#Economie

L’avenir du livre : payer encore moins les auteurs pour produire encore plus ?

Depuis la diffusion du rapport de Bruno Racine, une certaine crispation règne dans l’industrie du livre. À ce titre, les tensions vécues lors du festival de la BD d’Angoulême sont particulièrement évocatrices. Au-delà du constat posé sur la situation des artistes-auteurs, ses recommandations font grincer des dents. Avec même un esprit corporatiste qui surgit — renvoyant notamment les parties à une étude d’impact.

Le 06/02/2020 à 10:44 par Nicolas Gary

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06/02/2020 à 10:44

Nicolas Gary

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ActuaLitté

La vice-présidente de la Ligue des auteurs professionnels, Samantha Bailly, s’était lancée dans un exercice d’explication méthodique. Nous revenons avec elle sur certains éléments.

© Benjamin Chaud

ActuaLitté : Le rapport Racine fait l’unanimité chez les artistes-auteurs. Mais le Syndicat national de l'Édition fait montre de plus de réserves. De même que les organismes de gestion collective, qui ne l’accueillent que du bout des lèvres. Pourquoi, selon vous ?

Mais comme le souligne le rapport, le droit d’auteur s’intéresse uniquement à l’exploitation des œuvres, pas à ce qui préexiste : nos conditions de création. Plus encore, le rapport pointe la question des « irrépartissables », c’est-à-dire l’argent non réclamé par les auteurs et autrices, qui au bout de plusieurs années alimente la trésorerie des OGC et/ou des dispositifs d’action culturelle. Le rapport met en exergue ce paradoxe : l’argent généré au nom du droit d’auteur finance finalement très peu… les auteurs et autrices eux-mêmes.

© Roland Garrigue
Le rapport recommande de renforcer la défense collective par leurs syndicats, les seuls à même de représenter les intérêts moraux et matériels d’une profession. Nous sommes aujourd’hui dans une situation où les syndicats de tous les métiers créatifs survivent sur le bénévolat de quelques bonnes âmes, parvenant parfois à recruter des salariés en multipliant des subventions et des projets culturels… qui les éloignent de leur but premier. Ces subventions ne vont pas sans poser des questions de dépendance.

Or, en France, la représentation professionnelle se base sur des critères clairs, l’indépendance étant l’un d’entre eux.

Samantha Bailly : Oui. Ainsi, la brillante solution proposée par le rapport Racine est de réorienter une partie des irrépartissables vers le financement pérenne de syndicats élus via des élections professionnelles, et ce sans condition, assurant ainsi moyens et indépendance. Concrètement, cela signifie donc rerouter une partie de l’argent du droit d’auteur perçu par les sociétés de gestion collectives vers les organisations professionnelles élues par les artistes-auteurs eux-mêmes. L’argent des auteurs et autrices qui retourne à la défense des intérêts de la profession.

Aucun OGC n’a montré à ce jour son soutien à ce dispositif, les communiqués allant plutôt dans le sens inverse. Cela dévoile une simple réalité : une société de gestion collective doit défendre les intérêts de sa société. C’est normal. Mais, en attendant, il ne faudrait pas que les auteurs et autrices voient d’un côté les OGC avec de somptueux hôtels particuliers et la gestion de millions d’euros, et de l’autre des syndicats exsangues avec une population d’auteurs et d’autrices dont 41 %, vivent avec moins que le SMIC.


Est-ce qu’un OGC montrera bientôt son soutien à ce mécanisme visant à soutenir la défense collective des artistes-auteurs ? Ou y verront-ils une opposition à l’idée de financer enfin la défense de leurs professions, avec une approche leur permettant d’améliorer leurs conditions de vie ? L’avenir nous le dira rapidement.

En fait, le rapport Bruno Racine agit comme un révélateur qui permet à tous les auteurs et autrices de voir de façon très lucide les forces en jeu. Et une question doit se poser : qui aujourd’hui défend non pas « le droit d’auteur » au sens large, mais les « droits des auteurs ». Autrement dit, qui défend les conditions de création des artistes-auteurs, et avec quels moyens ? La réponse : les syndicats, et sans moyens. Ce qui explique aussi notre faiblesse dans les négociations et la dégradation si rapide de nos conditions.

Le Syndicat national de l'Édition regrette qu’il n’y ait pas d’étude d’impact. Qu’est-ce que cela apporterait ? 

Samantha Bailly : Il y a un dessin très drôle de Sylvain Frécon à ce sujet, qui résume sans doute bien la situation… Les études sont une façon de gagner du temps. Exemple : en 2017, on a proposé de répondre à nos inquiétudes sur la rémunération en littérature jeunesse par une étude de secteur jeunesse. Nous sommes en 2020, l’étude n’est toujours pas sortie. Honnêtement, des chiffres, des études, des constats, nous en avons déjà assez. D’ailleurs, nous avons joué le jeu, et au final, le temps s’écoule et rien ne change.

Le rapport Racine ne traite pas de la chaîne du livre, sa mission était bien d’enfin mettre le projecteur sur les artistes-auteurs et de trouver des solutions pour les remettre au centre et des politiques culturelles, et des industries créatives. C’est chose faite. Si évidemment certains sujets méritent un véritable dialogue social et une structuration interprofessionnelle, comme le contrat de commande, le ministre a été très clair. Ce rapport est fait pour être mis en œuvre.

Quelle menace pèserait sur la chaîne du livre, si la rémunération des auteurs était réévaluée ?

Samantha Bailly : J’aimerais bien d’abord qu’on cible le sujet : les auteurs et autrices français. Car de fait, ces derniers ne représentent finalement qu’une portion des auteurs et autrices publiés sur le territoire français, quand on voit le nombre important d’importations via les traductions. Le SNE donne le chiffre de droits d’auteur générés dans le livre, mais le résultat de ces calculs est biaisé : dans ces droits d’auteur, combien sont reversés à des auteurs et autrices français, combien à l’étranger ?

Nous savons que, de fait, les cessions étrangères représentent des montants faramineux en comparaison de nos maigres à-valoir. Et combien parmi ces droits d’auteur sont reversés aux directeurs de collection de façon légale... ou illégale ?

En fait, quand des groupes éditoriaux font des acquisitions de droits à l’étranger, il n’y a aucun problème pour verser des montants d’à-valoir à cinq chiffres, voire plus, des pourcentages à 10-12-14 % – cela uniquement pour les droits d’exploitation France, sur une durée limitée et en plus d’importants frais de traduction [Ndlr : le Centre national du livre a apporté en 2018 plus de 3,3 millions € d’aides à la traduction pour les éditeurs]. De l’autre côté, nous avons les auteurs et autrices français, avec des à-valoir moindres, des pourcentages moindres, qui n’engendrent aucun frais de traduction, qui cèdent la totalité de leurs droits patrimoniaux sur le périmètre de l’édition, et plus encore (audiovisuel, produits dérivés, droits étranger, etc.) et ceci pour 70 ans après leur mort.

Je ne vois pas en quoi revaloriser les rémunérations des auteurs et autrices français « menacerait » la chaîne du livre : la chaîne du livre est tout à fait capable de s’adapter à une rémunération des auteurs et autrices plus importante, comme elle le fait avec ses acquisitions de droits étrangers. D’ailleurs, notez que ce sont ces titres qui ont été acquis pour d’importantes sommes qui sont les plus visibles et défendus. Logique : les groupes éditoriaux ont investi, donc le tirage va avec, le plan de communication, la mise en place, et donc les ventes.


© Xavier Collette

En quoi accorder une rémunération minimale – les fameux 10 % de droits d’auteurs demandés – aurait pour conséquence de publier moins ?


© Paul Bona

Cependant, dans une récente interview aux Échos, le président du SNE parle bien de “métier” pour les auteurs : n’est-ce pas une avancée ?

Dessin de Morvandiau (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
Nous l’avons vu lors des États Généraux du livre, cela illustrait bien finalement ces négociations : on demande 10 %, on nous répond non. Nous voilà bien avancés. Je l’ai dit lors des États Généraux publiquement, et je le pense toujours : notre seul recours désormais est l’intervention de l’État, pour rebattre les cartes et créer un cadre plus favorable à des avancées majeures. La crise est trop grande pour nous contenter de petites avancées, il faut bien plus d’ambition et une vision plus transversale.

En peu de temps, nous nous sommes rapprochés d’autres syndicats de métiers créatifs (scénaristes, vidéastes, peintres, plasticiens, etc.). Nous construisons actuellement, et c’est inédit, notre culture artistes-auteurs. Peu importe le secteur économique, nous avons les mêmes problèmes structurels avec les exploitants des œuvres. Les organisations professionnelles sont trop faibles dans le rapport de force.

D’où la nécessité de revoir la représentativité professionnelle de façon claire et démocratique, avec des critères objectifs, tout en équipant et finançant enfin les syndicats pour que ces derniers puissent peser dans les négociations, selon leurs secteurs bien sûr, mais avec cette vision transversale qui manque tant. Cela veut dire reconstruire un cadre de négociation beaucoup plus encadré, sous l’égide de l’Etat, avec un calendrier de résultats, une obligation de négociation et dans un état d’esprit plus transversal.

Nous sommes artistes-auteurs parce que nous créons, pas en fonction de notre secteur économique. C’est dans ce sens que va la proposition du Conseil des Artistes-Auteurs du rapport Racine, que de nombreux syndicats estiment être l’une des mesures prioritaires, pour nous redonner une chance de peser dans les négociations.

Le rapport de Bruno Racine porte absolument toutes les clefs dont nous avons besoin pour enfin sortir de cette triple crise : économique, sociale et administrative. Nous espérons vivement que le ministre de la Culture s’emparera de ces 23 propositions pour les entériner à la fois rapidement pour celles qui le permettent, mais aussi de façon très construite. De fait, on le voit, c’est un véritable chantier. Nous devons rebâtir. 

Dossier - De l'auteur à la création : le rapport Racine, une nouvelle politique publique

Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com

22 Commentaires

 

Toto

06/02/2020 à 11:33

La solution : dans un gâteau, on coupe à part égale. C'est le minimum quand on est honnête.
Tout le reste est du vent...
Ça fait donc 20% pour les auteurs. C'est donc un... minimum.

koinsky

22/02/2020 à 22:36

Eh oui, bien évidement ! Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement.

Pedro Mota

06/02/2020 à 13:20

Je suis libraire depuis 25 ans et indépendant depuis 2003.
J'ai vu mon métier évolué, en mal: surproduction éditoriale, difficulté à faire un véritable travail de valorisation du fond, l’impression de faire du remplissage de rayons plutôt que de valoriser les livres.
Je lis et j'entends toutes les remarques amplement fondées sur les difficultés des auteurs, leur paupérisation croissante.
Je suis le premier à le déplorer car quand je propose un livre à un lecteur, je propose le travail d'un auteur et/ou illustrateur, je propose quelque chose qui m'a plu en tant que lecteur et que j'ai envie de partager, de transmettre.
Je suis le premier à dire qu'il faudrait améliorer les rémunérations des auteurs.
Petite anecdote; récemment je reçois un représentant d'un grand groupe de distribution. On m'annonce que les CGV consenties vont évoluer, que mon CA BD a baissé de 1000€ sur l'année 2019. Je lui réponds que je comprends, et que si la baisse de ma remise venait à permettre l'augmentation de celles des auteurs, je trouverai cela normal. Non, je n'y était pas du tout, ce groupe de distribution avait plutôt comme objectif de réorganiser les remises consenties entre les différents circuits de distribution...
L'article évoque aussi un aspect qui trop souvent échappe au radar : la question des groupes qui possèdent également leur propre structure de diffusion/distribution.
Pour rappel, Vincent Bolloré a racheté Editis en fin d'année 2018. Et ce n'est certainement pas par philanthropie ou par amour de l'art...

Geoffrey Finance

08/02/2020 à 21:10

Libraire et indépendant également, je ne peux qu'appuyer ce commentaire.

Personnellement, je ne cesse de me poser la question de savoir qui, parmi les acteurs du monde du livre, tire réellement son épingle du jeu? Pas les auteurs, on est d'accord, pas les libraires non plus (CA en hausse légère ici, mais taux de retours explosé avec repercussion sur les frais de transport correlés en plus à des achats/mises en place galopantes quand bien même on essaye de faire le contraire...), pas les éditeurs si on en croit leurs déclarations...
Je me pose sérieusement la question quant aux diffuseurs (et distributeurs) qui semble t'il dégagent des marges assez honorables et qui se permettent encore le luxe de réorganiser leurs équipes de diffusion de façon incompréhensible en leur demandant toujours plus, toujours mieux à l'encontre parfois du bon sens.

Tout ça est très nébuleux.

Fantöm

06/02/2020 à 13:34

Je suis très engagé dans le combat des auteurs, mais 20%, c'est méconnaitre totalement le milieu. Avec notre maison d'édition, beaucoup de nos contrats montent à 15 % droits d'auteur, c'est extrêmement rare. Nos contrats sont parmi les plus protecteurs que j'ai pu voir en 11 ans de carrière. On a la chance d'avoir aussi des crowdfundings, une grosse communauté, de faire des salons deux fois par mois, donc on a pas mal de ventes en direct et pourtant, ça fait deux ans que notre société est en négatif de 30 000 euros. Les choses ne fonctionnent pas ainsi. La revendication des 20%, je veux bien, mais il faut que tu complètes ton message en précisant que le diffuseur, le distributeur et le libraire ainsi que la TVA se délectent d'une partie des 60 à 70% qu'ils ponctionnent sur chaque livre, sans parler de l'imprimeur, du maquettiste, etc... Avec 20% pour l'auteur, il resterait moins de 10% pour l'éditeur, donc je ne vois pas comment il pourrait rembourser ses 25 000 euros d'investissement sur une BD à moins d'en vendre minimum 40 000, choque que TRES PEU d'auteurs arrivent à faire. Donc oui, il faut un minimum de 10% c'est indispensable, mais pour 20%, il faudrait que l'auteur en question offre une garantie de vendre au moins 40 000 bouquin, ce qui ne concerne même pas 5 % auteurs en activité. Bref, c'est un vaste sujet. ^^

Black Bullet

07/02/2020 à 03:34

Bonjour, comment ça se passe entre un éditeur / un auteur et un crowdfunding, je sais que l'argent au delà du minimum requis par Aerinn était pour elle (pour prendre un exemple), cela remplace l'acompte ? ou cet argent est "bonus" pour l'auteur ?

koinsky

07/02/2020 à 10:15

Absolument ! Vous oubliez juste le distributeur.

Toto

07/02/2020 à 07:34

Je pense que je me suis mal fait comprendre...
20%, ce n'est pas la galette de l'auteur sur la part de l'éditeur : c'est la répartition juste du coût final de l'œuvre réparti entre les cinq acteurs majeurs : auteur, éditeur, imprimeur, diffuseur et libraire.
Il est sûr que ça va en faire grincer des dents, mais réparti ainsi, l'éditeur et l'auteur ont un combat COMMUN à mener...
En tout cas, ravi que vous ayez cette politique envers les auteurs : c'est quand même très rare aujourd'hui.

koinsky

23/02/2020 à 06:30

"20%, le minimum des 100 !".

Vous l'avez dit, c'est pas politiquement correct mais c'est ça : "(...) pour 20%, il faudrait que l'auteur en question offre une garantie de vendre au moins 40 000 bouquin, ce qui ne concerne même pas 5 % auteurs en activité." Il faut donc une sélection des manuscrits bien plus rigoureuse, beaucoup moins de livres édités, un bien meilleur accompagnement pour chacun, bref sortir de la logique productiviste industrielle pour entrer dans une logique de qualité, de rareté...".

"20%, le minimum des 100".

WizardSpike

06/02/2020 à 17:10

Bonjour à tous.

Je n'y connais rien du tout, je me positionne en toute fin de chaine : consommateur.


OU va l'argent d'une oeuvre ?
Si l'on réduit la chaine de création d'une oeuvre papier (une BD par exemple) à sa plus simple [removed]de manière théorique), on arrive à ça:

Auteur => Imprimeur => Libraire

Alors certes, les auteurs ne peuvent pas se diffuser seuls, s'ajoute alors l'éditeur:

Auteur => Editeur => Imprimeur => Libraire

On a 4 parts:
Sur le prix final de l'oeuvre en librairie, on retire :
- le prix de la matière première utilisée par l'imprimeur (papier/encre),
- La TVA
- ainsi que le prix de la livraison (que je ne fait délibérément pas apparaitre dans les acteurs d'une oeuvre)

Il serait intéressant de savoir à combien se chiffrent ces 3 dépenses incompressibles. Si ça représente déjà la moitié du prix du bouquin, alors il est évident que la partie 'auteur' ne pourra pas toucher les 20 pourcents proposés par Toto, mais seulement 12.5. (on s'approche de ce qu'explique Fantöm).


Le reste, qui est donc la marge (non nette d'impot), serait alors divisé par 4, chacun sa part. Et chacun paierait ses impots sur son quart (ce qui diminue encore le pourcentage...).

Les différentes parties (Auteur/Editeur/Imprimeur/Libraire) seront souvent composées de plusieurs personnes ou entitées (prestataires...), qui devront se partager le quartier respectif.

Que l'une des parties considère qu'elle investit plus que les autres, qu'elle est plus méritante ou autre, apparait irrecevable. Chacun se doit d'être rentable à son niveau, car tous profiterons, à part égale, du succès potentiel de l'oeuvre en question. C'est un travail collectif.


Ce raisonnement purement théorique me met le doute sur un point:

Si on parle en terme de projet dans sa globalité:
Auteur (création) => Editeur (Diffusion) => Imprimeur (Contruction) => Libraire (Mise à Disposition)

La partie 'Auteur' doit vivre sur ses propres créations, sur les seuls projets qu'il créé.
En revanche, les 3 autres parties vont avoir facilement accès à plusieurs projets, et constituer un chiffre d'affaire basé sur la quantité de projets qui leur passera dans les mains. Mais il faut aussi comprendre qu'ils ont beaucoup plus de dépense et d'investissement (locaux, multiple salariés, machines etc...).


Mais c'est un vaste sujet comme le dit Fantöm...


Comme rien n'est quantifiable humainement, j'aurais tendance à penser qu'il faut rester sur cette simple division par 4 de la marge de la vente.

... mais qui pour piloter tout ça ???

FrancoisBegnez

06/02/2020 à 20:56

@WizardSpike : il manque le distributeur dans l'équation.
Si l'investissement financier est plutôt facile à mesurer pour l'éditeur (maquette, impression, distribution...) qu'en est-il de l'investissement l'auteur ? Il passe entre 6 mois et 10 ans pour créer sa BD (je fais large, mais c'est ça) pour ne gagner que 5 à 10% du prix de vente du livre, rarement plus.

WizardSpike

07/02/2020 à 10:38

C'est pas l'Editeur qui distribue ?

Parce qu'il sert à quoi sinon ? Pour moi l'éditeur fait le lien entre l'auteur, l'imprimeur et les libraires.
Sinon à quoi sert-il ? certes, il peut avoir également quelque expérience du métier, apporter éventuellement quelques conseils aux auteurs (surtout pour ceux qui débutent), mais pour moi son rôle est surtout administratif et relationnel, donc il devrait remplir la fonction du distributeur.
Et c'est la raison pour laquelle, dans mon raisonnement précédent, j'ai pris en compte la livraison dans le prix final du livre. (lorsque je parlais de livraison, je parlais de la livraison en librairie, et non de la livraison chez le consommateur qui est forcément un coût supplémentaire ajouté après la vente)

FrancoisBegnez

07/02/2020 à 11:07

J'ai écrit "distributeur", mais le terme exact est diffuseur.
C'est-à-dire celui qui s'occupe de la livraison. Il est choisi par l'éditeur, comme l'imprimeur. En tout cas, cela représente une partie du coût d'un livre.

Raz

07/02/2020 à 11:35

Pensez à rajouter les postes suivants dans la chaîne de création du livre : compositeur, maquettiste, relecteur, fabricant, photograveur et papetier.

Avec tous les acteurs de la chaîne, vous verrez que c'est bien plus compliqué que ça. Et j'en ai forcément oublié.

Hervé

07/02/2020 à 12:13

Alors en fait c'est en 6 qu'il faut diviser le gâteau:
Auteur(création) => Editeur(pilotage global et apport financier de démarrage) => Diffuseur(commercial et vente) => Distributeur(stockage et livraison aux librairies) => Libraire(Mise à dispo lecteurs) + TVA & taxes diverses

Les coûts de l'imprimeur sont apportés par l'éditeur, tout comme l'avance sur droit de l'auteur.

WizardSpike

07/02/2020 à 15:55

Bah le problème c'est que si pour vendre une pomme, il faut considérer avoir le propriétaire du terrain, le planteur de pommier, le soigneur de pommier, l'épandeur (pour les fertilisants), le vérificateur, le récolteur, le transporteur, le trieur, l'higiène, le stockeur, le négociant, le commercial, le publicitaire (publiciste ?), l'organisateur de panier.... Enfin on ne s'en sort plus... :)

Hervé

07/02/2020 à 16:49

Eh oui!! :-)
C'est justement le souci de toute cette histoire, hélas...
Maintenant, de plus en plus d'éditeurs ont aussi leur propre diffuseur et leur propre distributeur.
Donc ça limite les acteurs (Auteur=>Editeur(Imprimeur+Diffuseur+Distributeur)=>Libraire)
Mais le souci, c'est que l'éditeur dans ce cas, ne réduits pas les prix cumulés...

koinsky

07/02/2020 à 06:25

Ce rapport aura au moins eu le mérite, s'il est mis en oeuvre, de briser l'omettra sur les conditions de vie de l'auteur dont aucun autre acteur de la chaîne du livre ne voudrait pour lui-même. Il porte un coup de projecteur sur un déni de réalité et sur la mauvaise foi de ceux-ci pour tenter de justifier leurs gains indus et scandaleux obtenus sur le dos des auteurs.

JB

07/02/2020 à 08:23

Je suis chez un éditeur qui m'a tout de suite proposé 10% au minimum, et une avance. L'idée selon laquelle ce minimum, ou le versement d'avances, serait un coût insupportable pour l'industrie, est absolument ridicule. Un mensonge absolument éhonté propagé en général, si vous regardez bien, par des messieurs d'un certains âge pour qui tout changement est douloureux, à cause de leur arthrose.

Lily

07/02/2020 à 10:37

L'auteur est et restera le mouton de la farce! Financièrement parlant. Le papier ruine l'économie
du livre et la couche d'ozone... sans oublier la TVA. La littérature, une peau de chagrin dans le domaine éditorial. Qui s'en soucie ? Que les gros salaires lèvent le doigt. Mister, plume! Revenons à la craie et écrivons sur les trottoirs, oeuvre éphémère, ça leur coûtera pas un rond!

Jujube

08/02/2020 à 05:29

Dialogue sur un trottoir:

- La craie, ça existe encore?
- M'enfin, c'est quoi, à ton avis, une craie-ation!

Lily

08/02/2020 à 10:48

(Jujube) ... craie-action. Très joli! Merci pour ce bon mot, bitumé!

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Paru le 6 novembre 2025 aux éditions Fables fertiles, Chergui est le tout nouvel ouvrage de la novelliste, poète et romancière Joëlle Pétillot. C’est l'histoire, nous indique la quatrième de couverture, « d'une cité ocre et blanche, posée en plein désert comme un bijou sur du sable » ; celle d’un « sommeil étrange » ; de rêves, de passion, de désir fou, de soif de vengeance, de violence du secret...

20/11/2025, 15:27

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Le livre numérique accessible, une révolution pour les lecteurs dyslexiques

L’accessibilité, il y a ceux qui la fabriquent et ceux qui en bénéficient. ActuaLitté est allé à la rencontre de Mélissa Castilloux, consultante spécialisée. Avant de se consacrer aux enjeux du livre numérique accessible, elle-même est concernée par la dyslexie et la dysorthographie. Elle témoigne, tant comme lectrice que professionnelle.

20/11/2025, 11:30

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"Mange tes grands hommes, stupide roman national"

Avec L’Empire n’a jamais pris fin, Pacôme Thiellement démonte le roman national pour lui substituer un autre récit : celui des « sans rois », des régicides, des poètes visionnaires et des vies étranges qui traversent l’histoire de « ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France ». Un voyage érudit et halluciné, de Rabelais à la Révolution, où l’on comprend comment notre passé continue d’empoisonner – ou de libérer – notre présent.

17/11/2025, 18:22

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Festival Un week-end à l’Est : Brigitte Bouchard dévoile son cap

Du 18 novembre au 1ᵉʳ décembre, Un week-end à l’Est consacre son édition à Bucarest, invitée à Paris pour deux semaines d’intenses rencontres artistiques. Brigitte Bouchard, directrice du festival, veut y révéler « ce lien très fort entre la Roumanie et la France ».

14/11/2025, 13:24

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Lettres du Monde 2025 : la lumière comme fil conducteur

La prochaine édition s’ouvre sur un mot simple et chargé d’histoire : lumières. « Le mot lumières donne titre à l’édition 2025 », confie Cécile Quintin, directrice du festival. Ce choix résonne autant avec l’héritage des Lumières — ouverture, connaissance, partage — qu’avec une aspiration plus intime : « Il y a peut-être une petite lumière qui s’allumera dans le cœur et dans les esprits de certains », grâce à ces rencontres d’auteur.rices venu.es d’ailleurs. Dans « un monde un peu brutal », la littérature, ici, se veut éclat et refuge.

12/11/2025, 16:17

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"Les traducteurs ont la mission d’offrir aux lecteurs un regard nouveau sur une culture"

Le roman Évocation d’un mémorial à Venise (Présence Africaine, 2023), de l’universitaire et écrivain marocain, Khalid Lyamlahi, vient d’être traduit en roumain, par la traductrice Alexandra Ionel. Paru sous le titre Memorial la Veneția, aux éditions Casa Cărţii de Ştiinţă à Cluj, en Roumanie, le roman est désormais en quête de nouveaux lectrices et lecteurs. Propos recueillis par Karim El Haddady. 

12/11/2025, 10:56

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Carole Zalberg, entre Buenos Aires et le 7 octobre : la littérature comme refuge

Carole Zalberg, présidente de la Sofia depuis juillet 2025, est avant tout une écrivaine. Elle publie Au soir venu, La Branche argentine, un roman où l’intime et l’Histoire se nouent : un père qui s’efface, une branche familiale apparue à Buenos Aires, les échos d'une dictature, une judaïté douloureuse - et la littérature comme recours. Un roman sur « le bégaiement de l’Histoire » et « l’infinie capacité de réinvention ».

10/11/2025, 18:01

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Un perdant sublime : dans les pas d’Émile Clermont, romancier fauché par la guerre

Le roman biographique a un double avantage : le premier est de découvrir la vie d’un auteur connu ou non, et le deuxième, de lire cette vie comme un roman. Un perdant superbe, de Thierry Poyet (Chum éditions) offre ce double avantage avec un petit plus : une approche de l’Histoire par ceux qui l‘ont vécu. Propos recueillis par Christian Dorsan. 

04/11/2025, 10:58

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Les coulisses d’OPlibris : “L’autonomie ne suffit pas, il faut la solidarité” – Éric Sevault

Dans un bureau partagé où se croisent éditeurs indépendants, militants du texte et artisans du code, le collectif Smolny poursuit son aventure d’édition libre. Rencontre avec Éric Sevault, qui raconte comment la maison s’est engagée dans l’aventure d’OPlibris, le logiciel coopératif imaginé pour moderniser la gestion éditoriale… sans renier ses principes.

30/10/2025, 11:12

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Mirinae Lee : "Je suis coréenne… et j’ai pourtant écrit en anglais"

Paru chez Phébus, traduit de l’anglais par Lou Gonse, le premier roman de Mirinae Lee arrive en France après avoir été dans la sélection du Women’s Prize for Fiction 2024 et lauréat du William Saroyan International Prize for Writing. Il tresse la grande histoire coréenne et l’art très humain de survivre par le récit. Voici, à partir de notre échange, son autoportrait et les coulisses d’un livre « roman‑en‑nouvelles » porté par une héroïne… mangeuse de terre.

29/10/2025, 16:56

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"L’avenir des langues régionales se joue désormais à l’école"

Il y a peu, ActuaLitté rendait compte du rapport du Sénat alertant sur une « disparition imminente » des langues régionales. La sénatrice de Loire-Atlantique Karine Daniel, co-rapporteure de la mission sénatoriale d’évaluation de la loi Molac (protection et promotion des langues régionales), revient avec nous sur les travaux conduits aux côtés de Max Brisson.

27/10/2025, 17:52

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Les coulisses d’OPlibris : “Mutualiser, c’est gagner du temps” – Chloé Pathé

Au fil des Assises de l’édition indépendante, Chloé Pathé découvre OPlibris : une plateforme née du terrain, conçue pour alléger la gestion quotidienne et donner des outils communs aux éditeurs indépendants. Entre rigueur et solidarité, la fondatrice d’Anamosa y voit plus qu’un logiciel : une manière de transformer la mutualisation en politique éditoriale, de gagner du temps sans perdre en liberté, et de faire du collectif une force concrète face aux vents contraires.

22/10/2025, 17:05

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Sylvain Forge : “La technologie ne donne pas de sens, elle offre des distractions”

L’homme a toujours été préoccupé par la mort. Quel sens donner à sa vie quand on ne connait pas l’échéance, et si nous connaissions celle-ci, que ferions-nous du temps restant ? Oracle est une application qui vend cette information à ses clients et si certains acceptent ou changent de vie, d’autres adoptent un comportement violent.

17/10/2025, 15:23

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“Écrire est un artisanat” : entretien avec Pierre Jourde

Connu pour son approche critique des auteurs contemporains, mais aussi pour ses récits intimistes, comme Pays perdu (L’Esprit des Péninsules, 2003), Pierre Jourde est également docteur ès Lettres, spécialisé dans l’œuvre de Huysmans, fin connaisseur des écrivains décadentistes. Rien de surprenant, donc, à ce que ce nouveau et volumineux roman prenne place à la fin d’un XIXème siècle marqué par un positivisme étouffant, mais aussi par un retour à l’occulte, au mystère. Un entretien mené par Étienne Ruhaud.

16/10/2025, 10:35

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Oser Dostoïevski : trois ans avec les Frères Karamazov

S’attaquer à un monument - certains diront le plus grand roman du monde - il faut oser. Après André Markowicz, dont la traduction des Frères Karamazov chez Actes Sud demeure une référence depuis 2001, et Emma Lavigne, qui a livré la sienne pour Gallmeister, c’est au tour de Sophie Benech de se confronter au géant russe. La traductrice signe chez Zulma une nouvelle version de ce texte vertigineux, résultat de près de trois années de travail.

15/10/2025, 17:31

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Mariana Enríquez : “Ce monde est profondément bizarre”

Mariana Enríquez vient de publier, toujours aux éditions du Sous-Sol (trad. Anne Plantagenet), Un lieu ensoleillé pour personnes sombres. Avec ce recueil de nouvelles hantées par l'absence, les fantômes, et marquées en sous-terrain par une réalité brutale, elle confirme sa place parmi les auteurs et autrices qui comptent dans la littérature mondiale contemporaine. De passage en France pour la promotion du livre, elle a échangé avec nous sur l'étrangeté du quotidien, sa vision de l'écriture, les fantômes et la musique.

15/10/2025, 16:03

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Cosey : “Je préfère une histoire d’amour à un complot intergalactique”

Dans un café de la rue Vieille-du-Temple, Cosey parle doucement, presque à mi-voix. Il pèse chaque mot comme s’il dessinait encore, sur la nappe de papier, les contours d’un souvenir. Son regard se pose parfois sur la tasse, parfois au loin. Il évoque Yiyun, sa nouvelle bande dessinée publiée au Lombard, avec la même précision tranquille qu’il accorde à ses planches : un geste lent, mesuré, presque méditatif.

14/10/2025, 11:25

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Nicolas Framont : “Il faut que la classe dominante ait peur”

Évoquer Luigi Mangione, ce jeune beau gosse devenu symbole, après l’assassinat d’un PDG américain, c’est s’aventurer sur une ligne de crête, là où la colère sociale flirte avec la violence politique. Où beaucoup préfèrent détourner le regard, Nicolas Framont, cofondateur de la revue Frustration, choisit d’y plonger. Dans Saint Luigi, il affronte ce geste sans complaisance, avec un style direct. Un texte fort, à la fois nourri par des faits édifiants et par son propre parcours — entre l’accompagnement de la fin de vie de sa grand-mère, et son expérience de conseiller parlementaire.

13/10/2025, 11:09

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Le Verdict, de Franz Kafka, traduit par Jean-Philippe Toussaint : l’éclipse du monde

Par une nouvelle version parue chez Minuit (octobre 2025), Jean-Philippe Toussaint nous offre du Verdict un texte hypnotique où sa langue redouble celle de Kafka à la faveur d’une clarté portée au carré par le jeu de la traduction, si l’on veut. Cela est d’autant plus vrai qu’à la nouvelle en question succèdent des mots de l’auteur-traducteur lui-même, en forme de commentaire lumineux.

13/10/2025, 10:53

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“La fiction permet de rendre visibles ceux qu’on a oubliés”

Il parle d’une voix douce, presque retenue, comme si chaque mot devait d’abord traverser la mémoire avant d’atteindre le présent. Alexandre Courban ne revendique pas un passé, il le reconstruit, patiemment, avec les outils de l’historien et la sensibilité du romancier. Chez lui, l’histoire n’est pas une matière figée : elle palpite encore sous la surface du récit.

13/10/2025, 10:23

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Stéphanie Pérez : “Écrire, c’était apprendre à respirer autrement”

Sous la plume de Stéphanie Perez, Le Gardien de Téhéran devient bien plus qu’un récit historique : une méditation sur la mémoire, la beauté et la fidélité à ce qui nous élève. À travers le regard d’un homme simple, l’autrice rend hommage à tous ceux qui, dans les moments les plus sombres, choisissent de sauver la lumière. Lauréate du Prix Littérature Lire en Poche 2025, elle revient sur les origines de ce texte où s’entrelacent l’Histoire, la mémoire et la lumière fragile de l’art.

 

12/10/2025, 13:22

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"On ne doit jamais traiter les gens sans dignité"

À la soirée d'inauguration de la Fête du Livre de Saint-Étienne, le public a assisté au double triomphe d'un auteur local. Pierre Mazet a remporté coup sur coup le Prix Claude-Fauriel et le Prix Lucien-Neuwirth pour son roman L’Inconnu des barricades, paru aux éditions du Caïman. Des distinctions hautement symboliques, attribuées à un écrivain discret, humble, mais tenace, dont le parcours – fait de patience, d’humanité et d’attachement à ses origines – incarne à merveille l’esprit stéphanois.

11/10/2025, 18:33

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“Arrêter le temps, c’est vivre pleinement” : la philosophie SF de Lou Jan

Autrice autodidacte et passionnée, Lou Jan s’est imposée en quelques années comme une voix singulière de la science-fiction française. Derrière son apparente douceur se cache une écriture ramassée, nerveuse, traversée par une quête philosophique : comprendre ce que le temps, l’amour et le corps disent de notre humanité. Rencontre avec une romancière qui se définit elle-même comme « une autrice de blanche qui écrit de la science-fiction ».

11/10/2025, 10:03

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Derrière Les Humanoïdes associés, la mystérieuse galaxie Giger

La dégringolade des Humanoïdes associés et du groupe américain Humanoids a choqué les milieux de la bande dessinée et de la science-fiction. Cependant, ces liquidations successives ne semblent pas remettre en question l’activité éditoriale de la structure, entre un calendrier de nouvelles parutions et le maintien de Métal hurlant en kiosques. La conséquence d’un montage économique et financier basé sur une foisonnante galaxie d’entreprises…

05/12/2025, 15:18

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“À ce niveau d’effondrement, j’aurais accepté n’importe quoi”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 5. J’ai presque honte de l’admettre, mais en ouvrant ce mail, j’ai d’abord cru que mon ordinateur se prenait pour un poète. Ce n’était ni un spam, ni une relance, ni l’éternel cordialement recyclé : une convocation. Une vraie. Pour moi.

05/12/2025, 12:32

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“On meurt de faim en écrivant” : pourquoi la France abandonne ses créateurs

La question de la continuité de revenus pour les artistes-auteurs s’impose aujourd’hui comme l’un des enjeux majeurs de la politique culturelle. Malgré l’existence d’un statut juridique spécifique, confirmé notamment par les constats du Rapport Racine en 2020 sur la fragilité économique du secteur, les créateurs restent soumis à des rémunérations irrégulières, dépendantes des avances, des droits perçus ou des résidences obtenues. 
 

05/12/2025, 12:13

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Henri Fellner : “On a passé toute notre vie dans un écosystème dysfonctionnel, illégal”

Lorsqu’Henri Fellner raconte son premier jour à l’AGESSA, pour préparer sa retraite, il est presque soulagé de « faire les choses dans les règles ». Il vient d’entrer dans le monde professionnel par la grande porte : des collaborations avec Bayard, des dessins publiés dans des journaux sérieux, un environnement éditorial structuré. Bref, le scénario idéal pour un artiste de bonne volonté. Pourtant, la scène qui se déroule ce jour-là est d’une absurdité glaçante.

05/12/2025, 10:38

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Pierre Drachline : dix ans après, le souvenir intact d’un éditeur hors normes

Dix ans après la disparition de Pierre Drachline, ses collègues du Cherche midi lui rendent un hommage vibrant, à la mesure de son exigence littéraire et de sa liberté d’esprit. Éditeur entier, intransigeant et profondément humain, il a marqué ceux qu’il accompagnait par son regard acéré et son sens de la vérité des mots. Un héritage vivant selon eux, qui continue d’éclairer celles et ceux qui font la littérature aujourd’hui.

04/12/2025, 12:14

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À Lyon, Angers ou Le Creusot, les braderies de bibliothèques font recette

Le dimanche 16 novembre dernier se déroulait la braderie de la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL), un rendez-vous annuel depuis trois ans où, cette année, 25.000 livres, CD, vinyles et albums, 441 boîtes-livres et jeux étaient proposés à des prix allant de 1 à 5 €. Le franc succès rencontré par l'événement, qui a attiré au total 3700 visiteurs, contre 2500 l'année dernière, n'est pas un cas isolé.

03/12/2025, 16:42

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Droit de réponse : “Le Groupe Nosoli a engagé une transformation profonde de son modèle”

ActuaLitté a fait état, le 21 novembre dernier, de plusieurs opérations sur le capital de la société Decitre par le groupe Nosoli, également propriétaire du Furet du Nord. Malgré nos efforts, nous n'avions pas pu obtenir de commentaires de la part de Nosoli avant la parution de l'article. Christophe Desbonnet, président de Nosoli, a demandé un droit de réponse, que nous lui accordons ci-dessous.

02/12/2025, 09:50

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Pandora Hearts : quand le manga fait sa comédie (musicale)

Pandora Hearts, l’incontournable shōjo fantastique de Jun Mochizuki, bien que terminé depuis dix ans, s’offre une adaptation en comédie musicale jouée avec un réel succès à Tokyo en ce mois de novembre. Ce format chanté, en direct sur scène, connaît un succès croissant au Japon, où de plus en plus de succès éditoriaux se retrouvent interprétés par des acteurs-chanteurs cosplayés à la perfection. Reportage à Tokyo.

02/12/2025, 09:50

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Les Humanoïdes associés : récit d'un crash intergalactique et transatlantique

En matière de BD et de science-fiction, difficile de faire plus mythique que Les Humanoïdes associés, maison d'édition fondée en 1974 par Moebius, Philippe Druillet, Jean-Pierre Dionnet et Bernard Farkas. Portée par le vaisseau Métal hurlant, revue qui a influencé des générations de créateurs, elle a connu une existence mouvementée, faite de succès historiques et d'échecs tout aussi retentissants. Le dernier en date, en 2025, a tout emporté sur son passage.

01/12/2025, 12:25

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Les librairies indépendantes “sont, et doivent rester libres de leurs prises de position”

Dégradations de vitrines, menaces, sanctions économiques... Depuis quelques semaines, les librairies indépendantes françaises sont visées en raison de leurs prises de position ou des ouvrages qu'elles proposent. L'Association Librairies Indépendantes en Nouvelle-Aquitaine (LINA) s'inquiète de ce climat délétère et appelle les pouvoirs publics à agir pour soutenir la profession.

01/12/2025, 10:49

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“Cocktails tièdes et promesses vides : l’édition enterre ses illusions au Salon du livre”

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Épisode 4. J’ai donc sauté dans le terrier du lapin blanc. C’est étonnant : aucune poussière magique ne tapisse le hall d’entrée. Juste une épaisse moquette au sol, de  grossiers néons et ce brouhaha. Bienvenue au Salon du livre, vestibule officiel du Purgatoire. 

29/11/2025, 15:16

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Artaud dans le désert algérien : ce que Zemmour ne comprendra jamais

Cette année-là, tout s’est mis à trembler. L’Europe se crispe comme une bête acculée. L’Allemagne d’Adolphe Hitler transforme la haine en ministère, et en France, le 6 février manque de renverser la République. Les ligues d’extrême droite déferlent sur la Concorde, veulent déborder la Chambre, les tirs claquent : quinze morts, des centaines de blessés. Le pays comprend soudain que le coup d’État n’est plus un fantasme, mais un film déjà storyboardé, presque tourné. Par Ilios Chailly.

28/11/2025, 19:05

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Witkacy ou la Forme Pure : l’art en état de crise permanente

Stanisław Ignacy Witkiewicz, dit Witkacy (1885-1939) est un « génie multiple » selon les mots d’Alain van Crugten. Peintre, dramaturge, romancier, photographe, mais aussi théoricien, il n’a cessé de penser l’art en des termes radicaux : ni instrument moral, ni relais politique, ni traduction psychologique. Par Charles Garatynski.

28/11/2025, 18:44

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“Nous ne transigerons pas” : des voix s’élèvent contre les attaques en librairie

Le 27 novembre au soir, plus de 250 personnes se sont rassemblées place de la République, à Paris, pour dénoncer la multiplication d’attaques, d’intimidations et de campagnes de harcèlement visant des librairies indépendantes. 

28/11/2025, 14:21

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“J’ai gagné à la loterie de l’édition… mais rien n’a changé”

Incroyable. Voilà ce que je me suis dit en voyant les premières mentions de ce projet de loi sur la continuité de revenus pour les artistes-auteurs. Incroyable au sens premier : je ne pouvais pas y croire. Par Benjamin Adam.

28/11/2025, 10:00

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“Il me reste 8 jours de travail” : compte à rebours d’une libraire en perte de repères

Voici le retour d'Elsa, notre libraire favorite, à la plume légère même au plus sérieux des sujets. Billet d'humeur d'une libraire, c'est sa chronique à retrouver dans les colonnes de ActuaLitté, par temps froid, pour se réchauffer. Et inversement.

28/11/2025, 09:07

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Quand l’édition indépendante se fédère : l’essor du salon L’Autre Livre

Du 21 au 23 novembre 2025, le Salon L’Autre Livre a investi la Mairie du 5ᵉ, réunissant près d’une centaine de maisons d’édition. Un déplacement qui marque une ouverture plus large pour l’édition indépendante, décidée à maintenir un espace commun. Entre rencontres, lectures et échanges, les éditeurs ont souligné la vitalité et la solidarité d’un secteur toujours fragile.

27/11/2025, 16:22

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Redécouvrir la nuit : un monde vivant que la lumière efface

Et si l'on explorait la nuit ? Longtemps, la nuit a existé en soi. Aujourd’hui, elle est vaincue, illuminée. Le noir est devenu clair-obscur. La technique ne suffit pas à expliquer ce passage civilisationnel. Coauteur avec Franck Rollier de Nuit. L’obscurité sous un jour nouveau - Une balade nocturne et mystérieuse dans la nature (éditions de Terran) Bernard Farinelli nous invite à ouvrir les yeux sur des richesses insoupçonnées.

27/11/2025, 09:00

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Illustrateurs et auteurs : une précarité qui use le corps et l’esprit

« Et puis un autre danger, c’est un danger d’une nature plus psychologique, c’est le dérèglement que peut entraîner la solitude, que peut entraîner la fatigue nerveuse qui résulte de cette vie au jour le jour, où vous n’êtes jamais sûr du lendemain. Vous passez constamment par des états extrêmes… d’extrême enthousiasme, d’extrême soucis, d’extrême fatigue. Il y a une fatigue nerveuse très forte. » Nicolas Bouvier, à propos de son premier voyage. Tribune signée par Henri Fellner.

26/11/2025, 11:00

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Sécuriser la création : un enjeu vital pour les artistes-auteurs

Dans un paysage culturel où les créateurs cumulent souvent les activités pour survivre, les obstacles administratifs et financiers freinent l’émergence de nouvelles voix. Une réforme ambitieuse pourrait enfin garantir des conditions de travail permettant de créer sans s’épuiser. Par Thomas Fouchault, auteur, éditeur, et président de la Ligue des Auteurs Professionnels depuis 2023.

26/11/2025, 10:31

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Lorsque Vivlio s’impose : l’exception culturelle tech à la française

PORTRAIT - Des lecteurs, des vrais, pour qui les ouvrages ne se résument pas à des fichiers – quand bien même ils les bichonnent. ActuaLitté a rencontré les équipes de Vivlio, pour découvrir leur Inoubliable. Cette semaine, au tour de David Dupré, le président exécutif, de se prêter au jeu.

25/11/2025, 09:42

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Les retours en enfance de Colette et Maurice Ravel

Maurice, on est là ! Crie notre guide dans la toute petite maison à Monfort-l’Amaury. Nous montons les quelques marches du perron, elle ouvre avec les clefs la porte de la maison de Maurice Ravel, qui avec sa forme géométriquement curieuse, comme l’a dit Manuel Rosenthal, fait penser à une tranche de Camembert mal taillée. 

25/11/2025, 07:40

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Subvention bloquée par la droite : Paris Librairies dénonce une manœuvre politique

L’association Paris Librairies dénonce le rejet, au Conseil de Paris, du dispositif de 500.000 € destiné à soutenir quarante librairies indépendantes de la capitale. Elle pointe une manœuvre politique qui fragilise un secteur déjà en grande difficulté et cible une librairie pour sa ligne éditoriale. Dans un contexte de pressions, de vandalisme et d’intimidations, elle appelle à réinscrire la mesure à l’ordre du jour de décembre et à défendre le pluralisme démocratique.

24/11/2025, 15:19

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Librairies indépendantes : face à l’assaut du numérique, quelles stratégies ?

ANALYSE – À l’ère de l’omnicanal et des médias sociaux, le commerce se métamorphose : derrière le magasin physique se dessinent de nouveaux modèles économiques, des logistiques repensées et une concurrence élargie à l’échelle mondiale. Pour les librairies, en particulier, cette révolution numérique ne constitue ni une simple rupture ni une menace, mais bien un levier potentiel d’innovation, à condition de conjuguer identité locale, expertise culturelle et nouveaux usages. Par Joel Diatezo.

24/11/2025, 10:48

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285 autrices et auteurs de BD renoncent à Angoulême

Une tribune collective lancée par des autrices, créatrices et professionnel·le·s de la bande dessinée vient secouer l’Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD). Elle dénonce avec force la « crise » que traverse le festival, tant sur le plan des conditions de travail que de la gouvernance de l’organisateur 9e Art+ — et revendique un changement radical, à la fois culturel et institutionnel.

22/11/2025, 15:32

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Armelle et Mirko enchantent : plongée magique dans cet univers

La rencontre entre Armelle, tortue paisible au museau curieux, et Mirko, luciole intrépide, s’est déclinée au fil de quatre albums poétiques. Chacun explore un pan différent de cette amitié singulière, avec un dessin lumineux qui joue des transparences et des éclats pastel. L’exposition qu'offre le festival BD Boum ne se contente pas d’accrocher des originaux : elle recompose un univers.

22/11/2025, 09:59

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“Ce n’est pas contre toi, c’est juste que ta maison coule” : les auteurs quittent le navire

TÉMOIGNAGE - « OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique. » Victoire. Épisode 3. Poursuivre ce récit devient essentiel. Remerciements éternels à celles et ceux qui m’accompagnent et me soutiennent. Et tout autant pour les haineux qui me dézinguent. Prenez ma place, pour essayer.

21/11/2025, 16:31

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Comment BD Boum attire plus de 2000 élèves en une seule journée

À Blois, les allées du BD Boum bruissent de chuchotements émerveillés : des centaines d’élèves, venus de toute l’académie, s’arrêtent devant les stands, happés par les récits dessinés. Entre curiosité spontanée et apprentissage en mouvement, le festival montre une fois encore comment la bande dessinée peut devenir un formidable outil pédagogique — et un terrain d’aventures pour toutes les classes.

21/11/2025, 13:22

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FIBD d’Angoulême : les équipes appellent à un dialogue apaisé

Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême traverse une crise sans précédent, nourrie par l’affaire dite “Chloé” et par une série de prises de position mettant en cause sa gouvernance et sa gestion des violences sexistes et sexuelles. Alors que la profession exprime une colère profonde, les équipes du FIBD appellent à la nuance, au respect des faits et à la préservation d’un événement qu’elles considèrent comme un bien commun. Nous reproduisons leur texte ci-dessous.

21/11/2025, 08:38

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Le jour où les artistes-auteurs sont devenus les nouveaux “Bamboula” du système

Quand le vieux monde revient : l’amendement des tutelles éternelles, ou du retour au protectariat. « On sait mieux que vous », semble dire le Sénat aux artistes-auteurs, affirmant par là même le grand retour du paternalisme culturel. Mais que certains sénateurs cherchent à remettre les créateurs sous le joug de structures qui ne les représentent pas, a des relents de colonialisme – pas forcément au figuré.

20/11/2025, 15:52

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“Pour être serein, il faudrait vendre dix fois plus” : l’économie fragile de la bande dessinée

Après près de vingt ans de carrière entre commandes, projets personnels et précarité structurelle, un auteur de bande dessinée raconte la réalité d’un métier où la passion ne suffit pas à garantir des conditions de vie dignes. Même un succès à 150.000 exemplaires n’efface ni l’instabilité, ni l’urgence d’une reconnaissance sociale attendue de longue date. Par Benjamin Adam.

20/11/2025, 09:30

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Collecter l’argent des œuvres ne donne pas droit à diriger la sécurité sociale des artistes

ANALYSE – L’interview du sénateur Jean-Raymond Hugonet, publiée dans nos colonnes, avait tout du plaidoyer tranquille : les organismes de gestion collective (OGC) seraient des acteurs « naturels » de la gouvernance sociale des artistes-auteurs, presque des piliers historiques qu’il conviendrait enfin de remettre à leur place. Mais la réalité, documents à l’appui, s’avère beaucoup plus nuancée. Et parfois franchement contraire à ce qui est avancé.

19/11/2025, 16:38

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Sans artistes, pas de livres : pourquoi nous laisser dans la précarité ?

Je suis illustratrice en jeunesse et en presse depuis 2009, en bande dessinée depuis peu. Je n'ai jamais eu d'autre MÉTIER. Métier en majuscule, car créer est un métier, pas un hobby. Mon métier créatif permet à d'autres métiers d'exister : éditeurs-rices, directeurs-rices artistiques, graphistes, représentants, commerciaux et j'en passe. Par Bérengère Delaporte.

19/11/2025, 16:20

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Des appels au Sénat et à l'Assemblée pour aider les librairies face aux bailleurs

Commerces fragiles en raison d'un rapport de force défavorable avec la distribution, les librairies sont par ailleurs confrontées à des hausses de leurs charges fixes particulièrement importantes. Les montants des loyers deviennent ainsi de sérieuses menaces pour la survie de ces commerces, dénonce Pascal Deynat, docteur en ichtyologie et libraire au sein du groupe Gibert Joseph. Il a déposé des pétitions auprès du Sénat et de l'Assemblée nationale, afin de pousser les pouvoirs publics à encadrer les loyers des établissements commerciaux. Il revient sur sa démarche dans une tribune.

19/11/2025, 11:23

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“Terriblement plausible, ce roman m’a glacé” : les lectures inoubliables de Vivlio

PORTRAIT – ActuaLitté est allé à la rencontre des équipes de Vivlio, l’alternative française à Amazon et Kobo, avec une idée fixe (wouaf !) : leur proposer de présenter un livre inoubliable. Fameux défi. Julien Simon aura mis du temps à choisir le sien. Normal, sans doute, pour quelqu’un qui vit entouré de textes du matin au soir. 

19/11/2025, 10:20

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De la critique mimétique et de l’illusion du foisonnement

Alexandre Lacroix (Philosophie Magazine) tance la prose « formatée Goncourt » de Mauvignier, dans La maison vide. Jean Marc Proust (Slate.fr), sans appréciation particulière du roman, trouve que cette qualité stylistique devrait être la norme, et que cette fausse bonne surprise témoigne « de la grande pauvreté de la production romanesque contemporaine. » Par Laurent LD Bonnet.

19/11/2025, 08:22