Tom Buron : "Le danger est un élément central de mon travail"

Jeune poète francilien, Tom Buron pratique la boxe, écoute du jazz, écrit de brefs recueils percutants. Dernier en date, La Chambre et le Barillet (éditions « Angle mort », 2023), présente une suite de vers-libres, souvent rageurs, parfois énigmatiques. Familier de l’univers urbain, guidé par un certain rythme incantatoire, habitué des scènes poétiques, l’auteur semble refuser la tyrannie du sens, de l’intelligibilité, tout en favorisant l’oralité. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

Le 27/11/2023 à 10:04 par Auteur invité

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27/11/2023 à 10:04

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Étienne Ruhaud : Les poèmes sont essentiellement écrits en vers libres. S’agit-il d’un choix délibéré, ou cette forme s’est-elle imposée à toi de manière naturelle ?

Tom Buron : C’est un choix mais je ne me pose pas en fervent défenseur de telle ou telle méthode, de tel ou tel style de poésie, et j’avoue que si je m’y suis beaucoup intéressé dans le passé, j’accorde aujourd’hui beaucoup moins d’attention à ces questions. On parle de crise du vers libre depuis sa création ou presque, n’est-ce pas ? Ils sont nombreux, d’ailleurs, à encore passer leur temps à écrire à ce propos.

Mes deux précédents ensembles, Marquis Minuit (Le Castor Astral, 2021) et Nadirs (Maelström, 2019), étaient eux aussi composés en vers libres, et pourtant, nous n’avons pas affaire à la même écriture. La chambre et le barillet, recueil que j’ai achevé il y a près de trois ans maintenant, est composé de poèmes courts – à l’exception de la pièce qui clôt le volume – beaucoup moins denses et labyrinthiques que ne l’étaient les lignes du Marquis, poème qui danse sur plusieurs dizaines de pages. Si les thèmes sont proches, ils sont dans la forme bien éloignés. Il y a mille façons de faire vers libre et des cadres secrets peuvent s’y loger ; dans un « poème fleuve ». Il est possible de se reposer sur le compte des syllabes ici, et sur la coupe un peu plus loin, de créer des harmonies, des mesures plus souterraines… Il doit évidemment y avoir ordre et discipline à l’intérieur de ce que l’on appelle « vers libre ». Évidemment.

Je tiens au rythme, à la musicalité, à la mélodie et à l’harmonie, à la notion de structure tout simplement, et tout ceci peut se travailler, se façonner, se ciseler au sein du vers libre : une architecture ! 
Cela étant, quand l’on voit ce qui se donne du côté du vers libre, je comprends que reviennent les questions à ce propos. Le vers libre – et c’est justement le mot libre (et cette passion pour ce mot) qui pose problème – est malheureusement la porte ouverte à tout et n’importe quoi. On le voit bien avec un certain genre de poésie pop sucrée qui a la cote aujourd’hui, or il s’agit assez souvent d’une micronouvelle que l’on coupe de manière aléatoire. En termes de construction, d’architecture justement, c’est zéro.

C’est de plus une « poésie » qui se préoccupe uniquement de son « message » et qui confond le slogan, l’engagement politique à la mode et les péripéties de compte Instagram avec l’art littéraire. De l’art d’agrément, comme répétait Gilbert-Lecomte. Auparavant, c’est vrai, la confusion entre art littéraire et marché du livre était l’apanage du roman, et puis ça a fini par éclabousser ce que l’on nomme communément poésie, le vers libre en particulier. Mais il ne faut pas s’inquiéter, loin de là. Il y a, au-delà de ces futilités qui font grand bruit, toujours quelques vraies œuvres conquérantes qui se créent et embrassent le tragique avec force, et ce n’est évidemment pas que du côté du vers libre que cela se passe. 

On est également frappé par la présence de termes complexes, spécialisés, quasiment mallarméens. Pourquoi employer de tels mots ? Là encore, cela s’impose à toi ou s’agit-il d’un choix délibéré ?

Tom Buron : Les deux, mon capitaine ! Je ne pourrais, dans la majorité des cas, simplement pas avoir la même précision sans ceux-ci, mais il y a aussi, je dirais, tout simplement le goût de la langue, et de la musique, le goût des sonorités et des associations. Il ne s’agit pas là d’un goût tordu pour le mot rare, mais d’une passion pour le langage et cela passe donc par ces termes que tu évoques, par l’argot, par le néologisme, par l’emprunt.

Mon territoire, c’est la langue française, je lui appartient et je l’utilise, j’essaye de lui rendre justice et de l’honorer, mais j’écris dans ma langue française. 

Certains vers, certains passages, semblent hermétiques. Pourquoi ? Penses-tu que la poésie doit être nécessairement comprise, intelligible ?

Tom Buron : « Ça ne veut pas rien dire » disait notre plus célèbre poète il y a un siècle et demi. Et non, bien sûr que non. Pourquoi devrait-elle être nécessairement « comprise » ? De quoi parle-t-on lorsque l’on pense « intelligible », d’ailleurs, est-ce que l’on ne parle pas de communication ? Intelligible en quoi ? Et puis, intelligible par qui ? En ce qui me concerne, la poésie est justement sur une autre dimension que celle du langage utilisé pour « communiquer » – ou bien, elle en est carrément une forme suprême. Il faudra demander à ceux qui aiment donner des définitions et théoriser – en voici une que j’aime beaucoup, de définition : « la vraie poésie est une délinquance aboutie », Matthieu Messagier.

Il y a toujours eu et il y aura toujours des lecteurs, des critiques, des éditeurs pour décréter qu'un tel est indéchiffrable et je crois surtout qu’il y a, en face, beaucoup de paresse et de tire-au-flanc. La littérature, ne se reçoit pas, elle se gagne, elle se conquiert, n’est-ce pas ? Tu connais sûrement cet entretien de Faulkner pour le Paris Review, que j’aime beaucoup citer. On est dans la deuxième moitié des années cinquante, et il a donc déjà écrit ses grands romans. Jean Stein, qui mène l’entretien, lui demande : « Certains disent qu’ils ne comprennent rien à votre écriture même après vous avoir lu deux, ou même trois fois. Quelle approche leur suggéreriez-vous ? ». Et Faulkner de répondre : « Lisez quatre fois. »

Le titre lui-même semble bien mystérieux. Que représentent la « chambre » et le « barillet » ? Pourquoi cette référence à l’arme à feu ?

Tom Buron : Je crois qu’un écrivain peut commenter la littérature en général et, peut-être, un processus, une manière, mais certainement pas son travail, ni tel ou tel choix. Cet ensemble, je l’espère, se suffit à lui-même et je ne tiens pas à le fourcher comme un cinéaste qui placerait un carton à la fin de son film pour se justifier. Ce serait un peu vulgaire, n’est-ce pas ? « S’expliquer, c’est se rabaisser » disait Jünger. Aussi, concernant ce flingue qui annonce le texte, je crains ne pas pouvoir répondre grand-chose de plus que : le danger est un élément central de mon travail.  

Comme le rappelle ta mini-biographie, en fin de volume, tu t’intéresses également au free-jazz, et certaines de tes lectures sont accompagnées de musique. Dans quelle mesure la musique accompagne-t-elle ton écriture ? Pratiques-tu un instrument ?

Tom Buron : Mon travail d’écriture est intimement lié à la musique, c’est vrai. Cela étant, la poésie n’est et ne doit évidemment pas être de la musique. Le free jazz sculpte probablement en moi des rythmes, des mélodies, des mémoires dirais-je, qui ont d’une manière ou d’une autre une influence sur mon travail au sein de la langue française. Mais disons tout bêtement que c’est avant tout la forme d’art qui me perturbe et me transcende le plus. J’aurais voulu en être, mais je suis piètre musicien. Adolescent, j’ai intégré des groupes de rock en tant que chanteur d’abord car j’écrivais et que je ne savais jouer de rien, puis il y eut la guitare et les percussions. Mais je ne me suis jamais accompagné moi-même en lecture.

J’ai eu la chance de travailler ces dernières années avec de très bons musiciens venant, c’est vrai, principalement du jazz mais pas uniquement. Dans quelques jours, je pars en résidence à La Factorie, en Normandie, avec Fred Aubin, trompettiste du groupe « La Maison Tellier », afin de mêler nos travaux respectifs et de mettre en scène un long poème marin que j’ai achevé l’hiver dernier et qui a pour titre Les cinquantièmes hurlants

On songe aussi aux poètes américains, à la Beat Generation, ou, dans une certaine mesure, aux objectivistes. Lis-tu ces auteurs ? Quels sont tes principaux modèles, ou, disons, les poètes qui t’auraient le plus marqué ? 

Tom Buron : Tu as raison de les mentionner, et si je les lis moins aujourd’hui, ils ont néanmoins eu une influence certaine. Quoi qu’il en soit, c’est certain, il y a beaucoup d’écrivains de langue anglaise dans mon panthéon. Parmi les poètes qui m’impressionnent le plus, je mentionnerais donc Conrad Aiken, Hart Crane, T.S. Eliot, Pound, Dylan Thomas… Puis il y a les Russes, l’immense Khlebnikov en tête. Mais aussi les grands poèmes médiévaux, les épopées, le nostos et la catabase... Une liste française ou francophone serait beaucoup trop longue alors je me contenterai ici de nommer le Grand Jeu, comme influence notable.

Cela dit, je ne fais pas de distinctions de genre. Il faudrait mentionner Nietzsche, Dante, Blake... Il faudrait évoquer Malcolm Lowry, Nikos Kazantzakis, Ernesto Sábato, Faulkner, Dostoïevski, Conrad, Melville, Cendrars, Thomas Wolfe ou, plus proches de nous, McCarthy, Michon, Krasznahorkai. Il faudrait pouvoir rendre grâce à tellement d’autres mais je vais m’arrêter là, si tu permets.

Je suis plus particulièrement attaché aux poètes qui ont une existence à la hauteur de leur œuvre, aux poètes complets, dirais-je. Les joyeux périlistes, ceux qui s’y plongent entiers et jettent toutes leurs forces dans la bataille, les aventuriers, ces personnages à la fois de l’écrit et de l’action, espèces d’hybrides entre l’écrivain appliqué, méthodique, et le torero, entre l’ascète et le corsaire, le bourlingueur. Il s’agit de lutter et d’être, avec Conrad, entièrement « loyal au cauchemar de son choix ».

Tu pratiques beaucoup la scène, donc. Les poèmes sont-ils d’abord faits pour être déclamés ? Écris-tu, par exemple, en déclamant ? Il y a à l’évidence une dimension orale. 

Tom Buron : Je fais une distinction entre les deux exercices. D’ailleurs, je fais des coupes et des ajouts en permanence lorsque je suis sur scène. Comme je le disais précédemment, le lien à la musique est fort et donc la dimension orale du poème se ressent probablement par le travail sur le rythme et les sonorités que j’opère. À un certain moment de la composition, en particulier dans les poèmes plus longs comme Le Marquis ou le poème de quelques pages qui donne son nom au recueil La chambre et le barillet, je déclame pour être en parfaite maîtrise du rythme, pour comprendre ce qui sonne ou non, pour arranger une association qui ne fonctionne pas comme je le voudrais.

Pour moi, c’est le texte écrit qui prime et la scène n’est qu’un moyen d’étendre le poème et de le faire résonner autrement, de l’offrir d’une autre manière. Il y a un côté chamanique, incantatoire, dans mon travail, qui s’amplifie naturellement à cet endroit-là. 

Tu emploies également le mot round, et on sait que tu pratiques la boxe anglaise. Perçois-tu, à l’instar de certains créateurs, la poésie comme un combat ? Ou comme un acte de résistance face au monde contemporain ?

Tom Buron : Il y a bien la corne du taureau quelque part par là. Tout n’est que combat, n’est-ce pas ? J’ai toujours beaucoup lié, c’est vrai, l’écriture et le shadow-boxing – l’exercice du shadow en particulier, oui, je le souligne, mais, bien entendu, la boxe en général. J’y vois un miroir très net et, j’allais dire, presque une gémellité dionysiaque. C’est une histoire de combat contre soi-même. Par-delà la pratique, je suis fasciné et obsédé par la mythologie de la boxe anglaise, par ses grands champions et ses grands vaincus. C’est pour moi le sport le plus élégant et le plus chargé de sens, de sacré, de mystique. Puis comme l’écriture, qui est arrivée toutefois bien avant, la pratique de l’anglaise m’a donné un cadre solide, une façon de me tenir, une vraie discipline, au sortir d’une adolescence excessive. C’est aussi certainement pour cette raison que j’y suis tant attaché. Tout cela participe de toute façon d’une même manière d’être au monde.

Mais puisque tu parles d’acte de résistance, cela me fait penser auxdits petits éditeurs et j’aimerais en profiter pour saluer l’équipage de l’Angle Mort, une maison créée à Bruxelles il y a quelques années et désormais basée en Bourgogne, qui fabrique des livres de poésie à tirage limité à l’aide notamment d’une presse typographique centenaire, la flamboyante Victoria, et à qui l’on doit ces quelques trois cent cinquante exemplaires de fabrication artisanale de La chambre et le barillet aux couleurs de la bête et de la cape. Un peu plus tôt cette année, ils ont publié un texte inédit du grand poète tchèque Vladimír Holan. 

On songe, parfois, également, à une forme d’écriture automatique. La dernière partie du recueil est ainsi constituée par un long paragraphe, où tu évoques divers moments, et divers lieux. Doit-on parler de monologue intérieur ?

Tom Buron : Je me tiens plutôt du côté des obsessionnels, de ceux qui passent et repassent sans cesse sur une ligne, sur un mot, avec acharnement, passion, et l’écriture automatique me paraît être assez loin de ça. Cela dit, elle peut être un outil, un déclencheur à un moment donné, oui. Quant au monologue intérieur, dans ce cas-ci, je souscris totalement, tu as raison de le souligner. Une certaine géographie, entée à une cartographie intérieure se déploient de concert dans ce texte que tu mentionnes et qui donne son nom au recueil, un poème qui éclate certainement ce qui était en tension dans les courts poèmes qui le précèdent. 

Le lieu, et plus particulièrement la ville, sont omniprésents. S’agirait-il d’une poésie urbaine ?

Tom Buron : On peut le dire comme ça, il y a une mémoire urbaine certaine, et cela commence autour de moi, par là où j’ai grandi. La ville est un terrain de jeu essentiel, un véritable personnage – la banlieue parisienne, du moins une partie de l’Essonne, est omniprésente dans Marquis Minuit, en particulier dans son démarrage en forme d’hommage –, et je ne cesse de la poursuivre, sur ce continent principalement, à travers tous ses visages qui, certes, se ressemblent malheureusement de plus en plus.

Certaines villes ont pris une grande place dans mon imaginaire et apparaissent d’une manière ou d’une autre dans mon travail, c’est le cas de Paris et Bruxelles, mais aussi de Naples ou Prague et, plus loin encore, Dakar ou Mexico City. La liste est longue. Il y a des villes avec lesquelles la rencontre se fait – et c’est en partie une affaire de langue, là aussi –, la vraie rencontre, et d’autres qui ne déclenchent rien.

Certaines passions ont duré, d’autres moins. Pour autant, ce n’est pas qu’une affaire de ville. C’est peut-être d’abord une histoire de bourlingue et de rencontres avec des territoires, avec des lieux, comme tu le dis très justement. Un goût du lieu, peut-être de l’autre lieu. Depuis plus d’un an et demi, je fais des allers-retours en Ukraine : lorsque la guerre s’est déclarée, je me suis mis en route et ai filé vers l’Est pour me faire volontaire dans l’humanitaire, d’abord dans les Carpates des deux côtés de la frontière polono-ukrainienne, puis à Kyiv, Kharkiv ou Zaporijia, et plus tard Mykolaïv et Kherson. 

En filigrane apparaît un certain scepticisme à l’égard du langage même. Tu évoques ainsi l’idiome des morts. Penses-tu que la parole poétique viendrait donner sens au langage, ou que la poésie est en soi une impasse ? Serais-tu sceptique face aux mots ? 

Tom Buron : La littérature n’est pas assez, la vie non plus, comme disait l’autre. C’est pour cela que l’on s’escapade, que l’on s’agite et que l’on traverse. Certains des mouvements dont on parlait précédemment sont évidemment liés à une recherche, à une soif et à une envie, d’autres sont liés à une perte de foi ou à une réalisation de cette impasse de l’écriture, que tu as raison d’évoquer. J’ai connu de grands doutes en ce lieu même, heureusement, et j’en connaîtrai encore.

C’est naturel, puisque l’écriture est solitude et retranchement, un refuge et une arène. Sceptique ? Je crois en effet que cela ne suffit pas, et je le pensais déjà adolescent en débutant. Est-ce propre aux mots ? Je ne crois pas. Je songe à Thelonious Monk, bien entendu, qui, s’il ne laisse pas ses illuminations derrière lui pour Harar et le business, dit lui aussi adieu à son art et se tait, de longues années durant, jusqu’à sa mort. Où est-ce que cela s’est joué ? Est-il parvenu à dire ce qu’il avait à dire et y a-t-il eu en fin de compte quelqu’un pour l’écouter ?

Il y a quelques années, à Bruxelles, j’ai eu une conversation avec un autre admirateur de Monk justement, le grand écrivain hongrois László Krasznahorkai, pour qui je nourris une grande admiration et qui est remarquablement transmis dans notre langue par Joëlle Dufeuilly. C’était au moment de la parution des traductions anglaise et néerlandaise du Baron Wenckheim. Ce soir-là, il m’avait confié qu’il arrêtait son projet romanesque par cette œuvre-ci, car il considérait qu’il avait assez essayé, c’est-à-dire quatre fois, d’écrire le même roman, depuis son fameux Tango, et que ce n’était finalement, pour lui, rien qu’un échec de plus…

Ce n’est jamais assez, et oui, c’est probablement une impasse, pour reprendre le mot que tu utilises, mais cela n’empêche pas de recommencer. On continue peut-être à écrire pour corriger, rectifier, pour augmenter, ce que l’on a écrit avant, pour tenter mieux, et faire littérature – littérature, cette « forme déchue de la prière » comme la qualifie Pierre Michon. 

Crédits photo : tmb

 
 
 
 
 
 

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Nadirs

Tom Buron

Paru le 13/05/2019

Maelström (Editions)

15,00 €

Marquis Minuit

Tom Buron

Paru le 12/05/2021

82 pages

Le Castor Astral

12,00 €

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Auteur d’une grosse dizaine de romans depuis 1992, célébré par Arnaud Viviant ou Frédéric Beigbeder (entre autres), Basile Panurgias revient à ses origines familiales, pour évoquer Athènes à travers un nouvel opus percutant, publié par les soins des éditions Séguier : Le Roman de Vassilis. On y suit un génie du backgammon, architecte franco-grec, accusé, à tort, d’être responsable du décès de sa femme, s’exiler sur ses terres ancestrales, pour y retrouver sa mère, ex-star de la télévision hellène. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.  

30/12/2025, 11:15

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“Le nom de l’éditeur ne suffit plus” : acheter des livres, à l’ère des milliardaires

Face à la concentration croissante de l’édition, l’application Quisbn ? ambitionne de rendre visibles des liens de propriété largement méconnus du public. En scannant un ISBN, elle permet d’identifier les groupes auxquels appartiennent les maisons d’édition, au moment même de l’achat. Fondé sur le croisement de sources publiques et une veille contributive, l’outil entend démocratiser l’accès à des données économiques complexes et nourrir une compréhension plus éclairée du monde du livre.

26/12/2025, 10:18

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“Économiquement, la vente en librairie ne suffit pas”

À première vue, on croit connaître le livre de photographie : des photos - logique -, un « beau livre », un objet qu’on feuillette. Mais il n’est ni un simple album, ni une exposition mise en pages, ni une illustration chic d’un texte. C’est un récit, un langage à part entière - et c’est précisément parce qu’il reste méconnu, parfois mal identifié, que l'association France PhotoBook inaugure une Journée de sensibilisation au livre de photographie, le jeudi 22 janvier 2026 à Amiens, de 9h30 à 17h30.

23/12/2025, 17:32

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“La première règle du Knight Club, c'est de s'approprier les croisades” Arthur de Pins

Parti guilleret de son atelier à Bastille, Arthur de Pins nous attendait devant l’Institut du Monde Arabe. On s’était promis de parcourir ensemble la bibliothèque et les ouvrages médiévaux, parler de l’art de la forge au XIIIe siècle, dans le Royaume d’Israël… et ce n’était que l’apéritif. Une immersion complète pour aborder son dernier livre Knight club, un roman graphique entre tempête de sable et vis comica

23/12/2025, 11:04

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Emmanuel Khérad : “La mobilisation du public me donne une responsabilité”

Après l’arrêt brutal de La Librairie francophone, Emmanuel Khérad retrouve l’antenne avec Le Club francophone, un nouveau programme culturel diffusé sur TVMonaco et YouTube. Télévision, production indépendante, jeunesse, lecteurs, libraires et francophonie : l’animateur et producteur revient sur la genèse du projet, et ses ambitions pour l'année à venir.

22/12/2025, 18:01

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Après les agressions, Paris crée un dispositif d’intervention rapide pour les librairies

Après plusieurs semaines de polémique, le Conseil de Paris a finalement adopté l’aide municipale destinée aux librairies indépendantes. Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint à la maire de Paris chargé du commerce, de l’artisanat et des professions culturelles, revient pour ActuaLitté sur les enjeux de ce vote, les usages concrets de la subvention et les tensions politiques qui ont traversé le dossier.

18/12/2025, 18:26

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Amin, un enfumage algérien

C’est une histoire qui se passe à Alger et dans ses alentours, mais elle se déroule également ailleurs, dans d’innombrables pays. En somme, c’est une histoire ancienne, elle change simplement de visages, de géographies, de configurations, de scènes et d’acteurs. 

17/12/2025, 14:32

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“La poésie n’a pas à servir à quoi que ce soit” : entretien avec Julien Boutreux

Au milieu des années 2010, Julien Boutreux créé une revue toute noire, carrée, illustrée et sobre à la fois, quelque peu mystérieuse et délibérément confidentielle. Intitulé Chats de Mars, en référence à François Rabelais, le périodique tourangeau diffuse alors des voix plus ou moins nouvelles du champ poétique, avec toutefois une exigence de lisibilité. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

17/12/2025, 10:49

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“Sans livres, pas de liseuse” : la vision de Marius Sobczak (inkBOOK) sur l’avenir de la lecture numérique

Quand Marius Sobczak évoque la lecture numérique, il le fait avec le calme de ceux qui ont vu passer plusieurs cycles. Son histoire avec la liseuse commence tôt, très tôt même. « On a vendu la première liseuse en Europe en même temps qu’Amazon a vendu la sienne », rappelle-t-il. Depuis, le marché s’est transformé en profondeur. Les usages ont évolué, les acteurs se sont raréfiés, et les certitudes d’hier ont souvent volé en éclats.

16/12/2025, 16:09

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Witi Ihimaera : “La France est plus grande que vous ne le pensez“

Witi Ihimaera nous raconte sa littérature comme une affaire de noms, de transmission… et de détournement. Il remonte avec nous à ce moment où, avec l’arrivée des missionnaires en Nouvelle-Zélande, « ils ne pouvaient pas dire « Ihimaera »… » et cherchent une approximation : « Qu’est-ce qui sonne comme “Smiler” ? Alors on t’appellera Pop Smiler. »

15/12/2025, 17:35

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“Ce sont des travailleurs“ : Soumya Bourouaha revient sur la protection sociale des créateurs

Dans le rapport de la mission flash remis le 26 novembre dernier, les députées Soumya Bourouaha (Seine-Saint-Denis, 4ᵉ circonscription) et Camille Galliard-Minier défendent l’idée de rattacher les artistes-auteurs à l’Unédic afin de leur ouvrir l’accès au chômage. La proposition de loi dite de « continuité de revenus » souligne en effet que ces créateurs connaissent, comme d’autres professions déjà couvertes, des périodes de creux involontaires. 

11/12/2025, 16:09

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”La Sacem ne défend pas d’autres intérêts que ceux de ses membres”

ActuaLitté révèle, dans un article, l'activité de lobbying menée par la Sacem contre la proposition de loi sur la continuité de revenus des artistes-auteurs : la société de gestion de droits d'auteur y répond. Dans cet entretien, elle défend la légitimité de son intervention auprès des sénateurs et justifie ses prises de position. Elle affirme représenter au mieux les intérêts de ses membres face à une réforme jugée risquée pour le droit d’auteur. L’échange revient sur les critiques adressées à la PPL, la précarité des artistes-auteurs et le rôle de la gestion collective dans le secteur culturel.

11/12/2025, 11:26

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Éditions ZTL-ZéTooLu : une maison pour les enfants dyslexiques, mais pas que...

La dyslexie complique l’apprentissage de la lecture, mais des solutions existent pour accompagner les enfants comme les adultes. Sandra Todorovic, fondatrice de la maison d’édition ZTL-ZéTooLu, travaille depuis des années sur des ouvrages pensés pour faciliter la lecture. Elle évoque les différentes formes de dyslexie et l’apport de typographies adaptées. Dans cet entretien, elle raconte comment son parcours personnel nourrit son travail éditorial.

11/12/2025, 10:07

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"La force de Lire et Faire Lire, c’est que son engagement s’inscrit autant dans la culture que sur le terrain"

L'association Lire et Faire Lire, avec ses milliers de bénévoles engagés, œuvre pour la transmission du plaisir de la lecture et de la découverte des textes, des images. Elle est évidemment encouragée, dans sa mission, par des auteurs et autrices, qui mettent leur notoriété au service de cette cause. Laura Nsafou souligne l'importance de la « représentativité » ; « on s'occupe aussi bien d'acteurs derrière et devant le livre »

11/12/2025, 10:00

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ActuaLitté

“Les pratiques d’Amazon fragilisent les librairies en France comme à l’étranger”

Suite à la polémique qu'a déclenchée la présence d'Amazon au Festival du livre de Paris, édition 2026, l’association internationale des libraires francophone (AILF) a fait parvenir à ActuaLitté un communiqué. Par ce texte, l'organisation se tient solidaire du Syndicat de la Librairie française dans la dénonciation du partenariat entre le Festival du Livre de Paris et Amazon. Leur texte est proposé dans son intégralité.

04/03/2026, 10:38

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Campagne et roman : la nouvelle vague du rural noir qui chamboule la littérature contemporaine

Ils sont irlandais, gallois, néerlandais, espagnols, belges, américains, français. Ils écrivent des polars, des sagas familiales, des romans d'apprentissage, des récits autofictionnels, des fables politiques. Leurs romans se passent dans des hameaux isolés du Cantal, des marécages de Virginie, des collines de Cumbrie, des plateaux du Jura, des forêts du Jura suisse, des montagnes de Corrèze. Ce qu'ils ont en commun, c'est de faire du monde rural le territoire central de leur fiction.

03/03/2026, 19:24

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Un maire peut-il interdire un livre ? Les bibliothécaires rappellent la loi

L’Association des bibliothécaires de France réaffirme que la censure n’a pas sa place en bibliothèque, à la suite de l’intervention d’un maire auprès d’une professionnelle pour empêcher l’acquisition d’un roman. S’appuyant sur le cadre légal, l’ABF rappelle que les collections doivent être pluralistes et exemptes de toute pression idéologique, politique ou religieuse. 

03/03/2026, 13:20

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Éditeurs, agences, organisations... Quels lobbys pour le secteur du livre ?

Lobbies, groupes de pression ou d'influence... Peu importe leur dénomination, ces entités tentent d'influencer le débat public, le vote des lois et la politique de l'État. Le secteur du livre, dont les logiques sont parfois industrielles, n'échappe pas à ce phénomène. Des données publiées par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) permettent de dresser une carte du lobbying en 2024, avec une présence forte des éditeurs et des organismes de gestion collective.

02/03/2026, 16:19

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Amazon, Microsoft, Fnac-Darty... Les lobbys des multinationales à l'assaut du livre

En tant qu'industrie culturelle aux importants revenus, doublée d'une capacité d'influence non négligeable, le secteur du livre et son encadrement suscitent bien des convoitises. Quelques multinationales aux moyens conséquents n'hésitent pas à solliciter les représentants publics, afin d'influer sur les votes ou la politique générale. En 2024, Amazon et Fnac-Darty se sont montrés particulièrement offensifs...

02/03/2026, 16:18

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Lobbys et groupes de pression : une transparence insuffisante ?

Comme d'autres industries et secteurs culturels, le livre n'échappe pas aux pouvoirs de lobbies et groupes d'influence, qui informent les décisions publiques, mais tentent aussi de les orienter à leur profit. Afin d'encadrer ces pratiques et d'éviter des dérives dommageables pour la démocratie, quelques obligations existent, malgré tout très limitées.

02/03/2026, 16:18

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Perrette is The New Queen – et si la laitière avait toujours eu raison ?

Les occasions de rêver, sans arrière-pensée ni messages d’alerte subliminaux, devenant assez rares, j’ai pris comme une bouffée d’oxygène, en une sorte de flash réconfortant, l’image de Perrette et de son fameux pot au lait, rendue populaire par Jean de La Fontaine (Fables, Livre VII).

02/03/2026, 15:53

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Le tarot : un mystérieux et fascinant jeu de cartes…

À la fin du Moyen-Âge, dans les années 1430, un jeu somptueux fut créé pour le divertissement des riches aristocrates de l’Italie du Nord. Ses cartes magnifiques, enluminées et dorées à l’or fin, se répandent dans les cours italiennes. Et depuis lors, ce jeu, appelé « jeu des triomphes » puis « tarot », fascine les esprits…

02/03/2026, 11:43

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Trump bannit l’IA Claude : un scénario que John le Carré aurait reconnu

Le 27 février 2026, Donald Trump a ordonné à toute l'administration américaine de cesser d'utiliser l'IA d'Anthropic. Derrière la décision : une opération militaire au Venezuela, un garde-fou automatique, et un refus maintenu sous pression directe de la Maison-Blanche. John le Carré aurait reconnu cette histoire. Il l'avait déjà écrite.

01/03/2026, 10:02

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“Pourquoi je suis partie ? Une maison d’édition ne se construit pas avec des tableurs”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 9. Grand final. Oui, je respire encore. Il aura fallu des semaines de négociations pour aboutir. Je m'appelle Victoire. J'ai décidé de tout envoyer paître. Je vous annonce que je me casse, pour retrouver mon indépendance, dans un cadre respectueux et factuel.

27/02/2026, 16:57

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Fille de pute censuré : quand la fiction révèle les fractures du réel

Un maire refuse l’acquisition d’un roman dans une médiathèque municipale. Le livre : Fille de pute, de Swann Dupont. Les motifs avancés sont connus. Pas de règlement voté, donc pas d’achats, considère le maire. Et puis, n'oublions pas la protection des mineurs, donc l'impérieuse prudence. D'ailleurs, le titre du livre lui-même, voyez-vous... même sans lire le bouquin, pas besoin d'aller trop loin. Pourtant, la lecture de ce récit fait assez mal à la réalité. 

25/02/2026, 16:43

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Parenthèses à Hong Kong : une librairie dédiée aux rencontres et à la langue française

Il existe, en plein centre de Hong Kong, une librairie française - mais il serait plus juste de dire francophone - nichée dans le quartier animé de Sheung Wan, au beau milieu des gratte-ciel, des tramways grinçants - que l’on appelle ici ding-ding - et du flux continu des passants.

24/02/2026, 17:25

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Municipales 2026 : les archivistes interpellent les futurs maires

À l’approche des élections municipales de mars 2026, l’Association des archivistes français (AAF) intensifie son plaidoyer. L’organisation lance un appel national aux maires sortants candidats à leur réélection ainsi qu’à l’ensemble des futur·es candidat·es, les invitant à s’engager formellement en faveur d’une gestion rigoureuse des archives communales et intercommunales.

24/02/2026, 14:48

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Fille de pute, victime de la censure : un maire peut-il interdire un roman en médiathèque ?

Qu’une médiathèque de l’Orne reçoive des conseils du maire, quant aux ouvrages qui ont droit de cité ou non dans les étagères, voici qui étonne. Le titre du récit que Swann Dupont a publié chez Istya & Cie, peut-être – Fille de pute –, mais l’argument serait court. Dans une longue tribune, l’autrice détaille cette étonnante situation et combien l’interventionnisme de l’édile va à l’encontre du sens commun – pour ne pas dire, du bien commun.

23/02/2026, 16:43

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Retraites d’auteurs : “Un dispositif créé pour ne pas fonctionner” que l’État a laissé pourrir

Cette tribune naît d’une plongée dans le scandale Agessa, de ces mois passés à s’enliser dans un marécage administratif où chaque démarche enfonce davantage. Derrière les formulaires, les silences et les réponses dilatoires, se dessine un système qui exige des victimes qu’elles financent leur propre réparation. Ce récit d'Henri Fellner expose les rouages d’un piège institutionnel, ses acteurs, ses complicités et les forces qui s’acharnent à maintenir les auteurs hors du droit commun. 

23/02/2026, 12:02

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Pas de cartes postales : “Mon premier livre vendu, c’était une biographie du Che”

Sur le quai de l’Hôtel de Ville, Pierre est assis avec son camarade Maxime. L'ancien libraire et chineur invétéré nous présente ses « outils » : des textes « utiles », des archives de luttes, des classiques qui reviennent, des fonds devenus introuvables ou presque - et surtout, des ponts.

20/02/2026, 18:22

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Les documentalistes territoriaux, un “rôle fondamental” dans la vie publique

À l'heure de la remise en cause de la fiabilité des informations par les intelligences artificielles génératives, de la post-vérité et d'une réduction drastique des dépenses publiques, les documentalistes territoriaux et leurs services sont menacés. L'association des spécialistes de l'information-documentation, Interdoc, appelle dans une tribune à maintenir les moyens et missions des documentalistes, et qualifie leur rôle dans la vie publique de « fondamental ».

19/02/2026, 11:25

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Spectacle vivant : l’intersyndicale annonce une crise “d’une gravité exceptionnelle“

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, l’intersyndicale du spectacle vivant public alerte sur une crise d’une « gravité exceptionnelle ». Les organisations dénoncent les effets de la loi de finances, l’effondrement des financements territoriaux et les menaces pesant sur l’intermittence. 

17/02/2026, 12:40

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Witold Gombrowicz, l’ennemi radical des identités figées

Dans cet article, Charles Garatynski relit l’œuvre de Witold Gombrowicz comme une entreprise radicale de déstabilisation des identités, des rôles et des formes sociales. De Ferdydurke à Cosmos, l’écrivain polonais apparaît comme un penseur de l’inauthenticité, pour qui la littérature devient un espace de résistance contre les assignations culturelles, nationales et symboliques.  

09/02/2026, 16:33

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Livres jeunesse : la classification proposée par le RN, “fausse bonne idée”

Le député d'extrême droite Julien Guibert (Nièvre, Rassemblement national) a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à instaurer un système de classification par âge des ouvrages destinés aux jeunes et aux adolescents. Une initiative accueillie fraîchement par pratiquement toutes les professions du secteur : l'Association des bibliothécaires de France ajoute en effet ses propres arguments pour écarter l'idée, dans une tribune reproduite ci-dessous en intégralité.

09/02/2026, 10:13

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L’Amérique au bord du précipice : pourquoi la culture renversera Donald Trump

L’Amérique tangue, ivre de sa propre légende, coincée entre les néons sales du pouvoir brut et les fantômes électriques de Ginsberg qui hurlent encore sur l’asphalte. Dans le cockpit, un milliardaire enragé joue avec les boutons rouges comme un enfant trop riche dans un magasin d’armes. Pourtant, sous la tôle froissée, le moteur démocratique gronde. Les poètes, les musiciens, les libraires, les profs, les types fatigués qui votent sans illusions tiennent encore la ligne. Ce texte parle d’une chute possible. Mais surtout d’une résistance culturelle qui mord, qui encaisse, qui refuse de plier. Par Mathias de Breyne.

06/02/2026, 14:08

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“Norma Jeane Baker était une femme. Marilyn Monroe était un mythe”

De la découverte sidérante de la mort de Marilyn Monroe à l’enquête intime sur Norma Jeane Baker, ce Daniel Charneux retrace ici une fascination née dans l’enfance et devenue projet littéraire. Entre mémoire personnelle, immersion dans les archives, films et biographies, et réflexion sur l’identité, l’auteur traque la femme derrière l’icône. Une plongée sensible dans la fracture entre mythe hollywoodien, violence médiatique et destin humain brisé. Il publie ce 5 février I'm not M.M. chez Arléa.

04/02/2026, 09:00

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Derrière la perquisition de Violette and Co, une “procédure absurde”

La perquisition de la librairie parisienne Violette and Co, le 7 janvier dernier, pour la vente d'un livre de coloriage sur la Palestine, a largement choqué le monde du livre. L'intervention policière paraît en effet disproportionnée, pour un titre qu'il était alors légal de proposer au public et qui a depuis fait l'objet d'un avis défavorable d'une commission très critiquée, au fonctionnement opaque... L'Observatoire de liberté de création réitère son appel à une réforme de l'encadrement des publications jeunesse, dans un courrier à trois ministres reproduit ci-dessous.

03/02/2026, 11:05

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Traductions automatisées : un modèle “indigne” chez Harlequin

Le monde feutré de la romance industrielle craque sous le bruit sec des algorithmes. Harlequin confie ses traductions à une IA générative, sous contrat avec Fluent Planet, reléguant les traducteurs humains au rôle de réparateurs sous-payés de phrases-machines. Tarifs écrasés, post-édition déguisée, clause de silence imposée : dans une tribune, le SNAC dénonce une fuite en avant où l’innovation sert d’alibi à la casse sociale et au contournement du droit d’auteur.

31/01/2026, 10:05

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“Une création à deux vitesses” : le Off d’Avignon alerte sur la réforme des aides à l’emploi

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Culture Rachida Dati, l’association Avignon Festival & Compagnies dénonce le nouveau décret modifiant le FONPEPS, le fonds public de soutien à l’emploi dans le spectacle vivant. En cause : la réforme du dispositif APAJ, une aide destinée à soutenir l’emploi des artistes dans les spectacles joués dans des salles de petite jauge, là où les recettes de billetterie sont insuffisantes pour couvrir les coûts salariaux. 

28/01/2026, 18:03

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E-commerce et librairies indépendantes : et si un autre modèle était possible ?!

Alors qu’Amazon contourne sans vergogne la loi Lang tout en bradant les frais de port, une prise de conscience de la part des lecteurs s’opère et ralentit la croissance du géant du web sur le livre. On espère ce sursaut citoyen durable, mais pour l’heure, il n’est pas suffisant pour sortir les librairies indépendantes de l’ornière. Leurs frais fixes grimpent d’année en année et l’augmentation du prix du livre ne suffit pas à compenser le déclin de la lecture. Par Amandine Pacaud.

27/01/2026, 16:12

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Hitler contre Artaud : comprendre une confrontation imaginaire

Entre 1930 et 1932, Antonin Artaud séjourne à plusieurs reprises à Berlin, au moment même où la République de Weimar s’effondre. À partir d’archives, de lettres, de manuscrits et d’une relecture attentive des textes asilaires, Ilios Chailly retrace ces séjours berlinois et interroge l’une des affirmations les plus troublantes d’Artaud : sa rencontre supposée avec Adolf Hitler.

27/01/2026, 13:06

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“Les poètes inconnus majoritaires, le public les conspue”

La poésie se joue souvent sous néon blafard, entre un verre tiède et une rage froide. Ici, on dégoupille la grenade avec un sourire carnassier : la Maison de la poésie, ses VIP, ses têtes d’affiche, son petit théâtre bourgeois. Le texte grince, éructe, ricane. Un pamphlet en roue libre, entre PMU, Johnny imaginaire et satire sociale, où la littérature se cogne au star-system comme un poète contre une vitrine.

27/01/2026, 11:33

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Heated Rivalry : comment une romance entre hockeyeurs a déclenché une folie mondiale

Il y eut After, Calendar Girl et bien d'autres : un autre phénomène se profile, sur fond de patinoire. Heated Rivalry, romance sportive homosexuelle d'après l'oeuvre de Rachel Reid, connaît un engouement fulgurant depuis son adaptation télévisée – avec un raz de marée sur les livres en bibliothèques et librairies américaines. Parue sans faire de bruit en France dès 2021 (avant de disparaître des rayons), la saga reviendra dans une nouvelle traduction. 

24/01/2026, 10:38

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Diffusion du livre photo : résoudre “l’impossible équation économique“ des éditeurs

« La réalité d’un livre photo, c’est qu’on le conservera durant une année entière. Et au moment où l’on se décide à le renvoyer, un client le sauvera du retour pour l’acheter. » Cette théorie, qu’une libraire présente dans la salle du Musée de Picardie expose comme amplement vérifiée, concluait les échanges avec humour et délicatesse. Pour autant, l’anecdote dit quelque chose de cette difficulté de diffusion…

22/01/2026, 18:24

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Les livres de photos “nous arment contre la violence de notre monde d’images”

À l’occasion de la journée de sensibilisation au livre de photographie organisée à Amiens, ce 22 janvier par France Photobook, Éric Cez a ouvert les échanges en proposant un autre regard. Cofondateur de la maison d’édition Loco et président de l’association, il invite à « nous armer contre la violence de notre monde d’images », par la photographie.

22/01/2026, 11:00

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“Il faut s’organiser collectivement pour se défendre concrètement”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires a tenu, vendredi 16 janvier 2026, une conférence de presse à l’annexe de la Bourse du travail de Paris. Ses membres, aux côtés d’autres acteurs engagés du monde du livre, y ont dénoncé la multiplication des attaques d’extrême droite contre les librairies et le climat politique, policier et médiatique qui les rend possibles. Un fait jugé inédit depuis des décennies a été particulièrement souligné : la perquisition, le 7 janvier dernier, de la librairie féministe Violette and Co.

16/01/2026, 18:22

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L’industrie du livre, ou l’art délicat de se concentrer en feignant de s’en foutre

Il y a dans l’industrie du livre quelque chose d’un ballet étrange : une danse de bilans déficitaires, de discours vertueux, de concentrations “raisonnables” et de communiqués qui jurent, la main sur le cœur, que tout cela se fait au nom de la diversité. On fusionne pour mieux défendre la pluralité, on rationalise pour préserver la création, on licencie pour sauver la chaîne du livre — cette créature mythologique que tout le monde invoque mais que plus personne ne nourrit vraiment.

16/01/2026, 12:22

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Pierre Bordage, trente ans d’amitié et de traversées

Marion Mazauric rend hommage à Pierre Bordage, compagnon de route et géant de l’imaginaire, en retraçant trente ans d’amitié, de livres et d’audace littéraire. Un texte personnel et puissant, à la mesure d’un écrivain dont l’œuvre et la vie n’ont jamais cessé de se confondre. Voici l’hommage que le Diable lui a rendu par la voix de Marion Mazauric.

15/01/2026, 11:45

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Laâyoune, en attendant : entre football et Maroc, le Sahara face au réel

“Les sources“. En arabe, cela se dit Laâyoune, aujourd’hui la plus importante ville du Sahara occidental. Riche en nappes phréatiques dans une zone de désert, la ville a toujours représenté un lieu de repos. Et d’approvisionnement. En eau. Donc en vie. Et c’est là que Nicolas Rouillé installe son nouveau livre, Laâyoune, en attendant. Et malgré le silence du désert, de nombreux échos se font entendre. 

14/01/2026, 11:15

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Répression en Iran : lettre ouverte d'un photojournaliste au président Emmanuel Macron

Dans une lettre ouverte, le photojournaliste franco-iranien Reza Deghati interpelle le président de la République, Emmanuel Macron, sur la répression en cours en Iran. À travers le destin de Rubina, jeune étudiante tuée lors d’une manifestation, le photojournaliste franco-iranien appelle la France à un sursaut politique et moral.

13/01/2026, 12:43