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(Bonne) humeur: un deuxième prix Nobel pour la littérature française en moins de six ans!

Vous avez entendu parler, vous aussi, de Modiano, n'est-ce pas? Patrick Modiano publie "La place de l'étoile" en 1968: il  a 23 ans et obtient le prix Nimier. En 1972, on lui décerne le Grand Prix du Roman de l'Académie Française pour son troisième roman:  Les Boulevards de ceinture. En 1978, encore trois romans plus tard, c’est le Prix Goncourt pour Rue des Boutiques obscures.  Qui fait mieux ?

Le 10/10/2014 à 18:40 par Les ensablés

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Publié le :

10/10/2014 à 18:40

Les ensablés

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Par Laurent Jouannaud

On reparle de lui en ce moment : deux articles à une semaine d’intervalle dans un grand hebdomadaire. On rappelle qu’en 1968, « un garçon éprouve une obsession bizarre : l’Occupation. » Un Cahier de L’Herne lui est consacré et le journaliste qui en rend compte écrit : « Modiano, le plus grand romancier français, depuis Proust, de la recherche du temps perdu. » Jolie formule ! C’est un auteur que je n’ai pas lu, que je voulais lire depuis longtemps. Ce monument ne m’étant connu que par ouï-dire, j’aurai au moins le plaisir de la découverte. Voilà, j’ai lu les trois romans primés que j’ai cités plus haut. Je n’ai pas réussi à entrer dans La Place de l’étoile : je n’y ai rien compris. Raphaël Schlemilovitch écrit sa biographie et il a été successivement «juif apatride», «juif snob», «juif traître», «juif collabo», «petit juif», «juif maquereau», «juif officiel», «juif Süss», «juif de service», «juif français», «pauvre petit juif français», «juif parfaitement assimilé», «französische Jude», «juif errant», «juif étranger», «juif d’Europe», «vrai juif». A la fin, Sigmund Freud lui dit : « Vous n’êtes pas juif, vous êtes un homme parmi d’autres hommes » et Freud ajoute qu’Himmler est mort ! Je n’ai pas marché : la douleur est à la fois trop brute et trop abstraite. Modiano est né en 1945, après le drame : il ne peut avoir ni l’autorité ni l’accent des témoins. Le thème des Boulevards de ceinture est plus clair : le narrateur souffre de son père qui est juif. A partir d’une photographie, « découverte par hasard au fond d’un tiroir », il imagine un passé qu’il n’a pas vécu et il anime les personnages de la photo. Lui-même entre dans l’action, se fait personnage et rencontre son père qui ne le reconnaît pas. C’était pendant l’Occupation, avec un vrai comte devenu légionnaire, un journaliste véreux, des femmes faciles, et le faux baron Chalva Deyckecaire qui est le père du narrateur : « Je me penche sur ces déclassés, ces marginaux, pour retrouver, à travers eux, l’image fuyante de mon père. Je ne sais presque rien de lui. Mais j’inventerai. » Le père est juif, le fils aussi: « Il ne se passe pas un jour sans que des rafles se produisent à la sortie des gares, des cinémas, des restaurants. Surtout éviter les lieux publics. Paris ressemble à une grande forêt obscure, semée de pièges. » Ils se retrouvent dans le même bateau imaginaire que pilote Modiano : « Il existe certainement des preuves, une personne qui vous a connu, jadis, et qui pourrait témoigner de toutes ces choses. Peu importe. Je suis avec vous et je le resterai jusqu’à la fin du livre. » Cette fois, j’accroche et je ressens dans quel clair obscur se débat le narrateur : nos pères nous sont pour toujours des inconnus.

De ces trois romans, le Prix Goncourt est le plus achevé. Patrick Modiano a mis le doigt sur sa plaie et pourtant le mot « juif » n’apparaît pas une seule fois. Le narrateur est amnésique, on ne sait pas comment c’est arrivé, et il cherche à savoir qui il est, ou plutôt qui il a été : telle est « l’énigme » de Rue des boutiques obscures. Il rencontre des gens qui croient le reconnaître, on lui montre de vieilles photos, il se rend à d’anciennes adresses. Tout cela remonte à plusieurs années, à l’époque de l’Occupation. On déménageait souvent, on se cachait, on avait de faux papiers, on voulait passer pour autre qu’on était. Le narrateur frayait à l’époque avec les Sonachitzé, Stoppia, Orlow, Blunt, Giorgiadzé, Howard de Luz, Oleg de Wrédé, Pedro Mc Evoy, Alexandre Scouffi, André Wildmer, Kahan et autres Jimmy Stern. Sans doute est-il l’un d’entre eux… Ces patronymes parlent d’eux-mêmes : « Drôles de gens. De ceux qui ne laissent sur leur passage qu’une buée vite disparue », dit un personnage. Ou rien qu’une fumée…

Le narrateur croit successivement être telle ou telle de ces figures, disparues, fragmentées, floues : « Mais, vous êtes … monsieur… McEvoy ? - Oui, lui dis-je à tout hasard. » Le doute demeure : « Et je ne me souviens plus si, ce soir-là, je m’appelais Jimmy ou Pedro, Stern ou McEvoy. » Cet homme pour qui on le prend est parti à l’époque pour Megève avec une certaine Denise Coudreuse, dont il a retrouvé une photo. Là, semble-t-il se souvenir, il a échappé de peu à la mort en voulant passer en Suisse. Il part à Megève sur ses propres traces : cette piste ne mène à rien. Mais il apprend que Howard de Luz, qu’il fréquentait à l’époque, est parti en Polynésie : « Je vais quitter Paris la semaine prochaine pour une île du Pacifique où j’ai quelque chance de retrouver un homme qui me donnera des renseignements sur ce qu’a été ma vie. Il s’agirait d’un ami de jeunesse. » Cela tourne court, mais il y a encore d’autres pistes. Il a un jour indiqué l’adresse suivante sur une fiche d’hôtel parisienne : Rue des Boutiques obscures (2 Rome). Il n’est pas facile de faire parler le passé.

J’ai parcouru d’autres romans de Modiano, la technique est la même : quelqu’un cherche à savoir qui est quelqu’un qui a vécu à Paris pendant l’Occupation. Commence alors une enquête aléatoire à partir d’un photo, d’un article de journal ou d’une rencontre de hasard : on va à d’anciennes adresses, on interroge les concierges, on cherche ceux qui ont connu l’inconnu, on utilise les archives de la police. Alors, le narrateur se rappelle des éléments de sa propre vie et il y a maintenant trois époques qui s’enchevêtrent : le présent de la recherche, le passé du narrateur et la vie passée de la personne cherchée. Tout se complique parce que chacun confond les noms, les visages ont changé, les gens se cachaient, des immeubles ont disparu. Le romancier invente de nouveaux relais qui à la fois rapprochent et éloignent du but : une autre adresse, le nom d’un bar ou d’un hôtel, une autre photo, un témoin inattendu qui lâche un nouveau nom ou infirme un renseignement. Modiano distille le doute : est-ce bien lui ?, est-ce elle ?, parlons-nous de la même personne ?, à quel étage ? Le livre s’achève sans que l’enquête soit achevée, sans que l’on sache avec certitude qui est qui, ni ce qu’il est devenu.

Proust cherchait un vrai passé, le sien, ancré dans les lieux d’enfance autour de personnages familiers, et la petite madeleine venait parfois ranimer les défunts. Modiano connaît lui aussi l’effet madeleine (photos, journal, visage, brusques impressions), le passé revient, mais c’est un passé sans substance, sans demeure familiale, sans grands-parents, sans tante Léonie, sans vieux amis, sans châtelains, sans repères. Il y a eu deux guerres et une "nomadisation" générale de la société entre Modiano et Proust : je suis plus près de Modiano que de Marcel. Mes proches sont faits d’autant d’ombre plus que de lumière. Modiano rend compte d’une expérience humaine cruelle : notre passé est lacunaire, les visages sont flous, nous oublions les noms, nous confondons les adresses, nous ne savons plus qui sont les visages posés sur les photos. C’est parce que le présent n’est plus ce qu’il fut à d’autres époques : notre présent est mité, il deviendra un passé introuvable. Que savons-nous de nos amis ? Que savons-nous de ce nouveau collègue de travail ? L’existence d’autrui est insaisissable, les C.V. sont des leurres.

Mais il y a plus terrible encore. De cet homme, mon père, et de cette femme, ma mère, j’ignore forcément l’enfance et la jeunesse. Nous avons vécu avec eux en ignorant leur place exacte dans une société mouvante (ascension ou chute ?), leur vie amoureuse dans une société libérée (que sais-je des maîtresses de mon père et des amants de ma mère ?). Toute famille, aujourd’hui, est le lieu central de trous, de manques et d’absences. Nous avons tant de fois déménagé et quand nous arrivions, d’autres partaient ! Que de noms et d’images d’hommes et de femmes sont passés dans notre vie et dont nous nous demandons si souvent ce qu’ils sont devenus ! Les copains d’avant a de l’avenir.

Modiano raconte cet effacement des repères sociaux. La guerre et la persécution ont aggravé cette dissolution des identités et des biographies : entre 1940 et 1945, il fallait, pour survivre, changer d’adresse, donner un faux nom, renier ses attaches, partir. Être juif obligeait à un cache-cache avec vos origines et votre famille, à des déménagements rapides, à de fausses identités, qui déchiraient encore davantage la trame de l’existence. Modiano n’a pas vécu cette époque mais son œuvre en exprime l’authentique obsession. Un personnages dit, dans Rue des Boutiques obscures : « Ce n’est pas l’avenir qui compte, c’est le passé. » C’est exact pour Modiano, et il faut ajouter que le passé est définitivement abîmé.

Je feuillette un autre roman emprunté à la bibliothèque, Du plus loin de l’oubli (1996). Un lecteur inconnu a souligné au crayon les passages suivants que je me contenterai de recopier : « Je me souviens à peine des autres détails de cette période de ma vie. J’ai presque oublié les visages de mes parents. », « C’était donc ça, ma vie présente ? Tout se limitait donc pour moi, en ce moment, à une vingtaine de noms et d’adresses disparates dont je n’étais que le seul lien ? Et pourquoi ceux-ci plutôt que d’autres ? Qu’est-ce que j’avais de commun moi, avec ces noms et ces lieux ? », « Puisqu’il était né à Lvov, en Pologne, avant la guerre et qu’il avait survécu à celle-ci, il aurait pu se trouver maintenant dans les parages de la gare du Nord. C’était juste une question de hasard. », « J’allais devenir quelqu’un d’autre et la métamorphose serait si profonde qu’aucun de ceux que j’avais croisés au cours de ces quinze dernières années ne pourrait plus me reconnaître. », « Elle n’a pas réagi. Elle n’avait vraiment pas l’air de me reconnaître. », « J’étais sûr que d’habitude Jacqueline et moi nous suivions une rue à droite, derrière l’église, mais je ne l’ai pas retrouvée, cet après-midi-là. » La quête est compulsive, infinie, à suivre, comme on dit. C’est donc toujours pareil chez Modiano : se souvenir ne conduit à aucune restitution, se souvenir est une éternelle déception, la « recherche » ne mène à rien. A la réflexion, s’il n’y a pas de passé, c’est qu’il n’y avait pas de présent…

Avec Patrick Modiano, pas de synthèse, pas de grandes explications, pas de théorie définitive. Pas de rédemption. Pas d’illusion. Cette lucide modestie l’honore. Ses romans sont de petits monuments aux morts et aux vivants. D’émouvantes stèles.

DOSSIER - Livres, actualités : tout sur Patrick Modiano

Par Les ensablés
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Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Goethe, Kim Il-sung, censure : la Booksletter ausculte les croyances du pouvoir

Goethe échappe aux souvenirs scolaires, Kim Il-sung surgit sous les habits d’un prophète politique, l’Espagne franquiste se lit à travers les obsessions de ses doctrinaires, la Bolivie minière révèle ses paysages contaminés et la censure américaine change de visage. 

07/06/2026, 10:41

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Sous le règne de Freida McFadden, le thriller français perce et la cuisine recule

Freida McFadden conserve la première place des meilleures ventes pour cette nouvelle semaine (26/06 au 31/06) avec La prof, publié chez J’ai lu. Le roman s’écoule à 25.564 exemplaires sur la semaine et atteint un cumul de 158.372 ventes en cinq semaines de présence. 

05/06/2026, 19:06

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Le Temps des Ombres : quatre saisons, deux têtes de mule et un monde à sauver

Pour que notre grand patron sollicite en urgence votre serviteuse, fallait-il qu’il fût conquis par sa découverte. Ou né de la dernière pluie, c’est selon. Le fait est que cette série en quatre volumes incarne ce que l’on qualifierait volontiers de rendez-vous raté — voire de ratage complet pour la librairie, passée à côté d’un travail magnifique — n’ayons pas peur des mots : d’une véritable épopée à hauteur d’enfant, totalement magique.

05/06/2026, 16:13

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Un roman noir, drôle et cruel sur notre époque : Les Terres mortes

Les Terres mortes, roman de Gabriel Boksztejn (Editions Unicité) est une satire grinçante de notre époque. L’auteur dresse le portrait moral de notre société progressiste dévorée par le capitalisme, par la bêtise inhérente aux rapports humains, par les relations virtuelles qu’engendre la licence autorisée sur les réseaux sociaux.

05/06/2026, 13:02

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Les maisons parachutées : un polar historique signé Didier Daeninckx

Cette enquête de Didier Daeninckx dans la mémoire des résistants et déportés est une poignante immersion au cœur des années 50 de l’immédiate après-guerre. On y découvrira quelques affaires assez incroyables !

05/06/2026, 11:12

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Le dernier livre inutile de Bégaudeau sur l’inutilité de l’art

Avec Du mépris, Bégaudeau (éditions Cause perdue) perpétue un thème devenu central chez lui depuis son précédent livre : la dénonciation des usages moraux dans le langage politique contemporain à gauche. Son intuition de départ est stimulante : il observe que l’accusation de « mépris » s’est généralisée au point de devenir une catégorie réflexe du débat public. Le problème est que cette intuition, à force d’être martelée, finit par de même par concerner son auteur.

04/06/2026, 14:44

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Des dragons dans les halls

04/06/2026, 12:13

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Sous le soleil de Dantec : quand le polar entre en apocalypse

Il y a dix ans ce 25 juin, Maurice G. Dantec mourait à l’âge de 57 ans à Montréal où il s’était exilé. Celui qui avait brûlé sa vie au feu des paradis artificiels était-il un techno-romancier mystique et réac ? Retour sur un livre charnière hybride qui annonce le tournant de son œuvre jusqu’en 2014 : Villa Vortex. Par Olivier Stroh.

04/06/2026, 11:51

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Escoffier, l’excellence au service des autres

Plein Vent vient de publier une bande dessinée des plus alléchantes puisqu’il s’agit de la biographie du maître de la cuisine moderne, le grand Auguste Escoffier. L’auteur Yvon Bertorello et le dessinateur Cédric Fernandez se sont entourés, pour cela, de Michel Escoffier, arrière-petit-fils du chef et président de la Fondation Auguste Escoffier à Villeneuve-Loubet, ainsi que de Stéphane Bern, que l’on ne présente plus.

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L’Aigle et le Serpent : meurtres en série sous l’Empire

Les Éditions du 38 viennent de publier le premier roman de Maxime Carpentier, L’Aigle et le Serpent. Ce roman historique se déroule à l’automne 1806, une période secouée par une vague de meurtres qui va entraîner l’inspecteur de la Police générale Armand Drone, affecté au service de Son Excellence le ministre Joseph Fouché, du Havre à Paris, à la poursuite d’un assassin aux gants clairs.

02/06/2026, 15:50

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Famille choisie de Jérôme W.Capèle : « Si tu penses que c’est trop : rajoutes- en… »

Ce qui est jubilatoire dans les livres polémiques, c’est de se réjouir de l’inavouable et de nos silences coupables ou honteux, tout en se reconnaissant dans les caricatures. Famille choisie, sous-titrée « Hontes & fierté d’une communauté en bordel », n’est pas un pamphlet, ni un essai, ce livre est le regard d’un militant gay sur la communauté actuelle. Et le constat est autant amer que tendre car de la construction d’une communauté soudée par le SIDA, Jérôme W.Capèle observe une société individualiste dans laquelle le « je » a remplacé le « nous ».

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Dollar, Eco, Musk, sommeil : les cinq livres qui éclairent l’époque

Chaque semaine, la Booksletter relit l’actualité à travers les essais, les récits et les enquêtes qui déplacent le regard. Cette livraison suit la longue histoire des monnaies mondiales, revient sur Umberto Eco dix ans après sa mort, traverse Berlin sous Hitler, interroge le paradoxe Musk et éclaire le sommeil humain, entre histoire économique, mémoire, pouvoir, sciences du vivant et fragilités contemporaines de notre époque en plein trouble.

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Marilyn Monroe, cent ans et toujours chérie

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Quitter l'enfance : le conte noir et fascinant de Léa Tourret

Avec Les enfants sont allés au bois, Léa Tourret confirme une voix littéraire déjà très singulière dans le paysage contemporain : une écriture capable de restituer l’enfance non comme un âge innocent, mais comme un territoire brutal, sensuel et profondément politique. Publié dans la collection Blanche de Gallimard, le roman commence comme un récit de colonie de vacances avant de basculer progressivement vers une fable inquiétante sur l’exclusion, la peur collective et le passage à l’adolescence.

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Eddie Pump reprend la route dans un Far West sans morale

Suite de l’ascension sociale au Far West d’un beau gosse sans scrupules : épisode 2 de la série « très librement inspirée » des immigrés allemands qui se ruaient vers l’or… Comme un certain Frederick Trump.

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Terre et ciel : Raharimanana transforme le mythe en vertige

Dans Terre et ciel, sous-titré Tantara, Raharimanana compose une fresque de parole, de filiation, de conquête et de métamorphose. Porté par une langue incantatoire, le roman suit une quête héroïque qui se retourne contre ses propres certitudes : le destin, l’héritage, la possession et la liberté s’y affrontent dans un monde où chaque mot semble né d’un chant ancien.

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Dominique Sylvain plonge Brooklyn dans les fantômes du passé

Avec L’Inconnue de Brooklyn, Dominique Sylvain inscrit le roman noir dans une mémoire longue : celle d’une enfance à Bensonhurst, d’un trio soudé par la violence, puis d’un deuil impossible. Lou, Sharon et Josh traversent les années, les crimes, les fidélités troubles et le cinéma, dans un récit où Brooklyn devient moins un décor qu’une chambre d’échos.

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Pump, tome 2 : sexe, mensonge et idéaux

Le décor : une ville paumée de l'Ouest sauvage comme il y en a mille. Les protagonistes : un jeune homme d'affaire sans foi ni loi et une intrigante qui le tient par la peau du cou (ou le scrotum, allez savoir). L'enjeu : une place au soleil dans un univers où tous les coups sont permis. Le deuxième tome de Pump est peut-être moins surprenant que le premier, mais développe le même questionnement cynique, sur les limites de la morale et du recours à la violence dans un jeu où l'argent et le pouvoir sont les portes d'entrée de la respectabilité.

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Claire Lombardo transforme la famille en champ de mines

Après Tout le bonheur du monde (trad. Laetitia Devaux, 40.000 exemplaires), Claire Lombardo retrouve les grandes architectures familiales avec Comme au premier jour, traduit par Laetitia Devaux. Une rencontre fortuite au supermarché rouvre chez Julia la mémoire d’un mariage, d’une maternité inquiète, d’une amitié ancienne et d’une faute jamais entièrement refermée. Le quotidien devient alors le lieu exact des failles.

31/05/2026, 08:00

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Le Real Madrid et Manchester City dominent depuis plusieurs saisons les discussions autour du football européen. Mais derrière les trophées, les statistiques et les débats tactiques, une autre littérature s’est développée : celle des livres consacrés à ces deux géants du football contemporain. Biographies, enquêtes, récits historiques ou analyses tactiques racontent aujourd’hui deux visions très différentes de la domination européenne.

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Taylor Jenkins Reid : Carrie Soto revient sur le court

Avec Le Retour de Carrie Soto, traduit par Typhaine Ducellier, Taylor Jenkins Reid signe un roman de compétition autant qu’un portrait de femme au bord de son propre mythe. Ancienne reine du tennis, Carrie reprend la raquette pour défendre un record menacé. Mais derrière la rage de vaincre se joue une autre partie : celle du corps qui vieillit, de la filiation, de l’orgueil et de ce que la victoire laisse intact ou détruit.

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Après Claude

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La prof reste numéro un des ventes : Freida McFadden domine (encore) le classement

Freida McFadden conserve la première place des meilleures ventes hebdomadaires avec La prof (trad. Karine Forestier, J’ai lu). Le thriller écoule 22.883 exemplaires sur la semaine et atteint un cumul de 132.808 exemplaires après quatre semaines de présence.

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Arthur Rimbaud, les ombres et les soirs

Imaginer Rimbaud, c’est rêver le rêve à travers les œuvres que le poète nous a léguées. Entrer dans une légende de fantasmes, de fantaisies et d’autres choses encore, nourries des récits à la véracité douteuse, autant qu’aux études les plus rigoureuses. Rimbaud, un mythe, qui certes finit vendeur d’armes puis avec une jambe tranchée, de retour d’Éthiopie. Mais qui refuserait une fugue en noir et blanc, avec l’homme qui peignit des voyelles ?

28/05/2026, 15:52

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Quitter Forbach, roman d’une jeunesse à l’étroit

Les romanciers ont souvent tendance à dire que le roman est le contraire de la vie. Or, ici, le roman n’a jamais été aussi proche de la vie ; une vie encore bien jeune et qui espère plus que tout pouvoir s'émanciper et quitter cette petite ville du bassin minier lorrain. 

28/05/2026, 09:20

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Un livre pour penser le voyage dans un monde transformé

Le voyage tel que nous l’avons connu appartient déjà au passé. Longtemps, partir signifiait s’éloigner. Accumuler des kilomètres, collectionner les destinations, consommer le monde comme une succession d’expériences. Cette époque touche à sa fin.

 

28/05/2026, 07:00

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Les Égyptiens par Isaac Asimov

27/05/2026, 18:33

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Fabcaro met du brun dans la bibliothèque rose

Vous n'avez pas lu Les cinq ami.e.s et la dissolution de l'Assemblée nationale ? Vous avez raté la sortie de Les cinq ami.e.s prennent un Ouigo ? Rien de grave, ces titres n'existent que dans la délicieuse bibliographie finale qui clôt Les cinq ami.e.s l'échappent belle in extremis de Fabcaro, que vous trouverez, lui, dans toutes les bonnes librairies. 

27/05/2026, 12:12

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Et Athènes brûlait : tragédie grecque, thriller climatique

Le port d'Athènes a été vendu aux Chinois. Les méga-feux ravagent les environs. Ce thriller catastrophe cache un véritable reportage sur un pays en perdition et un climat déréglé, symbole de notre Europe à la dérive.

27/05/2026, 11:43

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Comme ta mère

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Le voyage de mille lieues de Léonie Bloom : l’âme des femmes bretonnes

Voici une belle surprise de mai que nous offre HarperCollins avec ce roman plein de convictions, de combats et d’émancipations. De nos jours, à Paris, Colombe est une jeune fleuriste qui n’a aucune confiance en elle, coincée entre une mère possessive et un voisin masculiniste toxique. Sa fragilité est mise à rude épreuve jusqu’à sa rencontre avec Inès, une électricienne, qui va lui proposer une parenthèse estivale : aller travailler dans une ferme participative dans le Finistère. 

27/05/2026, 10:41

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Yahia Belaskri : un chant pour attenter à la mort

Dans De sable et de vent, Yahia Belaskri fait entendre une voix ardente qui envisage le poème comme le lieu privilégié où s’exprime le conflit entre la révolte artistique et les désastres du monde.

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Un départ à la plage aussi joyeux que mouvementé

Dix petites souris s’en vont à la plage, ça promet d’être folklorique comme le sont souvent les départs à la mer. Bouées, parasols, palmes, masques et tubas, rien n’est oublié mais quel remue-ménage ! 

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Une enquête au cœur du Londres industriel

Tout commence par un début d’incendie suite à une explosion mystérieuse dans un atelier de Camden Town, un quartier de Londres. Thelma Templeton et oncle Owen se lancent dans leur propre enquête.

27/05/2026, 07:00

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Yannick Haenel, l’aventure retrouvée de la littérature

Avec le cinquième numéro d’Aventures, publié chez Gallimard au printemps 2026, Yannick Haenel confirme ce que ses lecteurs les plus fervents savaient déjà : la littérature n’est pas pour lui une affaire de commentaire, de posture ou d’époque, mais une manière d’intensifier la vie.

26/05/2026, 11:06

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Quand le polar vous regarde droit dans les yeux

Ce criminologue grec joue avec les codes du polar et les phobies du lecteur dans une construction cérébrale très sophistiquée. Âmes sensibles, détournez votre regard !

26/05/2026, 10:34