#Droit / Justice

Les Ensablés – “Temples grecs, maisons des Dieux” d'André Suarès

En 1873, dans sa leçon inaugurale à l’université de Vienne, le professeur Thausing exigeait qu’on bannît le mot « beau » et récusait toute Histoire de l’art où cet adjectif figurât ; depuis, d’autres savants ont surenchéri en prétendant afficher à l’entrée des amphithéâtres : « Ici il est défendu d’admirer ». En obéissant à ces critères, on ne voit pas qu’André Suarès et  son Temples grecs, maisons des Dieux, dont L’Eveilleur nous donne une passionnante réédition, documentée et remarquablement illustrée, puisse trouver sa place sur les bancs. La preuve : en ne le mentionnant pas dans son Histoire de l’histoire de l’Art, qui est pour les Français comme le Gotha des historiens de l’art, Germain Bazin le condamne à un oubli certain. Mais chassez le génie par la porte, il revient par la fenêtre : les étudiants qui consultent à l’Institut National de l’Histoire de l’art le fonds Doucet, dont André Suarès constitua la partie la plus ancienne, puisent à pleines mains dans les trésors que le Condottiere leur a constitué.

Le 16/06/2019 à 09:00 par Les ensablés

|

Publié le :

16/06/2019 à 09:00

Les ensablés

Partager cet article sur Bluesky Partager cet article sur Mastodon Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article
Par Antoine Cardinale

Le Condottiere
Au demeurant, André Suarès nous en fait l’aveu : L’art et l’histoire de l’art font deux et ne sont pas du même ordre. Tout l’effort des savants ne prête pas un atome de beauté ou d’harmonie à une œuvre. Ainsi la lecture pour Proust, qui est capable de nous porter au seuil de la vie spirituelle, sans la constituer pour autant ; pour Suarès la vision savante de l’art nous amène au seuil de l’expérience esthétique, mais pas au-delà. Je n’évoquerais pas cet auteur englouti dans une immense solitude dont Denis Gombert (ici) a parfaitement décrit les éléments biographiques et le drame personnel ici même, dans les Ensablés. Il n’est pas inutile cependant de préciser à nouveau qu’il fut admiré par Gide et Romain Rolland, défendu par Brunetière, ce qui est un brevet d’honneur ; collaborateur régulier de la Nouvelle Revue Française, ami de Gabriel Cognacq, de Maurice Pottecher, et choisi par Jacques Doucet pour construire sa bibliothèque littéraire ; que Pierre Benoît lui dédie l’Atlantide, pour le remercier d’avoir poussé Koenigsmark en 1918 vers le prix Goncourt (1) ; enfin échangeant avec Bourdelle ou Claudel des correspondances qui ont été publiées.
Temples grecs est comme la conclusion du Voyage du Condottiere, et ne se peut comprendre sans nous intéresser au magnum opus d’André Suarès.
Le Voyage du Condottiere, fleuve de points d’exclamation, charriant jugements catégoriques et hallucinations d’artiste ! En trois volumes, publiés en 1910 et en 1932 pour les deux derniers, André Suarès écrivit un chef d’oeuvre étrange et exigeant, qui fit de lui un écrivain pour écrivain, mais dont la forme lyrique et la morale aristocratique tint le grand public à l’écart.
En 1895 il fit le premier de ses cinq voyages : Lors de ma première visite, j’avais vingt ans et j’étais dénué de tout. J’ai dormi à la belle étoile, sous le portail de Sainte Marie des Grâces. Son fourniment devait être bien simplifié et sa bourse légère : il nous confesse qu’une fois, il ne mangea pas de trente heures. De toute la largeur du pied, il prend possession de cette terre d’Italie, allant à son pas sur des chemins que l’on n’empierre plus. Imaginons-le marchant sous un ciel bistré par l’orage ou courbé sous le feu de juillet et se rafraîchissant à l’herbe de la rive. Les gamins des rues ne durent pas être bien charitables et il lui fallut plus d’une fois je pense, jouer du bâton pour se défendre des chiens de ferme et gagner dans les villes, par des rues fangeuses, un logis douteux en craignant toujours que le pied ne lui glisse dans l’ordure.
C‘est peu dire qu’il ne voyage pas dans les meilleures conditions de confort : s’il tombe dans la ville à midi, à l’heure où les églises ferment leurs portes, il lui faut attendre dans la chaleur et la poussière de la rue, assis sur une borne de carrefour ; le soir subir les moustiques ; dîner de rien sur les places au milieu d’un peuple de statues. Il est pauvre à double titre : selon la définition qu’en donne les bureaux de pauvreté ; et selon le sens de ce mot tout évangélique que Léonard de Vinci glisse quelque part dans sa correspondance : il est pauvre celui qui désire beaucoup de choses, comme de vouloir posséder la Terre et la lumière juste, ainsi que Suarès nous le confie ingénument. Manteau de roulier, une silhouette d’un seul jet, un air de sac et de corde, il semble chercher un pays où la douleur ne l’atteindra pas, apatrié seulement à l’horizon qui fuit : Pourvu que j’aie le ciel et le soleil écrit-il à Bourdelle. Tantôt folâtre comme un jeune veau qu’on vient de mettre à l’herbe, tantôt l’âme noire et des tremblements de prophète, il est un vieil enfant en somme, une âme forte qu’une jolie contadine eût pu faire revenir en son âge ! Il est vrai, jamais le vent de la Fortune ne souffla bien fort pour lui, et l’amitié lui manqua. Pour l’amour –car dans ma simplicité je ne m’explique pas André Suarès autrement- d’autres que moi, un biographe patient, découvriront celle qu’il aima sans mesure et qui peut-être ne le sut jamais, celle qui chargea son âme vagabonde d’un amour inexprimé, celle dont il voulut baiser les gestes qu’elle faisait, celle qui inspire les mots chers et doux, celle qu’on invoque au moment d’entrer chez Dieu.
Pour finir, rien en lui n’est classique : il est romantique, avec fureur, Sturm und Drang, du côté de Gaspard de la Nuit ou de Hölderlin. Victor Hugo est pour lui « le premier des énergumènes » et s’il voit en Stendhal un modèle, il faut admettre qu’admiration ne vaut pas ressemblance. L’ascétisme ne lui est pas un renoncement, le plaisir lui est un droit de nature, et la littérature un chemin vers le bonheur. Ecce homo ! Voilà cet homme de trente ans, avec ses colères d’enfant et ses tristesses de vieillard, tournant en rugissant comme dans une cage dans l’Europe aux anciens parapets. Beau Conquérant ! un de ces hommes qui n’auront jamais d’adresse et qui commence tôt une vie d’espérances trompées, saevas paupertas.
Les façades sévères lui cachent les palais secrets et ces heureux jardins derrière les hautes murailles qui sont comme l’essence de la civilisation italienne. Il ne demande presque rien pourtant, seulement de se retrouver comme un chant sous les clairs ombrages, et de nous faire partager ses enchantements.

L’Italie heureuse
Vous savez faire la part des choses, vous avez pénétré son caractère et senti l’ombre froide de ses secrets. Vous pouvez maintenant suivre André Suarès : il est un guide enchanteur.
A Venise, d’abord : les parfums qui brûlent à Saint-Marc lui portent à la tête, étourdissent un homme engourdi par la tristesse, une âme gercée par la solitude : ici, il se sent passer du monde haï au monde désiré, délié de toutes les valeurs morales. L’argent, qu’il méprise partout ailleurs, a perdu ici son poids de pêché ; les odeurs un peu fortes ailleurs, avec l’aide des embruns, deviennent les odeurs d’une race forte et joyeuse. La religion, ridicule ailleurs, retrouve ici son parfum de mystère ; ailleurs les tombeaux des puissants ne lui inspirent que de sifflants sarcasmes : à Venise, ils deviennent une méditation sur la rectitude de vie donnée au bien commun, à Dieu et à la gloire de la Cité et si à Padoue, Gattamelata est un soudard qui a réussi, à Venise, le Colleone est la force juste .  Il lui vient des images à la Lautréamont : le campanile dès l’aube, rive la flottante Venise au matin bleu, et le soir, il est le mât de brocard rose et d’or à la barque amarrée pour Vénus, et devant le Colleone la place roule dans la gueule de la nuit.
Des images à la José Maria de Heredia aussi : quel Othello, quels prétoriens barbares étouffent donc là-haut ce malade impérial ?  et parfois la sobre, cynique et discursive manière du moralisme français : La grandeur de tuer est un peu moins rare en Italie qu’ailleurs ; mais cet art n’y compte pas que des chefs-d’œuvres.
Après avoir dessiné à Ravenne les contours ouatés d’une Bruges symboliste et d’un monde comme tombé en faiblesse, il revient à Venise, par la voie de mer : c’est une page qu’il faut lire, parmi les plus sensibles que Venise ait inspiré –et Dieu sait combien de pages, hélas, elle a inspiré- : il surprend Venise dans le silence de la nuit qui pâlit et il y débarque comme on rentre dans le lit d’une femme : c’est une étreinte muette dans une harmonie de bleu et de rose : la Piazzetta s’offre au baiser de l’aube, étalée sur le quai trempé d’ombre, comme les princesses de Babylone dans la nuit sacrée .
Et comme on sent la justesse de ce résumé de Venise : La joie de la vie antique dans l’or du songe chrétien, comme il dévoile en un mot le secret de cette distinction qu’on sent en Italie plus souvent et plus vivement qu’ailleurs, une distinction de ton, de couleur, de forme qui tient tout uniment à  l’habitude de la beauté.
Au Bargello, aux Offices c’est un guide passionné, dont il faudrait citer des pages. Accompagnons-le plutôt au petit musée d’Urbin, logé dans le palais ducal : laissons-le nous instruire devant la Flagellation de Piero de la Francesca : Non seulement ce tableau est le plus beau de Piero : il est un des quatre ou cinq chefs d’œuvres qui dominent sur toute la peinture en Italie. Ce panneau en bois, qui a beaucoup souffert du temps, est plus rare encore par la nouveauté de l’expression. Parut-il extraordinaire en 1470 ? Il l’est toujours, et neuf aujourd’hui même. La scène est établie sur une double échelle ;  il est d’abord prodigieux par l’invention ; la hardiesse de l’ordonnance, le goût incomparable de l’architecte, la beauté de la nature morte, le dallage, les plafonds ; les notes bleues qui font l’harmonie générale de l’œuvre, sur des accords aériens ou puissants de rouge assourdi. On a deux pages d’une ekphrasis, d’une description d’image la plus vivante, comme on en trouve peu dans la littérature et qu’on doit donner pour modèle, partant de la matérialité de l’œuvre, traçant le cercle de ses qualités formelles ensuite, et enfin animant l’image pour en révéler le sens.
Comme il a aimé ce pays de Toscane ! Marchons à ses côtés : c’est la fin d’un beau jour, le vent pousse des nuages noirs au- dessus de la vallée et les accrochent aux vieilles tours de villes sans âge, cuirassées dans leurs murailles, méditant un coup de lance derrière la visière baissée de leurs créneaux noircis, gardant à l’arrière un palais encapuchonné de ses poivrières comme une dame sous son hennin. Pérouse, aux ombres noires et rouges qui cache des meurtres sous son manteau ; Gubbio, tyran de pierre, Volterra l’Etrusque, et le noir sourcil de ses murailles, sa Porte de l’Arc aux trois têtes fichées comme celles des rebelles d’Etat aux rostres du Senat. Et Urbin qui lui fut comme un idéal !
Le palais dont on doit les dessins à Luciano Laurana qui le construisit, en un tour de force qui ne paraît pas, sur deux ravins et une double colline ; ce duc, Federico da Montefeltre, dont Piero a immortalisé le profil d’oiseau de proie : laid au dernier degré, nez cassé, l’œil en bouchon de carafe, bouche fine, une expression nulle, inquiétant  autant qu’il est possible ; au reste, le plus brave capitaine de son temps, dont les historiens nous ont fait connaître la parfaite dignité, la familiarité sincère avec le peuple de sa petite patrie, d’une religion ferme et sincère, épris des Anciens : Sa vie de soixante ans est pleine de victoires et d’œuvres. Pas une cour du temps n’égale la sienne ; elle a le charme et la gravité des vrais plaisirs qui sont les plus honnêtes ; elle est élégante et polie, savante et sage. Le duc réunit à Urbin les plus beaux artistes et les plus admirables livres. Quel beau palais que le sien ! La première Renaissance n’a rien de plus achevé. L’escalier, les vastes salles, les chambres privées, les corniches, les frises de marbres, l’ornement au-dehors et au-dedans, tout ce style est proche de la perfection. La finesse et la grandeur s’entendent. Les belles proportions font oublier le luxe et la mesure s’impose même au faste. Et que dire du studio du Prince qui dit tout la vénération pour l’étude, le recueillement !

Le bout du Voyage
Le Voyage du Condottiere devait comporter trois livres : le premier sur l’Italie du Nord, le troisième sur la Toscane . Au milieu devait s’insérer le second livre ; Suarès nous annonçait en effet qu’il le prépare et que pour cela il court sur Naples et la Sicile. Par son caractère singulier Temples grecs, maisons des Dieux ne pouvait cependant trouver sa place dans l’épopée du Condottiere dans l’Italie heureuse. Publié en 1937, sans qu’il ne cherchât jamais à le relier ouvertement au Voyage, il n’est plus le volume intermédiaire mais le codicille de ce testament spirituel, et il ne serait pas injuste que désormais on les publiât ensemble. Si on ressent dans les deux premiers volumes une immense culture, cette « solidité des dessous » dont Flaubert fait la condition de la littérature, Temples grecs, maisons des Dieux est au contraire un essai poétique et triste. Qu’on ne compte pas sur Suarès, érudit et amoureux de la Grèce antique pourtant, pour un cours magistral : Je ne puis décrire un temple ; que les archéologues s’en chargent ; qu’ils comptent les pierres, les mesurent et les pèsent. Pour ma part, je ne sais rien du temple.
Paestum marque la frontière spirituelle du Voyage : ici dans l’ivresse amoureuse du couchant, le soleil s’en va tout en feu au rendez-vous de la mer. L’abandon y règne mais la majesté aussi, et le silence à l’égal d’un récit lyrique. Car après avoir parcouru l’Italie à travers les siècles pendant vingt-cinq ans, il touche enfin à la Sicile tourné contre l’Afrique obtuse. C’est le bout de l’Europe et le terme d’une expérience.
En Sicile, il est comme au désert, et il subit là les tentations d’un anachorète : Je vais et viens, avec nausée, et le dégoût aiguise ma tristesse. Jamais le désordre n’a jeté sur moi un tel harpon d’épouvante. Dans ces lieux où, selon son expression, la nature a tué l’esprit, il est gagné par un découragement et par ce nihilisme qui est le fonds de son caractère. Mais que revienne la lumière du jour et sa jeunesse renaît : Toute la grâce du jour dans la fleur du matin ! L’aube est divine au temple de la Concorde. La pierre palpite. Poreuse, elle ne boit pas l’eau : ce ciel de saphir n’en possède pas une goutte ; mais elle dévore la lumière et la garde passionnément. Ce miel d’or est sa nourriture. Par un calcul exquis, l’entre-colonne de la façade se fait plus étroite du centre aux angles. De la sorte, la respiration du temple est, à tout instant de la clarté, celle d’un torse. La déesse, qui baigne encore dans les sourires su sommeil, ouvre les yeux. Et la mer, plus loin, sort des langes de l’aube…
Sur cette terre hautaine qui ne se livre pas facilement et qu’il choisit de parcourir dans la fournaise de l’été, il se perd, à l’imitation de sa raison qui s’égare : mauvaise chère, mauvais chemin ! Il rencontre un pâtre, berger de pierres, et sa femme : J’ai passé la nuit chez eux. Ils n’ont rien. A peine une miche épaisse, dur et sans sel. …ils m’ont donné de leur vin, lourd et dense, d’un sucre où l’on sent une vapeur de soufre.
La vision de ce qui reste de la civilisation de la Grande Grèce n’est ni une vision historique, ni une interprétation littéraire. C’est celle du Temps qui ramène au Chaos ce que l’homme dans un moment de folle illusion, a cru extirper du Chaos. La carrière de pierre s’assimile aux colonnes et aux chapiteaux roulés dans la millénaire poussière de l’abandon. Le voyage aux vingt-cinq siècles d’Histoire devait s’achever dans une vision de fin du monde et le pèlerinage aux sources de la beauté finir dans une prière au Néant.

Ci-gît
Il y a dans ce grand écrivain d’un accès difficile il est vrai, un peu de Cyrano de Bergerac : après tout la pièce de Rostand est de 1897, les premières notes du Condottiere datent de 1895. Cette fureur triste, cette humeur querelleuse : c’est bien lui ! Il tomba dans la Belle Epoque comme chu d’un autre siècle, cascadant d’un astre à l’atmosphère rare jusqu’à notre monde sublunaire, sa cape de vagabond humide encore d’une rosée céleste et brillante de la poudre ramassée aux étoiles ; celui dont ses amis avaient tout prédit : l’abandon, la misère, ayant attaqué les faux écrivains, les plagiaires, les faux voyageurs. Celui dont de Guiche, à la fin de la pièce nous confie -et ce serait une belle épitaphe pour sa pierre tombale qui je crois n’en a pas (2) -  Ne le plaignez pas trop, il a vécu sans pactes / Libre dans sa pensée autant que dans ses actes.

Antoine Cardinale - juin 2019.

1 L’ échec de Koenigsmark au prix Goncourt de 1918, battu sur le fil par Civilisation de Georges Duhamel par quatre voix contre six, témoigne néanmoins de la discrète et efficace influence de André Suarès.
2  Selon Robert Pariente, son biographe (André Suarès, L’insurgé, Laffont, 1999) André Suarès renonça à faire graver l’épitaphe qu’il avait pourtant écrit : Laissez-moi loin de toute route / Si seul que j’ai toujours vécu/ Que le ciel et le vent écoutent / Mon silence de grand vaincu.

 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

Commenter cet article

 

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traité ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

ActuaLitté

Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

ActuaLitté

Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

ActuaLitté

Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

ActuaLitté

Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

ActuaLitté

Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

ActuaLitté

Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

ActuaLitté

Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

ActuaLitté

Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

ActuaLitté

Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

ActuaLitté

Les Ensablés - Le Poil de la bête de René-Jean Clot

Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête  de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel

01/12/2024, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Jabadao (1951) de Anne de Tourville

Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville  (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat

11/11/2024, 09:40

ActuaLitté

Les Ensablés - L'invitation chez les Stirl, de Paul Gadenne

La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

ActuaLitté

Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Revanche (1925) d'André Thérive

Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés – André Beucler, Vu d’Allemagne

Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.

25/08/2024, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés – Elisabeth de Raymonde Vincent (1908-1985)

Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.

04/08/2024, 09:29

ActuaLitté

Les Ensablés - Rafales, de Roger Vercel (1894-1957)

Encore connu des cinéphiles pour les adaptations au cinéma de ses romans  Remorques (adapté par Jean Grémillon) et Capitaine Conan (prix Goncourt 1934, adapté par Bertrand Tavernier), Roger Vercel est un remarquable écrivain de récits maritimes, inspirés de témoignages  de marins, recueillis à Dinan, ville où il vécut et exerça le métier de professeur de lettres. Par Isabelle Luciat

14/07/2024, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Bruges-la-Morte de Georges Rodenbach

L’écoute d’un opéra de 1920 ensablé jusqu’à la fin du dernier siècle peut mener à la lecture d’un roman également ensablé pendant plusieurs décennies, l’un comme l’autre très célèbres en leurs temps et fort heureusement resurgis… quoiqu’ insuffisamment pour le livre, qui mérite largement un coup de projecteur. Par Marie Coat

23/06/2024, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Retour de barbarie et Du côté de chez Malaparte de Raymond Guérin

C’est au début des années 80 que l’on commence à reparler Raymond Guérin. Les éditions « Le tout sur le tout » ont alors le courage de rééditer certaines de ses œuvres. Jean-Paul Kaufmann écrit sa biographie, remarquable comme tout ce qu’il fait, dans 31 rue Damour. Des articles sortent… Puis nouvel oubli, même s’il reste publié dans la collection Imaginaire, antichambre de l’oubli définitif. un oubli relatif à dire vrai. Régulièrement, des maisons d’édition (où trouvent-elles ce courage?) rééditent en effet une de ses œuvres. Finitude est de celles-ci. Par Hervé Bel

09/06/2024, 09:00

Autres articles de la rubrique Livres

ActuaLitté

Adelina, mère en chute libre : avec Les Miettes, Lukas Bärfuss bouleverse la rentrée littéraire

L’existence d’Adelina — jeune mère échouée aux marges sociales — se délite sous le poids des dettes, de la solitude et d’une série de décisions hâtives dictées par l’urgence. Cette femme est la figure centrale du roman de Lukas Bärfuss, Les Miettes (trad. Camille Luscher). À paraître le 8 janvier 2026. 

10/12/2025, 11:29

ActuaLitté

Tueur, père modèle et mari exemplaire : l’incroyable double vie de Madjid Müller

Dès les premières lignes Jacky Schwartzmann donne le ton : un tueur à gages au badge STAFF exécute, à Rock en Seine, le guitariste de Måneskin en l’étouffant… dans un bac de sciure, avant de constater, satisfait, qu’il vient « rendre service au rock’n’roll ». Le roman ne lâchera plus ce mélange de noirceur radicale et de jubilation narrative. À paraître le 8 janvier 2026.

10/12/2025, 11:02

ActuaLitté

Pierre le Gris : un homme ordinaire devenu héros inattendu

Il y a, dans Pierre le Gris, une manière singulière de saisir ce qui glisse entre les doigts : la banalité, la fatigue d’exister, les gestes infimes qui façonnent une vie. Zschokke construit un roman hypnotique où l’extrême simplicité du récit devient source de tension. Dès l’ouverture, une policière frappe au cœur du quotidien : « Son fils avait été écrasé par un camion et il était mort. » À paraître le 16 janvier 2026.

10/12/2025, 10:53

ActuaLitté

Road-movie sanglant des Vosges à la Dordogne : la cavale meurtrière de Marie-Thérèse

Dans la lignée corrosive du roman de Pierre Lemaître Le Serpent majuscule et de l'humour acide des frères Coen, Paul Beaupère livre avec Douze balles pour Marie-Thérèse un roman noir jubilatoire qui réinvente le genre. Imaginez une femme âgée joueuse d'orgue, férue de Scrabble et de Bach, transformée en bras armé d'un flic borderline : voici l'odyssée sanglante et hilarante de Marie-Thérèse, une vosgienne solitaire qui abat des criminels impunis à raison d'une balle par mois.

10/12/2025, 09:00

ActuaLitté

Pourquoi les mouettes se méfient-elles de Niko ? Un album qui parle d’exclusion

L’improbable amitié entre Suzette, une mouette dégourdie et insouciante, et Niko, un corbeau réservé et précautionneux, qui les conduira des toits de Paris au bord de la mer.

10/12/2025, 08:00

ActuaLitté

Le jeune homme à la trompette

09/12/2025, 18:33

ActuaLitté

Paysans d'antan

09/12/2025, 17:48

ActuaLitté

Quand la couleur devient conscience : l’expérience sensorielle inédite de Martian Manhunter

Il fallait au moins ça pour que le Limier martien redevienne vraiment alien : un comics qui ressemble à une crise de nerfs chromatique, une peinture expressionniste éclatée au fil des cases. Avec Absolute Martian Manhunter, Deniz Camp et Javier Rodríguez s’emparent de la bestiole, la passent au scan cérébral et réécrivent sa légende comme un thriller psychologique sous acide. Forcément, on adhère, on adore.

09/12/2025, 13:43

ActuaLitté

À la rencontre de cinq femmes pour raconter les Philippines

Voyage immersif dans un pays méconnu : les Philippines, à travers cinq portraits de femmes, contrastés et pleins de vitalité, cinq destinées pour découvrir un panorama complet de l'archipel.

 

09/12/2025, 12:19

ActuaLitté

Rósa & Björk : le grand retour de l’enquêtrice Hildur

Voici le second épisode de la série policière ouverte par la nouvelle voix du polar islandais : une voix qui cause en... finnois !

09/12/2025, 10:11

ActuaLitté

Nuits Nantaises 2010 : les noces rouges de Carl Pineau : la vengeance ne dort jamais

Plonger dans les Nuits nantaises de Carl Pineau, c’est partager la vie de Greg Brandt et sa famille qu’il s’est  choisi et qu’il protège, aux éditions Palémon. 

09/12/2025, 10:02

ActuaLitté

Fauves : un extrait du nouveau Mélissa Da Costa en avant-première

Suite à une violente dispute avec son père, Tony, 17 ans, prend la fuite et se fait embaucher par un cirque itinérant dirigé par Chavo, le maître des fauves. Rapidement, le jeune homme développe l’obsession d’entrer dans l’arène : faire face aux bêtes pour affronter ses propres démons… 

09/12/2025, 09:00

ActuaLitté

Le "Prix Goncourt allemand" 2019 signe un roman implacable sur la Suisse des années 70

Dans Les Miettes, Lukas Bärfuss, aux Éditions Zoé (traduit par Camille Luscher) signe un roman puissant où le destin d’une jeune femme précarisée dans la Suisse des années 70 révèle, avec une acuité implacable, les violences sociales d’une époque. Une fresque intime et politique, portée par une écriture vive et rythmée.

 

09/12/2025, 08:30

ActuaLitté

Deux qui s’aiment : l’amour en poèmes et en animaux

Quand deux personnes s’aiment, chaque aventure amoureuse est unique et mérite son poème… et ce ne sont pas Jürg Schubiger, ni Wolf Erlbruch qui diront le contraire !

09/12/2025, 07:00

ActuaLitté

Jeremy De Backer, Le Terronaute et la poésie du réel

Il y a dans les images de Jeremy De Backer une forme d’évidence silencieuse : celle d’un regard qui s’émerveille sans bruit, d’un photographe qui choisit la lenteur comme méthode d’exploration. Pendant dix ans, il a traversé les paysages de la planète, appareil en main, pour y traquer ce qui, ici, ressemble à ailleurs. Ce voyage, il le raconte dans son premier livre, Bienvenue sur Terre, un ouvrage aux frontières du documentaire et du songe.

08/12/2025, 12:55

ActuaLitté

Ecrire la guerre sur Le nom de la bataille de Tom Buron

La guerre est difficile à écrire. C’est peut-être une des choses les plus difficiles à écrire. Peut-être parce qu’elle suppose la mort ; peut-être parce qu’elle suppose son idée, sa conception. L’idée de la mort, c’est cela qui est pire, car il y a derrière ce mur une inconnue qui s’accroche de principe à un réel presque inconcevable. Et donc aussi au vide. À paraître le 15 janvier 2026.

08/12/2025, 12:16

ActuaLitté

Stefano Massini dynamite le mythe Trump dans une fresque vertigineuse

Ascension, vertige, démesure : Stefano Massini transforme la trajectoire de Donald Trump en une fable fulgurante où l’Amérique contemple son propre reflet. Dès l’incipit, le texte érige la métaphore fondatrice : l’humanité se divise entre « les hommes d’en bas et les hommes d’en haut ». Massini inscrit ainsi son héros dans la logique du surplomb, annonçant la quête obsessionnelle d’un homme décidé à s’arracher au plan horizontal pour dominer le monde. À paraître le 14 janvier 2026.

08/12/2025, 11:54

ActuaLitté

Belles de sang

08/12/2025, 11:28

ActuaLitté

Confessions d'un enfant de la gauche

08/12/2025, 11:28

ActuaLitté

Comédie française : le roman qui dévoile l’échec urbain français

Le récit est fulgurant, tendu comme une corde : l’imaginaire des mythes fondateurs se mêle à l’asphalte des cités contemporaines. Comédie française de Charlie Jegonday s’ouvre sur une scène magistrale : l’échec d’un urbanisme poétique, broyé sous l’impératif gaullien d’efficacité — « Vous m’effacez toute votre poésie de ce plan et vous m’élevez des tours de béton. » À paraître le 21 janvier 2026.

08/12/2025, 11:28

ActuaLitté

Un roman noir classique entre maison close, chats, junkie et écrivain "scabreux"

Dès l’épigraphe empruntée à Dennis Lehane – « Des gens sont morts l’été dernier » – Gérard Laveau place Chagrin noir sous le signe de la culpabilité. La peintre Lizzie Fleur vient trouver le duo de détectives Torpédo & Amer, terrorisée par une apparition armée dans la maison qu’elle partage avec sa sœur cardiaque, Grâce Assoumline. Une frayeur inaugure l'enquête qui va fissurer une famille cramponnée à ses secrets. Chagrin Noir de Gérard Laveau aux éditions Abak. 

 

08/12/2025, 09:38

ActuaLitté

Un cadeau d’anniversaire qui change tout

Dans ce roman à la fois tendre, caustique et déstabilisant, Kinga Wyrzykowska met en scène une femme dont la vie bascule le jour où un étrange cadeau d’anniversaire et une rencontre inattendue la poussent à tout quitter. Entre un village polonais pétri de croyances et un couple soumis aux jugements, l’histoire observe comment un microcosme peut s’emballer jusqu’à provoquer un tumulte bien plus large. Princesse de Kinga Wyrzykowska aux éditions au Seuil disponible à partir du 2 janvier. 

08/12/2025, 07:00

ActuaLitté

Andropause : comment rester un homme en pleine forme après 50 ans ?

À partir de la cinquantaine, la baisse du taux de testostérone transforme le corps et l’esprit de la plupart des hommes : libido en baisse, fatigue, perte d’élan, troubles de la mémoire… L’andropause reste pourtant mal comprise. Dans cet ouvrage, le Dr Marc Galiano, andrologue et spécialiste du vieillissement masculin, explique comment identifier ces signes et préserver durablement ses capacités physiques, intellectuelles et sexuelles grâce à des habitudes de vie adaptées ou des traitements spécifiques.

06/12/2025, 08:00

ActuaLitté

Sylvester Stallone, modèle d’un homme parti de rien

Dans la vie, Richard doit faire avec ce qu’il a. Soit pas grand-chose. Sans héritage, sans diplômes ni « réseau », il cumule les petits boulots : ferrailleur avec une bande de Gitans, employé d’un asile d’aliénés, chasseur dans un grand hôtel… Quand il rencontre Simon, l’un des clients du palace, sa vie bascule. Le riche entrepreneur apprécie sa franchise et lui propose de venir travailler avec lui à New York. Cap vers les affaires et la fortune. Vers les manipulations et les trahisons également.

06/12/2025, 07:00

ActuaLitté

Les meilleurs livres vétérinaires pour comprendre et mieux accompagner son animal

Comprendre nos animaux de compagnie passe autant par l’observation quotidienne que par la connaissance.

05/12/2025, 19:47

ActuaLitté

Gus

05/12/2025, 15:24

ActuaLitté

Le Diable se moque bien des histoires d’amour : la dystopie romantique qui vous hantera

Dans un monde où l’intime se mesure, se classe et s’achète presque comme un produit financier, les sentiments n’ont plus vraiment droit de cité. C’est dans ce décor inquiétant – et pourtant étrangement familier – que Brigitte Moreau installe Le Diable se moque bien des histoires d’amour, une dystopie romanesque où l’amour tente encore de se frayer un chemin entre formulaires, notations sociales et unions programmées.

05/12/2025, 14:40

ActuaLitté

La bataille du cadeau parfait : BD, polar domestique ou Goncourt ?

Pour la semaine du 24 au 30 novembre, le marché du livre connaît une semaine particulièrement dynamique, portée par une forte reprise des ventes et par un trio de tête solidement installé. Astérix conserve sans effort la première place avec des volumes toujours impressionnants, tandis qu’Inoxtag confirme son statut de phénomène durable en confortant sa deuxième position. Le Prix Goncourt, La maison vide de Laurent Mauvignier, complète ce haut du classement.

05/12/2025, 12:52

ActuaLitté

Brocken, de Jean Villemin : du banal café au gouffre psychologique

Entre pluie, miroir et vertige, Brocken est récit qui déraille doucement. Jean Villemin nous propulse dans l’esprit d’un homme qui vacille, un narrateur saisi par la routine, mais happé peu à peu par une inquiétante fissure intérieure. À paraître le 7 janvier 2026.

05/12/2025, 12:34

ActuaLitté

Quand la constipation d’un président menace toute la Russie

Imaginant un chef d’État incapable de « se soulager », Sébastien Liebus transforme un simple trouble intestinal en affaire d’État, où chaque pet devient donnée stratégique. Fable scatologique et politique, Le président est constipé dissèque un régime obsédé par le contrôle des corps, jusqu’à traquer « une bille de matière fécale du président » dans les couloirs du pouvoir.

05/12/2025, 08:30

ActuaLitté

Derrières les origines de l’Église mormone : Orrin Porter Rockwell

Dans Le Poing armé de Dieu, Hubert Prolongeau restitue la trajectoire d’Orrin Porter Rockwell, garde du corps de Joseph Smith et figure redoutée des premiers temps de l’Église mormone. Un roman âpre, tendu comme une corde d’arc, où la foi se mêle à la violence, au mythe et à l’esprit du Far West.

 

05/12/2025, 08:00

ActuaLitté

Adèle disparue deux fois : le mystère qui secoue Annemasse

Sécher tes larmes est le premier roman policier de Meï Lepage. Avant même sa parution, il a suscité un large intérêt international et fera l’objet de traductions dans une dizaine de pays.

 

05/12/2025, 07:00

ActuaLitté

Les Trolls : enquête au cœur du harcèlement en ligne

Depuis déjà trop longtemps, les écrivains français éprouvent une grande passion pour leurs traumatismes qu’ils convertissent en livre. Je souffre, donc je suis. Je souffre, donc j’écris. Il s’agit de raconter sa douleur sans lésiner sur le pathos, d’en rechercher les causes et d'expliquer la façon dont on l’a surmontée. Pierre Cormary, Les Trolls aux Editions Unicité. Par Fabrice Châtelain.

04/12/2025, 12:12

ActuaLitté

La Limite de Hayflick : ce que la science ne dit pas

En ressuscitant l’Épopée de Gilgamesh à l’ère des biotechs, Nicolas Gorodetzky signe un thriller scientifique qui met les pieds dans le plat : et si notre époque, lassée de la mort, s’apprêtait à la contourner ? La Limite de Hayflick de Nicolas Gorodetzky, aux éditions Yanat. 

04/12/2025, 10:51

ActuaLitté

Le grand Sud en couleurs : Lepage mûrit, et nous aussi

En 2010, Emmanuel Lepage embarquait à bord du Marion Dufresne pour un magnifique voyage vers les Terres Australes. Douze ans plus tard, il remet ça mais cette fois pour un plus long séjour sur place, sur l'île de Kerguelen.

04/12/2025, 10:00

ActuaLitté

Huit ans enfermée : l'histoire bouleversante de Noëlle Châtelet

Avec une sincérité intrépide, l’autrice fait revivre ses années d'internat, de dix à dix-huit ans, au tournant des années 1960. Arrachée à la campagne qu’elle aimait, dans la vallée de la Marne, elle vit son arrivée en pension comme un enfermement brutal, loin de sa famille bien-aimée. Contrainte de porter l’uniforme, elle doit se soumettre aux ordres autoritaires de femmes strictes et sans cœur, jusqu’aux punitions et humiliations ressenties comme de véritables violences.

04/12/2025, 07:00