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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

Le 09/02/2020 à 09:00 par Les ensablés

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Publié le :

09/02/2020 à 09:00

Les ensablés

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Par Antoine Cardinale

Qu’on en juge : les amateurs qui se sont rendus cet automne au musée Jacquemart-André pour admirer la superbe collection Alana et ses précieux peintres italiens des XIII et XIVème siècle, ont pu en feuilleter le catalogue sans trouver un mot de la spiritualité qui imprègne ces œuvres, cette spiritualité de « l’art mendiant » qui sortit tout entier de la prédication de saint François d’Assise, et dont tout en elles renvoient à lui. C’est passer la revue des peintres du Grand Siècle sans articuler jamais le nom de Louis XIV. On veut penser que ce silence signe une noire ignorance plutôt qu’une censure volontaire ; ajoutons qu’on a manqué là l’occasion de renvoyer à un livre remarquable, dont le sujet va nous occuper maintenant et de faire connaître un auteur qui fut un peu « de la maison » puisque Louis Gillet fut à partir de 1912 le conservateur de l’abbaye de Chaalis dont Nélie Jacquemart fit l’acquisition en 1902.
De ce livre, Louis Gillet donna deux éditions[1]. Celle de 1912 [2] contient tout l’élan d’un jeune homme de trente-cinq ans : un esprit dont la formation n’était pas achevée, mais dont les vives impressions des voyages en Italie colorent toutes les pages et dont l’érudition, abondante et comme impatiente, justifie l’ambition de l’ouvrage. Il reconnaît sans difficultés sa dette envers Emile Mâle, qui eut l’intuition qu’une source vive avait été ouverte, autour de ce XIIIème siècle qui avait transformé toutes les représentations et le fond même du  tempérament chrétien. L’auteur de l’Art religieux au XIIIème siècle, son aîné de dix ans seulement, mais déjà respecté comme un maître, avait souhaité que cette inflexion décisive donnée par les ordres mendiants fût un jour écrite[3].  

La grande Consolation
Le rôle essentiel des ordres monastiques dans le naufrage du monde antique est trop connu pour qu’on y revienne. Ces communautés furent le refuge des lettres classiques, l’école de la philosophie médiévale et l’atelier de l’art monumental roman et gothique. Au XIIIème siècle, les Ordres mendiants, autour de saint François et de saint Dominique, en retrouvant le farouche esprit de pauvreté de l’Evangile, mirent en révolution la civilisation chrétienne : leur paupérisme intransigeant, la discipline inflexible des organisations qu’ils fondèrent, et une prédication tournée vers le peuple devait inévitablement donner un visage nouveau à la civilisation de l’Occident.
Dès la mort du Poverello en 1226, les papes, l’Eglise, cherchèrent à organiser cette révolution, qui tendait à l’absolu au risque de l’hérésie, et ils y parvinrent avec d’autant plus de brio qu’ils en conservèrent le prosélytisme en le débarrassant de son vague socialisme et des ferments de sédition politique que cette doctrine de dénuement, poussé à l’excès, ne pouvaient manquer de répandre ; ils comprirent que ces prédicateurs qui cultivaient le dénuement et goûtaient les privations comme de délectables récompenses, étaient contre hérésie l’exemple le meilleur, la plus juste réponse et l’arme la plus formidable. D’une menace à l’ordre social et à l’autorité religieuse, ils surent faire une immense promesse.
S’il est juste de citer les Carmes et les Augustiniens, les ordres mendiants majeurs furent les Franciscains et les Dominicains : ils constituèrent l’armée de cette reconquête. La révolution qu’ils menèrent, cette grande Consolation, gagna l’Europe en quelques mois. Il sembla soudain que le Seigneur allait demander compte à la génération des princes-évêques et des abbés à cheval, et qu’enfin seraient établis sur les biens du monde les plus diligents des serviteurs du Maître.
Et l’art dans tout cela : et bien d’art il n’en fut pas question ! Ces prêcheurs impécunieux qui n’emportaient, selon le commandement de saint Luc ni bourse, ni besace, ni sandales, doux et humbles de cœur, allaient au plus rapide et au plus efficace : ce furent d’abord des églises que l’on décida de bâtir, avec une hâte de Saints des derniers jours, lorsque passa l’âge héroïque des prêches en plein air. On construisait au meilleur compte, à la périphérie des cités, de vastes édifices dont le but était d’accueillir le plus de fidèles possible : pas de chapiteaux sculptés, des colonnes sans base et sans finesse : pas d’ogives mais un plafond et du bois plutôt que la pierre. Inévitablement, ce dépouillement s’étendit aux murs de l’église : ces immenses murailles nues étaient faites pour tenter l’art des peintres, car en effet, le gothique est un système de poids et de soutiens, où les supports se réduisent aux colonnes et aux nervures, et dont l'idéal est l'amincissement progressif et la suppression des murailles, — l'architecte d'Assise a manifestement fait une oeuvre toute différente, où les surfaces pleines l'emportent sur les vides, et où ce sont les murs qui jouent le rôle essentiel. Lorsque la foi farouche, l’ascétique et impécunieuse foi des premiers temps de l’ordre fut lentement amenée aux concessions du siècle, lorsque les lois somptuaires écrits par les premiers maitres des ordres tombèrent, il se fit à la fois une domestication sociale de l’aspiration religieuse et aussi un intérêt nouveau vers le pouvoir de l’art, sur sa capacité à soutenir le Message. Les murailles des églises des Mendiants accueillirent naturellement ces grandes fresques qui décorèrent d’abord Assise, dès 1250. C’est en ce sens qu’il faut comprendre le mot de Renan : Ce mendiant est le père de l’art italien : non que le saint se soit jamais soucié de peinture ou d’architecture, mais le mouvement dans lequel il lança le monde chrétien, fonda, sans que jamais il y mît la main, un art nouveau.
Le tournant qui mènera à la renaissance des arts, la date en est marquée. En 1288 Nicolas IV, le premier pape franciscain, monte sur le trône de Pierre et sa première pensée est pour la basilique du fondateur de son ordre : il dépêche à Assise les meilleurs peintres de Rome, ceux qui œuvraient alors au Latran et à Sainte Marie Majeure.

Et Giotto vint

Et c’est un grand nom qui arrive dans la cité d’Assise, celui de Giotto. Puisqu’il faut bien donner une date, malgré bien des incertitudes, donnons avec Louis Gillet l’année 1296. La peinture en Occident était retombée dans l’enfance. Cavallini, Arnolfo di Cambio, Cimabue retrouvaient à peine les rudiments de l’art. Explorer ce moment c’est déchiffrer les archives de la Renaissance, c’est en épeler les noms, c’est lire le registre de son état-civil. C’est Saint Bonaventure dont les écrits sur saint François furent si populaires que les docteurs craignirent qu’ils fussent reçus par le peuple comme un cinquième Evangile, c’est saint Bonaventure qui allait fournir le programme des fresques. Et on aperçoit déjà les immenses conséquences d’une peinture qui trouve dans l’épopée d’un saint tout un registre d’images nouvelles, un vocabulaire contemporain qui venait donner une apparence, une forme, aux sermons et à la légende. Ce fut une révolution. Pour la première fois depuis des siècles, l'art, au lieu de reproduire des formules, imagine, invente, improvise. Au lieu de copies, bâtardes, dégénérées, difformes, c'est la vie qui devient l'objet de l'imitation, la source et la matière du beau. La fresque – et la fresque, au XIIIème siècle, c’est encore toute la peinture- devient le miroir de la nature.
Avec ce naturalisme de Giotto, représentant ici un âne, là un arbre couvert d’oiseaux attentifs au prêche du Poverello, on sent la peinture prête à recueillir, à travers ces exempla, tous les incidents, toutes les trivialités de la vie. C'est véritablement la Prière de saint François: je veux regarder le monde avec des yeux remplis d'amour.Tout ce qui n’était pas dans la peinture allait y entrer, tout ce que l’orgueil théologique de l’art gothique avait laissé à la porte de la maison de Dieu est encouragé à y entrer : les costumes et les outils, les paysages et les intérieurs, l’homme saisit au moment où il boit, au moment où il dort ; toute la société, du frère en robe de bure au joli page qui mène la monture du chevalier : une irruption, un débordement de vie ! Que voit-on sur ces fresques, ces tableaux de dévotion ? Des monuments aussi, ceux que Giotto avait sous les yeux et que nous pouvons admirer aujourd’hui encore, comme la place d’Assise ou la colonne Trajane –et c’est une belle page de Louis Gillet :
Là, c'est une ville italienne, serrée dans ses remparts, avec ses toits plats se chevauchant comme des tuiles, ses loggias, ses fenêtres à colonnettes, son profil hérissé de tours, pareil à une herse retournée en plein champ au sommet d'une colline. Ailleurs, un intérieur d'église aperçu de l'autel, derrière la clôture du choeur : on voit la perspective piquante de l'ambon, des icônes sur l'iconostase, le châssis de la grande croix oblique maintenue par un tirant de fer. Et partout, dans les ornements, dans la décoration, dans les meubles, dans les édifices, dans les mosaïques des tympans, des gâbles et des pinacles, dans les enroulements polychromes des colonnes torses, respire le sourire brillant de la Renaissance romaine. Il y a ici des airs de tête, des vieux à mine de sénateurs, de belles Ombriennes à figures de madones, aux beaux arrangements de coiffures et de mouchoirs, des gens d'armes, des hallebardiers, qui entreraient tels quels, comme morceaux de grand style, dans ce que le quattrocento nous a laissé de plus magistral. Personne, encore une fois, n'a pareillement accru le dictionnaire des formes, enrichi de plus de néologismes le répertoire des peintres.
En illustrant la vagabonde prédication du saint, Giotto composa un charmant et pieux Cantique des voyageurs. L’art mendiant s’engageait dans le siècle et donnait ainsi naissance à un art qui épousait les thèmes héroïques de la grandeur évangélique. La vision de la crèche miraculeuse de Greccio en sera l’expression ultime : peut-être est-ce de ce moment qu’instruit depuis longtemps du fait de mourir, les hommes prirent au sérieux le fait d’être nés.

Le temps de l’orgueil
Sassetta, Fra Angelico surent conserver l’esprit de cet art, l’un assimilant Sienne, l’autre Florence à cette heureuse Galilée où mûrit la méditation chrétienne, pays de claires fontaines et de jardins nourriciers, figuré par une peinture aux ombres sèches dans lesquels les martyrs sont élevés dans les bras d’anges aux ailes qu’ils semblent avoir frottés aux couleurs d’un arc-en-ciel.
Cette révolution que rien n’annonçait, on la doit à François d’Assise : un univers d’une sensibilité nouvelle, une tendresse, une attention aux êtres vivants du haut en bas de l’échelle de la Création, pour ce qu’ils sont et non pour le symbole qu’ils représentent. Et selon le mot de Emile Mâle, dans un article[4] qui résume le livre de Louis Gillet, il n’est pas exagéré de dire que François a transformé le tempérament chrétien. Seulement Mâle pose comme terme à cette révolution la renaissance italienne, tandis que Louis Gillet voit se poursuivre cette fièvre, dans une peinture d’une grande force.
Aujourd'hui, fatigués de la culture classique, désabusés de cette grande conquête, et de plus en plus indifférents au prix de l'art, au bien dire, à l'ornement de l'intelligence et à ce qu'on appelait les belles humanités, nous avons peine à nous figurer ce que fut, au XVème siècle, l'enthousiasme devant l'antiquité renaissante. L'esprit humain retrouvait ses titres. Jamais nous ne nous expliquerons la gloire invraisemblable de quelques personnages, les honneurs rendus à un Pogge, la situation européenne d'un Politien ou d'un Erasme, les traitements réservés à un Marsile Ficin ou à un Gémisthos Plêtho, par la raison que celui-là avait exhumé Quintilien, que cet autre tournait le vers latin comme Horace, ou que le dernier possédait à fond la grammaire grecque et pouvait expliquer les arcanes de Platon. Pendant deux siècles, ce fut là une sorte de délire : depuis Pétrarque, qu'on trouva mort sur un texte d'Homère qu'il ne savait pas lire, jusqu'à Michel-Ange, demi-aveugle, palpant de ses vieux doigts le Torse du Vatican qu'il ne pouvait plus voir, l'intelligence humaine demeura dans l'enchantement de cette beauté entrevue, qui semblait revenir au monde.
Car le temps de l’orgueil viendra dans lesquels les idéaux de frugalité, ce sens presque amoureux de l’humiliation de l’homme allaient disparaître ; après le temps de la redécouverte de la nature et des vraies formes, l’art aura  un autre rendez-vous, celui des sources de l’art antique. C’est au travers de ces deux ingrédients que l’humanisme donna la formule de la civilisation : la Renaissance limitée d'abord au siècle de Léon X, puis reculée à Masaccio, est en réalité un mouvement homogène, un phénomène continu qui commence au XIIIe siècle, se poursuit avec Giotto, pour s'achever deux siècles plus tard dans les œuvres de l'âge d'or.

Un normalien différent
Louis Gillet appartenait à une de ces familles pieuses et unies, aux mœurs sévères, dont le type a été fixé au temps de Port Royal et dont les jours, faits de joies simples, s’écoulaient dans un silence conventuel où l’amour donné, jamais redemandé, était pourtant rendu au centuple. Son père est marguiller de l’église Saint-Paul à Paris. Elève de Joseph Bédier et de Romain Rolland, Louis Gillet fut un normalien différent : dans une école au sein de laquelle, quoique la chose nous paraisse extraordinaire, l’amour de la littérature semblait même suspect, il dévore le roman et la poésie de son temps : Maupassant et Heredia. Son grand homme, c’est un petit bonhomme à lorgnons menant depuis sa petite boutique, dans une rue du quartier des Ecoles, une guerre mystique au monde et au siècle : Charles Péguy.
Cette amitié, ces rêveries, ces voyages à Chartres, Louis Gillet les paya comptant : il échoua à l’agrégation. Après avoir commencé une carrière de professeur loin des prestiges de Paris, c’est l’écriture qui va absorber sa vie. Il fit de la Revue des Deux Mondes sa chaire d’enseignement, d’abord comme spécialiste des questions artistiques, ensuite comme spécialiste des littératures étrangères.
Une partie, une partie seulement de cette œuvre a été rassemblée par M. de Rubercy [5] : ces mille pages, qu’i est important de lire, suffisent à peine à donner une idée de l’énorme production de Louis Gillet. Outre la Revue des Deux Mondes –deux fois par mois ! le Figaro ou le Journal des Débats lui ouvrent leurs colonnes ; mais aussi le Gaulois, l’Eclair, l’Illustration. C’est un travail infatigable et les photographies des dernières années montrent un visage aux traits accusés sur lequel les veilles, les cigarettes et le café, ont laissé leurs traces. Dispersion ? il lui fallait bien vivre, sans situation forte, sans ce confort modeste mais vital d’un salaire de professeur agrégé ; il lui fallait multiplier les articles, les conférences, les ouvrages : sur Dante, Shakespeare, Raphael ou Monet ; chroniquer les dernières expositions, les livres dernièrement parus ; écrire, écrire, et écrire encore.

Une passion de connaître
Il sut cependant préserver la sagacité et de la profondeur du critique. Il fut capable de rendre au graveur anonyme de la Nef des Fous l’inspiration du Songe du chevalier de Raphaël, rattachant l’austère humanisme rhénan qui lisait l’Ecriture à la fumée des lampes, à la lumineuse aurore qui naît à la cour d’Urbino. C’est un bel exemple de ces études profondes que donna Louis Gillet, unissant l’œil du connaisseur, le savoir étendu de l’historien et la vivacité du journaliste. Il s’aventura avec un courage qu’il ne faut pas mésestimer, à juger de la littérature, de la peinture et de la sculpture de son temps. Il y a un grand courage à commencer par la condition d’historien, puis de descendre à celle d’historien d’art, et enfin par une intrépidité un peu inconsciente de dégringoler à la situation de critique d’art : Matisse, Bonnard ou Maurice Denis étaient encore des valeurs spéculatives à la bourse de l’Art et n’avaient pas dans l’histoire de l’art l’inexpugnable situation qui est la leur aujourd’hui – et il mena le même combat pour James Joyce. Louis Gillet les chroniqua avec d’autant plus d’intrépidité que rien ne garantissait qu’il fût suivi des lecteurs de la Revue des Deux Mondes.
Si Emile Mâle incarne le savant profond, en qui s’unissent une profonde science et une longue méditation morale ; si Ruskin est le prophète aux vues fulgurantes par lequel un au-delà de l’art se laisse entrevoir, Louis Gillet est le maître d’école dans lequel Paul Claudel reconnut la passion de connaître et celle d’expliquer, celui qui nous apprend à déchiffrer et à compter juste, celui dont la dette nous est sinon la plus importante, en tout cas la plus ancienne. En le portant au fauteuil d’Albert Besnard en 1935, l’Académie française sut reconnaître un génie sérieux qui s’est malheureusement effacé de notre horizon.
Le centenaire de sa naissance a été célébré au musée Jacquemart-André en 1976. Ses livres sont réédités et commentés ; manque sa biographie, qui viendra. Comme le prédisait Péguy, dans cinquante ans, toute la littérature moderne aura péri. Et c’est Péguy, c’est Gillet, qui resteront.

Le fil d’or
La seconde édition de l’Histoire artistique date de 1938 : elle est dépouillée de notes, raccourcie, son texte remanié par une nécessité des temps sur laquelle on voudrait connaître davantage, mais elle vaut cependant par une riche préface, dans laquelle l’auteur se retourne sur son œuvre avec une lucide sévérité. Faut-il le croire lorsqu’il nous dit qu’il regrette les effets oratoires, et le ton professoral ; les longues citations et les copieuses notes de bas de page ; qu’il renie une sentimentalité qui ôte au dessin de ce livre le naturel et le goût ? Qu’il prend la démesure d’une œuvre qui voulait embrasser quatre siècles de civilisation européenne, la peinture, la théologie et les lettres ? On pourrait souscrire à ce dernier regret, tant dix volumes n’y suffiraient pas, comme il nous en fait l’aveu. Et pourtant lorsqu’on se familiarise avec l’œuvre de Louis Gillet, on se rend compte qu’en réalité le compte est bon : les dix volumes y sont, tant il écrivit toute sa vie en suivant le fil d’or de la rêverie autour de Chartres et d’Assise[6].
Il nous dit aussi que, tandis qu’il corrigeait les épreuves de ce livre, en 1911, l’Allemagne à Agadir prenait la mesure de la détermination de la France ; qu’en 1938, tandis qu’il signe cette dernière préface, il reconnaît dans la comédie de Munich un prologue tragique. Car ce livre, qui enjambe près de quarante ans d’Histoire, contient l’amertume de voir une Europe embastillée dans des frontières, s’invectivant par-dessus ses remparts, promettant au voisin le sort des criminels et à l’ami d’hier la malédiction des vaincus.
Ces siècles qui courent de la prédication de saint François aux murs d’Assise jusqu’aux aux œuvres de Rubens aux Récollets d'Anvers, ont-ils conservé pour nous leur poésie ? Prenons garde : il n’y a de poésie que des choses que l’on sent, selon le mot de Goethe. Et c’est l’immense service que rend Louis Gillet de nous faire sentir ce monde ancien afin que leur poésie n’en soit pas perdue. Si cela ne se peut, si l’on ne devait plus jamais sentir ni comprendre, alors il nous sera donné, témoins des siècles rapides qui grondent dans le tourbillon de l’Histoire, de comprendre la parole de l’Evangile et comme est légère la pesée des œuvres de l’homme : de tout cela, qu’en sera-t-il à la fin des âges ?

[1]  Klincksieck a réédité en 2017 cet ouvrage avec un texte établi par M.Bertrand Cosnet. Les deux premières éditions sont Histoire artistique des ordres mendiants, Laurens, 1912 et Flammarion, 1938
[2] Disponible sous Gallica.bnf.fr
[3] Henry Thode, François d’Assise et les origines de l’art de la renaissance, Henri Laurens, 1909 et Emile Gebhart, L’Italie mystique, Hachette, 1890 . Ces deux auteurs avaient, il est vrai, ouvert la voie.
[4] Emile Mâle, « Les aspects successifs de l’art chrétien » in Arts et artistes du Moyen-Age, Flammarion, 1968
[5] Essais et conférences, Klincksieck, 2017
[6] On citera, sans être exhaustif Sur les pas de saint François d’Assise, Plon, 1926 et La cathédrale vivante, Flammarion, 1936 ainsi qu’un livre charmant : Dans les montagnes sacrées, Plon, 1928

2 Commentaires

 

Christine Belcikowski

11/02/2020 à 08:35

Merci pour ces très belles propositions.

Antoine Cardinale

12/02/2020 à 12:00

Merci Madame,
votre lecture et vos commentaires me sont, depuis le début de cette série de chroniques, un encouragement précieux.

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Monsieur Ripois et la Némésis" de Louis Hémon

Don Juan: subst. masc. Séducteur, le plus souvent libertin et sans scrupule (définition du Trésor de la langue française). Même s'il n'est pas un libertin, Monsieur Ripois, le héros du roman de Louis Hémon (1880-1913), est assurément un don Juan. Il séduit les femmes qu'il rencontre et les exploite sans scrupule. Mais, contrairement à son auguste ancêtre, Monsieur Ripois n'a aucune classe; il ne s'attaque qu'aux petites ouvrières, puis aux femmes fragiles, celles qu'il est certain de pouvoir conquérir et exploiter.

12/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Visage perdu" de Roger Vercel, par Carl Aderhold

Visage perdu est l’un des derniers romans de Roger Vercel, paru en 1953, quatre ans avant sa mort. L’auteur de Remorques (qui a déjà fait l’objet d’une chronique sur les Ensablés) et de Capitaine Conan retrouve ici un thème qui lui est cher. Le courage qu’il faut pour affronter le quotidien.

29/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac : "La dernière harde" de Maurice Genevoix

En ce début novembre où la campagne automnale résonne des aboiements des chiens et des coups de fusil, la lecture de la Dernière Harde de Maurice Genevoix se savoure comme une gourmandise de saison. Nul besoin d’être passionné de chasse ou féru de vénerie pour partager la vie mouvementée et captivante de la harde des Orfosses.

15/12/2019, 09:00

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Les Ensablés – "Miroir du temps" d'André Suarès (1868-1948)

Paru aux éditions Bartillat, Miroir du temps est un recueil d’articles d’André Suarès - certains inédits - de préfaces, de fragments de correspondance, voire de documents plus intimes encore, comme le testament de l’écrivain : peu de livres permettront de saisir aussi complètement un auteur qui sort lentement d’un oubli et dont les plus connaisseurs parmi les lecteurs ne pouvaient citer que le Voyage du Condottiere.
Ce recueil de textes parvient à restituer, en marquant la chronologie, les thèmes qui habitent son oeuvre. Des thèmes dont l’actualité permet de rendre cet auteur à son temps tout en le ramenant au nôtre. André Suarès écrivit toute sa vie le manifeste d’un art nouveau, qu’il souhaitait tout à la fois classique et régénérateur ; à l’imitation aussi de ce Speculum majus, ce Miroir dans lequel Vincent de Beauvais mit toutes les certitudes du Moyen-Age et qui voulut, selon Louis Gillet, « lier en système tout l’héritage des connaissances venues de l’Antiquité, le legs intellectuel de la Grèce, avec les vérités de la Révélation ».             
Après avoir lu avec attention l’érudite préface de M.Barsacq, les amateurs feront de Miroir du temps l’avant-propos nécessaire aux œuvres de ce grand écrivain : toute la diversité, toutes les contradictions de l’écrivain, et l’essence de son style, sont là.

01/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Le joug" de Marion Gilbert, roman de la maternité martyrisée

Originaire de Montivilliers, en Seine Maritime, la romancière Marion Gilbert (pseudonyme d’Odette Maurel) a fait paraître une bonne vingtaine de titres entre Du sang sur la falaise (1913) et Les Scandalisés (1950), des romans psychologiques qui ont souvent la Haute-Normandie pour décor. Journaliste, elle a mené des enquêtes pour Le Matin, Le Petit Journal, Illustrations et d’autres. Traductrice avec Madeleine Duvivier, pseudonyme que s’était choisie sa sœur, elle a donné à lire en français Charles Dickens, P. G. Wodehouse et Charlotte Brontë. Féministe, elle prononça une conférence, en 1925, qu’on peut consulter en ligne.

17/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Journal de travail (1929-1943)" de Jean Prévost

L'éditeur Emmanuel Bluteau a des auteurs qu'il chérit particulièrement: l'un d'eux est Jean Prévost, écrivain et résistant, mort les armes à la main dans le Vercors en 1944 à l'âge de 43 ans. Après avoir publié "L'affaire Berthet" que nous avons chroniqué, La Thébaïde fait paraître aujourd'hui Le journal de travail (1929-1943) de ce même Jean Prévost avec une préface de Jérôme Garcin (à qui l'on doit un "Pour Jean Prévost", biographie parue en 1994).  "J'ai toujours pensé, écrit ce dernier (...) que Jean Prévost s'apprêtait à donner, après la guerre, son grand roman, son oeuvre majeure." Le destin ne l'a pas voulu. Et on lira donc ce journal de travail, cette "arrière-boutique" de l'écrivain, avec un sentiment mêlé d'admiration et de tristesse pour cette promesse qui s'annonçait déjà et ne fut pas tenue.

03/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Jours de colère" (1989) de Sylvie Germain

Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Formée à la philosophie, notamment auprès d’Emmanuel Levinas et de Daniel Charles, elle a été documentaliste puis professeur de français et de philosophie au lycée français de Prague, avant de se consacrer à sa seule activité littéraire. Elle obtient le prix Femina en 1989 pour son roman Jours de colère. Elle n'est pas un ensablée, mais on ne parle pas assez d'elle.

20/10/2019, 09:00

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Les Ensablés – "L’Altana ou la vie vénitienne" (1928) de Henri de Régnier (1864-1936)

Si l’on n’avait pas rêvé d’être heureux, la vie serait sans cruauté. (Marcel Proust)
Avec trois chroniques sous la plume de Hervé Bel, l’une sur Histoires incertaines, l’autre sur son entourage, le Club des longues moustaches, la dernière enfin, sur son fils, Pierre de Régnier qui écrivit Chroniques d’un patachon, Henri de Régnier est l’auteur dont l’univers est le plus relancé parmi les Ensablés, et il en est devenu au fil du temps à la fois le champion et l’emblème. Il y a donc quelque chose d’intimidant à rajouter quelques pages et un quatrième opus à cette œuvre de réhabilitation ; on redoute de déplaire ; on soupçonne que clandestinement, quelque part entre Paris et Venise, se réunit encore ce Club des Longues moustaches, que M.Bulteau (1) a admirablement décrit, redoutable cénacle agissant qui peut faire réussir ou échouer une carrière littéraire !

06/10/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Sao Kéo ou le bonheur immobile" de Pierre Billotey

Écrivain des années 1920, Pierre Billotey meurt à l’âge de 46 ans, en 1932, d’une crise d’urémie. Il enseignait au lycée Arago (place de la Nation, à Paris) et était secrétaire général de l’Association des écrivains combattants (grièvement blessé lors de la Première Guerre, Billotey avait reçu la Médaille militaire).
Sao Kéo ou le bonheur immobile fut publié chez Albin Michel en 1930, deux ans avant la mort de son auteur. Un an plus tôt, Billotey avait parcouru l’Indochine (voir son récit de voyage L’Indochine en zigzags), où le héros de Sao Kéo découvrit le Bonheur. Roman séduisant, bien de son temps, Sao Kéo a été réédité aux éditions Kailash il y a exactement vingt ans, attirant momentanément l’attention sur un auteur qui est depuis, et assez injustement, retourné dans l’oubli.

22/09/2019, 09:00

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Les Ensablés - Les chroniques du Lac - "Campagne" de Raymonde Vincent

Et si l’on redécouvrait Raymonde Vincent  (1908-1985) ? En 1937, alors que Mervale de Rogissart est couronné du prix Renaudot, elle remporte haut la main, à 28 ans, le prix Fémina pour Campagne (face à Robert Brasillach et Henri Bosco), 27 ans après Marguerite Audoux qui s’éteint la même année. Toutes deux originaires de la campagne berrichonne, orphelines à quatre ans, autodidactes, arrivées sans le sous à Paris, connaissent le succès grâce à une rencontre avec un homme de lettres. Pour les deux femmes, le succès se limite à leur premier roman centré sur les souvenirs nostalgiques d’une enfance paysanne, rythmée par la nature et les travaux des champs au fin fond du Berry. Elles représentent un courant populiste rural, totalement ensablé qui mérite d’être exhumé.

08/09/2019, 09:00

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Baiser ou faire des films : en 90, à New York avec Chris Kraus

AVANT-PARUTION – Étudiant berlinois, Jonas Rosen cherche dans le New York des années 1990 l’inspiration au film qui lui servira de projet d’études. Là, dans un quartier malfamé où résonnent encore les pas de Kerouac et Ginsberg, Jonas fait des rencontres.

16/01/2021, 12:31

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Métaphysiques : Le sens commun au défi du réel, pour Jean-Marc Ferry

AVANT-PARUTION – Les questions de la sagesse populaire mettent régulièrement en échec le rationalisme scientifique. Pour le grand philosophe Jean-Marc Ferry, il est temps de revoir tous nos cadres de pensée, de casser nos grammaires de compréhension. Un fantastique voyage pour bousculer les limites du réel. 

16/01/2021, 12:14

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Spinoza, une vie : la biographie la plus complète, édition révisée de Steven Nadler

La biographie de Spinoza par Steven Nadler est exemplaire. Essentielle pour la compréhension des œuvres, elle donne vie à cet homme exceptionnel et nous plonge dans le Siècle d’or des Pays-Bas, au cœur d’Amsterdam, véritable et unique creuset de libertés. Voicir, traduit par Jean-François Sené et Olivier Bosseau, une nouvelle édition, revue et augmentée de l’œuvre certainement la plus complète et la plus documentée jamais publiée à ce jour. 

15/01/2021, 13:25

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Marc Levy présente Le Crépuscule des fauves, suite de son roman d'espionnage

Avec Le Crépuscule des fauves, Marc Levy va vite : ce tome 2 sortira le 2 mars, prolongeant les aventures du Groupe 9 entamées dans C’est arrivé la nuit. Le premier volume de son techno-thriller marquait une certaine rupture avec l’écriture qu’on lui connaît (ou attribue). Avec ce 22e roman, il n’a qu’une observation : « La réalité a amplement dépassé la fiction. »

15/01/2021, 09:28

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Pas de Panthéon pour Rimbaud, selon Emmanuel Macron : reste Verlaine

Septembre 2020 : le deuxième confinement n’a pas encore avancé ses semelles de vent, mais un groupe d’intellectuels parisiens estime qu’une injustice doit être réparée. L’absence du binôme, pour ne pas dire le couple, Verlaine-Rimbaud, nécessite l’intervention du chef de l’État. Emmanuel Macron vient de répondre : pas de Panthéon pour Arthur, conformément à la volonté exprimée de la famille.

14/01/2021, 17:19

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Lunch box : vous prendrez bien un drame pour le déjeuner

ROMAN FRANCOPHONE – Véritable institution américaine, ayant accompagné des générations d’enfants par millions, la lunch-box est au déjeuner, ce que les frites sont au hamburger, un accompagnement indissociable. Emilie de Turckheim nous emporte loin, dans des Etats-Unis rêvés, au coeur d'une ville de fiction : les familles y vivent heureuses, entre détente et école. Et toujours, ces journées rythmées par l'apparition de la lunch-box...

14/01/2021, 08:55

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Le détour : la folle puissance de Luce d'Eramo

ROMAN ETRANGER - Le détour de Luce d'Eramo fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021 dont ActuaLitté est partenaire. Un destin unique et bouleversant d’une puissance rare. 

13/01/2021, 15:33

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Penser comme un iceberg : faire alliance avec la planète-mère 

ESSAI - Un iceberg ? Penser comme un iceberg !!! Quelle vue de l'esprit ! Qu'est-ce qui a piqué Olivier Remaud ? Serait-il revenu profondément marqué de son voyage, raconté dans son magnifique livre Errances, dans les traces de Vitus Bering ? Marqué à jamais par le froid ?!

13/01/2021, 15:32

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Vue mer : radiographie d'un terrain miné

ROMAN FRANCOPHONE - Malgré les promesses d’horizon qu’offrent ces simples mots accolés, Vue mer n’est que le banal nom d’un dossier de restructuration de l’entreprise Bouké-Parteneure dont le sort se jouera au cinquième étage d’une tour d’affaires, dans le décor limité d’un open space. La nouvelle, telle une grenade dégoupillée, va être balancée au personnel. Mais, en ce lundi maussade, Stefan, le codirigeant, reste cloué au siège de sa voiture, sa main refusant d’actionner le démarreur. 

13/01/2021, 15:31

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Entre toutes les femmes : fracassantes et intimes

TEMOIGNAGES - Dans le préambule de son excellent dernier livre, Marlène Schiappa rappelle qu’elle a toujours aimé aller à la rencontre des femmes, qu’elle aime fédérer, aider, soutenir, promouvoir et unir, et je peux personnellement en témoigner ! Elle raconte ici des rencontres marquantes avec quelques-unes d’entre nous, qui tentent de faire changer les mentalités dans la société française et internationale, et dont le seul leitmotiv semble être d’améliorer la condition féminine. Marlène Schiappa leur rend justice et hommage dans un livre très altruiste et généreux.

13/01/2021, 15:05

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Dans la gueule de l’ours : roman noir sauvage 

ROMAN ETRANGER - Aux États-Unis, pour peu que vous soyez un défenseur des animaux et que vous ayez du fric, vous pouvez vous acheter une montagne et interdire à tous les bouseux du coin de venir déverser leur surplus de testostérone sur vos terres. Bien sûr, et malgré un respect sacré de la propriété privée, il faut quand même y mettre un peu de barbelés autour et un gardien, au milieu, pour faire joli… 

13/01/2021, 10:24

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Diane Meur, Sous le ciel des hommes : Choisir de ne pas subir

ROMAN FRANCOPHONE - Qui connaît le grand-duché d’Eponne ? Ni vous, ni moi, mais il rappelle furieusement nos petits paradis fiscaux européens. Bien lové dans ses montagnes et ses traditions, le grand-duché respire la prospérité. Mais si les premières pages du roman plantent un décor (presque) d’opérette, la suite du récit ne laisse aucun doute, nous sommes bien dans le monde d’aujourd’hui !

13/01/2021, 10:23

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Atchoum ! Aventures piquantes, drôles, entraînantes, à petites touches

MANGA - Atchoum ! est une anthologie compilant 8 histoires courtes du grand maître du récit Naoki Urasawa.  Des aventures que lui seul saurait rendre aussi intrigantes et variées en si peu de pages, de l’humour, et des récits autobiographiques sur le monde de la musique, basés sur les voyages de l’auteur aux États-Unis.

13/01/2021, 09:03

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Le Loup dans la bergerie, de Fabio M. Mitchelli : Le monstre de Caussols

AVANT-PARUTION – À mille mètres d’altitude au-dessus de Grasse s’étend le plateau de Caussols, lunaire et envoûtant. En son coeur : la bergerie de Jean-Michel Auban, accusé de cannibalisme et désormais sous les verrous. La première fois qu’il s’y rend, Samuel Steiner, qui est pourtant un commandant de police aguerri, est saisi de vertige. Mais « Il est des bergeries dans lesquelles même le loup n’ose pas entrer... »

12/01/2021, 16:51

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Thémistocle, d'Olivier Delorme : politique, amour et guerre à Athènes

AVANT-PARUTION – Il y a 2500 ans, dans une Athènes où la démocratie, encore en devenir, est contestée par ceux qui ont tout, mais n’ont pourtant jamais assez, un homme contribue à l’enraciner tout en devenant l’âme de la Résistance à l’invasion perse. Il s’appelle Thémistocle. 

12/01/2021, 14:51