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Les Ensablés - À l'ombre de Maurice Genevoix, par Elisabeth Guichard-Roche

Le 6 novembre 2018, le Président de la République était dans la Meuse, aux Eparges, lieu d’une terrible boucherie durant la première guerre mondiale. Recueilli devant la statue de Genevoix, il annonçait son entrée au Panthéon pour le 11 novembre 2020. Il y aura deux panthéonisations : celle du romancier et celle à titre collectif de ceux de quatorze annonçant la Nation combattante.

Depuis 10 années, les Ensablés explorent la littérature du XXème siècle, et il nous est venu l’idée de répertorier les écrivains qui ont connu la Grande Guerre et dont nous avons abordé les œuvres. Cela constitue en quelque sorte notre Monument aux morts, pour ne jamais oublier…

Le 11/11/2020 à 09:00 par Les ensablés

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11/11/2020 à 09:00

Les ensablés

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Par Elisabeth Guichard-Roche

Commençons par le plus connu de nos écrivains en voie d’ensablement et qui, en entrant au Panthéon, sort aujourd’hui d’un injuste oubli : Maurice Genevoix (1890- 1980) distingué par quatre chroniques (un record !) : La dernière harde, Romans de Loire, Je verrai si tu veux les pays de la neige et La Mort de près (réédité en 2016 aux Éditions de la Table Ronde) où l’écrivain revient à 80 ans sur son expérience de la Guerre. Dans ce texte fort bref au regard des presque mille pages de Ceux de Quatorze, Genevoix analyse avec calme ses trois confrontations successives avec la mort. Autant le 24 Septembre, « blessé » indemne, j’avais, pendant d’affreuses secondes, pensé, vécu ma propre mort, autant cette fois j’en étais mentalement éloigné. On m’emmenait. On allait me soigner, me rendre la santé et la force. Cela seul devait m’importer : un long sursis pendant lequel, qui savait ? La guerre s’achèverait peut-être.

D’autres Ensablés ont vécu l’horreur des tranchées et mériteraient dans le sillage de Genevoix, de sortir de l’oubli.
Il y a d’abord ceux tombés au champs d’honneur parmi les  1,4 et 1,6 million autres Français . Au long de nos chroniques, nous en en comptons huit qui, morts pour la plupart à la trentaine, n’ont pu vivre assez longtemps pour connaître la notoriété. Ils figurent d’ailleurs parmi les 560 noms de la stèle inaugurée en 1927 par Gaston Doumergue au Pantheon : ici sont enfermés les hommages rendus le 15 octobre 1927 aux écrivains morts pour la France. Un certain nombre d’entre eux sont cités par Ariane Charron dans Petit éloge de l’héroisme, un court ouvrage fort bien écrit, publié en 2017.

- Léon Bonnef (1882-1914), auteur engagé et défenseur de la classe ouvrière, publie avec son frère Maurice, Les métiers qui tuent en 1905 et La Vie tragique des ouvriers en 1908. Il rédige Aubervilliersen 1912 et 1913 dont il ne verra jamais la publication. Il meurt des suites d’une blessure fin décembre 1914, trois mois après son frère.
- Émile Clermont (1880-1916) publie son premier romanAmour Promisen 1909. Étoile montante de l’éditeur Bernard Grasset, il meurt à l’Epine Lambert, touché par un éclat d’obus. Sa citation de Croix de Guerre mentionne : Modèle de l’officier de campagne, insoucieux du danger, dévoué à son devoir jusqu’à la mort qu’il a trouvée au moment où, sous un violent bombardement et malgré les avis qui lui étaient donnés, il se tenait dans la tranchée, veillant personnellement à une attaque possible de l’ennemi.
- Louis Codet (1876-1914), mort à 38 ans, en Décembre 1914, des suites d’une blessure mal soignée, laisse derrière lui poèmes et récits dont La Petite Choquette (1908), César Caspéran ouvrage posthume publié en 1918 et récemment réédité par La Petite Vermillon.
- René Dalize (1879-1917), de son vrai nom René Dupuy des Islettes, suscite l’enthousiasme des lecteurs du journal Paris Midi avec son feuilleton qui sera réuni sous le titreLe club des Neurasthéniques. Mobilisé en 1914, il est tué par un obus en Mai 1917 sur la partie orientale du Chemin des Dames. On ne sait où il fut enterré. Guillaume Apollinaire en est profondément affecté. Je viens de perdre mon meilleur ami, celui qui est mentionné dans Alcools. Un obus est venu confirmer son récent pessimisme. Il a clamé sa mort dans des lettres. Il a su qu’il mourrait si on ne le tirait pas de l’épouvantable où il était depuis 1914… Je perds outre un compagnon délicieux, mon plus ancien ami.
- Danrit (1855- 1916), de son vrai nom Émile Driant, militaire puis député de Nancy s’est volontairement réengagé en 1914 et fut tué à Verdun. Le 20 février 1916, il adresse à sa femme ce dernier courrier. Je t’écris quelques lignes hâtives, car je monte là-haut, encourager tout mon monde, voir les derniers préparatifs ; l’ordre du General Bapt que je t’envoie, la visite de Joffre, hier prouvent que l’heure est proche…A la grâce de Dieu ! Vois tu, je ferai de mon mieux et je me sens très calme. J’ai toujours eu une telle chance, que j’y crois encore pour cette fois. L’œuvre de Danrit compte une trentaine de romans mêlant imagination et prémonition , récits d’assaut et de batailles, anticipation d’un nouveau conflit avec l’Allemagne, aventure coloniale qui connurent un énorme succès populaire.
- Jean de la Ville de Mirmont (1886- 1914) publie en 1914, juste avant sa mort, un court roman Les Dimanches de Jean Dezert. Il écrivait principalement des poèmes qui ont été édités post mortem par sa mère. Son dernier date de 1914. Cette fois, mon cœur, c’est le grand voyage, Nous ne savons pas quand nous reviendrons, Serons nous plus fiers, plus fous ou plus sages ? Qu’importe mon cœur, puisque nous partons.
- André Lafont (1883-1915) publie L’élève Gilles en 1912 récompensé par le Grand prix de littérature de l’Académie Française. De santé délicate, il est reconnu apte au service. Affecté comme ambulancier, il succombe à l’hôpital de Bordeaux des suite d’une scarlatine contractée au front.
- Louis Pergaud (1882-1915) a déjà publié De Goupil à Margot (Goncourt 1910), La Guerre des boutons (1912) et le Roman de Miraut (1913) lorsqu’il dépose le manuscrit des Rustiques chez son éditeur la veille de partir au front. Il disparaît dans la boue de la Meuse en Avril 1915 lors de l’attaque de la côte 233 de Marchéville. Dans sa cantine militaire, son épouse découvre son Carnet de guerre décrivant sa vie quotidienne au front. On a relevé les blessés. Quelques-uns sont encore entre les lignes avec des tas de morts. Le service d’évacuation a fonctionné normalement. Le bombardement cesse. Le soir, nous gagnons P2 sud, nos anciennes tranchées. Nuit calme.

Viennent ensuite, les romanciers tel Genevoix, revenus souvent blessés de l’enfer des tranchées. Nombre d’entre eux, terriblement marqués par ce qu’ils ont vu et vécu, utilisent leur plume pour témoigner. Ces récits sont souvent à l’origine de leur notoriété.
- Binet Valmer (1875-1940) de nationalité suisse, se fait naturaliser français et s’engage à 39 ans comme 2ème classe. Blessé à trois reprises, il finit lieutenant et est décoré de La Croix de la légion d’honneur en 1919. La même année, profondément marqué, il crée la Ligue des chefs de section et des soldats combattants qui propose, notamment, de transférer le soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe. Binet Valmer rédige le texte inscrit sur le monument de la clairière de l’Armistice : Ici le 11/11/1918 succomba le criminel orgueil de l’Empire allemand vaincu par les peuples libres qu’il prétendait asservir. Auteur prolifique des années 10 aux années 30, il publie de nombreux romans de mœurs dont Le Désordre (1923).
- Gabriel Chevallier (1895-1969) appartient à la classe 1915. Incorporé, formé et jeté sur les champs de bataille de l’Artois, il témoigne de son atroce calvaire dans La Peur publiée en 1930. Elle avait l’atmosphère plus tiède des lieux qui sont habités ; il y flottait la pénétrante odeur des corps, un mélange de fermentation et de déjections, et celle des nourritures aigries.
- Georges Duhamel (1884-1966), engagé volontaire comme chirurgien sur le front, publie sous le pseudonyme de Denis Thévenin, Civilisation, Goncourt 1918. Sa conclusion illustre à merveille ce mélange de désarroi et d’espérance sur l’état du monde : Le monde me semblait confus, incohérent et malheureux ; et j’estime qu’il est réellement ainsi…la civilisation, la vraie, j’y pense souvent. C’est, dans mon esprit, comme un cœur de voix harmonieuses chantant un hymne, c’est une statue de marbre sur une colline desséchée..
- Luc Durtain (1881-1959), ami fidèle de Duhamel, effectue également la guerre comme médecin. Il publie en 1922, Douze cent mille Francs, long roman consacré au conflit. Dans les années 20, les deux hommes voyagent ensembles notamment aux Etats-unis et en Russie. Les écrivains français à Moscou.
- Roland Dorgelès ( 1885-1973) connaît la notoriété grâce à ses témoignages du front : Les croix de Bois en 1919, Le Réveil des morts en 1922.Bouquet de Bohème, l’un de ses romans montmartrois paru en 1947, insiste trente ans après sur le traumatisme provoqué par la Grande Guerre qui rythme le récit tel un triste refrain. En deux jours, Montmartre se vida : tous les artistes appartenaient aux jeunes classes. Puis, se fut le tour des engagés, pressés de rejoindre les camarades. Aucun ne pensait que c’était un adieu. On se retrouverait dans quelques semaines, au pis dans quelques mois. Ca remplacera les vacances… Or ces vacances-là devaient durer quatre ans.
- Jean Galtier Boissière (1891-1966) appartient à la classe 1911, celle qui, après trois années de service militaire, enchaîne quatre années de guerre. La fleur au fusil paru dès 1917 sous le titre En rase campagne, décrit au plus près ce qu’il a vu et vécu tel un reportage précis, efficace, sans fard ni effet.
- Jean Giraudoux (1882- 1944) mobilisé comme sergent, est blessé en 1914 à la bataille de la Marne et en 1915 aux Dardanelles. Il témoigne avec le Retour d’Alsace en 1916 et Lecture pour une Ombre en 1917. Avant de se diriger vers le théâtre, il écrit d’abord des romans Suzanne et Pacifique (1921) et Siegfried et le Limousin (1922) qui lui apporte le succès. Le récit centré sur la réconciliation franco-allemande, a pour personnage central Siegfried -véritable héros en Allemagne- qui n’est autre que Jacques Forestier, soldat français blessé pendant la guerre de 1914-18 et devenu amnésique.
- Jean Guéhenno (1890-1968), officier d’infanterie, gravement blessé en 1915, Croix de Guerre, évoque largement la 1ère guerre mondiale dans le Journal d’un homme de 40 ans écrit en 1933. Un témoignage dénué de scènes de combat, de descriptions des tranchées, du quotidien des poilus mais qui cherche à comprendre l’état d’esprit, l’exaltation patriotique du début de la guerre et à montrer ce qui la rendit possible et même souhaitée par l’opinion publique. Un récit qui souligne aussi le poids des absents, la disparition des amis, tous ces jeunes de 20 ans dont l’ombre plane sur son existence et celle des années 20 et 30.
- Albert Jean (1892-1975) publie en 1923 Derrière l’Abattoir , l’histoire des « fonds de tiroir », ces hommes qui ne sont pas en état de se battre et qu’une loi du 20 Décembre 1917 permet de « récupérer » et qui sont entassés sans soin dans des casernes.
- Joseph Kessel (1898-1979) est engagé volontaire dans l’aviation. Il tire de cette expérience son premier succès L’Equipage, publié à 25 ans. Le Tour du Malheur, ouvrage de 1600 pages composé sur 20 ans, démarre en 1914 tel un orage qui se lève et balaye tout.
- Régis Messac (1893-1945) est blessé en décembre 1914. Trépané, il rejoint en Février 1916 le service auxiliaire à Caen. Il traduit son écœurement et son dégoût de la guerre dans deux romans autobiographiques Le voyage de Néania et Ordre de Transport. En 1935, paraît Quinzinzinzili (réédité par la Table Ronde en 2017), texte profondément pessimiste qui annonce le crépuscule de l’Europe et la prochaine guerre qui arrivera 5 ans plus tard en 1940.
- André Maurois (1885-1967), détaché comme interprète à la mission militaire française, obtient de rejoindre le front comme interprète auprès de l’Etat Major des Flandres. Les Silences du colonel Bramble (1918), inspiré par les rencontres faites lors de la guerre, connaît un vif succès. Deux chroniques des Ensablés lui rendent hommage : Les Roses de Septembre (1956) etLe Cercle de Famille (1932).
- Jean Paulhan (1884-1968) , affecté au 9ème régiment de zouaves, est blessé durant la nuit de Noel 1914. Les notes prises au front deviendront son premier récit sous le titre Le Guerrier appliqué. Les Causes célèbres (1950) ont fait l’objet d’une chronique.
- Roger Vercel (1894- 1957) est mobilisé comme brancardier à cause de sa mauvaise vue. Blessé et gazé à l’hypérite, il reçoit La Croix de Guerre. Ses souvenirs du combat lui inspirent ses premiers livres : Notre Père Trajan, Capitaine Conan prix Goncourt 1934 et Léna. Les Ensablés ont consacré un article à la Hourie (1942), à Visage perdu et à Remorques.
- Léon Werth (1878-1955) , prix Goncourt 1913 pour la Maison Blanche, s’engage en 1914 et combat pendant 15 mois avant d’être réformé pour maladie. Clavel Soldat et Clavel chez les Majors, parus en 1919, sont deux romans sur la guerre. Le premier raconte les douze mois au front d’André Clavel de la mobilisation à sa première permission. Il avance sa bougie à bout de bras, il voit un corps sans tête, plus loin une bouillie d’os et de cervelles. C’est la tête, mais elle est près des pieds d’un autre cadavre. Une peinture sans concession, dénuée de toute forme de romantisme du combat qui sera mal accueillie par le grand public.

D’autres poilus - moins nombreux- occultent cette terrible période dans leurs écrits, probablement une façon pour eux de tenter d’effacer les horribles souvenirs.

- Charles-Maurice Chenu (1886-1963) : Charles-Maurice a écrit de nombreux romans, d’abord Totoche, journal d'un chien à bord d'un tank couronné par l'Académie Française, puis une dizaine d’autres dont Grimpeloup, son plus célèbre. Du képi rouge aux chars d'assaut est le récit de sa guerre
- Ernest Perochon (1885- 1942), mobilisé en 1914 et victime d’une crise cardiaque près d’un camarade tué par un obus. Il avait publiéLes Creux de Maison en 1913. Il profite de sa convalescence pour terminer Nène, Goncourt 1920.
- Philippe Heriat (1898-1971) engagé volontaire dans l’artillerie à 18 ans est gazé à l’hyperite. La Saga des Boussardel, histoire d’une famille bourgeoise de 1815 au milieu du 20ème siècle, forte de 1.500 pages et 4 volumes passe totalement sous silence le premier conflit mondial. Le premier volume Les enfants gâtés est couronné par le Prix Goncourt en 1939.
- André Thérive (1891-1967), de son vrai nom Roger Puthoste, est sous les drapeaux lorsque la Guerre éclate. Blessé en Septembre 1914 et en 1915, il est décoré de La Croix de Guerre. Instigateur du « Mouvement du roman populiste » avec Léon Lemonnier, il est l’un des chouchous de nos chroniques :Anna (1930) ; Le plus Grand Péché (1924) qui reçut le prix Balzac, Les Souffrances Perdues (1926) etL’Envers du Décor, un autre journal de l’Occupation publié en 1948.
- Jean de la Varende (1887-1959) est infirmier brancardier sur le front pendant la Grande Guerre. Romancier, critique littéraire, membre de l’Académie Goncourt de 1942 à 1944, il est l’auteur d’une vingtaine de romans (dont Nez de Cuir en 1936), de 200 nouvelles (dont les Manants du Roi) qui reflète son attachement au Pays de l’Ouche et sa nostalgie de l’Ancien Régime.
- Jean-Louis Vaudoyer (1883-1963). Mobilisé dans l’artillerie comme ambulancier, Croix de guerre, conservateur du musée Carnavalet dans les années 30, administrateur de la Comédie Française sous l’occupation, il acquiert sa notoriété comme romancier et critique d’art, collaborant à l’Echo de Paris et plusieurs revues. Une chronique estivale des Ensablés lui rend hommage avecNouvelle Beauté de la Provence (1926).

L’entrée au Panthéon de Genevoix symbolise le premier désensablement de l’un de nos auteurs préférés. Elle sonne comme une promesse pour tous les autres de quartorze. Joie, fierté et espérance se conjuguent pour espérer sortir d’un injuste oubli d’autres Ensablés.

Liste des auteurs cités
- Gabriel Chevallier 1895-1969.
- Charles-Maurice Chenu 1886-1963
- Émile Clermont 1880-1916
- Louis Codet 1876-1914
- René Dalize 1879-1917
- Danrit 1855-1916
- Jean de la Ville Mirmont 1886- 1914
- Georges Duhamel 1884-1966.
- Luc Durtain 1881-1959
- Roland Dorgelès 1885-1973
- Jean Galtier Boissière 1891-1966
- Maurice Genevoix 1890-1980.
- Jean Giraudoux 1882-1944
- Jean Guéhenno 1890-1968
- Philippe Hériat 1898-1971
- Albert Jean 1892-1975
- Joseph Kessel 1898-1979
- André Lafont 1883-1915
- Regis Messac 1893-1945
- André Maurois 1885-1967
- Jean Paulhan 1884-1968
- Louis Pergaud 1882-1915
- Ernest Perrochon 1885-1942
- André Thérive 1891-1967
- Jean-Louis Vaudoyer 1883-1963
- Roger Vercel 1894-1957
- Jean de la Varende 1887-1959
- Léon Werth 1878-1955

Par Les ensablés
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5 Commentaires

 

Nathalie et Jojo

11/11/2020 à 18:48

Bravo Elisabeth !

Francis

11/11/2020 à 20:04

Et Alain-Fournier ?

Les Ensablés

12/11/2020 à 10:14

Bonjour, Alain-Fournier n'ayant fait l'objet d'aucune chronique (il n'est pas un ensablé!), il ne figure donc pas dans cette rétrospective.

Bénard

12/11/2020 à 21:24

Merci pour Henri Barbusse.

Les Ensablés

18/11/2020 à 12:10

A M. Bénard. Comme Alain-Fournier, Henri Barbusse ne peut être considéré comme un ensablé. En conséquence, il n'a fait l'objet d'aucune chronique sur ce site qui est dédié aux écrivains oubliés. seul ici, figure les auteurs ayant fait l'objet d'une chronique.

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En terminant la lecture de Ma petite Yvette d’André Dumas (1874-1943), récemment réédité par J’ai lu, je me suis demandé aussitôt : est-ce un chef-d’œuvre ? Mon cœur  me répondait « oui ! », tandis que ma raison, le souvenir des romans de Proust, de George Eliot (bref les écrivains de mon Panthéon) me disaient que non, ce n’était pas tout à faire un chef-d’œuvre. J’ai ma petite idée désormais. Par Hervé BEL

15/03/2026, 09:00

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Les Ensablés - Le vitriol de Lune de Henri Béraud

Au rebours des titres à rallonge péniblement explicites dont raffolent certains plumitifs contemporains, il en est d’intrigants et mystérieux qui suscitent curiosité et envie de lire. Ainsi des ouvrages d’Henri Béraud (1885-1958), qui avait indubitablement l’art de trousser des titres originaux, du Martyre de l’obèse au Flâneur salarié, en passant par La croisade des longues figures ou le surprenant Vitriol de Lune.

Par Marie Coat

01/03/2026, 09:00

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Les Ensablés - L'insaisissable, de Liane de Pougy (1869-1950)

La vie de Liane de Pougy, de son vrai nom Anne-Marie Chassaigne (1869-1950), est une œuvre à programme, passant du vice au luxe, du luxe à la vie spirituelle. Elle est l’une des grandes courtisanes de la Belle Époque avant de devenir écrivaine puis tertiaire dominicaine. Issue d’un milieu modeste, danseuse puis demi-mondaine adulée du Tout-Paris, elle incarna la somptuosité, l’esprit et la liberté scandaleuse de la fin du XIXᵉ siècle, fréquentant artistes, aristocrates et écrivains. Elle connut une célébrité éclatante grâce à ses romans et journaux à clé. Après la Première Guerre mondiale, elle se retira progressivement du monde, se rapprocha du catholicisme et termina sa vie dans la prière, à Lausanne, laissant l’image paradoxale d’une femme passée de l’érotisme mondain à l’ascèse religieuse.

Par Nicolas Kinosky     

15/02/2026, 17:17

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Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

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Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

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Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

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Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Sororité : pourquoi apprend-on si tôt à se méfier des autres femmes ?

Une boîte en carton, des journaux intimes, et voilà le féminisme bien peigné qui prend un coup dans les tibias. En vidant l’appartement de sa mère, Clarence Edgard-Rosa retrouve ses carnets d’enfance. À huit ans, elle écrivait : « Les filles sont terribles. Elles sont méchantes, c’est la guerre. Il n’en restera qu’une. » Toute l’enquête part de là : non d’une théorie à appliquer, mais d’un embarras à regarder en face.

15/09/2026, 15:31

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Ce PDG pensait tout contrôler : un dîner va le mettre en procès

Il suffit parfois d’une batterie morte pour qu’un homme très important redevienne simplement un homme. Erik Dogam, PDG d’une multinationale, a tout prévu : son emploi du temps, son corps, ses déplacements, ses affaires, probablement jusqu’à la quantité d’oxygène utile à une journée bien menée. Une panne de téléphone, pourtant, enraye la mécanique. Et Michel Layaz résume son héros avant même de commencer à le démonter : « Erik Dogam goûtait peu les imprévus. » Bilan comptable ce 1er octobre.

15/09/2026, 15:31

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Infierno : Carmen Mola plonge dans l’enfer esclavagiste de Cuba

Madrid brûle, Cuba suffoque et, entre les deux, l’Atlantique ressemble moins à une promesse qu’à un sas vers l’abattoir. Infierno (trad. Anne Proenza,) part d’une nuit d’insurrection, en juin 1866 : Leonor, choriste madrilène, croise Mauro, étudiant en médecine passé du côté des insurgés. Un soldat meurt, un policier les traque, chacun doit fuir. Elle gagne Cuba sous la protection trouble d’un mariage quand lui y découvre qu’un contrat de travail peut n’être qu’un autre nom donné aux fers.

15/09/2026, 15:26

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Une réponse : Devenir lesbienne

Ni formules toutes faites ni slogans tapageurs. Dans Une réponse, Iris Brey livre une traversée émancipatrice, entre réflexion intime et critique sur la construction du désir. Faisant la part belle aux trajectoires obliques, elle esquisse les contours d’une éthique attentive aux violences que subissent les démunis et les minoritaires, le viol et l’inceste au premier chef.

15/09/2026, 15:20

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Ténébreux : Brandon Sanderson passe du côté obscur de la fantasy

Brandon Sanderson a souvent construit ses mondes autour d’une mécanique : des règles, des pouvoirs, une prophétie, puis des personnages chargés d’en éprouver les limites. Ténébreux retourne la pièce. Paul Tanasin n’est pas l’élu promis à sauver un royaume : à Mirandus, il est celui que l’histoire attend pour le détruire. Un changement de perspective simple sur le papier, autrement moins sage en images.

15/09/2026, 15:17

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Thomas Gunzig : les Spectres d’un futur quantique

Un livre inclassable en cette rentrée : l'imagination fertile de Thomas Gunzig questionne pêle-mêle la science, le futur, le capitalisme, notre humanité en perdition et notre rapport au deuil, à la mémoire ou à la mort.

 

15/09/2026, 15:04

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Caroline Goldman : un vade-mecum du réel pour parents désarçonnés

Qu'on ait trouvé son enfant dans un chou, dans une rose ou dans sa propre chair, l'affaire n'a que faire des doctrines. Pédagogie libérale, rigoriste ou bricolée : rien ne protège de l'expérience nue. Non par défaut d'instinct, mais parce que l'épreuve est structurelle — un vertige existentiel qu'une simple question d'enfant suffit à faire basculer.

15/09/2026, 09:59

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Elles ne mouraient pas toutes : comment rendre lisibles les féminicides

Dans Elles ne mouraient pas toutes, Barbara Métais-Chastanier, avec la collaboration de Sandra Lucbert, interroge les manières dont sont racontés les meurtres de femmes. À partir d’un travail d’élaboration né de la mort de Loan Bernède, l’autrice cherche à restituer les mécanismes sociaux et genrés qui peuvent disparaître derrière le récit d’un « crime passionnel ».

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Racisme, exil et secrets de famille : un été pour découvrir ses origines

Avec Le commandant du fleuve, Ubah Cristina Ali Farah raconte le passage à l’âge adulte d’un jeune homme partagé entre plusieurs héritages. Entre racisme quotidien, diaspora somalienne et histoire familiale, le roman suit Yabar, 18 ans, dans un été qui va bouleverser ses certitudes.

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La Pleureuse : Camilla Läckberg ressuscite un ancien mystère à Fjällbacka

Avec La Pleureuse, Camilla Läckberg replonge Erica Falck et Patrik Hedström dans une nouvelle affaire à Fjällbacka. Trente ans après la disparition d’une lycéenne, la découverte de restes humains vient réveiller les secrets et les rancœurs d’une petite communauté où personne ne semble avoir tout oublié. Roman traduit du suédois par Susanne Juul et Andreas Saint Bonnet

 

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Malraux : l’homme derrière la légende

Aventurier, écrivain, résistant, ministre : André Malraux a multiplié les vies et largement contribué à construire sa propre légende. Avec Malraux, Jean-Yves Le Naour et Alain Grand proposent une biographie dessinée décalée, dans laquelle l’intéressé raconte lui-même son histoire… tandis que Clara, sa première épouse, intervient pour rétablir les faits.

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Rainer Maria Rilke : le portrait sensible de Lou Andreas-Salomé

Les Éditions Bartillat ressortent Rainer Maria Rilke de Lou Andreas-Salomé à l’approche du centenaire de la mort du poète, le 29 décembre 1926 à Montreux, en Suisse.

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Hilda Bustamante revient : pourquoi chercher parmi les morts celle qui est vivante ?

Hilda Bustamante est morte depuis un an. Elle se réveille sans souvenir de son décès, sans savoir pourquoi elle se retrouve dans le cimetière. Pour célébrer cette nouvelle vie, elle va sonner les cloches de l’église à toute volée au point d’éclater toutes les vitres du village et regagne sa maison. Hilda Bustamante revient de Salomé Esper, traduction d’Hélène Serrano.

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À 61 ans, Logn raconte dans DJ Bambi une vie à devenir soi

Dans DJ Bambi, Auður Ava Ólafsdóttir retrace le parcours de Logn, une femme de 61 ans qui revient sur les différentes étapes de son existence alors qu’elle attend l’opération qui doit lui donner le corps auquel elle aspire. Un roman sur l’identité, la famille et la transition, traduit de l’islandais par Éric Boury.

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Strange Academy : Marvel a son école de magie, Harry Potter survivra-t-il ?

À la Strange Academy, la rentrée ne ressemble pas franchement à une rentrée. Ici, les élèves viennent d’Asgard, de Weirdworld ou de la Dimension Noire, un géant du givre partage les couloirs avec une fée et le fils de Dormammu tente de ne pas finir comme papa. Dans

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Nino Rota, KGB, cerveau blessé : 5 livres pour voir autrement

Cette semaine, la Booksletter passe des partitions de Nino Rota aux archives du KGB, du spleen d’un tueur imaginé par Edgardo Scott aux patients qui réapprennent les gestes les plus simples après une lésion cérébrale. En chemin, Alexander Krauss rappelle combien les outils façonnent les découvertes scientifiques. Cinq livres, cinq manières d’explorer les zones où l’art, l’histoire, la médecine et la science déplacent notre regard sur notre monde.

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Cécile Wajsbrot donne une voix aux parcours de l’exil

Avec Oratorio, Cécile Wajsbrot revient sur les parcours de celles et ceux qui quittent leur pays par nécessité, traversent la Méditerranée ou empruntent les routes migratoires. À partir de données recueillies sur plusieurs décennies, la romancière compose un texte entre chœur, dialogue et récit, qui interroge notre rapport à l’exil et aux frontières.

 

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La fleur au fusil, face à l’enfer : Victor Lepointe raconte l’été 1914

Avec Été 1914, Victor Lepointe revient sur les premières semaines de la Première Guerre mondiale à travers deux jeunes hommes que tout semble opposer. Un récit en bande dessinée qui suit le basculement d’une génération, de l’enthousiasme patriotique d’août 1914 à la brutalité d’une guerre nouvelle.

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Et si The Substance n’était pas si loin de nos salles de bains ?

Après Beauté fatale, Mona Chollet revient sur les normes esthétiques imposées aux femmes avec Soigner sa peau. Exploration d’une obsession. Sérums, K-Beauty, Botox ou chirurgie : l’autrice examine la place prise par la peau dans les pratiques contemporaines de beauté et les mécanismes d’une industrie qui transforme l’insatisfaction en moteur de consommation.

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Dust to Dust : une poussière meurtrière, une Amérique au bord de l’asphyxie

Oklahoma, 1935. L’Amérique mord la poussière : une ville s’enfonce dans le Dust Bowl tandis qu’un tueur profite du chaos. Avec Dust to Dust, Phil Bram et J.G. Jones construisent un polar historique lent, suffocant et visuellement saisissant, dont la résolution convainc moins que l’atmosphère. Delcourt publie en français ce récit complet, traduit par Laurent Queyssi.

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Le casse du siècle, de Sarah Knafo, entre directement à la première place des ventes de livres en France avec 60.584 exemplaires écoulés du 31 août au 6 septembre 2026. Et en ferait oublier que la semaine passée encore, Freida McFadden culminait en tête des meilleures ventes. De quoi faire regretter l'Américaine, sa femme de ménage et toute la clique...

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Arsène Lupin : Et si le plus dangereux des trésors était une liste de politiciens corrompus ?

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Une femme qui transforme le désastre en spectacle : qui est l'excentrique cousine de Jackie Kennedy ?

Avec Retour à Grey Gardens, Claire Béchec revient sur le destin hors norme de Little Edie Beale, figure méconnue en France mais devenue un véritable mythe aux États-Unis. Son récit retrace l’histoire d’une femme et d’une demeure devenues indissociables, entre aristocratie déchue, isolement et liberté de ton.

11/09/2026, 06:00

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Dans les coulisses de la France populaire, une histoire écrite au jour le jour

Au jour le jour : écrire le quotidien des classes populaires en France (XIXe-XXIe siècle) entend regarder l'histoire par un autre bout de la lorgnette : celui de la vie ordinaire. Sous la direction d'Anaïs Albert, Fanny Gallot, Anne Jusseaume, Eve Meuret-Campfort, Clyde Plumauzille et Mathilde Rossigneux-Méheust, cet ouvrage collectif plonge dans le quotidien des femmes et des hommes des classes populaires, du XIXe au XXIe siècle.

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La Fayette avant l’Hermione : aux côtés des Insurgents, les prémices d’une révolution

La rentrée littéraire c'est aussi la rentrée des classes avec, au programme, cette leçon d'Histoires sur la guerre d'indépendance des États-Unis et la toute première expédition du très jeune La Fayette outre-Atlantique.

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Déclaration de perte : Catherine Benhamou revient sur les silences de la maternité

Avec Déclaration de perte, Catherine Benhamou poursuit son travail autour des récits de femmes et de leurs trajectoires intimes. Publié aux éditions des femmes-Antoinette Fouque, ce nouveau texte fait dialoguer deux destins marqués par la perte d’un enfant et par un silence difficile à briser.

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L’Enclos des esclaves : Najwa Bin Shatwan fait entendre une histoire méconnue de la Libye

Avec L’Enclos des esclaves, Najwa Bin Shatwan revient sur une réalité historique largement méconnue : celle de milliers d’Africains subsahariens réduits en esclavage en Libye sous la domination ottomane. Traduit de l’arabe par Souad Labbize, ce roman propose une fresque de la société libyenne à travers le destin d’une femme en quête de ses origines.

10/09/2026, 06:00

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Ensemble contre l’antisémitisme : 50 questions pour aider les plus jeunes à comprendre

Destiné aux lecteurs à partir de 9 ans, Ensemble contre l’antisémitisme propose 50 questions-réponses pour mieux comprendre l’histoire et les mécanismes de l’antisémitisme, en France comme dans le monde. L’ouvrage paraîtra le 8 octobre 2026 aux éditions Privat.

10/09/2026, 06:00

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La Marche du monde : Lou Lubie imagine un monde où le code régit la société

Et si le monde était régi par un code informatique que seuls quelques-uns pouvaient lire ? Avec La Marche du Monde, Lou Lubie signe une nouvelle série de fantasy destinée aux lecteurs de 14 ans et plus. Dans ce premier tome, intitulé Nord, une adolescente mise à l’écart découvre que ses mystérieuses syncopes lui permettent en réalité de lire le code qui régit le monde.

10/09/2026, 06:00

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Le quatrième péché

09/09/2026, 09:00