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Main à plume : la résistance surréaliste sous l'Occupation

Épisode aussi bref qu’intense, aujourd’hui oublié, l’aventure de la « Main à plume » constitue pourtant un des éléments majeurs de l’histoire du surréalisme. En 1940, suite au départ d’André Breton, plusieurs jeunes créateurs se regroupent pour résister à l’occupant, tout en poursuivant une intense activité créatrice, avec la publication de plaquettes, aujourd’hui introuvables. Huit de vingt-trois membres périront : déportés, fusillés, ou tombés au front. Docteure ès Lettres, mais aussi traductrice et autrice, Léa Nicolas-Teboul a retracé le parcours du groupe. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

Le 06/12/2023 à 15:37 par Auteur invité

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06/12/2023 à 15:37

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Étienne Ruhaud : Pouvez-vous, brièvement, nous dire ce qu’était « La Main à plume » ?

Léa Nicolas-Teboul : « La Main à plume » était un groupe surréaliste actif pendant l’Occupation, à Paris. C’était pour l’essentiel de jeunes poètes ou peintres, et des militants. Ils ont publié de nombreuses plaquettes collectives et individuelles, en contournant la censure allemande, et ont participé, pour beaucoup, à la résistance à l’Occupation.

On sait que le groupe a choisi ce nom en référence au poème « Mauvais sang », tiré d’Une saison en enfer. Pourquoi ce clin d’œil à Rimbaud ?

Léa Nicolas-Teboul : Je crois que la citation de Rimbaud était d’abord pour le groupe une manière discrète, quasiment chiffrée, de se rattacher au surréalisme. Puisque le groupe considère fin 1940 / début 1941 qu’il est dangereux de prononcer ce mot-là sur la place publique, on va dire les choses poétiquement. Sur le fond, la radicalité du message de Rimbaud renvoie à une critique de l’activité littéraire comme activité de spécialistes, celle des gens de lettres. « La main à plume vaut la main à charrue. Quel siècle à mains. Jamais je n’aurai ma main. »

Ce qui évoque aussi la place des scribes, disons, dans une société de classes. C’est quand même le point de départ de la Révolution surréaliste. En adoptant ce nom, le groupe affirme donc : « Nous sommes surréalistes mais aussi, nous sommes là, avec l’Occupation et la guerre qui paraît tout remettre à plat, pour accomplir ce que la Révolution surréaliste a laissé derrière elle. »

Plusieurs membres de la Main à plume, tel Jacques Bureau, viennent de la revue Réverbères. Quelle était exactement cette revue ? La Main à plume se situe-t-elle clairement dans le sillage de Réverbères, ou marque-t-elle une rupture ?

Léa Nicolas-Teboul : Les Réverbères étaient une revue très intéressante, qui réunissait des peintres, des poètes, des musiciens, et organisait beaucoup de soirées, de théâtre, de jazz avant-guerre. On pourrait la qualifier de néo-dadaïste. Bureau était un passionné de jazz, sur lequel il a beaucoup écrit, en plus d’être un homme de radio résistant. Plusieurs personnalités de la Main à plume (Jean-François Chabrun, Noël Arnaud, Marc Patin, Régine Raufast, etc.) venaient effectivement de cette revue. La plupart étaient tout jeunes, lycéens.

Mais, dès 1938, Chabrun rejoint le groupe de Breton. Il publie dans Les Réverbères un manifeste, « Entarte Kunst », qui pose la base du ralliement au surréalisme d’une jeune génération intellectuelle antifasciste. Pour Chabrun et ses camarades, rejoindre le surréalisme, c’est rejoindre un espace de création collective mais aussi adhérer à des positions politiques. Après la fondation de la Main à plume et le lancement de la première plaquette collective (au printemps 1941), un second convoi d’ex-Réverbères entre dans le groupe : Noël Arnaud, Jacques Bureau, essentiellement. Ils adhèrent finalement en juillet 1941 à ce que proposait Chabrun trois ans plus tôt.

Pour eux, l’Occupation allemande change tout et rend impossible de poursuivre leur activité artistique telle quelle. En ce sens, je réponds fermement, la Main à plume est un groupe surréaliste. Un groupe surréaliste singulier du fait de la guerre et de sa composition mais groupe surréaliste assurément. Cela saute aux yeux si on ouvre les plaquettes collectives. L’écriture, les références littéraires, le rapport entre les essais et les poèmes, le travail d’édition et de composition de la revue. Tout renvoie au surréalisme !

Fiché par le gouvernement de Vichy, Breton a quitté la France en mars 1941. On sait également que les rapports entre le pape du surréalisme et la Main à plume ne furent pas toujours harmonieux. Là encore, pouvez-vous nous en dire davantage ?

Léa Nicolas-Teboul : Breton quitte la France alors que la Main à plume entre en gestation. On peut même dire que la formation du groupe représente une réponse au départ de Breton. Dans « État de présence », son premier manifeste, la Main à plume se définit comme ceux qui restent contre ceux qui partent. Au départ, malgré l’exil, c’est plutôt la fidélité et la continuité à Breton qui sont affirmées.

Robert Rius, personnage-clé de la Main à plume, a été un des plus proches amis de Breton dans l’immédiat avant-guerre. Mais pendant toute la guerre, les communications sont complètement coupées avec les États-Unis. En juillet 1943, le groupe écrit une grande lettre à Breton, qui ne va jamais lui parvenir.

C’est un récapitulatif de son activité éditoriale et poétique, de ce que fut son parcours politique. Breton reste une référence centrale, mais une sorte de père absent. Et il ne saura pratiquement rien de la Main à plume avant la fin de la guerre. Inversement, celle-ci ignore tout de ce qui s’écrit et se publie aux États-Unis et au Mexique. Il y a donc une rupture existentielle et générationnelle entre Breton et la Main à plume, qui vient de la guerre et de ce qu’ont traversé les uns et les autres.

Éluard, lui, a refusé l’exil, mais il était au parti communiste. Là encore, quels furent ses rapports avec la Main à plume ?

Léa Nicolas-Teboul : Éluard est entré à la Main à plume à l’automne 1941. Il a donné plusieurs textes importants pour les plaquettes collectives. Il publie dans La Conquête du monde par l’image « Poésie involontaire et poésie intentionnelle », un texte assez représentatif de l’idée que la Main à plume se fait de la poésie. La poésie apparaît comme une activité collective, une faculté partagée qui traverse aussi le langage quotidien.

Et puis sa présence a été un appui important pour le groupe. C’est aussi la Main à plume qui édite Poésie et vérité 42, à l’automne 1942, un des grands textes de la résistance poétique. Politiquement, Éluard a rompu avec Breton dès 1938 en participant à Commune, revue de l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (AEAR), proche du PCF, ce qui demeure incompatible avec les positions anti-staliniennes des surréalistes.

Ainsi, une partie de la Main à plume était dès le départ hostile à la présence d’Éluard. À l’été 1943, pour des raisons structurelles, les conflits politiques se durcissent. Le champ de la résistance intellectuelle se structure autour du PCF, Éluard demande sa réinscription au Parti. Et la Main à plume attaque ses positions dans une série de tracts assez incendiaires.

Vous parlez, à plusieurs reprises, de « trotsko-surréalisme ». Or nous savons que ce courant politique fut rejeté par le parti communiste, qui « gérait », essentiellement, les Francs-Tireurs partisans. De fait, les membres de la Main à Plume étaient généralement d’obédience trotskiste. S’agit-il donc d’abord d’un mouvement trotskiste, ou d’un groupe surréaliste au sens strict ? Ou des deux ?

Léa Nicolas-Teboul : La Main à plume est assurément un groupe surréaliste mais la proportion de militants au sens fort du terme était beaucoup plus importante que dans le groupe d’avant-guerre. Ce qui change les équilibres. Certains étaient membres d’organisations trotskistes (POI) et la plupart se reconnaissaient dans des positions oppositionnelles, à la gauche du PCF.

Par exemple, Manuel Viola (qui signe alors ses textes J.-V. Manuel) venait du POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste, actif pendant la guerre d’Espagne), C’était un ami de Péret. D’autre part, pour les jeunes gens qui entrent dans le groupe dans le courant de la guerre, tout est lié. On vient au groupe surréaliste parce qu’on veut résister. Avec ce terme, « trotsko-surréalisme », je veux montrer que le projet surréaliste tel qu’il est pensé et expérimenté pendant la guerre fait corps avec une certaine idée de la Révolution sociale.

Par exemple, au début de la guerre, Henri Goetz et Christine Boumeester, accompagnés de Christian Dotremont et Régine Raufast, ont lancé de petites actions de contre-propagande. Ils distribuaient des tracts, dans les boîtes à lettres, sur les bancs des églises, recouvraient certaines affiches allemandes avec d’autres messages. Dans ce mode opératoire, il y a beaucoup de choses qui viennent du surréalisme, et qui étaient aussi des messages poétiques. Tout comme Claude Cahun et Marcel Moore l’ont fait à Guernesey, en se présentant comme « le soldat sans nom ». 

De même, les écrits publiés par la Main à plume semblent aujourd’hui quelque peu oubliés. Peut-on dire que la Main à plume soit d’abord resté un mouvement de résistance, plus qu’un mouvement artistique, esthétique ?

Léa Nicolas-Teboul : Je ne crois pas qu’on puisse réduire la Main à plume à un mouvement de résistance, même s’il serait temps de reconnaître sa place dans la résistance intellectuelle sous l’Occupation. Travailler sur ce groupe méconnu c’est forcément réhabiliter ses écrits, ses recherches. Il faut lire les textes.

Certaines choses sont inégales ou datées, mais il y aussi des poètes importants : Blanchard, Dotremont, Rius, par exemple ; des essais qui n’ont pas pris une ride. Contrairement aux autres revues surréalistes, la Main à plume n’a pas eu de reprint. C’est Jean-Michel Place qui devait s’en charger. À l’époque, Dotremont a tenu à ce que Cobra paraisse avant la Main à plume, mais Jean-Michel Place a ensuite fait faillite et la Main à plume n’a jamais eu son reprint !

Cet engagement, plusieurs membres l’ont payé de leur vie. Jean-François Chabrun rappelle ainsi que huit des vingt-trois membres sont morts. On sait que certains ont été fusillés par les Allemands à la plaine de Chanfroy. D’autres, parce que juifs, ont été déportés. S’agit-il d’un mouvement engagé, au sens sartrien du terme ? Ou l’expression reste anachronique ?

Léa Nicolas-Teboul : On peut parler de mouvement engagé, oui. À condition de garder en tête que cet engagement ne se réduit pas à la notion sartrienne. Je crois que la Main à plume, c’est cela même qui est en jeu dans son nom, réfutait la division du travail inhérente à l’engagement sartrien. D’un côté l’organisation, les militants, de l’autre des intellectuels ou artistes sympathisants.

La Main à plume est un groupe marqué, qui a vraiment payé le prix fort. La fin tragique du maquis d’Achères-la-Forêt, et la mort de Rius, Simonpoli et Ménégoz est centrale. Mais cette histoire doit aussi être comprise avec les outils de l’histoire sociale. La Main à plume était particulièrement exposée parce qu’elle était composée de beaucoup de juifs, d’étrangers, de gens jeunes. Pour restituer l’histoire de ce groupe, il faut aussi sortir des catégories molaires, reconstituer finement les itinéraires des uns et des autres et d’autres trames du social.

Plusieurs membres étaient juifs, comme Tita ou Hans Schoenhoff, donc. D’autres étaient belges, comme Christian Dotremont. La Main à plume a-t-elle constitué, également, une forme de jonction entre surréalisme français et surréalisme belge ?

Léa Nicolas-Teboul : Absolument, ce lien entre surréalisme belge et surréalisme français est fondamental. Des surréalistes belges ont collaboré à toutes les plaquettes de la Main à plume. D’abord, il y a la présence de Christian Dotremont. Poète, critique et « activiste » surréaliste, déjà, même s’il est tout jeune lorsqu’il arrive à Paris, en avril 1941. Il collabore immédiatement avec le groupe. Il retourne ensuite en Belgique, mais le lien avec la Main à plume reste très étroit.

Du fait de la géographie de l’Europe occupée, la circulation entre la France et la Belgique était plutôt facile. Sur le fond, Dotremont fait dialoguer deux traditions différentes, même si elles se réclamaient du même projet : un surréalisme, disons, du modèle intérieur (le rêve, l’automatisme, etc.) et un surréalisme du signifiant (travail sur la matière verbale, le langage quotidien).

Le surréalisme belge a gardé jalousement son autonomie mais la guerre est un moment de réception nouveau du surréalisme belge chez les Français. Mariën, qui est également en contact étroit avec la Main à plume, publie aussi plusieurs livres de Nougé pendant la guerre. Le surréalisme belge a donné des armes à la Main à plume pour se distancer de la conception de l’automatisme chez Breton.

Il y a aussi cette attention pour la matérialité de la langue qu’on retrouve dans beaucoup de jeux collectifs et d’œuvres en collaboration, comme « L’Amour sur brise-lames », une pièce de théâtre de Dotremont et Raufast ou le « Dictionnaire analytique de la langue française » de Noël Arnaud et André Stil.

La Main à plume est certes un mouvement résistant, politique, mais aussi et peut-être d’abord un mouvement surréaliste, donc esthétique. Quelles innovations a pu apporter ce mouvement ? Doit-on parler de rupture, de continuité, ou des deux ?

Léa Nicolas-Teboul : Il est difficile de penser la Main à plume comme une avant-garde, qui revendique la rupture, affirme la nouveauté. Mais je crois que si on comprend cette expérience de façon immanente à ses propres cadres, comme une tradition inventée ou révolutionnaire, on peut saisir l’innovation et la puissance de dissidence. Dans le domaine de la peinture surréaliste, l’essentiel de la confrontation avec le surréalisme d’avant-guerre se situe autour de ce que Breton appelait le « modèle intérieur ».

Les artistes surréalistes restent-ils des calqueurs de rêve ? Comme Dali ? J’insiste beaucoup sur la notion de « double imagination », proposée par Régine Raufast pour parler des photographies de Raoul Ubac. C’est un article publié dans La Conquête du monde par l’image. Ce qu’elle nomme, c’est le rapport entre le geste créateur (l’imagination de l’artiste) et la matière elle-même sur / avec laquelle elle s’exerce (l’imagination de la matière). La forme produite par l’artiste est le résultat d’une opération ouverte, où la matière a une certaine autonomie.

Chez Ubac, par le biais d’opérations chimiques sur la pellicule : brûlages, solarisations, etc. On peut aussi rapprocher cette idée de l’automatisme gestuel pratiqué par Dominguez, qui a donné ses merveilleuses toiles de la période cosmique. D’autre part, la Main à plume occupe une position médiane entre surréalisme et abstraction. De nombreux peintres abstraits ou venus de l’abstraction ont collaboré à la Main à plume : Goetz, Boumeester, Vulliamy. Manuel Viola a rendu hommage à Paul Klee.

Dans les discussions internes, les correspondances, surtout vers la fin de la guerre, on voit qu’il est question du rapport entre les procédés surréalistes et l’abstraction. Je crois que la Main à plume est un des lieux où se prépare ce tournant, de la peinture surréaliste dominée par la figuration, à l’abstraction spontanée, par exemple chez Jorn.

Ce qui est frappant aussi, c’est que les difficultés à exposer et pour certains à peindre pendant l’Occupation ont produit un retour réflexif vers la théorie et on a des textes importants des peintres sur leur propre pratique. Par exemple, Hérold a rédigé son Maltraité de peinture pendant la guerre, dont il a publié un extrait intitulé « Points-feux » dans le Surréalisme encore et toujours, la cinquième plaquette collective de la Main à plume.

Vous parlez ainsi du « surréalisme de l’objet », concept qui semble nouveau, et propre à la Main à Plume. Là encore, pouvez-vous nous en dire davantage ? Vous évoquez également le « surréalisme du quotidien »…

Léa Nicolas-Teboul : Le concept d’objet n’est pas nouveau, c’est une notion fondamentale du surréalisme des années 30, développée notamment par Breton dans « Crise de l’Objet ». Ce que propose la Main à plume, c’est de reprendre ce paradigme, et de lui faire dire ce qu’il n’a pas encore dit. La Main à plume a lancé une grande recherche collective entre l’automne 1943 et l’été 1944. L’Objet, la dernière plaquette collective était achevée mais elle est malheureusement restée inédite.

Le groupe délaisse, pour des raisons matérielles et idéologiques, la fabrication d’objets surréalistes, pour se concentrer sur des enjeux épistémologiques et philosophiques. Quelle est la signification de l’objet (surréaliste) ? Que nous permettent de connaître les objets ? Et quel est le potentiel émancipateur des objets (surréalistes) dans notre vie quotidienne ? Ce que j’ai appelé « surréalisme du quotidien » réunit ces enjeux.

Le quotidien est un paradigme central des avant-gardes après 1945, il apparaît dès avant-guerre dans le surréalisme mais je pense que la Main à plume est un jalon important. Il émerge directement de l’expérience de la guerre et d’une réhabilitation du banal, de l’expérimental au sein de l’expérience surréaliste. C’est aussi une notion synchrone avec la parution de la critique de la vie quotidienne d’Henri Lefèvre, passeur marxiste central.

Divers membres de groupe, comme Jean-François Chabrun, André Stil, ou Charles Bocquet, ont rejoint le PCF après-guerre. Quels furent les rapports du PCF à la Main à plume ?

Léa Nicolas-Teboul : La Main à plume a été fondée sur des positions trotskistes, à la gauche du PCF. Jean-François Chabrun, une des personnalités centrales du groupe, a demandé son inscription au PC en janvier 1944, mais il ne l’a pas obtenue qu’en 1946, en raison de son passé trotskiste. Ce ralliement a soulevé une violente crise politique à l’intérieur de la Main à plume, qui explique en partie son éclatement l’été de la Libération.

D’un côté, je défends qu’on peut parler de résistance trotskiste, comme l’a fait Nadeau tardivement, mais il faut voir aussi que les organisations trotskistes étaient vraiment marginales et que rejoindre les FTP, comme l’ont fait Rius et Simonpoli, c’était rejoindre des organisations dominées par les communistes.

On sait aujourd’hui qu’il n’y a pas de rupture dans le fonctionnement du Parti dans la résistance et avant / après-guerre, mais le PCF est soudain apparu à toute une génération intellectuelle comme « le Parti des fusillés », en partie blanchi, même pour ceux qui avaient connu les procès de Moscou et la guerre d’Espagne. Cela explique le ralliement au PC de Chabrun, Arnaud, Jaguer, Dotremont, teinté aussi sans doute d’un certain opportunisme. Pour certains, le passage a été somme toute de courte durée. Quant à André Stil, il est resté un compagnon de route fidèle, et a ensuite toujours caché ses débuts surréalistes.

La Main à plume semble morte après la Libération. En est-il resté quelque chose dans le surréalisme d’après-guerre ? Vous parlez vous-même de « chaînon manquant ».

Léa Nicolas-Teboul : Les seuls membres de la Main à plume qui ont rejoint le groupe de Breton après-guerre, ce sont Jacques Hérold et Adolphe Acker. Hérold a participé à l’exposition internationale du surréalisme de 1947. L’héritage de la Main à plume se situe ailleurs : dans des surréalismes dissidents, éclatés.

À LIRE — Nadja, victime ou protégée d'André Breton ?

Immédiatement, la revue d'Yves Bonnefoy, La Révolution la nuit, témoigne d’une grande proximité avec les questions agitées dans « L’Objet », la dernière plaquette inédite de la Main à plume. D’autre part, l’aventure brève et assez malheureuse du surréalisme révolutionnaire, où sont moteurs plusieurs ex-Main à plume, Noël Arnaud, Christian Dotremont, Édouard Jaguer.

Mais la Main à plume est bien un « chaînon manquant », puisque personne ne s’en réclame à la Libération. Ni le groupe de Breton, ni les dissidents surréalistes. On peut dire, même, que ses héritiers deviennent ses liquidateurs. Ce n’est que bien plus tard que Noël Arnaud se mettra à défendre et valoriser la Main à plume.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Crédits image : Bundesarchiv, Bild 101I-247-0775-38 / Langhaus / CC-BY-SA 3.0

Par Auteur invité
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3 Commentaires

 

Olivier Bot

07/12/2023 à 09:55

La Main à plume se situe-t-elle clairement dans le sillage de Réverbères? Question orientée. Il suffit de lire les signataires d'état de présence pour constater qu'aucun membre des Réverbères n'est dans la liste. Cette légende construite par Arnaud et ses amis staliniens est une manière de tirer la couverture à eux a posteriori -Lire le livre de Noël Arnaud -alors que le groupe constitué de gens plus âgés que les lycéens des Réverbères, des trotskistes et des communistes libertaires, né en 1938, regroupe des membres qui participent aux réunions surréalistes avant la création de La Main à plume. Enfin, si Rius et Simonpoli ont rejoint les FTP c'est pour se battre, pas par conviction idéologique.

GONG

07/12/2023 à 13:05

Merci pour cette utile mise au point

Eric Dubois

14/04/2025 à 19:43

La journaliste, aventurière et poète Nadine Lefebure en faisait partie : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb16225212h

La main à plume (1940-1944)

Léa Nicolas-Teboul

Paru le 27/09/2023

449 pages

Hermann

30,00 €

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C’est un petit séisme auquel a assisté l’édition voilà une semaine : après la publication d’une quinzaine d’ouvrages et près d’un million de livres vendus, Patricia Darré décidait de collaborer avec Mickaël Palvin fondateur de l’agence littéraire Héraklès. Pourquoi ce choix, quand la notoriété et la réussite sont avérées ? Et que dit cette relation nouvelle de l’époque ?

13/02/2026, 17:01

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Les Passantes : des vies effacées qui éclairent l’Histoire

Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

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Bernard Werber : “L'imagination est un artisanat qui réclame une certaine rigueur”

Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

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Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

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“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

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Radiographie du Brésil : “On vit encore aujourd’hui les résultats de chaque mauvais choix”

Plonger dans Eldorado, c’est embarquer à l’arrière d’un camion brinquebalant, quelque part entre une saga familiale, une radiographie politique et un western tropical sans héros. Marcello Quintanilha raconte le Brésil comme on raconte une cicatrice : sans pathos, avec précision, en laissant affleurer la colère, la tendresse et les regrets. Un roman graphique comme une confession à ciel ouvert, où l’histoire intime devient un procès-verbal du siècle.

23/01/2026, 16:00

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Lire les images : le pari du livre de photographie en bibliothèque

Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.

22/01/2026, 10:14

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Toujours vient la nuit : l'art poétique de Robert E. Howard, créateur de Conan le Barbare

Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.

22/01/2026, 09:57

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Format, papier, rythme : le travail invisible derrière les livres photo

Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.

22/01/2026, 07:16

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Congo-Brazzaville : “Nos histoires méritent d’être imprimées, lues et transmises”

Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

19/01/2026, 12:34

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Feryane, 34 ans de grands caractères : “Une belle aventure“ qui s’achève

Créée en 1991 et basée à Viroflay dans les Yvelines, la maison d’édition Feryane, spécialiste des rééditions en grands caractères, a annoncé sur son site sa cessation d’activité au 31 décembre 2025. L’entreprise familiale laisse derrière elle plusieurs centaines de titres, et une histoire de lecture partagée, portée dès l’origine par une femme convaincue qu’un lecteur malvoyant devait pouvoir lire « la même chose que sa cousine ».

15/01/2026, 17:10

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Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf : le cri d’une mère courage

« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

15/01/2026, 16:46

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Et si le webtoon sauvait la BD sur smartphone ? L’expérience inattendue de Bang !!

À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.

15/01/2026, 16:09

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“La mémoire des Européens semble figée et anesthésiée“ : entretien avec François-Michel Durazzo

Première moitié du XIXème siècle… Fils d’une tenancière de bordel, l’aventurier viennois Redo Hauptsammer débarque dans l’austère commune de Szonden, bourgade imaginaire située dans le détroit de l’Oder, en Prusse orientale. Par Étienne Ruhaud.

14/01/2026, 11:48

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Simon de Jocas : “Être éditeur, c’est aller à la rencontre de l’autre”

Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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À Marseille, des livres de montagne et de nature pensés pour les enfants

À Marseille, les Éditions du Chemin des Crêtes ont longtemps raconté l’aventure aux adultes, sacs au dos, baudriers serrés et récits plein la tête. Randonnée, escalade, parapente, course à pied : la maison a bâti son identité autour du plein air et de celles et ceux qui l’arpentent. Aujourd’hui, le regard se décale, à hauteur d’enfant.

 

13/01/2026, 10:00

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Livre jeunesse : ”Les enfants aiment rêver, mais ils aiment aussi comprendre”

Les Éditions Quanto ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire éditoriale avec le lancement d’une collection jeunesse, conçue comme une extension naturelle de leur travail autour de la transmission des savoirs. Portée par une approche exigeante, attentive au langage et à la narration, cette collection entend s’adresser aux enfants sans les infantiliser, tout en créant un espace de lecture partagé entre générations.

12/01/2026, 14:26

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Basile Panurgias : “Un bon livre est un livre dont on oublie le genre”

Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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Roland Topor : derrière l’humour noir, l’exil

Avec la réédition de La Plus Belle Paire de seins du monde, publiée par L’Arbre vengeur, l’occasion est donnée de redécouvrir, derrière le farceur génial, un écrivain de l’exil, du masque et de l’inquiétude. Par Charles Garatynski.

17/04/2026, 18:04

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Fayard, Grasset : les libraires dénoncent la “mise au pas” d'Hachette par Vincent Bolloré

Après Fayard, Grasset : le limogeage d’Olivier Nora cristallise les inquiétudes d’une profession confrontée à une transformation brutale du groupe Hachette. Dans cette tribune, le syndicat des libraires dénoncent une reprise en main idéologique et ses effets sur l’équilibre du secteur. Au-delà d’un départ, c’est toute la chaîne du livre qui se dit fragilisée.

16/04/2026, 18:13

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“Entre grands groupes et précarité, le choix est devenu impossible”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires publie une tribune offensive dans le contexte de la crise chez Grasset. Le syndicat y dénonce une concentration accrue du secteur, qu’il associe à un « tournant politique et économique » depuis la prise de contrôle d’Hachette par Vincent Bolloré. Évoquant une dégradation des conditions de travail et une évolution des lignes éditoriales, il appelle l’ensemble des professionnels du livre à se mobiliser collectivement.

16/04/2026, 18:05

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Vous qui quittez les maisons du groupe Bolloré, “réservez vos écrits à des éditeurs indépendants”

Alors que les réactions d’auteurs et d’éditeurs se multiplient dans le secteur après l'éviction d'Olivier Nora par le groupe Bolloré, Étienne Galliand, éditeur indépendant, prend la plume. Il revient sur sa rencontre avec André Schiffrin, figure majeure de la critique de la financiarisation de l’édition, et livre un texte à la fois personnel et engagé en faveur de l’édition indépendante. L'éditeur alerte sur les dérives actuelles et invite les auteurs à soutenir concrètement le monde de l'édition.

16/04/2026, 15:48

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Auteurs et groupe Hachette : partir est possible, mais juridiquement contraint

Bolloré a encore frappé. Mardi 14 avril restera dans les annales du groupe Hachette Livre : Olivier Nora, homme « charismatique » comme le souligne Le Monde, à sa tête depuis plus de vingt ans, s’est fait évincer par le groupe Bolloré. Un très grand nombre d’auteurs et d’éditeurs ont vite réagi et montré publiquement leur soutien et leur mécontentement : ils veulent partir. Mais ce n’est pas si simple que ça…

16/04/2026, 10:49

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“74 % des Français considèrent les hommes politiques comme corrompus”

Comment, diable, peut-on se lever un matin et, « en se rasant », avoir l’idée de créer un jeu sur la politique, à l’heure où (presque) plus personne n’y croit ? Oser s’amuser de la rubrique « faits divers » de la vie publique, alors que, H24 7/7, le monde entier la commente sur le zinc des plateaux et des réseaux ? Et qui plus est, préciser en gros et en gras, que ce nouveau jeu satirique ne s’adresse qu’« aux pourris uniquement » ?

16/04/2026, 10:32

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Axel Springer, Hachette, Carlson : l’édition bascule dans la dimension politique

Des États-Unis à l’Allemagne, la publication de livres ne relève plus seulement d’une logique de catalogue. Avec la filiale lancée par Tucker Carlson, l’expansion d’Axel Springer dans la presse anglophone et la reprise en main d’Hachette en France, une même tendance se dessine : des lignes politiques plus visibles autour de communautés déjà constituées.

15/04/2026, 15:43

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Sophie de Closets, Olivier Nora : qui sera la prochaine “victime” de Sarkozy chez Hachette ?

Le départ d’Olivier Nora éclaire une séquence de tensions anciennes entre pouvoir politique et direction éditoriale au sein du groupe Hachette. À travers les relations conflictuelles entretenues avec Nicolas Sarkozy, puis les recompositions imputées à Vincent Bolloré, se dessine un affrontement durable autour de l’indépendance des maisons d’édition, entre influence, gouvernance et liberté de publication.

15/04/2026, 11:22

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Zapping : j'ai sauté les pages... d'un livre audio (et ça mérite d'être raconté)

Sauter des pages dans un livre papier relevait déjà d’une petite entorse à la lecture classique – bien que cautionnée par Daniel Pennac. Avec le livre audio, ce geste devient invisible, presque banal. Pourtant, avancer dans un récit, ignorer des passages ou accélérer l’écoute transforme profondément notre rapport au texte, entre liberté nouvelle et fragmentation de l’expérience narrative.

14/04/2026, 16:18

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Écrans, parents, école... Comment expliquer le déclin de la lecture chez les jeunes ?

Le Centre national du livre a présenté, ce mardi 14 avril, les résultats de son étude consacrée aux pratiques de lecture des jeunes Français, âgés de 7 à 19 ans. Si le nombre de jeunes lecteurs reste stable cette année, l'activité décline avec l'âge, en particulier chez les garçons, tandis que l'attention des jeunes lecteurs est captée par les écrans. Pour la présidente du Centre national du livre, Régine Hatchondo, il est temps de « massifier » les actions de promotion de la lecture, alors que les dépenses publiques sur le sujet sont en baisse.

14/04/2026, 14:59

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Jessica Mazencieux : “Dieu a un plan. Pas de chance, moi aussi.”

Dieu a un plan, moi j’ai une réunion à 14 heures de Jessica Mazencieux ne s’impose pas par une ambition formelle démonstrative, mais par une énergie immédiate, presque brute, qui traverse chaque page. Une voix s’y fait entendre — au sens propre comme au sens figuré — et c’est sans doute là que réside sa première force : une sincérité rarement prise en défaut. Probablement l'histoire d'un parcours éditorial qui n'y est pas non plus étrangère.

14/04/2026, 14:50

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La Complainte des Boîtes à Livres : “Nous ne voulons plus nous taire”

Durant une trentaine d’années passées dans le monde du livre, Laurence H. aura exercé différents métiers en diffusion, distribution et peut-être d’autres encore. Depuis quelque temps, elle a rejoint le monde professionnel du spectacle vivant. Mais elle renoue parfois, et volontiers, avec l’édition. « Et vous êtes un de ces liens », écrit-elle à ActuaLitté. Elle nous adresse un texte, « une saute d’humeur en quelque sorte ».

14/04/2026, 14:31

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Ebook : Thotario instaure un droit de suite pour les oeuvres numériques

Le numérique a transformé l’accès aux œuvres, mais a figé leur circulation économique. Livres numériques et jeux vidéo restent enfermés dans des droits d’usage, sans véritable marché secondaire. En s’appuyant sur un système de revente encadrée et de rémunération continue des créateurs, Thotario propose un modèle inédit, à la croisée du droit, de la technologie et des usages culturels. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

14/04/2026, 12:23

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Francophonie : le braille devient un enjeu mondial d’accès à la lecture

La francophonie affiche une croissance soutenue à l’échelle mondiale, mais se confronte à un défi majeur : garantir un accès réel à la lecture et à l’écriture pour tous. Portée par des initiatives internationales autour du braille et de l’inclusion, une nouvelle dynamique s’organise. Institutions, enseignants et réseaux émergents redéfinissent les conditions d’une langue véritablement accessible.

14/04/2026, 09:43

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Prix Les Visionnaires : “On sort grandis et nourris de ce débat”

Ce samedi 11 avril, à Saint-Quentin-en-Yvelines, le Prix du livre Les Visionnaires a été décerné à Gabrielle Filteau-Chiba pour son roman Hexa (Stock). Le texte a été choisi parmi une sélection de trois ouvrages par le public et par un jury, lequel a échangé et confronté ses avis pendant près de deux heures avant de se prononcer. Nous avons pu assister, en toute discrétion, à ces délibérations.

13/04/2026, 16:57

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“Habiter le monde poétiquement, c’est la seule issue”

Au Livre à Metz, l’édition 2026 a choisi pour fil conducteur une question simple en apparence : « Habiter le monde ». Derrière ces mots, un thème vaste, ouvert, qui traverse les livres, les imaginaires et les façons de vivre. En ce samedi de salon, entre rencontres d’auteurs et déambulations, nous avons pris le parti de poser la question telle quelle, sans détour, aux visiteurs. Avant de leur révéler qu’elle était au cœur de cette édition - et de voir comment, à travers la lecture, chacun tente d’y répondre à sa manière.

12/04/2026, 09:41

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“Les auteurs sont en économie de guerre toute l’année”

Face à la précarité structurelle des auteurs, revient l'idée de créer un statut d’« intermittents de l’écrit », inspiré de celui du spectacle, afin de garantir un revenu stable et une reconnaissance professionnelle. Cette tribune met en lumière une économie fragilisée où les écrivains, pourtant au cœur de la chaîne du livre, peinent à vivre de leur activité. Par Mathias de Breyne. 

11/04/2026, 09:47

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Marché du livre au 1er trimestre 2026 : ce que disent les chiffres

Les ventes de livres reculent en ce début d’année 2026, mais le phénomène dépasse la simple baisse conjoncturelle. Derrière les chiffres du premier trimestre, un basculement s’opère : les lecteurs achètent moins, arbitrent davantage et redéfinissent la hiérarchie des titres. Le marché entre dans une phase plus sélective, où visibilité, recommandation et justesse éditoriale deviennent décisives. Par Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco.

10/04/2026, 09:31

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Et si la lecture était une saine addiction ?

Face à l’érosion du temps de lecture et à la domination des écrans, la Fnac déploie une campagne nationale au slogan provocateur : « Une autre addiction est possible. » L’enseigne entend réhabiliter le plaisir de lire sans culpabiliser, en mobilisant ses librairies, ses événements et ses réseaux. Une offensive culturelle qui interroge : la lecture peut-elle encore reconquérir l’attention collective ?

09/04/2026, 15:59

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Et si lire rendait les Français plus heureux ? Ce que révèlent les études

L’enquête Ipsos sur le bonheur en 2026 ne parle presque jamais de livres. Pourtant, en croisant ses résultats avec les travaux sur la lecture-plaisir, un faisceau cohérent apparaît : famille, santé mentale, sentiment de sens, qualité de l’attention, sociabilité. Autant de dimensions que le livre ne mesure pas directement, mais qu’il façonne en profondeur, de l’enfance aux bibliothèques.

03/04/2026, 06:00

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Quais du Polar 2026 : qui domine vraiment le polar aujourd’hui ?

À Lyon se déploie chaque année une programmation d’envergure internationale, reflet apparent de la vitalité du roman noir. Mais que révèle cette sélection lorsqu’elle se confronte aux dynamiques réelles du web littéraire ? En croisant la liste des auteurs invités avec les indicateurs de visibilité, une autre géographie du festival se dessine : moins institutionnelle, plus révélatrice des circulations effectives des œuvres, des hiérarchies d’audience et des mutations profondes du genre.

02/04/2026, 17:30

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“Moins de publications !” : Jeanne & Juliette, le pari d’un modèle éditorial différent

Après plusieurs années passées au sein de Media Participations, Jeanne & Juliette choisit de retrouver une pleine autonomie éditoriale. Une décision mûrie, moins comme une rupture que comme un recentrage, afin de poursuivre son développement avec justesse, exigence et une relation toujours plus directe avec ses lecteurs. Par Virginie Bégaudeau, fondatrice.

31/03/2026, 12:35

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Thotario mise sur l’Europe pour changer le destin du livre numérique

À force de confier nos bibliothèques dématérialisées à des silos fermés, nous avons fini par prendre l’impuissance pour une loi naturelle. Clic après clic, achat après achat, la culture numérique s’est laissée border par des interfaces venues d’ailleurs. Puis surgit une jeune pousse française qui ne demande pas la permission : elle attaque la circulation des œuvres, la revente, la valeur, et, derrière tout cela, une vieille question européenne restée sans réponse. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

30/03/2026, 13:03

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“Lire dans le bain n’est pas dangereux (sauf si tu t’endors)”

À Bruxelles, la 55e Foire du livre érige le papier en acte de résistance. Sous le mot d’ordre « défier le futur », le livre s’affirme sans cookies, sans surveillance, sans algorithmes. Objet autonome, il protège l’anonymat, échappe aux mises à jour et refuse l’économie de l’attention. Lire devient alors un choix, presque un manifeste, face aux logiques numériques dominantes. Voici une déclaration d'amour à la lecture, que nous adresse la Foire...

28/03/2026, 10:08

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“L’édition indépendante ne peut pas être la même chose en plus petit”

Chez Pollen, le retour à la diffusion a pris corps, incarné par Matthieu Raynaud, venu d’Harmonia Mundi, et par une équipe de six représentants. Un calendrier est déjà enclenché et des tournées sont en préparation. Le lancement est fixé au 1er mai, avec un cap clairement tourné vers la librairie indépendante.

27/03/2026, 18:13

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Bécherel 2026 : “Ni vrai ni faux”, une fête du livre à l’épreuve du réel

Organisée par la Maison du livre, équipement culturel de Rennes Métropole situé en milieu rural, la fête du livre se déroule durant 3 jours à Bécherel, 700 habitants, première Cité du livre créée en France en 1989. Valérie Auvergne, directrice de la Maison du livre nous raconte cet événement.

26/03/2026, 17:08

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“Les 10 livres qui m’ont appris le métier” : Jean Esch, l’atelier d’une vie de traducteur

PORTRAIT – « Traduire, je le vois comme une profession d’artisan, à qui l’on demande de reproduire un meuble, sans qu’il ne possède ni les mêmes outils ni le même bois que ceux ayant servi pour la pièce d’origine. » Fort de quarante années de métier, Jean Esch compte en France parmi les noms majeurs de la traduction de l’anglais. ActuaLitté l’a sollicité pour un entretien insolite : les 10 livres par lesquels il a forgé son métier.

24/03/2026, 16:33

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IA coupables : le Conseil d’État réarme les ayants droit, sans lever tous les verrous

Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’IAvresse, dirait-on : à ce titre, le livre aura discrètement servi de socle pour la formation des modèles de langage. Le rapport du Conseil d’État remet un peu de gravité dans ce carnaval d’optimisme automatique : dans les machines se nichent des catalogues entiers des droits, des contrats, des revenus. Et surtout cette vieille question que la tech déteste : qui paie quoi, et à qui ?

24/03/2026, 15:42

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Rapprocher le numérique des librairies locales : la nouvelle bataille du livre

On nous a vendu le numérique comme une autoroute sans péage, un horizon lisse où l’œuvre filerait sans frottement du serveur au lecteur. Puis les centres-villes ont vu passer les flux sans toujours en voir la couleur. Dans cette friction entre écran et trottoir, Thotario avance une idée plus subversive qu’il n’y paraît : et si la modernité du livre consistait moins à effacer les librairies qu’à les reconnecter au cœur de la circulation culturelle ? Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

23/03/2026, 11:25

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“Auteurs, renversons les tables de dédicaces !”

Dans les allées bien rangées des Salons du Livre, quelque chose grince. Sous les nappes tirées au cordeau, entre piles calibrées et sourires de circonstance, l’auteur se fige, assigné à résidence derrière sa propre œuvre. Puis surgit François Belley, pirate en embuscade, qui dynamite le décor : assez de cette comédie marchande. Place au désordre créatif, au corps-à-corps avec les lecteurs, à la table qu’on renverse enfin. Par François Belley, écrivain-pirate.

22/03/2026, 09:51

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Politicard : on a joué au jeu de cartes le plus corrosif sur la politique… et c’est redoutable

On pensait avoir tout vu en matière de satire politique. Puis Politicard le jeu de François Belley débarque, et la table de jeu se transforme en salle d’instruction improvisée. Accusations en rafale, indignations circonstanciées, trahisons expresses : ici, la morale ne pèse rien, seule compte la survie. On joue, on triche presque, on rit beaucoup — et soudain, le jeu ressemble étrangement au réel. En attendant le second tour des municipales, que diriez-vous de jouer aux édiles ?

20/03/2026, 11:35

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Auteurs autoédités : le marché caché qui peut rebattre les cartes

Dans les vitrines du numérique, tout semble simple : publier, vendre, encaisser. Puis le décor se fissure. Derrière la promesse d’émancipation, l’auteur indépendant découvre des rails déjà posés, des dépendances discrètes, une liberté sous conditions. C’est dans cette zone grise, entre euphorie créative et capture de valeur, que Thotario tente de planter son drapeau — avec l’odeur très concrète d’un rapport de force qui change de camp. Par Dylan Tosti, fondateur de Thotario.

19/03/2026, 15:44

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Salon du Livre Genève : Lire et vivre le monde

Pour sa 40e édition organisée du 18 au 22 mars à Palexpo, le salon du livre de Genève affirme plus que jamais sa vocation : faire de la littérature un espace de dialogue avec les grands enjeux contemporains, entre débats d’idées, circulation internationale des voix et réflexion sur les mutations du livre. ActuaLitté ouvre ses colonnes au Salon du Livre de Genève pour une carte blanche autour de sa programmation.

 

18/03/2026, 17:55

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Orwell, Michelin et la tyrannie de l'excellence

Orwell avait raison Après presque un siècle, sa description des cuisines parisiennes des années 1930 trouve un écho glaçant dans l'actualité culinaire de mars 2026.

18/03/2026, 12:08

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Pourquoi Lire entre les lignes séduit autant les amateurs de casse-tête littéraire

Dans la grande foire des applications mobiles, où la couleur crie plus fort que l’idée, Lire entre les lignes avance avec l’air modeste des jeux qui n’ont qu’une arme : l’intelligence. Pas de saga, pas d’effets pyrotechniques, pas d’univers gonflé au vide. Juste des mots, des images, des pièges et ce moment délicieux où le cerveau comprend une seconde trop tard qu’il s’est fait avoir. C’est peu. C’est beaucoup.

14/03/2026, 18:09

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Entretien caviardé : Livres Hebdo juge “irrecevable” le droit de réponse de Jean-Yves Mollier

Après la modification d'un entretien sans l'accord du principal intéressé, l’historien Jean-Yves Mollier, la revue Livres Hebdo refuse à présent la publication d'un droit de réponse, selon l'avocat du professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Saclay/Versailles-Saint-Quentin. 

13/03/2026, 16:35