Biélorussie : convoquée, Svetlana Alexievitch refuse de répondre

Camille Cado - 26.08.2020

Edition - Justice - Svetlana Alexievitch justice - Svetlana Alexievitch opposition - Alexievitch bielorussie


Dans le cadre des poursuites engagées contre le « conseil de coordination », une organisation opposée à la réélection d’Alexandre Loukachenko, Svetlana Alexievitch a été entendue en tant que témoin ce 26 août. D’après les premières informations, l’autrice biélorusse a refusé de répondre aux questions des enquêteurs. 
 

 

Lauréate du Prix Nobel de Littérature en 2015 et figure de proue de l’opposition, Svetlana Alexievitch a été convoquée par la justice, ce 26 août, en sa qualité de témoin. L’autrice de 72 ans fait en effet partie du « conseil de coordination », créé après la réélection jugée frauduleuse d’Alexandre Loukachenko le 9 août dernier.

L’organisme, qui souhaite ouvrir le débat et que transite le pouvoir actuel vers un régime plus démocratique, a été accusé de « menacer la sécurité nationale » par le chef de l’État. Ce dernier a d’ailleurs entamé des poursuites judiciaires pour « appels à des actions visant à porter atteinte à la sécurité nationale », une accusation passible de trois à cinq ans de prison. 

L’entretien aura finalement duré moins d’une demi-heure, précise l'agence Bloomberg. « J’ai refusé de répondre aux questions et j’ai dit que toutes les informations se trouvaient sur le site Web du comité de coordination », a-t-elle expliqué à sa sortie.

Et d’ajouter que les enquêteurs ne la considéraient que comme un témoin, et qu’elle n’avait signé aucun accord de non-divulgation.
 

Peut-être que le monde va nous aider


La répression et les violences policières qui se multiplient dans le pays ont suscité une vague de mobilisation. De nombreux pays et institutions ont tenu à affirmer leur soutien à l’opposition. Dans l’interprofession, la Fédération des associations européennes d’écrivains (European Writers' Council, EWC), la Fédération des Éditeurs Européens (FEE/FEP) ou encore l’Union Internationale, des Éditeurs (UIE/IPA) pour ne citer qu’eux se sont levés.
 

Avant son entretien, Svetlana Aleksievich s’est dite « très reconnaissante » de bénéficier d’un tel soutien, rapporte l’Union des écrivains biélorusses. « Nous devons nous soutenir les uns et les autres […] car si nous sommes séparés et divisés, nous irons certainement à la guerre civile, c’est très dangereux. Notre objectif était seulement d’unir la société, pas de faire un coup d’État. »

Et de reprendre : « Je pense qu’il faut être ensemble, il ne faut pas céder. Que Dieu préserve le sang de notre patrie, il ne doit pas couler. Il faut gagner par nos idées et par la force de nos convictions. »

Pour l’autrice, l’appel à la paix, qui émane des quatre coins du globe permet d’entrevoir une lueur d’espoir. « Peut-être que le monde va nous aider à ouvrir le discours avec Alexandre Loukachenko » a-t-elle confié, à son arrivée au comité d’enquête. « Il ne parlera qu’à Poutine, mais il doit commencer à parler avec son peuple. Ou peut-être que Poutine devrait être impliqué d’une manière ou d’une autre. »


Photographie : Svetlana Aleksievitch en 2016 (Tomaz Silva/Agência Brasil CC BY SA 3.0 br)



Commentaires
Je ne comprends pas « Peut-être que le monde va nous aider à ouvrir le discours avec Alexandre Loukachenko ». Parle-t-elle d'un "dialogue" avec Loukachenko ou d'un discours "sur" Loukachenko ? "ouvrir le discours avec Alexandre Loukachenko" ne me paraît pas être une bonne traduction, en tout cas, je ne comprends pas si ça veut dire l'un ou l'autre.
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.