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Les Ensablés - "Raphaël" (1926) de Henri Focillon (1881-1943)

L’œuvre d’art en tant que forme

Le 14/04/2019 à 09:00 par Les ensablés

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14/04/2019 à 09:00

Les ensablés

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J’ai mis longtemps à aimer Henri Focillon. Ses œuvres de jeunesse me montrait un écrivain doué, mais abusant de ses dons ; sa correspondance un homme d’une valeur morale décevante et souvent, un historien resté trop «  artiste ». Je ne pouvais me forcer à admirer les deux volumes et les mille pages de l’Histoire de la peinture au XIXème siècle, les formules  de la Vie des formes ou même son Piranesi qui était gâché par des digressions que je ne trouvais pas indispensables.

Je le lisais, mais sans bienveillance, dans l’esprit de le trouver médiocre ou suffisant, de surprendre ici une facilité, là une approximation, et n’appréhendais rien comme d’y trouver un raisonnement qui fusse bon ou une de ces images si justement placée qu’elle semble aussi suffisante que la plus serrée des explications. 

Seul un livre de lui, bref et charmant, captait et intriguait mon imagination, me transportait au-delà des mots qui en composait la trame matérielle, et m’intéressa enfin à un auteur sensible et profond, sachant parler du monde qu’invente un artiste, de cette profondeur où se tordent d’étranges et d’inquiétants reflets, des miroitements de son œuvre et de l’élan de sa pensée : ce livre, c’est le Raphaël publié en 1926.

Par Antoine Cardinale

Son père, Victor Focillon est un graveur estimé, président de la Société des aquafortistes français, ami de Clémenceau, auquel d’ailleurs il ne demanda jamais que son amitié ; Rodin, Monet, Carrière ou Geffroy fréquentent à son atelier. C’est dire si les arts visuels lui furent familiers et il en conservera à jamais une vision proche de celle d’un artisan-graveur –de Meryon à Daniel Vierge, il ne manqua jamais de rendre justice aux graveurs oubliés. Les procédés manuels, la pratique matérielle de l’art furent au cœur de sa théorie ; cette vision qui est entré dans l’arsenal de l’analyse historique n’était pas si courante alors et lui fallut un courage certain, pour lequel il puisait dans l’orgueil de famille et dans sa fierté de classe.

Matérialiste et athée, il a rudement attaqué l’esthétique idéaliste, et en bon élève du matérialisme, toujours mis en avant l’outil, l’homme et la matière, dans lesquels il vit toujours la sainte trinité de l’art. L’ouvrier qui est dans l’artiste, la valeur de la succession et de l’apprentissage sont au cœur de sa réflexion et il se recommandera toujours de cette aristocratie du geste : « dans l’atelier de mon père, j’ai appris à toucher les instruments, à les reconnaître, à les nommer, à les manier » et il sera toujours passionné de ces « secrets d’ouvrier » qu’il cherchait à surprendre chez Vinci lui-même 1.

Dans le même esprit, non content d’affirmer la matérialité de l’œuvre d’art il fut le premier à en affirmer dans la Vie des Formes le relativisme : l’œuvre d’art n’existe qu’en tant que forme, et que, même dans une époque donnée, ni le théologien qui en a fait le programme, ni l’artiste qui crée l’objet, ni le fidèle qui l’admire ne voient la même chose. On lui doit enfin une théorie de l’évolution des styles sous la forme de trois périodes : expérimentale, classique et baroque, théorie qui est passé longtemps dans l’histoire de l’art comme la clef ultime.

Lui qui dénonça le déterminisme de Taine, il fut tellement l’homme de son milieu ! Littéraire en diable, défenseur de la classe laborieuse dont il sort et socialiste revendiqué ; romantique, mais d’un romantisme comme sorti des ultimes métamorphoses de Victor Hugo ; car si la génération d’Emile Mâle vécut dans l’admiration du grand poète romantique, du prince de la jeunesse, celui du poète des Orientales, celle de Henri Focillon vénéra la figure terrible du patriarche républicain, du prophète de Hauteville House, celui du prosateur de Choses vues.

Le jeune Focillon entre à l’Ecole Normale en 1906, et après l’agrégation de lettres, il publie en 1918 sa thèse sur Giovanni Battista Piranesi. Comme cette thèse, qui est devenu un classique, le dépeint tout entier ! Les pages les meilleures sont celles où il demande aux lieux où vécut le graveur génial, de Venise à Rome, l’explication de son génie, parmi les meilleures aussi celles où il montre, en fin connaisseur, la compréhension la plus pénétrante de l’univers du graveur ; mais aussi les pages les plus confuses lorsqu’il veut nous faire connaître des milieux intellectuels de l’Italie des Lumières, des passages qui sentent trop le morceau de bravoure, le tour de force littéraire.

Mais pourtant, que de pages somptueuses, cadencées comme des vers, lavées comme une aquarelle romantique ! laissons-le évoquer l’Aventin où repose Piranesi, dans l’église Sainte-Marie du Prieuré : « Au coin de la place, exhaussé par un podium, robuste et vénérable, le temple de la Fortune Virile est un édifice de la cité républicaine…La maison de Rienzi, engagée dans des murailles plus récentes qui ont déjà pris l’aspect et le ton de la ruine, a l’air d’une demeure interdite, rendue sacrée par l’horreur publique, après quelque grand crime. Une vaste baie pleine d’ombre s’ouvre aux tentatives du vent. A présent, face à face, la maison du révolutionnaire et le temple antique paraissent contemporains l’un de l’autre ; l’écoulement du temps, l’usure de la pierre, le nivellement des traditions et des souvenirs s’unissent pour les reculer à la même date.»

Une photo, vers 1901 nous le montre : la posture un peu crâne, la chevelure puissante et le regard froid, une évidente présence physique : c’est l’image d’une figure rebelle qui nous saute aux yeux, confiant à l’orgueil la direction entière de sa pensée et mettant l’esprit à la remorque d’un caractère impossible. Ce n’est ni honte ni faute d’être ambitieux à vingt ans, mais il ne faut pas l’être aux dépens du bon goût et de la politesse, ce qu’il n’évite pas toujours.

Et en effet sa correspondance de jeunesse ne le montre pas toujours à son avantage. Prétendant à Geffroy, sans rire, et le temps d’un été, de refaire comme à l’improvisade le Cicerone de Burckhardt - il y a des fanfarons d’art comme il y a des fanfarons du vice - ; se vantant de rosser les chefs de gare qui dérangeraient son voyage ; ne voyant que des « pantins » dans les personnalités qui passent au Palais Farnèse ; qui se fâche avec ce même Geffroy pour un acompte de cinq cent francs qui tarde trop ; accumulant sur ses compagnons boursiers en Italie les jugements dédaigneux ou condescendants 2.

Qu’une telle personnalité ait choisi pour sa première œuvre d’historien l’irascible Piranesi qui sut unir avec emportement l’art, l’érudition et l’ambition dans le songe romantique d’une vie pleine et tourmentée, ne doit bien entendu rien au hasard !

Il semble donc être fait tout d’une pièce, et tel qu’on ne puisse l’aimer ou le détester à demi. Cependant le destin avait aposté le malheur sur son chemin : une myopie extrême, qui avait accablé son père avant lui, et un accident oculaire l’affligeront dès la trentaine d’une quasi-cécité. Il en fut empêché de servir dans la guerre de 1914, qu’il passera à enseigner l’Histoire de l’art à l’Université de Lyon. Une autre photo nous le montre alors et c’est un homme différent qui surgit devant nous : le corps s’est épaissi et a perdu cet impact de vitalité qui nous frappait tant. Les yeux ont été emportés laissant en dessous d’un front resté beau deux enfoncements de chair : un mufle de bête prisonnière dans lequel se lit l’appel d’une immense bonté surpris par le malheur.

Il prendra alors jusqu’en 1924 la direction du Musée des Beaux-Arts de Lyon, qu’il enrichit d’œuvres de Gustave Moreau, de Vuillard et de Boudin, et  succèdera à Emile Mâle à la chaire d’archéologie et d’histoire de l’art du Moyen-Age.

Son métier de professeur, les responsabilités d’un homme qui fonde une famille ne vont pas être sans effet sur sa réflexion comme sur son style ; mais c’est surtout cette vue qui s’en va et qui lui déroba l’apparence des choses, qui par une sorte de  phénomène de compensation va rendre simple sa prose, trier naturellement les beautés de son style et charger sa pensée d’une fantastique complexité.

Ecoutons un extrait de son adresse toute romaine à ses élèves, à un moment où le mal gagne lentement, adresse dans laquelle le mot de nuit prend la valeur d’une sinistre prémonition : « Croyez à la vertu de l’intelligence et à la nécessité de la culture. Dans ce court passage de la nuit à la nuit, proposez-vous de voir, de connaître, de sentir le plus que vous pourrez ; refusez- vous à la résignation et à l’inertie. Vous serez ainsi j’en suis sûr, des hommes libres. »

Il est peu d’intérêt de montrer la transformation d’un rebelle à l’ambition immense en un professeur de vertu. La question véritable, qui vaut pour chacun d’entre nous, et dont la portée morale est immense, est : que vais-je faire de ma souffrance ? Focillon décida de lui donner les belles couleurs de l’humanisme et celle d’un patriotisme sans concession 3 .

Cette épreuve, que l’on sent dans son œuvre et qu’André Chastel nomme « le tournant de 1921 », va aboutir en 1926 dans son Raphaël, d’autant plus précieux pour nous que nous savons dans quelles angoisses il naquit, dédié à celui qui donna à l’art d’Occident son heure la plus lumineuse.

Raffaello Sanzio

S’ils veulent connaître Raphaël j’encourage les lecteurs à aller aux vieux auteurs : à Vasari et Félibien d’abord ; aux romantiques qui ont vu en lui un frère ; à la sérieuse école allemande des Passavant et Wölfflin ; à son compatriote Venturi. Mais faites une place au Raphaël de Focillon : « Les maîtres de la Renaissance italienne ont été fidèles au songe de l’âge d’or, ils ont été les romantiques de l’antiquité perdue. Raphaël semble, non pas aller à elle, mais en venir. »

On a tout dit de Raphaël, de cette jeunesse heureuse au cours de laquelle les chefs d’œuvre sont comme d’heureuses floraisons et sur lequel ni le malheur ni les convulsions du destin ne trouvent prise.

Mais que de contraires à réconcilier ! comment cette figure féminine que nous offre l’auto- portrait de l’Ashmolean Museum peut-elle être douée d’un trait si puissant et cursif ; comment est-il parvenu, sans qu’on lui connut jamais de répétiteur, à cette compréhension large et comme instinctive de l’art antique ; par quel miracle cette distinction charmante d’élégant dilettante ne quitte-t-elle jamais ce travailleur acharné, produisant les chefs d’œuvre accumulés aux murs du Vatican et aux cimaises des musées de la planète ? Focillon nous donne les clés de ce mystère et réussit à rapprocher la candeur charmante de ce portrait à la grave majesté de l’Ecole d’Athènes et le suave créateur de Madones à la monumentalité du cycle des Chambres.

Focillon nous en dit l’itinéraire : de l’Ombrie, « toute matinale et recluse dans la lumière » à Florence, patrie de géants, jusqu’à Rome enfin, en ce temps « possédée par des songes d’empire », où Jules II est devenu le maître et il veut prendre où ils se trouvent les meilleurs ouvriers et les artistes les plus distingués. Pour la première fois depuis les Césars, Rome va devenir pour les arts l’école du monde et ce projet, « deux grandes forces la fomentent et la combinent : la papauté et l’antiquité". Le Lacoon est exhumé en 1506, et Raphael l’admira ; nommé préfet des antiquités et des fouilles par le pape ; guidé par les plus savants humanistes de la cour pontificale, il va épouser avec une vérité qui ne se retrouvera plus l’idéal de la Grèce au point que, Focillon nous le dit, le carton de l’Ecole d’Athènes qui est conservé à l’Ambrosienne, paraît le témoignage d’un artiste de l’entourage de Phidias. C’est grâce à Raphaël que « Rome installe définitivement l’humanisme sur le socle de ses ruines ».

Son talent à peindre des Madones semble l’avoir recommandé, mais c’est Bramante qui le devine et le portera au premier rang de cet étroit conclave qui entoure le nouveau pape. Focillon nous en brosse à grands traits le climat intellectuel et politique : « Jules II exècre son prédécesseur. Il a hâte de l’effacer, de l’annuler, de substituer à son Vatican gothique et petit un palais digne de la majesté du vicaire de Jésus-Christ et de l’héritier des empereurs. Pas de contraste plus saisissant que de passer des appartements Borgia aux chambres de Jules II ; c’est mesurer l’écart de deux âges et de deux politiques. Avec leurs fenestrages anciens qui répandent un demi-jour, leur pavement de faïence, leur agréable décoration pittoresque, gaufrée d’or et nourrie de vives couleurs par Pinturrichio, les salles où vécut Alexandre VI sont celles d’un vieux palais féodal où la Renaissance a passé en répandant quelques-unes de ses plus subtils prestiges, sans rien modifier au fond… »

Après sa mort, au mois d’avril 1520, tomba sur son atelier le tyrannique empire de Michel-Ange. Cette captation, Raphael ne l’eût pas désavoué : et son sens artistique, son attention à ses compagnons de travail l’eût même peut-être recommandé. Mais enfin une page se tournait. Rome s’était grandie des malheurs de Florence ; le sac de 1527 allait lui faire verser une rançon de génies, et ce qu’on appela l’école romaine enseigna alors à toute l’Italie.
Focillon évoque avec justesse l’influence de Michel-Ange, de son faire énergique et de son inspiration tragique. Tandis que Raphaël, travaille aux Chambres, Michel-Ange s’est enfermé dans la Sixtine. L’admiration du jeune peintre se voyait déjà avec bonheur dans la Mise au tombeau de la galerie Borghese, qui est de son époque florentine ; à Rome, maître de son style, les dieux marins de Galatée ou les études pour la Bataille d’Ostie trahissent une admiration encore vivante.

Et nulle part aussi manifestement que dans l’Incendie du Borgo, ce sujet d’hagiographie peint sur les murailles austères du Vatican : regardez cet ourlet d’incendie au bord de la nuit qui soulève la lumière d’un autre monde, regardez ces femmes qui portent l’eau sur des épaules fortement dessinées, elles sont les soeurs terrestres des Sybilles de la Sixtine ; l’une dont la courte jupe se soulève et bouillonne au souffle de l’incendie, l’autre au contraire dont la fine tunique épouse les formes voluptueuses : ce n’est pas seulement l’accent romanesque posé dans une peinture religieuse, c’est la vie même, surprise et capturée, c’est une scène de la rue romaine cité par un génie.

Quelle justesse encore dans la description du portrait du comte Balthazar Castiglione, qu’il peint la même année en 1514, quelle leçon dans l’art situer un artefact  : « L’effigie harmonieuse et velouté nous montre déjà le parti du portrait moderne, celui de l’âge classique du moins, avec ses caractères de mise en page, l’étoffé pittoresque du buste, son apparat de caprice. L’homme qui est ici, moelleusement enveloppé dans sa chaude gamme de gris, et dont la belle figure est celle du plus aimable et du plus fin des sages, touche encore de près à l’humanité héroïque dressée par Raphael aux murs du Vatican : il est l’artisan d’une vie morale qui reflète toutes les valeurs de l’humanisme. »

A la fin, la lumière

Dans ce petit livre, tous les dons de Henri Focillon trouvent leur aboutissement ; rien n’y vient gêner notre admiration. Pour nous livrer cette minute merveilleuse de l’art d’Occident, Focillon a su rouler la pierre de la sagesse sur le tombeau de ses ambitions littéraires et trouver dans son esprit la partie solide, positive que le métier d’historien pouvait lui donner.

Il fallut qu’il revienne sur bien des ironies et sur bien des traits que la jeunesse lance étourdiment -celui qui citait en 1910 avec ironie Fronton et son Eloge de la fumée, pour illustrer la futilité littéraire, rédigea à la fin de sa vie un Eloge de la main !

Il fallut qu’il assagisse un éclectisme qui le conduisit de Piranesi à Hokusaï et des sculpteurs romans aux graveurs romantiques, cette «compétence si vaste qu’elle est déconcertante », qui crée un sentiment de dispersion tout en contraste avec le sillon profond, rectiligne que traça avec obstination, pour la génération précédente, Emile Mâle.

Enfin désintéressé du matérialisme de sa jeunesse, je vois dans quelques lignes qu’il écrivit sur Piero della Francesca, une forme de testament, sa définition de l’art et l’aveu d’un homme lavé de l’âpre goût du tragique : « L’ordre dans la lumière, lucidus ordo, défini par la lumière de l’esprit, un ordre calculé de toutes parts, mais qui n’a pas son propre calcul pour objet et qui tend à l’homme même, l’homme comme figure exemplaire du monde, vidé de son tumulte, apaisé de ses convulsions, possesseur rayonnant du jardin de la terre. L’homme est du côté du bonheur. »4

Comme ils ont du charme les édifices exécutés par plusieurs maîtres à diverses époques, écrivit un grand architecte : et Raphaël est bien dans l’oeuvre de Focillon le plus charmant et le plus profond de ces édifices, celui dont la visite est aussi une leçon de sagesse.

1.Vision qu’il systématisa dans une formule : « Chaque technique est un milieu dont la valeur est égale ou supérieure à celle des milieux historiques »
2. « …le bon Jérôme » laisse-t-il tomber en parlant de Jérôme Carcopino ; de Abel Bonnard : « il est solide et me donne bon espoir » (lequel devenu à Vichy ministre de l’Education le radiera du Collège de France…).
3.  En mission au moment de la guerre, il rejoint la France Libre en 1941, ce qui entraîna la déchéance de tous ses titres par le gouvernement de Vichy.
4.  Cours à l’Institut d’art et d’archéologie de l’Université de Paris (1934-35)

1 Commentaire

 

Christine Belcikowski

18/04/2019 à 08:51

J'ai lu l'article. Du coup, j'ai acheté le livre, je l'ai lu, et j'ai pu vérifier que « Raphaël est bien dans l’oeuvre de Focillon le plus charmant et le plus profond……… »
Merci Antoine Cardinale

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« Décennie de la bombe», les dernières années du 19ème siècle furent marquées en France par l’anarchisme insurrectionnel: attentats à la dynamite, assassinat du Président Carnot et autres pratiques de «propagande par le fait», dans un pays par ailleurs perturbé par d’autres mouvements révolutionnaires et déchiré par l’affaire Dreyfus. Remettant en cause la logique de subordination des gouvernés aux gouvernants, l’anarchisme -malgré sa violence terroriste et une certaine naïveté idéologique- fascine nombre d’intellectuels et artistes tel que Mallarmé («Le poème est comme une bombe»). Par Marie Coat

 

13/03/2022, 09:00

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Les Ensablés - Le Siège de Bruxelles (1996) de Jacques Neirynck

Au milieu des années 1990 paraît ce détonnant roman à clefs, une politique-fiction imaginant la fin de la Belgique par la prise d’indépendance de la Flandre et le déclenchement d’une guerre civile dans la capitale. Soulevés par une atmosphère décliniste, violente et baroque, des personnages symboliques hauts en couleur discourent et agissent au nom de passions diverses, confrontés aux mystères du sens du hasard et de l’Histoire. Racontés a posteriori sous forme de mémoires, ces événements sont censés s’être déroulés en l’an 2007. Par Louis Morès. 

27/02/2022, 09:00

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Les Ensablés - La psychanalyse de Freud de Pierre Janet, par Armel Job

Quand on parle de maladies mentales, s’il est un nom qui accourt spontanément sur toutes les lèvres, c’est bien celui de Sigmund Freud (1856-1939). Freud a été élevé au rang des grands génies de l’humanité pour avoir exploré un véritable continent, terra incognita avant lui, à savoir le monde de l’inconscient. La méthode psychanalytique qu’il mit au point s’est frayé un chemin dans cet univers ténébreux afin d’en révéler les mystères. De nos jours, le public cultivé pourra citer quelques noms supplémentaires des explorateurs de ce monde parmi les disciples ou les épigones du maître viennois, tels Jung, Adler, ou Lacan. Mais qui se souvient de Pierre Janet ? Par Armel Job, écrivain

06/02/2022, 09:00

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Les Ensablés – Hélène ou la solitude, de Jean Gaulmier

Roman fleuve, roman monde, Hélène ou la solitude de Jean Gaulmier avait il y a quelques années déclenché l’enthousiasme de notre ami et fondateur des Ensablés, Hervé Bel. Son engouement a suscité l’envie d’un éditeur, en l’occurrence les éditions de la Belle Étoile, de republier cet ouvrage. Que cet éditeur soit ici remercié d’avoir fait confiance au goût d’un lecteur pour prendre un tel pari. Doublement remercié même, car ce roman mérite assurément de sortir du petit cercle des amateurs éclairés auxquels il était jusqu’alors confiné pour être désormais disponible auprès d’un public plus large. Par Carl Aderhold, écrivain.

23/01/2022, 10:17

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Les Ensablés - On ne revient pas, le roman exupérien d'Hélène Froment

Hélène Froment (1908-2003), auteure d’un excellent premier roman paru chez Gallimard en 1941, On ne revient pas, est le pseudonyme d’Hélène Jaunez, qui a épousé l’aristocrate Jean de Vogüé (futur chef de la Résistance) en 1927. Dite Nelly de Vogüé, elle est surtout connue pour avoir été la maîtresse de Saint-Exupéry à partir de leur rencontre chez Louise de Vilmorin en 1929, deux ans avant le mariage de l’écrivain avec Consuelo. En 1949, cette fois-ci sous le pseudonyme de Pierre Chevrier, Nelly va lui consacrer un ouvrage, Antoine de Saint-Exupéry (Gallimard, 1949), et sera responsable de l’édition posthume de Citadelle (1948) et des Carnets (1953) de l’écrivain. par François Ouellet.

02/01/2022, 09:00

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Les Ensablés - Batouala (1921) de René Maran (1887-1960)

Les Ensablés ont le plaisir d'accueillir aujourd'hui dans leur rubrique Marie Coat, grande lectrice, qui nous fera partager au fil du temps ses découvertes. Merci à elle. Il y a tout juste un siècle, le 14 décembre 1921, le prix Goncourt fut attribué à René Maran, administrateur des colonies, pour son roman Batouala, proposé au jury par Henri de Régnier. Par Marie Coat

19/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Amour étrusque (1898) de JH Rosny aîné (1856-1940)

La littérature française est riche d’innombrables récits tirés de l’Antiquité grecque ou romaine. Sans remonter aux Aventures de Télémaque, nous avons tous lu La Venus d’Ille de Mérimée et son cruel dénouement, Gautier et Arria Marcella, Dumas et sa sulfureuse Acté et bien entendu Salammbô dans lequel Flaubert, de son aveu même, voulut appliquerà l’Antiquité les règles du roman moderne. L’Antiquité comme décor fabuleux et comme recueild’exemples politiques, mais aussi l’Antiquité onirique, féroce et sensuelle dont les jeunes latinistes découvraient avec ébahissement qu’elle reposait, au sens chrétien, sur une immoralité sans limite. Par Antoine Cardinale.

05/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Quinze rounds de Henri Decoin

Henri Decoin a connu plusieurs vies. Il fut tour à tour sportif de haut niveau – et le livre du jour fera montre de la science qu’il avait du noble art, la boxe -, héros de guerre, journaliste et cinéaste. Il fut aussi romancier. L’arbre vengeur a la bonne idée de rééditerune petite pépite, Quinze rounds, récit retraçant l’histoire d’une rencontre de boxe commentée par un boxeur sur le ring en temps réel. L’expérience littéraire y croise étonnamment les gants avec l’expérience sportive. Par Denis Gombert

21/11/2021, 09:19

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Les Ensablés – Les Maîtres du vertige, six romans de “merveilleux scientifique”

L’Arbre Vengeur, jamais en reste pour nous surprendre, nous offre aujourd’hui un très beau livre (sur la forme et le fond), Maîtres du Vertige, qui regroupe six romans de science-fiction — ou plutôt de « merveilleux scientifique », ayant été écrit par des auteurs de langue française du début du vingtième siècle… L’occasion, pour tous les curieux, épris de bonne littérature, de découvrir, non plus un seul auteur oublié, mais toute une littérature « ensablée », un continent, aurais-je envie de dire, dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Par Hervé Bel.

08/11/2021, 16:26

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Les Ensablés – La Cité ardente d’Henry Carton de Wiart (1869-1951)  

La ville de Liège doit son célèbre surnom au titre de ce roman historique publié en 1905 (Paris, Perrin) par le comte Henry Carton de Wiart, le premier d’une série de cinq livres constituant le « cycle de la Destinée nationale ». L’ambition de l’auteur, qui s’apprête à occuper d’importantes fonctions gouvernementales au seuil de la guerre, est de renforcer le sentiment national belge en illustrant littérairement des épisodes de vaillance, de courage et de résistance puisés dans l’Histoire. Par Louis Mores

24/10/2021, 16:00

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Les Ensablés - La grande peur dans la montagne (1925) de Charles-Ferdinand Ramuz

L’œuvre de Ramuz comprend une vingtaine de romans. La grande peur dans la montagne est un texte de 1925 qui fait montre d’une grande maturité d’un auteur qui a entamé une carrière littéraire à Paris en 1900, à l’âge de vingt ans. Cependant, à Paris, là où son éditeur Bernard Grasset lui demandera toute sa vie de « se montrer », Charles Ferdinand Ramuz aura à cœur de toujours se mettre en retrait des mondanités. Par pudeur ainsi que par méfiance de la corruption urbaine, Ramuz est avant tout un homme de la terre. Par Denis Gombert

11/10/2021, 16:51

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Les Ensablés - L’univers sévère et lumineux de Maria Borrély (1890-1963)

Maria Borrély, le nom n’est pas connu. Pourtant, il devrait !...Il est toujours émouvant de découvrir des auteurs du passé. Je ne parle pas d’auteurs renommés qu’on lit pour la première fois, mais de ces auteurs complètement oubliés, que plus personne ne lit depuis longtemps, si tant est qu’ils ont déjà été lus. Par François Ouellet. 

27/09/2021, 09:39

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Les Ensablés - Les quatre éléments (1935) d'André Chamson (1900-1983)

« Mort sont les beaux diseurs/Mais le livre est écrit/Morts sont les bâtisseurs/mais le temple est bâti » (F.Mistral) André Chamson fit un voyage au Japon qu’il relate dans ses souvenirs. Nous avons été naturellement chez les geishas qui ne sont pas ce que l’on peut croire. La fille qui était venue sur le tatami pour allumer ma cigarette m’a dit « Monsieur, j’ai lu votre livre les Quatre éléments ». Les quatre éléments étaient devenus « le soleil, la rivière, la montagne » et je ne sais plus quoi… Par Antoine Cardinale

12/09/2021, 14:02

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Les Ensablés – La Rédemption de Mars de Pierre Nothomb (1887-1966)

Au sortir de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a travaillé pour le Gouvernement belge en exil au Havre (Sainte-Adresse) et publié des essais défendant et illustrant les positions de son pays, Pierre Nothomb (1887-1966) mène une vie littéraire entre la Belgique et la France et fait notamment paraître à Paris le roman La Rédemption de Mars (Paris, Plon, 1922). Par Louis Morès.

18/07/2021, 10:00

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Les Ensablés - Prétextat, de Pierre Bost (1901-1975)

Nos fidèles lecteurs n'ignorent pas que nous aimons Pierre Bost (1), écrivain d'avant-guerre devenu scénariste célèbre après 1945, et que nous aimons aussi les Editions de la Thébaïde qui, il y a deux ans, ont publié un recueil de nos articles sur les écrivains oubliés (Lectures en stock). Il était donc évident et naturel que nous parlions aujourd'hui de la réédition de Prétextat (1925) de Pierre Bost, d'autant plus que la préface a pour auteur François Ouellet, chroniqueur des "Ensablés", et par ailleurs grand spécialiste de l'écrivain. Par Hervé Bel.

27/06/2021, 13:22

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Les Ensablés – La Maison Camille, (1935) de Henri Duvernois

Les fidèles de notre rubrique se rappelleront que nous avons déjà chroniqué deux romans de cet auteur prolixe (Edgar, L’homme qui s’est retrouvé) mort en 1937, juste avant la guerre ; ce qui lui fut peut-être fatal, car, en 1945, on était passé à un autre monde, pas forcément meilleur. À côté de Camus, Sartre, et tant d’autres, Duvernois ne faisait plus très sérieux, d’autant que l’homme, dans sa vie comme dans ses écrits, avait toujours imité la légèreté. Je dis « imité » à dessein, car l’œuvre de Duvernois, sous des apparences d’ironie et de comique, dissimule une profonde mélancolie, une réflexion désabusée sur l’homme. Par Hervé Bel.

06/06/2021, 19:41

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Les Ensablés - Voyage d’un livre à travers la Bibliothèque Nationale de  Henri Beraldi

Exhumé de l’oubli, ce petit texte écrit par un bibliophile passionné raconte et s’inquiète de la croissance des arrivées des livres en masse à la Bibliothèque Nationale. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et la noble institution enregistre déjà 500.000 références disponibles (14 millions aujourd’hui !). « La vérité, annonce l’auteur, est que, de ces espaces, aujourd’hui, il n’y en a plus. La Bibliothèque est pleine, archipleine, bondée, bourrée jusqu’à refus. » Voyage au cœur de la Bibliothèque, ogre-machine qui tourne à plein régime. 

23/05/2021, 20:41

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Les Ensablés - Hiver 1814, de Bernard Michel, la Campagne de France

Les Ensablés ont plusieurs fois évoqué Napoléon pour rappeler que dans sa jeunesse, il avait écrit des nouvelles, et qu’à Sainte-Hélène, il avait retrouvé son désir d’écrire et pu assouvir sa passion pour la lecture. Il faut lire Le Mémorial pour mesurer l’étendue de sa culture littéraire. Il profita de son inactivité pour écrire quelques ouvrages, dont une étude sur « La guerre des Gaules », et une espèce de fiction sur son exil à Sainte-Hélène. Par Hervé Bel

 

09/05/2021, 10:22

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Les Ensablés - Black (1858) d’Alexandre Dumas (1802-1870)

« Pas de mystère, pas de souterrain, pas de ténèbres dans cette œuvre ; partout le rayonnement, partout le plein midi », disait Victor Hugo. L’œuvre d’Alexandre Dumas n’intéresse pas l’Histoire de l’art. En 1840 certes, résidant à Florence, il lui fut commandé, pour la somme considérable de dix mille francs, un ouvrage sur la galerie des Offices. La description des trois cent cinquante portraits de peintres qui sont dans ce fameux musée devait former L’histoire biographique et anecdotique de la peinture depuis huit siècles. Par Antoine Cardinale.

25/04/2021, 10:12

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Jerry Stahl en compagnie des "touristes des camps de la mort"

BONNES FEUILLES - Comment survivre à un voyage organisé dans les camps de la mort quand on est juif et dépressif ? C'est le défi que s'est lancé Jerry Stahl, dans une enquête délirante et grinçante, monument d'humour noir et d'autodérision, sur fond de satire de l'amérique trumpiste.

30/11/2022, 09:30

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La plus grande catastrophe écologique du XXe

BONNES FEUILLES - Une histoire d’amour entre un ingénieur soviétique et une chamane sur fond de la plus grande catastrophe écologique du XXe siècle.

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BONNES FEUILLES - Une exofiction qui retrace la découverte, par Rodolphe Darzens, de l’œuvre poétique d’Arthur Rimbaud, dans un chassé-croisé haletant.

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L’indépendance des États-Unis ou le jeu de dupes des nations 

Quel livre déroutant que voila. Signé par Joel Richard Paul, professeur de droit à l’université de Californie, l'ouvrage est intitulé Unlikely Allies - How a Merchant, a Playwright, and a Spy Saved the American Revolution (littéralement Improbables alliés - Comment un marchand, un dramaturge et un espion ont sauvé la révolution américaine) dans sa version originale. Traduit chez Perrin par Espions en révolution – Beaumarchais, le chevalier d’Éon, Silas Deane & les secrets de l’indépendance américaine, ce titre aurait peut-être dû s’arrêter au marchand et au dramaturge. Passé une certaine déception, il devient fort intéressant à lire. Voici pourquoi. 

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Grégory Rateau et ses Imprécations Nocturnes…

Dans son nouveau recueil élégamment intitulé Imprécations Nocturnes, préfacé par Jean-Louis Kuffer, l’auteur poursuit sa quête inlassable ou plutôt sa « hantise insondable », amplement signifiée dès son premier recueil, Conspiration du Réel, dont j’avais dans un article précédent vanté les qualités littéraires. Mais également le contenu singulier, dont les thèmes récurrents qui n’ont rien d’une argumentation passive ou poussive, c’est selon, convoquent une fois de plus les affres de la vie et plus encore ses pernicieux revers.

29/11/2022, 11:29

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Les trompettes de la mort : un premier album puissant

C'est toujours un bonheur de tomber sur un album qui happe les lecteurs comme le tuyau d'un aspirateur emporte la poussière. Les trompettes de la mort a la puissance des grands livres, à savoir celle qui efface le monde environnant et nous plonge de la tête aux pieds dans le pur espace de la fiction. Et plus particulièrement dans les décors d'une campagne nostalgique qui évoque à peu près tout sauf le bonheur et l'insouciance.

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Aurélien Delsaux : tirer à vue sur l'époque

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Le destin d'un ténor d'exception par Alexia Stresi

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Thibaut Solano met Clermont à l'épreuve dans Les Dévorés

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Le temps des orphelins, autofiction de Claude Rodhain

Avocat honoraire, désormais installé dans les Bouches-du-Rhône, Claude Rodhain a fort bien évoqué son parcours d’enfant abandonné devenu notable dans Le Destin bousculé, autobiographie parue chez Robert Laffont en 1986, deuxième prix des lectrices du magazine Elle, succès de librairie. Vingt-six ans plus tard, l’homme revient avec une suite, plus romancée, plus sombre aussi. Texte d'Étienne Ruhaud.

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Meilleures ventes : l'éternel effet prix

On le sait, nous le savons, ils savent. Les prix littéraires ont une influence considérable sur les meilleures ventes des livres, en fin d'année. Alors un prix Goncourt à un petit mois de Noël, c'est quasi synonyme de première place au classement. Cette année, c'est Brigitte Giraud qui en profite : son roman Vivre vite (Flammarion) a convaincu 24.048 lecteurs cette semaine.

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Eric Faye présente sa petite saga des années 2010

BONNES FEUILLES - Dans les années 2010, un journaliste vit, de l’intérieur, les convulsions de l’entreprise de presse dans laquelle il travaille depuis de nombreuses années : rachat, brutalité managériale, obsession du profit envers et contre tout... 

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Boris, 1985 : un premier “je” pour Douna Loup

BONNES FEUILLES - Janvier 1985. Boris Weisfeiler, quarante-quatre ans, disparaît dans le Chili de Pinochet. Né en URSS au sein d’une famille juive, ce surdoué des chiffres s’exile aux États-Unis pour pouvoir exercer librement les mathématiques. 

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Nesrine Slaoui à la croisée des vies d'Anissa et de Nora avec Seule

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Moïse ou la Chine, un monde sans Dieu

Le titre est lié à une pensée de Pascal, qu'il a ensuite raturée : « Lequel est le plus croyable des deux ? Moïse ou la Chine ? ». L’enjeu, mettre Dieu en comparaison, est de taille ! Et propre à effrayer. François Jullien pratique un vis-à-vis des deux cultures, il ne les mesure pas, ne mesure pas leur distance, leurs écarts, il ne les frotte pas l’une contre l’autre ni pour faire des étincelles, ni pour les faire briller. S’il dit l’une de la fenêtre de l’autre, en alternance et réciprocité, c’est pour les écrire au mieux, les décrire mieux. Texte d'Orelien Péréol. 

24/11/2022, 15:38

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Une somme humaine : coup de projecteur sur l’humanité

La narratrice n’est jamais nommée, pourtant c’est l’entièreté de sa vie qu’elle offre à travers le voile de la mort. Son passé, ses pensées, ses espoirs et ses déboires, mais aussi une vision de l’humanité — crue, accusatrice, féroce. Son récit débute avec la fin de sa vie : le souhait de disparaître, ces moments où elle imagine comme s’y prendre, puis le saut sur les rails, devant un train à Paris, cette ville devenue son refuge face à une enfance d’une violence inouïe.

24/11/2022, 12:17

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Isabelle Rodriguez dévoilent Les Orphelines du mont Luciole

BONNES FEUILLES - Un retour envoûtant sur les lieux de l’enfance et l’imaginaire qui s’y déploie. Une supplique pour que la mémoire des campagnes ne s’efface jamais.

24/11/2022, 09:00

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Samuel Dock fait la lumière sur une triste vérité avec L'enfant thérapeute

BONNES FEUILLES - Quand faire le deuil de son enfance implique de faire celui de l’enfance que sa propre mère n’a jamais eue. Samuel Dock livre un récit poignant sur l’enfance maltraitée, ses saccages, la reconstruction et la puissance du lien filial.

24/11/2022, 08:00

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Trillion game : gagner 1000 milliards de dollars à partir de rien  

Haru et Gaku, meilleurs amis depuis le lycée, tentent de trouver leur premier emploi. Ils visent tous deux la prestigieuse Dragon Bank – mais beaucoup trop introvertis, Gaku échoue lamentablement à l’entretien. Ce n’est pas ça qui va les séparer ! Haru leur lance un défi : à eux deux, ils vont monter une boîte, et obtenir 1000 milliards de dollars.

23/11/2022, 15:22

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Héliotrope, l’amour déjanté

Le prolifique Joann Sfar commence une nouvelle série fantastique en collaboration avec Benjamin Chaud. Le Tome 1 d’Héliotrope, publié en juin 2022 aux Éditions Dupuis (le T.2 ce 18 novembre), est empreint de toute la verve de Sfar. Mais convainc moins que la saga Petit Vampire

23/11/2022, 09:59

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Le retour de Janvier ou la France des tempêtes

BONNES FEUILLES - Dans un monde qui refuse de voir son lent effondrement, l’odyssée de Janvier Bonnefoi pour rentrer chez lui et tenter de reconstruire sur les ruines. Un premier roman remarquable, d’une étonnante crédibilité.

23/11/2022, 09:00

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Les heures abolies, entre sauvagerie et civilisation

BONNES FEUILLES - Dans un golfe étroit veillé par des montagnes jumelles et des forêts ogresses, un couple traverse l’obscurité de l’hiver boréal pendant plusieurs semaines.

23/11/2022, 08:00

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Sonia Mossé, biographie d'une reine sans couronne

Sans ambitionner d’être catalogué biographe, Gérard Guégan s’est montré fort habile, depuis une douzaine d’années, à filmer littérairement des Français au destin tragique : Jean Fontenoy, Aragon, Drieu La Rochelle, Théodore Fraenkel, qui avaient en commun d’être nés à l’extrême fin du XIXe siècle. Après eux, on espérait une femme. La voici enfin. Plus jeune que les précédents (née à Paris en 1917), belle et blonde, Sonia Mossé est juive comme Fraenkel et plus franchement homosexuelle qu’Aragon. Sa vie sera plus brève, puisque, arrêtée à Paris par des inspecteurs du service des Affaires juives, elle mourra gazée à Sobibór avec sa demi-sœur en 1943. Texte par Adrien Le Bihan.

22/11/2022, 12:33

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Philippe Besson de retour : Ceci n'est pas un fait divers

BONNES FEUILLES - « Papa vient de tuer maman. » Passée la sidération, deux enfants brisés vont devoir se débattre avec le chagrin, la colère, la culpabilité. Et réapprendre à vivre.

22/11/2022, 09:00

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Sous les apparences, les vrais Monstres

Paris, dans la France du XVIIe siècle. Un lieu, à l’époque, où règnent le chaos et l’immondice en termes d’hygiène. Ici, tout est « gris, sale, étroit, boueux, disparate », au point que les rues et les parcs sont devenus les poubelles et les latrines des habitants — impossible, donc, de naviguer dans cette ville sans heurter ses narines ou crotter ses chaussures. Pourtant, au cœur de Paris se dresse Le Louvre, ce palais merveilleux de beauté et de parfums épicés, « une perle dans une huître ».

21/11/2022, 12:53

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La Main de Dieu : l'Église, la mafia ou les deux

En ce matin de 13 janvier, après un bref passage au bureau, le Commissaire Soneri était parti faire un tour dans les rues de Parme pour faire passer sa mauvaise humeur quand le téléphone le ramena à la triste réalité : un policier l’appelait pour lui annoncer la découverte d’un cadavre échoué sur la grève de la Parma au niveau du Ponte di Mezzo. Comme il était juste à deux pas dudit pont, il put observer un moment, avec les badauds qui se délectaient du spectacle et immortalisaient l’instant avec leurs téléphones portables, l’agitation des agents autour du corps que la baisse du niveau de l’eau avait dû déposer là après les grosses pluies des jours précédents.

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Zanzibar, l'autre voie d'Altaïr Despres

BONNES FEUILLES - Ce premier roman raconte une île tropicale d’une beauté franche et sale, théâtre de rencontres exaltées entre des jeunes Européennes qui ont tout plaqué pour faire leur vie loin de chez elles, et des beach boys, décidés à saisir les opportunités laissées par un tourisme écrasant.

21/11/2022, 09:00

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Les désobéissantes dévoilent les secrets de Marcus Solar

BONNES FEUILLES - On dit de lui qu’il a eu mille vies. Une enfance passée à l’orphelinat, une jeunesse marquée par le succès et, au faîte de sa gloire, des fiançailles avec une riche Américaine.

21/11/2022, 08:00

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Le Roitelet, de l'oiseau fragile au roi sans prestige

BONNES FEUILLES - Un homme vit paisiblement à la campagne avec sa femme Livia, son chien Pablo et le chat Lennon. Pour cet écrivain parvenu à l’aube de la vieillesse, l’essentiel n’est plus tant dans ses actions que dans sa façon d’habiter le Monde, et plus précisément dans la nécessité de l’amour.

21/11/2022, 07:00

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Défaire l'amour : l'art de l'autosabotage amoureux

BONNES FEUILLES - À vingt ans, fuyant Paris et mon chaos intérieur, je débarquai dans un Istanbul en pleine effervescence. 

20/11/2022, 09:00

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Ta seule issue, un premier thriller glaçant pour Giles Kristian

BONNES FEUILLES - Une nature hostile. Un tueur impitoyable. Qui sera la proie ?

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