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Les Ensablés - Note de voyage de L. Jouannaud, "Le lys dans la vallée" de Honoré de Balzac

J’ai relu Le Lys dans la vallée, et j’ai pris à cette lecture tout le plaisir que j’en attendais : j’y ai trouvé le calme que je cherchais. Je lis dans un but relativement précis : le journal (et internet) pour m’informer de la marche (ou plutôt de la dégringolade) du monde, des essais sur des thèmes qui m’intéressent (une biographie de Marx, une étude sur l’identité, l’autobiographie d’un romancier contemporain). Je lis les romans qui paraissent pour savoir comment on écrit aujourd’hui. Je lis les classiques pour savoir comment on écrivait hier.

Le 13/12/2015 à 08:00 par Les ensablés

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Publié le :

13/12/2015 à 08:00

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

Et je relis mes classiques pour le plaisir. On ne peut pas mettre tous les classiques dans le même panier puisque, justement, les grands textes ont quelque chose d’unique : j’ai relu Le Lys dans la vallée (1836) pour me calmer. Je ne vous expliquerai pas ici, mon cher Hervé, pourquoi j’ai besoin de calme (sans doute pour les mêmes raisons que vous), mais voici comment ce grand roman m’a insufflé ses vertus apaisantes.

Le Lys dans la vallée est la longue lettre que Félix de Vandenesse envoie à Nathalie de Manerville, une « femme aimée », pour lui raconter sa première expérience amoureuse. Il s’agit d’un souvenir déjà ancien, filtré, idéalisé, qui se déroule linéairement, chronologiquement, au rythme régulier de la mémoire. Le texte entier est à la première personne : unité de ton, de style, de voix. Il n’y a qu’un point de vue, qu’une perspective, voilà un récit facile à suivre. C’est une « confidence », dit Félix, ce sont « d’anciennes émotions » qui parfois l’obligent à la « rêverie » et « au silence ». Me voici donc moi aussi le confident du héros : je me tais, j’évite les commentaires. A la fois attentif et immobile, je me cale dans mon fauteuil et j’écoute la voix de Félix, alias Honoré de Balzac. Le narrateur nous parle comme à lui-même, « sans réserve ni artifice ». Cette confession se fait dans le silence du présent qui se met entre parenthèses, un silence qui est contagieux. Je me tais.

Félix raconte son histoire avec l’émerveillement des débuts. Il y avait dans le vallée de l’Indre, au château de Clochegourde, un être extraordinaire dont il est tombé amoureux. Elle avait vingt-huit ans, elle était mariée, elle avait deux enfants. « Elle était le lys de cette vallée ». Il avait vingt-deux ans, c’était un jeune homme, jeune surtout, mais homme tout de même. Elle sait qu’il l’aime, il le lui dit assez vite. Est-ce qu’elle l’aime ? Oui, elle le lui laisse deviner. Le récit a des allures de conte, le cadre est enchanteur. Il y a un château à la campagne, en Touraine. C’est l’endroit idéal pour s’aimer : la mer est bien trop agitée, la montagne est toujours dangereuse, la ville reste le lieu des tentations. La campagne a quelque chose de calmant : on s’y promène. C’est la nature dans sa régularité saisonnière, c’est la tranquillité des rythmes agricoles, c’est la récolte après le travail accompli. Dans le Lys, on pêche, on chasse, on engrange le blé, on gaule les noix, on vendange. Il y a des fleurs partout : « Les amaryllis, le nénuphar, le lys d’eau, les joncs, les phlox décorent les rives de leurs magnifiques tapisseries. » Le roman est rempli de bouquets, « ces symphonies de fleurs ». Qui n’a pas la nostalgie de cette vie-là, une vie que l’on idéalise toujours ? Et quand Félix ira à Paris, le conte prendra fin, la tentation sera la plus forte, mais c’est parce que le roi Louis XVIII l’appellera à son service !

Cette histoire d’amour va durer sept années: je la connais avant les personnages puisque j’ai déjà lu le roman. Il n’y a pas de suspense : je sais qu’ils ne coucheront pas ensemble et que leur histoire finira mal. Madame de Mortsauf mourra sans avoir cédé à celui qu’elle aime, par amour pour ses enfants et par devoir envers un mari qu’elle n’aime pas. Du coup, je ne suis pas pressé d’avancer, je lis à mon rythme. La vitesse tue la lecture. Une page n’est pas une image. Nous avons beau lire vite, un texte ne peut se saisir d’un coup d’œil. Lire prend du temps. La lecture est analyse, l’image est globale. Le mot à mot s’oppose à la synthèse immédiate des images qui défilent. Je lis Le Lys comme on le lisait sans doute il y a deux siècles.

Pérennité de la lecture. Il y a dans les films et les spots publicitaires toujours plus de plans, toujours plus d’images et toujours plus de bruit. Lire contre voir, déchiffrer contre gober, la lecture contre le spectacle.

 Le Lys n’est pas pour moi un page-turner : j’avance sans me précipiter vers la fin, sans survoler les descriptions, sans que mon cerveau n’anticipe les événements. Je dirais presque que je reste en dehors de la mécanique du récit. Du coup, je n’en perds pas une miette. « Page-turner » se traduit par « livre qu’on lit d’une traite », vite, en faisant le moins possible de haltes. J’ai lu le Lys dans la vallée en plusieurs traites. La cure a duré trois semaines, du dimanche 1er novembre au vendredi 27 novembre, en 21 prises de 30 minutes. Au total, dix heures pour lire 260 pages, en Pléiade, soit deux pages environ à la minute. Ce rendez-vous avec Balzac, en fin d’après-midi la plupart du temps, avec un café, quel soulagement ! quel baume !

Les thrillers –et j’aime aussi ce genre- imposent peu à peu leur style à la littérature : pas de temps morts, clore un chapitre sur une question à résoudre, paragraphes brefs, courts dialogues dans une sauce littéraire convenue. Quand les phrases sont longues, elles sont désarticulées et pompeuses. Et il faut commencer généralement par un scène choc, pour hameçonner le lecteur. Ces récits sont déjà à moitié filmés. Il n’y a pas d’acrobaties de montage dans ce roman de Balzac, qui n’a qu’un chapitre, sans coupures, sans blancs, d’une seule coulée.

Et pas d’acrobaties verbales non plus. Pas de phrases d’un mot, ou de deux mots, sauf dans les dialogues. Et pas non plus de phrases qui font cent pages [1] ! Je goûte cette langue consistante, solide, vertébrée. Y a-t-il une seule phrase sans verbe ? Je ne crois pas. Ce sont des phrases qu’on ne peut pas enjamber. Je cite, au hasard de la page 1014 de mon édition : « Une femme est bien belle sous ces menus feuillages tremblants et découpés. », « Le comte me fit admirer la vue de la vallée, qui, de là, présente un aspect tout différent de ceux qu’elle avait déroulés selon les hauteurs où nous avions passé. », « Nous allongeâmes le pas pour aller saluer Mme de Mortsauf, qui laissa tomber tout à coup le livre où lisait Madeleine, et prit sur ses genoux Jacques en proie à une toux convulsive. » Il y a un admirable équilibre de l’expression, une régularité du ton qui m’enchante. Et j’aime cette alternance quasi cardio-vasculaire du passé simple et de l’imparfait.

La phrase solide peut parfois se dilater, s’enfler, et, loin de m’endormir, je dois redoubler d’attention, suivre la syntaxe, ne pas perdre le sujet. Accrochez-vous, mon cher Hervé :  « Les âmes douces et paisibles chez lesquelles la colère est impossible, qui veulent faire régner autour d’elles leur profonde paix intérieure, savent seules combien de force est nécessaire pour ces luttes, quelles abondantes vagues de sang affluent au cœur avant d’entamer le combat, quelle lassitude s’empare de l’être quand après avoir lutté rien n’est obtenu [2]. » Une belle phrase qu’il faut accompagner avec soin ! Balzac est régulier, mais pas ennuyeux. Les nombreux dialogues viennent relever le ton. Moins on s’embrasse, plus on se parle ! Dialogues piquants, dramatiques, badins, exaltés, enfantins, à double sens. Balzac tient la plume de Félix, il lui passe un peu de son métier ! Le long monologue de Félix inclut les voix des autres en écho du passé.

Mon plaisir est dans des détails que j’ai oubliés. Je suis surpris par les petites péripéties qui concourent à une fin que je connais. Avoir une idée et des personnages ne suffit pas pour faire un grand roman : il faut remplir les pages avec des faits précis, petits, « vrais », bien observés ou bien inventés. Il y a les parties de trictrac que M. de Mortsauf inflige à Félix, il y a une journée de vendanges, il y a les tractations avec les métayers, un nouveau poney pour Jacques, les discussions politiques, la vraie maladie du comte hypocondre, la description de la cour quand Félix est à Paris. 

J’ai aussi l’impression de mieux dominer l’ensemble. Ce roman est une histoire d’amour, mais j’y vois aussi l’histoire d’une famille : Madame de Mortsauf est mariée. C’est le devoir conjugal et le devoir maternel qui l’empêchent de céder à Félix. Le mari et les enfants d’Henriette ne semblent guère gêner le héros, qui est libre et a un but précis : « Combien de fois je me dis comme un insensé son refrain : L’aurai-je ? » Bref, un étranger rentre dans une famille et en menace le difficile équilibre. M. et Mme de Mortsauf vivent tranquilles dans leur château, en province. Telle est la façade. Ah !, la façade familiale, que ne cache-t-elle pas ! « Toute la contrée ignore les secrets de Clochegourde, et maintenant vous les savez », dit Mme de Mortsauf à Félix. Ils sont presque ruinés. M. de Mortsauf est un malade imaginaire, avec des crises d’hallucinations, parfois violent, la « démence », dit le texte. Personne ne le sait, sauf sa femme, ses enfants, les domestiques et Félix. C’est un tyran domestique, incapable de gérer ses affaires, lunatique. Sa fille l’appelle « le général ». Mais il est noble, irréprochable[3], loyal, passionnément amoureux de sa femme dont il ne peut se passer mais qu’il torture. Félix joue en fait un sale rôle : il devient l’ami et le confident de l’homme qu’il veut tromper. Il se concilie les enfants, évidemment.

Personne, ni les voisins, ni les domestiques, ni la parentèle, et surtout pas le mari, ne comprend ce qui se passe vraiment entre le jeune homme qui vient si souvent à Clochegourde et la comtesse. C’est un amour caché. Pendant sept ans, Félix et Henriette s’aiment en secret. Personne n’en saura rien. Sauf Madeleine, la fille, que son intuition ne trompera pas. D’ailleurs, il ne se passe rien, il ne s’est rien passé, sauf de longues conversations, des regards, un ou deux frôlements, puisque Mme de Mortsauf ne trompera jamais son mari. Et des lettres. Passion silencieuse.

Pour le dire en termes modernes, Mme de Mortsauf sacrifie sa « vie de femme » à sa « vie de mère ». Je la tiens quitte de sa « vie d’épouse » : M. de Mortsauf, très demandeur (il se plaint à Félix que sa femme ne « veut » pas), n’avait qu’à lui plaire davantage. Ce sont ses enfants qui empêchent Mme de Mortsauf de se donner à Félix : « Sachez-le, Monsieur, mon cœur est comme enivré de maternité. » Tout amour extérieur serait leur voler l’affection due. Tromper leur père, si les enfants l’apprenaient, serait salir l’image qu’ils doivent en avoir. Risquer une séparation, un divorce, serait nuire à leur existence sociale. Balzac a fait de Madeleine et de Jacques des enfants malades, qui ont frôlé la mort, dont un a la tuberculose. Leur mère les maintient en vie par une attention incessante. Félix ne vient qu’après eux. Vie de mère ou vie de femme ? Le Lys dans la vallée décrit le drame d’une femme coincée à mort dans ce dilemme, regrettant sa « vie manquée », se demandant si « la vertu et l’amour maternel ne sont pas des erreurs ». Cet antagonisme existe toujours, auquel s’ajoute l’obligation de carrière. Et il y a des hommes coincés eux aussi entre « vie professionnelle », « vie d’homme » et « vie de père ». La comédie humaine varie peu.

Puisque c’est un « amour platonique » (le mot est dans le texte), c’est un récit sans scènes de sexe. Les scènes de sexe, au livre comme au cinéma, me posent toujours un problème : en position de voyeur, je suis parfois entraîné bien malgré moi dans le mouvement. Je n’ai pas ce sentiment désagréable en lisant Le Lys, où il ne se passe rien. Le désir insatisfait a son charme, il laisse encore la place au désir, au rêve, à l’imagination, au peut-être. « Aimer sans espoir est encore un bonheur. » Dans le cas de Félix, le souvenir de cet amour sans étreintes est merveilleux. Voici ce qu’il en dit : langueurs enchanteresses, suavité divine, saint amour, bonheur plein, douceurs infinies, félicités renaissantes, bonheur tellement infini. L’amour des âmes sans l’amour des corps ! Mme de Mortsauf et Félix s’aiment sans coucher. Elle veut l’aimer comme un fils, comme son troisième enfant : « Enfant, vous serez aimé ! Je résisterai toujours à la force de l’homme. » Le mot pur revient sans cesse : « l’amour le plus pur qui jamais aura brillé sur cette terre ». Cette vision platonicienne et chrétienne de l’amour pose évidemment des questions : pourquoi l’union des âmes serait-elle supérieure à l’union des corps ? pourquoi durerait-elle plus longtemps ? Félix souffre : « Je l’aimais d’un double amour qui décochait  tour à tour les mille flèches du désir, et les perdait au ciel où elles se mouraient dans un azur infranchissable. » Pourquoi « dompter le corps » au lieu de lui céder ? Le lit est-il le tremplin ou le tombeau de l’amour ? Je n’en sais rien, je pense à mon propre passé, Balzac me rend tout songeur.

On sait que les amours chastes ne durent qu’un moment. L’éloignement résout généralement le problème : la distance finit par éteindre ou déplacer le désir. Nous avons tous connu cela. A Paris, Félix a donc une maîtresse, la fougueuse lady Arabelle Dudley. Il aime toujours autant sa Henriette, car l’« amour charnel » ne remplace pas l’ « amour divin ». « Lady Arabelle était la maîtresse du corps. Mme de Mortsauf était l’épouse de l’âme. » Félix a trouvé ailleurs ce qu’elle n’a pas voulu lui donner. Elle l’apprend. Vont-ils rester bons amis ? La passion deviendra-t-elle affection ? Maman laissera-t-elle partir son enfant ? Ce serait une belle fin, optimiste et anesthésiante. Mais Balzac et son héroïne sont des romantiques. Mme de Mortsauf est jalouse puisqu’elle aime, une jalousie de femme et non de mère. La jalousie est physique, c’est une douleur, une brûlure, une torture : le corps tourmenté finit par l’emporter sur l’âme qui décide de s’en séparer. Mme de Mortsauf se laisse mourir. Le lys trahi n’a pas mangé ni bu depuis quarante jours ! Elle est d’autant plus sublime qu’elle aurait pu céder. Dans une ultime lettre que Félix ne doit lire qu’après sa mort, elle écrit : « Ah ! Si dans ces moments où je redoublais de froideur, vous m’eussiez prise dans vos bras, je serais morte de bonheur. » Et ensuite, sans doute, morte de honte.

Mais le drame final a quelque chose d’apaisant, cette mort a quelque chose de satisfaisant, car la flamme ne s’éteint pas. Cette histoire d’amour finit bien car elle n’en finit pas : le lys trahi ne trahit pas. Cette idée d’un amour que la mort d’un des partenaires (suicide, maladie, accident, guerre) laisse en suspens ne manque pas de grandeur et de beauté. C’est l’amour unique, bancal, estropié, mais vivant. Mme de Mortsauf est morte amoureuse et Félix, repentant, vivra dans son souvenir : « Dès ce moment je résolus de ne jamais faire attention à aucune femme si belle, si spirituelle, si aimante qu’elle pût être. » Le roman pourrait s’arrêter sur cette note émouvante, mais à la dernière page, Balzac place une banderille qui sort le narrateur et le lecteur de leur rêve. Je vous laisse la découvrir, Mme de Mortsauf sera vengée.   Il ne fait pas bon vivre avec un fantôme, même le fantôme d’un lys.

Le Lys dans la vallée, qui a d’ailleurs bien des traits autobiographiques, reste à part dans l’inhumaine Comédie humaine. Ça reste un de mes Balzacs préférés. Je vous le conseille, à Noël, cher Hervé, pour vos nerfs.


[1] Le récipiendaire du Goncourt 2015, Mathias Enard, a publié Zone, en 2008, un gros roman, intéressant, un monologue constitué d’une seule phrase. Cinq cents pages sans un seul point…

[2] Mon correcteur automatique indique « phrase très longue » !

[3] J’ai lu gentilhomme d’amour qu’Hervé Bel nous a présenté, il y a quelques semaines (ici). Lecture plaisante, très belle langue, quoiqu’un un peu fardée à mon goût. Ce roman, paru en 1936, exactement un siècle après Le Lys, raconte aussi une histoire d’amour en province, dans le pays d’Ouche, pas si loin de l’Indre, et à la même époque, sous la Restauration. Tainchebraye et Mortsauf ont fait la guerre, aussi courageusement l’un que l’autre. Tainchebraye en revient avide de jouir, M. de Mortsauf en revient usé et brisé, le jeune Vandenesse reste dans l’ombre des glorieux aînés. Ces portraits contraires ne sont pas contradictoires, le monde est divers. Le personnage créé par La Varende, qui va de femme en femme malgré son nez coupé (Imagine-t-on une femme sans nez qui irait de conquête en conquête ?), ce Don Juan  irrésistible, éternel phantasme des écrivains et cinéastes mâles (aujourd’hui encore), me touche moins que le mari qui ne sait pas garder sa femme, et que Félix qui n’a pas su la prendre. En général, nous ressemblons plus aux seconds qu’au premier.

Par Les ensablés
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Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

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Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

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Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

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Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Bernard-Henri Lévy : on ne se souvient jamais deux fois de la même façon

Dès le préambule, la subjectivité du philosophe est impossible à séparer de ce qu’il raconte. Mais comment écrire ses mémoires partagés avec ce que l’on a vu, ceux que l’on a rencontrés, les causes que l’on a défendues ou abandonnées, les conflits que l’on a traversés ou atténués, et surtout les noms qui nous ont influencés ? Tout cela compose peu à peu le tableau d’une époque qui n’existe plus tout à fait, mais aussi l’image d’un homme dont l’identité elle-même est déjà un récit.

07/10/2026, 12:19

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Tiphaine Raffier : mourir sous le regard des autres

Un micro derrière un Vermeer. Une chaise médicalisée qui résiste au montage. Un chronomètre autour du cou. Une cassette qu’on ne sait plus faire jouer. Et, au milieu, Laure, revenue dans la maison familiale de Morsan pour y vivre ses derniers jours. Tiphaine Raffier installe L’Hors-Présence ou Chimères du pays de Morsan avec une précision clinique, puis laisse tout se dérégler. 

 

07/10/2026, 10:00

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Esquisse d’une serial killer : derrière la Diabolique, une enquête dérangeante

Le titre désigne déjà un piège. Esquisse d’une serial killer (trad. Pierre-Mong Lim) promet le monstre, la mécanique du crime, peut-être le frisson confortable du true crime. Hu Mu-ching fait exactement l’inverse. Elle revient vers Lin Yu-ju, condamnée à mort à Taïwan pour trois meurtres et très vite figée par les médias sous un surnom : la Diabolique. Ébauche prévue le 15 octobre.

06/10/2026, 17:59

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Le souci de vivre : parler de la mort pour donner du sens à l’absurde

Il y a des livres qu’on offre sans raison particulières, juste pour faire plaisir, petit format, une centaine de pages, un prix raisonnable, un livre qui pique notre curiosité ; vous connaissez toutes et tous ce genre de livre qu’on lit en une après-midi et qui laisse une empreinte importante par la suite. Le souci de vivre d’Olivier Carré fait partie de ces livres qui reste longtemps en mémoire tant il parle d’un sujet auquel nous tous aurons à faire face un jour ou l’autre : la mort. 

06/10/2026, 17:57

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Lola Lafon enferme quatre amis dans un aéroport sous tension

Une valise, un mot, une fracture politique : voici la nouvelle pièce de Lola Lafon. Une valise dépasse de quelques centimètres et, avec elle, tout déborde. Dans une salle d’embarquement, quatre amis d’une quarantaine d’années devraient partir en vacances. Décollage (ou pas), le 15 octobre.

06/10/2026, 17:20

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Sur la route du retour de Franck Maubert : révéler la nudité désolée

Il y a un principe dans la vie sur lequel il est difficile d’y revenir : on ne peut pas donner l’amour que l'on n’a pas reçu. Pour Franck Maubert, l’amour non reçu vient de cette mère distante, froide, qui le place durant sa petite enfance chez un couple vivant dans une ferme, puis viendra le reprendre pour le laisser à ses parents, couple âgé qui se désintéresse de lui avant de le conduire contrainte chez elle. De cette enfance heureuse en campagne, l’auteur découvrira la joie du silence et une quête mystique dans les églises.

06/10/2026, 15:12

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Le Parfum des feuilles de thé : quitter Tokyo pour recommencer

Tokyo s’éloigne, la route monte, le béton cède aux pentes de Shizuoka. Mayumi et Akane ont trente-cinq ans, sont amoureuses et décident de reprendre la plantation de thé du grand-père d’Akane, affaibli par un AVC. Sur le papier, tout ressemble au fantasme contemporain du grand départ : quitter la ville, retrouver la terre, repartir de zéro. Infusion dès le 15 octobre.

06/10/2026, 14:06

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Voyage avec un âne : ce que Modestine change au récit de Stevenson

Il part à pied pour se remettre d’un chagrin, s’équipe beaucoup trop, achète une ânesse pour porter le tout et découvre presque aussitôt qu’elle n’a aucun goût pour les itinéraires bien tracés. Voyage avec un âne dans les Cévennes tient depuis 1879 sur ce délicieux désaccord entre un homme qui veut avancer et Modestine, qui préfère brouter. Parution le 15 octobre

06/10/2026, 13:32

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Toute la famille a eu de la chance : Auschwitz au bout du couloir

Philippe Schwartz commence par se méfier de sa propre mémoire. C’est une excellente manière d’entrer dans Toute la famille a eu de la chance. « Aujourd’hui, j’ai conscience d’enjoliver. J’en fais une légende. » Le narrateur ne promet donc ni archive pure ni reconstitution infaillible. Sortie le 15 octobre.

06/10/2026, 12:55

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Mom Alone : la maternité solo, sans filtre et sans mode d’emploi

Il y a les livres sur la parentalité, avec leurs principes, leurs méthodes, leurs lendemains mieux organisés. Et puis il y a 17 h 30. Le travail n’est pas fini, les enfants reviennent dans le cadre, le dîner se rapproche et quelqu’un pense soudain : « Purée... Il est déjà 17h30 ! » Quelques cases plus loin tombe le verdict : « J’ai rien foutu. » Mom Alone habite exactement cet espace-là : celui où les bonnes intentions se froissent au contact du réel.

05/10/2026, 17:30

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Peut-on vendre un rein ? Cinq livres pour interroger nos certitudes

Cette semaine, la Booksletter explore cinq livres qui déplacent le regard sur l’histoire, la morale et nos sociétés : l’économie quotidienne de la Rome antique, les grandes expéditions britanniques en Antarctique, l’humour noir face à la mort, les marchés jugés moralement « répugnants » et le poids de l’époque dans les trajectoires criminelles. Cinq lectures pour éclairer autrement des questions anciennes et très contemporaines, sans simplifier.

03/10/2026, 11:13

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La fille aux huit vagins, et autres histoires postporno

Dans ce recueil de cinq nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, Agnieszka Szpila, autrice du très remarqué Hexes, également traduit et publié par Notabilia, imagine de nouvelles manières de désirer pour repenser notre rapport au monde, à l’altérité et à la littérature, qu’elle soit lue ou écrite. Par Emma Tholozan.

03/10/2026, 09:00

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Phébus ressort La boîte en os, un roman gothique aussi fascinant que dérangeant

À l’occasion de son cinquantenaire, la maison Phébus publie une édition collector d’un de ses romans emblématiques : La boîte en os, d’Antoinette Peské. Un nouvel écrin pour un petit bijou de la littérature du XXe siècle. Par Emma Tholozan.

02/10/2026, 17:37

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Grandir comme la nuit

02/10/2026, 17:09

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La dislocation

02/10/2026, 13:48

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Soif d’idéal : Rocheteau raconte ce qui reste après les matchs

Dominique Rocheteau avance par souvenirs, visages, sensations et fidélités. Trente récits plutôt qu’une autobiographie chronologique : le dispositif lui va bien et forme cette Soif d’idéal. Il préfère le lien au palmarès, l’émotion au monument. Dès les premières pages, la ligne est donnée : « L’émotion avant tout. » Le ton ne variera guère, direct, pudique, sans désir de régler des comptes. Sortie le 8 octobre. 

02/10/2026, 13:13

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Malgré l’abordage de One Piece, Sarah Knafo règne sur les ventes de livres

Jamais deux sans trois… ou quatre ? Sarah Knafo refuse visiblement de rendre la médaille d’or : Le Casse du siècle (Fayard) reste numéro un avec 42.023 ventes sur la semaine et 201.985 exemplaires cumulés.

 

02/10/2026, 11:00

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Comment expliquer la liberté aux enfants ?

Être libre, est-ce faire tout ce que l’on veut ? Avec Vive la liberté !, Sybille Hein aborde cette grande question à hauteur d’enfant, en partant de situations concrètes pour aider les plus jeunes à comprendre ce que signifie être libre, mais aussi les limites et les responsabilités qui l’accompagnent. Traduit et adapté de l’allemand par Camille Logoz.

02/10/2026, 07:00

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Quand être "ami des Juifs" devient un phénomène à interroger

Alors que l’antisémitisme connaît une progression mondiale depuis le 7 octobre 2023, un autre phénomène attire l’attention : le philosémitisme. Dans Les Nouveaux philosémites, Edith Bruder réunit sociologues, politologues et théologiens pour enquêter sur celles et ceux qui se revendiquent « amis des Juifs », « compagnons de route d’Israël », voire « presque juifs ».

02/10/2026, 06:00

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Une photo, deux visages, 70 ans de mystère

Un véritable polar photographique qui met en scène les journalistes mais aussi en filigrane les insurgés hongrois de 1956 : tous ont été les témoins d'événements historiques qui ont façonné notre monde. Mais cette enquête (trop) minutieuse finit par lasser.

01/10/2026, 17:30

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De la gare du Nord aux hauteurs de Belleville, six voix pour un Paris vivant

Belleville n’est pas un décor dans Bellevilles. C’est une matière vivante : une pente qui coupe le souffle, une terrasse trop pleine, un café où les fidélités se renégocient, un escalier qui sépare deux vies, un trottoir où l’on peut croiser sa propre jeunesse. Samih Amar Tran construit son livre comme une promenade à six voix. Alma, Landrot, Marie, Omar, Jim et Romy prennent tour à tour possession du quartier, chacun avec son rythme, ses angles morts et sa manière de s’y accrocher. Tour du quartier, le 4 novembre.

 

01/10/2026, 14:00

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Cher Voltaire : quand Madame du Deffand ferraillait avec le philosophe

Deux vieillards s’écrivent comme d’autres croisent le fer. L’un règne depuis Ferney sur l’Europe des idées ; l’autre, aveugle, tient encore salon à Saint-Joseph et refuse de céder sur le goût, l’esprit ou l’art de s’ennuyer. Cher Voltaire restitue moins un échange sage entre deux monuments qu’un commerce vif, capricieux, traversé de silences, de susceptibilités, de nouvelles du monde et d’une commune hantise du vide. Dès 1764, Voltaire le constate : « Notre commerce à tâtons devient vif, Madame. » 

01/10/2026, 13:37

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Alien Clay : sur une planète-prison, la science devient une arme de liberté

Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil. Adrian Tchaikovsky le sait, son narrateur aussi, et Alien Clay (trad. Gilles Goullet) commence donc exactement ainsi : après trente ans de sommeil interstellaire et quelques secondes avant une chute vers une planète carcérale. « Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil, à ce qu’il paraît », observe Arton Daghdev. Alien Clay sortiral le 4 novembre 2026. Science, catastrophe et sarcasme : le roman vient de trouver son carburant.

01/10/2026, 13:01

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Retrouvés après 45 ans, les cahiers d’une adolescente des années 70 ressurgissent

Entre 1974 et 1976, Martine Faustin tient un journal intime alors qu’elle est pensionnaire à l’Institution Saint Paul de Thiviers, en Dordogne. À quatorze ans, elle y consigne ses amitiés, ses premières histoires d’amour, ses colères et ses envies de liberté. En 2021, elle retrouve par hasard ces trois cahiers, dont elle avait oublié l’existence.

01/10/2026, 09:27

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Amitié entre femmes : quand les liens choisis connaissent aussi la tempête

Longtemps reléguée derrière l’amour et la famille, l’amitié est aujourd’hui célébrée comme un lien choisi, plus libre et plus durable. Mais est-elle vraiment plus simple ? 

01/10/2026, 08:58

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Monaco n’a pas toujours ressemblé à une carte postale

Palais princier, casino, yachts et palmiers : l’image de Monaco semble évidente. Avec Monaco, l’histoire inconnue, Pierre Abramovici entreprend de regarder derrière cette façade et de faire ressurgir 150 ans d’une histoire monégasque faite de luttes de pouvoir, de guerres, d’Occupation et d’épisodes restés dans l’ombre.

01/10/2026, 08:57

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Boire, aimer, écrire : transformer l’ivresse en poésie

Le titre promet la bouteille de trop, l’ivresse qui déborde, peut-être même la gueule de bois. Christophe Esnault cherche pourtant ailleurs. Dans Si le vin ne te rend pas génial, essaye une autre bouteille, le verre n’est ni décor ni prétexte à célébrer la cuite : il ouvre une brèche. Une bouteille, un millésime, un prix, puis la pensée part. Vers les amis, les femmes aimées, le père vieillissant, les écrivains, les chansons, les morts. Vers cette question surtout, ressassée jusqu’à l’obsession : comment demeurer vivant quand la tentation de disparaître rôde dans les marges ?

30/09/2026, 17:55

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Furia

30/09/2026, 16:15

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La Pleureuse : Camilla Läckberg rouvre un secret vieux de trente ans à Fjällbacka

La Pleureuse (trad. Susanne Juul - Andréas Saint Bonnet) s’ouvre dans l’étouffement. Une jeune fille lutte, perd le contrôle de son corps, tente de comprendre ce qui lui arrive. Une phrase suffit à installer la menace : « Elle ne voulait pas mourir. » Camilla Läckberg ne cherche pas encore l’énigme ; elle impose d’abord une sensation. Puis Fjällbacka retrouve son quotidien, ses restaurants, ses familles, ses plaisanteries, ses habitudes. Sous cette normalité, pourtant, quelque chose attend depuis trente ans. 

30/09/2026, 14:00

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Maboule : délicieux périple de transmission

Maboule est trobairitz. Elle collecte les rumeurs, les regards et les soupirs, puis les change en histoires. De villes en villages, elle sème ces récits récoltés ou entièrement inventés. Venant tout droit de Villedor, où elle a été élevée par ses deux  mamans – en fait elle en a quatre, longue histoire –, elle échange une fable contre un repas ou une couchette. 

30/09/2026, 13:04

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Abdeljalil Lahjomri : les livres, ces compagnons qui refusent d’obéir

Abdeljalil Lahjomri n’empile pas des comptes rendus : il compose une autobiographie de lecteur. Les Compagnons indociles avance par rencontres, retours, désaccords et fidélités, comme si une bibliothèque pouvait devenir le journal d’une conscience. Dès l’introduction, une phrase donne la mesure du projet : « Les livres sont des compagnons d’éternité. » Le titre ajoute aussitôt ce qui empêche toute dévotion tranquille : ces compagnons résistent, irritent, déçoivent, obligent à relire. L’ouvrage se construit dans cet écart entre attachement et liberté critique. A paraître le 8 octobre.

30/09/2026, 13:00

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Chat Larme : Hélène Cixous ouvre la porte des absents

« Ceci est mon dernier livre » : chez Hélène Cixous, l’annonce d’une fin n’achève rien. Elle ouvre au contraire une chambre supplémentaire dans la mémoire. Chat Larme naît de cette contradiction : vouloir retenir ce qui s’éloigne tout en sachant que l’écriture ne ressuscite pas. Alors elle cherche autrement, dans les carnets, les photographies, les rêves, les voix, les animaux aimés. Sortie le 8 octobre

30/09/2026, 08:30

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Keith Jarrett au Japon : quand une musique disparaît après avoir été jouée

En 1976, Keith Jarrett donne au Japon huit récitals solo en seulement treize jours. De cette tournée naîtront les Sun Bear Concerts, dix vinyles et plusieurs heures d’improvisation. Dans Keith Jarrett, Japon 1976, Philippe Séclier part sur les traces de cette aventure musicale devenue mythique.

30/09/2026, 08:00

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Elles quittent Tokyo pour une plantation de thé au pied du Fuji

Avec Le parfum des feuilles de thé, Camille Monceaux prolonge l’univers du Secret des bonbons pamplemousse dans un nouveau récit au cœur du Japon. Akane et Mayumi quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale, et se lancent dans une nouvelle vie rythmée par le thé et les saisons.

Illustrations par Virginie Blancher.

30/09/2026, 07:00

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Une pie, une clé et un drôle de trésor tout bleu

Avec Trésor d’hiver, Gilles Baum et Csil proposent un imagier où les animaux et les objets se répondent page après page. Pensé pour les tout-petits, cet album joue sur les formes, les matières et les associations pour laisser l’imaginaire prendre le relais. Dès 2 ans.

30/09/2026, 06:00

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Un fils adopté, une famille blanche : le vertige de L’Enfant de cœur

Tout commence par une disparition, mais le vrai vertige de L’Enfant de cœur est ailleurs : dans ce que chacun croit savoir de l’autre. Marie est enlevée avec une efficacité glaciale. Puis le récit recule, change de voix, ouvre les dossiers, les souvenirs, les versions. Laure de Rivières construit son roman comme une maison où chaque pièce possède une porte dérobée. On entre par la peur immédiate ; on découvre ensuite l’adoption de Noé, la séparation de ses parents, les familles recomposées, les signes que chacun interprète à sa manière.

29/09/2026, 17:00