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Les Ensablés – Les origines de la Renaissance d'Émile Gebhart (1839-1908)

Elle raisonnait facilement sur la peinture italienne ou flamande, sur le moyen âge ou la renaissance. Le bal de Sceaux est une nouvelle publiée en 1830, dans laquelle Balzac nous donne la peinture admirable d’une époque, nouvelle dont la profonde leçon morale qui frappe Emilie de Fontaine a été méditée par tous ceux qui furent tentés de soumettre l’amour à un calcul social.

Le 20/12/2020 à 09:00 par Les ensablés

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20/12/2020 à 09:00

Les ensablés

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C’est donc dans cette courte citation que le mot de renaissance fait son entrée, avec une minuscule, dans la littérature. Vingt-cinq ans plus tard, Michelet intitule La Renaissance -avec une majuscule- le septième volume de son Histoire de France, dans lequel l’historien voit devant Charles VIII descendu en Italie, une colonne de feu qu’on appela Renaissance. Un évènement immense s’était accompli. Le monde était changé.

Quelques années encore et le terme trouve sa consécration en 1860 en faisant le titre du classique de Burckhardt : La civilisation de la Renaissance. Burckhardt et Michelet, ces deux  figures immenses, peuvent bien partager sur ce terrain le droit du premier occupant, mais juste après eux, et ce ne n’est pas rien de venir après ces deux géants, après eux vient Emile Gebhart dont je vous propose de faire la connaissance.

Par Antoine Cardinale


En passant par la Lorraine

Emile Gebhart naquit en 1839 à Nancy, ville paisible, dans ce monde de la bourgeoisie de province dont Balzac a tout dit. L’économie, le sens de la famille, le rang social vécu comme un treizième commandement, un patriotisme plus vif qu’ailleurs : c’est la physionomie morale de ce monde-là. Le général Drouot est de la famille. Il est le héros de Fleurus, de Somosierra, de Wagram et de la Moskowa, un de ces hommes qui survivant à l’Empire, semblaient sortir d’une légende, de ces hommes qui tout chenus et tout caducs qu’ils fussent, faisaient passer dans le cœur des images de bravoure et des tentations d’aventure : il semblait aux passants, en croisant cet homme dans les rues mélancoliques et froides de la capitale du bon roi Stanislas, que se faisaient entendre les hourras d’une charge et les buccins des triomphes. Auprès de ce vieil oncle, le jeune Emile respira le parfum de la Révolution, du Consulat et de l’Empire : il en faut moins pour prendre goût à l’Histoire.

Son père est un commerçant important et président du Tribunal de commerce ; il fait donc son droit à Paris tout en poursuivant des études de lettres. Reçu à l’Ecole française d’Athènes en 1861, son mémoire est distingué pour son style, mais cependant étrillé pour le peu de fond de ses travaux historiques. Ses hypothèses sur l’emplacement de l’Olympe véritable sont jugées très aventureuses. Il voit en artiste plutôt qu’en historien et on lui recommande davantage de rigueur ainsi qu’une meilleure maîtrise de ses sources. Il n’est donc pas le premier de la classe et la poésie lui est certainement plus chère que l’érudition. Sa tête est plutôt aux voyages et à l’aventure. Il fit partie de la dernière génération de poètes et de savants à avoir vu de Rome les ruines abandonnées, la glycine disjoindre les marbres glorieux et les grives nichant au forum de Trajan. Et le Tibre, l’antique dieu Tibre couché dans son lit de vase et de roseaux, il le connut aussi, avant que le progrès ne lui fasse un corset de béton. Au terme de ce Grand Tour, en quittant la Grèce, une de ces lettres porte cette sobre et magnifique notation : Je pars demain matin. Funérailles de ma jeunesse. Il a vingt-six ans.

Il revient à Nancy, s’inscrit au barreau de sa ville mais prend à plein temps un poste de professeur de littérature. Examinateur redoutable, craint de ses élèves, il a la charge de faire passer le baccalauréat en 1870, l’année terrible. Dans la ville de Nancy on peut entendre le roulement de la canonnade prussienne, tandis qu’en flots désolés les réfugiés entrent dans la ville. Les adolescents qui sont venus de Metz, de Thionville ou de Sarrebourg pour passer l’examen ignorent même s’ils pourront rentrer chez eux le lendemain. Le professeur Gebhart dicte le sujet de la composition, donne les consignes et les avertissements nécessaires et, superbe, sans rien concéder au grave cérémonial qui entourait en ce temps une épreuve du baccalauréat, leur annonce qu’ils seront tous, à cette heure grave de la patrie blessé, reçus d’office. Ceux qui ont vu ces choses ne les oublieront jamais écrivit de cet épisode un grand contemporain.

Il collabore aux revues parisiennes, publie beaucoup. Emile Gebhart n’est encore que professeur de littérature étrangère à Nancy et seul le titre d’ancien membre de l’Ecole française d’Athènes vient donner un peu de lustre à ses publications. Le désir de Paris le travaille, ce désir qui habite la province, qui fait le fond de son caractère et qui justifie bien des destins, les ambitions les plus hautes comme les convoitises les moins avouables.

Dans le journal de Léon Gambetta, il signe ses articles du pseudonyme d’Atticus, du nom de ce Titus Pomponius, ami de Cicéron, dont une large correspondance nous est restée, et qui à son nom ajouta celui d’Athénien, soit qu’il revendiquât son appartenance à la sagesse grecque et qu’il désirât se tenir, au nom de la philosophie, à distance des troubles civils de l’Urbs, soit que la pureté de son élocution lui en eût mérité le nom. Cette collaboration aux journaux parisiens lui assura des amitiés politiques bien choisies qui lui furent utiles pour se frayer un chemin. La qualité de sa réflexion, la sûreté de ses intuitions historiques feront le reste. Sa bibliographie compte plus de vingt ouvrages. Il sera reçu en 1904 à l’Académie française.

Mme Passini a rendu un hommage appuyé[1] à la curiosité du savant et l’a remis dans une position centrale, en tant qu’historien de la culture, aux côtés des Burckhardt, Renan, Michelet ou Thode. Ajoutons que sa réflexion sur la Renaissance rencontre souvent celle d’Eugène Müntz, et ses recherches sur Pétrarque celles de Pierre de Nolhac, que nos lecteurs connaissent maintenant assez bien.

C’est en 1879 qu’il publie les Origines de la Renaissance, qui va nous occuper maintenant. Cet ouvrage va définitivement fonder sa réputation et l’année suivante on créera pour lui, à la Sorbonne, la chaire de littérature méridionale.

La courte introduction de l’ouvrage va droit au but : Les origines de la Renaissance sont donc très lointaines et précèdent de beaucoup l’éducation savante que les lettrés du XVème siècle répandirent autour d’eux. J’entreprends dans ce livre, de déterminer les raisons historiques, religieuses, intellectuelles, morales, qui peuvent expliquer un réveil si précoce de la civilisation.

"Eureuse" et désirable renaissance !

Du terme renaissance, le sujet  le plus passionnément débattu de l’historiographie moderne[2], Balzac en réalité n’en aurait la primeur qu’en tant qu’il désigne une période. Car ce mot de renaissance figure fréquemment chez Stendhal, par exemple, mais il est alors toujours complémenté : renaissance des arts, renaissance de la peinture. Il désigne donc davantage une manière, par opposition aux primitifs en peinture et à l’art gothique en architecture, plutôt qu’une tentative de périodisation. De la même manière si l’on veut, que les néo-classiques désignaient le rococo comme la décadence des arts.

Remontons aux origines : le terme de rinascita se trouve à plusieurs reprises chez Vasari : j’ai rapporté les vies de tous ceux qui ont ressuscité les arts figure dans la préface de 1550[3] et le mot même, comme lorsqu’il observe dans les arts il progresso della sua rinascita, les progrès de leur renaissance ou bien lorsqu’il évoque la restauration des arts et pour mieux dire leur renaissance. Le succès du terme est tel, il circule si vite en Europe qu’on le retrouve sous la plume de l’humaniste Pierre Bellon dès 1553 dans l’orthographe audacieuse du temps : eureuse et désirable renaissance.
Nous sommes donc face à une périodisation parfaitement identifiée par les contemporains eux-mêmes, et revendiquée par eux. Si les croisés qui poussaient leurs piétons sous les murs de Jérusalem ne s’encourageaient probablement pas en criant « En avant, chevaliers du Moyen-Age ! », il ne fait pas de doute en revanche qu’on porta, dans maints cercles humanistes vers 1450, des vœux pour la renaissance des arts, tant l’idée de vivre et de créer une époque nouvelle faisait peu de doute. Cette croyance leur était si familière, il s’y reconnaissait tellement qu’on peut dire qu’elle faisait le fond de leur doctrine au point qu’ils baptisèrent rapidement les nouveaux canons de l’art la bonne manière, la buona maniera moderna.

Vint ensuite le lent effacement du mot jusqu’à ce retour de fortune, dans les premières années du XIXème siècle où se constitua l’histoire de l’art en tant que science humaine.

Il serait donc légitime de réserver cette périodisation à ce moment de prise de conscience de la part des artistes et des philosophes qu’ils écrivaient une page nouvelle de la civilisation. Et si on souhaitait l’élargir la période, il faudrait s’en remettre de confiance à Vasari.

Ce dernier pousse en effet la précision jusqu’à diviser cette rinascita en trois âges qui recoupent trois générations : il nomme bien sûr Giotto pour le premier eta, Brunelleschi dans l’architecture pour le second âge, tandis que la dernière période s’ouvre avec Léonard et se termine par Michel-Ange. Il pousse même la théorisation  jusqu’à nous indiquer très explicitement à quel rythme marchait la nouvelle manière : d’abord l’architecture, inspirée par la redécouverte des règles classiques, ensuite la peinture guidée par une soif de revenir à la nature, et enfin la sculpture sous ces deux influences conjuguées.

Disons-le, Emile Gebhart qui n’ignorait pas ces sources, adopte un point de vue assez différent.

Le rêve dans le royaume

La Renaissance des arts et des Lettres devait revenir à la France comme de bonne prise ainsi que l’on disait dans ce XIIème siècle. Cela ne fut pas et il faut expliquer ce rendez-vous manqué : c’est ce qu’examine Gebhart en premier lieu. Car ce siècle-là, et le suivant furent les deux grands siècles de la France. Elle a la primauté en Occident par sa puissance politique, par la supériorité intellectuelle de ses universités et par sa production artistique.

Le royaume, il est vrai, est alors nettement divisé entre le sud et le nord. Dans les pays de langue d’oc, le souvenir de la grandeur de Rome est encore vivace. C’est le mot d’Emile Mâle : On doit se représenter pendant tout le Moyen-Age une France aux trois quarts romaine. L’université de Montpellier échange avec les cultures juive et musulmane ; le commerce est prospère et la bourgeoise veille aux libertés communales auxquelles une aristocratie plus éclairée qu’ailleurs ne s’oppose pas. La poésie est si savante, si avancée, embrassant tous les genres, qu’elle est réputée être la première en Europe.

Le nord du royaume –l’Ile de France, la Picardie et la Champagne- se couvre de cathédrales dès 1150. Elles sont le manifeste d’un l’art nouveau, dans lequel s’engagent toutes les forces d’un pays jeune. A la suite de l’architecture vient la sculpture à Chartres et à Amiens qui renouvelle l’art plastique ; à leur suite l’enluminure et la miniature des maîtres imagyers. L’autorité du roi et de la féodalité est dans ce nord, il est vrai, plus sensible ; celle de l’Université de Paris n’a pas de rivale en Occident.

Par ces différences entre nord et sud, il semblait que le royaume doublait ses chances de porter le renouveau : la Renaissance devait lui appartenir. Las ! Au sud, dans les trente premières années du XIIIème siècle, la croisade de l’Albigeois sous Philippe-Auguste et Louis VIII vont détruire les libertés politiques. En 1229, par le fer et le feu, la liberté de penser et de croire est mise à raison.

Au nord, le roi de France va abattre son gant de fer sur le clergé, sur les grands féodaux et sur les libertés communales et Philippe le Bel, dès 1285, finira par lâcher sur eux ses légistes, ses gens d’armes et des juges à sa main : le niveau qui passe sur la France abaissera tout, l’art comme la philosophie.

Viennent le temps de la guerre franco-anglaise et les désordres civils : au milieu du XIVème siècle, le rêve d’une « renaissance française » aura passé. Les conséquences s’en feront sentir longtemps, particulièrement dans les humanités. En 1395, les vieilles chroniques nous disent que l’ambassadeur de l’empereur byzantin Manuel Paléologue, arrivant en France,  ne put se faire entendre de personne. Le premier livre en grec ne fut imprimé en France qu’en 1507 alors qu’Alde Manuce, à Venise, avait depuis longtemps déjà donné Aristophane, Aristote et Platon. Dans le royaume de France, au début du règne de François 1er, personne ne possédait même les premiers éléments de la langue, et ne pouvait lire un livre grec.

Ces vieux murs…

Le foyer des arts et des lettres qui s’était éteint à la fin de l’Empire romain, que Charlemagne avait tenté de rallumer, que la France des cathédrales avait pensé rendre au monde, c’est à l’Italie qu’il va appartenir d’en devenir le génial gardien.

Emile Gebhart va dénombrer les facteurs essentiels. D’abord le climat intellectuel : la scolastique médiévale ne parvint jamais à faire disparaître en Italie cette philosophie d’instinct pratique, et le goût des méthodes expérimentales. Ce penchant vers le concret, cette reconnaissance de la sphère rationnelle, ce matérialisme se traduit d’ailleurs par la prépondérance du Droit romain. A Paris la philosophie, à Bologne la jurisprudence. Ajoutons un naturalisme qui naquit avec la rencontre des formes antiques, affleurant partout dans cette terre d’Italie. Ce naturalisme s’imposa rapidement aux artistes, et dès 1310 chez Nicola Pisano[4], anticipant de deux siècles sur cette préoccupation qu’exprima Léonard que le tableau ou la statue ressemblât de plus près à la chose à imiter.

La religion ensuite, qui a toujours présenté en Italie un caractère bien différent qu’ailleurs. L’Italien voit dans le catholicisme une création italienne qui lui donne le pas sur les autres nations dans lesquels après mille ans d’histoire, il voit encore des barbares : après tout le pontife a pris le rayonnement des Césars, à commencer par leur capitale. De cette proximité physique, l’Italien n’est pas étonné des faiblesses toutes humaines du haut clergé, il les regarde avec une tolérance amusée. La foi chrétienne ne lui est pas trop lourde, il en a rejeté le poids de superstitions et de terreur. Il s’en accommode si bien que le pays ne connaîtra pas d’hérésies majeures – même si la prédication de saint François manqua, c’est vrai, en devenir une-  facteur que Gebhart identifie comme un retardant à l’éclosion des arts.

La Renaissance réalisa en effet, selon le mot des Goncourt., cette vie en famille du catholicisme et du paganisme.

Car le dernier facteur, et il est essentiel, c’est la permanence, la vigueur de ce que Gebhart nomme la tradition classique. Rome et l’orgueil de ses monuments, vieux murs, que le monde admire et respecte comme le dit Pétrarque. Le culte de Virgile eut une part immense dans cette tradition. En lui, les lettrés admiraient le docteur en sagesse, les hommes de cour celui qui avait chanté l’empire prenant le monde sous sa coupe, les chrétiens celui qui avait annoncé, disait-on, l’ère de la Grâce. Mais venait aussi le souvenir de Rome, berceau de la République, qui enflamme encore Cola di Rienzo et Crescentius. Mille témoignages des traditions et des contes montrent que ce sentiment d’appartenance est un sentiment populaire.

La passion de tout un peuple

Car il faut le redire, cette passion classique ne fut pas simplement une quête d’esprits éclairés, et si elle conçut les résultats plus heureux, c’est qu’ayant pénétré les coutumes, la vie civile, la conscience religieuse, elle pouvait accueillir sans effort la révélation des humanistes et même y voir l’accomplissement de sa personnalité propre et l’expression de son génie. Cette passion naquit au milieu du XIIIème siècle, et on peut en donner les dates.

Cet enthousiasme pour les lettres antiques, il est chez Brunetto Latini, si classique qu’il parut tout naturel qu’on le mît au nombre des grands orateurs de l’Antiquité. Il fut le maître de Dante et disparaît en 1294.

Boccace naît en 1313 : sa liberté est si peu croyable que lorsqu’on se risque à mettre des images sur certains de ces contes, ni le scandale ni la censure ne sont loin. En témoigne l’histoire de ce jardinier aussi malin que vigoureux qui se fait embaucher dans un couvent, séduit les nonnes qui se rendent par petits groupes dans son cabanon, et dont il va détromper l’innocence, tant et plus que l’abbesse, en devient furieuse, non que la règle et les dernières convenances fussent bafouées, mais ne pas profiter de la chose selon son rang ; à l’heureux jeune homme elle réserve pour ses heures et à sa commodité une chambre près de la sienne… Ce conteur licencieux ? c’est l’humaniste le plus acharné de son temps, si passionné qu’il fit recopier à frais ruineux l’unique exemplaire du De architectura de Vitruve.

Et Pétrarque, mort en 1374, le véritable homme de la Renaissance, le grand précurseur, celui que Michelet nomme l’Alpha de la Renaissance. En lui le goût de la nature, inspiré d’Horace ; en lui l’amitié dont il parle comme le faisait Cicéron ; en lui l’amour de la patrie, qu’il ne sépare pas des grands rêves d’une Antiquité ressuscitée ; en lui la passion des lettres anciennes au point que, souhaitant dans son vieil âge apprendre le grec et n’y parvenant pas, dans son dernier asile d’Arqua, au cœur des monts Euganéens, où vous vous rendrez, la prochaine fois que vous irez à Venise ou à Padoue, il écrit à son ami : Ton Homère gît muet à côté de moi ; mais cependant je jouis de sa vue et souvent je l’embrasse.

Il nous semble l’entendre prophétiser de très loin et cependant il est le premier homme moderne.

On le voit, pour Emile Gebhart la renaissance est un phénomène qu’il faut sans hésiter « recaler «  entre 1250 et 1550 et situer dans un « temps long ». Il oppose avec beaucoup de perspicacité  la lente maturation de la renaissance italienne, se frayant un chemin avec peine, non exempte de retours en arrière et de « prises de bénéfice », avec la Renaissance française, tardive mais fulgurante, qui n’aura qu’à s’engouffrer dans la brèche.

Manque à cet ouvrage essentiel une observation approfondie de l’évolution des formes : il ne faut pas attendre de Gebhart –mais le reproche s’applique aussi à Burkhart et à Michelet - la finesse du connaisseur et l’érudition du savant. Le nom des artistes, la méditation de leurs œuvres apparaissent moins que les noms des philosophes. Il aura essentiellement essayé d’identifier, en historien, les formes diffuses de la sensibilité dans un processus de transformation lente et profonde.

Dans le même esprit, Emile Gebhart s’essaya au roman et à la nouvelle, et le succès de ses ouvrages fit beaucoup pour sa carrière. Cette incursion dans la littérature mérite qu’on s’y attarde un instant car en France, on le sait, l’Histoire sort de la littérature et l’historien était un écrivain autant qu’un savant.

Dans ce genre historique se mesurèrent les grands écrivains du siècle. Leurs lecteurs, familiers de l’histoire et des lettres voyaient dans cette sorte d’ouvrages une récréation, et les éléments simplifiés d’une philosophie de l’histoire.

Les romans et les nouvelles d’Emile Gebhart sont-ils de médiocre invention ou bien valent-ils qu’on s’y intéresse sérieusement ? Il est permis de les apprécier[5], et on y retrouve en tout cas  l’historien soucieux, à travers une narration libre, de restituer la physionomie morale de ces temps lointains.

Amis et Amile

Emile Gebhart se reconnaissait dans l’équilibre auquel parvint, à un certain point, l’humanisme de la Renaissance : le respect des traditions et la curiosité pour la science, la dévotion totale pour la Beauté et l’enquête historique minutieuse, le sérieux de la bourgeoisie et un épicurisme tranquille. Il fut de gauche, mais vigilant défenseur des humanités ; savant mais regardant les vieilles légendes et les contes populaires comme des documents bien intéressants ; partageant le patriotisme sourcilleux des Lorrains mais s’étant fait une place au foyer latin ; il préférait un préjugé, pourvu qu’il fût vénérable, à une hypothèse, tant que celle-ci n’était pas transformée en vérité scientifique ; enfin, s’il fut esprit fort à vingt ans, le libre penseur demanda à être enterré catholiquement.

Il aima les vieilles légendes : celle où saint Nicolas descend dans une caverne de brigands pour jouer aux dés la rançon d’un imprudent voyageur ; ces contes de l’an mil, lorsque les nations farouches pensèrent voir le Jour du Jugement ; ce fabliau, d’une conception charmante, dans lequel l’Enfant Dieu dans sa crèche dort, tandis que les rois de la Terre mettent à ses pieds les trésors du monde et qui ouvrira ses bras seulement au malheureux qui pleure devant lui d’arriver les mains vides. Dans ce trésor des contes et des légendes du moyen-âge on peut, comme Emile Gebhart, puiser à pleines mains.
On permettra que je ramasse dans ce coffre fabuleux la légende d’Amis et Amile. Sans y regarder de trop près, la Rome catholique inscrivit longtemps à son martyrologue ces deux saints, qui n’existèrent jamais. L’âge moderne, qui n’a pas de tendresse pour les vieilles légendes, les en effaçât impitoyablement.

Amis et Amile étaient deux amis, et leur profonde ressemblance physique constitue le ressort permanent de ce petit roman. Ils sont dévoués l’un à l’autre, liés par une merveilleuse amitié que Castor et Pollux n’eussent pas désavouée, et à laquelle ils sacrifient tout. Tournois et fêtes, pestes et batailles, prisons profondes et évasions fantastiques, preuses et belles enchanteresses, les forêts et les landes : c’est le rameau chrétien enté sur le vieux chêne celtique. Après qu’Amis et Amile furent tombés en martyrs, ensemble, on leur consacra deux églises : mais le lendemain de la consécration, on trouva le sarcophage de pierre de l’un près du sarcophage de l’autre, magiquement déplacé par l’invincible attraction de l’amitié. C’était un signe qu’il fallait se garder d’ignorer : on décida alors de ne pas les séparer, et ils passèrent, si l’on peut dire, l’éternité de compagnie.

Qu’il en aille de même de la Renaissance et du Moyen Age : ces deux âges ont plus de ressemblance qu’on le pense et invinciblement ils vont l’un à l’autre. Ils gisent ensemble dans le brouillard du Passé. Ce que la pensée de l’historien, sinon le miracle, a réuni, ne le séparons pas.
  

[1]   Notice INHA https://www.inha.fr/fr/ressources/publications/publications-numeriques/dictionnaire-critique-des-historiens-de-l-art/gebhart-emile.html. Mme Passini fait dans sa notice une place nécessaire à L’Italie mystique, Hachette 1890, l’autre œuvre majeure d’Emile Gebhart.
[2] Erwin Panofsky La Renaissance et ses avant-courriers dans l’art d’occident, Flammarion, 1976
[3] Préface de 1550 aux Vies. Observons le frontispice de l’édition de 1568 . Il représente les Muses jugeant une assemblée d’hommes : elles sont aidées d’un ange qui tient les trompettes de la Renommée, et dont on devine qu’à leur signal, il appellera les élus à une vie nouvelle. C’est explicitement une scène de résurrection, une renaissance. La légende latine est : … jamais ces hommes n’ont péri.
[4] Nicola de Pise prit la sculpture là où les derniers artistes de l’Antiquité l’avaient laissé et donne, à s’y tromper, l’impression des œuvres des beaux temps de l’Empire. Vasari nous dit qu’à Pise des sarcophages furent ramenés d’Orient en grand nombre : celui qui représentait le mythe de Phèdre et d’Hyppolite lui fut un modèle. Nicola ne l’examina pas en archéologue, mais l’étudia en technicien et l’imita en artiste : c’est la beauté du modèle et son naturalisme qui le subjugua.
[5] On recommandera particulièrement Autour d’une tiare, Armand Colin, 1894 et Au son des cloches, Librairie Hachette, 1898.

2 Commentaires

 

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20/12/2020 à 12:50

Belle analyse. J’ai personnellement un faible pour La Renaissance italienne.

jpducasse

24/12/2020 à 20:14

Merci pour ce très beau texte, qio promet une belle levture

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Après Romans exhumés (chez EUD, 2014), Littérature précaire (toujours chez EUD, 2016), notre ami et chroniqueur des Ensablés, François Ouellet, publie aujourd’hui, sous sa direction, un nouvel opus dédié à la redécouverte d’auteurs oubliés, vaste domaine, on le sait, qu’une vie ne suffira jamais à explorer totalement. Il s’est entouré pour cela d’éminents spécialistes dont le regretté Bruno Curatolo, savant érudit, par ailleurs un des « redécouvreurs » de Raymond Guérin. Pour nos lecteurs assidus depuis quatorze ans (déjà !), ce livre est indispensable. Par Hervé Bel.

22/01/2024, 12:17

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Les Ensablés - La jeune fille verte de Paul-Jean Toulet (1867-1920)

Chers lecteurs des Ensablés, avec cet article d'Isabelle Luciat, se terminent nos chroniques de l'année 2023, l'occasion pour nous de vous souhaiter une très bonne année 2024 et de vous remercier pour votre fidélité (15 ans déjà). Hervé BEL

 

Récit enlevé d'une éducation sentimentale, La jeune fille verte se déroule dans la station thermale imaginaire de Ribamourt, inspirée de la ville de Salies-de-Béarn. Ce court roman livre également (et ce n'est pas son moindre attrait) une amusante chronique de la vie de province à la Belle Époque qui n'est pas sans rappeler « L'orme du mail » d'Anatole France, quoique sur un mode résolument léger et qui peut parfois tomber dans la facilité. Par Isabelle Luciat.

31/12/2023, 09:00

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Les Ensablés - Soldats bleus, journal intime (1914-1918) de Pierre Loti

A priori, publier le journal intime de Pierre Loti, sur la période couvrant la Première Guerre mondiale relève de la gageure, tant le style et l’œuvre de cet écrivain sont aujourd’hui passés de mode. Sa ferveur patriotique, sa soif d’en découdre avec l’ennemi, qui le pousse, alors qu’il a dépassé l’âge d’être mobilisé, à faire intervenir les plus hautes autorités, pour prendre part malgré tout à la guerre, nous est difficile à comprendre.  par Carl Aderhold  

10/12/2023, 09:08

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Les Ensablés - Ces messieurs du rugby, anthologie littéraire

 Alors que la coupe du monde de rugby vient de s’achever laissant un goût d’amertume aux Français sortis pour un petit point d’écart en quart de finale par les sud-Africains, on peut se consoler avec ces Messieurs du rugby, excellente anthologie littéraire consacrée uniquement à l’ovalie et publiée en poche dans la collection La Petite Vermillon à la Table ronde. Les maux s’envolent, les écrits restent. 

Par Denis Gombert.

26/11/2023, 09:00

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Les Ensablés - Le voleur de Georges Darien, par Marie Coat

Si le nom de Georges Darien (1862-1921) ne vous évoque rien, c’est que vous n’avez lu ni Biribi ni Bas les cœurs ... ni surtout Le voleur, mais peut-être avez-vous vu l’adaptation qu’en fit Louis Malle en 1967 dans son film éponyme ? Ou la bande dessinée de Bernard Seyer en 1986, presque un siècle après la parution, en 1897, du roman d’origine (le premier d’un cycle intitulé Comédie inhumaine qui ne connaîtra qu’un second opus, L’épaulette). Par Marie Coat

12/11/2023, 09:00

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Les Ensablés - Martel en tête, d'André Vers (1924-2002)

André Vers, j’en ai déjà parlé avec émotion il y a quelques années, lors de la réédition chez Finitude de son roman « Misère du matin » (1953) qui relatait, avec drôlerie et mélancolie la vie en usine d’un jeune homme. Cette fois, je reprends la plume pour lui, à l’occasion de la réédition de son deuxième roman « Martel en tête » publié en 1967 aux éditions Edmond Nalis, et que la fidèle maison d'édition Finitude réédite. Dans ses mémoires « C’était quand hier ? » (1990), André Vers raconte toutes les péripéties qui ont accompagné sa parution. Par Hervé BEL.

29/10/2023, 22:17

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Les Ensablés - L'hôtel du Nord d'Eugène Dabit, “triste, poignant et beau”

Publié en 1929, L’Hôtel du Nord est le premier roman d'Eugène Dabit ((1898-1936voir ici et ici). Ce roman connut un succès inégalé dans la courte carrière de l'auteur, disparu brutalement en 1936 alors qu'avec un groupe d'écrivain français, il accompagnait André Gide dans un voyage en URSS. Issu d'un milieu modeste, marqué comme tous les jeunes gens de sa génération par la guerre de 1914, Eugène Dabit a fréquenté les milieux artistiques après la guerre et a gravi l'échelle sociale, sans jamais renier ses origines. Par Isabelle Luciat

15/10/2023, 09:00

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Les Ensablés - Le Ciel de Nieflheim de Jacques Chardonne

Jacques Chardonne (1884-1968), le « romancier du couple », de Destinées sentimentales et de Romanesques, dont Gallimard a édité récemment la correspondance en trois volumes avec Paul Morand, a encore des lecteurs fidèles et convaincus — j’en connais quelques-uns. Ce n’est donc pas tout à fait d’un écrivain ensablé qu’il sera ici question, mais d’un livre que presque personne n’a lu, puisqu’il s’agit d’un ouvrage, écrit en 1943, qui était prêt pour l’impression, mais que Chardonne renonça à publier: Le Ciel de Nieflheim. Pour ses amis, Chardonne avait néanmoins procédé à un faible tirage privé ; on en trouve parfois un exemplaire en vente à fort prix en ligne.  Par François Ouellet

24/09/2023, 12:11

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Les Ensablés - Oeuvres de Hugues Rebell (1867-1905)

Avec une préface documentée de Nicolas d’Estienne d’Orves (notamment romancier « Prix Roger Nimier » et spécialiste de Rebatet), la collection « Bouquins » a publié récemment un recueil des œuvres principales de Hugues Rebell dont seuls les gens de mon âge rappelleront qu’elles furent rééditées dans les années 80 par Hubert Juin, dans la collection 10/18, avec d’autres auteurs « fin de siècle ». Par Hervé Bel.

11/09/2023, 11:55

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Les Ensablés - Le meneur de Loup (1857) d'Alexandre Dumas (1802-1870)

Dumas ? c’est Gaston Pescou, signant Peskow ou Peskov, mais aussi G. de Morlon, baron de Cherville, qui est en réalité –pour les trois-quarts- l’auteur caché de ce roman. Il est dans sa spécialité : le roman de chasse. Qu’on en juge par quelques titres tirés de sa bibliographie : Les Aventures d'un chien de chasse, Histoire d'un trop bon chien, Contes de chasse et de pêche, Contes d'un coureur des bois, Montcharmont le braconnier, Le Gibier plume et la même année Le Gibier poil, sa science s’étendant même aux sauvages horizons de l’Afrique et de l’Asie avec Les Éléphants, état sauvage, domestication.

Par Antoine Cardinale

27/08/2023, 09:00

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Les Ensablés - Les Étangs de la Double, de Geneviève Fauconnier

En 1995, les éditions Le Croît vif, à Royan (Charente Maritime), rééditaient trois romans de Geneviève Fauconnier (1886-1969) : Les Trois Petits Enfants bleus (1927), Claude (1933) et Les Étangs de la Double (1935). La même année, Omnibus reprenait Pastorale (1942), intégrant cet autre roman de la même auteure dans Gens de Charente et de Poitou, au sommaire duquel figurent aussi des romans de Jean-Richard Bloch, Pierre Véry, Ernest Pérochon, André Theuriet et Pierre Loti. En outre, Les Étangs de la Double reparaissait en 2020 aux éditions La Geste, à Niort, en Nouvelle-Aquitaine. Par François Ouellet.

13/08/2023, 11:19

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Les Ensablés - Le fer rouge de Paul-André Lesort, ou l'emprise

Paul-André Lesort (1915-1997) aurait pu intituler son cinquième roman L’emprise, mais il a choisi un titre plus incisif : Le fer rouge. Paru en 1957, l’ouvrage de ce romancier étiqueté « grand écrivain catholique » choqua autant les lecteurs que la critique, à quelques rares exceptions près comme Jean Cayrol (« Ce n’est pas un spectacle auquel il nous convie,...mais une quête, une aventure avec « risques et périls»... Son honneur est de déranger et de se déranger...Beaucoup n’ont pas compris la route surprenante qu’il put choisir sans avertissement »). Par Marie Coat.

30/07/2023, 10:05

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Les Ensablés - Petit Louis, d'Eugène Dabit

Chers amis des Ensablés, notre site accueille aujourd'hui une nouvelle contributrice, Isabelle Luciat, à qui nous souhaitons la bienvenue au sein de notre équipe. Pour son premier article, elle a choisi "Petit Louis" deuxième roman d'Eugène Dabit, qui avait rencontré le succès avec L'Hôtel du Nord, paru en 1929. Hervé BEL.

16/07/2023, 09:00

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Les Ensablés – Des hommes passèrent…, de Marcelle Capy

Pendant la première moitié du XXe siècle, de nombreux romans « champêtres » ont été publiés, et les Ensablés n’ont pas manqué d’en chroniquer. Parmi ceux qui nous ont particulièrement marqués, rappelons l’admirable Campagne (prix Femina 1937) de Raymonde Vincent que les éditions Le passeur viennent de rééditer et La vie d’un simple, d’Émile Guillaumin. Il me faut en ajouter un autre, récemment paru chez La Thébaïde d’une romancière complètement oubliée, Marcelle Capy. Par Hervé BEL

02/07/2023, 12:20

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Les Ensablés - Cinis in cinerem, de Régis Messac (1893-1945)

Les Éditions de La Grange Batelière achève par Cinis in cinerem (allusion à la Genèse « tu es poussière et tu retourneras à la poussière), la publication des quatre romans policiers de Régis Messac, auteur que nos amis des Ensablés commencent à connaître (Quinzinzinzilli, Le mystère de Monsieur Ernest). A mon goût, c’est le roman plus étonnant, le plus attachant aussi, car il s’y mêle le gothique, le fantastique, la psychanalyse et le scientisme du XIXème siècle, dans une ambiance mystérieuse : plaisir assuré pour tous ceux qui ont aimé Gaston Leroux, Maurice Leblanc, Stevenson, Edgar Poe, et j’en passe. Par Hervé Bel

11/06/2023, 09:00

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Les Ensablés - Le tramway des officiers (1973) de Georges Thinès

Georges Thinès  (1923-2016) est un écrivain belge de langue française né en 1923 à Liège et décédé en 2016 à Court-Saint-Étienne. D’abord attiré par les lettres classiques, il fut étudiant en philosophie et lettres à la Faculté universitaire Saint-Louis de Bruxelles. Après son engagement à la Royal Navy durant la guerre, Georges Thinès renonce à la philologie et s’oriente vers la psychologie. Professeur à l’université de Louvain, il fut un spécialiste de renommée mondiale dans le domaine de l’éthologie animale. Excellent musicien, fondateur de l’orchestre symphonique de Louvain, il fut encore poète, nouvelliste, romancier, dramaturge, essayiste. Par Armel Job

28/05/2023, 09:00

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Les Ensablés - Les aiguilles à tricoter de Denis Belloc, le bas bruit de la violence

Décédé en 2013 à l’âge de 64 ans, Denis Belloc ( (1949-2013) a marqué d’une empreinte noire la littérature française. Son œuvre, une dizaine de romans parus, s’abreuve au sirop de la rue. Mais ce liquide est violent et amer. C’est l’univers de la toxicomanie dans Képas (Lieu commun, 1989) ou de la prostitution dans Suzanne (Lieu commun 1988) qui forme le décor des romans de Belloc dont l’entière matière est autobiographique. Par Denis Gombert.

14/05/2023, 09:00

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Les Ensablés - Heureux les pacifiques de Raymond Abellio (1907-1986)

En janvier 1947, les éditions du Portulan publièrent un épais volume au titre biblique, « Heureux les pacifiques », que la critique accueillit avec force éloges, n’hésitant pas à parler de «roman fracassant et excitant » (Pierre de Boisdeffre), de « roman d’une génération » (Maurice Nadeau), tous se montrant impressionnés par  la justesse d’un tableau riche et complexe d’une époque charnière (1934-1945): ainsi Pierre Descaves, selon lequel ce roman est « sans aucun doute, le document le plus important, le plus impressionnant qui nous ait été donné depuis quinze ans, sur l’état d’une jeunesse que guettait le conflit de 1939-1940 et les années, noires et rouges, des refus ou des abandons ». Par Marie Coat

30/04/2023, 16:45

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Les Ensablés - Le renard à l'anneau d'or, de Nelly Kristink    

Mariève a vingt-trois ans lorsqu’elle épouse Gilles, de dix ans son aîné. Ce mariage la conduit à s’installer chez lui, dans un domaine forestier des Hautes Fagnes, à l’est de la Belgique. Le manoir du Rondbuisson, situé à l’orée du bois, est la résidence de quelques personnages rustiques et gentiment intrigants. Tout semble en place pour assurer le confort de Mariève, dans un cocon où l’on ressent plus qu’ailleurs le rythme envoûtant des saisons. Mais pourquoi n’y semble-t-elle pas heureuse ? C’est l’histoire de la lente dégradation d’un amour s’abîmant au grattage de l’écorce. Par Louis Morès. 

10/04/2023, 09:47

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Les Ensablés - Jeunes femmes en uniforme, de Terreska Torrès

« Elles sont les premières. Cinq filles. Jeunes, timides, heureuses, excités, cœurs battants et prêtes à mourir pour la France. » Nous sommes en 1940. La France vient de perdre la guerre. À Londres, la France libre sous l’impulsion du général de Gaulle fait ses premiers pas. Pour la première fois, les femmes prennent part au conflit sous l’uniforme français. Un Corps féminin de Volontaires de la France libre est créé, dans lequel s’enrôlent les héroïnes de ce roman, ainsi que son autrice, Tereska Torrès. Par Carl Aderhold.

26/03/2023, 17:17

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Les Ensablés - Kikou Yamata (1897-1975), la Japolyonnaise

Qui se souvient aujourd’hui de Kikou Yamata, une écrivaine née à Lyon en 1897 d’un père japonais et d’une mère française et décédée en 1975 à Genève ? Étonnante et attachante figure, auteure d’une œuvre importante. Par François Ouellet

12/03/2023, 10:00

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Les Ensablés - Génération hussards, de Marc Dambre

En septembre 2022, Marc Dambre, spécialiste de Roger Nimier, a publié chez Perrin une somme passionnante (je pèse mes mots) intitulée Génération hussards, en référence à une mouvance littéraire des années 50. L’occasion d’aborder avec lui non seulement la vie et la production littéraire des « hussards » les plus connus, mais aussi d’en (re)découvrir d’autres, dont Stephen Hecquet, objet d’un récent article des Ensablés, et de revisiter trente années de vie culturelle française. Par Hervé Bel

20/02/2023, 09:56

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Les Ensablés - Henry Thoreau sauvage, de Léon Bazalgette

Emmanuel Bluteau m’a envoyé ce livre, Henri Thoreau sauvage, qu’il vient de rééditer dans sa maison d’édition, la Thébaïde, avec ce petit mot : « Voilà un vrai ensablé ! ». Par Hervé Bel.

05/02/2023, 09:00

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Les Ensablés - Deutschland de René Trintzius (1898-1953)

Quiconque vous demanderait ce qu’évoque pour vous le nom de Trinztius, vous resteriez coi ou chercheriez en vain du côté des érudits anversois de la Renaissance. Bien oublié aujourd’hui, René Trintzius fut très connu dans le monde des lettres de la première moitié du siècle dernier. Né en 1898 dans une famille bourgeoise de Rouen -son père était un architecte renommé- il abandonna très en amont une carrière de magistrat pour se consacrer dans un premier temps au journalisme, puis rapidement à l’écriture de pièces de théâtre et de romans. Par Marie Coat

22/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - Malpertuis (1943) de Jean Ray (1887-1964)

Au carrefour de ruelles obscures se dresse Malpertuis. Quentin Moretus Cassave, le maître de cette grande maison, s’éteint sur son lit de mort et fait lire à sa famille réunie les articles de son testament. Pour recevoir l’héritage, les héritiers doivent s’engager à venir vivre au sein de ce lieu rempli de mystères et seul le dernier d’entre eux recevra la fortune. Le dernier ? Dans cette demeure hantée peuplée d’une faune étrange et où le temps s’étire à la croisée des mondes, les périls sont immenses. Jean-Jacques Grandsire, un jeune neveu de Cassave, nous confie avec effroi les heurts et malheurs de Malpertuis. Un chef-d’œuvre du fantastique belge à redécouvrir. Par Louis Morès. 

08/01/2023, 09:00

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Les Ensablés - une biographie de Marie Borrély (1890-1963)

J’ai parlé, il y a quelques mois dans cette chronique, de Maria Borrély (1890-1963), une romancière d’exception de la Haute-Provence. Voici qu’une belle biographie vient de lui être consacrée par Danièle Henky aux éditions Le Papillon rouge, Maria Borrély. La Vie d’une femme éblouie. La biographe, qui a commencé à s’intéresser à Maria Borrély au début des années 2000, a pu avoir accès aux archives de l’écrivaine, se nourrir des souvenirs de Pierre Borrély, le cadet des deux fils de l’écrivaine, qu’elle a maintes fois rencontré, travailler aux premières rééditions avec Paulette Borrély, la femme de Pierre. Par François Ouellet

25/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - La baie des Wallons (1991) de Viviane Dumont

Dernier tome d’une trilogie de romans historiques suivant sur trois générations l’histoire d’une famille aux XVIe et XVIIe siècles dans les Provinces-Unies et les Pays-Bas espagnols, La Baie des Wallons relate les aventures du jeune Tristan de Noirfontaine, un orphelin seul héritier de sa lignée ne rêvant que d’exploration au point de s’embarquer dans un navire à la conquête du Nouveau Monde. C’est avec enthousiasme qu’il participera àl’émergence d’une nouvelle ville et d’une société lui offrant une vie pleine de promesses, à condition de faire preuve de prudence et de ne pas oublier ses racines.

Par Louis Morès.

11/12/2022, 09:00

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Les Ensablés - Adieu mes quinze ans de Claude Campagne

Un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse : Adieu mes quinze ans fut en 1960 un véritable phénomène éditorial : plus de 650.000 exemplaires écoulés. Le livre fut traduit en 11 langues et adapté en un feuilleton de 10 épisodes qui fit les beaux jours de l’ORTF au tout début des années 70. Il faut croire que ce roman sur l’adolescence possédait quelque chose de particulier qui avait pu toucher toute une génération. Elle se retrouvait dans le portrait de Fanny, l’héroïne du roman qui voyait du jour au lendemain sa vie bousculée avec l’apparition de deux êtres et d’un secret. Mais quoi ? Par Denis Gombert

27/11/2022, 11:34

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La Sonde et la Taille, la dernière aventure de Conan

Laurent Mantese, professeur de philosophie, fait une entrée époustouflante sur la scène de l'imaginaire francophone avec La Sonde et la Taille, dernière aventure de Conan le barbare, à l'apogée de son déclin. Un texte par Les mots délivrent.

16/05/2024, 15:51

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Meurtre des jumelles Slade, qui est le coupable ?

BONNES FEUILLES – Melissa Slade avait tout pour elle : une beauté éclatante, un conjoint attentionné et de ravissantes jumelles. Toutefois, son existence idéale s’est effondrée en un instant, quand elle s'est retrouvée au cœur d’un procès pour l’assassinat de ses filles. Un roman de Diane Jeffrey, traduit de l’anglais par Jean Esch.

16/05/2024, 07:30

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Ce que je sais de toi

15/05/2024, 22:32

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La mer, théâtre d'humanité et de désespoir

Les taxis seraient-ils ces bateaux humanitaires (qui sillonnent la Méditerranée pour tenter de sauver des émigrants expédiés, par des passeurs sans scrupules, sur des embarcations inadaptées vers des Édens présumés sur l’autre rive) que nombre de politiques de tous bords et de toutes nationalités ont décidé d’affubler de ce qualificatif dégradant, pour justifier leurs positions délétères et pour dévaloriser, sinon décrédibiliser, les actions de sauvetages en mer ?

 

15/05/2024, 16:34

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Offrir un livre pour témoigner de sa gratitude

Quand on nous a rendu service, quand on nous a reçu avec sympathie et délicatesse, et dans tant d’occasions où l’on a bénéficié de la générosité des autres, on peut tout simplement faire le choix d’un livre en forme de remerciement. C’est un cadeau qui sera sans doute toujours bien reçu.

15/05/2024, 15:07

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Parfois, mieux vaut être un Somnambule…

Homme à tout faire, Will Bear est un homme au passé compliqué et solitaire. Il effectue des courses parfois louches, souvent dangereuses, pour le compte d'une organisation puissante dont il ne sait pas grand-chose.  Comment en est-il arrivé là ? C’est une autre histoire. Celle qui nous intéresse, la voici : un jour, alors qu’il est en pleine mission, un coup de téléphone inattendu chamboule sa vie. Une jeune femme affirme être sa fille biologique. 

15/05/2024, 14:42

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L'opacité comme paysage, avec Michael Jordan chez FRMK

Deux personnages pénètrent dans une zone sauvage contrôlée par l’armée. Au milieu d’une nature désolée, ils errent, munis d’un appareil servant à capter les énergies telluriques. Un nouvel ouvrage signé Michael Jordan, traduit de l'allemand par Julie Degaumin.

15/05/2024, 10:07

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Formidable : Jack Lang comme on ne l'a jamais lu

S'il y a bien un ministre de la culture qui a marqué durablement le paysage français, c'est Jack Lang, arrivé au pouvoir en 1981 au sein de l'équipe de François Mitterand et toujours actif quatre décennies plus tard. Sans être fanatique des livres politiques en général, je dois avouer que cet album consacré à la carrière de Jack Lang est incroyablement réussi. Comme l'annonce le titre, il est Formidable

 

15/05/2024, 08:30

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Poutine face à Kirill : un duel pour le pouvoir

BONNES FEUILLES  – Un nouveau roman d’espionnage au cœur de la Russie, dans lequel Poutine et Kirill se livrent une bataille acharnée pour le pouvoir. L’auteur Sergueï Olegovitch Jirnov, ancien ancien officier du KGB soviétique, promet un grand frisson. 

15/05/2024, 08:00