#Droit / Justice

Un roman russe: "Les enfants de l'Arbat" de Anatoli Rybakov, dans la pensée de Staline

« Saga moscovite »

Le 10/06/2012 à 10:35 par Les ensablés

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10/06/2012 à 10:35

Les ensablés

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Un instant, je m'éloigne de mes ensablés pour retrouver le roman russe. Évoquer le roman russe, c’est d'abord songer à d’énormes volumes de papier, car, depuis Tolstoï, le roman russe se veut « total », à la fois historique, policier, psychologique, comportant au moins une dizaine de personnages principaux et une trentaine de personnages secondaires, de multiples intrigues, des histoires à tiroir. Y apparaissent souvent des personnages historiques qui deviennent ainsi romanesques, tandis que les héros fictifs « s’historisent » Cela peut donner des résultats saisissants.J’avais lu le formidable de Axionov racontant la période stalinienne à travers la famille d’un médecin de 1922 à 1953, et je m’étais dit que je ne pourrais jamais retrouver une histoire aussi palpitante, que je plaçais même, je l’avoue, au-dessus de "Vie et destin" de Grossmann. Axionov, rappelons-le, était le fils de Evguinena Ginzburg, membre du parti et déportée en 1938 pendant la terreur. Axionov, à l’adolescence, l’avait rejointe en Sibérie et pu, de visu, se rendre compte de la réalité concentrationnaire soviétique, pour la reproduire ensuite dans son grand roman où Staline et ses compagnons sont mis en scène.Comment faire mieux? Je n'ai pas trouvé mieux, mais tout aussi bien. Anatoli Rybakov, mort en 1998, a écrit une fresque gigantesque qui embrasse également toute la période stalinienne: "les enfants de l'Arbat", composé de trois volumes (les deux derniers s'intitulent "la peur" et "Cendre et poussières").Rybakov (prix Staline 1951) a écrit sa saga avant Axionov, le premier tome datant de la fin des années 60. Ce n'est qu'en 1987, sous Gorbatchev qu'il put le publier et obtenir le succès que l'on sait.C'est un livre qu'on ne lâche pas: tout le monde y trouve son compte, en quelque sorte: ceux qui aiment l'aventure, les histoires d'amour, l'histoire, la philosophie, la poésie.Le roman commence à la fin de l'année 1933, par l'âge d'or, la jeunesse de quelques jeunes gens qui habitent dans le même immeuble d'une rue du quartier de l'Arbat, à Moscou. Tous ont fait leur école ensemble, sont devenus komsomol. Intelligents, ils s'apprêtent à entrer dans la vie active.Sacha est un jeune étudiant brillant, bon communiste. A la suite d'une plaisanterie mal interprétée par la cellule de son institut (Kundera...), il est suspecté d'être un ennemi du peuple et finit par être exilé en Sibérie pour trois ans. Tandis que son destin bascule (on assiste à l'implacable application de l'article 58 du code criminel soviétique), on suit le destin de Varia, de Nina, de Charok qui entre dans le NKVD, de l'oncle de Sacha, grand dignitaire du régime qui ne peut sauver son neveu, et d'autres encore, sans que jamais, malgré l'enchevêtrement des chapitres, on ne perde le fil.Rybakov dresse ainsi le portrait de toute la société soviétique, en ces années charnières où Staline consolide son pouvoir. Mais le sujet principal du roman, c'est Staline lui-même. Après avoir suivi les aventures des jeunes gens, on le retrouve régulièrement, on est dans sa pensée. Et de sa pensée naissent les drames qui ont une influence sur les héros du roman.Dès le premier tome dont l’action se situe en 1934, Staline envisage une purge au sein de l’appareil communiste. Purge inévitable, pense-t-il, puisqu'on y conspire contre LUI. Qui conspire? Les vieux bolcheviks, ceux qui se croient tous les droits parce qu'ils ont été inscrits au parti depuis le début: ces Kamenev, Radek, Zinoviev, Boukharine...L'assassinat de Kirov, patron du parti à Leningrad, qui intervient à la fin du premier tome, permettra à Staline de commencer les purges qui sont décrites dans le tome suivant.Ce qu'il y a de remarquable dans ce roman fleuve, c'est la possibilité donnée au lecteur de penser comme le dictateur, avec le dictateur.Une des premières scènes où Staline apparaît est très significative. Il lit un article d’un membre du parti sur la résistance communiste en Géorgie avant la guerre. L’auteur indique ainsi qu’il existait une imprimerie clandestine dont seules 4 personnes du parti connaissaient l’existence. Staline ne figure pas parmi ces quatre personnes.Pourquoi ?Pour Staline, rien n’est anodin, ce que font les autres est toujours fait intentionnellement, pour lui ou contre lui. Alors, pourquoi Staline n’est-il pas cité ?Certes, Staline ne connaissait pas l’existence de cette imprimerie. Mais peu importe, l’auteur de cet article aurait dû mentionner Staline, car Staline, c'est le parti, et ne pas le citer est une attitude hostile au parti. Chacun sait ou doit savoir que, pour aider le Parti, il faut montrer que Staline, de tout temps, a été là: Staline est indispensable à la cohésion du parti. Si le malheureux auteur de l'article ne l’a pas fait, c’est qu’il a voulu porter un coup au Parti. Il faut le punir, l'éliminer, pour le parti.Mais cette attitude pose un problème plus global: peut-on laisser n'importe qui raconter l'histoire du parti? On voit où cela mène: à porter atteinte à l'avenir du parti, à l'affaiblir. L'histoire sert l'avenir, rien d'autre. D'où la conclusion de Staline: il faut très vite créer une commission dont il sera le président, bien sûr. Cette commission rédigera le manuel de l'histoire du parti bolchevik. On y verra le rôle éminent de Staline, le compagnon préféré de Lénine. Cela renforcera la cohésion du parti. Car l'URSS est menacée de partout. Des idiots lui disent qu'Hitler le menace. C'est plus compliqué que cela. Les ennemis sont la France et l'Angleterre qui vont pousser Hitler contre l'URSS. Il faut donc se rapprocher d'Hitler. C'est quelqu'un Hitler, un peu comme lui. Ils ont des points communs. Ils peuvent s'entendre.Mais revenons à la réécriture de l'histoire du parti? Qui sera membre de la commission historique? Kirov, évidemment, le plus sûr allié. Encore que... Depuis qu'il est à Leningrad, Kirov prend des libertés, il se laisse contaminer par les communistes de Leningrad dont la fidélité n'est pas acquise. On y compte beaucoup de trotskistes repentis; pauvre Kirov, il est manipulé. Mais Kirov est indispensable, il est populaire... Trop? Il faut l'éloigner au plus vite de Leningrad, lui confier une mission au Kazakhstan, et surtout l'associer à la commission. On vérifiera sa fidélité.Staline fait venir Kirov, avec quelques autres, pour réécrire l'histoire. Mais Kirov ne s'intéresse pas à ce travail, il n'a pas une attitude constructive, il n'est peut-être pas fiable.La suspicion est le fondement des pensées de Staline. Rien n'est sûr, sinon lui-même. Ce qu'il dit est la vérité. Le nier, c'est le nier, lui. La vérité change, parce que Staline change, parce que lui et le monde ne font qu'un: Staline est solipsiste. L'histoire peut être changée à sa guise. Il faut éliminer tous ceux qui, dans le passé, ont pu jouer un rôle dans la Révolution. Dans ce contexte, les purges massives apparaissent comme le versant pratique de la réécriture historique: Staline fera tuer tous ceux qui pourraient douter de la vraie histoire du Parti.Mais une fois entré en lui, dans Staline, le lecteur est entraîné: on finit par croire qu'il a raison, que l’État est menacé, qu'il faut agir, sévir, exterminer. Mais, lorsqu'on revient aux jeunes héros de l'histoire, on retrouve sa raison: on voit Sacha, de retour de déportation, condamner à errer de ville en ville, ne pouvant rejoindre Varia, la jeune femme qu'il aime, et qu'il ne retrouvera qu'à la fin dans du troisième tome, pendant la guerre. On voit aussi les malheureux emprisonnés, torturés, les méthodes du NKVD, comment on mouille les gens pour en faire des mouchards, etc. Prodigieux livre.J'ai réussi à me procurer cette histoire du parti bolchevik revue et corrigée par Staline. L'exemplaire est en français, publié par "Editions en langues étrangères", Moscou 1949. Ce livre a été distribué aux membres du PCF. Je n'ai pas tout lu, juste ce qui est dit des procès de 36-39. Il est étonnant qu'après cette lecture, certains lecteurs aient pu continuer à être communistes. "Les procès établirent que ces rebuts du genre humain (sic) avaient dès les premiers jours de la Révolution socialiste d'Octobre, tramé avec les ennemis du peuple Trotski, Zinoviez et Kaménev, un complot contre Lénine, contre le parti, contre l'Etat soviétique." Et le manuel d'histoire d'expliquer les incroyables complots perpétrés par ces gens qui, malgré leur puissance, échouèrent.Dans le roman de Rybakov, Charok devenu instructeur au NKVD, bourreau des anciens Bolcheviks, éprouve face à ses victimes une espèce de soulagement à l'idée qu'il est en train d'éliminer des personnes qui ont elles-mêmes poursuivi et anéanti bien des gens, koulaks et autre. C'est étonnant, et il est vrai que ceux qui furent tués par Staline, lors des grands procès, avaient du sang sur les mains (ci-contre le procureur Vichinsky).Hélas, le roman de Rybakov est trop court: le troisième tome qui se rapporte à la guerre paraît avoir été expédié, peut-être pour des raisons de santé.Je commençais cet article en parlant de Tolstoï. Finalement, le livre de Rybakov n'est rien d'autre qu'une œuvre à la manière de Tolstoï, parfois littérairement à la hauteur (la description du voyage vers la Sibérie est superbe), parfois pas du tout. On admire Rybakov pour ce qu'il nous apprend, pour son travail gigantesque, moins pour son originalité. Finalement, quel intérêt littéraire à réécrire comme avant, des histoires semblables, même si elles sont actualisées? Et cette remarque vaut aussi pour "La saga Moscovite", encore plus marquée par Tolstoï puisqu'on y suit la vie d'une famille.L'intérêt de ce type roman est avant tout de nous donner envie d'en savoir plus et de passer un bon moment. Mais, du point de vue de l'écrivain, quel intérêt? Je devine la joie de redécouvrir un monde, de le faire vivre; la joie aussi de la recherche, des lectures infinies, crayon à la main, où chaque anecdote découverte peut servir à l'intrigue. Mais ces romans historiques conduisent ailleurs, à ce qui n'est pas la littérature, c'est-à-dire à la matière historique. La littérature est alors seulement, un passage.Or, elle doit être un monde en soi pour être tout à fait la littérature. 

Par Les ensablés
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La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Revanche (1925) d'André Thérive

Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

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Les Ensablés – André Beucler, Vu d’Allemagne

Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.

25/08/2024, 09:00

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Les Ensablés – Elisabeth de Raymonde Vincent (1908-1985)

Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.

04/08/2024, 09:29

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Les Ensablés - Rafales, de Roger Vercel (1894-1957)

Encore connu des cinéphiles pour les adaptations au cinéma de ses romans  Remorques (adapté par Jean Grémillon) et Capitaine Conan (prix Goncourt 1934, adapté par Bertrand Tavernier), Roger Vercel est un remarquable écrivain de récits maritimes, inspirés de témoignages  de marins, recueillis à Dinan, ville où il vécut et exerça le métier de professeur de lettres. Par Isabelle Luciat

14/07/2024, 09:00

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Vous ne lirez plus jamais l’Histoire du Cambodge de la même manière : Une main vers le ciel

Impossible de rester simple spectateur devant Une main vers le ciel : Jean-Christophe Boccou vous attrape par le col et vous installe, d’emblée, dans la tête de Khieu, seize ans, Phnom Penh, avril 1975. « La guerre est finie ? Tu n’y crois pas beaucoup. Tu n’y crois pas du tout. » « Les doctrines changent, les mains aussi, mais il y a toujours une lame, et une gorge coupable à trancher – au nom de la justice, au nom de la sauvegarde du régime, au nom du nom. »  À paraître le 5 février. Par Jérôme Bosch.

14/01/2026, 16:19

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Intervalles

14/01/2026, 16:00

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La France qui bosse (et qu’on ne regarde plus) : dans L’Usine, la chaîne avale toute

On ouvre L’Usine de Robin Conche comme on entrouvre une porte coupe-feu : l’air y est épais, la lumière blafarde, et pourtant ça accroche. Francis Painsec, vingt-six ans, s’allonge sur son canapé rouge et regarde son déficit comme un écran de fin du monde : « Il est écrit en rouge – 1 600 €. » Puis, presque bravache : « Ça va. »

14/01/2026, 11:54

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Loin du Mékong

14/01/2026, 11:39

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Julien Denormandie et Érik Orsenna imaginent la révolte silencieuse d’un sol que l’humanité n’écoute plus

Publié au Seuil et attendu en librairie le 6 février, Le Chant du sol est un conte écologique signé Julien Denormandie, ingénieur agronome et ancien ministre, avec une préface d’Érik Orsenna, membre de l’Académie française, qui imagine la révolte silencieuse de ce sol que l’humanité croit connaître mais qu’elle n’écoute plus, dans un récit engagé où la fiction devient un outil pour alerter sur notre rapport au vivant.

14/01/2026, 08:18

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Un thriller coréen sur une leçon particulière qui tourne au règlement de comptes

Avec Leçon particulière, roman de Sulmi Bak traduit du coréen par Marion Gilbert et publié aux éditions HarperCollins le 18 février, l’autrice sud-coréenne signe un premier livre sombre et tendu, construit comme une descente méthodique au cœur de la cruauté humaine, où une jeune professeure particulière s’immisce dans la vie d’un adolescent pour l’obliger à affronter une vérité dont les conséquences s’annoncent glaçantes.

14/01/2026, 07:00

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Vins d'Orient. 4000 ans d'ivresse

13/01/2026, 18:09

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Nicolas Le Clerc, chirurgien des âmes rurales dans Aurore

Il suffit de quelques pages à Aurore pour installer un climat de tension sourde, presque organique. Un appel nocturne, un réveil brutal : « Le téléphone laisse échapper deux courtes sonneries et Mélanie l’a déjà saisi, par réflexe. » En quelques lignes, le lecteur est plongé dans une mécanique d’urgence, rythmée par l’épuisement et la responsabilité. Le roman s’ouvre sur cette cadence heurtée, qui ne cessera plus de structurer le récit. À paraître le 6 février.

 

13/01/2026, 15:29

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Beyrouth Paradise : le polar du black-out

Avant même le premier corps, il y a une panne. Et quelle panne… « Soixante-treize heures d’affilée, ça fait tout de même un peu long pour une seule et même coupure de courant. » Le ton est donné : sec, drôle, lucide. À Beyrouth, l’électricité n’est pas un confort ; c’est une humeur nationale. « Routine absurde qui rythme leurs journées, à lui comme aux deux millions d’habitants de la capitale. » À paraître le 5 février.

13/01/2026, 11:28

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“il était une fois une fille qui devint invisible afin que ses mots ne le soient pas.“

En ce début d’année, difficile de passer à côté de ce roman à double temporalité qui traite de la place de la femme dans le monde des lettres et du théâtre en particulier.

13/01/2026, 09:00

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Brasileiras, voix de femmes sous la dictature brésilienne

Devant le magnétophone de Maryvonne Lapouge et Clélia Pisa, ces femmes nous plongent au cœur de la condition féminine dans un Brésil où les inégalités sociales, le racisme structurel, la violence de genre et la colonisation des femmes à l’intérieur du pays marquent profondément le quotidien.

13/01/2026, 08:00

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Croire un auteur pour sa notoriété : déconstruire les figures d'autorité

Partant du constat que nous accordons spontanément du crédit au nom posé en haut d’une couverture ou en bas d’un tableau, Samah Karaki analyse comment certaines figures d’autorité constituent une fiction cognitive, un mécanisme mental auquel notre cerveau est spontanément enclin. 

13/01/2026, 07:00

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Histoire du Maghreb de la fin du XVIIIe siècle aux Printemps arabes

12/01/2026, 18:22

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Neuf clés, une maison, un secret : Philip Gray piège son lecteur, non sans une certaine jubilation

De bons personnages, une bonne histoire, dans ce roman policier à énigme déguisé en romance à l'eau de rose : Philip Gray joue les faux-monnayeurs et nous offre une lecture facile et 100% plaisir qui devrait plaire au plus grand nombre. La maison aux neuf serrures, traduit par Elodie Leplat, se déguste, tout bonnement.

12/01/2026, 17:18

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Endormir l'orage de Natacha Wolinski : conjurer le sort du destin.

Le devoir des vivants est de penser aux morts pour qu’ils ne disparaissent pas tout à fait. C’est ce que fait admirablement Natacha Wolinski dans un texte mémoire sur son père et sa famille. Chaque jour, elle va au Palais de Justice, « un Etna » difficile à gravir, mais nécessaire, afin de suivre le procès des assassins de Charlie Hebdo. 

12/01/2026, 17:02

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Nettle

12/01/2026, 17:00

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“Personne n’a intérêt à ce que les femmes prennent leur liberté”

Il y a des romans qui commencent par une scène, et d’autres par une obsession. Dans Leurs désirs immenses, Léa Lhermet ouvre directement la vanne : « Au départ, il y a les femmes. » Et tout suit, comme une marée. « Les femmes m’envahissent, prennent possession, me gavent, m’étourdissent. » On est happé : une voix vive, parfois mordante, qui explore sans faux-semblants ce que les lignées transmettent — et ce qu’elles étouffent.

12/01/2026, 10:49

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L’Enfant du vent des Féroé : un roman où la nature parle plus fort que les hommes

Dès les premières pages, L’Enfant du vent des Féroé impose un territoire, une voix, une respiration. Le roman ne commence pas par une action, mais par un lieu qui parle. « Et puis il y a moi, Gjógv. Un village de carte postale au toponyme imprononçable. » Le décor devient narrateur, conscience diffuse, mémoire minérale. Le lecteur comprend vite qu’ici, l’histoire humaine sera indissociable des éléments.

12/01/2026, 10:45

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Un destin hors normes : Simona Kossak dans Le Souffle de la forêt

Il est des livres qui ne racontent pas une vie : ils l’approchent à pas feutrés, comme on entre dans une clairière en retenant son souffle. Le Souffle de la forêt relève de cette catégorie rare. Simonetta Greggio n’écrit pas sur Simona Kossak ; elle marche à ses côtés, dans une prose habitée, charnelle, attentive au moindre frémissement. Dès les premières pages, le ton est donné : « Elle n’a que la peau, les os et un nom de famille. » Tout est là : la nudité, la résistance, l’essentiel. À paraître le 21 janvier.

12/01/2026, 09:34

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Ambition politique dans un territoire contrôlé

Dans un Mexique ravagé par la violence et les cartels, un homme honnête croit pouvoir devenir maire. Mais, dans le même temps, il va découvrir l’amour de sa vie, un amour scandaleux. Humour ravageur, suspense, un roman de passion pure sur la morale des apparences. 

12/01/2026, 07:00

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Cynique, film noir et merdification du net : ce que les livres disent du monde d’aujourd’hui

Du film noir classique aux dérives du capitalisme numérique, de la philosophie antique aux figures spirituelles du XXᵉ siècle, la Booksletter de la semaine explore les grandes tensions de notre modernité à la lumière des livres. Au sommaire : Assurance sur la mort, archétype du film noir hollywoodien ; l’« enshittification » d’Internet selon Cory Doctorow ; Diogène, cynique radical ; Edith Stein, philosophe et martyre ; et une plongée dans l’économie criminelle contemporaine. 

10/01/2026, 10:06

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Daniel Mendelsohn face aux crises du monde contemporain dans Entrelacs

Entrelacs. Entretiens réunit Daniel Mendelsohn, Adrien Zirah et Déborah Bucchi dans un volume publié aux éditions Seuil et attendu en librairie le 6 février, qui donne à lire une série d’échanges approfondis autour de l’œuvre et de la pensée de l’écrivain américain, entre héritages antiques et juifs, récits personnels et lectures des grands textes, dessinant le portrait d’un auteur pour qui l’intime dialogue sans cesse avec l’histoire et la littérature. Traduit de l'anglais par Adrien Zirah.

10/01/2026, 08:00

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La Sage-Femme et la Rivière : une narration aussi captivante que déstabilisante

La Sage-Femme et la Rivière, roman d’Ariel Lawhon traduit par Sarah Tardy, paraîtra le 11 février 2026 aux éditions HarperCollins. Dans ce nouveau récit historique, l’autrice explore un passé instable, traversé de secrets, de mensonges et de vérités dissimulées, où l’histoire elle-même semble se dérober sous les pas du lecteur.

10/01/2026, 07:03

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Bernie Gunther en cases et en bulles : La Trilogie berlinoise renaît en BD

Voici une relecture en images de la fameuse Trilogie Berlinoise, quand Philip Kerr nous entraînait aux côtés du détective Bernie visiter les sombres coulisses du Berlin nazi. Avec fidélité au texte original, ces deux premiers albums de Pierre Boisserie et François Warzala redonnent une nouvelle jeunesse à ces polars devenus légendes.

09/01/2026, 15:58

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La Sphère, ou le vertige d’une justice sans pardon et d’une morale sous algorithme

En 2039, la prison n’existe plus. Les criminels sont désormais condamnés à la Sphère, un purgatoire psychique piloté par une intelligence artificielle, où ils doivent affronter leurs fautes jusqu’à obtenir une possible rédemption. Ange Barol, analyste brillante et conceptrice du système, croit avoir inventé une justice plus humaine que l’enfermement. 

09/01/2026, 12:44

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Sophie Avon raconte l’enfance sans fard dans Les filles

Il y a des romans qui ne cherchent pas à faire événement, mais qui avancent à pas feutrés, comme on entre dans une mémoire qu’on croyait close. Les filles s’ouvre ainsi, sans fracas, sur une rentrée scolaire au début des années 1970, lorsque deux enfants franchissent un portail noir, « serrées l’une contre l’autre ». Rien d’extraordinaire, en apparence. Pourtant, dès ces premières lignes, quelque chose se noue. Une intensité discrète, mais tenace. 

09/01/2026, 12:27

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Meilleures ventes : qui a volé la potion magique d’Astérix ?

Pour démarrer 2026, La Femme de ménage ne se contente pas de dominer : elle écrase tout sur son passage. Ou plutôt, elle balaie le classement (du 29 décembre au 4 janvier). Les trois marches du podium sont occupées par une seule et même autrice, infatigable depuis plus d’un an : Freida McFadden.

 

09/01/2026, 12:25

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La maison du bonheur

09/01/2026, 11:18

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J’t’aime encore : avec Roxane Bouchard quand l’amour ordinaire devient extraordinaire

Il suffit parfois de quelques mots, répétés comme un mantra fragile, pour faire vaciller toutes les certitudes. J’t’aime encore part de là. D’un aveu simple, presque banal, mais chargé d’un vertige immense. Dès l’ouverture, le lecteur est happé par cette voix qui s’adresse à un « vous » complice, embarqué dans une traversée intime du couple, du temps qui passe et des rêves qu’on réaménage plutôt qu’on n’abandonne. À paraître le 6 février.

09/01/2026, 10:47

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Nicole Caligaris interroge le chaos du temps dans Le gogol

Avec Le gogol, roman à paraître le 19 février aux éditions Verticales, Nicole Caligaris met en scène la rencontre improbable entre un homme débordant de paroles et une femme silencieuse, dans un bar parisien où un manteau devient le réceptacle d’histoires entremêlées et de temporalités disloquées, dessinant le portrait de deux existences suspendues au bord du présent.

 

09/01/2026, 08:43

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De la France à Hong Kong, les fantasmes et les contradictions de l’exil

Avec Les Nouveaux Territoires, roman de Grace Ly publié aux éditions HarperCollins et paru le 11 février, l’autrice plonge le lecteur dans un Hong Kong en ébullition, théâtre d’un parcours intime et politique, où une jeune femme en rupture cherche à se réapproprier son histoire, son identité et sa liberté.

 

09/01/2026, 07:00

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Le tour de la Grande Bourgogne. Sur les traces des Téméraires

08/01/2026, 15:09

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Pierre le Gris de Matthias Zschokke : histoire peu banale d’un homme ordinaire

Matthias Zschokke aime les personnages qui trainent derrière eux une vie banale faite de tâches ingrates et répétitives dans une administration quelconque, des personnages qui semblent ne pas exister, ne pas avoir d’emprise avec le réel. Et pourtant, dans les insignifiantes vies de ces personnages-là, existent une multitude de détails, de petits incidents qui en disent long sur un univers lunaire, poétique, à la limite de l’imaginaire. Une traduction de Isabelle Rüf. Parution le 16 janvier aux éditions Seuil.

08/01/2026, 12:02

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Brûler grand

08/01/2026, 10:51

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Un roman noir face au suicide des enfants : Toussaint Noël

Dès l’ouverture, Toussaint Noël frappe sans ménagement. Pas de montée progressive, pas de décor aimablement planté : une adolescente morte, une cabane sordide, un flic à bout. « Debout au-dessus du cadavre sans tête de la petite Tsvetana, treize ans… la nausée m’a submergé ». Tout est là : la violence du monde, l’usure morale, et cette ligne de fracture à partir de laquelle plus rien ne sera réparable. À paraître le 18 février.

08/01/2026, 10:20

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Avec Aurore, Nicolas Leclerc explore les dérives de la dépendance

Aurore, roman de Nicolas Leclerc, parution le 6 février aux éditions Seuil, met en scène la rencontre troublante entre une vieille femme diminuée par un AVC et une jeune aide-soignante dont le dévouement apparent dissimule une présence de plus en plus envahissante, jusqu’à faire vaciller l’équilibre déjà fragile d’une relation mère-fille.

 

08/01/2026, 08:08