#PenuriePapier – Papier, vous avez dit papier ? Les conifères représentent une belle partie du bois servant à la pâte à papier, mais cela ne sent pas ce type de sapin actuellement. La crise du papier qui sévit continue de provoquer des sueurs froides, alimentées par la spéculation et les retards à tous niveaux — production, transport ou acheminement. L’automne, saison des feuilles mortes — à condition qu’il y ait de quoi en imprimer ?
Le 13/10/2021 à 16:16 par Nicolas Gary
15 Réactions | 936 Partages
Publié le :
13/10/2021 à 16:16
15
Commentaires
936
Partages
Car depuis des semaines, une autre crise, touchant l’énergie cette fois, alimente l’inflation globale : hausse du baril de pétrole, arrivé à plus de 84 $ – son plus haut depuis trois ans. En Chine, les autorités font face à des difficultés d’approvisionnement en électricité, déclenchant des variations sur les marchés boursiers. « La situation est simple », résume un éditeur, « la hausse des coûts de l’énergie engendre une inflation qui freinera la reprise économique ». Et en attendant, tous les secteurs industriels sont frappés. « On en parle tous, mais le reconnaître publiquement signifierait que c’est la cata chez nous. » La volonté d'anonymat devient ainsi unanime.
« Il ne s’agit plus simplement de papier, mais de toutes les énergies auxquelles nous avons recours pour produire », note un imprimeur. « Électricité et gaz sont à la hausse, et pareil pour les matières premières : la pâte à papier a pris 48 % d’inflation depuis le début de l’année. Pour l’instant, l’augmentation se poursuit à un rythme moindre. Mais on ne voit pas le moment où cela s’arrêtera. »
CRISE DU PAPIER: pourra-t-on imprimer le prix Goncourt ?
Or, il faudra que cela cesse… « Les produits chimiques – et on en utilise pour faire du papier – suivent la même tendance », poursuit-il. « D’un côté, nos clients consomment plus qu’avant – pourtant, 2021 est une bonne année, mais pas à ce point. De l’autre, certains opérateurs achètent du papier, et sur-stock en prévision… » À cette heure, le flou est global : « Nous ne connaissons pas les prix ni les volumes alloués : on est obligé de demander aux clients de se calmer sur les achats de papier », abonde un papetier.
Certains ont même décidé de marquer une pause, le temps de faire retomber la poussière et l’agitation. « Aucune nouvelle commande n’est prise. Et personnellement, je ne vois pas d’amélioration avant mars 2022. Nous sommes incapables de visualiser ce qui arrivera : soit c’est une bulle spéculative qui nous explosera au visage, soit les tensions vont s’apaiser. Dans tous les cas, on marque une pause d’une quinzaine de jours. Si on ouvre les vannes, ça va être la ruée… »
Dans tout cela, quoi de plus normal que de voir Bruxelles s’inquiéter des dérives industrielles ? En effet, les enquêteurs de l’Union européenne ont ouvert une enquête visant deux papetiers finlandais — Stora Enso et UPM. Les autorités soupçonnent les entreprises d’infractions aux « règles de l’UE en matière d’ententes et d’abus de position dominante qui interdisent les ententes et les pratiques commerciales restrictives », rapportait l’AFP ce 12 octobre.
Côté éditeur, on apprécierait de pouvoir se ruer, parfois : « Les délais d’approvisionnements sont autour de 8 à 10 semaines : il devient délicat d’établir des planifications fiables – or, nous avons besoin de visibilité. Les services commerciaux doivent déclencher leurs volumes près de quatre semaines plus tôt, pour avoir les quantités ! »
Et de regarder du côté de la Chine et des États-Unis, avec amertume. « Après les épisodes de 2020, nous avons vécu sur les stocks, puisque la production en usines n’avait pas repris. Et lors de la reprise, les carnets de commandes des imprimeurs ont été diminués : pas assez de personnel. Maintenant, les stocks se vendent aux plus offrants, avec les deux grandes puissances qui monopolisent les achats de pâte à papier. »
USA: Sorties repoussées, coûts qui explosent
Avec, toujours, ces constitutions de stocks, tandis qu’une part importante de la matière est redirigée vers la fabrication de carton d’emballage. « Voilà les effets pervers de la mondialisation. L’édition, à travers les livres, est devenue dépendante de matériaux, de savoir-faire, de transporteurs en fret maritime, par exemple. Très dépendante. En l’absence d’autonomie, pour produire les livres, on attend que la chaîne reparte : quand elle ne tourne plus, plus rien n’est possible. »
Le coût des conteneurs, déjà amplement évoqués, a explosé : « Un modèle de 40 pieds au départ de Hong Kong vers Le Havre coûtait 2500 $. Il est passé à 15.000 $ et revenu dernièrement à 8000 $. Mais cet effet de yoyo n’est pas viable, particulièrement quand on assiste à un engorgement : on fait la queue pour avoir les produits, et tout le monde est dans le même bain. »
Philippe Chalmin, professeur d’histoire économique à l’Université Paris-Dauphine, l’indiquait mi-septembre sur son blog : la logistique représente le véritable goulot d’étranglement qui provoque ces pénuries.
Il faut maintenant compter bien plus de 10.000 $ pour expédier un « 40 pieds » d’Asie vers l’Europe ou l’Amérique du Nord. Mais si les prix ont quintuplé, les délais ont au moins doublé : nombre de ports sont saturés, les navires attendent au large, les flux de conteneurs vides sont perturbés. Les armateurs eux-mêmes commencent à s’en préoccuper : ainsi CMA-CGM et Hapag Lloyd viennent d’annoncer le gel de leurs tarifs (aux niveaux actuels quand même…).
Et l’universitaire de pointer « ce Talon d’Achille de la prospérité occidentale ».
Une autre reponsable de fabrication ajoute : « Ce qui doit être disponible en librairie en novembre / décembre est actuellement sur la mer : les bateaux prennent des semaines de retard, avec des renvois d’un port vers un autre. Alors on essaye de retomber sur nos pieds avec les distributeurs en transmettant les informations sur les retards, pour que les offices soient actualisés. » Mais les conséquences financières deviennent lourdes.
« Un livre reporté, c’est de la trésorerie qui disparaît pour être reportée sur le mois suivant. » Et pendant ce temps, sur la partie commerciale, on jongle. « Les enseignes établissent leurs catalogues : on achète des vignettes de référencement ou des mises en avant. Qu’en sera-t-il si les produits ne sont pas disponibles ? Le risque est que les cartons arrivent avec du retard : seront-ils seulement ouverts dans ce cas ? »

Se retrouver exclus des ventes de Noël, voilà la terreur grimpante : la communication est déjà faite par les équipes de diffusion, et les commerciaux devront redoubler de boulot pour obtenir un peu de compréhension. « Actuellement, on gère la crise de fin d’année. En 2022, on va être dans le binaire : soit on a, soit on n’a pas. Et là… »
Un imprimeur conclut : « Nous touchons au drame de la mondialisation, frappée de plein fouet par la crise Covid et ses répercussions désormais. La reprise est lente, chaotique, pénible. Le polymère, la colle, les encres, tout cela est concerné : autant de produits nécessaires pour produire les livres, les emballer, les déplacer. Même les palettes posent problème, parce que le bois pour les fabriquer est rerouté vers la production d’aggloméré… Oui, pour faire des meubles. »
Confinés, les habitants de notre petite planète ont fait le tour de leur domicile, avec l’envie de changer le visage de leur appartement. Le rebond de la croissance dans ce secteur a des répercussions, dès lors que les déchets de bois sont réquisitionnés – au Canada, aux USA en Chine – pour produire des meubles. La fibre de bois est renvoyée vers l’aggloméré…
Et l’éditrice de soupirer : « Quand on se retrouve à cinq sur une ligne de planning chez l’imprimeur, on comprend que ça va être compliqué. Pour l’heure, on jugule l’étranglement. Mais personne ne peut affirmer que la rupture totale n’arrivera pas. » Au point que les questions environnementales et écologiques finissent par passer à l’arrière-plan. « Pour certains, c’est un luxe, très secondaire actuellement… »
Avec la hausse des prix pour les matières premières, l’énergie, le transport — en somme, toute la chaîne de production — comment éviter que le livre ne soit demain plus cher ? « Personne n’occulte cette perspective : tout dépendra du segment éditorial, évidemment... »
Crédits photo : Kyle Ryan/ Unsplash ; Alfonso Navarro/ Unsplash
DOSSIER - Pénurie de papier : crise et tensions dans le monde du livre
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Plus d'articles sur le même thème
Au Royaume-Uni, plusieurs maisons d’édition remettent en cause la chronologie traditionnelle qui faisait du grand format l’étape obligée avant le poche. Ce virage, nourri par les usages de lecture, la contrainte de mobilité et la pression économique, redéfinit la manière de lancer un titre, de l’exposer en librairie. Et de le distinguer dans un paysage où l’audio continue de progresser.
15/04/2026, 16:18
À l’occasion du Festival du Livre de Paris, le Pass Culture et le Syndicat national de l’édition (SNE) officialiseront un partenariat triennal. Il vise à impliquer les jeunes dans l’univers du livre à travers des actions concrètes. Avec plus de 32 millions d'ouvrages vendus depuis 2021, le dispositif confirme la mutation des habitudes de lecture des adolescents.
14/04/2026, 17:07
Le groupe Bayard officialise l’acquisition majoritaire de Kingoland, parc d’attractions familial du Morbihan, tout en lançant un plan de compétitivité qui supprimerait jusqu’à 59 postes en France. L’opération démontre cette stratégie de diversification vers l’économie de l’expérience, déjà explorée ailleurs par d'autres groupes éditoriaux. Ou comment prolonger les univers éditoriaux au-delà du livre et de la presse.
10/04/2026, 12:42
Réparer le langage publie Plongez ! un nouveau recueil de 7 histoires courtes écrites par 173 lycéens. L'association lance cette collecte pour finaliser la publication et déployer une large diffusion de ce livre auprès du plus grand nombre de jeunes éloignés du livre et de la lecture.
07/04/2026, 10:09
Après sept ans d’activité, la plateforme de manga numérique Manga Planet a fermé le 31 mars 2026. Derrière cette disparition, il n’y a ni simple repli éditorial ni panne passagère, mais une suite de décisions techniques, commerciales et contractuelles : suspension des paiements via Stripe, arrêt progressif des abonnements, puis transfert partiel des achats vers Renta!. Le cas révèle la fragilité concrète d’une bibliothèque numérique sous licence.
05/04/2026, 10:10
La Fondation Jean-Luc Lagardère ouvre son appel à candidatures 2026, confirmant un dispositif désormais bien installé dans le paysage du soutien à la jeune création. Cette année, douze bourses seront attribuées à de jeunes professionnels issus de disciplines variées, allant de l’écrit à l’audiovisuel, en passant par la photographie, la musique ou encore l’humour.
02/04/2026, 15:09
L'éditrice Joëlle Losfeld faisait part, en août 2025, de son intention de créer une nouvelle structure indépendante, Le Terrain vague-Losfeld, à partir du mois de janvier 2026. Son projet a été contrarié par un débiteur plutôt long à rembourser les sommes dues, l'homme de médias Pierre Lescure, qui lui doit encore plus de 100.000 €.
01/04/2026, 15:35
Au Québec, le livre ne fléchit pas seul : il révèle une tension structurelle entre politiques publiques, économie éditoriale et formation des lecteurs. Le recul observé en 2025 dépasse la conjoncture : il met au jour une dépendance croissante à l’école et interroge la capacité du secteur à préserver sa vitalité face aux arbitrages budgétaires et aux pressions concurrentielles. L'Association nationale des éditeurs de livres du Québec réagit à ces données.
31/03/2026, 17:10
Le palmarès québécois de 2025 confirme une double dynamique : l’emprise des auteurs internationaux sur la fiction et la montée des usages pratiques, domestiques ou ludiques. La présence récurrente de Freida McFadden, la percée des livres de coloriage et la solidité des guides illustrent une segmentation accrue des pratiques de lecture.
31/03/2026, 11:31
Le groupe NAP, qui détient les enseignes de commerces de proximité Maison de la Presse, mais aussi Point Plus, affiche en 2025 des résultats contrastés mais globalement solides. Si la presse continue de reculer à l’échelle nationale, le livre résiste, et certains segments comme les jeux-jouets tirent nettement la croissance.
27/03/2026, 12:08
Le livre aime ses vitrines, ses prix, ses auteurs, ses promesses de rentrée. Mais loin des tables de librairie et des discours de filière, il avance aussi grâce à des salariés que l’on ne voit presque jamais. Quand le plein d’essence devient une ligne de fracture, c’est tout un envers du décor qui remonte à la surface : celui des entrepôts, des trajets contraints et d’une mécanique sociale qui se grippe en silence.
24/03/2026, 15:10
Ils publient, signent, dédicacent — et pourtant, nombre d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. L’enquête 2025 des États généraux de la bande dessinée révèle un écart profond entre identité professionnelle et réalité économique. Être auteur ne signifie plus vivre de son travail, mais s’y maintenir, malgré tout, dans un équilibre fragile.
24/03/2026, 00:03
Dessiner, écrire, encrer, corriger, publier, promouvoir, dédicacer, recommencer. Et entre deux planches, répondre à un mail, poster sur les réseaux, chercher un revenu complémentaire, comprendre un droit social. La bande dessinée ne s’arrête jamais vraiment. Elle déborde des pages, envahit les semaines, grignote les week-ends, traverse les vacances. Le métier s’exerce en continu, sans garantie que l’effort trouve sa juste traduction économique ou sociale. L’enquête 2025 ne décrit pas seulement des auteurs sous pression : elle montre un système où l’intensité du travail devient la condition même de la survie professionnelle.
24/03/2026, 00:02
On entre dans la bande dessinée par passion, on y reste par résistance. Derrière les vitrines des librairies et les chiffres d’un marché en expansion, une autre réalité s’impose, moins visible, plus lente, presque silencieuse. Des auteurs diplômés, souvent issus de milieux favorisés, s’installent dans un métier qui ne garantit ni revenu stable ni trajectoire claire. La promesse d’un secteur dynamique cohabite avec une économie fragmentée, où vivre de son travail relève moins d’un statut que d’un équilibre instable. L’enquête 2025 ne révèle pas une crise passagère : elle met à nu une contradiction durable entre reconnaissance culturelle et précarité matérielle.
24/03/2026, 00:01
Secteur culturel où l'évocation de la rémunération reste un sujet tabou, l'édition n'est pourtant pas épargnée par les inégalités entre les hommes et les femmes, sur ce terrain. Pour la première fois, l’Observatoire de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la culture et la communication fournit un aperçu des revenus moyens et médians des artistes-auteurs. Les écarts restent conséquents.
18/03/2026, 13:35
Le groupe Vivendi a fait état, ce jeudi 12 mars, d'un chiffre d'affaires en progression de 4,3 %, pour atteindre 307 millions €, pour un résultat net de 20 millions €. L'entité a par ailleurs considérablement réduit sa dette, qui s'élève à 1,5 milliard €, contre 2,6 milliards € un an plus tôt.
13/03/2026, 11:27
Le projet de prise de contrôle de Fnac Darty par l’homme d’affaires tchèque Daniel Křetínský franchit une nouvelle étape. Le conseil d’administration du groupe français de distribution de produits culturels et électroniques a rendu un avis « favorable et unanime » à l’offre publique d’achat lancée en début d’année par EP Group, la société contrôlée par le milliardaire. La transaction doit désormais être examinée par l’Autorité des marchés financiers (AMF).
10/03/2026, 11:07
Pour la première fois, Amazon apparaît comme le premier commerçant d’Europe dans le classement annuel établi par le cabinet Retail Cities. L’étude examine les principaux acteurs de la distribution sur le continent, qu’il s’agisse de chaînes de magasins, de plateformes d’e-commerce ou encore de services de livraison de repas.
05/03/2026, 13:05
Au 4 mars 2026, Thotario ouvre sa campagne de financement participatif sur WE DO GOOD, sous le nom du porteur COMVERSE. La proposition s’inscrit dans le « partage de revenus » : les contributeurs financent l’amorçage et perçoivent, ensuite, une fraction du chiffre d’affaires reversée à chaque trimestre, selon les conditions du contrat, sur une durée annoncée de cinq ans.
04/03/2026, 15:58
Présentée comme la Maison des écritures et des paysages, la Villa Valmont, inaugurée en avril 2023 dans la métropole de Bordeaux, à Lormont (Gironde), développe depuis un programme fait de résidences d'artistes, mais aussi de médiations auprès de différents publics. Un projet culturel fragilisé par les baisses des subventions, dans un contexte économique difficile.
03/03/2026, 13:22
Dans les allées des supermarchés américains, le petit livre souple, glissé autrefois entre magazines et confiseries, disparaît. Le mass-market paperback — format poche bon marché, standardisé autour de 4 x 7 pouces (10,2 × 17,8 cm)— recule au point de perdre son principal canal : ReaderLink, premier distributeur vers les grandes surfaces, aéroports et drugstores, cesse progressivement sa diffusion. Un basculement structurel serait en cours.
27/02/2026, 12:25
Le ministère italien de la Culture a signé, le 23 février 2026, le décret actualisant la « compensation pour copie privée », la rémunération pour copie privée prévue par la loi italienne sur le droit d’auteur (L. 22 avril 1941, n° 633, art. 71-septies). Le texte, destiné à être publié à la Gazzetta Ufficiale, revoit les montants applicables aux supports et appareils numériques — clés USB, disques durs, smartphones, montres connectées, ordinateurs — et inclut explicitement le stockage en cloud dans le périmètre du prélèvement.
26/02/2026, 16:15
Fnac-Darty boucle l’exercice 2025 sur une légère croissance de son activité, une amélioration de sa rentabilité opérationnelle et la confirmation de ses ambitions à horizon 2030, malgré un contexte de consommation jugé difficile, en particulier en France. Le groupe affiche un chiffre d’affaires annuel de 10,33 milliards €, en progression de 0,7 % à données comparables par rapport à 2024. Cette dynamique a été portée en grande partie par les services et par la croissance des ventes en ligne. Le livre est en léger recul, dans un marché « sans nouveautés particulières », sans autres précisions.
26/02/2026, 11:45
La multinationale Louis Hachette Group, propriété de la famille Bolloré, met en avant une « forte progression » de ses résultats en 2025, portée par la croissance de deux filiales, Lagardère Travel Retail et Lagardère Publishing. Cette dernière a profité du bulldozer Astérix en Lusitanie, bien sûr, mais aussi des ventes de livres de coloriage et d'ouvrages de cuisine.
20/02/2026, 10:43
En Chine, la vente de livres se déplace massivement vers les plateformes de contenus : vidéos courtes, recommandations d’influenceurs, sessions de vente en direct. Douyin, Kuaishou ou Xiaohongshu structurent une part croissante de la découverte, puis de l’achat. Le tout porté par des mécanismes de recommandation algorithmique – un mouvement qui modifie résolument l'accès au lecteur.
18/02/2026, 12:24
La coopérative des Librairies indépendantes du Québec (LIQ) lance booksellers.ca, déclinaison anglophone de leslibraires.ca, afin de fédérer les librairies indépendantes à l’échelle du pays. Soutenue par des fonds publics fédéraux, la plateforme entend offrir une alternative nationale aux grands détaillants en ligne, dans un contexte marqué par la politique « Achetez canadien », et les tensions commerciales avec les États-Unis.
16/02/2026, 13:05
Au troisième trimestre 2025, l’économie marchande de la culture recule en volume, tout en restant presque stable en valeur. Le chiffre d’affaires global diminue de 2 % en volume par rapport au même trimestre 2024, et d’environ 1 % en valeur, soit – 161 millions d’euros. Ce repli constitue le cinquième glissement annuel négatif consécutif en volume, sous l’effet d’une contraction persistante de l’audiovisuel, secteur le plus lourd en chiffre d’affaires.
13/02/2026, 16:42
Créée en mars 2024 par Vincent Bernière pour assumer le lancement de la revue Charlotte mensuel, la société Les Bons Pères de famille a été placée en liquidation judiciaire le 27 janvier dernier, apprend ActuaLitté. L'avenir de la publication semble compromis.
12/02/2026, 12:58
Amazon a changé les règles, sans conférence de presse. Dans les coulisses de la boutique en ligne, les spécialistes du référencement décrivent depuis 2024-2025 une évolution du moteur de recherche interne : moins de réactions au quart d’heure, plus de poids accordé aux signaux cumulatifs. Plusieurs analyses parlent ainsi d’un modèle “A10”, étiquette officieuse, utile pour nommer un faisceau de comportements observés.
11/02/2026, 10:39
Cashmere surgit dans le champ de mines de l’IA générative et de l’édition avec une annonce nette : un tour d’amorçage de 5 millions de dollars, mené par Reach Capital, avec Ingram Content Group, Pearson et Naver parmi les investisseurs. L’opération place au centre une promesse très « industrie » : bâtir une infrastructure de licence et de livraison de données pour relier des contenus premium à des modèles, sans dilution des droits. D’autres fonds figurent autour, dont Founders Future et Fortitude Ventures, selon plusieurs annonces du dossier.
10/02/2026, 14:40
Momox annonce la nomination de Claudia Frese au poste de directrice générale. Elle succède à Heiner Kroke, qui dirigeait l’entreprise depuis douze ans. Cette transition intervient à l’issue d’une période de développement du groupe à l’échelle européenne. La nouvelle dirigeante prend ses fonctions immédiatement.
10/02/2026, 11:15
En avril 2025, le Pôle régional de coopération des acteurs du livre et de la lecture en Pays de la Loire, l'association Mobilis, actait le licenciement de ses cinq salariées, conséquence de la suppression du soutien auparavant apporté par la région. Près d'un an plus tard, la structure, toujours bien considérée par les professionnels du livre, est contrainte d'augmenter le montant de ses cotisations et peine à obtenir de nouveaux soutiens.
06/02/2026, 12:17
Seize mois après son placement en redressement judiciaire, SoBook annonce une sortie par le haut : le tribunal de commerce « a validé notre plan de continuation », assure Thierry Ghesquieres, dirigeant et fondateur. Dans un message adressé à ses clients et partenaires, l’imprimeur spécialisé dans le court tirage revendique désormais un retour à l’autonomie.
05/02/2026, 10:26
Deux fois par an, les Editions du Caïman proposent leur catalogue à venir en précommande, afin d'assurer un minimum de trésorerie leur garantissant la pérennité des projets en cours. De janvier à juin, 3 polars, un roman noir et un recueil collectif consacré aux 90 ans du Front populaire sont ainsi proposés aux lecteurs en précommande.
03/02/2026, 14:54
Au siège, les messageries internes s’agitent, puis le silence retombe. Une invitation à une réunion, un courriel parti trop tôt, et l’information se fige d’un coup : Amazon retire près de 16.000 postes du tableau. Dans les couloirs du groupe, la réorganisation prend un nom de code, « Project Dawn », et une promesse de simplification qui sonne comme une porte qui claque.
29/01/2026, 08:24
Le Groupe SDP Maxilivres annonce l’acquisition des sociétés Expodif et Temps Livre, jusqu’alors intégrées au Groupe KOREUS. Cette opération s’inscrit dans le développement de SDP Maxilivres en sa qualité de leader français du livre neuf à prix réduit, tout en accélérant son développement à l’international.
28/01/2026, 08:32
Autres articles de la rubrique Métiers
L’absence du SNE, du CNL et de représentants de l’État à la présentation des résultats 2025 des États généraux de la bande dessinée a provoqué une riposte immédiate des organisations d’auteurs. Leur communiqué s’appuie sur une enquête documentée : revenus faibles, pauvreté élevée, inégalités persistantes et inquiétude massive quant à l’avenir composent un diagnostic que les signataires jugent désormais impossible à ignorer.
15/04/2026, 16:35
Dalila Zein a été nommée directrice générale d’Editis. Jusqu’ici directrice générale déléguée, elle prend en charge les opérations du groupe d’édition aux côtés de Denis Olivennes, dans une organisation resserrée destinée à conduire les évolutions engagées.
15/04/2026, 15:53
Mondial Relay en aurait installé 9000 à ce jour, Amazon quelque 4500. Ils ont poussé dans les villes et les campagnes en quelques années, jusqu'à changer les habitudes de consommation. Les casiers automatisés de retrait de colis, ou lockers, ont connu un « développement exponentiel », pointe la députée socialiste du Finistère Mélanie Thomin. Elle avance une proposition de loi pour encadrer et surtout limiter leur installation.
15/04/2026, 15:13
Whoopi Goldberg renforce sa présence dans le livre avec WhoopInk, une collection ouverte chez Blackstone Publishing. L’initiative dépasse l’effet de notoriété : elle confie à une personnalité médiatique un rôle direct dans le repérage des textes, leur fabrication et leur promotion. Un signe supplémentaire de la transformation des circuits de prescription dans l’édition américaine.
15/04/2026, 14:37
En débarquant Olivier Nora de la tête de Grasset, Vincent Bolloré a franchi le Rubicon : en quelques heures, l’éviction de l’éditeur historique — remplacé par un dirigeant issu de l’entourage direct du milliardaire, et des plus éloignés de la passion littéraire de son prédécesseur — a déclenché une vague de réactions d’une rare intensité. Auteurs qui claquent la porte, prises de position alarmées, appels à la mobilisation : pour beaucoup, bien plus qu’un changement de direction, il s'agit là de la nouvelle étape d'une lutte culturelle.
15/04/2026, 13:11
Un drame survenu dans un centre de tri de l’Oregon met en lumière la brutalité des méthodes managériales du leader mondial du e-commerce. Alors qu’un collaborateur succombait à un arrêt cardiaque, l’activité s'est poursuivie sans interruption, illustrant une déshumanisation dénoncée tant aux États-Unis qu'en France.
15/04/2026, 12:41
Plus de 1000 professionnels du cinéma et de la télévision ont publié, le 13 avril, une lettre ouverte contre le projet de fusion entre Paramount et Warner Bros. Discovery. Ils demandent aux procureurs généraux des États américains, notamment en Californie, d’examiner l’opération et de la bloquer. Les signataires estiment que ce rapprochement aggraverait la concentration du secteur, avec des effets sur l’emploi, les structures indépendantes et la diversité des œuvres.
15/04/2026, 12:33
Une nouvelle structure éditoriale fait son apparition dans le paysage français. Fondée par Paloma Grossi au sein du groupe Les Nouveaux Éditeurs, Les Intranquilles entendent publier aussi bien des auteurs confirmés que de nouvelles voix, en fiction comme en non-fiction.
15/04/2026, 12:33
Après le financement à 108% d’Opales des Abysses, de Masseni sur Ulule l’été dernier, les éditions Mayeges reviennent sur la plateforme pour une deuxième campagne de précommandes, afin de défendre une fantasy celto-nordique en seul tome : La Geste de Crocs et de Ronces écrit par Margaux Salliot. Toulousaine de naissance, elle a toujours adoré les littératures de l’imaginaire et les dessins animés. Elle travaille aujourd’hui dans le cinéma d’animation en parallèle de ses activités d’autrice.
15/04/2026, 11:43
Le 23 avril 2026, la Belgique célébrera la Journée mondiale du livre avec une ampleur inédite. À travers l’opération « Destination : lecture, pour tous ! », auteurs et institutions se mobilisent pour transformer les trajets en train en expériences littéraires. Entre dispositifs pédagogiques pour les écoles et actions solidaires, ce programme national ambitieux vise à ancrer durablement le plaisir des mots dans le quotidien de chaque citoyen.
15/04/2026, 11:33
Au lendemain de la publication d'une étude qui confirme le déclin des pratiques de lecture chez les jeunes Français, le président de la République se rendra à la Cité internationale de la langue française de Villers-Cotterêts pour lancer une « journée hors ligne », un « rendez-vous de déconnexion ». L'idée étant aussi de promouvoir la lecture comme alternative.
15/04/2026, 11:15
Bibliothèques Sans Frontières lance, du 18 avril au 10 mai 2026, une nouvelle édition de « La très grande Collecte de livres » avec la Fnac et plusieurs partenaires. L’opération se déroule dans plus de 500 points de collecte répartis dans six pays, dont la France, la Suisse, la Belgique, l’Espagne, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
14/04/2026, 17:15
Après la lune de miel entre les jeunes et les librairies, au moment des premières années du pass Culture, le désamour ? L'enquête sur les pratiques de lecture des jeunes Français, menée par Ipsos/BVA pour le Centre national du livre, révèle en effet un fort recul de la fréquentation des librairies, au bénéfice des grandes surfaces culturelles.
14/04/2026, 16:57
Le départ d’Olivier Nora de la direction des éditions Grasset, après plus de deux décennies en poste, marque une rupture majeure dans le paysage littéraire. Pour lui succéder, le groupe Hachette a choisi Jean-Christophe Thiery, dirigeant au parcours étroitement lié à Vincent Bolloré. Une nomination loin d’être anodine : elle renforce la présence directe du groupe au sein d’une maison jusqu’ici perçue comme relativement préservée.
14/04/2026, 15:21
L’arrivée de Boualem Sansal chez Grasset, décidée au sommet du groupe, avait suscité des interrogations : comment Olivier Nora, en poste depuis 2000 et réputé pour son indépendance - il avait tenu tête à Nicolas Sarkozy en 2022 - s’accommodait-il de la décision ? Logiquement, la séquence se conclura sans lui : l’éditeur a été licencié par Vincent Bolloré, révèle l'Express.
14/04/2026, 14:44
Le Département de l’Indre a adressé un courrier au Président de la République pour l’inviter à Nohant, au Domaine de George Sand, à l’occasion du 150e anniversaire de la disparition de l’écrivaine. Cette invitation, portée avec plusieurs élus et responsables du Berry et de la région Centre-Val de Loire, vise à donner à cet anniversaire une dimension nationale et républicaine. Le courrier signé est disponible en téléchargement.
14/04/2026, 11:31
La multinationale américaine Paramount Skydance Corporation, récemment sur le devant de la scène pour son rachat de Warner Bros Discovery, investit également le champ de l'édition. Elle inaugure ainsi Paramount Global Publishing, une filiale éditoriale qui lui permettra de développer ses licences cinématographiques et des œuvres originales.
14/04/2026, 10:53
Alexandra Crozet annonce son arrivée au sein des Nouveaux Éditeurs, où elle occupe désormais le poste de directrice commerciale. Elle aura pour mission de piloter et déployer la stratégie commerciale au service des maisons du groupe.
14/04/2026, 10:51
Chercheuse à l’université Rennes 2, Séverine Erhel est morte à 46 ans. Spécialiste reconnue de la psychologie du numérique, elle avait consacré ses travaux aux usages des écrans, aux jeux vidéo, aux réseaux sociaux et à leurs effets cognitifs. Avec Anne Cordier, elle avait aussi dirigé Les enfants et les écrans, un ouvrage qui entendait sortir le débat public des peurs réflexes et des idées reçues.
14/04/2026, 09:48
La Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF) a nommé une nouvelle directrice à un moment charnière pour le secteur. Entre mutations numériques, pressions économiques et enjeux réglementaires, les librairies indépendantes cherchent à renforcer leur place dans l’écosystème du livre.
14/04/2026, 09:46
Lors de la Journée du Livre politique, le samedi 11 avril 2026 à Paris, Boualem Sansal a évoqué son intention d’engager une action judiciaire contre le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Une démarche envisagée dès sa détention et qu’il entend mener « jusqu’au bout », y compris devant des juridictions internationales.
14/04/2026, 09:16
Basées en Belgique, les Éditions Marmottons développent un catalogue jeunesse où l’imaginaire, l’humour et l’expression des émotions avancent de pair. En rejoignant DG Diffusion pour leur diffusion et leur distribution, elles franchissent une étape décisive. L’enjeu : élargir leur présence en librairie et auprès des prescripteurs, sans renoncer à une ligne éditoriale sensible, engagée et pensée à hauteur d’enfant.
13/04/2026, 15:49
La nomination d'un conseiller intelligence artificielle et numérique auprès de la ministre de la Culture paraissait naturelle, tant l'irruption de cette technologie bouleverse le secteur et ses acteurs. Que la rue de Valois aille chercher un ancien employé de la multinationale américaine Google, largement lancée dans la course à l'IA, s'est avéré plus surprenant, à tout le moins...
13/04/2026, 13:54
À Béziers, Les Mots Entrelacés ambitionne de devenir une librairie-café indépendante dédiée à la romance et à la littérature noire. Porté par Gaëlle Restoux, le projet vise à créer un lieu chaleureux, accessible à tous, où l’on peut lire, échanger et se retrouver autour des livres. Pensé comme un refuge du quotidien, ce lieu mêlera librairie, café et animations culturelles. Une campagne de financement participatif est en cours pour accompagner son lancement et donner vie à cet espace de rencontre et de partage.
13/04/2026, 10:47
Un arrêt unanime de la Cour suprême des États-Unis, rendu dans le dossier Cox contre Sony Music, attire désormais l’attention des maisons d’édition. En recentrant la responsabilité contributive sur l’intention d’encourager la contrefaçon, la décision offre une piste supplémentaire aux plaignants engagés contre les grands modèles de langage, déjà contestés pour l’usage de livres protégés dans leur entraînement.
13/04/2026, 10:18
En Russie, le projet de suppression de la TVA sur les livres pour enfants ressurgit sans calendrier précis, mais avec un appui gouvernemental évoqué publiquement. Relancée par Sergueï Stepachine, l’hypothèse ne constitue pas encore une réforme actée. Elle éclaire néanmoins une orientation de politique publique : utiliser l’outil fiscal pour rendre l’édition jeunesse plus accessible, dans un contexte de pression durable sur les prix.
13/04/2026, 10:01
Dérobés pendant l’Occupation, dispersés après 1945, puis enfouis dans les magasins de bibliothèques, des milliers d’ouvrages changent enfin de statut documentaire. Avec l’ouverture publique de Spolivres, le ministère de la Culture met en ligne les premiers résultats d’un chantier de provenance portant sur 150.000 livres spoliés. Une base qui relie traces matérielles, noms de propriétaires et perspectives de restitution.
11/04/2026, 11:50
À l’approche du Salone del Libro de Turin, l’édition jeunesse italienne affine sa manière de s’adresser aux adolescents. Curateurs de 21 ou 22 ans, collections pensées pour les 12-14 ans, thèmes sociaux assumés, ouverture à la traduction : plusieurs maisons cherchent moins à simplifier qu’à ajuster leur voix. Un mouvement éditorial précis, révélateur d’une nouvelle attention portée aux jeunes lecteurs.
11/04/2026, 11:30
Le monde des manuscrits arabes se heurte à un désordre qui dépasse la seule érudition. Enquête, publication, réédition, authentification et diffusion se brouillent dans un espace où coexistent travaux rigoureux, doublons commerciaux, captations de labeur savant et textes altérés. Une enquête d’Independent Arabia éclaire ainsi une économie grise du patrimoine écrit, entre défaut de coordination et fragilité des garanties éditoriales.
11/04/2026, 10:30
Les bibliothèques changent de visage : numériques, ouvertes, polyvalentes, elles s’adaptent aux attentes du public. Mais derrière cette dynamique, des tensions apparaissent, entre management, bénévolat et vie locale. Un quotidien fait d’engagements… et de fragilités.
10/04/2026, 18:12
Aux États-Unis, l'Institute of Museum and Library Services (IMLS) désigne une agence fédérale dédiée aux actions des établissements de lecture publique, notamment dans les zones rurales. Elle est aussi la bête noire de Donald Trump et de son administration, qui tentent depuis des années d'obtenir la baisse de ses crédits, voire sa suppression. Malgré un revers en justice, le président prévoit d'ores et déjà un budget 2027 qui condamne l'IMLS.
10/04/2026, 16:18
La société par actions simplifiée (SAS) pass Culture est bel et bien devenue un opérateur de l'État, le 1er janvier dernier, nous confirme la structure. Elle est désormais rattachée au programme 361 de la mission « Culture », consacré à la « Transmission des savoirs et démocratisation de la culture ».
10/04/2026, 13:39
État républicain ayant à sa tête le conservateur Greg Abbott, le Texas s'est placé à l'avant-garde de la vague de censure d'ouvrages qui traverse les États-Unis depuis quelques années. Son conseil d'éducation d'État a composé une liste de livres obligatoires pour l'enseignement de la langue anglaise, qui comprend plusieurs passages de la Bible, mais accorde peu de place aux textes signés par des autrices ou des personnalités hispaniques et afro-américaines.
10/04/2026, 12:06
Terre de livres ouvrant sur un océan de découvertes, la Bretagne peut s'enorgueillir d'avoir gagné quelques maisons d'édition supplémentaires, en 2025. 134 structures ont ainsi été recensées en 2025, contre 127 l'année précédente. La région a aussi accueilli de nouvelles librairies, plus d'auteurices et des lieux de résidences supplémentaires.
10/04/2026, 09:50
Présentée en avril 2025 par deux sénateurs centristes, une proposition de loi suggère d'assouplir l'encadrement du travail le 1er mai, afin de prémunir certains secteurs contre un « vide juridique ». Adopté par le Sénat, ce texte, qui reste assez flou quant à son périmètre, s'appliquerait aux établissements exerçant « une activité culturelle ». La CGT dénonce une loi « faite pour profiter aux grandes enseignes », en citant notamment la Fnac.
09/04/2026, 16:23
Top Articles
Harry Potter et transphobie : pour Dumbledore, on a déformé les propos de Rowling La Complainte des Boîtes à Livres : “Nous ne voulons plus nous taire” Trump “tellement stupide” que même Stephen King n'a “plus les mots” Au Japon, les particuliers louent des mini-rayons dans une une grande librairie
15 Commentaires
LOL
14/10/2021 à 08:16
« il devient délicat d’établir des planifications fiables – or, nous avons besoin de visibilité. Les services commerciaux doivent déclencher leurs volumes près de quatre semaines plus tôt, pour avoir les quantités ! »
Si je comprends, la grosse difficulté consiste à s'y prendre... quatre semaines plus tôt. Dur dur la vie d'un commercial de l'édition !
Le pauvre, s'il savait qu'un auteur attend des mois, parfois plus d'une ANNÉE avant d'avoir ne serait-ce qu'une réponse d'un éditeur (quand ce dernier s'abaisse à lui répondre), il n'en survivrait pas le bichounet.
Nicolas Gary - ActuaLitté
14/10/2021 à 08:44
Bonjour LOL
J'imagine que l'on vous a déjà suggéré de comparer ce qui est comparable, et que c'est volontairement que vous faites l'assimilation entre deux temps de la vie d'un livre qui n'ont rien de commun l'une avec l'autre. J'imagine également que c'est à dessein, pour servir une fausse candeur, que vous vous méprenez sur la temporalité de ces fameuses quatre semaines liées aux commandes. Et donc que tout ce commentaire n'est qu'un global sarcasme, sans plus d'intérêt que le déversoir à aigreur, qui n'aura pas sa place la prochaine fois dans nos colonnes.
Ou bien ai-je mal compris moi-même ?
LOL
14/10/2021 à 11:44
Je comprends dans votre réponse que le fait de comparer la situation d'un auteur - très précaire - et dont le travail est dénigré à celui d'un commercial - très confortable - et qui sont les vrais décideurs dans la chaîne de l'édition n'a pas sa place ici.
Dont acte. Je ne le referais plus.
Nicolas Gary - ActuaLitté
14/10/2021 à 11:49
Bien, je vois que vous lisez et comprenez ce qui en réalité vous arrange et doit servir votre propos, c'est très bien.
L'erreur vient donc de ma démarche.
Nous n'avons rien à nous reprocher dans la défense des auteurs, que ce soit à travers nos papiers ou nos actions. Je pointe en revanche que le rapprochement n'a pas grand sens en l'état. Et quand le commercial n'aura plus de papier pour produire des livres, la situation des auteurs en sortira grandie, c'est une évidence.
Excellente fin de journée.
Roques
14/10/2021 à 13:22
Bonjour,
je ne comprends pas pourquoi vous êtes si agressif dans vos réponses à LOL, et j'en suis choquée.
C'est simplement cela que je voulais vous dire, même si cela vous indiffère.
Bien à vous
Selma
19/10/2021 à 13:06
Sidérant ! On se demande ce qui prévaut de la pédanterie ou de la méchanceté.
Pic
14/10/2021 à 08:19
« Nous touchons au drame de la mondialisation, frappée de plein fouet par la crise Covid et ses répercussions désormais. »
Drôle de façon de voir les choses. La crise du COVID n'a pas frappé de plein fouet la mondialisation : elle est un effet direct. Si le monde ne faisait pas circuler tout n'importe comment n'importe où sans rien vérifier, le virus aurait été circonscrit en Chine et tout le monde s'en foutrait actuellement en traitant les Chinois de gros fous pervers qui enferment leur population.
La crise du COVID est un symptôme du mal, pas l'origine du mal.
Nicolas Gary - ActuaLitté
14/10/2021 à 08:41
Bonjour Pic
Vous dites, et avec justesse : "La crise du COVID est un symptôme du mal, pas l'origine du mal."
Mais le symptôme peut devenir origine de maux, ce qui dans les propos de mon interlocuteur pour ce papier, était le cas.
Sans paraphraser : la mondialisation a provoqué la crise Covid, la crise Covid a mis à plat la mondialisation. Mais à sa suite, a des répercussions – dans la reprise des industries, autant que dans les hoquets, couacs et autres dysfonctionnements qui en découlent. Elle est conséquence et devient par là même, également origine.
Pour le reste de vos propos, je les trouve personnellement très réducteurs et peut-être même injurieux. Puis-je vous suggérer plus de mesure ?
Aradigme
14/10/2021 à 11:10
Dans les années 1970, seules trois régions dans le monde fabriquaient des produits de consommation courante techniquement avancés: les USA, l'UE et le Japon. La mondialisation fut développée en partie pour mettre fin à ce monopole. Elle poursuivait à l'origine deux buts concommitants: développer industriellement des zones géographique - principalement en Asie- afin de les sortir de leur misère, et offrir aux consommateurs des trois régions dominantes des produits de bas ou milieu de gamme technologique à bas coût afin d'augmenter leur pouvoir d'achat.
La mondialisation, pensée comme un système gagnant - gagnant dans les années 1970, a bien atteint ses objectifs - trop bien, estimeront certains, probablement à raison.
Comme tout dispositif efficace, elle a évolué du vertueux au monstrueux à cause de son succès et de sa croissance. Ses failles et effets pervers ne sont devenus évidents qu'une fois sa taille devenue monumentale.
La mondialisation ne devrait pas disparaitre, car elle rend d'éminents services, mais elle devrait être régulée car le monde a bien changé depuis les années 1970 tant au point de vue technologique que politique et économique.
Les pénuries que nous voyons actuellement (entre autres pour la pâte à papier) sont causées par la reprise difficile d'une chaine d'approvisionnement mondiale temporairement interrompue à cause du Covid. Elles disparaîtront au bout d'environ un an, mais elles ne sont qu'un avant-goût des problèmes qui nous attendent.
Les sociétés européennes vont s'appauvrir car elles se sont trop désindustrialisées. Certaines industries pourront être relocalisées, non sans difficultés, au niveau du pays. L'industrie de la pâte à papier en fait partie car l'expertise demeure vivante.
Pour beaucoup d'autres, par contre, la relocalisation ne pourra se réaliser qu'à l'échelle d'un continent et sera très complexe. L'Europe est aujourd'hui incapable de fabriquer des ordinateurs, des TV ou des téléphones portables nouvelle génération. Nous ne disposons ni de l'expertise ni des matières premières requises pour relancer ces fabrications. La résurrection de telles activités implique de développer des filières dans un marché économique européen fermé aux importations par des taxes élevées, ce qui aura deux effets: des mesures de rétorsion de la part des pays visés par ces mesures et une augmentation des prix de ces produits, donc une diminution du pouvoir d'achat des européens.
Quant à la dissémination du covid, elle aurait probablement eu lieu, mais un peu plus lentement, en l'absence de la mondialisation. Seule une fermeture drastique des frontières aurait pu vraiment la freiner et la plupart des politiques européens s'y sont refusé au nom de leur interprétation des droits de l'homme (liberté de circuler). Certains allèrent même jusqu'à tourner l'idée en dérision ("les virus n'ont pas de passeports"). Des états comme Taiwan, l'Australie ou la Nouvelle Zélande ont fermé leur frontières dès le départ et ainsi protégé leurs populations efficacement. Ils ont par contre commis ensuite l'erreur de ne pas profiter de ce répit pour vacciner au plus vite tous leurs citoyens.
Ashran
14/10/2021 à 11:18
Pour compléter votre article, il est difficile aussi pour nous libraires de savoir sur quel pied danser. Quelle quantité commander? Quels ouvrages mettre le plus en valeur? Une forme de pression incidieuse s'installe. Nos commerciaux nous informent des ruptures à parution, des impossibilités de se réapprovisionner ; sans oublier les délais de livraison qui s'allongent liés aux divers problèmes que vous énoncez concernant la logistique. Logistique qui malheureusement maltraite bien souvent le livre. Les cartons qui arrivent défoncés et la marchandise abîmée que nous ne pouvons vendre en l'état. C'est un gâchis pour tout le monde (auteur, illustrateur, éditeur... Bref toute la chaîne) qui pourrait être évité. La crise Covid a montré combien les secteurs de la logistique et du transport étaient mal au point et les années à venir devront soutenir et revaloriser ces secteurs essentiels dans le bon fonctionnement de notre économie.
Toutefois, en tant que libraire, j'essaie de rester sereine malgré les incertitudes de cette fin d'année. Nous avons la chance d'exercer un métier où nous pouvons proposer des alternatives, il y a du stock sur des milliers de livres et nous pouvons remettre en valeur des ouvrages qui n'ont peut-être pas eu leur chance à leur sortie initiale. Parce qu'il ne faut pas se leurrer, et on le dit assez peu je trouve, la production est telle, que de nombreux ouvrages se retrouvent noyés dans la masse et que nous mêmes professionnels passons à côté de bons titres. La durée de vie du livre en magasin se réduit d'année en année et même avec toute la bonne volonté du monde, on ne peut pas toujours garder longtemps tel ou tel ouvrage parce que nous avons besoin de faire de la place. Globalement nous recevons des nouveautés toutes les semaines dix mois sur douze, il ne faut pas l'oublier.
Alors je pense que nous ne devons pas céder à l'affolement, nous sommes astucieux et nous avons de la ressource, nous trouverons le moyen de satisfaire le client avec toute la marchandise que nous avons déjà et nos rayons sont déjà bien fournis pour cette fin d'année.
Je ne déborde pas d'optimisme, j'essaie de garder la tête froide et de relativiser. Courage à tous!
Marie Brunswick
14/10/2021 à 12:18
Bravo pour votre réaction et bon courage à vous.
Marie Brunswick
14/10/2021 à 12:16
Cette crise n'a pas que des effets pervers et peut peut-être contribuer à assainir quelques pratiques des grosses maisons d'édition :
1) Envahissement volontaire des tables de librairies par des ouvrages parfois sans intérêt pour "noyer" les livres des petits éditeurs.
2) Par conséquent, utilisation abusive du Pilon pour faire disparaitre ces ouvrages " bouche-trou".
3) Instauration de l'idée qu'un livre de plus de six mois n'a plus sa place dans les librairies.
4) Impression en Chine pour augmenter leur marge et cela au détriment des imprimeurs Français.
Ces derniers pourraient peut-être aussi nous renseigner sur les conditions qui leur sont imposées par les grands groupes d'édition lorsqu'ils utilisent leur propre stock de papier ?
Pour ma part j'observe cette crise avec un petit sourire en coin en attendant cependant comment les grands groupes vont essayer de retomber sur leurs pattes. Peut-être en faisant appel à des subventions de l'état ?
Contribuables à vos marques !
Jan Itor
14/10/2021 à 15:05
« ce Talon d’Achille de la prospérité occidentale ». Alors que même les plus distraits sont frappés, une crise après l'autre, par les remous de la fracture sociale grandissante, il se trouve encore des économistes pour utiliser des expressions de cette sorte. C'est fascinant...
Sonic
13/11/2021 à 09:13
Pourquoi ne pas proposer les livres uniquement en livres de poche et non en grand format à leur sortie ? Le dernier Ken Follett ressemble à un bottin ou à un catalogue de la Redoute. On a l'impression que c'est écrit pour les malvoyants, idem pour les romans de Grangé. Cela ferait des économies de papier et ce serait plus écolo.
Selma
13/11/2021 à 13:53
Pour tenter de répondre à votre question, les éditeurs et les auteurs vont surtout chercher leur gagne-pain sur l'impression initiale en "grand format", lequel justifie un certain prix. Pour l'auteur, par exemple, qui touche en moyenne 10% sur l'édition "grand format", cela fera autour de 2.5 euros, le livre vendu. Les habitudes étant prises, si l'on sortait tout directement en livre de poche, personne ne voudrait débourser 25 ou 30 euros pour un tel volume, la recette alors pour les auteurs serait encore beaucoup plus menue (Le tirage moyen d'un livre est de 5000 exemplaire). Nombreux aussi achètent le "grand format" dans un but de conservation pour les générations futures (vous me direz sans doute que le dernier Musso, Dupuy ou Patterson pourrait ne pas accrocher nos arrières-petits enfants). À noter aussi sur ce point que souvent le livre de poche n'est pas imprimé sur du papier sans acide, ce qui garanti une détérioration rapide du produit (il est vrai aussi, et c'est du vol, que certains éditeurs mesquins font carrément imprimer le "grand format" sur du papier journal amélioré).
Par ailleurs, le livre ne représente que 6% de l'utilisation globale du papier, la presse 25%, les éditions publicitaires 31%, les produits de la bureautique 24%, l'emballage 6%, etc. Pour l'écologie, lisons plutôt les nouvelles (propagande idéologique?) sur une tablette ou sur le téléphone, abolissons le papier dans l'Administration, et signifions au facteur ou à la factrice que l'on refuse toute publicité (justement appelée "pourriel" au format électronique).