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Les Ensablés - Soldats bleus, journal intime (1914-1918) de Pierre Loti

A priori, publier le journal intime de Pierre Loti, sur la période couvrant la Première Guerre mondiale relève de la gageure, tant le style et l’œuvre de cet écrivain sont aujourd’hui passés de mode. Sa ferveur patriotique, sa soif d’en découdre avec l’ennemi, qui le pousse, alors qu’il a dépassé l’âge d’être mobilisé, à faire intervenir les plus hautes autorités, pour prendre part malgré tout à la guerre, nous est difficile à comprendre.  par Carl Aderhold  

Le 10/12/2023 à 09:08 par Les ensablés

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10/12/2023 à 09:08

Les ensablés

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Qui plus est, les articles publiés par Loti dans L’Illustration témoignent jusqu’à la caricature de cette littérature de « bourrage de crânes » qui fait de la haine du Boche un paradigme qui nous apparaît aujourd’hui aussi ridicule que sinistre. « N’oublions jamais que cette race de proie est incurablement trompeuse, voleuse et tueuse, qu’il n’y a pas avec elle de traité de paix qui puisse tenir », écrit-il ainsi en septembre 1915.

Mais s’arrêter à la lecture de ces articles que les éditeurs ont eu la bonne idée d’insérer à la suite des notes prises par Loti et qui ont servi à leur rédaction, serait courir le risque de passer à côté de la force du journal de l’écrivain. 

Au contraire, il faut les prendre pour ce qu’ils sont : l’écume de l’œuvre, tout à la fois littérature de surface, le Loti « officiel » en phase avec la propagande de son époque, et moyen de mesurer la distance avec l’autre, le créateur instinctif, débarrassé de l’apprêt vieillot, sincère avec lui-même, au regard pénétrant.

Car avec Loti, les choses ne sont jamais complètement ce qu’elles semblent être. Il y a chez lui, une complexité, une ambiguïté pourrait-on dire, qui rend le personnage attachant. Militaire dans l’âme, fier de ses décorations, il est aussi l’officier qui porte des uniformes flamboyants. Dans l’introduction, Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier rappellent que « dans les popotes de l’armée de terre, on ne se privera pas de ridiculiser ce marin-littérateur, bizarrement accoutré de défroques de mer sur son uniforme de guerre, dont il change sans cesse, et fardé comme à son habitude ! »

Pour Loti, l’apparence compte autant que l’action. A la date du 21 juillet 1917, il note à propos des officiers de marine qu’ils croisent: « Les jeunes seuls sont tout en blanc, - comme moi qui m’obstine à être jeune ». Il ne s’agit pas là d’une fantaisie ou d’une lubie mais bien d’une revendication tout autant artistique que philosophique, le refus de la réalité sans fard, la volonté obstinée non seulement d’en débusquer les interstices romanesques mais plus encore de les provoquer.

Contre la brutalité et la sauvagerie de la guerre, Loti affirme la liberté de l’homme à s’inventer un autre monde. Qu’importe que le kitsch de son imagination, le caractère parfois naïf ou passéiste de ses rêves, la force et la beauté de Loti résident tout entier dans ce refus de capituler devant la réalité. En témoigne la scène incroyable où, parti à la recherche de la tombe d’un proche tué au combat, il erre dans un de ces cimetières improvisés et se retrouve en première ligne sous le feu des batteries allemandes.

Loti mène sa guerre à lui qui n’a rien à voir avec celle des états-majors. Contre les boucheries de masse, les armes de destruction moderne, les effrayantes inventions techniques, Loti cherche désespérément les actions héroïques, les exploits des hommes qui sortent de la norme anonyme des combattants. Il s’agit pour lui d’une lutte pied-à-pied contre une modernité qu’il pressent destructrice pour l’aventurier, et plus largement pour l’individu. Au-delà de la haine de l’Allemagne, il mesure le danger mortel de cette guerre. « Nous autres civilisations, savons que nous sommes mortelles » disait Valéry au sortir du conflit.

Loti est plus pessimiste encore. « Et dire qu’il y a de pauvres esprits à visées courtes pour célébrer les bienfaits de la science, écrit-il lors de sa visite à Venise en guerre, dire que l’humanité n’a pas édicté les lois qu’il aurait fallu pour étrangler à temps des inventeurs comme ceux de la guerre sous-marine ou de l’aviation ! » Il entrevoit même une guerre à venir où les techniques et les sciences auront raison de la civilisation.

Sa dénonciation du progrès est avant tout portée par son exigence de beauté. Cette beauté que Loti a traqué toute son existence à travers le monde. A le lire, on retrouve l’angoisse qui saisit les explorateurs et autres aventuriers au début du XXe siècle face à la disparition des dernières terra incognita. Le progrès n’a eu de cesse que de faire reculer le mystère et son merveilleux. Loti est le témoin sensible, émouvant de cette fin de partie. Lorsqu’il prend ses quartiers à Mirecourt, en août 1916, il note : « Jamais je ne m’étais senti si dépaysé que là, dans ce cadre d’ouvrier enrichi, dans une petite ville qui n’est même pas exotique, mais quelconque de la France. Il ne me semble pas que c’est moi, qui suis là… »

Ce qui donne une intensité particulière à ce chant du cygne, c’est qu’il se double d’une angoisse personnelle qui court tout au long des pages de ce journal. La mort qui plane au-dessus des soldats, qui fauche des millions de vie est aussi la sienne qui s’annonce. Loti mourra à peine cinq ans après la fin de la guerre. Cette peur est omniprésente. Loti la ressent chaque fois que son fils monte au front, craignant qu’il soit tué, mais aussi lorsqu’il revient dans les lieux qui lui sont familiers, persuadé qu’il y vient pour la dernière fois. Elle est alimentée par le sentiment grandissant de la vieillesse qu’il redoute encore plus que la fin.

Il y a chez Loti une véritable obsession de rester jeune, de refuser de vieillir. Lorsqu’il rencontre la reine de Belgique, en juin 1917, il la scrute attentivement avec la crainte de trouver vieille celle dont il avait été sous le charme deux ans auparavant et il ajoute :

« J’avais tant redouté pour mon propre compte un examen pareil, que j’avais fait ma toilette avec un soin inaccoutumé et tous les plus habiles subterfuges. A tout prix, j’avais voulu être jeune, l’être encore une fois ce jour-là […] je me savais bien droit, bien sanglé dans mon uniforme bleu horizon rehaussé d’or et d’un peu d’écarlate, et le sabre d’acier tranchant bien sur le tout. J’avais vingt ans de moins qu’hier, et je me disais : je parais jeune encore, à force de volonté, mais ce sera la dernière fois… »

Cette peur de vieillir n’est pas seulement une peur de ne plus plaire, c’est avant tout que la jeunesse, dans l’esprit de Loti, est la possibilité même de saisir les opportunités qui se présentent de connaître l’aventure, comme il l’explique un mois plus tard en opposant le furtif de la jeunesse au définitif de la vieillesse et la mort. « Je me sens jeune encore, avec des lendemains et de l’imprévu devant ma route, et on dirait par instants que cela me suffit… »

Le journal de Loti est empreint de nostalgie. Mais si elle cède par moment au refrain racorni du « c’était mieux avant… », elle atteint chez lui face à la catastrophe de la guerre, une profondeur puissante. Elle devient au sens propre mélancolie, c’est-à-dire, sentiment d’étrangeté au monde qui pousse à retrouver des sensations anciennes mais aussi à débusquer l’humanité, la paix dans les scènes surprenantes qu’offrent alors le spectacle de la guerre. La description de la vie arrêtée dans les villages détruits comme celle de la basilique Saint-Marc de Venise « pour ainsi dire emballée » pour la protéger des obus sont parmi ces moments de pure création que le lecteur n’est pas prêt d’oublier, comme si l’œil encore alerte de Loti était toujours capable, en quelques notations de saisir l’étrangeté et la beauté du monde.

La force de ses images, la précision de ses descriptions faites d’analogies, de rapprochements avec d’autres lieux, d’autres paysages, donnent à son journal une émotion aussi inattendue que puissante. Loti sait voir, ou plutôt, il voit ce que les autres ne voient pas. Parfois, il est grandiloquent, ou trop précieux mais quand il trouve la note juste, ce qui arrive souvent, la force de son style demeure intacte, nous transporte. Tout son voyage en Italie durant le mois d’août 1917 qui le conduit dans Venise occupée puis dans les Dolomites est un rêve hallucinatoire d’une poésie saisissante.

De même, il nourrit tout au long de ses pages, un amour particulier pour la nature qui le conduit à coucher sur le papier ses manifestations au cours des saisons. Il y a là quelque chose de vraiment singulier. Dans leurs lettres comme dans leurs mémoires, les soldats ont souvent été aussi marqués par la nature, mais c’était pour mieux en souligner la destruction par les bombes, arbres fauchés, sols retournés, animaux tués.

Loti lui en souligne la capacité à renaître, à résister au bouleversement de la guerre. Il s’émerveille devant le spectacle du petit jardin à Rochefort, « les daturas embaument quand je m’assieds, sur le banc au clair de lune » (22 août 1915), du printemps, « l’air est saturé, le soir, de l’odeur des lilas, des seringas, des chèvrefeuilles » (27 mai 1917), des paysages italiens, « avec ses jardins de pays tiède, où les dracénas se balancent au bout de leurs longues tiges, où les lauriers-roses, tout roses de fleurs, sont grands comme des arbres » (11 août 1917).

Pour Loti, c’est comme si la nature continuait sa vie en parallèle des hommes et qu’il appartenait à ces derniers d’en saisir le spectacle à la façon d’un antidote à la mort industrielle, mais aussi à la nostalgie – la parfaite symbiose entre le définitif et le furtif qu’il a essayé d’établir au long de son existence entre sa quête de gloire, de reconnaissance sociale et l’affirmation d’une sensibilité en dehors de tout compromis. 

 
 
 
 
 
 
 

Par Les ensablés
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Soldats bleus

Loti Pierre, Pierre Loti

Paru le 09/02/2023

426 pages

Editions de La Table Ronde

10,50 €

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Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Chambre 28 : l’inexplicable au bout du couloir

Il suffit parfois d’une porte pour dérégler une vie. Celle de la chambre 28 s’ouvre sur Mike S., patient d’un service psychiatrique, ancien détenu, homme presque mutique que Jack, directeur de bibliothèque et bienfaiteur méthodique, a accepté de visiter bénévolement. Rien, jusque-là, qui puisse inquiéter un homme raisonnable. Un hôpital, un badge, quelques sas, un livre apporté à un inconnu. Puis la peur arrive. Pas franchement. Pas tout de suite. Elle s’installe, comme le froid dans une pièce mal chauffée. Entrez le 9 septembre...

07/08/2026, 16:20

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Il a survécu aux prisons communistes, mais pas au silence de son frère

À soixante-deux ans, Emil revêt chaque Noël une haute toque, un manteau de chèvre et des grelots. Pour les enfants de la famille Courapied, il devient le Kouker, la créature qui effraie afin de chasser les mauvais esprits : « Chaque Noël, je suis la lumière et la nuit, le monstre et le génie qui chasse les mauvais esprits. » Sous le costume demeure pourtant un autre monstre, historique celui-là : la « rééducation » menée dans les prisons communistes de Jilava et de Pitesti.

07/08/2026, 15:36

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La classe, le vase et la lumière : des enseignants esseulés

Un RER qui traîne, une sonnerie trop forte, un portail franchi trop tôt : Jean Deichel entre dans l’Éducation nationale de travers. Il a vingt-deux ans, l’agrégation et le CAPES en poche, Joy Division au revers du manteau, Nietzsche, Mallarmé et les Ramones dans la tête, mais presque aucune idée de la manière dont on tient trente élèves devant soi. Rentrée des classes le 20 août.

07/08/2026, 15:02

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À Chypre, les morts ne mordent pas, la mémoire si

Il faut une grand-mère qui meurt pour que tout recommence. Despina est à l’hôpital, la famille attend dehors, puis achète déjà olives, halloumi et vin pour l’après. Rien de spectaculaire : une mort annoncée presque banalement, et autour d’elle des proches qui parlent parce qu’il faut bien continuer à faire quelque chose. Terre promise pour le 7 octobre.

07/08/2026, 14:19

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L’Âme d’Heather : quand Poltergeist sort de l’écran

Il y a d’abord un grésillement. De la neige sur un téléviseur. Une petite fille blonde, les paumes contre l’écran. Et cette phrase, qui dit presque tout du projet de Xavier Jozelon : « Elle ne regardait pas la télévision. Elle regardait à travers. »  À partir de cette frontière percée, L’Âme d’Heather construit autant un hommage à Poltergeist qu’une fiction ectoplasmique : le film devient porte, souvenir, menace et matière romanesque. Revenant garanti le 9 septembre.

07/08/2026, 14:15

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Plus de 9 millions de livres vendus : jusqu’où ira Freida McFadden ?

Le top 10 pris d’assaut par l’Amérique : cela vous surprend encore ? Freida McFadden écrase à nouveau le classement, avec 6 titres au sein des 10 premières places, et Le Dîner en tête. Avant de partir en vacances, un dernier regard sur les ventes stratosphériques de La Femme de ménage.

07/08/2026, 12:49

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Avis d’impôt 2026 : sept successions toxiques à laisser au fisc

Bercy rembourse 12,6 millions de foyers, pour un montant moyen de 1057 €. Une embellie relative : la littérature connaît des fortunes mangées par les avocats, des tableaux qui ressuscitent l’affection familiale et des demeures livrées avec malédiction, morte encombrante ou arsenic. Sept successions à refuser avant que le notaire n’ouvre la cave — et, par prudence, le sucrier.

07/08/2026, 10:37

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Aladdin et moi : Jeanette Winterson raconte comment les livres ont changé sa vie

Aladdin et moi, de Jeanette Winterson, paraît le 27 août 2026 aux éditions Buchet-Chastel, dans une traduction de Céline Leroy et avec une préface de Maria Larrea. À partir de sa découverte des Mille et Une Nuits, l’écrivaine revient sur son enfance et sur le rôle décisif joué par les livres dans son parcours.

07/08/2026, 08:00

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Il découvre que son rêve d’enfant n’était pas un hasard

Léonard a grandi, mais il demande encore et toujours à sa maman de lui raconter l’histoire de l’oiseau bleu qui se posait sur son berceau lorsqu’il était bébé. Son rêve de voler vient peut-être de là. Il adore les histoires, tout comme sa sœur jumelle Pénélope, qui passe son temps à en inventer. Ensemble, ils ont décidé de les écrire, de les découper, puis de les assembler pour former un long ruban capable, un jour, de faire le tour de la Terre.

07/08/2026, 07:00

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Un roman rural plonge dans les blessures d'une famille québécoise

Lait cru, premier roman de Steve Poutré, paraîtra le 20 août 2026 aux éditions Les Escales. Lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général, ce roman plonge le lecteur dans une ferme laitière québécoise où un enfant grandit au sein d'une famille marquée par les troubles psychiques, la rudesse du monde agricole et une violence omniprésente.

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Maquis blanc : quand les réseaux nazis poursuivaient la guerre en France

La France est libérée, du moins sur les cartes. Dans le Limousin de l’hiver 1944, les uniformes ont changé, les règlements de comptes commencent et certains hommes n’ont aucune intention de déposer les armes. Des miliciens et agents nazis parachutés depuis l’Allemagne organisent un « maquis blanc » : sabotages, liaisons radio, évasion de prisonniers, projet d’attentat contre de Gaulle. Pour les traquer, Jean-Luc Aubarbier choisit Éloi Jardel, ancien interné de Vichy, tuberculeux, séducteur fatigué et enquêteur plus lucide que héroïque.

06/08/2026, 16:14

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Les enfants jugent, quelquefois ils pardonnent

Les enfants devenus adultes peuvent-ils pardonner les errances de leurs parents ? Le néo-zélandais Carl Nixon nous conte l'histoire de toute une génération, la sienne, née vers 1970.

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Elle le mangerait : Nicolas Robin explore les dérives de l’obsession amoureuse

Elle le mangerait, roman de Nicolas Robin publié aux éditions Le Soir venu le 27 août 2026, suit une femme persuadée qu’une rencontre fortuite lui promet enfin l’amour, avant que cette conviction ne se transforme en obsession.

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Une immersion dans le monde paysan bouleverse une vie consacrée à l’argent

Les Souvenirs inachevés, roman de David Frèche publié aux Éditions du Rocher le 26 août 2026, raconte le retour aux sources d’un homme d’affaires dont les souvenirs d’enfance ressurgissent au contact du monde paysan.

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Rentrée littéraire : entrés en résistance, ces six livres de 2025 refusent de disparaître

Parus entre le 20 août et le 10 septembre 2025, six ouvrages voient déjà avancer les 461 romans annoncés pour la rentrée 2026. Plutôt que de rejoindre docilement le fonds, ils ont créé le FLOR, Fonds de lutte contre l’obsolescence romanesque. Décidés à ne pas se laisser impressionner, ils ont adressé à ActuaLitté un manifeste, préparant une contre-rentrée, avec la volonté ferme d'occuper les tables de librairie.

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Mémoire, mode d'effroi

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Le Phare de l'impossible : père et fils et forteresse

Muckle Flugga n’est pas tout à fait une île. C’est une bête rocheuse, une station spatiale battue par la mer, un morceau de terre qui renifle les visiteurs avant de décider si elle les tolère. Au sommet, un phare maintient son faisceau contre les tempêtes. Le Père le gouverne comme une forteresse ; Ouse, son fils, y cultive des légumes, tricote, recueille des livres et apprend à faire tenir ses désirs dans l’espace qu’on lui concède. Écumes et embruns le 27 août.

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Tombeau de Parsifal

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Rien que de grands tournesols

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Infernus Iohannes plonge la mémoire dans un monde de cauchemars

Mémoire, mode d’effroi, signé Infernus Iohannes, paraît le 27 août 2026 aux éditions Robert Laffont. Le livre suit des personnages aux souvenirs instables, hantés par des violences anciennes et prisonniers d’un présent peuplé de cauchemars.

04/08/2026, 09:47

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Rochebrune : la famille, cette cordée mal encordée

Ils partent à la montagne parce qu’ils sont une famille. Formule officielle, presque publicitaire. Dans les faits, il a fallu consulter les ex, ajuster les gardes, sacrifier un stage de yoga, trouver trois chambres et laisser Xavier réserver. Sophie Divry installe son roman dans la mécanique des familles recomposées : tout le monde dépend de tout le monde, personne ne choisit vraiment ses dates, et l’amour ressemble à un tableau partagé dont quelqu’un a supprimé la bonne colonne. Sortie le 19 août.

04/08/2026, 08:30

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Le temps des fous, le royaume du chagrin

La Havane, novembre 1966. Septembre, mois des désastres. Cinq collégiennes veulent un disque des Beatles, objet presque fabuleux dans une île où cette musique se glisse sous le manteau. Rubber Soul se paiera d’une signature : celle de Bobby Fischer, venu disputer l’Olympiade mondiale d’échecs. Miriam, quatorze ans, sera chargée de l’approcher. Elle est la plus grande, elle bredouille quelques mots d’anglais et ses amies savent déjà comment transformer ces avantages en mission-suicide. Sortie le 4 septembre.

04/08/2026, 08:00

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Elle ne veut plus souffrir, lui refuse de tomber amoureux

Dans Une étincelle entre nos âmes, Sabrina Paugam met en scène deux êtres qui ne veulent plus croire aux promesses sentimentales. Porté par les voix alternées de Selena et Nathan, le roman s’ouvre sur une rupture, un appartement dévasté et la perspective d’un nouveau départ. Une romance contemporaine où le désir de se protéger pourrait bien se heurter à une attirance longtemps contenue. 

04/08/2026, 06:30

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Léonard de Vinci maître de l'eau

03/08/2026, 17:54

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Comment la littérature s’empare des grands événements sportifs ?

Les grandes compétitions produisent des chiffres, des classements et des images immédiatement reconnaissables. La littérature, elle, s’intéresse à ce que le résultat ne suffit pas à raconter : les corps soumis à l’effort, les usages politiques du sport, la ferveur collective, les défaites durables et la fabrication des héros. Des Jeux olympiques au Tour de France, les écrivains transforment ainsi l’événement sportif en matière historique, sociale et intime.

03/08/2026, 16:55

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Sauf la frontière : un voyage du Liban à la Jordanie au lendemain du 7 octobre

Sauf la frontière, d’Elisa Shua Dusapin, paraît aux éditions Zoé le 27 août 2026. Dans ce récit, l’autrice revient sur ses séjours au Liban et en Jordanie après le 7 octobre 2023, au contact de populations marquées par les frontières, l’exil et la violence.

03/08/2026, 10:19

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Le Nénuphar

03/08/2026, 10:11

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Les Enracinés : vers l'avenir, et au-delà ?

Avant la guerre, il y a une charrette qui bascule dans un champ de blé. Au Pré-du-Lihé, en Centre-Bretagne, Katell Guillou travaille aux moissons lorsqu’un accident fait voler en éclats l’ordre de la ferme. Avec le premier tome Des Racines et des Armes, Claire Norton s’éloigne du contemporain pour entrer dans un monde de terre, de travail et de liens de village. Les Enracinés, où chaque geste matériel engage déjà l’avenir.

03/08/2026, 09:51