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Napoléon et Las Cases, une collaboration littéraire

Tout est dans le verbe et l’attitude

Le 30/03/2012 à 17:21 par Les ensablés

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30/03/2012 à 17:21

Les ensablés

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De 1815 à 1821, des Français et des Anglais, jetés sur l’île de Sainte-Hélène à la suite d’événements assez extraordinaires, ont pris des notes sur ce qu’ils voyaient et entendaient . Beaucoup se sont contentés d’écrire un journal au jour le jour, à usage privé, dont le contenu ne laisse de surprendre le lecteur par son caractère spontané. Ces écrits sont d’ailleurs parus après leur mort (Gourgaud, Bertrand, Gorrecquer par exemple) par la volonté de leurs descendants. D’autres, plus ambitieux, ont publié de leur vivant leurs notes, utilisant la forme du journal intime, mais sans doute par commodité. Presque tous les témoins, en effet, comme nous le soulignions dans un article, avaient peu de familiarité avec la chose littéraire, de par leur fonction et leur culture.De tous ces écrits, un seul se détache vraiment par son propos et son ampleur : le Mémorial de Sainte-Hélène.Edité en 1823 avec la fortune que l’on sait, il dépassa pour des raisons connues, le succès de l’Atlas que Las Cases avait publié quelques années plutôt. L’ouvrage se présente lui aussi sous la forme d’un journal écrit au jour le jour. Contrairement aux autres diaristes de Sainte-Hélène, Las Cases était parfaitement capable, de par sa culture, de ne pas utiliser cette forme de narration. S'il l’a adoptée, c’est sans doute en raison des dictées quasi quotidienne de l’Empereur, fort longues, que des Mémoires n’auraient pu absorber, sauf à rendre le texte illisible et pénible. Le journal appartenait d’ailleurs déjà à la tradition littéraire. Celui de Montaigne a été publié en 1774, celui de Dangeau, en 1720, en extraits grâce à Voltaire puis, en 1817, aux soins de madame de Genlis, et d’autres encore.L’intérêt du Mémorial est double. Napoléon y parle longuement de son passé, de ses campagnes et de ses opinions, Las Cases se contentant, dit-il, de noter soigneusement ce qu’il entend. Entre ces longs monologues, Las Cases raconte les événements de l’île tels qu’il les perçoit. Contrairement au journal de Gourgaud par exemple, la présence du diariste est presque nulle, les péripéties quotidiennes à peine abordées, ou sinon dans le sens officiel voulu par l’Empereur. Las Cases ne fait aucune critique sur l’entourage du captif. Tandis que Gourgaud est souvent méchant à son propos, lui le cite à peine. Gonnard remarque à juste titre qu’il nomme rarement ses compagnons, préférant des formules évasives, comme « l’un de nous ».Nous ne sommes pas devant un journal intime du type de celui de Bertrand. C’est autre chose. Sa nature est hybride, à la fois œuvre d’histoire (rappelons en passant que Las Cases a écrit déjà sur le Moyen-Âge) et témoignage de la période « hélénienne ». Le Mémorial n’a rien de spontané. Il est subjectif, mais d’une subjectivité consciente, aussi bien du côté de l’observé que de l’observateur. Le caractère de l’un et de l’autre s’y manifeste, bien sûr, mais arrangé, retravaillé par les conceptions littéraires des deux protagonistes. Le Mémorial étant une œuvre à part, appartenant aussi bien à l’histoire qu’à la littérature (il n’est pas anodin de relever sa publication dans La Pléiade), ce sont les rapports de Las Cases et Napoléon avec la chose écrite qui doivent être, selon nous, d’abord envisagés pour évaluer la valeur du témoignage.Le chambellan Las Cases a beau jeu de commencer son journal par ce préambule : J’entreprends d’inscrire ici, jour par jour, tout ce qu’a dit et fait l’empereur Napoléon, durant le temps où je me suis trouvé près de lui.Son intention avouée est donc d’être exhaustif, il veut tout dire, et cela dans un journal à caractère homodiégétique (texte dont le diariste n’est pas le sujet principal), mais son premier soin, après sa déclaration d’intention est de nous raconter sa propre histoire, forcément arrangée et flatteuse. Il clôt sa courte autobiographie par cette anecdote « sublime ». Napoléon lui dit, alors qu’il souhaite le suivre dans l’exil « Mais savez-vous  jusqu’où votre offre peut vous conduire ? », il répond : « Je ne l’ai point calculé. » Il se peut qu’il n’ait jamais prononcé une telle parole, ou au contraire qu’il l’ait dite, peu importe, qu’il la mentionne montre assez son goût de la belle phrase et surtout affiche son désintéressement, indispensable pour celui qui veut dire la vérité. Il n'hésite pas à confier l’intensité de son attachement : J’étais plein d’admiration ; et il n’est, comme on sait, qu’un pas de l’admiration à l’amour.Vrai ou faux, cet amour, qui suppose l’abnégation, est le filtre par lequel passe tout ce que nous dit Las Cases de ce qu’il voit et entend. Toujours dans le préambule, il ne peut s’empêcher d’indiquer qu’il a déjà écrit un livre qui fit sa fortune. Il est écrivain et tient à le faire savoir. Il a du métier, son style est d’ailleurs classique, construit, avec des mots choisis.Tout cela jette la suspicion dès lors que nous lisons le Mémorial en historien et non en « littéraire ». François Mauriac ne dit pas autre chose lorsque, rappelant qu’il a toujours exécré Napoléon, il ajoute : « (…) j’admire que, lisant Le Mémorial, un charme agisse sur moi, le même qui enchaîna tant d’hommes à ce conquérant. »On n’a peut-être pas assez répété que le sujet même des écrits de Sainte-Hélène, l’empereur Napoléon, savait parfaitement l’importance de la subjectivité des hommes sur leur jugement, et qu’il en a joué toute sa vie durant, et encore à Sainte-Hélène. Il faut lire ce qu’il dit à Las Cases le 20 novembre 1816 à propos de la vérité historique : « un simple mot », « une fable convenue ». Ce n’était pas là une simple opinion, mais bien une conviction dont il tirait toutes les conséquences dans la pratique. Jacques Garnier, dans sa somme sur Austerlitz, met en lumière ce trait de Napoléon en un court chapitre intitulé judicieusement légende et histoire. « Il y a, écrit-il, quelque chose à la fois d’agaçant et de moderne dans la volonté de Napoléon  de modeler son image à travers la mise en scène de sa propre action. » Et de rappeler avec quel soin il corrigeait les récits de ses batailles destinés à son peuple et à la prospérité. Il cite le comte de Castrie : « L’empereur ne veut pas qu’on dise que cela s’est passé ainsi. » Telle était la réponse dont on se servait pour repousser les faits les plus avérés.Certes Napoléon manipule. Le mot est sans doute un instrument à ses yeux. A Sainte-Hélène, dans sa lutte contre Lowe, il continue à agir comme il a toujours agi, nie les faits avec véhémence, parfois même à l’encontre de toutes les évidences, surtout au début de la captivité. Comment croire ainsi qu’il puisse penser sincèrement, comme il le dit au pauvre général célibataire qu’est Gourgaud, qu’il le mariera à Paris, « d’une manière convenable », alors que nous sommes le 19 octobre 1815, soit quatre jours après son arrivée sur l’île et quatre mois après Waterloo ? Ce serait faire injure à son sens aigu des réalités. Mais il a bien dit la chose, n’en doutons pas (Gourgaud n’est pas Las Cases), et s’il l’a prononcée, c’est, comme on dit, « pour le moral des troupes », ce nerf de la guerre, qui, si souvent, dans les instants les plus critiques, l’a fait triompher.Il ne faut surtout pas qu’il paraisse abattu. Sa confiance en son destin, même s’il n’y croit plus, doit être éclatante, être un soleil sous lequel ses compagnons pourront se réchauffer et auquel, peut-être, car son désespoir était bien réel, il finira par croire lui même.La manipulation n’est qu’une des manifestations d’une pensée plus profonde, relative au mot, au concept. De par son expérience, Napoléon n’ignore pas que la subjectivité a des effets sur la réalité, qu’elle en est même un élément objectif pour la comprendre. Aux yeux des spectateurs, paraître, c’est être. Le mot et l’attitude remplacent ou modifient la chose qu’ils suggèrent ; ils la font exister. C’est par son récit d’Eylau, par son attitude sur le champ de bataille, que Napoléon transforme cette rencontre indécise en victoire.Dans une de ses nouvelles intitulée Le masque prophète, Bonaparte narre l’histoire de Hakem (voir notre article là-dessus), fondateur d’une secte dont la puissance finit par menacer le prince de Bagdad. Mais Hakem tombe malade. Lui qui était « le plus beau des arabes » est défiguré.Ce changement eût pu ralentir l’enthousiasme de ses partisans. Il imagina de porter un masque d’argent. Il parut au milieu de ses sectateurs ; Hakem n’avait rien perdu de son éloquence. Son discours avait la même force ; il leur parla, et les convainquit qu’il ne portait le masque que pour empêcher les hommes d’être éblouis par la lumière qui sortait de sa figure.Que nous dit ce texte, sinon la toute puissance de la dissimulation et du verbe ? Bien qu’affaibli, Hakem paraît plus fort, plus séduisant encore, et il l’est de fait aux yeux de ses disciples. En ce sens, Napoléon est prométhéen. Il y a aussi, dans cette attitude, quelque chose d’enfantin, le désir de croire que, comme dans les contes (Las Cases et Napoléon en ont écrit dans leur jeunesse), la vie peut se transformer par des formules magiques. L’Empereur, d’ailleurs, aime les enfants, et il n’est qu’à se souvenir de ses jeux avec Betzy Balcombe pour s’en convaincre. Il stupéfie ses officiers par cette facilité qu’il a à la comprendre et à se mettre à son niveau. Baudelaire l’a dit :Ne serait-il pas facile de prouver (…) que le génie n’est que l’enfance nettement formulée, douée maintenant, pour s’exprimer, d’organes virils et puissants ?On comprend le lien soudain et fort qui a lié l’Empereur à Las Cases. Comme lui, Las Cases aime les lettres et croit en leur pouvoir (sinon pourquoi écrire ?). Le journal dont, et il est important de le noter, Napoléon n’ignore pas l’existence, devient certes, on la dit mille fois, un instrument de propagande, mais surtout réconcilie l’Empereur avec l’idée qu’il se fait de lui même. Sa vie, déjà extraordinaire, devient épopée sous la plume du thuriféraire ; sa vie passée bien sûr, mais aussi celle qu’il mène à Sainte-Hélène, de telle manière qu’il est difficile de se fonder sur ce texte pour approcher la réalité de la captivité. La subjectivité du texte, contrairement à d’autres journaux, est ici voulue à la fois par l’observateur et l’observé. Napoléon garde le masque, même si, par malice, il dit le contraire à Las Cases le 30  novembre 1815.Les malheurs ont aussi leur héroïsme et leur gloire… l’adversité manquait à ma carrière. Si je fusse mort sur le trône, dans les nuages de ma toute-puissance, je serais demeuré un problème pour bien des gens. Aujourd’hui, grâce au malheur, on pourra me juger à nu.Un nu singulier reflèté par les miroirs déformants du héros et du diariste. La subjectivité assumée est double, en effet. Consciente chez Napoléon, peut-être un peu moins chez Las Cases, elle conduit à dresser un portrait d’un comédien vu par un écrivain.Celui-ci-ci sait très bien à qui il a à faire, combien le comportement de Napoléon, ses paroles sont souvent biaisés et ne correspondent nullement à son état d’âme. Il écrit : C’est ainsi que souvent l’Empereur attaquait toute une masse sur de simples individus ; et il le faisait avec un grand éclat, pour qu’on en demeurât frappé davantage ; mais ses colères publiques, dont on a fait tant de bruit, n’étaient que feintes et factices.A Sainte-Hélène, l’Empereur poursuit la même stratégie face aux Anglais et même à ses proches. Précisons cependant qu’elle n’était pas seulement voulue mais aussi subie. Les circonstances l’empêchaient d’être complètement naturel. Il se savait sans cesse observé, épié, par ses geôliers et surtout par ses compagnons qui, le soir venu, s’enfermaient dans leurs chambres pour écrire ce qu’ils avaient vu. Pour mieux se rendre compte de ce qu’il devait ressentir, imaginons notre réaction si nous savions notre vie surveillée pour toujours par une caméra et commentée ensuite, pendant des heures, par une foule de spectateurs. La comédie, dans ces conditions, devient nécessaire.Tacitement, Las Cases l’accepte et la met en scène, grossissant ainsi, par son goût pour la littérature, la distortion entre la perception immédiate et son interprétation.Les goûts littéraires du captifNapoléon aime à parler de littérature. Le Mémorial, plus que tous les autres journaux de Sainte-Hélène, place des propos littéraires dans la bouche de l’Empereur. Il a une très haute opinion de la littérature. Elle ne saurait être la nourriture du peuple, dit-il, elle doit demeurer « celle de gens délicats ». Parfois, il confond la littérature avec l’histoire à laquelle il aurait tellement aimé se consacrer. Il aurait aussi prononcé cette belle parole : « La France, c’est le français quand il est bien écrit ».Malgré son goût pour la Nouvelle Héloise, il préfère l’Antiquité et son style. Paoli lui aurait dit un jour : « O Napoléon ! tu n’as rien de moderne ! tu appartiens tout à fait à Plutarque. »Pendant les interminables soirées de Longwood, devant ses compagnons, l’Empereur se livre à des critiques littéraires qui, n’en doutons pas, n’ont pu qu’influencer le rédacteur du Mémorial. Le 22 avril 1816, il déclare au sujet du Mahomet de Voltaire que : Voltaire (…) avait ici manqué à l’histoire et au coeur humain. Il prostituait le grand caractère de Mahomet par les intrigues les plus basses.Le grand homme ne peut pas être un intrigant. Il est au dessus des bassesses humaines. Le rendre semblable aux autres, c’est empêcher le lecteur de comprendre sa grandeur et même de l’apercevoir.Un soir, il lit Atrée et Thyeste, de Crébillon. Cette pièce nous a paru horrible, nous l’avons trouvé dégoûtante, et nullement tragique. L’empereur n’a pu l’achever.Le genre littéraire qu’il préfère, en effet, c’est la tragédie. Fort logiquement, il n’aime ni Crébillon, ni Beaumarchais.La tragédie (…) échauffe l’âme, élève le coeur, peut et doit créer des héros. Sous ce rapport, peut-être la France doit à Corneille une partie de ses belles actions.Pour comprendre l’importance de cette remarque dans notre approche du Mémorial, il n’est qu’à rappeler la définition de la tragédie donnée par le Robert, une œuvre « représentant quelque grand malheur arrivé à des personnages célèbres de la légende. (…) dont les événements, par le jeu de certaines règles ou bienséances se traduisent essentiellement en conflits intérieurs chez des personnages illustres aux prises avec un destin exceptionnel. »Lui même ne désirait pas écrire ses mémoires. Il le dit clairement le 20 novembre 1816, à la suite de ses considérations sur la vérité historique citées plus haut. Je ne pouvais descendre à des confessions à la Jean-Jacques, qui eussent été attaqués par le premier venu.Et cependant, tout en prononçant ces paroles, il sait qu’au même moment Las Cases relève le propos, qu’à côté des dictées sur les actes publics de l’Empire, le littérateur décrit ce qui se passe à Longwood. Peut-on raisonnablement penser que Las Cases, dans la rédaction de son journal, n’a pas tenu compte de ces remarques lorsqu’il a mis au net toutes ses notes ? N’y a-t-il pas, dans sa façon de raconter, dans le choix des événements de Sainte-Hélène qu’il présente, le désir de faire de Napoléon un personnage tragique ?D’ailleurs, une fois au moins, Napoléon a eu le loisir de lire le texte de Las Cases et l’a approuvé, n’y revenant plus, satisfait sans doute du portrait qui était fait de lui. Sous ce jour, le Mémorial peut apparaître comme une œuvre commune, une correspondance exacte entre les intentions de l’écrivain et celles de l’Empereur déchu, personnage tragique, écrasé par le monde ligué contre lui, alors qu’il voulait le sauver, et condamné à souffrir sa déchéance en ne la montrant pas, ou sinon par allusion significative et, implicite; ce qui oblige à une économie de moyens astucieuse.Un exemple significatif : comment Las Cases raconte l’arrivée à Sainte-HélèneL’arrivée de Napoléon à Sainte-Hélène, racontée par le Mémorial, est, parmi tant d’autres, un exemple significatif. Littérairement, et pour le prestige du captif, il faut que l’événement doit être sobre et poignant. Le samedi 7 octobre 1815, à une semaine de Sainte-Hélène, Las Cases indique : Les vents constants du sud ouest étaient devenus une véritable calamité ; nous reculions au lieu d’avancer ; nous nous enfonçions tout à fait dans le golfe de Guinée. Nous y aperçûmes un bâtiment qu’on fit reconnaître : c’était un Français égaré comme nous, et hors de sa route.Ulysse n’est pas loin, qui erre sur la mer plate. Le 8 octobre 1816 : Le temps était d’une obstination sans exemple. Chaque soir on se consolait de la contrariété du jour, dans l’espoir d’une crise heureuse de la nuit ; mais chaque matin on se réveillait avec le même chagrin (…) Le découragement était extrême, l’ennui au dernier degré. (…) Quant à l’empereur, il y semblait plus insensible encore, il ne voyait dans tout cela que des jours écoulés.Pour la même période, le journal de Gourgaud est beaucoup plus lapidaire. De cette malédiction qui semble peser sur le navire, il n’en dit mot. Ce même 4 octobre, il signale la position du navire puis précise que Napoléon a travaillé avec lui jusqu’à 11 heures. Le 8, à nouveau la position du navire, et la mention d’un pari entre Montholon et lui à propos de la date probable de l’arrivée.Cependant, le témoignage de Marchand et de Glover confirment bien les difficultés du navire à rejoindre la fameuse île. Ce dernier point est fondamental : les informations fournies par Las Cases ne sont pas forcément fausses parce qu’elles obéissent à un traitement littéraire : elles sont seulement  présentées différemment des autres journaux, essentiellement par le style, par leur agencement, et sans doute leur sélection.Le 14 octobre, Sainte-Hélène est en vue.L’Empereur gagna l’avant du vaisseau pour voir la terre, et crut l’apercevoir ; moi, je ne vis rien. Nous restâmes en panne toute la nuit.Le lendemain, l’île est parfaitement visible. Le bateau jette l’ancre vers midi. C’est là, dit Las Cases, « le premier anneau de la chaîne qui va clouer le moderne Prométhée sur son roc. » La phrase est certes pompeuse, dans le style du temps, mais elle fait aussi indirectement référence au Prométhée enchaîné d’Eschyle, « père de la tragédie » dont l’Empereur, à propos d’une autre pièce, loue, comme par hasard, « l’extrême force, jointe à la grande simplicité ». Prométhée est celui qui a donné l’espoir et le feu aux hommes, autrement dit l’intelligence qui leur permet de connaître les lois de l’univers, et en s’appuyant sur elles à devenir libres. Napoléon, dans le Mémorial, explique l’histoire et révèle ce qu’eût été son règne s’il n’avait été contraint à la guerre perpétuelle. Il eût été celui par lequel la liberté politique aurait été enfin établie. Ce n’est que partie remise, un jour, vivant ou mort, le nouveau Prométhée sera libéré et reconnu, son message sauvé par le Livre. En attendant, son supplice commence, sa tragique destinée s’accomplit.Napoléon est devant Sainte-Hélène. Las Cases la décrit à peine (« d’énormes rochers arides et pelés », « les crêtes hérissées de canons »). Il préfère s’attarder sur Napoléon.L’Empereur parcourait le tout avec sa lunette ; j’étais à côté de lui ; mes yeux fixaient constamment son visage , je n’ai pu surprendre la plus légère impression, et pourtant c’était là désormais peut-être sa prison perpétuelle ! Peut-être son tombeau !… (…)  L’Empereur est rentré bientôt après ; il m’a fait appeler, et nous avons travaillé comme de coutume.D’un côté, l’impassibilité de Napoléon qui, pareil à Prométhée, refuse de transiger avec Zeus, son bourreau, et subit sa torture avec courage. De l’autre, l’homme du commun, Las Cases qui s’étonne. Peu de mots sur cet instant crucial, potentiellement si riche en digressions romantiques. Peu d’effets, mais tout est dit. Le Mémorial montrera un héros que rien n’atteint, car la nature l’a placé entre Dieu (les dieux, a-t-on envie d’écrire) et les hommes.Il est intéressant de lire comment les autres diaristes ont décrit la même scène. Chez Gourgaud, aucune description de l’île, mais l’Empereur n’est pas silencieux en la découvrant. Il s’écrie : Ce n’est pas un joli séjour. J’aurais mieux fait de rester en Egypte : je serais à présent empereur de tout l’Orient.On estime le journal de Gourgaud, avec celui de Bertrand, comme les plus spontanés, les moins travaillés. En l’espèce, c’est tout le contraire. Napoléon y prononce une phrase « historique »… Qu’en est-il ?D’abord, cette phrase a un goût de déjà vu. Jacques Garnier cite une anecdote racontée par Ségur, dans ses Mémoires. Un aide de camp de Napoléon. Le 1er décembre 1805 au soir, Napoléon dîne avec ses principaux généraux. La conversation roule sur la littérature, plus particulièrement… sur la tragédie, Napoléon critiquant les nouveaux auteurs. Puis : (…) se rappelant le temps de la campagne d’Egypte : « Oui, si je m’étais emparé d’Acre, je prenais le turban ; je faisais mettre de grandes culottes à mon armée (…) C’est par des Arabes, des Grecs, des Arméniens que j’eusse achevé la guerre contre les Turcs ! Au lieu d’une bataille en Moravie, je gagnais la bataille d’Issus, je me faisais empreur d’Orient (…)La coincidence est étrange. C’est le même propos, à la veille d’une grande épreuve. Gourgaud en a peut-être entendu parler et l’aurait replacer, la jugeant à son goût. En tous les cas, Marchand ne la cite pas. Curieusement, indépendamment du style, son propos est presque semblable à celui de Las Cases : une description courte, reprenant d’ailleurs l’expression « rochers pelés » ; le silence de Napoléon ; la comparaison avec un tombeau enfin. A croire que les deux auteurs se sont concertés. La version de Marchand est cependant beaucoup plus factuelle que celle de Las Cases. Contrairement à lui, il ne se met pas en scène.Aucun journal autre que Gourgaud ne mentionne la fameuse phrase, même pas celui de Montholon qui aurait pu la lui reprendre. On peut en conclure que Napoléon n’a rien dit et n’a rien montré de ce qu’il ressentait. N’ayant rien à dire, la plupart des témoins, y compris O’Meara, passent rapidement sur l’épisode : l’île est en vue. Napoléon l’observe et ne dit mot. Puis l’on passe au lendemain, au débarquement.Le traitement de l’épisode est caractéristique de Las Cases. S’agissant d’un moment clé, il met en scène la situation, se décrit comme spectateur (permettant au lecteur de s’identifier à lui, pour mieux ressentir l’événement, dit la vérité enfin, mais l’exprime de belle manière, dans une optique littéraire, tragique : le combat de Napoléon est intérieur et suggéré, suffisamment cependant pour laisser une impression tenace au lecteur.La possibilité d’un Mémorial Les critiques de Gourgaud, de Lowe, à propos de Las Cases, le petit homme si cultivé, ont contribué à jeter un voile sur son désintéressement. Beaucoup le considèrent comme un opportuniste. Son honnêteté, son affection pour Napoléon, ne sont cependant pas douteux, comme en témoigne son comportement à son retour en Europe. Il semble que les griefs portent plutôt sur le fait qu’il aurait suivi l’Empereur dans le seul but d’écrire un bon livre et connaître la gloire.Ce reproche a-t-il un sens pour un écrivain ?  « L’on écrit que pour être entendu ; mais il faut en écrivant faire entendre de belles choses » dit La Bruyère. Chercher un sujet, le plus beau possible, le plus fascinant, c’est le but de tout écrivain, et Las Cases l’était. On oublie trop les épreuves qu’il dut subir pour écrire ce Mémorial : les heures et les heures de rédaction, le caractère de Napoléon, la méfiance des proches, puis, pendant des années, une vie errante en Europe. Tout cela, il l’accepta et ne s’en est jamais plaint. C’était le prix à payer pour rendre possible cette œuvre unique.Son départ de Sainte-Hélène intervient en 1816, sans doute arrangé, avec le consentement au moins tacite de l’Empereur. A cette époque, Longwood tenait encore : l’Empereur était en bonne santé, en possession de tous ses moyens. Son attitude avait encore cette dignité antique qui, peu à peu, disparut sous les coups de la maladie et de l’ennui. 1817 est le début de la fin. Las Cases ne la verra pas. Il a écrit l’essentiel, mis en valeur ce que Napoléon voulait laisser de lui.Imagine-t-on le Mémorial racontant par le menu la lente agonie ? la lente altération des facultés intellectuelles de l’Empereur, ses mesquineries que Bertrand note dans son style télégraphique ? Le Napoléon que Las Cases nous a légué est plus attachant, plus beau. Philosophe, il est assis sous un arbre, les bras croisés, et devise comme un sage, déjà en dehors du monde.Sans aucun doute, Napoléon était un peu cela, mais pas seulement, et il appartient à ceux que ses dernières années de vie intéressent, de rechercher dans les autres journaux, en se livrant d’abord à une étude de fond sur leur nature, de déterminer les autres facettes de cet homme étonnant.Les témoignages de Sainte-Hélène ne portent pas seulement sur Napoléon, car, même s’il en est le sujet exclusif, ils permettent aussi, par leur multitude et leur sujet (les actes et les paroles d’un seul homme dans un endroit clos), d’estimer la part d’incertitude auquel se heurte systématiquement l’historien face à des récits portant sur le même épisode.L’incertitude naît de la subjectivité humaine, tout ce qui est nous et que nous ne disons pas : nos partis pris, notre culture, notre presbytie même qui nous empêchera de voir correctement un événement ; nos intentions enfin, cette fois conscientes, qui vont orienter le récit. Intentionnelle ou non, la subjectivité révèle l’homme qui écrit et est inévitable ; elle conduit donc à la diversité des points de vue et rend impossible le rendu d’une réalité que nous ne percevons pas par elle-même. Plus que dans toute autre journal de Sainte-Hélène, celui de Las Cases nous paraît emblématique de ce primat de la subjectivité.Tous n’ont qu’un objet, Napoléon captif ; un lieu d’action, une île perdue, et une période (six ans au maximum). Ils portent sur des péripéties, et n’ont d’intérêt, en vérité, que pour la personne, Napoléon, qui en est le héros. A juste titre, on serait tenté de considérer ces témoignages comme appartenant à la « petite » histoire, au domaine de l’anecdote, s’ils n’étaient aussi la possibilité de toucher du doigt, en quelque sorte, et d’évaluer ce qui constitue le défi majeur de tout récit historique : la subjectivité de l’auteur. Elle éclate partout, à tout instant, pour les moindres détails. L’historien de Sainte-Hélène en est réduit à un travail d’élimination et à rechercher le probable.Cela n’est possible que si la subjectivité de chacun des protagonistes a été analysée et jaugée. Ce travail à notre sens n’a pas encore été fait totalement


Richesse inépuisable des témoignages de Sainte-Hélène. Revue du Souvenir Napoléonien, février-mars 2003.
Les origines de la légende napoléonienne, éditions Calman Levy.
Mémorial de Sainte-Hélène, éditions Garnier Frères 1961, page 5.
Emmanuel de Las Cases, dans sa biographie Las Cases, le mémorialiste de Napoléon, édition Fayard, page 194, ne la cite pas. Jean Pierre Gaubert, dans son Las Cases, l’abeille de Napoléon, édition Loubatière, 2003, la reprend, sans commentaire, comme Octave Aubry et Paul Ganière (légèrement modifiée) etc.
Bloc-note du 2 août 1959, cité par Gaubert op.cit.
Austerlitz, 2 décembre 1805, Edition fayard, p.19.
Journal de Sainte-Hélène, Edition Flammarion 1947; p.66
Le masque prophète et autres écrits de jeunesse.publié par M. Vox. Paris 1945. Texte consulté sur www.bmlisieux.com
Les paradis artificiels.
Mémorial, tome 1, p.252.
Mémorial, tome 1, p.761.
Mémorial, tome II, p. 249
Mémorial, p 525, op.cit.
Mémorial, tome II, p. 52. Op.cit.
Mémorial, tome I, p.406. op.cit.
Mémorial de Sainte Hélène, op. cit, p.158
Journal de Sainte-Hélène, op.cit p. 61.
Mémoires de Marchand, tome II, p.125
Journal de bord du secrétaire de l’amiral Cockburn, dans Napoléon à bord du Northumberland. Plon, 1936. p.136. Ce témoignage est d’autant plus indiscutable qu’il était de Glover, secrétaire de Cockburn, qui n’avait aucun intérêt à révéler que son chef avait mené le navire dans une zone sans vent, qui le fit arriver à Sainte-Hélène bien après les autres bateaux qui l’accompagnaient.
Mémorial, tome I, p.162. Op.cit.
idem.
Mémorial, tome II, 8 novembre 1816, p. 534.
Mémorial, tome I, op.cit., p.163
Gourgaud, Journal de Sainte-Hélène, op.cit., p.63
Austerlitz, 2 décembre 1805. Op.cit. p. 231.
Récemment encore Jacques Jourquin, dans Sainte-Hélène, île de mémoire, Fayard 2005, se fait écho des doutes sur le désintéressement de Las Cases (p. 143).

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07/03/2021, 08:43

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Les Ensablés - Vache tachetée et concombre fugitif d'Octave Mirbeau

Octave Mirbeau (1848-1917) n'est pas un ensablé, ne serait-ce que par le film tiré de son roman, Journal d'une femme de chambre, avec Jeanne Moreau et Michel Piccoli, et sa pièce célèbre Les Affaires sont les affaires. Mais c'est peu au regard de la masse d'écrits qu'il a laissée à la postérité. Et notamment, trop oubliés, ses contes publiés dans la presse, et qu'il considérait comme alimentaires... À tort. Je puis l'affirmer après avoir lu la réédition d'une partie d'entre eux par l'Arbre Vengeur dans sa collection "L'exhumérante". Par Hervé Bel.

21/02/2021, 07:31

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Les Ensablés – Le pain quotidien d'Henri Poulaille

Henri Poulaille, Henry Poulaille en littérature (1896-1980), est souvent considéré comme le créateur du courant de la littérature prolétarienne. Directeur de presse chez Grasset, il fonde également une dizaine de revues libertaires dans lesquelles il promeut la littérature d’expression populaire et les utopies sociales : Nouvel Âge, Prolétariat ou encore À Contre-courant. Il publie ou fait publier de nombreux auteurs français et étrangers, parmi lesquels Henri Barbusse, Lucien Bourgeois, Blaise Cendrars, Eugène Dabit, John Dos Passos, Jean Giono, Panaït Istrati, Charles Ferdinand Ramuz... Le Pain quotidien a obtenu en 1954 le prix des bouquinistes. Par Pascal Malbrunot

31/01/2021, 14:03

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Les Ensablés – Le crime de l'omnibus, de Fortuné de Boisgobey

Aujourd’hui, un roman de Fortuné de Boisgobey (1821-1891), Le crime de l’omnibus (1881) ; une curiosité assurément, mais dont la lecture reste un plaisir... peut-être parce que, comme le nom de son auteur, elle évoque un temps suranné. Avec ce texte, c’est tout un monde qui ressuscite, une ambiance qui annonce les enquêtes de Gaston Leroux ou de Maurice Leblanc. Plongeons-nous donc, ensemble dans le Paris de la fin du dix-neuvième siècle.

Par Hervé Bel

17/01/2021, 10:55

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Les Ensablés – Confession de minuit, de Georges Duhamel, un inconnu au pays des anti-héros

L’écrivain et académicien Georges Duhamel (prix Goncourt 1918 pour son roman Civilisation) entamait en 1920 avec Confession de minuit un cycle romanesque Vie et aventures de Salavin tout entier consacré à un personnage de parfait antihéros : Louis Salavin. Les éditions de la Belle Étoile ont la bonne idée de ressusciter en format poche ce texte oublié et pourtant majeur par bien des aspects. Ce titre, la Confession de minuit, a été classé par Le Figaro littéraire comme un des douze meilleurs romans de la première partie du XXe siècle. Inconnu, levez-vous ! 

03/01/2021, 10:07

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Les Ensablés – Les origines de la Renaissance d'Émile Gebhart (1839-1908)

Elle raisonnait facilement sur la peinture italienne ou flamande, sur le moyen âge ou la renaissance. Le bal de Sceaux est une nouvelle publiée en 1830, dans laquelle Balzac nous donne la peinture admirable d’une époque, nouvelle dont la profonde leçon morale qui frappe Emilie de Fontaine a été méditée par tous ceux qui furent tentés de soumettre l’amour à un calcul social.

20/12/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La vie d'un simple" d'Emile Guillaumin (1873-1951)

Le prix Renaudot 2020 attribué à Marie-Hélène Lafon pour Histoire du fils nous rappelle que les romans paysans ont souvent recueilli le suffrage des prix littéraires. Récemment, nous évoquions Campagne de Raymonde Vincent récompensée en 1937 par le prix Femina. Cette même année, Jean Rogissart avec son roman Mervale obtenait le Renaudot... Aujourd'hui, nous parlerons de l'admirable Vie d'un simple de Emile Guillaumin qui, par sa facture, fait aussitôt penser à Marie-Claire (Prix Femina 1910) de Marguerite Audoux.

06/12/2020, 00:00

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Les Ensablés - « L’axel littéraire de Jeanine Garanger » par François Ouellet

Voici un cas inattendu : Jeanine Garanger, née Hagnauer, étudiante en droit et championne de patin artistique qui devait publier deux ou trois choses assez délicates dans les années 1930, avant de disparaître complètement de la scène littéraire.

22/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - À l'ombre de Maurice Genevoix, par Elisabeth Guichard-Roche

Le 6 novembre 2018, le Président de la République était dans la Meuse, aux Eparges, lieu d’une terrible boucherie durant la première guerre mondiale. Recueilli devant la statue de Genevoix, il annonçait son entrée au Panthéon pour le 11 novembre 2020. Il y aura deux panthéonisations : celle du romancier et celle à titre collectif de ceux de quatorze annonçant la Nation combattante.

Depuis 10 années, les Ensablés explorent la littérature du XXème siècle, et il nous est venu l’idée de répertorier les écrivains qui ont connu la Grande Guerre et dont nous avons abordé les œuvres. Cela constitue en quelque sorte notre Monument aux morts, pour ne jamais oublier…

11/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Il nous est arrivé d'être jeunes" de François Bott

Une fois de plus, on en revient à cette collection de poche dirigée par Alice Déon, "La petite Vermillon" qui m'enchante depuis plusieurs années. Indifférente à la mode, La Table Ronde ose rééditer des textes qui ne feront certes pas la une des journaux littéraires de plus en plus conformistes, mais ravissent ceux pour qui la littérature est l'affaire de leur vie.

Aujourd'hui, il me faut parler d'un livre qui m'a ravi "Il nous est arrivé d'être jeune" de François Bott.

01/11/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Captain Cap" d'Alphonse Allais

« Jetons par-dessus bord paperasses et registres, et avec les ronds de cuir de ces incapables, faisons des bouées de sauvetage. »
Tel est l’un des principaux points de la profession de foi d’Albert Caperon, dit Captain Cap, candidat aux élections législatives de 1893. « Anti bureaucrate » et anti européen » il se présente comme un aventurier qui a passé « les trois quarts de sa vie sur mer et les deux tiers de son existence sur les terres vierges. »

18/10/2020, 09:00

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Les Ensablés – Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) par le comte de Fels

Le temps des vacances s'approche, ou s'éloigne : souvenez-vous, nous avions passé l’été à travers la Provence, en compagnie de Jean-Louis Vaudoyer. Cette fois, nous n’irons pas si loin, à peine pousserons-nous aux limites du département de la Seine-et-Oise ! Car nous sommes en 1927 et Jean-Louis Vaudoyer m’a demandé d’interviewer le comte de Fels, pour sa biographie d’Ange-Jacques Gabriel [1]. Le moyen de refuser ?

04/10/2020, 09:00

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Les Ensablés - L’incertitude amoureuse de René Laporte (1905-1954)

René Laporte est né à Toulouse dans une famille bourgeoise de magistrats et d’universitaires. Il fait des études de droit, mais lance, à dix-neuf ans, une revue bi-mestrielle, Les Cahiers libres, artistiques et littéraires, puis fonde les éditions du même nom qui, entre 1925 et 1934, publieront environ 150 ouvrages.

20/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac: “Le vélo” de René Fallet

L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Monsieur Ripois et la Némésis" de Louis Hémon

Don Juan: subst. masc. Séducteur, le plus souvent libertin et sans scrupule (définition du Trésor de la langue française). Même s'il n'est pas un libertin, Monsieur Ripois, le héros du roman de Louis Hémon (1880-1913), est assurément un don Juan. Il séduit les femmes qu'il rencontre et les exploite sans scrupule. Mais, contrairement à son auguste ancêtre, Monsieur Ripois n'a aucune classe; il ne s'attaque qu'aux petites ouvrières, puis aux femmes fragiles, celles qu'il est certain de pouvoir conquérir et exploiter.

12/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Visage perdu" de Roger Vercel, par Carl Aderhold

Visage perdu est l’un des derniers romans de Roger Vercel, paru en 1953, quatre ans avant sa mort. L’auteur de Remorques (qui a déjà fait l’objet d’une chronique sur les Ensablés) et de Capitaine Conan retrouve ici un thème qui lui est cher. Le courage qu’il faut pour affronter le quotidien.

29/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac : "La dernière harde" de Maurice Genevoix

En ce début novembre où la campagne automnale résonne des aboiements des chiens et des coups de fusil, la lecture de la Dernière Harde de Maurice Genevoix se savoure comme une gourmandise de saison. Nul besoin d’être passionné de chasse ou féru de vénerie pour partager la vie mouvementée et captivante de la harde des Orfosses.

15/12/2019, 09:00

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Les Ensablés – "Miroir du temps" d'André Suarès (1868-1948)

Paru aux éditions Bartillat, Miroir du temps est un recueil d’articles d’André Suarès - certains inédits - de préfaces, de fragments de correspondance, voire de documents plus intimes encore, comme le testament de l’écrivain : peu de livres permettront de saisir aussi complètement un auteur qui sort lentement d’un oubli et dont les plus connaisseurs parmi les lecteurs ne pouvaient citer que le Voyage du Condottiere.
Ce recueil de textes parvient à restituer, en marquant la chronologie, les thèmes qui habitent son oeuvre. Des thèmes dont l’actualité permet de rendre cet auteur à son temps tout en le ramenant au nôtre. André Suarès écrivit toute sa vie le manifeste d’un art nouveau, qu’il souhaitait tout à la fois classique et régénérateur ; à l’imitation aussi de ce Speculum majus, ce Miroir dans lequel Vincent de Beauvais mit toutes les certitudes du Moyen-Age et qui voulut, selon Louis Gillet, « lier en système tout l’héritage des connaissances venues de l’Antiquité, le legs intellectuel de la Grèce, avec les vérités de la Révélation ».             
Après avoir lu avec attention l’érudite préface de M.Barsacq, les amateurs feront de Miroir du temps l’avant-propos nécessaire aux œuvres de ce grand écrivain : toute la diversité, toutes les contradictions de l’écrivain, et l’essence de son style, sont là.

01/12/2019, 09:00

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400 ans après sa naissance, La Fontaine plus vivant que jamais 

Le 8 avril 2021 a marqué le lancement du 400e anniversaire de la naissance de Jean de La Fontaine dans sa ville natale, Château-Thierry. Le maire de Château-Thierry, Sébastien Eugène, déclare que ces commémorations sont l'occasion « de mieux connaître la personnalité et l’œuvre de Jean de La Fontaine ». 

09/04/2021, 12:20

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Micro Zouzou contre les Maxi-Zinzins : Délire interdentaire !

BANDES DESSINEES - Difficile d'imaginer que le très sérieux Picsou Magazine a publié pendant quelques numéros une aventure aussi délirante, d'un point de vue narratif et graphique, que Micro Zouzou contre les Maxi-Zinzins de Matthias Aregui et Léon Maret ! Cette histoire de vieille dame qui rêve de rejoindre un club de milliardaires et reçoit l'aide providentielle de son dentiste fou amoureux qui envoie son neveu en exploration dans les gencives et les molaires de la vieille, a dû agir sur les jeunes lecteurs comme le LSD sur les G.I. au Vietnam. Une fois les portes de la perception ouvertes, plus rien n'a la même saveur...

09/04/2021, 11:06

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Tatiana de Rosnay, Célestine du Bac : une amitié bouleversante 

BONNES FEUILLES - Lui, dix-huit ans, elle, sans âge. Un conte moderne et tendre qui flirte avec le fantastique, habité par des personnages forts que tout sépare. Avec Célestine du Bac, Tatiana de Rosnay donne d’un coup de baguette magique une voix à ceux qui n’en ont pas, dans la droite lignée de La Vie devant soi de Romain Gary.

09/04/2021, 10:20

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Les Apprentis Samouraïs sont de retour ! 

BONNES FEUILLES - Sakura la kendoka, Léon le judoka et Logan le karateka sont invités par le célèbre Maître Saburo à un stage d'arts martiaux dans son dojo. Ces trois jeunes champions d'arts martiaux se retrouvent plongés dans le Japon médiéval sur la piste des derniers samouraïs du clan Minamoto.

08/04/2021, 16:08

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Explorer Paris avec la famille Oukilé

BONNES FEUILLES - Dans ce nouvel album-jeu inédit, la famille Oukilé voyage à Paris. Monsieur et madame Oukilé, leurs enfants Flore et Nestor, et le petit chien Opié se baladent dans les rues de Paris. La ville est grande et les personnages se perdent souvent. C'est au lecteur de les retrouver… 

08/04/2021, 15:55

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Le cerf-volant, un nouveau livre de Laetitia Colombani en juin prochain

Les éditions Grasset annoncent la parution d'un nouveau roman de Laetitia Colombani en juin prochain. L'autrice de La Tresse publiera Le cerf-volant, récit d'une rencontre entre trois générations de femmes, où solidarité, sororité et esprit de résistance se mêlent joyeusement...

08/04/2021, 15:28

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Mort d'Antoine Martin, écrivain “tout d'élégance et d'humour”

Antoine Martin était né en 1955. Romancier, nouvelliste, traducteur d’espagnol, de catalan et d’italien « aucun code de langue latine ne pouvait lui résister. Aucun sud », indique son éditrice. Il avait adopté un style brillant et un humour sans faille à la recherche d’une littérature qui ne se prend pas au sérieux. Son éditeur, Au Diable Vauvert, lui rend hommage, alors que l'auteur est décédé d'une longue maladie.

08/04/2021, 08:57

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Jean Hatzfeld, Là où tout se tait : les cris, le silence

RECIT - Lorsque j'ai eu tourné la dernière page de Dans le nu de la vie qui est le premier des trois ouvrages constitutifs du recueil intitulé Récits des marais rwandais écrits par Jean Hatzfeld, je m'étais promis de poursuivre ma lecture, mais plus tard, une fois digérée cette première incursion dans une page des plus sombres de l'humanité (qui, dans ces cas-là, ne mérite plus du tout de « h » majuscule !). Mais quand Là où tout se tait m'a récemment été offert suite à sa parution tout aussi récente, alors que le malaise ressenti précédemment est encore loin d'être totalement dissipé, cela a un peu « forcé la main » de mes lectures. Ce livre n'a en rien dissipé mon trouble. Bien au contraire.

07/04/2021, 19:27

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L'univers sous mes pieds, la tête dans les étoiles. 

ESSAI - Le livre de Blandine Pluchet commence comme un film en accéléré : du Big Bang aux premiers atomes, des forces gravitationnelles aux étoiles, aux galaxies et aux trous noirs, des poussières d'étoiles aux planètes, astéroïdes et comètes, de l'espace intersidéral à la vie ! Un réveil assez époustouflant qui lui aura été soufflé par l'observation d'une nuit à la « belle étoile ».

07/04/2021, 17:29

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L'Espionne de Marie-Aude Murail : des secrets dans les cases 

BONNES FEUILLES - Shhhhhhhhht ! C'est tout de même curieux... Mais où était donc passée l'espionne ??? Au fait, la reconnaissez-vous ? C'est sous l'irrésistible trait d'Eglantine Ceulemans que Romarine, l'héroïne de Marie-Aude Murail, fait son entrée chez BD Kids. 

 

07/04/2021, 15:48

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Les Collectionneurs d'images : Féroe, la traversée des îles

BONNES FEUILLES - Djalli mourut le premier d’une méningite, Ingimar fut emporté au fond de l’eau par un filet de pêche, on retrouva le corps de Staffan dans la commune libre de Christiania à Copenhague, Fríðrikur fut lâchement assassiné, Olaf mourut d’une maladie interdite et Kári fit leur éloge funèbre. Les Collectionneurs d'images de Jóanes Nielsen les suit durant plus de quarante années, offrant à la littérature nordique un chef-d’oeuvre de vie, de rires et de larmes .

07/04/2021, 15:14

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Le dessinateur et scénariste Michel Koeniguer est mort

Créateur de la trilogie Bushido, Michel Koeniguer s’était peu à peu spécialisé dans le domaine des séries de guerres, illustrant avec brio les conflits irakien et vietnamien. Il est mort ce 6 avril 2021 d’un arrêt cardiaque à 49 ans.

 

07/04/2021, 12:34

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Cinq femmes, trois générations, une grande histoire d'amour.

BONNES FEUILLES - De l'Inde aux États-Unis, les destins entremêlés de femmes incroyables. Tara et Sonia ont respectivement 17 et 15 ans lorsque leurs parents décident de quitter l’Angleterre pour s’installer aux États-Unis au début des années 70. D’origine bengali, elles vont devoir apprendre à mêler les traditions familiales avec leur nouvelle vie américaine.

07/04/2021, 09:24

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Journée parfaite : prendre le temps d'être heureux 

ALBUM JEUNESSE - Une forêt, quelques arbres, un bosquet : le décor est posé. Aux animaux maintenant de l’habiter, au lapin de s’y mouvoir, d’interagir avec d’autres bêtes et vivre chaque moment intensément. Toutes les activités sont considérées avec une même importance et le jeu se hisse au niveau de la réflexion, du frisson, du repos ou de l’amour. Ce livre engage ainsi à profiter de chaque occupation et contrarie cette idée par trop répandue qu’il faut rentabiliser son temps : chaque instant, quel qu’il soit, passe et il est important de le goûter. Journée parfaite nous montre avec délicatesse que le temps s’écoule doucement à travers la simplicité des tâches qui permettent de l’apprécier.

06/04/2021, 18:43

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Artiste hongroise engagée, Krisztina Tóth, en résidence à Cognac

Krisztina Tóth, autrice hongroise réputée, sera présente à Cognac du 16 octobre au 22 novembre 2021 dans le cadre de la résidence d’écriture Jean Monnet. Autrice renommée et engagée, elle a récemment fait l’objet de pressions de la part du gouvernement Orbán. 

06/04/2021, 18:22

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L'Odeur de la pluie : grandir trop vite, franchir les frontières 

YOUNG ADULT - L’Odeur de la pluie est un roman qui ose, un roman qui expose la teinte parfois sombre des événements qui poussent un adolescent à grandir trop vite. Dans son premier livre, Gwendoline Vervel va plus loin dans le roman d’apprentissage. Plus que la transformation du corps, l’auteure n’a pas peur d’aborder des sujets difficiles tels que le harcèlement, les agressions sexuelles et le viol. 

06/04/2021, 15:05

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Des graffs dans la nuit : au fond des grottes, l'éblouissement de l'énigme 

RECIT FRANCOPHONE - Depuis l’enfance où son père instituteur l’amenait récolter des fragments de poterie, des silex ou des dents humaines dans les grottes ou au pied des dolmens de l’Ardèche, Jean-Jacques Salgon, écrivain et scientifique de formation, passionné d’art, a gardé un goût prononcé pour la préhistoire. En 2004, il a eu la chance de visiter la grotte Chauvet et, plus récemment, celle moins connue de Baume Latrone, dans le Gard...

06/04/2021, 14:31

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Mini cache-cache Petit Ours Brun : Où êtes-vous, petites fraises ? 

Une nouvelle collection de livres à volets en feutrine colorée pour les tout-petits. Où se cachent les fraises, le hérisson et le soleil ? Six objets du jardin sont à retrouver derrière des volets, pour le plaisir et l’émerveillement des tout-petits. 

06/04/2021, 10:33

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Décès de Jeanne Hyvrard, juriste, autrice et féministe

Autrice d’une vingtaine d’ouvrages, Jeanne Hyvrard était née à Paris en 1945. Économiste de formation et de profession, elle aura, durant une quarantaine d’années, multiplié les œuvres littéraires originales : romans, théories-fictions, récits, essais, poèmes, chansons de geste et même un livret d’opéra.

05/04/2021, 11:50

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Dante est mort ! Vive Durante degli Alighieri !

HISTOIRE - Il y a 700 ans disparaissait un génie. Il y a 700 ans, Dante nous quittait et nous ne nous en sommes toujours pas remis. Des monuments, des films, des partitions musicales, des jeux vidéo, son profil sur la pièce italienne de 2€ et depuis le 25 mars 2020, une journée officielle de commémoration approuvée par le Conseil des ministres italien. Et tout cela majoritairement grâce à une œuvre, la Divine Comédie. 700 ans plus tard, un autre livre fait date, celui d’Alessandro Barbero, spécialiste d’histoire médiévale, publié chez Flammarion et traduit de l’italien par Sophie Royère. Son titre ? Dante

05/04/2021, 11:31

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Jésus comme un roman : Marie-Aude Murail sur les traces du Christ

« Tu peux croire en Dieu, ou pas. Tu peux croire en ce Dieu-ci plutôt qu’en ce Dieu-là. Ce que cet homme, ce Jésus a dit, ce qu’il a vécu il y a plus de 2000 ans, n’est pas pour moi une question de foi, mais une question d’actualité. Réfléchir sur son message peut infléchir notre vie et bousculer notre façon d’aimer », assure Marie-Aude Murail.

02/04/2021, 16:13

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Frère Wulf de Joseph Delaney : découvrez le spin-off de L'Épouvanteur

BONNES FEUILLES – Voici un roman qui signe le retour très attendu de Tom Ward et la naissance d'un nouvel épouvanteur ! Joseph Delaney entame un spin-off de la saga culte, avec le retour de personnages incontournables, Tom Ward et Alice, et l’arrivée de nouveaux, Frère Wulf et William Johnson. Le tout ouvrant des portes sur un nouveau monde, les Enfers, où règne une puissante antagoniste, Circé, déesse tout aussi terrifiante que fascinante. 

 

 

02/04/2021, 16:11

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La toile implacable de La Femme de l'ombre 

POLAR GLACIAIRE - Fin 1940 : cela fait déjà plusieurs mois que, après une attaque fulgurante, les armées allemandes ont envahi le Danemark. Ce soir-là, Osvaldur, un étudiant en médecine islandais inscrit en faculté à Copenhague, rentre chez lui, inquiet : il a appris que la Gestapo a arrêté Christian, un étudiant qui, comme lui, s'est engagé dans la lutte de l'ombre contre l'envahisseur.

01/04/2021, 16:24

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Les enquêtes du Docteur Énigmus : La malédiction des 12 portes

Intrigués par le testament du grand-oncle d'Énigmus, l'inspecteur et sa fidèle acolyte, Tatiana, se retrouvent projetés à travers onze univers merveilleux... ou terrifiants ! Ce n'est qu'en répondant aux énigmes qui leur sont posées qu'ils pourront se sortir de ces mondes étranges et déroutants. Ce livre d'énigmes régalera les 8-12 ans avides de mystères et d'enquêtes à résoudre. 

01/04/2021, 15:10

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Énigmes à tous les étages 8 : arts, arnaques et micmacs

Le huitième volume de la collection, 12 énigmes originales à résoudre, avec pour chacune un domaine artistique différent, des personnages loufoques, des situations farfelues. Cette fois, les énigmes se déroulent dans tous les milieux de l'art ! Un livre-jeu au concept unique sur le marché de l'édition jeunesse : de grandes doubles-pages à plier qui se transforment à chaque enquête pour le plaisir du lecteur qui s'improvise détective, cette fois-ci dans le monde déjanté des arts. 

01/04/2021, 15:10

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Aller-double de Pef : libres roues sur les chemins d'enfance

BONNES FEUILLES - Bien sûr Motordu et sa belle lisse poire, bien sûr, le monstre poilu... Si Pef est connu de millions d'écoliers, on le connait moins devenu grand, trésor de délicatesse et d'humour. Sachez-le, Pef est né avec un guidon entre les mains. Et pour lui, un vélo n’est pas autre chose qu’un avion rivé au sol mais qui s’incline avec grâce dans les virages...

31/03/2021, 17:26