Une enseignante du collège Saint-François d’Assise (Yvelines) avait donné l’alerte. Et dans un courrier rageur, signé par consœurs et confrères, Antoine Gallimard était interpellé. En cause, un « viol […] tout à fait explicite » dans un roman, recommandé pour les 9/12 ans. La réponse de l’éditeur, adressée aux enseignants, vient de parvenir à ActuaLitté.
Le 26/01/2023 à 14:38 par Clément Solym
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26/01/2023 à 14:38
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En découvrant le livre de Paula Jacques, Blue Pearl, le corps enseignant de ce collège-lycée privé a frémi. Ce récit parle d’esclavage et de traite des noirs dans une plantation de Virginie du sud — donc de la violence exercée par les maîtres sur leurs esclaves.
« Comment pouvez-vous proposer à de jeunes lecteurs un livre aussi violent ? », interrogeaient-ils, indignés par cette lecture. De malaise en mal-être, le paroxysme était dénoncé lors d’une scène d’agression sexuelle, au chapitre 13. Et de conclure que la maison Gallimard jeunesse avait trahi leur confiance, déplorant « les conséquences psychologiques néfastes que pourrait avoir une telle lecture sur de très jeunes lecteurs ».
À LIRE : Des enseignants de collège indignés par le viol d'une esclave
Dans la réponse que le président du groupe éponyme leur adresse, Antoine Gallimard se désole de lire que l’ouvrage les « a heurtés en ce qu’il comporterait des scènes mal adaptées à un public de jeunes collégiens ». Et propose quelques éléments permettant de mieux comprendre tant la démarche de l’autrice que celle de ses éditeurs.
Paula Jacques a en effet l’histoire d’une jeune esclave noire dans le sud des États-Unis au XIXe siècle, portant une attention particulière au « contexte historique dans sa réalité violente ». Et ce, sans omettre « abus sexuels dont les jeunes filles esclaves étaient souvent victimes », indique Antoine Gallimard. Or, « le récit d’une tentative de viol […] une scène centrale […] n’est à nos yeux ni gratuite ni complaisante ».
Il nous semble également que l’autrice, au-delà des aspects dramatiques, a montré la force et les ressources de la jeune fille, l’espoir d’une condition meilleure, une course résolument tournée vers l’avenir et la reconquête de sa dignité.
– Antoine Gallimard
Et d’évoquer les critiques favorables que l’ouvrage a reçues, lesquelles ne minimisaient pas la dureté de Blue Pearl. Que ce soit France Inter, Télérama, Mon quotidien ou Le Parisien et même Les Échos, le texte a fait l’unanimité. Dans la presse, on insistait « sur la qualité littéraire, et parfois la nécessité, du texte », ajoute-t-il.
En outre, l’Association des Bibliothécaires de France et celle des Librairies Spécialisées Jeunesse — Librairies Sorcières — ont également salué le roman, qui avait été retenu en première sélection du Prix Sorcières 2021. « Un délicat roman historique qui retrace le quotidien d’une petite fille esclave, et le périple de sa famille en proie à tous les dangers sur la route vers la liberté », relevait le jury.
De même, le 33e prix des Incorruptibles pour la tranche d’élèves 5e/4e l’avait aussi retenu — leur comité de lecture réunissant 1 200 professionnels du livre et de l’éducation et notamment de très nombreux enseignants et professeurs.
Cette bonne réception nous conforte dans l’idée que ce texte a toute sa place dans notre collection Folio Junior et dans la sélection de notre Prix des collégiens. Si nous comprenons que votre lecture de Blue Pearl a été — et sans doute restera — différente de la nôtre, nous espérons que cette réponse e pu vous éclairer sur nos raisons de publier le roman de Paula Jacques.
– Antoine Gallimard
Car, en somme, cette histoire « reflétait bien notre éditoriale conviction en littérature jeunesse : on peut parler de tout, faire naître tous les débats, tant que la forme est adaptée »
La réponse dans son intégralité est disponible ci-après :
Crédits illustration : marché aux esclaves - The Slave Trade and its Abolition, edited by John Langdon-Davies, Jonathan Cape, London, 1965 © Getty Images
Par Clément Solym
Contact : cs@actualitte.com
Paru le 10/03/2022
152 pages
Editions Gallimard
7,00 €
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Syndicat national de l'édition et Syndicat de la librairie française ont signé, ce jeudi 16 avril, une charte interprofessionnelle sur le prix du livre et le recours aux codes prix. Sous l'égide du ministère de la Culture et du médiateur du livre, le texte vient encadrer, sans contraindre, les pratiques en matière de codes prix et d'évolution des tarifs des ouvrages, deux phénomènes plus fréquemment observés ces dernières années.
16/04/2026, 18:00
Dans Paysages pauvres, Fanny Chiarello explore les marges urbaines et rurales au rythme de la course, transformant l’errance en geste d’écriture. Entre relevé sensible et dérive poétique, elle cartographie un territoire où le regard se déplace autant que le corps. Un texte hybride, à la fois récit, essai et déclaration d’amour aux espaces délaissés.
16/04/2026, 17:33
L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié, ce mercredi 15 avril, l'indice des prix à la consommation pour le mois de mars 2026, ainsi que l'évolution des prix sur un an. Pour les livres, entre mars 2025 et mars 2026, l'augmentation est estimée à 0,9 % par l'Insee. L'inflation ralentit, puisque la variation annuelle entre 2024 et 2025 atteignait 1,2 %.
16/04/2026, 12:01
L’Afrique du Sud relance le débat sur la régulation du prix du livre. Entre volonté de soutenir les librairies indépendantes et crainte d’une hausse des coûts pour les lecteurs, le projet cristallise des tensions profondes. Inspirée de modèles étrangers, la réforme interroge l’équilibre entre accessibilité, diversité éditoriale et viabilité économique des acteurs du livre.
16/04/2026, 11:54
Le 2 juin prochain, la Bibliothèque publique d'information, relocalisée sur le site Lumière, à Paris, accueillera une journée d'étude, sous l'intitulé « Bibliothèques : lieux des possibles, lieux en tension ? ». Coorganisée par l'institution et l'Enssib, elle proposera notamment un état des lieux des recherches en cours dans le domaine des bibliothèques.
16/04/2026, 10:33
La « méthode Bolloré » s'est à nouveau appliquée au pan éditorial de ses activités, après le licenciement d'Olivier Nora, PDG de la maison d'édition Grasset, le mardi 14 avril. En écartant cet éditeur historique, véritable pilier de la structure, le milliardaire s'est toutefois mis un peu plus à dos certaines figures du catalogue. 115 auteurs et autrices, dont Virginie Despentes, Sorj Chalandon ou Anne Berest, ont ainsi annoncé qu'ils ne signeraient pas leur « prochain livre chez Grasset ».
16/04/2026, 10:24
24 Commentaires
Thierry Reboud
26/01/2023 à 21:17
Faut-il croire que le collège Saint-François d'Assise de Mes-Deux-Gêtres-en-Yvelines aurait souhaité un roman sur l'esclavage sans scènes de violences ? Il ne s'est donc trouvé personne dans ce collège pour se rendre compte du ridicule (sans parler de l'indignité) de la réclamation ?
Soit dit en passant, je trouve qu'Antoine Gallimard a été bien aimable de leur répondre, et plus aimable encore de leur répondre sur ce ton-là.
Christine B.
27/01/2023 à 05:51
Professeur retraitée de l’enseignement privé je ne comprends pas la remarque de cette collègue. Lors de l’inspection pour mon contrat définitif, je travaillais avec mes 6èmes sur ”Le Médecin Malgré Lui” de Molière et j'avais sauté volontairement la très courte scène dans laquelle Martine, menacée d’être battue une fois de plus par son mari Sganarelle (”ma mie, votre peau vous démange à votre ordinaire.”) déclare que pour se venger elle va refuser le devoir conjugal. Les propos qu’elle tient sont clairs pour un adulte mais pas pour un 6ème et je m'étais sentie gênée de devoir les expliquer. Tout comme la référence aux violences conjugales considérées comme ”normales” à l’époque de Molière m’avait semblé difficile à faire comprendre. Mais comme c’était l’introduction, j’avais plongé !
Lors de l’entretien, l’inspecteur m’a déclaré que j’aurais du étudier cette scène qui montrait que les femmes avaient des ressources pour se défendre. Et que les enfants auraient compris car ils étaient au fait de ce qui se passait dans les couples par films interposés. J’ai étudié cette pièce pendant des années très mal à l’aise puis j’ai opté pour un autre texte loin de ce sujet.
Aujourd’hui, la première scène de cette pièce renvoie tous les jours aux propos précédant un féminicide. Je pense que je l’étudierais pour faire comprendre qu’on n’a pas le droit de faire violence aux femmes et à quiconque.
Faut-il aussi interdire l’étude du texte de Voltaire ”Le Nègre de Surinam” qui montre une cruauté légalisée et raciste sous prétexte que ça peut choquer un jeune?
La violence est partout. Le viol doit être dénoncé le plus tôt possible.
C’est à nous les enseignants de le faire en classe qui est le lieu du débat où les élèves peuvent discuter entre eux. C'est très rarement chez eux que ces sujets sont abordés.
Mazon
27/01/2023 à 06:58
Superbe réponse d'Antoine Gallimard qui par sa retenue prive les bigots et les bigotes de prétexte à sur-enchère.
Marie
27/01/2023 à 08:40
Juste, courtoise, mesurée mais "sans réplique" (heureusement!) la réponse de M. Gallimard.
Ridicule, sans vergogne, autoritaire (le pire : "j'ai raison"), la réaction des profs à la lecture de "Blue Pearl".
Des profs qui se permettent de mettre en cause la "création" littéraire dans sa forme !! ...On l' atteint, le fond.
Une 'thécaire
27/01/2023 à 09:41
Déjà, bravo pour la réponse d'Antoine Gallimard.
Ensuite, c'est assez confus : on parle d'abord d'un "viol" dans le titre, puis une scène "d'agression sexuelle", et enfin une "tentative de viol" évoquée dans la réponse de Gallimard. Utilisons les bons termes... au risque d'ajouter de la confusion à la bêtise.
Thomas 75
27/01/2023 à 09:46
Antoine Gallimard, comme les autres commentateurs de cet article ici, répond à côté du problème : ce n'est pas le livre lui-même qui est critiqué, c'est le fait qu'il soit proposé à des enfants.
A lire les autres commentateurs – certains semble-t-il emportés par leur hostilité hystérique au christianisme –, on peut tout faire lire à des enfants, par vénération de la littérature ou pour faire connaître la réalité.
C'est justement ne rien connaître à la réalité de la psychologie humaine, spécialement celle des enfants petits ou plus grands, que de vouloir la traumatiser et marquer durablement et négativement l'imagination. Les dégâts peuvent être considérables. La réaction de ces personnes indignées de l'indignation de pédagogues bienveillants est effrayante, sotte et inhumaine.
Sophie
27/01/2023 à 11:00
Fort heureusement, les enseignants de cet établissement ne sont pas privés de recours.
Contrairement à ce que précise Monsieur Gallimard [cette histoire] « reflétait bien notre éditoriale conviction en littérature jeunesse : on peut parler de tout, faire naître tous les débats, tant que la forme est adaptée », les dispositions de la loi n°49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications à destination de la jeunesse, et ce, dès lors qu'elles sont "de nature à nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral de l'enfance ou la jeunesse". L'ouvrage étant destiné à des enfants de 9/12 ans, n'en déplaise à l'éditeur, tenter une dilution des responsabilités, ne le dégage pas d'un examen de la Commission presse du ministère de la justice.
Actualisant
27/01/2023 à 11:14
Bien étrange remarque : l'ouvrage est sorti en 2020 et a donc obtenu l'approbation de la Commission que vous évoquez. Originellement, cette législation fut construite pour freiner la diffusion de comics américains afin de protéger la jeunesse française du soft power grandissant post-Seconde Guerre mondiale.
Du reste, le site de l'éditeur indique (mais cela a-t-il été modifié ?) Roman à partir de 12 ans
https://www.gallimard-jeunesse.fr/9782075127875/blue-pearl.html
Il est toujours intéressant et le témoignage de Christine B. en atteste, de remarquer que les adultes sont “victimes” de leur propre expérience et de par leurs projections sur un texte, parviennent ou non, à accompagner la lecture et la compréhension des élèves.
Et si ces enseignants ne se sentaient pas la capacité de s'appuyer sur cet ouvrage, nul ne les obligeait à le faire, me semble-t-il. Les limites des adultes se manifestent souvent au détriment des jeunes lecteurs : cette situation semble bien l'illustrer.
Cela revient encore et toujours à cette interrogation : qui autorise qui à lire quoi et comment ?
Sauf qu'y répondre revient à se définir soi en tant que lecteurs et certainement pas en tant que personne à même de conseiller des lectures.
Marie
27/01/2023 à 13:26
Notre société est malade de l'étiquetage, de la mise en "cases". Chacun pense, non par soi-même, mais par intermédiaires. Quels parents indignes que de laisser leur enfant, dix ans, piller leur bibliothèque et lire "Lettres de prison" de Gabrielle Russier ainsi que des San Antonio?
Thierry Reboud
27/01/2023 à 13:26
Cher monsieur Soixante-quinze, dois-je comprendre que, selon vous, il est choquant de proposer à un lectorat enfantin (enfin... enfantin de collège, tout de même, nous ne parlons pas d'école primaire) un livre dans lequel est décrit un viol mais qu'a contrario vous ne trouvez rien de choquant au fait qu'on propose à ce même lectorat un livre dans lequel des êtres humains sont vendus, exploités... et violés ?
Olivier
12/02/2023 à 11:30
9 ans, c'est justement un âge d'école primaire. Or ce livre, avant la polémique, a été édité par Gallimard avec une recommandation aux 9-12 ans.
De plus, ce n'est pas parce que la levée de boucliers est venue d'enseignants que le débat doit être considéré exclusivement du point de vue scolaire, sans quoi effectivement tout se résumerait à accompagner (ou non) un lecteur apprenant et à mettre ce livre à l'étude (ou non).
Mais quand Gallimard (ou un autre éditeur de renom) recommande un livre dés 9ans, ça vaut comme un feu vert pour un achat en confiance par les parents de ses enfants, et idem pour les bibliothécaires, etc. à l'issue de quoi ces enfants liront le livre sans aucun accompagnement.
Ça n'enlève rien aux constats légitimes quant à la qualité littéraire du livre ou la nécessité de son propos, et qu'il existe bien des lectures pires que les enfants peuvent trouver ici ou là dans la bibliothèque parentale, et qu'il y a des contenus autrement violents à la télévision ou sur internet, etc. Mais ce n'est pas le sujet car dans tous ces cas là, aucun éditeur jeunesse n'en a fait la recommandation dés 9 ans.
D'ailleurs, le concours des Incorruptibles mentionné par M Gallimard dans sa réponse, après lecture de son comité de sélection ne s'y est pas trompé, en retenant ce livre dans sa sélection 5e/4e et non CE2/CM1.
Mazon
27/01/2023 à 15:47
Bon et ce soir vos enfants passent leur soirée devant les émissions télé du très catholique Bolloré et surtout les émissions d'un certain Cyril Hanouna.
JLF
29/01/2023 à 21:07
T.R., ne vous fatiguez pas. Vous parlez à des taureaux furieux qui foncent sur le premier chiffon rouge qui passe. La dernière phrase du tir de 75 contient tous les poncifs de la pensée woke. J'adore quand la malveillance s'affuble de l'épithète "bienveillance".
JLF
29/01/2023 à 21:10
Ce qui est effrayant, sot et hélas terriblement humain, cher M. 75, c'est que vous écrivez votre petite homélie manifestement sans avoir lu un mot du livre de Paula Jacques. Votre considération sur la supposée "hystérie anti-chrétienne" de vos interlocuteurs est particulièrement (pardon, mais vous favorisez l'adverbe) éloquente.
Christine B.
30/01/2023 à 00:32
Merci pour cette diatribe...
Professeur de français retraitée (Master 2), je me permets de vous signaler que la littérature s’appuie sur la réalité ou la déforme. Et les enfants ne sont ni sourds ni aveugles à leur environnement.
Même les contes racontés aux petits sont violents. Et pourtant ils sont éducatifs, composés dans ce but depuis le début de l’expression orale. ”Le petit chaperon rouge” met en garde les enfants contre les hommes prédateurs représentés par un loup terrifiant (photo préventive dans les journaux, il y a quelques années)... Des situations familiales d’une grande violence sont proposées: le Petit Poucet est abandonné par des parents dans la misère... Blanche Neige est victime de sa belle-mère... il y en a tant où des ogres dévorent les enfants... sans oublier la cruauté du cyclope (dont il existe des embryons dans des bocaux vus sur des photos dans l’encyclopédie Universalis) dans l’Odyssée au programme des 6èmes.
Selon vous, il ne faudrait pas étudier ”Le Médecin Malgré Lui ” de Molière puisque Sganarelle bat sa femme et sera battu à son tout... Traumatisant! Ni ”Le Nègre de Surinam”, excellent texte argumentatif, gifle magistrale aux lecteurs de son temps, qui faisait réagir et débattre mes élèves de 4ème avec pourtant une description brève des supplices imposés...
Mon inspecteur pédagogique ne partageait pas votre avis.
Simplement, pour éviter ce genre de situation, il faut lire les ouvrages avant de les faire lire aux élèves, connaître bien ses élèves et parfois programmer le livre plus tard, en accord avec l’équipe pédagogique, et même consulter son inspecteur qui est toujours de bon conseil. Ou trouver un autre texte.
Et je voudrais ajouter que les propos dictés par la colère peuvent être blessants et qu’on apprend à nos élèves du public comme du privé à rester posés. C’est ça aussi l’école.
CéCédille
27/01/2023 à 11:21
"Le corps enseignant de ce collège-lycée privé" a-t-il lu Tamango de Prosper Mérimée ?
https://diacritiques.blogspot.com/2019/07/prosper-merimee-et-la-traite-negriere.html
En interdit-il la lecture à ses élèves ? Prône-t-il le retour à l'Index librorum prohibitorum ?
Marc
27/01/2023 à 11:26
C'est de la pub pour ce roman ?
Marinq
27/01/2023 à 14:05
Je comprends qu'on puisse être choqué par ses évocations pour autant la jeunesse d'aujourd'hui n'a pas besoin d'un livre pour être confrontés a ce type d'horreur : racisme ou violences sexuelles.
Le but pour les professionnels seraient alors d'étayer la compréhension de ce roman pour participer à créer une nouvelle société plus à même de comprendre le respect de l'autre.
L'important est qu'il y est un adulte pour accompagner tout cas en fait. Pouvoir débattre, comprendre, faire changer des stéréotypes par exemple. Il n'y a pas d'âge pour être confrontés a ce genre de choses dans la réalité de leurs existences. Autant qu'il puisse en débattre avec quelqu'un (leur prof) capable de faire évoluer leur mentalité.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne...
Stéphane
27/01/2023 à 15:59
Comme d'habitude et depuis des décennies ce type de conflits est régulier dans les écoles françaises. La réponse est toujours la même : décrire la souffrance, la bêtise humaine et la résilience.... Sinon nos jeunes n'auront pas les références intellectuelles pour leur permettre de sortir de ce cercle vicieux qu'ils pourraient connaître une fois la formation initiale terminée. Les préparer à un maximum d'eventualités négatives et contrapositives renforcent les moyens de résilience face à l'indicible. Le devoir exigeant est d'accompagner l'analyse de ces textes pour déconstruire la violence et instruire la résilience.
Lyo
28/01/2023 à 11:16
D'où la nécessité d'utiliser des TW, je ne comprends pas pourquoi ça fait polémique. Il s'agit juste de prévenir et ça éviterait ce genre de situation
Surtout que la réponse est à côté de la plaque, il n'y a aucun souhait de censure, juste des profs qui ont eu la mauvaise surprise de découvrir ce passage et du coup la question des maturité des enfants se posent.
A mon avis, les problématiques de viol, ça revient aux parents d'aborder ce sujet avec leurs enfants et ça ne rentre pas du tout dans les compétences d'un prof qui est là pour enseigner et non éduquer.
Il ne s'agit pas de faire une analyse du texte, mais d'expliquer le contexte et la problématique. Et si les parents n'ont pas encore abordé le viol avec leurs enfants, il n'y a pas trop possibilité d'analyse littéraire.
C'est plus un texte de niveau fin collège - lycée.
JLF
29/01/2023 à 21:01
Si les professeurs qui proposent des livres à leurs élèves commençaient par étudier les textes, vous pourriez vous coller vos TW ("Trigger Warning", un genre de déclinaison des "Sensitivity Readers", autre saleté d'essence puritaine anglo-saxonne) dans le placard de votre choix. Bien à vous.
Lyo
30/01/2023 à 17:33
Mec, va péter un coup, calme toi et relis ce que j'ai mis.
Les TW c'est pas un censure mdr. C'est comme les avertissements dans les films.
JLF
30/01/2023 à 20:59
La grâce à l'état pur !
JLF
29/01/2023 à 20:52
On va le dire poliment : y en a marre de l'insigne stupidité. La réponse d'Antoine Gallimard est imparable. Que cette dame retourne gentiment dans son terrier. La grande Paula Jacques n'a de leçon de morale ou de féminisme à recevoir de personne.