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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Lisez "Les Misérables" : vous en sortirez ragaillardi ! Quel souffle !

Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Lisez "Les Misérables" : vous en sortirez ragaillardi ! Quel souffle !

Le 16/10/2011 à 14:57 par Les ensablés

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16/10/2011 à 14:57

Les ensablés

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L’été 2011 restera pour moi l’été des Misérables. J’aime passer juillet août avec un gros roman. Vous savez que je ne voyage pas : les vacances consistent pour moi à ne pas bouger. Je reste à la maison, au soleil, sur mon balcon. Cette année, j’ai lu Les Misérables : c’est monumental, c’est-à-dire qu’il y a 1486 pages de texte, sans compter l’introduction et les notes. Un gros volume de la Pléiade que j’ai emprunté en bibliothèque. J’ai dû prolonger plusieurs fois ma fiche d’emprunt, sans bouger de mon fauteuil, grâce à internet. Ce roman fait partie des classiques qu’on ne lit pas : on n’en a plus le temps. Et puis, on « connaît » déjà l’histoire : ce chef d’œuvre a été si souvent mis en théâtre, en image, en bande dessinée, en comédie musicale ! Et on l’a publié en extraits, en classique abrégé.

Il m’a fallu huit semaines pour le lire et je n’ai rien fait d’autre à côté. J’ai lu le roman en entier, sans sauter une page. Et il y a des longueurs dans ces…365 chapitres ! Jean Valjean sort du bagne où il a passé 19 ans : il y est entré à 27 ans pour avoir volé un pain. C’est une forte tête : il a plusieurs fois tenté de s’évader, d’où la longueur exceptionnelle de sa détention. Mais au début du roman, il est libre : il a payé sa dette. Eh bien, non : un ancien taulard reste un taulard, telle est la loi non écrite des sociétés civilisées. Pour être traité comme les autres, il lui faut mentir et truquer, ce qui le remet par là même hors-la-loi. Jean Valjean cachera son passé ou l’assumera, selon les circonstances. Il devra le cacher pour faire honnêtement fortune et pour que Cosette, sa fille adoptive, puisse devenir une demoiselle. Il le cachera à Cosette elle-même pour être sûr qu’elle continue à l’aimer. Il l’assumera à la fin pour cesser de mentir à la société et être en paix avec sa conscience. Hugo est manichéen : le bien et le mal s’opposent absolument mais coexistent à l’intérieur de chaque être, sauf chez quelques saints. Jean Valjean n’est pas un saint.

Mais le roman commence par la vie d’un saint, Monseigneur Myriel. C’est lui qui sauve Jean Valjean. Il le sauve deux fois : il affirme aux gendarmes qu’il a donné au bagnard les couverts en argent qu’ils ont trouvés dans son sac. Il lui évite, par ce mensonge, de retourner au bagne. Et il lui montre le chemin du bien et de la dignité morale : « Jean Valjean, mon frère, vous n’appartenez plus au mal, mais au bien. C’est votre âme que je vous achète. » Il est difficile de dire pourquoi les larmes viennent aux yeux en lisant cette scène, et beaucoup d’autres : quand Jean Valjean aide Cosette à porter son seau dans la nuit glacée (« C’était un homme qui était arrivé derrière elle et qu’elle n’avait pas entendu venir. Cet homme, sans dire un mot, avait empoigné l’anse du seau qu’elle portait. Il y a des instincts pour toutes les rencontres de la vie. L’enfant n’eut pas peur. »), quand Gavroche tombe sous les balles, quand Marius comprend qu’il a fermé sa porte à celui qui lui a sauvé la vie (« Le forçat se transformait en Christ. Marius avait l’éblouissement de ce prodige. Il ne savait pas au juste ce qu’il voyait, mais c’était grand. »), quand Javert doute. Oui, il y a quelque chose de grand et qui touche dans ces scènes. Ce roman est donc moral mais pas moraliste : Hugo se borne à raconter les bonnes actions et les mauvaises. S’il y a le bien et le mal, il faut donc faire l’un ou l’autre, hésiter, choisir, faire un jour le bien, un autre jour le mal. Hugo s’oppose aux sceptiques et aux raisonneurs : voler sa petite pièce à un enfant, c’est mal ; voler celui qui vous a donné l’hospitalité, c’est mal ; pardonner, c’est bien. Voilà ce qu’on pourrait appeler des données immédiates de la morale : qui pourrait les réfuter ?

Dans le cours du roman, les choses se compliqueront. Hugo décrit les bas-fonds et les barricades : voler les bourgeois, faire la révolution, mentir pour sauver sa peau, est-ce bien ou mal ? Difficile à dire. Mais affirmer tout de même qu’il y un bien et un mal, voilà qui passerait pour naïf ou réactionnaire, en littérature, aujourd’hui. Un personnage anecdotique des Misérables déclare : « Étais -je avant ma naissance ? Non. Serai-je après ma mort ? Non. Que suis-je ? Un peu de poussière agrégée par un organisme. Qu’ai-je à faire sur cette terre ? J’ai le choix. Souffrir ou jouir. Où me mènera la souffrance ? Au néant. Mais j’aurai souffert. Où me mènera la jouissance ? Au néant. Mais j’aurai joui. Mon choix est fait. Il faut être mangeant ou mangé. Je mange. Mieux vaut la dent que l’herbe. Telle est ma sagesse. » Hugo connaissait donc cette fine argumentation qui permet d’être toujours du bon côté de la vie : il l’évoque et ne la réfute même pas. Il y a des durs du cœur, comme il y a des durs d’oreille.

Victor Hugo est un réaliste. Il décrit la misère et le mal : « Ils sont rares ceux qui sont tombés sans être dégradés ; d’ailleurs il y a un point où les infortunés et les infâmes se mêlent et se confondent dans un seul mot, mot fatal, les misérables ». Thénardier et sa femme (« C’était une truie avec le regard d’une tigresse ») sont méchants, absolument : Thénardier, c’est « le mauvais pauvre ». Le titre du roman, tout au long, garde ses deux sens : les misérables sont les malheureux et les méchants. La seule faute absolue, c’est de rester méchant en croisant sur sa route le bien et l’innocence. Jean Valjean a croisé une fois le bien : il en a été transformé. Thénardier croisera plusieurs fois le bien sans jamais s’amender. Hugo, ami et admirateur de Dumas, a écrit un roman d’aventures. Il se s’embarrasse pas et annonce la couleur : « Dans ces détails,  le lecteur rencontrera deux ou trois circonstances invraisemblables que nous maintenons par respect pour la vérité. » Il y a des coups de théâtre, des coïncidences improbables, des rencontres inattendues, une lettre imprimée sur du buvard, d’incroyables actes de bravoure. Jean Valjean change de nom, fait fortune dans l’industrie, répand le bien autour de lui. Il s’échappe de la prison de Montreuil, se constitue prisonnier, retourne au bagne d’où il s’évade, tient tête à une bande de malfrats, échappe à une escouade de policiers. Il sauve la vie au père Fauchelevent écrasé par une charrette, à un autre bagnard, à Javert, à Marius qui est l’amoureux de Cosette. Il monte sur les barricades. On pourrait intituler ce roman « Les aventures de Jean Valjean », « Le proscrit magnifique » ou « Le gentleman du bagne ». Et pour finir, il mourra de vieillesse, dans son lit, réhabilité.

Jean Valjean n’est pas seul en scène : Hugo a plus d’un héros dans son sac. Il y a l’évêque Myriel et les Thénardier dont j’ai parlé, Cosette, Fantine (la fille mère, mère de Cosette), Gavroche, Marius et le grand-père de Marius. Et une foule de personnages secondaires qui marquent : le père Mabeuf (« il n’était ni royaliste, ni bonapartiste, ni chartiste, ni orléaniste, ni anarchiste, il était bouquiniste ») ; la sœur Simplice qui n’a jamais menti (sauf une fois, pour sauver la vie à un juste, Jean Valjean), le simple Champmathieu (victime désignée d’une erreur judiciaire, si Jean Valjean n’était venu se dénoncer), la fille Thénardier amoureuse de Marius.

Dans le troisième tiers du livre, Cosette qui a quinze ans maintenant, et l’étudiant Marius Pontmercy, fils d’un colonel mort à Waterloo, se croisent au jardin du Luxembourg : leur histoire d’amour donne au roman une nouvelle dimension. Hugo utilise un nouveau registre, en psychologue connaisseur de l’amour : « On a tant abusé du regard dans les romans d’amour qu’on a fini par le déconsidérer. C’est à peine si l’on ose dire maintenant que deux êtres se sont aimés parce qu’ils se sont regardés. C’est pourtant comme cela qu’on s’aime et uniquement comme cela. Le reste n’est que le reste, et vient après. Rien n’est plus réel que ces grandes secousses que deux âmes se donnent en échangeant cette étincelle. » Les amoureux devront lutter contre les circonstances : Jean Valjean les aidera puis aura la grandeur de s’effacer, de ne plus voir Cosette, pour qu’elle devienne Madame la baronne Pontmercy. C’est son plus grand sacrifice : « Le premier pas n’est rien ; c’est le dernier qui est difficile. » J’ai parlé de longueurs : ce sont de longues parenthèses qui coupent l’action. Hugo les annonce et les assume. Le début du roman commençait d’ailleurs par une longue digression sur la vie édifiante de l’évêque Myriel dans un diocèse de province (80 pages !), bien avant que Jean Valjean ne croise sa route. Hugo commence ainsi : « Quoique ce détail ne touche en aucune manière au fond même de ce que nous avons à raconter, il n’est peut-être pas inutile, ne fût-ce que pour être exact en tout, d’indiquer ici les bruits et les propos qui avaient couru sur son compte. » Il y a aussi 60 pages consacrées à la bataille de Waterloo, 20 pages sur les gamins de Paris avant d’arriver à Gavroche, 30 pages sur l’ancien couvent de la rue Picpus et ses Bernardines plus 10 pages sur les couvents en général, 30 pages sur la Restauration de 1830, 23 pages pour expliquer ce qu’est l’argot, 20 pages pour faire le distinguo entre émeute et insurrection, 20 pages sur l’histoire des égouts de Paris. Quelle érudition, quelle documentation ! Ce didactisme passe mal aujourd’hui. Et il y a des digressions dans les parenthèses. Dans « L’argot » par exemple, on lit : « La vraie question, c’est celle-ci : le travail ne peut être une loi sans être un droit. Nous n’insistons pas, ce n’est point le lieu ici. » Et suivent pourtant quatre pages sur la question sociale. Je vous en donne la conclusion, caractéristique du mélange de lucidité et d’optimisme supérieur propre à Hugo, et de son style : « L’idéal est effrayant à voir ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant, mais entouré de toutes ces grandes menaces noires monstrueusement amoncelées autour de lui ; pourtant pas plus en danger qu’une étoile dans les gueules des nuages. » D’ailleurs, deux cents pages plus loin, un révolutionnaire qui va mourir sur les barricades de 1832 s’écrie : « Citoyens, le dix-neuvième siècle est grand, mais le vingtième siècle sera heureux. » Il se trompait : c’est le vingt-et-unième siècle qui sera heureux, n’est-ce pas ?

Victor Hugo sait aussi faire bref : Javert se suicide en onze lignes, Jean Valjean devient l’honorable et riche Monsieur Madeleine en une demi-page, et on ne saura rien de son retour au bagne (« On nous saura gré de passer rapidement sur des détails douloureux »). Et à côté de longs monologues, il y a des dialogues du tac au tac. L’essentiel du roman n’a pas vieilli : argent et respectabilité, injuste justice, amour fou, misère et politique. Prenez Javert, le policier qui ne lâche pas l’ancien bagnard. C’est un fonctionnaire au service de l'État. Hugo n’en fait jamais un méchant homme, mais il applique la loi sans pitié. Il se l’applique à lui-même. Quand il pense avoir dénoncé à tort Monsieur le maire comme ancien forçat recherché, il demande sa destitution : « J’ai souvent été sévère dans ma vie. Pour les autres. C’était juste. Je faisais bien. Maintenant, si je n’étais pas sévère pour moi, tout ce que j’ai fait de juste deviendrait injuste. Est-ce que je dois m’épargner plus que les autres ? Non. » Javert est un « fanatique » du devoir : « Rien n’était poignant et terrible comme cette figure où se montrait ce qu’on pourrait appeler tout le mauvais du bon. » Plus tard, Jean Valjean sauve la vie à Javert et le policier perd ses repères.

Du magnifique monologue qui le conduit au suicide, j’extrais ceci : « Ce forçat, ce désespéré, que j’ai poursuivi jusqu’à le persécuter, et qui m’a eu sous son pied, et qui pouvait se venger, et qui le devait tout à la fois pour sa rancune et sa sécurité, en me laissant la vie, en me faisant grâce, qu’a-t-il fait ? Son devoir ? Non. Quelque chose de plus. Et moi, en lui faisant grâce à mon tour, qu’ai-je fait ? Mon devoir ? Non. Quelque chose de plus. Il y a donc quelque chose de plus que le devoir ? » C’est l’éternelle lutte entre la justice et la morale. Il y a ces formules si bien frappées : « Il n’y a ni petits faits dans l’humanité, ni petites feuilles dans la végétation », «  ce charmant avril qu’on appelle vingt ans ». Et d’autres plus approximatives mais éloquentes : « Le drame n’était pas seulement sombre, il était obscur. » Et des effets : « Ses cheveux, gris encore au moment de son arrivée à Arras, étaient maintenant tout à fait blancs. Ils avaient blanchi depuis une heure qu’il était là. » Et des vérités premières, pour vous et moi : « La misère d’un jeune homme n’est jamais misérable. Le premier jeune garçon venu, si pauvre qu’il soit, avec sa santé, sa force, sa marche vive, ses yeux brillants, son sang qui circule chaudement, ses cheveux noirs, ses joues fraîches, ses lèvres roses, ses dents blanches, son souffle pur, fera toujours envie à un vieil empereur. » Ou cette remarque, lorsque Cosette préfère Marius à son père adoptif : « L’ingratitude des enfants n’est pas toujours aussi reprochable qu’on le croit. C’est l’ingratitude de la nature. La nature, nous l’avons dit, regarde devant elle. La nature divise les êtres humains en arrivants et en partants. Les partants sont tournés vers l’ombre, les arrivants vers la lumière. » Il y a des drôleries, comme la côtelette de l’étudiant Marius, qui lui fait trois jours : « Le premier jour il mangeait la viande, le second jour il mangeait la graisse, le troisième jour il mangeait l’os. » Et d’amusants passages en argot : « Tonorgue tapissier aura été fait marron dans l’escalier. Il faut être arcasien. C’est un galifard. Il se sera laissé jouer l’harnache par un roussin, peut-être même par un roussi, qui lui aura battu comtois. Prête l’oche, Montparnasse, entends-tu ces criblements dans le collège ? »

Tout est gonflé, exagéré, démesuré, chez Hugo : style, idées, anecdotes, coïncidences, personnages. On a forgé un mot pour dire cela : Hugo est hugolien… C’est une façon de mélanger le grand et le petit, le court et le long, le bas et le noble, le banal et l’extraordinaire : Hugo ne trie pas. Il croit en l’homme et veut le montrer en entier. Balzac, qui était catholique et royaliste, y croit beaucoup moins que lui : ses romans ont une cruauté étrangère à ceux de Hugo. Hugo pressent que l’homme n’est pas seul. Cet humanisme voit Dieu partout à l’œuvre. Ce Dieu est d’ailleurs devant l’homme plutôt que derrière lui, c’est plus un idéal qu’un premier moteur. Et l’artiste, comme le politique, doit accompagner l’homme : « Le livre que le lecteur a sous les yeux en ce moment, c’est, d’un bout à l’autre, dans son ensemble et dans ses détails, quelles que soient les intermittences, les exceptions ou les défaillances, la marche du mal au bien, de l’injuste au juste, du faux au vrai, de la nuit au jour, de l’appétit à la conscience, de la pourriture à la vie ; de la bestialité au devoir, de l’enfer au ciel, du néant à Dieu. Point de départ : la matière ; point d’arrivée : l’âme. L’hydre au commencement, l’ange à la fin. » Un athée honnête homme reconnaît qu’il y a du mystère dans l’aventure terrestre et que l’homme a des progrès à faire. Le moraliste Hugo ne m’en demande pas plus : accepter le mystère et vouloir le progrès. Il peut écrire : «  Nous sommes pour la religion contre les religions. »  Quant à la manière d’avancer, voilà : « Ni despotisme, ni terrorisme. Nous voulons le progrès en pente douce » Cette formule d’il y a 150 ans reste d’une actualité brûlante. Je termine en disant combien j’admire l’homme Hugo : vingt ans d’exil, sans revenir une seule fois en France, parce que Louis-Napoléon Bonaparte, une fois élu président de la République, a trahi ses électeurs et la constitution en se proclamant Napoléon III… L’été prochain, mon cher Hervé, en Normandie, tournez votre chaise longue vers Guernesey et lisez Les Misérables : vous en sortirez ragaillardi ! Quel souffle !

Laurent Jouannaud - Octobre 2011

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Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

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Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

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Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

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Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

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Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

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Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

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Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Moon Knight : revenir d’entre les morts pour devenir qui ?

Ressuscité après Blood Hunt, Marc Spector retrouve la Mission de Minuit tandis qu’une drogue magique, Glitter, gagne les rues de New York. Jed MacKay relance son Moon Knight sans repartir de zéro : un tome nerveux, superbement noir, porté par un formidable cliffhanger, mais traversé par une inquiétude. Et si la série finissait par simplifier Marc ?

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