#Droit / Justice

Les Ensablés – “Temples grecs, maisons des Dieux” d'André Suarès

En 1873, dans sa leçon inaugurale à l’université de Vienne, le professeur Thausing exigeait qu’on bannît le mot « beau » et récusait toute Histoire de l’art où cet adjectif figurât ; depuis, d’autres savants ont surenchéri en prétendant afficher à l’entrée des amphithéâtres : « Ici il est défendu d’admirer ». En obéissant à ces critères, on ne voit pas qu’André Suarès et  son Temples grecs, maisons des Dieux, dont L’Eveilleur nous donne une passionnante réédition, documentée et remarquablement illustrée, puisse trouver sa place sur les bancs. La preuve : en ne le mentionnant pas dans son Histoire de l’histoire de l’Art, qui est pour les Français comme le Gotha des historiens de l’art, Germain Bazin le condamne à un oubli certain. Mais chassez le génie par la porte, il revient par la fenêtre : les étudiants qui consultent à l’Institut National de l’Histoire de l’art le fonds Doucet, dont André Suarès constitua la partie la plus ancienne, puisent à pleines mains dans les trésors que le Condottiere leur a constitué.

Le 16/06/2019 à 09:00 par Les ensablés

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16/06/2019 à 09:00

Les ensablés

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Par Antoine Cardinale

Le Condottiere
Au demeurant, André Suarès nous en fait l’aveu : L’art et l’histoire de l’art font deux et ne sont pas du même ordre. Tout l’effort des savants ne prête pas un atome de beauté ou d’harmonie à une œuvre. Ainsi la lecture pour Proust, qui est capable de nous porter au seuil de la vie spirituelle, sans la constituer pour autant ; pour Suarès la vision savante de l’art nous amène au seuil de l’expérience esthétique, mais pas au-delà. Je n’évoquerais pas cet auteur englouti dans une immense solitude dont Denis Gombert (ici) a parfaitement décrit les éléments biographiques et le drame personnel ici même, dans les Ensablés. Il n’est pas inutile cependant de préciser à nouveau qu’il fut admiré par Gide et Romain Rolland, défendu par Brunetière, ce qui est un brevet d’honneur ; collaborateur régulier de la Nouvelle Revue Française, ami de Gabriel Cognacq, de Maurice Pottecher, et choisi par Jacques Doucet pour construire sa bibliothèque littéraire ; que Pierre Benoît lui dédie l’Atlantide, pour le remercier d’avoir poussé Koenigsmark en 1918 vers le prix Goncourt (1) ; enfin échangeant avec Bourdelle ou Claudel des correspondances qui ont été publiées.
Temples grecs est comme la conclusion du Voyage du Condottiere, et ne se peut comprendre sans nous intéresser au magnum opus d’André Suarès.
Le Voyage du Condottiere, fleuve de points d’exclamation, charriant jugements catégoriques et hallucinations d’artiste ! En trois volumes, publiés en 1910 et en 1932 pour les deux derniers, André Suarès écrivit un chef d’oeuvre étrange et exigeant, qui fit de lui un écrivain pour écrivain, mais dont la forme lyrique et la morale aristocratique tint le grand public à l’écart.
En 1895 il fit le premier de ses cinq voyages : Lors de ma première visite, j’avais vingt ans et j’étais dénué de tout. J’ai dormi à la belle étoile, sous le portail de Sainte Marie des Grâces. Son fourniment devait être bien simplifié et sa bourse légère : il nous confesse qu’une fois, il ne mangea pas de trente heures. De toute la largeur du pied, il prend possession de cette terre d’Italie, allant à son pas sur des chemins que l’on n’empierre plus. Imaginons-le marchant sous un ciel bistré par l’orage ou courbé sous le feu de juillet et se rafraîchissant à l’herbe de la rive. Les gamins des rues ne durent pas être bien charitables et il lui fallut plus d’une fois je pense, jouer du bâton pour se défendre des chiens de ferme et gagner dans les villes, par des rues fangeuses, un logis douteux en craignant toujours que le pied ne lui glisse dans l’ordure.
C‘est peu dire qu’il ne voyage pas dans les meilleures conditions de confort : s’il tombe dans la ville à midi, à l’heure où les églises ferment leurs portes, il lui faut attendre dans la chaleur et la poussière de la rue, assis sur une borne de carrefour ; le soir subir les moustiques ; dîner de rien sur les places au milieu d’un peuple de statues. Il est pauvre à double titre : selon la définition qu’en donne les bureaux de pauvreté ; et selon le sens de ce mot tout évangélique que Léonard de Vinci glisse quelque part dans sa correspondance : il est pauvre celui qui désire beaucoup de choses, comme de vouloir posséder la Terre et la lumière juste, ainsi que Suarès nous le confie ingénument. Manteau de roulier, une silhouette d’un seul jet, un air de sac et de corde, il semble chercher un pays où la douleur ne l’atteindra pas, apatrié seulement à l’horizon qui fuit : Pourvu que j’aie le ciel et le soleil écrit-il à Bourdelle. Tantôt folâtre comme un jeune veau qu’on vient de mettre à l’herbe, tantôt l’âme noire et des tremblements de prophète, il est un vieil enfant en somme, une âme forte qu’une jolie contadine eût pu faire revenir en son âge ! Il est vrai, jamais le vent de la Fortune ne souffla bien fort pour lui, et l’amitié lui manqua. Pour l’amour –car dans ma simplicité je ne m’explique pas André Suarès autrement- d’autres que moi, un biographe patient, découvriront celle qu’il aima sans mesure et qui peut-être ne le sut jamais, celle qui chargea son âme vagabonde d’un amour inexprimé, celle dont il voulut baiser les gestes qu’elle faisait, celle qui inspire les mots chers et doux, celle qu’on invoque au moment d’entrer chez Dieu.
Pour finir, rien en lui n’est classique : il est romantique, avec fureur, Sturm und Drang, du côté de Gaspard de la Nuit ou de Hölderlin. Victor Hugo est pour lui « le premier des énergumènes » et s’il voit en Stendhal un modèle, il faut admettre qu’admiration ne vaut pas ressemblance. L’ascétisme ne lui est pas un renoncement, le plaisir lui est un droit de nature, et la littérature un chemin vers le bonheur. Ecce homo ! Voilà cet homme de trente ans, avec ses colères d’enfant et ses tristesses de vieillard, tournant en rugissant comme dans une cage dans l’Europe aux anciens parapets. Beau Conquérant ! un de ces hommes qui n’auront jamais d’adresse et qui commence tôt une vie d’espérances trompées, saevas paupertas.
Les façades sévères lui cachent les palais secrets et ces heureux jardins derrière les hautes murailles qui sont comme l’essence de la civilisation italienne. Il ne demande presque rien pourtant, seulement de se retrouver comme un chant sous les clairs ombrages, et de nous faire partager ses enchantements.

L’Italie heureuse
Vous savez faire la part des choses, vous avez pénétré son caractère et senti l’ombre froide de ses secrets. Vous pouvez maintenant suivre André Suarès : il est un guide enchanteur.
A Venise, d’abord : les parfums qui brûlent à Saint-Marc lui portent à la tête, étourdissent un homme engourdi par la tristesse, une âme gercée par la solitude : ici, il se sent passer du monde haï au monde désiré, délié de toutes les valeurs morales. L’argent, qu’il méprise partout ailleurs, a perdu ici son poids de pêché ; les odeurs un peu fortes ailleurs, avec l’aide des embruns, deviennent les odeurs d’une race forte et joyeuse. La religion, ridicule ailleurs, retrouve ici son parfum de mystère ; ailleurs les tombeaux des puissants ne lui inspirent que de sifflants sarcasmes : à Venise, ils deviennent une méditation sur la rectitude de vie donnée au bien commun, à Dieu et à la gloire de la Cité et si à Padoue, Gattamelata est un soudard qui a réussi, à Venise, le Colleone est la force juste .  Il lui vient des images à la Lautréamont : le campanile dès l’aube, rive la flottante Venise au matin bleu, et le soir, il est le mât de brocard rose et d’or à la barque amarrée pour Vénus, et devant le Colleone la place roule dans la gueule de la nuit.
Des images à la José Maria de Heredia aussi : quel Othello, quels prétoriens barbares étouffent donc là-haut ce malade impérial ?  et parfois la sobre, cynique et discursive manière du moralisme français : La grandeur de tuer est un peu moins rare en Italie qu’ailleurs ; mais cet art n’y compte pas que des chefs-d’œuvres.
Après avoir dessiné à Ravenne les contours ouatés d’une Bruges symboliste et d’un monde comme tombé en faiblesse, il revient à Venise, par la voie de mer : c’est une page qu’il faut lire, parmi les plus sensibles que Venise ait inspiré –et Dieu sait combien de pages, hélas, elle a inspiré- : il surprend Venise dans le silence de la nuit qui pâlit et il y débarque comme on rentre dans le lit d’une femme : c’est une étreinte muette dans une harmonie de bleu et de rose : la Piazzetta s’offre au baiser de l’aube, étalée sur le quai trempé d’ombre, comme les princesses de Babylone dans la nuit sacrée .
Et comme on sent la justesse de ce résumé de Venise : La joie de la vie antique dans l’or du songe chrétien, comme il dévoile en un mot le secret de cette distinction qu’on sent en Italie plus souvent et plus vivement qu’ailleurs, une distinction de ton, de couleur, de forme qui tient tout uniment à  l’habitude de la beauté.
Au Bargello, aux Offices c’est un guide passionné, dont il faudrait citer des pages. Accompagnons-le plutôt au petit musée d’Urbin, logé dans le palais ducal : laissons-le nous instruire devant la Flagellation de Piero de la Francesca : Non seulement ce tableau est le plus beau de Piero : il est un des quatre ou cinq chefs d’œuvres qui dominent sur toute la peinture en Italie. Ce panneau en bois, qui a beaucoup souffert du temps, est plus rare encore par la nouveauté de l’expression. Parut-il extraordinaire en 1470 ? Il l’est toujours, et neuf aujourd’hui même. La scène est établie sur une double échelle ;  il est d’abord prodigieux par l’invention ; la hardiesse de l’ordonnance, le goût incomparable de l’architecte, la beauté de la nature morte, le dallage, les plafonds ; les notes bleues qui font l’harmonie générale de l’œuvre, sur des accords aériens ou puissants de rouge assourdi. On a deux pages d’une ekphrasis, d’une description d’image la plus vivante, comme on en trouve peu dans la littérature et qu’on doit donner pour modèle, partant de la matérialité de l’œuvre, traçant le cercle de ses qualités formelles ensuite, et enfin animant l’image pour en révéler le sens.
Comme il a aimé ce pays de Toscane ! Marchons à ses côtés : c’est la fin d’un beau jour, le vent pousse des nuages noirs au- dessus de la vallée et les accrochent aux vieilles tours de villes sans âge, cuirassées dans leurs murailles, méditant un coup de lance derrière la visière baissée de leurs créneaux noircis, gardant à l’arrière un palais encapuchonné de ses poivrières comme une dame sous son hennin. Pérouse, aux ombres noires et rouges qui cache des meurtres sous son manteau ; Gubbio, tyran de pierre, Volterra l’Etrusque, et le noir sourcil de ses murailles, sa Porte de l’Arc aux trois têtes fichées comme celles des rebelles d’Etat aux rostres du Senat. Et Urbin qui lui fut comme un idéal !
Le palais dont on doit les dessins à Luciano Laurana qui le construisit, en un tour de force qui ne paraît pas, sur deux ravins et une double colline ; ce duc, Federico da Montefeltre, dont Piero a immortalisé le profil d’oiseau de proie : laid au dernier degré, nez cassé, l’œil en bouchon de carafe, bouche fine, une expression nulle, inquiétant  autant qu’il est possible ; au reste, le plus brave capitaine de son temps, dont les historiens nous ont fait connaître la parfaite dignité, la familiarité sincère avec le peuple de sa petite patrie, d’une religion ferme et sincère, épris des Anciens : Sa vie de soixante ans est pleine de victoires et d’œuvres. Pas une cour du temps n’égale la sienne ; elle a le charme et la gravité des vrais plaisirs qui sont les plus honnêtes ; elle est élégante et polie, savante et sage. Le duc réunit à Urbin les plus beaux artistes et les plus admirables livres. Quel beau palais que le sien ! La première Renaissance n’a rien de plus achevé. L’escalier, les vastes salles, les chambres privées, les corniches, les frises de marbres, l’ornement au-dehors et au-dedans, tout ce style est proche de la perfection. La finesse et la grandeur s’entendent. Les belles proportions font oublier le luxe et la mesure s’impose même au faste. Et que dire du studio du Prince qui dit tout la vénération pour l’étude, le recueillement !

Le bout du Voyage
Le Voyage du Condottiere devait comporter trois livres : le premier sur l’Italie du Nord, le troisième sur la Toscane . Au milieu devait s’insérer le second livre ; Suarès nous annonçait en effet qu’il le prépare et que pour cela il court sur Naples et la Sicile. Par son caractère singulier Temples grecs, maisons des Dieux ne pouvait cependant trouver sa place dans l’épopée du Condottiere dans l’Italie heureuse. Publié en 1937, sans qu’il ne cherchât jamais à le relier ouvertement au Voyage, il n’est plus le volume intermédiaire mais le codicille de ce testament spirituel, et il ne serait pas injuste que désormais on les publiât ensemble. Si on ressent dans les deux premiers volumes une immense culture, cette « solidité des dessous » dont Flaubert fait la condition de la littérature, Temples grecs, maisons des Dieux est au contraire un essai poétique et triste. Qu’on ne compte pas sur Suarès, érudit et amoureux de la Grèce antique pourtant, pour un cours magistral : Je ne puis décrire un temple ; que les archéologues s’en chargent ; qu’ils comptent les pierres, les mesurent et les pèsent. Pour ma part, je ne sais rien du temple.
Paestum marque la frontière spirituelle du Voyage : ici dans l’ivresse amoureuse du couchant, le soleil s’en va tout en feu au rendez-vous de la mer. L’abandon y règne mais la majesté aussi, et le silence à l’égal d’un récit lyrique. Car après avoir parcouru l’Italie à travers les siècles pendant vingt-cinq ans, il touche enfin à la Sicile tourné contre l’Afrique obtuse. C’est le bout de l’Europe et le terme d’une expérience.
En Sicile, il est comme au désert, et il subit là les tentations d’un anachorète : Je vais et viens, avec nausée, et le dégoût aiguise ma tristesse. Jamais le désordre n’a jeté sur moi un tel harpon d’épouvante. Dans ces lieux où, selon son expression, la nature a tué l’esprit, il est gagné par un découragement et par ce nihilisme qui est le fonds de son caractère. Mais que revienne la lumière du jour et sa jeunesse renaît : Toute la grâce du jour dans la fleur du matin ! L’aube est divine au temple de la Concorde. La pierre palpite. Poreuse, elle ne boit pas l’eau : ce ciel de saphir n’en possède pas une goutte ; mais elle dévore la lumière et la garde passionnément. Ce miel d’or est sa nourriture. Par un calcul exquis, l’entre-colonne de la façade se fait plus étroite du centre aux angles. De la sorte, la respiration du temple est, à tout instant de la clarté, celle d’un torse. La déesse, qui baigne encore dans les sourires su sommeil, ouvre les yeux. Et la mer, plus loin, sort des langes de l’aube…
Sur cette terre hautaine qui ne se livre pas facilement et qu’il choisit de parcourir dans la fournaise de l’été, il se perd, à l’imitation de sa raison qui s’égare : mauvaise chère, mauvais chemin ! Il rencontre un pâtre, berger de pierres, et sa femme : J’ai passé la nuit chez eux. Ils n’ont rien. A peine une miche épaisse, dur et sans sel. …ils m’ont donné de leur vin, lourd et dense, d’un sucre où l’on sent une vapeur de soufre.
La vision de ce qui reste de la civilisation de la Grande Grèce n’est ni une vision historique, ni une interprétation littéraire. C’est celle du Temps qui ramène au Chaos ce que l’homme dans un moment de folle illusion, a cru extirper du Chaos. La carrière de pierre s’assimile aux colonnes et aux chapiteaux roulés dans la millénaire poussière de l’abandon. Le voyage aux vingt-cinq siècles d’Histoire devait s’achever dans une vision de fin du monde et le pèlerinage aux sources de la beauté finir dans une prière au Néant.

Ci-gît
Il y a dans ce grand écrivain d’un accès difficile il est vrai, un peu de Cyrano de Bergerac : après tout la pièce de Rostand est de 1897, les premières notes du Condottiere datent de 1895. Cette fureur triste, cette humeur querelleuse : c’est bien lui ! Il tomba dans la Belle Epoque comme chu d’un autre siècle, cascadant d’un astre à l’atmosphère rare jusqu’à notre monde sublunaire, sa cape de vagabond humide encore d’une rosée céleste et brillante de la poudre ramassée aux étoiles ; celui dont ses amis avaient tout prédit : l’abandon, la misère, ayant attaqué les faux écrivains, les plagiaires, les faux voyageurs. Celui dont de Guiche, à la fin de la pièce nous confie -et ce serait une belle épitaphe pour sa pierre tombale qui je crois n’en a pas (2) -  Ne le plaignez pas trop, il a vécu sans pactes / Libre dans sa pensée autant que dans ses actes.

Antoine Cardinale - juin 2019.

1 L’ échec de Koenigsmark au prix Goncourt de 1918, battu sur le fil par Civilisation de Georges Duhamel par quatre voix contre six, témoigne néanmoins de la discrète et efficace influence de André Suarès.
2  Selon Robert Pariente, son biographe (André Suarès, L’insurgé, Laffont, 1999) André Suarès renonça à faire graver l’épitaphe qu’il avait pourtant écrit : Laissez-moi loin de toute route / Si seul que j’ai toujours vécu/ Que le ciel et le vent écoutent / Mon silence de grand vaincu.

 

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L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot : virtuoses miniatures  

ROMAN FRANCOPHONE - Tout a l’air minuscule dans ce texte. La taille : à peine une centaine de pages. Le sujet : quelques heures de l’existence d’une peintre parfois injustement jugée mineure. Le style : asséché. Et, paradoxalement, c’est cette petitesse qui fait la grandeur de ce livre. Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot de Mika Biermann est en lice pour le Prix de l'Instant.  

[Maj 17/06 : Le titre de Mika Biermann est lauréat du Prix de l'Instant 2021 ] 

18/06/2021, 08:54

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Une certaine raison de vivre, de Philippe Torreton : l'homme qui voulait écrire

BONNES FEUILLES – « Ne regarde pas mes larmes, elles ne veulent pas dire grand-chose, écris, mon Jean, surtout n'arrête pas, j'aime que tu écrives... Je m'offrirai certaines de tes phrases, même si elles ne sont pas pour moi. Je suis jalouse de cette guerre qui te garde pour elle, qui te fait marcher seul je ne sais où... sans moi... sans ta femme... » Dans son prochain roman, Une certaine raison de vivre, à paraître à la rentrée littéraire, Philippe Torreton offre aux lecteurs des arbres, des tranchées, de la poésie, les tourments d’un homme et l’espoir du monde.

18/06/2021, 08:11

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Les Contreforts, de Guillaume Sire : quand les Corbières se révoltent...

BONNES FEUILLES – « Un éclair découpa l’horizon, suivi de sa morsure sonore, et une goutte tomba, grosse comme un doigt et le grand délire commença. » Dans Les Contreforts, épopée baroque et tragique où l'on retrouve toute sa puissance romanesque, Guillaume Sire érige une mythologie sur la terre de son enfance.

17/06/2021, 06:29

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L'Espion français, de Cédric Bannel : S'il tombe, il tombera seul... 

BONNES FEUILLES - Au sein de la DGSE, il existe une entité ultra secrète dont les membres ont une mission : tuer ceux qui s'en prennent à la France. Edgar est l'un d'eux. Il a la trentaine et plusieurs assassinats ciblés à son actif. Il n'y trouve aucun plaisir, simplement il veut défendre la république. Sa nouvelle cible est une femme, la « Veuve blanche », réfugiée en Afghanistan.

16/06/2021, 11:27

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Un été avec Albert de Marie Pavlenko : racines, ne pas oublier 

YOUNG ADULT - Après son apparition dans le recueil Elle est le vent furieux et son dernier roman Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko revient avec Un été avec Albert aux éditions Flammarion. La quatrième de couverture, à l’image du roman, dissimule bien plus qu'elle ne révèle l’été que Soledad s’apprête à vivre aux côtés de sa grand-mère… Un récit court et addictif aux frontières du fantastique, porteur de messages forts sur les liens entre humains ainsi que notre dépendance à la Terre.

15/06/2021, 13:16

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Où est Anne Franck ?, roman graphique signé Ari Folman et Lena Guberman

BONNES FEUILLES - Co-réalisé par Ari Folman, cinéaste israélien, et Lena Guberman, dessinatrice israélienne, Où est Anne Franck ?, sera publié par les éditions Calmann-Lévy le 27 octobre 2021. Après Le journal d’Anne Frank, adapté en roman graphique avec David Polonski en 2019 chez Calmann-Lévy, Ari Folman poursuit son travail de mémoire avec une visite poétique et familiale à Anne Frank, qui résonne fortement avec l’actualité.   

15/06/2021, 09:47

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L’éditeur et correcteur libertaire Marc Tomsin est mort

Membre des mouvements libertaires de l’après-guerre, Marc Tomsin resta attaché aux valeurs anarchistes tout au long de sa vie. Correcteur à L’Humanité puis au Monde, il est également le fondateur des éditions Ludd et des éditions Rue des Cascades. Soutien indéfectible des mobilisations zapatistes, il est mort ce lundi 8 juin des suites d’une chute accidentelle. 

14/06/2021, 16:50

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Insoumission française de Sonia Mabrouk : malaise et déclin français 

ESSAIS - Ce que l’on sait d’elle : Sonia Mabrouk est née le 17 décembre 1977 à Tunis. Nationalisée française en 2010. Très jeune elle baigne dans les hautes sphères de la politique tunisienne, son grand-père n’est autre que Mongi Mabrouk, Ministre du commerce et compagnon de route de Habid Ben Ali Bourguiba, Président de la République tunisienne de 1957 à 1987, fer-de-lance du mouvement pour l’indépendance de la Tunisie. 

11/06/2021, 13:32

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Trek, de Pete Oswald : en randonnée avec Papa

BONNES FEUILLES – Le célèbre illustrateur new-yorkais Pete Oswald signe un nouvel album, Trek. L’histoire vous plongera dans un univers tendre, dans lequel la découverte de la nature rejoint l’exploration de la relation entre un père et son fils.

11/06/2021, 13:21

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Astérix et Obélix cèdent la vedette à Idéfix, cabot de Lutèce

Idéfix, qui accompagnait, depuis 1959, le célèbre duo créé par René Goscinny et Albert Uderzo, devient la star de sa propre bande dessinée. En collaboration avec les illustrateurs Jean Bastide et Philippe Fenech, les éditions Albert René présentent la première bande dessinée ayant pour héros le renommé Idéfix. Idéfix et les irréductibles sortira en librairie le mercredi 16 juin 2021. 

11/06/2021, 09:03

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Malacarne, Urbi et Orbi : l'Italie, en plein coeur 

ROMAN ETRANGER - Avec cet ouvrage, on entre dans une superbe découverte éditoriale dont l'originalité m'a séduit : deux romans tête-bêche, rassemblés dans un seul livre et imprimés l'un à partir de la première de couverture et l'autre à partir de la quatrième, comme pour lancer deux flèches dans une même direction vers une sorte de point focal : les éléments marquants de la société italienne.

10/06/2021, 11:29

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Disparition de l’écrivain Michel Host, emporté par la Covid

Michel Host, lauréat du Prix Goncourt 1986 pour son roman Valet de nuit (Grasset), est décédé dimanche 6 juin 2021 à Paris. Parti à l’âge de 79 ans, ses proches indiquent qu’il est décédé des suites du coronavirus. Né Yves Chavatte en 1942, ce fils de parents français aura grandi en Belgique.

09/06/2021, 12:43

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Disparition du poète Matthieu Messagier

Matthieu Messagier, poète français, est décédé le mardi 1er juin 2021 à l’hôpital de Trévenans (Bourgogne-Franche-Comtée). Agé de 72 ans, il avait dédié sa vie à l’écriture. Fils du peintre Jean Messagier, représentant de la tendance abstraite de l'École de Paris, et de l'artiste céramiste Marcelle Baumann-Messagier, il écrivait depuis son plus jeune âge et ne cessa jamais de le faire.

08/06/2021, 13:39

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Un jour ce sera vide : On est très sérieux quand on a 10 ans

ROMAN FRANCOPHONE - Un jour ce sera vide d'Hugo Lindenberg faisait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021, qui vient d'annoncer sa sélection finale. Un premier roman étonnant de grâce et de maîtrise.

[Màj 7 juin 2021 : le titre remporte le Prix du Livre Inter 2021] 

07/06/2021, 12:00

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Philippe d'Orléans, Le Régent absolu 

BIOGRAPHIE HISTORIQUE - En 25 chapitres qui suivent pas à pas l’itinéraire du fils de Monsieur, le frère de Louis XIV, et de Madame – la princesse Palatine -, devenu « le Régent » pendant la minorité de Louis XV entre 1715 et 1723, Alexandre Dupilet dresse un portrait renouvelé, tout en nuances, de ce libertin à la réputation sulfureuse, celui que même Montesquieu ne parvenait pas à cerner, le qualifiant d’« indéfinissable ».  

L’ouvrage vient d’être couronné lauréat du Prix Château de Versailles du livre d’histoire. Joël Cornette, membre du Jury, nous présente ce texte.

 

07/06/2021, 10:58

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De la haine à l’amour, il n’y a qu’un clap : Agent of my Heart!

Autrefois brimée à l’école, Chitose Saejima est aujourd'hui une manager forte et autoritaire. Et de l’autorité, il va lui en falloir pour gérer Sena Fujishiro, la superstar de l'agence artistique où elle travaille. Si les talents d’acteur de ce dernier sont indiscutables, sa tendance à draguer et à mentir compulsivement va donner du fil à retordre à Chitose… D’autant qu’il semblerait que leurs routes se soient déjà croisées !

05/06/2021, 11:22

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Colin Niel, Entre fauves : qui est la proie ? qui est le prédateur ?

ROMAN NOIR FRANCOPHONE - Entre fauves de Colin Niel, paru au Rouergue cet automne, fait partie de la sélection de 36 titres sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021, dont ActuaLitté est partenaire. Un double récit sous tension, l'homme ramené à ses instincts et sensations les plus primaires.

[Maj 05/06 : Colin Niel est lauréat du Prix Libraires en Seine 2021] 

05/06/2021, 10:02

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Frère d’âme : le chant tragique du conte guerrier

ROMAN FRANCOPHONE - C’est la voix du tirailleur sénégalais Alfa Ndiaye qui se fait entendre, à la manière d’un griot, dès l’ouverture de Frère d'âme publié lors de cette rentrée littéraire 2018 par David Diop. Une voix de conteur africain, aux formules répétitives, presque incantatrices, souvent poétiques. Un récit qui s’enracine dans l’expérience traumatisante de l’agonie et de la mort au front, près des tranchées de Mademba Diop, ce tout jeune homme qui était plus qu’un frère pour Alfa Ndiaye. [MAJ 03/06/2021 : Frère d'âme, par ailleurs multi récompensé depuis sa parution, est lauréat de l'International Booker Prize 2021.]

03/06/2021, 11:30

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Héritage de Miguel Bonnefoy, une fresque familiale entre histoire et voyage

ROMAN FRANCOPHONE - La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier, arrivés des coteaux du Jura. Bien des années plus tard, un drame sanglant frappera les Lonsonier. Emportés dans l’oeil du cyclone, ils voleront ensemble vers leur destin avec, pour seul héritage, la légende mystérieuse d’un oncle disparu. Héritage de Miguel Bonnefoy fait partie des 5 titres sélectionnés pour le Prix des Libraires 2021.

[Maj 2 juin 2021 : Le titre de Miguel Bonnefoy est lauréat du Prix des libraires 2021 ]

02/06/2021, 22:36

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Vénus Khoury Ghata, Ce qui reste des hommes : Rester libre, obstinément 

ROMAN FRANCOPHONE - Dans l'agence funéraire, Diane vient de choisir le marbre rouge destiné à la concession qui sera son ultime domicile. Totalement à l'encontre de l'avis de l'employé qui lui a présenté son catalogue, lui expliquant que des noirs ou des gris seraient tout de même mieux adaptés ! Et puis, quelle idée d'avoir demandé une concession pour deux alors que de mariages en divorces, d'aventures en passades, elle nage aujourd'hui en plein désert de solitude seulement entrecoupée de ses échanges avec son amie Hélène !

02/06/2021, 22:35

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Comme sur un nuage : amitié et homosexualité au lycée

MANGA - Dai vient d’arriver dans un nouveau lycée. Enjoué et bon vivant, il n’a aucun mal à se faire des amis. Mais il remarque vite qu’un garçon de sa classe est tenu à l’écart. Les rumeurs disent qu’il est gay… Dai compte bien devenir ami avec lui et rompre l’injustice !

02/06/2021, 22:35

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Alyson Ford, graine d’héroïne

BANDES DESSINEES - Après Cerise et ses carnets à succès ou Enola (aux éditions de la Gouttière), Joris Chamblain donne naissance ici à une nouvelle jeune héroïne aventureuse. À 11 ans, jeune et brillante élève au prestigieux Canterbury College, Alyson Ford parle plusieurs langues, excelle en sports mais aime surtout grimper aux arbres. Elle est la dernière descendante d’une grande famille d’explorateurs et de chasseurs de trésors, dont les parents sont justement partis en Amazonie à la recherche de son grand-père disparu.

02/06/2021, 22:34

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Ce matin la mer est calme - Journal d’un marin sauveteur en Méditerranée : agir et raconter

RÉCIT - Antonin Richard ne se destinait pas à devenir marin-sauveteur. En 2016, une formation de journalisme en poche, il quitte Lille et lâche sa caméra pour rejoindre l’ île de Lesbos. Là, il retrouve les activistes de Greenpeace pour participer aux opérations de sauvetage en mer Méditerranée. Militant depuis ses 17 ans, il n’hésite pas lorsque l’ONG lui propose de participer à une mission humanitaire en Grèce.

02/06/2021, 22:25

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Primo-romancier, Tarantino apporte Hollywood en France

Le réalisateur avait promis qu’il se mettrait désormais à écrire des livres, mais des livres sur le cinéma. Et pour commencer, c’est à l’un de ses propres films qu’il s’attaquerait en réalisant l’adaptation, pour une version romanesque, de sa dernière production, Once Upon A Time... In Hollywood. Et cette dernière comptera donc parmi les premiers romans de la rentrée littéraire de septembre, joli coup pour son éditeur français.

02/06/2021, 09:33

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Benoît Sokal : mort d'un passionné, de la BD aux jeux vidéo

C’est avec une profonde tristesse que l’équipe de Microids annonce le décès de Benoît Sokal, survenu le 28 mai 2021 des suites d’une longue maladie. Connu avant tout pour être un talentueux scénariste et dessinateur de bande dessinée, Benoît a aussi marqué l’industrie du jeu vidéo à travers le monde avec ses différentes productions pendant plus de vingt-cinq ans.

29/05/2021, 10:14

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Corot, la mémoire du paysage : peintre serein à la recherche de la lumière

BEAUX ARTS - Jean-Baptiste Camille Corot, né le 16 juillet 1796 et mort le 22 février 1875 à 78 ans fait la jonction entre deux courants artistiques et deux époques. Il naît sous le Directoire et meurt sous la Troisième République. Il a connu le Premier Empire, les soubresauts d’une royauté mortifère, la Révolution de 1848, le Second Empire, la Commune en 1871 et les débuts de la révolution industrielle. Véritable témoin d’une société en pleine mutation c’est pourtant loin des villes qu’il se sent le mieux, là où tout est calme, en pleine nature. 

25/05/2021, 09:57

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Les 24 saisons de Nanako de Pascale Moteki : journal intime des temps d'enfance

ALBUM JEUNESSE - Nanako Kotabe aura bientôt dix ans. Elle vit à Itoshima au Japon, une petite ville sur l’île de Kyushu avec ses parents, sa petite soeur Mayura et sa grand-mère Mamimoon. C’est cette dernière qui lui a offert le calendrier traditionnel Nijushi Sekki que Nanako a converti en journal intime. 

25/05/2021, 09:16

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Femmes au fil du temps : vies privées des femmes ordinaires

DOCUMENTAIRE JEUNESSE - “Les hommes n’ont jamais eu besoin d’être extraordinaires pour apparaître dans les livres d’Histoire”. Répétez cette phrase à voix haute, vous en saisirez encore mieux la portée. Alors que certains droits et libertés sont remis en cause à l’heure actuelle dans le monde, Femmes au fil du temps propose une Histoire au féminin, et parle des femmes ordinaires dans leur vie quotidienne.

 

25/05/2021, 09:14

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L’hôtel de verre d'Emily St John Mandel : vies brisées

POLAR ETRANGER - Fascinée par l’affaire Bernard Madoff, Emily St John Mandel imagine les vies des anonymes entraînés dans la chute de l’escroc américain. Avec délicatesse, elle évoque ces destinées qui, toutes, s’imbriquent étroitement en un gigantesque puzzle.

25/05/2021, 09:13

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Freshkills, Recycler la Terre de Lucie Taïeb : effacer les traces

ESSAI - Lorsque les premiers colons arrivèrent sur les rives du Nouveau Monde, Staten Island, qui ne s'appelait pas encore ainsi évidemment, était un lieu sauvage et marécageux parcouru par de nombreux petits cours d'eau que les Hollandais dénommèrent Kills en le déclinant à l'envie : Fresh Kills fut l'un d'eux mais aussi Great, Arthur, etc....

 

25/05/2021, 09:07

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Décès du poète SAÏD, exilé iranien sur le sol allemand

Exilé en Allemagne, le poète originaire d’Iran SAÏD, est décédé ce 15 mai dernier, nous informe la traductrice Nathalie Huet. L’auteur avait connu, écrivant en allemand, une grande reconnaissance, il reste encore à découvrir pour le public français. Seuls quelques-uns de ses textes furent proposés en traduction par des maisons audacieuses.

25/05/2021, 08:58

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Benjamin Adam, UOS : l'éternité, c'est long, surtout vers la fin

Il y a des livres dans lesquels on se perd, littéralement, avec jubilation. Des livres qui nous dépassent, qui disent, en images, avec force, ce que nous pressentons sans que notre intuition n'ait jusqu'alors trouvé la voie précise pour former en notre pensée des mots, des phrases, des arguments. A n'en pas douter, UOS est de ceux-là. Un grand album pour les grands enfants, un miroir déformant dans lequel le lecteur est confronté à un futur lointain, mais inéluctable, dans lequel un dernier homme erre dans les ruines d'une civilisation éteinte et irradiée.

 

21/05/2021, 11:38

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Pour quelques millions !, entre Paris et La Havane, plonger en enfer 

POLAR FRANCOPHONE - Conrad est le fils de la fondatrice d’une ONG dont l’assassinat à Paris, maquillé en suicide, n’a jamais été élucidé. Il galère depuis, frôlant sans cesse l’illégalité. À quelques encablures de La Havane, Dahlia, abusée par son père, se bat bec et ongles pour éviter à son frère de subir le même sort. Ce sont les deux héros du polar de Carl Pineau, Pour quelques millions! 

 

20/05/2021, 15:00

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Kentaro Miura, créateur de Berserk, est décédé

Voilà quelques jours, la possibilité d’une adaptation sur Netflix de Berserk était définitivement exclue. Ou quasi. Et voici que l’on apprend le décès, survenu le 6 mai, du créateur de cette saga, Kentaro Miura. À 54 ans, le mangaka est mort des suites d’une dissection aortique aiguë, explique un communiqué de son éditeur Hakusensha.

20/05/2021, 09:11

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Ne crains pas l’ombre ni les chiens errants, le long de la route vers soi-même 

ROMAN FRANCOPHONE - « C’est la bonne nuit pour fuir. La lune éclaire la route. Je chante pour me donner le courage de rejoindre le village, au loin là-bas, de l’autre côté de la route. » Sa petite Clara serrée dans ses bras, Cassandre a tout laissé derrière elle. Elle quitte Magelang, au centre de l’île de Java. Un premier vol doit l’emmener à Jakarta, un second vers Amsterdam. Ensuite, elle retrouvera la France. Qu’est-ce qui a jeté sur les routes cette maman de trente ans, héroïne de Ne crains pas l’ombre ni les chiens errants (L’Iconoclaste) de Camille Zabka ?

19/05/2021, 14:40

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Teenage Riot : révoltés, vivants, grandis

ROMAN JEUNESSE - On n’entre pas comme ça dans Teenage riot, deuxième livre écrit à quatre mains par Éric Pessan et Olivier de Solminihac. Il faut attendre quelques pages que l’Ours trouve le rythme de sa bande-son pour que l’on soit happé par sa vie et celle d’une poignée d’autres adolescents.

19/05/2021, 14:27