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Les Ensablés - "Jérôme 60° Latitude Nord" de Maurice Bedel (1883-1954)

J’ai relu le premier roman de Maurice Bedel, Jérôme 60° Latitude Nord, prix Goncourt en 1927. Bedel est arrivé à la littérature sur le tard, volontairement selon ses dires. Il explique à Frédéric Lefèvre au moment de recevoir le Goncourt : « Ce n’est pas sans dessein que je livre ma première œuvre à quarante ans. Dès le moment où j’avais décidé de me donner aux lettres — comme je vous l’ai dit, cela date du collège — j’ai accumulé documents sur documents, non par écrit, je ne note jamais rien, mais en vivant une existence aussi complète et complexe que possible, c’est un système qui peut avoir du bon, qui a réussi singulièrement à Proust, par exemple » (Les Nouvelles Littéraires, 10 décembre 1927). Plus jeune, étudiant les maladies mentales, la littérature et la peinture, Bedel passe ses matinées à la Salpêtrière (il soutiendra une thèse en psychiatrie à la Faculté de médecine), suit l’après-midi les cours de Faguet et de Lévy-Bruhl à la Sorbonne et fait le soir de la peinture à l’Académie Jullian. Il fait des vers, publiant un recueil chez Grasset en 1913, avant d’être mobilisé comme aide-major ; son Journal de guerre. 1914-1918 a été édité par les éditions Tallandier à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre. Après la guerre, cosmopolite dans l’âme, reporter international, Bedel voyage beaucoup, comme il le fera d’ailleurs jusqu’à la fin de sa vie, parcourant tous les continents.

Le 20/03/2016 à 09:00 par Les ensablés

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20/03/2016 à 09:00

Les ensablés

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Par François Ouellet

C’est Pierre Bost, lecteur chez Gallimard, qui avait découvert Jérôme 60° Latitude Nord, un roman tout à fait dans l’air du temps, peut-être trop aux yeux de bien des commentateurs. Il est vrai que l’écriture rappelle irrésistiblement celle de Jean Giraudoux et de Paul Morand. Dans sa chronique de La Revue Hebdomadaire (le 17 décembre 1927), Robert de Saint-Jean raillait : « Jérôme. 60° Latitude Nord, c’est l’écriture moderne mise à la portée de tous. […] Le livre de M. Maurice Bedel offre une habile imitation des étoffes et de la coupe en vogue depuis plusieurs années ; c’est du “tout fait”. Seuls les juges l’ont pris pour un habit sur mesure ; peut-être même ont-ils cru montrer de l’audace en le choisissant, eux qui devaient lever les bras au ciel lorsque parut Tendres stocks ! À la place de M. Paul Morand ou surtout de M. Jean Giraudoux (le plus volé des deux), je réclamerais un pourcentage sur cette contrefaçon. » Ce critique, comme d’autres, n’avait sans doute pas tout à fait tort. Mais s’il fallait blâmer tous ceux qui ont été inspirés par Giraudoux, on n’en finirait pas. Ni Emmanuel Bove, ni René Laporte, par exemple, n’auraient trouvé le style de leurs premiers romans sans L’École des indifférents ou Suzanne et le Pacifique. Il est possible que le roman de Bedel ait un peu forcé la note, mais comme le dira sagement ce même Giraudoux dans sa pièce Siegfried (cliquer ici), qu’il fait jouer en 1928, « le plagiat est à la base de toutes les littératures, excepté de la première, qui d’ailleurs est inconnue ». On écrit parce qu’on a d’abord lu et admiré, c’est bien connu. Proust n’a-t-il pas commencé par faire des pastiches ? Il faut bien faire ses premières armes, et reconnaissons que Bedel aurait pu plus mal tomber… En fait, Bedel aura tout simplement emprunté la voie qui le révélait à lui-même, à sa propre sensibilité, et qui lui permettait paradoxalement de trouver sa propre originalité. Du reste, il se réclamait pour sa part du Grand Meaulnes et de Valery Larbaud…

Jérôme, jeune dramaturge tourangeau, se rend à Christiana, en Norvège, pour l’adaptation de sa pièce Littérature. Mais la littérature, c’est le cas de le dire, n’est qu’un prétexte pour parler d’autre chose, et de quoi sinon de l’amour. Jusqu’alors, Jérôme n’a vécu que des désenchantements ; c’est que l’amour est à la fois une force et une faiblesse chez lui : « Car toute notion du réel qui parvenait au cerveau de ce jeune homme passait d’abord pas son cœur. » Autrement dit, il vit en 1920 dans la peau d’un homme de 1830 attiré par le romantisme scandinave et les rêveries d’Hamlet.

D’emblée, sur le bateau qui traverse la mer du Nord, Jérôme a le coup de foudre pour une étudiante norvégienne, Uni Hansen, qui revient d’une année d’étude à Lausanne. Le hasard la lui fait retrouver, le lendemain de son arrivée à Christiana, chez la traductrice de sa pièce, Clara Berg, dont Uni est la fille. Elle incarne pour Jérôme l’idée caricaturale qu’il s’est faite de la Norvège d’après les images mentales et les légendes nordiques qui ont nourri son tempérament rêveur, où l’on croise sur son chemin « des traîneaux à clochettes » et « des marchands de peau d’ours, de morue sèche, de renne boucané ». Dans ce décor romanesque, ses amours seront fatalement décalées.

Jérôme vole tout le temps qu’il peut aux répétitions, banquets et conférences qu’on lui impose pour être auprès de la jeune fille. Il ne sait comment lui avouer son amour, car le mélange de candeur et d’énergie qu’elle dégage le déroute, Uni aimant les ébats violents, la gymnastique, le tabac grossier. Dans l’expression des sentiments amoureux, « une bourrade donnée joyeusement vaut un long baiser », résume la mère d’Uni. En outre, alors que, pour Jérôme, l’amour est tourmenté et dramatique, fait de soupirs et de larmes, qu’il trouve son plaisir dans le risque de l’aventure, l’amour norvégien est raisonnable : il est un acte franc et sain, qui exclut le mensonge et l’adultère, car du moment où on aime, on se marie, et lorsqu’on ne s’aime plus, on divorce le plus simplement du monde. Aussi les relations sont-elles simples, trop pour Jérôme, qui s’y perd.

Il parvient pourtant à séduire Uni : il suffisait de se déclarer franchement. Mais dès lors que son rêve devient réalité, qu’Uni accepte d’être sa femme et donc que Jérôme renonce au « chef-d’œuvre de cristallisation romanesque » construit par son imaginaire, son sentiment change, et Uni lui apparaît telle qu’elle est : « une grande jeune fille d’un type nordique assez banal ». Alors que le nom de la jeune fille reflétait ce qu’elle lui avait d’abord offert d’unique, elle a le défaut, dès qu’ils sont fiancés, d’apparaître quelque peu unidimensionnelle. « Il éprouvait de la lassitude à vivre dans un sentiment simple », lit-on vers la fin du roman, tandis qu’ils se trouvent à Copenhague pour la représentation de Littérature. La pièce de Jérôme a elle-même subi une transformation étonnante sous la mise en scène propagandiste de Clara Berg, qui l’a censurée afin de l’adapter aux valeurs nationales. « D’une comédie légère, alerte, qui rejoignait Sarment par Marivaux, elle avait fait un chef-d’œuvre de lenteur qui déroulait sa carrière dans une décoration funèbre. »

Jérôme revient seul à Oslo, car entretemps la capitale norvégienne a changé de nom, signe que Jérôme est revenu de son décor enchanteur. Il n’est pas triste, ni même tout à fait étonné de son échec, puisqu’au fond il a expérimenté sa propre théorie de l’amour, à savoir que « l’amour était affaire géographique, qu’à chaque latitude correspondait une forme particulière de ce sentiment et que pour lui, enfant de la Touraine, il ne pouvait guère être question de s’entendre là-dessus avec une Nordique ». Bedel donne raison à Stendhal, qui insistait dans ses Chroniques italiennes : « Ne sommes-nous pas convenus que les passions varient toutes les fois qu’on s’avance de cent lieues vers le Nord ? » Aussi se consolera-t-il sans peine dans les bras d’une Norvégienne adepte de l’amour à la française, avec « ses cinq à sept essoufflés, ses dépistages en taxi, ses lettres poste restante ».

Au-delà d’un Goncourt qu’on a quelque peu moqué pour sa filiation giralducienne, le roman a eu le malheur d’indigner la Norvège (et certains écrivains français, dont André Gide), Bedel se faisant reprocher d’en avoir reproduit une image déformée et stéréotypée. Il semble que la chose ait pris la forme d’un incident diplomatique à la suite de l’intervention d’un ministre auprès du Quai d’Orsay. On créa même, en guise de réparation et pour que triomphent les bons sentiments, un nouveau prix littéraire, le Prix des Vikings, récompensant un œuvre traitant favorablement de la Norvège. Bedel, qui avait séjourné dans ce pays à l’hiver 1920, à une époque où il était secrétaire d’un collectionneur norvégien passionné par la peinture française moderne, dut se défendre lors d’un débat au Club du Faubourg (François Ribadeau-Dumas en rend compte dans Les Nouvelles Littéraires du 24 décembre 1927), fondé par le journaliste et dramaturge Léo Poldès à la fin de la Première Guerre. C’est plus précisément sur le chapitre de l’amour qu’on attaqua Bedel, qui cependant répétait ce qu’il avait soutenu quelques jours plus tôt dans une l’interview avec Frédéric Lefèvre : « les mœurs amoureuses » qu’il décrivait étaient « fort répandues en Norvège ». « Ce sont des candides, je ne dis pas au sens voltairien du mot ni dans un sens péjoratif, mais ils portent en eux une fraîcheur de sentiment qui m’a toujours fait penser, dans la notion qu’ils ont de l’amour, au Daphnis et à la Chloé de Longus. C’est ainsi qu’au lieu de Jérôme 60° Latitude Nord, j’aurais pu tout aussi bien intituler mon livre : Jérôme au pays sans mensonge. » Il ajoutait encore : « Je crains en effet que mes amis Norvégiens […] se croient attaqués là où je mets seulement en présence deux mentalités aussi imperméables que la sensibilité norvégienne et l’intelligence sensible du Français ».

Cela dit, le roman se lit encore aujourd’hui avec un certain plaisir. Il a des qualités indéniables : un humour légèrement impertinent, des répliques savoureuses (le français d’Uni est délicieux), la fantaisie sentimentale et émue qui guide le héros trop romantique pour être vrai et assez sensible pour ne pas être faux. Bedel brosse sans doute à gros traits les différences culturelles et en tire parfois un effet de bouffonnerie, mais la caricature n’est pas forcément un défaut. Comme l’écrivait Benjamin Crémieux dans Les Annales politiques et littéraires (15 décembre 1927), le « livre se déguste avec autant de plaisir qu’un bon vin de Vouvray, bien frais et bien léger ».

Quelques années après ce premier roman, Bedel publie Une enquête sur l’amour (1932), qui n’a en fait d’enquête que son titre, l’ouvrage étant une sorte de rêverie qui mène le narrateur à travers toute la France. À la fin, celui-ci découvre la sagesse qui manquait à Jérôme : « L’amour ? Il n’était peut-être pas aussi loin que j’étais allé le chercher… » Notons aussi, pour les lecteurs intéressés, que Bedel donnera une suite à son premier roman vingt-cinq ans plus tard : Voyage de Jérôme aux États-Unis d’Amérique (1953). Dans ce roman sans intrigue, écrit cette fois-ci à la première personne, Jérôme parcourt tout le pays américain, le déplacement servant à susciter l’observation et à nourrir la réflexion sur les us et coutumes du Nouveau et de l’Ancien monde.

DOSSIER - Le Prix Goncourt de la biographie

Par Les ensablés
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On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Revanche (1925) d'André Thérive

Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

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Les Ensablés – André Beucler, Vu d’Allemagne

Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.

25/08/2024, 09:00

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Les Ensablés – Elisabeth de Raymonde Vincent (1908-1985)

Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.

04/08/2024, 09:29

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Les Ensablés - Rafales, de Roger Vercel (1894-1957)

Encore connu des cinéphiles pour les adaptations au cinéma de ses romans  Remorques (adapté par Jean Grémillon) et Capitaine Conan (prix Goncourt 1934, adapté par Bertrand Tavernier), Roger Vercel est un remarquable écrivain de récits maritimes, inspirés de témoignages  de marins, recueillis à Dinan, ville où il vécut et exerça le métier de professeur de lettres. Par Isabelle Luciat

14/07/2024, 09:00

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Les Ensablés - Bruges-la-Morte de Georges Rodenbach

L’écoute d’un opéra de 1920 ensablé jusqu’à la fin du dernier siècle peut mener à la lecture d’un roman également ensablé pendant plusieurs décennies, l’un comme l’autre très célèbres en leurs temps et fort heureusement resurgis… quoiqu’ insuffisamment pour le livre, qui mérite largement un coup de projecteur. Par Marie Coat

23/06/2024, 09:00

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Les Ensablés - Retour de barbarie et Du côté de chez Malaparte de Raymond Guérin

C’est au début des années 80 que l’on commence à reparler Raymond Guérin. Les éditions « Le tout sur le tout » ont alors le courage de rééditer certaines de ses œuvres. Jean-Paul Kaufmann écrit sa biographie, remarquable comme tout ce qu’il fait, dans 31 rue Damour. Des articles sortent… Puis nouvel oubli, même s’il reste publié dans la collection Imaginaire, antichambre de l’oubli définitif. un oubli relatif à dire vrai. Régulièrement, des maisons d’édition (où trouvent-elles ce courage?) rééditent en effet une de ses œuvres. Finitude est de celles-ci. Par Hervé Bel

09/06/2024, 09:00

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Les Ensablés - Les enfants de septembre de Jean-René Huguenin (1936-1962)

Merveilleuse parution chez Bouquins d’un inédit de Jean-René Huguenin. Les enfants de septembre, roman ébauché et par conséquent forcément inachevé révèle toute la palette émotionnelle et stylistique de JRH, auteur génialement prometteur décédé à 26 ans. Par Denis Gombert

26/05/2024, 09:00

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Andropause : comment rester un homme en pleine forme après 50 ans ?

À partir de la cinquantaine, la baisse du taux de testostérone transforme le corps et l’esprit de la plupart des hommes : libido en baisse, fatigue, perte d’élan, troubles de la mémoire… L’andropause reste pourtant mal comprise. Dans cet ouvrage, le Dr Marc Galiano, andrologue et spécialiste du vieillissement masculin, explique comment identifier ces signes et préserver durablement ses capacités physiques, intellectuelles et sexuelles grâce à des habitudes de vie adaptées ou des traitements spécifiques.

06/12/2025, 08:00

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Sylvester Stallone, modèle d’un homme parti de rien

Dans la vie, Richard doit faire avec ce qu’il a. Soit pas grand-chose. Sans héritage, sans diplômes ni « réseau », il cumule les petits boulots : ferrailleur avec une bande de Gitans, employé d’un asile d’aliénés, chasseur dans un grand hôtel… Quand il rencontre Simon, l’un des clients du palace, sa vie bascule. Le riche entrepreneur apprécie sa franchise et lui propose de venir travailler avec lui à New York. Cap vers les affaires et la fortune. Vers les manipulations et les trahisons également.

06/12/2025, 07:00

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Les meilleurs livres vétérinaires pour comprendre et mieux accompagner son animal

Comprendre nos animaux de compagnie passe autant par l’observation quotidienne que par la connaissance.

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05/12/2025, 15:24

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Le Diable se moque bien des histoires d’amour : la dystopie romantique qui vous hantera

Dans un monde où l’intime se mesure, se classe et s’achète presque comme un produit financier, les sentiments n’ont plus vraiment droit de cité. C’est dans ce décor inquiétant – et pourtant étrangement familier – que Brigitte Moreau installe Le Diable se moque bien des histoires d’amour, une dystopie romanesque où l’amour tente encore de se frayer un chemin entre formulaires, notations sociales et unions programmées.

05/12/2025, 14:40

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La bataille du cadeau parfait : BD, polar domestique ou Goncourt ?

Pour la semaine du 24 au 30 novembre, le marché du livre connaît une semaine particulièrement dynamique, portée par une forte reprise des ventes et par un trio de tête solidement installé. Astérix conserve sans effort la première place avec des volumes toujours impressionnants, tandis qu’Inoxtag confirme son statut de phénomène durable en confortant sa deuxième position. Le Prix Goncourt, La maison vide de Laurent Mauvignier, complète ce haut du classement.

05/12/2025, 12:52

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Brocken, de Jean Villemin : du banal café au gouffre psychologique

Entre pluie, miroir et vertige, Brocken est récit qui déraille doucement. Jean Villemin nous propulse dans l’esprit d’un homme qui vacille, un narrateur saisi par la routine, mais happé peu à peu par une inquiétante fissure intérieure. À paraître le 7 janvier 2026.

05/12/2025, 12:34

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Quand la constipation d’un président menace toute la Russie

Imaginant un chef d’État incapable de « se soulager », Sébastien Liebus transforme un simple trouble intestinal en affaire d’État, où chaque pet devient donnée stratégique. Fable scatologique et politique, Le président est constipé dissèque un régime obsédé par le contrôle des corps, jusqu’à traquer « une bille de matière fécale du président » dans les couloirs du pouvoir.

05/12/2025, 08:30

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Derrières les origines de l’Église mormone : Orrin Porter Rockwell

Dans Le Poing armé de Dieu, Hubert Prolongeau restitue la trajectoire d’Orrin Porter Rockwell, garde du corps de Joseph Smith et figure redoutée des premiers temps de l’Église mormone. Un roman âpre, tendu comme une corde d’arc, où la foi se mêle à la violence, au mythe et à l’esprit du Far West.

 

05/12/2025, 08:00

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Adèle disparue deux fois : le mystère qui secoue Annemasse

Sécher tes larmes est le premier roman policier de Meï Lepage. Avant même sa parution, il a suscité un large intérêt international et fera l’objet de traductions dans une dizaine de pays.

 

05/12/2025, 07:00

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Les Trolls : enquête au cœur du harcèlement en ligne

Depuis déjà trop longtemps, les écrivains français éprouvent une grande passion pour leurs traumatismes qu’ils convertissent en livre. Je souffre, donc je suis. Je souffre, donc j’écris. Il s’agit de raconter sa douleur sans lésiner sur le pathos, d’en rechercher les causes et d'expliquer la façon dont on l’a surmontée. Pierre Cormary, Les Trolls aux Editions Unicité. Par Fabrice Châtelain.

04/12/2025, 12:12

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La Limite de Hayflick : ce que la science ne dit pas

En ressuscitant l’Épopée de Gilgamesh à l’ère des biotechs, Nicolas Gorodetzky signe un thriller scientifique qui met les pieds dans le plat : et si notre époque, lassée de la mort, s’apprêtait à la contourner ? La Limite de Hayflick de Nicolas Gorodetzky, aux éditions Yanat. 

04/12/2025, 10:51

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Le grand Sud en couleurs : Lepage mûrit, et nous aussi

En 2010, Emmanuel Lepage embarquait à bord du Marion Dufresne pour un magnifique voyage vers les Terres Australes. Douze ans plus tard, il remet ça mais cette fois pour un plus long séjour sur place, sur l'île de Kerguelen.

04/12/2025, 10:00

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Huit ans enfermée : l'histoire bouleversante de Noëlle Châtelet

Avec une sincérité intrépide, l’autrice fait revivre ses années d'internat, de dix à dix-huit ans, au tournant des années 1960. Arrachée à la campagne qu’elle aimait, dans la vallée de la Marne, elle vit son arrivée en pension comme un enfermement brutal, loin de sa famille bien-aimée. Contrainte de porter l’uniforme, elle doit se soumettre aux ordres autoritaires de femmes strictes et sans cœur, jusqu’aux punitions et humiliations ressenties comme de véritables violences.

04/12/2025, 07:00

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Au bout du monde avec Emmanuel Lepage

En 2010, Emmanuel Lepage embarque à bord du Marion-Dufresne pour un magnifique voyage vers les Terres Australes et Kerguelen. Il en a tiré ce magnifique carnet de voyage où la chaleur et l'humanité des scientifiques isolés là-bas luttent contre la violence des éléments naturels de ces terres inhospitalières.

03/12/2025, 10:07

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La désopilante histoire d’un Roger des râteaux qui doit se transformer en Federer de la séduction

Pourquoi éprouvons-nous spontanément de la sympathie pour les gaffeurs ? Aimons-nous ceux qui nous font rire à leurs dépens par réflexe  ou est-ce une simple réaction nerveuse à l’idée que cela pourrait nous arriver ? Quoiqu’il en soit, dans son roman Belle de match (Editions Sixième(s)), Laurent Chiambretto ne se moque pas de son personnage mais nous invite à rire avec lui de ses malheurs. 

03/12/2025, 08:00

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Héroïnes indociles, vies cabossées : un recueil qui mord et qui console

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Laura Alcoba, Je suis une idiote de t’aimer, de Camila Sosa Villada est un recueil de neuf nouvelles. Il met en scène des héroïnes inoubliables – journalistes, nonnes, grand-mères, enfants, chiennes ou renardes – toutes animées par une même volonté de survie.

 

03/12/2025, 07:00

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Il voulait “tromper pour émerveiller, et non pour nuire”

L'histoire vraie de Robert-Houdin, l'illusionniste français que l'armée de Napoléon III envoya en Algérie en 1856 pour contrer les marabouts soufis de la rébellion. Un petit tour de passe-passe en images dans les coulisses de notre histoire coloniale.

02/12/2025, 16:08

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De Rabelais à Gombrowicz : quand le roman devient un espace de liberté

Plonger dans L’Être et le roman revient à s’installer dans une salle immense où les voix de Boccace, Rabelais, Homère ou encore Gombrowicz se répondent à travers les siècles. L’ouvrage n’est pas seulement une méditation sur l’art romanesque : il explore, avec ampleur et précision, ce qui fait de la littérature un espace unique pour penser la liberté, l’existence et le beau.

02/12/2025, 12:31

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Rupture, héritages, illusions : l’Amérique latine abandonne-t-elle l’Occident ?

Publié en 2025, Les dérives d’un continent s’inscrit dans un moment de recomposition internationale marqué par le retour des logiques de puissance, la fragmentation politique latino-américaine et la montée de concurrents systémiques aux États-Unis. Alain Rouquié, diplomate et politiste reconnu, reprend ici une réflexion menée depuis plusieurs décennies sur la place singulière de l’Amérique latine dans l’architecture occidentale. 

02/12/2025, 11:59

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Rouille de Camille Leyvraz : le chant de la terre nourricière

Le silence est un voyage qui mène du rejet à la libération ; une sorte de refuge dans lequel chaque individu entretien des non-dits, des rancœurs, des secrets et pourquoi pas des espoirs. Rouille de Camille Leyvraz, un roman proposé par La Veilleuse Éditions.

02/12/2025, 10:00

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Quand une mère prépare ses enfants à vivre sans elle

Une famille aimante, dans une maison californienne bordée de ginkgos. Une petite fille, qui apprend qu'elle va devoir vivre sans sa mère. Et une mère qui, plus que tout au monde, souhaite les protéger, elle et son frère.

02/12/2025, 09:00

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Grandir sous l’emprise d’un père prêt à tout

Conte horrifique, roman sur la cellule familiale, ses mensonges, ses legs impossibles et le sort réservé aux filles : ce premier livre aborde l’emprise avec une envoûtante maîtrise des scènes et nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. 

02/12/2025, 08:00

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Alessandra Sublet signe un premier roman : Toi que je n’attendais plus

Faut-il partir au bout du monde pour se retrouver ? C’est la question que se pose Manon, océanologue et mère divorcée, encore meurtrie par une déception amoureuse. Son cœur brisé la ramène sur les rivages de son enfance en Sicile, entre les bras d’une grand-mère tendre et la mémoire d’un père marin disparu en mer.

 

02/12/2025, 07:00

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Churchill

01/12/2025, 18:44

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Mircea Eliade : quand la théorie se change en cauchemar

On connaît Mircea Eliade avec une pipe, des lunettes trop grandes et un air de professeur occupé à réinventer la « science des religions ». Historien du sacré, maître de conférences à Chicago, auteur du Sacré et le Profane et du Mythe de l’éternel retour, sa réputation s’épanouit surtout dans les bibliographies universitaires et chez les fervents du spirituel, beaucoup moins dans les listes de romans à lire l'été.

01/12/2025, 18:22

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Lettre ouverte

01/12/2025, 17:15

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Lumière sur les invisibilisées

Le titre Mes Chéries n’a rien de mystérieux : c’est un clin d’œil direct à Clarice Lispector, dont un recueil de lettres à ses sœurs porte le même titre dans sa traduction française, publiée aux éditions des femmes – Antoinette Fouque. Chez François Kasbi, ces « chéries » ne sont pas ses sœurs mais les femmes autrices qui ont marqué sa vie de lecteur. 

01/12/2025, 11:33

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Lolita, de Vladimir Nabokov : une oeuvre baudelairienne en diable

La littérature doit créer des paradis, des enfers ou des réalités nouvelles – ou elle n’est pas. Simultanément, Lolita, de Vladimir Nabokov (éditions Gallimard, 2001, traduction de Maurice Couturier) ouvre un éden et un enfer incandescents, une idylle aux ombres infernales, en nous plongeant dans la conscience d’un pédocriminel amoureux fou d’une jeune fille fantasmée qui, par sa désinvolture lascive, ses ambivalences insondables, le fait échapper à sa dépression, à son ennui d’exister dévorant.

01/12/2025, 09:59

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“Vous n’aurez pas ma joie” : l’essai qui défend la résistance par la joie

La joie ne dépendrait ni de la clémence du réel ni d’un tempérament favorable, mais d’un positionnement intérieur. Ainsi, Antoine Leiris opposait à la haine « l’amour qu’il porte à son petit garçon » et affirmait n’avoir « pas de temps à [leur] consacrer ». La joie apparaît ainsi comme une manière de se soustraire à des forces qui chercheraient à confisquer la vie. 

01/12/2025, 09:26

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Où commence la réalité ?

Chimères tropicales (Robert Laffont) plonge le lecteur au cœur de la jungle, dans un univers où se mêlent sensations, illusions et mystères. À la manière de La Sauvagière, Corinne Morel-Darleux explore notre lien intime au monde sauvage et à la part d’imaginaire qui le façonne.

 

01/12/2025, 08:30

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Duel au sommet des meilleures ventes : Inoxtag fait-il tomber Astérix ?

Cette semaine (du 17 au 23 novembre), le classement ressemble à un duel de générations : d’un côté, Astérix, en pleine forme gauloise, de l’autre, Inoxtag, dont le tome 2 d’Instinct surgit comme un météore qui scalpe l'Everest. Autour d’eux, le Goncourt 2025 poursuit sa longue marche, Freida McFadden continue son quadrillage du top et la BD franco-belge glisse un pied entre les deux géants. 

28/11/2025, 12:41

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Underwatch : jusqu’où aller pour entrevoir la vérité ?

Annaë a 15 ans. Le lycée, c’est un peu compliqué, pour elle. Ses meilleures amies depuis l’enfance – Malia, Jasmine et Aline – sont toutes plus occupées les unes que les autres, si bien qu’elles n’ont plus le temps de se voir comme avant. Pourtant, en parallèle de ses soucis d’adolescente, le quotidien se fissure lorsque Romuald, un camarade de classe, disparaît du jour au lendemain sans laisser de trace. Que lui est-il arrivé ? Est-il vraiment parti de son plein gré ?

28/11/2025, 12:39

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Nous sommes faits d'orage

28/11/2025, 09:36

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La Marche du serpent aveugle vers la vérité

27/11/2025, 17:41

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Arthur de Pins signe une épopée médiévale irrésistible avec Knight Club

Fini les crabes, les monstres et les parcs d’attractions : dans Knight Club, Arthur de Pins délaisse les rivages contemporains pour s’aventurer au cœur des Croisades, livrant une fresque médiévale aussi élégante qu’irrévérencieuse. Entre épopée, satire et western oriental, l’auteur signe une aventure foisonnante, traversée de références assumées et d’un souffle narratif qui ne faiblit jamais.

27/11/2025, 16:12