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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Lisez "Les Misérables" : vous en sortirez ragaillardi ! Quel souffle !

Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Lisez "Les Misérables" : vous en sortirez ragaillardi ! Quel souffle !

Le 16/10/2011 à 14:57 par Les ensablés

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16/10/2011 à 14:57

Les ensablés

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L’été 2011 restera pour moi l’été des Misérables. J’aime passer juillet août avec un gros roman. Vous savez que je ne voyage pas : les vacances consistent pour moi à ne pas bouger. Je reste à la maison, au soleil, sur mon balcon. Cette année, j’ai lu Les Misérables : c’est monumental, c’est-à-dire qu’il y a 1486 pages de texte, sans compter l’introduction et les notes. Un gros volume de la Pléiade que j’ai emprunté en bibliothèque. J’ai dû prolonger plusieurs fois ma fiche d’emprunt, sans bouger de mon fauteuil, grâce à internet. Ce roman fait partie des classiques qu’on ne lit pas : on n’en a plus le temps. Et puis, on « connaît » déjà l’histoire : ce chef d’œuvre a été si souvent mis en théâtre, en image, en bande dessinée, en comédie musicale ! Et on l’a publié en extraits, en classique abrégé.

Il m’a fallu huit semaines pour le lire et je n’ai rien fait d’autre à côté. J’ai lu le roman en entier, sans sauter une page. Et il y a des longueurs dans ces…365 chapitres ! Jean Valjean sort du bagne où il a passé 19 ans : il y est entré à 27 ans pour avoir volé un pain. C’est une forte tête : il a plusieurs fois tenté de s’évader, d’où la longueur exceptionnelle de sa détention. Mais au début du roman, il est libre : il a payé sa dette. Eh bien, non : un ancien taulard reste un taulard, telle est la loi non écrite des sociétés civilisées. Pour être traité comme les autres, il lui faut mentir et truquer, ce qui le remet par là même hors-la-loi. Jean Valjean cachera son passé ou l’assumera, selon les circonstances. Il devra le cacher pour faire honnêtement fortune et pour que Cosette, sa fille adoptive, puisse devenir une demoiselle. Il le cachera à Cosette elle-même pour être sûr qu’elle continue à l’aimer. Il l’assumera à la fin pour cesser de mentir à la société et être en paix avec sa conscience. Hugo est manichéen : le bien et le mal s’opposent absolument mais coexistent à l’intérieur de chaque être, sauf chez quelques saints. Jean Valjean n’est pas un saint.

Mais le roman commence par la vie d’un saint, Monseigneur Myriel. C’est lui qui sauve Jean Valjean. Il le sauve deux fois : il affirme aux gendarmes qu’il a donné au bagnard les couverts en argent qu’ils ont trouvés dans son sac. Il lui évite, par ce mensonge, de retourner au bagne. Et il lui montre le chemin du bien et de la dignité morale : « Jean Valjean, mon frère, vous n’appartenez plus au mal, mais au bien. C’est votre âme que je vous achète. » Il est difficile de dire pourquoi les larmes viennent aux yeux en lisant cette scène, et beaucoup d’autres : quand Jean Valjean aide Cosette à porter son seau dans la nuit glacée (« C’était un homme qui était arrivé derrière elle et qu’elle n’avait pas entendu venir. Cet homme, sans dire un mot, avait empoigné l’anse du seau qu’elle portait. Il y a des instincts pour toutes les rencontres de la vie. L’enfant n’eut pas peur. »), quand Gavroche tombe sous les balles, quand Marius comprend qu’il a fermé sa porte à celui qui lui a sauvé la vie (« Le forçat se transformait en Christ. Marius avait l’éblouissement de ce prodige. Il ne savait pas au juste ce qu’il voyait, mais c’était grand. »), quand Javert doute. Oui, il y a quelque chose de grand et qui touche dans ces scènes. Ce roman est donc moral mais pas moraliste : Hugo se borne à raconter les bonnes actions et les mauvaises. S’il y a le bien et le mal, il faut donc faire l’un ou l’autre, hésiter, choisir, faire un jour le bien, un autre jour le mal. Hugo s’oppose aux sceptiques et aux raisonneurs : voler sa petite pièce à un enfant, c’est mal ; voler celui qui vous a donné l’hospitalité, c’est mal ; pardonner, c’est bien. Voilà ce qu’on pourrait appeler des données immédiates de la morale : qui pourrait les réfuter ?

Dans le cours du roman, les choses se compliqueront. Hugo décrit les bas-fonds et les barricades : voler les bourgeois, faire la révolution, mentir pour sauver sa peau, est-ce bien ou mal ? Difficile à dire. Mais affirmer tout de même qu’il y un bien et un mal, voilà qui passerait pour naïf ou réactionnaire, en littérature, aujourd’hui. Un personnage anecdotique des Misérables déclare : « Étais -je avant ma naissance ? Non. Serai-je après ma mort ? Non. Que suis-je ? Un peu de poussière agrégée par un organisme. Qu’ai-je à faire sur cette terre ? J’ai le choix. Souffrir ou jouir. Où me mènera la souffrance ? Au néant. Mais j’aurai souffert. Où me mènera la jouissance ? Au néant. Mais j’aurai joui. Mon choix est fait. Il faut être mangeant ou mangé. Je mange. Mieux vaut la dent que l’herbe. Telle est ma sagesse. » Hugo connaissait donc cette fine argumentation qui permet d’être toujours du bon côté de la vie : il l’évoque et ne la réfute même pas. Il y a des durs du cœur, comme il y a des durs d’oreille.

Victor Hugo est un réaliste. Il décrit la misère et le mal : « Ils sont rares ceux qui sont tombés sans être dégradés ; d’ailleurs il y a un point où les infortunés et les infâmes se mêlent et se confondent dans un seul mot, mot fatal, les misérables ». Thénardier et sa femme (« C’était une truie avec le regard d’une tigresse ») sont méchants, absolument : Thénardier, c’est « le mauvais pauvre ». Le titre du roman, tout au long, garde ses deux sens : les misérables sont les malheureux et les méchants. La seule faute absolue, c’est de rester méchant en croisant sur sa route le bien et l’innocence. Jean Valjean a croisé une fois le bien : il en a été transformé. Thénardier croisera plusieurs fois le bien sans jamais s’amender. Hugo, ami et admirateur de Dumas, a écrit un roman d’aventures. Il se s’embarrasse pas et annonce la couleur : « Dans ces détails,  le lecteur rencontrera deux ou trois circonstances invraisemblables que nous maintenons par respect pour la vérité. » Il y a des coups de théâtre, des coïncidences improbables, des rencontres inattendues, une lettre imprimée sur du buvard, d’incroyables actes de bravoure. Jean Valjean change de nom, fait fortune dans l’industrie, répand le bien autour de lui. Il s’échappe de la prison de Montreuil, se constitue prisonnier, retourne au bagne d’où il s’évade, tient tête à une bande de malfrats, échappe à une escouade de policiers. Il sauve la vie au père Fauchelevent écrasé par une charrette, à un autre bagnard, à Javert, à Marius qui est l’amoureux de Cosette. Il monte sur les barricades. On pourrait intituler ce roman « Les aventures de Jean Valjean », « Le proscrit magnifique » ou « Le gentleman du bagne ». Et pour finir, il mourra de vieillesse, dans son lit, réhabilité.

Jean Valjean n’est pas seul en scène : Hugo a plus d’un héros dans son sac. Il y a l’évêque Myriel et les Thénardier dont j’ai parlé, Cosette, Fantine (la fille mère, mère de Cosette), Gavroche, Marius et le grand-père de Marius. Et une foule de personnages secondaires qui marquent : le père Mabeuf (« il n’était ni royaliste, ni bonapartiste, ni chartiste, ni orléaniste, ni anarchiste, il était bouquiniste ») ; la sœur Simplice qui n’a jamais menti (sauf une fois, pour sauver la vie à un juste, Jean Valjean), le simple Champmathieu (victime désignée d’une erreur judiciaire, si Jean Valjean n’était venu se dénoncer), la fille Thénardier amoureuse de Marius.

Dans le troisième tiers du livre, Cosette qui a quinze ans maintenant, et l’étudiant Marius Pontmercy, fils d’un colonel mort à Waterloo, se croisent au jardin du Luxembourg : leur histoire d’amour donne au roman une nouvelle dimension. Hugo utilise un nouveau registre, en psychologue connaisseur de l’amour : « On a tant abusé du regard dans les romans d’amour qu’on a fini par le déconsidérer. C’est à peine si l’on ose dire maintenant que deux êtres se sont aimés parce qu’ils se sont regardés. C’est pourtant comme cela qu’on s’aime et uniquement comme cela. Le reste n’est que le reste, et vient après. Rien n’est plus réel que ces grandes secousses que deux âmes se donnent en échangeant cette étincelle. » Les amoureux devront lutter contre les circonstances : Jean Valjean les aidera puis aura la grandeur de s’effacer, de ne plus voir Cosette, pour qu’elle devienne Madame la baronne Pontmercy. C’est son plus grand sacrifice : « Le premier pas n’est rien ; c’est le dernier qui est difficile. » J’ai parlé de longueurs : ce sont de longues parenthèses qui coupent l’action. Hugo les annonce et les assume. Le début du roman commençait d’ailleurs par une longue digression sur la vie édifiante de l’évêque Myriel dans un diocèse de province (80 pages !), bien avant que Jean Valjean ne croise sa route. Hugo commence ainsi : « Quoique ce détail ne touche en aucune manière au fond même de ce que nous avons à raconter, il n’est peut-être pas inutile, ne fût-ce que pour être exact en tout, d’indiquer ici les bruits et les propos qui avaient couru sur son compte. » Il y a aussi 60 pages consacrées à la bataille de Waterloo, 20 pages sur les gamins de Paris avant d’arriver à Gavroche, 30 pages sur l’ancien couvent de la rue Picpus et ses Bernardines plus 10 pages sur les couvents en général, 30 pages sur la Restauration de 1830, 23 pages pour expliquer ce qu’est l’argot, 20 pages pour faire le distinguo entre émeute et insurrection, 20 pages sur l’histoire des égouts de Paris. Quelle érudition, quelle documentation ! Ce didactisme passe mal aujourd’hui. Et il y a des digressions dans les parenthèses. Dans « L’argot » par exemple, on lit : « La vraie question, c’est celle-ci : le travail ne peut être une loi sans être un droit. Nous n’insistons pas, ce n’est point le lieu ici. » Et suivent pourtant quatre pages sur la question sociale. Je vous en donne la conclusion, caractéristique du mélange de lucidité et d’optimisme supérieur propre à Hugo, et de son style : « L’idéal est effrayant à voir ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant, mais entouré de toutes ces grandes menaces noires monstrueusement amoncelées autour de lui ; pourtant pas plus en danger qu’une étoile dans les gueules des nuages. » D’ailleurs, deux cents pages plus loin, un révolutionnaire qui va mourir sur les barricades de 1832 s’écrie : « Citoyens, le dix-neuvième siècle est grand, mais le vingtième siècle sera heureux. » Il se trompait : c’est le vingt-et-unième siècle qui sera heureux, n’est-ce pas ?

Victor Hugo sait aussi faire bref : Javert se suicide en onze lignes, Jean Valjean devient l’honorable et riche Monsieur Madeleine en une demi-page, et on ne saura rien de son retour au bagne (« On nous saura gré de passer rapidement sur des détails douloureux »). Et à côté de longs monologues, il y a des dialogues du tac au tac. L’essentiel du roman n’a pas vieilli : argent et respectabilité, injuste justice, amour fou, misère et politique. Prenez Javert, le policier qui ne lâche pas l’ancien bagnard. C’est un fonctionnaire au service de l'État. Hugo n’en fait jamais un méchant homme, mais il applique la loi sans pitié. Il se l’applique à lui-même. Quand il pense avoir dénoncé à tort Monsieur le maire comme ancien forçat recherché, il demande sa destitution : « J’ai souvent été sévère dans ma vie. Pour les autres. C’était juste. Je faisais bien. Maintenant, si je n’étais pas sévère pour moi, tout ce que j’ai fait de juste deviendrait injuste. Est-ce que je dois m’épargner plus que les autres ? Non. » Javert est un « fanatique » du devoir : « Rien n’était poignant et terrible comme cette figure où se montrait ce qu’on pourrait appeler tout le mauvais du bon. » Plus tard, Jean Valjean sauve la vie à Javert et le policier perd ses repères.

Du magnifique monologue qui le conduit au suicide, j’extrais ceci : « Ce forçat, ce désespéré, que j’ai poursuivi jusqu’à le persécuter, et qui m’a eu sous son pied, et qui pouvait se venger, et qui le devait tout à la fois pour sa rancune et sa sécurité, en me laissant la vie, en me faisant grâce, qu’a-t-il fait ? Son devoir ? Non. Quelque chose de plus. Et moi, en lui faisant grâce à mon tour, qu’ai-je fait ? Mon devoir ? Non. Quelque chose de plus. Il y a donc quelque chose de plus que le devoir ? » C’est l’éternelle lutte entre la justice et la morale. Il y a ces formules si bien frappées : « Il n’y a ni petits faits dans l’humanité, ni petites feuilles dans la végétation », «  ce charmant avril qu’on appelle vingt ans ». Et d’autres plus approximatives mais éloquentes : « Le drame n’était pas seulement sombre, il était obscur. » Et des effets : « Ses cheveux, gris encore au moment de son arrivée à Arras, étaient maintenant tout à fait blancs. Ils avaient blanchi depuis une heure qu’il était là. » Et des vérités premières, pour vous et moi : « La misère d’un jeune homme n’est jamais misérable. Le premier jeune garçon venu, si pauvre qu’il soit, avec sa santé, sa force, sa marche vive, ses yeux brillants, son sang qui circule chaudement, ses cheveux noirs, ses joues fraîches, ses lèvres roses, ses dents blanches, son souffle pur, fera toujours envie à un vieil empereur. » Ou cette remarque, lorsque Cosette préfère Marius à son père adoptif : « L’ingratitude des enfants n’est pas toujours aussi reprochable qu’on le croit. C’est l’ingratitude de la nature. La nature, nous l’avons dit, regarde devant elle. La nature divise les êtres humains en arrivants et en partants. Les partants sont tournés vers l’ombre, les arrivants vers la lumière. » Il y a des drôleries, comme la côtelette de l’étudiant Marius, qui lui fait trois jours : « Le premier jour il mangeait la viande, le second jour il mangeait la graisse, le troisième jour il mangeait l’os. » Et d’amusants passages en argot : « Tonorgue tapissier aura été fait marron dans l’escalier. Il faut être arcasien. C’est un galifard. Il se sera laissé jouer l’harnache par un roussin, peut-être même par un roussi, qui lui aura battu comtois. Prête l’oche, Montparnasse, entends-tu ces criblements dans le collège ? »

Tout est gonflé, exagéré, démesuré, chez Hugo : style, idées, anecdotes, coïncidences, personnages. On a forgé un mot pour dire cela : Hugo est hugolien… C’est une façon de mélanger le grand et le petit, le court et le long, le bas et le noble, le banal et l’extraordinaire : Hugo ne trie pas. Il croit en l’homme et veut le montrer en entier. Balzac, qui était catholique et royaliste, y croit beaucoup moins que lui : ses romans ont une cruauté étrangère à ceux de Hugo. Hugo pressent que l’homme n’est pas seul. Cet humanisme voit Dieu partout à l’œuvre. Ce Dieu est d’ailleurs devant l’homme plutôt que derrière lui, c’est plus un idéal qu’un premier moteur. Et l’artiste, comme le politique, doit accompagner l’homme : « Le livre que le lecteur a sous les yeux en ce moment, c’est, d’un bout à l’autre, dans son ensemble et dans ses détails, quelles que soient les intermittences, les exceptions ou les défaillances, la marche du mal au bien, de l’injuste au juste, du faux au vrai, de la nuit au jour, de l’appétit à la conscience, de la pourriture à la vie ; de la bestialité au devoir, de l’enfer au ciel, du néant à Dieu. Point de départ : la matière ; point d’arrivée : l’âme. L’hydre au commencement, l’ange à la fin. » Un athée honnête homme reconnaît qu’il y a du mystère dans l’aventure terrestre et que l’homme a des progrès à faire. Le moraliste Hugo ne m’en demande pas plus : accepter le mystère et vouloir le progrès. Il peut écrire : «  Nous sommes pour la religion contre les religions. »  Quant à la manière d’avancer, voilà : « Ni despotisme, ni terrorisme. Nous voulons le progrès en pente douce » Cette formule d’il y a 150 ans reste d’une actualité brûlante. Je termine en disant combien j’admire l’homme Hugo : vingt ans d’exil, sans revenir une seule fois en France, parce que Louis-Napoléon Bonaparte, une fois élu président de la République, a trahi ses électeurs et la constitution en se proclamant Napoléon III… L’été prochain, mon cher Hervé, en Normandie, tournez votre chaise longue vers Guernesey et lisez Les Misérables : vous en sortirez ragaillardi ! Quel souffle !

Laurent Jouannaud - Octobre 2011

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Monsieur Ripois et la Némésis" de Louis Hémon

Don Juan: subst. masc. Séducteur, le plus souvent libertin et sans scrupule (définition du Trésor de la langue française). Même s'il n'est pas un libertin, Monsieur Ripois, le héros du roman de Louis Hémon (1880-1913), est assurément un don Juan. Il séduit les femmes qu'il rencontre et les exploite sans scrupule. Mais, contrairement à son auguste ancêtre, Monsieur Ripois n'a aucune classe; il ne s'attaque qu'aux petites ouvrières, puis aux femmes fragiles, celles qu'il est certain de pouvoir conquérir et exploiter.

12/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Visage perdu" de Roger Vercel, par Carl Aderhold

Visage perdu est l’un des derniers romans de Roger Vercel, paru en 1953, quatre ans avant sa mort. L’auteur de Remorques (qui a déjà fait l’objet d’une chronique sur les Ensablés) et de Capitaine Conan retrouve ici un thème qui lui est cher. Le courage qu’il faut pour affronter le quotidien.

29/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac : "La dernière harde" de Maurice Genevoix

En ce début novembre où la campagne automnale résonne des aboiements des chiens et des coups de fusil, la lecture de la Dernière Harde de Maurice Genevoix se savoure comme une gourmandise de saison. Nul besoin d’être passionné de chasse ou féru de vénerie pour partager la vie mouvementée et captivante de la harde des Orfosses.

15/12/2019, 09:00

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Les Ensablés – "Miroir du temps" d'André Suarès (1868-1948)

Paru aux éditions Bartillat, Miroir du temps est un recueil d’articles d’André Suarès - certains inédits - de préfaces, de fragments de correspondance, voire de documents plus intimes encore, comme le testament de l’écrivain : peu de livres permettront de saisir aussi complètement un auteur qui sort lentement d’un oubli et dont les plus connaisseurs parmi les lecteurs ne pouvaient citer que le Voyage du Condottiere.
Ce recueil de textes parvient à restituer, en marquant la chronologie, les thèmes qui habitent son oeuvre. Des thèmes dont l’actualité permet de rendre cet auteur à son temps tout en le ramenant au nôtre. André Suarès écrivit toute sa vie le manifeste d’un art nouveau, qu’il souhaitait tout à la fois classique et régénérateur ; à l’imitation aussi de ce Speculum majus, ce Miroir dans lequel Vincent de Beauvais mit toutes les certitudes du Moyen-Age et qui voulut, selon Louis Gillet, « lier en système tout l’héritage des connaissances venues de l’Antiquité, le legs intellectuel de la Grèce, avec les vérités de la Révélation ».             
Après avoir lu avec attention l’érudite préface de M.Barsacq, les amateurs feront de Miroir du temps l’avant-propos nécessaire aux œuvres de ce grand écrivain : toute la diversité, toutes les contradictions de l’écrivain, et l’essence de son style, sont là.

01/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Le joug" de Marion Gilbert, roman de la maternité martyrisée

Originaire de Montivilliers, en Seine Maritime, la romancière Marion Gilbert (pseudonyme d’Odette Maurel) a fait paraître une bonne vingtaine de titres entre Du sang sur la falaise (1913) et Les Scandalisés (1950), des romans psychologiques qui ont souvent la Haute-Normandie pour décor. Journaliste, elle a mené des enquêtes pour Le Matin, Le Petit Journal, Illustrations et d’autres. Traductrice avec Madeleine Duvivier, pseudonyme que s’était choisie sa sœur, elle a donné à lire en français Charles Dickens, P. G. Wodehouse et Charlotte Brontë. Féministe, elle prononça une conférence, en 1925, qu’on peut consulter en ligne.

17/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Journal de travail (1929-1943)" de Jean Prévost

L'éditeur Emmanuel Bluteau a des auteurs qu'il chérit particulièrement: l'un d'eux est Jean Prévost, écrivain et résistant, mort les armes à la main dans le Vercors en 1944 à l'âge de 43 ans. Après avoir publié "L'affaire Berthet" que nous avons chroniqué, La Thébaïde fait paraître aujourd'hui Le journal de travail (1929-1943) de ce même Jean Prévost avec une préface de Jérôme Garcin (à qui l'on doit un "Pour Jean Prévost", biographie parue en 1994).  "J'ai toujours pensé, écrit ce dernier (...) que Jean Prévost s'apprêtait à donner, après la guerre, son grand roman, son oeuvre majeure." Le destin ne l'a pas voulu. Et on lira donc ce journal de travail, cette "arrière-boutique" de l'écrivain, avec un sentiment mêlé d'admiration et de tristesse pour cette promesse qui s'annonçait déjà et ne fut pas tenue.

03/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Jours de colère" (1989) de Sylvie Germain

Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Formée à la philosophie, notamment auprès d’Emmanuel Levinas et de Daniel Charles, elle a été documentaliste puis professeur de français et de philosophie au lycée français de Prague, avant de se consacrer à sa seule activité littéraire. Elle obtient le prix Femina en 1989 pour son roman Jours de colère. Elle n'est pas un ensablée, mais on ne parle pas assez d'elle.

20/10/2019, 09:00

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Les Ensablés – "L’Altana ou la vie vénitienne" (1928) de Henri de Régnier (1864-1936)

Si l’on n’avait pas rêvé d’être heureux, la vie serait sans cruauté. (Marcel Proust)
Avec trois chroniques sous la plume de Hervé Bel, l’une sur Histoires incertaines, l’autre sur son entourage, le Club des longues moustaches, la dernière enfin, sur son fils, Pierre de Régnier qui écrivit Chroniques d’un patachon, Henri de Régnier est l’auteur dont l’univers est le plus relancé parmi les Ensablés, et il en est devenu au fil du temps à la fois le champion et l’emblème. Il y a donc quelque chose d’intimidant à rajouter quelques pages et un quatrième opus à cette œuvre de réhabilitation ; on redoute de déplaire ; on soupçonne que clandestinement, quelque part entre Paris et Venise, se réunit encore ce Club des Longues moustaches, que M.Bulteau (1) a admirablement décrit, redoutable cénacle agissant qui peut faire réussir ou échouer une carrière littéraire !

06/10/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Sao Kéo ou le bonheur immobile" de Pierre Billotey

Écrivain des années 1920, Pierre Billotey meurt à l’âge de 46 ans, en 1932, d’une crise d’urémie. Il enseignait au lycée Arago (place de la Nation, à Paris) et était secrétaire général de l’Association des écrivains combattants (grièvement blessé lors de la Première Guerre, Billotey avait reçu la Médaille militaire).
Sao Kéo ou le bonheur immobile fut publié chez Albin Michel en 1930, deux ans avant la mort de son auteur. Un an plus tôt, Billotey avait parcouru l’Indochine (voir son récit de voyage L’Indochine en zigzags), où le héros de Sao Kéo découvrit le Bonheur. Roman séduisant, bien de son temps, Sao Kéo a été réédité aux éditions Kailash il y a exactement vingt ans, attirant momentanément l’attention sur un auteur qui est depuis, et assez injustement, retourné dans l’oubli.

22/09/2019, 09:00

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Jean Graton, le créateur de Michel Vaillant, est décédé

L'auteur de bandes dessinées Jean Graton « s’est éteint paisiblement à Bruxelles à l’âge de 97 ans, entouré des siens », indique un communiqué des éditions Dupuis. Passionné par le dessin et les courses automobiles, il réunira ses deux passions en créant Michel Vaillant, héros apparu dès 1957 dans les pages de la revue Tintin.

21/01/2021, 16:14

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Le plan cadastral français de 1807 à nos jours, Idir Tas

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Les histoires d'Adèle - d'ici et d ailleurs, Moiroux Christine S

« Adèle c’est une rencontre, une fin d’après-midi, sur une plage du Pacifique, au Mexique, quand… d’un bord à l'autre de la terre, au ras du ciel, le jour et la nuit se faisaient face. »

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Enfin un polar sur les mystères de la Ville Rose ! Félix Cheval, universitaire réputé, est né et vit à Toulouse avec son épouse Marguerite dans une vieille bâtisse, construite au milieu du 19e siècle dans le centre historique de la ville. Lors de travaux de rénovation entrepris en 2006, ils découvrent dans la cave les restes d’un squelette et des bijoux en or. Intrigué par cette macabre découverte et ce petit trésor, Félix décide de mener son enquête. 

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Escapade littéraire en 4 livres, direction la Normandie...

Pour promouvoir une région, les offices de tourisme s’appuient sur des paysages, des lieux iconiques ou des activités propres au territoire. Peut-être lassé de ces stratégies classiques, Normandie Tourisme propose un voyage littéraire. Quatre livres se déroulant dans la région ont été retenus par l’organisme, idéal pour le lecteur en manque d’esprit normand. 

 

21/01/2021, 11:43

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En pleine mer, Corto Maltese dresse la table

AVANT-PARUTION – Le marin né de la gitane de Gibraltar et d’un marin de Cornouailles garderait-il son irrésistible charme, avec un tablier de cuisine. Voilà le genre d’accessoire que l’on n’imagine pas à bord d’un navire piloté par le capitaine Corto Maltese. Pourtant, Corto aime manger, boire aussi, à l’occasion (de grands Bordeaux, mais pas que). Et si l’on se souvient difficilement d’avoir vu le marin cuisiner, les recettes ne manquent pourtant pas.

20/01/2021, 17:02

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Disparition de l'historien suisse Marc Vuilleumier 

« Notre ami l’historien Marc Vuilleumier n’est plus. Nous avons appris avec une immense tristesse qu’il est décédé le 15 janvier 2021 dans sa 91e année », indique l’éditeur Jean Richard, des Editions d’en bas, à ActuaLitté. Dans un message commun, la maison d'édition, ainsi que L’Association pour l’Étude du Mouvement ouvrier et le Collège du Travail lui rendent hommage. Leur message est reproduit dans son intégralité.

20/01/2021, 15:54

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La révérence de l’éléphant : Laura Trompette, mourir, la belle affaire...

AVANT-PARUTION « Tout le monde devrait mourir ainsi. Entourée d’amour, sous un ciel clément, dans un jardin, avec un petit singe qui traîne pas loin. Mourir au cœur de la vie, avec délicatesse. Éteindre la douleur au moment opportun. Avoir le choix, le contrôle de l’interrupteur. » 

20/01/2021, 15:51

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Louis XIV, Roi du monde ... Vraiment?

BIOGRAPHIE HISTORIQUE - L’inquiétude était proche à la lecture de la citation du Times : « Aucun biographe de Louis XIV n’avait réussi à nous offrir un portrait de lui en tant qu’homme et en tant que monarque. » Et, de fait, il est difficile de partager entièrement ce point de vue tant les biographes qui ont cherché l’homme sous le roi ont été nombreux : François Bluche, Lucien Bely, Mathieu Da Vinha, Olivier Chaline, Max Gallo, Jean-Christophe Petitfils, Joël Cornette, pour ne citer, sans ordre aucun, que ceux qui me viennent à l’esprit. 

20/01/2021, 15:09

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L’énigmatique Melancolia de Mircea Cărtărescu

RECITS ETRANGERS - Qui pourrait dire avec précision s’il s’agit d’un ensemble rare de paraboles mystérieuses, de trois contes troublants ou de quelques pages hallucinatoires, échappées d’un plus vaste récit initiatique ? Si l’on se pose une telle question, si rhétorique soit-elle, c’est que ce texte renvoie d’emblée à l’univers et au style si particuliers de Mircea Cărtărescu, pressenti plusieurs fois pour le prix Nobel. L’écrivain roumain avait embrasé récemment le monde littéraire - critiques et lecteurs - lors de la publication chez Noir sur Blanc de son roman-monde, Solénoïde, traduit par Laure Hinckel et longuement ovationné en 2019. 

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La petit fille de Monsieur Linh : La terre d’ici et celle de là-bas sont les mêmes

ROMAN FRANCOPHONE - Depuis le bateau, Monsieur Linh a regardé indéfiniment disparaître à l'horizon la terre de son pays où tout a été détruit et où il a dû abandonner tout ce qui faisait son univers, y compris les lieux où ses aïeux reposent. Sa terre, lui, il n'y reposera pas comme sa femme. Ni comme son fils et la femme de celui-ci qui avaient, eux, été terrassés en plein champ par une bombe. Qui avait fait un énorme cratère et beaucoup de dégâts.

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Massacre à la tronçonneuse : « Aux Arbres, Citoyens » !!!

ÉCOLOGIE - ESSAI - À l'initiative de l'Association France-Canopée-Forêts-Vivantes, diverses pétitions ont dernièrement vu le jour pour tenter de sensibiliser d'une part nos élus, d'autre part nos concitoyens sur les dangers et lacunes des politiques qui, depuis des années affaiblissent notre patrimoine forestier collectif ou privé.

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Les saisons de Maurice Pons : En dehors, étranger, toujours

ANTICIPATION - « C'est [Louana] qui l'aperçut la première (…) à travers le cul de [sa] mère » a même prétendu la dite Louana qui n'avait pas toujours, loin de là un vocabulaire très châtié ! Mais c'était pourtant bien la vérité !

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Dirigé par Thierry Groensteen, avec Lewis Trondheim : Le Bouquin de la bande dessinée

Publié en coédition avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, Le Bouquin de la bande dessinée, dirigé par Thierry Groensteen et illustré par Lewis Trondheim, se présente comme un dictionnaire esthétique et thématique, aux éditions Bouquins/Robert Laffont.

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De Raymond Queneau à la Pataphysique, Jean-Michel Pochet est décédé

Sans doute le nom de Jean-Michel Pochet n’est-il guère connu du grand public, son activité littéraire étant restée volontairement discrète, indétachable des relations d’amitié. Né en 1938, docteur en droit et licencié en sciences économiques, il fait carrière dans le secteur privé avant de se tourner vers le parti écologiste et de promouvoir le cyclisme urbain — qu’il pratique assidûment, notamment comme guide culturel. 

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Wittgenstein à sa famille : une vie de philosophe, mécompris

Ludwig Wittgenstein, l’un des plus grands philosophes du XXe siècle, était le dernier des 9 enfants de l’une des familles les plus riches de la Mitteleuropa, qui régnait au centre de la vie culturelle de Vienne. Les éditions Flammarion s'apprêtent à faire paraître des lettres qu'il adressa à ses proches, à sa famille. Conflictuelle famille – pour ne pas dire dysfonctionnelle...

19/01/2021, 14:36

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En résidence, Fabrice Erre dessine l'histoire de 6 Pieds sous terre

En résidence à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, l'auteur Fabrice Erre a décidé de retracer l'histoire de la maison d'édition 6 Pieds sous terre, fondée en 1991 à Montpellier par Jean-Philippe Garçon, Jean-Christophe Lopez et Jérôme Sié. Une exposition viendra rappeler et actualiser le travail fait pour l’ouvrage collectif L’Animal a vingt ans, en 2011.

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Mitsumasa Anno, auteur-illustrateur japonais, décédé ce 24 décembre

Mitsumasa Anno avait 94 ans. Né à Tsuwano, en 1926, première année de l’ère Shōwa, il passe son enfance dans l’auberge de ses parents. Aucun livre à la maison, mais des illustrés (Tarzan, Superman) dont le petit garçon reproduit les illustrations.

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Une imprimante rêve-t-elle d'exorcisme et de mariage longue distance ?

ROMAN FRANCOPHONE – « Prends, lis. » Traditionnellement impénétrables, les voies du Seigneur n’en prêtent pas moins le flanc à quelques farces bien senties. Parce que les soties médiévales occupent plus que leur place dans le Plan Divin, Daniel Fattore en a délivré une du Mal, imprimée non sans peine en noir et blanc. Il s’agit d’un évêché (nous n’écrirons pas éméché) en proie à une récalcitrante machine à reproduction informatique de documents. Une imprimante.

18/01/2021, 09:20

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Décès de Jean-Pierre Thuillat, poète, historien et éditeur

Le poète, éditeur et historien Jean-Pierre Thuillat est décédé à son domicile de Glandon (Haute-Vienne) samedi 16 janvier 2021, indique son fils Olivier Thuillat à ActuaLitté. Né le 15 avril 1943 sur les confins du Limousin et du Périgord Vert, il était professeur honoraire, chevalier dans l'Ordre des Palmes académiques, titulaire du D.E.A. de Civilisation médiévale de Poitiers. 

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Baiser ou faire des films : en 90, à New York avec Chris Kraus

AVANT-PARUTION – Étudiant berlinois, Jonas Rosen cherche dans le New York des années 1990 l’inspiration au film qui lui servira de projet d’études. Là, dans un quartier malfamé où résonnent encore les pas de Kerouac et Ginsberg, Jonas fait des rencontres.

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Métaphysiques : Le sens commun au défi du réel, pour Jean-Marc Ferry

AVANT-PARUTION – Les questions de la sagesse populaire mettent régulièrement en échec le rationalisme scientifique. Pour le grand philosophe Jean-Marc Ferry, il est temps de revoir tous nos cadres de pensée, de casser nos grammaires de compréhension. Un fantastique voyage pour bousculer les limites du réel. 

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Spinoza, une vie : la biographie la plus complète, édition révisée de Steven Nadler

La biographie de Spinoza par Steven Nadler est exemplaire. Essentielle pour la compréhension des œuvres, elle donne vie à cet homme exceptionnel et nous plonge dans le Siècle d’or des Pays-Bas, au cœur d’Amsterdam, véritable et unique creuset de libertés. Voicir, traduit par Jean-François Sené et Olivier Bosseau, une nouvelle édition, revue et augmentée de l’œuvre certainement la plus complète et la plus documentée jamais publiée à ce jour. 

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Marc Levy présente Le Crépuscule des fauves, suite de son roman d'espionnage

Avec Le Crépuscule des fauves, Marc Levy va vite : ce tome 2 sortira le 2 mars, prolongeant les aventures du Groupe 9 entamées dans C’est arrivé la nuit. Le premier volume de son techno-thriller marquait une certaine rupture avec l’écriture qu’on lui connaît (ou attribue). Avec ce 22e roman, il n’a qu’une observation : « La réalité a amplement dépassé la fiction. »

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Pas de Panthéon pour Rimbaud, selon Emmanuel Macron : reste Verlaine

Septembre 2020 : le deuxième confinement n’a pas encore avancé ses semelles de vent, mais un groupe d’intellectuels parisiens estime qu’une injustice doit être réparée. L’absence du binôme, pour ne pas dire le couple, Verlaine-Rimbaud, nécessite l’intervention du chef de l’État. Emmanuel Macron vient de répondre : pas de Panthéon pour Arthur, conformément à la volonté exprimée de la famille.

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Lunch box : vous prendrez bien un drame pour le déjeuner

ROMAN FRANCOPHONE – Véritable institution américaine, ayant accompagné des générations d’enfants par millions, la lunch-box est au déjeuner, ce que les frites sont au hamburger, un accompagnement indissociable. Emilie de Turckheim nous emporte loin, dans des Etats-Unis rêvés, au coeur d'une ville de fiction : les familles y vivent heureuses, entre détente et école. Et toujours, ces journées rythmées par l'apparition de la lunch-box...

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Le détour : la folle puissance de Luce d'Eramo

ROMAN ETRANGER - Le détour de Luce d'Eramo fait partie des 36 titres de la dernière rentrée littéraire sélectionnés par les libraires pour le Prix Libraires en Seine 2021 dont ActuaLitté est partenaire. Un destin unique et bouleversant d’une puissance rare. 

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Penser comme un iceberg : faire alliance avec la planète-mère 

ESSAI - Un iceberg ? Penser comme un iceberg !!! Quelle vue de l'esprit ! Qu'est-ce qui a piqué Olivier Remaud ? Serait-il revenu profondément marqué de son voyage, raconté dans son magnifique livre Errances, dans les traces de Vitus Bering ? Marqué à jamais par le froid ?!

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Vue mer : radiographie d'un terrain miné

ROMAN FRANCOPHONE - Malgré les promesses d’horizon qu’offrent ces simples mots accolés, Vue mer n’est que le banal nom d’un dossier de restructuration de l’entreprise Bouké-Parteneure dont le sort se jouera au cinquième étage d’une tour d’affaires, dans le décor limité d’un open space. La nouvelle, telle une grenade dégoupillée, va être balancée au personnel. Mais, en ce lundi maussade, Stefan, le codirigeant, reste cloué au siège de sa voiture, sa main refusant d’actionner le démarreur. 

13/01/2021, 15:31

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Entre toutes les femmes : fracassantes et intimes

TEMOIGNAGES - Dans le préambule de son excellent dernier livre, Marlène Schiappa rappelle qu’elle a toujours aimé aller à la rencontre des femmes, qu’elle aime fédérer, aider, soutenir, promouvoir et unir, et je peux personnellement en témoigner ! Elle raconte ici des rencontres marquantes avec quelques-unes d’entre nous, qui tentent de faire changer les mentalités dans la société française et internationale, et dont le seul leitmotiv semble être d’améliorer la condition féminine. Marlène Schiappa leur rend justice et hommage dans un livre très altruiste et généreux.

13/01/2021, 15:05

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Dans la gueule de l’ours : roman noir sauvage 

ROMAN ETRANGER - Aux États-Unis, pour peu que vous soyez un défenseur des animaux et que vous ayez du fric, vous pouvez vous acheter une montagne et interdire à tous les bouseux du coin de venir déverser leur surplus de testostérone sur vos terres. Bien sûr, et malgré un respect sacré de la propriété privée, il faut quand même y mettre un peu de barbelés autour et un gardien, au milieu, pour faire joli… 

13/01/2021, 10:24

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Diane Meur, Sous le ciel des hommes : Choisir de ne pas subir

ROMAN FRANCOPHONE - Qui connaît le grand-duché d’Eponne ? Ni vous, ni moi, mais il rappelle furieusement nos petits paradis fiscaux européens. Bien lové dans ses montagnes et ses traditions, le grand-duché respire la prospérité. Mais si les premières pages du roman plantent un décor (presque) d’opérette, la suite du récit ne laisse aucun doute, nous sommes bien dans le monde d’aujourd’hui !

13/01/2021, 10:23

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Atchoum ! Aventures piquantes, drôles, entraînantes, à petites touches

MANGA - Atchoum ! est une anthologie compilant 8 histoires courtes du grand maître du récit Naoki Urasawa.  Des aventures que lui seul saurait rendre aussi intrigantes et variées en si peu de pages, de l’humour, et des récits autobiographiques sur le monde de la musique, basés sur les voyages de l’auteur aux États-Unis.

13/01/2021, 09:03

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Le Loup dans la bergerie, de Fabio M. Mitchelli : Le monstre de Caussols

AVANT-PARUTION – À mille mètres d’altitude au-dessus de Grasse s’étend le plateau de Caussols, lunaire et envoûtant. En son coeur : la bergerie de Jean-Michel Auban, accusé de cannibalisme et désormais sous les verrous. La première fois qu’il s’y rend, Samuel Steiner, qui est pourtant un commandant de police aguerri, est saisi de vertige. Mais « Il est des bergeries dans lesquelles même le loup n’ose pas entrer... »

12/01/2021, 16:51

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Thémistocle, d'Olivier Delorme : politique, amour et guerre à Athènes

AVANT-PARUTION – Il y a 2500 ans, dans une Athènes où la démocratie, encore en devenir, est contestée par ceux qui ont tout, mais n’ont pourtant jamais assez, un homme contribue à l’enraciner tout en devenant l’âme de la Résistance à l’invasion perse. Il s’appelle Thémistocle. 

12/01/2021, 14:51

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Décès de Vassilis Alexakis, homme du français et du grec

Vassilis Alexakis, prix Médicis 1995, Grand Prix du roman de l’Académie française en 2007, cela ne dit pas grand-chose de l’écrivain qui nous quitte. Né à Athènes en 1943, l’auteur franco-grec écrivait dans les deux langues. Arrivé en France à l’âge de 17 ans grâce à une bourse d’études, il reviendra s’y installer après le coup d’État de 1967. Diplômé de journalisme, il collaborera avec plusieurs médias et journaux — dont le Monde des livres, durant une quinzaine d’années.

12/01/2021, 09:52