J'ai découvert l'existence de Binet-Valmer par hasard, en relisant l'excellente biographie de Pierre Assouline sur Simenon (Julliard 1992). En 1922, Simenon quitte Liège pour Paris et débarque à la gare du Nord, seul. Il a derrière lui trois années de journalisme passées à la Gazette de Liège où il a fait un peu de tout, notamment les faits divers qui l'inspireront plus tard (cliquer ici). En poche, peu d'argent, mais une lettre de recommandation qui lui permet de trouver un emploi de secrétaire auprès d'un homme alors célèbre, Binet-Valmer.
Le 18/01/2015 à 14:54 par Les ensablés
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18/01/2015 à 14:54
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Par Hervé Bel
C'est cet homme, Binet-Valmer, qui, quelques mois plus tard, le recommandera à son tour pour le même emploi auprès du marquis de Tracy qui jouera un grand rôle dans la vie de Simenon (il le mettra en scène dans "L'affaire Saint-Fiacre".
J'ai voulu lire quelque chose de ce Binet-Valmer, et en savoir plus. J'ai pu me procurer "Le désordre"(219 pages) publié en 1923 chez Flammarion, au moment où, justement, Simenon travaille encore pour lui, insatisfait d'ailleurs, car il est chargé du courrier et de tâches ingrates.
Qui était Binet-Valmer? Il est né en 1875, à Genève. C'est un romancier ayant une douzaine de romans à son actif lorsque Simenon le rencontre. Le succès lui est venu avec la publication des Métèques en 1900, premier volume d'un cycle au titre ambitieux "L'homme et les hommes" (dont le Désordre est d'ailleurs le dernier roman). Il a publié en 1913 (année de la parution de "Du côté de chez Swann) un roman intitulé "Lucien" qui a fait scandale puisque le héros est un jeune homosexuel. Il y défend le droit d'aimer différemment. Pourquoi serait-ce un crime?"... N'est-il donc d'autre amour que celui qui crée?... Les hommes sont bien misérables s'ils n'ont que le droit de se reproduire!... jadis, quand notre race était jeune, dans le décor des marbres d'Athènes, nous aurions été, vous et moi, les mains unies, entendre les leçons de notre maître et nul n'aurait médit notre amour (lire l'article dans "Culture et questions qui font débats", cliquer ici).
Et puis son destin bascule. Lorsque la guerre éclate en 1914, il se fait naturaliser français et s'engage comme deuxième classe dans l'armée française où il excelle. Blessé trois fois, il finit la guerre lieutenant, chevalier de légion d'honneur, et, comme beaucoup, profondément marqué. En 1919, il créée la Ligue des chefs de section et des soldats combattants dont l'objectif est de venir en aide aux anciens combattants et de faire entendre leur voix. On lui doit la proposition de transférer un soldat inconnu sous l'Arc-de-Triomphe. Mais Vaillant-Couturier, dans le Populaire (21/04/1919) tout en reconnaissant le courage du lieutenant Binet-Valmer, condamne la ligue comme étant une "ligue pour la guerre civile".
Après le départ de Simenon, Binet-Valmer écrira encore quelques romans, des biographies historiques, mais la période faste semble derrière lui: la politique prend le pas sur la littérature. Homme étonnant... "Généreux et décrié Binet-Valmer", comme le dira Montherlant en le remerciant de son soutien pour son roman "La relève du matin". "L'Aurore" en 1912 le qualifie d'homme "persuasif et tendre." Il semble bien que la guerre l'ait singulièrement changé.
En 1934, il participe à la manifestation sanglante du 6 février avec les camelots du roi. En 1938, il écrit dans "Phalange" un court éloge du général Franco. Il meurt en 1940. Peut-être est-ce mieux ainsi... Que serait-il devenu sous l'occupation? Il repose dans le petit cimetière de Ressous-sur-Metz, village qu'il avait délivré en 1914.
Il faudrait sans doute, si on avait le temps, lire plusieurs de ses romans. Je me contenterai du "Désordre", roman intéressant par la question qu'il soulève, mais écrit trop vite. Il se compose pour l'essentiel de dialogues (un peu d'ailleurs comme certains Maigret de Simenon). Les descriptions y sont courtes, malheureusement insuffisantes. Beaucoup d'ellipses gâchent la fluidité de la narration. Et pourtant...
Jean-Gustave Binet, dit Binet-Valmer
Une remarque importante: le texte est dédié à François de Curel (1854-1928), auteur dramatique fort célèbre en son temps et dont Binet-Valmer a été le secrétaire. Or, le roman met en scène Alexandre Carrier ("très grand, sec, les épaules voûtées comme sous le fardeau des applaudissements"), auteur dramatique célèbre lui-aussi, et son secrétaire Gassines. Avant la guerre, Carrier a écrit une pièce de théâtre considérée comme un chef-d’œuvre : "La détresse". Une pièce sur l'amour désormais considérée comme un classique.
Trop âgé pour combattre, il n'a plus rien publié depuis 14, mais travaille, on le sait à Paris, sur une nouvelle pièce qui parle de la guerre, et que les critiques parisiens attendent avec curiosité. Tous se posent la même question : est-ce que Carrier est encore capable d'écrire un chef-d’œuvre? Saura-t-il parler de la guerre comme il a su le faire de l'amour? Beaucoup en doutent: il n'a pas fait la guerre. Peut-on écrire sur ce que l'on a pas connu? Deux actes ont été rédigés avec la collaboration de son secrétaire Gassines qui éprouve pour lui une affection mêlée d'envie. Gassines, dans sa première jeunesse, promettait beaucoup. Jadis au crépuscule, la journée finie, l'esprit fécondé, (il) mettait en forme ses rêves. Lui aussi écrivait un roman jamais achevé, s'enivrait d'images, créait des êtres (...) Gassines a vieilli, il ne crée plus.
Très vite, l'on comprend que Carrier doute de lui-même. Pour retrouver l'inspiration, il va se réfugier dans sa gentilhommière située aux abords du front déserté et dont la tour a été détruite. L'obus, en tombant, a brisé l'escalier intérieur, isolant le cabinet de travail où Carrier a pu écrire ses grands livres. Il ne peut plus y accéder. Ce bureau, au fond, symbolise ce que craint Carrier: il est coupé de lui-même, du créateur qu'il était. Il voudrait dire la vérité sur le soldat des tranchées, montrer son sacrifice consenti, sans même parfois s'en rendre compte. Dire qu'il ne faut pas l'oublier.
Mais comment? C'est l'occasion pour le lecteur de mesurer dans quel état désastreux se trouvait encore la ligne de front trois ans après l'armistice: terre bouleversée, encore grise, arbres arrachés, buissons chétifs, et parfois, lors de promenades la découverte de cadavres de soldats desséchés. Carrier est bouleversé, partage son émotion avec Gassines, mais rien ne vient. Le matin, en se relisant, Carrier est insatisfait, désespéré. Pour l'accompagner, il a sa femme qui lui est totalement dévouée, mais aussi sa maîtresse, celle à qui, avant la guerre, il a donné le rôle principal de sa pièce "La détresse".
Autour de lui, l'admiration, trop. Il pressent que celle-ci s'adresse désormais à un autre que lui. Pendant ce temps à Paris, des personnages secondaires (déjà apparus semble-t-il dans des romans précédents) qui connaissent Carrier, et qui, eux, ont fait la guerre: un aveugle, un amputé. Mais aussi des personnes du grand monde, des politiciens indifférents, dont Binet-Valmer dresse un portait féroce. Parfois avec des éclairs qui font songer à ceux de Proust et d'Oscar Wilde. On y trouve d'ailleurs un jeune homosexuel cynique et tendre, dont la vie consiste à faire de bons mots. Il y a de la matière comme je le disais. Mais Binet-Valmer n'approfondit pas, caricature parfois. On ne sent pas assez le désespoir de l'écrivain qui sait ce qu'il voudrait dire, mais n'arrive plus à utiliser ses outils: les mots. Impuissance psychique. Tout cela finira très mal, lors d'une nuit où Carrier et Gassines, se découvrant des traits communs, périront tous les deux.
Voilà, cher lecteur, vous connaissez un peu mieux désormais celui qui fut, pendant quelques mois, en 1922, le maître de Simenon. Je suis content de lui avoir fait ma petite stèle.
Par Les ensablés
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11/05/2025, 09:00
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L’amitié a longtemps occupé, dans les récits, la place de la relation qui va de soi : solide, secondaire, moins spectaculaire que l’amour. Autant que l’amour refuse précisément ce confort. Sous la direction de Charlotte Pudlowski, six textes de non-fiction signés par sept autrices regardent ce lien là où il protège, déçoit, domine, libère ou recommence.
08/10/2026, 10:22
Dans un monde partagé entre quatre peuples, la mort d’un jeune Naga lors d’un rituel va bouleverser un fragile équilibre. Accusé à tort, Ryun Pei fuit vers le nord, où il doit rejoindre une escorte composée de représentants de chacun des peuples. Traduit du coréen par Kette Amoruso.
08/10/2026, 07:30
Une joggeuse disparaît sans laisser de trace. Son mari, écrivain de romans policiers, devient le principal suspect. Cinq ans plus tard, la découverte d’ossements humains relance une affaire que certains auraient préféré voir enterrée. Avec The Crime Writer, Diane Jeffrey mêle enquête, secrets de famille et fascination pour le crime parfait.
08/10/2026, 06:00
Premier roman du britannique Dominic Nolan : On a parlé de Dominic Nolan l'an passé avec un sacré roman, White City, un polar inscrit dans sa fresque socio-historique sur le Londres des années passées, qui lui a valu notoriété et succès depuis Vine Street. Le revoici dans un registre plus classique, avec J'étais Abigail Boone qui fut son premier roman publié en 2019 en VO. Un second épisode mettant en scène l’héroïne amnésique Abigail Boone (After Dark - 2020 en VO) n'a pas encore été traduit en français.
07/10/2026, 17:38
Les Uns et les Autres raconte en effet beaucoup de choses. Des histoires d’amour. Des séparations. Des ambitions. Des rencontres. Des enfants. Des morts. Mais le film raconte surtout que nous vivons des vies personnelles à l’intérieur d’une Histoire qui, elle, ne nous demande jamais notre avis. Propos recueillis par Jean-Charles Bettan, psychanalyste à Cannes.
07/10/2026, 16:35
Dès le préambule, la subjectivité du philosophe est impossible à séparer de ce qu’il raconte. Mais comment écrire ses mémoires partagés avec ce que l’on a vu, ceux que l’on a rencontrés, les causes que l’on a défendues ou abandonnées, les conflits que l’on a traversés ou atténués, et surtout les noms qui nous ont influencés ? Tout cela compose peu à peu le tableau d’une époque qui n’existe plus tout à fait, mais aussi l’image d’un homme dont l’identité elle-même est déjà un récit.
07/10/2026, 12:19
Un micro derrière un Vermeer. Une chaise médicalisée qui résiste au montage. Un chronomètre autour du cou. Une cassette qu’on ne sait plus faire jouer. Et, au milieu, Laure, revenue dans la maison familiale de Morsan pour y vivre ses derniers jours. Tiphaine Raffier installe L’Hors-Présence ou Chimères du pays de Morsan avec une précision clinique, puis laisse tout se dérégler.
07/10/2026, 10:00
Le titre désigne déjà un piège. Esquisse d’une serial killer (trad. Pierre-Mong Lim) promet le monstre, la mécanique du crime, peut-être le frisson confortable du true crime. Hu Mu-ching fait exactement l’inverse. Elle revient vers Lin Yu-ju, condamnée à mort à Taïwan pour trois meurtres et très vite figée par les médias sous un surnom : la Diabolique. Ébauche prévue le 15 octobre.
06/10/2026, 17:59
Il y a des livres qu’on offre sans raison particulières, juste pour faire plaisir, petit format, une centaine de pages, un prix raisonnable, un livre qui pique notre curiosité ; vous connaissez toutes et tous ce genre de livre qu’on lit en une après-midi et qui laisse une empreinte importante par la suite. Le souci de vivre d’Olivier Carré fait partie de ces livres qui reste longtemps en mémoire tant il parle d’un sujet auquel nous tous aurons à faire face un jour ou l’autre : la mort.
06/10/2026, 17:57
Une valise, un mot, une fracture politique : voici la nouvelle pièce de Lola Lafon. Une valise dépasse de quelques centimètres et, avec elle, tout déborde. Dans une salle d’embarquement, quatre amis d’une quarantaine d’années devraient partir en vacances. Décollage (ou pas), le 15 octobre.
06/10/2026, 17:20
Il y a un principe dans la vie sur lequel il est difficile d’y revenir : on ne peut pas donner l’amour que l'on n’a pas reçu. Pour Franck Maubert, l’amour non reçu vient de cette mère distante, froide, qui le place durant sa petite enfance chez un couple vivant dans une ferme, puis viendra le reprendre pour le laisser à ses parents, couple âgé qui se désintéresse de lui avant de le conduire contrainte chez elle. De cette enfance heureuse en campagne, l’auteur découvrira la joie du silence et une quête mystique dans les églises.
06/10/2026, 15:12
Tokyo s’éloigne, la route monte, le béton cède aux pentes de Shizuoka. Mayumi et Akane ont trente-cinq ans, sont amoureuses et décident de reprendre la plantation de thé du grand-père d’Akane, affaibli par un AVC. Sur le papier, tout ressemble au fantasme contemporain du grand départ : quitter la ville, retrouver la terre, repartir de zéro. Infusion dès le 15 octobre.
06/10/2026, 14:06
Il part à pied pour se remettre d’un chagrin, s’équipe beaucoup trop, achète une ânesse pour porter le tout et découvre presque aussitôt qu’elle n’a aucun goût pour les itinéraires bien tracés. Voyage avec un âne dans les Cévennes tient depuis 1879 sur ce délicieux désaccord entre un homme qui veut avancer et Modestine, qui préfère brouter. Parution le 15 octobre
06/10/2026, 13:32
Philippe Schwartz commence par se méfier de sa propre mémoire. C’est une excellente manière d’entrer dans Toute la famille a eu de la chance. « Aujourd’hui, j’ai conscience d’enjoliver. J’en fais une légende. » Le narrateur ne promet donc ni archive pure ni reconstitution infaillible. Sortie le 15 octobre.
06/10/2026, 12:55
Il y a les livres sur la parentalité, avec leurs principes, leurs méthodes, leurs lendemains mieux organisés. Et puis il y a 17 h 30. Le travail n’est pas fini, les enfants reviennent dans le cadre, le dîner se rapproche et quelqu’un pense soudain : « Purée... Il est déjà 17h30 ! » Quelques cases plus loin tombe le verdict : « J’ai rien foutu. » Mom Alone habite exactement cet espace-là : celui où les bonnes intentions se froissent au contact du réel.
05/10/2026, 17:30
Cette semaine, la Booksletter explore cinq livres qui déplacent le regard sur l’histoire, la morale et nos sociétés : l’économie quotidienne de la Rome antique, les grandes expéditions britanniques en Antarctique, l’humour noir face à la mort, les marchés jugés moralement « répugnants » et le poids de l’époque dans les trajectoires criminelles. Cinq lectures pour éclairer autrement des questions anciennes et très contemporaines, sans simplifier.
03/10/2026, 11:13
Dans ce recueil de cinq nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, Agnieszka Szpila, autrice du très remarqué Hexes, également traduit et publié par Notabilia, imagine de nouvelles manières de désirer pour repenser notre rapport au monde, à l’altérité et à la littérature, qu’elle soit lue ou écrite. Par Emma Tholozan.
03/10/2026, 09:00
À l’occasion de son cinquantenaire, la maison Phébus publie une édition collector d’un de ses romans emblématiques : La boîte en os, d’Antoinette Peské. Un nouvel écrin pour un petit bijou de la littérature du XXe siècle. Par Emma Tholozan.
02/10/2026, 17:37
Dominique Rocheteau avance par souvenirs, visages, sensations et fidélités. Trente récits plutôt qu’une autobiographie chronologique : le dispositif lui va bien et forme cette Soif d’idéal. Il préfère le lien au palmarès, l’émotion au monument. Dès les premières pages, la ligne est donnée : « L’émotion avant tout. » Le ton ne variera guère, direct, pudique, sans désir de régler des comptes. Sortie le 8 octobre.
02/10/2026, 13:13
Être libre, est-ce faire tout ce que l’on veut ? Avec Vive la liberté !, Sybille Hein aborde cette grande question à hauteur d’enfant, en partant de situations concrètes pour aider les plus jeunes à comprendre ce que signifie être libre, mais aussi les limites et les responsabilités qui l’accompagnent. Traduit et adapté de l’allemand par Camille Logoz.
02/10/2026, 07:00
Alors que l’antisémitisme connaît une progression mondiale depuis le 7 octobre 2023, un autre phénomène attire l’attention : le philosémitisme. Dans Les Nouveaux philosémites, Edith Bruder réunit sociologues, politologues et théologiens pour enquêter sur celles et ceux qui se revendiquent « amis des Juifs », « compagnons de route d’Israël », voire « presque juifs ».
02/10/2026, 06:00
Un véritable polar photographique qui met en scène les journalistes mais aussi en filigrane les insurgés hongrois de 1956 : tous ont été les témoins d'événements historiques qui ont façonné notre monde. Mais cette enquête (trop) minutieuse finit par lasser.
01/10/2026, 17:30
Belleville n’est pas un décor dans Bellevilles. C’est une matière vivante : une pente qui coupe le souffle, une terrasse trop pleine, un café où les fidélités se renégocient, un escalier qui sépare deux vies, un trottoir où l’on peut croiser sa propre jeunesse. Samih Amar Tran construit son livre comme une promenade à six voix. Alma, Landrot, Marie, Omar, Jim et Romy prennent tour à tour possession du quartier, chacun avec son rythme, ses angles morts et sa manière de s’y accrocher. Tour du quartier, le 4 novembre.
01/10/2026, 14:00
Deux vieillards s’écrivent comme d’autres croisent le fer. L’un règne depuis Ferney sur l’Europe des idées ; l’autre, aveugle, tient encore salon à Saint-Joseph et refuse de céder sur le goût, l’esprit ou l’art de s’ennuyer. Cher Voltaire restitue moins un échange sage entre deux monuments qu’un commerce vif, capricieux, traversé de silences, de susceptibilités, de nouvelles du monde et d’une commune hantise du vide. Dès 1764, Voltaire le constate : « Notre commerce à tâtons devient vif, Madame. »
01/10/2026, 13:37
Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil. Adrian Tchaikovsky le sait, son narrateur aussi, et Alien Clay (trad. Gilles Goullet) commence donc exactement ainsi : après trente ans de sommeil interstellaire et quelques secondes avant une chute vers une planète carcérale. « Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil, à ce qu’il paraît », observe Arton Daghdev. Alien Clay sortiral le 4 novembre 2026. Science, catastrophe et sarcasme : le roman vient de trouver son carburant.
01/10/2026, 13:01
Entre 1974 et 1976, Martine Faustin tient un journal intime alors qu’elle est pensionnaire à l’Institution Saint Paul de Thiviers, en Dordogne. À quatorze ans, elle y consigne ses amitiés, ses premières histoires d’amour, ses colères et ses envies de liberté. En 2021, elle retrouve par hasard ces trois cahiers, dont elle avait oublié l’existence.
01/10/2026, 09:27
Palais princier, casino, yachts et palmiers : l’image de Monaco semble évidente. Avec Monaco, l’histoire inconnue, Pierre Abramovici entreprend de regarder derrière cette façade et de faire ressurgir 150 ans d’une histoire monégasque faite de luttes de pouvoir, de guerres, d’Occupation et d’épisodes restés dans l’ombre.
01/10/2026, 08:57
Le titre promet la bouteille de trop, l’ivresse qui déborde, peut-être même la gueule de bois. Christophe Esnault cherche pourtant ailleurs. Dans Si le vin ne te rend pas génial, essaye une autre bouteille, le verre n’est ni décor ni prétexte à célébrer la cuite : il ouvre une brèche. Une bouteille, un millésime, un prix, puis la pensée part. Vers les amis, les femmes aimées, le père vieillissant, les écrivains, les chansons, les morts. Vers cette question surtout, ressassée jusqu’à l’obsession : comment demeurer vivant quand la tentation de disparaître rôde dans les marges ?
30/09/2026, 17:55
La Pleureuse (trad. Susanne Juul - Andréas Saint Bonnet) s’ouvre dans l’étouffement. Une jeune fille lutte, perd le contrôle de son corps, tente de comprendre ce qui lui arrive. Une phrase suffit à installer la menace : « Elle ne voulait pas mourir. » Camilla Läckberg ne cherche pas encore l’énigme ; elle impose d’abord une sensation. Puis Fjällbacka retrouve son quotidien, ses restaurants, ses familles, ses plaisanteries, ses habitudes. Sous cette normalité, pourtant, quelque chose attend depuis trente ans.
30/09/2026, 14:00
Maboule est trobairitz. Elle collecte les rumeurs, les regards et les soupirs, puis les change en histoires. De villes en villages, elle sème ces récits récoltés ou entièrement inventés. Venant tout droit de Villedor, où elle a été élevée par ses deux mamans – en fait elle en a quatre, longue histoire –, elle échange une fable contre un repas ou une couchette.
30/09/2026, 13:04
Abdeljalil Lahjomri n’empile pas des comptes rendus : il compose une autobiographie de lecteur. Les Compagnons indociles avance par rencontres, retours, désaccords et fidélités, comme si une bibliothèque pouvait devenir le journal d’une conscience. Dès l’introduction, une phrase donne la mesure du projet : « Les livres sont des compagnons d’éternité. » Le titre ajoute aussitôt ce qui empêche toute dévotion tranquille : ces compagnons résistent, irritent, déçoivent, obligent à relire. L’ouvrage se construit dans cet écart entre attachement et liberté critique. A paraître le 8 octobre.
30/09/2026, 13:00
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