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“Nous, éditeurs, sommes des horlogers du livre” Moïse Kissous (SNE)

À l’exception de rares interventions dans la presse, et d’un communiqué laconique, le Syndicat national de l’édition est resté très en réserve suite à la publication du rapport Racine. Des éditeurs qui seraient “vent debout” ? Dans un entretien accordé à ActuaLitté, Moïse Kissous, PDG du groupe Steinkis et président du groupe BD au SNE apporte un éclairage, par le prisme du 9e Art. 

Le 16/02/2020 à 14:23 par Nicolas Gary

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16/02/2020 à 14:23

Nicolas Gary

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ActuaLitté

Volonté de dialogue, solutions concrètes, explications sur la crise de confiance : un tour d’horizon du marché BD et de la situation des auteurs… autant que des éditeurs.

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

En avril 2014, Antoine Gallimard assurait que rares étaient les maisons à pratiquer moins de 10 % de droits d'auteurs. Où en est-on aujourd’hui ? Quid de la différence entre avances aux auteurs français et étrangers dans la BD ?

Moïse Kissous : J’ai lu dans une interview publiée sur votre site que les avances versées pour les achats de droits étrangers étaient très importantes. Je ne sais pas ce qu’il en est pour la littérature, mais je peux vous dire qu’en BD, l’avance que l’on verse aux éditeurs étrangers pour des achats de droit est le plus souvent très faible – quelques milliers d’euros. Certes, il y a des titres qui font l’objet d’enchères, et cela fait monter les prix, mais c’est minoritaire.

[NdR : référence à l’entretien avec Samantha Bailly : “Payer encore moins les auteurs pour produire encore plus” ]

Sur le pourcentage de droit, c’est pareil : sauf cas rares, il n’est pas plus élevé pour les auteurs étrangers que pour les Français.

Je prends un cas : les romans graphiques pour adolescents, un genre qui se développe en s’appuyant fortement sur des achats de droits à des éditeurs étrangers. Rares sont les titres avec des ventes significatives — quelques milliers d’exemplaires au mieux. Pourquoi verser des sommes trop importantes ? Les éditeurs ne disposent pas de capacités extensibles de versements d’avances, et s’interrogent aussi sur la situation.

Personne n’est insensible à ce que nous vivons ces dernières années. Mais, le côté solution magique au niveau des droits m’inquiète : ce type d'approche ressemble plus à des perspectives démagogiques. Imaginons : dans trois ans, on s’aperçoit que c’était de la poudre aux yeux, comment réagira la profession ? D’autant que, l’enquête présentée par les EGBD en 2015 indiquait plutôt que les auteurs étaient satisfaits de leur relation avec l’éditeur : il y avait encore une approche positive.

Alors, parlons de chiffres : sur la reddition de comptes, avez-vous des auteurs obligés de demander leurs ventes ?

Moïse Kissous : Chez les éditeurs membres du groupe BD du SNE, les relevés interviennent le plus souvent deux fois par an. Est-ce qu’il peut y avoir des retards, est-ce que des auteurs sont contraints de demander leurs relevés ? Cela peut arriver, quand un éditeur traverse une période de turbulence. Mais là aussi, il ne faut pas en faire une généralité : la majorité des structures font le nécessaire pour honorer leurs obligations et sans attendre d’être relancées.

Ce qui pose question, c’est l’image de l’éditeur qui aurait la vie simple, et se contenterait d’imprimer les livres et d’empocher les recettes des ventes. C’est bien méconnaitre notre travail. Avec des résultats qui varient, suivant les maisons, qui sont d’ailleurs très différentes les unes des autres. Nous sommes dans un écosystème où chacun apporte sa contribution : les maisons alternatives par exemple en défrichant, repoussant les limites, testant des approches…

Et certains auteurs aujourd’hui reconnus ont démarré dans ces maisons, avant d’évoluer vers d’autres, plus grandes, qui leur ont accordé plus de moyens.


© David Bou Aziz

Aujourd’hui, dénombre-t-on plus de personnes qui travaillent dans les maisons d’édition, alors que la production a considérablement augmenté en trente ans ?

Moïse Kissous : Je n’ai pas de chiffres sur le sujet, mais nous savons par contre que le nombre de maisons d’édition BD a progressé très significativement, donc on peut penser que oui. Cela ne signifie pas pour autant que tous parviennent à vivre de leur activité d’éditeur, il serait probablement intéressant de mener une recherche sur le sujet.

Comment accompagner correctement un auteur, alors qu’ils doivent multiplier les contrats chez différents éditeurs ? Un problème de cohérence se pose, non ?

Moïse Kissous : Il y a le désir, et la réalité : toute maison voudrait accompagner ses auteurs le plus longtemps possible. Seulement, les chemins peuvent diverger, sans que ce ne soit un désaccord ou une fâcherie. L’auteur souhaite orienter son œuvre vers d’autres horizons, qui ne correspondent plus à la ligne de son éditeur. Ou inversement.

Peut-être se retrouveront-ils sur d’autres projets d’ailleurs. Cela n’a, en somme, rien de malsain. Mais nous ne sommes plus dans une période où un auteur est certain de faire toute sa vie chez un même éditeur, que ce soit sa décision ou celle de l’éditeur.

Quelle est alors la stratégie du SNE ? Les dernières prises de paroles d’éditeurs ont mené les auteurs dans la rue…

Moïse Kissous : Certains d’entre nous ont pu faire preuve de maladresses ou avoir été mal compris. Mais nous sommes tous investis. Se rendre à la rencontre de jeunes talents, à Angoulême, à Lyon, c’est se tourner vers l’avenir. Parfois pour dire que le moment de la publication n’est pas venu, qu’il faut travailler encore. C’est là notre métier. Mais d'autres fois pour avoir le bonheur de découvrir un nouveau talent.

Autre chose : nous sommes dans une époque qui laisse accroire que tout le monde peut se lancer. Et l’offre est devenue très riche. Les éditeurs n’ont pas décidé du jour au lendemain de gonfler artificiellement leurs catalogues avec de nouveaux projets. Ce sont des propositions reçues qui nous ont séduits et ont modifié sensiblement ce qu’est la BD aujourd’hui. Aucun d’entre nous ne s’est dit, “Hop, je passe à 50 albums de plus !”. Il faudrait rappeler parfois combien de projets nous recevons, et combien nous en acceptons, cela représente à peine quelques pourcents du total…

Les auteurs s’inquiètent pourtant de ce que l’éditeur ne soutiendrait pas chacun des livres publiés. Tout le monde peut se regarder dans une glace en disant : “J’ai fait le maximum. Et tous les ouvrages publiés ont reçu un traitement égal !”

Moïse Kissous : Sauf qu’aucun livre ne peut recevoir le même traitement. Voilà un autre biais : chaque fois qu’un éditeur s’exprime, il est pointé du doigt, caricaturé, mis à l’encan, via les réseaux sociaux. Aucun dialogue sérieux n’est possible. Or, ce n’est pas parce que nous ne détaillons pas tout ce qui est fait que l’on ne fait rien. De même, comment passer notre temps à informer les auteurs, sans que cela ne se répercute sur le travail qui est à faire ? L’enjeu est de trouver un équilibre.

Revenons à l’accompagnement : une BD, du côté de l’éditeur, c’est de l’investissement, de l’analyse, une discussion d’équipe, de l’accompagnement… du temps. Les projets que nous retenons, le marketing, les relations presse les examinent, pour définir des stratégies. Ce n’est jamais parfait, mais nous réunissons des personnes avec des compétences et du talent : beaucoup veulent faire nos métiers, car ce sont des métiers qui portent du sens et, dans le domaine de la BD, intègrent une dimension artistique, mais ils ne sont pas accessibles à tous.

Quand des choses magnifiques ne trouvent pas leur public, est-ce systématiquement la responsabilité de l’éditeur ? Je ne crois pas : l’alchimie nécessite différents éléments, qui s’alignent, ou non.


Moïse Kissous - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Quant aux moyens, ils s’adaptent au cas par cas : un best peut nécessiter une campagne d’affichage. Un auteur inconnu, quel en serait le résultat ? Tous les éditeurs ont expérimenté un soutien promotionnel très fort à un livre qui fait un flop et inversement le livre inattendu qui fait son chemin dans le temps, il n’y a pas de recette toute faite du succès.

Par contre, le cocktail et les ingrédients, les éditeurs les connaissent : nous sommes des horlogers du livre, et n’importe qui ne peut pas faire ce que nous réalisons. Le métier implique de la précision, de l’apprentissage, quotidien presque et un dosage point par point. Or, même ainsi, on peut se planter.

D’ailleurs, il faut tordre le cou à l'idée que les livres vont et viennent dans le circuit : il y a effectivement des livres qui réussissent rapidement à trouver leurs lecteurs et d’autres qui repartent rapidement des librairies. mais il en existe un certain nombre qui trouvent leurs lecteurs sur la durée. Il ne faut pas minorer le rôle du libraire qui joue un rôle important dans la réussite de ce type de livres. Et moins encore, les pointer du doigt en disant qu’ils captent 30 à 40 % de la valeur d’un livre alors que leur rentabilité est faible.

Dans le même esprit, lorsqu’un éditeur BD tient le même discours sur une rentabilité pas si élevée, on doute de sa parole. Alors, lorsque le chiffre d’affaires est plus élevé, les bénéfices semblent plus importants, mais nos marges sont réinvesties. Je ne crois pas que beaucoup de dirigeants de maisons d’édition BD aient la possibilité de se verser des dividendes. En revanche, j’insiste, pourquoi mettrions-nous du temps, de l’argent, pour laisser un livre se planter ? Aucun éditeur sérieux n’a cette bêtise. Les auteurs peuvent en éprouver l’impression, mais c’est inconcevable.

Une seconde : pourquoi publier un livre si l’on n’est pas totalement certain de pouvoir l’accompagner ?

Moïse Kissous : L’idée est de le faire. J’ignore si tout le monde y parvient. Il peut surtout arriver qu’on n’y parvienne pas comme on le souhaiterait. Mais aucune maison ne mettrait de ressources de productions juste pour jouer au loto, en disant : “On verra bien...”

Dans le cas de séries installées – contre-exemple –, une certaine mécanique s’enclenche, un lectorat fidélisé, etc. Dans ce cas, les actions peuvent intervenir plus ponctuellement, et plutôt sur le fonds. Car n’oublions pas que le catalogue représente une assise importante — même s'il arrive qu'il ne corresponde plus aux attentes.

Bruxelles - la bande dessinée
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Bien entendu, il y a des choses à améliorer. Les éditeurs ne sont pas conduits par des intérêts catégoriels. Maladroits, oui peut-être parfois, discrets, aussi — parce qu’ils ont souvent le sentiment que, quoi qu’ils disent, ils ne peuvent pas être entendus. Nous devrions plutôt nous entendre sur des règles élémentaires de dialogue et sortir de la police de la pensée.

Comment comprendre la situation actuelle alors ?

Moïse Kissous : Voici quelques chiffres issus de la base GfK : en 2017, 260 titres avaient vendu plus de 10.000 exemplaires sur 3221 nouveautés parues dans l’année — nous parlons strictement de production dite franco-belge. Contre 217, en 2008, avec 3095 nouveautés. Depuis dix ans, la progression de l’offre est ralentie, et j’ai le sentiment que l’on se fourvoie sur les analyses : les maisons historiques ont agi avec responsabilité.

D’autant qu’entre 2008 et 2018, nous sommes passés de 80 éditeurs à 130 réalisant plus de 100.000 € de CA.

Parlons de ce fameux point mort par titre. Non pas celui de l’avance, mais celui des frais de structure…

Moïse Kissous : Il est tellement variable d’un livre à l’autre ! Et quand je rentre dans les détails, on me dit que c’est inaudible. Le groupe BD du SNE a le désir de partager des données sur la rentabilité des BD pour arrêter la propagation d’idées fausses qui entravent la bonne compréhension de ce qui se passe.

Parce qu’en réalité, il n’existe pas “les auteurs” et “les éditeurs” dans l’absolu. Tout cela revient à essentialiser les personnes, et figer la situation. Il faut avant tout tenir compte de ce qu’il y a une grande variété de situations et qu’il n’y a ni indifférence, ni cynisme de la part de la grande majorité des éditeurs BD.

Alors, on va tout se dire, les uns les autres ?

Moïse Kissous : Je suis partisan de la transparence sur les données de marchés, mais aussi que tout ne soit pas présenté comme noir et insupportable. Montrer un tableau équilibré. Rappelons que les grands groupes qui sont pointés du doigt par certains – et dont je peux d’autant mieux parler que je n’en dirige pas un – ont aussi mis au point des outils, comme la diffusion et la distribution, qui permettent à des éditeurs plus petits de pouvoir diffuser leurs titres. Ils ont pour grandir pris des risques avec des auteurs, français comme étrangers, et ont participé à donner à la BD l’importance qu’elle a aujourd’hui.


© Rémy Catt

Mais dire que le secteur est dur, quand il y a des rachats (ie : Seuil/La Martinière, par Média Participations), c’est une drôle de pilule à avaler… Si les rachats de maisons se font par croissance externe, c’est qu’il y a des marges qui se dégagent. Si ce sont des investisseurs qui interviennent, c’est qu’ils croient aux marges à dégager…

Moïse Kissous : Plusieurs structures ont tenté de se développer dans la BD sans y parvenir, vous avez fait l’écho dans Actualitté cette semaine d’une maison qui a dû déposer le bilan. [Ndr : les éditions du Long Bec]

Pour ce qui est de la croissance externe, très peu de maisons en ont les moyens, et encore moins d’investisseurs extérieurs au métier s’intéressent à l’édition en général et à la BD, ils préfèrent investir dans des activités bien plus prévisibles et à potentiels de croissance plus limpides à court terme. On ne choisit pas l’édition pour faire fortune et très rares sont celles qui se sont construites dans l’édition BD au regard du nombre de maisons d’édition qui ont pu exister ou existent encore.

[NdR : lors de ses vœux, Vincent Montagne a évoqué les difficultés des éditeurs en France. 74 % des maisons d’édition sont en difficulté, et sur les 720 qui sont membres du SNE, la moitié réalise moins de 350.000 € de chiffre d’affaires. De quoi inviter à réfléchir à la création d’un « fonds d’aide aux éditeurs défaillants à l’égard de leurs auteurs », indiquait-il]

Que penser de ces éditeurs qui aujourd’hui n’ont plus peur d’affirmer que ce sont les contrôleurs de gestion qui font leur boulot ?

Moïse Kissous : Je ne peux pas m’exprimer pour les autres. Dire que le financier décide, c’est aller loin. Et les éditeurs sont humains : leur propos peut dépasser leur pensée. En revanche, négliger le financier est impensable : personne ne fait n’importe quoi. Les éditeurs qui trient, cela n’a rien d’une plaisanterie. La philosophie n’a pas changé : publier, c’est choisir.

Que les auteurs demandent une relation forte avec leur éditeur, c’est normal, et nous tentons de satisfaire tout le monde. À ce titre, je ne crois pas que passer de 10 à 5 titres améliorerait les relations, au contraire. En fait, la liberté de publier est un objet à chérir, et les logiques malthusiennes n’ont aucun sens. Quand un éditeur publie, il sait ce qu’il fait. D’ailleurs, qui déciderait de contingenter les livres ?

Enfin, les lecteurs ont changé : les séries tout public de jadis ont laissé place à des séries plus variées, à destination de lecteurs diversifiés. Le collectionneur homme d’avant correspondait à une offre. Depuis, on produit plus de titres, parce que l’on s’adresse à des publics plus segmentés.

En somme, on passe dans les années 90 de 500 BD, une offre « triste », mais assurant de meilleurs revenus, à 5500 en 2019, mais qui font vivre moins d’auteurs ?

Moïse Kissous : À cette époque, l’album représentait une récompense, parce que même sur le déclin, les journaux qui prépubliaient étaient encore forts. Nous avons désormais beaucoup plus d’auteurs et de toute évidence, on ne peut pas se satisfaire de la situation. Je ne sais pas si désormais, moins d’auteurs gagnent leur vie que trente ans auparavant : la réalité, c’est que des centaines d’autres ont du mal à boucler leurs fins de mois, et nous n’avons pas encore de solution pour cela.

Sauf qu’il est trop simple de pointer la responsabilité sur les éditeurs. Et au final, la croissance des titres n’est pas si grande, en regard du nombre de maisons nouvelles.

 © TB & Wikto 

C’est moins une question de responsabilité que d’avenir : les auteurs demandent ce qui va être fait, proposé concrètement…

Moïse Kissous : Personnellement, je refuse les solutions trop faciles sur le papier et trop évidentes. Dire oui à une hypothèse dont on se rendra compte dans trois ans des méfaits, ce n’est pas élogieux. Nous avons, avec mes confrères, décidé de monter les Assises de la bande dessinée. Ce n’est pas une solution à tout, mais elle peut apporter un échange constructif.

Que penser du refus du SNE de légiférer sur une rémunération minimum ?

Moïse Kissous : Il faut poser votre question à Vincent Montagne qui préside le SNE. [NdR : Vincent Montagne n’aurait pas refusé la rémunération minimum : il sous-entendrait que les échanges peuvent se dérouler entre auteurs et éditeurs, comme dans le cadre des négociations entre CPE et SNE. Le passage législatif ne serait pas utile.]

Évoquer le CPE revient à parler de la représentativité des artistes auteurs, au cœur du rapport de Bruno Racine.

Moïse Kissous : Oui. À ce sujet, il n’existe pas de position monolithique. Les éditeurs qui souhaitent s’exprimer le font, pas au nom de tous. Chacun a la faculté de présenter son point de vue et sa position. Mais il est faux de dire comme je l’ai lu que nous serions tous vent debout contre ce rapport. Comme tous les rapports, il présente des aspects avec lesquels on peut être d’accord et d’autres qui en l’état sont peu compréhensibles ou discutables et doivent être a minima étayés.

Alors, revenons sur l’une des déclarations. Publier moins reviendrait à donner moins à lire, estime Antoine Gallimard.

Moïse Kissous : Quand on choisit d’accompagner un auteur et de publier son livre, on ignore son avenir. Ce qui importe, c’est l’envie de publier. Mais une donnée existe : quatre livres, avec des genres et des publics différents, toucheront plus de lecteurs que trois livres de genres et publics distincts. En réalité, supprimer l’un des quatre ouvrages ne fera pas augmenter les ventes des trois autres. Parce qu’en délaissant un segment, les lecteurs se dirigeront vers d’autres formes d’activités, de l’ordre du divertissement. Dire que l’on publie trop est une rengaine ancestrale…

Antoine Gallimard
Antoine Gallimard, ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Alors, on revient à un système de loterie ?

Moïse Kissous : Absolument pas. Contrairement au hasard de la loterie, nous accompagnons les ouvrages. On ne sait pas ce qui va marcher, c’est certain, mais le loto est une image totalement fausse.

Ce serait plutôt une course hippique, où chacun investit sur son poulain, en croisant les doigts ?

Moïse Kissous : Je n’aime pas non plus cette image, d’autant que gagner, cela revient à quoi ? L’enjeu, c’est que ce que l’auteur a fait soit partagé avec le plus grand nombre, que le résultat soit satisfaisant pour lui et nous. Et si ce n’est pas le cas au premier livre, ce le deviendra au suivant, ou après, ou chez un autre éditeur. Mais chacun aura contribué à apporter sa pierre.

Mandela disait : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. » C’est le cœur de notre métier, et de la relation. Partenaire, ami, psychologue, défouloir… l’éditeur écoute, guide, ou pas, selon les besoins du créateur. Il est complexe pour tout le monde de trouver sa place, il ne faut pas pour autant renoncer à trouver une solution. Sauf qu’elle doit arriver dans un climat de respect, sans que l’on brocarde sans cesse.

Qu’en est-il de la question de la dédicace rémunérée ?

Moïse Kissous : Sujet délicat. Nous sommes défavorables, pas pour être dans le plaisir du blocage. D’ailleurs, nous avions formulé des propositions alternatives, dont on nous a répondu [NdR : le Snac BD], qu’elles n’intéressaient personne. En l’occurrence, nous pensions que dans certains salons, il serait préférable que l’on octroie aux auteurs des espaces pour vendre leurs planches au public, une action qui compléterait leurs revenus.

Manifestement, nos interlocuteurs étaient accrochés à leur idée, et nous n’avons pas pu avancer. Pour un éditeur, le coût d’une manifestation est déjà extrêmement élevé, en termes de déplacement, logistique, etc.

Alors, tout le monde est payé, sauf l’auteur qui fait venir le public ?

Moïse Kissous : Je comprends ce point, bien entendu. Sur le fond, si nous éditeurs n’étions pas persuadés des effets retors, nous pourrions avancer. Mais j’aimerais trouver d’autres solutions.

Par effet retors, c’est l’invitation des seuls best-sellers, critique qui fut formulée par les organisateurs de manifestations, quand le CNL a conditionné ses aides à la rémunération des auteurs… Mais Cassandre s’est trompée pour le coup.

Moïse Kissous : Alors, oui, dans ce cas de figure, cela se comprend aussi. Mais si la Sofia et le CNL apportaient des garanties sur une période longue, alors nous pourrions l’imaginer plus sereinement. Sauf qu’un détail demeure : les organisateurs de festivals ne sont pas des vendeurs de livres. Leur offre éditoriale prime, quand les maisons, dont les stands sont souvent tenus par des libraires, ont aussi des objectifs de ventes. Le risque est plus réel de ne voir que des bests — et la question s’est sincèrement posée au groupe BD du SNE.

Comment analysez-vous la crise contemporaine, plus globalement ?

Moïse Kissous : Dans le rapport Racine, l’unanimité se fait sur la question sociale : la responsabilité de l’État et sa légèreté dans le traitement de l’Agessa sont évidentes. D’ailleurs, les éditeurs ont toujours été aux côtés des auteurs sur cette question. Comme quoi, nous ne rejetons pas en masse le document.

Mobilisation des auteurs - FIBD 2020
ActuaLitté, CC BY SA 2.0 - manifestation lors du FIBD d'Angoulême 2020

Corollaire : les gouvernements se succèdent, et les ministres de la Culture ont du mal à se faire entendre de leurs collègues des Affaires sociales et des Finances. Nous ne pouvons qu’espérer de réelles annonces ce 18 février — et on comprend bien que ces problématiques ont largement contribué à agacer les auteurs et créer des tensions.

Sur la surproduction, j’ai déjà évoqué le point. Nous sommes dans un métier de prototype, plus que par le passé. S’il continue de se produire des séries, c’est particulièrement vrai en jeunesse, le one shot prend une place de plus en plus importante.

Sur la standardisation de la production, là, je suis en désaccord : aujourd’hui, il faut présenter de beaux albums. Les frais de production ont peut-être baissé par rapport à il y a 30 ans, mais les fabrications doivent être plus soignées qu’avant, par exemple la couverture présenter une dorure, un vernis ou une découpe, pour se faire remarquer en librairie. Les livres se ressemblent de moins en moins et ne permettent plus d’avoir les économies de standardisation que l’on pouvait trouver il y a 20 ou 30 ans.

Et s’il semble sur le papier plus simple de créer des séries, cela n’entraîne pas une plus grande prévisibilité : l’attention doit être constante.

Nous parlions en début d’entretien de crise de la confiance : d’où tire-t-elle ses racines ?

Moïse Kissous : Elle existe, et je la déplore. Les Assises permettront d’ouvrir quelque chose. Personnellement j’aimerais bien avoir une idée claire de ses origines. Je constate tout de même que les éditeurs n’ont pas assez communiqué, individuellement aux auteurs et collectivement, sur leurs actions.. En revanche, j’ai des pistes de réflexion à partager, mais je n’ai pas d’idée arrêtée sur les solutions à apporter.

Pourtant, les États généraux de la BD en de 2015 avaient largement alerté, sans aucune réaction du SNE. En 2020, la situation a empiré…

Moïse Kissous : Plusieurs exemples attestent que nous ne sommes pas restés totalement inactifs. À titre personnel, j’ai initié en 2013 les 48 H BD, suivies cette année par 13 éditeurs, dans 1500 librairies. Le projet est simple : trouver de nouveaux lecteurs, avec des auteurs systématiquement rémunérés pour les animations proposées. Pour 2015, je ne peux pas dire : je venais de rejoindre le groupe BD du SNE, et pas en responsabilité.

En revanche, le constat reste le même : collaborer avec les libraires généralistes pour accorder plus de place à la BD. C’est un axe-clé, et nous avons échangé avec la profession lors des Rencontres nationales de la librairie, proposant des études sur l’évolution du lectorat, la féminisation, et d’autres sujets. Peut-être la BD n’avait pas alors la place qu’elle méritait chez les généralistes. Mais tout cela est de longue haleine, avec des résultats qui n’interviennent pas du jour au lendemain.

La Marche des auteurs
ActuaLitté, CC BY SA 2.0 - manifestation au Salon du livre de Paris, mars 2015

Ce serait simplement un manque de communication ?

Moïse Kissous : Les éditeurs ont fait aussi un gros boulot pour développer les cessions internationales et audiovisuelles : création de la French comics association pour développer les cessions aux US (qui ont une belle progression, mais je n’ai pas les chiffres avec moi là), participation à davantage de salons dans le monde, encouragement et soutien à l’extension du centre de droits à Angoulême. C’est un bon moyen de compenser la baisse ou stagnation des ventes pour les segments de la BD qui n’ont pas fait partie de la hausse des ventes (vs manga, bd jeunesse, romans graphiques).

Pour le volet scolaire, nous avons mis en place un guide, suite au rapport remis à l’Éducation nationale, pour montrer comment la BD peut servir en classe. Voilà deux ans, nous les avions approchés, sans aucun résultat : ils ne voulaient pas en entendre parler. Cette fois, la réussite du guide montre qu’il y a une écoute et une excellente réception chez les enseignants.

Comme Bruno Patino l’avait souligné durant les assises de l’édition numérique, l’économie de l’attention est brusque, elle évolue rapidement. Élargir le lectorat et donner envie de lire n’est pas si simple. Surtout qu’au cours des dernières années, c’est avant tout le manga qui a apporté une grande partie de la création de valeur.

L’avenir serait donc à l’importation et la traduction ? Pourquoi les éditeurs étrangers ne le feraient pas eux-mêmes ?

Moïse Kissous : Attention, un éditeur de manga a une vraie valeur ajoutée, dans l’identification, le repérage et l’accompagnement des ouvrages. La BD est un genre en très forte croissance, mais si on enlève Astérix, la jeunesse, le roman graphique et le manga, le reste souffre — et pas d’un manque d’effervescence.

Même si on augmente le nombre de lecteurs de mangas, il n’est pas assuré qu’on opère par ruissellement sur les autres genres. Et si l’on n’avait pas le manga, on perdrait une grande partie du jeune lectorat ado/jeune adulte

Comment l’aspect économique ne vient-il pas en premier lieu, pour expliquer cette crise de confiance ?

Moïse Kissous : Nous souhaitons travailler à une meilleure information sur les réalités économiques de la BD. Parmi les axes de progrès et qui débordent du cadre de la BD, le SNE travaille en faveur d’un accès des auteurs en temps réel aux données d’écoulement.

L’aspect économique, c’est aussi la chute de la rémunération et des avances…

Moïse Kissous : Nous manquons d’informations précises en réalité…

Sauf que le système de prêt bancaire, que représente l’avance fournie par l'éditeur, s’étiole…

Moïse Kissous : Sur la comparaison avance et prêt, il y a une différence majeure, c’est que l’avance est amortissable sur les droits, mais elle est non remboursable : c’est le risque pris par l’éditeur, et il n’est pas neutre puisque beaucoup de titres ne couvrent pas les avances, variable d’un éditeur à l’autre selon les avances qu’il consent. L’éditeur doit trouver le juste équilibre entre point mort de l’ouvrage (qui inclut ses frais de structure) et niveau d’amortissement de l’avance. Nos contrats stipulent d’ailleurs “non remboursable”.

[NdR : le rapport Racine souligne que « le régime juridique de l’à-valoir n’est pas clair. Théoriquement, il constitue une avance sur les droits que l’artiste-auteur pourrait tirer de l’exploitation de son œuvre. Aussi, en cas d’abandon du projet ou d’un nombre de ventes inférieur aux projections réalisées, l’éditeur serait en droit de demander à l’artiste-auteur de rembourser cette somme ».]

Marche des auteurs à Angoulême
ActuaLitté, CC BY SA 2.0 - manifestation au FIBD, janvier 2015

Le risque de vivre une année avec une avance qui représente moins qu’un SMIC mensuel n’est pas moins important, et touche directement à la dignité humaine.

Moïse Kissous : On l’a évoqué, il y a environ 250 titres BD par an qui se vendent à plus de 10.000 Exemplaires. Il y a une polarisation des ventes de BD qui se traduit aussi par une polarisation des revenus des auteurs. La situation est un peu différente du côté des éditeurs où les plus importants ont perdu depuis 10 ans des parts de marché au bénéfice de nouveaux éditeurs ou d’éditeurs de taille moyenne qui se sont développés.

L’accroissement très fort de la concurrence entre éditeurs a ceci d’intéressant qu’elle joue en faveur des auteurs dont la singularité, le talent est repéré et/ou dont les ventes de livres commencent à passer au-dessus de la moyenne. Elle peut amener à une polarisation des moyens des éditeurs en faveur de ceux-ci. On retrouve cela dans tous les métiers de création et ce n’est pas nouveau.

La question est de savoir quelles solutions peuvent être identifiées pour accompagner ceux qui ne sont pas encore dans cette situation. C’est une question de solidarité qui est posée et en cela elle fait écho à de nombreux sujets posés aujourd’hui dans nos sociétés.

L’implication des auteurs ne serait-elle pas meilleure, avec des pourcentages revus à la hausse et un seuil de progression plus rapide ?

Moïse Kissous : C’est à chaque éditeur de décider de sa politique en la matière, en fonction entre autres de ses capacités économiques, sachant que c’est un atout compétitif dans un univers concurrentiel. Mais la question des droits concerne avant tout ceux dont les ventes permettent de dépasser les avances, ce qui n’est pas la majorité des cas en BD. Cela ne répondra pas en tout cas à l’enjeu des auteurs dont les œuvres n’ont pas atteint les lecteurs.

Ndlr : Franck Riester, ministre de la Culture, a annoncé qu'il présenterait ce 18 février les mesures découlant du rapport Racine. 

4 Commentaires

 

Solzasco

17/02/2020 à 12:38

Merci pour les relances insistantes et les questions précises, de la Rédaction. Auxquelles cet expert en langue de bois se garde bien de répondre sinon en prétextant des maladresses de certains éditeurs... sans doute les mêmes que les "n'importe qui " incapables de faire "notre métier" et patin couffin. Quant à la comparaison avec le métier d'horloger, elle vient à point nommé souligner le vrai changement d'époque en cours: de même que jadis l'horlogerie traditionnelle a disparu avec l'arrivée des circuits électroniques, de même l'édition doit impérativement s'adapter à l'arrivée du numérique. Ce ne sont pas seulement les éditeurs, mais tout autant les libraires les diffuseurs et les distributeurs qui vont devoir évoluer, volens nolens, face à l'irruption annoncée - et déjà en cours - des moyens numériques permettant notamment l'impression à la demande...

Jean-Paul NADDEO

17/02/2020 à 15:56

Un des gros problèmes est que aujourd'hui, on publie près de 65.000 titres par an
L'Edition est le seul métier ou on augmente l'offre quand la demande diminue.
A la fin des années 70 on publiait 17.000 titres/an En 2000 on passait le cap des 30.000 titres/ans…Aujourd'hui près de 65 000 titres /an. Pas un libraire est capable ''d'absorber'' un tel flux Comment les éditeurs peuvent t'il défendre une telle quantité de nouveautés et s'occuper de leurs auteurs ? Le taux des retours d'invendus flirte souvent avec les 40%, quelle gabegie ! Si j'en crois ma libraire les acheteurs de livres ont en majorité plus de 55 ans, les jeunes sont sur les tablettes,les téléphones très chronophage et ne prennent plus le temps d'ouvrir un livre. Il serait temps que l'on ai une vrai politique envers la lecture que l'on redonne l'envie de lire Sujet pas simple je vous l'accorde !

Black Bullet

01/03/2020 à 07:02

C'est pas seulement le livre mais aussi le Cinéma : https://alain.le-diberder.com/cinema-en-salles-tout-va-tres-bien-madame-la-marquise/

la vidéo souffre :down: : https://www.zdnet.fr/blogs/digital-home-revolution/la-video-physique-limite-la-casse-en-2019-39899519.htm

(je juge pas, je suis largement au dessus de 3h14 mais rien sur portable (j'en ai pas)) mais Internet : le mobile prend le pouvoir : https://www.zdnet.fr/blogs/digital-home-revolution/internet-le-mobile-prend-le-pouvoir-39899787.htm

Je me demande quel est le bilan du Pass Culture :question:

Black Bullet

01/03/2020 à 07:13

Enterrer le Pass Culture mais pas son diagnostic : https://www.franceculture.fr/emissions/la-theorie/la-theorie-du-jeudi-06-fevrier-2020

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#UkraineUnderAttack – Iegor Gran, originaire de Moscou, journaliste et écrivain publie chez P.O.L Z comme zombie, un essai troublant. « Depuis le 24 février, tout autre sujet devenait dérisoire : ce que je redoutais depuis 20 ans a fini par arriver », nous explique-t-il. « J’ai saisi chaque occasion, pour exposer ma vision des Russes et de la Poutinie : la réalité est que l’Occident n’a pas pris la mesure du danger. Or, nous voici face à un enjeu de vie et de mort : la fin de la civilisation occidentale, devant l’avancée des zombies. »

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Après Orléans et la violence familiale, Reims et l’école de commerce, Verdun et le service militaire, Yann Moix arrive à Paris. Dernier tome de cette tétralogie « au pays de l’enfance immobile », toujours rempli de peine et d’ambition. Yann Moix assume sa honte et son ressentiment, non sans humour, et achève son œuvre au noir à 27 ans, pour enfin mourir et renaître par l’entremise de la littérature, qui n’est pas écrire des livres. Avec en exclusivité, les premières pages du roman qui sortira le 31 août.

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Autrice de 3 romans et pilier des éditions québécoises Mémoire d’encrier, Yara El-Ghadban est également traductrice. Celle qui a grandi entre plusieurs langues et cultures a accepté de nous parler de son travail de traductrice, comme de nous éclairer sur les spécificités du statut de traducteur en Amérique du Nord. Son ambition : transmettre au mieux la voix d’un auteur dans le respect de l’intégrité de sa langue.

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19/07/2022, 11:22

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2022 marque le 25e anniversaire de la publication de la saga One Piece au Japon, commencée en 1997 dans le magazine Weekly Shōnen Jump, et, pour la parution du tome 102 en France, Glénat célèbre cet anniversaire. Une nuit One Piece permettra de réunir les amateurs à l'occasion d'un événement en librairie.

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Ariel Holzl : “J’aime être un peu touche-à-tout”

Une catastrophe menace les Royaumes Immobiles. La princesse sans visage est l’une des seules à pouvoir prémunir le monde des Feys de s’effondrer. Loin de la Grisaille des Sœurs Carmines, Ariel Holzl revient avec une nouvelle série pleine de mystère et de cruauté. Inspirées par le classique shakespearien Songe d’une nuit d’été, les aventures d’Ivy ne font que commencer. À l’occasion de la sortie de ce dixième roman chez Slalom, nous en avons rencontré l’auteur, Ariel Holzl. 

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“Le poche fait mécaniquement grimper le prix du grand format”

ENTRETIEN – Les vacances estivales – et probablement n’ont-elles pas le privilège de ce fait – voient les ventes de livres de poche s’emballer. Compacts, à petit prix, ces ouvrages fournissent aux lecteurs qui renâclent à adopter les liseuses une solution éprouvée au fil du temps. De petits livres, certes, mais aux grandes conséquences : Olivier Bessard-Banquy, professeur des universités Pôle des métiers du livre Université de Bordeaux-Montaigne, l'évoque avec nous.

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Améliorer “constamment les fondamentaux” de la librairie

RNL22 — Premier rendez-vous des libraires français depuis le début de la crise sanitaire, les Rencontres nationales de la librairie 2022 seront notamment l'occasion de dresser un bilan de cette période particulière. Mais d'autres questions seront abordées, comme le tarif plancher des frais de port du livre, le marché de l'occasion ou encore l'empreinte environnementale des libraires... Anne Martelle, présidente du Syndicat de la librairie française, qui organise les RNL, a accepté de répondre à quelques questions.

03/07/2022, 08:00

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“En Inde, une femme est violée toutes les 20 minutes”

Décembre 2012. Comme beaucoup d'autres en Inde où je vivais depuis 7 ans, je découvrais avec horreur le viol brutal, commis à l'encontre d'une jeune femme dans un bus de New Delhi. Jyoti Singh, que l'Inde a renommée symboliquement Nirbhaya, celle qui est sans peur, est morte de ses blessures, dans une agonie dont la presse s'est délectée, voyant là une nouvelle occasion de rappeler à quel point le pays, figé dans une psyché patriarcale et misogyne, était dangereux pour les femmes. Par Clea Chakraverty.

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Pass Culture : le CNL défend son engagement à l'égard des auteurs

DROIT DE RÉPONSE – Un récent article de ActuaLitte, suite à un communiqué de presse conjoint de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, de la Ligue des auteurs professionnels, le Trait et CAAP, appelait un sérieux correctif. En effet, le Centre national du Livre, mis en cause, propose une offre de Masterclasses du livre et de l’écrit dans le cadre de la part collective du Pass culture, depuis l’ouverture de cette dernière en janvier 2022. Et ce afin de jouer un rôle de facilitateur dans l’organisation de rencontres d’auteurs en milieu scolaire. 

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La science-fiction, de la pop culture à “l'art contemporain”  

Un lieu d’enregistrement de l’angoisse ? De révélation d’une société sous couvert d’évasion et de divertissement ? Analyse plus véritable que vraisemblable des ressorts qui transforment le réel ? Toutes ces dimensions caractérisent la science-fiction. Si la littérature, la bande dessinée et le cinéma ont été les importants réceptacles du genre, les arts plastiques ne sont pas en reste. 

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Diane de Selliers, “une quête de perfection”

Saluer le travail des éditeurs tant de livres que de presse, voilà tout l’objet de la Confrérie Gutenberg. À l’occasion d’une récente réunion, les compagnons ont intronisé comme Chevalier l’éditrice Diane de Selliers, parrainée par Vincent Montagne et Philippe Jourdan. Leur laudatio est proposée ici en intégralité.

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Des livres vierges : l'industrie du livre menacée d'asphyxie

Sans une révision de la loi sur le droit d’auteur, l’édition canadienne se trouve devant une page blanche. À ce titre, l'Association nationale des éditeurs de livres, représentant les éditeurs de langue française au Québec et dans le Canada tire la sonnette d'alarme. Et presse le gouvernement d'agir. À ses côtés, plusieurs autres organisations rallient le mouvement.

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Suisse : recours des librairies Payot auprès du conseil d’État du Valais

Après avoir proposé au service de la culture du Valais de revenir sur les critères qui ont été fixés pour l’opération de soutien aux librairies qu’il a annoncée et lancée le 14 novembre, et qui excluent les librairies Payot du périmètre, Payot SA a décidé de faire recours auprès du Conseil d’État à défaut d’avoir obtenu une réponse satisfaisante. Par Pascal Vandenberghe, PDG de Payot.

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Du père de famille au psychanalyste : dans l'intimité de Sigmund Freud

La famille Freud vivait au rythme des consultations que Sigmund donnait dans cet appartement au coeur de Vienne. Rouvert depuis août 2020, le Sigmund Freud Museum s’inscrit dans un héritage pluriel : celui de la médecine, de l’oeuvre et de la vie quotidienne. Au coeur de l’immeuble situé au Berggasse 19, les visiteurs remontent le temps, entre publications et travaux du père de la psychanalyse.

28/11/2022, 14:51

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#WeekEndEst — S’expliquer la guerre ? Une tentative souvent rendue vaine par le désarroi qu’elle suscite. Prendre conscience de ce que la guerre sème et produit comme sentiments afin de les transcender et de les élever contre la guerre à travers la culture est une nécessité, beaucoup plus qu’un pari utopique, de l’équipe du festival Un week-end à l’Est créé en 2016 dans le Quartier latin. Par Brigitte Bouchard, directrice artistique.

22/11/2022, 10:21

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Iran : la vie de Hossein Ronaghi est en danger

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18/11/2022, 14:41

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Écrire contre la haine et l'intolérance, l’injustice et la barbarie

La liberté d'expression ne connaît pas de frontières, mais, aujourd'hui, elle est en grand danger. En Suisse ou en France, écrire est un acte si simple. Mais, dans de nombreux pays, les auteurs risquent d'être accusés d'espionnage ou considérés comme des ennemis publics. À cause de leurs écrits, leurs paroles, leurs dessins, leurs récits, leurs témoignages, leurs chansons, la liste des écrivains, des journalistes, des blogueurs, des traducteurs, des artistes harcelés, arrêtés, torturés, tués ou contraints à l'exil ne cesse de s’allonger tristement. 

18/11/2022, 09:04

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“La Bibliothèque Doucet est devenue un lieu de conservation vivant”

La Bibliothèque littéraire Jacques Doucet (BJD) avait attiré l'attention de l'Inspection générale des bibliothèques, qui pointait des problématiques liées à la gestion des collections et de l'espace disponible. En octobre dernier, une enquête du Monde pointait des responsabilités dans les dysfonctionnements, avant le suicide d'une ancienne directrice adjointe de l'établissement. Des écrivains, universitaires, chercheurs, conservateurs et bibliothécaires, directeurs de musée et de galeries, commissaires d’exposition apportent leur soutien à la directrice de la BJD et tiennent à « témoigner » des collaborations qu’ils ont eues avec cette institution et son équipe de direction. Nous reproduisons ci-dessous leur lettre.

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Le château de Chantilly célèbre le “plus grand bibliophile de son temps”

À l’occasion du bicentenaire de la naissance d’Henri d’Orléans, dit le duc d’Aumale, grand bibliophile et reconstructeur du château de Chantilly, plusieurs expositions ont été organisées dans l’ancienne demeure des Condé. Depuis le 5 octobre et jusqu’au 2 octobre 2023, le cabinet des livres du fils du « roi des Français », Louis Philippe, se présente, de sa création aux plus précieux de ses trésors. Le tout sous le regard pénétrant du buste du grand Condé.

14/11/2022, 16:48

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Comment la traduction a contribué à la libération des femmes

PORTRAITS – La traduction contribue à la libération des femmes depuis des siècles. Voici quelques portraits de femmes qui ouvrent la voie aux traductrices contemporaines, de Marie de Cotteblanche (première traductrice française) à Shirin Daneshvar (traductrice iranienne) en passant par Anne Dacier (première traductrice d’Homère), Claudine Picardet (première traductrice scientifique) et Clémence Royer (première traductrice de Darwin). 

10/11/2022, 10:25

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Des églises à l'art urbain : cheminement littéraire et historique dans Porto

LECFestival22 – Créée en 2016, la résidence d’écriture Jean Monnet est dédiée à la création littéraire européenne et accueille en priorité des auteurs émergents, en lien avec la thématique du LEC Festival. Elle est soutenue par la Ville de Cognac et dotée d’une bourse de résidence de 2000 €. Cette année, Nuno Gomes Garcia, auteur de La Domestication (trad. Clara Domingues chez IXe Editions), en est le bénéficiaire. Et il poursuit avec nous son tour littéraire et historique de Porto. (retrouver l'épisode précédent)

07/11/2022, 10:05

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La fin du tableur Excel pour la gestion des droits d'auteurs ?

Quand on se penche sur la gestion des droits d’auteur, on s’aperçoit que les petites et moyennes structures sont rapidement débordées — faute de disposer d’un outil sur mesure ou de moyens pour souscrire à un logiciel dédié. Conclusion : c’est avec un bon vieux tableur Excel que cela se résout. Et pourtant…

03/11/2022, 12:55

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“La Chine me met de bonne humeur”

Ma relation à la Chine a été d’emblée une relation sensible, sans connaissances préalables, sans curiosité particulière pour ce pays où je n’avais pas envie d’aller. Je m’y suis rendue par amour non pas de la Chine, mais de l’homme qui m’invitait à l’y retrouver. Par Christine Cayol.

03/11/2022, 10:41

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Face au péril nucléaire en Ukraine, agir, “avant qu'il ne soit trop tard”

UkraineUnderAttack – « Avant qu'il ne soit trop tard. » Cet appel à la raison et à l'humanisme réunit à cette heure plus de 130 poètes, écrivains, artistes, universitaires et intellectuel(le)s (français mais pas seulement) : toutes et tous l'ont signé afin de mettre en garde l'opinion publique devant le péril nucléaire qui menace en raison de la Guerre en Ukraine. ActuaLitté le propose ici dans son intégralité.

30/10/2022, 14:18

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Mieux que l’auteur mort : l’auteur pauvre ?

Ce 24 octobre, un nouveau rendez-vous réunissant auteurs, éditeurs et ministère de la Culture fut annulé. Un délai de plus dans la signature d’accords qui n’en finissent plus de traîner. Denis Bajram fait parvenir un texte à ActuaLitté, pour signaler un changement de paradigme des plus cyniques : un bon auteur n’est plus un auteur mort, mais un auteur pauvre…

27/10/2022, 17:03

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Voyage littéraire et historique à Porto, avec Nuno Gomes Garcia

LECFestival22 – Depuis le 24 octobre, l’écrivain d’origine portugaise, Nuno Gomes Garcia, auteur de La Domestication (trad. Clara Domingues chez IXe Editions), est en résidence d’auteur à la villa Jean Monnet de Cognac. Il y séjournera jusqu’au 20 novembre, date de clôture du festival des littératures européennes de Cognac. Il nous invite à un voyage dans la ville de Porto, dont il est originaire, entre littérature, archéologie et découvertes… Première étape : la librairie Lello. Et bien d'autres arrêts à prévoir.

27/10/2022, 10:38

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“Publier n’est pas un droit, c’est un devoir”

Et Archimède s'écria : « Eurêka ! » Il avait trouvé une idée... Qu’est qui vous met une idée en tête ? Pourquoi dit-on qu’une idée « traverse l’esprit » ? Elle viendrait d’on ne sait où et repartirait immédiatement ? Pour se rendre où, alors ? Dans un autre esprit qui l’attend ailleurs, dans un autre espace ou dans un autre temps. Pourquoi pas...

23/10/2022, 23:12

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Écologie et sobriété : quelles actions dans les bibliothèques ?

Le Plan Sobriété du gouvernement, présenté au début du mois d'octobre, ne concerne que de loin les bibliothèques territoriales, placées sous la responsabilité des collectivités. Heureusement pour la planète, la réflexion écologique des bibliothécaires est en cours depuis quelques années désormais, et les idées fusent, même si les moyens d'action restent encore limités.

21/10/2022, 11:16

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Du livre au film : les souffrances d’un romancier

Son roman Pleurer des rivières, paru en 2018, a été porté à l’écran par Léopold Legrand, sous le titre Le Sixième enfant. Dans les salles depuis le 28 septembre, ce film fut coadapté avec l’aide de Catherine Paillé. Mais la métamorphose d’un roman en oeuvre audiovisuelle n’a rien d’un chemin tranquille. Alain Jaspard raconte, pour ActuaLitté, cette aventure.

14/10/2022, 15:47

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La musique en bibliothèque n'est pas “une variable d’ajustement pratique”

L'annonce de la fermeture de la Médiathèque musicale de Nanterre par la municipalité, concrétisée le 2 juillet 2022 mais aussi les disparitions des collections musicales dans certains établissements constituent « des signaux très inquiétants », indique l'ACIM, Association pour la Coopération des professionnels de l'Information Musicale. Dans un texte reproduit ci-dessous, l'organisation rappelle que les supports musicaux restent indispensables en bibliothèque.

14/10/2022, 07:55

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“Le terrorisme de l’URSSAF cherche à m’extorquer des cotisations indues”

Dominique Sels écrit depuis toujours : son premier livre est paru en 1989, chez Denoël, Eden en friche. Elle avait tout juste trente ans. Et quelque trente années plus tard, la voici, comme tant d’autres, confrontée aux errances d’un système administratif qui n’en finit plus de chanceler. Dans un courrier adressé à l'URSSAF et transmis à ActuaLitté, elle raconte, entre Charybde et Scylla et Charybde encore… ad nauseam.

12/10/2022, 10:22

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“Défendre le Wokistan, c’est défendre la liberté”

Repli sur soi, communautarisme, revendication identitaire, séparatisme, cancel culture… Voilà quelques-uns des termes qui restent accolés au "wokisme" dans le débat public, et y compris jusque dans cet espace de réflexion. Bref, c’est un concept qui fait peur, et pour ses détracteurs, l’enjeu est clairement que ce mot soit systématiquement associé à des notions, pas seulement négatives, mais surtout contraires à ce qui est censé constituer l’identité française. Par David Carzon.

12/10/2022, 08:21

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À la recherche de Marcel Proust, tome après tome  

2022 ne marque pas seulement le centenaire de la naissance de Jack Kerouac, mais également de la mort d’un des géants du XXe siècle, Marcel Proust. Après le Musée Carnavalet ou encore le Musée de l’Histoire du Judaïsme, la BnF propose une exposition autour de l’auteur d’À l’ombre des jeunes filles en fleur. Près de 350 pièces sont réunies – inédits jamais révélés au public, tableaux de grands maîtres ou robes somptueuses prêtées par le Palais Galliera. 

11/10/2022, 14:25

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“N'oublions pas Anna Politkovskaïa”

Anna Politkovskaïa, éminente journaliste d’investigation et écrivain russe, a été tuée par balles le 7 octobre 2006, dans sa cage d’escalier, à Moscou. Ses dénonciations des horribles et cruels crimes de guerre et des violations des droits de l’homme en Russie et en Tchétchénie ont entraîné des menaces permanentes contre sa vie de la part des autorités russes. Par Nguyên Hoàng Bao Viêt.

08/10/2022, 12:00

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Access+, le studio d'Asmodee, inaugure sa gamme de jeux accessibles

Trois titres phares de l'éditeur Asmodee sont désormais proposés aux personnes touchées par des troubles psychiques et cognitifs. Grands et plus petits, personnes dys et neuroatypiques retrouveront chez le studio de jeux de société Access+ trois titres retravaillés en ce sens : Dobble, Timeline et Cortex challenge. En avant !

05/10/2022, 12:14

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Crises et climat – Que sème la littérature ?  

Samedi dernier, à l’occasion de ses 20 ans d’existence, l’A*dS, Association des autrices et auteurs de Suisse, invitait à réfléchir lors d’un symposium à Olten à sa propre perception politique et aux potentialités du travail littéraire face aux crises de notre époque. Avec trois conférences, une table ronde et huit ateliers, 75 auteur·ices ont questionné le rôle et la responsabilité de la littérature dans les crises actuelles en analysant des phénomènes tels que la propagande, la censure, les discours emphatiques et la biodiversité dans l’écriture.

05/10/2022, 09:25

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“Quand la culture ne soutient plus le peuple, alors il se soumet”

Que reste-t-il d’un être, à sa disparition ? Il reste les souvenirs communs, les photographies, les objets qui ont émaillé sa vie et témoignent pour l’absent, comme autant de preuves de son ancienne présence. De la même façon, si la culture d’un pays venait à disparaître, quels vestiges survivraient à cette absence ? Ceux-ci formeraient-ils un socle suffisant pour qu’un peuple y prenne encore appui ? Par Alexandra Koszelyk, auteure de L'Archiviste (ed. Aux Forges de Vulcain).

04/10/2022, 12:18

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Écrivains menacés : traduire Rushdie, Saviano et les autres

Ce samedi 1er octobre, le Pôle Média Culture Edmond Gerrer (Colmar) accueillait l’Académie d’Alsace des Sciences, Lettres et Arts : Vincent Raynaud recevait le Prix Maurice-Betz 2022, pour l’ensemble de son travail de traduction — en particulier les œuvres de Roberto Saviano, qu’il a traduit dans sa quasi-totalité. Lors de cet évènement, le traducteur, auteur et éditeur a donné une conférence intitulée « Écrivains menacés, le point de vue du traducteur ». 

04/10/2022, 11:28

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Louis Pasteur, ou comment la vaccination fit “rage”

Paola Nicolas publiera ce 6 octobre Les Enragés, un ouvrage retraçant les recherches de Louis Pasteur autour d’un vaccin contre la rage. Un premier roman qui éclaire le présent, à la lumière du passé, alors que les débats demeurent houleux autour de la vaccination contre le Covid-19. L'autrice revient sur son projet, dans un texte proposé à ActuaLitté.

26/09/2022, 12:40

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Affaire Meurice : “plaisanterie insoutenable” et liberté d'expression

Suite à la décision de suspendre la parution d’un ouvrage chez Editis, coécrit par Guillaume Meurice, le Comité directeur du PEN Club français adresse à ActuaLitté un texte. Reproduit ici dans son intégralité, il revient sur ce que beaucoup voient comme un acte de censure.

24/09/2022, 10:34

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Qu'adviendrait-il si Bernard Arnault rachetait Editis ?

Qui reprendra Editis — du moins, les parts du groupe Bolloré ? La question agite le Landerneau de l’édition, avec un nom qui revient depuis quelques jours : Bernard Arnault. Que diable irait-il faire dans cette galère, le patron de LVMH ? Exercice prospectif d’éditoriale fiction, option grosse phynance.

20/09/2022, 14:55

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Trump et les archives nationales : le fait du prince

L’association des archivistes français (AAF) réagit suite au contentieux qui oppose le département de la Justice les archives nationales des USA à Donald Trump, au sujet de documents présidentiels : en contravention de la législation fédérale, ils n’auraient pas été remis aux archives en 2021, à la fin de son mandat. Suite à la perquisition conduite par le FBI dans la résidence personnelle de l’ancien président en Floride où ont été découverts des documents présidentiels, les Archives nationales américaines ont fait l’objet d’attaques répétées – accusées de corruption et de conspiration.

16/09/2022, 09:29