Mouazan : le portrait d’un homme libre

On ne nait pas seulement d’une famille, en venant au monde on accepte l’héritage des éléments qui nous entourent, et quand on est breton, la nature fait partie intégrante de l’identité. Xavier Grall, journaliste, poète, né à Landerneau, est monté à la capitale pour être journaliste, puis, l’appel de la terre d’origine a été trop forte, et a décidé un jour de partir avec femme et enfants rejoindre les tempêtes d’hiver, l’iode et ses racines.

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Un imprévu de Michel Layaz : fatuité quand tu nous tiens…

Il suffit parfois d’un grain de sable ou un concours de circonstances, pour que notre quotidien et nos croyances qui le motivent en soient chamboulés. Erik Dogam est le PDG d’un grand groupe phytosanitaire et sa vie ne laisse aucune part au hasard et à l’improvisation.

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Sur la Nationale 7, la route des vacances vire au cauchemar

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Quand l’argent transforme la dette en mode de vie

Publié une première fois en 1992, L’argent et la mort d’Emmanuel Loi revient en librairie. Dans cet essai consacré au crédit, à l’assurance et aux mécanismes économiques qui façonnent les comportements, l’auteur interroge la manière dont la dette et la consommation finissent par redéfinir l’individu lui-même.

 

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Gabrielle et la malle sanglante : une affaire criminelle aux débuts de la police scientifique

À l’été 1889, la disparition d’un huissier parisien puis la découverte de son corps dans une malle mettent la France en émoi. Serge Quadruppani revient sur cette affaire qui passionna la presse de la Belle Époque et fit entrer la police scientifique dans une nouvelle ère.

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Trump, Volga, dette publique : cinq livres pour comprendre le monde

Chaque semaine, la Booksletter, relancée par l’association Les Amis de Books, explore les livres publiés dans le monde. Essais, enquêtes et romans y éclairent l’histoire, la politique, les sociétés et leurs contradictions. Dans cette édition, cinq ouvrages invitent à remonter le cours de la Volga, à revisiter les méthodes de Roy Cohn, à comprendre les mobilisations populaires, à retrouver des résistantes basques et à interroger la dette publique.

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Ce que ma mère a laissé derrière elle : les secrets d’une mère révélés après sa mort

Après la mort de sa mère, Jade découvre une vieille photographie représentant une jeune femme souriante aux côtés d’un homme inconnu. À partir de ce cliché, elle se lance sur les traces d’un passé familial qu’elle pensait connaître, entre secrets enfouis et histoire contemporaine de la Corée. Traduit du coréen par Yeong-Hee Lim.

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Imago je suis : une voix poétique face aux désillusions du monde

Dans Imago je suis, Dan Yodwira donne voix à une narratrice confrontée à la perte de ses illusions et à ses propres contradictions. Entre colère et espoir, elle cherche un chemin vers la liberté et une possible renaissance.

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Sarah Knafo reste en tête des ventes, Thélyson Orélien grimpe malgré la polémique

Pour la cinquième semaine consécutive, Sarah Knafo conserve la première place des meilleures ventes de livres en France. Du 28 septembre au 4 octobre 2026, Le Casse du siècle (Fayard) enregistre 37.294 ventes supplémentaires. Derrière l'eurodéputée, One Piece reste deuxième, tandis que Thélyson Orélien monte sur le podium.

09/10/2026, 12:22

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Grop d'Erik Svetoft : bizarre, vous avez dit bizarre

Certains auteurs ne se contentent pas d'inventer des histoires ou de rendre compte de l'état du monde : ils utilisent la puissance de la bande dessinée pour donner naissance à un univers qui n'existe nulle part ailleurs, forgé dans un alliage unique de dessins, de situations, de personnages, de de tempo et de dialogues. De livre en livre, les lecteurs explorent cet espace hors du temps et de la géographie qui leur semble de plus en plus familier. Erik Svetoft est sans nul doute un de ces artistes puissants, dont l’œuvre, de titre en titre, forge un univers qui ne ressemble à aucun autre et certainement pas au nôtre.

09/10/2026, 11:50

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Le Chœur ukrainien : quand l’exil trouve une voix commune

Avant de trouver sa place dans le chœur, Coralie Grimand cherche où poser sa voix. Française, amoureuse depuis l’adolescence de la littérature russe, elle rejoint une chorale ukrainienne au début de l’invasion. La guerre ne lui retire ni Pouchkine ni Dostoïevski ; elle rend cet amour inconfortable.

09/10/2026, 10:30

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Vital : une psy face au deuil d’un patient

Dans une mansarde du 11e arrondissement de Paris, une psychologue reçoit des patients aux parcours singuliers. Jusqu’au jour où la mort de l’un d’eux, tué le 13 novembre 2015, bouleverse son rapport à son métier et la conduit à franchir certaines limites.

 

09/10/2026, 07:30

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À la grâce des fous : un meurtre au cœur des fantômes de la Gaspésie

À L’Anse-à-Beaufils, près de Percé, un homme est retrouvé mort en pleine saison touristique. Son passé sulfureux lui avait valu de nombreux ennemis. Tandis que l’enquête commence, les souvenirs des villages disparus de Gaspésie refont surface.

 

09/10/2026, 06:15

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L'Affaire au carré : Un producteur assassiné, sa fille retrouvée morte

Quatre balles dans la nuque, disposées en carré. Le 6 mai 1995, Joseph Vitali, grand producteur de cinéma et personnage trouble, est exécuté dans un parking. Personne n'est arrêté. Trente ans plus tard, jour pour jour, sa fille Ana disparaît. On retrouve son corps au fond d'un puits, dans la forêt de Meudon. Les Vitali ne croient pas aux coïncidences. Estelle Voldor non plus. À la tête de True Crime, magazine spécialisé dans les affaires non résolues, elle flaire le sujet qui fera trembler la rédaction : « Rien que l’histoire de cette famille, j’achète ! » Reste à convaincre Jed Jarzinski de s'en charger. Mauvaise humeur comprise.

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Keith Jarrett au Japon : sur les traces des Sun Bear Concerts

Un Shinkansen file vers Tokyo. Dans le casque de Philippe Séclier, Keith Jarrett improvise. Quelques mois plus tard, un coffret couleur sable acheté au Japon devient le point de départ d’une enquête : les Sun Bear Concerts, huit récitals donnés en novembre 1976, dont cinq furent réunis sur dix vinyles. 

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Autant que l’amour : sept autrices mettent l’amitié à l’épreuve

L’amitié a longtemps occupé, dans les récits, la place de la relation qui va de soi : solide, secondaire, moins spectaculaire que l’amour. Autant que l’amour refuse précisément ce confort. Sous la direction de Charlotte Pudlowski, six textes de non-fiction signés par sept autrices regardent ce lien là où il protège, déçoit, domine, libère ou recommence. 

08/10/2026, 10:22

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L’oiseau qui boit des larmes T2 : une fantasy coréenne entre meurtre et lutte de pouvoir

Dans un monde partagé entre quatre peuples, la mort d’un jeune Naga lors d’un rituel va bouleverser un fragile équilibre. Accusé à tort, Ryun Pei fuit vers le nord, où il doit rejoindre une escorte composée de représentants de chacun des peuples. Traduit du coréen par Kette Amoruso.

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Quand le mari est auteur de polars, le crime parfait devient une possibilité

Une joggeuse disparaît sans laisser de trace. Son mari, écrivain de romans policiers, devient le principal suspect. Cinq ans plus tard, la découverte d’ossements humains relance une affaire que certains auraient préféré voir enterrée. Avec The Crime Writer, Diane Jeffrey mêle enquête, secrets de famille et fascination pour le crime parfait.

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Un polar survolté où son héroïne Abigail Boone fait une entrée fracassante, au propre comme au figuré

Premier roman du britannique Dominic Nolan : On a parlé de Dominic Nolan l'an passé avec un sacré roman, White City, un polar inscrit dans sa fresque socio-historique sur le Londres des années passées, qui lui a valu notoriété et succès depuis Vine Street. Le revoici dans un registre plus classique, avec J'étais Abigail Boone qui fut son premier roman publié en 2019 en VO. Un second épisode mettant en scène l’héroïne amnésique Abigail Boone (After Dark - 2020 en VO) n'a pas encore été traduit en français.

07/10/2026, 17:38