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Les Ensablés - La logique du grain de sable : "Les Causes célèbres" de Jean Paulhan (1884-1968), ou l'art de l'inattendu

Les Causes célèbres (1950) est un ouvrage que Jean Paulhan (1884-1968) reprit à plusieurs reprises. La première édition parut 1946, sous le titre Sept Causes célèbres, auxquelles s’ajoutèrent Sept nouvelles causes célèbres l’année suivante, puis Trois Causes célèbres en 1950, date à laquelle, rassemblant tous ces textes, il publia une édition définitive. Cette longue gestation témoigne de l’importance et de la maturation du travail de Paulhan.

Le 20/09/2015 à 16:38 par Les ensablés

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20/09/2015 à 16:38

Les ensablés

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Par Carl Aderhold

Animateur de la NRF, la revue littéraire des éditions Gallimard, de 1925 à sa mort, presque sans interruption, il est surtout connu pour son essai critique Les Fleurs de Tarbes, ou la Terreur dans les lettres, paru en 1936. Il s’y oppose au diktat des écrivains cherchant l’originalité à tous crins, se faisant le défenseur de la rhétorique.

Tout le paradoxe de Paulhan est là. Il mène le combat contre la mode, la recherche frénétique de la nouveauté, au nom de la lutte contre les simplismes, d’une certaine conception du langage, tout à la fois matière et esprit, qui pourrait paraître à première vue plus proche des poètes décadents du XIXe siècle que de ses contemporains. Une certaine idée de la littérature qui doit se déprendre du brouillage du réel. Mais Paulhan est tout sauf un écrivain dans sa tour d’ivoire. Il a pris part à la Première Guerre mondiale puis lors de la Seconde entre dans la Résistance. Proche de Jacques Decour, avec qui il fonde Les Lettres françaises, il est un homme engagé. De même, sensible aux courants esthétiques et littéraires de son époque, il se lie d’amitié avec Eluard et Breton. Ce n’est donc pas un intellectuel hostile à son temps ni à la modernité qui se dessine dans l’entre-deux-guerres.

Mais bien plutôt un défenseur acharné de la complexité du réel que tendent à esquiver selon lui les écrivains de cette période. L’œuvre de Paulhan est sous-tendue par ce rapport insaisissable entre le sens et le non-sens, un refus de conclure, synonyme de réduction. Insaisissable, sa démarche l’est, comme un manifeste pour conserver, envers et malgré tous les systèmes et les idéologies qui fleurissent dans les années 1920 et 1930, ce qui constitue selon lui l’essence de la littérature, l’énigme, le mystère. Ainsi agit-il dans Les Causes célèbres. Le titre semble indiquer qu’il traite des faits divers ayant défrayé la chronique. Il n’en est rien. La plupart de ces textes brefs, entre trois et quatre pages, appartiennent en fait au domaine des contes, des fables. Comme l’écrit Roger Caillois, « ses courts récits psychologiques sont autant de labyrinthes où seul peut-être le langage se reconnaît, tandis que le lecteur se perd dans la trame des contradictions et des retournements ou dans le brouillage des temps ».

Romancier du contournement, Paulhan s’échappe toujours au moment où l’on pense le saisir, tel ce texte intitulé « Tout feu tout flamme » où Lucien, tout à son désir, embrasse Georgette, et commence à la caresser. Le lecteur est avec cet homme, se sent à son tour gagné par l’envie, la promesse de cette femme. « Alors Georgette, d’elle-même ouvrant son corsage, laissa glisser un sein, un autre, un troisième sein et d’autres encore. Ainsi couverte de seins, et toute effeuillée, elle oscillait devant ses yeux avec une grâce brillante. » La vision surprend, bouscule. En une phrase, le lecteur est passé d’un récit sensuel à un malaise surprenant. Mais la suite ne l’est pas moins. Ainsi offerte, c’est Georgette qui se refuse à lui en des termes d’une trivialité dont le surgissement soudain saisit au milieu d’une prose au classicisme impeccable. « Je te fous un coup de pompe entre les jambes, petite baudruche ! Comment que tu l’as grosse ? ça ne se voit pas d’ici. Bon tu peux la ratatiner. » La dispute se termine sur une réconciliation et Paulhan de « conclure » : Lucien « ne savait plus ce qu’il voulait. S’il l’avait jamais su ». Comme il l’explique dans un entretien radiophonique, il « songe moins aux événements que l’on raconte qu’à la façon de les raconter, à l’expression : à ces rapports mystérieux entre les idées et les mots, entre l’esprit et la chair. C’est là que chaque écrivain est mystérieux, c’est là qu’il est unique ». La force de Paulhan est tout entière dans cette échappatoire qui prend le lecteur à contre-pied, l’oblige à délaisser les rivages certains d’un réel réduit aux seuls phénomènes pour accepter de faire entrer la poésie, poésie quotidienne au lyrisme pudique, dans son univers. « Il faut prendre de biais les choses les plus simples », telle était la devise de Paulhan. Son style précis, bref, empreint d’une tonalité cocasse est au service de cette entreprise où rien n’est prouvé. « Ces petites histoires sont un peu comme des grenades à retardement, elles éclatent au moment qu’on s’y attend le moins », notait Mac Orlan. C’est sans doute ce qui fait la grande force de ces courts récits. Écrits dans une langue toute en nuance et d’une justesse millimétrée, ses courts récits suggèrent, ou plutôt nous mettent sur la voix d’un au-delà de la chose racontée.

Vialatte, grand connaisseur de l’œuvre de son ami, résume sans doute le mieux sa démarche : « L’histoire commence une fois finie. » Lire Paulhan est un plaisir rare, exigeant qui, pour peu que l’on s’en donne la peine, redonne à la littérature toute sa force, en faisant une matière en elle-même, non pas engluée dans les sillons réguliers, symétriques des littérateurs appliqués à déchiffrer le réel mais libre, inattendue, désarmante, toute pleine d’une épaisseur que jamais un mot n’épuisera. N’est-ce pas dans cette quête impossible et pourtant sans cesse recommencée de donner la vie dans des livres, véritable mythe de Sisyphe, que réside la tâche de l’écrivain, sans fioriture ni certitude ? On trouvera ci-dessous quelques avis de grands écrivains de l'époque de Paulhan que je me suis plu à regrouper, et qui orienteront, peut-être, votre réflexion. «Le lecteur s'interrogera sur le genre auquel relier ces Causes célèbres. En 1945, Jean Paulhan classait ce qu'il en publiait parmi les "Contes". Je dirais même : "faits divers". De tels faits divers sont quotidiens, privés ; ils n'ont rien des Causes célèbres dont s'occupent les tribunaux. C'est sans doute que nous ne sommes pas assez sensibles à leurs résonances morales. En tout cas, il ne s'agit pas d'"Entretiens sur des faits divers". Chacune de ces "Causes" est aussi "chose" poétique».Yvon Belaval.Curieuse chose, à travers tant de critique et de bon sens, la poésie dépasse, on ne sait trop comment, par les images et les sous-titres, comme des bouts de laine derrière une tapisserie. D'autres fois, elle fait corps avec l'œuvre. Ainsi, ces "causes célèbres" ont l'air d'être faites d'une matière glauque où se reflète on ne sait quoi de plus vaste, un au-delà de la chose racontée. L'histoire commence une fois finie. Enfin, dans ses grands plaidoyers, quand il se mêle de la chose publique, par la majesté du sujet, par l'objectivité, le scrupule, le sérieux et par l'envergure du sujet, la rigueur d'un style impeccable, il atteint chaque fois la plus haute éloquence. Entre deux guerres qu'il a faites avec "application", pour employer son expression pudique, il a été dans une grande proportion comme le secrétaire général de la littérature française, il lui a imprimé sa courbe. Il a parlé gravement des choses minuscules et aimablement des grandes choses : on n'est pas un honnête homme à moins. Il n'a jamais sacrifié au public ("celui qui connaît le lecteur, dit Nietzsche, ne fait plus rien que pour le lecteur. Encore un siècle de lecteurs et l'esprit même sentira mauvais"). Il n'a jamais servi que les lettres et la patrie, avec évidemment ce qu'il faut d'ironie et de plaisir désintéressés. Volontiers dérangé par les grands évènements, comme Caton par l'idée fixe de Carthage, puis retournant à sa compétence comme l'autre, entre deux maximes, à sa marotte et à ses additions, il a eu l'existence d'un citoyen de Plutarque, une de ces vies pour oraison funèbre qui amènent d'elles-mêmes la citation latine et la réminiscence classique… »Vialatte Roger Caillois, perspicace (toujours dans le numéro d'hommage déjà cité, p. 737) explicite avec justesse ce que fut le mouvement de sa pensée : « La logique chez lui ne consistait pas tant à découvrir la faille d'un raisonnement qu'une aptitude à en modifier, sinon à en inverser les données. Il ne cherchait pas à montrer que le problème était mal posé, mais plutôt qu'on pouvait le poser autrement et que, pour bien en saisir le sens, il convenait d'en admettre et d'en considérer simultanément des énoncés symétriques et contraires. Sa réhabilitation de la rhétorique, en face de la surenchère d'originalité qu'il nomme heureusement terreur, repose tout entière sur cette démarche. Ainsi de la plupart de ses analyses, qui commencent par une sorte d'axiomatique, où des remarques inattendues infirment ou corrigent les évidences accréditées, les remettent en question, invitent la pensée à frayer des itinéraires inattendus. S'il dénonce une opinion erronée, c'est le plus souvent parce qu'elle repose sur une appréciation incomplète des données, parce qu'elle ignore un aspect de la réalité décisif, mais si manifeste qu'il passe inaperçu, qu'on ne pense pas à en tenir compte. Telle la dame dont il rapporte qu'elle était persuadée que l'iguane est un animal lent et gauche, alors qu'il est un des plus prompts ; sa fuite : un éclair vert. "C'est qu'elle n'en avait jamais vu qu'empaillés", explique-t-il." Cultive la précision, la brièveté, l’inattendu, sur un ton humoristique, parfois grinçant, des anecdotes souvent tirées de la vie quotidienne, dont il accentue le côté singulier en les rendant risibles malgré leur gravité. Il emploie avec succès une tonalité cocasse.

Son rôle littéraire a été double, d'abord comme directeur de la N.R.F. (de 1925 à 1940 et, avec Marcel Arland, de 1953 à 1968), puis comme critique et essayiste. Son œuvre, dès les rébus malgaches des Hain Tenys Merinas (1913) – Paulhan fut, de 1907 à 1912, à Madagascar, professeur, colon et chercheur d'or –, vit du rapport entre les idées et les mots : vaste problématique, qui explique chez lui la constance du paradoxe, l'amour de l'équivoque, le subtil et lent décryptage des articulations, voire la fausse ingénuité et la cruauté suave de certains de ses jugements. L’« obscure clarté » qui tombe de ses livres est celle-là même du langage, et les limbes de l'incognito dont il s'entourait volontiers comme directeur de la N.R.F. semblent baigner aussi une œuvre dont la liberté est en relation directe avec la certitude, durement gagnée, d'un profond arbitraire de la langue. C'est cet arbitraire qu'il défend avec vigueur dans Jacob Cow le pirate ou Si les mots sont des signes (1921), les Fleurs de Tarbes ou la Terreur dans les lettres (1941), réhabilitation des « Fleurs » de la rhétorique, le Don des langues (1966) et, plus précisément encore, dans la Preuve par l'étymologie(1953). Ses courts récits psychologiques sont autant de labyrinthes où seul peut-être le langage se reconnaît, tandis que le lecteur se perd dans la trame des contradictions et des retournements ou dans le brouillage des temps (le Pont traversé, 1921 ; Aytré qui perd l'habitude, 1921 ; la Guérison sévère, 1925). En haine des simplismes et des terrorismes (deux mots pour une seule réalité), il multiplie les nuances et avance, sinon masqué, du moins paré contre les récupérations (Entretien sur des faits divers, 1930 ; Clef de la poésie, 1944 ;F. F. ou le Critique, 1945 ; Traité des figures, 1953). Amateur d'art, il goûte en peinture la rage et le refus, deux attributs du cubisme, et tâche de définir les rapports complexes entre sens et non-sens (Braque le patron,1946 ; Fautrier l'enragé, 1946-1948 ; l'Art informel, 1962). C'est lui qui, en 1944, lance Dubuffet. Quoique résistant (il fonde, avec Jacques Decour, les Lettres françaises), il refuse le terrorisme bien-pensant de la Libération (Lettre aux directeurs de la Résistance, 1953). Son œuvre, multiple et dispersée, a été rassemblée en cinq volumes (1966-1970). À la lire, on voit bien que le fonctionnement des textes de cet écrivain-ethnographe procure une sensation vertigineuse de partage continu entre le secret et la maîtrise (le langage est à la fois matière et esprit), sensation que prolonge encore le refus de conclure (par exemple, dans les Causes célèbres, 1950).

Sa correspondance (avec Ponge, Grenier, Aragon et Elsa Triolet, etc.) a fait l'objet de plusieurs publications, en particulier dans les Cahiers Jean Paulhan. La part narrative y est des plus minces : des manies de gamin, le soleil qui tape dur, un homme qui se met à tousser et attend l'arrivée du médecin... Comme nous l'apprend un entretien radiophonique, Paulhan « songe moins aux événements que l'on raconte qu'à la façon de les raconter, à l'expression : à ces rapports mystérieux entre les idées et les mots, entre l'esprit et la chair. C'est là que chaque écrivain est mystérieux, c'est là qu'il est unique. Dans un texte d'hommage à Jean Paulhan, Paul Morand évoque sa devise : « Il faut prendre de biais les choses les plus simples », poser à la vie « des questions minutieuses et saugrenues ». L'originalité de Paulhan est encore plus éclatante quand on considère le traitement singulier qu'il a fait subir au récit de guerre et au récit de voyage. André Pieyre de Mandiargues notait en lui « une ubiquité de la pensée, si vive et si rapide qu'elle se portait toujours ailleurs qu'à l'endroit où on l'attendait ». Vialatte le disait énigmatique et insaisissable, comme le transformiste italien Leopoldo Fregoli : « D'un mot, Paulhan c'est un peu Fregoli. Il vous échappe, par quelque bout qu'on le prenne ». Tels sont précisément ses récits : « Ce sont, comme l'observe judicieusement André Dhôtel, des fables exemplaires où rien n'est prouvé et dont on ne parvient jamais à rendre compte vraiment ». Romancier du contournement,   Mac Orlan : romantisme plus exactement lyrisme pudique. Toutes ces petites histoires qui sont autant d’images de la poésie quotidienne de cette époque, sont un peu comme des grenades à retardement, elles éclatent au moment qu’on s’y attend le moins

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Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

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Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Mom Alone : la maternité solo, sans filtre et sans mode d’emploi

Il y a les livres sur la parentalité, avec leurs principes, leurs méthodes, leurs lendemains mieux organisés. Et puis il y a 17 h 30. Le travail n’est pas fini, les enfants reviennent dans le cadre, le dîner se rapproche et quelqu’un pense soudain : « Purée... Il est déjà 17h30 ! » Quelques cases plus loin tombe le verdict : « J’ai rien foutu. » Mom Alone habite exactement cet espace-là : celui où les bonnes intentions se froissent au contact du réel.

05/10/2026, 17:30

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Peut-on vendre un rein ? Cinq livres pour interroger nos certitudes

Cette semaine, la Booksletter explore cinq livres qui déplacent le regard sur l’histoire, la morale et nos sociétés : l’économie quotidienne de la Rome antique, les grandes expéditions britanniques en Antarctique, l’humour noir face à la mort, les marchés jugés moralement « répugnants » et le poids de l’époque dans les trajectoires criminelles. Cinq lectures pour éclairer autrement des questions anciennes et très contemporaines, sans simplifier.

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La fille aux huit vagins, et autres histoires postporno

Dans ce recueil de cinq nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, Agnieszka Szpila, autrice du très remarqué Hexes, également traduit et publié par Notabilia, imagine de nouvelles manières de désirer pour repenser notre rapport au monde, à l’altérité et à la littérature, qu’elle soit lue ou écrite. Par Emma Tholozan.

03/10/2026, 09:00

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Phébus ressort La boîte en os, un roman gothique aussi fascinant que dérangeant

À l’occasion de son cinquantenaire, la maison Phébus publie une édition collector d’un de ses romans emblématiques : La boîte en os, d’Antoinette Peské. Un nouvel écrin pour un petit bijou de la littérature du XXe siècle. Par Emma Tholozan.

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Soif d’idéal : Rocheteau raconte ce qui reste après les matchs

Dominique Rocheteau avance par souvenirs, visages, sensations et fidélités. Trente récits plutôt qu’une autobiographie chronologique : le dispositif lui va bien et forme cette Soif d’idéal. Il préfère le lien au palmarès, l’émotion au monument. Dès les premières pages, la ligne est donnée : « L’émotion avant tout. » Le ton ne variera guère, direct, pudique, sans désir de régler des comptes. Sortie le 8 octobre. 

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Malgré l’abordage de One Piece, Sarah Knafo règne sur les ventes de livres

Jamais deux sans trois… ou quatre ? Sarah Knafo refuse visiblement de rendre la médaille d’or : Le Casse du siècle (Fayard) reste numéro un avec 42.023 ventes sur la semaine et 201.985 exemplaires cumulés.

 

02/10/2026, 11:00

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Comment expliquer la liberté aux enfants ?

Être libre, est-ce faire tout ce que l’on veut ? Avec Vive la liberté !, Sybille Hein aborde cette grande question à hauteur d’enfant, en partant de situations concrètes pour aider les plus jeunes à comprendre ce que signifie être libre, mais aussi les limites et les responsabilités qui l’accompagnent. Traduit et adapté de l’allemand par Camille Logoz.

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Alors que l’antisémitisme connaît une progression mondiale depuis le 7 octobre 2023, un autre phénomène attire l’attention : le philosémitisme. Dans Les Nouveaux philosémites, Edith Bruder réunit sociologues, politologues et théologiens pour enquêter sur celles et ceux qui se revendiquent « amis des Juifs », « compagnons de route d’Israël », voire « presque juifs ».

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Une photo, deux visages, 70 ans de mystère

Un véritable polar photographique qui met en scène les journalistes mais aussi en filigrane les insurgés hongrois de 1956 : tous ont été les témoins d'événements historiques qui ont façonné notre monde. Mais cette enquête (trop) minutieuse finit par lasser.

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De la gare du Nord aux hauteurs de Belleville, six voix pour un Paris vivant

Belleville n’est pas un décor dans Bellevilles. C’est une matière vivante : une pente qui coupe le souffle, une terrasse trop pleine, un café où les fidélités se renégocient, un escalier qui sépare deux vies, un trottoir où l’on peut croiser sa propre jeunesse. Samih Amar Tran construit son livre comme une promenade à six voix. Alma, Landrot, Marie, Omar, Jim et Romy prennent tour à tour possession du quartier, chacun avec son rythme, ses angles morts et sa manière de s’y accrocher. Tour du quartier, le 4 novembre.

 

01/10/2026, 14:00

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Cher Voltaire : quand Madame du Deffand ferraillait avec le philosophe

Deux vieillards s’écrivent comme d’autres croisent le fer. L’un règne depuis Ferney sur l’Europe des idées ; l’autre, aveugle, tient encore salon à Saint-Joseph et refuse de céder sur le goût, l’esprit ou l’art de s’ennuyer. Cher Voltaire restitue moins un échange sage entre deux monuments qu’un commerce vif, capricieux, traversé de silences, de susceptibilités, de nouvelles du monde et d’une commune hantise du vide. Dès 1764, Voltaire le constate : « Notre commerce à tâtons devient vif, Madame. » 

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Alien Clay : sur une planète-prison, la science devient une arme de liberté

Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil. Adrian Tchaikovsky le sait, son narrateur aussi, et Alien Clay (trad. Gilles Goullet) commence donc exactement ainsi : après trente ans de sommeil interstellaire et quelques secondes avant une chute vers une planète carcérale. « Il ne faut jamais commencer une histoire par un réveil, à ce qu’il paraît », observe Arton Daghdev. Alien Clay sortiral le 4 novembre 2026. Science, catastrophe et sarcasme : le roman vient de trouver son carburant.

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Retrouvés après 45 ans, les cahiers d’une adolescente des années 70 ressurgissent

Entre 1974 et 1976, Martine Faustin tient un journal intime alors qu’elle est pensionnaire à l’Institution Saint Paul de Thiviers, en Dordogne. À quatorze ans, elle y consigne ses amitiés, ses premières histoires d’amour, ses colères et ses envies de liberté. En 2021, elle retrouve par hasard ces trois cahiers, dont elle avait oublié l’existence.

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Amitié entre femmes : quand les liens choisis connaissent aussi la tempête

Longtemps reléguée derrière l’amour et la famille, l’amitié est aujourd’hui célébrée comme un lien choisi, plus libre et plus durable. Mais est-elle vraiment plus simple ? 

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Monaco n’a pas toujours ressemblé à une carte postale

Palais princier, casino, yachts et palmiers : l’image de Monaco semble évidente. Avec Monaco, l’histoire inconnue, Pierre Abramovici entreprend de regarder derrière cette façade et de faire ressurgir 150 ans d’une histoire monégasque faite de luttes de pouvoir, de guerres, d’Occupation et d’épisodes restés dans l’ombre.

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Boire, aimer, écrire : transformer l’ivresse en poésie

Le titre promet la bouteille de trop, l’ivresse qui déborde, peut-être même la gueule de bois. Christophe Esnault cherche pourtant ailleurs. Dans Si le vin ne te rend pas génial, essaye une autre bouteille, le verre n’est ni décor ni prétexte à célébrer la cuite : il ouvre une brèche. Une bouteille, un millésime, un prix, puis la pensée part. Vers les amis, les femmes aimées, le père vieillissant, les écrivains, les chansons, les morts. Vers cette question surtout, ressassée jusqu’à l’obsession : comment demeurer vivant quand la tentation de disparaître rôde dans les marges ?

30/09/2026, 17:55

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La Pleureuse : Camilla Läckberg rouvre un secret vieux de trente ans à Fjällbacka

La Pleureuse (trad. Susanne Juul - Andréas Saint Bonnet) s’ouvre dans l’étouffement. Une jeune fille lutte, perd le contrôle de son corps, tente de comprendre ce qui lui arrive. Une phrase suffit à installer la menace : « Elle ne voulait pas mourir. » Camilla Läckberg ne cherche pas encore l’énigme ; elle impose d’abord une sensation. Puis Fjällbacka retrouve son quotidien, ses restaurants, ses familles, ses plaisanteries, ses habitudes. Sous cette normalité, pourtant, quelque chose attend depuis trente ans. 

30/09/2026, 14:00

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Maboule : délicieux périple de transmission

Maboule est trobairitz. Elle collecte les rumeurs, les regards et les soupirs, puis les change en histoires. De villes en villages, elle sème ces récits récoltés ou entièrement inventés. Venant tout droit de Villedor, où elle a été élevée par ses deux  mamans – en fait elle en a quatre, longue histoire –, elle échange une fable contre un repas ou une couchette. 

30/09/2026, 13:04

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Abdeljalil Lahjomri : les livres, ces compagnons qui refusent d’obéir

Abdeljalil Lahjomri n’empile pas des comptes rendus : il compose une autobiographie de lecteur. Les Compagnons indociles avance par rencontres, retours, désaccords et fidélités, comme si une bibliothèque pouvait devenir le journal d’une conscience. Dès l’introduction, une phrase donne la mesure du projet : « Les livres sont des compagnons d’éternité. » Le titre ajoute aussitôt ce qui empêche toute dévotion tranquille : ces compagnons résistent, irritent, déçoivent, obligent à relire. L’ouvrage se construit dans cet écart entre attachement et liberté critique. A paraître le 8 octobre.

30/09/2026, 13:00

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Chat Larme : Hélène Cixous ouvre la porte des absents

« Ceci est mon dernier livre » : chez Hélène Cixous, l’annonce d’une fin n’achève rien. Elle ouvre au contraire une chambre supplémentaire dans la mémoire. Chat Larme naît de cette contradiction : vouloir retenir ce qui s’éloigne tout en sachant que l’écriture ne ressuscite pas. Alors elle cherche autrement, dans les carnets, les photographies, les rêves, les voix, les animaux aimés. Sortie le 8 octobre

30/09/2026, 08:30

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Keith Jarrett au Japon : quand une musique disparaît après avoir été jouée

En 1976, Keith Jarrett donne au Japon huit récitals solo en seulement treize jours. De cette tournée naîtront les Sun Bear Concerts, dix vinyles et plusieurs heures d’improvisation. Dans Keith Jarrett, Japon 1976, Philippe Séclier part sur les traces de cette aventure musicale devenue mythique.

30/09/2026, 08:00

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Elles quittent Tokyo pour une plantation de thé au pied du Fuji

Avec Le parfum des feuilles de thé, Camille Monceaux prolonge l’univers du Secret des bonbons pamplemousse dans un nouveau récit au cœur du Japon. Akane et Mayumi quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale, et se lancent dans une nouvelle vie rythmée par le thé et les saisons.

Illustrations par Virginie Blancher.

30/09/2026, 07:00

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Une pie, une clé et un drôle de trésor tout bleu

Avec Trésor d’hiver, Gilles Baum et Csil proposent un imagier où les animaux et les objets se répondent page après page. Pensé pour les tout-petits, cet album joue sur les formes, les matières et les associations pour laisser l’imaginaire prendre le relais. Dès 2 ans.

30/09/2026, 06:00

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Un fils adopté, une famille blanche : le vertige de L’Enfant de cœur

Tout commence par une disparition, mais le vrai vertige de L’Enfant de cœur est ailleurs : dans ce que chacun croit savoir de l’autre. Marie est enlevée avec une efficacité glaciale. Puis le récit recule, change de voix, ouvre les dossiers, les souvenirs, les versions. Laure de Rivières construit son roman comme une maison où chaque pièce possède une porte dérobée. On entre par la peur immédiate ; on découvre ensuite l’adoption de Noé, la séparation de ses parents, les familles recomposées, les signes que chacun interprète à sa manière.

29/09/2026, 17:00

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Agrégat

29/09/2026, 13:30

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En Chine, une disparition entraîne deux journalistes vers l’interdit

Un journaliste sur le départ, une fixeuse qui appelle à propos d’un disparu, quelques messages trop sensibles, puis un train vers l’ouest. Checkpoint China n’attend pas longtemps avant d’installer sa mécanique. Diego, correspondant franco-espagnol à Pékin, a passé des années à chercher l’enquête qui donnerait enfin du poids à son séjour chinois. Sortie le 5 novembre.

29/09/2026, 12:35

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Molière sur scène : ce que les metteurs en scène ont changé

Que révèle la mise en scène des pièces de Molière ? Dans Molière par la scène, un collectif de chercheurs examine le théâtre du dramaturge à travers les lectures proposées depuis la fin du XIXe siècle par les grands metteurs en scène, de Copeau à Sivadier.

29/09/2026, 08:30

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Les Bateaux d'argile

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Une soirée interdite, deux sœurs et beaucoup de miettes

Avec La Fiesta des miettes, Fanny Sidney signe son premier album jeunesse, accompagné par les illustrations de Dorothée de Monfreid. Deux petites sœurs profitent d’une soirée sans leurs parents pour organiser une fête clandestine qui risque de ne pas rester très tranquille.

29/09/2026, 08:00

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"La Diabolique" n’est peut-être pas celle que l’on croit

Dans Esquisse d’une serial killer, Hu Mu-ching revient sur une affaire criminelle qui a profondément marqué Taïwan. Condamnée à mort pour le meurtre de son mari, de sa mère et de sa belle-mère, Lin Yu-ju est devenue une figure médiatique haïe. Mais la rencontre avec une journaliste dans le couloir de la mort fait émerger une histoire plus complexe. Roman traduit du chinois par Lim Pierre-Mong.

29/09/2026, 07:00

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Elles ont fui la guerre... elles chantent l’exil

Dans Le Chœur ukrainien, Coralie Grimand donne la parole aux membres d’une chorale ukrainienne confrontés à l’exil et à la guerre. Au fil des récits de Svitlana, Valentyn, Tetyana et des autres, le chant polyphonique devient un espace où se croisent les trajectoires, les souvenirs et les blessures.

29/09/2026, 06:00

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Malaise chez les plongeuses : reconstruire l’humanité, en apnée

Kuschko, Maâyana, Sawannah, Nashree, Karadjian, Djessica, Solongo. Ils et elles sont sept, avec une mission précise – différente dans les détails, quoique l’objectif premier reste le même : faire renaître l'humanité. Après des mois, des années d’entraînement, ces soldat·e·s  se glissent dans des rêves, voyagent vers d’autres mondes… or, rien ne se passe jamais comme prévu.

28/09/2026, 18:37

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L’art de la sieste : éloge du temps flottant

Reparu en août, pendant que les éditeurs fourbissent leurs armes pour la rentrée, les lecteurs, eux, se gardent encore quelques jours de répit avant le marathon de septembre. Quand l’ouvrage traite de la sieste, le calendrier tient du sur-mesure : l’occasion idéale de parcourir, avec Thierry Paquot, l’histoire et la phénoménologie du roupillon de la sixième heure.

 

28/09/2026, 17:30