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Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Lisez "Les Misérables" : vous en sortirez ragaillardi ! Quel souffle !

Les Ensablés - Notes de voyage de Laurent Jouannaud: Lisez "Les Misérables" : vous en sortirez ragaillardi ! Quel souffle !

Le 16/10/2011 à 14:57 par Les ensablés

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16/10/2011 à 14:57

Les ensablés

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L’été 2011 restera pour moi l’été des Misérables. J’aime passer juillet août avec un gros roman. Vous savez que je ne voyage pas : les vacances consistent pour moi à ne pas bouger. Je reste à la maison, au soleil, sur mon balcon. Cette année, j’ai lu Les Misérables : c’est monumental, c’est-à-dire qu’il y a 1486 pages de texte, sans compter l’introduction et les notes. Un gros volume de la Pléiade que j’ai emprunté en bibliothèque. J’ai dû prolonger plusieurs fois ma fiche d’emprunt, sans bouger de mon fauteuil, grâce à internet. Ce roman fait partie des classiques qu’on ne lit pas : on n’en a plus le temps. Et puis, on « connaît » déjà l’histoire : ce chef d’œuvre a été si souvent mis en théâtre, en image, en bande dessinée, en comédie musicale ! Et on l’a publié en extraits, en classique abrégé.

Il m’a fallu huit semaines pour le lire et je n’ai rien fait d’autre à côté. J’ai lu le roman en entier, sans sauter une page. Et il y a des longueurs dans ces…365 chapitres ! Jean Valjean sort du bagne où il a passé 19 ans : il y est entré à 27 ans pour avoir volé un pain. C’est une forte tête : il a plusieurs fois tenté de s’évader, d’où la longueur exceptionnelle de sa détention. Mais au début du roman, il est libre : il a payé sa dette. Eh bien, non : un ancien taulard reste un taulard, telle est la loi non écrite des sociétés civilisées. Pour être traité comme les autres, il lui faut mentir et truquer, ce qui le remet par là même hors-la-loi. Jean Valjean cachera son passé ou l’assumera, selon les circonstances. Il devra le cacher pour faire honnêtement fortune et pour que Cosette, sa fille adoptive, puisse devenir une demoiselle. Il le cachera à Cosette elle-même pour être sûr qu’elle continue à l’aimer. Il l’assumera à la fin pour cesser de mentir à la société et être en paix avec sa conscience. Hugo est manichéen : le bien et le mal s’opposent absolument mais coexistent à l’intérieur de chaque être, sauf chez quelques saints. Jean Valjean n’est pas un saint.

Mais le roman commence par la vie d’un saint, Monseigneur Myriel. C’est lui qui sauve Jean Valjean. Il le sauve deux fois : il affirme aux gendarmes qu’il a donné au bagnard les couverts en argent qu’ils ont trouvés dans son sac. Il lui évite, par ce mensonge, de retourner au bagne. Et il lui montre le chemin du bien et de la dignité morale : « Jean Valjean, mon frère, vous n’appartenez plus au mal, mais au bien. C’est votre âme que je vous achète. » Il est difficile de dire pourquoi les larmes viennent aux yeux en lisant cette scène, et beaucoup d’autres : quand Jean Valjean aide Cosette à porter son seau dans la nuit glacée (« C’était un homme qui était arrivé derrière elle et qu’elle n’avait pas entendu venir. Cet homme, sans dire un mot, avait empoigné l’anse du seau qu’elle portait. Il y a des instincts pour toutes les rencontres de la vie. L’enfant n’eut pas peur. »), quand Gavroche tombe sous les balles, quand Marius comprend qu’il a fermé sa porte à celui qui lui a sauvé la vie (« Le forçat se transformait en Christ. Marius avait l’éblouissement de ce prodige. Il ne savait pas au juste ce qu’il voyait, mais c’était grand. »), quand Javert doute. Oui, il y a quelque chose de grand et qui touche dans ces scènes. Ce roman est donc moral mais pas moraliste : Hugo se borne à raconter les bonnes actions et les mauvaises. S’il y a le bien et le mal, il faut donc faire l’un ou l’autre, hésiter, choisir, faire un jour le bien, un autre jour le mal. Hugo s’oppose aux sceptiques et aux raisonneurs : voler sa petite pièce à un enfant, c’est mal ; voler celui qui vous a donné l’hospitalité, c’est mal ; pardonner, c’est bien. Voilà ce qu’on pourrait appeler des données immédiates de la morale : qui pourrait les réfuter ?

Dans le cours du roman, les choses se compliqueront. Hugo décrit les bas-fonds et les barricades : voler les bourgeois, faire la révolution, mentir pour sauver sa peau, est-ce bien ou mal ? Difficile à dire. Mais affirmer tout de même qu’il y un bien et un mal, voilà qui passerait pour naïf ou réactionnaire, en littérature, aujourd’hui. Un personnage anecdotique des Misérables déclare : « Étais -je avant ma naissance ? Non. Serai-je après ma mort ? Non. Que suis-je ? Un peu de poussière agrégée par un organisme. Qu’ai-je à faire sur cette terre ? J’ai le choix. Souffrir ou jouir. Où me mènera la souffrance ? Au néant. Mais j’aurai souffert. Où me mènera la jouissance ? Au néant. Mais j’aurai joui. Mon choix est fait. Il faut être mangeant ou mangé. Je mange. Mieux vaut la dent que l’herbe. Telle est ma sagesse. » Hugo connaissait donc cette fine argumentation qui permet d’être toujours du bon côté de la vie : il l’évoque et ne la réfute même pas. Il y a des durs du cœur, comme il y a des durs d’oreille.

Victor Hugo est un réaliste. Il décrit la misère et le mal : « Ils sont rares ceux qui sont tombés sans être dégradés ; d’ailleurs il y a un point où les infortunés et les infâmes se mêlent et se confondent dans un seul mot, mot fatal, les misérables ». Thénardier et sa femme (« C’était une truie avec le regard d’une tigresse ») sont méchants, absolument : Thénardier, c’est « le mauvais pauvre ». Le titre du roman, tout au long, garde ses deux sens : les misérables sont les malheureux et les méchants. La seule faute absolue, c’est de rester méchant en croisant sur sa route le bien et l’innocence. Jean Valjean a croisé une fois le bien : il en a été transformé. Thénardier croisera plusieurs fois le bien sans jamais s’amender. Hugo, ami et admirateur de Dumas, a écrit un roman d’aventures. Il se s’embarrasse pas et annonce la couleur : « Dans ces détails,  le lecteur rencontrera deux ou trois circonstances invraisemblables que nous maintenons par respect pour la vérité. » Il y a des coups de théâtre, des coïncidences improbables, des rencontres inattendues, une lettre imprimée sur du buvard, d’incroyables actes de bravoure. Jean Valjean change de nom, fait fortune dans l’industrie, répand le bien autour de lui. Il s’échappe de la prison de Montreuil, se constitue prisonnier, retourne au bagne d’où il s’évade, tient tête à une bande de malfrats, échappe à une escouade de policiers. Il sauve la vie au père Fauchelevent écrasé par une charrette, à un autre bagnard, à Javert, à Marius qui est l’amoureux de Cosette. Il monte sur les barricades. On pourrait intituler ce roman « Les aventures de Jean Valjean », « Le proscrit magnifique » ou « Le gentleman du bagne ». Et pour finir, il mourra de vieillesse, dans son lit, réhabilité.

Jean Valjean n’est pas seul en scène : Hugo a plus d’un héros dans son sac. Il y a l’évêque Myriel et les Thénardier dont j’ai parlé, Cosette, Fantine (la fille mère, mère de Cosette), Gavroche, Marius et le grand-père de Marius. Et une foule de personnages secondaires qui marquent : le père Mabeuf (« il n’était ni royaliste, ni bonapartiste, ni chartiste, ni orléaniste, ni anarchiste, il était bouquiniste ») ; la sœur Simplice qui n’a jamais menti (sauf une fois, pour sauver la vie à un juste, Jean Valjean), le simple Champmathieu (victime désignée d’une erreur judiciaire, si Jean Valjean n’était venu se dénoncer), la fille Thénardier amoureuse de Marius.

Dans le troisième tiers du livre, Cosette qui a quinze ans maintenant, et l’étudiant Marius Pontmercy, fils d’un colonel mort à Waterloo, se croisent au jardin du Luxembourg : leur histoire d’amour donne au roman une nouvelle dimension. Hugo utilise un nouveau registre, en psychologue connaisseur de l’amour : « On a tant abusé du regard dans les romans d’amour qu’on a fini par le déconsidérer. C’est à peine si l’on ose dire maintenant que deux êtres se sont aimés parce qu’ils se sont regardés. C’est pourtant comme cela qu’on s’aime et uniquement comme cela. Le reste n’est que le reste, et vient après. Rien n’est plus réel que ces grandes secousses que deux âmes se donnent en échangeant cette étincelle. » Les amoureux devront lutter contre les circonstances : Jean Valjean les aidera puis aura la grandeur de s’effacer, de ne plus voir Cosette, pour qu’elle devienne Madame la baronne Pontmercy. C’est son plus grand sacrifice : « Le premier pas n’est rien ; c’est le dernier qui est difficile. » J’ai parlé de longueurs : ce sont de longues parenthèses qui coupent l’action. Hugo les annonce et les assume. Le début du roman commençait d’ailleurs par une longue digression sur la vie édifiante de l’évêque Myriel dans un diocèse de province (80 pages !), bien avant que Jean Valjean ne croise sa route. Hugo commence ainsi : « Quoique ce détail ne touche en aucune manière au fond même de ce que nous avons à raconter, il n’est peut-être pas inutile, ne fût-ce que pour être exact en tout, d’indiquer ici les bruits et les propos qui avaient couru sur son compte. » Il y a aussi 60 pages consacrées à la bataille de Waterloo, 20 pages sur les gamins de Paris avant d’arriver à Gavroche, 30 pages sur l’ancien couvent de la rue Picpus et ses Bernardines plus 10 pages sur les couvents en général, 30 pages sur la Restauration de 1830, 23 pages pour expliquer ce qu’est l’argot, 20 pages pour faire le distinguo entre émeute et insurrection, 20 pages sur l’histoire des égouts de Paris. Quelle érudition, quelle documentation ! Ce didactisme passe mal aujourd’hui. Et il y a des digressions dans les parenthèses. Dans « L’argot » par exemple, on lit : « La vraie question, c’est celle-ci : le travail ne peut être une loi sans être un droit. Nous n’insistons pas, ce n’est point le lieu ici. » Et suivent pourtant quatre pages sur la question sociale. Je vous en donne la conclusion, caractéristique du mélange de lucidité et d’optimisme supérieur propre à Hugo, et de son style : « L’idéal est effrayant à voir ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant, mais entouré de toutes ces grandes menaces noires monstrueusement amoncelées autour de lui ; pourtant pas plus en danger qu’une étoile dans les gueules des nuages. » D’ailleurs, deux cents pages plus loin, un révolutionnaire qui va mourir sur les barricades de 1832 s’écrie : « Citoyens, le dix-neuvième siècle est grand, mais le vingtième siècle sera heureux. » Il se trompait : c’est le vingt-et-unième siècle qui sera heureux, n’est-ce pas ?

Victor Hugo sait aussi faire bref : Javert se suicide en onze lignes, Jean Valjean devient l’honorable et riche Monsieur Madeleine en une demi-page, et on ne saura rien de son retour au bagne (« On nous saura gré de passer rapidement sur des détails douloureux »). Et à côté de longs monologues, il y a des dialogues du tac au tac. L’essentiel du roman n’a pas vieilli : argent et respectabilité, injuste justice, amour fou, misère et politique. Prenez Javert, le policier qui ne lâche pas l’ancien bagnard. C’est un fonctionnaire au service de l'État. Hugo n’en fait jamais un méchant homme, mais il applique la loi sans pitié. Il se l’applique à lui-même. Quand il pense avoir dénoncé à tort Monsieur le maire comme ancien forçat recherché, il demande sa destitution : « J’ai souvent été sévère dans ma vie. Pour les autres. C’était juste. Je faisais bien. Maintenant, si je n’étais pas sévère pour moi, tout ce que j’ai fait de juste deviendrait injuste. Est-ce que je dois m’épargner plus que les autres ? Non. » Javert est un « fanatique » du devoir : « Rien n’était poignant et terrible comme cette figure où se montrait ce qu’on pourrait appeler tout le mauvais du bon. » Plus tard, Jean Valjean sauve la vie à Javert et le policier perd ses repères.

Du magnifique monologue qui le conduit au suicide, j’extrais ceci : « Ce forçat, ce désespéré, que j’ai poursuivi jusqu’à le persécuter, et qui m’a eu sous son pied, et qui pouvait se venger, et qui le devait tout à la fois pour sa rancune et sa sécurité, en me laissant la vie, en me faisant grâce, qu’a-t-il fait ? Son devoir ? Non. Quelque chose de plus. Et moi, en lui faisant grâce à mon tour, qu’ai-je fait ? Mon devoir ? Non. Quelque chose de plus. Il y a donc quelque chose de plus que le devoir ? » C’est l’éternelle lutte entre la justice et la morale. Il y a ces formules si bien frappées : « Il n’y a ni petits faits dans l’humanité, ni petites feuilles dans la végétation », «  ce charmant avril qu’on appelle vingt ans ». Et d’autres plus approximatives mais éloquentes : « Le drame n’était pas seulement sombre, il était obscur. » Et des effets : « Ses cheveux, gris encore au moment de son arrivée à Arras, étaient maintenant tout à fait blancs. Ils avaient blanchi depuis une heure qu’il était là. » Et des vérités premières, pour vous et moi : « La misère d’un jeune homme n’est jamais misérable. Le premier jeune garçon venu, si pauvre qu’il soit, avec sa santé, sa force, sa marche vive, ses yeux brillants, son sang qui circule chaudement, ses cheveux noirs, ses joues fraîches, ses lèvres roses, ses dents blanches, son souffle pur, fera toujours envie à un vieil empereur. » Ou cette remarque, lorsque Cosette préfère Marius à son père adoptif : « L’ingratitude des enfants n’est pas toujours aussi reprochable qu’on le croit. C’est l’ingratitude de la nature. La nature, nous l’avons dit, regarde devant elle. La nature divise les êtres humains en arrivants et en partants. Les partants sont tournés vers l’ombre, les arrivants vers la lumière. » Il y a des drôleries, comme la côtelette de l’étudiant Marius, qui lui fait trois jours : « Le premier jour il mangeait la viande, le second jour il mangeait la graisse, le troisième jour il mangeait l’os. » Et d’amusants passages en argot : « Tonorgue tapissier aura été fait marron dans l’escalier. Il faut être arcasien. C’est un galifard. Il se sera laissé jouer l’harnache par un roussin, peut-être même par un roussi, qui lui aura battu comtois. Prête l’oche, Montparnasse, entends-tu ces criblements dans le collège ? »

Tout est gonflé, exagéré, démesuré, chez Hugo : style, idées, anecdotes, coïncidences, personnages. On a forgé un mot pour dire cela : Hugo est hugolien… C’est une façon de mélanger le grand et le petit, le court et le long, le bas et le noble, le banal et l’extraordinaire : Hugo ne trie pas. Il croit en l’homme et veut le montrer en entier. Balzac, qui était catholique et royaliste, y croit beaucoup moins que lui : ses romans ont une cruauté étrangère à ceux de Hugo. Hugo pressent que l’homme n’est pas seul. Cet humanisme voit Dieu partout à l’œuvre. Ce Dieu est d’ailleurs devant l’homme plutôt que derrière lui, c’est plus un idéal qu’un premier moteur. Et l’artiste, comme le politique, doit accompagner l’homme : « Le livre que le lecteur a sous les yeux en ce moment, c’est, d’un bout à l’autre, dans son ensemble et dans ses détails, quelles que soient les intermittences, les exceptions ou les défaillances, la marche du mal au bien, de l’injuste au juste, du faux au vrai, de la nuit au jour, de l’appétit à la conscience, de la pourriture à la vie ; de la bestialité au devoir, de l’enfer au ciel, du néant à Dieu. Point de départ : la matière ; point d’arrivée : l’âme. L’hydre au commencement, l’ange à la fin. » Un athée honnête homme reconnaît qu’il y a du mystère dans l’aventure terrestre et que l’homme a des progrès à faire. Le moraliste Hugo ne m’en demande pas plus : accepter le mystère et vouloir le progrès. Il peut écrire : «  Nous sommes pour la religion contre les religions. »  Quant à la manière d’avancer, voilà : « Ni despotisme, ni terrorisme. Nous voulons le progrès en pente douce » Cette formule d’il y a 150 ans reste d’une actualité brûlante. Je termine en disant combien j’admire l’homme Hugo : vingt ans d’exil, sans revenir une seule fois en France, parce que Louis-Napoléon Bonaparte, une fois élu président de la République, a trahi ses électeurs et la constitution en se proclamant Napoléon III… L’été prochain, mon cher Hervé, en Normandie, tournez votre chaise longue vers Guernesey et lisez Les Misérables : vous en sortirez ragaillardi ! Quel souffle !

Laurent Jouannaud - Octobre 2011

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le rire de Caïn" de José-André Lacour (1919-2005)

Comment est-il possible que ce livre ait échappé à ma vigilance ? A sa parution, en 1980, je n'avais pas encore 20 ans, mais je lisais déjà beaucoup. Sans doute a-t-il été signalé dans quelque journal et l'ai-je ignoré parce qu'à l'époque je ne lisais que des classiques, et qu'en plus ce Rire de Caïn était un roman d'un Belge obscur, un certain José-André Lacour. De la littérature belge, je ne connaissais que Simenon et Rodenbach, ce qui m'allait assez, et depuis je n'ai gère progressé, ajoutant simplement à ma liste Armel Job... Mais la Petite Vermillon (la Table ronde) m'a envoyé récemment ce "Rire de Caïn" réédité pour le centenaire de son auteur, et je l'ai lu... C'est admirable de bout en bout!

26/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Monsieur Ripois et la Némésis" de Louis Hémon

Don Juan: subst. masc. Séducteur, le plus souvent libertin et sans scrupule (définition du Trésor de la langue française). Même s'il n'est pas un libertin, Monsieur Ripois, le héros du roman de Louis Hémon (1880-1913), est assurément un don Juan. Il séduit les femmes qu'il rencontre et les exploite sans scrupule. Mais, contrairement à son auguste ancêtre, Monsieur Ripois n'a aucune classe; il ne s'attaque qu'aux petites ouvrières, puis aux femmes fragiles, celles qu'il est certain de pouvoir conquérir et exploiter.

12/01/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Visage perdu" de Roger Vercel, par Carl Aderhold

Visage perdu est l’un des derniers romans de Roger Vercel, paru en 1953, quatre ans avant sa mort. L’auteur de Remorques (qui a déjà fait l’objet d’une chronique sur les Ensablés) et de Capitaine Conan retrouve ici un thème qui lui est cher. Le courage qu’il faut pour affronter le quotidien.

29/12/2019, 09:00

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Les Ensablés - Chroniques du Lac : "La dernière harde" de Maurice Genevoix

En ce début novembre où la campagne automnale résonne des aboiements des chiens et des coups de fusil, la lecture de la Dernière Harde de Maurice Genevoix se savoure comme une gourmandise de saison. Nul besoin d’être passionné de chasse ou féru de vénerie pour partager la vie mouvementée et captivante de la harde des Orfosses.

15/12/2019, 09:00

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Les Ensablés – "Miroir du temps" d'André Suarès (1868-1948)

Paru aux éditions Bartillat, Miroir du temps est un recueil d’articles d’André Suarès - certains inédits - de préfaces, de fragments de correspondance, voire de documents plus intimes encore, comme le testament de l’écrivain : peu de livres permettront de saisir aussi complètement un auteur qui sort lentement d’un oubli et dont les plus connaisseurs parmi les lecteurs ne pouvaient citer que le Voyage du Condottiere.
Ce recueil de textes parvient à restituer, en marquant la chronologie, les thèmes qui habitent son oeuvre. Des thèmes dont l’actualité permet de rendre cet auteur à son temps tout en le ramenant au nôtre. André Suarès écrivit toute sa vie le manifeste d’un art nouveau, qu’il souhaitait tout à la fois classique et régénérateur ; à l’imitation aussi de ce Speculum majus, ce Miroir dans lequel Vincent de Beauvais mit toutes les certitudes du Moyen-Age et qui voulut, selon Louis Gillet, « lier en système tout l’héritage des connaissances venues de l’Antiquité, le legs intellectuel de la Grèce, avec les vérités de la Révélation ».             
Après avoir lu avec attention l’érudite préface de M.Barsacq, les amateurs feront de Miroir du temps l’avant-propos nécessaire aux œuvres de ce grand écrivain : toute la diversité, toutes les contradictions de l’écrivain, et l’essence de son style, sont là.

01/12/2019, 09:00

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Alexis Bardini, Une épiphanie : une nouvelle peau 

POESIE - Si l’on en croit certains journaux nationaux tout récemment parus, dont un excellent dossier de L'Obs, « Poésie la nouvelle vague », signé Amandine Schmitt – La poésie reviendrait à la mode, à condition toutefois qu’elle ne l’eût été un jour ! Genre littéraire quelque peu oublié voire parfois relégué au second plan, il n’en demeure pas moins, que la poésie a toujours ses « défenseurs et ses adeptes » qui eux ne se soucient guère des effets de mode. 

12/04/2021, 12:17

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Le temps des balcons raconte autant les angoisses de Sandrine, jeune femme célibataire que les rêves de Quentin, ce petit garçon mal aimé ou encore la mélancolie de Jean Julien, cet homme esseulé au travers d’un chassé-croisé dans une résidence pendant le confinement de 2020. Chacun de ces personnages se débat avec les sept péchés dits « capitaux ». Seul le chat, énigmatique et incontournable, semble détenir les clés de cet enfer. 

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Jean, ingénieur dans le développement des nouvelles énergies, plus particulièrement la production électrique, lors d’un voyage il découvre un monde où la notion de genre n’existe pas. Un pays où les garçons peuvent devenir des filles, les filles devenir des garçons. Un monde où, il n’y a pas de différence. 

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Anniversaire de Baudelaire : 200 ans, une poésie toujours sulfureuse

Le 9 avril 1821, naissait l’une des plus grandes figures de la poésie française. Poète maudit, inventeur de la modernité, artiste cynique, syphilitique dandy… Baudelaire est toujours auréolé d’une lumière sombre. Sa figure vénéneuse fascine et ses mots résonnent encore aujourd’hui dans la bouche de nombreux artistes. Nous vous proposons un bref retour sur cet héritage.

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400 ans après sa naissance, La Fontaine plus vivant que jamais 

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Mort d'Antoine Martin, écrivain “tout d'élégance et d'humour”

Antoine Martin était né en 1955. Romancier, nouvelliste, traducteur d’espagnol, de catalan et d’italien « aucun code de langue latine ne pouvait lui résister. Aucun sud », indique son éditrice. Il avait adopté un style brillant et un humour sans faille à la recherche d’une littérature qui ne se prend pas au sérieux. Son éditeur, Au Diable Vauvert, lui rend hommage, alors que l'auteur est décédé d'une longue maladie.

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Jean Hatzfeld, Là où tout se tait : les cris, le silence

RECIT - Lorsque j'ai eu tourné la dernière page de Dans le nu de la vie qui est le premier des trois ouvrages constitutifs du recueil intitulé Récits des marais rwandais écrits par Jean Hatzfeld, je m'étais promis de poursuivre ma lecture, mais plus tard, une fois digérée cette première incursion dans une page des plus sombres de l'humanité (qui, dans ces cas-là, ne mérite plus du tout de « h » majuscule !). Mais quand Là où tout se tait m'a récemment été offert suite à sa parution tout aussi récente, alors que le malaise ressenti précédemment est encore loin d'être totalement dissipé, cela a un peu « forcé la main » de mes lectures. Ce livre n'a en rien dissipé mon trouble. Bien au contraire.

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L'univers sous mes pieds, la tête dans les étoiles. 

ESSAI - Le livre de Blandine Pluchet commence comme un film en accéléré : du Big Bang aux premiers atomes, des forces gravitationnelles aux étoiles, aux galaxies et aux trous noirs, des poussières d'étoiles aux planètes, astéroïdes et comètes, de l'espace intersidéral à la vie ! Un réveil assez époustouflant qui lui aura été soufflé par l'observation d'une nuit à la « belle étoile ».

07/04/2021, 17:29

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L'Espionne de Marie-Aude Murail : des secrets dans les cases 

BONNES FEUILLES - Shhhhhhhhht ! C'est tout de même curieux... Mais où était donc passée l'espionne ??? Au fait, la reconnaissez-vous ? C'est sous l'irrésistible trait d'Eglantine Ceulemans que Romarine, l'héroïne de Marie-Aude Murail, fait son entrée chez BD Kids. 

 

07/04/2021, 15:48

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Les Collectionneurs d'images : Féroe, la traversée des îles

BONNES FEUILLES - Djalli mourut le premier d’une méningite, Ingimar fut emporté au fond de l’eau par un filet de pêche, on retrouva le corps de Staffan dans la commune libre de Christiania à Copenhague, Fríðrikur fut lâchement assassiné, Olaf mourut d’une maladie interdite et Kári fit leur éloge funèbre. Les Collectionneurs d'images de Jóanes Nielsen les suit durant plus de quarante années, offrant à la littérature nordique un chef-d’oeuvre de vie, de rires et de larmes .

07/04/2021, 15:14

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Le dessinateur et scénariste Michel Koeniguer est mort

Créateur de la trilogie Bushido, Michel Koeniguer s’était peu à peu spécialisé dans le domaine des séries de guerres, illustrant avec brio les conflits irakien et vietnamien. Il est mort ce 6 avril 2021 d’un arrêt cardiaque à 49 ans.

 

07/04/2021, 12:34

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Cinq femmes, trois générations, une grande histoire d'amour.

BONNES FEUILLES - De l'Inde aux États-Unis, les destins entremêlés de femmes incroyables. Tara et Sonia ont respectivement 17 et 15 ans lorsque leurs parents décident de quitter l’Angleterre pour s’installer aux États-Unis au début des années 70. D’origine bengali, elles vont devoir apprendre à mêler les traditions familiales avec leur nouvelle vie américaine.

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Journée parfaite : prendre le temps d'être heureux 

ALBUM JEUNESSE - Une forêt, quelques arbres, un bosquet : le décor est posé. Aux animaux maintenant de l’habiter, au lapin de s’y mouvoir, d’interagir avec d’autres bêtes et vivre chaque moment intensément. Toutes les activités sont considérées avec une même importance et le jeu se hisse au niveau de la réflexion, du frisson, du repos ou de l’amour. Ce livre engage ainsi à profiter de chaque occupation et contrarie cette idée par trop répandue qu’il faut rentabiliser son temps : chaque instant, quel qu’il soit, passe et il est important de le goûter. Journée parfaite nous montre avec délicatesse que le temps s’écoule doucement à travers la simplicité des tâches qui permettent de l’apprécier.

06/04/2021, 18:43

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Artiste hongroise engagée, Krisztina Tóth, en résidence à Cognac

Krisztina Tóth, autrice hongroise réputée, sera présente à Cognac du 16 octobre au 22 novembre 2021 dans le cadre de la résidence d’écriture Jean Monnet. Autrice renommée et engagée, elle a récemment fait l’objet de pressions de la part du gouvernement Orbán. 

06/04/2021, 18:22

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L'Odeur de la pluie : grandir trop vite, franchir les frontières 

YOUNG ADULT - L’Odeur de la pluie est un roman qui ose, un roman qui expose la teinte parfois sombre des événements qui poussent un adolescent à grandir trop vite. Dans son premier livre, Gwendoline Vervel va plus loin dans le roman d’apprentissage. Plus que la transformation du corps, l’auteure n’a pas peur d’aborder des sujets difficiles tels que le harcèlement, les agressions sexuelles et le viol. 

06/04/2021, 15:05

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Des graffs dans la nuit : au fond des grottes, l'éblouissement de l'énigme 

RECIT FRANCOPHONE - Depuis l’enfance où son père instituteur l’amenait récolter des fragments de poterie, des silex ou des dents humaines dans les grottes ou au pied des dolmens de l’Ardèche, Jean-Jacques Salgon, écrivain et scientifique de formation, passionné d’art, a gardé un goût prononcé pour la préhistoire. En 2004, il a eu la chance de visiter la grotte Chauvet et, plus récemment, celle moins connue de Baume Latrone, dans le Gard...

06/04/2021, 14:31

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Mini cache-cache Petit Ours Brun : Où êtes-vous, petites fraises ? 

Une nouvelle collection de livres à volets en feutrine colorée pour les tout-petits. Où se cachent les fraises, le hérisson et le soleil ? Six objets du jardin sont à retrouver derrière des volets, pour le plaisir et l’émerveillement des tout-petits. 

06/04/2021, 10:33

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Décès de Jeanne Hyvrard, juriste, autrice et féministe

Autrice d’une vingtaine d’ouvrages, Jeanne Hyvrard était née à Paris en 1945. Économiste de formation et de profession, elle aura, durant une quarantaine d’années, multiplié les œuvres littéraires originales : romans, théories-fictions, récits, essais, poèmes, chansons de geste et même un livret d’opéra.

05/04/2021, 11:50

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Dante est mort ! Vive Durante degli Alighieri !

HISTOIRE - Il y a 700 ans disparaissait un génie. Il y a 700 ans, Dante nous quittait et nous ne nous en sommes toujours pas remis. Des monuments, des films, des partitions musicales, des jeux vidéo, son profil sur la pièce italienne de 2€ et depuis le 25 mars 2020, une journée officielle de commémoration approuvée par le Conseil des ministres italien. Et tout cela majoritairement grâce à une œuvre, la Divine Comédie. 700 ans plus tard, un autre livre fait date, celui d’Alessandro Barbero, spécialiste d’histoire médiévale, publié chez Flammarion et traduit de l’italien par Sophie Royère. Son titre ? Dante

05/04/2021, 11:31

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Jésus comme un roman : Marie-Aude Murail sur les traces du Christ

« Tu peux croire en Dieu, ou pas. Tu peux croire en ce Dieu-ci plutôt qu’en ce Dieu-là. Ce que cet homme, ce Jésus a dit, ce qu’il a vécu il y a plus de 2000 ans, n’est pas pour moi une question de foi, mais une question d’actualité. Réfléchir sur son message peut infléchir notre vie et bousculer notre façon d’aimer », assure Marie-Aude Murail.

02/04/2021, 16:13

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Frère Wulf de Joseph Delaney : découvrez le spin-off de L'Épouvanteur

BONNES FEUILLES – Voici un roman qui signe le retour très attendu de Tom Ward et la naissance d'un nouvel épouvanteur ! Joseph Delaney entame un spin-off de la saga culte, avec le retour de personnages incontournables, Tom Ward et Alice, et l’arrivée de nouveaux, Frère Wulf et William Johnson. Le tout ouvrant des portes sur un nouveau monde, les Enfers, où règne une puissante antagoniste, Circé, déesse tout aussi terrifiante que fascinante. 

 

 

02/04/2021, 16:11

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La toile implacable de La Femme de l'ombre 

POLAR GLACIAIRE - Fin 1940 : cela fait déjà plusieurs mois que, après une attaque fulgurante, les armées allemandes ont envahi le Danemark. Ce soir-là, Osvaldur, un étudiant en médecine islandais inscrit en faculté à Copenhague, rentre chez lui, inquiet : il a appris que la Gestapo a arrêté Christian, un étudiant qui, comme lui, s'est engagé dans la lutte de l'ombre contre l'envahisseur.

01/04/2021, 16:24

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Les enquêtes du Docteur Énigmus : La malédiction des 12 portes

Intrigués par le testament du grand-oncle d'Énigmus, l'inspecteur et sa fidèle acolyte, Tatiana, se retrouvent projetés à travers onze univers merveilleux... ou terrifiants ! Ce n'est qu'en répondant aux énigmes qui leur sont posées qu'ils pourront se sortir de ces mondes étranges et déroutants. Ce livre d'énigmes régalera les 8-12 ans avides de mystères et d'enquêtes à résoudre. 

01/04/2021, 15:10

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Énigmes à tous les étages 8 : arts, arnaques et micmacs

Le huitième volume de la collection, 12 énigmes originales à résoudre, avec pour chacune un domaine artistique différent, des personnages loufoques, des situations farfelues. Cette fois, les énigmes se déroulent dans tous les milieux de l'art ! Un livre-jeu au concept unique sur le marché de l'édition jeunesse : de grandes doubles-pages à plier qui se transforment à chaque enquête pour le plaisir du lecteur qui s'improvise détective, cette fois-ci dans le monde déjanté des arts. 

01/04/2021, 15:10

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Aller-double de Pef : libres roues sur les chemins d'enfance

BONNES FEUILLES - Bien sûr Motordu et sa belle lisse poire, bien sûr, le monstre poilu... Si Pef est connu de millions d'écoliers, on le connait moins devenu grand, trésor de délicatesse et d'humour. Sachez-le, Pef est né avec un guidon entre les mains. Et pour lui, un vélo n’est pas autre chose qu’un avion rivé au sol mais qui s’incline avec grâce dans les virages...

31/03/2021, 17:26

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Un lieu de justice, au cœur du Tribunal de Grande Instance de Paris

BONNES FEUILLES - Avec son précédent livre Pontée, Jean-Paul Honoré nous avait embarqué dans l’univers d’un cargo porte-conteneurs ; avec Un lieu de justice, il explore cette fois un autre vaisseau géant, lieu de justice et d’humanité où rien n’échappe à l’intrus, au tamis quasi-archéologique de son écriture : le nouveau Tribunal de Grande Instance de Paris

31/03/2021, 16:36

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Les désastreuses conséquences de la chute d’une goutte de pluie

ALBUM JEUNESSE - Combien de temps dure la chute d’une goutte de pluie ? Le temps de présenter les différents protagonistes d’un drame à venir.  Chaque nouveau livre d’Adrien Parlange est une merveille. On ne sait jamais où l’auteur va nous emmener, quelle astuce matérielle, graphique ou narrative il va inventer pour nous raconter une histoire sensible et poétique. D’une incroyable constance, il se renouvelle d’album en album en sachant toujours toucher juste, trouver un moyen original pour exprimer une forme de tendresse. Les désastreuses conséquences de la chute d’une goutte de pluie, au contraire de ce que voudrait faire croire son titre, ne déroge pas à la douceur de ses prédécesseurs. 

31/03/2021, 16:25

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Frère d’âme : le chant tragique du conte guerrier

ROMAN FRANCOPHONE - C’est la voix du tirailleur sénégalais Alfa Ndiaye qui se fait entendre, à la manière d’un griot, dès l’ouverture de Frère d'âme publié lors de cette rentrée littéraire 2018 par David Diop. Une voix de conteur africain, aux formules répétitives, presque incantatrices, souvent poétiques. Un récit qui s’enracine dans l’expérience traumatisante de l’agonie et de la mort au front, près des tranchées de Mademba Diop, ce tout jeune homme qui était plus qu’un frère pour Alfa Ndiaye. [MAJ 31/03/2021 : Frère d'âme, par ailleurs multi récompensé depuis sa parution, est en lice pour l'International Booker Prize 2021.]

31/03/2021, 11:30

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Sénégal : le chant des souvenirs épars 

ALBUM JEUNESSE - L’évocation d’un souvenir de jeunesse est l’occasion d’autres réminiscences par association d’idées, de matières ou de couleurs. Celles-ci tournent autour du mystère d’un chant, entonné par une figure maternelle dont la cause des larmes qui s’écoulent sur les joues demeure inconnue.

30/03/2021, 17:27