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Les Ensablés - L’œil et la connaissance de Jean-François Revel

« Philosopher n’est pas régner sur les connaissances du reste du genre humain comme un lointain propriétaire terrien sur des domaines qu’il administre nonchalamment et ne visite jamais. » (Revel, La connaissance inutile) Visitons ensemble le domaine de Jean-François Revel. Son nom est familier à ceux qu’intéressent les joutes politiques qui eurent lieu entre les années soixante-dix et le début du vingt et unième siècle. C’est un nom aimé ou détesté selon le bord duquel on considère ces choses. Par Antoine Cardinale.

Le 21/03/2021 à 09:00 par Les ensablés

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21/03/2021 à 09:00

Les ensablés

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Son œuvre appartient donc principalement au monde de la controverse politique, mais aussi, par la formation qui fut la sienne, par la hauteur où il situe sa critique, à celui de la philosophie.

Certes les livres par lesquels il alimenta régulièrement ces controverses, grands succès de librairie, sont aujourd’hui moins lus. On gagnerait cependant à les rouvrir, car il fut un libéral d’une espèce assez rare en France. S’il appartint clairement à la gauche, la publication de Ni Marx ni Jésus en 1970, puis La tentation totalitaire en 1976, ouvrages dans lesquels il rend compte de l’échec total du socialisme, le firent tomber à droite. Celui qui repéra dans l’antilibéralisme la convergence entre l’extrême droite et l’extrême gauche reconnaîtrait dans notre époque un paysage familier ; j’ajoute qu’en signalant que la première de toutes les forces qui mènent le monde est le mensonge, il continue, hélas, à nous éclairer utilement. Plutôt que dans la droite de gouvernement, on le situerait aujourd’hui pas très loin des libertaires et si on devait céder à l’absurde tentation de faire parler celui qui s’est tu, je jurerai qu’il serait partisan de la légalisation du cannabis, qu’il aurait écrit une défense de l’intelligence artificielle ou celle du génie génétique ; qu’il aurait visé le communisme chinois comme il le fit pour la croulante URSS.

On l’aura compris, défenseur de la liberté et de la raison, il fut l’ennemi du conformisme et de la confusion intellectuelle, et à ce titre il traqua etdénonça ces travers dans la politique et dans la philosophie. Et les arts ?

Nous allons examiner un ouvrage singulier dans son œuvre : L’œil et la connaissance. Il s’agit d’un recueil d’articles consacrés à l’art, articles rassemblés à la fin de sa vie, au moment où il publie ses Mémoires, LeVoleur dans la maison vide. Jean-François Revel n’a pas jugé inutile de regrouper ces articles qui remontent aux années cinquante et on peut penser qu’il y attachait plus d’importance qu’il ne l’avoue. Je veux penser qu’il voulut compléter ses Mémoires en documentant, à part, son attirance pour les arts.

Les articles furent écrits entre 1957 et 1966 pour Connaissance des arts et pour l’Œil. Jean-François Revel ne prétend pas à des découvertes ni même à des analyses complètement originales. Il réalise, de son propre aveu, un travail de vulgarisateur, mais sans simplifier les problèmes et sans brouiller les données. Il choisit assez souvent de sortir des sentiers battus de l’histoire de l’art et d’éclairer un domaine peu connu, ou une question ressassée par ailleurs, mais observée sous un angle original. Une exposition, un livre ou l’actualité artistique forment généralement le support de l’article.

Il aime, en rationaliste, définir clairement les problèmes, améliorer les définitions. Mais par-dessus tout, en admirateur de Hippolyte Taine, il met en avant les personnalités représentatives : peintres et architectes bien sûr, ou grands écrivains comme Taine ; mais aussi les personnalités périphériques qui constituent l’écosystème de l’art : les collectionneurs, comme Jacques Doucet, les marchands comme Paul Guillaume, les figures curieuses comme le consul Smith, Charles Henry, le chercheur un peu fou ou bien le guide Karl Baedeker. Par-là, il réussit à être un bon pédagogue, ce à quoi, souligne-t-il tranquillement, mon métier de professeur me prédisposait.

Le livre ne reprend pas, et c’est bien regrettable, les articles que Jean-François Revel écrivit pour le Figaro, pour L’Express et d’autres publications et dont on trouvera quelques échantillons dans Contrecensures.

C’est donc au journaliste que nous allons nous intéresser : non pas au journaliste politique, mais à celui, moins connu, que M.Fumaroli nomme l’autre Revel, (cette désignation est bien sûr un procédé rhétorique, fait pour piquer notre curiosité, à la façon de ces journaux qui titrentsur La vie caché de… et Revel eût trouvé à redire à cette idée sensationnelle de dédoublement de la personnalité).

Ipercritico e pernicioso

Dans sa préface, l’auteur avoue que si sa passion pour l’art fut ancienne, c’est à Florence, de 1952 à 1956, dans l’amitié de Bernard Berenson et de Roberto Longhi, éveilleurs prodigieux, que se dévoila pour lui ce qu’il appelle l’histoire de l’art sérieuse. Il découvrit alors que cette discipline, dont on comprend entre les lignes qu’il ne la tenait pas en haute estime, pouvait conjuguer le respect de sources historiques, la rigueur de l’analyse et le talent littéraire. Il enseigna quatre années à Florence. Ce normalien à la solide structure intellectuelle se forma à l’art selon ses propres moyens, au contact des œuvres elles-mêmes et par de nombreuses rencontres, et particulièrement celles de maîtres de toutes nationalités qui allaient le mettre à l’abri, dans ce domaine comme dans les autres, de ce provincialisme qui est la plaie de la culture de notre temps.

Il en profite pour écrire un livre curieux, Pour l’Italie, qui offre une image bien éloignée, hypercritique et pernicieuse, des poncifs du tourisme romantique. Il faut s’intéresser un peu à ce livre qui est comme la préface vécue d’une expérience esthétique totale. Jean-François Revel s’y livre à un ahurissant jeu de massacre dans lequel la mauvaise foi et l’exagération ne sont pas toujours absentes. Ce travail d’ethnographe un peu malveillant reçut les félicitations de Claude Lévi-Strauss — qui n’avait pour ainsi dire jamais mis les pieds en Italie —, et de Louis Althusser qui fut le professeur de Revel à l’École Normale.

L’auteur décrit l’Italie de 1956 : un pays où, selon lui, on ne connaît plus la musique ni la peinture ; dans lequel les cercles cultivés, en fait de littérature, vénèrent encore et presque seulement Manzoni. Le goût est provincial et ombrageux ; on jalouse les nouvelles capitales de l’art modernes, et partant, les tendances qui s’y développent. Et cependant, par extraordinaire, l’Italien cultivé pousse l’audace vers la création contemporaine, il se dirige vers des œuvres et des artistes sans intérêt qui singent les avant-gardes de Paris et de New York. Ce qui n’empêche pas le même Italien de s’imaginer que le monde entier a les yeux tournés vers les grandes époques de l’art italien.

Dans l’Italie de Revel, l’art et la morale sont célébrés partout, et ne sont nulle part : c’est le peuple le plus matérialiste du monde et le plus tranquillement immoral. La cuisine est limitée à quelques plats assez identiques, réalisés ad nauseam ; les cuisines venues d’ailleurs y sont absolument ignorées et les cocktails qui réjouissent Saint-Germain parfaitement inconnus. Les femmes sont désespérantes de conformisme, et quoique jolies, elles sont affligées d’une sorte delaisser-aller qui décourage toute séduction : leur jeunesse n’est de toute façon pour elles que l’ennuyeuse salle d’attente d’un mariage avantageux. Les professeurs, souvent de qualité, doivent faire avec des étudiants parfaitement nuls, et les examens se réduisent à une ennuyeuse conversation dans laquelle l’étudiant — c’est l’exercice convenu — doit tenter d’émouvoir le professeur. On met en avant combien le diplôme est nécessaire pour avoir une place, pour pouvoir se marier ou pour rendre à ses parents tout le bien qu’ils ont fait.

C’est essentiellement un peuple névrosé, des hommes et des femmes incapables de relations simples et saines, un milieu intellectuel de valeur souvent, mais prolétarisé et comme dépaysé dans son propre pays ; l’Église catholique, dictant des mœurs absurdes et un Parti communiste puissant, mais d’un désespérant conformisme moral.

L’auteur, on l’a dit, exagère et déforme. Les énormités tombent dru : la peinture italienne est inférieure à tout : c’est dans Rembrandt et Goya que se trouvent les bons exemples à admirer, et même Bourdichon ou Fouquet peignent avec plus de vérité ; l’Italie depuis la Renaissance traverse un désert de médiocrité artistique dont le catholicisme porte l’entière responsabilité ; la littérature italienne est encore pire, et c’est tout dire de sa médiocrité que de citer I promessisposi pour le chef-d’œuvre national.

Mais quoi de neuf au fond ? Ce fonds d’ignorance, de superstition et de sottise a toujours existé dans le caractère national, et déjà les écrivains français s’amusaient à en relever, avec gourmandise, quelques échantillons : que la route ouverte dans le Simplon est cause que l’on s’enrhume en Lombardie ; une petite fille s’empoisonne-t-elle à une citerne mal couverte, le village tombe alors en oraison sans que personne ne songe à plutôt curer la citerne ; qu’une autre gamine meurt sans raison, c’est qu’elle devait avoir des galanteries cachées ; il est absolument admis qu’installer un paratonnerre, c’est refuser la volonté de Dieu.

Tous les voyageurs notent au milieu du dix-neuvième siècle l’arriération spéciale des mœurs italiennes et l’hypocrisie formidable qui a gagné les classes sociales du haut jusqu’en bas. La responsabilité de l’Église catholique est écrasante dans cet état moral. Tandis qu’à Paris, vers 1870, une jeunesse impatiente commence à revendiquer la vie libre, on trouve encore tout simple à Rome de jeter en prison un homme qui fait gras le vendredi.

C’est dans ces dispositions que Jean-François Revel regagne Paris et va écrire les chroniques et articles qui nous occupent. On n’y trouvera pas une grande unité de conception — c’est la loi du genre journalistique — mais ils valent par le ton, dans lequel l’ironie n’est jamais loin, et par un style qui revendique sa simplicité et sa clarté : à la façon de Montaigne, être entièrement dans ce que l’on dit. Je vois cependant une idée directrice, l’idée selon laquelle, pour comprendre et expliquer l’art, il faut connaître les artistes et explorer leur milieu dans un sens très large, milieu qui inclut les conditions économiques et sociales, mais aussi les techniques et l’état des sciences en leur temps et bien sûr, l’atmosphère morale qui les enveloppe : le milieu, la race et le moment, comme l’exposa Hippolyte Taine. Promenons-nous maintenant à travers ces articles.

Gislebertus hoc fecit 

Ainsi titre-t-il l’article dans lequel il met en valeur l’importance de l’artiste en tant qu’individualité créatrice, se revendiquant comme tel, et reconnue comme tel. À Saint-Lazare d’Autun, entre 1125 et 1135, au crépuscule de l’art roman, ce Gislebertus a voulu signer la sculpture du tympan : disons-le nettement, sa signature est immanquable. Il le fait évidemment avec l’accord des commanditaires, qui n’étaient peut-être pas fâchés de montrer qu’il avait su attirer ce Gislebertus et rémunérer son talent. De plus, cette signature revendique pour Gislebertus seul la sculpture et on peut penser que les compagnons, s’il en avait eu, ne l’eussent pas laissé signer si largement dans la pierre son seul nom ! Henri Focillon, qui avait remarqué cette œuvre et aimait à la rattacher à un artiste majeur, avait aussi relevé la grande liberté du sculpteur, les innovations nombreuses qu’il introduit dans les thèmes sculptés, mais aussi les références à certains exemples tirés de la sculpture antique. Récapitulons : un sculpteur reconnu, sûr de son talent, libre, cultivé et portant le style à une nouvelle hauteur. On ne peut donc douter, nous dit Jean-François Revel que le type de l’artiste ait été connu d’un moyen-âge dans lequel on ne veut souvent voir, depuis Michelet, que des œuvres collectives. On ne sait rien cependant de ce Gislebertus : le journalisme, a-t-on envie de glisser malicieusement à Revel, n’était pas encore né !

L’article sur la villa Aldobrandini, vaut par l’hommage sincère à Hippolyte Taine, le dernier des voyageurs-écrivains, dont Revel a brillamment préfacé le Voyage en Italie, dans la collection Histoire de l’art chez Julliard qu’il dirigea et qui fit connaître au grand public les classiques du vingtième siècle tel Kenneth Clark, ou Anthony Blunt. Cet article est le seul, il me semble, où se glisse du sentiment, le seul où l’admiration pour une vision totale de l’architecture — le charme des jardins et la noblesse de l’édifice, la mise en scène et la nature, la rigueur classique et le maniérisme — laisse affleurer chez l’écrivain la nostalgie pour un monde disparu.

On voudrait distinguer pour sa cocasserie et son humour mordant l’article qu’il consacre à Jacques Doucet, collectionneur extravagant n’entendant rien à la peinture et à la littérature, ne lisant jamais les manuscrits et les livres rares dont il dotait à grands frais son incomparable bibliothèque, déléguant tellement les achats que les méchantes langues aimaient à appeler sa collection personnelle, sa collection impersonnelle ; employant comme « bibliothécaires » quelques-uns des grands romanciers de l’époque comme André Breton, Suarès ou Aragon, les fatigant du décompte de sa fortune et du décompte tout aussi fatigant de ses bonnes fortunes, tatillon comme un chef de bureau et en effet congédiant ces écrivains majeurs comme on le faisait en ce temps-là des employés et des domestiques… mais malgré tout apportant au patrimoine national ses collections inestimables, et possédant pour ces raisons les titres les plus solides pour passer à la postérité reconnaissante !

Enfin, s’il ne fut pas le premier à réhabiliter Eugène Viollet-le-Duc, c’est avec beaucoup de finesse que Revel fait ressortir ce que l’architecture doit à ce grand homme qui admirait les cathédrales non comme un contenant spirituel, mais comme l’exemple d’une architecture où les moyens sont subordonnées à la fin, où rien n’est superflu, où tout est efficace et logique, où forme et fonction s’identifient. Un architecte en somme plus proche de Perret et de Le Corbusier que du romantisme de Victor Hugo et du revivalismanglais.

On trouvera une grande originalité dans l’éloge de Karl Baedeker, le créateur des guides fameux que Revel replace dans l’histoire du tourisme d’art. Son premier guide est consacré à l’Italie et marque le souci de permettre à un public aux moyens limités, mais curieux de mieux voyager. Le guide s’efforce de donner à ces nouveaux voyageurs les moyens d’une honnête indépendance, le souci d’une dépense proportionnée aux services rendus à travers mille conseils pratiques, Le portrait type de ce voyageur, on pourrait en emprunter certains traits pour dessiner le portrait intellectuel et moral de Jean-François Revel : un homme assez sauvage, qui n’aime pas être dérangé dans ses pensées, pourvu d’argent, mais sans excès, animé d’une grande curiosité, mais sans naïveté, cultivé et sachant parfaitement ce qu’il est venu voir. Ajoutons, exigeant sur la qualité des plats et des lits, soucieux de pratiquer, pour mieux le connaître, la langue du pays, cherchant autant qu’il est possible à fuir le tourisme de masse, et partageant, on l’a vu, pour l’honnêteté des pratiques hôtelières italiennes une méfiance absolue.

L’article sur les aristarques (Jean-François Revel aura essayé de relancer, en vain, ce synonyme intéressant de critique d’art, avec la même mauvaise fortune que Honoré de Balzac voulant imposer tableaumane pour connaisseur) qui décrit peu ou prou l’échec d’une critique d’art moderne, pourra utilement être lu : si la description a longtemps été au cœur de la bonne critique d’art, si c’est par elle qu’on a enseigné à voir, si cette description, pour réussir à transmettre l’émotion propre du système plastique du peintre, a toujours du s’accrocher au système figuratif de ce peintre, il en résulte peut-être que la critique d’art s’est mise à flotter dans le vide à partir du moment où presque toute la peinture vivante a cessé d’être figurative. Car les critiques, au lieu de faire face au problème nouveau posé par cette évolution, se sont élancés dans des voies latérales. Ils ont versé dans la haute philosophie, le terrorisme ou le mystère. 

On le voit il s’entend merveilleusement à comprendre et mettre en valeur les individus dans le biotope de l’art. Ses articles sur la calligraphie, le style cistercien, sur l’art abstrait et son rapport avec le cubisme, sur ceux de l’art moderne et des arts primitifs, sont moins convaincants, tout comme lorsqu’il aborde des sujets originaux : les bistrots à décor de faïence, les instruments d’optique. Alors qu’il est pénètre avec une grande facilité les personnalités des grands artistes, il semble que sa manière et l’exigence de faire court le laisse embarrassé devant les généralités et devantles thèmes.

Faisons cependant une exception pour l’article consacré à l’exil des œuvres d’art. C’est un modèle de précision et de clarté et qui pourrait avoir été écrit par un brillant conseiller ministériel. Une riche et intéressante introduction qui balaye le sujet, des prédations de Verrès jusqu’à celles de Goering, et de l’émergence du marché de l’art jusqu’au connoisseurship ; un sobre exposé des points de vue ; et enfin une conclusion pratique qui propose pour principes la nécessité pour un pays de garder une image complète de son propre art, mais de permettre une exportation contrôlée et d’offrir un champ à la collaboration internationale en mettant l’accent sur la reconstitution des ensembles les plus essentiels. 

Les morts sont parfaits

On reconnaît dans ces chroniques l’art de titrer, qui compte pour la moitié dans le génie du journaliste. Intriguer : Les trois V ; étonner : Un pèlerin soupçonneux : Karl Baedecker ; amuser : Digressions sur les bistrots à décor de faïence ; emprunter à l’éloquence judiciaire : Plaidoyer pour Viollet le Duc ouacadémique : Éloge d’Hippolyte Taine.

Du journaliste et de l’art, il a d’ailleurs dressé le constat le plus lucide : Il y aurait une histoire de l’art que les journalistes façonnent pour le grand public, qu’il est bien curieux d’examiner : elle reconstruit une histoire de l’art de sa façon dont les grandes figures sont choisies pour attirer la sympathie et l’intérêt ; pour illustrer et embellir le récit national. Caravage, Modigliani, Michel Ange parce qu’il s’oppose au pape, Raphaël parce qu’il meurt d’amour, Watteau, rêveur et malade est beaucoup plus intéressant qu’un Chardin qui peint des pots et des tables. Monet parce que sa passion du jardin le met dans la passion des Français. Delacroix est commode pour illustrer le romantisme et pour rester au seuil de l’art moderne. Si une civilisation lointaine devait n’avoir à sa disposition que les archives de la presse, toute autre trace écrite disparue et les musées et monuments volatilisés, on aurait une bien curieuse Histoire de l’Art. 

Et ne parlons pas des limites de la liberté d’expression que tout journaliste, aussi connu soit-il, rencontre un jour. Revel l’expérimenta lorsqu’en 1976, à la mort d’André Malraux, dont il dénonçait la philosophie de l’art, il proposa un article qui fut refusé. En France, les morts sont parfaits, constata amèrement le journaliste.

Classique, tout simplement

Aujourd’hui, en homme qui demande des ressemblances à son souvenir, je reconnais en lui la génération de mes professeurs, qui eurent quinze ans à l’heure de l’Occupation, puis la tête tournée par le twist des idéologies marxiste, structuraliste ou freudienne. Quoiqu’appartenant à cette génération, Revel sut, au prix d’une honnêteté intellectuelle qui lui coûta l’hostilité des bien-pensants, acquérir ce bien précieux : penser par soi-même en allant aux sources les plus sérieuses.

Il fut hostile à la rhétorique, dans lequel il voyait une technique de sujétion, qui fut, dit quelque part Saint Augustin, inventé pour charmer le peuple et le mettre en disposition d’acquiescer à la tutelle que de plus puissants lui imposent.

Il alla même plus loin : lui, l’agrégé de philosophie théorisa l’obsolescence de la philosophie, dont il jugea dans un livre célèbre qu’elle avait épuisé son rôle historique, détrônée qu’elle était par la science en tant que forme d’explication du monde.

Il avait certainement plus à donner à l’histoire de l’art que ces chroniques passionnantes. Mais il se méfiait, on l’a dit, des systèmes : les systèmes philosophiques ne seraient-ils pas destinés à suppléer l’absence d’idées ? N’est-on pas acculé à construire une théorie lorsque et parce qu’on reste stupide devant chaque occurrence d’une réalité dont la diversité nous submerge ? 

Une notice dans le Dictionnaire de Claude Schvalberg l’admet parmi les critiques d’art qui ont compté au vingtième siècle. Pour ma part, je le rangerai parmi les classiques — selon Littré : à l’usage des classes ou de première classe —. En somme un écrivain qu’il est bon de relire lorsque les fumées de l’esthétique vous montent à la tête.

 

1. L’œil et la connaissance, Plon, 1999. Par ailleurs un site très complet, Chez Revel, https://chezrevel.net/, offre le plus large choix de documents et d’articles sur l’écrivain.

2. Les lecteurs curieux trouveront en effet dans Contrecensures (Jean-Jacques Pauvert, 1966) d’autres articles dont la coloration est plus polémique, et le tour plus porté vers la fantaisie. Ils furent écrits pour le Figaro ou pour France Observateur.

3. Le mariage de JF Revel avec le peintre Yahne Le Toumelin lui aura certainement donné une culture visuelle et une familiarité avec l’art contemporain.

4. Pour l’Italie, René Julliard, 1958

5. Pourquoi des philosophes ? René Julliard, 1957

 
 

Par Les ensablés
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2 Commentaires

 

Henri Astier

03/05/2021 à 12:09

Merci de ce bel hommage à Revel, qui souligne son esprit universel, curieux, hors norme et hors-mode. Il est méprisé de ceux qui croient qu'une écriture simple et percutante dénote une pensée forcément superficielle, et qu'un libéral ne peut être que réactionnaire. Une précision: la formidable citation qui ouvre votre article est extraite de son premier esssai, Pourquoi des philosophes (Édition Bouquins, p. 50) et non de la Connaissance inutile.

Antoine Cardinale

07/05/2021 à 14:20

Je vous remercie de votre lecture attentive et de cette utile précision : il s'agit en effet d'une citation tirée de Pourquoi des philosophes. J'ajoute qu'il est intimidant d'être lu par le grand connaisseur de l'oeuvre de Jean-François Revel que vous êtes : on redoute l'erreur factuelle, le contresens, ...ou la citation défectueuse ! Merci encore de votre remarque.

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Il y a les Ensablés que nous connaissons bien, cohorte d’auteurs jouets du ressac des modes et de la gloire. Il y a les Oubliés, perdus au fond des mers.  Et il y a aussi quelques miraculés sauvés des eaux. Rachilde est de ceux-là. Célèbre et célébrée en son temps, cette grande scandaleuse aurait fini par disparaitre complétement de l’histoire littéraire qui ne retient guère que George Sand comme grande figure féminine pour la littérature au XIXème et Germaine de Staël pour la pensée, si quelques universitaires et éditeurs ne s’étaient acharnés à la faire reconnaître. Par Denis Gombert

26/04/2026, 09:00

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Les Ensablés - Faux-passeports, de Charles Plisnier

« Le personnage qui dit “je” dans ce livre, souhaiterait garder quelque mystère. » La première phrase de cet vrai-faux roman Faux-passeports (1937), qui se compose en fait de cinq nouvelles reliées entre elles par un même narrateur, pose d’emblée la véritable nature de ce livre, un savant mélange d’autobiographie, de romanesque et d’essai sur ce qu’est l’engagement pour une cause. Par Carl Aderhold.

12/04/2026, 09:55

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Les Ensablés - Le bouquet de Henri Calet

Cela fait 70 ans qu’Henri Calet (1904-1956) a quitté le monde des vivants. Mais un certain nombre de lecteurs, dont les Ensablés, travaille régulièrement à sa résurrection. Pas étonnant, puisque ce chroniqueur des vies fragiles, à commencer par la sienne, est un auteur des plus attachants. La poisse toujours en bandoulière, son humour caustique semble vouloir excuser une mélancolie persistante. Le Bouquet (1945) revient sur l’expérience de la débâcle de 1940, de la captivité à l’évasion de son auteur. Fidèle à son style, Calet déroule avec une simplicité désarmante le récit doux-amer de ce moment de bascule pour l’écrivain comme pour le pays. Par Nicolas Acker. 

29/03/2026, 09:00

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Les Ensablés - Ma petite Yvette, d'André Dumas

En terminant la lecture de Ma petite Yvette d’André Dumas (1874-1943), récemment réédité par J’ai lu, je me suis demandé aussitôt : est-ce un chef-d’œuvre ? Mon cœur  me répondait « oui ! », tandis que ma raison, le souvenir des romans de Proust, de George Eliot (bref les écrivains de mon Panthéon) me disaient que non, ce n’était pas tout à faire un chef-d’œuvre. J’ai ma petite idée désormais. Par Hervé BEL

15/03/2026, 09:00

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Les Ensablés - Le vitriol de Lune de Henri Béraud

Au rebours des titres à rallonge péniblement explicites dont raffolent certains plumitifs contemporains, il en est d’intrigants et mystérieux qui suscitent curiosité et envie de lire. Ainsi des ouvrages d’Henri Béraud (1885-1958), qui avait indubitablement l’art de trousser des titres originaux, du Martyre de l’obèse au Flâneur salarié, en passant par La croisade des longues figures ou le surprenant Vitriol de Lune.

Par Marie Coat

01/03/2026, 09:00

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Les Ensablés - L'insaisissable, de Liane de Pougy (1869-1950)

La vie de Liane de Pougy, de son vrai nom Anne-Marie Chassaigne (1869-1950), est une œuvre à programme, passant du vice au luxe, du luxe à la vie spirituelle. Elle est l’une des grandes courtisanes de la Belle Époque avant de devenir écrivaine puis tertiaire dominicaine. Issue d’un milieu modeste, danseuse puis demi-mondaine adulée du Tout-Paris, elle incarna la somptuosité, l’esprit et la liberté scandaleuse de la fin du XIXᵉ siècle, fréquentant artistes, aristocrates et écrivains. Elle connut une célébrité éclatante grâce à ses romans et journaux à clé. Après la Première Guerre mondiale, elle se retira progressivement du monde, se rapprocha du catholicisme et termina sa vie dans la prière, à Lausanne, laissant l’image paradoxale d’une femme passée de l’érotisme mondain à l’ascèse religieuse.

Par Nicolas Kinosky     

15/02/2026, 17:17

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Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

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Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

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Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

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Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

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Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Ce que ma mère a laissé derrière elle : les secrets d’une mère révélés après sa mort

Après la mort de sa mère, Jade découvre une vieille photographie représentant une jeune femme souriante aux côtés d’un homme inconnu. À partir de ce cliché, elle se lance sur les traces d’un passé familial qu’elle pensait connaître, entre secrets enfouis et histoire contemporaine de la Corée. Traduit du coréen par Yeong-Hee Lim.

10/10/2026, 07:30

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Dans Imago je suis, Dan Yodwira donne voix à une narratrice confrontée à la perte de ses illusions et à ses propres contradictions. Entre colère et espoir, elle cherche un chemin vers la liberté et une possible renaissance.

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Pour la cinquième semaine consécutive, Sarah Knafo conserve la première place des meilleures ventes de livres en France. Du 28 septembre au 4 octobre 2026, Le Casse du siècle (Fayard) enregistre 37.294 ventes supplémentaires. Derrière l'eurodéputée, One Piece reste deuxième, tandis que Thélyson Orélien monte sur le podium.

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Grop d'Erik Svetoft : bizarre, vous avez dit bizarre

Certains auteurs ne se contentent pas d'inventer des histoires ou de rendre compte de l'état du monde : ils utilisent la puissance de la bande dessinée pour donner naissance à un univers qui n'existe nulle part ailleurs, forgé dans un alliage unique de dessins, de situations, de personnages, de de tempo et de dialogues. De livre en livre, les lecteurs explorent cet espace hors du temps et de la géographie qui leur semble de plus en plus familier. Erik Svetoft est sans nul doute un de ces artistes puissants, dont l’œuvre, de titre en titre, forge un univers qui ne ressemble à aucun autre et certainement pas au nôtre.

09/10/2026, 11:50

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Le Chœur ukrainien : quand l’exil trouve une voix commune

Avant de trouver sa place dans le chœur, Coralie Grimand cherche où poser sa voix. Française, amoureuse depuis l’adolescence de la littérature russe, elle rejoint une chorale ukrainienne au début de l’invasion. La guerre ne lui retire ni Pouchkine ni Dostoïevski ; elle rend cet amour inconfortable.

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Vital : une psy face au deuil d’un patient

Dans une mansarde du 11e arrondissement de Paris, une psychologue reçoit des patients aux parcours singuliers. Jusqu’au jour où la mort de l’un d’eux, tué le 13 novembre 2015, bouleverse son rapport à son métier et la conduit à franchir certaines limites.

 

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À la grâce des fous : un meurtre au cœur des fantômes de la Gaspésie

À L’Anse-à-Beaufils, près de Percé, un homme est retrouvé mort en pleine saison touristique. Son passé sulfureux lui avait valu de nombreux ennemis. Tandis que l’enquête commence, les souvenirs des villages disparus de Gaspésie refont surface.

 

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L'Affaire au carré : Un producteur assassiné, sa fille retrouvée morte

Quatre balles dans la nuque, disposées en carré. Le 6 mai 1995, Joseph Vitali, grand producteur de cinéma et personnage trouble, est exécuté dans un parking. Personne n'est arrêté. Trente ans plus tard, jour pour jour, sa fille Ana disparaît. On retrouve son corps au fond d'un puits, dans la forêt de Meudon. Les Vitali ne croient pas aux coïncidences. Estelle Voldor non plus. À la tête de True Crime, magazine spécialisé dans les affaires non résolues, elle flaire le sujet qui fera trembler la rédaction : « Rien que l’histoire de cette famille, j’achète ! » Reste à convaincre Jed Jarzinski de s'en charger. Mauvaise humeur comprise.

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Un Shinkansen file vers Tokyo. Dans le casque de Philippe Séclier, Keith Jarrett improvise. Quelques mois plus tard, un coffret couleur sable acheté au Japon devient le point de départ d’une enquête : les Sun Bear Concerts, huit récitals donnés en novembre 1976, dont cinq furent réunis sur dix vinyles. 

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Une joggeuse disparaît sans laisser de trace. Son mari, écrivain de romans policiers, devient le principal suspect. Cinq ans plus tard, la découverte d’ossements humains relance une affaire que certains auraient préféré voir enterrée. Avec The Crime Writer, Diane Jeffrey mêle enquête, secrets de famille et fascination pour le crime parfait.

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Un polar survolté où son héroïne Abigail Boone fait une entrée fracassante, au propre comme au figuré

Premier roman du britannique Dominic Nolan : On a parlé de Dominic Nolan l'an passé avec un sacré roman, White City, un polar inscrit dans sa fresque socio-historique sur le Londres des années passées, qui lui a valu notoriété et succès depuis Vine Street. Le revoici dans un registre plus classique, avec J'étais Abigail Boone qui fut son premier roman publié en 2019 en VO. Un second épisode mettant en scène l’héroïne amnésique Abigail Boone (After Dark - 2020 en VO) n'a pas encore été traduit en français.

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Le Boléro de nos vies : ce que nous héritons des générations précédentes

Les Uns et les Autres raconte en effet beaucoup de choses. Des histoires d’amour. Des séparations. Des ambitions. Des rencontres. Des enfants. Des morts. Mais le film raconte surtout que nous vivons des vies personnelles à l’intérieur d’une Histoire qui, elle, ne nous demande jamais notre avis. Propos recueillis par Jean-Charles Bettan, psychanalyste à Cannes.

 

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Bernard-Henri Lévy : on ne se souvient jamais deux fois de la même façon

Dès le préambule, la subjectivité du philosophe est impossible à séparer de ce qu’il raconte. Mais comment écrire ses mémoires partagés avec ce que l’on a vu, ceux que l’on a rencontrés, les causes que l’on a défendues ou abandonnées, les conflits que l’on a traversés ou atténués, et surtout les noms qui nous ont influencés ? Tout cela compose peu à peu le tableau d’une époque qui n’existe plus tout à fait, mais aussi l’image d’un homme dont l’identité elle-même est déjà un récit.

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Tiphaine Raffier : mourir sous le regard des autres

Un micro derrière un Vermeer. Une chaise médicalisée qui résiste au montage. Un chronomètre autour du cou. Une cassette qu’on ne sait plus faire jouer. Et, au milieu, Laure, revenue dans la maison familiale de Morsan pour y vivre ses derniers jours. Tiphaine Raffier installe L’Hors-Présence ou Chimères du pays de Morsan avec une précision clinique, puis laisse tout se dérégler. 

 

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Esquisse d’une serial killer : derrière la Diabolique, une enquête dérangeante

Le titre désigne déjà un piège. Esquisse d’une serial killer (trad. Pierre-Mong Lim) promet le monstre, la mécanique du crime, peut-être le frisson confortable du true crime. Hu Mu-ching fait exactement l’inverse. Elle revient vers Lin Yu-ju, condamnée à mort à Taïwan pour trois meurtres et très vite figée par les médias sous un surnom : la Diabolique. Ébauche prévue le 15 octobre.

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Le souci de vivre : parler de la mort pour donner du sens à l’absurde

Il y a des livres qu’on offre sans raison particulières, juste pour faire plaisir, petit format, une centaine de pages, un prix raisonnable, un livre qui pique notre curiosité ; vous connaissez toutes et tous ce genre de livre qu’on lit en une après-midi et qui laisse une empreinte importante par la suite. Le souci de vivre d’Olivier Carré fait partie de ces livres qui reste longtemps en mémoire tant il parle d’un sujet auquel nous tous aurons à faire face un jour ou l’autre : la mort. 

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Lola Lafon enferme quatre amis dans un aéroport sous tension

Une valise, un mot, une fracture politique : voici la nouvelle pièce de Lola Lafon. Une valise dépasse de quelques centimètres et, avec elle, tout déborde. Dans une salle d’embarquement, quatre amis d’une quarantaine d’années devraient partir en vacances. Décollage (ou pas), le 15 octobre.

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Sur la route du retour de Franck Maubert : révéler la nudité désolée

Il y a un principe dans la vie sur lequel il est difficile d’y revenir : on ne peut pas donner l’amour que l'on n’a pas reçu. Pour Franck Maubert, l’amour non reçu vient de cette mère distante, froide, qui le place durant sa petite enfance chez un couple vivant dans une ferme, puis viendra le reprendre pour le laisser à ses parents, couple âgé qui se désintéresse de lui avant de le conduire contrainte chez elle. De cette enfance heureuse en campagne, l’auteur découvrira la joie du silence et une quête mystique dans les églises.

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Le Parfum des feuilles de thé : quitter Tokyo pour recommencer

Tokyo s’éloigne, la route monte, le béton cède aux pentes de Shizuoka. Mayumi et Akane ont trente-cinq ans, sont amoureuses et décident de reprendre la plantation de thé du grand-père d’Akane, affaibli par un AVC. Sur le papier, tout ressemble au fantasme contemporain du grand départ : quitter la ville, retrouver la terre, repartir de zéro. Infusion dès le 15 octobre.

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Voyage avec un âne : ce que Modestine change au récit de Stevenson

Il part à pied pour se remettre d’un chagrin, s’équipe beaucoup trop, achète une ânesse pour porter le tout et découvre presque aussitôt qu’elle n’a aucun goût pour les itinéraires bien tracés. Voyage avec un âne dans les Cévennes tient depuis 1879 sur ce délicieux désaccord entre un homme qui veut avancer et Modestine, qui préfère brouter. Parution le 15 octobre

06/10/2026, 13:32

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Toute la famille a eu de la chance : Auschwitz au bout du couloir

Philippe Schwartz commence par se méfier de sa propre mémoire. C’est une excellente manière d’entrer dans Toute la famille a eu de la chance. « Aujourd’hui, j’ai conscience d’enjoliver. J’en fais une légende. » Le narrateur ne promet donc ni archive pure ni reconstitution infaillible. Sortie le 15 octobre.

06/10/2026, 12:55

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Mom Alone : la maternité solo, sans filtre et sans mode d’emploi

Il y a les livres sur la parentalité, avec leurs principes, leurs méthodes, leurs lendemains mieux organisés. Et puis il y a 17 h 30. Le travail n’est pas fini, les enfants reviennent dans le cadre, le dîner se rapproche et quelqu’un pense soudain : « Purée... Il est déjà 17h30 ! » Quelques cases plus loin tombe le verdict : « J’ai rien foutu. » Mom Alone habite exactement cet espace-là : celui où les bonnes intentions se froissent au contact du réel.

05/10/2026, 17:30

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Peut-on vendre un rein ? Cinq livres pour interroger nos certitudes

Cette semaine, la Booksletter explore cinq livres qui déplacent le regard sur l’histoire, la morale et nos sociétés : l’économie quotidienne de la Rome antique, les grandes expéditions britanniques en Antarctique, l’humour noir face à la mort, les marchés jugés moralement « répugnants » et le poids de l’époque dans les trajectoires criminelles. Cinq lectures pour éclairer autrement des questions anciennes et très contemporaines, sans simplifier.

03/10/2026, 11:13

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La fille aux huit vagins, et autres histoires postporno

Dans ce recueil de cinq nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, Agnieszka Szpila, autrice du très remarqué Hexes, également traduit et publié par Notabilia, imagine de nouvelles manières de désirer pour repenser notre rapport au monde, à l’altérité et à la littérature, qu’elle soit lue ou écrite. Par Emma Tholozan.

03/10/2026, 09:00

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Phébus ressort La boîte en os, un roman gothique aussi fascinant que dérangeant

À l’occasion de son cinquantenaire, la maison Phébus publie une édition collector d’un de ses romans emblématiques : La boîte en os, d’Antoinette Peské. Un nouvel écrin pour un petit bijou de la littérature du XXe siècle. Par Emma Tholozan.

02/10/2026, 17:37

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Grandir comme la nuit

02/10/2026, 17:09

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La dislocation

02/10/2026, 13:48

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Soif d’idéal : Rocheteau raconte ce qui reste après les matchs

Dominique Rocheteau avance par souvenirs, visages, sensations et fidélités. Trente récits plutôt qu’une autobiographie chronologique : le dispositif lui va bien et forme cette Soif d’idéal. Il préfère le lien au palmarès, l’émotion au monument. Dès les premières pages, la ligne est donnée : « L’émotion avant tout. » Le ton ne variera guère, direct, pudique, sans désir de régler des comptes. Sortie le 8 octobre. 

02/10/2026, 13:13

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Malgré l’abordage de One Piece, Sarah Knafo règne sur les ventes de livres

Jamais deux sans trois… ou quatre ? Sarah Knafo refuse visiblement de rendre la médaille d’or : Le Casse du siècle (Fayard) reste numéro un avec 42.023 ventes sur la semaine et 201.985 exemplaires cumulés.

 

02/10/2026, 11:00

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Comment expliquer la liberté aux enfants ?

Être libre, est-ce faire tout ce que l’on veut ? Avec Vive la liberté !, Sybille Hein aborde cette grande question à hauteur d’enfant, en partant de situations concrètes pour aider les plus jeunes à comprendre ce que signifie être libre, mais aussi les limites et les responsabilités qui l’accompagnent. Traduit et adapté de l’allemand par Camille Logoz.

02/10/2026, 07:00