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Les Ensablés – Les origines de la Renaissance d'Émile Gebhart (1839-1908)

Elle raisonnait facilement sur la peinture italienne ou flamande, sur le moyen âge ou la renaissance. Le bal de Sceaux est une nouvelle publiée en 1830, dans laquelle Balzac nous donne la peinture admirable d’une époque, nouvelle dont la profonde leçon morale qui frappe Emilie de Fontaine a été méditée par tous ceux qui furent tentés de soumettre l’amour à un calcul social.

Le 20/12/2020 à 09:00 par Les ensablés

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20/12/2020 à 09:00

Les ensablés

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C’est donc dans cette courte citation que le mot de renaissance fait son entrée, avec une minuscule, dans la littérature. Vingt-cinq ans plus tard, Michelet intitule La Renaissance -avec une majuscule- le septième volume de son Histoire de France, dans lequel l’historien voit devant Charles VIII descendu en Italie, une colonne de feu qu’on appela Renaissance. Un évènement immense s’était accompli. Le monde était changé.

Quelques années encore et le terme trouve sa consécration en 1860 en faisant le titre du classique de Burckhardt : La civilisation de la Renaissance. Burckhardt et Michelet, ces deux  figures immenses, peuvent bien partager sur ce terrain le droit du premier occupant, mais juste après eux, et ce ne n’est pas rien de venir après ces deux géants, après eux vient Emile Gebhart dont je vous propose de faire la connaissance.

Par Antoine Cardinale


En passant par la Lorraine

Emile Gebhart naquit en 1839 à Nancy, ville paisible, dans ce monde de la bourgeoisie de province dont Balzac a tout dit. L’économie, le sens de la famille, le rang social vécu comme un treizième commandement, un patriotisme plus vif qu’ailleurs : c’est la physionomie morale de ce monde-là. Le général Drouot est de la famille. Il est le héros de Fleurus, de Somosierra, de Wagram et de la Moskowa, un de ces hommes qui survivant à l’Empire, semblaient sortir d’une légende, de ces hommes qui tout chenus et tout caducs qu’ils fussent, faisaient passer dans le cœur des images de bravoure et des tentations d’aventure : il semblait aux passants, en croisant cet homme dans les rues mélancoliques et froides de la capitale du bon roi Stanislas, que se faisaient entendre les hourras d’une charge et les buccins des triomphes. Auprès de ce vieil oncle, le jeune Emile respira le parfum de la Révolution, du Consulat et de l’Empire : il en faut moins pour prendre goût à l’Histoire.

Son père est un commerçant important et président du Tribunal de commerce ; il fait donc son droit à Paris tout en poursuivant des études de lettres. Reçu à l’Ecole française d’Athènes en 1861, son mémoire est distingué pour son style, mais cependant étrillé pour le peu de fond de ses travaux historiques. Ses hypothèses sur l’emplacement de l’Olympe véritable sont jugées très aventureuses. Il voit en artiste plutôt qu’en historien et on lui recommande davantage de rigueur ainsi qu’une meilleure maîtrise de ses sources. Il n’est donc pas le premier de la classe et la poésie lui est certainement plus chère que l’érudition. Sa tête est plutôt aux voyages et à l’aventure. Il fit partie de la dernière génération de poètes et de savants à avoir vu de Rome les ruines abandonnées, la glycine disjoindre les marbres glorieux et les grives nichant au forum de Trajan. Et le Tibre, l’antique dieu Tibre couché dans son lit de vase et de roseaux, il le connut aussi, avant que le progrès ne lui fasse un corset de béton. Au terme de ce Grand Tour, en quittant la Grèce, une de ces lettres porte cette sobre et magnifique notation : Je pars demain matin. Funérailles de ma jeunesse. Il a vingt-six ans.

Il revient à Nancy, s’inscrit au barreau de sa ville mais prend à plein temps un poste de professeur de littérature. Examinateur redoutable, craint de ses élèves, il a la charge de faire passer le baccalauréat en 1870, l’année terrible. Dans la ville de Nancy on peut entendre le roulement de la canonnade prussienne, tandis qu’en flots désolés les réfugiés entrent dans la ville. Les adolescents qui sont venus de Metz, de Thionville ou de Sarrebourg pour passer l’examen ignorent même s’ils pourront rentrer chez eux le lendemain. Le professeur Gebhart dicte le sujet de la composition, donne les consignes et les avertissements nécessaires et, superbe, sans rien concéder au grave cérémonial qui entourait en ce temps une épreuve du baccalauréat, leur annonce qu’ils seront tous, à cette heure grave de la patrie blessé, reçus d’office. Ceux qui ont vu ces choses ne les oublieront jamais écrivit de cet épisode un grand contemporain.

Il collabore aux revues parisiennes, publie beaucoup. Emile Gebhart n’est encore que professeur de littérature étrangère à Nancy et seul le titre d’ancien membre de l’Ecole française d’Athènes vient donner un peu de lustre à ses publications. Le désir de Paris le travaille, ce désir qui habite la province, qui fait le fond de son caractère et qui justifie bien des destins, les ambitions les plus hautes comme les convoitises les moins avouables.

Dans le journal de Léon Gambetta, il signe ses articles du pseudonyme d’Atticus, du nom de ce Titus Pomponius, ami de Cicéron, dont une large correspondance nous est restée, et qui à son nom ajouta celui d’Athénien, soit qu’il revendiquât son appartenance à la sagesse grecque et qu’il désirât se tenir, au nom de la philosophie, à distance des troubles civils de l’Urbs, soit que la pureté de son élocution lui en eût mérité le nom. Cette collaboration aux journaux parisiens lui assura des amitiés politiques bien choisies qui lui furent utiles pour se frayer un chemin. La qualité de sa réflexion, la sûreté de ses intuitions historiques feront le reste. Sa bibliographie compte plus de vingt ouvrages. Il sera reçu en 1904 à l’Académie française.

Mme Passini a rendu un hommage appuyé[1] à la curiosité du savant et l’a remis dans une position centrale, en tant qu’historien de la culture, aux côtés des Burckhardt, Renan, Michelet ou Thode. Ajoutons que sa réflexion sur la Renaissance rencontre souvent celle d’Eugène Müntz, et ses recherches sur Pétrarque celles de Pierre de Nolhac, que nos lecteurs connaissent maintenant assez bien.

C’est en 1879 qu’il publie les Origines de la Renaissance, qui va nous occuper maintenant. Cet ouvrage va définitivement fonder sa réputation et l’année suivante on créera pour lui, à la Sorbonne, la chaire de littérature méridionale.

La courte introduction de l’ouvrage va droit au but : Les origines de la Renaissance sont donc très lointaines et précèdent de beaucoup l’éducation savante que les lettrés du XVème siècle répandirent autour d’eux. J’entreprends dans ce livre, de déterminer les raisons historiques, religieuses, intellectuelles, morales, qui peuvent expliquer un réveil si précoce de la civilisation.

"Eureuse" et désirable renaissance !

Du terme renaissance, le sujet  le plus passionnément débattu de l’historiographie moderne[2], Balzac en réalité n’en aurait la primeur qu’en tant qu’il désigne une période. Car ce mot de renaissance figure fréquemment chez Stendhal, par exemple, mais il est alors toujours complémenté : renaissance des arts, renaissance de la peinture. Il désigne donc davantage une manière, par opposition aux primitifs en peinture et à l’art gothique en architecture, plutôt qu’une tentative de périodisation. De la même manière si l’on veut, que les néo-classiques désignaient le rococo comme la décadence des arts.

Remontons aux origines : le terme de rinascita se trouve à plusieurs reprises chez Vasari : j’ai rapporté les vies de tous ceux qui ont ressuscité les arts figure dans la préface de 1550[3] et le mot même, comme lorsqu’il observe dans les arts il progresso della sua rinascita, les progrès de leur renaissance ou bien lorsqu’il évoque la restauration des arts et pour mieux dire leur renaissance. Le succès du terme est tel, il circule si vite en Europe qu’on le retrouve sous la plume de l’humaniste Pierre Bellon dès 1553 dans l’orthographe audacieuse du temps : eureuse et désirable renaissance.
Nous sommes donc face à une périodisation parfaitement identifiée par les contemporains eux-mêmes, et revendiquée par eux. Si les croisés qui poussaient leurs piétons sous les murs de Jérusalem ne s’encourageaient probablement pas en criant « En avant, chevaliers du Moyen-Age ! », il ne fait pas de doute en revanche qu’on porta, dans maints cercles humanistes vers 1450, des vœux pour la renaissance des arts, tant l’idée de vivre et de créer une époque nouvelle faisait peu de doute. Cette croyance leur était si familière, il s’y reconnaissait tellement qu’on peut dire qu’elle faisait le fond de leur doctrine au point qu’ils baptisèrent rapidement les nouveaux canons de l’art la bonne manière, la buona maniera moderna.

Vint ensuite le lent effacement du mot jusqu’à ce retour de fortune, dans les premières années du XIXème siècle où se constitua l’histoire de l’art en tant que science humaine.

Il serait donc légitime de réserver cette périodisation à ce moment de prise de conscience de la part des artistes et des philosophes qu’ils écrivaient une page nouvelle de la civilisation. Et si on souhaitait l’élargir la période, il faudrait s’en remettre de confiance à Vasari.

Ce dernier pousse en effet la précision jusqu’à diviser cette rinascita en trois âges qui recoupent trois générations : il nomme bien sûr Giotto pour le premier eta, Brunelleschi dans l’architecture pour le second âge, tandis que la dernière période s’ouvre avec Léonard et se termine par Michel-Ange. Il pousse même la théorisation  jusqu’à nous indiquer très explicitement à quel rythme marchait la nouvelle manière : d’abord l’architecture, inspirée par la redécouverte des règles classiques, ensuite la peinture guidée par une soif de revenir à la nature, et enfin la sculpture sous ces deux influences conjuguées.

Disons-le, Emile Gebhart qui n’ignorait pas ces sources, adopte un point de vue assez différent.

Le rêve dans le royaume

La Renaissance des arts et des Lettres devait revenir à la France comme de bonne prise ainsi que l’on disait dans ce XIIème siècle. Cela ne fut pas et il faut expliquer ce rendez-vous manqué : c’est ce qu’examine Gebhart en premier lieu. Car ce siècle-là, et le suivant furent les deux grands siècles de la France. Elle a la primauté en Occident par sa puissance politique, par la supériorité intellectuelle de ses universités et par sa production artistique.

Le royaume, il est vrai, est alors nettement divisé entre le sud et le nord. Dans les pays de langue d’oc, le souvenir de la grandeur de Rome est encore vivace. C’est le mot d’Emile Mâle : On doit se représenter pendant tout le Moyen-Age une France aux trois quarts romaine. L’université de Montpellier échange avec les cultures juive et musulmane ; le commerce est prospère et la bourgeoise veille aux libertés communales auxquelles une aristocratie plus éclairée qu’ailleurs ne s’oppose pas. La poésie est si savante, si avancée, embrassant tous les genres, qu’elle est réputée être la première en Europe.

Le nord du royaume –l’Ile de France, la Picardie et la Champagne- se couvre de cathédrales dès 1150. Elles sont le manifeste d’un l’art nouveau, dans lequel s’engagent toutes les forces d’un pays jeune. A la suite de l’architecture vient la sculpture à Chartres et à Amiens qui renouvelle l’art plastique ; à leur suite l’enluminure et la miniature des maîtres imagyers. L’autorité du roi et de la féodalité est dans ce nord, il est vrai, plus sensible ; celle de l’Université de Paris n’a pas de rivale en Occident.

Par ces différences entre nord et sud, il semblait que le royaume doublait ses chances de porter le renouveau : la Renaissance devait lui appartenir. Las ! Au sud, dans les trente premières années du XIIIème siècle, la croisade de l’Albigeois sous Philippe-Auguste et Louis VIII vont détruire les libertés politiques. En 1229, par le fer et le feu, la liberté de penser et de croire est mise à raison.

Au nord, le roi de France va abattre son gant de fer sur le clergé, sur les grands féodaux et sur les libertés communales et Philippe le Bel, dès 1285, finira par lâcher sur eux ses légistes, ses gens d’armes et des juges à sa main : le niveau qui passe sur la France abaissera tout, l’art comme la philosophie.

Viennent le temps de la guerre franco-anglaise et les désordres civils : au milieu du XIVème siècle, le rêve d’une « renaissance française » aura passé. Les conséquences s’en feront sentir longtemps, particulièrement dans les humanités. En 1395, les vieilles chroniques nous disent que l’ambassadeur de l’empereur byzantin Manuel Paléologue, arrivant en France,  ne put se faire entendre de personne. Le premier livre en grec ne fut imprimé en France qu’en 1507 alors qu’Alde Manuce, à Venise, avait depuis longtemps déjà donné Aristophane, Aristote et Platon. Dans le royaume de France, au début du règne de François 1er, personne ne possédait même les premiers éléments de la langue, et ne pouvait lire un livre grec.

Ces vieux murs…

Le foyer des arts et des lettres qui s’était éteint à la fin de l’Empire romain, que Charlemagne avait tenté de rallumer, que la France des cathédrales avait pensé rendre au monde, c’est à l’Italie qu’il va appartenir d’en devenir le génial gardien.

Emile Gebhart va dénombrer les facteurs essentiels. D’abord le climat intellectuel : la scolastique médiévale ne parvint jamais à faire disparaître en Italie cette philosophie d’instinct pratique, et le goût des méthodes expérimentales. Ce penchant vers le concret, cette reconnaissance de la sphère rationnelle, ce matérialisme se traduit d’ailleurs par la prépondérance du Droit romain. A Paris la philosophie, à Bologne la jurisprudence. Ajoutons un naturalisme qui naquit avec la rencontre des formes antiques, affleurant partout dans cette terre d’Italie. Ce naturalisme s’imposa rapidement aux artistes, et dès 1310 chez Nicola Pisano[4], anticipant de deux siècles sur cette préoccupation qu’exprima Léonard que le tableau ou la statue ressemblât de plus près à la chose à imiter.

La religion ensuite, qui a toujours présenté en Italie un caractère bien différent qu’ailleurs. L’Italien voit dans le catholicisme une création italienne qui lui donne le pas sur les autres nations dans lesquels après mille ans d’histoire, il voit encore des barbares : après tout le pontife a pris le rayonnement des Césars, à commencer par leur capitale. De cette proximité physique, l’Italien n’est pas étonné des faiblesses toutes humaines du haut clergé, il les regarde avec une tolérance amusée. La foi chrétienne ne lui est pas trop lourde, il en a rejeté le poids de superstitions et de terreur. Il s’en accommode si bien que le pays ne connaîtra pas d’hérésies majeures – même si la prédication de saint François manqua, c’est vrai, en devenir une-  facteur que Gebhart identifie comme un retardant à l’éclosion des arts.

La Renaissance réalisa en effet, selon le mot des Goncourt., cette vie en famille du catholicisme et du paganisme.

Car le dernier facteur, et il est essentiel, c’est la permanence, la vigueur de ce que Gebhart nomme la tradition classique. Rome et l’orgueil de ses monuments, vieux murs, que le monde admire et respecte comme le dit Pétrarque. Le culte de Virgile eut une part immense dans cette tradition. En lui, les lettrés admiraient le docteur en sagesse, les hommes de cour celui qui avait chanté l’empire prenant le monde sous sa coupe, les chrétiens celui qui avait annoncé, disait-on, l’ère de la Grâce. Mais venait aussi le souvenir de Rome, berceau de la République, qui enflamme encore Cola di Rienzo et Crescentius. Mille témoignages des traditions et des contes montrent que ce sentiment d’appartenance est un sentiment populaire.

La passion de tout un peuple

Car il faut le redire, cette passion classique ne fut pas simplement une quête d’esprits éclairés, et si elle conçut les résultats plus heureux, c’est qu’ayant pénétré les coutumes, la vie civile, la conscience religieuse, elle pouvait accueillir sans effort la révélation des humanistes et même y voir l’accomplissement de sa personnalité propre et l’expression de son génie. Cette passion naquit au milieu du XIIIème siècle, et on peut en donner les dates.

Cet enthousiasme pour les lettres antiques, il est chez Brunetto Latini, si classique qu’il parut tout naturel qu’on le mît au nombre des grands orateurs de l’Antiquité. Il fut le maître de Dante et disparaît en 1294.

Boccace naît en 1313 : sa liberté est si peu croyable que lorsqu’on se risque à mettre des images sur certains de ces contes, ni le scandale ni la censure ne sont loin. En témoigne l’histoire de ce jardinier aussi malin que vigoureux qui se fait embaucher dans un couvent, séduit les nonnes qui se rendent par petits groupes dans son cabanon, et dont il va détromper l’innocence, tant et plus que l’abbesse, en devient furieuse, non que la règle et les dernières convenances fussent bafouées, mais ne pas profiter de la chose selon son rang ; à l’heureux jeune homme elle réserve pour ses heures et à sa commodité une chambre près de la sienne… Ce conteur licencieux ? c’est l’humaniste le plus acharné de son temps, si passionné qu’il fit recopier à frais ruineux l’unique exemplaire du De architectura de Vitruve.

Et Pétrarque, mort en 1374, le véritable homme de la Renaissance, le grand précurseur, celui que Michelet nomme l’Alpha de la Renaissance. En lui le goût de la nature, inspiré d’Horace ; en lui l’amitié dont il parle comme le faisait Cicéron ; en lui l’amour de la patrie, qu’il ne sépare pas des grands rêves d’une Antiquité ressuscitée ; en lui la passion des lettres anciennes au point que, souhaitant dans son vieil âge apprendre le grec et n’y parvenant pas, dans son dernier asile d’Arqua, au cœur des monts Euganéens, où vous vous rendrez, la prochaine fois que vous irez à Venise ou à Padoue, il écrit à son ami : Ton Homère gît muet à côté de moi ; mais cependant je jouis de sa vue et souvent je l’embrasse.

Il nous semble l’entendre prophétiser de très loin et cependant il est le premier homme moderne.

On le voit, pour Emile Gebhart la renaissance est un phénomène qu’il faut sans hésiter « recaler «  entre 1250 et 1550 et situer dans un « temps long ». Il oppose avec beaucoup de perspicacité  la lente maturation de la renaissance italienne, se frayant un chemin avec peine, non exempte de retours en arrière et de « prises de bénéfice », avec la Renaissance française, tardive mais fulgurante, qui n’aura qu’à s’engouffrer dans la brèche.

Manque à cet ouvrage essentiel une observation approfondie de l’évolution des formes : il ne faut pas attendre de Gebhart –mais le reproche s’applique aussi à Burkhart et à Michelet - la finesse du connaisseur et l’érudition du savant. Le nom des artistes, la méditation de leurs œuvres apparaissent moins que les noms des philosophes. Il aura essentiellement essayé d’identifier, en historien, les formes diffuses de la sensibilité dans un processus de transformation lente et profonde.

Dans le même esprit, Emile Gebhart s’essaya au roman et à la nouvelle, et le succès de ses ouvrages fit beaucoup pour sa carrière. Cette incursion dans la littérature mérite qu’on s’y attarde un instant car en France, on le sait, l’Histoire sort de la littérature et l’historien était un écrivain autant qu’un savant.

Dans ce genre historique se mesurèrent les grands écrivains du siècle. Leurs lecteurs, familiers de l’histoire et des lettres voyaient dans cette sorte d’ouvrages une récréation, et les éléments simplifiés d’une philosophie de l’histoire.

Les romans et les nouvelles d’Emile Gebhart sont-ils de médiocre invention ou bien valent-ils qu’on s’y intéresse sérieusement ? Il est permis de les apprécier[5], et on y retrouve en tout cas  l’historien soucieux, à travers une narration libre, de restituer la physionomie morale de ces temps lointains.

Amis et Amile

Emile Gebhart se reconnaissait dans l’équilibre auquel parvint, à un certain point, l’humanisme de la Renaissance : le respect des traditions et la curiosité pour la science, la dévotion totale pour la Beauté et l’enquête historique minutieuse, le sérieux de la bourgeoisie et un épicurisme tranquille. Il fut de gauche, mais vigilant défenseur des humanités ; savant mais regardant les vieilles légendes et les contes populaires comme des documents bien intéressants ; partageant le patriotisme sourcilleux des Lorrains mais s’étant fait une place au foyer latin ; il préférait un préjugé, pourvu qu’il fût vénérable, à une hypothèse, tant que celle-ci n’était pas transformée en vérité scientifique ; enfin, s’il fut esprit fort à vingt ans, le libre penseur demanda à être enterré catholiquement.

Il aima les vieilles légendes : celle où saint Nicolas descend dans une caverne de brigands pour jouer aux dés la rançon d’un imprudent voyageur ; ces contes de l’an mil, lorsque les nations farouches pensèrent voir le Jour du Jugement ; ce fabliau, d’une conception charmante, dans lequel l’Enfant Dieu dans sa crèche dort, tandis que les rois de la Terre mettent à ses pieds les trésors du monde et qui ouvrira ses bras seulement au malheureux qui pleure devant lui d’arriver les mains vides. Dans ce trésor des contes et des légendes du moyen-âge on peut, comme Emile Gebhart, puiser à pleines mains.
On permettra que je ramasse dans ce coffre fabuleux la légende d’Amis et Amile. Sans y regarder de trop près, la Rome catholique inscrivit longtemps à son martyrologue ces deux saints, qui n’existèrent jamais. L’âge moderne, qui n’a pas de tendresse pour les vieilles légendes, les en effaçât impitoyablement.

Amis et Amile étaient deux amis, et leur profonde ressemblance physique constitue le ressort permanent de ce petit roman. Ils sont dévoués l’un à l’autre, liés par une merveilleuse amitié que Castor et Pollux n’eussent pas désavouée, et à laquelle ils sacrifient tout. Tournois et fêtes, pestes et batailles, prisons profondes et évasions fantastiques, preuses et belles enchanteresses, les forêts et les landes : c’est le rameau chrétien enté sur le vieux chêne celtique. Après qu’Amis et Amile furent tombés en martyrs, ensemble, on leur consacra deux églises : mais le lendemain de la consécration, on trouva le sarcophage de pierre de l’un près du sarcophage de l’autre, magiquement déplacé par l’invincible attraction de l’amitié. C’était un signe qu’il fallait se garder d’ignorer : on décida alors de ne pas les séparer, et ils passèrent, si l’on peut dire, l’éternité de compagnie.

Qu’il en aille de même de la Renaissance et du Moyen Age : ces deux âges ont plus de ressemblance qu’on le pense et invinciblement ils vont l’un à l’autre. Ils gisent ensemble dans le brouillard du Passé. Ce que la pensée de l’historien, sinon le miracle, a réuni, ne le séparons pas.
  

[1]   Notice INHA https://www.inha.fr/fr/ressources/publications/publications-numeriques/dictionnaire-critique-des-historiens-de-l-art/gebhart-emile.html. Mme Passini fait dans sa notice une place nécessaire à L’Italie mystique, Hachette 1890, l’autre œuvre majeure d’Emile Gebhart.
[2] Erwin Panofsky La Renaissance et ses avant-courriers dans l’art d’occident, Flammarion, 1976
[3] Préface de 1550 aux Vies. Observons le frontispice de l’édition de 1568 . Il représente les Muses jugeant une assemblée d’hommes : elles sont aidées d’un ange qui tient les trompettes de la Renommée, et dont on devine qu’à leur signal, il appellera les élus à une vie nouvelle. C’est explicitement une scène de résurrection, une renaissance. La légende latine est : … jamais ces hommes n’ont péri.
[4] Nicola de Pise prit la sculpture là où les derniers artistes de l’Antiquité l’avaient laissé et donne, à s’y tromper, l’impression des œuvres des beaux temps de l’Empire. Vasari nous dit qu’à Pise des sarcophages furent ramenés d’Orient en grand nombre : celui qui représentait le mythe de Phèdre et d’Hyppolite lui fut un modèle. Nicola ne l’examina pas en archéologue, mais l’étudia en technicien et l’imita en artiste : c’est la beauté du modèle et son naturalisme qui le subjugua.
[5] On recommandera particulièrement Autour d’une tiare, Armand Colin, 1894 et Au son des cloches, Librairie Hachette, 1898.

2 Commentaires

 

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20/12/2020 à 12:50

Belle analyse. J’ai personnellement un faible pour La Renaissance italienne.

jpducasse

24/12/2020 à 20:14

Merci pour ce très beau texte, qio promet une belle levture

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21/03/2021, 09:00

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Les Ensablés - Marthe Femme seule, d’Antonine Coullet-Tessier

Pour le moins précoce, Antonine Coullet-Tessier (1892-1983) publie son premier recueil de poésie à l’âge de 11 ans. Intitulé Poésies d’une enfant, il paraît aux éditions Lemerre et est préfacé par le poète François Coppée. Suivront deux autres recueils de poèmes, L’Envolée, en 1911, puis Un Visage à la fenêtre, en 1930, peu de temps après la parution de son premier roman, Marthe Femme seule à la fin de 1929 à La Renaissance du livre. Dorénavant, le roman est le genre qu’elle va privilégier et qui, pendant les années 1930, en fera une des meilleures représentantes du roman populiste. Par François Ouellet

07/03/2021, 08:43

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Les Ensablés - Vache tachetée et concombre fugitif d'Octave Mirbeau

Octave Mirbeau (1848-1917) n'est pas un ensablé, ne serait-ce que par le film tiré de son roman, Journal d'une femme de chambre, avec Jeanne Moreau et Michel Piccoli, et sa pièce célèbre Les Affaires sont les affaires. Mais c'est peu au regard de la masse d'écrits qu'il a laissée à la postérité. Et notamment, trop oubliés, ses contes publiés dans la presse, et qu'il considérait comme alimentaires... À tort. Je puis l'affirmer après avoir lu la réédition d'une partie d'entre eux par l'Arbre Vengeur dans sa collection "L'exhumérante". Par Hervé Bel.

21/02/2021, 07:31

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Les Ensablés – Le pain quotidien d'Henri Poulaille

Henri Poulaille, Henry Poulaille en littérature (1896-1980), est souvent considéré comme le créateur du courant de la littérature prolétarienne. Directeur de presse chez Grasset, il fonde également une dizaine de revues libertaires dans lesquelles il promeut la littérature d’expression populaire et les utopies sociales : Nouvel Âge, Prolétariat ou encore À Contre-courant. Il publie ou fait publier de nombreux auteurs français et étrangers, parmi lesquels Henri Barbusse, Lucien Bourgeois, Blaise Cendrars, Eugène Dabit, John Dos Passos, Jean Giono, Panaït Istrati, Charles Ferdinand Ramuz... Le Pain quotidien a obtenu en 1954 le prix des bouquinistes. Par Pascal Malbrunot

31/01/2021, 14:03

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Les Ensablés – Le crime de l'omnibus, de Fortuné de Boisgobey

Aujourd’hui, un roman de Fortuné de Boisgobey (1821-1891), Le crime de l’omnibus (1881) ; une curiosité assurément, mais dont la lecture reste un plaisir... peut-être parce que, comme le nom de son auteur, elle évoque un temps suranné. Avec ce texte, c’est tout un monde qui ressuscite, une ambiance qui annonce les enquêtes de Gaston Leroux ou de Maurice Leblanc. Plongeons-nous donc, ensemble dans le Paris de la fin du dix-neuvième siècle.

Par Hervé Bel

17/01/2021, 10:55

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Les Ensablés – Confession de minuit, de Georges Duhamel, un inconnu au pays des anti-héros

L’écrivain et académicien Georges Duhamel (prix Goncourt 1918 pour son roman Civilisation) entamait en 1920 avec Confession de minuit un cycle romanesque Vie et aventures de Salavin tout entier consacré à un personnage de parfait antihéros : Louis Salavin. Les éditions de la Belle Étoile ont la bonne idée de ressusciter en format poche ce texte oublié et pourtant majeur par bien des aspects. Ce titre, la Confession de minuit, a été classé par Le Figaro littéraire comme un des douze meilleurs romans de la première partie du XXe siècle. Inconnu, levez-vous ! 

03/01/2021, 10:07

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Les Ensablés - "La vie d'un simple" d'Emile Guillaumin (1873-1951)

Le prix Renaudot 2020 attribué à Marie-Hélène Lafon pour Histoire du fils nous rappelle que les romans paysans ont souvent recueilli le suffrage des prix littéraires. Récemment, nous évoquions Campagne de Raymonde Vincent récompensée en 1937 par le prix Femina. Cette même année, Jean Rogissart avec son roman Mervale obtenait le Renaudot... Aujourd'hui, nous parlerons de l'admirable Vie d'un simple de Emile Guillaumin qui, par sa facture, fait aussitôt penser à Marie-Claire (Prix Femina 1910) de Marguerite Audoux.

06/12/2020, 00:00

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Les Ensablés - « L’axel littéraire de Jeanine Garanger » par François Ouellet

Voici un cas inattendu : Jeanine Garanger, née Hagnauer, étudiante en droit et championne de patin artistique qui devait publier deux ou trois choses assez délicates dans les années 1930, avant de disparaître complètement de la scène littéraire.

22/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - À l'ombre de Maurice Genevoix, par Elisabeth Guichard-Roche

Le 6 novembre 2018, le Président de la République était dans la Meuse, aux Eparges, lieu d’une terrible boucherie durant la première guerre mondiale. Recueilli devant la statue de Genevoix, il annonçait son entrée au Panthéon pour le 11 novembre 2020. Il y aura deux panthéonisations : celle du romancier et celle à titre collectif de ceux de quatorze annonçant la Nation combattante.

Depuis 10 années, les Ensablés explorent la littérature du XXème siècle, et il nous est venu l’idée de répertorier les écrivains qui ont connu la Grande Guerre et dont nous avons abordé les œuvres. Cela constitue en quelque sorte notre Monument aux morts, pour ne jamais oublier…

11/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Il nous est arrivé d'être jeunes" de François Bott

Une fois de plus, on en revient à cette collection de poche dirigée par Alice Déon, "La petite Vermillon" qui m'enchante depuis plusieurs années. Indifférente à la mode, La Table Ronde ose rééditer des textes qui ne feront certes pas la une des journaux littéraires de plus en plus conformistes, mais ravissent ceux pour qui la littérature est l'affaire de leur vie.

Aujourd'hui, il me faut parler d'un livre qui m'a ravi "Il nous est arrivé d'être jeune" de François Bott.

01/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Captain Cap" d'Alphonse Allais

« Jetons par-dessus bord paperasses et registres, et avec les ronds de cuir de ces incapables, faisons des bouées de sauvetage. »
Tel est l’un des principaux points de la profession de foi d’Albert Caperon, dit Captain Cap, candidat aux élections législatives de 1893. « Anti bureaucrate » et anti européen » il se présente comme un aventurier qui a passé « les trois quarts de sa vie sur mer et les deux tiers de son existence sur les terres vierges. »

18/10/2020, 09:00

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Les Ensablés – Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) par le comte de Fels

Le temps des vacances s'approche, ou s'éloigne : souvenez-vous, nous avions passé l’été à travers la Provence, en compagnie de Jean-Louis Vaudoyer. Cette fois, nous n’irons pas si loin, à peine pousserons-nous aux limites du département de la Seine-et-Oise ! Car nous sommes en 1927 et Jean-Louis Vaudoyer m’a demandé d’interviewer le comte de Fels, pour sa biographie d’Ange-Jacques Gabriel [1]. Le moyen de refuser ?

04/10/2020, 09:00

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Les Ensablés - L’incertitude amoureuse de René Laporte (1905-1954)

René Laporte est né à Toulouse dans une famille bourgeoise de magistrats et d’universitaires. Il fait des études de droit, mais lance, à dix-neuf ans, une revue bi-mestrielle, Les Cahiers libres, artistiques et littéraires, puis fonde les éditions du même nom qui, entre 1925 et 1934, publieront environ 150 ouvrages.

20/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac: “Le vélo” de René Fallet

L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Trafalgar - 21 octobre 1805 : Nelson 1 – Napoléon 0

À l’occasion du bicentenaire de la mort de l’Empereur Napoléon, les éditions Passés Composées sortent une nouvelle édition du livre du contre-amiral et historien Rémi Monaque, Trafalgar. Ce tableau extrêmement complet des tenants et aboutissants de la célèbre bataille avait d’ailleurs reçu le Grand Prix de la Fondation Napoléon en 2005. J’entends déjà grincer les dents des « aficionados » de l’Empereur. C’est un peu comme parler d’Alésia à Abraracourcix.

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De la naissance d’un champ de blé à une dégustation collective autour d’une table, Festin nous présente différentes étapes de la « vie » d’une miche de pain. Après Bonjour (qui suivait le cycle d’une journée) et Chemin (qui nous entrainait dans une balade bucolique), Anne Brugni et McCloud Zicmuse concluent ici une trilogie originale.

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Kukum : le lac, les rivières et le couple

Années 18... et quelques, sur les bords du lac Saint Jean, au fond du fjord du Saguenay au Québec. Almanda est une jeune orpheline qui vit avec un couple d’agriculteurs, qu’elle appelle « mon oncle » et « ma tante », qui triment chaque jour pour arracher à leur lopin de terre des bords du lac une maigre subsistance. Du haut de ses quinze ans, Almanda leur donne un coup de main à la petite ferme — elle adore traire les vaches — quand elle n’est pas à l’école où ses résultats sont prometteurs. Mais face à ce lac grandiose, Almanda rêve.

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Mashle : invasion de choux à la crème et de coups de poing à Poudlard

Mash est né sans magie dans un monde où les non-magiciens sont tués à la naissance. Mais son papa d’adoption l’a protégé au fin fond d’une forêt. Mash a donc grandi à l’écart du monde, en ne faisant que… de la musculation. Désormais menacé, notre héros va devoir intégrer l’académie de magie la plus prestigieuse du pays. Ses muscles suffiront-ils à sa survie ? Un manga hilarant qui brise tous ses propres codes. 

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Mathieu Lindon : seul contre tous

Après Hervelino paru en début d’année, où Mathieu Lindon évoquait son compagnonnage avec l’écrivain Hervé Guibert, l’auteur revient cette même année avec un texte tout d’un bloc. Un bloc de haine, contre les « autres ». Une centaine de pages d’éructations qui prennent sens dans l’intégralité du texte, même si cette haine sans objet autre que ces autres confine à la répétition. 

 

13/10/2021, 10:34

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Andrée Viollis : Criquet. “Être une femme, c'est être empêchée”

Dans les premières années du XXe siècle, la famille Dayrolles a l’habitude de passer l’été dans une vieille maison sur une île de la côte vendéenne. C’est là que, jeune fille de presque quatorze ans, Camille, que tout le monde surnomme Criquet, retrouve, avec un bonheur à chaque fois renouvelé, ses vêtements élimés de garçonne pour courir, sauter, parcourir les plages, les rochers, la campagne en compagnie de son cousin Michel, chasser avec son arc les poulpes dans les creux d’eau, profiter de ces moments privilégiés de liberté et de vacances.

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Les vivants et les morts en quatre livres

De la poésie de Bukowski à la folie cyberpunk de Philip K. Dick, du prophétisme d'un génie russe inconnu à la biographie d'un des plus grands représentants du spectacle vivant, une question : où est la vie et où est la mort ? Quatre livres de poche posent la question, chacun à sa manière.

 

 

12/10/2021, 14:06

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Troisième tome : le dernier Atlas tire en pleine cible

Dire qu’on attendait le troisième et ultime tome du Dernier Atlas est un euphémisme. Les deux premiers volets avaient prouvé à quel point Vehlmann et Bonnneval ont peaufiné leur scénario et leur univers d’anticipation pour aboutir à un des projets les plus solides et novateurs de la décennie. Ce dernier tome, plus sombre, plus fort, démontre que les scénaristes avaient gardé des atouts dans leur manche pour transformer ce récit d’anticipation en fable morale et politique, mais toujours aussi palpitante et bourrée d’action.

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Blacksad, Cyril Lignac et Star Wars : les 200 meilleures ventes de la semaine (39)

Le duo de la rentrée, Guillaume Musso et Éric Zemmour, continue de truster les deux meilleures places du classement. Si Blacksad — la première partie du tome 6 de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido –, entre à la troisième place, Cyril Lignac occupe la quatrième. Et la science-fiction fait soudainement son apparition… Avec une bande dessinée Star Wars. Eh oui, les goûts et les couleurs, comme chaque semaine…

09/10/2021, 16:07

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La Princesse rebelle : déconstruire les conceptions traditionnelles du genre

Pour amorcer la rentrée littéraire 2021, les éditions du Rouergue ont dévoilé un nouveau album jeunesse : La Princesse rebelle se dévoile, scénarisé par Guillaume Guéraud et illustré par Henri Meunier. À travers l'incarnation de cette princesse fougueuse, les parents sont invités à amener leurs enfants - filles et garçons, bien entendu - à déconstruire pas à pas les constructions traditionnelles autour du genre. Loin de vouloir se positionner explicitement et uniquement comme un livre politique, les auteurs cherchent avant tout à donner la force à leurs jeunes lecteurs de devenir les maîtres de leur destin. 

07/10/2021, 17:08

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Se perdre dans Blizzard, pour mieux se retrouver

Alaska. Une tempête effroyable – et un garçon égaré. Il n’a fallu qu’une minute, le temps pour Bess de refaire son lacet, et le voilà disparu au cœur de ce blizzard impétueux. L’espoir de le retrouver est infime. Pourtant, elle n’hésite pas et se lance à sa recherche, désespérée, suivie de près, sans le savoir, par les autres protagonistes de ce roman tissé avec justesse par Marie Vingtras.

07/10/2021, 15:58

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Jacques Schiffrin, ou l’édition hissée au rang des beaux-arts

Alors que sort ce 7 octobre, L'Espèce humaine et autres écrits des camps dans la plus prestigieuse des collections française, la Pléiade, Amos Reichman publie au Seuil le même jour, une biographie du créateur de la collection, Jacques Schiffrin. Ce juif russe adopté par la France sera lui-même victime de cette époque tragique. Sacrifié par une France défaite et pour beaucoup, antisémite, il restera un éternel apatride et un éditeur qui tenta de hisser son métier au sommet.

 

07/10/2021, 08:10

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Je connais peu de mots : Elisa Sartori interroge plus que le langage

Une femme exprime les difficultés d’apprentissage d’une langue étrangère. Mais à travers ces confidences d’une gêne de communication, il nous semble qu’Élisa Sartori raconte autre chose, qu’un récit enchâssé se love dans ces images, un drame ineffable, beau, profondément intime et éminemment visuel.

06/10/2021, 15:13

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Le dessinateur Vincent Mallié s'empare des aventures d'Arsène Lupin

BONNES FEUILLES – Découvrez les aventures d’Arsène Lupin, le plus téméraire des cambrioleurs, dont les seules armes sont l’esprit et l’audace ! Dans ces neuf nouvelles, il réalise d’incroyables tours de passe-passe pour voler les bourgeois. Jamais vraiment le même, toujours différent, Arsène Lupin est insaisissable ! 

05/10/2021, 11:34

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Banana Fish, les mots qui tuent

Banana Fish. C’est la dernière chose qu’a dite ce soldat américain au Vietnam, après avoir disjoncté et tué trois de ses camarades, et juste avant qu’on perde sa trace. 12 ans plus tard, ces mots refont surface. Le jeune chef de gang Ash Lynx les entend d’un homme qu’on assassine dans une ruelle. Et plus Ash cherchera à comprendre, plus le mystère s’épaissira. Dans le même temps, l’étau de la mafia se resserre sur lui… 

05/10/2021, 10:16

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Vertèbres : ne pas confondre philanthropie et lycanthropie 

« Vous qui venez ici dans une humble posture », chantait le poète. Oui, n’en déplaise aux commentateurs chafouins, j’aime bien Musset... Le poète chantait, donc, mais n’avait pas conscience ce que sa fulgurance poétique aboutirait, deux cents ans et quelques brindilles plus tard, au roman de Morgane Caussarieu. Et comme l’époque est à l’injonction de « faire ses propres recherches », les miennes m’ont conduit en ces territoires…

05/10/2021, 09:18

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Les ombres du passé de Gabriel Zallas  

Une heure du matin, un coup de téléphone mystérieux sur le portable de Bernard sonne et le réveille. Un bref échange de phrases avec son interlocutrice, une attitude inhabituelle qui l’intrigue mais, demain, finies les vacances, il est prévu qu’il parte prendre son avion tôt le matin. Sa nuit sera courte… et agitée. 

04/10/2021, 15:48

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La maison des Kalonoros de Gabriel Zallas 

Dans le nord de Madagascar, dans la région Diana, une petite municipalité en plein développement, où l’on y trouve de l’or, des pierres précieuses et surtout, on y cultive la vanille, cet « or vert ». Ses richesses naturelles attirent bon nombre d’aventuriers, y compris des astrologues, guérisseurs, marabouts, etc., surtout à Sengolaka, à quelques kilomètres avant l’entrée de la ville.

04/10/2021, 15:48

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Cet Autre Moi de Denise Périgault

Ce moi que j’ai construit depuis ma naissance pourrait-il être autre ? Ou, suis-je destiné(e) à être le MOI que je suis, que je l’estime être bon ou mauvais ?

04/10/2021, 15:20

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Chaud, de Victoire Loup : une co-édition par Hachette Cuisine et Human Humans 

Hachette Cuisine & Human Humans lancent en commun une collection capsule de livres de recettes de chefs. Chaud, le nouveau titre de Victoire Loup, journaliste gastronomique et consultante culinaire entre autres, inaugurera la collection et réunira 60 recettes de chefs « pour séduire ». Le livre paraîtra le 3 novembre prochain. 

04/10/2021, 12:01

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Fabien Vinçon raconte le “tabou de l’inceste féminin” dans La Cul-Singe 

BONNES FEUILLES – La Cul-singe, c'est le surnom que lui donnaient ses petits-fils. Gabriel, son préféré, est aspiré depuis toujours dans le huis clos incestueux qu'a construit cette grand-mère hors norme. Deux obsessions la hantent : le sexe et son gendre. Racontée à travers un regard d'enfant, cette autre Folcoche incarne les femmes d'une certaine époque. Épouse au foyer, elle n'a pas le permis de conduire, ni la permission de signer ses chèques.

04/10/2021, 11:10

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Comme une Déesse : Roxane Malone s'occupe des coeurs brisés

Nina, pétillante trentenaire, est à la tête des Déesses, une agence conçue pour aider les femmes à tourner la page après une rupture... Soutenue par Marie-Jeanne, une septuagénaire bikeuse et bricoleuse, et par Jade, son assistante administrative, elle a réussi à créer un lieu cosy, qui offre aux femmes tout ce qu’il leur faut pour retrouver confiance en elles et démarrer une nouvelle vie. Spa, relooking, shopping, cours de pole dance, gogo dancers, il y en a pour tous les goûts !

 

04/10/2021, 10:30

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Des hommes sans femmes : Murakami, au rythme de la musique

Au sortir de la lecture de Birthday Girl (trad. Hélène Morita) avec laquelle Haruki Murakami m’avait ravi, j’ai voulu poursuivre ma découverte de ses autres écrits. Sur les conseils de mon libraire, je suis donc reparti avec, dans ma poche, Des Hommes Sans Femmes, un recueil de nouvelles (trad. Hélène Morita) de cet auteur dont j’avais tant apprécié les talents de narrateur.

04/10/2021, 09:49

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Alexandre Najjar : 20 années d'un territoire, Le syndrôme de Beyrouth

Embrasser et saisir Beyrouth par le biais du regard d’une femme et le déploiement d’une fresque déroulée sur trente ans, c’est le pari osé et réussi que relève Alexandre Najjar dans son nouveau roman Le syndrome de Beyrouth. Par Denis Gombert.

03/10/2021, 15:49

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 Alice Guy de Catel & Bocquet : première réalisatrice que l'histoire a enterrée

Alice Guy n’est pas n’importe qui : cette Française fut la première réalisatrice de l’histoire du cinéma, créant pour Gaumont plusieurs centaines de films, depuis les premiers courts métrages muets jusqu’à d’impressionnants films à (très) gros budgets. De succès en flops, de découvertes techniques en explorations artistiques, la vie d’Alice Guy se confond avec l’histoire du septième art, alors balbutiante. La voici à présent immortalisée en bande dessinée, grâce à l’impressionnant duo de biographes de Casterman : José-Louis Bocquet au scénario et Catel Muller au dessin.

01/10/2021, 16:23

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Fanny Taillandier étend ses Empires

Quelque part au milieu du XXIe siècle. La physionomie politique de l’Europe a bien changé, certaines frontières ont disparu pour laisser la place à une autre organisation de l’espace. Par exemple, les bords de la Méditerranée, de Marseille à Gênes, font partie de la nouvelle région, La Ligurie, qui tient son nom des occupants que ses rivages escarpés et difficiles d'accès ont pu protéger des envahisseurs depuis le Néolithique.

01/10/2021, 13:12

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Les 200 meilleures ventes de la semaine : Musso passe devant Zemmour (38) 

Dans une rentrée littéraire un peu moribonde, où les prix littéraires sont chahutés par d’épineuses questions d’éthique, voici que jaillit Guillaume Musso. Sur la semaine passée, du 20 au 26 septembre, son nouveau roman L’inconnue de la Seine prend l’ascendant, avec un démarrage foudroyant – plus de 75.000 exemplaires. Et sur le marché global, Star Wars et Cyril Lignac pointent le bout de leur nez…

01/10/2021, 13:07

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La mer, sous toutes les coutures : Atlas insolite des grandes bleues

Si la Terre est bleue comme une orange, vue par les poètes et les astronautes, la mer, elle, a bien plus de couleurs et de secrets à dévoiler. Un Atlas insolite de la mer sortira prochainement chez Lapérousse éditions, explorant fonds marins, étranges phénomènes, mais également citées englouties et autres créatures étranges…

01/10/2021, 12:00