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Les Ensablés - L’œil et la connaissance de Jean-François Revel

« Philosopher n’est pas régner sur les connaissances du reste du genre humain comme un lointain propriétaire terrien sur des domaines qu’il administre nonchalamment et ne visite jamais. » (Revel, La connaissance inutile) Visitons ensemble le domaine de Jean-François Revel. Son nom est familier à ceux qu’intéressent les joutes politiques qui eurent lieu entre les années soixante-dix et le début du vingt et unième siècle. C’est un nom aimé ou détesté selon le bord duquel on considère ces choses. Par Antoine Cardinale.

Le 21/03/2021 à 09:00 par Les ensablés

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21/03/2021 à 09:00

Les ensablés

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Son œuvre appartient donc principalement au monde de la controverse politique, mais aussi, par la formation qui fut la sienne, par la hauteur où il situe sa critique, à celui de la philosophie.

Certes les livres par lesquels il alimenta régulièrement ces controverses, grands succès de librairie, sont aujourd’hui moins lus. On gagnerait cependant à les rouvrir, car il fut un libéral d’une espèce assez rare en France. S’il appartint clairement à la gauche, la publication de Ni Marx ni Jésus en 1970, puis La tentation totalitaire en 1976, ouvrages dans lesquels il rend compte de l’échec total du socialisme, le firent tomber à droite. Celui qui repéra dans l’antilibéralisme la convergence entre l’extrême droite et l’extrême gauche reconnaîtrait dans notre époque un paysage familier ; j’ajoute qu’en signalant que la première de toutes les forces qui mènent le monde est le mensonge, il continue, hélas, à nous éclairer utilement. Plutôt que dans la droite de gouvernement, on le situerait aujourd’hui pas très loin des libertaires et si on devait céder à l’absurde tentation de faire parler celui qui s’est tu, je jurerai qu’il serait partisan de la légalisation du cannabis, qu’il aurait écrit une défense de l’intelligence artificielle ou celle du génie génétique ; qu’il aurait visé le communisme chinois comme il le fit pour la croulante URSS.

On l’aura compris, défenseur de la liberté et de la raison, il fut l’ennemi du conformisme et de la confusion intellectuelle, et à ce titre il traqua etdénonça ces travers dans la politique et dans la philosophie. Et les arts ?

Nous allons examiner un ouvrage singulier dans son œuvre : L’œil et la connaissance. Il s’agit d’un recueil d’articles consacrés à l’art, articles rassemblés à la fin de sa vie, au moment où il publie ses Mémoires, LeVoleur dans la maison vide. Jean-François Revel n’a pas jugé inutile de regrouper ces articles qui remontent aux années cinquante et on peut penser qu’il y attachait plus d’importance qu’il ne l’avoue. Je veux penser qu’il voulut compléter ses Mémoires en documentant, à part, son attirance pour les arts.

Les articles furent écrits entre 1957 et 1966 pour Connaissance des arts et pour l’Œil. Jean-François Revel ne prétend pas à des découvertes ni même à des analyses complètement originales. Il réalise, de son propre aveu, un travail de vulgarisateur, mais sans simplifier les problèmes et sans brouiller les données. Il choisit assez souvent de sortir des sentiers battus de l’histoire de l’art et d’éclairer un domaine peu connu, ou une question ressassée par ailleurs, mais observée sous un angle original. Une exposition, un livre ou l’actualité artistique forment généralement le support de l’article.

Il aime, en rationaliste, définir clairement les problèmes, améliorer les définitions. Mais par-dessus tout, en admirateur de Hippolyte Taine, il met en avant les personnalités représentatives : peintres et architectes bien sûr, ou grands écrivains comme Taine ; mais aussi les personnalités périphériques qui constituent l’écosystème de l’art : les collectionneurs, comme Jacques Doucet, les marchands comme Paul Guillaume, les figures curieuses comme le consul Smith, Charles Henry, le chercheur un peu fou ou bien le guide Karl Baedeker. Par-là, il réussit à être un bon pédagogue, ce à quoi, souligne-t-il tranquillement, mon métier de professeur me prédisposait.

Le livre ne reprend pas, et c’est bien regrettable, les articles que Jean-François Revel écrivit pour le Figaro, pour L’Express et d’autres publications et dont on trouvera quelques échantillons dans Contrecensures.

C’est donc au journaliste que nous allons nous intéresser : non pas au journaliste politique, mais à celui, moins connu, que M.Fumaroli nomme l’autre Revel, (cette désignation est bien sûr un procédé rhétorique, fait pour piquer notre curiosité, à la façon de ces journaux qui titrentsur La vie caché de… et Revel eût trouvé à redire à cette idée sensationnelle de dédoublement de la personnalité).

Ipercritico e pernicioso

Dans sa préface, l’auteur avoue que si sa passion pour l’art fut ancienne, c’est à Florence, de 1952 à 1956, dans l’amitié de Bernard Berenson et de Roberto Longhi, éveilleurs prodigieux, que se dévoila pour lui ce qu’il appelle l’histoire de l’art sérieuse. Il découvrit alors que cette discipline, dont on comprend entre les lignes qu’il ne la tenait pas en haute estime, pouvait conjuguer le respect de sources historiques, la rigueur de l’analyse et le talent littéraire. Il enseigna quatre années à Florence. Ce normalien à la solide structure intellectuelle se forma à l’art selon ses propres moyens, au contact des œuvres elles-mêmes et par de nombreuses rencontres, et particulièrement celles de maîtres de toutes nationalités qui allaient le mettre à l’abri, dans ce domaine comme dans les autres, de ce provincialisme qui est la plaie de la culture de notre temps.

Il en profite pour écrire un livre curieux, Pour l’Italie, qui offre une image bien éloignée, hypercritique et pernicieuse, des poncifs du tourisme romantique. Il faut s’intéresser un peu à ce livre qui est comme la préface vécue d’une expérience esthétique totale. Jean-François Revel s’y livre à un ahurissant jeu de massacre dans lequel la mauvaise foi et l’exagération ne sont pas toujours absentes. Ce travail d’ethnographe un peu malveillant reçut les félicitations de Claude Lévi-Strauss — qui n’avait pour ainsi dire jamais mis les pieds en Italie —, et de Louis Althusser qui fut le professeur de Revel à l’École Normale.

L’auteur décrit l’Italie de 1956 : un pays où, selon lui, on ne connaît plus la musique ni la peinture ; dans lequel les cercles cultivés, en fait de littérature, vénèrent encore et presque seulement Manzoni. Le goût est provincial et ombrageux ; on jalouse les nouvelles capitales de l’art modernes, et partant, les tendances qui s’y développent. Et cependant, par extraordinaire, l’Italien cultivé pousse l’audace vers la création contemporaine, il se dirige vers des œuvres et des artistes sans intérêt qui singent les avant-gardes de Paris et de New York. Ce qui n’empêche pas le même Italien de s’imaginer que le monde entier a les yeux tournés vers les grandes époques de l’art italien.

Dans l’Italie de Revel, l’art et la morale sont célébrés partout, et ne sont nulle part : c’est le peuple le plus matérialiste du monde et le plus tranquillement immoral. La cuisine est limitée à quelques plats assez identiques, réalisés ad nauseam ; les cuisines venues d’ailleurs y sont absolument ignorées et les cocktails qui réjouissent Saint-Germain parfaitement inconnus. Les femmes sont désespérantes de conformisme, et quoique jolies, elles sont affligées d’une sorte delaisser-aller qui décourage toute séduction : leur jeunesse n’est de toute façon pour elles que l’ennuyeuse salle d’attente d’un mariage avantageux. Les professeurs, souvent de qualité, doivent faire avec des étudiants parfaitement nuls, et les examens se réduisent à une ennuyeuse conversation dans laquelle l’étudiant — c’est l’exercice convenu — doit tenter d’émouvoir le professeur. On met en avant combien le diplôme est nécessaire pour avoir une place, pour pouvoir se marier ou pour rendre à ses parents tout le bien qu’ils ont fait.

C’est essentiellement un peuple névrosé, des hommes et des femmes incapables de relations simples et saines, un milieu intellectuel de valeur souvent, mais prolétarisé et comme dépaysé dans son propre pays ; l’Église catholique, dictant des mœurs absurdes et un Parti communiste puissant, mais d’un désespérant conformisme moral.

L’auteur, on l’a dit, exagère et déforme. Les énormités tombent dru : la peinture italienne est inférieure à tout : c’est dans Rembrandt et Goya que se trouvent les bons exemples à admirer, et même Bourdichon ou Fouquet peignent avec plus de vérité ; l’Italie depuis la Renaissance traverse un désert de médiocrité artistique dont le catholicisme porte l’entière responsabilité ; la littérature italienne est encore pire, et c’est tout dire de sa médiocrité que de citer I promessisposi pour le chef-d’œuvre national.

Mais quoi de neuf au fond ? Ce fonds d’ignorance, de superstition et de sottise a toujours existé dans le caractère national, et déjà les écrivains français s’amusaient à en relever, avec gourmandise, quelques échantillons : que la route ouverte dans le Simplon est cause que l’on s’enrhume en Lombardie ; une petite fille s’empoisonne-t-elle à une citerne mal couverte, le village tombe alors en oraison sans que personne ne songe à plutôt curer la citerne ; qu’une autre gamine meurt sans raison, c’est qu’elle devait avoir des galanteries cachées ; il est absolument admis qu’installer un paratonnerre, c’est refuser la volonté de Dieu.

Tous les voyageurs notent au milieu du dix-neuvième siècle l’arriération spéciale des mœurs italiennes et l’hypocrisie formidable qui a gagné les classes sociales du haut jusqu’en bas. La responsabilité de l’Église catholique est écrasante dans cet état moral. Tandis qu’à Paris, vers 1870, une jeunesse impatiente commence à revendiquer la vie libre, on trouve encore tout simple à Rome de jeter en prison un homme qui fait gras le vendredi.

C’est dans ces dispositions que Jean-François Revel regagne Paris et va écrire les chroniques et articles qui nous occupent. On n’y trouvera pas une grande unité de conception — c’est la loi du genre journalistique — mais ils valent par le ton, dans lequel l’ironie n’est jamais loin, et par un style qui revendique sa simplicité et sa clarté : à la façon de Montaigne, être entièrement dans ce que l’on dit. Je vois cependant une idée directrice, l’idée selon laquelle, pour comprendre et expliquer l’art, il faut connaître les artistes et explorer leur milieu dans un sens très large, milieu qui inclut les conditions économiques et sociales, mais aussi les techniques et l’état des sciences en leur temps et bien sûr, l’atmosphère morale qui les enveloppe : le milieu, la race et le moment, comme l’exposa Hippolyte Taine. Promenons-nous maintenant à travers ces articles.

Gislebertus hoc fecit 

Ainsi titre-t-il l’article dans lequel il met en valeur l’importance de l’artiste en tant qu’individualité créatrice, se revendiquant comme tel, et reconnue comme tel. À Saint-Lazare d’Autun, entre 1125 et 1135, au crépuscule de l’art roman, ce Gislebertus a voulu signer la sculpture du tympan : disons-le nettement, sa signature est immanquable. Il le fait évidemment avec l’accord des commanditaires, qui n’étaient peut-être pas fâchés de montrer qu’il avait su attirer ce Gislebertus et rémunérer son talent. De plus, cette signature revendique pour Gislebertus seul la sculpture et on peut penser que les compagnons, s’il en avait eu, ne l’eussent pas laissé signer si largement dans la pierre son seul nom ! Henri Focillon, qui avait remarqué cette œuvre et aimait à la rattacher à un artiste majeur, avait aussi relevé la grande liberté du sculpteur, les innovations nombreuses qu’il introduit dans les thèmes sculptés, mais aussi les références à certains exemples tirés de la sculpture antique. Récapitulons : un sculpteur reconnu, sûr de son talent, libre, cultivé et portant le style à une nouvelle hauteur. On ne peut donc douter, nous dit Jean-François Revel que le type de l’artiste ait été connu d’un moyen-âge dans lequel on ne veut souvent voir, depuis Michelet, que des œuvres collectives. On ne sait rien cependant de ce Gislebertus : le journalisme, a-t-on envie de glisser malicieusement à Revel, n’était pas encore né !

L’article sur la villa Aldobrandini, vaut par l’hommage sincère à Hippolyte Taine, le dernier des voyageurs-écrivains, dont Revel a brillamment préfacé le Voyage en Italie, dans la collection Histoire de l’art chez Julliard qu’il dirigea et qui fit connaître au grand public les classiques du vingtième siècle tel Kenneth Clark, ou Anthony Blunt. Cet article est le seul, il me semble, où se glisse du sentiment, le seul où l’admiration pour une vision totale de l’architecture — le charme des jardins et la noblesse de l’édifice, la mise en scène et la nature, la rigueur classique et le maniérisme — laisse affleurer chez l’écrivain la nostalgie pour un monde disparu.

On voudrait distinguer pour sa cocasserie et son humour mordant l’article qu’il consacre à Jacques Doucet, collectionneur extravagant n’entendant rien à la peinture et à la littérature, ne lisant jamais les manuscrits et les livres rares dont il dotait à grands frais son incomparable bibliothèque, déléguant tellement les achats que les méchantes langues aimaient à appeler sa collection personnelle, sa collection impersonnelle ; employant comme « bibliothécaires » quelques-uns des grands romanciers de l’époque comme André Breton, Suarès ou Aragon, les fatigant du décompte de sa fortune et du décompte tout aussi fatigant de ses bonnes fortunes, tatillon comme un chef de bureau et en effet congédiant ces écrivains majeurs comme on le faisait en ce temps-là des employés et des domestiques… mais malgré tout apportant au patrimoine national ses collections inestimables, et possédant pour ces raisons les titres les plus solides pour passer à la postérité reconnaissante !

Enfin, s’il ne fut pas le premier à réhabiliter Eugène Viollet-le-Duc, c’est avec beaucoup de finesse que Revel fait ressortir ce que l’architecture doit à ce grand homme qui admirait les cathédrales non comme un contenant spirituel, mais comme l’exemple d’une architecture où les moyens sont subordonnées à la fin, où rien n’est superflu, où tout est efficace et logique, où forme et fonction s’identifient. Un architecte en somme plus proche de Perret et de Le Corbusier que du romantisme de Victor Hugo et du revivalismanglais.

On trouvera une grande originalité dans l’éloge de Karl Baedeker, le créateur des guides fameux que Revel replace dans l’histoire du tourisme d’art. Son premier guide est consacré à l’Italie et marque le souci de permettre à un public aux moyens limités, mais curieux de mieux voyager. Le guide s’efforce de donner à ces nouveaux voyageurs les moyens d’une honnête indépendance, le souci d’une dépense proportionnée aux services rendus à travers mille conseils pratiques, Le portrait type de ce voyageur, on pourrait en emprunter certains traits pour dessiner le portrait intellectuel et moral de Jean-François Revel : un homme assez sauvage, qui n’aime pas être dérangé dans ses pensées, pourvu d’argent, mais sans excès, animé d’une grande curiosité, mais sans naïveté, cultivé et sachant parfaitement ce qu’il est venu voir. Ajoutons, exigeant sur la qualité des plats et des lits, soucieux de pratiquer, pour mieux le connaître, la langue du pays, cherchant autant qu’il est possible à fuir le tourisme de masse, et partageant, on l’a vu, pour l’honnêteté des pratiques hôtelières italiennes une méfiance absolue.

L’article sur les aristarques (Jean-François Revel aura essayé de relancer, en vain, ce synonyme intéressant de critique d’art, avec la même mauvaise fortune que Honoré de Balzac voulant imposer tableaumane pour connaisseur) qui décrit peu ou prou l’échec d’une critique d’art moderne, pourra utilement être lu : si la description a longtemps été au cœur de la bonne critique d’art, si c’est par elle qu’on a enseigné à voir, si cette description, pour réussir à transmettre l’émotion propre du système plastique du peintre, a toujours du s’accrocher au système figuratif de ce peintre, il en résulte peut-être que la critique d’art s’est mise à flotter dans le vide à partir du moment où presque toute la peinture vivante a cessé d’être figurative. Car les critiques, au lieu de faire face au problème nouveau posé par cette évolution, se sont élancés dans des voies latérales. Ils ont versé dans la haute philosophie, le terrorisme ou le mystère. 

On le voit il s’entend merveilleusement à comprendre et mettre en valeur les individus dans le biotope de l’art. Ses articles sur la calligraphie, le style cistercien, sur l’art abstrait et son rapport avec le cubisme, sur ceux de l’art moderne et des arts primitifs, sont moins convaincants, tout comme lorsqu’il aborde des sujets originaux : les bistrots à décor de faïence, les instruments d’optique. Alors qu’il est pénètre avec une grande facilité les personnalités des grands artistes, il semble que sa manière et l’exigence de faire court le laisse embarrassé devant les généralités et devantles thèmes.

Faisons cependant une exception pour l’article consacré à l’exil des œuvres d’art. C’est un modèle de précision et de clarté et qui pourrait avoir été écrit par un brillant conseiller ministériel. Une riche et intéressante introduction qui balaye le sujet, des prédations de Verrès jusqu’à celles de Goering, et de l’émergence du marché de l’art jusqu’au connoisseurship ; un sobre exposé des points de vue ; et enfin une conclusion pratique qui propose pour principes la nécessité pour un pays de garder une image complète de son propre art, mais de permettre une exportation contrôlée et d’offrir un champ à la collaboration internationale en mettant l’accent sur la reconstitution des ensembles les plus essentiels. 

Les morts sont parfaits

On reconnaît dans ces chroniques l’art de titrer, qui compte pour la moitié dans le génie du journaliste. Intriguer : Les trois V ; étonner : Un pèlerin soupçonneux : Karl Baedecker ; amuser : Digressions sur les bistrots à décor de faïence ; emprunter à l’éloquence judiciaire : Plaidoyer pour Viollet le Duc ouacadémique : Éloge d’Hippolyte Taine.

Du journaliste et de l’art, il a d’ailleurs dressé le constat le plus lucide : Il y aurait une histoire de l’art que les journalistes façonnent pour le grand public, qu’il est bien curieux d’examiner : elle reconstruit une histoire de l’art de sa façon dont les grandes figures sont choisies pour attirer la sympathie et l’intérêt ; pour illustrer et embellir le récit national. Caravage, Modigliani, Michel Ange parce qu’il s’oppose au pape, Raphaël parce qu’il meurt d’amour, Watteau, rêveur et malade est beaucoup plus intéressant qu’un Chardin qui peint des pots et des tables. Monet parce que sa passion du jardin le met dans la passion des Français. Delacroix est commode pour illustrer le romantisme et pour rester au seuil de l’art moderne. Si une civilisation lointaine devait n’avoir à sa disposition que les archives de la presse, toute autre trace écrite disparue et les musées et monuments volatilisés, on aurait une bien curieuse Histoire de l’Art. 

Et ne parlons pas des limites de la liberté d’expression que tout journaliste, aussi connu soit-il, rencontre un jour. Revel l’expérimenta lorsqu’en 1976, à la mort d’André Malraux, dont il dénonçait la philosophie de l’art, il proposa un article qui fut refusé. En France, les morts sont parfaits, constata amèrement le journaliste.

Classique, tout simplement

Aujourd’hui, en homme qui demande des ressemblances à son souvenir, je reconnais en lui la génération de mes professeurs, qui eurent quinze ans à l’heure de l’Occupation, puis la tête tournée par le twist des idéologies marxiste, structuraliste ou freudienne. Quoiqu’appartenant à cette génération, Revel sut, au prix d’une honnêteté intellectuelle qui lui coûta l’hostilité des bien-pensants, acquérir ce bien précieux : penser par soi-même en allant aux sources les plus sérieuses.

Il fut hostile à la rhétorique, dans lequel il voyait une technique de sujétion, qui fut, dit quelque part Saint Augustin, inventé pour charmer le peuple et le mettre en disposition d’acquiescer à la tutelle que de plus puissants lui imposent.

Il alla même plus loin : lui, l’agrégé de philosophie théorisa l’obsolescence de la philosophie, dont il jugea dans un livre célèbre qu’elle avait épuisé son rôle historique, détrônée qu’elle était par la science en tant que forme d’explication du monde.

Il avait certainement plus à donner à l’histoire de l’art que ces chroniques passionnantes. Mais il se méfiait, on l’a dit, des systèmes : les systèmes philosophiques ne seraient-ils pas destinés à suppléer l’absence d’idées ? N’est-on pas acculé à construire une théorie lorsque et parce qu’on reste stupide devant chaque occurrence d’une réalité dont la diversité nous submerge ? 

Une notice dans le Dictionnaire de Claude Schvalberg l’admet parmi les critiques d’art qui ont compté au vingtième siècle. Pour ma part, je le rangerai parmi les classiques — selon Littré : à l’usage des classes ou de première classe —. En somme un écrivain qu’il est bon de relire lorsque les fumées de l’esthétique vous montent à la tête.

 

1. L’œil et la connaissance, Plon, 1999. Par ailleurs un site très complet, Chez Revel, https://chezrevel.net/, offre le plus large choix de documents et d’articles sur l’écrivain.

2. Les lecteurs curieux trouveront en effet dans Contrecensures (Jean-Jacques Pauvert, 1966) d’autres articles dont la coloration est plus polémique, et le tour plus porté vers la fantaisie. Ils furent écrits pour le Figaro ou pour France Observateur.

3. Le mariage de JF Revel avec le peintre Yahne Le Toumelin lui aura certainement donné une culture visuelle et une familiarité avec l’art contemporain.

4. Pour l’Italie, René Julliard, 1958

5. Pourquoi des philosophes ? René Julliard, 1957

 
 

2 Commentaires

 

Henri Astier

03/05/2021 à 12:09

Merci de ce bel hommage à Revel, qui souligne son esprit universel, curieux, hors norme et hors-mode. Il est méprisé de ceux qui croient qu'une écriture simple et percutante dénote une pensée forcément superficielle, et qu'un libéral ne peut être que réactionnaire. Une précision: la formidable citation qui ouvre votre article est extraite de son premier esssai, Pourquoi des philosophes (Édition Bouquins, p. 50) et non de la Connaissance inutile.

Antoine Cardinale

07/05/2021 à 14:20

Je vous remercie de votre lecture attentive et de cette utile précision : il s'agit en effet d'une citation tirée de Pourquoi des philosophes. J'ajoute qu'il est intimidant d'être lu par le grand connaisseur de l'oeuvre de Jean-François Revel que vous êtes : on redoute l'erreur factuelle, le contresens, ...ou la citation défectueuse ! Merci encore de votre remarque.

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“Raymond Schwab : mystification littéraire d’un génie méconnu” par François Ouellet

Les Sept dormants (1896), Confession de Sainte-Croix (1902), les deux volumes de poèmes Feuilles sous la glace écrits entre 1899 et 1913 ou encore l’autobiographie posthume Mon Bourreau, vous connaissez ? Ce sont quelques-unes des œuvres du poète Mathias Crismant (1882-1913), dont Raymond Schwab (1884-1956) entreprit de raconter la vie singulière et tourmentée dans un livre simplement intitulé Mathias Crismant, paru chez Plon en 1925. Par François Ouellet.

27/03/2022, 08:25

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Les Ensablés - Avec le feu de Victor Barrucand (1864-1934)

« Décennie de la bombe», les dernières années du 19ème siècle furent marquées en France par l’anarchisme insurrectionnel: attentats à la dynamite, assassinat du Président Carnot et autres pratiques de «propagande par le fait», dans un pays par ailleurs perturbé par d’autres mouvements révolutionnaires et déchiré par l’affaire Dreyfus. Remettant en cause la logique de subordination des gouvernés aux gouvernants, l’anarchisme -malgré sa violence terroriste et une certaine naïveté idéologique- fascine nombre d’intellectuels et artistes tel que Mallarmé («Le poème est comme une bombe»). Par Marie Coat

 

13/03/2022, 09:00

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Les Ensablés - Le Siège de Bruxelles (1996) de Jacques Neirynck

Au milieu des années 1990 paraît ce détonnant roman à clefs, une politique-fiction imaginant la fin de la Belgique par la prise d’indépendance de la Flandre et le déclenchement d’une guerre civile dans la capitale. Soulevés par une atmosphère décliniste, violente et baroque, des personnages symboliques hauts en couleur discourent et agissent au nom de passions diverses, confrontés aux mystères du sens du hasard et de l’Histoire. Racontés a posteriori sous forme de mémoires, ces événements sont censés s’être déroulés en l’an 2007. Par Louis Morès. 

27/02/2022, 09:00

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Les Ensablés - La psychanalyse de Freud de Pierre Janet, par Armel Job

Quand on parle de maladies mentales, s’il est un nom qui accourt spontanément sur toutes les lèvres, c’est bien celui de Sigmund Freud (1856-1939). Freud a été élevé au rang des grands génies de l’humanité pour avoir exploré un véritable continent, terra incognita avant lui, à savoir le monde de l’inconscient. La méthode psychanalytique qu’il mit au point s’est frayé un chemin dans cet univers ténébreux afin d’en révéler les mystères. De nos jours, le public cultivé pourra citer quelques noms supplémentaires des explorateurs de ce monde parmi les disciples ou les épigones du maître viennois, tels Jung, Adler, ou Lacan. Mais qui se souvient de Pierre Janet ? Par Armel Job, écrivain

06/02/2022, 09:00

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Les Ensablés – Hélène ou la solitude, de Jean Gaulmier

Roman fleuve, roman monde, Hélène ou la solitude de Jean Gaulmier avait il y a quelques années déclenché l’enthousiasme de notre ami et fondateur des Ensablés, Hervé Bel. Son engouement a suscité l’envie d’un éditeur, en l’occurrence les éditions de la Belle Étoile, de republier cet ouvrage. Que cet éditeur soit ici remercié d’avoir fait confiance au goût d’un lecteur pour prendre un tel pari. Doublement remercié même, car ce roman mérite assurément de sortir du petit cercle des amateurs éclairés auxquels il était jusqu’alors confiné pour être désormais disponible auprès d’un public plus large. Par Carl Aderhold, écrivain.

23/01/2022, 10:17

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Les Ensablés - On ne revient pas, le roman exupérien d'Hélène Froment

Hélène Froment (1908-2003), auteure d’un excellent premier roman paru chez Gallimard en 1941, On ne revient pas, est le pseudonyme d’Hélène Jaunez, qui a épousé l’aristocrate Jean de Vogüé (futur chef de la Résistance) en 1927. Dite Nelly de Vogüé, elle est surtout connue pour avoir été la maîtresse de Saint-Exupéry à partir de leur rencontre chez Louise de Vilmorin en 1929, deux ans avant le mariage de l’écrivain avec Consuelo. En 1949, cette fois-ci sous le pseudonyme de Pierre Chevrier, Nelly va lui consacrer un ouvrage, Antoine de Saint-Exupéry (Gallimard, 1949), et sera responsable de l’édition posthume de Citadelle (1948) et des Carnets (1953) de l’écrivain. par François Ouellet.

02/01/2022, 09:00

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Les Ensablés - Batouala (1921) de René Maran (1887-1960)

Les Ensablés ont le plaisir d'accueillir aujourd'hui dans leur rubrique Marie Coat, grande lectrice, qui nous fera partager au fil du temps ses découvertes. Merci à elle. Il y a tout juste un siècle, le 14 décembre 1921, le prix Goncourt fut attribué à René Maran, administrateur des colonies, pour son roman Batouala, proposé au jury par Henri de Régnier. Par Marie Coat

19/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Amour étrusque (1898) de JH Rosny aîné (1856-1940)

La littérature française est riche d’innombrables récits tirés de l’Antiquité grecque ou romaine. Sans remonter aux Aventures de Télémaque, nous avons tous lu La Venus d’Ille de Mérimée et son cruel dénouement, Gautier et Arria Marcella, Dumas et sa sulfureuse Acté et bien entendu Salammbô dans lequel Flaubert, de son aveu même, voulut appliquerà l’Antiquité les règles du roman moderne. L’Antiquité comme décor fabuleux et comme recueild’exemples politiques, mais aussi l’Antiquité onirique, féroce et sensuelle dont les jeunes latinistes découvraient avec ébahissement qu’elle reposait, au sens chrétien, sur une immoralité sans limite. Par Antoine Cardinale.

05/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Quinze rounds de Henri Decoin

Henri Decoin a connu plusieurs vies. Il fut tour à tour sportif de haut niveau – et le livre du jour fera montre de la science qu’il avait du noble art, la boxe -, héros de guerre, journaliste et cinéaste. Il fut aussi romancier. L’arbre vengeur a la bonne idée de rééditerune petite pépite, Quinze rounds, récit retraçant l’histoire d’une rencontre de boxe commentée par un boxeur sur le ring en temps réel. L’expérience littéraire y croise étonnamment les gants avec l’expérience sportive. Par Denis Gombert

21/11/2021, 09:19

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Les Ensablés – Les Maîtres du vertige, six romans de “merveilleux scientifique”

L’Arbre Vengeur, jamais en reste pour nous surprendre, nous offre aujourd’hui un très beau livre (sur la forme et le fond), Maîtres du Vertige, qui regroupe six romans de science-fiction — ou plutôt de « merveilleux scientifique », ayant été écrit par des auteurs de langue française du début du vingtième siècle… L’occasion, pour tous les curieux, épris de bonne littérature, de découvrir, non plus un seul auteur oublié, mais toute une littérature « ensablée », un continent, aurais-je envie de dire, dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Par Hervé Bel.

08/11/2021, 16:26

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Les Ensablés – La Cité ardente d’Henry Carton de Wiart (1869-1951)  

La ville de Liège doit son célèbre surnom au titre de ce roman historique publié en 1905 (Paris, Perrin) par le comte Henry Carton de Wiart, le premier d’une série de cinq livres constituant le « cycle de la Destinée nationale ». L’ambition de l’auteur, qui s’apprête à occuper d’importantes fonctions gouvernementales au seuil de la guerre, est de renforcer le sentiment national belge en illustrant littérairement des épisodes de vaillance, de courage et de résistance puisés dans l’Histoire. Par Louis Mores

24/10/2021, 16:00

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Les Ensablés - La grande peur dans la montagne (1925) de Charles-Ferdinand Ramuz

L’œuvre de Ramuz comprend une vingtaine de romans. La grande peur dans la montagne est un texte de 1925 qui fait montre d’une grande maturité d’un auteur qui a entamé une carrière littéraire à Paris en 1900, à l’âge de vingt ans. Cependant, à Paris, là où son éditeur Bernard Grasset lui demandera toute sa vie de « se montrer », Charles Ferdinand Ramuz aura à cœur de toujours se mettre en retrait des mondanités. Par pudeur ainsi que par méfiance de la corruption urbaine, Ramuz est avant tout un homme de la terre. Par Denis Gombert

11/10/2021, 16:51

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Les Ensablés - L’univers sévère et lumineux de Maria Borrély (1890-1963)

Maria Borrély, le nom n’est pas connu. Pourtant, il devrait !...Il est toujours émouvant de découvrir des auteurs du passé. Je ne parle pas d’auteurs renommés qu’on lit pour la première fois, mais de ces auteurs complètement oubliés, que plus personne ne lit depuis longtemps, si tant est qu’ils ont déjà été lus. Par François Ouellet. 

27/09/2021, 09:39

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Les Ensablés - Les quatre éléments (1935) d'André Chamson (1900-1983)

« Mort sont les beaux diseurs/Mais le livre est écrit/Morts sont les bâtisseurs/mais le temple est bâti » (F.Mistral) André Chamson fit un voyage au Japon qu’il relate dans ses souvenirs. Nous avons été naturellement chez les geishas qui ne sont pas ce que l’on peut croire. La fille qui était venue sur le tatami pour allumer ma cigarette m’a dit « Monsieur, j’ai lu votre livre les Quatre éléments ». Les quatre éléments étaient devenus « le soleil, la rivière, la montagne » et je ne sais plus quoi… Par Antoine Cardinale

12/09/2021, 14:02

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Les Ensablés – La Rédemption de Mars de Pierre Nothomb (1887-1966)

Au sortir de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a travaillé pour le Gouvernement belge en exil au Havre (Sainte-Adresse) et publié des essais défendant et illustrant les positions de son pays, Pierre Nothomb (1887-1966) mène une vie littéraire entre la Belgique et la France et fait notamment paraître à Paris le roman La Rédemption de Mars (Paris, Plon, 1922). Par Louis Morès.

18/07/2021, 10:00

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Les Ensablés - Prétextat, de Pierre Bost (1901-1975)

Nos fidèles lecteurs n'ignorent pas que nous aimons Pierre Bost (1), écrivain d'avant-guerre devenu scénariste célèbre après 1945, et que nous aimons aussi les Editions de la Thébaïde qui, il y a deux ans, ont publié un recueil de nos articles sur les écrivains oubliés (Lectures en stock). Il était donc évident et naturel que nous parlions aujourd'hui de la réédition de Prétextat (1925) de Pierre Bost, d'autant plus que la préface a pour auteur François Ouellet, chroniqueur des "Ensablés", et par ailleurs grand spécialiste de l'écrivain. Par Hervé Bel.

27/06/2021, 13:22

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Les Ensablés – La Maison Camille, (1935) de Henri Duvernois

Les fidèles de notre rubrique se rappelleront que nous avons déjà chroniqué deux romans de cet auteur prolixe (Edgar, L’homme qui s’est retrouvé) mort en 1937, juste avant la guerre ; ce qui lui fut peut-être fatal, car, en 1945, on était passé à un autre monde, pas forcément meilleur. À côté de Camus, Sartre, et tant d’autres, Duvernois ne faisait plus très sérieux, d’autant que l’homme, dans sa vie comme dans ses écrits, avait toujours imité la légèreté. Je dis « imité » à dessein, car l’œuvre de Duvernois, sous des apparences d’ironie et de comique, dissimule une profonde mélancolie, une réflexion désabusée sur l’homme. Par Hervé Bel.

06/06/2021, 19:41

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Les Ensablés - Voyage d’un livre à travers la Bibliothèque Nationale de  Henri Beraldi

Exhumé de l’oubli, ce petit texte écrit par un bibliophile passionné raconte et s’inquiète de la croissance des arrivées des livres en masse à la Bibliothèque Nationale. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et la noble institution enregistre déjà 500.000 références disponibles (14 millions aujourd’hui !). « La vérité, annonce l’auteur, est que, de ces espaces, aujourd’hui, il n’y en a plus. La Bibliothèque est pleine, archipleine, bondée, bourrée jusqu’à refus. » Voyage au cœur de la Bibliothèque, ogre-machine qui tourne à plein régime. 

23/05/2021, 20:41

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Les Ensablés - Hiver 1814, de Bernard Michel, la Campagne de France

Les Ensablés ont plusieurs fois évoqué Napoléon pour rappeler que dans sa jeunesse, il avait écrit des nouvelles, et qu’à Sainte-Hélène, il avait retrouvé son désir d’écrire et pu assouvir sa passion pour la lecture. Il faut lire Le Mémorial pour mesurer l’étendue de sa culture littéraire. Il profita de son inactivité pour écrire quelques ouvrages, dont une étude sur « La guerre des Gaules », et une espèce de fiction sur son exil à Sainte-Hélène. Par Hervé Bel

 

09/05/2021, 10:22

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Les Ensablés - Black (1858) d’Alexandre Dumas (1802-1870)

« Pas de mystère, pas de souterrain, pas de ténèbres dans cette œuvre ; partout le rayonnement, partout le plein midi », disait Victor Hugo. L’œuvre d’Alexandre Dumas n’intéresse pas l’Histoire de l’art. En 1840 certes, résidant à Florence, il lui fut commandé, pour la somme considérable de dix mille francs, un ouvrage sur la galerie des Offices. La description des trois cent cinquante portraits de peintres qui sont dans ce fameux musée devait former L’histoire biographique et anecdotique de la peinture depuis huit siècles. Par Antoine Cardinale.

25/04/2021, 10:12

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Les Ensablés - Le grand coucher, de Guy Dupré (1981)

Guy Dupré (1925-2018) ne fut un écrivain ni prolixe ni facile. Son œuvre littéraire ne comporte que trois ouvrages, si l’on met de côté des chroniques diverses : Les Fiancées sont Froides (paru en 1953 et salué par Gracq et par Breton), Le Grand Coucher (1981) et Les Mamantes (1986). par Henri-Jean Coudy

04/04/2021, 09:08

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Les Ensablés - Marthe Femme seule, d’Antonine Coullet-Tessier

Pour le moins précoce, Antonine Coullet-Tessier (1892-1983) publie son premier recueil de poésie à l’âge de 11 ans. Intitulé Poésies d’une enfant, il paraît aux éditions Lemerre et est préfacé par le poète François Coppée. Suivront deux autres recueils de poèmes, L’Envolée, en 1911, puis Un Visage à la fenêtre, en 1930, peu de temps après la parution de son premier roman, Marthe Femme seule à la fin de 1929 à La Renaissance du livre. Dorénavant, le roman est le genre qu’elle va privilégier et qui, pendant les années 1930, en fera une des meilleures représentantes du roman populiste. Par François Ouellet

07/03/2021, 08:43

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Les Ensablés - Vache tachetée et concombre fugitif d'Octave Mirbeau

Octave Mirbeau (1848-1917) n'est pas un ensablé, ne serait-ce que par le film tiré de son roman, Journal d'une femme de chambre, avec Jeanne Moreau et Michel Piccoli, et sa pièce célèbre Les Affaires sont les affaires. Mais c'est peu au regard de la masse d'écrits qu'il a laissée à la postérité. Et notamment, trop oubliés, ses contes publiés dans la presse, et qu'il considérait comme alimentaires... À tort. Je puis l'affirmer après avoir lu la réédition d'une partie d'entre eux par l'Arbre Vengeur dans sa collection "L'exhumérante". Par Hervé Bel.

21/02/2021, 07:31

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Les Ensablés – Le pain quotidien d'Henri Poulaille

Henri Poulaille, Henry Poulaille en littérature (1896-1980), est souvent considéré comme le créateur du courant de la littérature prolétarienne. Directeur de presse chez Grasset, il fonde également une dizaine de revues libertaires dans lesquelles il promeut la littérature d’expression populaire et les utopies sociales : Nouvel Âge, Prolétariat ou encore À Contre-courant. Il publie ou fait publier de nombreux auteurs français et étrangers, parmi lesquels Henri Barbusse, Lucien Bourgeois, Blaise Cendrars, Eugène Dabit, John Dos Passos, Jean Giono, Panaït Istrati, Charles Ferdinand Ramuz... Le Pain quotidien a obtenu en 1954 le prix des bouquinistes. Par Pascal Malbrunot

31/01/2021, 14:03

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L'amour libre, d'Alexandra Kollontaï : aimer, au temps du bolchévisme

BONNES FEUILLES – Dans ses écrits politiques, elle a affirmé la nécessité de l’émancipation des femmes et de la transformation des rapports amoureux. Dans ses fictions, elle rappelle avec subtilité et sans dogmatisme que les chemins de la révolution intime ne suivent pas toujours ceux des convictions et des utopies. Alexandra Kollontaï, féministe et camarade de route de Lénine, raconte l’amour au temps du bolchévisme... 

01/10/2022, 15:25

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Meilleures ventes : Guillaume Musso s'envole avec Angélique

Guillaume Musso rafle la mise cette semaine et entre directement en tête du classement des meilleures ventes. On retrouve l’auteur non pas avec un seul de ses titres, mais bien deux : Angélique remporte tous les suffrages avec 59.860 lecteurs conquis au cours des sept derniers jours, mais la version poche de L’inconnue de la seine n’est pas en reste puisqu’elle s’installe en deuxième position avec 43.069 exemplaires vendus.

30/09/2022, 16:34

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L'épée, la famine et la peste : Aurélie Wellenstein dans l'âge sombre

Depuis un demi-siècle, le royaume de Comhghall s’enfonce dans un âge sombre : les monstres pullulent, des villages entiers disparaissent dans les toiles d’araignées, et les tarentas tissent dans l’esprit des hommes, les condamnant à s’étioler dans la mélancolie et les idées noires.

30/09/2022, 09:49

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Livres audio : une offre qui s’étoffe face à la croissance du marché

Le livre audio connaît une croissance importante ces dernières années, même s’il reste encore, au sein de l’édition, un marché de niche. De nombreux acteurs se battent pour pousser le développement de ce créneau très porteur. En effet, très facile d’utilisation, le livre audio a de quoi séduire tous ceux qui passent du temps dans les transports, mais aussi ceux qui affectionnent de faire deux activités en même temps, comme repasser ou faire le ménage tout en écoutant le dernier livre de votre auteur préféré.

29/09/2022, 13:52

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M dans la mer, ou le flot de questions de la jeunesse

M comme la mer raconte un instant fugace de la vie de M., jeune homme qui, un matin, en bord de mer, est habité de sentiments forts et ambivalents comme l’on peut en éprouver durant une période de grands changements, liés ici au passage à l’âge adulte.

28/09/2022, 15:14

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Les poumons pleins d’eau : deuil liquide

Claire est dévastée : son père est décédé. Ou, plus précisément, il s’est suicidé. C’est sa femme qui l’a retrouvé, bien trop tard. Un choc d’autant plus terrible qu’une heure auparavant, Claire l’avait au téléphone ; lui, plein d’énergie, rieur, qui disait qu’il allait traverser la France à vélo malgré son corps douloureux et malmené. Comment imaginer un acte si définitif ? Et surtout, comment avancer ?

28/09/2022, 15:13

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Batman chronicles : que crissent les pneus de la batmobile, dès 1987

Urban comics se lance dans un projet d’envergure absolument passionnant pour les lecteurs français des aventures de l’homme chauve-souris : retracer un changement historique dans la mythologie du Batman en publiant les histoires parues dans leur ordre chronologique à partir de 1987. 

26/09/2022, 17:59

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Le radeau des étoiles : l’amitié, au cœur de la nature

Été 1994, ville de Claypot, dans l’État du Wisconsin. Fischer Branson, surnommé Fish, et Dale Breadwin, ou Bread pour les intimes, ont passé les trois derniers étés ensemble. Plus que des amis, ces deux garçons âgés de 10 ans se considèrent comme des frères. Un soir, alors qu’ils se disent au revoir, Fish fait demi-tour, entre dans la maison des Breadwin – et tout bascule. 

26/09/2022, 17:29

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Le secret de la force surhumaine : Alison Bechdel et le bonheur de suer

Après avoir estomaqué le petit monde du roman graphique avec son formidable Fun Home consacré à son père (et récompensé par de multiples prix littéraires), puis exploré le versant maternel de son ascendance dans C'est toi ma maman (tous deux disponibles en français chez Denoël Graphic), l'autrice se recentre autour d'elle-même pour son troisième essai en bande dessinée. Dans Le secret de la force surhumaine, elle explore à travers les âges dans un même mouvement ses rapports au sport, à la nature et à la création. Une autobiographie déguisée en programme de bootcamp perpétuel.

 

26/09/2022, 15:28

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Les saisons de Giacomo, voyage dans les ruines de l'Italie 

Des années après la fin de la dernière Guerre mondiale, un homme erre parmi les maisons, presque des ruines, toutes plus ou moins abandonnées, d’un petit village du Haut-Adige, dans le nord de l’Italie, proche de la frontière autrichienne.

24/09/2022, 09:13

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Quelque chose à te dire : la fusion créative de deux femmes

Elsa Feuillet est jeune écrivaine sans histoire. Mère célibataire, récemment divorcée, elle a déjà publié un titre ou deux — rien de bien mémorable, malheureusement. Et elle sait qu’elle se doit d’écrire à nouveau. Quelque chose de puissant, un roman qui saura marquer les esprits, prouver son talent. Quelque chose de digne de Béatrice Blandy, par exemple.

23/09/2022, 14:49

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Boo : journal intime de l’au-delà 

« Comme vous le savez, je suis mort devant mon casier du collège Helen-Keller le 7 septembre 1979, soit il y a un mois jour pour jour. » Oliver Dalrymple, âgé de treize ans, récite les cent six éléments du tableau périodique devant son casier — la seconde d’après, il ouvre les yeux dans un lieu hors du temps, là où disparaissent les personnes qui ont perdu la vie. Au Village, entouré d’autres jeunes qui ne grandiront plus — eux aussi âgés de treize ans, et (anciens) résidents aux États-Unis —, il décide d’écrire un journal sur sa vie dans la mort. 

23/09/2022, 11:52

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Meilleures Ventes : Monkey D. Luffy et One Piece à l'abordage

L'équipe de pirates toute de guingois prend la tête du classement de cette semaine. À l’occasion de la sortie du tome 102 du manga d'Eiichiro Oda, avait été organisé un grand évènement national : La nuit One Piece. Et cela aura réussi au dernier opus des aventures du capitaine au chapeau de paille, qui fait son entrée directement en première position avec 53.358 exemplaires vendus au cours des sept derniers jours.

23/09/2022, 10:53

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Les princesses s’affrontent à mort dans SINoALICE

Ces temps-ci, Alice ne sait plus très bien où elle en est. Est-ce qu’elle a vraiment poussé sa meilleure amie au suicide ? Est-ce qu’elle était vraiment amoureuse de ce prof qui s’est fait poignarder ? Et là, maintenant, qui est derrière la porte de la cuisine ? Horrifique et mystérieux, SINoALICE propose une plongée progressive dans un univers de death game où s’affrontent des héroïnes de contes de fées revisitées.

22/09/2022, 14:40

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Débat entre pro et antivax avant l'heure : Les Enragés, de Paola Nicolas

BONNES FEUILLES - En cette fin de XIXe siècle, la rage, transmise par les morsures des chiens et des loups, hante les imaginations. Lorsqu'un chien errant se rue sur le petit Jules Rouyer, douze ans, sa mère se rend immédiatement au laboratoire Pasteur. 

22/09/2022, 09:00

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Claire Baglin : du burger magique au job en fastfood

Dans ce roman d'autofiction, nous suivons deux récits alternés, celui de la narratrice enfant qui idolâtrait  la célèbre marque de fast-food à la lettre jaune représentant  le rêve, la sortie en famille, l'opulence...et d'autre part, son job d'été dans ce même fast-food où la réalité est tout autre, les conditions de travail difficiles, bien moins glamours...

21/09/2022, 17:16

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Apocalypse blanche, un polar polaire par Jacques Amblard

#BONNES FEUILLES - Années 2050. La Terre, en pleine extase sismique, rate in extremis son but pur, son rêve métaphysique : l’extermination de l’espèce humaine. Conséquence des cataclysmes, outre onze milliards de morts, des monts, au Chili, en Alaska, ont grandi.

21/09/2022, 17:10

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Claire Raphaël questionne : et S'ils n'étaient pas si fous

BONNES FEUILLES - Roman policier procédural au plus près du travail de terrain, questionnant le lien entre crime et maladie mentale, mais aussi l’usage des armes au sein de la police... Claire Raphaël pose plus d'une question, avec S'ils n'étaient pas si fous.

21/09/2022, 11:32

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Si le soleil se dérobe : le rêve américain, le vrai

« Bien qu’à deux ans seulement de la trentaine, Pasty n’a rien de convaincant à présenter, hormis la fine enveloppe marron qu’elle utilise pour s’abriter du soleil chauffé à blanc. Celle-ci contient tous ses papiers, de son acte de naissance à son carnet de vaccination. » Armée de cette paperasse, Patsy se dirige vers un rêve : celui de s’envoler pour les États-Unis, pour quitter ce sale quartier de Pennyfield où elle a grandi. Tout ce dont elle a besoin, c’est d’un visa. 

20/09/2022, 17:07

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Les écailles de l'amer Léthé : lire Baudelaire à un poisson rouge...

Dès la première page, le doute n’est pas permis : le lecteur est placé face à un homme solitaire pas très compétent dans les relations humaines, certainement un peu timide, assurément froissé par des évènements de sa vie susceptibles de marquer plus ou moins profondément le caractère d’un être humain. Mais il n’est pas fou.

20/09/2022, 16:50

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Mireille Gagné : Des suites d’un hiver hâtif

BONNES FEUILLES - À demi-arbre ou femme, que lui est-il arrivé ? Est-ce le défigurement ou les insectes envahissants qui ont provoqué son sentiment de perte de soi ? Elle est sur le point de craquer, risque de se fendre en son centre. Médecin, hypnothérapeute, chiropraticien sont à son chevet. 

20/09/2022, 09:00

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Alan Lightman : Einstein on the clouds

BONNES FEUILLES - Berne, 1905. Depuis plusieurs mois, un jeune employé de l’Office des brevets rêve au temps. À son mystère, à sa substance. Parmi les multiples natures du temps, imaginées en autant de nuits, l’une semble s’imposer. Non que les autres soient impossibles : elles pourraient exister dans d’autres mondes. 

19/09/2022, 09:00

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La couvée : le destin et ses caprices

Dans un petit coin tranquille du Minnesota, quatre poules deviennent le centre du monde de notre protagoniste. Anonyme, cette femme se donne corps et âme, décidée à offrir une vie douce et heureuse à ces étranges bêtes, qu’elle commence tout juste à apprivoiser. En l’espace d’un an, la voici qui apprend tout ce qu’il y a savoir sur sa petite couvée, dans l’espoir de surmonter les obstacles — souvent inattendus — du quotidien.

16/09/2022, 14:44

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Meilleures ventes : rentrée scolaire ou littéraire, choisissez votre camp

Comme un air de rentrée scolaire vient s’immiscer dans les meilleures ventes de la semaine. Textes au programme et autres workbooks se glissent entre les titres de la rentrée littéraire. Ainsi, si Virginie Despentes reprend la tête du classement avec 26.690 exemplaires de Cher Connard écoulés, elle est suivie de près par la pièce Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au programme du bac français 2023. 

16/09/2022, 12:47

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Monsieur personne, le nouvel album onirique de Joanna Concejo

Monsieur personne est un homme tout gris que personne ne remarque. Pourtant, à l’abri des regards, il s’emploie à rendre la vie de chacun plus lumineuse. 

16/09/2022, 11:06

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Cristian Fulas raconte un siècle roumain

BONNES FEUILLES - Au cœur d’une vallée sauvage des Carpates, Iochka fabrique du charbon de bois. Quasi centenaire, il aime se taire, boire sec et dévaler ivre les routes sinueuses des montagnes au volant de sa vieille Trabant bleue. Un roman sur le temps et l’amour d’un impeccable raffinement littéraire.

16/09/2022, 09:00

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Jordan Crane met le couple à l'épreuve dans Keeping Two

Après un trajet en voiture un peu houleux, Will et Connie arrivent chez eux. La douceur du foyer calme alors les tensions du jeune couple qui se répartit les tâches ménagères à réaliser : tandis que le premier s’occupe de la vaisselle, la seconde va faire quelques courses. Durant ce moment suspendu de rêveries, Will se remémore les disputes qui ont émaillé ce voyage. Puis Connie tarde à rentrer. Reste injoignable. Les heures passent et les pensées s’accumulent jusqu’au désespoir. 

15/09/2022, 11:38

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Le crépuscule de Shigezo, ou la condition féminine au Japon

Dans un pays toujours très en retard en matière d’égalité des sexes, ce roman écrit par une féministe décrit le quotidien d’une Japonaise qui travaille tout en s’occupant de sa famille. 

15/09/2022, 11:38

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Au nom des requins : extraordinaire plongée, en eaux profondes

Un rapide coup d’œil sur la page Wikipédia qui lui est consacrée vous en convaincra : François Sarano n’est pas le premier venu et les films auxquels il a participé, les ouvrages ou parutions qu’il a commis ou auxquels il a participé, les expéditions (notamment à bord de la Calypso du Commandant Cousteau) dans lesquelles il s’est engagé, les travaux qu’il a menés au sein d’équipes scientifiques, les associations dans lesquelles il est impliqué, les reconnaissances et récompenses diverses qui lui ont été attribuées, etc., etc. font de lui une figure incontournable parmi les grands noms de la connaissance du milieu marin et de ses habitants.

15/09/2022, 10:59

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Le roi en jaune : Nouvelles cauchemardesques

BONNES FEUILLES - « Je ne peux oublier Carcosa, où le ciel est parsemé d’étoiles noires, où l’ombre des pensées des hommes s’allonge dans l’après-midi, où les soleils jumeaux s’enfoncent dans le lac de Hali, et mon esprit sera toujours hanté par le souvenir du Masque blême. » 

15/09/2022, 09:00

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Amélie Nothomb, les histoires d'amour finissent mal...en général

C’est l’histoire d’une enfant que l’on ne saura aimer, qui ne trouvera pas sa place dans le couple parental. L’histoire d’une déchirante constatation qui éteindra le regard de Tristane à tout jamais. Ce conte d'une noirceur pourtant pétrie d'espoir accompagne une « petite fille terne » de sa conception à sa libération, victime d’une privation d’affection parentale qui donnera naissance à l’amour le plus pur.

14/09/2022, 15:40

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La véritable histoire de La Famille

BONNES FEUILLES - La Famille est devenue célèbre en 2021 au travers d’ouvrages à succès. Voici sa version historique, par un grand historien du catholicisme. 

14/09/2022, 09:00

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Tiff'Annie : le retour des dessous à Saint-Saturnin

À Saint-Saturnin, monsieur Piquet, horloger de métier et dont la boutique se situe juste en face du salon de coiffure tenu par la fameuse Annie, est introuvable. La disparition pour le moins suspecte de ce vieil homme acariâtre réputé pour être regardant sur les dépenses (à part s’il s’agit de nourrir les chats du village), demeure nimbée de mystère. Au point de pousser Annie à s’en mêler : elle découvre alors auprès de son neveu que l’harpagon de service aurait en fait hérité d’une considérable somme d’argent convoité avidement par la descendance susmentionnée. Les révélations vont dès lors se succéder jusqu’à révéler une bien sordide machination.

13/09/2022, 12:12

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La malédiction de la Madone : amoureuse vengeresse

Naples, dans les années 1950. Ville magnifique et cruelle à la fois, berceau du monde criminel bâti par la mafia italienne, lieu où le soleil brûle, enflamme, déchaîne. Assunta Maresca, dite Pupetta, y grandit, comme beaucoup de filles de son âge, au sein de cette communauté où la loi se décide par la violence. Fille de mafioso, cette « petite poupée » n’a pas froid aux yeux. Et elle rêve d’une vie différente.

13/09/2022, 11:23

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Kery James revient sur 30 ans de carrière

BONNES FEUILLES - Pour célébrer ses trente ans de carrière, le rappeur a sélectionné une trentaine de chansons, les plus célèbres et fondatrices, ses classiques, afin de les donner à lire, parce que l’écriture est à la base de son art, sa première nécessité étant de s’exprimer.

13/09/2022, 09:00

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Avec Tom Gauld, les bibliothécaires dominent le monde (ou presque)

BONNES FEUILLES — Dessinateur bien connu des lecteurs, habitués des librairies et des bibliothèques, Tom Gauld est de retour aux éditions 2024 avec La revanche des bibliothécaires. Tout un programme, et un livre dans lequel l'auteur dessinateur moque avec tendresse le monde du livre dans son ensemble, des auteurs aux lecteurs et lectrices en passant par les éditeurs et les bibliothécaires, bien sûr...

12/09/2022, 15:53