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Les Ensablés - "Raphaël" (1926) de Henri Focillon (1881-1943)

L’œuvre d’art en tant que forme

Le 14/04/2019 à 09:00 par Les ensablés

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14/04/2019 à 09:00

Les ensablés

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J’ai mis longtemps à aimer Henri Focillon. Ses œuvres de jeunesse me montrait un écrivain doué, mais abusant de ses dons ; sa correspondance un homme d’une valeur morale décevante et souvent, un historien resté trop «  artiste ». Je ne pouvais me forcer à admirer les deux volumes et les mille pages de l’Histoire de la peinture au XIXème siècle, les formules  de la Vie des formes ou même son Piranesi qui était gâché par des digressions que je ne trouvais pas indispensables.

Je le lisais, mais sans bienveillance, dans l’esprit de le trouver médiocre ou suffisant, de surprendre ici une facilité, là une approximation, et n’appréhendais rien comme d’y trouver un raisonnement qui fusse bon ou une de ces images si justement placée qu’elle semble aussi suffisante que la plus serrée des explications. 

Seul un livre de lui, bref et charmant, captait et intriguait mon imagination, me transportait au-delà des mots qui en composait la trame matérielle, et m’intéressa enfin à un auteur sensible et profond, sachant parler du monde qu’invente un artiste, de cette profondeur où se tordent d’étranges et d’inquiétants reflets, des miroitements de son œuvre et de l’élan de sa pensée : ce livre, c’est le Raphaël publié en 1926.

Par Antoine Cardinale

Son père, Victor Focillon est un graveur estimé, président de la Société des aquafortistes français, ami de Clémenceau, auquel d’ailleurs il ne demanda jamais que son amitié ; Rodin, Monet, Carrière ou Geffroy fréquentent à son atelier. C’est dire si les arts visuels lui furent familiers et il en conservera à jamais une vision proche de celle d’un artisan-graveur –de Meryon à Daniel Vierge, il ne manqua jamais de rendre justice aux graveurs oubliés. Les procédés manuels, la pratique matérielle de l’art furent au cœur de sa théorie ; cette vision qui est entré dans l’arsenal de l’analyse historique n’était pas si courante alors et lui fallut un courage certain, pour lequel il puisait dans l’orgueil de famille et dans sa fierté de classe.

Matérialiste et athée, il a rudement attaqué l’esthétique idéaliste, et en bon élève du matérialisme, toujours mis en avant l’outil, l’homme et la matière, dans lesquels il vit toujours la sainte trinité de l’art. L’ouvrier qui est dans l’artiste, la valeur de la succession et de l’apprentissage sont au cœur de sa réflexion et il se recommandera toujours de cette aristocratie du geste : « dans l’atelier de mon père, j’ai appris à toucher les instruments, à les reconnaître, à les nommer, à les manier » et il sera toujours passionné de ces « secrets d’ouvrier » qu’il cherchait à surprendre chez Vinci lui-même 1.

Dans le même esprit, non content d’affirmer la matérialité de l’œuvre d’art il fut le premier à en affirmer dans la Vie des Formes le relativisme : l’œuvre d’art n’existe qu’en tant que forme, et que, même dans une époque donnée, ni le théologien qui en a fait le programme, ni l’artiste qui crée l’objet, ni le fidèle qui l’admire ne voient la même chose. On lui doit enfin une théorie de l’évolution des styles sous la forme de trois périodes : expérimentale, classique et baroque, théorie qui est passé longtemps dans l’histoire de l’art comme la clef ultime.

Lui qui dénonça le déterminisme de Taine, il fut tellement l’homme de son milieu ! Littéraire en diable, défenseur de la classe laborieuse dont il sort et socialiste revendiqué ; romantique, mais d’un romantisme comme sorti des ultimes métamorphoses de Victor Hugo ; car si la génération d’Emile Mâle vécut dans l’admiration du grand poète romantique, du prince de la jeunesse, celui du poète des Orientales, celle de Henri Focillon vénéra la figure terrible du patriarche républicain, du prophète de Hauteville House, celui du prosateur de Choses vues.

Le jeune Focillon entre à l’Ecole Normale en 1906, et après l’agrégation de lettres, il publie en 1918 sa thèse sur Giovanni Battista Piranesi. Comme cette thèse, qui est devenu un classique, le dépeint tout entier ! Les pages les meilleures sont celles où il demande aux lieux où vécut le graveur génial, de Venise à Rome, l’explication de son génie, parmi les meilleures aussi celles où il montre, en fin connaisseur, la compréhension la plus pénétrante de l’univers du graveur ; mais aussi les pages les plus confuses lorsqu’il veut nous faire connaître des milieux intellectuels de l’Italie des Lumières, des passages qui sentent trop le morceau de bravoure, le tour de force littéraire.

Mais pourtant, que de pages somptueuses, cadencées comme des vers, lavées comme une aquarelle romantique ! laissons-le évoquer l’Aventin où repose Piranesi, dans l’église Sainte-Marie du Prieuré : « Au coin de la place, exhaussé par un podium, robuste et vénérable, le temple de la Fortune Virile est un édifice de la cité républicaine…La maison de Rienzi, engagée dans des murailles plus récentes qui ont déjà pris l’aspect et le ton de la ruine, a l’air d’une demeure interdite, rendue sacrée par l’horreur publique, après quelque grand crime. Une vaste baie pleine d’ombre s’ouvre aux tentatives du vent. A présent, face à face, la maison du révolutionnaire et le temple antique paraissent contemporains l’un de l’autre ; l’écoulement du temps, l’usure de la pierre, le nivellement des traditions et des souvenirs s’unissent pour les reculer à la même date.»

Une photo, vers 1901 nous le montre : la posture un peu crâne, la chevelure puissante et le regard froid, une évidente présence physique : c’est l’image d’une figure rebelle qui nous saute aux yeux, confiant à l’orgueil la direction entière de sa pensée et mettant l’esprit à la remorque d’un caractère impossible. Ce n’est ni honte ni faute d’être ambitieux à vingt ans, mais il ne faut pas l’être aux dépens du bon goût et de la politesse, ce qu’il n’évite pas toujours.

Et en effet sa correspondance de jeunesse ne le montre pas toujours à son avantage. Prétendant à Geffroy, sans rire, et le temps d’un été, de refaire comme à l’improvisade le Cicerone de Burckhardt - il y a des fanfarons d’art comme il y a des fanfarons du vice - ; se vantant de rosser les chefs de gare qui dérangeraient son voyage ; ne voyant que des « pantins » dans les personnalités qui passent au Palais Farnèse ; qui se fâche avec ce même Geffroy pour un acompte de cinq cent francs qui tarde trop ; accumulant sur ses compagnons boursiers en Italie les jugements dédaigneux ou condescendants 2.

Qu’une telle personnalité ait choisi pour sa première œuvre d’historien l’irascible Piranesi qui sut unir avec emportement l’art, l’érudition et l’ambition dans le songe romantique d’une vie pleine et tourmentée, ne doit bien entendu rien au hasard !

Il semble donc être fait tout d’une pièce, et tel qu’on ne puisse l’aimer ou le détester à demi. Cependant le destin avait aposté le malheur sur son chemin : une myopie extrême, qui avait accablé son père avant lui, et un accident oculaire l’affligeront dès la trentaine d’une quasi-cécité. Il en fut empêché de servir dans la guerre de 1914, qu’il passera à enseigner l’Histoire de l’art à l’Université de Lyon. Une autre photo nous le montre alors et c’est un homme différent qui surgit devant nous : le corps s’est épaissi et a perdu cet impact de vitalité qui nous frappait tant. Les yeux ont été emportés laissant en dessous d’un front resté beau deux enfoncements de chair : un mufle de bête prisonnière dans lequel se lit l’appel d’une immense bonté surpris par le malheur.

Il prendra alors jusqu’en 1924 la direction du Musée des Beaux-Arts de Lyon, qu’il enrichit d’œuvres de Gustave Moreau, de Vuillard et de Boudin, et  succèdera à Emile Mâle à la chaire d’archéologie et d’histoire de l’art du Moyen-Age.

Son métier de professeur, les responsabilités d’un homme qui fonde une famille ne vont pas être sans effet sur sa réflexion comme sur son style ; mais c’est surtout cette vue qui s’en va et qui lui déroba l’apparence des choses, qui par une sorte de  phénomène de compensation va rendre simple sa prose, trier naturellement les beautés de son style et charger sa pensée d’une fantastique complexité.

Ecoutons un extrait de son adresse toute romaine à ses élèves, à un moment où le mal gagne lentement, adresse dans laquelle le mot de nuit prend la valeur d’une sinistre prémonition : « Croyez à la vertu de l’intelligence et à la nécessité de la culture. Dans ce court passage de la nuit à la nuit, proposez-vous de voir, de connaître, de sentir le plus que vous pourrez ; refusez- vous à la résignation et à l’inertie. Vous serez ainsi j’en suis sûr, des hommes libres. »

Il est peu d’intérêt de montrer la transformation d’un rebelle à l’ambition immense en un professeur de vertu. La question véritable, qui vaut pour chacun d’entre nous, et dont la portée morale est immense, est : que vais-je faire de ma souffrance ? Focillon décida de lui donner les belles couleurs de l’humanisme et celle d’un patriotisme sans concession 3 .

Cette épreuve, que l’on sent dans son œuvre et qu’André Chastel nomme « le tournant de 1921 », va aboutir en 1926 dans son Raphaël, d’autant plus précieux pour nous que nous savons dans quelles angoisses il naquit, dédié à celui qui donna à l’art d’Occident son heure la plus lumineuse.

Raffaello Sanzio

S’ils veulent connaître Raphaël j’encourage les lecteurs à aller aux vieux auteurs : à Vasari et Félibien d’abord ; aux romantiques qui ont vu en lui un frère ; à la sérieuse école allemande des Passavant et Wölfflin ; à son compatriote Venturi. Mais faites une place au Raphaël de Focillon : « Les maîtres de la Renaissance italienne ont été fidèles au songe de l’âge d’or, ils ont été les romantiques de l’antiquité perdue. Raphaël semble, non pas aller à elle, mais en venir. »

On a tout dit de Raphaël, de cette jeunesse heureuse au cours de laquelle les chefs d’œuvre sont comme d’heureuses floraisons et sur lequel ni le malheur ni les convulsions du destin ne trouvent prise.

Mais que de contraires à réconcilier ! comment cette figure féminine que nous offre l’auto- portrait de l’Ashmolean Museum peut-elle être douée d’un trait si puissant et cursif ; comment est-il parvenu, sans qu’on lui connut jamais de répétiteur, à cette compréhension large et comme instinctive de l’art antique ; par quel miracle cette distinction charmante d’élégant dilettante ne quitte-t-elle jamais ce travailleur acharné, produisant les chefs d’œuvre accumulés aux murs du Vatican et aux cimaises des musées de la planète ? Focillon nous donne les clés de ce mystère et réussit à rapprocher la candeur charmante de ce portrait à la grave majesté de l’Ecole d’Athènes et le suave créateur de Madones à la monumentalité du cycle des Chambres.

Focillon nous en dit l’itinéraire : de l’Ombrie, « toute matinale et recluse dans la lumière » à Florence, patrie de géants, jusqu’à Rome enfin, en ce temps « possédée par des songes d’empire », où Jules II est devenu le maître et il veut prendre où ils se trouvent les meilleurs ouvriers et les artistes les plus distingués. Pour la première fois depuis les Césars, Rome va devenir pour les arts l’école du monde et ce projet, « deux grandes forces la fomentent et la combinent : la papauté et l’antiquité". Le Lacoon est exhumé en 1506, et Raphael l’admira ; nommé préfet des antiquités et des fouilles par le pape ; guidé par les plus savants humanistes de la cour pontificale, il va épouser avec une vérité qui ne se retrouvera plus l’idéal de la Grèce au point que, Focillon nous le dit, le carton de l’Ecole d’Athènes qui est conservé à l’Ambrosienne, paraît le témoignage d’un artiste de l’entourage de Phidias. C’est grâce à Raphaël que « Rome installe définitivement l’humanisme sur le socle de ses ruines ».

Son talent à peindre des Madones semble l’avoir recommandé, mais c’est Bramante qui le devine et le portera au premier rang de cet étroit conclave qui entoure le nouveau pape. Focillon nous en brosse à grands traits le climat intellectuel et politique : « Jules II exècre son prédécesseur. Il a hâte de l’effacer, de l’annuler, de substituer à son Vatican gothique et petit un palais digne de la majesté du vicaire de Jésus-Christ et de l’héritier des empereurs. Pas de contraste plus saisissant que de passer des appartements Borgia aux chambres de Jules II ; c’est mesurer l’écart de deux âges et de deux politiques. Avec leurs fenestrages anciens qui répandent un demi-jour, leur pavement de faïence, leur agréable décoration pittoresque, gaufrée d’or et nourrie de vives couleurs par Pinturrichio, les salles où vécut Alexandre VI sont celles d’un vieux palais féodal où la Renaissance a passé en répandant quelques-unes de ses plus subtils prestiges, sans rien modifier au fond… »

Après sa mort, au mois d’avril 1520, tomba sur son atelier le tyrannique empire de Michel-Ange. Cette captation, Raphael ne l’eût pas désavoué : et son sens artistique, son attention à ses compagnons de travail l’eût même peut-être recommandé. Mais enfin une page se tournait. Rome s’était grandie des malheurs de Florence ; le sac de 1527 allait lui faire verser une rançon de génies, et ce qu’on appela l’école romaine enseigna alors à toute l’Italie.
Focillon évoque avec justesse l’influence de Michel-Ange, de son faire énergique et de son inspiration tragique. Tandis que Raphaël, travaille aux Chambres, Michel-Ange s’est enfermé dans la Sixtine. L’admiration du jeune peintre se voyait déjà avec bonheur dans la Mise au tombeau de la galerie Borghese, qui est de son époque florentine ; à Rome, maître de son style, les dieux marins de Galatée ou les études pour la Bataille d’Ostie trahissent une admiration encore vivante.

Et nulle part aussi manifestement que dans l’Incendie du Borgo, ce sujet d’hagiographie peint sur les murailles austères du Vatican : regardez cet ourlet d’incendie au bord de la nuit qui soulève la lumière d’un autre monde, regardez ces femmes qui portent l’eau sur des épaules fortement dessinées, elles sont les soeurs terrestres des Sybilles de la Sixtine ; l’une dont la courte jupe se soulève et bouillonne au souffle de l’incendie, l’autre au contraire dont la fine tunique épouse les formes voluptueuses : ce n’est pas seulement l’accent romanesque posé dans une peinture religieuse, c’est la vie même, surprise et capturée, c’est une scène de la rue romaine cité par un génie.

Quelle justesse encore dans la description du portrait du comte Balthazar Castiglione, qu’il peint la même année en 1514, quelle leçon dans l’art situer un artefact  : « L’effigie harmonieuse et velouté nous montre déjà le parti du portrait moderne, celui de l’âge classique du moins, avec ses caractères de mise en page, l’étoffé pittoresque du buste, son apparat de caprice. L’homme qui est ici, moelleusement enveloppé dans sa chaude gamme de gris, et dont la belle figure est celle du plus aimable et du plus fin des sages, touche encore de près à l’humanité héroïque dressée par Raphael aux murs du Vatican : il est l’artisan d’une vie morale qui reflète toutes les valeurs de l’humanisme. »

A la fin, la lumière

Dans ce petit livre, tous les dons de Henri Focillon trouvent leur aboutissement ; rien n’y vient gêner notre admiration. Pour nous livrer cette minute merveilleuse de l’art d’Occident, Focillon a su rouler la pierre de la sagesse sur le tombeau de ses ambitions littéraires et trouver dans son esprit la partie solide, positive que le métier d’historien pouvait lui donner.

Il fallut qu’il revienne sur bien des ironies et sur bien des traits que la jeunesse lance étourdiment -celui qui citait en 1910 avec ironie Fronton et son Eloge de la fumée, pour illustrer la futilité littéraire, rédigea à la fin de sa vie un Eloge de la main !

Il fallut qu’il assagisse un éclectisme qui le conduisit de Piranesi à Hokusaï et des sculpteurs romans aux graveurs romantiques, cette «compétence si vaste qu’elle est déconcertante », qui crée un sentiment de dispersion tout en contraste avec le sillon profond, rectiligne que traça avec obstination, pour la génération précédente, Emile Mâle.

Enfin désintéressé du matérialisme de sa jeunesse, je vois dans quelques lignes qu’il écrivit sur Piero della Francesca, une forme de testament, sa définition de l’art et l’aveu d’un homme lavé de l’âpre goût du tragique : « L’ordre dans la lumière, lucidus ordo, défini par la lumière de l’esprit, un ordre calculé de toutes parts, mais qui n’a pas son propre calcul pour objet et qui tend à l’homme même, l’homme comme figure exemplaire du monde, vidé de son tumulte, apaisé de ses convulsions, possesseur rayonnant du jardin de la terre. L’homme est du côté du bonheur. »4

Comme ils ont du charme les édifices exécutés par plusieurs maîtres à diverses époques, écrivit un grand architecte : et Raphaël est bien dans l’oeuvre de Focillon le plus charmant et le plus profond de ces édifices, celui dont la visite est aussi une leçon de sagesse.

1.Vision qu’il systématisa dans une formule : « Chaque technique est un milieu dont la valeur est égale ou supérieure à celle des milieux historiques »
2. « …le bon Jérôme » laisse-t-il tomber en parlant de Jérôme Carcopino ; de Abel Bonnard : « il est solide et me donne bon espoir » (lequel devenu à Vichy ministre de l’Education le radiera du Collège de France…).
3.  En mission au moment de la guerre, il rejoint la France Libre en 1941, ce qui entraîna la déchéance de tous ses titres par le gouvernement de Vichy.
4.  Cours à l’Institut d’art et d’archéologie de l’Université de Paris (1934-35)

Par Les ensablés
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1 Commentaire

 

Christine Belcikowski

18/04/2019 à 08:51

J'ai lu l'article. Du coup, j'ai acheté le livre, je l'ai lu, et j'ai pu vérifier que « Raphaël est bien dans l’oeuvre de Focillon le plus charmant et le plus profond……… »
Merci Antoine Cardinale

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Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

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Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

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Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

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Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Si près de la lumière : Cinéma, collaboration et coups de baïonnette

Un récit teinté d'amertume, où plane l'ombre de Goebbels, et qui nous ramène aux tout débuts de l'industrie du cinéma français quand on pouvait croiser dans les couloirs des studios parisiens, H-G. Clouzot, Suzy Delair, Simone Signoret, Gabin...

16/09/2026, 11:06

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Un homme en costume de brocoli face à une société obsédée par l’image

Avec L’Homme sans masque, Kristina Ifwarson imagine une satire aussi burlesque que grinçante autour de Christian Rave, mascotte professionnelle qui décide un jour de ne plus quitter son costume de brocoli. Entre psychanalyse, célébrité virale et aventures absurdes, le roman interroge le culte de l’ego, l’identité et la mise en scène de soi.

16/09/2026, 08:00

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Infierno : Carmen Mola plonge dans un enfer au cœur du XIXe siècle

Avec Infierno, Carmen Mola entraîne ses lecteurs de Madrid à Cuba dans une fresque historique qui mêle roman social, politique, noir et aventure. Sur fond d’émeutes, de fuite et de violence, le destin de deux amoureux se retrouve confronté aux soubresauts d’un monde où l’enfer semble les poursuivre jusque de l’autre côté de l’Atlantique. Roman traduit de l’espagnol par Anne Proenza.

16/09/2026, 07:00

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De journaliste à maçonne : Marion Lagardère retourne “voir la Terre”

Changer de métier, changer de vie : le cliché pourrait sembler facile. Mais dans Aller voir la Terre, Marion Lagardère préfère les murs, les pierres et les intempéries aux grandes déclarations. Après deux décennies comme journaliste reporter, notamment pour Radio France, l’autrice s’est installée dans le Berry et s’est formée à la restauration du bâti ancien et à la taille de pierre.

16/09/2026, 06:00

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Sororité : pourquoi apprend-on si tôt à se méfier des autres femmes ?

Une boîte en carton, des journaux intimes, et voilà le féminisme bien peigné qui prend un coup dans les tibias. En vidant l’appartement de sa mère, Clarence Edgard-Rosa retrouve ses carnets d’enfance. À huit ans, elle écrivait : « Les filles sont terribles. Elles sont méchantes, c’est la guerre. Il n’en restera qu’une. » Toute l’enquête part de là : non d’une théorie à appliquer, mais d’un embarras à regarder en face.

15/09/2026, 15:31

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Ce PDG pensait tout contrôler : un dîner va le mettre en procès

Il suffit parfois d’une batterie morte pour qu’un homme très important redevienne simplement un homme. Erik Dogam, PDG d’une multinationale, a tout prévu : son emploi du temps, son corps, ses déplacements, ses affaires, probablement jusqu’à la quantité d’oxygène utile à une journée bien menée. Une panne de téléphone, pourtant, enraye la mécanique. Et Michel Layaz résume son héros avant même de commencer à le démonter : « Erik Dogam goûtait peu les imprévus. » Bilan comptable ce 1er octobre.

15/09/2026, 15:31

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Infierno : Carmen Mola plonge dans l’enfer esclavagiste de Cuba

Madrid brûle, Cuba suffoque et, entre les deux, l’Atlantique ressemble moins à une promesse qu’à un sas vers l’abattoir. Infierno (trad. Anne Proenza,) part d’une nuit d’insurrection, en juin 1866 : Leonor, choriste madrilène, croise Mauro, étudiant en médecine passé du côté des insurgés. Un soldat meurt, un policier les traque, chacun doit fuir. Elle gagne Cuba sous la protection trouble d’un mariage quand lui y découvre qu’un contrat de travail peut n’être qu’un autre nom donné aux fers.

15/09/2026, 15:26

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Une réponse : Devenir lesbienne

Ni formules toutes faites ni slogans tapageurs. Dans Une réponse, Iris Brey livre une traversée émancipatrice, entre réflexion intime et critique sur la construction du désir. Faisant la part belle aux trajectoires obliques, elle esquisse les contours d’une éthique attentive aux violences que subissent les démunis et les minoritaires, le viol et l’inceste au premier chef.

15/09/2026, 15:20

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Ténébreux : Brandon Sanderson passe du côté obscur de la fantasy

Brandon Sanderson a souvent construit ses mondes autour d’une mécanique : des règles, des pouvoirs, une prophétie, puis des personnages chargés d’en éprouver les limites. Ténébreux retourne la pièce. Paul Tanasin n’est pas l’élu promis à sauver un royaume : à Mirandus, il est celui que l’histoire attend pour le détruire. Un changement de perspective simple sur le papier, autrement moins sage en images.

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Thomas Gunzig : les Spectres d’un futur quantique

Un livre inclassable en cette rentrée : l'imagination fertile de Thomas Gunzig questionne pêle-mêle la science, le futur, le capitalisme, notre humanité en perdition et notre rapport au deuil, à la mémoire ou à la mort.

 

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Caroline Goldman : un vade-mecum du réel pour parents désarçonnés

Qu'on ait trouvé son enfant dans un chou, dans une rose ou dans sa propre chair, l'affaire n'a que faire des doctrines. Pédagogie libérale, rigoriste ou bricolée : rien ne protège de l'expérience nue. Non par défaut d'instinct, mais parce que l'épreuve est structurelle — un vertige existentiel qu'une simple question d'enfant suffit à faire basculer.

15/09/2026, 09:59

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Elles ne mouraient pas toutes : comment rendre lisibles les féminicides

Dans Elles ne mouraient pas toutes, Barbara Métais-Chastanier, avec la collaboration de Sandra Lucbert, interroge les manières dont sont racontés les meurtres de femmes. À partir d’un travail d’élaboration né de la mort de Loan Bernède, l’autrice cherche à restituer les mécanismes sociaux et genrés qui peuvent disparaître derrière le récit d’un « crime passionnel ».

15/09/2026, 07:00

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Racisme, exil et secrets de famille : un été pour découvrir ses origines

Avec Le commandant du fleuve, Ubah Cristina Ali Farah raconte le passage à l’âge adulte d’un jeune homme partagé entre plusieurs héritages. Entre racisme quotidien, diaspora somalienne et histoire familiale, le roman suit Yabar, 18 ans, dans un été qui va bouleverser ses certitudes.

15/09/2026, 07:00

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La Pleureuse : Camilla Läckberg ressuscite un ancien mystère à Fjällbacka

Avec La Pleureuse, Camilla Läckberg replonge Erica Falck et Patrik Hedström dans une nouvelle affaire à Fjällbacka. Trente ans après la disparition d’une lycéenne, la découverte de restes humains vient réveiller les secrets et les rancœurs d’une petite communauté où personne ne semble avoir tout oublié. Roman traduit du suédois par Susanne Juul et Andreas Saint Bonnet

 

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Malraux : l’homme derrière la légende

Aventurier, écrivain, résistant, ministre : André Malraux a multiplié les vies et largement contribué à construire sa propre légende. Avec Malraux, Jean-Yves Le Naour et Alain Grand proposent une biographie dessinée décalée, dans laquelle l’intéressé raconte lui-même son histoire… tandis que Clara, sa première épouse, intervient pour rétablir les faits.

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Rainer Maria Rilke : le portrait sensible de Lou Andreas-Salomé

Les Éditions Bartillat ressortent Rainer Maria Rilke de Lou Andreas-Salomé à l’approche du centenaire de la mort du poète, le 29 décembre 1926 à Montreux, en Suisse.

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Hilda Bustamante revient : pourquoi chercher parmi les morts celle qui est vivante ?

Hilda Bustamante est morte depuis un an. Elle se réveille sans souvenir de son décès, sans savoir pourquoi elle se retrouve dans le cimetière. Pour célébrer cette nouvelle vie, elle va sonner les cloches de l’église à toute volée au point d’éclater toutes les vitres du village et regagne sa maison. Hilda Bustamante revient de Salomé Esper, traduction d’Hélène Serrano.

14/09/2026, 13:02

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À 61 ans, Logn raconte dans DJ Bambi une vie à devenir soi

Dans DJ Bambi, Auður Ava Ólafsdóttir retrace le parcours de Logn, une femme de 61 ans qui revient sur les différentes étapes de son existence alors qu’elle attend l’opération qui doit lui donner le corps auquel elle aspire. Un roman sur l’identité, la famille et la transition, traduit de l’islandais par Éric Boury.

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Strange Academy : Marvel a son école de magie, Harry Potter survivra-t-il ?

À la Strange Academy, la rentrée ne ressemble pas franchement à une rentrée. Ici, les élèves viennent d’Asgard, de Weirdworld ou de la Dimension Noire, un géant du givre partage les couloirs avec une fée et le fils de Dormammu tente de ne pas finir comme papa. Dans

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Nino Rota, KGB, cerveau blessé : 5 livres pour voir autrement

Cette semaine, la Booksletter passe des partitions de Nino Rota aux archives du KGB, du spleen d’un tueur imaginé par Edgardo Scott aux patients qui réapprennent les gestes les plus simples après une lésion cérébrale. En chemin, Alexander Krauss rappelle combien les outils façonnent les découvertes scientifiques. Cinq livres, cinq manières d’explorer les zones où l’art, l’histoire, la médecine et la science déplacent notre regard sur notre monde.

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Cécile Wajsbrot donne une voix aux parcours de l’exil

Avec Oratorio, Cécile Wajsbrot revient sur les parcours de celles et ceux qui quittent leur pays par nécessité, traversent la Méditerranée ou empruntent les routes migratoires. À partir de données recueillies sur plusieurs décennies, la romancière compose un texte entre chœur, dialogue et récit, qui interroge notre rapport à l’exil et aux frontières.

 

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La fleur au fusil, face à l’enfer : Victor Lepointe raconte l’été 1914

Avec Été 1914, Victor Lepointe revient sur les premières semaines de la Première Guerre mondiale à travers deux jeunes hommes que tout semble opposer. Un récit en bande dessinée qui suit le basculement d’une génération, de l’enthousiasme patriotique d’août 1914 à la brutalité d’une guerre nouvelle.

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Et si The Substance n’était pas si loin de nos salles de bains ?

Après Beauté fatale, Mona Chollet revient sur les normes esthétiques imposées aux femmes avec Soigner sa peau. Exploration d’une obsession. Sérums, K-Beauty, Botox ou chirurgie : l’autrice examine la place prise par la peau dans les pratiques contemporaines de beauté et les mécanismes d’une industrie qui transforme l’insatisfaction en moteur de consommation.

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Dust to Dust : une poussière meurtrière, une Amérique au bord de l’asphyxie

Oklahoma, 1935. L’Amérique mord la poussière : une ville s’enfonce dans le Dust Bowl tandis qu’un tueur profite du chaos. Avec Dust to Dust, Phil Bram et J.G. Jones construisent un polar historique lent, suffocant et visuellement saisissant, dont la résolution convainc moins que l’atmosphère. Delcourt publie en français ce récit complet, traduit par Laurent Queyssi.

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Sarah Knafo loin en tête : le casse du siècle dans les ventes de livres

Le casse du siècle, de Sarah Knafo, entre directement à la première place des ventes de livres en France avec 60.584 exemplaires écoulés du 31 août au 6 septembre 2026. Et en ferait oublier que la semaine passée encore, Freida McFadden culminait en tête des meilleures ventes. De quoi faire regretter l'Américaine, sa femme de ménage et toute la clique...

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Au jour le jour : écrire le quotidien des classes populaires en France (XIXe-XXIe siècle) entend regarder l'histoire par un autre bout de la lorgnette : celui de la vie ordinaire. Sous la direction d'Anaïs Albert, Fanny Gallot, Anne Jusseaume, Eve Meuret-Campfort, Clyde Plumauzille et Mathilde Rossigneux-Méheust, cet ouvrage collectif plonge dans le quotidien des femmes et des hommes des classes populaires, du XIXe au XXIe siècle.

11/09/2026, 06:00

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La Fayette avant l’Hermione : aux côtés des Insurgents, les prémices d’une révolution

La rentrée littéraire c'est aussi la rentrée des classes avec, au programme, cette leçon d'Histoires sur la guerre d'indépendance des États-Unis et la toute première expédition du très jeune La Fayette outre-Atlantique.

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Déclaration de perte : Catherine Benhamou revient sur les silences de la maternité

Avec Déclaration de perte, Catherine Benhamou poursuit son travail autour des récits de femmes et de leurs trajectoires intimes. Publié aux éditions des femmes-Antoinette Fouque, ce nouveau texte fait dialoguer deux destins marqués par la perte d’un enfant et par un silence difficile à briser.

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