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Les Ensablés - Georges Magnane (1907-1982): la littérature, le sport et la grande histoire peuvent faire bon ménage

Je ne sais pas si c'est la même chose pour vous, mais j'ai un préjugé tenace: un écrivain n'est pas un sportif. C'est un homme dont tous les efforts sont intellectuels. Quand il se détend, il fume, il boit, et hante les cafés plutôt que les stades. Je pense à Sartre, Baudelaire, Verlaine, tous ces gens qui marchaient d'une rue à l'autre, rien d'autre. Mais il est vrai qu'il y eut Prévost, Kessel, Montherlant, Morand... Aussi était-ce avec la plus vive méfiance que j'ai abordé le roman "Les hommes forts" d'un certain Georges Magnane, auteur d'une quinzaine de romans, traducteur émérite des grands Américains, et... passionné de sport. Son roman republié chez Le Dilettante, met justement en scène un personnage hanté par les prouesses sportives.

Le 06/09/2015 à 08:47 par Les ensablés

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Publié le :

06/09/2015 à 08:47

Les ensablés

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Par Hervé Bel

La couverture du roman n'engage pas à la lecture. On y voit une photo en noir et blanc de Georges Magnane lui même, presque nu, pas mal fait de sa personne d'ailleurs, et portant un slip de bain que, pour une raison que j'ignore, l'éditeur a peint en rouge. On ne voit que lui, ce slip qui baille, et peu élégant.

L'AMBIGUITE DES SENTIMENTS

Malgré le maillot de bain, on aurait tort de ne pas se forcer à lire "Les hommes forts", une histoire subtile, sentimentale, qui met en scène deux garçons et une jeune fille. C'est un peu Jules et Jim, sauf que c'est bien plus compliqué. Là, un des garçons, le narrateur, est fasciné non pas par la jeune fille, Tania, mais par son fiancé, un certain Quercy, athlète exceptionnel qu'il rencontre lors d'un championnat d'athlétisme de province. Il était grand, très brun, très beau garçon, très bien habillé (...) Cette dureté brûlée, sans âge, et ces sillons extatiques creusés par un effort qui a souvent tenté le surhumain, ce regard surtout, presque trop calme, détaché, qui semble toujours revenir de très loin. Le narrateur est lui-même un coureur de haut niveau et rencontre Quercy à l'occasion d'un championnat.

On assiste à la description d'un huit cents mètres, vu de l'intérieur, par celui qui court. C'est rare en littérature et nullement déplaisant à lire. Qu'est-ce qu'il attendait ce gros veau?"Prêt..." Encore le temps de respirer une fois. "Pan!" Il me sembla que j'étais parti un dixième de seconde trop tôt. J'hésitai: Non!... Si!... Non! Je courais comme une machine, sans me sentir avancer. Un universel bruit de galop emplissait l'air, comme si une bête aux pieds innombrables me talonnait. Je voyais mes genoux s'élever, disparaître. Et l'étrange impression de ne produire aucun effort, de ne pas toucher le sol, continuait. Le soir venu, le narrateur fait la connaissance de Quercy dans le train qui les ramène chez eux. Entrevue prometteuse, mais sans lendemain. Il faudra attendre sept ans avant que les deux hommes ne se revoient un soir d'hiver, près de Lure.

Ce jour-là, en fin d'après-midi, lors d'une descente de ski, il manque de renverser une skieuse imprudente: Je m'attendais à la trouver belle. Pourtant je fus très surpris, précisément parce qu'elle était belle. Il y avait dans ce visage je ne sais quelle perfection unique qui me rendait tremblant, respectueux, à peu près comme le serait un amateur de peinture qui, venu pour voir un "joli tableau" se trouverait brusquement en face d'un authentique Goya. Ils rentrent ensemble à la station de ski. Tania est le nom de la jolie skieuse. Hasard extraordinaire: elle est la fiancée de Quercy, lequel habite désormais à Marseille et travaille comme pigiste dans un journal. Quercy est toujours aussi beau, aussi excellent en sport. Bientôt, le trio semble inséparable. Magnane sait admirablement brouiller les pistes: Tania aime-t-elle le narrateur? Aime-t-elle vraiment Quercy? On la dirait parfois enfermée dans son rôle de femme aimante, qui veut à tout prix aimer et être aimée. Quant au narrateur...  Il semble n'avoir aucune liaison amoureuse avec qui que ce soit. Il éprouve vis-à-vis de Quercy un attachement dont la nature n'est pas clairement explicitée. Certes, il s'agit d'une amitié, mais sur quoi s'appuie-t-elle? Le narrateur est un intellectuel. Pas Quercy. Autre étrangeté, on dirait que la seule joie du narrateur en ce monde est de regarder vivre ce couple parfait que forment Tania et Quercy, si beaux, si intelligents. Ce regard émerveillé, jeu pervers peut-être, plaît au couple qui aime à s'y refléter, de plus en plus d'ailleurs.

A la fin des amours que l'on sent venir, on aime à paraître encore unis. Le regard des autres cimente les relations qui se lézardent; l'apparence permet de tenir encore un peu. Il est tellement difficile d'admettre que l'on s'est trompé. Puis vient l'inéluctable qui clôt le roman: la révélation des caractères que l'amour et l'amitié avaient dissimulés. Un jour, Quercy se montre sous son vrai visage, et ce n'est pas beau. Les illusions du narrateur et de Tania s'envolent. Ils se retrouvent tous les deux désespérés. Dangerosité des illusions, ambivalence sexuelle, narcissisme, masochisme, tout cela est abordé dans "Les hommes forts", sans jamais être trop explicite. Comoedia, le 5 décembre 1942, saluera la parution du roman par ces mots: " Récit attachant et riche de notations psychologiques justes", tout en regrettant que le caractère de Quercy ne soit pas mieux expliqué.

TRANSPOSITION ROMANESQUE - ORADOUR-SUR-GLANE

Enthousiasmé par "Les Hommes forts", je me suis procuré un autre roman de Magnane "Où l'herbe ne pousse plus" publié en 1952, et qui porte sur un sujet difficile, le massacre d'Oradour-sur-Glane par la Division Das Reich en juin 1944.

Dans le roman, le bourg s'appelle Verrièges, mais à part cette différence, j'ai pu constater que Magnane a scrupuleusement repris certains témoignages des survivants, notamment cette scène terrible de l'église où une femme parvient à s'échapper par les vitraux, tandis que celle qui l'accompagne, portant un bébé dans ses bras, est mitraillée. La Revue "La pensée" de mars 1953 n'hésite pas à écrire: Il faut louer M. Georges Magnane de son courage. Il y a des sujets qui paraissent à première vue intouchables (...) M. Georges Magnane a prouvé l'idée haute et noble de l'art qu'il se fait du roman. Oui, l'art a la mission de nous faire prendre conscience de ce que furent, humainement, les faits les plus inhumains de notre époque. Et de conclure que "Où l'herbe ne pousse plus" est un "beau et grand livre".

De fait, l'histoire est évidemment prenante, et on la lit d'une traite. Même si l'on sait comment elle se termine, on espère au fil des pages le miracle, on espère que l'officier SS, le colonel Rehm, renoncera à faire un exemple, d'autant qu'il ne semble pas a priori étranger à tout sentiment. Absurde pensée puisque l'oeuvre de Magnane s'attache justement à relater la journée terrible de juin 44 où 642 personnes, femmes, enfants, hommes, furent massacrés dans les granges et dans l'église d'Oradour. On suit non seulement le destin de certaines des victimes, mais également celui du colonel Rehm et de son adjoint, un jeune, un pur nazi, qui pousse, lui, au massacre. La peinture des bourreaux n'est pas caricaturale. L'on sent bien, en tout cas chez Rehm, que son caractère s'est corrompu lentement. Jeune homme, orienté autrement, il aurait pu faire de belles choses.

On comprend aussi combien le mal, comme le bien d'ailleurs, se réalise souvent par l'exemple. Dans la guerre, ne pas tuer devient une preuve de lâcheté. Alors il faut se forcer! ne serait-ce que pour conserver l'estime de ses soldats et de ses pairs. Evidemment, le sujet mériterait davantage d'explications. Il faudrait connaître l'enfance de Rehm, son parcours politique, ses relations avec les femmes. Savoir aussi ce qu'il a pu faire en Russie. La division "Das Reich" en revenait et avait participé à de nombreux massacres qui, peut-être, sans doute même, avaient peu à peu émoussé la sensibilité des soldats.

Mais là n'est pas le propos du roman de Magnane qui s'attache aux victimes, à cette beauté de la vie que ces gens, encore heureux le matin-même, vont devoir quitter à la fin du jour. Il y a de belles descriptions de la campagne: C'est ici le pays des pierres confiantes (...) les pierres de ce pays ne peuvent pas croire aux croulements (p.194). Et l'horreur de la mort y est peinte sans fard. Dans les granges, les hommes, sous le regard des SS, attendent d'être fusillés. Ils ne veulent pas mourir. La vie ne peut pas s'arrêter brusquement, elle ne peut pas disparaître, elle est un enchevêtrement trop dense d'accords et de vibrations (...) J'ai encore tant d'affaires en train. Moi, deux hectares à défricher... Moi des plantations à terminer. C'est, en prose, la fable de La Fontaine "La mort et le mourant" ce vieillard qui ose à cent ans aimer encore la vie. La Mort avait raison. Je voudrais qu'à cet âge On sortît de la vie ainsi que d'un banquet, Remerciant son hôte, et qu'on fît son paquet ; Car de combien peut-on retarder le voyage ? Tu murmures, vieillard ; vois ces jeunes mourir, Vois-les marcher, vois-les courir A des morts, il est vrai, glorieuses et belles, Mais sûres cependant, et quelquefois cruelles. Ce qui est terrible, c'est que ces gens qui attendent la mort dans la grange ou dans l'église, ne sont pas tous des vieillards. Certains, peu, échapperont au destin collectif, le colonel Rehm s'étant décidé, pour ne pas paraître faible devant son adjoint, à ordonner le massacre dont la description, sobre, est très impressionnante. A lire, le roman et l'histoire font là bon ménage. Il reste encore au moins dix romans de Magnane à lire.

Par Les ensablés
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Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Agnès Martin-Lugand retourne à Folegandros, là où tout s’est brisé

Dix-huit ans après avoir fui Folegandros, Suzanne et Vadim y reviennent pour leur fils. Agnès Martin-Lugand transforme l’île grecque en territoire de mémoire, où les silences familiaux finissent par céder et où aimer ne signifie jamais effacer. Chante, Muse, à partir du 17 septembre.

05/09/2026, 22:02

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Trump, guerre biologique, IA : cinq livres pour comprendre le monde

Cette semaine, la Booksletter traverse le XVIIIe siècle avec George Forster, ausculte la seconde présidence de Donald Trump, raconte l’énigme Mar de Marchis, envisage le scénario d’une guerre biologique et interroge l’avenir de l’intelligence artificielle avec Cory Doctorow. Cinq livres, cinq angles pour lire les inquiétudes, les impostures et les bouleversements d’un monde qui ne manque décidément ni de vertiges ni de matière à penser.

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Ménagères : Et si faire le ménage était une façon de penser ?

Dans un nouvel essai, la philosophe Peggy Avez s’intéresse à une activité aussi quotidienne que dépréciée : le ménage. En interrogeant son histoire, sa dimension genrée et les humiliations qui lui sont associées, elle propose de retourner le stigmate : et si nettoyer pouvait aussi devenir un espace de pensée, de création et d’émancipation ?

05/09/2026, 09:00

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Moon Knight : revenir d’entre les morts pour devenir qui ?

Ressuscité après Blood Hunt, Marc Spector retrouve la Mission de Minuit tandis qu’une drogue magique, Glitter, gagne les rues de New York. Jed MacKay relance son Moon Knight sans repartir de zéro : un tome nerveux, superbement noir, porté par un formidable cliffhanger, mais traversé par une inquiétude. Et si la série finissait par simplifier Marc ?

04/09/2026, 16:42

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La rentrée littéraire s’installe, Freida McFadden reste indétrônable

Amélie Nothomb n'aura duré qu'un temps : Le dîner de Freida McFadden (trad. Karine Xaragai) reste numéro un avec 21.825 ventes du 24 au 30 août 2026, devant la romancière belge. Mais l’écart se resserre et l’emprise de l’autrice sur le top 10 recule nettement : trois de ses titres y figurent désormais, contre cinq une semaine plus tôt. Dans le même temps, plusieurs romans de la rentrée accélèrent et les ouvrages liés à la rentrée scolaire s’installent tout en haut du classement.

04/09/2026, 11:13

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SexOD : quand le sexe devient l’arme du crime

SexOD de Patrick Collignon : premier polar d'un auteur belge qui flirte avec le thriller érotique et nous emmène à Stockholm pour un été très chaud, avec ce Cluedo bien mené où, sans chandelier ni poignard, le sexe est l'arme même du crime.

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Les Paysages intérieurs de Toyō Itō : habiter le vide

Les Paysages intérieurs de Toyō Itō constitue le fil secret de ce très beau volume publié par Arléa, conçu autour de sept entretiens menés par l’architecte Maki Ōnishi et prolongés par les textes de Benoît Jacquet et Yann Nussaume.

 

03/09/2026, 17:27

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Une forêt de Jean-Yves Jouannais : Le Chant des ruines

Délaissant l'écrivain fictif Marboeuf, et douze ans après Les barrages du sable, Jean-Yves Jouannais revient avec Une forêt dans l’univers romanesque. Un récit resserré, d’une centaine de pages, qui réussit à mêler, dans une économie de mots et de moyens, l’intime et le fait historique. Une forêt, de Jean-Yves Jouannais, publié aux éditions Albin Michel, a remporté le Grand Prix SGDL de la fiction et figure dans la première sélection du Prix Goncourt 2026. Par Patrice Vibert.

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Robin des Bois : mille visages pour une légende

L’historienne et directrice de recherche au CNRS Aude Mairey nous livre, aux éditions Armand Colin, une étude passionnante et foisonnante sur un personnage que nous pensions bien connaître : le plus célèbre archer d’Angleterre, Robin des Bois. Préparez-vous à revoir vos certitudes.

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Tout surmonter... ou du moins essayer : le voyage d'un écrivain-aventurier

Tout surmonter de Patrice Franceschi est un témoignage porté par une réflexion sur les différentes épreuves que cet explorateur et écrivain a affrontées lors de ses expéditions aux quatre coins de la planète, ou de ces engagements dans différentes guérillas. Il démontre que les échecs n'en sont jamais réellement et qu'il y a toujours une leçon à en tirer. 

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Incendies, omerta et fantômes : la Croatie noire de Jurica Pavičić

Le conteur croate d’histoires tristes est de retour avec un excellent roman qui nous parle d’incendies — c’est hélas d’actualité —, mais surtout qui confirme qu’il est un sacré faiseur de personnages fortement enracinés dans l’histoire tourmentée de son pays.

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Dans la Revue des Deux Mondes, quand la santé devient une obsession

Mieux manger, mieux dormir, marcher davantage, surveiller son cœur, son poids, son cholestérol, son sommeil. Le numéro de septembre de la Revue des Deux Mondes, qui paraît sous le titre Santé, une obsession française, part d’un paradoxe singulier : jamais la médecine n’a disposé d’autant de moyens pour prolonger et protéger l’existence, et jamais, peut-être, nous n’avons autant vécu dans la crainte de tomber malades. 

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Le Grimoire des Ensorceleuses (Les Ensorceleuses 2, au cinéma le 9 septembre)

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Apulée #11 : l’utopie n’est plus un rêve, mais une résistance  

Pour son onzième numéro, la revue Apulée, dirigée par Hubert Haddad et publiée chez Zulma, change de format et resserre son propos autour des « utopies en résistance ». De Humberto Ak’abal à Etgar Keret, de Macedonio Fernández à Jean-Marie Blas de Roblès, écrivains et poètes y interrogent moins les lendemains qui chantent que les formes de survie, de rupture et de résistance face au désastre.

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Le Guide des fêtes juives : un calendrier pour l’âme

L’Égypte, la Perse, la Mésopotamie, la Grèce ou le Maghreb… les mots voyagent, les récits se sédimentent, mais l’âme demeure.

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Meilleures ventes : Amélie Nothomb, enfin une rivale pour Freida McFadden ?

Du 17 au 23 août, Freida McFadden règne toujours, mais une rivale vient enfin troubler son été sans partage. Amélie Nothomb entre directement à la 2e place et s’impose comme la première nouveauté de la rentrée capable de regarder l’Américaine dans les yeux. En librairie, le mouvement est encore plus net : l'autrice de L’Adolescence du perroquet prend la tête et entraîne avec elle plusieurs romans de la rentrée. Le marché reprend lui aussi quelques couleurs, sans faire oublier un niveau toujours inférieur à celui de l’an passé.

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Pourquoi l’hystérie continue de déjouer le savoir médical

Parler de l’hystérie, c’est toujours parler d’un objet qui dérange. Un objet fuyant, instable, insaisissable, qui semble se dérober à chaque tentative de définition. L’hystérie n’est pas simplement une pathologie parmi d’autres ; elle est, depuis l’Antiquité, un point de crise pour le savoir médical. Elle met en difficulté celui qui prétend savoir, diagnostiquer, nommer, guérir. Et c’est précisément en cela qu’elle est précieuse : elle force le médecin, et plus largement la société, à interroger les limites de son propre discours.

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1000 raisons de croire en Jésus : histoire, miracles et preuves à l’examen

Avec 1000 raisons de croire en Jésus, Olivier Bonnassies poursuit une réflexion consacrée aux rapports entre foi, raison et connaissance. À paraître chez Guy Trédaniel, l’ouvrage rassemble arguments historiques, témoignages et phénomènes présentés comme autant de « raisons de croire », tout en confrontant la thèse chrétienne à l’athéisme et à plusieurs grandes traditions religieuses.

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Retour à Folegandros : Agnès Martin-Lugand au cœur des non-dits

Agnès Martin-Lugand revient avec un nouveau roman, Retour à Folegandros, à paraître le 17 septembre aux éditions Michel Lafon. Dans ce récit profondément humain, elle explore les liens familiaux, les blessures du passé et la force des retrouvailles à travers l’histoire d’Andréas, un jeune homme qui réunit ses parents sur l’île grecque où leur histoire familiale a commencé.

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Le temps de l’exil est un temps indécis dans lequel se mélangent un temps figé resté au pays et un temps de découvertes dans le pays d’accueil. Mais lorsqu’il prend fin, quel est son bilan ? Sofia vit en Espagne depuis près de vingt ans, elle a laissé son père s’occuper de son jeune fils, Robert, en Roumanie. Elle vit et travaille au Camping El Titi, entre attachement et arrachement, l’heure de la retraite sonne et le retour au pays lui fait peur.

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Les Trois Hortense d’Adrien Goetz : l’Histoire en trompe-l’œil

On ne le dira jamais assez, un bon roman historique est celui qui perd celles et ceux qui le lisent. Où est le faux, le vrai, l’inspiré du vrai, le complètement fictif ? Les Trois Hortense de l’historien de l’art, romancier et membre de l’Institut Adrien Goetz, publié chez Grasset pour cette rentrée littéraire, est en ce sens une réussite complète.

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Cléa Strange : la Sorcière Suprême qu’il vaut mieux ne pas contrarier

Stephen Strange est mort. Cléa n’est pas du genre à considérer cela comme une raison suffisante pour le rester. Dans Strange : J’appartiens à la Mort, Jed MacKay lui confie le titre de Sorcière Suprême et la place qu’elle méritait : celle d’une héroïne féroce, amoureuse, souveraine et décidée à ce qu’on lui fiche la paix.

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Feeding Ghosts : Tessa Hulls et le passé dont on se libère

Couronné par le prestigieux prix Pulitzer en 2025, Feeding Ghosts de Tessa Hulls est un épais roman graphique qui saisit à bras le corps des questions importantes. Celle du déracinement, à travers trois générations de femmes d'abord exilées de Chine, puis de Hong Kong, vers les États-Unis. Celle du traumatisme et des angles morts familiaux, aussi. Sans parler du rôle essentiel joué par la mémoire dans la construction de chaque être humain, et, plus encore, de celles et ceux qui ont grandi en tant qu'immigrés, peu importe l'époque, peu importe le pays. Un grand livre, dans tous les sens du terme.

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Meilleures ventes : le marché décroche, McFadden tient bon

Du 10 au 16 août, les ventes de livres reculent nettement, sans bouleverser le sommet du classement : Freida McFadden conserve six titres dans le top 10 et Le dîner reste largement numéro un. Mais derrière cette domination, le marché commence à changer de saison : les cahiers de vacances s’effacent au profit des références de rentrée, tandis qu’en librairie, la hiérarchie se révèle sensiblement différente de celle du marché général.

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Un imprévu, de Michel Layaz, paraîtra le 1er octobre 2026 aux éditions Zoé. Le romancier suisse y transforme le dîner improvisé d’un puissant dirigeant en procès de ses choix, puis d’un système économique qui autorise l’enrichissement au détriment de l’environnement.

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