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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

Le 14/06/2020 à 09:00 par Les ensablés

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Publié le :

14/06/2020 à 09:00

Les ensablés

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Par Antoine Cardinale

Cet ami, cet auteur à un nom : Eugène Müntz. Il écrivit de l’univers des bibliothèques : j’aime à me plonger dans ces vénérables sanctuaires de la science et de l’art, à faire abstraction du présent pour revivre pendant quelques heures la vie du passé. L’odeur caractéristique des vieux livres se change ainsi en parfum.
Après que nous aurons fait sa connaissance, nous découvrirons ensemble son Raphaël [1].

Un inexplicable oubli

C’est un auteur, dont l’œuvre considérable est aujourd’hui tombé dans l’oubli, nous dit Germain Bazin. Son obscurité est néanmoins énigmatique, et c’est une injustice qu’il faut expliquer, mais dont je laisse la réparation au jugement des lecteurs. Il semble, et c’est heureux, que les historiens interrogent à nouveau un auteur qui fut une référence obligée non seulement pour Warburg, mais pour tout chercheur travaillant sur la Renaissance– même pour les Italiens, comme le reconnût par exemple Adolfo Venturi [2].

Il en va des noms comme des visages : on les rencontre, souvent, mais c’est une familiarité qui ne renvoie à aucun contenu social. Eugène Müntz ? on a lu ce nom dans d’autres bibliographies, dans des listes d’ouvrages, et d’ailleurs ne le confond-on pas avec Paul Mantz ?

Jusqu’à la fin des années 1920, son Raphaël figure dans toutes les bonnes bibliographies, dès lors que le sujet en est l’Italie de la Renaissance, ses peintres et le milieu artistique de la cour papale. En 1927 encore, Focillon se  garde bien d’omettre, entre les grands noms de Passavant ou de Venturi, la référence à Eugène Müntz dans son propre Raphaël dont il est plaisant, le bon maître me le pardonne, de poser le mince volume à couverture cartonnée des éditions Nillson à côté du pesant ouvrage d’Eugène Müntz.

Pourquoi cette disparition ? Il ne semble pas que ses recherches aient été démenties plus qu’il n’est d’usage pour un livre qui a cent ans d’âge, et Raphaël reste une référence qui ne s’oublie pas ; ajoutons que son approche de l’art ancien, peu goûtée à son époque par les historiens français, est devenue, nous y reviendrons, éminemment moderne. 

Peut-être the Catholic Encyclopedia nous livre-t-elle le secret de la faute : His views are not original, his taste is somewhat academic, with a bourgeois tinge. C’est vrai, mais c’est délicieux de lire sous sa plume Mantègne, et Jean  Bellin, et on lui en veut presque de ne céder qu’une fois, et presque à regret, à nommer Fleurence la cité des Lys !
Lui, qui a glorifié le rôle de la papauté dans la renaissance des arts et consenti à jeter un voile pudique sur les turpitudes des pontifes, se voir infligé d’un tel article pour des minces coquetteries de plume, par un organe officiel de la catholicité ? cela donne envie de relire La mule du pape –c’est le contexte, d’ailleurs- en rêvant que sera décoché un jour au rédacteur et à celui qui signa le Nihil obstat de cet article, le coup de sabot fatal, si terrible, si terrible, que de Pampérigouste même on en verrait la fumée !

Les éléments biographiques sont ceux que nous donnent les notices officielles : elles ne regardent que les œuvres et les distinctions académiques, et il faudra nous en contenter. Eugène Müntz naquit en 1845 à Soultz-sous-Forêt, petit bourg d’Alsace du Nord, tout proche de la frontière allemande. Son père est maire de la commune, son grand-père en fut le député. Ses manuscrits, sa correspondance sont à la Bibliothèque Nationale et peuvent tenter un biographe. Mais disons-le, et ceci n’est pas une figure de rhétorique, toute sa vie -son individualité d’homme- fut dans son œuvre, et son œuvre toute entière dédiée à l’histoire de la Renaissance. S’il est possible d’exister en dehors de cette individualité matérielle, on peut être certain que Eugène Müntz n’exista vraiment qu’en Italie, entre 1475 et 1527.

Commençons par des renseignements positifs [3]: son œuvre compte vingt-quatre ouvrages dont un bon nombre comportent plusieurs tomes ; sa bibliographie recense cinq cent articles. On l’a dit, son Raphaël représente sept cent pages, dont on lit avec délectation l’éloge, tel que seul le style académique de 1900 pouvait le prononcer : qu’il est un livre aussi définitif qu’on pouvait le désirer ; son Histoire de l’art pendant la Renaissance compte trois mille pages ; c’est autant que pour Les Arts à la cour des Papes, qu’on qualifie de monument ; un Pétrarque, un Donatello, un Léonard de Vinci, et il laisse inachevé un Botticelli qui dort dans ses archives : passons sur ses études passionnantes sur la tapisserie et la mosaïque. Cette œuvre colossale est concentrée sur son époque et son milieu de prédilection : la Renaissance. Seul Emile Mâle et son tranquille défrichement de l’iconographie du Moyen-Age peut mesurer son obstination à la sienne.

En 1902, fatigué, usé par la maladie, il s’éteignit, dit-on, la plume à la main, au milieu de ses livres et de ses collections. Sa bibliothèque, dispersée après sa mort, comptait douze mille volumes ; une bibliothèque si complète, si méthodique et si intéressante qu’un admirateur en publia le catalogue afin de fournir aux savants et aux étudiants un modèle ; ajoutons que cet admirateur était allemand et qu’on ne crut pas utile de retenir, en France, un fabuleux fonds qui fut dispersé. Non content de dénicher par dizaine des documents inédits, il fut un lecteur et un collectionneur méthodique : on prétend que pour son Léonard il lut et réunit dans sa bibliothèque cent cinquante ouvrages.

Mais après tout, objectera-t-on, Elie Faure ou Hyppolyte Taine ont eux aussi écrit des milliers de pages. Ce qui distingue Eugène Muntz de ces grands auteurs, c’est son attitude entêtée d’historien : tout est quasiment de première main chez lui ; je pense qu’il a défriché les bibliothèques du Vatican comme personne ne le fit avant lui. Ajoutons cependant qu’il n’est pas un écrivain naturel ; on sent qu’écrire –bien écrire, comme il était demandé à un professeur et membre de l’Institut vers 1890-  lui coûte ; on sent une application touchante et une retenue de caractère qui donne un style qui peut passer pour sobre en comparaison de celui de ses pairs. C’est purement un homme de bibliothèque pour lequel tout commence par le document ; son authenticité d’abord, et pour cela sa datation ; l’attribuer ; restituer un contexte et enfin fournir, après l’avoir traduit le plus souvent, une interprétation utile, sous la condition que l’on ait pris connaissance des travaux antérieurs, qui sont au jugement de l’historien ce que la jurisprudence est au verdict des tribunaux ; on le voit, l’œuvre d’art, qui est l’objet de l’étude, ne vient qu’ensuite et reçoit de ces longues recherches préalables un éclairage un peu froid certes, mais qui fait  sur elle une lumière de vérité. Mais le document n’est que la base, la fondation d’un édifice qu’il faut penser avec ambition, et dont le Raphaël est le magnifique exemple.

Prenons le sujet des contrats d’apprentissage, ces documents déposés auprès d’un notaire qui liaient pour de longues années l’aspirant-peintre au maître de l’atelier. Ces contrats, Müntz les a lus, traduits, compris, reliés aux œuvres elles-mêmes. Il fut le premier en France à se livrer à une telle démarche, à cet énorme travail qui n’est cependant rien encore, à peine le début de la compréhension de l’œuvre : à ce train-là, interpréter un des premiers tableaux de Raphaël, Le rêve du chevalier, qui reste si énigmatique, peut consommer une bibliothèque, et des semaines entières ! Que l’on juge par-là combien l’attributionnisme lui passait par-dessus la tête !
Car il se refuse le titre de connaisseur et lorsqu’une attribution positive est nécessaire, on retrouve plus d’une fois sous sa plume la formule d’effacement : les juges les plus autorisés pensent... L’expertise : descendre dans une arène où tous les coups sont permis et au milieu de laquelle on se livre au suffrage d’un public parfois peu bienveillant : cette branche tauromachique de l’histoire de l’art est bien éloignée, on l’aura compris, du goût et du tempérament de Müntz , même si, assez adversaire de Morelli, il était de taille à batailler sur son terrain, avec les armes de l’érudition mais aussi avec celle de analyse logique, lorsque le point était décisif : c’est ce que l’on voit lorsqu’il défend l’attribution à Raphaël du Livre d’esquisses qui est à l’Académie de Venise.

Un penseur aux limites de la doctrine française

A la suite de l’annexion de l’Alsace en 1870, il choisit la nationalité française. Il est émouvant de le voir citer dans son Raphaël le Hortus deliciarum, ce manuscrit unique enluminé au XIIème siècle par Herrade de Landsberg, et au sujet duquel il pousse le goût de la neutralité scientifique jusqu’à passer sous silence qu’il disparut dans l’incendie, voulu par les assiégeants allemands, de la bibliothèque de Strasbourg.
Il fut parmi les trois jeunes universitaires, de ces écoliers qui furent vraiment des maîtres selon le mot de Louis Courajod, qui constituèrent en 1873, le premier effectif de l’Ecole de Rome, jeune phalange qui gîtait près du Palatin à la villa Mérode, aujourd’hui disparue sous le Théâtre de l’Opera de Rome, avant que le palais Farnèse ne l’abrite à partir de 1875.

En ce temps-là, dans les mystérieuses bibliothèques vaticanes, aux horaires fantasques de custodes indolents, s’ensevelissaient depuis des siècles les documents les plus précieux à l’histoire des Beaux-Arts. Il suffisait de s’user les yeux et la patience, dans le froid glacial ou les chaleurs sahariennes des étés romains, pour faire une récolte fabuleuse de correspondances, de brefs, de contrats, d’édits, d’une documentation inédite en un mot. On prétend qu’il glana à Rome en trois années suffisamment de matériau pour nourrir trente années de travail, ce qui laisse à juger de son acharnement, de sa méthode et de sa passion.

Conservateur de la bibliothèque et des archives de l’école des Beaux-Arts, il supplée à Taine pendant sept années. Élu, le 3 mars 1893, membre ordinaire de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, la même année la succession de Taine à la direction de l’Ecole des Beaux-Arts lui échappe au profit d’un critique proche de Courajod lequel menait alors le combat des origines françaises de la Renaissance. Peut-être eut-on beau jeu à cette occasion d’écarter un savant alsacien que sa proximité intellectuelle et ses échanges avec les cercles allemands de l’histoire de l’art rendaient suspect ?

Cette situation est peut-être en train de changer, grâce aux travaux de Mme Michela Passini[4] qui met en avant, au fil des articles savants et des livres, la référence obligée que fut son œuvre. Référence par la qualité de sa documentation bien sûr mais aussi parce qu’elle formule une idée nouvelle de l’histoire de l’art : une histoire qui, pour citer Mme Passini, appréhende la production artistique en tant qu’observatoire privilégié des civilisations, dans laquelle l’activité artistique constitue un facteur central de compréhension des civilisations anciennes. On reconnaît l’esprit de l’œuvre d’Eugène Müntz, et on s’explique sa méfiance vis-à-vis d’une approche qui tendait à mettre en valeur et en compétition les apports nationaux à ce grand mouvement de la Renaissance, et pour tout dire, à instrumentaliser l’histoire de l’art au profit de la politique. A ce courant qui, au tournant du siècle, annexa, de bonne foi ou pas, l’histoire de l’art à un agenda politique, il préféra se consacrer à la création de la Société internationale des études iconographiques. Il en écrivit le programme dont on jugera à travers cette citation (…l’analyse de grands courants d’idées et de sentiments auxquels, de toute nécessité, il faut qu’une œuvre d’art se rattache si elle prétend être vivante et éloquent)  la distance qui s’ouvrait entre une approche à la fois pluridisciplinaire et transnationale d’une part, et l’enseignement d’un Courajod d’autre part.
Il est permis d’identifier en Eugène Müntz, même s’il cite Charles Blanc comme son maître, le chaînon manquant entre  Hyppolite Taine d’une part, dont la puissance de raisonnement, le charme de la personnalité semble l’avoir envoûté et indélébilement marqué, et Aby Warburg d’autre part, c’est-à-dire l’histoire de l’art moderne.

Rafaello Santi

Comme dans les grands cycles romanesques, dont cet ouvrage a le poids, l’intrigue progresse à lentes étapes et à la centième page, Raphaël n’est pas encore sorti de Pérouse ; à peine se découvre le caractère et le milieu du héros.
La généalogie de Raphaël, l’examen de la vie et de l’œuvre de son père, Giovanni Santi, occupe vingt-cinq pages, et ce passage représente à lui seul le quart du petit livre d’Henri Focillon qui se contente de résumer en quelques lignes ce qui précéda la naissance !

Rien n’est laissé dans l’ombre : sa naissance en 1483 à Urbin dans une maison sans apparence, mais d’une famille reçue à la cour ; les cinq années passés entre la mort du père – et nous n’avons, pour témoigner de la période qui va de la mort de ce dernier jusqu’au départ pour Pérouse que la ressource du Livre d’esquisses dont la centaine de dessins, que Müntz, on l’a vu, revendique presque tout entier en faveur de Raphaël et qui contient tout l’apprentissage du jeune peintre - le départ pour Pérouse et son entrée dans l’atelier du Pérugin, vers la fin de l’année 1499.

Arrêtons-nous un instant dans cette ville farouche. La piété franciscaine gouverne les âmes, mais le jeune Raphaël se trouve plongé dans une mêlée féodale où se massacre les familles, les classes sociales et les quartiers ; dans laquelle la campagne fait la guerre à la ville, les bourgeois aux nobles et où les bourreaux d’hier sont les victimes du jour ; on est tyran et assassin le matin, proscrit le soir. L’historien nous dit que le territoire de la république compte alors quatre-vingt villages fortifiés et cent-vingt châteaux ! c’est dire le contraste que nous offre la peinture séraphique du Pérugin avec les spasmes de cette sauvagerie.

Pietro Vanucci, dit le Pérugin, génie contemplatif, d’une mystique simple mais dont l’amour du gain semblait croître avec la fortune, un fabricant de saints selon le mot de Taine, passe aujourd’hui pour un peintre à peine au-dessus du goût de son public. C’est le jugement courant ; songeons cependant qu’avant de tomber dans la répétition, son œuvre fut admirée par le jugement exigeant de ses contemporains, qu’il fut réclamé à Rome et que le propre père de Raphaël, dans un de ses sonnets, l’égale à Léonard de Vinci. On peut être certain que Raphaël l’aima et, si l’on suit Vasari, c’est le maître de Pérouse qu’il faut reconnaître à ses côtés sur la fresque de l’Ecole d’Athènes.
La peinture ombrienne est dans un univers clos, dans un temps comme suspendu, parmi la dernière des écoles italiennes à recevoir les éléments antiques dans son propre fonds local et dans lequel ni les sujets de l’histoire contemporaine, ni ceux tirés de l’’histoire antique, n’était admis. On pourrait feuilleter les pages de l’album de cette école sans rien apprendre des passions politiques comme des passions intellectuelles de l’époque. Elle est le conservatoire de cet art religieux des ordres mendiants que Louis Gillet a évoqué, et cette dévotion suave dictait aux peintres un univers étroit auquel la clientèle ne trouvait rien à reprendre.

Müntz relativise, en historien rigoureux et aux dépens de la légende, la précocité de Raphaël : elle n’est pas sans exemple, elle n’est pas exceptionnelle. Il faut du reste manier avec précaution ces notions de précocité dans un temps où Fra Bartolomeo possède à quinze ans son propre atelier et où, si Cennino Cennini, dans son livre classique, fixe à sept années seulement le temps de l’apprentissage, il faut se souvenir qu’on rentre à huit ou neuf ans dans cet état, comme le fit le Pérugin lui-même ! A l’opposé de ce que nous croyions savoir, Müntz n’hésite pas à nous dire que le développement de Raphaël a été lent et laborieux, et que nul miracle n’opéra dans ce développement : lorsqu’il entre en apprentissage, il a seize ans déjà. Il est plutôt en retard : si les cinq années qui séparent la mort de son père de son départ vers Pérouse ne peuvent être comptées pour rien, il faut se souvenir que nous sommes à une époque où un peintre de vingt est réputé être en mesure de recevoir et d’exécuter les demandes les plus exigeantes.

Mais lorsqu’il posséda son métier, il le posséda plus complètement que les autres.
C’est par Le Mariage de la Vierge en 1504, une commande passée pour l’église saint François de la modeste bourgade de Citta di Castello, que Raphaël signe ses adieux à l’atelier, en un hommage sincère, mais dans lequel se reconnaissent toutes les promesses du futur. Pérugin avait peint le même sujet quatre années auparavant. Eugène Müntz nous propose les deux gravures face à face.  C’est bien l’ordonnance qu’avait choisi le vieux maître mais on change d’époque. L’ambitieuse architecture, si antique, la gravité des hommes autour de saint Joseph, la calme beauté des femmes autour de la Vierge font que le tableau de l’apprenti est supérieur à celui du maitre, dans toutes ses parties.

Raphaël a vingt ans, et, nous le verrons ensemble la semaine prochaine, il se sent suffisamment pour se plonger dans le brûlant foyer artistique de la Renaissance : Florence.

[1] Raphaël, Eugène Muntz, Librairie Hachette, deuxième édition, 1886. Une version abrégée, publiée en 1901, chez Henri Laurens est disponible sur Gallica. On peut ajouter à ce corpus raphaélesque Les Historiens et les Critiques de Raphaël, Librairie de l'Art, 1883 ; et Les Tapisseries de Raphaël au Vatican et dans les principaux musées ou collections de l'Europe, Rothschild, 1897. Et parce que Jules II confia à Raphaël les fonctions de diriger ses fouilles et d’ordonner ses collections d’antiques, on n’oubliera pas Plan et monuments de la Rome antique, Imprimerie de la paix, 1892 et Antiquités de la ville de Rome, Ernest Leroux, 1886

[2] Michela Passini, Eugène Mûntz : un interlocuteur français d’Aby Warburg https://journals.openedition.org/imagesrevues/2908
[3] On consultera avec profit sur ce sujet le lien suivant https://www.aibl.fr/membres/academiciens-depuis-1663/article/muntz-louis-frederic-eugene 

[4] Michela Passini, L’œil et l’archive, Une histoire de l’histoire de l’art, La Découverte, 2017

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Le prix Renaudot 2020 attribué à Marie-Hélène Lafon pour Histoire du fils nous rappelle que les romans paysans ont souvent recueilli le suffrage des prix littéraires. Récemment, nous évoquions Campagne de Raymonde Vincent récompensée en 1937 par le prix Femina. Cette même année, Jean Rogissart avec son roman Mervale obtenait le Renaudot... Aujourd'hui, nous parlerons de l'admirable Vie d'un simple de Emile Guillaumin qui, par sa facture, fait aussitôt penser à Marie-Claire (Prix Femina 1910) de Marguerite Audoux.

06/12/2020, 00:00

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Les Ensablés - « L’axel littéraire de Jeanine Garanger » par François Ouellet

Voici un cas inattendu : Jeanine Garanger, née Hagnauer, étudiante en droit et championne de patin artistique qui devait publier deux ou trois choses assez délicates dans les années 1930, avant de disparaître complètement de la scène littéraire.

22/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - À l'ombre de Maurice Genevoix, par Elisabeth Guichard-Roche

Le 6 novembre 2018, le Président de la République était dans la Meuse, aux Eparges, lieu d’une terrible boucherie durant la première guerre mondiale. Recueilli devant la statue de Genevoix, il annonçait son entrée au Panthéon pour le 11 novembre 2020. Il y aura deux panthéonisations : celle du romancier et celle à titre collectif de ceux de quatorze annonçant la Nation combattante.

Depuis 10 années, les Ensablés explorent la littérature du XXème siècle, et il nous est venu l’idée de répertorier les écrivains qui ont connu la Grande Guerre et dont nous avons abordé les œuvres. Cela constitue en quelque sorte notre Monument aux morts, pour ne jamais oublier…

11/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Il nous est arrivé d'être jeunes" de François Bott

Une fois de plus, on en revient à cette collection de poche dirigée par Alice Déon, "La petite Vermillon" qui m'enchante depuis plusieurs années. Indifférente à la mode, La Table Ronde ose rééditer des textes qui ne feront certes pas la une des journaux littéraires de plus en plus conformistes, mais ravissent ceux pour qui la littérature est l'affaire de leur vie.

Aujourd'hui, il me faut parler d'un livre qui m'a ravi "Il nous est arrivé d'être jeune" de François Bott.

01/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Captain Cap" d'Alphonse Allais

« Jetons par-dessus bord paperasses et registres, et avec les ronds de cuir de ces incapables, faisons des bouées de sauvetage. »
Tel est l’un des principaux points de la profession de foi d’Albert Caperon, dit Captain Cap, candidat aux élections législatives de 1893. « Anti bureaucrate » et anti européen » il se présente comme un aventurier qui a passé « les trois quarts de sa vie sur mer et les deux tiers de son existence sur les terres vierges. »

18/10/2020, 09:00

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Les Ensablés – Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) par le comte de Fels

Le temps des vacances s'approche, ou s'éloigne : souvenez-vous, nous avions passé l’été à travers la Provence, en compagnie de Jean-Louis Vaudoyer. Cette fois, nous n’irons pas si loin, à peine pousserons-nous aux limites du département de la Seine-et-Oise ! Car nous sommes en 1927 et Jean-Louis Vaudoyer m’a demandé d’interviewer le comte de Fels, pour sa biographie d’Ange-Jacques Gabriel [1]. Le moyen de refuser ?

04/10/2020, 09:00

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Les Ensablés - L’incertitude amoureuse de René Laporte (1905-1954)

René Laporte est né à Toulouse dans une famille bourgeoise de magistrats et d’universitaires. Il fait des études de droit, mais lance, à dix-neuf ans, une revue bi-mestrielle, Les Cahiers libres, artistiques et littéraires, puis fonde les éditions du même nom qui, entre 1925 et 1934, publieront environ 150 ouvrages.

20/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac: “Le vélo” de René Fallet

L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Attaque des titans, Demon slayer, Rowling : les 200 meilleures ventes (semaine 41)

PALMARÈS – Grosse semaine pour le monde du manga, puisque le tome 34 de L’Attaque des titans d’Hajime Isayama balaye tout sur son passage. Et deux fois plutôt qu’une puisque l’édition limitée et la version classique publiées chez Pika, prennent la tête des ventes (trad. Sylvain Chollet, adaptateur Olivier Marcel). Et plus largement, le manga se paye une belle tranche de réussite, plaçant le tome 19 de Demon slayer dans les 5 meilleures ventes — et bien entendu, le nouveau livre de JK Rowling fait son apparition.

22/10/2021, 11:03

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Trafalgar - 21 octobre 1805 : Nelson 1 – Napoléon 0

À l’occasion du bicentenaire de la mort de l’Empereur Napoléon, les éditions Passés Composées sortent une nouvelle édition du livre du contre-amiral et historien Rémi Monaque, Trafalgar. Ce tableau extrêmement complet des tenants et aboutissants de la célèbre bataille avait d’ailleurs reçu le Grand Prix de la Fondation Napoléon en 2005. J’entends déjà grincer les dents des « aficionados » de l’Empereur. C’est un peu comme parler d’Alésia à Abraracourcix.

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Maikan : quand le Canada décidait d'apprendre “à lire et à écrire” aux Autochtones

Montréal, de nos jours. La jeune avocate Audrey Duval, pour répondre aux sollicitations du barreau qui incite ses membres à accepter de plaider, une fois par an, une cause sans honoraires, a décidé de ne pas faire le choix d’une cause trop semblable à ses interventions habituelles en droit des affaires. Non !

20/10/2021, 14:33

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Totale Résistance : Helge Reumann, un monde en (mal)formation

Massacres de branches de bois partiellement anthropomorphes sadiquement exécutées par des bûcherons burinés, larve miraculée assassinant ses congénères à l’aveugle une fois une kalachnikov en main, affrontements âpres virant à plusieurs exterminations de masse... Voici une partie du programme qui attend le lecteur de ces planches hypnotiques de Helge Reumann. 

20/10/2021, 12:55

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Festin d’Anne Brugni et McCloud Zicmuse : ma vie de miche

De la naissance d’un champ de blé à une dégustation collective autour d’une table, Festin nous présente différentes étapes de la « vie » d’une miche de pain. Après Bonjour (qui suivait le cycle d’une journée) et Chemin (qui nous entrainait dans une balade bucolique), Anne Brugni et McCloud Zicmuse concluent ici une trilogie originale.

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Meurtres à Tautavel : un pendu qui aura donné sa langue au chat

Entre Corbières et Pyrénées, c’est dans le Fenouillèdes que se niche le petit village de Tautavel dont la notoriété est aujourd’hui plus associée à la découverte, à la Caune de l’Arago, de morceaux du squelette du plus ancien humain identifié dans toute l’Europe (0,5 million d’années !!!), qu’aux ruines du château médiéval qui dominent les maisons du village !

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« Je n’aurais jamais dû composer ce foutu numéro. » Une première phrase, qui ouvre ce roman de Louis-Philippe Dalembert, et happe. Pas question de s’arrêter de lire, lorsque l’écriture, incisive et exacte en tout point, nous invite à dévorer chaque page. S’offre alors au lecteur une histoire fictive, qui sonne pourtant si terriblement vrai. 

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Ascension fulgurante de Patrick Modiano : les 200 meilleures ventes de la semaine (40)

Pas de grands mouvements cette semaine, l’hydre Musso/Zemmour continue de monopoliser l’attention des lecteurs. En termes de chiffre d’affaires, le premier représente 3,36 millions € et le second 4,05 millions €. Non négligeable. Mais voici qu’une lueur surgit : Chevreuse de Patrick Modiano. Plus de 11.600 exemplaires en l’espace d’une semaine.

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Avec Liberty, Simon Liberati inclassable et caractéristique

BONNES FEUILLES – Les Éditions Séguier, connues pour leur catalogue de « curiosités », publieront un récit d’une nature à la fois inclassable et néanmoins caractéristique du style Liberati. Auteur de onze ouvrages, Simon Liberati fut lauréat du Prix de Flore pour L’Hyper Justine ainsi que du Prix Femina pour Jayne Mansfield 1967. Son livre Eva a été unanimement salué par la critique. 

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Kukum : le lac, les rivières et le couple

Années 18... et quelques, sur les bords du lac Saint Jean, au fond du fjord du Saguenay au Québec. Almanda est une jeune orpheline qui vit avec un couple d’agriculteurs, qu’elle appelle « mon oncle » et « ma tante », qui triment chaque jour pour arracher à leur lopin de terre des bords du lac une maigre subsistance. Du haut de ses quinze ans, Almanda leur donne un coup de main à la petite ferme — elle adore traire les vaches — quand elle n’est pas à l’école où ses résultats sont prometteurs. Mais face à ce lac grandiose, Almanda rêve.

14/10/2021, 11:43

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Moi, Calife... Iznogoud et c'est comme cela qu'on l'aime

Six années depuis le dernier tome qu’avaient cosigné Laurent Vassilian et Nicolas Tabary — et qui très personnellement, ne m’avait pas emballé. « Moi président », clamait voilà peu encore un heureux candidat à l’Élysée, dont on se gardera bien de dire que les promesses n’engagent que ceux qui les croient (ah, tiens, non…) ! Eh bien, ô Grand Vizir, qu’en est-il de votre débordante ambition : vous, Calife, que gagnerait le bon peuple de Bagdad ?  

13/10/2021, 13:08

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Mashle : invasion de choux à la crème et de coups de poing à Poudlard

Mash est né sans magie dans un monde où les non-magiciens sont tués à la naissance. Mais son papa d’adoption l’a protégé au fin fond d’une forêt. Mash a donc grandi à l’écart du monde, en ne faisant que… de la musculation. Désormais menacé, notre héros va devoir intégrer l’académie de magie la plus prestigieuse du pays. Ses muscles suffiront-ils à sa survie ? Un manga hilarant qui brise tous ses propres codes. 

13/10/2021, 11:28

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Mathieu Lindon : seul contre tous

Après Hervelino paru en début d’année, où Mathieu Lindon évoquait son compagnonnage avec l’écrivain Hervé Guibert, l’auteur revient cette même année avec un texte tout d’un bloc. Un bloc de haine, contre les « autres ». Une centaine de pages d’éructations qui prennent sens dans l’intégralité du texte, même si cette haine sans objet autre que ces autres confine à la répétition. 

 

13/10/2021, 10:34

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Andrée Viollis : Criquet. “Être une femme, c'est être empêchée”

Dans les premières années du XXe siècle, la famille Dayrolles a l’habitude de passer l’été dans une vieille maison sur une île de la côte vendéenne. C’est là que, jeune fille de presque quatorze ans, Camille, que tout le monde surnomme Criquet, retrouve, avec un bonheur à chaque fois renouvelé, ses vêtements élimés de garçonne pour courir, sauter, parcourir les plages, les rochers, la campagne en compagnie de son cousin Michel, chasser avec son arc les poulpes dans les creux d’eau, profiter de ces moments privilégiés de liberté et de vacances.

12/10/2021, 14:38

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Les vivants et les morts en quatre livres

De la poésie de Bukowski à la folie cyberpunk de Philip K. Dick, du prophétisme d'un génie russe inconnu à la biographie d'un des plus grands représentants du spectacle vivant, une question : où est la vie et où est la mort ? Quatre livres de poche posent la question, chacun à sa manière.

 

 

12/10/2021, 14:06

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Troisième tome : le dernier Atlas tire en pleine cible

Dire qu’on attendait le troisième et ultime tome du Dernier Atlas est un euphémisme. Les deux premiers volets avaient prouvé à quel point Vehlmann et Bonnneval ont peaufiné leur scénario et leur univers d’anticipation pour aboutir à un des projets les plus solides et novateurs de la décennie. Ce dernier tome, plus sombre, plus fort, démontre que les scénaristes avaient gardé des atouts dans leur manche pour transformer ce récit d’anticipation en fable morale et politique, mais toujours aussi palpitante et bourrée d’action.

11/10/2021, 10:23

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Blacksad, Cyril Lignac et Star Wars : les 200 meilleures ventes de la semaine (39)

Le duo de la rentrée, Guillaume Musso et Éric Zemmour, continue de truster les deux meilleures places du classement. Si Blacksad — la première partie du tome 6 de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido –, entre à la troisième place, Cyril Lignac occupe la quatrième. Et la science-fiction fait soudainement son apparition… Avec une bande dessinée Star Wars. Eh oui, les goûts et les couleurs, comme chaque semaine…

09/10/2021, 16:07

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La Princesse rebelle : déconstruire les conceptions traditionnelles du genre

Pour amorcer la rentrée littéraire 2021, les éditions du Rouergue ont dévoilé un nouveau album jeunesse : La Princesse rebelle se dévoile, scénarisé par Guillaume Guéraud et illustré par Henri Meunier. À travers l'incarnation de cette princesse fougueuse, les parents sont invités à amener leurs enfants - filles et garçons, bien entendu - à déconstruire pas à pas les constructions traditionnelles autour du genre. Loin de vouloir se positionner explicitement et uniquement comme un livre politique, les auteurs cherchent avant tout à donner la force à leurs jeunes lecteurs de devenir les maîtres de leur destin. 

07/10/2021, 17:08

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Se perdre dans Blizzard, pour mieux se retrouver

Alaska. Une tempête effroyable – et un garçon égaré. Il n’a fallu qu’une minute, le temps pour Bess de refaire son lacet, et le voilà disparu au cœur de ce blizzard impétueux. L’espoir de le retrouver est infime. Pourtant, elle n’hésite pas et se lance à sa recherche, désespérée, suivie de près, sans le savoir, par les autres protagonistes de ce roman tissé avec justesse par Marie Vingtras.

07/10/2021, 15:58

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Jacques Schiffrin, ou l’édition hissée au rang des beaux-arts

Alors que sort ce 7 octobre, L'Espèce humaine et autres écrits des camps dans la plus prestigieuse des collections française, la Pléiade, Amos Reichman publie au Seuil le même jour, une biographie du créateur de la collection, Jacques Schiffrin. Ce juif russe adopté par la France sera lui-même victime de cette époque tragique. Sacrifié par une France défaite et pour beaucoup, antisémite, il restera un éternel apatride et un éditeur qui tenta de hisser son métier au sommet.

 

07/10/2021, 08:10

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Je connais peu de mots : Elisa Sartori interroge plus que le langage

Une femme exprime les difficultés d’apprentissage d’une langue étrangère. Mais à travers ces confidences d’une gêne de communication, il nous semble qu’Élisa Sartori raconte autre chose, qu’un récit enchâssé se love dans ces images, un drame ineffable, beau, profondément intime et éminemment visuel.

06/10/2021, 15:13

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Le dessinateur Vincent Mallié s'empare des aventures d'Arsène Lupin

BONNES FEUILLES – Découvrez les aventures d’Arsène Lupin, le plus téméraire des cambrioleurs, dont les seules armes sont l’esprit et l’audace ! Dans ces neuf nouvelles, il réalise d’incroyables tours de passe-passe pour voler les bourgeois. Jamais vraiment le même, toujours différent, Arsène Lupin est insaisissable ! 

05/10/2021, 11:34

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Banana Fish, les mots qui tuent

Banana Fish. C’est la dernière chose qu’a dite ce soldat américain au Vietnam, après avoir disjoncté et tué trois de ses camarades, et juste avant qu’on perde sa trace. 12 ans plus tard, ces mots refont surface. Le jeune chef de gang Ash Lynx les entend d’un homme qu’on assassine dans une ruelle. Et plus Ash cherchera à comprendre, plus le mystère s’épaissira. Dans le même temps, l’étau de la mafia se resserre sur lui… 

05/10/2021, 10:16

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Vertèbres : ne pas confondre philanthropie et lycanthropie 

« Vous qui venez ici dans une humble posture », chantait le poète. Oui, n’en déplaise aux commentateurs chafouins, j’aime bien Musset... Le poète chantait, donc, mais n’avait pas conscience ce que sa fulgurance poétique aboutirait, deux cents ans et quelques brindilles plus tard, au roman de Morgane Caussarieu. Et comme l’époque est à l’injonction de « faire ses propres recherches », les miennes m’ont conduit en ces territoires…

05/10/2021, 09:18

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Les ombres du passé de Gabriel Zallas  

Une heure du matin, un coup de téléphone mystérieux sur le portable de Bernard sonne et le réveille. Un bref échange de phrases avec son interlocutrice, une attitude inhabituelle qui l’intrigue mais, demain, finies les vacances, il est prévu qu’il parte prendre son avion tôt le matin. Sa nuit sera courte… et agitée. 

04/10/2021, 15:48

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La maison des Kalonoros de Gabriel Zallas 

Dans le nord de Madagascar, dans la région Diana, une petite municipalité en plein développement, où l’on y trouve de l’or, des pierres précieuses et surtout, on y cultive la vanille, cet « or vert ». Ses richesses naturelles attirent bon nombre d’aventuriers, y compris des astrologues, guérisseurs, marabouts, etc., surtout à Sengolaka, à quelques kilomètres avant l’entrée de la ville.

04/10/2021, 15:48

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Cet Autre Moi de Denise Périgault

Ce moi que j’ai construit depuis ma naissance pourrait-il être autre ? Ou, suis-je destiné(e) à être le MOI que je suis, que je l’estime être bon ou mauvais ?

04/10/2021, 15:20

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Chaud, de Victoire Loup : une co-édition par Hachette Cuisine et Human Humans 

Hachette Cuisine & Human Humans lancent en commun une collection capsule de livres de recettes de chefs. Chaud, le nouveau titre de Victoire Loup, journaliste gastronomique et consultante culinaire entre autres, inaugurera la collection et réunira 60 recettes de chefs « pour séduire ». Le livre paraîtra le 3 novembre prochain. 

04/10/2021, 12:01

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Fabien Vinçon raconte le “tabou de l’inceste féminin” dans La Cul-Singe 

BONNES FEUILLES – La Cul-singe, c'est le surnom que lui donnaient ses petits-fils. Gabriel, son préféré, est aspiré depuis toujours dans le huis clos incestueux qu'a construit cette grand-mère hors norme. Deux obsessions la hantent : le sexe et son gendre. Racontée à travers un regard d'enfant, cette autre Folcoche incarne les femmes d'une certaine époque. Épouse au foyer, elle n'a pas le permis de conduire, ni la permission de signer ses chèques.

04/10/2021, 11:10

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Comme une Déesse : Roxane Malone s'occupe des coeurs brisés

Nina, pétillante trentenaire, est à la tête des Déesses, une agence conçue pour aider les femmes à tourner la page après une rupture... Soutenue par Marie-Jeanne, une septuagénaire bikeuse et bricoleuse, et par Jade, son assistante administrative, elle a réussi à créer un lieu cosy, qui offre aux femmes tout ce qu’il leur faut pour retrouver confiance en elles et démarrer une nouvelle vie. Spa, relooking, shopping, cours de pole dance, gogo dancers, il y en a pour tous les goûts !

 

04/10/2021, 10:30

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Des hommes sans femmes : Murakami, au rythme de la musique

Au sortir de la lecture de Birthday Girl (trad. Hélène Morita) avec laquelle Haruki Murakami m’avait ravi, j’ai voulu poursuivre ma découverte de ses autres écrits. Sur les conseils de mon libraire, je suis donc reparti avec, dans ma poche, Des Hommes Sans Femmes, un recueil de nouvelles (trad. Hélène Morita) de cet auteur dont j’avais tant apprécié les talents de narrateur.

04/10/2021, 09:49

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Alexandre Najjar : 20 années d'un territoire, Le syndrôme de Beyrouth

Embrasser et saisir Beyrouth par le biais du regard d’une femme et le déploiement d’une fresque déroulée sur trente ans, c’est le pari osé et réussi que relève Alexandre Najjar dans son nouveau roman Le syndrome de Beyrouth. Par Denis Gombert.

03/10/2021, 15:49

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 Alice Guy de Catel & Bocquet : première réalisatrice que l'histoire a enterrée

Alice Guy n’est pas n’importe qui : cette Française fut la première réalisatrice de l’histoire du cinéma, créant pour Gaumont plusieurs centaines de films, depuis les premiers courts métrages muets jusqu’à d’impressionnants films à (très) gros budgets. De succès en flops, de découvertes techniques en explorations artistiques, la vie d’Alice Guy se confond avec l’histoire du septième art, alors balbutiante. La voici à présent immortalisée en bande dessinée, grâce à l’impressionnant duo de biographes de Casterman : José-Louis Bocquet au scénario et Catel Muller au dessin.

01/10/2021, 16:23

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Fanny Taillandier étend ses Empires

Quelque part au milieu du XXIe siècle. La physionomie politique de l’Europe a bien changé, certaines frontières ont disparu pour laisser la place à une autre organisation de l’espace. Par exemple, les bords de la Méditerranée, de Marseille à Gênes, font partie de la nouvelle région, La Ligurie, qui tient son nom des occupants que ses rivages escarpés et difficiles d'accès ont pu protéger des envahisseurs depuis le Néolithique.

01/10/2021, 13:12

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Les 200 meilleures ventes de la semaine : Musso passe devant Zemmour (38) 

Dans une rentrée littéraire un peu moribonde, où les prix littéraires sont chahutés par d’épineuses questions d’éthique, voici que jaillit Guillaume Musso. Sur la semaine passée, du 20 au 26 septembre, son nouveau roman L’inconnue de la Seine prend l’ascendant, avec un démarrage foudroyant – plus de 75.000 exemplaires. Et sur le marché global, Star Wars et Cyril Lignac pointent le bout de leur nez…

01/10/2021, 13:07