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Napoléon et Las Cases, une collaboration littéraire

Tout est dans le verbe et l’attitude

Le 30/03/2012 à 17:21 par Les ensablés

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30/03/2012 à 17:21

Les ensablés

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De 1815 à 1821, des Français et des Anglais, jetés sur l’île de Sainte-Hélène à la suite d’événements assez extraordinaires, ont pris des notes sur ce qu’ils voyaient et entendaient . Beaucoup se sont contentés d’écrire un journal au jour le jour, à usage privé, dont le contenu ne laisse de surprendre le lecteur par son caractère spontané. Ces écrits sont d’ailleurs parus après leur mort (Gourgaud, Bertrand, Gorrecquer par exemple) par la volonté de leurs descendants. D’autres, plus ambitieux, ont publié de leur vivant leurs notes, utilisant la forme du journal intime, mais sans doute par commodité. Presque tous les témoins, en effet, comme nous le soulignions dans un article, avaient peu de familiarité avec la chose littéraire, de par leur fonction et leur culture.De tous ces écrits, un seul se détache vraiment par son propos et son ampleur : le Mémorial de Sainte-Hélène.Edité en 1823 avec la fortune que l’on sait, il dépassa pour des raisons connues, le succès de l’Atlas que Las Cases avait publié quelques années plutôt. L’ouvrage se présente lui aussi sous la forme d’un journal écrit au jour le jour. Contrairement aux autres diaristes de Sainte-Hélène, Las Cases était parfaitement capable, de par sa culture, de ne pas utiliser cette forme de narration. S'il l’a adoptée, c’est sans doute en raison des dictées quasi quotidienne de l’Empereur, fort longues, que des Mémoires n’auraient pu absorber, sauf à rendre le texte illisible et pénible. Le journal appartenait d’ailleurs déjà à la tradition littéraire. Celui de Montaigne a été publié en 1774, celui de Dangeau, en 1720, en extraits grâce à Voltaire puis, en 1817, aux soins de madame de Genlis, et d’autres encore.L’intérêt du Mémorial est double. Napoléon y parle longuement de son passé, de ses campagnes et de ses opinions, Las Cases se contentant, dit-il, de noter soigneusement ce qu’il entend. Entre ces longs monologues, Las Cases raconte les événements de l’île tels qu’il les perçoit. Contrairement au journal de Gourgaud par exemple, la présence du diariste est presque nulle, les péripéties quotidiennes à peine abordées, ou sinon dans le sens officiel voulu par l’Empereur. Las Cases ne fait aucune critique sur l’entourage du captif. Tandis que Gourgaud est souvent méchant à son propos, lui le cite à peine. Gonnard remarque à juste titre qu’il nomme rarement ses compagnons, préférant des formules évasives, comme « l’un de nous ».Nous ne sommes pas devant un journal intime du type de celui de Bertrand. C’est autre chose. Sa nature est hybride, à la fois œuvre d’histoire (rappelons en passant que Las Cases a écrit déjà sur le Moyen-Âge) et témoignage de la période « hélénienne ». Le Mémorial n’a rien de spontané. Il est subjectif, mais d’une subjectivité consciente, aussi bien du côté de l’observé que de l’observateur. Le caractère de l’un et de l’autre s’y manifeste, bien sûr, mais arrangé, retravaillé par les conceptions littéraires des deux protagonistes. Le Mémorial étant une œuvre à part, appartenant aussi bien à l’histoire qu’à la littérature (il n’est pas anodin de relever sa publication dans La Pléiade), ce sont les rapports de Las Cases et Napoléon avec la chose écrite qui doivent être, selon nous, d’abord envisagés pour évaluer la valeur du témoignage.Le chambellan Las Cases a beau jeu de commencer son journal par ce préambule : J’entreprends d’inscrire ici, jour par jour, tout ce qu’a dit et fait l’empereur Napoléon, durant le temps où je me suis trouvé près de lui.Son intention avouée est donc d’être exhaustif, il veut tout dire, et cela dans un journal à caractère homodiégétique (texte dont le diariste n’est pas le sujet principal), mais son premier soin, après sa déclaration d’intention est de nous raconter sa propre histoire, forcément arrangée et flatteuse. Il clôt sa courte autobiographie par cette anecdote « sublime ». Napoléon lui dit, alors qu’il souhaite le suivre dans l’exil « Mais savez-vous  jusqu’où votre offre peut vous conduire ? », il répond : « Je ne l’ai point calculé. » Il se peut qu’il n’ait jamais prononcé une telle parole, ou au contraire qu’il l’ait dite, peu importe, qu’il la mentionne montre assez son goût de la belle phrase et surtout affiche son désintéressement, indispensable pour celui qui veut dire la vérité. Il n'hésite pas à confier l’intensité de son attachement : J’étais plein d’admiration ; et il n’est, comme on sait, qu’un pas de l’admiration à l’amour.Vrai ou faux, cet amour, qui suppose l’abnégation, est le filtre par lequel passe tout ce que nous dit Las Cases de ce qu’il voit et entend. Toujours dans le préambule, il ne peut s’empêcher d’indiquer qu’il a déjà écrit un livre qui fit sa fortune. Il est écrivain et tient à le faire savoir. Il a du métier, son style est d’ailleurs classique, construit, avec des mots choisis.Tout cela jette la suspicion dès lors que nous lisons le Mémorial en historien et non en « littéraire ». François Mauriac ne dit pas autre chose lorsque, rappelant qu’il a toujours exécré Napoléon, il ajoute : « (…) j’admire que, lisant Le Mémorial, un charme agisse sur moi, le même qui enchaîna tant d’hommes à ce conquérant. »On n’a peut-être pas assez répété que le sujet même des écrits de Sainte-Hélène, l’empereur Napoléon, savait parfaitement l’importance de la subjectivité des hommes sur leur jugement, et qu’il en a joué toute sa vie durant, et encore à Sainte-Hélène. Il faut lire ce qu’il dit à Las Cases le 20 novembre 1816 à propos de la vérité historique : « un simple mot », « une fable convenue ». Ce n’était pas là une simple opinion, mais bien une conviction dont il tirait toutes les conséquences dans la pratique. Jacques Garnier, dans sa somme sur Austerlitz, met en lumière ce trait de Napoléon en un court chapitre intitulé judicieusement légende et histoire. « Il y a, écrit-il, quelque chose à la fois d’agaçant et de moderne dans la volonté de Napoléon  de modeler son image à travers la mise en scène de sa propre action. » Et de rappeler avec quel soin il corrigeait les récits de ses batailles destinés à son peuple et à la prospérité. Il cite le comte de Castrie : « L’empereur ne veut pas qu’on dise que cela s’est passé ainsi. » Telle était la réponse dont on se servait pour repousser les faits les plus avérés.Certes Napoléon manipule. Le mot est sans doute un instrument à ses yeux. A Sainte-Hélène, dans sa lutte contre Lowe, il continue à agir comme il a toujours agi, nie les faits avec véhémence, parfois même à l’encontre de toutes les évidences, surtout au début de la captivité. Comment croire ainsi qu’il puisse penser sincèrement, comme il le dit au pauvre général célibataire qu’est Gourgaud, qu’il le mariera à Paris, « d’une manière convenable », alors que nous sommes le 19 octobre 1815, soit quatre jours après son arrivée sur l’île et quatre mois après Waterloo ? Ce serait faire injure à son sens aigu des réalités. Mais il a bien dit la chose, n’en doutons pas (Gourgaud n’est pas Las Cases), et s’il l’a prononcée, c’est, comme on dit, « pour le moral des troupes », ce nerf de la guerre, qui, si souvent, dans les instants les plus critiques, l’a fait triompher.Il ne faut surtout pas qu’il paraisse abattu. Sa confiance en son destin, même s’il n’y croit plus, doit être éclatante, être un soleil sous lequel ses compagnons pourront se réchauffer et auquel, peut-être, car son désespoir était bien réel, il finira par croire lui même.La manipulation n’est qu’une des manifestations d’une pensée plus profonde, relative au mot, au concept. De par son expérience, Napoléon n’ignore pas que la subjectivité a des effets sur la réalité, qu’elle en est même un élément objectif pour la comprendre. Aux yeux des spectateurs, paraître, c’est être. Le mot et l’attitude remplacent ou modifient la chose qu’ils suggèrent ; ils la font exister. C’est par son récit d’Eylau, par son attitude sur le champ de bataille, que Napoléon transforme cette rencontre indécise en victoire.Dans une de ses nouvelles intitulée Le masque prophète, Bonaparte narre l’histoire de Hakem (voir notre article là-dessus), fondateur d’une secte dont la puissance finit par menacer le prince de Bagdad. Mais Hakem tombe malade. Lui qui était « le plus beau des arabes » est défiguré.Ce changement eût pu ralentir l’enthousiasme de ses partisans. Il imagina de porter un masque d’argent. Il parut au milieu de ses sectateurs ; Hakem n’avait rien perdu de son éloquence. Son discours avait la même force ; il leur parla, et les convainquit qu’il ne portait le masque que pour empêcher les hommes d’être éblouis par la lumière qui sortait de sa figure.Que nous dit ce texte, sinon la toute puissance de la dissimulation et du verbe ? Bien qu’affaibli, Hakem paraît plus fort, plus séduisant encore, et il l’est de fait aux yeux de ses disciples. En ce sens, Napoléon est prométhéen. Il y a aussi, dans cette attitude, quelque chose d’enfantin, le désir de croire que, comme dans les contes (Las Cases et Napoléon en ont écrit dans leur jeunesse), la vie peut se transformer par des formules magiques. L’Empereur, d’ailleurs, aime les enfants, et il n’est qu’à se souvenir de ses jeux avec Betzy Balcombe pour s’en convaincre. Il stupéfie ses officiers par cette facilité qu’il a à la comprendre et à se mettre à son niveau. Baudelaire l’a dit :Ne serait-il pas facile de prouver (…) que le génie n’est que l’enfance nettement formulée, douée maintenant, pour s’exprimer, d’organes virils et puissants ?On comprend le lien soudain et fort qui a lié l’Empereur à Las Cases. Comme lui, Las Cases aime les lettres et croit en leur pouvoir (sinon pourquoi écrire ?). Le journal dont, et il est important de le noter, Napoléon n’ignore pas l’existence, devient certes, on la dit mille fois, un instrument de propagande, mais surtout réconcilie l’Empereur avec l’idée qu’il se fait de lui même. Sa vie, déjà extraordinaire, devient épopée sous la plume du thuriféraire ; sa vie passée bien sûr, mais aussi celle qu’il mène à Sainte-Hélène, de telle manière qu’il est difficile de se fonder sur ce texte pour approcher la réalité de la captivité. La subjectivité du texte, contrairement à d’autres journaux, est ici voulue à la fois par l’observateur et l’observé. Napoléon garde le masque, même si, par malice, il dit le contraire à Las Cases le 30  novembre 1815.Les malheurs ont aussi leur héroïsme et leur gloire… l’adversité manquait à ma carrière. Si je fusse mort sur le trône, dans les nuages de ma toute-puissance, je serais demeuré un problème pour bien des gens. Aujourd’hui, grâce au malheur, on pourra me juger à nu.Un nu singulier reflèté par les miroirs déformants du héros et du diariste. La subjectivité assumée est double, en effet. Consciente chez Napoléon, peut-être un peu moins chez Las Cases, elle conduit à dresser un portrait d’un comédien vu par un écrivain.Celui-ci-ci sait très bien à qui il a à faire, combien le comportement de Napoléon, ses paroles sont souvent biaisés et ne correspondent nullement à son état d’âme. Il écrit : C’est ainsi que souvent l’Empereur attaquait toute une masse sur de simples individus ; et il le faisait avec un grand éclat, pour qu’on en demeurât frappé davantage ; mais ses colères publiques, dont on a fait tant de bruit, n’étaient que feintes et factices.A Sainte-Hélène, l’Empereur poursuit la même stratégie face aux Anglais et même à ses proches. Précisons cependant qu’elle n’était pas seulement voulue mais aussi subie. Les circonstances l’empêchaient d’être complètement naturel. Il se savait sans cesse observé, épié, par ses geôliers et surtout par ses compagnons qui, le soir venu, s’enfermaient dans leurs chambres pour écrire ce qu’ils avaient vu. Pour mieux se rendre compte de ce qu’il devait ressentir, imaginons notre réaction si nous savions notre vie surveillée pour toujours par une caméra et commentée ensuite, pendant des heures, par une foule de spectateurs. La comédie, dans ces conditions, devient nécessaire.Tacitement, Las Cases l’accepte et la met en scène, grossissant ainsi, par son goût pour la littérature, la distortion entre la perception immédiate et son interprétation.Les goûts littéraires du captifNapoléon aime à parler de littérature. Le Mémorial, plus que tous les autres journaux de Sainte-Hélène, place des propos littéraires dans la bouche de l’Empereur. Il a une très haute opinion de la littérature. Elle ne saurait être la nourriture du peuple, dit-il, elle doit demeurer « celle de gens délicats ». Parfois, il confond la littérature avec l’histoire à laquelle il aurait tellement aimé se consacrer. Il aurait aussi prononcé cette belle parole : « La France, c’est le français quand il est bien écrit ».Malgré son goût pour la Nouvelle Héloise, il préfère l’Antiquité et son style. Paoli lui aurait dit un jour : « O Napoléon ! tu n’as rien de moderne ! tu appartiens tout à fait à Plutarque. »Pendant les interminables soirées de Longwood, devant ses compagnons, l’Empereur se livre à des critiques littéraires qui, n’en doutons pas, n’ont pu qu’influencer le rédacteur du Mémorial. Le 22 avril 1816, il déclare au sujet du Mahomet de Voltaire que : Voltaire (…) avait ici manqué à l’histoire et au coeur humain. Il prostituait le grand caractère de Mahomet par les intrigues les plus basses.Le grand homme ne peut pas être un intrigant. Il est au dessus des bassesses humaines. Le rendre semblable aux autres, c’est empêcher le lecteur de comprendre sa grandeur et même de l’apercevoir.Un soir, il lit Atrée et Thyeste, de Crébillon. Cette pièce nous a paru horrible, nous l’avons trouvé dégoûtante, et nullement tragique. L’empereur n’a pu l’achever.Le genre littéraire qu’il préfère, en effet, c’est la tragédie. Fort logiquement, il n’aime ni Crébillon, ni Beaumarchais.La tragédie (…) échauffe l’âme, élève le coeur, peut et doit créer des héros. Sous ce rapport, peut-être la France doit à Corneille une partie de ses belles actions.Pour comprendre l’importance de cette remarque dans notre approche du Mémorial, il n’est qu’à rappeler la définition de la tragédie donnée par le Robert, une œuvre « représentant quelque grand malheur arrivé à des personnages célèbres de la légende. (…) dont les événements, par le jeu de certaines règles ou bienséances se traduisent essentiellement en conflits intérieurs chez des personnages illustres aux prises avec un destin exceptionnel. »Lui même ne désirait pas écrire ses mémoires. Il le dit clairement le 20 novembre 1816, à la suite de ses considérations sur la vérité historique citées plus haut. Je ne pouvais descendre à des confessions à la Jean-Jacques, qui eussent été attaqués par le premier venu.Et cependant, tout en prononçant ces paroles, il sait qu’au même moment Las Cases relève le propos, qu’à côté des dictées sur les actes publics de l’Empire, le littérateur décrit ce qui se passe à Longwood. Peut-on raisonnablement penser que Las Cases, dans la rédaction de son journal, n’a pas tenu compte de ces remarques lorsqu’il a mis au net toutes ses notes ? N’y a-t-il pas, dans sa façon de raconter, dans le choix des événements de Sainte-Hélène qu’il présente, le désir de faire de Napoléon un personnage tragique ?D’ailleurs, une fois au moins, Napoléon a eu le loisir de lire le texte de Las Cases et l’a approuvé, n’y revenant plus, satisfait sans doute du portrait qui était fait de lui. Sous ce jour, le Mémorial peut apparaître comme une œuvre commune, une correspondance exacte entre les intentions de l’écrivain et celles de l’Empereur déchu, personnage tragique, écrasé par le monde ligué contre lui, alors qu’il voulait le sauver, et condamné à souffrir sa déchéance en ne la montrant pas, ou sinon par allusion significative et, implicite; ce qui oblige à une économie de moyens astucieuse.Un exemple significatif : comment Las Cases raconte l’arrivée à Sainte-HélèneL’arrivée de Napoléon à Sainte-Hélène, racontée par le Mémorial, est, parmi tant d’autres, un exemple significatif. Littérairement, et pour le prestige du captif, il faut que l’événement doit être sobre et poignant. Le samedi 7 octobre 1815, à une semaine de Sainte-Hélène, Las Cases indique : Les vents constants du sud ouest étaient devenus une véritable calamité ; nous reculions au lieu d’avancer ; nous nous enfonçions tout à fait dans le golfe de Guinée. Nous y aperçûmes un bâtiment qu’on fit reconnaître : c’était un Français égaré comme nous, et hors de sa route.Ulysse n’est pas loin, qui erre sur la mer plate. Le 8 octobre 1816 : Le temps était d’une obstination sans exemple. Chaque soir on se consolait de la contrariété du jour, dans l’espoir d’une crise heureuse de la nuit ; mais chaque matin on se réveillait avec le même chagrin (…) Le découragement était extrême, l’ennui au dernier degré. (…) Quant à l’empereur, il y semblait plus insensible encore, il ne voyait dans tout cela que des jours écoulés.Pour la même période, le journal de Gourgaud est beaucoup plus lapidaire. De cette malédiction qui semble peser sur le navire, il n’en dit mot. Ce même 4 octobre, il signale la position du navire puis précise que Napoléon a travaillé avec lui jusqu’à 11 heures. Le 8, à nouveau la position du navire, et la mention d’un pari entre Montholon et lui à propos de la date probable de l’arrivée.Cependant, le témoignage de Marchand et de Glover confirment bien les difficultés du navire à rejoindre la fameuse île. Ce dernier point est fondamental : les informations fournies par Las Cases ne sont pas forcément fausses parce qu’elles obéissent à un traitement littéraire : elles sont seulement  présentées différemment des autres journaux, essentiellement par le style, par leur agencement, et sans doute leur sélection.Le 14 octobre, Sainte-Hélène est en vue.L’Empereur gagna l’avant du vaisseau pour voir la terre, et crut l’apercevoir ; moi, je ne vis rien. Nous restâmes en panne toute la nuit.Le lendemain, l’île est parfaitement visible. Le bateau jette l’ancre vers midi. C’est là, dit Las Cases, « le premier anneau de la chaîne qui va clouer le moderne Prométhée sur son roc. » La phrase est certes pompeuse, dans le style du temps, mais elle fait aussi indirectement référence au Prométhée enchaîné d’Eschyle, « père de la tragédie » dont l’Empereur, à propos d’une autre pièce, loue, comme par hasard, « l’extrême force, jointe à la grande simplicité ». Prométhée est celui qui a donné l’espoir et le feu aux hommes, autrement dit l’intelligence qui leur permet de connaître les lois de l’univers, et en s’appuyant sur elles à devenir libres. Napoléon, dans le Mémorial, explique l’histoire et révèle ce qu’eût été son règne s’il n’avait été contraint à la guerre perpétuelle. Il eût été celui par lequel la liberté politique aurait été enfin établie. Ce n’est que partie remise, un jour, vivant ou mort, le nouveau Prométhée sera libéré et reconnu, son message sauvé par le Livre. En attendant, son supplice commence, sa tragique destinée s’accomplit.Napoléon est devant Sainte-Hélène. Las Cases la décrit à peine (« d’énormes rochers arides et pelés », « les crêtes hérissées de canons »). Il préfère s’attarder sur Napoléon.L’Empereur parcourait le tout avec sa lunette ; j’étais à côté de lui ; mes yeux fixaient constamment son visage , je n’ai pu surprendre la plus légère impression, et pourtant c’était là désormais peut-être sa prison perpétuelle ! Peut-être son tombeau !… (…)  L’Empereur est rentré bientôt après ; il m’a fait appeler, et nous avons travaillé comme de coutume.D’un côté, l’impassibilité de Napoléon qui, pareil à Prométhée, refuse de transiger avec Zeus, son bourreau, et subit sa torture avec courage. De l’autre, l’homme du commun, Las Cases qui s’étonne. Peu de mots sur cet instant crucial, potentiellement si riche en digressions romantiques. Peu d’effets, mais tout est dit. Le Mémorial montrera un héros que rien n’atteint, car la nature l’a placé entre Dieu (les dieux, a-t-on envie d’écrire) et les hommes.Il est intéressant de lire comment les autres diaristes ont décrit la même scène. Chez Gourgaud, aucune description de l’île, mais l’Empereur n’est pas silencieux en la découvrant. Il s’écrie : Ce n’est pas un joli séjour. J’aurais mieux fait de rester en Egypte : je serais à présent empereur de tout l’Orient.On estime le journal de Gourgaud, avec celui de Bertrand, comme les plus spontanés, les moins travaillés. En l’espèce, c’est tout le contraire. Napoléon y prononce une phrase « historique »… Qu’en est-il ?D’abord, cette phrase a un goût de déjà vu. Jacques Garnier cite une anecdote racontée par Ségur, dans ses Mémoires. Un aide de camp de Napoléon. Le 1er décembre 1805 au soir, Napoléon dîne avec ses principaux généraux. La conversation roule sur la littérature, plus particulièrement… sur la tragédie, Napoléon critiquant les nouveaux auteurs. Puis : (…) se rappelant le temps de la campagne d’Egypte : « Oui, si je m’étais emparé d’Acre, je prenais le turban ; je faisais mettre de grandes culottes à mon armée (…) C’est par des Arabes, des Grecs, des Arméniens que j’eusse achevé la guerre contre les Turcs ! Au lieu d’une bataille en Moravie, je gagnais la bataille d’Issus, je me faisais empreur d’Orient (…)La coincidence est étrange. C’est le même propos, à la veille d’une grande épreuve. Gourgaud en a peut-être entendu parler et l’aurait replacer, la jugeant à son goût. En tous les cas, Marchand ne la cite pas. Curieusement, indépendamment du style, son propos est presque semblable à celui de Las Cases : une description courte, reprenant d’ailleurs l’expression « rochers pelés » ; le silence de Napoléon ; la comparaison avec un tombeau enfin. A croire que les deux auteurs se sont concertés. La version de Marchand est cependant beaucoup plus factuelle que celle de Las Cases. Contrairement à lui, il ne se met pas en scène.Aucun journal autre que Gourgaud ne mentionne la fameuse phrase, même pas celui de Montholon qui aurait pu la lui reprendre. On peut en conclure que Napoléon n’a rien dit et n’a rien montré de ce qu’il ressentait. N’ayant rien à dire, la plupart des témoins, y compris O’Meara, passent rapidement sur l’épisode : l’île est en vue. Napoléon l’observe et ne dit mot. Puis l’on passe au lendemain, au débarquement.Le traitement de l’épisode est caractéristique de Las Cases. S’agissant d’un moment clé, il met en scène la situation, se décrit comme spectateur (permettant au lecteur de s’identifier à lui, pour mieux ressentir l’événement, dit la vérité enfin, mais l’exprime de belle manière, dans une optique littéraire, tragique : le combat de Napoléon est intérieur et suggéré, suffisamment cependant pour laisser une impression tenace au lecteur.La possibilité d’un Mémorial Les critiques de Gourgaud, de Lowe, à propos de Las Cases, le petit homme si cultivé, ont contribué à jeter un voile sur son désintéressement. Beaucoup le considèrent comme un opportuniste. Son honnêteté, son affection pour Napoléon, ne sont cependant pas douteux, comme en témoigne son comportement à son retour en Europe. Il semble que les griefs portent plutôt sur le fait qu’il aurait suivi l’Empereur dans le seul but d’écrire un bon livre et connaître la gloire.Ce reproche a-t-il un sens pour un écrivain ?  « L’on écrit que pour être entendu ; mais il faut en écrivant faire entendre de belles choses » dit La Bruyère. Chercher un sujet, le plus beau possible, le plus fascinant, c’est le but de tout écrivain, et Las Cases l’était. On oublie trop les épreuves qu’il dut subir pour écrire ce Mémorial : les heures et les heures de rédaction, le caractère de Napoléon, la méfiance des proches, puis, pendant des années, une vie errante en Europe. Tout cela, il l’accepta et ne s’en est jamais plaint. C’était le prix à payer pour rendre possible cette œuvre unique.Son départ de Sainte-Hélène intervient en 1816, sans doute arrangé, avec le consentement au moins tacite de l’Empereur. A cette époque, Longwood tenait encore : l’Empereur était en bonne santé, en possession de tous ses moyens. Son attitude avait encore cette dignité antique qui, peu à peu, disparut sous les coups de la maladie et de l’ennui. 1817 est le début de la fin. Las Cases ne la verra pas. Il a écrit l’essentiel, mis en valeur ce que Napoléon voulait laisser de lui.Imagine-t-on le Mémorial racontant par le menu la lente agonie ? la lente altération des facultés intellectuelles de l’Empereur, ses mesquineries que Bertrand note dans son style télégraphique ? Le Napoléon que Las Cases nous a légué est plus attachant, plus beau. Philosophe, il est assis sous un arbre, les bras croisés, et devise comme un sage, déjà en dehors du monde.Sans aucun doute, Napoléon était un peu cela, mais pas seulement, et il appartient à ceux que ses dernières années de vie intéressent, de rechercher dans les autres journaux, en se livrant d’abord à une étude de fond sur leur nature, de déterminer les autres facettes de cet homme étonnant.Les témoignages de Sainte-Hélène ne portent pas seulement sur Napoléon, car, même s’il en est le sujet exclusif, ils permettent aussi, par leur multitude et leur sujet (les actes et les paroles d’un seul homme dans un endroit clos), d’estimer la part d’incertitude auquel se heurte systématiquement l’historien face à des récits portant sur le même épisode.L’incertitude naît de la subjectivité humaine, tout ce qui est nous et que nous ne disons pas : nos partis pris, notre culture, notre presbytie même qui nous empêchera de voir correctement un événement ; nos intentions enfin, cette fois conscientes, qui vont orienter le récit. Intentionnelle ou non, la subjectivité révèle l’homme qui écrit et est inévitable ; elle conduit donc à la diversité des points de vue et rend impossible le rendu d’une réalité que nous ne percevons pas par elle-même. Plus que dans toute autre journal de Sainte-Hélène, celui de Las Cases nous paraît emblématique de ce primat de la subjectivité.Tous n’ont qu’un objet, Napoléon captif ; un lieu d’action, une île perdue, et une période (six ans au maximum). Ils portent sur des péripéties, et n’ont d’intérêt, en vérité, que pour la personne, Napoléon, qui en est le héros. A juste titre, on serait tenté de considérer ces témoignages comme appartenant à la « petite » histoire, au domaine de l’anecdote, s’ils n’étaient aussi la possibilité de toucher du doigt, en quelque sorte, et d’évaluer ce qui constitue le défi majeur de tout récit historique : la subjectivité de l’auteur. Elle éclate partout, à tout instant, pour les moindres détails. L’historien de Sainte-Hélène en est réduit à un travail d’élimination et à rechercher le probable.Cela n’est possible que si la subjectivité de chacun des protagonistes a été analysée et jaugée. Ce travail à notre sens n’a pas encore été fait totalement


Richesse inépuisable des témoignages de Sainte-Hélène. Revue du Souvenir Napoléonien, février-mars 2003.
Les origines de la légende napoléonienne, éditions Calman Levy.
Mémorial de Sainte-Hélène, éditions Garnier Frères 1961, page 5.
Emmanuel de Las Cases, dans sa biographie Las Cases, le mémorialiste de Napoléon, édition Fayard, page 194, ne la cite pas. Jean Pierre Gaubert, dans son Las Cases, l’abeille de Napoléon, édition Loubatière, 2003, la reprend, sans commentaire, comme Octave Aubry et Paul Ganière (légèrement modifiée) etc.
Bloc-note du 2 août 1959, cité par Gaubert op.cit.
Austerlitz, 2 décembre 1805, Edition fayard, p.19.
Journal de Sainte-Hélène, Edition Flammarion 1947; p.66
Le masque prophète et autres écrits de jeunesse.publié par M. Vox. Paris 1945. Texte consulté sur www.bmlisieux.com
Les paradis artificiels.
Mémorial, tome 1, p.252.
Mémorial, tome 1, p.761.
Mémorial, tome II, p. 249
Mémorial, p 525, op.cit.
Mémorial, tome II, p. 52. Op.cit.
Mémorial, tome I, p.406. op.cit.
Mémorial de Sainte Hélène, op. cit, p.158
Journal de Sainte-Hélène, op.cit p. 61.
Mémoires de Marchand, tome II, p.125
Journal de bord du secrétaire de l’amiral Cockburn, dans Napoléon à bord du Northumberland. Plon, 1936. p.136. Ce témoignage est d’autant plus indiscutable qu’il était de Glover, secrétaire de Cockburn, qui n’avait aucun intérêt à révéler que son chef avait mené le navire dans une zone sans vent, qui le fit arriver à Sainte-Hélène bien après les autres bateaux qui l’accompagnaient.
Mémorial, tome I, p.162. Op.cit.
idem.
Mémorial, tome II, 8 novembre 1816, p. 534.
Mémorial, tome I, op.cit., p.163
Gourgaud, Journal de Sainte-Hélène, op.cit., p.63
Austerlitz, 2 décembre 1805. Op.cit. p. 231.
Récemment encore Jacques Jourquin, dans Sainte-Hélène, île de mémoire, Fayard 2005, se fait écho des doutes sur le désintéressement de Las Cases (p. 143).

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30/10/2022, 09:22

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Les Ensablés : Passage des émigrants, de Jacques Chauviré

Prendre soin des seniors, des anciens, du quatrième âge, des personnes âgées, bref : des vieux, problème de société rebattu, mais irrésolu, au parfum de désolant scandale malgré d’indéniables avancées... En 1977, paraissait sur ce sujet Passage des émigrants, un remarquable roman écrit par un médecin, Jacques Chauviré (1915-2005), dernier d’une trilogie mettant en scène le parcours du Dr Desportes, médecin du travail puis gériatre. Par Marie Coat.

09/10/2022, 09:00

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Les Ensablés - Un jardin pour l'éternel, de Jean Carrière

« Tout a commencé en Champagne, fin mars 1915, lors de l’offensive menée par Joffre. Durant l’attaque, Pierre-Ézéchiel Séguier eut la moitié inférieure de sa jambe fracassée par un éclat d’obus. Il fallut l’amputer […] Il ne restait plus assez de morphine. […] “Je suis fait au fer et au sang”, rétorqua le blessé avec la raideur de ceux qui méprisent les faiblesses du corps et de l’âme. » Par Carl Aderhold

25/09/2022, 09:00

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Les Ensablés - Le Greco (1931) de Camille Mauclair, seconde partie

En 1905, Camille Mauclair, sentit qu’avec le fauvisme et le début du cubisme en 1905, apparaissait un nouveau paradigme, auquel il était incapable en tant que critique de donner une réponse. Et cette incapacité signa la rupture de Mauclair avec l’art moderne.  En 1931, il écrira un ouvrage critique sur le Greco, dont l’originalité le confrontera à nouveau au problème de la rupture de la tradition dans l’art pictural. Ceci est la deuxième partie de notre article (voir la première partie). Par Antoine Cardinale

04/09/2022, 14:40

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Les Ensablés - Le Greco (1931) de Camille Mauclair (1/2)

En 1905, Camille Mauclair (1872-1945), sentit qu’avec le fauvisme et le début du cubisme en 1905, apparaissait un nouveau paradigme, auquel il était incapable en tant que critique de donner une réponse. Et cette incapacité signa la rupture de Mauclair avec l’art moderne. En 1931, il écrira un ouvrage critique sur le Greco, dont l’originalité le confrontera à nouveau au problème de la rupture de la tradition dans l’art pictural. Cet article paraît en deux parties. La seconde est programmée pour la semaine prochaine. Par Antoine Cardinale

 

21/08/2022, 12:20

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Les Ensablés - Ma vie entre les lignes d'Antoine Blondin

Les vacances sont là, et pour ceux qui aiment ou ne connaissent pas Antoine Blondin (il aurait cent ans cette année...), l'occasion rêvée de (re) découvrir ses chroniques publiées entre 1943 et le début des années 80. Les éditions de La Table Ronde ont eu la bonne idée de les rééditer dans sa collection "La petite Vermillon. Pour un prix modique (11,2 euros), un plaisir assuré, à goûter sous les tilleuls en buvant un petit blanc sec, bien glacé, à la santé de ce cher Blondin pour qui la littérature était exigence mais aussi amitié. Hervé BEL

07/08/2022, 09:00

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Les Ensablés - L'Abbaye d'Evolayne de Paule Régnier (1888-1950)

Je ne sais plus où et quand je suis tombé sur ce livre L’abbaye d’Evolayne de Paule Régnier (Grand prix de l’Académie Française 1933), avec sa couverture jaune défraichie des éditions Plon. Longtemps, je l’ai gardé dans mes réserves : j'avais d’autres priorité de lectures. Il y a peu, fouillant ma bibliothèque, je l’ai redécouvert, l’ayant totalement oublié. Allons, il fallait quand même me renseigner sur cette Paule Régnier ! Le destin tragique de cet auteur, il faut bien le dire, m’a conduit à lire enfin son roman. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, j’en conviens, il peut paraître dépassé, appartenir à un autre monde (mais n’est-ce pas après tout un motif de le parcourir ?), mais il palpite dans ce texte quelque chose de bouleversant et de prenant. Par Hervé BEL

24/07/2022, 09:00

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Les Ensablés - Les Javanais de Jean Malaquais (1908-1998)

Dans ces temps de résurgence de nationalismes, chauvinismes et prurits identitaires, la littérature nous offre heureusement quelques pépites à leur encontre… Figure en bonne place parmi ces romans salutaires une œuvre qui obtint un franc succès juste avant le deuxième guerre mondiale : refusé par Gallimard, publié par Denoël, le roman «Les Javanais» fut couronné du prix Renaudot en 1939 et traduit en plusieurs langues. Par Marie Coat

03/07/2022, 09:00

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Les Ensablés : Echec au temps de Marcel Thiry (1897-1977)

Sur la plaine de la bataille de Waterloo, une aigle impériale trône au sommet de la butte monumentale. Le 18 juin 1815, c’est Napoléon qui a remporté cette victoire décisive. Plus d’un siècle après les faits, le descendant d’un capitaine anglais est résolu à corriger l’erreur de son ancêtre, qui avait donné de mauvaises informations à Wellington et précipité la défaite des Alliés. L’invention d’une machine à remonter le temps lui permet de tenter une modification avec ses amis, mais à quel prix et pour quelles conséquences historiques et humaines ? Par Louis Morès

19/06/2022, 09:00

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Les Ensablés - Suzanne Chantal et Le roman de Lisbonne, 1940

Spécialiste du Portugal où elle a vécu une bonne partie de sa vie, Suzanne Chantal (1908-1994) a notamment publié une Histoire du Portugal (Hachette, 1965), que précédait La vie quotidienne au Portugal après le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 (Hachette, 1962). Vers la fin de sa vie, elle publiera un roman historique (Ervamoïra, éd. Olivier Orban, 1982), qui raconte, autour de l’évolution d’une famille sur six générations, l’histoire du vin de Porto, avec ses luttes, ses négociants, ses propriétaires, etc. Par François Ouellet

05/06/2022, 09:00

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Les Ensablés - Fil d'or, de Susy Solidor (1900-1983)

Suzy avait de grandes jambes. Longues et musclées, assez affolantes. Et un nez fort, signe de caractère. Une blondeur pâle, des yeux délavés par la mer, une frange au carré, du talent et de l’énergie à revendre. Introduite dans les milieux parisiens par Yvonne de Bremond d’Ars, célèbre antiquaire, Suzy va vite mettre Paris à ses pieds. Symbole de la « garçonne » des années folles, Suzy Solidor s’illustra comme actrice et comme chanteuse dans les années 30 et 40.  Mais peu le savent, la grande Suzy fut aussi romancière. Par Denis Gombert

22/05/2022, 09:00

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Les Ensablés - Les saints vont en enfer, de Gilbert Cesbron

Ses romans ont connu de grands succès de librairie, vendus à plusieurs reprises à plus de 1 million d’exemplaires, et même largement au-delà (Chiens Perdus sans Collier, porté au cinéma avec Jean Gabin dans le rôle principal frôla les 4 millions d’exemplaires). Gilbert Cesbron (1911-1979) a donc été un écrivain célèbre dans la deuxième moitié du XX siècle ; il est aujourd’hui inconnu des moins de cinquante ans, un cas exemplaire d’ensablé et peut être d’enterré. Par Henri-Jean Coudy

08/05/2022, 09:00

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Les Ensablés - Direction Etoile (1937) de Francis de Miomandre

Les éditions de l’Arbre Vengeur nous ont donné une réédition de Direction Etoile, de Francis de Miomandre (1880-1959). Bernard Quiriny, par ailleurs biographe de Henri de Régnier, auteur cher aux Ensablés , signe une préface pleine d’humour ; les dessins de Regis Lejonc accompagnent merveilleusement le lecteur dans ce conte désenchanté. Puisse cette réédition rendre de nombreux lecteurs au sixième lauréat du prix Goncourt ! Par Antoine Cardinale.

 

24/04/2022, 09:00

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Les Ensablés - Les enfants aveugles, de Bruno Gay-Lussac (1918-1995) par Hervé Bel

C’était il y a peu dans le 6ème arrondissement, un samedi, jour béni entre tous puisque le dimanche nous protège encore du lundi. En passant devant la librairie « Le dilettante », maison d’édition dont les Ensablés affectionnent les publications, je tombe sur des bacs remplis de livres d’occasion. L’un d’eux attire mon attention : « Les enfants aveugles » d’un certain Bruno Gay-Lussac, avec une introduction de François Mauriac. Mauriac? Il fallait que ce roman oublié ait quelque qualité... Alors je l’ai acheté. Par Hervé Bel 

10/04/2022, 09:00

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“Raymond Schwab : mystification littéraire d’un génie méconnu” par François Ouellet

Les Sept dormants (1896), Confession de Sainte-Croix (1902), les deux volumes de poèmes Feuilles sous la glace écrits entre 1899 et 1913 ou encore l’autobiographie posthume Mon Bourreau, vous connaissez ? Ce sont quelques-unes des œuvres du poète Mathias Crismant (1882-1913), dont Raymond Schwab (1884-1956) entreprit de raconter la vie singulière et tourmentée dans un livre simplement intitulé Mathias Crismant, paru chez Plon en 1925. Par François Ouellet.

27/03/2022, 08:25

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Les Ensablés - Avec le feu de Victor Barrucand (1864-1934)

« Décennie de la bombe», les dernières années du 19ème siècle furent marquées en France par l’anarchisme insurrectionnel: attentats à la dynamite, assassinat du Président Carnot et autres pratiques de «propagande par le fait», dans un pays par ailleurs perturbé par d’autres mouvements révolutionnaires et déchiré par l’affaire Dreyfus. Remettant en cause la logique de subordination des gouvernés aux gouvernants, l’anarchisme -malgré sa violence terroriste et une certaine naïveté idéologique- fascine nombre d’intellectuels et artistes tel que Mallarmé («Le poème est comme une bombe»). Par Marie Coat

 

13/03/2022, 09:00

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Les Ensablés - Le Siège de Bruxelles (1996) de Jacques Neirynck

Au milieu des années 1990 paraît ce détonnant roman à clefs, une politique-fiction imaginant la fin de la Belgique par la prise d’indépendance de la Flandre et le déclenchement d’une guerre civile dans la capitale. Soulevés par une atmosphère décliniste, violente et baroque, des personnages symboliques hauts en couleur discourent et agissent au nom de passions diverses, confrontés aux mystères du sens du hasard et de l’Histoire. Racontés a posteriori sous forme de mémoires, ces événements sont censés s’être déroulés en l’an 2007. Par Louis Morès. 

27/02/2022, 09:00

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Les Ensablés - La psychanalyse de Freud de Pierre Janet, par Armel Job

Quand on parle de maladies mentales, s’il est un nom qui accourt spontanément sur toutes les lèvres, c’est bien celui de Sigmund Freud (1856-1939). Freud a été élevé au rang des grands génies de l’humanité pour avoir exploré un véritable continent, terra incognita avant lui, à savoir le monde de l’inconscient. La méthode psychanalytique qu’il mit au point s’est frayé un chemin dans cet univers ténébreux afin d’en révéler les mystères. De nos jours, le public cultivé pourra citer quelques noms supplémentaires des explorateurs de ce monde parmi les disciples ou les épigones du maître viennois, tels Jung, Adler, ou Lacan. Mais qui se souvient de Pierre Janet ? Par Armel Job, écrivain

06/02/2022, 09:00

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Les Ensablés – Hélène ou la solitude, de Jean Gaulmier

Roman fleuve, roman monde, Hélène ou la solitude de Jean Gaulmier avait il y a quelques années déclenché l’enthousiasme de notre ami et fondateur des Ensablés, Hervé Bel. Son engouement a suscité l’envie d’un éditeur, en l’occurrence les éditions de la Belle Étoile, de republier cet ouvrage. Que cet éditeur soit ici remercié d’avoir fait confiance au goût d’un lecteur pour prendre un tel pari. Doublement remercié même, car ce roman mérite assurément de sortir du petit cercle des amateurs éclairés auxquels il était jusqu’alors confiné pour être désormais disponible auprès d’un public plus large. Par Carl Aderhold, écrivain.

23/01/2022, 10:17

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Les Ensablés - On ne revient pas, le roman exupérien d'Hélène Froment

Hélène Froment (1908-2003), auteure d’un excellent premier roman paru chez Gallimard en 1941, On ne revient pas, est le pseudonyme d’Hélène Jaunez, qui a épousé l’aristocrate Jean de Vogüé (futur chef de la Résistance) en 1927. Dite Nelly de Vogüé, elle est surtout connue pour avoir été la maîtresse de Saint-Exupéry à partir de leur rencontre chez Louise de Vilmorin en 1929, deux ans avant le mariage de l’écrivain avec Consuelo. En 1949, cette fois-ci sous le pseudonyme de Pierre Chevrier, Nelly va lui consacrer un ouvrage, Antoine de Saint-Exupéry (Gallimard, 1949), et sera responsable de l’édition posthume de Citadelle (1948) et des Carnets (1953) de l’écrivain. par François Ouellet.

02/01/2022, 09:00

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Les Ensablés - Batouala (1921) de René Maran (1887-1960)

Les Ensablés ont le plaisir d'accueillir aujourd'hui dans leur rubrique Marie Coat, grande lectrice, qui nous fera partager au fil du temps ses découvertes. Merci à elle. Il y a tout juste un siècle, le 14 décembre 1921, le prix Goncourt fut attribué à René Maran, administrateur des colonies, pour son roman Batouala, proposé au jury par Henri de Régnier. Par Marie Coat

19/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Amour étrusque (1898) de JH Rosny aîné (1856-1940)

La littérature française est riche d’innombrables récits tirés de l’Antiquité grecque ou romaine. Sans remonter aux Aventures de Télémaque, nous avons tous lu La Venus d’Ille de Mérimée et son cruel dénouement, Gautier et Arria Marcella, Dumas et sa sulfureuse Acté et bien entendu Salammbô dans lequel Flaubert, de son aveu même, voulut appliquerà l’Antiquité les règles du roman moderne. L’Antiquité comme décor fabuleux et comme recueild’exemples politiques, mais aussi l’Antiquité onirique, féroce et sensuelle dont les jeunes latinistes découvraient avec ébahissement qu’elle reposait, au sens chrétien, sur une immoralité sans limite. Par Antoine Cardinale.

05/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Quinze rounds de Henri Decoin

Henri Decoin a connu plusieurs vies. Il fut tour à tour sportif de haut niveau – et le livre du jour fera montre de la science qu’il avait du noble art, la boxe -, héros de guerre, journaliste et cinéaste. Il fut aussi romancier. L’arbre vengeur a la bonne idée de rééditerune petite pépite, Quinze rounds, récit retraçant l’histoire d’une rencontre de boxe commentée par un boxeur sur le ring en temps réel. L’expérience littéraire y croise étonnamment les gants avec l’expérience sportive. Par Denis Gombert

21/11/2021, 09:19

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Les Ensablés – Les Maîtres du vertige, six romans de “merveilleux scientifique”

L’Arbre Vengeur, jamais en reste pour nous surprendre, nous offre aujourd’hui un très beau livre (sur la forme et le fond), Maîtres du Vertige, qui regroupe six romans de science-fiction — ou plutôt de « merveilleux scientifique », ayant été écrit par des auteurs de langue française du début du vingtième siècle… L’occasion, pour tous les curieux, épris de bonne littérature, de découvrir, non plus un seul auteur oublié, mais toute une littérature « ensablée », un continent, aurais-je envie de dire, dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Par Hervé Bel.

08/11/2021, 16:26

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Les Ensablés – La Cité ardente d’Henry Carton de Wiart (1869-1951)  

La ville de Liège doit son célèbre surnom au titre de ce roman historique publié en 1905 (Paris, Perrin) par le comte Henry Carton de Wiart, le premier d’une série de cinq livres constituant le « cycle de la Destinée nationale ». L’ambition de l’auteur, qui s’apprête à occuper d’importantes fonctions gouvernementales au seuil de la guerre, est de renforcer le sentiment national belge en illustrant littérairement des épisodes de vaillance, de courage et de résistance puisés dans l’Histoire. Par Louis Mores

24/10/2021, 16:00

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Les Ensablés - La grande peur dans la montagne (1925) de Charles-Ferdinand Ramuz

L’œuvre de Ramuz comprend une vingtaine de romans. La grande peur dans la montagne est un texte de 1925 qui fait montre d’une grande maturité d’un auteur qui a entamé une carrière littéraire à Paris en 1900, à l’âge de vingt ans. Cependant, à Paris, là où son éditeur Bernard Grasset lui demandera toute sa vie de « se montrer », Charles Ferdinand Ramuz aura à cœur de toujours se mettre en retrait des mondanités. Par pudeur ainsi que par méfiance de la corruption urbaine, Ramuz est avant tout un homme de la terre. Par Denis Gombert

11/10/2021, 16:51

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Les Ensablés - L’univers sévère et lumineux de Maria Borrély (1890-1963)

Maria Borrély, le nom n’est pas connu. Pourtant, il devrait !...Il est toujours émouvant de découvrir des auteurs du passé. Je ne parle pas d’auteurs renommés qu’on lit pour la première fois, mais de ces auteurs complètement oubliés, que plus personne ne lit depuis longtemps, si tant est qu’ils ont déjà été lus. Par François Ouellet. 

27/09/2021, 09:39

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Les Ensablés - Les quatre éléments (1935) d'André Chamson (1900-1983)

« Mort sont les beaux diseurs/Mais le livre est écrit/Morts sont les bâtisseurs/mais le temple est bâti » (F.Mistral) André Chamson fit un voyage au Japon qu’il relate dans ses souvenirs. Nous avons été naturellement chez les geishas qui ne sont pas ce que l’on peut croire. La fille qui était venue sur le tatami pour allumer ma cigarette m’a dit « Monsieur, j’ai lu votre livre les Quatre éléments ». Les quatre éléments étaient devenus « le soleil, la rivière, la montagne » et je ne sais plus quoi… Par Antoine Cardinale

12/09/2021, 14:02

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Les Ensablés – La Rédemption de Mars de Pierre Nothomb (1887-1966)

Au sortir de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a travaillé pour le Gouvernement belge en exil au Havre (Sainte-Adresse) et publié des essais défendant et illustrant les positions de son pays, Pierre Nothomb (1887-1966) mène une vie littéraire entre la Belgique et la France et fait notamment paraître à Paris le roman La Rédemption de Mars (Paris, Plon, 1922). Par Louis Morès.

18/07/2021, 10:00

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Les Ensablés - Prétextat, de Pierre Bost (1901-1975)

Nos fidèles lecteurs n'ignorent pas que nous aimons Pierre Bost (1), écrivain d'avant-guerre devenu scénariste célèbre après 1945, et que nous aimons aussi les Editions de la Thébaïde qui, il y a deux ans, ont publié un recueil de nos articles sur les écrivains oubliés (Lectures en stock). Il était donc évident et naturel que nous parlions aujourd'hui de la réédition de Prétextat (1925) de Pierre Bost, d'autant plus que la préface a pour auteur François Ouellet, chroniqueur des "Ensablés", et par ailleurs grand spécialiste de l'écrivain. Par Hervé Bel.

27/06/2021, 13:22

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Les Ensablés – La Maison Camille, (1935) de Henri Duvernois

Les fidèles de notre rubrique se rappelleront que nous avons déjà chroniqué deux romans de cet auteur prolixe (Edgar, L’homme qui s’est retrouvé) mort en 1937, juste avant la guerre ; ce qui lui fut peut-être fatal, car, en 1945, on était passé à un autre monde, pas forcément meilleur. À côté de Camus, Sartre, et tant d’autres, Duvernois ne faisait plus très sérieux, d’autant que l’homme, dans sa vie comme dans ses écrits, avait toujours imité la légèreté. Je dis « imité » à dessein, car l’œuvre de Duvernois, sous des apparences d’ironie et de comique, dissimule une profonde mélancolie, une réflexion désabusée sur l’homme. Par Hervé Bel.

06/06/2021, 19:41

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Les Ensablés - Voyage d’un livre à travers la Bibliothèque Nationale de  Henri Beraldi

Exhumé de l’oubli, ce petit texte écrit par un bibliophile passionné raconte et s’inquiète de la croissance des arrivées des livres en masse à la Bibliothèque Nationale. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et la noble institution enregistre déjà 500.000 références disponibles (14 millions aujourd’hui !). « La vérité, annonce l’auteur, est que, de ces espaces, aujourd’hui, il n’y en a plus. La Bibliothèque est pleine, archipleine, bondée, bourrée jusqu’à refus. » Voyage au cœur de la Bibliothèque, ogre-machine qui tourne à plein régime. 

23/05/2021, 20:41

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Les Ensablés - Hiver 1814, de Bernard Michel, la Campagne de France

Les Ensablés ont plusieurs fois évoqué Napoléon pour rappeler que dans sa jeunesse, il avait écrit des nouvelles, et qu’à Sainte-Hélène, il avait retrouvé son désir d’écrire et pu assouvir sa passion pour la lecture. Il faut lire Le Mémorial pour mesurer l’étendue de sa culture littéraire. Il profita de son inactivité pour écrire quelques ouvrages, dont une étude sur « La guerre des Gaules », et une espèce de fiction sur son exil à Sainte-Hélène. Par Hervé Bel

 

09/05/2021, 10:22

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Les Ensablés - Black (1858) d’Alexandre Dumas (1802-1870)

« Pas de mystère, pas de souterrain, pas de ténèbres dans cette œuvre ; partout le rayonnement, partout le plein midi », disait Victor Hugo. L’œuvre d’Alexandre Dumas n’intéresse pas l’Histoire de l’art. En 1840 certes, résidant à Florence, il lui fut commandé, pour la somme considérable de dix mille francs, un ouvrage sur la galerie des Offices. La description des trois cent cinquante portraits de peintres qui sont dans ce fameux musée devait former L’histoire biographique et anecdotique de la peinture depuis huit siècles. Par Antoine Cardinale.

25/04/2021, 10:12

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Yasha : complot scientifique et humains génétiquement modifiés  

Sei a toujours été particulièrement intelligent, et avec une ouïe surdéveloppée par rapport à ses congénères. Il vivait bien tranquillement avec sa mère, en essayant de ne pas se faire remarquer. Jusqu’au jour où des scientifiques américains ont débarqué chez lui… Mystérieux et finement orchestré, Yasha est la quête de deux frères pour éclaircir leurs origines et élucider un complot scientifique.

03/12/2022, 12:33

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Une chance amère ou le souvenir d'un exil par Alice Dumas Kol

BONNES FEUILLES - Fragments d’une histoire française qui s’ouvre sur le récit peu connu d’une communauté cambodgienne traumatisée par l’exil forcé en 1975.

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Abdlekrim Saifi se livre dans une autofiction familiale

BONNES FEUILLES - L’hommage à des parents immigrés d’Algérie condamnés à l’héroïsme pour favoriser l’intégration et la réussite de leurs enfants.

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Même si je dois y laisser ma culotte, un roman feel-good qui tombe à plat

Le premier roman de Daphné Woodfight, publié le 15 septembre 2022 aux Hey Éditions, interpelle par son titre et déçoit par son contenu. La couverture et l’histoire de Même si je dois y laisser ma culotte, sont attrayantes, car elles se détachent de manière assumée du registre dramatique. Mais l’écriture lourde et l’humour à répétition font de la lecture de ce roman, un moment qui est loin d’être une partie de plaisir.

02/12/2022, 15:31

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Riad Sattouf et la BD sur le toit des meilleures ventes

Difficile de faire entrée plus spectaculaire. Tout juste sorti, le tome 6 de L’Arabe du futur, qui conclut la série de Riad Sattouf, remporte la première place du classement des meilleures ventes de la semaine avec 51 300 exemplaires. Autre nouvelle sortie et autre bande dessinée, le tome 29 de Blake et Mortimer, intitulé Huit heures à Berlin, peut se vanter d’une seconde place avec 29 155 éditions vendues. 

 

02/12/2022, 12:20

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BONNES FEUILLES - Modestement, mais avec certitude, Patrice Franceschi a fait de sa vie une poésie en acte. Sous sa plume, aventure et poésie nous offrent la possibilité fragile, mais sans cesse présente, de vivre doublement.

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Quelques moments sans gravité pour le plus grand des secrets

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Avec l’âge, les différentes facultés de perception s’amenuisent, parfois considérablement, à tel point qu’il peut devenir très pénible de lire. Après les lunettes, on va utiliser une loupe. Mais, avec une main tremblante, l’exercice est rapidement fastidieux et rend compliquée une lecture quelque peu étendue.

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Grégory Rateau et ses Imprécations Nocturnes…

Dans son nouveau recueil élégamment intitulé Imprécations Nocturnes, préfacé par Jean-Louis Kuffer, l’auteur poursuit sa quête inlassable ou plutôt sa « hantise insondable », amplement signifiée dès son premier recueil, Conspiration du Réel, dont j’avais dans un article précédent vanté les qualités littéraires. Mais également le contenu singulier, dont les thèmes récurrents qui n’ont rien d’une argumentation passive ou poussive, c’est selon, convoquent une fois de plus les affres de la vie et plus encore ses pernicieux revers.

29/11/2022, 11:29

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Les trompettes de la mort : un premier album puissant

C'est toujours un bonheur de tomber sur un album qui happe les lecteurs comme le tuyau d'un aspirateur emporte la poussière. Les trompettes de la mort a la puissance des grands livres, à savoir celle qui efface le monde environnant et nous plonge de la tête aux pieds dans le pur espace de la fiction. Et plus particulièrement dans les décors d'une campagne nostalgique qui évoque à peu près tout sauf le bonheur et l'insouciance.

29/11/2022, 11:24

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Paula Jacques débarque à New York avec Mon oncle de Brooklyn

BONNES FEUILLES - Quand Éva débarque à New York, elle a plus d’une idée en tête : côté pile, interviewer des personnalités apparemment inaccessibles pour une jeune journaliste française – comme l’impressionnante Toni Morrison, qui pourrait se confier sur les très récentes émeutes raciales qui viennent d’enflammer la ville. 

29/11/2022, 09:00

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Aurélien Delsaux : tirer à vue sur l'époque

BONNES FEUILLES - Etienne rentre de vacances avec sa famille parfaite et son apparent bien-être. Sa vie est confortable, routinière. Il mène une vie normale, c’est l’essentiel. 

28/11/2022, 09:30

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Le destin d'un ténor d'exception par Alexia Stresi

BONNES FEUILLES - Paris, 1935. Ce soir-là, à la Première du Rigoletto de Verdi à l’Opéra-Comique, une chose inouïe se produit.

28/11/2022, 09:00

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Laurent Quintreau : hommes et femmes à travers les âges

BONNES FEUILLES - Une fresque intergénérationnelle explorant l'évolution des rapports de force entre hommes et femmes, construite à partir d'une seule histoire familiale, dont on suit la trajectoire du milieu du XIXe siècle jusqu'en 2050, à l'aube du transhumanisme et de la disparition de la famille traditionnelle.

28/11/2022, 08:00

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Véronique Ovaldé laisse s'exprimer la Fille en colère sur un banc de pierre

BONNES FEUILLES - Quand elle décroche, Aïda entend sa sœur lui lancer un grotesque « coucou » ; on ne dit pas coucou à quelqu’un qu’on n’a pas vu (et pas voulu voir) pendant quinze ans. 

27/11/2022, 09:00

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Thibaut Solano met Clermont à l'épreuve dans Les Dévorés

BONNES FEUILLES - Un roman social avec comme toile de fond le mouvement des gilets jaunes et la sauvagerie d'un grand méchant loup moderne. 

27/11/2022, 08:00

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Rodolphe Danjou imagine Ces vies d'où l'on vient

BONNES FEUILLES - Faut-il retourner aux sources pour rebattre les cartes ? Faut-il revenir d’où l’on vient pour tout recommencer ? Tel est le pari d’Adrien, quadra. 

26/11/2022, 09:00

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Mickaël Brun-Arnaud explore Les vallées closes

BONNES FEUILLES - On pardonne rarement à celui qui s'éloigne du troupeau. Une tragédie moderne et poignante sur le déterminisme social. 

26/11/2022, 08:00

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Le temps des orphelins, autofiction de Claude Rodhain

Avocat honoraire, désormais installé dans les Bouches-du-Rhône, Claude Rodhain a fort bien évoqué son parcours d’enfant abandonné devenu notable dans Le Destin bousculé, autobiographie parue chez Robert Laffont en 1986, deuxième prix des lectrices du magazine Elle, succès de librairie. Vingt-six ans plus tard, l’homme revient avec une suite, plus romancée, plus sombre aussi. Texte d'Étienne Ruhaud.

25/11/2022, 15:35

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Meilleures ventes : l'éternel effet prix

On le sait, nous le savons, ils savent. Les prix littéraires ont une influence considérable sur les meilleures ventes des livres, en fin d'année. Alors un prix Goncourt à un petit mois de Noël, c'est quasi synonyme de première place au classement. Cette année, c'est Brigitte Giraud qui en profite : son roman Vivre vite (Flammarion) a convaincu 24.048 lecteurs cette semaine.

25/11/2022, 12:22

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Eric Faye présente sa petite saga des années 2010

BONNES FEUILLES - Dans les années 2010, un journaliste vit, de l’intérieur, les convulsions de l’entreprise de presse dans laquelle il travaille depuis de nombreuses années : rachat, brutalité managériale, obsession du profit envers et contre tout... 

25/11/2022, 09:00

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Boris, 1985 : un premier “je” pour Douna Loup

BONNES FEUILLES - Janvier 1985. Boris Weisfeiler, quarante-quatre ans, disparaît dans le Chili de Pinochet. Né en URSS au sein d’une famille juive, ce surdoué des chiffres s’exile aux États-Unis pour pouvoir exercer librement les mathématiques. 

25/11/2022, 08:00

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Nesrine Slaoui à la croisée des vies d'Anissa et de Nora avec Seule

BONNES FEUILLES - À la mort d'Anissa qu'elle était trop loin pour empêcher, Nora décide d'en finir radicalement avec la violence des hommes.

25/11/2022, 07:30

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Moïse ou la Chine, un monde sans Dieu

Le titre est lié à une pensée de Pascal, qu'il a ensuite raturée : « Lequel est le plus croyable des deux ? Moïse ou la Chine ? ». L’enjeu, mettre Dieu en comparaison, est de taille ! Et propre à effrayer. François Jullien pratique un vis-à-vis des deux cultures, il ne les mesure pas, ne mesure pas leur distance, leurs écarts, il ne les frotte pas l’une contre l’autre ni pour faire des étincelles, ni pour les faire briller. S’il dit l’une de la fenêtre de l’autre, en alternance et réciprocité, c’est pour les écrire au mieux, les décrire mieux. Texte d'Orelien Péréol. 

24/11/2022, 15:38

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Une somme humaine : coup de projecteur sur l’humanité

La narratrice n’est jamais nommée, pourtant c’est l’entièreté de sa vie qu’elle offre à travers le voile de la mort. Son passé, ses pensées, ses espoirs et ses déboires, mais aussi une vision de l’humanité — crue, accusatrice, féroce. Son récit débute avec la fin de sa vie : le souhait de disparaître, ces moments où elle imagine comme s’y prendre, puis le saut sur les rails, devant un train à Paris, cette ville devenue son refuge face à une enfance d’une violence inouïe.

24/11/2022, 12:17

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Isabelle Rodriguez dévoilent Les Orphelines du mont Luciole

BONNES FEUILLES - Un retour envoûtant sur les lieux de l’enfance et l’imaginaire qui s’y déploie. Une supplique pour que la mémoire des campagnes ne s’efface jamais.

24/11/2022, 09:00

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Samuel Dock fait la lumière sur une triste vérité avec L'enfant thérapeute

BONNES FEUILLES - Quand faire le deuil de son enfance implique de faire celui de l’enfance que sa propre mère n’a jamais eue. Samuel Dock livre un récit poignant sur l’enfance maltraitée, ses saccages, la reconstruction et la puissance du lien filial.

24/11/2022, 08:00

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Trillion game : gagner 1000 milliards de dollars à partir de rien  

Haru et Gaku, meilleurs amis depuis le lycée, tentent de trouver leur premier emploi. Ils visent tous deux la prestigieuse Dragon Bank – mais beaucoup trop introvertis, Gaku échoue lamentablement à l’entretien. Ce n’est pas ça qui va les séparer ! Haru leur lance un défi : à eux deux, ils vont monter une boîte, et obtenir 1000 milliards de dollars.

23/11/2022, 15:22

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Héliotrope, l’amour déjanté

Le prolifique Joann Sfar commence une nouvelle série fantastique en collaboration avec Benjamin Chaud. Le Tome 1 d’Héliotrope, publié en juin 2022 aux Éditions Dupuis (le T.2 ce 18 novembre), est empreint de toute la verve de Sfar. Mais convainc moins que la saga Petit Vampire

23/11/2022, 09:59